French.china.org.cn 14-11-2013
Les auteurs de crimes, de braquages et d'autres exactions graves, enregistrés ces derniers temps à Bangui, capitale de la République centrafricaine (RCA), ne resteront pas impunis, a déclaré Ghislain Grézengué, procureur de la République près le tribunal de grande instance de cette ville, dans un communiqué lu jeudi à la radio nationale.
"Depuis quelques jours, la ville de Bangui est devenue le théâtre des violences de tout genre, allant des actes de braquage, de vol à main armée et même d'assassinat. Tous ces actes constituent des cas de violations graves des droits humains qui ne sauraient rester impunis", a déclaré Ghislain Grézengué.
Des enquêtes judiciaires sont d'ores et déjà ouvertes contre des présumés auteurs de ces crimes et "certains d'entre eux sont interpellés et gardés à vue à la section des recherches et d'investigation (SRI, redoutable unité des services de renseignements centrafricains, NDLR) pour leur traduction devant la justice", a-t-il fait savoir.
Dans un appel à la retenue et au calme, le magistrat a demandé à la population de faire confiance à la justice. Il a condamné les violences perpétrées dans le cadre de manifestations de rues accompagnées de barricades sur la voie publique et d'incendies de pneus de véhicules, estimant que ce sont des comportements inciviques "susceptibles de tomber sur la loi pénale".
La déclaration du procureur fait suite à une nouvelle flambée de violences cette semaine dans la capitale de la Centrafrique. Une série de heurts sanglants a opposé les ex-rebelles de la Séléka (au pouvoir) à la population dans certains quartiers de la ville.
Mercredi, deux ex-rebelles de la Séléka et un jeune Centrafricain ont été tués à Pétévo et Fatima, deux quartiers du 6e arrondissement, lors d'affrontements causés par l'enlèvement par les ex-rebelles d'un jeune au domicile du directeur général de la police nationale Alain Victoire Nabéza pour le conduire à la présidence de la République.
Source: Agence de presse Xinhua
Lu pour vous : Centrafrique : Au bord du chaos
http://www.afrique7.com Patrice Garner / 14/11/2013 1:59
La flambée des violences ainsi que la méfiance entre les populations dépeignent un Centrafrique en proie à l’anarchie et l’insécurité.
Selon une source officielle, des affrontements ont encore éclaté, mercredi, dans la capitale, entre des jeunes et des éléments de l’ex-Seleka. Ces incidents, survenus suite à l’enlèvement d’un jeune dans un quartier de la capitale, ont suscité la colère des populations descendues dans les rues pour protester.
Le climat d’insécurité et de méfiance a pour conséquence l’abandon des lieux d’habitations. Du fait des conflits intercommunautaires, d’aucuns (les chrétiens) se sont réfugiés à l’évêché et d’autres (les musulmans) sont logés dans un établissement dénommé « Liberté ». Peur, vengeance, mépris et bien d’autres sentiments négatifs animent les populations qui, depuis le mois de mars, ne font que subir, entre autres, vols, viols et pillages de la part des éléments de l’ex-rébellion.
En raison de la précarité des conditions de vie, nombreuses sont les familles qui émettent le souhait et le désir de regagner leur domicile. Mais ce rêve ne peut être réalisé, faute d’agents pour assurer la sécurité publique. Parlant des conditions de vie, une source proche du dossier a mis en exergue la promiscuité dans laquelle vivent les populations. En effet, elles font tous leurs besoins (c’est-à-dire cuisiner, manger, dormir et prendre le bain etc.) au même endroit.
La persistance de la dégradation du quotidien du peuple Centrafricain ainsi que l’absence d’un Etat de droit rendent compte du chaos que connaît le Centrafrique. « Aujourd’hui, nous sommes quelque part au bord du gouffre », a témoigné un éminent évêque du pays.
