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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 12:33

 

 

Monsieur SEKODE NDEUGBAYI Chancel

Association Justice Sans Frontières

31 rue Savary 29300

QUIMPERLE   

FRANCE                                                                                      Monsieur

                                                                                       Le Procureur de la République

                                                                                       4 boulevard du Palais

                                                                                       75055 PARIS CEDEX 01

                                                                                       France

 

 

Objet : Plainte contre Monsieur François BOZIZE et ses complices.



Je soussigné Monsieur  SEKODE NDEUGBAYI Chancel, citoyen centrafricain  demeurant au 31 rue Savary 29300 QUIMPERLE, exerçant la profession d’Ecrivain,

Ai l'honneur de porter plainte entre vos mains contre :
 

Monsieur  BOZIZE YANGOUVONDA François, ancien président de la République Centrafricaine, demeurant actuellement  à Paris en France,
en raison des faits suivants :

_ assassinats, arrestations, séquestrations et détentions arbitraires,

 

_destruction et incendie des maisons d’habitation,


_exécutions sommaires  et toutes autres qualifications qui pourraient se révéler utiles.

 

En effet, dès sa prise de pouvoir en Mars 2003, monsieur François Bozizé Yangouvounda s’est illustré par des assassinats ciblés restés impunis jusqu’à son renversement le 24 Mars 2013: 

 

Le Capitaine KOYANGAO a été abattu   au PK 12 à Bangui en 2004 ; 
Le Lieutenant ASSOMBELE a été assassiné dans son bar à Bangui en 2005; 
Le Lieutenant MAMADOU NGAÏSSONA Alfred, assassiné en 2005; 
Le Lieutenant MARZANE Apollinaire a été assassiné, et son corps jeté dans la rivière M’poko en 2006; 

 

Le Sergent-chef SANZE qui s’était réfugié au Bureau des Nations Unies en Centrafrique (BONUCA) suite à une rixe mortelle avec le Lieutenant YANGO KAPITA, a été livré à la gendarmerie. Il sera torturé, puis exécuté dans les locaux de la Section de Recherches et d’Investigation (SRI) de la Gendarmerie, et François Bozizé Yangouvounda lui-même déclarera plus tard sur les ondes de la radio nationale «ce n’est que justice »;

 

Maître Ignace BANDASSA, Avocat, a trouvé la mort suite aux bastonnades des éléments de la Sécurité Présidentielle le 12 Février 2006 à l’Aéroport Bangui-M’poko ; 

 

Les commissaires de Police Daniel SAMA et Hervé SETHE TREPASSE ont été assassinés en 2009 ; 

 

Charles MASSI, Colonel de l’armée et Ancien Ministre, en désaccord avec monsieur François Bozizé Yangouvounda, a été arrêté au Tchad en 2009 et remis à celui-ci qui, sans autre forme de procès, l’a fait exécuter  en janvier 2010; 

 

Le Lieutenant HASSAN ALKAL, l’Adjudant KAMIS et plus d’une dizaine de personnes ont été froidement abattus par le lieutenant DOKABONA au cimetière de N’DRES le 23 Mars 2013 ;

 

Après l’incendie du magasin appartenant à son ami El AKRAS BASSAM,  François Bozizé Yangouvounda s’est personnellement déplacé sur les lieux du sinistre avant de passer par le Parquet où il a ordonné le »charcutage » de Me Symphorien BALEMBY alors Bâtonnier en exercice de l’Ordre des Avocats, et de Monsieur NDENGOU Jean Daniel, alors Premier Vice Président du Conseil Economique et Social, dénoncés par le commerçant EL AKRAS BASSAM, en l’absence de toute enquête judiciaire. Ces derniers étant contraints à l’exil, leurs familles et leurs employés ont été pris en otage et emprisonnés pendant deux ans à la prison militaire de BOSSEMBELE, sur instructions de François Bozizé Yangouvounda avant d’être libérés par la Cour de Cassation ;

 

Une dizaine de douaniers et autres personnes étaient maintenus au Camp de Roux sur instruction de François Bozizé Yangouvounda pendant plusieurs mois en dépit d’une décision définitive de relaxe de la Chambre Correctionnelle de la Cour d’Appel de Bangui. Ces personnes n’ont recouvré la liberté qu’à la faveur du renversement du régime de François Bozizé Yangouvounda ; 

 

Le capitaine David NGAÏTOUA son pilote d’hélicoptère était devenu son prisonnier personnel depuis le 14 Mai 2012, sans aucune inculpation; 


Sous le fallacieux prétexte d’atteinte à la sureté de l’Etat certains expatriés ont été arrêtés, dépouillés de leurs biens, avant d’être expulsés manu militari à l’exemple de M.COHEN de nationalité française; 

 

Les douaniers BESSARANGAÏ Gilbert, HOPO GRENGBO Elie, BANDATIA Alain et autres ont été arrêtés à Bouar et déportés à Bossembélé sans aucune procédure par le Commandant Aimé Vincent BOZIZE alias Papy ; 

 

Des prisons spéciales  ont été instituées au Camp militaire le Roux à Bangui et à la garnison militaire de Bossembélé, ville située à 155 kms de Bangui dans l’illégalité totale. Elles dépendent directement et uniquement de l’autorité de François Bozizé Yangouvonda qui y exerçait des exactions extra judiciaires; 

 

C’est dans cette prison de BOSSEMBELE qu’avait été détenu Serge MAGNAN, ancien collaborateur de l’un des acolytes de François Bozizé Yangouvounda qu’il a élevé au rang de ministre d’Etat aux finances, Sylvain NDOUTINGAÏ. Ce dernier avait été enlevé et séquestré pendant plusieurs mois sans que ses proches aient des nouvelles de lui au point que son épouse Anita Fernande Nelly née Ndamo étudiante au Sénégal, soit morte de soucis en laissant orphelin un bébé de 5 mois ; Des citoyens Centrafricains, Serge BIANGA, Crépin MOUSSA, Hassan OUSMAN, Abdel Kani DJIME, Brice Quentin GOUHOUTOU, Abdoulaye SENTENE, Nouhtou, Yaya Idriss, Amadou Tidjiane, Abdoulaye Hamat, Dido Hamat, Chaïbou Abraham, Théophile Malembo, Marcel Nzelou, Onun Egibe, Arthur Humé, Goni Mandja, Junior Ogrembé, Tano Max, étaient détenus dans cette sinistre prison destinée à recevoir les prisonniers personnels de BOZIZE et de sa famille, kidnappés par les militaires à la solde du clan Bozizé, sans aucun motif connu de la justice centrafricaine ;

 

Aimé Vincent Bozize alias papy, Joseph François Bozize alias Jojo, Rodrigue Bozize et le capitaine GBANGOUMA arrêtaient, torturaient et séquestraient impunément des dizaines d’innocents à Bangui et en provinces où ils régnaient en maîtres absolus; 

 

Son fils Joseph François BOZIZE avait procédé à l’érection du Centre National de Basket-ball en un lieu de détention où il incarcérait les personnes qui le contrariaient ; 

 

Monsieur Joseph BENDOUNGA, Président d’un parti politique centrafricain de l’opposition le MDREC et actuel ministre centrafricain de l’élevage, fut passé à tabac sur ordre de M. François Bozizé Yangouvounda, après qu’il eut donné l’ordre à sa garde de l’expulser manu militari de la salle où se trouvaient également des diplomates. Il fut grièvement blessé à la tête ; 

 

DEDE SOMBO a été enlevé et torturé au cimetière de N’DRES par Teddy BOZIZE. 

- Depuis décembre 2005, les forces de François Bozizé Yangouvounda, en particulier la Garde Personnelle, ont été pratiquement les seules responsables de l’incendie de plus de 10.000 habitations dans le nord-ouest de la CENTRAFRIQUE. Des centaines de villages ont été détruits à travers de vastes étendues du nord-ouest du pays. Les troupes arrivent dans les villages et tirent au hasard sur la population civile, forçant les habitants à fuir avant de réduire en cendres leurs maisons, les pillant parfois au préalable. En décembre 2005, les éléments de la Garde Personnelle ont incendié de 500 à 900 maisons dans la région de MARKOUNDA. Dans la région de BATANGAFO-KABO-OUANDAGO-KAGA BANDORO, il a été recensé 2923 habitations incendiées, dont plus de 1000, rien que dans la circonscription de OUANDAGO. A certains endroits, toutes les maisons de chaque village avaient été incendiées, sans exception. 

 

- De même, des destructions à grande échelle peuvent être constatées tout autour de la ville de PAOUA, sur toute la route vers l’est menant à NANA BARYA soit des centaines de kilomètres de villages détruits par les forces de sécurité de M. François Bozizé Yangouvounda. 

 

- Les forces de François Bozizé Yangouvounda ont commis des violations graves des droits humains, notamment des incendies d’habitations, lorsqu’elles ont repris le contrôle de villes et de villages fin 2006, ce qui s’est répété en mars 2007. 

 

Dans un conflit de l’Eglise Protestante de Kina où François Bozizé Yangouvounda a pris fait et cause pour son frère TOUANGAYE en faisant arrêter par les éléments de sa Garde Personnelle des diacres de cette Eglise et en ordonnant l’incendie de leurs maisons en guise de vengeance ; 

 

Par ailleurs, Cent dix neuf (119) exécutions sommaires sont imputables aux éléments de la garde personnelle de François Bozizé Yangouvounda dans le nord-ouest et le nord-est dont cinquante une (51) au moins commises depuis fin 2005 par une seule et même unité militaire, l’unité dite de la GP (Garde Personnelle) basée à Bossangoa et commandée à l’époque par le lieutenant Eugène NGAIKOISSE alias « le boucher de Paoua », assisté du Lieutenant Eric Danboy, et du soldat NGANAWARA, tireur d’armes lourdes qui s’est illustré par des meurtres de femmes et d’enfants abattus à la mitrailleuse sur l’axe Nana-Barya et Bémal en 2005 et 2006. On estime que les  décès sur lesquels des informations ont été recueillies ne représentent qu’une infime partie des crimes imputables à cette unité ; 

 

Des squelettes humains ont été découverts dans une fosse à la résidence privée de François Bozizé Yangouvounda à Sassara, après sa fuite le 24 mars 2013.

 

Je tiens à rappeler qu’un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui en mai dernier par les Gouvernement centrafricain.

 

Aussi, je tiens à signaler  que Monsieur François BOZIZE YANGOUVONDA vient de quitter le Cameroun pour la France où il  séjourne depuis quelques jours en compagnie de certains de ses nombreux complices, précisément en région parisienne.

 

Vous trouverez ci-joint une première  liste des villages brûlés par la garde présidentielle.


En vous priant de donner à cette affaire la suite légale qu'elle comporte,

 

Veuillez agréer, Monsieur le Procureur de la République, l'expression de ma considération distinguée.

 

 

 

                                                                        Fait à Quimperlé, le 13/08/2013

 

 

 

Première liste.

 

 

 21 villages  brûlés en 2009

 

 

1 villages brulés depuis 2009 :
- Villages Ngarba (Pka 15) et Ngarba (Pk 10) - brulés
- Villages Boulkina 1,Boulkina 2, Boulkina 3 - brulés
- Villages Dill 1 et Dill 2 - brulés
- Village Doum - brulé
- Village Ambassana - brulé
- Village Koursourbac - brulé
- Villages Koudé 1 et Koudé 2 - brulés
- Village Diboul Tinga - brulé
- Village Zoukoumba - 21 personnes assassinées sans sommation alors qu'elles participaient à une veillée mortuaire (accusées d'être des rebelles - village brulé - demander confirmation à l'ambassadeur des Etats-Unis en République centrafricaine qui s'est lui même rendu surplace).
- Villages Zoukoutou nyda 1 et Zoukoutou nyda 2 - brulés et  villageois déplacés
- Villages Gadaye 1 et Gadaye 2 - brulés & villageois déplacés
- Village Gouzbeida - brulé
-Village  Kouroubou – village incendié
-Village  Alyo – village brûlé
-Village  Mbambalé 1 et Mbambalé 2 - brulés
- Village Dimi - brulé
- Village Tiri – brûlé et  villageois déplacés

 

D’ autres listes et pièces à convictions vous seront prochainement versés au dossier.

 

 

 

NDLR : A signaler que François Bozizé fait déjà l'objet d'une plainte déposée en 2002 par Mme Viviane N'DOUBA pour enlèvement et séquestration de son mari. Après sa libération, Prosper N'DOUBA a également déposé plainte lui-même en personne auprès du Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance de son lieu de résidence, plainte non instruite en raison de la fonction de Président de la République de Bozizé mais maintenant qu'il n'est plus rein, la plainte de Prosper reprend vigueur. 

 

 

Un Centrafricain vivant en France dépose plainte à Paris contre François Bozizé
Un Centrafricain vivant en France dépose plainte à Paris contre François Bozizé

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