Un prêtre jugé à Clermont-Ferrand pour abus sexuels sur mineurs
http://www.la-croix.com/ Gauthier Vaillant, le 26/01/2017 à 17h47
En 2011, le P. Michel Chidaine s’était dénoncé lui-même à la justice pour des abus sexuels sur mineurs commis en Centrafrique, où il était en mission de 2007 à 2010.
En avril 2016, le diocèse de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) avait reconnu une « erreur d’appréciation », pour avoir laissé s’écouler deux ans entre les aveux du prêtre et sa suspension.
Le procès du P. Michel Chidaine s’est ouvert jeudi 26 janvier au tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Ce prêtre de 48 ans est jugé pour des « atteintes sexuelles par personne abusant de l’autorité de sa fonction » commises sur deux mineurs de moins de 15 ans entre 2007 et 2010, alors qu’il était en mission en Centrafrique. Il risque jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.
Particularité de cette affaire : c’est le prêtre lui-même qui s’est dénoncé à son évêque. C’était en juillet 2010, peu après son retour en France. Mgr Hippolyte Simon, évêque émérite de Clermont, lui demande alors de se dénoncer à la justice. Le P. Chidaine s’exécute en janvier 2011, en adressant une lettre au parquet. En septembre de l’année suivante, il est nommé dans une paroisse de Riom (Puy-de-Dôme), sous la responsabilité du curé.
La justice est saisie, mais il n’est mis en examen et placé en garde à vue qu’un an plus tard, en septembre 2012. Et ce n’est qu’à ce moment-là que le prêtre est relevé de tout ministère par son évêque, puis assigné à résidence à l’abbaye de Sept-Fons (Allier).
« Erreur d’appréciation » du diocèse
L’affaire, qui avait déjà fortement ému au niveau local lors de l’interpellation du prêtre, très apprécié de ses paroissiens, avait éclaté au niveau national le 26 avril 2016, jour de l’audience de mise en accusation devant la Cour d’appel de Riom. En effet, le même jour, le diocèse révélait l’affaire dans un communiqué et reconnaissait « une erreur d’appréciation » pour avoir mis deux ans à suspendre le prêtre. Dans le contexte troublé des suites de l’affaire Preynat, à Lyon, et d’autres scandales d’abus sexuels dans l’Église de France, le diocèse
Le 7 juin, la Cour d’appel avait renvoyé l’affaire en correctionnelle et les chefs d’accusation de « viol et agressions sexuelles sur mineurs de quinze ans » avaient été requalifiés en « atteintes sexuelles ». Le P. Michel Chidaine vit depuis deux ans à l’évêché de Clermont-Ferrand, et suit des études de théologie.
Gauthier Vaillant
Atteintes sexuelles en Centrafrique : le père Chidaine condamné à 5 ans de prison
https://www.francebleu.fr Par Olivier Vidal, France Bleu Pays d'Auvergne Jeudi 26 janvier 2017 à 19:28
Le père Chidaine a été condamné ce jeudi à 5 ans de prison dont 3 avec sursis par le tribunal correctionnel de Clermont. L'ecclésiastique puydômois a été reconnu coupable d'atteintes sexuelles lors d'une mission en Centrafrique, entre 2007 et 2010.
Il s'était dénoncé dans une lettre adressée au procureur quelques mois après son retour de Centrafrique. Ce jeudi, six ans après avoir envoyé ce courrier, le père Chidaine a été condamné à cinq ans de prison dont trois avec sursis. Le tribunal a également prononcé une peine d'interdiction définitive d'exercer une activité en contact avec des mineurs ainsi que l'inscription de son nom au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.
L'ecclésiastique puydômois a été reconnu coupable d'atteintes sexuelles lors d'une mission en Centrafrique, entre 2007 et 2010, sur plusieurs victimes, des garçons âgés de moins de 15 ans.
Clermont-Ferrand, France
Le prêtre condamné à deux ans de prison ferme pour atteintes sexuelles
http://www.lamontagne.fr/ le 26/01/2017 à 17h16
Un an après son retour en France, le prêtre avait retrouvé une fonction au sein de la paroisse de Riom. Il s'y occupait notamment du catéchisme et de l'aumônerie. © Agence RIOM
Le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand a condamné le père Michel Chidaine à deux ans de prison ferme et trois autres avec sursis pour des atteintes sexuelles sur des mineurs commises entre novembre 2008 et mars 2010, lors d'une mission en République Centrafricaine.
Poursuivi pour des atteintes sexuelles commises sur deux mineurs, alors qu'il était en mission en République Centrafricaine, le père Michel Chidaine a été condamné à une peine de cinq ans de prison, dont trois avec sursis, par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand, aujourd'hui jeudi. Cette peine a été assortie de l'interdiction d'exercer toute activité impliquant un contact avec les mineurs
Prêtre catholique, cet homme, âgé aujourd'hui de 47 ans, a commis ces faits sur de jeunes hommes alors qu'il était en mission en Centrafrique, entre novembre 2008 et mars 2010, pour établir une paroisse dans la province de Zakho, à quelque 800 kilomètres de la capitale, Bangui.
A la barre du tribunal, l'homme n'a pas cherché à atténuer les f aits qui lui sont reprochés. C'est d'ailleurs sur sa propre dénonciation auprès du parquet de Clermont-Ferrand que l'enquête a été lancée.
"Une enquête particulièrement difficile"
Mais aux yeux de procureur, et après enquête, il est apparu que cette confession comportait davantage de mensonges par omission que de révélations.
"L'enquête pénale diligentée en Centrafrique a été particulièrement difficile", a explique Laure Lehugeur, au ministère public. Cependant, relève la magistrate, elle a abouti à un élément qui semblait presque impossible : l'identification d'une victime, un jeune orphelin alors âgé de 12 ans, puis d'une seconde, de 14 ans. Loin des procédures habituelles pour des investigations en France, c'est un vicaire qui a recueilli la parole du premier. Deux autres, en revanche, n'ont pu être retrouvées.
Outre la distance, la situation politique de la République Centrafricaine, qui a basculée dans la guerre civile, a contribué à compliquer la tâche des enquêteurs.
Jean-Baptiste Ledys
Quel a été le rôle de l'église ? Laure Lehugeur, au ministère public, s'est interrogée sur le rôle de l'église et son "silence coupable" dans cette affaire. "L'église a été confrontée à une dénonciation extrêmement partielle. La confession du prêtre Michel Chidaine aurait mérité une réaction plus virulente. Ces agissements entachent l'église tout entière. Mais plus que ce silence, c'est sa remise en contact avec des jeunes en septembre 2011, au sein de paroisse de Riom, qui interpelle." Le diocèse de Clermont-Ferrand avait reconnu "une erreur d'appréciation" alors motivée "par le souci de respecter la présomption d'innocence" du prêtre.