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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 17:54

 

 

 

 

Djotodia et Bozizé à Lbv

 

 

http://www.blogguillaumesoro.com 30/03/2013

 

Une chronique internationale de Franklin Nyamsi

 

Professeur agrégé de philosophie, Paris, France

 

Pénible sentiment du  déjà-vu ! Quand l’histoire piétine curieusement dans un pays, il nous faut résolument débusquer l’anguille géopolitique qu’il cache sous la roche de ses événements apparemment monotones. La république centrafricaine, dont nous dépeignions il y a quelques mois la longue tragédie historique depuis la disparition de Barthélémy Boganda, vient de connaître  un nouvel épisode fidèle à sa triste renommée de pays livré au cauchemar de la désorientation du destin. Coiffeur coiffé ou arroseur arrosé, comme on le voudra, le général-président-prophète François Bozizé a pris ses jambes à son cou, vers le Cameroun,  devant l’avancée spectaculaire et paradoxale de la rébellion du Séléka le lundi 25 mars passé. Tout d’un coup, celui que semblaient résolument protéger les armées sud-africaine, tchadienne, française, camerounaise et gabonaise, sans oublier une mission onusienne entière, s’est transformé en lapin fuyard, devant des troupes étonnamment aguerries face aux siennes, dans un schéma qui reproduisait presque point pour point les conditions de sa propre prise de pouvoir en 2003, par un coup d’Etat rondement mené contre le président élu d’alors, Ange-Félix Patassé. Pourquoi reviens-je cependant sur cet épisode cauchemardesque qui est un remake de la sempiternelle torture centrafricaine ? Pour essayer de comprendre trois choses : 1) Pourquoi le succès de la rébellion du Séléka a-t-il finalement été possible alors que tout semblait en janvier 2013, militer contre sa prise effective de pouvoir à Bangui ? 2)  Que signifie en particulier le fait nouveau de l’implication sud-africaine dans le conflit centrafricain, seule force militaire à avoir tenté in extremis de sauver le pouvoir Bozizé, à des milliers de kilomètres des frontières de Prétoria et de son espace vital de prédilection ? 3) De quelles perspectives le pouvoir Séléka de Michel Am Nondokro Djotodia est-il porteur, qui compte gouverner par la césarienne permanente des ordonnances pendant les trois prochaines années ?

 

Le succès de la rébellion du Séléka : une équation à inconnues multiples

 

La situation centrafricaine donne le vertige à l’analyste. Quand la rébellion du Séléka, rassemblant des forces hétéroclites à partir du sud-Soudan, a pointé son nez aux portes de Bangui en janvier 2013, tout a conspiré contre elle : la préservation de l’ordre constitutionnel, la sécurité des ressortissants étrangers, la priorité au dialogue, le désir des régimes voisins d’Afrique centrale de ne pas voir s’exporter la jurisprudence des coups d’Etats dans la sous-région, les réactions diplomatiques fermes de l’Union Africaine et des autres institutions internationales, mais aussi le peu d’engouement de la société civile centrafricaine pour un nouveau coup de force, ont semblé avoir raison de l’alliance hétéroclite qui ne jurait que par la chute du François Bozizé. Pourtant, en cette fin de mois de mars 2013, les mêmes facteurs semblent soudain avoir été interprétés en sens contraire. Pourquoi donc ?   Nous avancerons ici quelques hypothèses pour éclairer une équation politique dont les inconnues abondent encore.  Un temps d’acclimatation de la rébellion du Séléka aux exigences des protagonistes de la scène centrafricaine a manifestement eu lieu.

 

Il semble manifestement qu’on ait soudain compris que les constitutions centrafricaines ne valent que ce que vaut la superficialité du processus démocratique et des efforts de modernisation socioéconomique entrepris dans ce pays. Il semble que tout d’un coup, les protagonistes nationaux et internationaux du conflit centrafricain aient saisi l’inanité d’un dialogue entre factions déterminées davantage par le contrôle des zones d’extraction des richesses centrafricaines, que par une vision sereine et consensuelle de l’intérêt général. Il semble que les régimes voisins du Centrafrique, las de porter à bout de bras un régime qui de toute façon ne leur laissait entrevoir aucune période d’accalmie, se soient finalement rangés à la loi du plus fort, considérée comme la norme politique systématique du Centrafrique. Il semble, dis-je qu’on ait résolument convenu, dans les organisations internationales et sous-régionales, comme dans les officines de l’Elysée, de Washington ou de Pékin, que la démocratie est un luxe pour les Centrafricains, et que ce dont ils ont le plus besoin, c’est d’un régime politique fort, et d’un nouvel homme fort à sa tête, en raison de la friabilité des frontières du pays et de l’importance des matières premières stratégiques dont il recèle. Business over all. Comment comprendre autrement la résignation de la société civile centrafricaine elle-même, et notamment des partis politiques, qui semblent manifestement s’être quasiment tous alignés sur cette sorte de Realpolitik du rapport de forces à la centrafricaine ? Creusons davantage cette veine de l’intérêt immédiat : elle conduit à l’énigme sud-africaine.

 

Le fiasco Sud-Africain à Bangui : une énigme intéressante

 

Peut-être que la clé de toute cette affaire se trouve dans deux erreurs tactiques commises par le satrape Bozizé en plus de son incapacité congénitale à se convertir au style politique démocratique : alors que le Centrafrique est depuis son indépendance un partenaire économique privilégié de la France, son ex-puissance coloniale, François Bozizé, qui doit à l’indulgence française sa prise de pouvoir contre le régime de Patassé en 2003, a semblé oublier ingratement de saluer la mamelle qui l’a si longtemps nourri quand il a résolument ouvert les carnets de commande du pays aux Chinois et aux Sud-Africains. Après tout, nous dira-t-on, n’était-ce pas son droit indiscutable, de diversifier les relations économiques de son pays, pour lui donner le maximum de chances de se développer grâce au libre jeu de la concurrence mondialisée ? Bozizé, en tentant d’offrir à la Chine et à l’Afrique du Sud un rang respectable parmi les partenaires économiques du Centrafrique, ne s’engageait-il pas dans le sillage héroïque du nationalisme africain, rachetant ainsi son passif de satrape néocolonial ? Tout emballement dans ce  genre d’interprétation relèverait des impasses de l’anticolonialisme dogmatique. Il ne suffit pas, nous le verrons vite, de commercer avec les Chinois et les Sud-Africains, pour être l’avocat attitré de son propre peuple, défenseur de l’intérêt général de son pays. Pour ce qui est de la Chine, on sait que derrière sa propagande clamant une coopération décomplexée et sans paternalisme avec les Africains, se cache une boulimie énorme de matières premières stratégiques et d’espaces vitaux, qui ne tardera pas à se révéler comme une poussée impériale amorale.

 

Le général-président-prophète Bozizé ne rendait donc pas plus service aux Centrafricains en restant prisonnier de la Françafrique qu’en se livrant à la coopération amorale avec la Chine. Quant aux consortiums Sud-Africains, dominés par l’ancien imperium Afrikaner qui se projette dans toute l’Afrique avec pour seule ambition d’accumuler des fortunes colossales au mépris de la démocratie, des exigences écologiques et de l’intégration africaine, il est évident que leur marchandage avec Bozizé ne visait en aucune façon le plein épanouissement des Centrafricains. Pourtant, c’est bien l’Afrique du Sud de Jacob Zuma qui a donné de son sang dans le dernier baroud d’honneur du régime Bozizé. Près de quarante soldats Sud-Africains auront donc laissé leurs vies à Bangui, pour la défense du capitalisme de Pretoria. On découvre au fond en Centrafrique, comme en République démocratique du Congo et ailleurs, la nature exacte du colonialisme intérieur Sud-Africain en émergence, qui n’est pas préférable - rappelons-le aux esprits retors - au colonialisme français ou à l’impérialisme africain. N’est-ce pas au fond, cette double intrusion Sud-Africaine et Chinoise dans l’ex-pré-carré français qui a expliqué l’indifférence des troupes camerounaise, gabonaise, tchadienne et française lors de la dernière estocade portée par la Séléka au régime Bozizé ?  En plus du rejet et de l’indifférence des Centrafricains de longue date à son sort, le régime Bozizé aura sans doute joué dans cette affaire ses cartes géostratégiques les plus médiocres. Est-ce pour autant que ce pays est sorti de l’auberge espagnole  du désespoir où son histoire l’enferme depuis 1960 ?

 

Séléka, la panacée ou la poursuite du cauchemar centrafricain ?

 

Il est sans doute trop tôt pour anticiper sur l’avenir des relations entre Séléka et le peuple centrafricain. Le moins que l’on puisse dire est toutefois qu’elles n’ont pas commencé par une lune de miel. La prise de Bangui en ce mois de mars 2013 s’est accompagnée de nombreux pillages, de bavures et de privations de commodités de vie, qui ne sont pas de nature à enchanter les populations d’un pays déjà martyrisé par la pauvreté, la violence, le chômage et l’incertitude chroniques. Qui plus est, la relation intime de Séléka avec les armées d’occupation et les milices venues notamment du Tchad et du Sud-Soudan est loin de lui accorder l’odeur de sainteté qu’elle pourrait revendiquer. Enfin, le jeu de la Séléka avec la puissance française, le régime tchadien et le régime sud-soudanais, est loin d’être clarifié. Tout se passe comme si la rébellion avait, en sous-main, bénéficié du quitus de ces acteurs, comme le montre l’étrange coopération des troupes internationales avec les nouveaux maîtres de Bangui ces dernières heures, dans la sécurisation de la capitale notamment.

 

Le plus inquiétant de la situation présente demeure toutefois l’attitude du nouveau régime envers la quête centrafricaine de démocratie. Certes, respectant les Accords de Libreville qui nommaient le Premier Ministre Nicolas Tiangaye à la tête du gouvernement, Michel Am Nondokro Djotodia et les autres coalisés du Séléka ont voulu donner un signal fort de leur volonté de coopérer en intelligence avec toutes les forces vives du pays. En appelant par ailleurs tous les chefs de l’armée régulière centrafricaine à reprendre le service pour l’intérêt supérieur du pays, Djotodia semble donner un gage de plus de sa volonté de faire l’avenir avec toutes les forces vives du pays. Mais comment concilier cette main tendue avec la décision prise par le chef de Séléka de gouverner le pays par ordonnances pendant les trois prochaines années ? N’est-ce pas derrière les ordonnances que se cache tout l’art des satrapies africaines ? Un tel décisionnisme politique, cette sorte de césarisme à outrance qui s’annonce à Bangui, pourra-t-il s’abriter des tentations de l’autoritarisme, voire des dérives dictatoriales dommageables pour l’Etat de droit, les libertés fondamentales et les droits humains compris ? Je ne me prêterai ici à aucune divination. L’Histoire est le tribunal ultime des promesses politiques. On ne peut que souhaiter, à ce stade de l’analyse de la longue tragédie centrafricaine, qu’un sursaut éthique s’empare enfin de l’ensemble des forces politiques centrafricaines, afin que la transition qui commence soit résolument celle du commencement d’une histoire résolument Autre : celle de la modernisation socioéconomique et politique réelle du Centrafrique. On ne regrettera sans doute pas Bozizé. Mais on serait bien imprudent  de voir en Djotodia, le Saint-Michel qui sauvera le Centrafrique.

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 17:30

 

 

 

Bangui crise

 

Delaware, 30 mars 2013

 

Présidence de la transition en Rép Centrafricaine,

Monsieur le Premier Ministre de la transition,

Partis politiques,

Sociétés civiles,


Le Président Centrafricain issu des élections en 2016

 

Prenant acte de la situation qui prévaut en Rép Centrafricaine et en se basant sur certains failles avérés dans la gestion de la chose publique par vos prédécesseurs occasionnant des frustrations d'une frange de nos concitoyens, j'ai jugé utile de faire un ensemble de propositions tant bien que modestes mais susceptibles de vous orienter dans la réalisation de la tâche ardue qui vous attend dans la reconstruction d'une République unie, solidaire dans la paix et la cohésion sociable.

 

J'ai donc l'honneur de vous soumettre quelques recommandations que voici:

La mise sur rail de la Ligue Centrafricaine des droits de l'Homme (LCDH), institution indépendante de tout pouvoir, dotée d'une liberté de parole dans la défense des Droits Humains;

La nomination aux hautes fonctions de l'Etat (Diplomates, Ministres, Directeurs Généraux, Préfets...) dans le respect d'un principe d'égalité entre régions de la Rep Centrafricaine ;

Le bannissement de certaines émissions qui prônent le culte de personnalité, à la radio et à la télévision et l'instauration des émissions sensibilisant le public à l’intérêt général, la démocratie, donnant la parole aux citoyens (micro- trottoir) capables de s'exprimer sur certaines questions touchant la société et en toute liberté

L'accès libre aux médias par les partis politiques, la liberté de manifester, de se rassembler, ainsi que la liberté d'expression reconnue aux Journalistes formés à cet effet.

La déclaration de patrimoines du président, des Ministres, et autres hautes personnalités de l'Etat (impôts, douanes..)avant toute accession aux postes à responsabilité.

L'instauration d'une Commission  Mixte (Finances, commerce, Douanes, La police, Justice) de Lutte contre la Corruption, efficace et dotée de moyens matériels et financiers, d'indépendance.

L'instauration d'une Haute Cours de Justice, d'un pôle financier et la formation des juges anti corruptions dotés de moyens suffisants (protections, financiers, matériel)et indépendants dans leur mission.

L'instauration au niveau des classes de Terminal toute série confondue des cours sur LA DEMOCRATIE-BONNE GOUVERNANCE ET DROITS DE L'HOMME (incluant les notions de la gestion de la chose publique, l’intérêt général, le principe d'égalité de tous devant les services publics...) et bien entendu la formation des formateurs devant être assurée dans ce sens par des institutions reconnues fiables et le squelette du cours ébauché par des experts.

L'éventualité d'un accord de partenariat entre les autorités centrafricaines et les institutions partenaires (ONU, CEEAC, PNUD...) pour la formation des cadres et membres des partis politiques dans le domaine DROITS DE L'HOMME-DEMOCRATIE (IDEES POLITIQUES) ET BONNE GOUVERNANCE assortie de la délivrance d'un certificat à l'issu de la formation.

La subordination de la reconnaissance officielle d'un nouveau parti politique aux conditions d'obtention de l'adhésion d'au moins cent (100) adhérents et sur présentation d'un certificat de formation à la DEMOCRATIE- DROITS DE L'HOMME ET BONNE GOUVERNANCE délivré par une institution reconnue à cet effet ;

La Création de MAISONS DE LA JUSTICE ET DE LA CULTURE dans les principales villes et quartiers du Bangui afin de sensibiliser les citoyens à leurs droits, à la culture, la démocratie et aux débats citoyens. Bien évidemment en utilisant des moyens appropriés ( documentaires et reportages vidéos et autres outils de sensibilisation). La formation assurée des formateurs, accompagnateurs et assistants sociaux à cet effet.

La création d'une ONG para-étatique à Bangui et des bureaux dans la sous-région spécialisée dans LA FORMATION A LA CREATION D'ENTREPRISE suivi d'un accompagnement personnalisé à la création d'entreprise . Formation accessible gratuitement à ceux(Vieux et Jeunes) souhaitant se mettre à leur compte. L'ONG devant être dotée d'une indépendance dans la gestion de cette formation;

La création d'une commission indépendante (regroupant société civile, représentant de régions et collectivités territoriales, ministères de la défense, Ministre de la sécurité publique) chargée des recrutements dans l'armée, la police, la douane en respectant un principe d'égalité de toutes les régions ; L'accent mis sur des séances de formation de nos soldats, douaniers, fiscs aux principes de droits humains, de la justice pour tous, le respect des institutions de la République, l'intérêt général.

La mise à disposition des centrafricains, dans le plus bref délai, par le pouvoir de transition, en l'absence d'acte fondateur (la constitution), d'une charte de BONNE GOUVERNANCE DANS LA JUSTICE ET L'EQUITE impliquant l'indépendance de la justice, la fin de l'impunité des forfaits commis par les membres de la famille du président, de sa garde rapprochée, des proches des membres du gouvernement , la transparence dans la gestion de la chose publique, le respect, la liberté et l'égalité de tous les centrafricains durant la période de transition.

 

Il s'est avéré que les hommes politique centrafricains et les différentes insurrections armées par divers procédés utilisés jusqu'alors pour arriver au pouvoir ne sont pas arrivés à sortir les Centrafricains et Centrafricaines de la situation désastreuse dans laquelle se trouve leur pays ; et ce, depuis le lendemain des indépendances. Il est donc temps que ces deux institutions (l'armée et les partis politiques) fassent des concessions pour sortir la Rép Centrafricaine de cette situation désastreuse. LE MOMENT EST VENU DE LES FAIRE

 

 

SILAKORO Jerry Aymeric

Etat du Delaware (USA)

+1 302-478-7410

 

 

 

Ampliation :

CEEAC

Président de la transition

Premier Ministre de la transition

Partis d'opposition Centrafricains

ONU

UA

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 18:47

 

 

 

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Par Marie-Reine HASSEN, ancien ministre

 

Le Président BOZIZE a été renversé par les rebelles de la coalition Séléka dont vous êtes le chef. L’entêtement de l’ancien Président était devenu un grave danger pour la République centrafricaine et pour la sous-région. Le départ du pouvoir de François Bozizé était donc devenu un impératif incontournable pour amorcer un véritable changement de la gouvernance en RCA.

Vous vous êtes posé comme le nouvel homme fort de la République Centrafricaine. Selon vos déclarations, vous avez suspendu les institutions du pays et avez décidé de légiférer par ordonnances pendant trois ans, pensant qu’ainsi vous allez nous conduire à des élections libres, crédibles et transparentes,

L'accord de paix signé le 11 janvier 2013 à Libreville mettait en place un gouvernement d'union nationale composé du clan au pouvoir, des rebelles et de l'opposition dite démocratique, dont la principale tâche était de respecter un calendrier électoral. En ma qualité de responsable politique et ancien ministre, j’avais ouvertement dénoncé cet accord qui, de toute évidence, ne réglait pas les difficultés profondes de la République Centrafricaine. Comme tous les accords précédents, c’était un arrangement pour maintenir François Bozizé  au pouvoir, tout en  gardant l’Assemblée nationale qu’il s’est formée et acquise à sa cause. C’est le non-respect de ces accords, notamment la non-libération des opposants politiques comprenant vos partisans et la présence des forces sud-africaines dédiées à la protection du régime de François Bozizé, qui aurait poussé vos troupes à déclencher à nouveau les hostilités vendredi.

J’en conclus que juridiquement et politiquement ces accords sont caducs et ne peuvent suffire à  déterminer votre politique, puisque l’un des acteurs désigné dans l’accord, François Bozizé, ainsi que la durée et les attributions du mandat qui lui étaient reconnus, ne sont plus d’actualité aujourd’hui.

Le départ de François BOZIZE est la somme de nombreux combats menés pour la liberté par l’ensemble des centrafricains de tous bords. C’est également le combat de nombreuses institutions et organisations telles que Human Rights Watch, International Crisis Group... La somme de toutes ces revendications devait nous mener vers plus de démocratie, plus de respect du droit humain, plus de liberté dans la paix, la sécurité  l’unité nationale et le développement.  

Pour tous ces efforts et pour le peuple centrafricain meurtri, il ne sera pas supportable qu’une autre voie s’ouvre vers une dictature encore plus violente. 

Ne reproduisez pas le même schéma que celui de l’ancien régime.  Ne perpétuez pas cette sorte de jurisprudence historique douloureuse qui s’est installée depuis quelques décennies.

Ce coup d’Etat ne peut pas être validé car :

 1°) Il est condamné par l’ensemble de la Communauté Internationale

 2°) La coalition Séléka est trop disparate pour construire une politique cohérente et une vision unifiée de sortie de crise pour la RCA ;

 3°) On ne sait pas encore précisément ce que va être la réaction des militaires de métier appartenant aux Forces Armées Centrafricaines (FACA) qui n’ont pas fait alliance avec la Séléka ;

 4°) La RCA est habituée aux rébellions et il n’est pas exclu que d’autres rebellions viennent à leur tour renverser le pouvoir actuel.

Personne ne peut justifier trois années de fonctionnement en situation d’exception et en état d’urgence, et qui ne constituent nullement une gouvernance démocratique à laquelle aspirent l’ensemble des Centrafricains. Dans ces conditions, un Premier Ministre est parfaitement inutile. Sans ses Institutions solidement installées, le pays restera paralysé et personne ne pourra travailler. Aucun investisseur sérieux ne viendra en RCA si l’atmosphère n’y est pas propice. Le risque est celui d’isoler notre pays la République centrafricaine, qui ne pourra pas survivre en autarcie en tournant le dos à la légalité internationale.

Pour que votre régime naissant ne soit pas black-listé, il serait bon de faire preuve de sagesse. Les Centrafricains n’ont pas besoin de 3 ans pour remettre leur pays en ordre de fonctionnement. Dès lors qu’on a mis en place le principe ORC (la définition des orientations des politiques publiques, l’organisation des réglementations et des régulations pour le fonctionnement de l’Etat, et l’installation des organes de contrôle à tous les niveaux du pays), l’Etat met en place tous les mécanismes de bonne gestion (politique, économique, administrative, sociale).

Le problème étant la défaillance de la gouvernance démocratique, la construction d'une paix durable doit passer par les réformes nécessaires et incontournables de la gestion publique et le suivi d’un bon projet de société.

Vous seriez bien inspiré de prendre exemple sur le Président Amani Toumani Touré (*) qui en son temps a fait prévaloir la raison en conservant les Institutions et en organisant les élections au bout de six mois. Ce processus, ainsi que celui d’une grande conférence nationale, dans l'intérêt supérieur du pays, nécessite une mobilisation nationale et devra inclure tous les acteurs de la scène politique centrafricaine, y compris les représentants des syndicats et de la société civile.

Je vous demande de trouver rapidement une solution pacifique qui permettra le rétablissement de l'ordre public, l’accès immédiat aux besoins vitaux pour la population (soins de santé, logements, alimentation, protection et sécurité des personnes), le respect de l'Etat de droit et le retour rapide à l'ordre constitutionnel. Il faut impérativement que nos institutions fonctionnent afin de revenir sans tarder à une situation normale.

Une période de six (6) mois à un an est largement suffisante pour ramener la sécurité sur tout le territoire et organiser des élections. En attendant, chaque Centrafricain doit pouvoir s’impliquer dans le retour de l’ordre et le respect de la loi.

Il est extrêmement urgent de s'attaquer très rapidement aux racines de l'instabilité pour éviter un affrontement armé généralisé déjà prévisible. Dans mon analyse du 10 décembre 2012 publiée dans la presse locale, j’avais déjà souligné qu’un dialogue national, un de plus, n’est pas la solution de sortie de crise rapide. Seul un véritable changement de gouvernance apportera une paix durable.

Dans ces conditions, et si vous vous engagez à un agenda qui respecte le retour à la démocratie, l’implication de tous les Centrafricains à la reconstruction de notre pays, à son développement économique sur l’ensemble de notre territoire et au progrès pour tous,  je pourrais apporter ma contribution aux efforts du gouvernement.

                                                                                              Paris le 29 mars 2013

 

(*) En mars 1991, après les manifestations populaires réprimées dans le sang, Amadou Toumani Touré participe au coup d'État contre Moussa Traoré et prend la présidence du Comité de transition pour le Salut du peuple. Il assure les fonctions de chef de l’État pendant la transition démocratique. Il organise ensuite la conférence nationale (qui s’est déroulée du 29 juillet au 12 août 1991), puis des élections législatives et présidentielle en 1992. À l’issue de ces élections, il remet le pouvoir au nouveau président élu Alpha Oumar Konaré. On le surnomme alors le « soldat de la démocratie »

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 13:33

 

 

 

 

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LETTRE OUVERTE AU

 PRESIDENT DECHU DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 FRANCOIS BOZIZE

 

 

 

Monsieur le Président,

 

Au matin du dimanche 14 mars 2013, tout le peuple Centrafricain s'est réveillé avec l'annonce de votre fuite honteuse, abandonnant enfin le pouvoir que vous, vos enfants et vos complices avez exercé avec brutalité, cruauté, traitements inhumains et dégradants, corruption, détournements et pillage de notre pays. Comme quoi, il y a toujours dans la vie, quelqu'un de plus fort que soit et, personne sur cette terre ne peut s'identifier à Dieu et ne peut le braver indéfiniment en toute impunité. Dieu a finalement écouté les lamentations des plus faibles et des meurtris.

 

J'ai aussi appris que lors de votre fuite de la capitale Bangui, vous avez emprunté avec votre suite le même chemin que j'avais suivi avec ma famille lors de notre départ forcé en exil afin d'échapper à la brutalité de vos éléments de sécurité de l'époque, c'est à dire la traversée de l'Oubangui et le passage par la ville de GUEMENA en République Démocratique du Congo. Comme quoi, le bon Dieu a bien voulu vous faire vivre une fois de plus, combien cette épreuve est pénible pour tout être humain et surtout pour le DERNAYO pour qui, le pire ne fait que commencer.

 

Au lendemain de l'incendie du super marché RAYAN volontairement provoqué par son propriétaire Monsieur ALI EL AKHRAS, votre ami politique, membre du conseil des sages et financier de votre parti le KNK, vous avez ordonné le 11 juin 2010, sur les ondes de la radio et de la télévision nationales, à toutes vos forces de défense et de sécurité, de retrouver par tous les moyens à leurs dispositions, le Bâtonnier de l'ordre des avocats maître Symphorien BALEMBY et moi même, et de nous dépecer << döroko ala >> comme des bêtes de chasse. Sans aucune enquête préalable, vous avez donné cet ordre en violation de notre droit à la présomption d'innocence.

 

Votre ami ALI EL AKHRAS, ouvrier du KNK et propriétaire du super marché RAYAN, avait simplement pointé un doigt accusateur vers nous du simple fait du contentieux qui nous opposait devant les juridictions centrafricaines concernant l'acquisition frauduleuse de l'immeuble BANGUI 2000 qu'il avait réalisé, immeuble qui abritait le cabinet du Bâtonnier BALEMBY ainsi que depuis 1993, les bureaux de ma société dénommée ADMN SYSTEMS, malgré le fait que l'édifice était encore sous main de justice.

 

Pour le récompenser, vous lui avez accordé une exonération de douanes et des impôts pour une période de cinq (5) ans. Cette franchise lui permet depuis 2010 d'importer des marchandises et des équipements, non seulement pour son propre compte, mais également pour le compte des autres commerçants de son acabit et ceci, au détriment des caisses du Trésor Public Centrafricain

 

Le 10 juin 2010, vous aviez déjà ordonné l'arrestation et la séquestration de onze (11) otages: mon personnel administratif et technique, mon frère cadet, ma belle sœur, mon personnel domestique dont la femme de ménage Madame Olga DOUBIRO qui était  enceinte, et qui finalement est morte en couche le 13 août 2010, probablement suite aux mauvais traitements subis au Service des Recherches et Investigations (SRI) de la Gendarmerie qui était sous les ordres de l'un de vos redoutable fils ''PAPY BOZIZE''. L'épouse du Bâtonnier Symphorien BALEMBY ainsi que deux (2) de ses collaborateurs ont été également arrêtés ce même jour. Toutes ces personnes ont été mises en détention illégale dans les terribles geôles de votre prison spéciale, personnelle et d'exception de Bossembélé appelée par nos compatriotes ''GUATANAMO'', du fait des tortures et de traitements cruels que vous y faites subir aux détenus. On se souviendra de la mort du Feu Ministre MASSI.

 

Une année après, au début du mois de juillet 2011, l'ancien comptable de RAYAN, monsieur Charlemagne YAGUEME avait affirmé lors de son audition par la gendarmerie dans une autre affaire, qu'il était à l'origine de l'incendie du 9 juin 2010. Cette opération a été réalisée sur la demande express de son patron, votre ami l'ouvrier ALI EL AKHRAS, dans le but de détruire des pièces comptables afin d'échapper aux paiements des impôts qui se chiffraient dès lors à plusieurs milliards de francs CFA.

 

Malgré cet aveu, ni vous, ni votre ministre de la justice de l'époque Monsieur Laurent NGON BABA, ni les magistrats Firmin FEÏNDIRO, procureur de la république de l'époque, son premier substitut Arnaud Djoubaye Abazene, ni le procureur général près la cour d'appel de Bangui Modeste BRIA, ni le doyen des juges Alain TOLMO, ni Monsieur Claude Richard NGOUANDJIA du BDR qui avait la coordination de notre traque, ni le lieutenant KOSSI du SRI en charge de l'enquête, n'ont daigné prendre en compte cet aveu afin de dénouer ce dossier judiciaire. Certains magistrats du pays étaient à vos ordres, en violation du principe de séparation des pouvoirs, pourtant prescrite par la constitution du 27 novembre 2004 dont vous étiez le garant à cette époque.

 

Vos otages ont été finalement libérés le 7 août 2012 à la faveur d'un arrêt salutaire rendu courageusement par les rares juges encore intègres de la Cour de Cassation de la République Centrafricaine, en absence d'un dossier d'instruction de cette affaire et ceci après deux (2) ans de détention arbitraire en grande partie dans les terribles geôles de votre prison spéciale que vous redoutez sûrement vous-même en choisissant de prendre la fuite ce dimanche 24 mars 2013.

 

Je vous rappelle qu'à l'époque de cette saga ''Super Marché RAYAN'', j'étais le Conseiller Economique et Social élu de la préfecture de l'Ombella M'poko et aussi premier Vice Président du bureau du Conseil Economique et Social de Centrafrique. Ceci montre bien que le centrafricain lambda, du moment qu'il n'avait pas la couleur orange du KNK votre parti, ou qu'il semblait représenter un obstacle pour un de vos proches ou pour vous même, ne pouvait espérer une justice équitable.

 

Je reste persuadé que depuis votre chute du pouvoir le 24 mars 2013, votre ami, l'ouvrier ALI EL AKHRAS vous a déjà oublié comme il a rapidement oublié le Président PATASSE avec qui il était aussi en affaires, après votre coup de force du 15 mars 2003.

 

Après ces dix (10) années de cauchemars avec son cortège de misère, de terrorisme judiciaire, de corruption, de détournements et de violation des droits de l'homme que vous, votre famille, vos enfants, votre parti le KNK ainsi que vos autres complices ont fait subir au peuple centrafricain, je vous souhaite à tous, un exil court car vous devez tous rendre compte à la nation de tous vos crimes économiques et de sang commis dans notre pays. Votre nom sera inscrit en lettre de malheur dans la mémoire collective de notre peuple pour toutes les souffrances endurées sous votre régime politique.

 

Pour terminer, je souhaite à notre pays la République Centrafricaine qui vient de tourner ce dimanche 24 mars 2013 avec les nouvelles autorités, une nouvelle page de son histoire pleine d'espérance, de se mettre résolument sur la voie du développement basée sur un état véritablement de droit, garant de la justice pour tous et des droits de l'homme.

 

 

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Jean Daniel DENGOU

jddengou1@hotmail.com

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 03:08

 

 

 

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Denise Epoté le 25 mars 2013 à 14h53   Source : blogs.tv5.org

 

 

Avoir la tête sous l'eau ne justifie pas que je ne puisse pas alimenter mon blog plus régulièrement, je vous le concède. Mais à la faveur de l'actualité en République centrafricaine, je retrouve mon clavier...


L'issue de cette crise était prévisible. François Bozizé  partirait comme Ange-Félix Patassé dont il avait 


provoqué la chute dix ans plus tôt. Mais avant de le rendre responsable de tous les maux de la RCA, il faudrait se poser la question de la responsabilité de l'opposition politique dans le choix de Bozizé en 2003? Pour faire partir Patassé, l'opposition centrafricaine avait estimé que seul Bozizé, parce qu'il avait une partie de l'armée avec lui,  pouvait parvenir à chasser le fantasque Patassé. Curieux raisonnement pour des politiques  qui ont toujours clamé haut et fort qu'il fallait que la RCA en finisse avec les coups de force à répétition depuis vingt ans!


Epuisée par les frasques de Patassé, la France a laissé faire. Comme de nombreux opposants à Patassé, tous de surcroit anciens collaborateurs, François Bozizé vivait en France...

 

A Bangui, Bozizé a été accueilli en libérateur! La suite de l'histoire on la connaît. Mise à l'écart des faiseurs de roi, élections truquées en 2005 et en 2011, gestion familiale et clanique et pour couronner le tout, mépris des institutions. Le non-respect de l'accord  de Libreville n'était pas une surprise, les précédents ayant connus le même sort. Mais par solidarité, les Chefs d'état d'Afrique centrale ont voulu mettre les formes pour tenter de sauver un des leurs. Cependant tous et en particulier Idriss Deby, allié précieux depuis 2003, savait que Bozizé n'était plus l'homme de la situation.

 

Le manque d'empressement des médiateurs congolais et tchadien à envoyer un émissaire, puis de se rendre à Bangui dès les premiers disfonctionnements, est révélateur de l'intérêt qu'ils accordaient encore à ce dossier. C'est la stratégie du fruit qu'on laisse pourrir afin qu'il tombe tout seul qui a été appliquée. Mais soutenir officiellement la Seleka à Libreville, revenait à créer un précédent qui pourrait se reproduire dans leur pays respectifs...On n'est jamais trop prudent. La seule prouesse qu'auront réussie les Chefs d'état d'Afrique Centrale, c'est d'avoir réuni autour d'une table deux clans qui s'opposent depuis dix ans. Pour son exil, après l'escale à l'Est du Cameroun, Bozizé devra à terme compter sur Jacob Zuma le seul allié qui lui reste. Ses anciens pairs d'Afrique centrale ayant peu goûté la naissance du nouvel axe Bangui-Johannesbourg.

 

Un ramassis de soldats en guenilles sans vision a- t-on entendu dire à propos de la Seleka. Sans doute, car depuis deux décennies à Bangui on attend toujours l'homme providentiel qui viendra remettre de l'ordre dans ce pays où même chassé du pouvoir Bertrand Aristide n'a pas voulu résider. Peut-être trop de ressemblances avec Haïti. Malgré le potentiel, tout n'est que désolation. Résultat, le pays semble invisible sur une mappe monde. Seul le sacre de l'Empereur Bokassa 1er en 1977 aura permis au reste du monde de s'intéresser à ce pays d'un peu plus de trois millions d'habitants.

 

A propos de la Seleka, on oublie la formation reçue par la majorité de ses membres pour lutter contre le braconnage dans le nord. Une formation financée par les Etats-Unis, donc sérieuse. L'histoire nous dira un jour si en plus, la coalition a bénéficié du soutien amical de quelques pays voisins, déçus par l'attitude de François Bozizé. Il n'aura fallu à la Seleka que trois mois pour atteindre son objectif.

 

En matière de communication, la Seleka a tout sauf manqué de stratégie. Un porte-parole jeune, Eric Massi dont on peut comprendre le rapprochement avec la coalition.  Son père Charles Massi  est une des dernières victimes de la cruauté et de la barbarie du régime de François Bozizé. Il faut espérer qu'Eric Massi ne soit pas aveuglé par l'idée de venger son père. Il devra être  auprès  du nouveau maître de Bangui l'interprète de la jeunesse de RCA  qui attend que les promesses de changement se concrétisent.

 

De l'accord de Libreville, il faudra conserver toutes les dispositions à l'exception d'une. La tenue d'une élection présidentielle en 2016.  Cette dernière ne valait que pour François Bozizé car il devait demeurer Président de la République  jusqu'au terme de son second mandat. Aucune transition ne saurait durer trois ans. L'état de grâce ne dure guère.

 

Très vite le président autoproclamé Michel Djotodia devra donner des gages de sa volonté de tourner la page Bozizé en ne répétant pas les mêmes erreurs. Se laisser griser par le pouvoir...

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 01:53

 

 

 

Gabirault                       

             

DECLARATION CONCERNANT LE RENVERSEMENT DU REGIME BOZIZE

              ________________________________

 

 

Le 24 mars 2013, la coalition de la rébellion « SELEKA » a renversé le régime au pouvoir, dirigé par le général François BOZIZE.


Au-delà de tout coup d’Etat qui est toujours un recul de la démocratie, l’irréductible entêtement de l’ancien Président François BOZIZE était devenu un grave danger pour la nation centrafricaine, pour son propre régime, et pour  la stabilité de la sous-région, étant donné qu’un conflit local a toujours tendance à s’étendre en dehors des frontières nationales.


Au-delà de ce coup d’Etat, la nation centrafricaine a l’impérieux devoir de se réconcilier, de se reconstituer, de s’engager sur une nouvelle voie, sur des bases consensuelles sûres et durables.


La République centrafricaine ne doit pas sortir d’un chaos caractérisé par la période la plus sombre, la plus triste, la plus misérable, la plus humiliante de son histoire, pour s’engager immédiatement dans un autre chaos débutant par des scènes inquiétantes de pillages, d’exactions, de destruction de biens meubles et immeubles tant publics que privés.


La coalition SELEKA a certes pris les armes pour renverser l’ancien régime. Ces armes doivent désormais se taire car elles ne règleront pas à elles seules les immenses défis économiques, sociaux, humanitaires, politiques et diplomatiques du pays.


La République centrafricaine  doit au contraire se mettre sur une  bonne voie de manière consensuelle à partir d’une plus  large concertation (peu importe son appellation).


 Les Accords de Libreville ne constituent pas un cadre suffisant pour les bases véritables et durables de la reconstruction du pays. Ils ont été signés précipitamment dans un contexte donné, beaucoup plus pour permettre de préserver la paix, favoriser une transition en maintenant au pouvoir l’ancien Président BOZIZE parallèlement à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.


Ces Accords n’ont jamais été ratifiés par le parlement pour entrer réellement dans la législation centrafricaine et ne peuvent pas être une référence juridique dans un contexte nouveau, après le départ de l’un des principaux acteurs de la crise à l’origine de leur conclusion.


La coalition SELEKA désormais au pouvoir doit prendre en compte plusieurs pièges et préjugés défavorables qui sont des obstacles importants  à vaincre pour tenter d’obtenir l’adhésion de la population et créer les conditions de la cohésion nationale, de la paix, notamment :


La méfiance de la population par rapport aux mêmes conditions d’accession au pouvoir, en référence au coup d’Etat du général BOZIZE de 2003, aux pillages, exactions et à la catastrophique gestion dont les conséquences l’ont marquée dans son âme et dans sa chair ;


Les mêmes promesses du début tendant à quitter le pouvoir à la suite d’une transition, mais qui n’ont jamais été tenues, l’ancien Président BOZIZE étant sur le point de modifier la constitution pour un troisième mandat après en avoir exercé deux, malgré des engagements pris devant le monde entier ;


Les comportements inciviques, perfides consistant pour les compagnons du coup d’Etat de 2003 à se placer au-dessus de tous les autres citoyens, à ne pas respecter la loi, les institutions, bref avec l’esprit d’être sur un  terrain conquis etc. ;


Le tribalisme, le clanisme, le régionalisme, le clientélisme et surtout la discrimination sur la base de l’appartenance à des sectes ou groupes philosophiques ;


La remise en cause du caractère laïque de la République Centrafricaine au cours de la crise actuelle, se traduisant d’une part par l’amalgame de l’ancien régime au pouvoir contre les musulmans et d’autre part les attaques, exactions contre les églises et serviteurs chrétiens ;


La course à l’enrichissement rapide, scandaleux par de flagrants détournements, la corruption en ramenant le pouvoir à cette seule opportunité, au détriment de la vie de la population ;


Les préoccupations de se maintenir ou d’accéder au pouvoir par des manœuvres perfides contre les autres formations politiques, les élites politiques pour les étouffer, ce qui constitue toujours une source de tensions, donc de crises ;


Le piège des mêmes hommes politiques spécialistes de ruses, à la fois incendiaires et pompiers ;


Le piège du charme des griots politiques qui  passent très rapidement, sans scrupule d’un régime à un autre ;


L’impunité, l’injustice, la division, la vengeance, le non respect des droits de l’homme etc.;


Le destructeur état d’esprit selon lequel « les autres l’ont fait, c’est aussi notre tour » ;


Ce petit rappel est certes amer, mais  il s’agit seulement d’une partie des défis à affronter, à relever, d’où la nécessité de partir sur de bonnes bases afin de briser progressivement le  scepticisme, les préjugés de la population pour  obtenir son adhésion en vue de la reconstruction nationale.


Tout ceci ne peut être facilité que par une prise de conscience générale, dans un cadre consensuel plus large pour un nouveau départ de la République Centrafricaine et non uniquement sur les Accords de Libreville dont la caducité est évidente.


A mon avis, dans la situation actuelle de la République centrafricaine, la priorité ne devrait pas être un gouvernement d’union nationale qui attire toujours les centrafricains comme le sucre attire les mouches, mais une concertation préalable pour faire l’autopsie du pays, cibler les causes des crises à répétition, arrêter les grandes orientations pour remodeler notre société une fois pour toutes.

 

                                                                                                                        Un Gouvernement d’Union Nationale ne devrait avoir une feuille de route claire qu’à la suite d’une telle concertation élargie.


Les élections présidentielles ne peuvent avoir de sens,  d’intérêt pour la nation que dans un environnement ainsi qu’un esprit assainis et non pour des profits personnels, la gloire, l’honneur d’être au sommet de l’Etat, le plus riche avec les siens, comme ce que le pays a vécu ces dix dernières années, désastre à bannir unanimement, définitivement.


Les Centrafricains  ne doivent surtout pas  rater encore l’occasion de se ressaisir, de tirer les leçons de la triste expérience du passé, afin de repartir sur des bases nouvelles et durables pour la reconstruction nationale.

 

                      Fait à PARIS le 25 mars 2013

 

                     Emmanuel Olivier GABIRAULT

                 Personnalité Politique Indépendante

 

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 05:21

 

 

 

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http://nouveaucourrier.net   26 mars 2013

 

The end ! Après dix années de règne, le Centrafricain François Bozizé vient de quitter au pouvoir… comme il y est arrivé. Le balayeur a été balayé, le putschiste a été… putsché ! Bien entendu, nous ne le pleurerons pas. Il reste qu’au-delà de son sort personnel, son trépas est un nouvel échec à la fois pour son pays et pour l’Afrique – en tout cas pour l’idée que nous nous faisons d’une Afrique digne, unie et mobilisée vers des objectifs de progrès.


Une fois de plus, sur le continent, le pouvoir est au bout du fusil. Le raccourci armé confirme son efficacité politique. Ce qui n’est pas sans risques pour la stabilité à long terme. La figure du «seigneur de guerre» est aujourd’hui malheureusement plus tendance que celle de «l’opposant civilisé» qui, au prix de maints efforts et sacrifices, parvient à convaincre ses compatriotes de lui accorder leur confiance. La faute à des systèmes locaux qui vont rarement au-delà d’une démocratie formelle tout juste destinée à verrouiller le pouvoir tout en «faisant plaisir» aux «bailleurs de fonds». La faute également à un contexte diplomatique régional et international qui donne toujours une prime à la violence politique et à la stratégie du «fait accompli», dans une Afrique saharienne qui est comme programmée pour demeurer le «ventre mou» du monde, un «no man’s land» politique rappelant furieusement la saga australienne Mad Max.

 

Pour en revenir à François Bozizé, il s’agit d’un homme qui s’est appuyé sur la France et ses obligés régionaux – le Tchad d’Idriss Déby et le Gabon d’Omar Bongo Ondimba notamment – pour renverser Ange-Félix Patassé, qui était un président démocratiquement élu, malgré ce que l’on pouvait lui reprocher. Au final, ce sont des milices semblables à celles qui l’ont porté à la magistrature suprême, soutenues sans aucun doute par son réseau d’alliés internationaux (en particulier par le Tchadien Idriss Déby Itno, à qui Paris ne peut rien refuser en ce moment) qui ont obtenu sa «tête». Ce «cas d’école» doit créer quelques frayeurs dans certains pays «frères», notamment dans la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara où le même schéma est, théoriquement du moins, tout à fait envisageable…

 

L’Union africaine et son éternelle impuissance…

 

 Ce qui se passe actuellement en République centrafricaine démontre une fois de plus que les rébellions armées, si elles parviennent facilement à leurs fins, participent à aggraver les situations politiques et à retarder les transitions vers des démocraties équilibrées. Plus grave : elles concourent à priver de leur souveraineté les pays où certains entrepreneurs politiques les conduisent. Aucun mouvement armé ne peut raisonnablement parvenir au pouvoir sans bénéficier de soutiens financiers étrangers, d’une base-arrière logistique, d’appuis diplomatiques au nombre desquels il faut compter l’ancienne puissance colonisatrice, présente partout et qui choisit, selon ses intérêts, d’utiliser un certain nombre de leviers pour soit combattre les séditieux, soit les soutenir en sous-main. En se cachant derrière le devoir de protection de ses ressortissants, et en instrumentalisant le Conseil de sécurité des Nations unies pour imposer son agenda.


En République centrafricaine comme ailleurs, l’Union africaine donne de la voix, et ne fait que mettre en lumière son impuissance chronique à faire respecter les règles que les Etats se sont librement données. Nkosazana Dlamini-Zuma, nouvelle présidente de la Commission de l’organisation gouvernementale, a insisté sur le fait que «les statuts de l’Union africaine prévoient, dans le cas d’un changement de pouvoir anticonstitutionnel, la suspension du pays (concerné) des activités de l’UA, l’isolement complet des responsables et l’adoption de sanctions contre ceux-ci». Certes. Mais jusqu’à quand l’UA pétitionnera-t-elle des principes sans se donner les moyens de faire respecter sa voix ? Les militants de l’Afrique digne n’attendent pas de Dlamini-Zuma qu’elle perpétue le «minimum syndical» observé par le passé. L’Union africaine doit se donner les moyens militaires de sa politique. Comment peut-on sérieusement apparaître comme un acteur central quand on est désespérément incapable d’un déploiement militaire rapide et conséquent dans les pays en crise ? En République centrafricaine, trois forces internationales sont présentes. L’armée française, qui est là quoi que l’on dise pour défendre les intérêts de l’ex-métropole, la Force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC), servile exécutrice des ordres venus de Paris, et un détachement sud-africain, qui se trouve là dans le cadre d’accords bilatéraux nébuleux qui semblent singer, avec une efficacité moindre, des accords néocoloniaux qui de toute façon demeurent…


Au-delà de la dissuasion militaire, l’Union africaine souffre de son incapacité à définir et à défendre une politique d’ensemble, cohérente, destinée à renforcer l’indépendance de chacun de ses Etats et à rendre inéluctable une transition démocratique dont l’objectif ne serait pas de complaire à l’extérieur mais de bâtir des équilibres internes à long terme dans chacun des pays qui la composent. C’est aussi l’invisibilité de son discours qui l’empêche de faire entendre sa voix et de se faire respecter non seulement aux Nations unies, où la France continue d’imposer sa vision au Conseil de sécurité, mais aussi dans les nouveaux cénacles où les pays émergents se structurent et font entendre leurs voix pour un monde véritablement multipolaire.

Nous ne pleurerons pas Bozizé mais ce qui se passe en République centrafricaine est tout aussi inquiétant et désastreux que ce qui se passe au Mali. Du moins pour tous ceux qui se battent pour une Afrique qui résout par elle-même ses problèmes de sécurité collective.

 

Théophile Kouamouo

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 23:32

 

 

 

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Le Collectif des Oubanguiens est très préoccupé par l'évolution de la situation politique nationale après l'entrée des troupes de la coalition SELEKA à Bangui, le 23 et 24 mars 2013. Nous prenons acte de ce que le régime incompétent, impopulaire, impotent du président BOZIZE est défait et ce dernier est en fuite.


En ce moment historique de la lutte du peuple centrafricain contre toute dictature, nous rappelons que notre pays a trop souffert des hommes qui arrivent en libérateurs et se transforment en dictateurs en confisquant le pouvoir avec des élections truquées jusqu’à ce qu’une autre révolte populaire les en chassent ! C’est un cercle vicieux que nous devons absolument briser pour libérer véritablement notre pays.


Nous lançons un appel pressant et solennel aux futurs locataires du pouvoir politique de ne pas céder à la tentation de perpétuer ce cercle vicieux !


Pour le Collectif des Oubanguiens, il urge de prendre rapidement toutes les mesures qui s’imposent pour ramener la paix dans le pays, sécuriser les routes, protéger les populations, les nationaux comme les étrangers, les structures économiques de notre pays, les organisations nationales et internationales installées sur notre territoire.


Nous exigeons l'organisation sans délai d'une concertation nationale ouverte à toutes les sensibilités politiques centrafricaines et aux observateurs étrangers représentant les organisations internationales intéressées, afin que soient arrêtés, d’un commun accord entre Centrafricains, les modalités et les organes dirigeantes de la transition, ainsi qu’un agenda pour l’organisation d’élections présidentielles, législatives et municipales dans des délais raisonnables acceptés de tous.


Nous appelons toutes les forces politiques, associatives et syndicales centrafricaines, favorables à la paix et à l’avènement de la démocratie, à saisir cette opportunité, afin, qu’ensemble, nous arrivions à sauver notre pays du cercle vicieux décrit ci-dessus et à le doter définitivement d’institutions stables respectueuses du peuple et respectées pour cela.


Le Collectif des Oubanguiens.

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 01:36

 

 

 

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Source : RFI   22 mars 2013

 

Le président tchadien et président en exercice de la CEEAC, Idriss Déby, affirme aujourd’hui que les accords de Libreville restent valables malgré l’offensive du Séléka qui est en cours. « Les accords de Libreville, quoiqu’il arrive, restent valable.

 

La transition doit se continuer. Le gouvernement actuel est issu d’un consensus » entre le Séléka et le gouvernement centrafricain, souligne-t-il, affirmant ainsi que « la Séléka n’a pas le droit de mettre en cause les accords de Libreville ou de violer ces accords ».

 

Concernant le rôle de la MICOPAX, il a expliqué que les militaires étaient présents « pour aider le gouvernement de la transition, dont la Séléka fait partie, à mettre en place l’accord. Il n’appartient pas à la force de la FOMAC de tirer sut tel ou tel côté ».

 

M. Déby avait averti en janvier dernier que la ville de Damara, que les rebelles auraient pris ce vendredi, était « la ligne rouge à ne pas franchir ».

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 03:16

 

 

 

carte_centrafrique_432.gif

 

 

 

A Ita,

 

Il m’a semblé que nous autres de la diaspora avions, quel que soit notre parcours individuel et notre situation sociale, une dette à l’égard de notre pays d’origine et plus encore, envers les parents, les populations éprouvées et les victimes de toutes les barbaries.

 

Cela implique que :

 

-         toutes les initiatives tendant à attirer l’attention du monde sur ces malheurs,

 

-         toutes les actions sincères de nature à impulser un élan de compassion, de solidarité internationale et, bien plus, à décider les États, les Organisation de défense des droits de l’homme et les Groupes de pression, à mettre en œuvre les moyens appropriés pour contraindre les principaux antagonistes de la scène politique centrafricaine : Bozizé, Séléka et les autres à mettre un terme au calvaire de nos populations, sont à soutenir et à promouvoir sans retenu, sans état d’âme.

 

Dans l'appel du 13 mars dernier qui a trouvé, somme toute, un écho favorable un peu partout, j'ai suggéré à chacun, chacune et à tous, partis politiques compris, de s'investir afin de réussir dans l'intérêt de la paix de notre pays, démontrant par la même occasion, notre foi en la République unie, indivisible, laïque, solidaire, affranchie de toute domination étrangère.

 

Toute initiative est laissée aux compatriotes des villes où ils sont en grand nombre, de se mettre également en mouvement sur place et dans l'union. Leur demander de monter à Paris ne me semble pas judicieux.

 

Je ne suis pas un homme politique et n'aspire à aucune charge de représentation, celle-là même qui sous-tend nombre de compatriotes en déshérence. Je suis simplement un vieil homme retraité qui ne se contente pas de sa situation personnelle en France, miné par les souffrances de son peuple et son pays d'origine en dérive.

 

Je n'ai pas voulu tenir "une tribune à la centrafricaine" sur Internet. Mon message est direct et clair.

Je remercie toutefois les sites web qui ont bien voulu le relayer et le porter aux quatre coins du monde, y compris en Afrique. Si ce message pouvait être lu, relu; s'il pouvait susciter le rassemblement pour la paix tant souhaitée par la majorité, la voix des sans voix, celle de notre peuple meurtri, serait, pour une fois, en union avec son élite.

 

Notre action n'est pas et ne saurait être exclusive.

 

J'engage particulièrement les jeunes et les femmes à faire bouger les lignes, à secouer gentiment les "anciens", toujours nombreux et prompts aux joutes oratoires avec un verre de whisky ou de vin à la main, lors des places mortuaires notamment.

 

Dans le prolongement du débat encours, je remercie d'avance les représentants des Partis politiques, des Associations et autres, et les convie à prendre contact avec moi en vue d'une rencontre afin d'arrêter les modalités de la manifestation à Paris, lesquelles seront portées à la connaissance de notre communauté dès que possible. L'actualité démontre la nécessité et l'urgence de cette action.  

 

Enfin, merci de me tenir informé des initiatives conduites en province et ailleurs dans le monde dans cet esprit. Avec d'autres, je suis naturellement prêt à échanger avec les frères et les soeurs en charge de ces actions pacifiques, sachant que personne à Paris ne saurait se targuer ou s'ériger en leadership au plan national en France.

 

Paris le 21 mars 2013

 

Jean-Bosco PELEKET

 

 

NB : je voudrais rappeler cette évidence : nos enfants et petits-enfants sauront faire sentir tôt ou tard, au détour d'une réminiscence, nos absences et défaillances au moment où le Pays et la Nation étaient en péril.

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