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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 17:57

 

 

 

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OUBANGUI PERSPECTIVES

 

Sombres perspectives à Bangui à l’issue de la constitution du gouvernement d’Union nationale.

 

Suite aux accords de Libreville, le Président BOZIZE  et son Premier ministre Nicolas TIANGAYE sont entrés en conclave depuis deux semaines pour tenter de former un gouvernement d’Union nationale. A cette occasion, les Centrafricains s’attendaient à la mise en place d’une équipe resserrée de technocrates compétents autour de notre nouveau Premier ministre pour  conduire notre pays vers la sortie de la crise politique qui le secoue. Malheureusement, nous avons eu droit à une imposante équipe gouvernementale comprenant outre un ancien Premier ministre sept autres anciens ministres. Ces derniers n’avaient pourtant pas donné de leur action ministérielle un bilan satisfaisant lors de leur premier passage au gouvernement de la République à différentes époques. Alors pourquoi les avoir reconduits au gouvernement de Nicolas TIANGAYE ? Pour quels projets politiques. Que pourront-ils faire de nouveau ?


Le Général Président BOZIZE après avoir traîné les pieds a finalement accédé à la demande de l’opposition de nommer Nicolas TIANGAYE au poste de Premier ministre, grâce à la médiation de Denis SASSOU NGUESO. Depuis, BOZIZE fait de la neutralisation de Nicolas TIANGAYE une condition essentielle pour arriver à survive politiquement comme Président de la République  jusqu’à la fin de son mandat. C’est pour cela qu’il a tenu à avoir la haute main sur la composition du gouvernement en imposant ses hommes de mains.


Le Premier ministre de son côté a donné le sentiment de subir cette neutralisation Présidentielle en acceptant dans son gouvernement des hommes dont on sait qu’ils ne feront rien ! On sait en effet que ces hommes n’ont ni la compétence ni la maturité politique pour faire avancer l’Union et permettre à notre pays d’avancer sur certains dossiers importants. Ils ne sont là que par la volonté de leur maître pour pérenniser la mauvaise gouvernance. Dans cette perspective, l’exigence de BOZIZE d’avoir Dieudonné TOKOFESSE comme ministre délégué aux finances  correspond au désir du Généra Président de continuer à puiser dans les caisses de l’Etat. Que le Premier ministre Nicolas TIANGAYE s’attende à des divergences de fond avec son ministre délégué. Qu’il sache aussi que BOZIZE arbitra toujours en faveur de son homme de main. Alors, pourquoi accepter de conduire un tel gouvernement ?


L’image donnée par la classe politique centrafricaine dans son ensemble est celle d’une classe politique qui entre rapidement dans les rangs dès lors qu’il s’agit de formation d’un gouvernement d’Union nationale. A chaque crise politique  centrafricaine, l’évocation de la formation d’un gouvernement d’Union nationale fait frémir les acteurs politiques de notre pays et déclenche chez eux une véritable course aux portefeuilles. Cette ruée vers les postes ministériels les conduit à faire l’impasse sur les problèmes politique de fond relatifs au mode de transmission de pouvoir et la consolidation de la démocratie en République Centrafricaine. N’est-ce pas là une logique d’intérêts partisans ? Peut-on faire confiance à des gens qui donnent l’impression de ne pas être à la hauteur des enjeux ?


La question se pose et elle s’est posée une fois de plus lors du sommet de Libreville, censé résoudre de manière durable la crise politique engendrée par SELEKA en décembre2012. A l’issue des travaux de ce sommet, que de pessimisme chez les Centrafricains ! Nos compatriotes ont sans doute eu raison d’émettre des réserves sur l’issue d’une telle rencontre,  étant donné la rapidité avec laquelle l’opposition politico militaire a conclu un accord avec BOZIZE. Il semble en réalité que cet accord est identique à quelques nuances près  à celui qui avait été conclu en 2008 lors du dialogue inclusif.


Les termes de ce dernier ne remettant pas fondamentalement en cause le pouvoir de BOZIZE, ce dernier a continué à faire usage de ses prérogatives de Chef de l’Etat. Il a pesé de tout son poids sur la formation du gouvernement. Il s’est même permis de diffuser unilatéralement ce qui n’était encore qu’une proposition gouvernementale pour couper court avec les exigences de son Premier ministre. On voit bien que BOZIZE s’installe dans une logique dictatoriale alors qu’il ne contrôle même pas militairement la totalité du territoire Centrafricain. Cette logique de dictature dans un contexte d’Union nationale risque d’exacerber les contradictions entre les groupes armés et le pouvoir. Une fois de plus, le Peuple Centrafricain sera à court terme l’otage de ces contradictions.


Certes, le sommet de Libreville a interdit à BOZIZE la révocation du Premier ministre actuel. D’autre part, il lui a intimé l’ordre   de ne pas se représenter aux présidentielles de 2016. Mais, les concessions qui ont été faites au Général Président sont de taille. En effet, il est autorisé à conserver son parlement actuel, truffé des ses enfants, ses maîtresses et ses partisans. Il est également autorisé à exercer l’intégralité  de son pouvoir de Chef de l’Etat à l’exception de la révocation du Chef de gouvernement.  La question qui se pose est de savoir dans quelle mesure Nicolas TIANGAYE pourra t-il faire avancer des dossiers sans l’accord de BOZIZE ?


OUBANGGUI PERSPECTIVES pense que l’Union nationale ne se décrète pas. Elle se réalise avec des hommes et des femmes de bonne foi. Des hommes et des femmes qui peuvent mutuellement se faire des concessions en vue de  consolider la démocratie et assurer la paix dans leur pays. Or d’un côté, non seulement BOZIZE embauche des mercenaires Européens et Sud Africains pour en découdre avec SELEKA, mais aussi il distribue des armes dans certains quartiers de Bangui  pour accroître l’insécurité dans la capitale.


De l’autre côte,  SELEKA malgré sa présence au gouvernement d’Union nationale fait planer des doutes sur ses capacités à maîtriser sa branche militaire. Et pour cause ? Ses hommes de troupe se sont livrés à des exactions sur les populations de certaines villes de province. Si ces informations sont vérifient, ce serait une grave erreur de la part d’un mouvement qui veut s’inscrire dans l’opposition démocratique.


Certes, BOZIZE n’est pas l’homme qui convient à la situation politique de la République Centrafricaine aujourd’hui. Il doit être combattu. Cependant, OUBANGUI PERSPECTIVE est opposé aux moyens utilisé par SELEKA  dans son combat contre BOZIZE.


Poitiers le 11 février 2013


 Pour le Bureau Exécutif


Le Président


Maître Ignace OUNDA-MEYBI

 

 

 

 

OUBANGUI PERPECTIVES

 

L’IRRESPONSABILITE, SECONDE NATURE DE BOZIZE

 

N’oublions pas nos compatriotes kidnappés et « embastillés »

 

Depuis le début de la crise centrafricaine, Je n’ai cessé de mettre en garde contre les conspirations que BOZIZE et sa clique ne manqueraient pas d’ourdir contre le peuple centrafricain.

 

Les procédés utilisés par BOZIZE, le chef d’Etat le plus nul mais aussi l’un des plus violents que le monde ait jamais connu, ne devrait étonner personne.

 

Qui peut croire que BOZIZE a, très sincèrement la volonté de se plier aux accords de LIBREVILLE qu’il vit sans doute comme une tentative de mise à mort.

 

Ce régime épouvantable fait chaque que jour la preuve de sa capacité de nuisance et de son indifférence au sort des populations.

 

D’une part, après la publication surprise d’un gouvernement sans consensus, des indices tendent à accréditer l’information selon laquelle BOZIZE fourbirait ses armes en vue d’une solution militaire à son avantage. Le connaissant, ses adversaires et/ou ses ennemis devraient se tenir sur leur garde. D’autre part, le régime n’a libéré aucun prisonnier. Ce sont des signes qui ne trompent pas.   

 

Le pouvoir est très clairement perçu par cette engeance de prébendiers et d’hommes sans foi ni loi comme la seule façon de survivre, compte tenu du nombre incalculable de leurs forfaits.

 

Jamais régime ne s’est autant affranchi de toutes les règles aussi bien morales que juridiques, s’arrogeant, un droit de vie et de mort sur tout un peuple, un droit sans limites de jouir et de disposer de l’ensemble des richesses d’un pays. De tels pouvoirs conférant un sentiment de puissance aussi fort, ne peuvent être quittés sans crainte de contres-coups fulgurants.

 

C’est là que se niche le nœud du problème.

 

Nous avons affaire à des « fous furieux » qui préfèreront voir le pays incendié que de l’imaginer débarrassé d’eux.

 

Vue de leurs yeux égo et ethnocentristes, cette perspective ne peut être que dévastatrice, pour eux, bien entendu.

 

Nous avons très tôt appelé à la « constitution immédiate d'un Conseil de Surveillance des Centres Privatifs de Liberté, doté des pouvoirs les plus élargis pour pouvoir connaître de toutes les demandes des familles tendant à établir la vérité sur tous les enlèvements,  disparitions, arrestations, détentions arbitraires, tortures et autres exactions commis par ce régime qui ne manquera pas d’assouvir une vengeance meurtrière et implacable si une seule chance de survie lui était par malheur accordée » (Appel du 31 décembre 2012).

 

Nous réitérons notre appel à destination de Monsieur le Premier Ministre Nicolas TIANGAYE car, de jour en jour, nos craintes sur le sort de nos compatriotes kidnappés et « embastillés » par l’ogre de Benzambé se renforcent.

 

Nous devons considérer comme une priorité absolue du moment le sort de nos compatriotes dont les familles sont sans nouvelles fiables.

 

Plusieurs jours après la libération de soldats des FACA par SELEKA, le régime de BOZIZE, lui, n’a libéré personne et je doute de plus en plus, qu’il soit en mesure de libérer beaucoup de gens. Pourrait-il même en libérer un seul ?

 

Le nouveau Premier Ministre et les membres de son gouvernement feraient mieux de se poser et de poser clairement la question, faute de quoi le Peuple, un jour, exigera d’eux des comptes pour avoir fait preuve d’inertie coupable.

 

L’irresponsabilité est une seconde nature de BOZIZE dont la promptitude à user des méthodes les plus barbares pour régler des comptes soi-disant politiques n’est plus à démontrer.

 

Le Premier Ministre et certains membres de son gouvernement non affidés à BOZIZE devraient s’en souvenir à chaque instant de leur cohabitation avec celui-ci.

 

Poitiers le 11 février 2013

 

Maître Ignace OUNDA-MEYBI 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 17:08

 

 

 

Suite à l'article publié dans CAP intitulé "Démissions en cascade au CNRC-FB", nous publions également ci-dessous la réaction du compatriote MANDEKOUZOU MONDJO sous forme de soutien au Pr Gaston NGUEREKATA 

 

 

 

 

 

Mandekouzou-Mondjo.JPG

 

Mon cher Ami,


C’est mon air badin qui me renvoya, lorsque je lus le mot « cascade » dans une actualité te concernant, au souvenir de cette randonnée bucolique qui nous porta des pieds de la Soufrière et des « bains chauds » vers la Cascade des Ecrevisses. Nous avions, au passage, délivré un couple embourbé pour n’avoir pas vu que le Saut de la Lézarde qui dévoilait devant nous  un bel horizon  n’en recelait pas moins des ornières et des pièges.


La Cascade aux Ecrevisses concluait notre sortie en achevant de nous convaincre que la Guadeloupe était paradisiaque.


Mais pourquoi ce souvenir-ci plutôt que cet autre apparemment plus approprié : notre voyage à Marie-Galante ? La mer, très mauvaise, offrait un spectacle proche des  tourmentes que tu traverses et qui n’ont rien d’un long fleuve tranquille.


Egoïstement la « consolation » est pour moi retrouvant avec bonheur ces mots de Lucrèce :

 

« Il est doux, quand la vaste mer est bouleversée par les vents,

d’assister du rivage aux rudes épreuves subies par un autre que nous ;

non pas qu’on trouve une jouissance dans les souffrances d’autrui ;

mais c’est une douceur de voir les maux dont on est exempt.

Il est doux encore de contempler les luttes terribles de la guerre

et les armées rangées dans la plaine, sans prendre part au danger.» (2)

 

Je te rassure : la consolation existe aussi pour toi, mais, dirait Pascal, « elle est d’un autre ordre ». C’est celle qui nous offre la distance qu’évoque Lucrèce et qui permet de porter un regard serein, -pour le déplorer-, sur ce qui est, en toute évidence, un prurit du changement. Notre vie politique ou tout simplement le mouvement des idées, à travers le spectacle des transhumances sans fin, semblent pris dans un tourbillon infernal et toujours fatal.

 

Rien de ce qui commence n’est parfait…


Mais encore faudrait-il, pour tout ce que nous entreprenons, nous armer de la patience indispensable qui accueillera alors la perfection comme la synthèse de contributions surement inégales pour tenir compte des « facultés » respectives des partenaires ; et nécessairement divergentes dans un premier temps pour mieux faire apprécier le bonheur du consensus auquel nous pouvons enfin être parvenus.

 

Rien de ce qui commence n’est parfait…


Mais encore faudrait-il, pour tout ce que nous entreprenons, savoir éviter les écueils de la  diversion et toujours revenir à l’essentiel. Le juge était bien en peine pour « débrouiller » les deux affaires que lui avait soumises le marchand Guillaume poursuivant à la fois Maître Pathelin pour le drap acheté à vil prix et le berger Thibault pour le vol de ses moutons.


Quel procès recevable peuvent te faire ceux qui, apparemment, ont été appelés pour bâtir avec toi un projet politique ? Il y a de la précipitation –en termes de logique- et du procès d’intention –en termes de justice- à vouloir condamner ce qui n’existe pas encore. Et de surcroît en nom et place d’un être de raison et sous le prétexte de ce qu’il n’est pas.

 

Je pense proposer un jour une réflexion sur « Phénoménologie et Politique » : la réduction eidétique se situerait comme le temps de la synthèse de toutes les contributions ou du consensus réalisé autour du projet politique. Ce sera aussi le moment où s’apprécieront avec pertinence et en toute vérité les procès en sorcellerie et condamnations diverses pour infidélité ou trahison. Le temps des débats ouverts ne me paraît donc pas justifier le tintamarre des psychodrames que nous fait vivre la « cascade des démissions » moins porteur de rêves que la Cascade aux écrevisses.


Il y a « du refus à l’invocation » en pensant à Gabriel Marcel.


Mon Curé ajouterait que ce monde, sans capacité d’écoute, n’entend se placer sous aucune autorité et ne se reconnaît aucun maître.

 

Lucrèce poursuit :

 

 « Rien n’est plus agréable que d’occuper les citadelles élevées par la science, asile inexpugnable des sages, d’où l’on peut voir sous ses pieds les autres hommes errant à l’aventure, tandis qu’ils cherchent au hasard le vrai chemin de la vie, rivalisant de génie,

faisant valoir leurs ancêtres, s’efforçant nuit et jour, par des efforts surhumains,

 d’atteindre au faîte de la fortune et de la puissance » (3)

 

Voilà pour toi, cher Professeur, une petite Consolation dans tes épreuves.


Avec le talent de François de Malherbe en moins parce que tu n’es pas M. Du Perrier

 

Notes


 (1)   Dans le présent recours on voudra bien ne retenir du mot que le contenu, qui est ici une complainte ou une consolation, mais moins la forme tout à fait libre.

 

(2) Suave, mari magno turbantibus aequora ventis

e terra magnum alterius spectare laborem;

non quia vexari quemquam sit jucunda voluptas,

sed quibus ipse malis careas quia cernere suave est.

Suave etiam belli certamina magna tueri

per campos instructa tua sine parte pericli…

Lucrèce, De la nature. Livre II, v. 1 à 6. Traduction L. Crouslé, 1997

 

(3)  Sed nihil dulcius est, bene quam munita tenere

edita doctrina sapientum templa serena,

despicere unde queas alios passimque videre

errare atque viam palantis quaerere vitae,

 certare ingenio, contendere nobilitate,

 noctes atque dies niti praestante labore

ad summas emergere opes rerumque potiri.

Lucrèce, ibid. Livre II, v. 7 à 13

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 00:31

 

 

 

Doui Wawaye

 

 

Depuis  1958,  la République centrafricaine a toujours cherché  à construire un ordre politique basé sur un régime démocratique et fondé sur l’Etat de droit garantissant la sécurité des biens et des personnes.  Les différentes constitutions qui se sont succédées en République centrafricaine n’ont pas manqué de souligner la volonté du peuple centrafricain à créer un véritable « Etat de droit » à la manière occidentale et de  bâtir une communauté politique  fondée sur le règle du droit.


Sans prendre en compte les actes constitutionnels et les révisions subséquentes, la République centrafricaine s’est, jusqu’à ce jour, dotée de six (6) Constitutions. Le  9 février 1959, l’Assemblée législative  a adopté le première Constitution centrafricaine qui, s’inspirant du modèle français, a instauré un régime parlementaire rationalisé. L’idée développée par Abel Goumba, collaborateur direct de Barthélemy Boganda, était de ne pas totalement rompre avec la métropole sur le plan juridique. Le 4 décembre 1976 une nouvelle Constitution érige  la République centrafricaine en Empire centrafricain. Le 1er février 1981 une autre Constitution marque le retour à la République, mais elle n’a jamais été appliquée en raison de l’état d’urgence décrété par David Dacko suite à son élection controversé et les troubles qui s’en sont suivi notamment l’explosion d’une bombe au cinéma Le club.  Le 21 novembre 1986, une nouvelle Constitution établit un régime présidentiel fort et la particularité du référendum constitutionnel  réside  dans le fait que le « oui » implique automatiquement l’élection du Général Président André Kolingba.  Enfin, le 14  janvier 1995 une autre Constitution va revenir à la case départ, c’est-à-dire elle a instauré  un régime semi-présidentiel au modèle français. Mais elle n’a connu que huit ans d’existence puisque par Acte  constitutionnel signé le 16 mars 2003 par le Général François Bozizé, elle a été suspendue puis  abrogée purement et simplement par la Constitution eu 24 décembre 2004. Cette dernière Constitution est donc l’œuvre d’un homme, Général François Bozizé qui voulait faire de la République centrafricaine un havre de « Travail rien que le travail » soulignant ainsi sa rupture avec le régime précédent. Néanmoins cette Constitution est tellement verrouillée qu’aucun pouvoir constitué ne pourra la tripatouiller. L’allusion est faite à l’article 108 qui dispose que « Sont expressément exclus de la Révision : la forme républicaine de l’Etat, le nombre et la durée des mandats présidentiels, les conditions d’éligibilité, les incompatibilités aux fonctions de Chef d’Etat, les droits fondamentaux du citoyen ». Comme le dit si bien Maître Assigambi Zarambaud dans sa manière habituelle satirique, « cette disposition est la clé d’une porte qu’on a fermé et jeté dans l’Oubangui ».  Le Président de la République élu sous la bannière de cette disposition ne pourra passer que  cinq ans renouvelable « une seule fois ».


Cependant l’une des problématiques récurrentes a toujours été  celle de l’équilibre des pouvoirs : comment sont-ils répartis en République centrafricaine ? Y a-t-il empiètement ou débordement ?  Bref, difficile est de chercher à savoir si l’équilibre obtenu par la répartition des pouvoirs instauré par la Constitution est fragile ou pas.

 

Autant la Constitution cherche à instaurer un régime plus stable, autant la conjoncture politique démontre que ce n’est pas facile dans les faits. Au moindre souci politique on se rend compte que plus rien ne marche sur le plan institutionnel. Depuis 2005, une année seulement après l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, la République centrafricaine devrait face à des crises politiques ponctuées par des soulèvements militaires. Le contexte de l’équilibre institutionnel de la Constitution du 24 décembre 2004 (I) est mis à mal par la conjoncture politique (II).


I. Le contexte  institutionnel de la Constitution du 24 décembre 2004


Les institutions désignent l’ensemble des formes ou des structures politiques qui sont établies par la Constitution.  Ses articles désignent non seulement les autorités investies du pouvoir politique et organisent la procédure selon laquelle seront désignées les personnes chargées d’incarner  les pouvoirs, mais aussi les conditions d’action des gouvernants en déterminant leurs compétences respectives.  Le contexte, en République centrafricaine, révèle que, sur le plan théorique, le principe l’équilibre institutionnel (A) est difficile à envisager sur le plan pratique (B).


A. Le contexte théorique : le principe de l’équilibre institutionnel


Le principe de la séparation des pouvoir est le fondement, aujourd’hui, de tout organisation politique. Il apparaît même  comme le critère fondamental de l’exercice du pouvoir démocratique. Il est conçu comme un équilibre des pouvoirs grâce à un jeu de freins et de contre poids.  Le principe repose donc sur la répartition des fonctions entre différents organes indépendants les uns des autres qui forment chacun un démembrement du pouvoir.  L’essentielle des compétences réside dans la fonction de : faire la loi, l’exécuter et rendre justice.


A la lecture de l’actuelle Constitution de la République centrafricaine il s’y dégage deux séries de pouvoirs : les pouvoirs décisionnels et les pouvoirs régulateurs.  Les premiers sont des pouvoirs politiques, organes clés du régime, et jouent un rôle primordial dans le fonctionnellement des institutions. Dans le schéma la Constitution a réparti l’exercice les pouvoirs entre deux organes à savoir l’exécutif et le législatif comme  pouvoir de poids.


L’exécutif  joue un rôle primordial dans son fonctionnement lorsqu’il a le  soutien de la majorité parlementaire. Il est le seul organe capable d’élaborer une politique et de la mettre en œuvre. Le Président de la République est le Chef de l’exécutif. Et, la Constitution a mis  sur pied un Gouvernement responsable de la gestion des affaires et dirigé par un Premier ministre nommé et révoqué par le Président de la République, mais aussi responsable devant l’Assemblée nationale.


Le législatif centrafricain est exercé par un Parlement en chambre unique portant le nom de « Assemblée nationale ». L’exécutif et le législatif collaborent donc dans la détermination de l’ordre du jour à l’Assemblée nationale.


Quant aux pouvoirs régulateurs, il s’agit des organes juridictionnels capables de contrôler et de sanctionner les défaillances des pouvoirs exécutif et législatif.  L’originalité réside donc dans l’institutionnalisation de la Cour constitution chargée dé « trancher les litiges de compétence entre le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et les collectivités territoriales ».  La plus importante de ses missions est de cantonner le législatif dans le domaine à lui assigné. Ainsi le contrôle de la conformité de la loi à la Constitution prend place parmi les premières mesures de la Cour constitutionnelle ; mesures destinées à limiter la puissance de l’Assemblée nationale.


B. Le contexte pratique : le difficile équilibre institutionnel


L’objectif du constitutionnaliste repose sur la séparation des pouvoirs. En pratique,  en République centrafricaine, le pouvoir est presque « un ». Il se divise difficilement au point que le Président de la République bénéficie d’une suprématie écrasante  à l’égard des autres pouvoirs.  


En réalité, le Président de la République est le premier et principal détenteur du pouvoir. Son pouvoir personnel se manifeste par la concentration du pouvoir aux mains d’un seul homme qui domine simultanément le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif contrôlant aussi son  parti au pouvoir. C’est le Président de la République qui détermine l’ordre du jour à l’Assemblée nationale.  Il est le seul capable d’élaborer une politique et de la mettre en œuvre : prendre des  décisions, faire progresser et réaliser des programmes, engager et conduire des négociations, sanctionner des défaillances, etc.


Le Premier ministre joue juste le rôle de courroie de transmission entre l’exécutif et le législatif. Mais l’expérience de nomination du Premier ministre révèle que celui-ci n’est pas forcément l’émanation du Parlement. Il n’est que le premier des ministres. Il est l’homme du Président qui le  remplacer comme il veut puisque le Président de la République est à la fois leader de la majorité présidentielle et leader de la majorité parlementaire.


Par-dessus tout le Président de la République dispose de prérogatives exorbitantes de dissoudre l’Assemblée nationale sans pouvoir être destitué en contre partie. La très nette prédominance du Président de la République est constatée au point qu’on puisse parler de « présidentialisme renforcée ». L’Assemblée, à l’issue des élections de 2011 étant dominée par une majorité écrasante du parti au pouvoir,  le rôle des députés se borne donc à « applaudir » voire à « enregistrer » les projets du Président de la République à défaut de susciter les discussions par les partis de l’opposition.


Concrètement l’équilibre institutionnel en République centrafricaine ne met pas en présence les organes institués par la Constitution. Il repose, en réalité, sur les partis politiques siégeant à l’Assemblée nationale.  Ce sont les partis qui animent la vie  politique à laquelle les institutions ne fournissent qu’un cadre formel. Et, la conjoncture politique est là pour entamer le principe de l’équilibre des institutions.  


II. La recherche de l’équilibre par des solutions politiques


Depuis la Constitution du 24 décembre 2004, le gouvernement issu des élections de 2005 ont dû changer de politique pratiquement tous les deux ans.  Que révèle cette fatalité ? La République centrafricaine est un pays de crise au pluriel : crise politico-militaire, crise sociale, marasme économique, etc. C’est presque la malédiction. Le gouvernement et les partis politiques de l’opposition entendent diriger la République centrafricaine non pas à base de la Constitution mais chaque fois qu’il le faut sur des accords politiques (A) qui ouvrent la voie à la formation d’un gouvernement d’union nationale (B) sapant ainsi le principe de l’équilibre institutionnel.


A. Des arrangements politiques inefficaces


L’année 2010 avait été décrétée  par l’Union africaine comme « L’année de la paix et de la sécurité pour l’Afrique » parce que des élections présidentielles ont eu lieu dans la paix dans la plupart des pays d’Afrique subsahariens. Hélas ! La République centrafricaine, en cette année,  était restée « aux marges de l’Afrique ».  Des mouvements armés chroniques assortis d’insécurité ont retardé l’organisation des élections de 2010. La Cour constitutionnelle, saisie,  a reporté  ces élections créant, de droit, un vide institutionnel.


Entretemps deux accords de paix de Syrtes en Lybie et à Libreville et des recommandations issues du dialogue politique inclusif ont été signés par les acteurs de la vie politique centrafricaine.  Ses accords devraient faire respecter la Constitution et l’équilibre institutionnel. Peine perdue ! Ils n’ont pas mis fin aux velléités et aux ambitions obsessionnelles du pouvoir en République centrafricaine.  Le non respect d’un accord engendre la signature d’un autre accord. 


Il s’agit, en fait, de partir du constat historique qui veut que toute fin de guerre civile  soulève le problème de la paix par le règlement des différends ou par la résolution des conflits. En d’autres  termes, il faut admettre que toute fin de guerre pose la question de la consolidation de la paix par l’élimination  des causes et facteurs générateurs des hostilités militaires. Jusqu’à présent tous les types d’accord du cessez-le-feu aux lois d’amnistie en passant par des pactes de réconciliation nationale et des recommandations issues de grandes rencontres, tous les arrangements politiques ont échoué.  Et pourtant, certains arrangements sont présentés comme la panacée. Or, c’est un fait indéniable : le retour l’équilibre et à la stabilité passent par ces arrangements. C’est le sens même de l’Accord de Libreville du 11 janvier 2013. Il est nécessaire de s’interroger sur l’effet de cet arrangement politique par l’analyse des techniques  juridiques qui lui donne son efficacité.


La difficulté ici, ce n’est pas tant l’acte formel mais bien le contenu politique de l’arrangement. Si l’accord de Libreville capote,  c’est que le compromis dont il est le reflet est mauvais. Ou alors, il faut admettre que le pacte conclu entre les belligérants n’est pas respecté. Il s’en suit alors une interrogation sur l’organe de contrôle et sur le type de contrôle. Le débat refait surface en République centrafricaine puisque les accords politiques mettent en veilleuse certaines dispositions constitutionnelles.


B. Le gouvernement d’union nationale


La remise en cause constante des institutions en RCA conduit à s’interroger sur la capacité du gouvernement d’assurer réellement la direction des affaires publiques. Il paraît, en effet, difficile, à l’exécutif menacé de renversement de mener des actions susceptibles de mettre en place des services publics stables susceptibles de conduire une action d’intérêt générale.  Les difficultés du gouvernement trouvent leur origine dans sa composition et dans son incapacité administrative à œuvrer pour la protection de la population.


A la faveur des crises qui n’ont cessé de secouer la République centrafricaine, le paysage politique a toujours fait montre d’un type de gouvernement différemment désigné sous l’expression : gouvernement d’union nationale, gouvernement de consensus,  gouvernement de large ouverture, etc. Ce type de gouvernement, totalement différent du gouvernement de la majorité ou de cohabitation ou encore de la coalition,  a toujours été vécu comme une solution d’apaisement des crises militaro-politiques.  En général, la pratique  permet la coexistence au sein du gouvernement de  ministres issus  non seulement du parti au pouvoir, mais aussi de l’opposition politique ou armée. Or, l’expérience, en République centrafricaine, révèle que depuis près de dix ans, le gouvernement d’union nationale est devenu une pratique politique, voire une formule incantatoire vide de sens. Dès lors, il y a lieu de s’interroger  sur l’efficacité d’une telle solution.


Si tout le monde participe au gouvernement, qui agit finalement ? Qui est responsable ? Les personnes qui participent et décident ont-elles  les compétences nécessaire pour le faire ?


La formation de ce type de gouvernement a certes, pour objet la volonté d’anticiper une crise. Le gouvernement devrait, sans doute, s’en tenir à l’administration des affaires courantes. L’activité politique sera réduite à un simple exercice de « problem solving ».


 Au départ, il convient de retenir que c’est l’action de l’opposition qui force le pouvoir en place à la recherche d’un compromis pour sauver à la fois l’intérêt national et le pouvoir établi. Dans ce cas précis, l’appel d’oxygène en provenances d’autres tendances politiques marque la volonté du Chef de gouvernement chargé de former son équipe de mettre  fin à la crise et de sauver la face sur le plan national. Il est alors évident que le Chef de l’Etat  accepte, ce faisant, tacitement, le partage du pouvoir et la révision de ses objectifs, de sa vision politique et de son programme.


Mais, l’ouverture ne doit pas être l’occasion de chercher discrètement à affaiblir l’opposition ou le camp d’en face.  Elle  doit se faire dans un esprit louable, de recherche de nouvelles idées, de faire participer au gouvernement les principaux courants politiques. Ainsi, il s’agit de redynamiser l’équipe gouvernementale et d’apaiser une tension politique latente. En d’autres termes, il s’agit pour le Chef du gouvernement d’avoir recours à de nouvelles ressources humaines techniques et politiques pour résoudre un problème ponctuel de gouvernement. Le plus souvent, il est recherché des techniques nouvelles pour changer le mode de gouvernance ou gérer des programmes. L’objectif est de trouver un nouvel équilibre politique, d’apaiser une tension sociale.


En sera-t-il ainsi du gouvernement de Maître Nicolas Tiangaye issu de l’accord de Libreville du 11 janvier 2013 ?




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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 00:10

 

 

Serge Magna

 

 

 Paris, le 10 février 2013

 

 

 

A

l'attention de son Excellence,

le Premier Ministre, Nicolas Tiangaye

        

                                                                                                                           

 Objet : Le dernier recours

 

 

 Son excellence, je viens par la présente faire ce recours auprès de vous, concernant mon petit frère Serge-Venant Magna, qui, d'après nos sources d'information se trouvait encore en vie et dans une prison privé de Bossembele dite"le Guatanamo".

Ma famille et moi, nous faisons ce dernier recours auprès de vous, afin de trouver une assistance, un secours pour qu'en fin la justice soit faite, ou encore pour une libération purement et simplement.

 

Qui est donc, Serge-Venat Magna ?

 

Il était, avant cette arrestation, le secrétaire général du conseil national de la jeunesse KNK, ancien président de l'association nationale des étudiants centrafricains (ANECA) et directeur de secrétariat commun au ministère de finance et du budget.

 

Il a été kidnappé, enlevé sans un mandat d'arrêt du procureur de la république, à son lieu de travail, le matin du 14 Août 2012, par la garde présidentielle. Depuis cette date à ce jour, la famille ne l'a plus revue ni est en contact avec lui; bien que plusieurs informations concordantes font état de sa présence dans cette prison de Guatanamo; voir, l'article paru dans Centrafrique presse du 6 janvier 2013 " le Guantanamo privé de Bozeze"  où le nom de Serge Venant Magna, figure parmi les prisonniers. Il serait même torturé comme les autres prisonniers. La vie dans cette sinistre prison serait d'un moyen âge où il n y a aucune hygiène. Elle est aussi connue pour des traitements inhumains, dégradants et humiliants infligés aux personnes embastillées en attente de leur procès, si procès il y a.

 

Que reproche t-on réellement à Serge-Venant Magna ? Quels seraient les motifs de cette arrestation ? Paye t- il le fait d'être entre autre, le collaborateur d'un ministre bannis du pouvoir peu de temps avant son arrestation ? même si les raisons de son arrestation sont aussi Gravissimes, après six mois de détention, ni son avocat n'a t' il pas droit, d'avoir accès à son dossier ?

 

Vous imaginez son Excellence cette situation? elle devient de plus en plus invivable, et pesante pour toute la famille, la preuve, sa femme ne supportant plus une telle situation, surtout après certains rumeurs disant entre temps que Serge-Venant Magna serait mort, elle serait, elle décédée, en laissant un bébé de six mois.  

Un mois après la signature de Libreville, aucune bonne nouvelle concernant les prisonniers,"politique" , ni la perspective d'un procès.

 

Son Excellence, Monsieur le Premier Ministre, vous êtes, certainement notre dernier recours, faute de quoi, avec l'aide de certains avocats en France, je déposerais plainte auprès de certaines juridictions compétentes pour atteinte au droit de l'homme, enlèvement, torture  séquestration et tentative d'assassinat.

 

Sur ce, je vous prie de croire, son Excellence à mes respects.

 

                                                                                                                                                                                                                          Olga Reine Magna

 

 

 

 

 

NDLR : En principe cette lettre doit être adressée plutôt à BOZIZE car si avant son arrestation Serge MAGNA était secrétaire général du conseil national de la jeunesse KNK comme l'affirme sa soeur dans ce courrier, le Premier Ministre Nicolas TIANGAYE n’est pas le mieux placé pour régler les contradictions entre les gens du KNK. Avant son arrestation, Serge MAGNA était également un proche collaborateur de Sylvain NDOUTINGAÏ dans son cabinet. Que fait aujourd’hui ce monsieur pour Serge MAGNA dont le cas Serge MAGNA doit servir désormais de leçon à tous ces Centrafricains qui ont cru devoir s’engager tête baissée derrière BOZIZE et son KNK. On note un silence assourdissant et embarrassé des responsables du KNK tant au pays qu'en France sur l'affaire MAGNA. C’est à présent une amère expérience qui résulte de leur choix. 

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 01:09

 

 

 

Blandin-Songuel.JPG

 

 

 

Monsieur le Premier ministre, la Communauté des Chefs d’Etat de la CEEAC, l’opposition démocratique centrafricaine et la constellation SELEKA viennent unanimement, à travers les récents Accords de paix de Libreville, de vous plébisciter et vous offrir un cadeau impérial que n’ont jamais bénéficié vos prédécesseurs : la confiance de diriger un gouvernement d’union nationale inamovible dans un délai de douze mois, avec une possibilité de reconduction. Profitez-en donc et faites-en bon usage pour qu’au terme de cette transition, vous méritiez la grande confiance placée en vous par tous; car d’une confiance, même folle qu’elle soit au début, peut transpirer au fil des jours la méfiance, et de la méfiance est censé germer la  défiance, source de déchéance et de cohabitation conflictuelle. Ainsi, nombre de vos prédécesseurs qui sont rentrés à la Primature par la grande porte et avec tous les honneurs sont malheureusement ressortis de là à travers le trou d’une aiguille, vomis et détestés par le peuple.


La confiance, c’est la pierre angulaire. Faute de l’avoir égarée, les Enock Dérant Lakouè, les Jean-Edouard Koyambounou, les Georges Anicet Dologuélé, les Martin Ziguélé, les Faustin Archange Touadéra, dont les gouvernements ont été sujets à de fréquentes crises socio-politico-militaires, ne gouttèrent qu’à la saveur aigre-doux d’une Primature vite écourtée pour les uns ou prorogée pour d’autres faute d’un successeur crédible et disponible. Tous ils ne quittèrent alors la Primature qu’aigris par des désillusions et étreint d’un sentiment amer d’échec cuisant.


Vous voilà donc aujourd’hui propulsé à votre tour à la vitesse d’un météorite au firmament de votre carrière politique –du moins pour l’instant- à occuper ce poste très convoité de Premier ministre, que votre imagination fertile soit-elle ne pouvait effleurer avant la date fatidique du 10 décembre 2012. Quelle providence !!! Et j’ose espérer que cette glorieuse et subite ascension ne vous fera pas pousser une seconde tête et vous donner l’illusion, Maitre Tiangaye, de vous substituer au Maitre de l’univers.


Diriger un gouvernement de transition limité dans la durée s’apparente de trop à une course de vitesse, à la montre. Pour tirer le meilleur profit, il suffit de suivre au pied de la lettre la recette des champions : la performance d’abord, la médaille après. Donc le plus déterminant dans cette épreuve c’est de bien la terminer, en dépit des circonstances importunes qui peuvent surgir et hypothéquer le départ de la course. C’est vous dire que de faux premiers pas peuvent vous être permis, une excuse vous être faite au début, par exemple pour votre actuel gouvernement de « marginalisation » nationale, antiféministe, dans lequel les femmes n’occupent que le 1/11 de son effectif. Je pense que ce premier grand faux pas, qui découle en effet de votre manque d’anticipation d’exiger au préalable de chaque entité représentée au sein du GUN la proposition d’un échantillon qualitatif des femmes, ne saura se reproduire ni faire école, si vous entendez ressortir de là par la grande porte.


Votre nouvelle responsabilité, Monsieur le Premier ministre, je tiens à vous le préciser, n’est plus celle d’un Maitre Tiangaye fervent défenseur des opprimés et Porte-parole de l’opposition démocratique, mais plutôt d’un Maitre Tiangaye maçon (à double titre d’ailleurs), désormais au pied du mur truelle en main. Et c’est tout le peuple qui vous observe, prenez dès aujourd’hui conscience, car c’est ce même peuple qui vous jugera bientôt au terme de l’actuelle transition.

 

Je prierai votre auguste personnalité de faire comprendre, à vous-même d’abord puis à chaque représentant des parties prenantes aux récents pourparlers de Libreville, qui sont désormais membres du GUN que vous avez l’insigne honneur de diriger, que l’acceptation collective par tous à Libreville de maintenir par Accords M. François Bozizé dans ses hautes fonctions de Président de la République centrafricaine, Chef de l’Etat, entrainait subséquemment la reconnaissance (du moins tacite) de la légitimité de ce dernier, en conformité aux dispositions en vigueur de notre actuelle constitution. Il m’apparait dès lors comme une exigence citoyenne de vous rappeler   ceci, à vous et au reste de votre gouvernement, qui a battu le record en rappel des tyrannosaures, que le président de la République jouit désormais toutes ses prérogatives de Chef de l’Etat jusqu’alors contestées et mérite par conséquent le respect que lui confèrent les attributs de sa haute fonction. Et je souligne entre parenthèses que cette requalification sonne conséquemment la fin du FARE, que votre constellation politique ferait mieux de décréter l’acte de décès, puisse de nouvelles législatives sont fixées en 2014.


Monsieur le Premier ministre, pour revenir à mes motivations, je vous exhorte solennellement à faire preuve de fermeté vis-à-vis de vos ministres et surtout vous employer en toute impartialité à transcender les clivages majorité/opposition/séléka/militaro-politique/société civile pour jouer pleinement le rôle de manager qui est le vôtre et tenir surtout la bride haute à tous ces fauves politiques qui se sont donnés rendez-vous au sein de l’actuel gouvernement, ces « leaders » en mal de gouverner qui risquent de transformer vos conseils des ministres en meeting politique.

Notoirement, quand un locataire s’offre une nouvelle maison comme dans votre présent cas, en première, il nettoie tout l’intérieur et s’efforce d’y disposer minutieusement des meubles convenants, puis de décorer le mur avec le plaisir que son génie plaira aux visiteurs, pas à lui seul et à ses proches... Malheureusement tous vos prédécesseurs, nos Premiers ministres de la 1ère à la 5ème République, n’ont fait tout juste que le contraire en songeant plus à eux et à leur parenté qu’au peuple. Les fortunes controversées des uns et spontanées des autres, ainsi que leur ministère transformé contre toute attente en loge parentale, sont d’éclatantes preuves qui trahissent honteusement la mal gouvernance et le tribalisme à fleur de peau qu’ils ont institué en système de gestion au sommet de l’Etat.


Pour garantir donc une transparence et néantiser l’impact de ce tribalisme ambulant, exigez à tous les membres de votre gouvernement de déclarer leur patrimoine, pour ne pas qu’au terme de cette courte transition, parce que nommés à la tête d’un Département, certains au sortir nous fassent pousser des buildings à travers Bangui comme des champignons. Suivez notre regard.


Pour finir, j’attirerai votre auguste attention et celle de tous ceux admis au sein du GUN que la République centrafricaine n’est pas un gâteau et moins encore une arène dans lequel devraient se disputer les seuls intérêts SELEKistes, FARistes ou KNKistes. Le peuple centrafricain a trop souffert ces dernières décennies d’une marginalisation entretenue à dessein par nos hommes politiques, ces acteurs de l’apocalypse centrafricaine dont la cupidité et la médiocrité ne sont plus à démontrer. J’ose espérer que le temps très attendu est enfin arrivé, monsieur le Premier ministre, pour que cette tradition bâtarde de maintenir indéfiniment le peuple centrafricain dans le dénuement et la misère s’arrête.


Monsieur le Premier ministre, voilà succinctement quelques suggestions et préoccupations formulées, que votre Excellence appréciera à leur juste valeur. A vous et à votre nouvelle équipe, je souhaite plein succès !

 

 

Journaliste-Ecrivain, Analyste au Haut Conseil de la Communication

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 17:10

 

 

 

Parfait-Anicet-Mbay-Bouar-copie-1.JPG

 

 

C’est avec beaucoup de regret que j’ai pris connaissance de la lettre adressée à Prosper N’Douba et Centrafrique-Presse par un groupe de rigolos de la famille M’Bay. Les termes de cette lettre me choquent à tel point que j’ai abandonné pendant quelques temps ce que je fais pour gagner ma vie afin de répondre à cette salade et affirmer haut et fort mon soutien à Centrafrique-Presse.


Cette lettre est une litanie de confusions des genres, généralement entretenue par des ignares qui pensent que la gestion d’un pays est une histoire de famille. « Faire rendre gorge » à Centrafrique Presse? J’espère qu’ils iront jusqu’au bout de leur menace et ne se défileront pas, s’ils ont encore un minimum de dignité à faire valoir. Je leur promets aussi qu’ils ne feront jamais rendre gorge à Centrafrique-Presse.


Si leur frère voulais être tranquille en supposant qu’il a les moyens intellectuels pour cela, il aurait dû chercher à gagner sa vie autrement qu’en nettoyant les pompes d’un dictateur et en jouant au ministre kleptocrate dans un pays en faillite. C’est parce que votre frère est minable sans vrai talent de compétiteur sur le marché mondial du travail qu’il sert la soupe à François Bozizé, ne le croyez-vous pas? Famille? Non mais je rêve ou quoi?, je me calme. Ceci est une réaction à chaud.


Cordialement


JK

 

 

PS: Il est temps de commencer à financer des enquêtes sur le terrain sur ce Parfait M'Bay.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 15:56

 

 

 

Zarambaud

 

 

 

 

VIVE LA NUIT SANS LUMIERE

 

Las de tant de malheurs et même de la vie

Ombre de lui-même, victime des nervis

Errant sans aucun but, proie de la perdition

Le Peuple tout groggy cherche consolation

*

Nuit consolatrice, mangeuse des malheurs

Toi qui de cette vie tempères les rigueurs

Mère de tous les gueux que tu prends sous tes ailes

Prends pitié du Peuple qui t’invoque avec zèle

*

Dans ton ventre de suie, les malheurs digérés

Ne tortureront plus nos esprits ulcérés

Et enfin libéré du joug de la lumière

Le Peuple chantera dans toutes les chaumières

*

Emmène – le bien loin, au beau Pays des rêves

Ce Pays enchanté où personne ne crève

Où l’on mange à sa faim, où le dialogue est roi

Et les armes jetées dans de grands feux de joie,

*

Un beau Pays où nul sur la loi ne s’asseoit,

Qu’il soit gueux, sac au dos ou se prétende Roi

Où tous les Tribunaux, en toute indépendance

Loin de se dérober, clament leur compétence

                                    *

Nuit consolatrice, mangeuse des malheurs

De ce Peuple éploré qui t’adresse ses pleurs

Veuille prendre pitié et le faire accéder

A ton monde enchanté pour de joie l’inonder

                         *

Nuit ténébreuse, que grâce te soit rendue

D’avoir vite exhaussé nos prières tendues.

Dans ton noir royaume désormais nous vivons

Sans électricité, sans manioc, sans savons

                        *

Le Pays tout de noir est en effet vêtu

Réjouissant présage d’avenir sans vertu

Et de longue marche à rebours vers le passé

Ce cycle de douleur qu’il n’a pas surpassé

                        *

Les hôpitaux bondés de mourants sans espoir

Grands mouroirs ténébreux comme des abattoirs

Assistent impuissants aux sinistres tournées

Du nouveau médecin qu’est la mort déchaînée

                        *

Evoluant dans le noir comme un poisson dans l’eau

Sortant des cachettes leurs fusils et couteaux

De farouches braqueurs opèrent sans encombre

Transformant les quartiers en amas de décombres

                        *

Saisissant spectacle que ces restes horribles

Victimes muettes de batailles terribles

Fruits du champ de haine que cultivent les hommes

Dans leurs cœurs endurcis, des cœurs sans cœur, en somme

                        *

Dans l’arrière-pays, fief des zaraguinas

Le Peuple abandonné chante des hosannas

Et tourne vers les cieux un regard caverneux

Où triomphe la mort qui ricane en ses yeux

                        *

Le Pays tout entier est un vaste tombeau

De vivants et de morts en pâture aux corbeaux

Qui disputent aux vers ces gisants frelatés

Aux ventres boursouflés et aux yeux dilatés

                         *

Tel un lapin qui fuit en voyant un chasseur

Et s’abrite derrière un buisson protecteur

La paix s’est envolée vers des cieux plus cléments

Fuyant cette terre souillée par des déments

                          *

Elle s’effraie du projet terrifiant et loufoque

D’une amnistie généreusement réciproque

Qui couvrira des crimes non encore commis

Appelant à d’autres crimes les ennemis

                          *

Comme l’or par le feu fond et se purifie

Ainsi grandit l’espoir qu’à travers ce défi

Bangui la coquette retrouvera la paix

Baume miraculeux qui pansera ses plaies

 

                                  *

Puisse la paix tant désirée et tant attendue

N’être enfantée qu’après la justice rendue

Soit après tous les crimes odieux reconnus

Paix sans justice n’étant que peine perdue

                                                                    *

Blanchir sans justice les assassins odieux

Qui ont prématurément envoyé aux cieux

Tant de martyrs dont le sang réclame justice

C’est s’illusionner avec une paix factice

                     *

Bercés par nos rêves, nous entendons au loin,

Tels des bœufs condamnés et bien repus de foin

Les trompeurs éhontés, Maîtres des calembours

Debout sur nos malheurs et pissant leurs discours

                      *

Bernés par ces discours dont eux-mêmes s’enivrent

Piégés par le Peuple qui fait semblant de suivre

Leurs fausses promesses d’un avenir de miel

Ils seront engloutis par un volcan de fiel.

 

Bangui, le 16 Juillet 2008

 

Un amoureux de l’obscurité.

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 02:18

 

 

 

 

A Madame MIREILLE KOLINGBA


 

 

funerailles-Kolingba.JPG

 

 

Honorable,

 

 En ce jour  du 7 Février 2013,  jour doublement  mémorable  pour le  3ème anniversaire du décès  de notre père fondateur du RDC  , WATONGOLO comme nous avions pris l’habitude de  l’appeler, Je t’adresse au nom  de tous les amis du président André Kolingba  en France  et en mon nom propre, ce message pour  nous   souvenir  de tous  ses bienfaits, et vous témoigner notre fraternité .

 

 Durant ces années inoubliables où WATONGOLO a conduit la destinée de notre  pays  la République Centrafricaine, son premier programme   a été  toujours la Paix pour son peuple.

 

Je revisite encore les images d'Amour  des rues de Bangui que le peuple centrafricain lui a réservé lors de  ses obsèques:

 

SOUVENIRS !  SOUVENIRS!

 

 

Simon ALALENGBI

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 01:32

 

 

Suite à la lettre ouverte en guise de droit de réponse de la famille Mbay que le grand frère Parfait Anicet, tel un majeur incapable, a mobilisée pour sa défense et pour qu'elle s'en prenne à Prosper N'DOUBA, Directeur de Publication de Centrafrique-Presse, beaucoup de lecteurs et compatriotes réagissent pour exprimer leur soutien à Prosper N'DOUBA et à CAP et stigmatiser le comportement de la famille Mbay. C'est ainsi que des courriers commencent déjà à parvenir à la rédaction qui a décidé de les publier au fur et à mesure.

 

La Rédaction 

 

 

 

Parfait Anicet Mbay Bouar

Parfait Mbay

 

 

Destinataires :

Nicaise MBAY (France)

Bertin MBAY   (France)

Colonel Edgar MBAY (Centrafrique)

Madame MBAY POUNGO Sylvie (Centrafrique)

Landry MBAY (France)

Dr Paulette MBAY (Centrafrique)

Octave MBAY (Luxembourg)

Noëlla MBAY (France)

 

New York, le 07 Février 2013

Chers compatriotes ;


Nous avons pris connaissance de votre lettre familiale adressée à Monsieur Prosper N’DOUBA, Directeur de Centrafrique Presse (CAP) dont nous nous réservons le droit de déballer le contenu ici, car auteurs que vous êtes, nous avons estimé que vous êtes à mieux de vous en souvenir.


Mis à part le rappel de ce qu’étaient vos parents : votre père comme Magistrat et votre mère comme enseignante ; ce dont nous ne nous doutons pas. Que pourra-t-on retenir des M’BAYE (progénitures) aujourd’hui ? Nous vous laissons le soin d’apporter une ou des réponses à notre question.


Quelque part dans votre courrier, vous avez fait allusion à l’un de votre frère, qui aurait fait de grandes études et qui aurait mérité d’occuper un certain poste, et nous pensons que vous dites cela en connaissance de cause par ce que c’est votre frère.


Mais quant à ceux (inconnus) que vous ne connaissez pas, sur quelles bases vous tassez-vous pour faire des jugements ? Quand on voit les personnes qui écrivent les journaux locaux à Bangui et qui font des émissions radio à Bangui, certains n’ont même pas été une seule année dans une école de presse. Et pourtant votre frère Anicet M’BAY aujourd’hui général, était Ministre des Communications, sans doute qu’il aurait contribué à la mise en place de certains d’entre eux.


Nous nous sommes demandés où se trouve le fond de votre remontrance contre la personne d’un Homme qui entreprend avec ses propres moyens, qui ne volent pas, qui ne détruit pas et qui se met au service du monde et de ses compatriotes comme il se doit. Est-ce par mauvaise foi, par jalousie et par méchanceté que votre entreprise d’indexer le Directeur de Centrafrique, comme s’il était l’ennemi de votre frère Anicet M’BAY a été mise en place ?


Vous ne connaissez même pas Monsieur Prosper N’DOUBA, sinon c’est à travers son journal (le CAP) et la fonction de porte parole du Président PATASSE que vous avez appris parler de l’Homme. Donc vous ne pouvez pas le traiter à votre manière en famille comme votre collègue, et encore ! C’est inadmissible, impardonnable et irresponsable.


Vous prétendez porter plainte contre Monsieur Prosper N’DOUBA  devant la justice par ce qu’il a parlé de votre frère dans son journal. Est-ce un délit ? Mais sachez que cela ne lui coûtera pas du tout la fin de son entreprise, le CAP. Vous faites la honte des Centrafricains quand vous dites cela. Sachez que quelque part en Centrafrique il doit avoir un Code Pénal.


Dans son parcours, savez-vous que votre frère a occupé des fonctions de responsabilité et qu’un jour il aura des comptes à rendre aux Centrafricains ?


Pour vous rafraichir la mémoire, souvenez-vous que votre frère Anicet M’BAY du temps du Président PATASSE s’était illustré dans la mitunerie militaire contre le Pouvoir et le Chef des armée censé être le Chef d’Etat, et cela semble être un acte puni par la loi et c’est lui qui mérite d’être traduit devant la justice car cette mutinerie avait fait des morts et détruit le tissu économique du Pays.


C’est fort de ce qui précède qu’il a été copté dans la rébellion de François BOZIZE pour être aujourd’hui Ministre d’Etat et général. Au lieu de provoquer et de menacer les Centrafricains dignes de bonne foi, vous ferez mieux de conseiller votre frère général et Ministre d’Etat de se conformer à la fonction d’Homme public.


Du moins, mettez-vous dans la tête que quand les journaux s’expriment sur votre frère, cela consiste à cadrer son comportement en tant qu’homme public et non en tant que votre frère. Il a choisit et voulu être un homme public et son choix sera respecté.


En conséquence de tout cela, nous apportons notre soutien sans faille à Monsieur Prosper N’DOUBA, Directeur de Centrafrique Presse grâce à qui nous sommes informés en étant loin de la République Centrafricaine.


Nous condamnons avec fermeté toute campagne de dénigrement et de haine concoctés contre Monsieur Prosper N’DOUBA et serons prêts à nous unir le moment venu derrière Centrafrique Presse.


VIVE  CAP 


A bas les grognards.

 

Salutations patriotiques

 

Ont signé :

MATONDO Luc, Bangui

N’GAMBESSO Clément, Canada

MAVOUNGOU Bernard, New York

GUEREMBOUTOU Jacques, New York

BEDANE Grégoire, Londres

MALEOMBO Jules, Paris

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 01:03

 

 

Alain Lamessi

 

 

Nous sommes très nombreux à avoir applaudi à tout rompre la nomination de Maître Nicolas TIANGAYE au poste de Premier Ministre du gouvernement d’union nationale de la République Centrafricaine dans un contexte historique et sociopolitique pour le moins singuliers. Le connaissant, nous ne doutons pas une seule seconde de sa capacité à relever les nombreux et complexes défis qui jalonnent le parcours. Mais pour sûr, il ne le fera pas seul. Il ne le fera que s’il a les coudées franches.


Ils sont tout aussi nombreux, tous ceux et toutes celles qui se mordent rageusement les lèvres et qui jurent par tous les dieux, matin, midi et soir, qu’ils ne lésineront devant aucun moyen pour lui barrer la route afin que son échec soit le plus cuisant possible. Qu’à cela ne tienne,  on ne peut plaire à tout le monde.


L’essentiel, c’est que le pays puisse avancer pour que la République Centrafricaine marche vers son destin qui doit se conjuguer en termes de réussite économique et de  progrès social.


De nombreux défis à relever


L’accouchement dans la douleur du gouvernement d’union nationale le propulse de facto au-devant de la scène avec de nombreux défis à relever.


Un chef d’Etat et une majorité KNK peu enthousiastes


Ce n’est un secret pour personne, le couple de l’exécutif est un couple dialectique que tout opposerait. Si cela dépendait de l’un, l’autre ne serait pas là. Quoique diminué, le Président de la République dispose encore de grandes capacités de blocage. Gageons qu’à défaut d’être un mariage de cœur, ce mariage de raison acté par la communauté internationale et célébré par la majorité du peuple centrafricain, saura privilégier en toutes circonstances, non pas des problèmes d’ordre personnel mais uniquement l’intérêt supérieur du pays.


Une Assemblée nationale potentiellement réfractaire


L’Assemblée nationale élue dans les conditions que l’on sait reste un parlement à la solde dont certains membres rêvent de sortir enfin de la léthargie en livrant un dernier baroud d’honneur pour espérer rentrer dans l’histoire sinon à reculons, du moins sur la pointe des pieds. C’est à ce moment là que les KNK modérés comme l’honorable Président Célestin Leroy Gaoumbalet et autre député Ngon Baba peuvent jouer un grand rôle pour calmer la fougue de certains téméraires qui veulent en découdre coûte que coûte.


Des attentes immenses et des surenchères multiples d’un peuple désabusé


La nomination de Nicolas TIANGAYE n’est pas une alternance politique au sens démocratique du terme. Loin s’en faut. Il n’y a pas eu changement de majorité pour appliquer une autre politique. Pourtant cette nomination a suscité d’immenses espoirs au sein de la classe populaire. Celle-ci se met à rêver de voir bientôt le bout du tunnel, parce que le nouveau Premier Ministre va résoudre tous les problèmes de salaires bloqués depuis 25 ans, de retraites impayées, de santé inexistante, de l’éducation moribonde, des routes coupées, de logement social oublié, des droits de l’homme mis au placard, de la démocratie muselée, de ceci et de cela, comme par un coup de baguette magique. Au risque de paraître comme un « rabat-joie », il faut dire que le Premier Ministre que nous connaissons n’est pas un magicien. Bien au contraire, il a reçu un mandat impératif qui est résumé dans l’accord de Libreville. Peut-il aller au-delà en un temps si court ? Rien n’est moins sûr. « Il faut donner du temps au temps », comme dirait l’autre.


Une rébellion omniprésente et des politico-militaires aux aguets


La Séléka occupant désormais une grande partie du territoire nationale est source d’insécurité pouvant éventuellement mettre à mal le processus de pacification et de sécurisation du pays. La présence de ses leaders au Gouvernement devra permettre d’accélérer leur désarmement et leur cantonnement. Il restera à résoudre le problème de la reconnaissance de leur grade ainsi que leur intégration dans l’armée nationale. C’est un sujet à manier avec beaucoup de délicatesse. L’Armée nationale durement éprouvée ces derniers temps ne doit pas se sentir mal aimée au profil de nouveaux venus. Ce problème n’est pas aussi simple que cela. C’est un problème éthique et philosophique. Doit-on intégrer des braconniers et des coupeurs de route dans l’armée républicaine ? C’est une question qui mérite d’être posée.


C’est justement parce que les défis à relever sont si nombreux et si complexes que le challenge en vaut la peine car « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » dit le proverbe. Etre Premier Ministre du gouvernement d’union nationale en République centrafricaine aujourd’hui n’est pas une sinécure. Au mieux c’est un sacerdoce.


Eviter à tout prix un nouveau rendez-vous manqué avec l’histoire


Nous ne pouvons pas  tomber plus bas que là où nous sommes arrivés aujourd’hui. Devenue la risée du monde entier, qualifiée par certains comme « un état zéro », la République centrafricaine doit renaître de ses cendres. Par orgueil et par nécessité, disons au monde entier : ça suffit ! Unissons-nous et bâtissons notre pays !


Il y a des signes qui ne trompent pas. Tous les jeunes le les moins jeunes belliqueux de KNK qui se sont illustrés ces temps derniers par des propos outrageux et des déclarations incendiaires dont ils n’ont certainement pas mesuré toutes les conséquences, ont été purement et simplement ignorés. Pourquoi ne pas y voir là la volonté d’apaisement du Président de la République qui a ainsi privilégié des modérés de son camp au curriculum vitae bien rempli : MBAYE, LAKOUE, MBOSSO, JOUSSO, GAMBI, etc. plutôt que les excités au parcours souvent équivoque pour faire partie du gouvernement d’union nationale. A une ou deux exceptions près on retrouve la même volonté de calmer le jeu dans l’opposition démocratique avec MBREMAIDOU, économiste, POUZERE, juriste, MBOLIGOUMBA, juriste, DOUBA, Inspecteur d’enseignement primaire, LOUDEGUE, psychologue, YONDO, ingénieur des eaux et forêts, Marie Madeleine MOUSSA YADOUMA, comptable. qui font leur entrée au gouvernement. Et même la société civile n’est pas en reste avec Marie Madeleine NKOUET dentiste, Sabin KPOKOLO, professeur de lycée et syndicaliste modéré, DIBERT économiste de formation et diplomate par tempérament, DOCKO  ancien Président de l’Assemblée nationale, et le Pasteur Josué BINOUA.


En dehors du fonctionnement normal de l’Etat avec le paiement régulier des salaires, la sécurité restaurée, la liberté d’aller et venir garantie, le GUN sera confronté à deux problématiques  majeures :


La première problématique est de faire de cet attelage d’hommes et de femmes au parcours si différent et aux convictions souvent opposées une équipe cohérente, solidaire et efficace avec une éthique du gouvernement exempte de tout reproche.


La deuxième problématique et non des moindres est le « modus operandi » à trouver entre le Président de la République et le Premier Ministre qui ne doivent plus se considérer comme des adversaires putatifs mais des collaborateurs d’une même cause. Mais pour que cela fonctionne, le Président de la République doit être rassuré par le Premier Ministre qui ne doit pas se considérer comme un Président bis mais comme un Premier Ministre certes avec des pouvoirs étendus. Un mécanisme de fonctionnement devant privilégier le dialogue permanent formel ou informel, le compromis entre les deux hommes doit être mis en place. A vrai dire, le Premier Ministre, Nicolas TIANGAYE ne peut pas réussir sa mission sans la bonne volonté du Président de la République. Le Président BOZIZE n’achèvera pas son mandat tête haute sans la réussite de Nicolas TIANGAYE. Aussi paradoxal que cela paraisse, le destin des deux hommes est lié.


Si ces deux conditions sont remplies, il n’y a aucune raison pour que le gouvernement d’union nationale ne devienne pas le tremplin de la refondation de la République Centrafricaine. Le gouvernement d’union nationale n’est pas un  gouvernement de gladiateurs où on va défendre des intérêts partisans, camp contre camp. C’est le gouvernement de la République qui défend l’intérêt national. Pour cela il faut, de part et d’autres, savoir toujours raison gardée, c’est-à dire savoir faire des compromis sans se compromettre. Dans l’intérêt du pays, il faut parfois accepter d’avaler des couleuvres sans démériter.


Devant un tel enjeu et dans un contexte historique si particulier de la république Centrafricaine, les démocrates sincères, sans donner un chèque à blanc, doivent se mobiliser pour soutenir en toute lucidité le Gouvernement d’union nationale. Ils doivent le faire par des propositions novatrices et des critiques constructives, pour que réussisse la transition. N’en déplaise aux centrafro-pessimistes indécrottables, le gouvernement de transition peut devenir la rampe de lancement du renouveau centrafricain si toutes les parties s’engagent pour un contrat de gouvernement gagnant-gagnant.


Que Dieu bénisse la République centrafricaine !

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion