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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 00:30

 

 

 

JP Mara

 

« Construisez le pays ! créez les infrastructures pour permettre de produire pour le bien être du peuple, mais ne touchez pas à la Constitution ! »

Par Jean-Pierre MARA

En République Centrafricaine, les principales sociétés d’Etat chargées de l’exploitation des infrastructures de base c'est-à-dire l’eau courante et potable, l’électricité (Ministère de l’Energie et les infrastructures de Télécommunication (Ministère des Postes et Télécommunications) sont  dans l’ordre la SODECA, l’ENERCA  et la SOCATEL.  A celles-ci s’ajoutent les routes et les ponts (Ministères de l’aménagement du territoire ou des travaux publics).

Les entreprises publiques auraient pu être les grands acteurs de la création de richesses nationales c'est-à-dire les maillons forts dans la création des emplois pour sortir les Centrafricains de la  misère et de la pauvreté. Il faut savoir que la RCA ne peut  survivre économiquement dans la CEMAC monétairement surévaluée, sans ces infrastructures, facteurs de construction et du  bon fonctionnement d’un pays.

Pour être clair d’entrée de jeu : ceux qui pensent qu’il faut privatiser l’ENERCA, la SOCATEL et la SODECA  pour mettre ainsi fin aux difficultés de ces sociétés d’Etat se trompent. Par contre, les propositions visant à les recapitaliser sont naturellement les bonnes, pourvu d’y ajouter deux éléments, à savoir : la bonne gouvernance et le capital humain  c’est à dire l’homme qu’il faut  à la place qu’il faut. En d’autres termes  mettre des gens qui savent de quoi ils parlent et cesser de privilégier la théorie de « l’homme de la tribu ou de l’ethnie  selon le principe du  « mo wara mo té biani ».

En fait, il faut rétablir une vraie politique de  la bonne gouvernance économique des entreprises publiques au lieu de se perdre dans la jungle de la privatisation qui rime normalement avec le Libéralisme ; il faut tirer les leçons des politiques libérales avec les conséquences visibles en Europe aujourd'hui.

La taillé du marché centrafricain est relative à   une population de 4 millions qui n’a pas le pouvoir d’achat pour faire vivre un marché libéral voir ultra libéral, orienté vers le gain rapide et facile. Nous savons tous qu’en politique libérale, une entreprise  privée ne peut investir dans les équipements lourds que si le marché lui assure le retour sur investissement immédiatement. Or les investissements dans turbines, alternateurs, transformateurs, lignes de transport haute tension, etc., qu’il faut pour améliorer  l’alimentation du pays en électricité de façon continue ne peut pas s’amortir en un an. En réalité il faudrait déjà que le marché des consommateurs dépasse le seuil du million (1.000.000) de ménages au pouvoir d’achat garanti, ce qui est loin d’être le cas de Bangui avec ces 10.000 fonctionnaires dont 2.000 ménages seulement sont électrifiés. Il n’y a donc que l’Etat susceptible d’investir  dans le renouvellement de ces infrastructures lourdes.

Il en est de même pour la SOCATEL :  Ici, seul l’Etat peut financer les investissements pour la  modernisation des équipements de téléphonie fixe et d’accès à internet haut débit en installant la fibre optique et en finançant le raccordement au réseau téléphonique public câblé de toute nouvelle construction de bâtiment public ou privé, nécessaire pour la communication des entreprises.

Comment faire ?Avant de répondre à cette question, un préalable consiste déjà à circonscrire les erreurs perpétuelles des différents gouvernements qui se succèdent en R.C.A : les exemples pour mettre en évidence ces échecs de stratégie dans le domaine de maintenance et de rénovation des infrastructures techniques de base sont les cas de la SNE privatisée pour devenir SODECA à son époque, SOCATEL et ENERCA dont on parle régulièrement de la privatisation. Quelle est la situation ?

         Lorsque vous envisagez de remplacer les tôles de votre maison qui laissent passer l’eau de pluie, vous vous adresserez aux vendeurs de tôles ou aux partenaires du fabriquant; Vous ne vous adressez pas sûrement à votre voisin qui lui, entretient la sienne mieux que vous.

     Lorsque votre voiture est en panne, vous vous adressez à un garagiste, au constructeur ou alors à son représentant; Vous ne vous adressez pas à votre voisin dont la voiture roule toujours en bon état.

Que constate-t-on comparativement en R.C.A quand il est question de réparer les pompes cassées de la SODECA, les turbines ou les transformateurs obsolètes de l’ENERCA ou encore les commutateurs vétustes de la SOCATEL ?  C’est là le paradoxe centrafricain :

         Dans le passé, les autorités s’adressaient toujours à France Télécom (FT) pour faire réparer les équipements de la SOCATEL, alors que FT n’était pas constructeur d’équipements de Télécommunication mais un exploitant au même titre que la SOCATEL. Le résultat, nous le connaissons aujourd’hui.

         Pour trouver des solutions aux problèmes de la vétusté des turbines de BOALI,  l’ENERCA ou  les autorités s’adressent  à Electricité de France  (EDF) qui n’est autre chose que l’ENERCA de la France. Ici on retrouve les mêmes erreurs que dans le cas de FT. Pourtant EDF n’est pas constructeur de Centrale ou de turbines. C’est un exploitant qui achète les Centrales chez les constructeurs AREVA, TOTAL  ou SIEMENS… etc.

         Pour trouver des solutions aux problèmes de la vétusté des pompes,  de la construction des châteaux d’Eau  ou encore des produits hygiéniques, SODECA s’adresse à la SAURE, un autre exploitant français. Nous sommes toujours dans les mêmes erreurs.

Mais pourquoi ne s’adresse-t-on pas  au canadien St-Arnaud Inc, au Français Total ou à l’allemand SIEMENS. Nous savons qu’AREVA a un passif avec le gouvernement mais de grâce, adressez-vous  aux fabricants de turbines ou de centrales hydroélectriques ? D’ailleurs, je me demande pourquoi François BOZIZE n’avait-il pas négocié la réparation des turbines de BOALI avec AREVA à l’époque des négociations sur BAKOUMA ou des milliards se versaient à tour de bras pour l’uranium ?

Les autorités et les gouvernants savent  que ces entreprises traînent des dettes colossales suite aux incapacités managériales et aux  difficultés  de gestion tout de même liées aux nominations ethniques de complaisance ; ils connaissent la vétusté des équipements de nos infrastructures dont certains datent de la période coloniale ; ils savent qu’elles (les autorités), se croient affranchies de l’obligation de payer leurs factures d’électricité et d’eau ; ils savent que  l’Administration Publique cumule les arriérés de paiement des factures d’eau et d’électricité et de téléphone; ils connaissent les raisons du phénomène de la fraude de l’électricité et de l’eau par les ménages avec la complicité des agents de ces entreprises. Et ils savent aussi que ce n’est pas de la faute des fraudeurs qui eux, sont prêts à payer si la qualité est assurée.

Et alors ! Les autorités et les gouvernants savent tout cela mais ne proposent aucune solution. Elles savent que c’est parce qu’elles ont placé des parents ou amis incompétents ou inconscients ou encore moins soucieux du sens de patriotisme qu’ils  refusent de changer l’Etat des choses ! Et nous autres savons tout cela mais ne disons rien ou manifestons de façon isolée (Kpéténé seul, Bimbo seul, Cattin seul, Boy-Rabé seul, Gobongo seul?).

Ces gouvernants qui ne veulent pas des idées de l’opposition politique, n’apportent aucune solution  viable pour le bien-être du  peuple dont ils se disent vouloir le bonheur !  Pour se moquer de ce peuple, on lui rabâche depuis des années  que des Chinois sont en train de construire BOALI. Nous savons que les Chinois financent les projets de cette envergure mais eux aussi achètent les constructions de barrages chez TOTAL, SIEMENS ou ARVEA, donc on peut négocier le financement avec eux mais acheter chez les constructeurs, n’est-ce pas ? Là ou le Gouvernement  perd de crédibilité, c’est quand on annonce dans la presse alors que la mise en route de cette construction chinoise ne résoudra jamais le phénomène de délestage chronique dans la capitale centrafricaine.  Mais alors dans ce cas, pourquoi le finance-t-on ?

Pour parler de l’Eau, la SODECA n’est même pas en mesure de la mettre en bouteille, Est-ce par manque d’imagination alors que nous avons pleins de Sources pouvant servir à cet effet ? On préfère laisser les « amis Libanais » vendre de l’eau infecte.

L’absence d’un réseau fiable du téléphone fixe nécessaire pour le fonctionnement de l’administration et des entreprises susceptibles de créer des emplois, est l’indicateur rouge qui entrave toute démarche des hommes et Femmes d’affaires. Envoyer un  fax ou téléphoner moins cher, même dans Bangui, est un calvaire. Accéder à internet ou encore réserver un nom de domaine en « .cf » relève de l’imaginaire ou de la science-fiction. J’ai essayé de réserver un nom de Domaine chez le Registrar Sud-Africain de la SOCATEL et surprise,  ce dernier me propose les tarifs suivants.

Pour mara.de(Allemagne) ou mara.fr (France)  € 9.50  MAIS pour mara.cf (CENTRAFRIQUE)  € 299.00  (OUI, vous avez bien lu : deux cent quatre vingt dix neuf euros au lieu de neuf euro cinquante !).

D’abord la SOCATEL n’a pas de serveur DNS  Root en RCA car il n’y a pas d’infrastructure! Bon, j’avoue que c’est trop technique pour le commun des mortels.  Dites-vous seulement qu’il faut passer par les routes en latérite plein de trous avant de tomber sur le goudron (c'est-à-dire la fibre optique). On se demande bien ce que  fait la SOCATEL dans ce domaine et comment l’Etat compte s’investir pour apporter la solution qu’il faut ! Là aussi, il serait intéressant de comprendre pourquoi la Fibre dont on parle depuis 2008 est toujours à l’Etat d’études des répercussions sur les riverains du tracé, comme si la route Bangui-Garouamboulaye est nocive pour les riverains. Le principe de ces études est-il vraiment de résoudre les préalables pour un départ du projet ou bien, ou bien est ce qu’elle sert de prétexte pour soustraire un plus d’argent à la Banque Mondiale  sensible aux arguments de destruction de l’éco système ?  Qu’on nous réponde !

Notre pays a vraiment besoin d’une armée forte et non tribale,  d’une bonne politique d’infrastructures de base pour la relance de l’économie. Au lieu de tripatouiller la Constitution, construisez les infrastructures de base pour permettre à l’armée de disposer des moyens pour nous protéger ! Moyens de communication, bonnes routes pour se déplacer rapidement ! Au lieu de persécuter ceux qui disent que rien ne marche, trouvez les vraies solutions pour la reconstruction de notre pays en achetant chez les équipementiers constructeurs!

C’est pourquoi il est urgent de crier « Touchez-pas à la Constitution » ! Mieux, perdez l’énergie à produire de l’Eau courante et propre, de l’Electricité, à construire les ponts, les routes et le téléphone fixe pour le bon fonctionnement des opérateurs économiques, de l’administration, de l’Armée  Nationale et les autres forces de l’ordre pour garantir la paix et la sécurité physique et alimentaires de la population.

Paris le 4 Avril 2012 

Jean-Pierre MARA

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 11:08

 

 

 

Olivier Gabirault au DPI

                    

Indépendamment de l’article de Monsieur Jean Pierre OMBOLO intitulé «CRISE DIPLOMATIQUE : LE PRESIDENT DE LA CEMAC EN EXIL FORCE » paru dans Centrafrique-presse du 26 mars 2012, beaucoup de personnes se posent des questions sur le refus du gouvernement centrafricain, notifié dans l’avion à l’aéroport de BANGUI à Monsieur Antoine NTSIMI, Président de la Commission de la CEMAC, empêché d’en descendre à son retour de mission au siège de l’institution. Certains se demandent si cela est une forme de déclaration de « persona non grata ».                                                                                                     

Sans entrer dans le fond du litige vraisemblablement à l’origine de cette situation que les Chefs d’Etat de la CEMAC pourraient certainement trancher, il me parait néanmoins nécessaire de rappeler les moyens qui auraient pu être utilisés (s’ils ne l’ont vraiment  pas été), pour régler sans remous diplomatiques ce qui est reproché à Monsieur NTSIMI,  à savoir « immixtion manifeste dans les affaires intérieures centrafricaines ». En effet, Monsieur Antoine TSIMI, à la fois représentant permanent du Cameroun au sein de la CEMAC et Président de la Commission de cette institution a manqué très clairement d’égards à la République Centrafricaine et à son Président dans des échanges de presse, en dépit des devoirs de réserve que doit observer un diplomate, de surcroit vis-à-vis de l’Etat du siège ainsi que de ses autorités.

                                                                                                           

Cette infraction manifeste à la loi pénale centrafricaine par une personne qui bénéficie de privilèges et immunités, de surcroit de juridiction, aurait du être traitée :                                                                         

                                                                                                                                                                        2° Soit au niveau des Chefs d’Etats membres de la CEMAC (solution politique) ;

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        3° Soit tout simplement par l’application de la convention de Vienne du 14 mars 1975, sur les relations entre les Etats et les organisations internationales.                                                             

Ces divers moyens auraient eu  l’avantage d’éviter des remous diplomatiques inutiles entre le Cameroun et la République Centrafricaine deux pays entretenant des liens séculaires de fraternité. Pour ne parler que de la convention de Vienne de 1975,                                                                                                                                         qui réglemente les rapports entre les Etats et les organisations internationales, convention à laquelle le Cameroun a adhéré le 23 mars 1984 (sans réserves) et  Monsieur Antoine NTSIMI étant accusé « d’immixtion dans les affaires intérieures centrafricaines », l’art 77 de cette convention dispose : «  En cas d’infraction grave et manifeste à la législation pénale de l’Etat hôte par une personne bénéficiant de l’immunité de juridiction, l’Etat d’envoi, à moins qu’il ne renonce à cette immunité, rappelle la personne en cause, met fin aux fonctions qu’elle exerce à la mission, à la délégation ou à la délégation d’observation, ou en assure le départ, selon le cas. L’Etat d’envoi fait de même en cas d’immixtion grave et manifeste dans les affaires intérieures de l’Etat hôte ».

                                                                                                                         

Tout d’abord il n’existe pas dans le cadre des organisations internationales (diplomatie multilatérale), de procédure de déclaration de «  persona non grata » comme dans la diplomatie classique(bilatérale). En effet, bien que les activités d’un représentant d’une mission permanente s’exercent au sein d’une organisation internationale ayant son siège sur le territoire d’un Etat donné, celui-ci n’est pas accrédité auprès de cet Etat mais envoyé auprès  de l’organisation. L’ absence de la procédure de « déclaration de persona non grata » par l’Etat du siège dune organisation internationale, dans le cas d’espèce la République Centrafricaine qui abrite la CEMAC,  est la base de l’obligation pour l’Etat d’envoi, c'est-à-dire le Cameroun,  de rappeler son représentant dans les circonstances prévues à l’alinéa 2, c'est-à-dire «  en cas d’infraction grave et manifeste à la législation pénale ou d’immixtion grave et manifeste dans les affaires intérieures de l’Etat hôte ».                                                                                                                     

En clair, du fait  que la convention de Vienne de 1975 ne permet pas à la République Centrafricaine de déclarer Monsieur Antoine NTSIMI « persona non grata », le Cameroun, Etat d’envoi de l’intéressé auprès de la CEMAC, institution située sur le territoire  centrafricain a, conformément aux termes de l’alinéa 2 de l’art 77 de cette convention, au moins deux possibilités pour s’acquitter de ses obligations, à savoir :

                                                                                                                                                                        1° Mettre fin aux fonctions de Monsieur Antoine NTSIMI ;  

                                                                         

2° Assurer son départ de l’Etat hôte, c'est-à-dire de la République centrafricaine ;                            Il convient de préciser qu’il s’agit là de la procédure normale, c'est-à-dire au cas où il n’y aurait pas de divergence d’appréciation du litige ou de qualification des faits entre les deux Etats.  En cas de divergence, des consultations sont prévues conformément aux articles 84 et 85, à l’issue desquelles, ou bien l’Etat hôte peut être convaincu que la personne en cause doit être rappelée, ou bien l’Etat hôte peut être convaincu que l’acte n’était pas de nature à exiger son rappel.

                                                                                                                                                                                                                                                                                          Au cas où il n’y aurait pas de solution au différend à la suite des consultations visées à l’art 84 dans un délai d’un mois à compter de la date où elles ont été entreprises, et  conformément à l’art 85 de la convention de Vienne de 1975, chacune des parties peut le soumettre à une commission de conciliation ou par tout autre accord bilatéral ou multilatéral en vigueur entre les parties. (Il en existe certainement entre le Cameroun et la République Centrafricaine). Bref toutes ces procédures et étapes auraient eu l’avantage de protéger les intérêts de l’Etat hôte et de l’Etat d’envoi. Elles  peuvent certes ne pas  être satisfaisantes et efficaces, du fait que l’obligation  de l’Etat d’envoi de rappeler son représentant dépend de son bon vouloir et de la qualification qu’il donne à l’infraction.

                                                                                                                                                                       Du fait de l’absence de la procédure de déclaration de « persona non grata » et pour éviter une impasse, la convention prévoit également le cas où le bien fondé d’une demande de rappel formulée par l’Etat hôte peut être contesté par l’Etat d’envoi.                                           

Dans ce cas, et seulement dans ce cas, la clause prévue au paragraphe 4 de cette même disposition s’applique. Elle stipule : «  Aucune disposition du présent article ne saurait être interprétée comme interdisant à l’Etat hôte de prendre les mesures qui sont nécessaires à sa propre protection. Dans ce cas, l’Etat hôte, sans préjudice des articles 84 et 85, consulte de manière appropriée l’Etat d’envoi en vue d’éviter que ces mesures ne portent atteinte au fonctionnement normal de la mission ».                                                                                                                                         

Bien que la nature de ces mesures ne soit pas définie, la faculté ainsi reconnue à l’Etat hôte n’est pas sans intérêt car les différentes procédures prévues par cette convention sont certes dans l’intérêt des deux Etats, s’ils les appliquent, mais dans le cas contraire, on voit mal un Etat souverain rester les bras croisés face à un cas d’atteinte grave à son honneur, à sa dignité par un diplomate ou fonctionnaire international du fait de sa protection par une immunité de juridiction.

 

Paris le 26 mars 2012

E.O.GABIRAULT

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 01:08

 

 

 

 

 

Franck-Saragba.JPG

 

 

 

« …Nous saurons méditer vos leçons ! « dixit Abdou Diouf, ancien président du Sénégal.

Ils ont voulu le faire et ils l’ont fait d’une manière claire et sans ambages. Bravo Macky Sall ! Bravo au M23 ! Bravo pour le Sénégal ! Bravo pour l’Afrique !

Ils, ce sont bien entendu les treize candidats membres du Mouvement des forces vives du 23 juin (M23) qui ont su avec humilité et audace enterré leurs haches de guerre pour ne retenir que l’essentiel, à savoir le départ du président Abdoulaye WADE. L’homme par lequel la seconde alternance générationnelle de l’histoire du pays n’a pas failli avoir lieu. Les veines et présomptueuses tentatives de ce nonagénaire gâteux pour réformer la constitution afin de rester au pouvoir, mieux encore pour le céder par la suite à son rejeton de fils ont fini par mobiliser toute l’opposition contre lui. Les Sénégalais lui ont répondu de la manière la plus intelligente qui soit c'est-à-dire par les urnes qu’ils n’étaient pas des nigauds et autres simplets d’esprit mais qu’ils étaient éduqués et doués de raison. Sitôt, ce sont près de 70% des suffrages qui se sont exprimés pour Macky Sall contre environ 30% pour  le président sortant.

Malgré le coup de téléphone du perdant pour féliciter le vainqueur, Abdoulaye Wade restera à jamais pour les sénégalais, les africains et le monde entier celui qui a voulu forcer le destin en essayant de faire un coup d’état constitutionnel. C’est un message fort que les sénégalais ont envoyé à travers le résultat de ces élections à tous les apprentis prestidigitateurs qui s’amusent dorénavant à retoucher à la constitution de leur pays respectif.

C’est aussi et également un véritable camouflet pour le fondateur du Sopi « le changement en wolof ». Celui-ci sort finalement d’une manière éhontée par la petite porte au bout d’une quarantaine d’années de vie politique. La thèse de la participation à cette élection défendue par les candidats  Niasse, Tanor, Idy et Macky ont prévalue en fin de compte à celle du boycott prônée par les neufs autres membres du M23.

Désormais à côté du Botswana, du Ghana, de l’Afrique du sud, on peut parler de l’école sénégalaise en matière de démocratie et d’alternance politique. Seul, le Mali jusque là exemplaire a été hélas rattrapé récemment par le démon des coups d’état.

Un cas d’école à méditer par toute l’opposition démocratique centrafricaine.

Les faits sont têtus et l’actualité toute brûlante avec l’élection de Macky Sall au Sénégal nous en donne une fois de plus la preuve indiscutable. Ensemble nous sommes forts et séparément nous sommes faibles. Les dictateurs ne sont forts que parce que nous sommes divisés. Une vérité que nos leaders politiques n’ont pas encore intégrée dans leurs stratégies. Nous l’avions dit de toutes nos forces avant et pendant le dialogue politique inclusif de 2008. Nous avions poussé et encourager nos différents leaders à ne parler que d’une seule et même voie afin de faire reculer le régime. Malheureusement chaque leader de l’opposition démocratique même les candidats les plus insignifiants en termes de notoriété croyaient  que leur heure était arrivée. Ils ont préféré phagocyter le processus pouvant apporter un changement réel dans notre pays. Ces leaders ont négocié nuitamment à la grande surprise du régime pourtant en mauvaise posture soit un poste de premier ministre soit un maroquin. Nous l’avions réitéré en vain par la suite à la veille de la dernière élection présidentielle. Ils  sont allés malgré tout  en ordre dispersé pour finalement échouer gaillardement. Ensuite, ils ont  revendiqué le tout dans une sorte de Front pour l’Annulation des Elections assez discutable qui pourrait avoir un sens au lendemain des élections mais qui n’a plus sa raison d’être aujourd’hui en rapport au double langage véhiculé. A qui la faute ?

Désormais avec ce qui vient de se passer au Sénégal, l’opposition démocratique centrafricaine  peut-elle encore dire qu’elle ne savait pas qu’il fallait faire front commun pour combattre le régime kleptocratique de Bangui afin de sauver le Centrafrique du chaos ?

 

Franck SARAGBA

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 23:33

 

 

 

 Djanayang Godfroy

 

C’est un philosophe français du 17e siècle René Descartes qui a dit que «  le bon sens est la chose la mieux partagée au monde ». Aujourd’hui, il me semble que cette citation n’est plus pertinente. C’est la folie qui est désormais la chose la mieux vendue à travers l’armada médiatique de la planète pour le triomphe des causes irrationnelles.

Si non qui peut mesurer la dose de bon sens dans l’idée qu’il faut faire la guerre, susciter et soutenir des rébellions pour imposer la démocratie. Tuer le peuple pour qu’advienne le pouvoir du peuple ou le pouvoir du peuple par les armes, cela n’a pas de sens. Celui qui a acquis son pouvoir par les biceps a-t-il des comptes à rendre à un peuple. Surtout quand celui-ci, oblige le conquérant, d’appels à la révolution, à recourir aux armes.

Le peuple lui-même sait qu’il ne peut rien attendre de celui qui s’est passé de lui. Voilà où le bât blesse, quant on les entend parler de démocratie la Kalachnikov au point. Pourquoi ne pas carrément assumer sans complexe le choix de faire une croisade contre la démocratie et les libertés dans les pays africains. Ce ne sera pas nouveau. C’est la guerre des intérêts bassement matériels et déshumanisants qui a présidé le commerce triangulaire et la colonisation. C’est vil et nauséeux de dénier aux africains un minimum de sens critique, au point de leur faire croire que celui qui s’impose par les armes est plus démocrate que celui qui est venu au pouvoir suite à un soulèvement populaire.

On pouvait espérer que l’arrêt de la guerre froide conduise à un nouvel ordre mondial, mettant fin aux conflits armés entre nations. Or les guerres dans lesquelles sont engagés nos pays n’ont pas cessé au cours des dernières décennies, elles ont seulement changé de justification : leur but déclaré est de sauver des vies, de combattre la barbarie, d’imposer le respect des droits humains cependant leur seul but est de détruire davantage la république, le peuple du continent de l’Afrique subsaharienne n’est pas son premier coup d’Etat il existe toute une panoplie de la liste  qui caractérise malheureusement l’identité de la politique africaine sans aucune doute des  jurisprudences constantes sont établies sur les cas suivants : Joseph KABILA, Idriss DEBY, EL BECHIR, Denis SASSOU, François BOZIZE ,KAGAME pour ne citer que ceux là en guise  d’exemple qui sont les véritables «  fructus » du coup de force.

 Il apparait clairement que c’est  plus de vingt ans aujourd’hui  que le Mali qui est un pays Africain situé en Afrique de l’ouest  a pu acquérir la culture de la démocratie permettant désormais au peuple d’être le libre arbitre du fonctionnement des institutions régaliennes. Certainement si les règles de la démocratie empêchent dans ce siècle contemporain les criminels de la république de prendre le pouvoir par la violence des armes, sans doute que les ennemis de la nation ne peuvent recourir aux armes pour mettre terme  à la volonté souveraine du peuple.

 Le mouvement de la junte auteur du coup d’Etat de jeudi 22 mars 2012 au Mali réclame d’avoir reproché au régime du président sortant AMADOU TOUMANI TOURE d’être un régime véritablement incompétent dans la lutte contre le mouvement Touareg et la montée en puissant des groupes islamistes au niveau de la région et de la sous région. Après avoir expertisé de façon profonde des tels motifs permettant de mettre à genou le peuple Malien à la veille de la fin du mandat constitutionnel du président TOUMANI TOURE, mon expertise révèle que  les raisons de ce coup de force n’est pas fondée juridiquement. Car de manière générale  la question de menace contre l’intégrité territoriale n’est pas seulement propre à un régime, il est aussi du devoir des citoyen, et des différents mouvements légaux d’aider et de participer de façon plus directe quant il s’agit de menace terroriste ou des mouvements rebelles qui sont d’origines étrangères et s’inscrivent dans la logique de la déstabilisation des valeurs républicaines. Par voie de conséquence la junte pouvait venir en aide au régime du président sortant afin de combattre les ennemis de la nation.  

En revanche, la situation géopolitique semble être très mouvementée. A l’issue de ce coup de force, l’Union africaine condamne l’acte avec la dernière énergie  ainsi  que plusieurs organisations internationales et même des Etats-Unis ne cessent de faire des condamnations. Mais il est aussi important de s’interroger si seulement les différentes condamnations suffiront pour le retour à l’ordre constitutionnel au Mali de manière plus urgente.  Traditionnellement, on constate souvent après certains coups d’Etats, les condamnations pleuvent mais quelques temps après elles se transforment en une reconnaissance de la légitimité des pouvoirs publics putschistes, du coup, on tombe dans « la philosophie de la politique politicienne ».

Si la résolution 940 du 31 juillet 1994 du conseil de sécurité en Haïti autorisant le recours à la force ayant pour seul but le retour à l’ordre constitutionnel en Haïti, et  l’entrée en guerre de la France  en Côte d’ivoire via la résolution 1975 se fondant sur le Chapitre VII de la charte des Nations Unies, la résolution 1973 qui a permis à la fore de coalition de mettre  terme au régime du dictateur Kadhafi , certainement que  la politique internationale ne s’arrêtera pas que sur les résolutions antérieures.  Par principe d’égalité des Etats, le Mali qui est aussi membre du système des Nations Unies a droit  à une résolution du conseil de sécurité lui permettant de rétablir l’ordre constitutionnel de son Etat. Sauf si la politique du clientélisme international s’impose dans le cas d’espèce malien.

 « Dans ce siècle, la démocratie des armes n’a plus sa place seul le peuple reste le véritable arbitre de la société. A Dieu, la démocratie des armes ».

Godfroy- Luther GONDJE- DJANAYANG

Expert Analyste en gestion des crises politico-militaires.

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 16:36

 

 

 

wade sall 0

 

 

Décidément l'Afrique n'aura pas fini d'étonner le monde. Seulement quelques jours après un coup d'État ahurissant au Mali, voilà que l'Afrique surprend le monde une fois de plus, à travers le deuxième tour de l'élection présidentielle organisé au Sénégal.

Si dans le cas du Mali, le scoop rejoint le cortège des mauvaises nouvelles qui font la renommée de l'Afrique, à travers sa pratique de la gestion de la chose publique, ce qui n'étonne presque plus personne, le scrutin organisé de main de maître par le Sénégal pour se doter d'un nouveau chef de l'État est un exemple de procédure de choix politique qui honore l'Afrique et fait oublier un instant le cortège d'élections truquées qui sillonnent la plupart de ses capitales.

Le peuple sénégalais, à travers sa maturité politique, son sens de l'unité et sa clairvoyance, a montré aux yeux du monde que les africains sont capables de se surpasser, quand ils le veulent, et lorsqu'ils décident de ne pas se laisser tomber dans les pièges tendus sur leur parcours.

La maturité politique des sénégalais surprend. Elle surprend car, là où beaucoup de pays africains auraient plongé leurs populations dans des affrontement fratricides et des « guerres gratuites » où périraient des milliers d'innocents, les sénégalais ne se sont pas trompés de combat, tout comme ils ne se sont pas trompés d'adversaires.

Si cette maturité politique a permis l'organisation « presque » sans faille de l'élection présidentielle, il faut cependant relever que toute la coordination ne se serait pas passée comme dans le meilleur des mondes possible, sans la solidité et le charisme des différents leaders politiques impliqués dans la compétition présidentielle, sans la neutralité des forces publiques (armée, gendarmerie et police) et sans la détermination de la jeunesse dans son ensemble.

Il fallait avoir une classe politique de haut niveau pour éviter de tomber dans le traquenard provoqué par l'entêtement du Président sortant et candidat, Me Adoulaye Wade, à vouloir se lancer dans un troisième mandat, une candidature qui n'en était pas moins que de trop.

Dans ce traquenard, qui portait en lui tout ce qu'il y avait d'interprétations de la constitution, toutes les manœuvres étaient possibles, qui auraient pu perturber, dans beaucoup d'autres pays africains, le peuple, la jeunesse et les forces armées, engendrer des confrontations qui auraient anéanti pas mal de vies humaines. Il fallait une classe politique responsable, intègre, forte dans ses convictions et solidaire dans ses accords, pour éviter les pièges de la trahison, de la division, de l'éclatement et de la dissolution.

Il fallait une classe politique responsable et crédible, avec un électorat convaincu et loyal, aveugle au miroitement de quelques promesses fallacieuses et parfois de quelques coupures flabant neuves.

La jeunesse, dans son ensemble, a réagi comme il fallait, sans être tentée par l'esprit de destruction qui pousse d'autres ailleurs, à casser les bâtiments publics, à saccager les magasins et autres endroits susceptibles de cacher quelques biens. Ce faisant, sans tomber dans les excès qui sont légion presque partout en Afrique, cette jeunesse  a fait preuve de nationalisme, consciente du fait qu'elle-même représente l'avenir de son pays.

Les forces publiques, quant à elles, ont bien observé cette neutralité qui caractérise le comportement des forces armées dans les pays avancés, neutralité qu'il convient de saluer et qui a été possible grâce à la qualité des hommes qui les composent, des hommes qui connaissent la place qu'ils tiennent dans leur société, et qui n'ignorent pas les missions dont ils ont la charge.

Bien qu'il soit à l'origine de ce qui aurait plongé le Sénégal dans un état de détresse fort regrettable, le Président Abdoulaye Wade a eu un dernier geste,  haut, magnanime, un geste digne des grands hommes, en prenant les devants pour reconnaître sa défaite et féliciter son futur successeur, épargnant à la commission électorale et aux autres institutions, la lourde charge d'annoncer les résultats « provisoires », qui sont une source inépuisable de manipulations de scrutin. Chapeau, Me Wade !

Et enfin, sans parler des responsables des différents bureaux de vote, qui ont eux aussi joué un rôle déterminant, il faut saluer la télévision sénégalaise à travers ses journalistes. Des professionnels qui,  en rapportant en direct les décomptes évolutifs des résultats obtenus par chacun des deux candidats, ont donné une véritable leçon de transparence du dépouillement d'un scrutin, aussi bien à l'Afrique qu'au reste du monde.

Bravo Sénégal ! Tu es dans la bonne Voie,

l'Afrique doit te suivre.

 

Adolphe PAKOUA, docteur en Etudes Nord-Américaines et des Pays Anglophones.

Ecrivain.

 

 

 

Sénégal : Macky Sall met fin à 12 ans de pouvoir de Wade

 

L'ex-premier ministre Macky Sall est devenu dimanche le nouveau président du Sénégal. Ce politicien de 50 ans a battu au second tour de l'élection présidentielle son rival Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis douze ans. Le scrutin s'est déroulé de manière pacifique.

 

Prévisible, la victoire de Macky Sall et sa reconnaissance quasi-immédiate par son ancien "maître" Abdoulaye Wade, 85 ans, a représenté un immense soulagement au Sénégal après des violences meurtrières en février liées à la nouvelle candidature du président sortant.

 

Cette reconnaissance par le président sortant de sa défaite, avant même la publication des premiers résultats officiels, a surpris: elle ne fait qu'illustrer son ampleur, les premières estimations officieuses donnant environ 70% des voix à M. Sall.

 

Liesse dans les rues

 

La victoire a été célébrée comme il se doit dans la nuit par des milliers de Dakarois. Ils étaient en liesse, criant leur joie, dansant et chantant au son des djembés (tam-tam) et du mbalax, la musique la plus populaire du Sénégal.

 

Elle a été saluée à l'étranger, en particulier en France, ex-puissance coloniale et principal partenaire économique du pays, par le président Nicolas Sarkozy. Il a parlé d'une "très bonne nouvelle pour l'Afrique en général et pour le Sénégal en particulier".

 

M. Sall, plusieurs fois ministre, puis premier ministre de M. Wade, avait indiqué samedi avoir "plusieurs urgences". Parmi elles: la "situation dramatique des finances publiques" et "le règlement de la situation alimentaire préoccupante de plus de 800'000 Sénégalais" menacés de famine dans le nord du pays à cause de la sécheresse.

 


(ats / 26.03.2012 17h05)

 

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 03:19

 

 

 

 

Bozizé KNK

 

Il y a 9 ans, BOZIZE pénétrait par la force dans Bangui sous les ailes des troupes d’élite tchadienne avec l’onction de certains chefs d’Etat de la sous-région et de la France. La communauté financière internationale a suivi avec un appui financier massif de l’ordre de  700 milliards de F CFA.   

Et dès le début de son règne, BOZIZE a placé ses alliés alimentaires et sa proche famille au dessus de la loi.  Ces « intouchables» se sucrent sans état d’âme sur le dos du pays. Aucun secteur d’activité ne leur échappe : les marchés publics, le commerce de bétail, de diamant, de bois, le commerce des matériaux de construction etc …. En 9 ans, la RCA compte une dizaine de milliardaires  autour de BOZIZE. Au mépris des droits élémentaires de l’homme, des crimes crapuleux ont été commis dans l’indifférence totale. Même les criminels connus de tous, restent impunis et bien au contraire sont promus à des fonctions plus importantes. L’odieux assassinat des commissaires de police Hervé TREPASSE et Daniel SAMA sont encore présent dans la mémoire des Centrafricains.    

BOZIZEréussit par la peur et les intimidations à  régner  sur une population silencieuse et soumise,  et nourrit secrètement  l’espoir de passer à terme, la main à son fils Francis BOZIZE ou à son parent Sylvain NDOUTINGAI. Aujourd’hui, l’illusion des Centrafricains devient réalité, mais une réalité cauchemardesque. Eux qui voyaient en lui le « libérateur » qui allait enfin apporter la prospérité, ramener la sécurité des personnes et des biens, et une paix durable pour tous. Il n’en est rien. Lui qui devrait aussi incarner la justice et imprimer sa vision d’un avenir meilleur qui placerait notre pays sur le même piédestal que ceux de la sous-région. Il a failli lamentablement. Il a fait de la RCA la risée des autres pays étrangers en commençant par les pays voisins. Amère désillusion! Son manque de charisme et de vision pour le pays l’amène à s’occuper personnellement des moindres détails de fonctionnement de l’Etat en plus de ses tâches de Chef de l’Etat.

François BOZIZE YANGOUVOUNDA, le ministre de la justice de fait

Il est ministre de la justice de fait car c’est à lui que revient les décisions finales de justice. N’est -ce pas lui en personne qui a rendu à Fidèle NGOUANDJIKA son passeport pour qu’il soit libre de ses mouvements ? Le Chef de département, Firmin FINDIRO demeure toujours quant à lui, Procureur de la République de fait. N’est-ce pas lui qui dans son bureau, a notifié à Jean Jacques DEMAFOUTH qu’il a préalablement convoqué, son arrestation ?

Ensemble, ils ont détruit les acquis de la magistrature dont l’ancienneté dans la fonction judiciaire. Des magistrats expérimentés, hors hiérarchie qui lisent « le droit positif centrafricain » ont été mis à la retraite anticipée ou ramenés au ministère pour être subordonnés à FINDIRO et s’occuper des tâches administratives. Ils ont été remplacés exprès par des juges jeunes et inexpérimentés, pleins de reconnaissance et de zèle qui ne répondent qu’à lui. Ils ont par la même occasion, détruit la fondation même de la sagesse de notre pays et l’indépendance de notre système judiciaire.  FINDIRO a délibérément muté au tribunal de Bangassou en guise de sanction  le juge qui a présidé le tribunal correctionnel qui a rendu le verdict dans le procès contre les journalistes Faustin BAMBOU et Cyrus SANDY qu’il a trouvé trop léger à ses yeux.

Selon le « droit positif bozizéen » applicable à la bozizie, le délit communément appelé « diffamation ou outrage » se lit  « le délit d’orgueil », terme très prisé de Firmin FINDIRO pour justifier les arrestations arbitraires. Toujours, dans le « droit positif bozizeén »,  le délai de garde à vue est illimité au lieu  de 24 heures ou au plus de 48 heures dans le « droit positif centrafricain »; la présomption d’innocence l’exception; la charge de la preuve revient à l’accusé ; l’inculpation d’office devient un mode opératoire et la recherche de la preuve intervient après.

C’est en vertu du « droit positif bozizéen » que Jean Jacques DEMAFOUTH a été gardé à vue pendant un mois et inculpé sans éléments probants ou que Mme BALEMBY est maintenue en prison des femmes de Bimbo nonobstant l’ordonnance de mise en liberté  prise par un magistrat attitré de la chambre d’accusation de la Cour d’Appel. C’est au nom de ce même droit que les rejetons BOZIZE rackettent comme des voyous, les Centrafricains. La Section de Recherche et Investigation (SRI) la police politique, devient une machine de prédation et de répression.  Les détentions arbitraires de simples citoyens pour leur extorquer de l’argent sont monnaie courante. Aucun président centrafricain n’a jamais auparavant, exposé autant sa progéniture.

Peut-être ignore-t-il encore que la justice est un pouvoir qu’aucun être humain n’a jamais réussi à contrôler ?  La justice est au-dessus de tous, quel que soit son rang social.  La justice est patiente mais aveugle.  Sans doute l’apprendra-t-il un jour !  On dit que la justice est comme l’eau, même si on veut la retenir, elle vous coule entre les doigts.

Il doit aussi savoir qu’un pays est paisible et prospère que lorsque son système de justice est fort, indépendant et efficace.  Une justice indépendante encourage des personnes intègres à respecter la loi  et même des gens qui ont des démêlés avec cette même justice de faire entendre leur voix.  Si le simple citoyen n’a pas confiance en la justice de son pays, il se fera justice lui-même, ce qu’on appelle « justice populaire ».

En novembre 2011, un élément de la garde présidentielle était intervenu pour s’interposer entre deux bagarreurs. Il s’est servi de son ceinturon et a touché l’un des deux bagarreurs à la nuque et il a succombé à la suite de sa blessure. La population en colère, excédée par les exactions de cette unité, a réagi immédiatement. Le soldat a été lynché sur le champ avec des jets de pierre. Les locaux abritant les éléments de la Garde présidentielle ont été saccagés et incendiés. 

En décembre 2011, suite à un accident mortel à Bégoua où une voiture appartenant à un membre du gouvernement avait  heurté un conducteur de taxi moto, une partie de la population, dont les membres de la famille du défunt, avait manifesté avec l’intention d’incendier le véhicule. Finalement, ce sont les pneus qui seront détruits. Il y a bien d’autres cas encore.

L’existence dans un Etat d’une institution judiciaire constituée de magistrats indépendants, jugeant selon les lois, est un signe clair de bonne santé sociale mais en Centrafrique aujourd’hui sous BOZIZE, la justice réellement indépendante n’existe pas. Bien d’autres avant lui ont essayé de museler la justice, où sont-ils maintenant?    

François BOZIZE YANGOUVOUNDA, INTENDANT GENERAL DE SON ETAT

Il s’est occupé personnellement depuis 2004 des recouvrements des recettes et des arbitrages des dépenses de fonds publics de la Centrafrique ; du jamais vu dans la sous-région voire dans le monde. Il cumule cette fonction avec celle de la défense. Cette situation qui est loin d’être exceptionnelle perdure depuis 8 ans et place la Centrafrique dans la catégorie des pays fragiles et faillis. Comme aide de camp de Bokassa, il a compris que les fonctionnaires sont à l’origine de la chute du régime de son ex-patron.  Sans hésiter, il a établi l’équation que longévité au pouvoir = paiements de salaires de fonctionnaires. Une obsession : veiller personnellement aux paiements réguliers des salaires des fonctionnaires au point de vider le Trésor Public et de solliciter dangereusement les banques de la place. Une décision louable ! Mais seulement, les pratiques mafieuses et la corruption généralisée dans les régies financières rend difficile la tâche de mobilisation importante des ressources internes.

Il ne comprend pas que les concours financiers extérieurs destinés à assainir l’économie permettront de  créer les conditions favorables à l’investissement  afin d’élargir la base fiscale des recettes de l’Etat. Mais hélas une partie de ces aides passe à la trappe des salaires si elles ne sont pas purement et simplement détournées. Les caisses de l’Etat sont vides et le pays continue son plongeon dans le chaos économique, financier et politique. Suite à des sorties de sommes « inimaginables » et non justifiées, les donateurs floués, ont coupé temporairement les robinets financiers. Aujourd’hui, les banques locales ne font plus confiance à l’Etat Centrafricain.  Elles sont censées financer  aussi l’économie nationale  mais l’Etat devient leur gros client avec un compte délinquant d’au moins 15 milliards de FCFA, sans compter les intérêts.

Les anciens combattants s’en mêlent, eux aussi, et exigent le paiement de leurs  pensions à coup de manifestations. Il les envoie au diable. Pourtant le paiement des retraites fait partie des dépenses obligatoires.

 

François BOZIZE YANGOUVOUNDA GERANT PRINCIPAL  DES ENTREPRISES ET OFFICES PUBLICS

 

Il est devenu le gérant principal de toutes les entités publiques de la Centrafrique suite à sa décision de dissoudre leur conseil d’administration. Il a crée un conseil d’administration central de toutes ces entités qu’il a logé au sein de la Présidence et qu’il dirige lui-même avec des personnalités connues pour leur dévouement qu’il peut contrôler au quotidien. Ce comité est chargé de mener toutes les opérations de caisse avec l’aide des forces de l’ordre et de faire les arbitrages de dépenses en fonction des programmes d’emploi. Mais c’est lui qui tranche en dernier ressort.  Mais pourquoi avoir pris cette décision qui semble dénué de tout bon sens ?      

 Combien de sociétés ont-elles  été auditées ? Avant de décider de la dissolution des entités, les institutions de contrôle telles que la Cour des comptes, l’inspection générale d’Etat ou l’Inspection des finances ont-elles effectué des contrôles ? Sur quelle base, le Porte-parole du gouvernement a-t-il déclaré que toutes les entités publiques sont en faillite ?

 Le but inavoué de cette opération est d’avoir les moyens pour augmenter la marge de manœuvre financière de l’Etat mise à mal par le retrait des financements extérieurs et la faible mobilisation des ressources nationales.

 Autre motif caché de  cette opération, c’est de confisquer les ressources des entreprises, sociétés et offices publics qui constituent habituellement des vaches à lait aux chefs de département qui se sont rapidement enrichis. Il faut noter aussi que les ¾ des ressources sont allouées au fonctionnement au détriment des investissements.  Ce n’est pas étonnant que le banguissois n’a pas d’électricité ni d’eau potable. Les dirigeants de certaines de ces entités publiques roulent dans des véhicules de luxe et mènent grand train de vie princier. A titre d’exemple, l’ENERCA a acheté des véhicules de luxe pour plus de 400 millions de F CFA sur les 7 milliards de F CFA de créances de l’Etat rétrocédées à la dite société. Il est bien au courant de ces gabegies et y mettre fin n’est pas le but recherché pour ne pas mécontenter ses  parents qui dirigent la plus part de ces sociétés. L’ENERCA, l’ORCCPA, l’ICRA, l’ANDE, la SODECA, la Mairie de Bangui … ne sont dirigés que par des gbayas de Benzambé, de Soungbé, de l’Ouham Bac ou de Bossangoa centre. Par exemple, le cas flagrant de l’ENERCA où le Directeur Général, M. Samuel TOZOUI, gbaya lui aussi, est gravement malade et se trouve en France depuis plus de deux ans en soins médicaux. Son intérim est assuré pendant toute cette période et jusqu’à ce jour par une incompétente directrice commerciale, Mme Elisabeth KOFIO, elle-aussi gbaya.

Avec un peu de bon sens, il devrait commencer par l’audit de ces entités publiques.  Ensuite, il devrait, le cas échéant limoger et arrêter les dirigeants pour fait de prédation ou détournements présumés, suivis de procès. Les ministres Fidèle NGOUANDJIKA ou Thierry MALEYOMBO qui ont maille à partir avec la justice, ne devraient pas être en liberté pour narguer les Centrafricains comme ils le font.

Enfin, il devrait procéder à la nomination de nouveaux dirigeants pour leurs qualités professionnelles et non pour leur fidélité politique ou leur appartenance ethnique. Son esprit de prédateur lui dicte de protéger les criminels plutôt que de les sanctionner. Une décision bien calculée, car le dragon ne peut pas écraser le petit serpent local qui fait sa force.  Ces criminels se sentent désormais redevables au prédateur d’une part.  Pourquoi le rapport GARAMA, d’audit et de réforme  sur l’ENERCA n’a pas été publié ? Pourquoi l’audit sur la gestion des Postes et Télécommunication n’a pas été suivi d’effet ? Et que dire de celui sur la gestion de la CEMI par le vrai faux pasteur Joseph BINGUIMALE ?

Peu lui importe si les hôpitaux manquent de médicaments, d’oxygène ; si les routes deviennent des tombeaux ouverts. Tant pis pour tous les autres Centrafricains ; tant pis pour les partenaires extérieurs qui subventionnent ces entités en faillite et qui ne comprennent pas où vont leurs contributions ; tant pis pour les hôtels qui manquent de papier hygiénique et autres produits d’entretien. Il n’y a qu’en Centrafrique où le génie de président cherche à exécuter des tâches subalternes pendant que partout ailleurs, les présidents en ont plein les bras et délèguent des responsabilités à leurs collaborateurs.  Quand va-t-il penser à créer des richesses pour notre pays au lieu de perdre ton temps à mal gérer les maigres ressources existantes ?   

BOZIZE a réussi à rendre le fonctionnement de tout un pays comparable à la celui d’un quartier populaire où il en est le chef.  La Centrafrique navigue aujourd’hui dans le brouillard total.

 

François BOZIZE YANGOUVOUNDA, Docteur Honoris Causa de l’Université de Bangui

 

Il s’est vu décerner le titre de Docteur Honoris causa pour semble t-il « ses multiples actions en faveur de l’Université de Bangui ». Lui qui a déclaré n’avoir jamais mis  pied à l’université ni ses enfants.  

Or la distinction de docteur honoris causa est décernée en général  à  une haute personnalité pour saluer le parcours exceptionnel,  intellectuel, politique ou philanthropique. Après des études sanctionnées par un doctorat en Maths,  Maître ABDOULAYE WADE a reçu cette distinction de l’Université de Montpellier I en mars 2009 ; de l’Université d’Auvergne en Octobre 2002 et de  l’Université de Rabat en juin 2011, des universités  étrangères.

L’obtention du diplôme de doctorat proprement dit nécessite des années de durs labeurs et d’immenses sacrifices. Et, si vous assistez à la remise en bonne et due forme, d’un diplôme de doctorat, vous voyez tout de suite l’émotion qui s’y dégage.  Certains récipiendaires émus vont jusqu'à verser des larmes pour le prix payé  pour une couronne qui n’a pas d’équivalent sur terre.  C’est pour cette raison que la carte de visite  d’une personne qui a fini un doctorat porte toujours le titre suivi du prénom et nom de la personne.  Comme exemple : Docteur, Moléngue ti Kodoro…, . On sait tout de suite à qui on a affaire et on ne peut que lui vouer du respect.

Pourquoi le Ministre de l’Enseignement supérieur et la Rectrice de l’Université de Bangui  ont-ils décerné cette distinction à BOZIZE ? Est-ce qu’ils sont  en quête de promotion ou l’ont-ils fait par coterie partisane ?

BOZIZEn’aime pas les intellectuels et surtout leurs discours qu’il juge creux. Rappelons-nous de  ses discours aux magistrats en grève en 2008 ou encore ceux adressés aux enseignants de l’Université de Bangui en grève en où il avouait n’avoir jamais pied à l’Université ? L’Université de Bangui compte aujourd’hui plus de 10 000 étudiants pour des infrastructures délabrées et inadaptées qui contiennent à peine 1000 étudiants.  Elle a son propre orchestre, mais pas de centres de recherches ni de bibliothèque qui n’existe que de nom.  L’Université vient d’être dotée d’un amphithéâtre de 1000 places baptisé « amphithéâtre YANGOUVOUNDA BOZIZE » qui ressemble à s’y méprendre à une église.  Alors que la norme élémentaire et incontournable d’un amphithéâtre est de ressembler à une estrade, comme les tribunes d’un stade de foot-ball.

Aussi, à l’Université de Bangui, l’obtention des diplômes ne répond plus aux normes académiques mais à certains critères de sélection dictés par le pouvoir et dont l’étude et l’assiduité aux cours en sont exclues.  Les Ministres et certains fonctionnaires de l’Etat achètent les diplômes comme de petits pains.   Des ministres en ont même profité pour devenir maîtrisards en un temps record, à l’instar de l’actuel ministre de la Santé,  Jean-Michel MANDABA.

Quand posera-t-il la première pierre pour la construction d’une nouvelle université promise et annoncée tambour battant pendant la campagne électorale de 2005 ?

Son attitude ressemble étrangement à celui d’une fin de règne.  Reste à savoir s’il fera une sortie en beauté ou pas.  BOKASSA a passé 14 ans au pouvoir avant d’être remercié par la France.  KOLINGBA est resté 12 années au pouvoir, il est parti contre son gré.  PATASSE a passé 10 années au pouvoir. Il sait mieux que quiconque, comment il l’a fait partir. 

A la lumière de ce qui se passe à Bangui, la loi de la gravité politique en Centrafrique converge vers dix ans en moyenne.  Il vient de passer 9 années au pouvoir.  Sans doute a t-il raison d’être paranoïaque ?  

Feu Félix Houphouët-Boigny aimait à dire qu’il y a trois sortes de folie : la première, lorsqu’on a rien au départ et que l’on gagne tout ; la seconde est lorsqu’on perd tout pour se retrouver avec rien et la dernière est la vraie folie.  Par la quelle BOZIZE est-il atteint ?  Difficile à dire pour le moment.  Peut-être qu’un avenir proche nous le dira.

Jean-Claude GBAGUENE                                    

 

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 23:05

 

 

 

 

A Poussou

 

 

Mon fils Josué, ne sois point impérieux et fantasque

Après le violent séisme électoral qui a dévasté l’échiquier politique national il y a un peu plus d’un an avec l’instauration d’un système monopartite et la régression des acquis démocratiques obtenus de hautes luttes, bien malin est celui qui pouvait s’en douter que les « mercenaires de l’intelligentsia » de notre pays, dont l’expertise se confond allégrement avec leurs haïssables intentions mercantiles, allaient ainsi,  par cynisme ou par simple calcul politicien de courte vue, s’amuser avec le destin commun de tout un peuple, concevant, argumentant et défendant des stratagèmes qui pourraient leurs garantir une longue carrière ministérielle.

Dans cette circonstance somme toute inquiétante, comment s’abstenir de reprendre à notre compte l’expression de Jean-Baptiste Placca qui disait naguère dans l’une de ses chroniques sur la Guinée du folklorique capitaine Dadis Camara que dans un environnement africain où les éléments brillants ont du mal à faire reconnaître leur talent, certains « intellectuels » cèdent facilement à la tentation de la servilité et du zèle, dès lors qu’ils accèdent à la « mangeoire ».

C’est en tout cas la nette impression que nous eûmes après la lecture des « mises au point du Ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation à la suite de la déclaration du FARE-2011 du 3 mars 2012 ».

Disons-le d'entrée de jeu: autant ladite déclaration du FARE-2011 paraissait aussi inopportune qu’incohérente (on ne peut reprendre d’une main ce que l’on conteste de l’autre. Le FARE-2011 ne reconnaissant nullement la légalité encore moins la légitimité du régime de Bangui, serait conséquent avec lui-même en s’abstenant de s’acoquiner avec les représentants dudit régime au sein des ateliers fussent-ils de Concertation), autant la sortie du Ministère est fondée sur une construction aussi mouvante que bancale. Et nous le démontrerons.

Les illusions du Ministère sont loin de la réalité.

Même si, on l’a compris, il est souvent moins aisé d’évoquer en public les tares d’une personne que l’on connaît et que l’on apprécie (devrions-nous dire appréciait), les tristes réalités de notre pays nous incitent plutôt à prévenir les auteurs du projet du nouveau Code électoral que l’architecture d’un travail qui se veut sérieux doit se situer dans la temporalité. Il nous appartient donc de leurs rappeler que tout problème humain, toute question humaine, demande à être considéré à partir du temps et que l’idéal étant que toujours le présent serve à construire l’avenir.

Or, l’avenir de notre pays, dans le contexte africain actuel, n’est pas des plus reluisants par la faute de certains citoyens qui ont fait des études, qui ont une capacité d’analyse et voire même du talent, qu’ils préfèrent déployer au service des pires causes, au nom d’inavouables convictions.

C’est en cela que le projet du nouveau Code électoral actuellement sur le bureau de l’Assemblée nationale mono-colore est, à notre humble avis, dangereux. Il porte les germes d’une prochaine instabilité institutionnelle chronique. Les auteurs n’ont peut-être pas conscience de l’ambiguïté et de la dangerosité de ce texte, et c’est peut-être là que se situe le véritable danger. Mais nous avons le droit, devrions-nous dire le devoir, de nous déclarer, sans dogmatisme ni esprit partisan, insatisfait  de ce travail.

Nous allons donc montrer aux auteurs de ce nouveau Code électoral en quoi nous nous écartons des arguments qu’ils développent. Car, nous pensons pour notre part que ces propositions, pour inacceptables qu’elles puissent paraître, ne sauraient être écartées d’emblée sans qu’il y ait eu un échange républicain autour : argument contre argent.      

Quand nous lisons que le « FARE soutient que l’élection des députés à un tour est une grave atteinte à la gouvernance démocratique. Si cela était vrai des pays fondateurs de la Démocratie tels que le Royaume Uni, les USA, la RFA, n’auraient pas fait élire leurs députés à un seul tour », nous sentons le sol se dérober sous nos pieds. Comparer les peuples Anglais, Américain, Allemand au malheureux peuple centrafricain n’est ni juste ni raisonnable.

Car, tandis que l’Américain ou l’Anglais pense Nation, Destin commun, le Centrafricain, lui, faute d’avoir su construire une conscience collective, raisonne en terme de clans familiaux, d’ethnie et que savons-nous encore. La parfaite illustration, même si c’est devenu un lieu commun que de le dire, est la texture de l’actuelle Assemblée nationale presque exclusivement composée de membres d’une même famille qui donnent l’impression de considérer le pays comme une entreprise familiale. C’est aussi vrai dans les autres lieux du pouvoir. 

Alors que la majorité des Centrafricains semble méconnaitre les enjeux du jeu électoral et s’enferme souvent dans des considérations ethniques ou claniques, les peuples précités ont, eux, compris, grâce à leur niveau d’instruction, le pouvoir que représentent leurs bulletins de vote. À côté de ça, nous avons moins de vingt Centrafricains sur cent qui suit une scolarité normale. La faute à l'abandon par les dirigeants successifs du secteur éducatif et aux conflits armés. En témoigne le taux impressionnant d’analphabètes dans nos villes et campagnes. 

Dans le même temps que l’Allemand, grâce à son pouvoir d’achat, peut s’offrir deux repas quotidiens, se soigner, se vêtir et se loger décemment, le Centrafricain vivote avec moins d’un dollars par jour et son expérience de vie se situe parmi les moins enviables du monde, affichant un petit 42 ans au compteur. Être vieux chez nous, c'est avoir 40 ans. Rien que ça !

Il est donc effroyablement déraisonnable de comparer la République Centrafricaine à l’Allemagne, encore moins aux États unis. Mais quand on a rendu compte de cette situation, quand on l’a comprise, on ne peut faire montre de désinvolture en faisant des propositions qui seront incomprises par la majorité du peuple. Déjà qu’ils ont du mal à se retrouver dans les pléthores de candidatures on ne leur rendra pas service si on ne leurs donnait pas la possibilité d’être maîtres de leur choix dans un scrutin à deux tours.

Certains objecteront que notre pays n’a pas les moyens de se payer deux tours d’une élection législative. Cette objection prête plutôt à sourire puisque le problème n’est en rien celui de moyens mais de choix politiques. Nous répondrons à ces objecteurs qu’il n’y a qu’une seule question qui vaille : quelles institutions voulons-nous pour notre pays  et pour quel avenir ? Il est ici, comme on l’a vu, une question d’orientation, donc de volonté politique. Pourquoi pas de consensus national.   

Il nous semble d’ailleurs en effet que le Ministère de l’Administration du territoire a une conception réductrice du sens de l’Histoire ; lorsque ses fonctionnaires avancent un argument aussi saugrenu que celui qui consiste à dire que le gouvernement ferait preuve de bonne gouvernance simplement parce que des partis politiques de l’opposition sont associés à un atelier qui devrait plancher sur la modification du Code électoral et que ce ne serait pas le cas ni en 1992 ni en 1998, pensant peut-être faire plaisir à leur maître, nous disons que ces flatteries ne les valorisent le moins du monde.

Pour la simple et la bonne raison que quand on change un régime, c’est pour faire mieux que ses prédécesseurs. Ils ne peuvent décemment ignorer que les temps ont changés et que l’appréciation que l’on pourrait être amenée à faire du régime actuel ne saurait être faite à partir des grilles de lecture aussi surannées qu’inefficaces. Évaluer les errements du régime actuel à partir de ceux des précédents régimes serait renier les arguments mêmes qui étaient au fondement et qui justifiaient le coup d’État du 15 mars 2003. Voilà la triste vérité, la nôtre.

C’est pourquoi nous disons que venant de la Cour impériale de Benrego d’où il a tiré l’essentiel de son corpus idéologique et de sa conception du pouvoir, celui que l’on considère comme l’actuel président de la République ne peut avoir oublié le mépris que lui inspiraient naguère les courtisans de l’ex empereur Bokassa. Certains de ces flatteurs, davantage préoccupés par leur carrière de ministre que par la paix sociale et la cohésion nationale, font d’ailleurs partie de ceux que l’on apercevait hier se coucher à plat ventre devant un Kolingba ou un Patassé. Aujourd’hui, ils ont tourné casaque  au gré de leurs intérêts sonnants et trébuchants.  Cela, est aussi osé que détestable.  

Et Dieu dira à son fils Josué, « fortifie toi seulement et aie bon courage, en agissant fidèlement selon toute la loi que Moïses, mon serviteur, t’a prescrite ; ne te détourne ni à droite ni à gauche, afin de réussir dans tout ce que tu entreprendras »1. 

Pour notre part, nous dirions à Josué, nos plaies sont encore trop fraiches et si douloureuses que le moindre faux pas de ta part nous rappellera un de tes congénères ou coreligionnaire, c'est selon, Joseph  de son prénom, à l’origine du hold-up électoral ayant débouché sur la situation que l’on sait aujourd’hui. Même si, il est vrai, l’Histoire ne retient que rarement les noms  de présidents  de commission électorale ou de ministres de l’Administration du territoire.    

 

Adrien POUSSOU.
Journaliste à Afrique Éducation
Éditeur.

1. Livre de Josué, chapitre 1 verset 7. 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 01:13

 

 

 

Bozize-KNK.jpg

 

   

Mon président, ton génie est salutaire pour notre cher et beau pays. Dieu merci, depuis l’indépendance, soit plus de 50 ans, c’est maintenant que la Centrafrique a la chance d’avoir un dirigeant éclairé comme toi. C’est vrai mon Président, la RCA se porte  mieux depuis que tu es responsable du sort des 4 000 000 d’êtres humains de la sixième puissance économique de la CEMAC.

Mon président, le pays est de plus en plus jeune car l’espérance de vie est de 42 ans. Ton peuple euphorique ne prend qu’un repas par jour. Il se contente d’un plat sans viande avec son salaire pour lequel tu veilles personnellement au paiement régulier sans rapport avec la hausse des prix des denrées. Il est dégoûté de la viande de boeuf, son plat de prédilection alors que ton fils Francis, ministre délégué à la défense, berger et commerçant de bétail sur pied, approvisionne suffisamment les abattoirs grâce aux 5 bétaillères acquis pour 600 millions de F CFA qui t’appartiennent. Te souviens-tu, mon Président, c’est sur tes instructions que le marché à bétail a été transféré au PK 45. Les Centrafricains te foutent la paix. Ils sont allergiques à la politique et ne se plaignent même pas du manque d’eau courante ou d’électricité. L’état défectueux des routes  et les ponts qui s’écroulent n’émeuvent personne. Le bond en avant est quotidien.  

Mon président, tu es naturel et sincère mais les mauvaises langues disent que tu es vulgaire et tu te moques des bonnes manières qu’impose la fonction présidentielle. Dans ta simplicité, tu t’affranchis du protocole et de toutes politesses pour être terre à terre avec tes interlocuteurs ou tes adversaires politiques.

Mon président tu n’as pas tourné autour du pot pour mettre en  garde les « fauteurs de trouble » de les « dépecer ». Mon président, j’ai apprécié le terme « dernaillo » que tu as employé pour rappeler notre classement de 186ème sur 187 de Doing Business de la Banque Mondiale.

Mon président, tu as un goût vestimentaire raffiné. En visite officielle, tu ne portes jamais des costumes de couleur sombre (noire ou bleue nuit) mais de couleur vive (gris clair, crème ou beige). Même tes chemises ou chaussettes sont de couleurs chatoyantes.

Mon Président, tu restes le même homme en public et en privé. Mais les adversaires politiques sur internet crient que le prestige et l’autorité  du pouvoir sont en jeu.  Mon  Président, tu aimes ce que tu fais c’est pourquoi lors de ton audience avec l’émir du Qatar, tu tenais en main un dossier comme un vulgaire planton.      

Mon Président, tu es prophète chez toi. Le Ministre d’Etat à l’Enseignement Supérieur, le Recteur de l’université, ton Premier Ministre et le recteur de l’université de Bangui t’ont décerné le titre de Docteur Honoris causa, titre qui n’a jamais été attribué à une haute personnalité dans son propre pays.

Mon Président, toi tu le mérites dans ton propre pays. Sous ton impulsion, l’Université de Bangui compte aujourd’hui plus de 10 000 étudiants sans besoin de renforcer les infrastructures existantes. Grâce à toi,  elle dispose non seulement d’un orchestre mais aussi d’un amphithéâtre de 1000 places qui ressemble à s’y méprendre à une église. Elle fournit chaque année de nombreux diplômés méritants dont un de tes ministres en l’occurrence, Jean-Michel MANDABA  en est devenu « maitrisard ».

Mon Président, contrairement à tes pairs, tu n’as pas fait preuve d’ingratitude. Depuis 9 ans, tu traines après toi les mêmes : NDOUTINGAI ; NGOUANDJIKA ; GAMBI ; OUANDET…Mon Président, tu es sage, tu ne t’es pas débarrassé de Faustin Archange TOUADERA, Premier Ministre depuis  2005 ou encore des anciens comme Elie DOTE ou GAOMBALET qui trône à l’Assemblée Nationale. Le premier est ton suppléant et le second est président de l’Assemblée Nationale. Le temps te donne raison avec l’expérience malheureuse du Président Abdoulaye WADE du Sénégal qui est appelé à passer un deuxième tour  aux élections présidentielles avec un de ses anciens premiers ministres.  

Mon Président, tu as raison d’éviter de faire le vide autour de toi pour ne pas créer tes adversaires politiques de demain.

Mon Président, tu n’hésites pas à monter sur le front pour garder un œil sur les fonds publics. Ton génie a permis le redressement des finances publiques depuis 2004 où tu es l’ordonnateur principal et comptable général. Sous ta houlette, les salaires sont payés régulièrement aux fonctionnaires quitte à faire exploser la trésorerie des banques de la place. Tu es bien placé pour savoir que les problèmes d’arriérés de salaires des fonctionnaires ont été toujours à l’origine de la déstabilisation et renversements des régimes précédents. Les autres dépenses obligatoires (retraites, bourses, prisons, hôpitaux…) peuvent attendre. Les ressources propres de L’Etat peuvent se passer de concours extérieurs.

Mon Président, c’est aussi une bonne idée d’avoir un œil sur la gestion de toutes les entreprises, les offices et fonds spéciaux. Tu sais, des sommes faramineuses sont disponibles dans ses entités publiques. Ce sont des vaches à lait pour les ministres avec la complicité des présidents des conseils d’administration. Tu sais que les ministres NGOUANDJIKA, MALEYOMBO, MBAY sont des milliardaires car ils en ont bien  profité tout en pensant à toi aussi. Tous les fonds publics sont domiciliés sur le compte unique du Trésor à la Banque Centrale. Suite à des audits sectoriels, tu as constaté des cas de détournement mais ton esprit de compromis et ta fidélité t’ont amené à les protéger au lieu de les sanctionner. Cette décision d’un côté t’arrange car ça te permet d’avoir une main mise directe sur tous les fonds publics. Au fond de toi, tu sais que les membres des conseils d’administration ou les dirigeants de ces entités publiques ont tous été choisis par toi et beaucoup sont tes parents. 

Mon Président, le Centrafrique qui hier, était considéré comme un pays à problèmes, secoué par des troubles politico militaires récurrents  connaît une certaine stabilité. Des accords de cessez-le feu et des accords de paix ont été signés et bien appliqués. Grâce à toi, de multiples accords de défense pour sécuriser le régime ont été conclus  avec des pays amis : Tchad, Maroc, Chine, Angola et Afrique du Sud. La coopération militaire avec le Tchad est si agissante que les forces armées centrafricaines (FACA) sont reléguées au second plan, sous équipées et mal organisées et ce sont des soldats tchadiens qui te protègent H 24. C’est cette même armée tchadienne qui t’a aidé à disperser la « horde » de BABA LADE. La situation sécuritaire  est restaurée mais seuls des dégâts collatéraux sont à déplorer.

BABA LADE vit toujours en Centrafrique et promet vengeance. Je te fais confiance et te connaissant, tu as déjà pris les dispositions pour protéger ton peuple.

Les compliments viennent avec aisance lorsque mentir est inutile.

Un de tes compatriotes

 

Jean-Claude Gbaguéné

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 23:09

 

 

 

 

LES « 7.000 HOMMES » : « SEL » DU CENTRAFRIQUE

 

 

 

*   *   *

 

D’une manière générale, le «sel» présente un contraste avec la corruption. Il est un agent conservateur contre la corruption, pour le maintien efficace de la pureté. En outre, il a de la «saveur», et il en donne. Voyez Job 6:6. On comprend donc pourquoi, dans les directions données pour les sacrifices, il est mentionné en rapport avec l’alliance de Dieu. Toute offrande devait être « assaisonnée de sel » (Lévitique 2:13). Cela rappelait au cœur du fidèle Israélite que les sacrifices n’étaient pas une simple formalité à laquelle tout homme, pur ou impur, pouvait prendre part. Dieu, qui sonde le cœur, veut la vérité dans l’homme intérieur (Psaume 51:6). Il demande la droiture, la pureté des intentions et des affections chez tous ceux qui s’approchent de lui en vertu de cette alliance, laquelle, du côté de Dieu, ne peut jamais faire défaut.

 

 

 

Le Seigneur, dans le chap. 9 de Marc, à la fin du passage solennel qui met devant nous l’alternative entre «la vie» et les tourments de la géhenne, fait allusion, non seulement aux injonctions citées ci-dessus au sujet des sacrifices, mais aussi à «la saveur» du sel, mentionnée également dans l’Évangile de Luc, chap. 14. «Tout sacrifice», dit-il, «sera salé de sel».

 

 

 

Le mot «sacrifice» ici doit évidemment être compris dans le sens que l’apôtre lui donne dans l’épître aux Romains (chap. 12:1 ; 15:16) ; en un mot, c’est un croyant véritable, qui appartient à Dieu en vertu de la grâce dont il est l’objet, et qui doit être maintenu dans un état de pureté répondant à ses relations établies avec Dieu. C’est donc à cela que le croyant doit faire attention, veillant à ce que rien ne contrevienne à ces relations, soit par les agissements d’un cœur charnel, soit dans ses rapports avec autrui. «Ayez du sel en vous-mêmes», dit le Seigneur, «et soyez en paix entre vous».

 

 

 

Si l’on ne fait pas attention à garder une conscience sensible et délicate, le «sel» peut «perdre sa saveur». Et, dans ce cas-là, qu’est-ce qui agira sur nous pour redresser des affections déréglées, ou pour nous rendre attentifs quand nous avons manqué à nos devoirs ? Le Saint-Esprit, par le moyen de la parole de Dieu, occupe nos cœurs de Christ, et nous sommes ainsi gardés dans le jugement de nous-mêmes qui convient à un chrétien marchant dans la présence de Dieu. Mais il faut de la vigilance ; il faut du courage pour obéir ; il faut persévérer dans la prière, en attendant le retour de Christ. (Jude 20:21).

 

 

 

Dans le passage de Matthieu 5:13, le Seigneur dit que les chrétiens sont «le sel de la terre», précieux privilège, en effet, qui réveille les affections implantées dans le croyant, et les exerce en faveur d’un monde qui «gît dans le méchant». Si la patience de Dieu s’exerce constamment envers les pécheurs pendant ce jour de grâce, les chrétiens doivent comprendre leur responsabilité de «prier pour tous les hommes», afin que Dieu, dans sa bonté, suspende le jugement jusqu’à ce que les pécheurs soient convertis (1 Timothée 2:1-6).

 

Le Seigneur a trouvé un trésor dans le «champ» de ce monde, et il l’y a caché ; mais il nous dit qu’il a acheté le champ à cause du trésor (Matthieu 13:44). Il convient donc que nous soyons pénétrés de cette pensée, et que notre attitude vis-à-vis du monde soit caractérisée par la grâce du Seigneur qui est venu pour le sauver et qui, dans ce but, a sacrifié sa propre vie.

 

 

 

C’est dans ce sens que les croyants sont le « sel de la terre » et, plus particulièrement, du Centrafrique, qui nous intéresse ici, car c’est à cause d’eux que Dieu a patience envers ce pays, pécheur comme tant d’autres, et qu’il ne le détruit pas (encore, mais jusqu’à quand ?), à cause de sa corruption ayant atteint actuellement un degré trop avancé…

 

 

 

Raison de plus pour que le chrétien centrafricain veille à ce que « le sel » qu’il est ne perde pas sa saveur : la survie physique de son pays en dépend, de même que les cités de Sodome et Gomorrhe n’auraient pas été détruites si l’Éternel des cieux, selon Sa promesse à Abraham, y avait trouvé « dix justes » (Genèse 18 : 32).

 

 

 

C. MABADA-MABAYE – Pasteur

 

http://www.philadelphie-infos.net  

 

 

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 18:35

 

 

 

 

Bendounga

 

 

Bangui, le 05 mars 2012

 

A

 

Madame Sylvie PANIKA

Directrice de Radio NDEKE LUKA

Bangui.

 

Objet : - la mise à ma disposition de l’enregistrement de l’émission

              « Club de la Presse » du vendredi 02 mars 2012,

             -l’exercice de mon droit de réponse.

 

Madame la Directrice,

 

Le vendredi 02 mars 2012, lors de l’émission « Club de la Presse » de Radio NDEKE LUKA animée par Monsieur Hyppolite MARBOUA, deux des invités dans leurs élucubrations s’en sont vertement pris aux leaders de l’opposition politique et j’ai été nommément cité.

 

Par la présente, j’ai l’honneur de venir respectueusement auprès de votre haute personnalité solliciter une copie de l’enregistre de l’émission « Club de la Presse » du vendredi 02 mars 2012.

 

Comme l’exige la loi, je dois exercer mon droit de réponse et je vous prie de m’indiquer le jour et la date. 

 

Aussi, permettez-moi Madame la Directrice de vous marquer mon étonnement au sujet du refus de Radio NDEKE LUKA de convier le MDREC, un parti de l’opposition aux débats qu’elle anime sur ses ondes.

 

Je profite de cette opportunité pour vous rappeler les dispositions de l’ordonnance n° 05,007 du 02 juillet 2005, relative aux partis politiques et au statut de l’opposition en RCA.

 

Art. 35 : L’opposition politique est constituée d’un ou de plusieurs partis ou groupements politiques, distincts du parti ou de la coalition de partis qui soutient l’action du Gouvernement.

L’opposition politique concourt au débat politique et à l’alternance démocratique. 

 

Art. 36 : il est reconnu à tout parti politique le droit de l’opposition. Ce droit s’exerce aussi bien au sein qu’en dehors du parlement.

L’opposition a le droit de suivre l’action Gouvernementale et de la critiquer de façon objective et constructive.

 

Art. 37 : Les partis et groupements politiques de l’opposition participent, de plein droit, à la vie des institutions et des organes dans lesquels siègent les partis et groupements politiques.

 

Art. 38 : Nul ne peut faire l’objet d’une quelconque discrimination en raison de son appartenance à un parti ou groupement politique de l’opposition. Fin de la transcription.

 

J’ose croire que ce manquement grave à vos obligations sera corrigé dans les meilleurs délais. 

 

Veuillez agréer Madame la Directrice, l’expression de ma haute et sincère considération.

 

Large diffusion.

Le Président du MDREC

 

 

Démocrate Joseph BENDOUNGA

 

 

 

Bangui, le 06 mars 2012

 

A

 

Monsieur David GBANGA

Directeur Général de Radio Centrafrique

Bangui.

 

Objet : - la mise à ma disposition de l’enregistrement de  

              l’intervention du  Député KNK de Mbaïki,

             -l’exercice de mon droit de réponse.

 

Monsieur le Directeur Général,

 

Lors de ses élucubrations au sujet du chef rebelle BABA LADDE, un Député KNK de Mbaïki s’en est vertement pris à ma personne qu’il a nommément citée.

 

Par la présente, j’ai l’honneur de venir respectueusement auprès de votre haute personnalité solliciter une copie de l’enregistre de l’intervention du Député KNK de Mbaïki sur les ondes de Radio Centrafrique.

 

Comme l’exige la loi, je dois exercer mon droit de réponse et je vous prie de m’indiquer le jour et la date.

 

Je tiens à vous rappeler que par le passé, vous avez refusé de répondre à ma demande d’user de mon droit de réponse.

 

Cette fois-ci, je tiens à vous rappeler que vous n’êtes pas au-dessus de la loi et que tout refus de votre part vous exposera à des poursuites judiciaires.

 

Je profite également de cette opportunité pour vous rappeler les dispositions de l’ordonnance n° 05,007 du 02 juillet 2005, relative aux partis politiques et au statut de l’opposition en RCA.

 

Art. 35 : L’opposition politique est constituée d’un ou de plusieurs partis ou groupements politiques, distincts du parti ou de la coalition de partis qui soutient l’action du Gouvernement.

L’opposition politique concourt au débat politique et à l’alternance démocratique. 

 

Art. 36 : il est reconnu à tout parti politique le droit de l’opposition. Ce droit s’exerce aussi bien au sein qu’en dehors du parlement.

L’opposition a le droit de suivre l’action Gouvernementale et de la critiquer de façon objective et constructive.

 

Art. 37 : Les partis et groupements politiques de l’opposition participent, de plein droit, à la vie des institutions et des organes dans lesquels siègent les partis et groupements politiques.

 

Art. 38 : Nul ne peut faire l’objet d’une quelconque discrimination en raison de son appartenance à un parti ou groupement politique de l’opposition. Fin de la transcription.

 

J’ose croire que ce manquement grave à vos obligations sera corrigé dans les meilleurs délais. 

 

Veuillez agréer Monsieur le Directeur Général, l’expression de ma haute et sincère considération.

 

Copies : -M. le Ministre de la Communication.

             -Large diffusion.

Le Président du MDREC

 

 

Démocrate Joseph BENDOUNGA

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