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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 23:33


 

Source: Première Urgence (PU) Date: 22 Apr 2008


Depuis début 2005, le Cameroun fait face à un afflux de ressortissants centrafricains qui s’est intensifié dans le courant de l’année 2006. Ces réfugiés centrafricains, composés principalement de pasteurs Mbororos continuent à affluer dans les provinces camerounaises de l’Est et de l’Adamaoua, frontalières avec la République Centrafricaine. A ce jour, plus de 45.000 réfugiés ont été enregistrés par l’UNHCR. La présence massive de cette population sur le territoire camerounais (provinces de l’Est et de l’Adamaoua) résulte du climat d’insécurité qui prévaut toujours dans le Nord et l’Ouest de la République centrafricaine.

 

Hébergement des familles centrafricaines réfugiées au Cameroun.

 

Les camerounais habitant dans cette zone et plus particulièrement les réfugiés centrafricains patissent de conditions médiocres d’accès à l’eau mais également de la précarité des structures de santé. Des tensions existent entre réfugiés et populations autochtones pour l’accès à l’eau, les points d’eau n’étant pas suffisants et souvent en mauvais état (30% des pompes à main équipant les puits et forages seraient défectueux).

 

Maternité de Bertoua, Est Cameroun.

 

Dans les centres de santé, l’état des locaux est parfois déplorable et représente en lui même un danger pour la santé (déchets médicaux peu brûlés, aiguilles utilisées non jetées et 30% des structures de santé n’ont pas accès à l’eau).

Première Urgence a donc décidé d’ouvrir une nouvelle mission dans la partie Est du Cameroun afin de venir en aide aux populations centrafricaines vulnérables.

 

Les programmes qui vont être mis en place, avec le soutien financier de l’UNHCR et de l’UNICEF, doivent permettre un accès aux infrastructures de santé et à l’eau et l’assainissement dans des conditions acceptables en faveur de 600.000 personnes et en particulier les populations vulnérables, réfugiées, maternelles, et infantiles dans la région de l’Adamaoua et de l’Est.

Corinne Hannion, Chef de Mission au Cameroun est partie le 19 avril pour mener à bien ce programme.

 

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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 23:21



 

Source: Humanitarian and Development Partnership Team - Central African Republic

Date: 14 Apr 2008


Points saillants

 

- Forum sur le financement et l'accès aux soins de santé du 8 au 10 avril à Bangui

- Formation du Comité Internationale de la Croix Rouge sur les blessures des armes à feu

- 1.500 patients inscrits au Centre de Traitement Ambulatoire de Bangui

- Cadre d'Analyse des Besoins humanitaires

 

Actualités

 

Faciliter l'accès aux soins de santé

 

Le Forum sur le financement et l'accès aux soins de santé s'est déroulé du 8 au 10 avril à l'Assemblée Nationale à Bangui. Le forum a engagé des réflexions qui doivent conduire à l'adoption d'un système permettant d'offrir des services de santé à faibles coûts, voire même d'annuler ces coûts pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Les pouvoirs publics et les partenaires ont en effet constaté que les coûts des soins constituent le plus souvent un obstacle à l'accès, plus particulièrement pour les populations vulnérables mentionnées précédemment.

 

Le premier ministre, Faustin Touadera, dans son discours au cours de la cérémonie d'ouverture, a souligné que les indicateurs clés de la santé en République Centrafricaine sont les plus bas du continent : un taux de mortalité parmi les enfants de moins de cinq ans de 176 pour 1.000 et une mortalité maternelle de 1.355 pour 100.000 accouchements. Pour réduire ces chiffres dévastateurs, le forum a fait des recommandations concernant l'exemption des paiements des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, l'assainissement de la gestion du secteur à tous les niveaux, une meilleure coordination de l'aide internationale et une réflexion approfondie sur les mécanismes alternatifs de financement des soins, à savoir les mutuelles de santé et les forfaits obstétrique et pédiatrique. Le premier ministre a prôné la mise en place d'un comité de suivi des recommandations.


Organisé par le ministère de la Santé Publique, de la Population et de la Lutte contre le Sida, avec l'appui de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l'UNICEF, le forum a réuni 150 participants des services de santé centrales et de la périphérie, des ONG nationales et internationales, des organisations confessionnelles et des partenaires au développement.

 

Formation sur blessures des armes à feu

 

Le personnel sanitaire militaire et civil de Bangui et des provinces se perfectionne en chirurgie des blessés par armes à feu. En vue de répondre au besoin croissant de soins aux personnes blessées, le Comité International de la Croix Rouge (CICR) a organisé du 7 au 9 avril à l'hôtel Somba à Bangui, un séminaire en chirurgie des blessés par armes à feu, auquel ont pris part 23 médecins venus de Bangui et des régions de l'Ouham, Ouham-Pendé et la Vakaga dans le nord de la Centrafrique.

 

Les affrontements entre les forces gouvernementales et les différents groupes armés d'opposition dans les zones conflictuelles provoquent des cas de blessures par armes de guerre. A cette situation générale et en lien avec l'insécurité dans le nord-ouest et le nord-est du pays, s'ajoutent les attaques des bandes armées - "coupeurs de route" - sur les populations dans ces régions. Le personnel sanitaire militaire et civil des hôpitaux des préfectures du nord affectées par le conflit est de plus en plus sollicité pour des soins à apporter aux personnes blessées par armes à feu. A Bangui la capitale, des incidents ayant entraîné des blessures graves suite à l'usage des armes à feu, contribuent à une augmentation des cas de personnes blessées auxquels les chirurgiens des hôpitaux sont confrontés.

 

Ces cas spécifiques commandent des gestes médicaux peu habituels pour la grande majorité des participants. "Ce ne sont pas des cas auxquels nous faisons face habituellement. La prise en charge des blessés de ce type, pour être efficace, se fait différemment", a affirmé Dr Issa Mapouka, chirurgien chef de service de traumatologie orthopédique de l'hôpital communautaire de Bangui, présent à l'ouverture des travaux. "Nous avons suivi un séminaire similaire du CICR en 2001 et cela nous a été d'une grande utilité lors des troubles militaro politiques que le pays a connu par la suite" a-t-il poursuivi.

 

Durant les trois jours de travaux les participants ont débattu de plusieurs thèmes touchant les activités chirurgicales du CICR dans le monde, les droits et devoirs du personnel sanitaire et des thèmes spécifiques à la pratique chirurgicale. Ce séminaire deuxième du genre organisé à Bangui par le CICR sera suivi, selon Jean-Nicolas Marti, chef de délégation du CICR, d'autres événements de formation médicale.

 

Pour en savoir plus : jmarti.bng@cicr.org

Pour toutes informations, veuillez contacter: UN OCHA RCA

Nancy Snauwaert snauwaert@un.org |+236 75 54 22 78

Gisèle Willybiro willybiro@un.org |+236 75 54 90 31

 

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 23:56

 


Source: Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires - Integrated Regional Information Networks


Date: 10 2008

 
BOZOUM, 5 mars 2007 (IRIN) – Des bandits s'acharnent à extorquer de l'argent en enlevant contre rançon éleveurs dans le nord-ouest de la République centrafricaine (RCA) ont forcé des milliers de personnes à chercher refuge dans les zones urbaines où beaucoup sont devenus pauvres, disent les travailleurs humanitaires.

 .
Les bandits, connu sous le nom de «Zaraguinas», enlèvent principalement les enfants et les jeunes adultes à partir des villages et les retiennent jusqu'à ce que leurs proches soient en mesure de payer les énormes rançons exigées, selon Hamadou Nabeti, une victime du racket. Il a fui le village de Tantale, 45 km au nord de la ville de Bozoum, dans l'Ouham-Pende, l'an dernier, après paiement des ravisseurs pour obtenir la libération de ses enfants.

 
Les résidents de la région pensent que les enlèvements ont commencé à cause de l'insurrection en cours dans la région, car les bandits profitent de ce que l'armée nationale ne se préoccupe que de la lutte contre l'insurrection armée.

 
On estime que 15 0000 personnes ont fui leur foyer en raison des fréquents affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles de l'Armée populaire pour la restauration de la république et de la démocratie (APRD), et les bandits dans le nord-ouest de la RCA depuis octobre 2006.

 
"J'ai quitté mon village après autoroute voleurs ont frappé notre village, le 17 octobre 2006", a dit à IRIN Nabeti. Les bandits armés et des enfants enlevés ont emporté vivres et du bétail, a-t-il dit.

 
«J'ai dû vendre tous mes bovins pour payer la libération des enfants gardés en captivité", a-t-il ajouté. Il vit maintenant avec ses deux épouses et 12 enfants dans une maison louée à Bozoum où il a du mal à payer son loyer mensuel monté à 4 $ US, dit-il.

 
Les Zaraguinas sont apparemment attirés par la richesse de l'élevage dans la région.
Al Hadj Salle, 45 ans, éleveur de bovins à Paoua, a déclaré qu'il avait été contraint de fuir à Bozoum après 13 ans, son fils a été enlevé par les Zaraguinas. Il a été contraint de verser 1,5 millions de francs CFA (3000 $ US), par la vente de ses animaux.
«Il y avait 7000 personnes déplacées dans la ville il y a deux mois, mais seulement 3798 d'entre elles sont enregistrées», a déclaré Léonard Bangue, le maire de Bozoum.

 

 Il a confirmé qu'ils s'étaient installés dans la ville pour des raisons de sécurité.
Le maire s'est plaint que les résidents de la zone avaient été abandonnés par les militaires et étaient maintenant à la merci des bandits. Les patrouilles de l'armée nationale sont rares, et la porosité des frontières permet aux maraudeurs des pays voisins tels que le Tchad et le Cameroun de venir sans entrave.


"Nous nous attendions à la FOMUC (Force multinationale en Centrafrique) pour aider à rétablir la sécurité dans la région, mais nous sommes bouleversés de découvrir qu'ils n'ont pas de mandat pour lutter contre les bandits", a déclaré Bangue. Il a dit que la réticence apparente des soldats à sévir contre les bandits a exacerbé le problème.
"La plupart de ceux qui attaquent le bétail gardiens sont les étrangers qui ont l'appui d'un petit nombre de ressortissants qui connaissent bien la région," a dit le maire. Selon lui, les ravisseurs ne parlent pas les langues locales.


Vivre sur la charité


Le nombre croissant de personnes déplacées dans la région a créé plus de problèmes humanitaires. Beaucoup de ceux qui ont cherché refuge dans les villes après avoir fui les extorqueurs n'ont pas d'argent pour la nourriture, le logement ou les soins médicaux de base pour leurs familles.


«Je suis vivant à la charité parce que toute ma famille se fonde sur les vivres distribués par les organismes d'aide et deux de mes femmes sont mortes parce que je n'avais pas d'argent pour acheter des médicaments pour elles», a déclaré Nabeti. La charité italienne Cooperazione Internazionale (COOPI) et Caritas ont une présence dans la zone.


Le coût de la vie a augmenté dans les zones urbaines, avec l'afflux de personnes déplacées, les hôpitaux et les écoles ont du mal à faire face à la hausse des chiffres. Certains enfants issus de familles déplacées ne peuvent pas être inscrits dans les écoles parce que les salles de classe sont pleines.


L'insécurité a perturbé l'agriculture. Les agriculteurs évitent leurs champs de crainte d'être enlevés et si la sécurité alimentaire est attendue à souffrir.
«Nous sommes à court de semences agricoles pour la nouvelle saison, car nous n'en n’avons pas assez et nous sommes susceptibles de consommer le peu que nous avons», a déclaré Benoit Bédoumdé, 42 ans, chef de village de Bemal, 55 km au nord de Paoua .


Le préfet de Bozoum, Raymond Ndougou*, a exhorté le gouvernement à résoudre le problème de la sécurité afin que les gens puissent reprendre leurs activités économiques.
"Le gouvernement devrait trouver une solution pacifique à la crise et améliorer  la sécurité et le calme dans la région du nord", a déclaré Ndougou.


Ndlr : * Raymond Ndougou qui fut préfet de l'Ouham-Pendé est actuellement ministre de l'intérieur. Cette préfecture demeure jusqu'ici sans préfet.

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 17:03




Faustin Archange Touadéra






APA Bangui08-04-2008 (Centrafrique) Le Premier ministre centrafricain, Faustin Archange Touadéra, a dressé mardi à Bangui, un tableau sombre de la situation sanitaire dans son pays, à l’ouverture d’un forum national de trois jours (8-10 avril) sur le financement de la santé et l’accessibilité aux soins.

Selon le chef du gouvernement centrafricain, le taux de prévalence du SIDA est de 6,2% en Centrafrique.

Il a indiqué que la mortalité maternelle dans le pays avait augmenté, passant de 643 pour 1000 naissances vivantes en 1998 à 1355 actuellement alors que la mortalité infanto-juvénile est de 176 pour 1000.

Par ailleurs, le chef du gouvernement a fait état d’un réveil des foyers de trypanosomiase humaine africaine.

Auparavant, le ministre centrafricain de la santé, Faustin Ntelnoumbi, avait indiqué que le forum national sur le financement de la santé s’inscrit dans la mise en œuvre des actions attendues de la table ronde des bailleurs de fonds qui s’est déroulée en 2007 à Bruxelles.

Son objectif «est d’engager des réflexions qui conduiront à l’adoption d’une initiative de mise en place d’un système supportable économiquement et financièrement par toutes les parties prenantes, à savoir les finances publiques, les communautés et les ménages, les collectivités, le secteur privé ainsi que les partenaires au développement», a-t-il souligné.

Selon les résultats d’une enquête sérologique effectuée en 2006, la Centrafrique occupe le premier rang en Afrique centrale et le 10ème mondial sur la liste des Etats les plus touchés par la pandémie du VIH/SIDA.



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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 15:12

 

 

LE MONDE | 04.04.08 | 14h15  •  Mis à jour le 04.04.08 | 14h15

La rue africaine ne parle que de cela : les prix des denrées quotidiennes sont devenus fous. En quelques mois, la conjonction des hausses du blé, du riz, de l'huile sur les marchés mondiaux, de médiocres récoltes locales et l'absence de contrôle des prix, a accru les tensions sociales et compromis la stabilité politique.

Spectaculaire dans les villes africaines mais prégnante aussi en Asie, la flambée des prix a confirmé les propos de Jacques Diouf, le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prophétisant, dès octobre 2007, des "émeutes de la faim" alors que le prix moyen d'un repas de base a augmenté de 40 % en une année."Beaucoup de gens ne mangent plus qu'un plat par jour", entend-on à Dakar. "Avec 1 500 francs CFA (2,25 euros) pour nourrir ma famille, je ne sais plus quoi faire", dit une ménagère sur un marché de Bamako, au Mali.

De Douala (Cameroun) à Abidjan (Côte d'Ivoire) et du Caire (Egypte) à Dakar (Sénégal), les manifestations de rues secouent les capitales africaines et contraignent les gouvernants à prendre des mesures pour contrôler les prix.

"Gbagbo, marché est cher", "Gbagbo, on a faim", clamaient lundi 31 mars des femmes d'Abdidjan à l'adresse du président ivoirien. Des affrontements avec la police ont causé la mort d'au moins deux personnes. De fait, le prix du kilogramme de riz est passé de 250 à 650 francs CFA (de 0,22 à 0,97 euro) au cours de l'année ; celui de l'huile a augmenté de plus de 40 %. Le savon, le lait, la viande ont suivi, ce dont ne rendent pas compte les chiffres officiels (8 % d'inflation en 2007 pour l'ensemble du continent noir). "Dans les pays de la zone CFA, la hausse serait encore plus importante si le franc CFA n'était pas accroché à l'euro, une devise forte. Le coût des importations en est diminué d'autant. Les pays dont la monnaie est accrochée au dollar souffrent davantage", assure un économiste de l'Agence française de développement (AFD).

Suppression des droits de douane et baisse de la TVA : le chef de l'Etat ivoirien, comme ses homologues camerounais, sénégalais ou égyptien confrontés eux aussi à la rue, s'est engagé à faire baisser les prix en jouant sur les rares leviers que l'Etat maîtrise encore. La recette n'est pas de celles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale préconisent car elle pèse sur les finances publiques.

Seule la gravité de la situation a amené les institutions financières à se montrer plus accommodantes vis-à-vis des pays en développement. Le gouvernement égyptien a ajouté une mesure plus radicale : l'interdiction temporaire d'exporter le riz produit localement.

Aucun pays n'est à l'abri de troubles. A Dakar, une manifestation interdite "contre la vie chère" a dérapé dimanche 30 mars, trois mois après l'annonce de mesures pour contenir l'inflation : suppression de taxes sur le riz, création de "magasins témoin" exemplaires par la modération de leurs prix, diminution du traitement des ministres et même du chef de l'Etat. Les mesures n'ont pas produit l'effet escompté. "Les commerçants n'ont pas joué le jeu et l'Etat n'a plus les moyens de contrôler", constate Mamadou Barry, de l'ONG sénégalaise Enda.

Au Maroc, secoué lui aussi par des manifestations "contre la vie chère", des rassemblements sont prévus en avril. La marge de manoeuvre du gouvernement est réduite. Cas rare en Afrique, une "caisse de compensation", prend partiellement en charge, au Maroc, la hausse des produits de première nécessité mais son enveloppe, augmentée dans le budget 2008, sera épuisée cet été.

En Mauritanie où l'autosuffisance alimentaire ne dépasse pas 30 %, la situation est encore plus dramatique. Incapable de financer l'importation de denrées agricoles, le pays va connaître "une crise alimentaire sérieuse en 2008", a prévenu le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies 

Au Burkina Faso, une commission parlementaire "contre la vie chère" a été installée après les manifestations de la mi-mars dans plusieurs villes . Les syndicats appellent à une "grève générale" les 8 et 9 avril pour réclamer des augmentations de salaires, le contrôle des prix et la réduction des taxes sur les carburants.

Conseiller pour l'Afrique au Fonds monétaire international (FMI), Eugène Nyambal estime que la situation est le résultat des politiques prônées par les institutions financières internationales. Depuis des décennies elles ont encouragé les cultures d'exportation comme le coton, au détriment des cultures vivrières qu'il était plus avantageux d'acquérir, à bas prix, sur le marché international. Elles ont aussi poussé au démantèlement des structures de contrôle des prix. "La plupart de ces pays attendent des solutions de la Banque mondiale ou du FMI qui sont eux-mêmes dépassés par les évolutions récentes", ajoute-t-il, insistant sur les conséquences des troubles actuels sur les régimes en place qui n'ont pas développé de politique de soutien à l'agriculture locale. Jeudi soir, à l'occasion de la fête de l'indépendance, le président sénégalais Abdoulaye Wade a ainsi annoncé la relance d'un "programme national d'autosuffisance" agricole.

La Banque mondiale a fait amende honorable dans son dernier rapport annuel et mis l'accent sur la renaissance des cultures vivrières. Il faudra des années pour modifier le modèle de développement.

Philippe Bernard et Jean-Pierre Tuquoi


Article paru dans l'édition du 05.04.08

 

Matières premières agricoles : des hausses de prix explosives

 

LE MONDE | 04.04.08 | 14h14  •  Mis à jour le 04.04.08 | 14h14




Un mort à Abidjan, en Côte d'Ivoire, mardi 1er avril, plusieurs dizaines de manifestants incarcérés au Sénégal lundi 31 mars, ainsi qu'au Burkina Faso, et au Cameroun dans les jours précédents : la liste s'allonge de protestations plus ou moins pacifiques "contre la vie chère". En 2007, c'était au Mexique et au Maroc.


Car "la vie chère", c'est l'explosion des prix alimentaires sous l'effet de la hausse générale des matières premières agricoles : selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), ils ont augmenté de près de 40 % en 2007 au niveau mondial. Le blé (au plus haut depuis vingt-huit ans), le maïs, le riz, le soja, le colza ou l'huile de palme ont vu doubler, voire tripler, en deux ans leurs cours au grand dam des populations pauvres dont les revenus ne progressaient pas autant.

Par la voix de son président, Robert Zoellick, la Banque mondiale a décrété, mercredi 2 avril, qu'il fallait de toute urgence lancer un "new deal" alimentaire pour éviter que 33 pays connaissent des troubles politiques et sociaux.

Des causes multiples.  Ces hausses sont dues à une demande accrue des pays émergents suscitée par la poussée démographique, mais aussi par une hausse du niveau de vie en Asie. Le monde agricole n'a pas pu suivre cette poussée de la demande, car les terres se raréfient en raison de l'urbanisation accélérée, en Chine comme en Inde, et à cause d'une productivité agricole toujours insuffisante dans les pays en développement. Le réchauffement climatique contribue à aggraver les phénomènes de sécheresse ou d'inondation qui détruisent les récoltes. La hausse des prix de l'énergie a provoqué celle des intrants (semences, pesticides, engrais).


L'utilisation des céréales, de la canne à sucre et des oléagineux pour la fabrication d'agrocarburants a encore aggravé la situation. La spéculation a profité de ces tensions pour jouer les prix agricoles à la hausse et placer des capitaux sur ces marchés devenus un refuge contre les fluctuations du dollar ou contre l'inflation renaissante.

Le riz, dont le prix a augmenté de 30 % en deux semaines - "du jamais-vu", selon Patricio Mendez del Villar, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) -, est un cas d'école : ce petit marché subit les aléas climatiques de l'Australie et les réactions protectionnistes de la Thaïlande, du Vietnam, de l'Inde, de l'Egypte, etc. Les fonds d'investissement en ont donc fait un "véhicule" spéculatif de choix depuis trois mois. Aux Philippines, à Madagascar, au Sénégal, la colère populaire enfle.

Des populations particulièrement fragiles. Contrairement aux pays occidentaux où la part de l'alimentation dans les revenus des ménages atteint 10 % à 20 %, elle est de 60 % à 90 % dans les pays pauvres. L'augmentation des cours des céréales y est par conséquent plus sensible, surtout pour les urbains, qui ne produisent pas de denrées.


Les pays eux-mêmes sont plus ou moins fragilisés, selon leurs dépenses pour les importations de blé, de riz ou de maïs, bases de l'alimentation mondiale. Parmi eux, ceux que la FAO appelle les pays à faible revenu et déficit vivrier (PFRVD), souvent situés en Afrique, sont dans des situations très difficiles. Si le volume de leurs importations pourrait légèrement diminuer en 2008, du fait de bonnes récoltes, l'envolée des céréales et du fret devrait tout de même alourdir leur facture de 35 %, pour la deuxième année consécutive. Et de 50 % en Afrique, notamment au Maroc, au Lesotho et au Swaziland.

Des remèdes à double tranchant. Pour sécuriser leurs approvisionnements en denrées à prix accessibles aux consommateurs, les Etats, quand ils en ont les moyens, ont pris différents types de mesures, en jouant sur la production, les exportations ou les importations. Mais les marchés agricoles étant très petits (seulement 17,2 % des volumes totaux de blé sont échangés sur le marché mondial, 12,5 % du maïs, 7 % du riz), chaque décision crée, par ricochet, davantage de tensions ailleurs.


La FAO s'alarme de telles initiatives. "Ce n'est pas avec des décisions unilatérales que le problème se réglera", déclarait son directeur général, Jacques Diouf, fin janvier dans Le Monde, appelant les Etats à prendre des décisions stratégiques en matière d'alimentation mondiale, mais collectivement.

Où produire plus ? Sachant que, dans les pays développés, la productivité et les surfaces sont à leur plus haut niveau, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la FAO ont appelé, mi-mars, les pays d'Europe de l'Est et de la Communauté des Etats indépendants - Russie, Ukraine et Kazakhstan particulièrement -, à doper leur production. Leur potentiel est important : près de 23 millions d'hectares de terres arables n'y sont plus utilisés pour l'agriculture depuis quelques années, et 13 millions pourraient être récupérés sans "coût environnemental majeur". Mais tout est question d'investissement des secteurs publics et privés.


L'Amérique du Sud est l'autre réservoir foncier potentiel et pour toutes les cultures ; par exemple, on estime à quelque 20 millions d'hectares les superficies qui pourraient être mises en culture au Mato Grosso brésilien. Cette extension ne pourrait se faire qu'au détriment de la forêt amazonienne et devrait donner lieu à des débats sur les équilibres écologiques.

Laetitia Clavreul et Alain Faujas

Des stocks toujours plus bas

Même si la production de céréales a augmenté en 2007, et devrait, selon la FAO, encore progresser en 2008, elle ne permet pas de satisfaire la demande mondiale, en forte hausse. Par conséquent, d'une année sur l'autre, les stocks mondiaux s'amenuisent.

A la fin de la campagne 2008, ces stocks devraient avoir perdu encore 5 %, et leur volume devrait être le plus faible depuis 1982. La diminution des stocks de blé devrait être particulièrement importante, estime la FAO. Ce qui explique que la tension sur les prix devrait continuer.

 

Article paru dans l'édition du 05.04.08

 

 

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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 15:05

 

 

News Press 04/04/2008 10:13

 

Lors de son déplacement en Afrique, du 3 au 7 avril, le président de la Croix-Rouge française, Jean-François Mattei, inaugurera le centre de santé Henry Dunant situé à Bangui (Centrafrique) et visitera l'hôpital de Sibut (Centrafrique). Ces deux programmes rentrent dans le cadre de l'initiative santé, projet mené conjointement par la Croix-Rouge française et la Croix-Rouge centrafricaine.


En Afrique, des systèmes de santé défaillants

Le projet "initiative santé" a vu le jour en 2005, suite à un constat alarmant : dans beaucoup de pays africains, le système de santé est défaillant et ne couvre pas les besoins des populations locales, notamment ceux des plus vulnérables.

Or, la santé est un élément moteur du développement durable. La Croix-Rouge a tout naturellement sa place dans ce champ, qu'elle se doit de réinvestir. Forte de son expérience, la Croix-Rouge française épaule ses sociétés soeurs africaines pour améliorer la réponse sanitaire dans leurs pays respectifs, à travers le projet "initiative santé".

Celui-ci comporte deux objectifs : renforcer l'accessibilité aux soins, et améliorer la qualité de ceux-ci. Cette initiative passe par le renforcement des capacités des sociétés nationales de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge à participer à l'amélioration du système sanitaire de leur pays.


Renforcer l'accessibilité aux soins

Après un recensement des établissements de santé dans le pays, la Croix-Rouge française propose à sa société soeur un appui, notamment financier, pour remettre à niveau les structures existantes.

Dans la plupart des cas, il s'agit de réhabiliter des centres de santé, de fournir l'équipement médical, de permettre l'approvisionnement régulier en médicaments et consommables, et d'appuyer la formation du personnel aussi bien sur les actes médicaux que dans la gestion du centre.

Pour ces projets, la Croix-Rouge française implique son réseau, en faisant activement participer ses délégations départementales à la gestion financière, à la logistique...


Améliorer la qualité des soins

Parallèlement, la Croix-Rouge française agit sur le volet de la formation du personnel paramédical (infirmiers, sages-femmes...). En France, la Croix-Rouge forme chaque année 10% du personnel dans le secteur sanitaire et social. Elle peut donc faire profiter ses sociétés soeurs de ce savoir-faire reconnu.

Les activités menées dans le cadre du projet "initiative santé" sont diverses : rédéfinir le curriculum des filières de formation, développer la formation des formateurs, réhabiliter les lieux de stage et les infrastructures des écoles, fournir du matériel pédagogique...

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 18:43

 



Source: Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires - Integrated Regional Information Networks


Date: 01 2008

 
BOSSANGOA, 1er avril 2008 (IRIN) – L’Association Monam qui regroupe les victimes de viols dans la ville septentrionale de Bossangoa en République centrafricaine (RCA) fait ce qu'elle peut pour continuer de fonctionner, mais le moral est bas et de l'argent manque.
«Nous avons été abandonnés à nous-mêmes. Nous recevons peu d'aide de l'extérieur. Plusieurs de nos membres ont perdu la vie", a déclaré à IRIN / PlusNews la présidente du groupe, Pélagie Ndokoyanga,.

 
Monam, qui signifie "bien commun" dans la langue sango, a été créé en 2006 2001 2002 au milieu des nombreux carnages menant au plus récent de coup d'État qui a conduit François Bozizé au pouvoir en mars 2003.


En plus d’être un forum de solidarité et de procurer des revenus et du bien-être pour les femmes qui ont souffert de la violence sexuelle (VS), Monam vise aussi à lutter contre de tels abus, d'identifier ses auteurs et de lutter contre la stigmatisation des femmes en général et des victimes de viol en particulier. Selon Ndokoyanga, plusieurs membres du groupe ont été abandonnés par leur mari après avoir été violées.


Quand un dépistage du VIH et de conseil a été créé en 2005 à Bossangoa, plusieurs des premiers cas de VIH-positifs sont le fruit d'un viol.


Parmi eux se trouve Ndokoyanga, qui travaille également avec le Bossangoa Association des Personnes vivant avec le VIH.

 
"Il est normal de dire à la famille lorsque l'on est infecté, ce n'est pas un péché», a t-elle dit lorsque plusieurs dizaines de membres de l'association se sont réunis IRIN / PlusNews. "Mais ils sont les premiers à répandre la nouvelle."


«Personne n'a un emploi ici. J'ai tous mes certificats mais je n'ai jamais trouvé un emploi parce que les gens savent que je suis séropositive», a t-elle ajouté.
Les deux organisations souhaiteraient améliorer leurs activités génératrices de revenus tels que la vente d’articles sur le marché mais le manque de capitaux nécessaires, rend difficile la réalisation de tels projets sur le terrain.


Avec l'ONU SIDA, l'estimation de la prévalence du VIH/SIDA en RCA est de 10 pour cent, avec seulement trois pour cent des adultes séropositifs qui parviennent à prolonger leur vie par la thérapie anti-rétrovirale ; il y a donc un besoin clair et urgent d'intensifier l'éducation sur le VIH/SIDA, le dépistage et le traitement, mais la persistance du conflit armé et l'insécurité cela difficile dans de nombreuses régions du pays.


Beaucoup de viols, peu de données

 

Des statistiques détaillées et précises sur le nombre de femmes qui souffrent VEF en RCA ne sont pas disponibles. Cela tient en partie à cause de la stigmatisation qui s'attache à de telles attaques, mais aussi parce que le gouvernement peine fonctions en dehors de la capitale et les institutions humanitaires internationales n'ont que récemment commencé à travailler dans le pays en grand nombre.


À la fin de février 2007, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a signalé que «sexuels et de violence sexuelle et des grèves de plus de 15 pour cent des femmes et des filles», dans le nord de la Centrafrique.
Ces attaques se sont multipliées pendant la période pré-coup d’état durant laquelle les troubles et les rebelles au début des affrontements en 2006 et au début de 2007.


L'un des principaux domaines de l'enquête ouverte en mai 2007 par la Cour pénale internationale (CPI) à la suite d'une demande formulée par le gouvernement centrafricain, les "nombreuses allégations de viol et d'autres aspects de violence sexuelle perpétrée contre des centaines de victimes signalées ... Lors d'un sommet en 2002/03 de la violence ", selon une déclaration de la CPI.


Le procureur du tribunal suit également de près les cas signalés de violence sexuelle commis après 2005, date à laquelle émergé deux rébellions dans le nord.

 
 « A la suite d'une tentative manquée de coup à la fin de 2002 émerge un schéma de viols massifs et de violences sexuelles perpétrés par des individus armés. La violence sexuelle semble avoir été un élément central du conflit», la déclaration CPI dit en outre qu'au moins 600 Victimes de violence sexuelle ont été identifiés au cours des cinq mois.


Celles-ci comprenaient des femmes âgées, des jeunes filles et des hommes, la CCI a indiqué.
«Il y avait souvent des aspects de cruauté aggravée tels que des viols commis par de multiples auteurs, face à des tierces personnes, parfois avec des parents contraints d’y assister", selon le communiqué, notant que l'impact social de ces crimes "apparaît dévastateur".


Programmes pour descendre lentement le terrain


Pour l'instant, il y a peu d'aide extérieure pour ceux qui sont directement touchés par la violence sexuelle. Les membres de l'Organisation pour la compassion et le développement des familles en détresse (OCODEFAD), une ONG nationale, ont témoigné au sujet des agressions sexuelles contre eux à Bangui auprès du bureau du procureur de la CPI.


OCODEFAD a été fondée par Bernadette Sayo, professeur dans une école secondaire dont le mari a été tué sous ses yeux en 2002 par les rebelles de la RDC alliés du président Ange-Félix Patassé d’alors lors d'une tentative de coup d'Etat. Les hommes armés ont ensuite commis des viols.


OCODEFAD a enregistré des centaines de femmes et des dizaines d'hommes, ainsi que les jeunes enfants et les personnes âgées, victimes de sévices sexuels au cours de cette période de troubles. C'est en grande partie grâce aux pressions exercées par cette organisation nationale et de groupes de défense des droits de l’homme que le gouvernement de Bangui a demandé à la CPI d'ouvrir son enquête.


En termes d'aide étrangère, une ONG, International Rescue Committee (IRC), a mis en place un programme contre la violence sexuelle dans la ville septentrionale de Kaga-Bandoro en mai 2007, en fournissant gratuitement des soins médicaux et un soutien psychosocial pour ses membres, en faisant mieux connaître la violence sexuelle dans les communautés et la tenue de discussions avec les différents groupes militaires.


La langue, ainsi que la stigmatisation, est un obstacle au début. "Il nous a fallu un mois pour avoir une définition du viol. Il n'y a pas de mots pour le dire en sango," Catherine Poulton, coordonnatrice en RCA pour IRC, a dit à IRIN / PlusNews.


Depuis qu'elle a commencé, le programme - qui couvre les ménages le long d'un tronçon de la route 50 km - a traité 1040 cas de violence sexuelle, qui traite des problèmes associés tels que les maladies sexuellement transmissibles, les traumatismes et le rejet par les familles.
Sept autres programmes sont en préparation pour 2008, impliquant des organismes tels que l'ONU Organisation mondiale de la Santé, l'UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour la  population et Comité d'Aide Médicale.


Dans le cas de la République centrafricaine, où les données sont encore limitées, les donateurs peuvent avoir besoin de rompre avec la tradition des évaluations détaillées de la recherche d'un problème avant de signer leur chèque. Selon certains analystes, il faut admettre la prévalence généralisée, et l'expérience de IRC, les données issues du programme, plutôt que l'inverse.


Crier pour se faire entendre


Marie Noudjougoto, une activiste communautaire qui a contribué à organiser des centaines de femmes en associations en fonction de leurs villages d'origine, la profession ou la foi religieuse, a profité de la grande Journée internationale de la femme (8 mars) pour défiler  dans la ville septentrionale de Paoua et mettre en lumière comment les femmes ont le plus souffert de la violence en RCA et à promouvoir le rôle que les femmes doivent jouer alors que le pays commence à se reconstruire.


"Ce que nous voulons, c'est la sécurité ... laissez nos maudites sœurs qui ont été violées, brutalisées, traumatisées et endeuillées ont la tranquillité d'esprit et l'espoir d'être des femmes, des mères et des grands-mères», a déclaré Noujougoto après quelque 1500 femmes, regroupées dans leurs différents Associations, ont défilé sur la rue principale de Paoua.
Certaines ont procédé à l’impression d’affiches et banderoles  de leur association, d'autres de simples tableaux noirs avec des inscriptions à la craie telles que "Karé Simbal Association de Lutte contre la Pauvreté».


Beaucoup de femmes portaient le fruit de leurs affaires - des céréales, les légumes et même des briques - sur leurs têtes comme elles ont marché au rythme de trois tambours.
"Nous voulons que les femmes avec un grand" F "soient écoutées, à la maison, sur les marchés, dans les bureaux, même dans les églises et les mosquées ... nous voulons vivre en paix avec l'espoir d'avoir A, par le biais de cette journée, au nom des femmes, un espoir pour la vie, le pardon et la réconciliation », a ajouté Noudjougoto.


Beaucoup de ceux qui ont pris part, comme Bertille, une enseignante, avait marché pendant une journée entière de leurs villages pour assister à la cérémonie. "Nous sommes venus pour montrer que nous sommes des gens qui souffrent», a-t-elle dit à IRIN / PlusNews.
Bertille a raconté comment un dimanche de janvier 2007, une fusillade a éclaté dans son village, situé dans le territoire contrôlé par les rebelles.


«L'armée est arrivée et a mis le feu à 80 maisons et nos champs d'arachide, ainsi que notre stock de semences. Ils ont dit, nous avons soutenu les rebelles», a t-elle dit.
"Après nous sommes restés en brousse sans abri pendant trois mois. Nous avons survécu en mangeant de feuilles sauvages de manioc. Même à l'heure actuelle, il n'est pas facile de trouver de la nourriture", a-t-elle ajouté, en expliquant que l'insécurité et la peur empêchent encore beaucoup de femmes de se rendre à leurs champs, de crainte de l'attaque par des bandits.

 



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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 14:51
centrafrique-copie-1.gifLors de son allocution du 31 décembre 2006, le général Bozizé, au départ hostile à l’idée même du dialogue et après avoir longtemps fait la sourde oreille, cédait en marquant enfin son adhésion afin de donner quelque chance à ce que ce dialogue puisse ramener une paix durable et mettre un terme à la crise politico-militaire endémique que connaît la RCA depuis des lustres et qui hypothèque gravement son épanouissement.

Un an après, fin décembre 2007, force est de constater que ce dialogue national inclusif n’a toujours pas eu lieuet cela ne peut arranger que Bozizé qui y trouve parfaitement son compte. Il a choisi exprès de gagner du temps en voulant rester maître du jeu et en privilégiant le dialogue de sourd avec des leaders peu représentatifs et contestés des mouvements de rébellion armée qui écument l’arrière-pays.

Après avoir initialement chargé le pasteur Isaac Zokoué et le groupe des Sages de prendre les contacts préliminaires préparatoires à la tenue de ce dialogue,  ce dernier est brutalement récusé pour avoir prétendument outrepassé son mandat après avoir rencontré en février 2007 à Lomé, le président Ange Félix Patassé pour recueillir les vues de celui-ci au sujet de la situation nationale et en particulier sur la tenue du fameux dialogue national. Puis ce fut les épisodes très peu glorieux mais tonitruants de signatures d’accord prétendument de paix restés sans effets significatifs à ce jour avec Abdoulaye Miskine et Zakaria Damane.

Malgré les gesticulations du régime de Bozizé et les effets d’optique destinés à tromper les naïfs, ce qui caractérise actuellement la situation en République centrafricaine est une aggravation inexorable des conditions de vie au quotidien des citoyens. Ceux-ci ne perçoivent nullement l’impact des milliards déversés par les bailleurs de fonds et la communauté financière internationale dont le régime ne cesse d’annoncer qu’elle a renoué avec la RCA. L’année 2008 qui commence avec une grève générale des syndicats qui exigent le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaire du secteur public est bien la preuve que le pays va très mal.

Le triste spectacle auquel assiste résigné le peuple est celui de la prédation systématique des maigres ressources de l’Etat et du bradage au seul profit de Bozizé et son clan des richesses naturelles du pays. Le cas de l’uranium de Bakouma est éloquent. Après avoir empoché des milliards de F CFA à leur seul profit – aucun versement n’a été effectué au trésor centrafricain - en concédant les mines de Bakouma à Uramin,  Bozizé et son neveu Sylvain Ndoutingaï voulaient récidiver avec Areva à qui ils voulaient imposer un droit d’entrée. Mal leur en a pris car celle-ci exige préalablement l’ouverture d’un compte au trésor centrafricain avant tout décaissement. C’est la raison du bras de fer actuel entre le clan Bozizé et le numéro un français du nucléaire civil. 

Craignant son ambitieux neveu Ndoutingaï très détesté à Paris et ne sachant plus quoi faire, Bozizé a cru devoir dépêcher entre temps son complice et ministre des affaires étrangères auprès de Mme Anne Lauvergeon la présidente d’Areva mais la cupidité du fameux ministre a pris le dessus et ce dernier s’en est tiré avec un chèque de plus de cent milles euros pour garnir son propre son compte. L’affaire remonte jusqu’à Sarkozy qui n’a pas manqué de le reprocher à Bozizé à qui il a dû demander, lors de leur furtive rencontre du 19 novembre dernier, de lutter fermement contre la corruption de certains de ses ministres.

Une nouvelle année commence mais les Centrafricains sont-ils irrémédiablement condamnés à endurer jusqu’à plus soif, les affres du régime Bozizé qui continue de les mener en bateau ?  Quoi d'étonnant que ce soit son épouse qui monte au créneau pour tancer à la radio ses propres ministres ! D'ici là si son mari fait d'elle le Premier ministre, il n'y aura rien de surprenant. Pour l'heure, c'est le nom  du directeur national de la Beac, Enoch Dérant Lakoué qui revient souvent pour la primature.
Quant au dialogue national inclusif, aura-t-il vraiment lieu ?  
 
04.01.2008
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 19:57
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