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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 01:24

 

 

Bangui--ville.JPG

 


Radio Ndéké Luka Lundi, 21 Janvier 2013 14:11


La vie a repris son cours normal ce lundi 21 janvier 2013 à Bangui. Cette reprise d’activités intervient alors que les centrafricains attendent toujours la composition d’une nouvelle équipe gouvernementale dirigée par maitre Nicolas Tiangaye.


Fonctionnaires, agents de l’Etat, élèves, commerçants, professionnels des petits métiers, entreprises publiques ou privées, ont retrouvé leurs occupations quotidiennes. Le constat a été fait par les reporters de Radio Ndeke Luka.


Bangui a renoué avec son rythme de vie quotidienne suite à la crise liée à l’insécurité provoquée par les rebelles de la coalition rebelles. Une crise qui a débouchée sur la signature d’un accord mettant terme aux hostilités.


Selon les reporters, plusieurs véhicules ont fait leur réapparition, empruntant les diverses avenues de la capitale. Certains se dirigeaient vers le centre Administratif, d’autres en direction des marchés et des écoles. Les transports en commun ont été pris d’assaut. Des piétons ont également envahi les trottoirs pour  se diriger vers leurs lieux d’activités.


Sur les marchés, l’affluence a été de mise : commerçants, clients, curieux se bousculent. Nos chiffres d’affaires ont sensiblement baissé à cause  de la crise. Grâce à la paix retrouvée,  « nous, vendeuses de galettes, pourrons être en mesure d’apprêter nos marchandises pour la vente afin de nous rattrape »r, ont indiqué certains commerçants.


« Bien qu’on retrouve un peu de tout sur le marché, le prix des denrées alimentaires a grimpé. Nous éprouvons des difficultés à remplir nos paniers pour nos familles. A ce titre, nous exhortons les autorités à faire en sorte que la circulation reprenne sur toute l’étendue du territoire », ont ajouté certaines ménagères.


A propos de cette fluidité de circulation retrouvée, il est à noter qu’au moins 7 personnes ont fait l’objet d’un braquage à mains armées par un groupe d’hommes non identifiés à Bouar (ouest). Les victimes ont été dépouillées de tous leurs biens matériels et une importante somme d’argent. Il s’agit d’un braquage enregistré à 75 kilomètres de la ville sur les passagers d’un véhicule de transport en commun.


Cette présence des hommes armés n’est pas la première. Ils ont déjà été signalés il y’a 2 semaine dans la même région. Ils étaient au nombre de 400 et habillés en 3 sortes de tenues militaires, a raconté un témoin au correspondant de Radio Ndeke Luka.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 13:45

 

 

 

Christian Guenébem

Christian Guénébem 

 

 

Bangui, 21 janv 2013 (CAP) - Le 18 janvier est généralement toujours célébrée la journée des martyrs des jeunes scolaires et étudiants tombés en janvier 1979 sous la répression barbare de la soldatesque de la dictature bokassienne. Cette année, est-ce à cause de la crise que traverse actuellement le pays et particulièrement la capitale, mais il n’y a eu point de commémoration.


On a cependant eu droit à un communiqué du tristement célèbre Christian Guénébem du conseil de la jeunesse KNK lu sur les antennes de radio Centrafrique faisant état d’un don fait par Bozizé d’une enveloppe de 43 millions 600 et des poussières de F CFA au sujet de laquelle ils seraient encore en train de réfléchir pour savoir quelle utilisation en faire. Pourquoi pas 43 millions pile ou 44 millions ronds. Pourquoi tous ces centimes ? Tout cela paraît suspect et ressemble au montant d’un devis ou une facture quelconque. Affaire à suivre… !

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 02:12

 

 

 

Est-ce le dernier cadeau de Bozizé Yangouvonda avant son depart definitif mais la rehabilitation du pont Saint Sauveur au SiCA 2 est finie. Comme quoi, si on veut, on peut !

 

 

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Pont StSauveur sur l'avenue de France au SICA 2 (avant)

 

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pont St Sauveuur pendant et après l'achèvement des travaux 

 

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 01:58

 

 

 

 

BANGUI : COMPTE RENDU DE LA SOCIÉTÉ CIVILE SUR LES NÉGOCIATIONS DE LIBREVILLE

 

signature des accords de Lbv

 

 

Bangui, 16 janv. 13 (RJDH) – La société civile de Centrafrique, partie prenante des Accords de Libreville, vient de faire son retour à Bangui. Elle a tenu une conférence de presse, ce mardi 16 Janvier pour faire le point sur la mission qu’elle a effectué auprès des différents protagonistes de la crise Centrafricaine.


« Deux éléments de la société civile avaient été désignés pour participer aux assises de Libreville comme observateurs. Notre mission consistait à faire un plaidoyer auprès des principaux protagonistes. C’est pourquoi nous y sommes allés pour influencer un peu la prise des décisions afin que nous pouvions obtenir un cessez-le feu définitif, obtenir l’ouverture d’un couloir humanitaire, de demander aux parties prenantes de privilégier l’intérêt général et national et enfin de penser déjà à la tenue d’un dialogue national, inter centrafricain », a déclaré Brice Kévin Kakpayene, coordonnateur de l’ONG enfant sans frontière qui a fait partie de la délégation de Libreville.


Il se félicite des Accords conclus entre les protagonistes à Libreville, et affirme que la société civile de Bangui se voit prête d’entrer dans le futur gouvernement d’union nationale qui se profile à l’horizon.


« D’après nos informations, deux places sont réservées à la société civile dans le gouvernement, mais nous allons nous concerter pour voir ce qu’il y a lieu de faire », a-t-il ajouté.


Mais bien avant de rentrer sur Bangui, ils ont fait un tour à Kampala, en Ouganda pour s’imprégner de l’expérience de la société civile ougandaise afin de préparer le prochain dialogue inter centrafricain de Bangui.


« Nous avons une grande mission à accomplir après les assises de Libreville, celle d’abord de vulgariser les accords de Libreville, puisque nous nous sommes rendus compte que les premiers accords n’ont pas été vulgarisés. Ce qui a occasionné la rechute des hostilités en Centrafrique. Enfin, la poursuite à la justice de tous les auteurs présumés des crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en Centrafrique depuis les mutineries jusqu’à nos jours », a-t-il conclu.


Pour Me Bruno Hyacinthe Gbiébga qui a aussi participé aux travaux de Libreville, il y a aucune disposition qui prévoit l’amnistie des auteurs des crimes perpétrés pendant cette période de conflit. « Ils doivent répondre de leurs actes devant la justice, car un pays se construit également par un procès juste et équitable. Il n’y a pas de paix sans une justice véritable », a souligné Me Bruno Hyacinthe Gbiégba.


La société civile demande enfin l’indemnisation des toutes les victimes des conflits en Centrafrique.

 

 

 

KAGA-BANDORO : DES DÉPLACÉES TÉMOIGNENT

 

Carte RCA préfectures

 

 

Bangui, 16 janv. 13 (RJDH) – En dépit de l’accord de cessation d’hostilité signé entre le gouvernement et la rébellion de la Séléka, certains habitants de la ville de Kaga-Bandoro (centre) continuent d’évacuer la ville. Plusieurs centaines de personnes sont arrivées samedi à Bangui à bord des véhicules militaires des éléments de la Force multinationale en Afrique centrale (Fomac).


La majorité de ces personnes est constituée des religieux de la mission Catholique des fonctionnaires et agents des secteurs publics et privés. Les déplacés ont témoigné avoir traversé des moments difficiles depuis la prise de la ville de Bandoro, par les rebelles de la Séléka. Ils ont également affirmé que la ville de Kaga-Bandoro, n’a plus son image d’il y a quelques mois.


Un religieux a confié ce matin au RJDH sous l’anonymat que « nous avons profité de la mission des éléments des Forces Multinationales en Afrique Centrale pour sortir de cette terreur. C’était une occasion rare et inespérée que nous avons reçue. A cet effet, nous n’avons pas hésité une seconde pour revenir à Bangui ».


Il précise que la Fomac a accepté de les transporter, parce qu’ils sont des religieux. Pour les fonctionnaires, c’est parce qu’ils ont des enfants et ne sont pas en sécurité dans la ville à cause des éléments de la Séléka.

Il poursuit son témoignage en disant que « la ville de Kaga-Bandoro est à l’heure actuelle très déserte. Toute la population se retrouve soit au champ ou dans la forêt. Les rebelles de Séléka ont tout détruit. Les bâtiments administratifs et les maisons des particuliers qui travaillent dans le secteur public ou privé sont systématiquement pillées et saccagées dès leur entrée dans la ville. Seul l’hôpital préfectoral de la ville et la mission catholique, la bâtisse de l’évêché qui sont encore en état de fonctionner, puisque beaucoup de démunis en ont fait leur refuge ».


L’un des déplacés a fait savoir que « non seulement les rebelles ont commis des exactions sur la population, mais il y a eu aussi des cas d’exécutions sommaires de certains fonctionnaires et commerçants de la ville doigtés par les jeunes désœuvrés ». Il précise que même jusqu’à son départ de la ville, les cadavres jonchent encore les ruent et les artères. Certains cadavres sont dévorés par les porcs et les chiens, puisqu’aucune personne ou ONG, ne s’en est occupé.


« La population ne peut circuler que uniquement le jour. Et les déplacements sont réduits à leur strict minimum et effectué pour des besoins nécessaires. La nuit, tout le monde est sur le qui-vive. Nous portons tous nos pantalons Jeans, nos blousons et nos paires de palladium pour nous permettre de détaler facilement si l’alerte est donnée », a-t-il ajouté.


« Je ne suis pas surpris de voir toutes les villes que nous avons traversées soient désertes, même le jour. Je parle de la ville de Dékoa et Sibut. Quant aux villages, les gens détalent dans la brousse en écoutant le bruit du moteur de véhicule », a-t-il tancé.


Il a conclu que « c’est avec un grand ‘’ouf’’ de soulagement que j’ai mis pied à Bangui. Je plains le sort de tous ceux qui sont encore restés sur place dans ces villes sans assistance humanitaire de tout genre, avec le lot quotidien de la famine, des maladies et épidémies ».


L’accord signé le 11 janvier à Libreville exige un cessez-le-feu immédiat et prévoit la formation d’un gouvernement d’Union nationale, des élections législatives anticipées d’ici à 12 mois et aussi le retrait de toutes les forces militaires étrangères de Centrafrique, à l’exception de la Fomac et la poursuite du désarmement des rebelles.

 

 

 

NOLA : L’INSÉCURITÉ RESSURGIE DANS LA RÉGION

 

Nola, 16 janv. 13 (RJDH) – Des cas d’agression à main armée ont été enregistrés dans la nuit du dimanche à lundi 14 janvier dans certains quartiers de la ville de Nola (Sud-ouest). Une situation qui inquiète la population qui affirme que ces cas deviennent de plus en plus récurrents dans la localité.


D’après des témoignages recueillis, trois gardiens de nuit qui assurent la sécurité d’une société d’exploitation forestière appelé FBACA, ont été agressés par une bande armée non identifiée.


Les victimes ont réussi à mettre la main sur un des voleurs. Celui-ci a été conduit à la gendarmerie pour être libéré quelques heures après sous la pression de ses parents. Mécontents de cette libération les jeunes du quartier Mambéré3 ont décidé de prêter main forte aux gardiens de nuit, en assurant eux aussi la sécurité pendant la nuit.


Par ailleurs, un jeune homme âgé de 27 ans, qui vendait du pétrole, a été poignardé le dimanche 13 janvier par un inconnu. D’après les informations la victime a reçu trois  coups de couteau dont un au niveau de la nuque, l’autre  à la poitrine  et à la jambe.


« J’étais en train de vendre du pétrole lorsque j’ai écouté quelqu’un m’appelé, c’est quand je me retournais que quelqu’un m’a frappé au niveau de la nuque puis au niveau de la poitrine et la jambe », a relaté la victime.


Le présumé agresseur a été arrêté et conduit à la gendarmerie par des jeunes qui font la ronde dans le quartier. Il a réussi à s’échapper après quelques heures de détention.

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 17:44

 

 

 

Me Nicolas Tiangaye

 

 

 

Déclaration de l’Organisation de la Société Civile Centrafricaine de France (OSCCF) suite à l’accord de sortie de crise signé le 11 janvier 2013 au Gabon. 

                    

Retour de la paix en Centrafrique, une satisfaction.


Dans notre pays, la  Centrafrique,  la guerre et ses corollaires qui pointaient leur nez à l’horizon il y a quelques jours, ont, par la grâce de Dieu, cédé place à la paix. Bien que cette paix retrouvée reste à consolider, c’est tout de même une satisfaction.


Cette satisfaction est toutefois mêlée  de chagrin car nous partageons aussi la douleur de nos compatriotes  qui ont perdu l’un des leurs dans ce conflit.


L’organisation de la Société Civile Centrafricaine de France (OSCCF) qui n’avait pas hésité à faire des propositions de sortie de crise (Cf. Proposition de sortie de crise du 26/12/2012) salue le sursaut patriotique des Centrafricains pour la paix et par ricochet l’accord de paix  de Libreville signé le 11 janvier dernier.

   

L’OSCCF se félicite en outre de ce que l’essentiel de ses propositions ait été retenu et figure bien dans l’accord de Libreville. Toutefois elle regrette le maintien en place de l’assemblée nationale qui aurait dû être dissoute en même temps que le gouvernement. L’économie ainsi réalisée (plus de 200 millions de Fcfa par mois, correspondant aux salaires et primes des députés) aurait par exemple pu permettre, pendant les 12 à 18 mois que va durer la transition, le financement d’un ministère ou secrétariat d’état chargé du « Service à la nation, de l’éducation de la masse (conscientisation, changement de mentalité, lutte contre la corruption,…) et de l’insertion professionnelle des jeunes. Un ministère ou secrétariat d’état susceptible de travailler en transversal avec les autres ministères en vue de changer radicalement la situation des jeunes qui vivent dans la précarité et constituent des proies faciles pour les va-t-en guerres et autres mafiosi. Dans un pays comme le nôtre où tout, presque,  reste à faire, il est inimaginable qu’il y ait autant de jeunes en chômage, sans emploi. Une solution de choc existe pourtant bien pour endiguer ce fléau. Les moyens tant financiers qu’humains existent ; reste la volonté politique. Bref.

 

Soutien à la nomination du premier ministre.


L’Organisation de la Société Civile Centrafricaine de France soutient la proposition de Me Nicolas TIANGAYE comme premier ministre et invite le président de la république à valider cette proposition. Ce soutien de l’OSCCF à la nomination de Me TIANGAYE se justifie par le critère d’intégrité dont jouit ce dernier, bien qu’il existe bel et bien d’autres Centrafricains répondant à ce même critère.

 

Nomination des ministres et autres représentants  de la diaspora centrafricaine.

 

Comme on a coutume de dire « Mieux vaut prévenir que guérir », nous supposons que ce sont les partis politiques et autres entités de la rébellion qui vont proposer un ou plusieurs des leurs au premier ministre pour les postes de ministre et autre. Par conséquent, l’OSCCF attire dès à présent l’attention du futur premier ministre sur le choix qui sera fait quant à la nomination des personnalités de la société civile au sein du gouvernement de transition. Nous suggérons à cet effet  au premier ministre de s’adresser aux organisations de la société civile centrafricaine de part le monde pour que ces derniers lui fassent une proposition. L’idéal serait qu’il y ait au moins 3  représentants de la société civile (un de Centrafrique, un de l’Afrique en général et un dernier issu du reste du monde (notamment Europe)). Il est clair dorénavant que nous ne voulions plus être représentés par des personnes que nous n’avions pas choisies nous même.  Ce temps est révolu !


En sommes, notre souhait est que le gouvernement qui sera formé ne puisse pas être que des nominations en guise de reconnaissance pour les temps passés dans le combat ou d’un simple militantisme au sein d’un parti politique ou encore par clientélisme. Notre pays a besoin des cadres de qualités, expérimentés et  intègres ; susceptibles de mettre leur savoir faire au service du développement du pays.  Nous réitérons notre proposition d’un gouvernement restreint avec un accent particulier sur la défense nationale. 

 

Respect de la parole donnée et Transparence.


En définitif, l’OSCCF appelle tous les signataires de l’accord de Libreville à respecter scrupuleusement et de bonne foi cet accord auquel ils ont tous souscrit. Des ajustements, s’il y a lieu, doivent se faire dans une totale transparence. 

 

Que Dieu bénisse la Centrafrique.

 

                                               Fait à Paris le 15 janvier 2013.


Le Bureau national de l’OSCCF.


osccfr@yahoo.fr

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 01:28

 

 

 

 

 

BANGUI : LA SOCIÉTÉ CIVILE RÉCLAME UN DIALOGUE INTER-CENTRAFRICAIN

 

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Bangui, 12 janv. 13 (RJDH) – Les organisations de la société civile réclament la tenue à Bangui d’un dialogue inter-centrafricain pour la résolution des crises depuis 1980 jusqu’à  ce jour. Après celui qui s’est déroulé à Libreville au Gabon, cette demande  est exprimée, le vendredi 11 janvier, par Maître Edith Douzima-Lawson, coordonnatrice de cette structure lors d’un point de presse.


Maitre Edith Douzima-Lawson explique que ce dialogue réclamé par la société civile va permettre à toutes les couches sociales de parler des problèmes qui entravent  le développement de la République centrafricaine depuis les indépendances.


Selon elle « en dehors du séminaire national de réflexion organisé par l’ancien David Dacko, toutes les initiatives successives de dialogue organisées  à Bangui ont  échoué, à cause du  manque de sincérité des acteurs dans  le souci de tout caporaliser. Le  manque du respect de la parole donnée ceci par la  faute des mécanismes de suivi, ou de mobilisation conséquente des ressources nécessaires ».


Dans ses interventions,  elle a  par ailleurs dénoncé le cas d’enlèvements, d’exactions et d’assassinats commis par les deux parties en conflits durant la crise déclenchée le 10 décembre. Le  discours à la haine de certains responsables des ONG de la jeunesse non reconnues par les textes juridiques du pays, l’installation des barrières  par des jeunes sur les principales artères de Bangui ont été également déplorés par la coordonnatrice de la société civile.


Me Douzima  a appelé  les protagonistes centrafricains qui se sont rendus à Libreville à  impliquer la société civile dans le comité de suivi des accords qui ont été signés. Elle a par la même occasion demandé l’ouverture des couloirs humanitaires afin de permettre aux structures d’assister la population civile victime des conflits, ainsi que la fixation d’une date pour un dialogue entre centrafricains.


S’agissant de  la question du non-participation de la société civile centrafricaine aux pourparlers de Libreville, Maitre Douzima  a réaffirmé à la presse que la place réservée à cette structure n’est pas du tout digne, toute fois une délégation composée de trois personnes sont parties à Libreville apporter le message de la société civile.

 


 

BANGUI : AVIS PARTAGÉ DES CENTRAFRICAINS SUR LES RÉSOLUTIONS DE LIBREVILLE

 

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Bangui, 12 janv. 13 (RJDH) – Les avis des centrafricains sont partagés sur l’accord signé vendredi entre le gouvernement, la rébellion et l’opposition démocratique. Une partie de la population se réjouit de la signature d’une série d’Accord, après les pourparlers de Libreville, notamment la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, tandis que certaines personnes se montrent  sceptiques quant à la volonté réelle manifeste de la mise en œuvre de  ces Accord.


Interrogées par le RJDH, ce samedi, certaines personnes se disent contentes et pensent que la résolution émanant du dialogue de Libreville constitue un début de solution de sortie de crise en Centrafrique.


« Je salue la résolution qui a été dégagée lors des assises de Libreville, cela témoigne effectivement la cessation des hostilités. La formation d’un gouvernement d’union nationale et la dissolution de l’Assemblée Nationale sont autant de solutions salutaires pour la sortie définitive de la crise. Nous ne pouvons que nous réjouir de tout cela. Nous demandons aux autorités centrafricaines d’appliquer à la lettre les différentes exigences issues de ces assises », a souligné Boris Douagui, étudiant en Droit Public et habitant de Bimbo.


Selon Brice Kaka, habitant le quartier Benz-vi, l’Accord de Libreville constitue pour lui un pas vers la démocratie en ce sens qu’il y avait eu crise qui depuis un mois a paralysé tout le pays mais en fin de compte les différentes parties se sont retrouvées et se sont serrées les mains. Elles ont accepté de mettre en place un gouvernement d’union nationale.


Dans la même lancée, la jeunesse est mise en exergue par le vice-président du Conseil National de la Jeunesse de Centrafrique, Jean Félix Riva,  qui pense que les crises récurrentes en République centrafricaine paupérisent davantage les jeunes et les femmes que les autres couches sociales. D’une manière ou d’une autre, les jeunes sont toujours les premières victimes.


« Je pense que quand deux frères se battent, l’ennemi récolte la moisson. Les gens sont devenus responsables au niveau de Libreville. Les belligérants doivent penser que le pays est plus grand qu’eux et leurs intérêts partisans. En tant que jeune, je crois à ce dialogue et à la formation du gouvernement d’union nationale, puisque c’est tous les filles et fils du pays qui viendront travailler. Si ceux-là travaillent bien, je crois que les principaux bénéficiaires seront les jeunes »,  a-t-il fait savoir.


La population a acclamé l’arrivée des délégations de Libreville


La population de Bangui et des périphéries ont accueilli dans la soirée, le retour de la délégation du pouvoir  et de l’opposition démocratique du retour de Libreville  après les pourparlers de trois jours entre des membres du  gouvernement, l’opposition démocratique, les groupes politico-militaires, et les leaders de la  coalition séléka.


Dans ses mots  adressés à la population à l’aéroport international de Bangui M’poko et à la place de la République, le président de la République François Bozizé, a appelé les centrafricains au calme, car selon lui la paix est revenue. Il a également annoncé la dissolution du gouvernement ce samedi, afin de permettre la mise en place du gouvernement d’union nationale longtemps promis.


Pendant ce temps d’autres personnes restent encore sceptiques. Celles-ci font allusion aux différents Accords signés dans le passé  en Centrafrique  et que la mise en œuvre de ces textes pose problème.


« Je me demande si les parties en conflits vont vraiment s’entendre ? C’est notre pays à nous tous. Est-ce qu’on a toujours besoin de faire recours aux armes pour nous exprimer ? Je suis encore sceptique concernant la durée de la paix après ces assises. Les centrafricains ont la gâchette facile. A moindre mésentente, je suis sûre que ceux-là vont encore dégainer les armes », a souligné Emma Ebi du quartier Yassara II.


« Nous sommes en train de faire du ‘’Sur-place’’ », a déclaré Reine Mologbama une habitante du quartier Bruxelles, qui poursuit en disant que les élections partout ailleurs et même en Centrafrique demandent beaucoup d’argent. A peine deux ans du mandat actuel des députés, on remet tout en cause. « Avec ce rythme, notre pays ne va pas avancer. Le financement en Centrafrique si ce n’est pour les élections, c’est pour les dialogues et les différentes assises concourant à la paix. Quand est-ce que nous allons avoir une paix définitive ? », a-t-elle susurré.


Elle conclue pour dire qu’après 50  ans de l’indépendance,  nous sommes restés à la case départ.


Après trois jours de pourparlers sur  la crise qui secoue la Centrafrique depuis un mois, les protagonistes  centrafricains ont finalement signé un accord de sortie de crise à Libreville au Gabon. Cet accord prévoit un cessez-le-feu immédiat, le maintien du président François Bozizé au pouvoir et la formation d’un gouvernement d’union nationale. Les membres de la coalition rebelles de la Séléka seront également invités dans ce gouvernement d’Union nationale.

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 16:49

 

 

 

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Libération 12 janvier 2013 à 14:50

 

Des dizaines de salles de classe vides fermées par des cadenas: à l'image de beaucoup d'établissements de Bangui, le lycée Marie-Jeanne Caron, réservé aux jeunes filles, n'ouvre pas ses portes en attendant le retour de la paix.


La rébellion de l'Alliance Séléka, qui a lancé une offensive le 10 décembre et contrôle de nombreuses villes du pays, campe à quelques dizaines de kilomètres. Certes les négociations de Libreville entre Séléka et régime du président François Bozizé viennent de se terminer vendredi par un accord de cessez-le-feu mais la prudence reste de mise.


Un secrétaire a beau assurer que tout est "normal", que les professeurs remplissent les bulletins scolaires, les salles de classes sont vides, faute d'élèves et de professeurs.


"Les rebelles sont près de la ville. J'ai peur que ma fille se fasse violer. Je lui ai dit de rester à la maison", affirme Amadou Mustafa, mal-voyant venu chercher un certificat de scolarité avec son fils d'une dizaine d'années qui le guide.


Sur un terrain poussiéreux, cinq gamins du quartier jouent au basket. Ils devraient être en cours au lycée des Martyrs. "On n'a pas cours depuis la rentrée (du 3 janvier), alors on joue ici. C'est à cause des rebelles du Séléka qui veulent prendre mon pays", explique Achille Balo, 15 ans et en 6e, partagé entre le plaisir des vacances forcées et "le retard à l'école".


Quelques centaines de mètres plus loin, au lycée Barthélemy Boganda, le plus grand établissement de la Centrafrique avec 10.500 étudiants, des élèves de terminale attendent leurs professeurs sur un banc.


"On a eu cours de philosophie hier mais aujourd'hui on est venu pour rien. Le professeur de mathématiques et celui de français ne sont pas là", raconte Arnaud Paleke, qui vit à environ une heure de transport en commun du lycée. "C'est embêtant. On passe le bac à la fin de l'année, et on aura des difficultés plus tard".


"C'est grave. On aura des insuffisances", renchérit Arthur Gonoporo, autre élève de terminale. "Les professeurs ont peur. Nous aussi, mais nous voulons étudier".


"Certains étudiants, mais aussi certains professeurs, ont peur et ne viennent pas", convient le proviseur du lycée Sylvestre Keteguia.


"Le matin, 80% des élèves sont là, mais l'après-midi, à peine 50% sont présents. Il est difficile d'avoir le coeur net, d'avoir l'esprit libre avec ce qui se passe. Beaucoup de parents disent à leurs enfants de rester à la maison", explique-t-il.


"Ceux qui habitent loin, ceux du PK 26 (point kilométrique à partir de Bangui sur la route du Nord où sont les rebelles) mettent beaucoup de temps à venir et à rentrer, alors, en raison du couvre-feu à 19h, ils restent chez eux. Je comprends les parents", ajoute-t-il.


"Mais nous avons demandé aux enseignants d'assurer les cours même s'il n'y a que la moitié des élèves dans la classe", poursuit le proviseur.


Le problème est similaire dans les administrations où de nombreux fonctionnaires ne se rendent pas à leur travail ou le quittent, bien avant la fin de leur service, admet un fonctionnaire du ministère du Commerce.


"C'est vrai qu'il y a une sorte de démobilisation. Pour travailler, il faut avoir la paix, l'esprit tranquille mais il y a aussi des fainéants qui se servent de la situation comme excuse. (Négociations de) Libreville ou pas, nous avons l'obligation de former les enfants centrafricains", souligne José Malot, chargé de mission au ministère de l'Education nationale.


"Si on ne forme pas les jeunes, le pays n'avancera jamais", conclut-il.

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 16:22

 

 

 

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Afrik.com SAMEDI 12 JANVIER 2013 / PAR FRED KROCK

 

(De notre correspondant)


Les rideaux sont tombés depuis vendredi sur le dialogue inter-centrafricain regroupant la rébellion du Séléka, le pouvoir public et l’opposition démocratique, ainsi que la société civile. Il s’est tenu du 9 au 11 janvier 2013, à Libreville au Gabon. Cependant, l’issue des négociations que l’on croyait impossible, s’est faite dans une parfaite confraternité et sur mention de satisfaction. La population centrafricaine exprime son soulagement.

 

La crise centrafricaine a trouvé une issue favorable. Ceci grâce à la magnanimité et la solidarité des chefs d’Etat de la sous région de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Le président congolais Dénis Sassou Nguesso, le médiateur de ces négociations de Libreville l’a annoncé un jour avant l’ouverture de ces pourparlers que « nous allons privilégier la solution politique pour résoudre cette crise » et c’est ce qui a été fait. Un accord de paix a été signé entre les protagonistes. Les Centrafricains jubilent.


Le 9 janvier, ce sont les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC qui ont ouvert les négociations, histoire de créer et formaliser le cadre du dialogue. Le lendemain, les trois parties concernées, en présence de la société civile et sous l’égide du médiateur ont fait leurs dépositions. Les opposants ont demandé avec la rébellion Séléka, entre autres la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale, la démission du chef de l’Etat et sa traduction devant la justice. Par contre, dans son mémorandum, le gouvernement « rejette fermement les revendications irresponsables fantaisistes et anticonstitutionnelles des rebelles et de l’opposition démocratique tendant à demander : la suspension de la Constitution ; la démission du président de la République ; la dissolution de l’assemblée nationale ».


Ce contraste de positions aurait coûté cher à la paix en République centrafricaine, si ce n’est la magnanimité des présidents de la CEEAC dans la médiation et la pondération des protagonistes qui ont mis en avant l’intérêt supérieur de la nation. Ils ont, à cet effet, fait d’importante concession ayant abouti à un atterrissage en douceur dans les négociations. Ces négociations sont sanctionnées par la signature d’un accord entre les parties, accord qui prévoit la dissolution du gouvernement et la mise en place immédiate d’un gouvernement d’union nationale de transition qui sera conduit par un Premier ministre issu de l’opposition. Il prévoit aussi un cessez-le-feu entre les protagonistes. Le président Bozizé doit rester jusqu’à la fin de son mandat selon la Constitution de la République centrafricaine, selon l’accord. C’est finalement, le vendredi 11 qu’ont pris fin ces pourparlers.

 

Un véritable soulagement pour les populations de Bangui

 

A l’arrivée de la délégation centrafricaine à l’aéroport international Bangui M’poko, aux environs de 18H45, toute la population de Bangui était sur pied et folle de joie de voir la paix émergée du dialogue de Libreville. Des milliers de personnes se sont déplacées à l’aéroport pour accueillir la délégation. Signalons la délégation du Séléka a reporté d’un jour son retour. A chaud, le président de la République a rassuré la population de ce que la paix est revenue en Centrafrique. « Je sais que la population était très inquiète pendant mon absence, surtout ceux de l’intérieur qui vivent en brousse actuellement. Je suis revenu et je suis toujours leur président de la République. Toujours avec l’esprit en tête que je dois tout faire pour que la population centrafricaine vive dans de bonnes conditions » a déclaré le président Bozizé.


Il a ajouté que « nous avons débattu de la crise centrafricaine à Libreville. Des grandes décisions ont été prises dont celle de mettre sur pied un gouvernement d’union nationale. Demain, je vais dissoudre le gouvernement et, ensemble avec l’opposition et la société civile qui me proposeront des gens, je vais alors faire le choix pour désigner un Premier ministre qui sera issu de l’opposition. Pour l’Assemblée nationale, c’est une affaire qui viendra dans un an plus tard », a fait savoir le président François Bozizé.


Sur place, certains Centrafricains se confiés à notre micro. « C’est tout ce que nous voulons : la paix » ; « Je félicite le président de la République même les rebelles aussi qui ont fait preuve de maturité politique lors des discussions pour sortir notre pays de la crise » ; « La paix n’a pas de prix. L’essentiel c’est qu’on retrouve la paix pour que chacun vaque à ses activités quotidiennes ».

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 16:56

 

 

 

 

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AFP   07/01/2013 à 13:11


Le pape Benoît XVI a lancé lundi des appels pressants pour des solutions négociées dans les guerres, jugeant notamment que le conflit en Syrie n'aurait que des vaincus s'il se prolonge, et que la Centrafrique ne devait pas tomber dans "les affres de la guerre civile".

 

Le pape Benoît XVI a lancé lundi des appels pressants pour des solutions négociées dans les guerres, jugeant notamment que le conflit en Syrie n'aurait que des vaincus s'il se prolonge, et que la Centrafrique ne devait pas tomber dans "les affres de la guerre civile".


Devant les représentants d'organisations internationales et les ambassadeurs des 179 pays accrédités auprès du Saint-Siège rassemblés dans la splendide Salle Royale du Palais pontifical, alors que le président Bachar al-Assad a prôné une "solution politique", le pape a prédit que "le conflit ne connaîtra pas de vainqueurs mais seulement des vaincus s'il perdure, ne laissant derrière lui qu'un champ de ruines".


Dans ce traditionnel discours prononcé en français chaque début d'année, qui indique la ligne diplomatique du Saint-Siège, le pape a évoqué "les effroyables souffrances" des Syriens et demandé aux chefs des Etats concernés d'être "sensibilisés, afin que soient fournies de manière urgente les aides indispensables pour affronter la grave situation humanitaire", renouvelant "son appel afin que les armes soient déposées et que prévale le plus tôt possible un dialogue constructif".


"Suite à la reconnaissance de la Palestine comme Etat observateur non membre des Nations Unies", le pape a aussi demandé aux Palestiniens et Israéliens de "s'engager pour une cohabitation pacifique dans le cadre de deux Etats souverains".


Il a évoqué "la liberté de professer publiquement sa religion" en Afrique du Nord en plein bouleversement, assurant notamment les Egyptiens "de sa proximité".


Il a condamné de nouveau "le fanatisme pernicieux de matrice religieuse" notamment au Nigeria, qui agit "comme si la haine voulait transformer les temples de prière et de paix en autant de centres de peur et de division".


Il a souhaité que le Mali "suscite une attention efficace" de la communauté internationale, et évoqué les crises, tensions et conflits en Irak, en République démocratique du Congo et dans la Corne de l'Afrique.


Dans ce discours, le pape a estimé que "la construction de la paix passe par la protection des droits fondamentaux" et l'observation des "principes inscrits dans la nature de l'homme".


Sans faire cette fois allusion aux projets de loi dans différents pays pour légaliser le mariage gay, le pape a dénoncé vigoureusement l'euthanasie, la libéralisation de l'avortement, "gravement contraire à la loi morale". En affirmant cela, l'Eglise "ne manque pas de compréhension et de bienveillance, y compris envers la mère", a-t-il estimé.


Il a dénoncé "la marginalisation de la religion dans la vie sociale" et critiqué implicitement les dirigeants occidentaux qui s'en prennent à l'objection de conscience invoquée par les chrétiens quand des lois sont contraires à leur foi: "interdire l'objection de conscience individuelle et institutionnelle, au nom de la liberté et du pluralisme, ouvrirait paradoxalement les portes à l'intolérance et au nivellement forcé", a-t-il jugé.

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 15:55

 

 

 

Boz centrafrique

 

 


Acculé par les rebelles de Séléka (Coalition en langue sango), François Bozizé, pasteur de son état et pas moins général, instrumentalise la diversité religieuse du pays pour tenter de se maintenir au pouvoir. Pour le moment, à défaut d'intervention divine, celle de la sous-région maintient son pouvoir.

 

On peut dire que François Bozizé est chanceux. Grâce à la prompte réaction des troupes du Tchad d’abord, puis de la FOMAC (Force multilatérale d’Afrique centrale) et maintenant de l’Afrique du Sud, il sauve momentanément son pouvoir. Désormais, il envisage les négociations [ouverture prévue mardi 8] avec les rebelles à Libreville (Gabon), avec moins de pression. 

 

Mais il est des signes qui ne trompent pas sur la détermination du président centrafricain à s’accrocher au pouvoir. Bozizé a ainsi activé une jeunesse dite patriotique et même fait appel aux disciples de sa confession religieuse, pour lui venir en aide. Cela rappelle, de triste mémoire, le scénario ivoirien avec Laurent Gbagbo, ses jeunes patriotes et ses évangélistes. C’est un cocktail extrêmement dangereux, dont l’explosion a donné les résultats que l’on sait : une guerre civile post-électorale avec des milliers de morts. 



François Bozizé ne semble pas avoir peur d’emprunter ce chemin sans issue du nationalisme étriqué et des délires mystico-religieux. En armant des jeunes miliciens à Bangui, avec pour mot d’ordre de stopper les "étrangers", en attaquant l’ambassade de France, en impliquant ses coreligionnaires dans le débat politique, Bozizé applique le même mode opératoire que Gbagbo. Il distille ainsi au sein de la société centrafricaine le poison de la xénophobie dont les conséquences sont toujours catastrophiques. 


Du reste, on est étonné de voir qu’un dirigeant, qui se dit prêt au dialogue, s’adonne à de telles pratiques mégalomanes. D’habitude, on n’instrumentalise pas tant une partie de la population, pour ensuite quitter volontairement le pouvoir. Au contraire, c’est pour y rester. 

 
Par cette attitude très aventuriste, Bozizé laisse donc percevoir une croyance ancrée en certains dictateurs : celle d’avoir été choisi par Dieu, pour présider aux destinées de la Centrafrique. On n’est pas loin des délires d’un certain Jean Bedel Bokassa [1966-1976], dont Bozizé fut d’ailleurs un zélé serviteur. 


Sa dernière trouvaille, c’est d’accuser les rebelles d'être des extrémismes religieux. Un argument qui, comme on le sait, fait généralement tilt à l’oreille des dirigeants américains. Mais cette fois-ci, le fil semble trop gros, pour prendre. Il faut donc s’attendre à des négociations très difficiles à Libreville entre une rébellion en position de force et un président qui se croit investi d’un pouvoir divin. 


Ces discussions annoncées sont aussi un test pour le président gabonais, Ali Bongo Odimba, appelé ainsi à jouer le rôle qu’affectionnait son père [Omar Bongo], qui était présenté comme le "sage" de l’Afrique centrale. 


En attendant de voir ce que donnera le dialogue promis, il faut craindre que cette nouvelle crise centrafricaine ne laisse des traces indélébiles dans la société : la haine et les divisions alimentées par l’irresponsabilité des dirigeants au pouvoir.

 

Le Pays   Mahorou Kanazoe  7 janvier 2013

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