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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 19:50

 

 

 

Boz-mauvais-gout.jpg

 

 

lundi 31 décembre 2012


A l’instar de beaucoup d’autres, François Bozizé aura fait le mandat de trop. A l’instar de son homologue malien Amadou Toumani Touré, cet officier général aura su organiser la conquête du pouvoir par l’armée mais n’aura pas su résister à une offensive « rebelle ». Bangui n’est pas encore tombée mais on se demande comment Bozizé pourrait non seulement renverser la situation sur le terrain mais, plus encore, envisager de perdurer au pouvoir, politiquement et diplomatiquement.

 

L’ambassade des Etats-Unis ayant purement et simplement plié bagages hier, jeudi 27 décembre 2012, la France – présente militairement dans la capitale – restant l’arme au pied, le discrédit du chef de l’Etat (sic) est total et il est peu probable qu’il y ait encore quelque chose à négocier le 10 janvier 2013, objectif de la mission de conciliation de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) : il n’y a personne pour penser que Bozizé est, aujourd’hui encore, l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.

 

Né au lendemain de la fin de la Deuxième guerre mondiale, au Gabon, d’un père gendarme originaire de la région de Bossangoa, dans le Nord-Ouest de l’Oubangui-Chari (aujourd’hui Centrafrique), Bozizé appartient à l’ethnie Gbaya. Son enfance et son adolescence seront marquées par les soubresauts qui caractérisent cette colonie française totalement enclavée, dernier territoire ayant constitué l’Afrique équatoriale française (AEF). Délaissé par l’administration coloniale, ce territoire a été totalement livré aux grandes compagnies concessionnaires qui, soucieuses seulement d’exploiter ses richesses naturelles, ne se sont pas préoccupées de son développement. André Gide, Albert Londres, Louis-Ferdinand Céline, parmi d’autres, ont raconté dans leurs livres cette effroyable exploitation totalement inhumaine.

 

L’année où va naître Bozizé, Barthélémy Boganda (dont le centenaire de la naissance a été célébré le 4 avril 2010), avait été élu, pour la première fois, député à l’Assemblée nationale à Paris. Dix ans plus tard, lors de la création de la République centrafricaine, il sera nommé chef du gouvernement provisoire étant appelé, du même coup, à devenir le premier président de la République dès que l’indépendance aurait été acquise. Mais quelques mois plus tard, à la veille de cet événement, le 29 mars 1959, le Nord Atlas 2014 dans lequel il revenait de Berbérati explosait en plein vol. Ce drame va marquer durablement la population centrafricaine. Boganda va devenir le symbole de l’homme d’Etat qui aura cruellement fait défaut au pays. Sa mort va ouvrir la porte du pouvoir à son « cousin » David Dacko (qui a été préféré par Paris à Abel Goumba, plus engagé à gauche). Qui, le 13 août 1960, proclamera l’indépendance de la République centrafricaine. On le dira « l’homme des Français ». Il le sera. Un temps !

 

Ayant choisi de servir au sein de l’armée, Bozizé sera formé par les Français à l’Ecole militaire de Bouar. Le 1er janvier 1966, le colonel Jean Bedel Bokassa, chef d’état-major de l’armée, s’emparera d’un pouvoir que Paris destinait à Jean Izamo, commandant de la gendarmerie nationale. C’est la fin du règne de Dacko. Et le début de celui de Bokassa qui, souvent mal conseillé, plus souvent encore instrumentalisé par ceux qui ont des visées sur les ressources naturelles considérables de la Centrafrique, ne sera pas ce qu’il promettait d’être.

 

Bokassa sera président à vie en 1972, maréchal en 1974, musulman en 1976, empereur en 1977 (après s’être « reconverti » au catholicisme). Le 20 septembre 1979, l’Elysée va décider l’opération Barracuda qui va permettre de le renverser en douceur. Paris ramène Dacko au pouvoir. Sous Bokassa, Bozizé avait été promu capitaine en 1975 puis commandant. Mais, repéré par le chef de l’Etat, il s’était retrouvé… général de brigade à 32 ans, en 1978, et deviendra son aide de camp. Quand Dacko reviendra au pouvoir, Bozizé sera nommé ministre de la Défense. En 1980, il va aller se perfectionner à l’Ecole de guerre en France. C’est à Paris qu’il apprendra le coup d’Etat du général André Kolingba. Dacko avait été réélu, en mars 1981, président de la République avec seulement 50,23 % des voix ; le 1er septembre 1981, il est renversé par un coup d’Etat militaire.

 

Kolingba va gouverner le pays sous le strict contrôle du lieutenant-colonel Jean-Claude Mantion, officier français ancien des services secrets, chef de la sécurité présidentielle. Dans le gouvernement Kolingba, Bozizé sera ministre de l’Information et de la Culture, mais les relations entre les deux hommes seront difficiles. Les 2-3 mars 1982, ayant été accusé d’avoir voulu le renverser, il s’exilera au Tchad puis au Bénin (pendant son séjour au Bénin, Bozizé deviendra adepte de l’Eglise du Christianisme Céleste-Nouvelle Jérusalem). En juillet 1989, arrêté au Bénin, extradé vers Bangui, il sera emprisonné, torturé, accusé de complot et de menées subversives. Mais la roue de l’Histoire tourne vite en cette fin de décennie 1980. Le multipartisme sera légalisé à la suite de grèves et de manifestations. Bozizé, acquitté, sera libéré en décembre 1991.

 

Le 19 septembre 1993, Ange-Félix Patassé est élu président de la République centrafricaine après près de 54 % des voix, devançant son principal adversaire, Abel Goumba. Bozizé, candidat lui aussi, fera un score peu significatif, pour ne pas dire insignifiant. Recevant le nouvel ambassadeur de France à Bangui, Patassé avertira : « L’échec de Patassé et de son gouvernement sera l’échec de Mitterrand et du peuple français ». Patassé échouera ; mais de son seul fait. Dans un contexte politique déliquescent, et alors que certains pays voisins (le Tchad mais aussi et surtout la Libye) ont des visées sur Bangui, la Centrafrique va être confrontée aux mutineries militaires et autres affrontements armés. La première mutinerie remonte au 18 avril 1996 ; de nouveaux affrontements auront lieu en 1997. Une Mission interafricaine de surveillance des Accords de Bangui (Misab) sera mise en place puis une Mission des Nations unies (Minurca) en 1998.

 

Dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 mai 2001, Bangui devra faire face à une tentative de coup d’Etat. L’ex-chef d’Etat,Kolingba, s’avérera en être l’instigateur. Il faudra dix jours, le soutien des Libyens et des troupes du zaïrois Jean-Pierre Bemba, opposant armé au régime de Kinshasa, pour que « l’ordre » soit rétabli dans la capitale centrafricaine. La résidence de Kolingba étant attenante à l’ambassade de France, Patassé ne manquera pas de mettre en cause la France, accusée d’avoir fourni des armes aux « rebelles ». Du même coup, Patassé devra annuler son voyage à Paris, prévu pour la fin de l’été. Il déléguera dans la capitale française son premier ministre, Martin Ziguelé, tandis que Kolingba se réfugiera en Ouganda.

 

Effet collatéral de cette tentative de coup d’Etat, le 26 octobre 2001, Bozizé sera limogé de son poste de chef d’état-major de l’armée. Il s’enfuira au Tchad avec cinquante-six hommes, quelques véhicules et ce qu’il a pu trouver comme moyens de subsistance. Il s’agissait pour lui d’échapper à l’arrestation après s’être réfugié dans sa résidence de Bangui : pendant plusieurs jours, il s’opposera par les armes à ses agresseurs. Le 25 octobre 2002, à la veille du premier anniversaire de son limogeage, il revendiquera une première tentative de coup d’Etat. Qui échouera. Mais le samedi 15 mars 2003, cependant, accompagné d’un groupe de « libérateurs » d’un millier d’hommes, il va renverser le régime de Patassé et prendre le contrôle de la capitale en moins de deux heures. « Une révolution, pas un coup d’Etat », dira-t-on, tant il est vrai que le départ de Patassé soulageait tout à la fois la population centrafricaine, sa classe politique, la communauté africaine (à commencer par Libreville en charge de la médiation) et la « communauté internationale ».

 

Jean-Pierre BEJOT    LA Dépêche Diplomatique

 

Source : http://www.lefaso.net/spip.php?article52056

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 19:41

 

 

 

Bozize-depasse.jpg

 

 

lundi 31 décembre 2012


Le général François Bozizé visiblement lâché par l’ancienne puissance coloniale ne semble avoir d’autre choix que de boire le vin de la rébellion Séléka jusqu’à la lie. On est même tenté de dire que c’est bien fait pour lui. Car, arrivé lui-même par les armes et avec le soutien de l’armée tchadienne en 2005, il n’a presque rien fait pour briser le cercle vicieux d’un Etat mal gouverné et dont les ressources minières sont en proie à la convoitise de groupes armés prêts à tout pour conquérir le pouvoir central.

 

C’est en toute logique que les rebelles, aux portes de la capitale Bangui, n’hésitent pas à réclamer la tête du président. Mais est-ce la solution qui convient le mieux à la Centrafrique ? Absolument pas. Gâté par dame nature qui a doté son sol de forêt et son sous-sol de ressources minières très convoitées, ce pays n’a jamais eu la chance de tirer profit de ces richesses qui apparaissent plutôt comme la source de ses malheurs. Depuis le règne ubuesque de l’empereur Jean Bédel Bokassa en passant par ceux de David Dako, André Kolingba et encore Ange-Félix Patassé, la Centrafrique n’a pas réussi à prendre le train de la démocratie ou tout au moins d’une gestion saine, paisible et génératrice de développement pour tous.


Loin d’être une panacée, l’avancée de la rébellion Séléka constitue un recul de l’Etat de droit que le général François Bozizé était censé instaurer dans ce pays. Les futurs nouveaux maîtres annoncés de Bangui feront-ils mieux ? Rien n’est moins sûr. Il s’agit d’un coup d’arrêt qu’on peut se consoler de qualifier peut-être de moindre mal ou de mal nécessaire. Ou plus franchement de cercle vicieux.


Bark Biiga

 

Fasozine  Source : http://www.lefaso.net/spip.php?article52041

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 23:02

 

 

 

François Yangouvonda

 


La versatilité de Bozizé depuis des lunes qu’il aura passé au pouvoir en Centrafrique est claire que Bozizé ne laissera pas le pouvoir même s’il promet aujourd’hui de ne pas briguer un troisième mandat en 2016 en modifiant la Constitution. La seule solution est inéluctablement de contraindre Bozizé à quitter le pouvoir si l’on ne voudrait pas avoir un deuxième Bachar Al Assad en Afrique Centrale. Parce que simplement Bozizé est un sanguinaire et capable de s’accrocher et mourir au pouvoir prenant Bangui comme son bouclier. Bozizé est une menace pour une paix durable en République Centrafricaine.

 

L’attitude de Bozizé est, exactement, devant l’avancée fulgurante de la rébellion Seleka, l’opposition démocratique et la communauté internationale comme un père qui répond à contrecœur à la demande d’un enfant qui pleurniche en dépit de ses maigres ressources. Mais avec son caractère de rancunier qui le range jusqu’aux os, reconnu en lui par ses collègues militaires, il convient de prendre avec réserve toutes les dernières concessions qu’il avance depuis un certain temps sur les ondes tant nationales qu’internationale.  Celui-là qui a fermé les oreilles à tous conseils et tente de mater l’opposition démocratique si jamais elle passait à la vitesse supérieure comme par le passé. Alors que pèse sur lui tous les crimes qui ont eu lieu sous son régime, enlèvements, exécutions extrajudiciaires en toute impunité en passant par des détournements de deniers publics ; céder le pouvoir est un danger pour lui et ses acolytes pour la suite.  Puisqu’il doit rendre compte de toutes ses exactions et celles de ses éléments incontrôlés et ses enfants qui brillent la délinquance la plus primitive de tous les temps. On n’a jamais vu un fils d’un Chef d’Etat de tous les régimes réunis enterré vivant un être humain. Avec Bozizé, on l’a vu.

 

D’ailleurs, concession faite par lui n’est pas synonyme d’absolution dirait le prêtre ni une amnistie pour les juristes. Il se dit prêt pour le dialogue, promet un gouvernement d’union nationale avec son armée tribale. Mais quel gouvernement d’union nationale avec une assemblée nationale monocolore, avec des institutions républicaines coiffées par des pros Bozizé qui ne s’affichent pas officiellement. Dans les mêmes conditions, les mêmes causes produisent les effets. Le contraire ce principe de causalité n’a jamais été démontré.

 

La coalition rebelle Seleka, l’opposition politique, la Communauté Internationale doivent se méfier et être prudentes des allégations de Bozizé qui a toujours eu la nuque raide dans l’application des différents accords s’obstinant jusqu’à la création d’une Assemblée Nationale homogène. Véritable cellule du parti Kwa Na Kwa (Le Travail rien que le travail) au pouvoir. Tout doit être repris à zéro si l’on veut des institutions saines dignes d’une République.  La solution ? Bozizé doit partir. Le salut du peuple centrafricain proviendrait des nouveaux occupants.


L’histoire retiendra les manœuvres de diversion du pasteur Josué Binoua, devenu fidèle à Bozizé comme la queue.  Nous savons qu’il défend son beeftek, mais seulement jusqu’à l’indéfendable à la grande surprise des adeptes de sa petite église dite « Bè oko » sous le joug de Bozizé et son clan.

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 19:41

 

 

 

Me Zarambaud Assingambi 

 

 

            Depuis quelques jours, l’Ambassade et le Consulat de France sont l’objet de manifestations  agressives dont celle du 26 Décembre, avec jets de cailloux, escalade des murs d’enceinte, arrachage et profanation des drapeaux français,  bris des vitres, envahissement des locaux, destruction des matériels, dont les appareils photos pour les photos de visas, et ce en présence des militaires déployés sur les lieux mais curieusement demeurés impassibles. Sommes – nous devenus « l’Etat sauvage » comme nous insultait Georges CONCHON, qui aurait dû s’appeler COCHON, dans son roman qui avait honteusement obtenu le prix Goncourt ?

 

            Tout naturellement, ne serait – ce que pour assurer la sécurité du personnel, l’Ambassade et le Consulat de France ont été fermés, pour une durée apparemment indéterminée, comme ce fut le cas pour le Centre culturel français qui fut pillé et détruit par une foule en délire et ne revit plus le jour.

 

            Du coup, il n’est plus possible d’obtenir des visas pour la France, y compris pour des malades qui attendent une évacuation sanitaire dans ce pays. De leur côté, l’Ambassade des Etats Unis, devant laquelle des manifestations ont également eu lieu, a demandé à tous les Américains de quitter le Pays, et le système des Nations – Unies a décidé de l’évacuation de tout son personnel non essentiel. Les personnels expatriés des entreprises françaises sont déjà en cours d’évacuation et les voyageurs d’Air France ne savent pas à quel Saint se vouer.

 

            La délivrance à Bangui des visas américains, qui avait été suspendue après les précédents évènements militaro – politiques continuera sans doute à le demeurer pour plus longtemps et nous continuerons à aller à Brazzaville, à Ndjamena ou à Douala pour les obtenir. De même l’évacuation de tous Américains, du personnel non essentiel du système des Nations – Unies et des entreprises françaises  entraînera tout naturellement de nombreuses pertes d’emplois pour les Centrafricains. Les Français ont été instruits de se tenir prêts pour une éventuelle évacuation.

 

            Voulons – nous imiter les islamistes libyens partisans d’Al Qaïda qui ont envahi le Consulat des Etats – Unis à Bengazi et ont assassiné l’Ambassadeur des Etats – Unis qui s’y trouvait ?

 

            Comme la RCA est par excellence le Pays des paradoxes, sans parler des records négatifs, les manifestants n’ont pas craint de se contredire. En effet, ils ont proclamé « urbi et orbi » (à la ville et au monde), comme dirait Sa Sainteté le Pape, que leur but consiste à obtenir de la France qu’elle vole au secours de la République Centrafricaine, en application des Accords de Défense qui lient les deux Pays. Encore que ces Accords de Défense ne concernent que les cas d’agression par des forces étrangères, ce qui reste à prouver en l’espèce, vandaliser l’Ambassade de France est – il le moyen indiqué pour amener la France à voler au secours de notre Pays ? Ce moyen n’est – il pas plutôt contre productif ? Le Président François HOLLANDE vient d’asséner que les temps où la France protégeait les régimes sont définitivement révolus.

 

            Pourquoi préférons – nous faire la politique de l’Autruche, qui enfouit sa tête dans le sable en croyant ainsi conjurer un danger imminent, au lieu de réfléchir aux causes profondes de l’effondrement de l’Armée ? Quel moral peuvent bien avoir des militaires, dont de jeunes recrues, envoyés aux fronts avec en tout et pour tout la misérable somme de 10.000F en poche et un armement dérisoire ?

 

            Pourquoi ne réfléchissons – nous pas au fait que nous n’avons pas fait preuve de prévision (on dit que gouverner c’est prévoir) et avons attendu que les fonds du DDR soient épuisés pour entamer des démarches afin d’obtenir d’autres fonds, et pourquoi les propositions aux coalisés de SELEKA d’adhérer aux Accords de Libreville de 2008 n’ont été faites qu’en Novembre 2012 ?

 

            Pourquoi le Dialogue demandé par l’Opposition Démocratique depuis les élections de 2011, puis accepté par le Président de la République depuis le mois de Mai 2012 n’a – t – il jamais été mis en œuvre, malgré les nombreuses lettres de relance de l’Opposition Démocratique ?

 

            N’est – il pas contradictoire de brandir notre indépendance politique et notre souveraineté, en déclarant en être sourcilleux, tout en comptant sur les autres – notamment le Tchad et la France – pour les garantir ?

 

            Bien évidemment, il ne s’agit pas d’être partisan ou adversaire de la prise du Pouvoir par la force des armes, ni d’être partisan ou adversaire de la colonisation et du colonialisme, mais il ne s’agit que de rechercher le pourquoi et le comment du drame dont les populations civiles sont les acteurs involontaires.

 

            Une offensive de grande envergure comme celle lancée par SELEKA, au surplus depuis la lointaine ville de NDELE, et qui a abouti en moins d’une semaine à la prise des villes de OUADDA, SAM – OUANDJA, BAMINGUI, MBRES, BRIA, KABO, BATANGAFO, IPPY, NDASSIMA, BAMBARI et KAGA BANDORO, est forcément le résultat d’une longue préparation.

 

            Pourquoi cette préparation n’a – t – elle pas été perçue à temps ? A qui la faute ?

 

            Certes le Ministre des Affaires Etrangères a « regretté » les agressions contre l’Ambassade et le Consulat de France, mais force est de constater que les discours tant des Autorités Centrales que des Préfets, Sous – Préfets et du KNK sont la cause de ces agressions.

 

            En effet, dans ces discours, on accuse implicitement la France – voire le Tchad grâce à qui les rebelles n’ont pas pris Sibut et n’ont pas progressé vers Bangui – d’être le manipulateur des rebelles. En haut lieu, on qualifie le Président DEBY de pompier pyromane. De quel autre pays peut – il s’agir lorsqu’on soutient que c’est le même pays qui nous a empêchés d’exploiter les ressources de notre sous – sol depuis l’indépendance qui s’escrime à présent à nous empêcher de produire notre pétrole et notre ciment, afin de nous maintenir en esclavage, et surtout afin d’ empêcher le Président BOZIZE de nous sortir de la misère ? Quel autre pays nous a renvoyé l’ex – Empereur Jean – Bedel BOKASSA menotté ?

 

            A propos du pétrole, il faut rappeler que sa recherche avait débuté sous le régime MLPC – PATASSE, qui l’avait attribuée à la société américaine RSM PRODUCTION CORPORATION de Monsieur GRYNBERG ; cette recherche n’avait été interrompue que du fait de la tentative de Coup d’Etat du 28 Mai 2001 ; elle n’avait pas pu être reprise après le changement du 15 Mars 2003 parceque le Ministre d’Etat à l’énergie et aux mines Sylvain DOUTINGAÏ avait préféré l’attribuer à une nouvelle société, en l’occurrence une société chinoise, celle qui y procède actuellement, afin d’encaisser au passage un confortable bonus ; la société chinoise travaille sur la base des résultats obtenus par la société américaine.

 

            Sans reprocher quoi que ce soit à la société chinoise, on peut relever que si la société américaine avait été autorisée à reprendre ses activités en 2003, soit il y a près de 10 ans, il y a longtemps que notre pétrole aurait coulé et aurait allégé nos souffrances.

 

            Quant à l’uranium, son exploitation a commencé sous le régime DACKO, et n’a donc pas été initiée par le Président BOZIZE.

 

            Au micro en balade de radio Centrafrique, un manifestant a déclaré que « nos parents sont entrain de mourir à cause de l’Ambassade de France », et un autre a sommé cette Ambassade de quitter le Pays. Dans son discours incendiaire du 27 Décembre 2012 à la Place de la République, le Président de la République a enfoncé le clou, tout en accusant l’Opposition Démocratique d’être également le manipulateur de la rébellion, alors que l’Opposition Démocratique n’a jamais usé que de moyens pacifiques, a vainement demandé le dialogue, a été attaquée avec des cocktails molotov par les nervis du Pouvoir demeurés impunis lorsqu’elle a tenté d’organiser un meeting, et a condamné la prise du Pouvoir par les armes lorsque SELEKA a déclenché son offensive.

 

            Point n’est besoin de chercher des boucs émissaires, surtout centrafricains et encore moins dans l’Opposition Démocratique, la société civile ou les personnalités politiques indépendantes : les rebelles sont des adultes qui savent ce qu’ils font et déclarent en endosser seuls la responsabilité.

 

            Il est  pour le moins curieux que ce soit le Ministre de l’Administration du Territoire qui soit abandonné au créneau, en lieux et places du Ministre Délégué à la Défense et du tonitruant Ministre NGOUANDIKA, qui ne perdait aucune occasion pour éructer des insanités et des contre – vérités à la Radio et à la Télévision Centrafricaines.

 

            Il est vrai qu’après avoir asséné que modifier la Constitution pour rendre illimité le nombre de mandats présidentiels est « démocratique », il s’est auto – disqualifié pour porter la parole du Gouvernement, à présent que celui – ci affirme en le démentant ipso facto que le Président de la République n’a jamais eu l’intention de modifier la Constitution sur cette question et n’a jamais rien entrepris en ce sens. Du moins pour le moment, puisque le Président de la République a précisé que s’opposer à la modification du nombre de mandats présidentiels c’est baillonner le Peuple, lors de son meeting de la Place de la République.

 

            Il est vrai qu’après sa rencontre avec le Président BONI YAYI, il a clarifié sa position et a déclaré sans ambages qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle de 2016, mais certains n’ont pas oublié qu’il avait pris le même engagement à Libreville, ce qui ne l’avait pas empêché pour autant d’être candidat à l’élection présidentielle de 2005. On croise les doigts pour qu’il n’en soit pas de même en 2016.

 

            N’oublions jamais que les déclarations irresponsables peuvent tuer, comme les déclarations irresponsables de Radio Mille Colline entraînèrent le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994.

 

            Que dire des déclarations d’un Pasteur sur les antennes d’une Radio, dénonçant les pays qui veulent nous maintenir en esclavage et appelant carrément à la guérilla urbaine, au moment où il apparaît à toute personne raisonnable que la seule solution est le cessez – le – feu et le dialogue ? Avions – nous déclenché une guérilla urbaine lorsque les rebelles du Général BOZIZE étaient entrés dans Bangui le 15 Mars 2003 ? Ce Pasteur et les individus ayant déjà largement dépassé la trentaine mais qui refusent de quitter la catégorie des jeunes dont ils ont usurpé la direction et qui veulent envoyer les jeunes à la boucherie gagneraient à apprendre que deux généraux ont mis leurs familles à l’abri dans d’autres quartiers que les leurs. Leurs jeunes enfants ne participeraient donc pas à une éventuelle guérilla urbaine. Ils gagneraient aussi à se préoccuper de la situation du Chef d’Etat – Major des FACA.

 

            D’ailleurs, parler de guérilla urbaine dans Bangui, c’est reconnaître implicitement que les FACA n’arriveront pas à stopper l’avancée des rebelles et que ceux – ci arriveront à Bangui. Si les FACA ne le peuvent pas, comment des jeunes sans armes le pourront – ils ?

 

            Une guérilla urbaine, jeunes mains nues contre rebelles lourdement armés, pot de terre contre pot de fer, ne pourra aboutir qu’à une inutile boucherie et à des destructions massives du peu d’entreprises qui nous reste.

 

            Alors, sachons raison garder et dialoguons pendant qu’il est encore temps.

      Maître ZARAMBAUD Assingambi

 

Bangui, le 31 Décembre 2012

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 17:22

 

 

 

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La crise actuelle qui secoue la République Centrafricaine est la conséquence logique de l’incurie depuis longtemps établie du Régime bozizéen qui aujourd’hui aux abois, tente de faire diversion, en s’en prenant tantôt aux intérêts français, tantôt aux américains tour à tour accusés fort opportunément de manipuler les rebelles ou de ne pas soutenir le gouvernement centrafricain – si tant est qu’il s’agisse réellement d’un gouvernement – face aux « méchants et épouvantables rebelles, ces fils indignes de la nation.

 

Voilà déjà bientôt 10 ans que cette équipe de prébendiers écume l’espace centrafricain, pillant, saccageant, rackettant, enlevant, emprisonnant, torturant

 

En effet, la liste des maux dont ces filles et fils indignes accablent notre pays désormais exsangue, du fait de leurs menées irresponsables et assassines est interminable :

 

Un Etat embryonnaire et moribond,

 

Un pays mis en coupe réglée par des faux dirigeants avides de pouvoir et d’argent souillés du sang et des souffrances des Centrafricaines et des Centrafricains

 

Une économie exsangue qui se caractérise en plus par l’exclusion de la quasi-totalité des domaines d’activité essentiels des seuls nationaux réduits au rôle de figurants

 

Corruption généralisée, pillage systématique des deniers publics et autres ressources du pays (un Ministre a acquis il y a peu 2 limousines avec lesquelles il se promène sans vergogne sur des routes défoncées, narguant ostensiblement des populations réduites au silence et à une indicible misère)

 

Tribalisme, clientélisme, incompétence de ceux qui sont censés avoir la responsabilité de la destinée du pays (ces chers excellences et autres très honorables et honorables – en Centrafrique tout est dans le titre -)

 

Disparitions inexpliquées, arrestations et emprisonnements arbitraires, insécurité récurrente

 

Difficultés à assurer le pain quotidien, délabrement de toutes les infrastructures, scolaires, universitaires, sanitaires, routières (effondrement de tous les ponts dans Bangui rendant dangereuses et compliquées la communication entre les quartiers)

 

Coupures incessantes d’électricité, absence d’eau potable, etc.

 

Comment s’étonner que des centrafricains courageux aient pris les armes pour en finir avec des gens sans foi ni loi, qui ne veulent entendre raison.

 

Y avait-il un autre moyen, face à un homme qui bafoue ostensiblement les principes démocratiques et dont on sait que, ces jours-ci, après des élections truquées dont il s’obstine à ne pas revenir sur les résultats, il ourdissait avec ses hommes de mains, malgré ses récentes dénégations, un complot contre les institutions, notamment la constitution qu’il voulait modifier pour pouvoir se présenter une troisième fois aux élections présidentielles, pour le plus grand malheur de la République Centrafricaine. ?

 

Cette crise donne aux Centrafricains une occasion unique de se concerter aux fins de bâtir une véritable nation, à condition d’impulser un projet présentant un certain nombre de lignes de force :

 

Bilan des 52 années d’indépendance, donc des différents régimes qui se sont succédés à la tête de notre pays:

 

La consolidation de l’unité nationale ayant pour socle la langue nationale, le SANGO, appelée à jouer un rôle majeur. Il est temps pour nous de renouer résolument avec le sentiment commun d’appartenance nationale qui, en raison de pratiques politiques criminelles, s’est considérablement érodé mais qui, malgré les coups portés depuis de nombreuses années par des citoyens partisans d’un clanisme acharné, reste bien vivace

 

La construction d’une véritable démocratie où la liberté d’expression assure au peuple un pouvoir politique réel lui permettant, de manière transparente, de peser sur la gestion des affaires nationales (élections présidentielles et législatives) et locales (élections municipales)

 

La restructuration des institutions politiques et du système administratif afin de leur donner un contour et un contenu plus clairs et de leur conférer plus d’efficience

 

La promotion d’une société qui crée les conditions pour chacun de s'émanciper par son travail mais également une société où personne ne sera abandonnée à son triste sort du fait du hasard des naissances ou des accidents et autres contingences malheureuses de la vie

 

L’édification d’une telle économie ne peut devenir possible que si elle procède d’une claire conscience de nos besoins particuliers nécessitant des réponses adaptées. La satisfaction de tels besoins suppose la mise en valeur de ressources propres sans lesquelles l’indépendance nationale demeurerait une chimère.

 

Une politique sociale s'appuyant également sur des secteurs publics forts dans les domaines traditionnellement dévolus à la puissance publique : restauration et restructuration des services publics d'éducation, de santé, d'exploitation routière (désenclavement intérieur et extérieur pour faciliter la circulation des personnes et des biens).

 

C’est l’occasion pour la République Centrafricaine de sortir de l’abîme dans lequel il depuis trop longtemps.

 

OUBANGUI PERSPECTIVES appelle à un dialogue national sans exclusif.et à la constitution d’un gouvernement d’union national.

 

Ce gouvernement devra être conduit par un Premier Ministre issu d’une discussion entre toutes les organisations représentatives de la société centrafricaine.

 

Nous profitons de cette occasion pour dénoncer avec force la disparition d’ADOUM  SALE qui aux dernières nouvelles auraient été enlevé le 25 décembre en début de soirée par des membres des « bérets verts », c’est-à-dire de la Garde présidentielle.

 

 

Cet enlèvement s’ajoute à la longue liste des disparitions nocturnes perpétrées par les hommes de BOZIZE qui en a fait, on le sait une pratique politique systématique.

 

Nous demandons aux forces vives de la nation qui seront présentes aux négociations de LIBREVILLE d’exiger que BOZIZE et son équipe apportent des éclaircissements sur toutes ces disparitions et qu’ils libèrent immédiatement tous ceux qui en ont été victimes.

 

Il est impératif que ces libérations, au même titre que tous les accords jusqu’à présent foulés au pied par BOZIZE fassent partie des conditions incontournables de la poursuite de ces pourparlers et du dialogue national qui devra nécessairement suivre

 

1l est impératif d’exiger la fin des arrestations arbitraires et autres éliminations dont le régime en place est coutumier.

 

Il est important que tous ceux qui ont connaissance de ces pratiques et de personnes qui en seraient les victimes de les dénoncer en se manifestant auprès d’organisations susceptibles de participer au dialogue national.

 

EXIGEAONS LA CONSTITUTION IMMEDIATE D’UN CONSEIL DE SURVEILLANCE DES CENTRES PRIVATIFS DE LIBERTE

 

L’action des rebelles doit permettre à notre pays de créer les conditions de l’avènement d’un « printemps » centrafricain.

 

C’est pourquoi, le meilleur service que la France et les Etats-Unis peuvent rendre à la République Centrafricaine est de se montrer insensible aux larmes de crocodile de BOZIZE et de ne surtout pas voler à son secours.

 

Il est important en revanche qu’ils volent au secours du peuple centrafricain, en se montrant intraitable avec BOZIZE qui, en l’état actuel de déliquescence de son pouvoir n’aura d’autre choix que la soumission à des discussions en vue de la formation d’un gouvernement d’union, sous la conduite d’un premier Ministre choisi par l’opposition.

 

« TEL EST PRIS QUI CROYAIT PRENDRE ».

 

Que les Centrafricains ne s’y méprennent pas !

Le pays n’aura pas une autre occasion comme celle-ci, propice à l’émergence de conditions qui leur permettraient de réorienter positivement la vie de leur pays.

Il est surréaliste de voir BOZIZE jouer les vertueux en déclarant :

 

« Nous demandons à nos cousins français et aux Etats Unis d'Amérique qui sont des grandes puissances, de nous aider à faire reculer les rebelles à leur base initiale de façon à permettre la tenue du dialogue à Libreville pour résoudre la crise actuelle,


Il n'est pas question de les laisser tuer les Centrafricains, de les laisser détruire les maisons, piller les biens et nous demander le couteau sous la gorge d'aller à ce dialogue a ajouté le président. 

C'est un complot contre la République Centrafricaine, c'est un complot contre son peuple. (...) Tous les autres chefs d'Etat centrafricains ont connu cela : Boganda a été assassiné pour cela, Bokassa a été ramené au pays menottes aux poignets, Kolingba, Patassé ont connu cette situation, et aujourd'hui c'est au tour de Bozizé d'être menacé a-t-il martelé, faisant référence à des anciens présidents » (Centrafrique Presse).

 

BOZIZE donne l’impression de découvrir :

 

qu’il ne faut pas détruire, il n’a fait que cela depuis sa prise de pouvoir ;

 

qu’il ne faut pas piller, alors qu’avec les siens, ses enfants, sœurs, frères neveux, cousins et autres proches, il a méthodiquement mis le pays en coupe réglée ;

 

qu’il faut dialoguer dans la paix, sans « couteau sous la gorge », alors qu’il a allègrement piétiné tous les accords issus des différents dialogues qui ont émaillés son régime qui a érigé la violence et de la brutalité, entre autres, des méthodes de gouvernement ;

 

qu’il n’est pas bon de comploter, alors que la subversion a été la source de son pouvoir et demeure la source essentielle de son comportement à la tête du pays ;

 

que le sous-sol centrafricain regorge de richesse alors que

 

que tous ses prédécesseurs auraient tous été victimes de complot, notamment PATASSE, alors que celui-ci a précisément été victime d’un complot ourdi par BOZIZE lui-même qui n’a pas hésité à manger la main qui l’a nourri.

 

Nous réaffirmons notre opposition à toute prise du pouvoir par les armes.

 

Toutefois, il convient de reconnaître que SELEKA est la résultante d’une situation créée par le régime en place, dans la même veine, mais en pire que tous ceux qui l’ont précédé.

 

Au lieu de nous contenter de « faire la fine bouche » au regard de la crise militaro-politique grave que connaît notre pays, nous devons nous en saisir pour poser les bases d’un système tourné réellement vers la création de conditions d’une vie meilleure pour les Centrafricaines et les Centrafricains.

 

Sans dire que la rébellion constitue la voie idéale du changement, saisissons l’occasion même imparfaite que SELEKA nous offre pour pouvoir avancer ; mais prenons garde de donner à François BOZIZE une chance de se retourner et de reprendre ses esprits.

 

Donnons-nous aujourd’hui, sans tarder, les moyens de ne pas regretter d’avoir laisser passer uns telle opportunité.

 

Souvenons-nous à chaque instant que l’opposition démocratique qui se bat, il faut le reconnaître depuis de nombreuses années comme elle peut, n’a pu obtenir du régime actuel qu’indifférence et irrespect.

 

Prenons garde à ses esprits, bien-pensants et bonnes âmes, qui, convaincus d’être l’alpha et l’oméga des sciences politiques et confortablement installés dans leur canapé en cuir, seraient tentés de jeter un regard dédaigneux sur des Centrafricains qui n’ont certainement pas eu d’autre choix que de prendre les armes pour parvenir se rendre audibles.

 

Exigeons l’ouverture immédiate d’un dialogue avec une représentation exhaustive de toute la société civile centrafricaine.

 

Nous appelons en conséquence les Centrafricaines et Centrafricains à la vigilance et à la fermeté face aux manœuvres dilatoires déployées par ce régime honni dont les exactions ne sont plus à démontrer.

 

Le Secrétaire Général                                                                                      Le Président

 

 

 

 

Edouard BOMANHGAYEN                                                              Ignace OUNDA-MEYBI

bomanra@hotmail.fr                                                                         iom.avocat@orange.fr

 

 

Orléans le 28 décembre 2012                                                                                                                        

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 11:26

 

 

Kpamandhat.JPG

 

 

CENTRAFRICAINES, CENTRAFRICAINS, CHERS COMPATRIOTES


En ce moment délicat où notre maison, la République  Centrafricaine, est en feu ; où notre pays s’embrase dans une agonie qui ne semble laisser entrevoir la moindre issue, il est très difficile de garder certaines choses pour soi.


Le Président David DACKO (paix à son âme) assigné à résidence par BOKASSA dans son village de MOKINDA avait décidé de faire construire une petite école afin de scolariser ses enfants. Mon père, Monsieur Mathieu KPAMANDHAT sera donc le premier enseignant de cette école. Le Président DACKO remarquera très vite ce gamin de quatre ans que j’étais et me prendra sous sa coupe. J’ai été pomponné par la mère Brigitte DACKO et aux petits soins de la tante Jeanne IGNABODE.


Cette relation sera poursuivie au point de nous rencontrer souvent discrètement à chaque fois qu’il se retrouvait seul dans sa ferme d’AVICOM sur la route de Cattin.


Avant de mourir il me laissera un certain nombre de messages avec promesse de les transmettre le moment venu. Il me précisait aussi que je n’aurais aucune difficulté à reconnaitre ce moment.


J’estime aujourd’hui que le moment est venu de transmettre le premier message :


« Lors de la remise du pouvoir au Général André KOLINGBA (paix à son âme), tous les fils du pays m’ont traité de « FEMME ». Cette insulte m’est restée au travers de la gorge et je sais que je n’aurais pas le temps de répondre. Je ne suis qu’un homme et un jour je quitterais cette terre.

 Les Centrafricains ont-ils compris aujourd’hui le sens de mon geste ?

Ont-ils compris dans quel état la République Centrafricaine allait plonger ?

Ont-ils compris que les consignes du père de la Nation Barthélémy BOGANDA étaient de ne couler le sang d’aucun Centrafricain ?

Ont-ils compris que j’avais raison d’admettre que tout Centrafricain a le droit de prendre le pouvoir dans son pays et de le conduire dans le bon sens si ceci était la volonté de tous les fils du pays ; même si mon geste avait, en ce temps, susciter la colère des autres Chefs d’Etat de la sous- région?


SUIS-JE ENCORE UNE FEMME AUX YEUX DES CENTRAFRICAINS ? »


Je me passe de tout commentaire et je laisse chaque fils du pays méditer sur la question.


Dans les combats pour la démocratie des années 1990 à 1993, d’abord dans les CCCCN puis la CFD, j’ai encore eu la chance de gagner la confiance totale du Professeur Abel GOUMBA (paix à son âme) qui n’a pas hésité de m’ouvrir son cœur et de me livrer plusieurs faits. Comment ne pas saisir cette occasion de se rapprocher du deuxième héritier du Président Barthélémy BOGANDA  d’avoir ainsi sa version de la vision de cet illustre personnage qui demeure encore, à ce jour un mystère et dont les circonstances de la mort n’ont jamais été élucidées ?


Voici l’un des principales confidences qu’il me livrera un jour :


« Barthélémy BOGANDA, un jour dans son bureau m’avait dit qu’un vent très fort soufflera sur notre pays.  Ce vent viendra de cette direction (suivez mon regard). Les Centrafricains alors seront contraints de faire preuve de beaucoup de patriotisme pour réussir à redresser le pays ».


CHERS COMPATRIOTES


Je ne suis pas surpris par les évènements. Tous les ingrédients ont été réunis pour en arriver là. Et la situation est réellement explosive. Car ne nous faisons pas d’illusion.


Il n’y a que nous, Centrafricains, qui pourrons, si nous le voulons, le jour où nous le voudrons, redresser notre pays et personne d’autre. Sachons que la RCA a perdu toute importance économique et géostratégique et n’intéresse plus personne.


La guerre froide est terminée et la position stratégique de la RCA s’est évaporée


Les Américains, faisant semblant de nous appuyer dans la lutte contre la LRA, ont fini de surveiller le processus d’accession à l’indépendance du Sud Soudan

La RCA est enclavée et ne fait aucun effort de désenclavement


Toute la classe politique est pourrie et plus personne n’a l’esprit patriotique


Cette jeunesse sur qui le pays devrait compter, amenée par la misère, trahi sa noble mission qui est celle d’entreprendre le processus de succession et de changement réel de mentalité.


Le pouvoir de François BOZIZE vacille, par sa faute car il n’a pas su capitaliser toute la confiance et l’espoir placé en lui au lendemain du départ d’Ange Félix PATASSE (paix à son âme) en 2003. Mais une question reste posée.


DE QUOI SERA FAIT LE FUTUR DE NOTRE PAYS ?


Restons lucide ; nous sommes partis pour une autre grande aventure car nous ne savons pas grand-chose de ces hommes qui entendent renverser BOZIZE ; une vraie fausse alternative au pouvoir de BOZIZE comme disait l’autre, une unité d’apparence qui va très vite voler en éclat dès la prise de pouvoir et laisser la place à d’autres empoignades. Par ailleurs l’opposition démocratique est truffée d’hommes politiques, et pas les moindres, qui ont tous servi les différents régimes que nous décrions aujourd’hui, qui en ont même été les têtes pensantes. Les mêmes causes placées dans les mêmes conditions produisant les mêmes effets.


QUI SERA LE PRESIDENT DE LA RCA DE DEMAIN ?


Gardons espoir, ce qui arrive n’est pas une fatalité, un jour viendra où tout ceci rentrera dans les annales de l’histoire.


Comme il en est des moments dans l’histoire des peuples du monde, un jour viendra où une fille ou un fils de notre pays, conduit par son destin, rappellera la nécessité de rétablir la paix véritable et la sécurité, refaire l’unité nationale ébranlée par des tristes évènements, restaurer la confiance entre Centrafricains et la confiance de l’extérieur, créer les conditions pour la reprise économique et faire évoluer le pays par étapes vers la vraie démocratie.


 Malheureusement trop de Centrafricains y laissent la vie.


Quel dommage.


QUE DIEU BENISSE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE.

 

 

Arsène KPAMANDHAT  LETAMBA

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 15:43

 

 

 

bozize

 

http://www.fasozine.com   THURSDAY, 27 DECEMBER 2012 19:13


Le président centrafricain, François Bozizé, ne sait plus à quel saint se vouer, alors qu’une alliance de groupes rebelles a pris le contrôle des principales villes du pays. Avec une armée mal équipée et peu motivée pour barrer la route à la rébellion, le chef de l’Etat ne peut même pas activer le fameux accord de défense qui avait longtemps servi à la France de sauver des régimes africains en décrépitude. 

 

Son appel à François Hollande a reçu une réponse sèche et sans ambages. «La France va intervenir pour protéger ses ressortissants et ses intérêts et non pour sauver un régime», a martelé en substance le président français. Et lorsqu’il ajoute que «ce temps est révolu», la réponse de «l’ami français» sonne comme le chant du cygne pour un président centrafricain désormais pris dans l’étau d’une rébellion plus que sûre d’elle-même. Mais la solution à la crise centrafricaine consiste-t-elle à laisser les rebelles mettre fin au règne calamiteux de Bozizé?

 

On comprend que François Hollande ne veuille pas répéter des errements du passé qui ont éclaboussé l’image de la France. Mais l’alternance politique et la démocratie dont rêve l’Afrique ne peuvent advenir à n’importe quel prix. Surtout pas au bout d’une rébellion aussi forte soit-elle face à un régime qui n’a rien fait pour crédibiliser les institutions de la République. Il sauver la Centrafrique à la fois de Bozizé et d’un autre pouvoir qui s’installe par la force des armes. Cela, aussi bien dans l’intérêt de la France que dans celui des organisations africaines.

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 21:49

 

 

 

bozizebangui.jpg

 

 

LE 28 DÉCEMBRE 2012 14H19 | PAR VINCENT HUGEUX  http://blogs.lexpress.fr/afrique-en-face/2012/12/28/rca-bozize-aux-abois


Un SOS tous azimuts. Isolé, menacé en son palais banguissois de la Renaissance par les rebelles de la Séléka, le général-président François Bozizé en appelle à tous ses parrains et protecteurs d’hier. A commencer par les « cousins » français et nord-américains. Mauvaise pioche. Les 250 militaires bleu-blanc-rouge stationnés sur l’aéroport de la capitale, tient à préciser François Hollande, ont vocation à protéger « nos ressortissants et nos intérêts », et non « un régime » ; hors de question « d’intervenir dans les affaires  intérieures d’un pays ». « Un régime », « un pays »: l’un et l’autre seraient-ils à ce point innommables ? Quant aux Etats-Unis, ils ont tout bonnement fermé leur ambassade.


N’accablons pas -du moins pas encore- le chef de l’Etat aux abois. Si elle semble enfin révolue, la martingale du sauvetage postcolonial ne l’avait jusqu’alors jamais trahi. Paris bénit en mars 2003 le putsch fatal au calamiteux Ange-Félix Patassé. Et sauvera la mise à l’ami « Boz » en 2006, quitte à bombarder deux villes fraîchement conquises par les insurgés de l’UFDR. Une autre figure de style françafricaine contribuera à entretenir l’illusion de l’assurance-vie perpétuelle : le ballet des généraux d’active ou retraités bien de chez nous mandatés pour conseiller le frère d’arme et encadrer sa garde prétorienne. Uranium, diamants, or, télécoms : d’autres « sorciers blancs », rarement mûs par le seul altruisme, perpétueront la chimère. Le plus pittoresque du lot ? Armand Ianarelli, un homme d’affaire corse, patron, entre autres, de la salle de gym ou Bozizé s’échine à garder la forme et la ligne. De même, au long de la décennie écoulée, le fils de gendarme natif de Mouila (Gabon), passé par l’Ecole de guerre hexagonale, a misé sur maints alliés -rarement désintéressés- pour étayer son pouvoir chancelant. Tchad, Libye, Afrique du Sud, Israël, Soudan, RDC, Chine. Tous auront, chacun à sa façon, fournit au roitelet de Bangui des béquilles sécuritaires ou budgétaires.


Franc-maçon, promu voilà peu « évangéliste suprême » de l’Eglise du christianisme céleste-Nouvelle Jérusalem, dont il fonda en 2001 le chapitre centrafricain, entouré par une coterie de pasteurs venus du Bénin, Bozizé a pu longtemps croire en sa bonne étoile. Remarqué par le grotesque Bokassa Ier, pour avoir selon la légende boxé un légionnaire français coupable de raillerie envers l’impérial Jean-Bedel, le jeune François se voit promu aide de camp du boss et général de brigade à 32 ans. Ministre de l’Information, il tente en vain en 1982 de renverser André Kolingba. Embastillé au retour de son exil béninois, il échappe in extremis à une tentative d’assassinat dans sa cellule.


Son piteux score, lors de la présidentielle de 1993, lui vaudra le sobriquet de « Monsieur 1% » ? Qu’à cela ne tienne : quoique taiseux et médiocre orateur, l’homme de Dieu ne doute pas de son destin. Chef d’état-major de Patassé, il orchestre en 2001 un nouveau coup d’Etat foireux, fuit au Tchad puis en France. La troisième tentative, deux ans plus tard, sera en revanche couronnée de succès. Fraudes à l’appui, les scrutins de 2005 puis 2011 feront le reste.


Musée vivant des maux du continent, la République centrafricaine n’a jusqu’alors échappé à aucun des travers qui sapent son essor : alternances en treillis de combat, élections truquées, insigne faiblesse de l’Etat, corruption, clientélisme, népotisme… Charité bien ordonnée commençant par moi-même, le reclus de Bangui a toujours privilégié son ethnie gbaya et sa descendance. Avec un bonheur inégal. S’il peut miser sur son aîné Jean-Francis, ancien adjudant de la Légion et ministre délégué à la Défense,  papa Bozizé a dû sévir contre Kévin, mis à l’ombre pour avoir omis d’acquitter une coquette note d’hôtel. Recalé d’une formation militaire à Tours, Aimé-Vincent fut quant à lui expédié en pénitence dans la ville-garnison de Bouar. A l’inverse, nous apprend La Lettre du Continent, le prénommé Socrate serait de toutes les virées à l’étranger. Le père, les fils et le Saint-Esprit… Lors des législatives de janvier 2011, la famille a d’ailleurs raflé un petit cinquième des sièges : parmi les élus, le chef du clan et la Première Dame Monique, flanqués de quelques rejetons ou neveux. Qui préside alors la Cour constitutionnelle ? Un cousin, par ailleurs pasteur de l’Eglise baptiste.


Le 26 novembre, à la faveur d’un culte d’action de grâce, l’évangéliste suprême a invité ses compatriotes à demeurer dans la prière, à l’image de Job, pour surmonter les difficultés et attendre le salut. Dieu, pour peu qu’Il en trouve, reconnaîtra les siens.

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 21:31

 

 

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Les embrouillaminis de Bozizé

 

La terreur infligée par François Bozizé et sa galaxie à la population centrafricaine en général et l’intelligentsia, le secteur privé et l’armée est sur le point de partir en fumée. L’avancée fulgurante de la coalition des rebelles dite « Séléka » confirme l’impuissance de la bozizie et tous ses généraux et conseillers réunis. Il n’y a pas de boucs émissaires à se chercher en accusant la France et les Etats-Unis qui ont toujours été au chevet du peuple centrafricain sous la tyrannie de Bozizé. Avant et après le Dialogue Politique Inclusif depuis 2007, les recommandations ont été appliquées sur mesure. Le fameux Comité de Suivi des Recommandations du Dialogue Politique Inclusif présidé par Henri MAÏDOU n’a toujours pas des informations sur la disparition d’un des politico-militaires qui y siégeait et était gardé au camp de la MICOPAX. C’est aussi l’arrestation de Jean-Jacques DEMAFOUTH accusé de préparer un coup d’état. Avec sa stratégie de débauchage des membres de l’opposition assoiffés de poste ministériel ou de se faire appeler « anciens ministres » puisqu’il finit toujours par les mettre sur le banc de touche. Aujourd’hui, Bozizé se permet de faire appel au dialogue lorsqu’on sait qu’il n’a plus le contrôle du territoire.


La bozizie croyait multiplier des exactions dans le pays afin de faire asseoir sa suprématie sur la République Centrafricaine et gouverner à vie en modifiant aisément la Constitution de la République. Avec la progression du Seleka, Bozizé nie avoir la moindre intention de modifier la constitution . Tout se passe comme si Bozizé avait perdu tous ses sens et qu’il ne fait que se réveiller lorsque la situation est déjà pourrie avec un pays ingouvernable sur le plan sécuritaire. Et s’il suivait les alertes de la presse ?

 

Les illusions de Bozizé

 

Bozizé a encore en lui les vieux souvenirs de sa présence de Garde corps rapproché auprès de l’ex empereur Jean Bedel Bokassa 1er juste au lendemain des indépendances africaines. Ce dernier qui a eu les illusions qu’il pouvait s’éterniser au pouvoir. Il est enfin mort plus tard dans des conditions déplorables pour un ancien Chef de l’Etat et qui se dit au surplus empereur. Et si la lecture de l’histoire récente de la République Centrafricaine pouvait leur prodiguer conseil ? Hélas, tout se passe comme si le pouvoir et l’argent les ont aveuglés s’ils n’ont pas été simplement à mesure de mieux gouverner. C’est d’ailleurs, juste pour la simple raison que c’est le hasard de l’histoire qui a conduit ce général d’opérette de François Bozizé à parvenir au pouvoir sans bavure et ses garçons en majorité militaires qui passent leur temps à sucer des bonbons dans la voiture comme des gamins surtout Papy qui en est le friands. Les contextes ne sont plus les mêmes aujourd’hui.

 

Bozizé le « boucher »

 

Bozizé se fait appeler « boucher » ou encore « dépeceur » de ses compatriotes surtout ceux qui dénoncent sa politique machiavélique. En effet c’est la départ en exil, les arrestations arbitraires, les déportations à des destinations inconnues si ce n’est pas vers ses prisons spéciales. Et c’est l’assassin de Bozizé qui se sentant en danger appel au dialogue. C’est là où le suspect plane lorsqu’un meurtrier est brusquement animé de l’Esprit Saint et sain. Il y a de quoi à se poser mille questions. Ne va-t-il pas changer de direction lorsque les hostilités auront cessé ?

  

On aura retenu de Bozizé et ses sbires que son règne ne s’est limité qu’à Bangui puisque presque les provinces de la République Centrafricaine vivent sans protection de l’Etat. Les centrafricains sont exposés à tous dangers quelques soient les origines.


La boziziephobie n’est que pure illusion. François Bozizé, ses enfants les plus délinquants des fils des chefs d’état au monde et tous ceux qui gravitent autour d’eux pour des miettes font désormais des calculs pour leur retour ou départ en exil ou alors pactiser avec les assaillants. Mais ils doivent rendre compte de leurs actes.  

 

La jeunesse n’est pas un bouclier humain

 

Bozizé n’a pas honte de l’exode forcé de la jeunesse centrafricaine vers Brazzaville en République du Congo à la recherche de la pitance. Bozizé n’a pas honte de son incurie et ose parler d’une agression extérieure. Bozizé n’a pas honte de son projet machiavélique du recrutement clanique dans les rangs de des FACA et tourné en vinaigre. D’où son buste a été déboulonné et enterré au cimetière de Ndress de son vivant. Il lance un appel à la jeunesse pour le rejoindre dans la bataille contre la rébellion Seleka. De quelle jeunesse pense-t-il ? « La Jeunesse debout. Toi seule tu dois veiller sur ton pays car si tu as peur, ce sera ton problème car je ce que je fais est pour vous, je me bats pour vous… », scande Bozizé à la jeunesse.


Si c’est la jeunesse centrafricaine, il faut dire qu’elle a été sauvée de justesse par la maladresse de Francis Bozizie aux ordres de son père de président. Ces jeunes qui devraient être lancés au front comme agneaux sur l’autel des holocaustes. Qu’il cesse de nous divertir avec ses discours coupés des réalités vécues par les jeunes centrafricains sous son régime. C’est le règne le plus médiocre au plus pire des cas absolument nul que la Centrafrique aura connu. La boziziphobie est à son début de la fin…


Wait and see.

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 12:51

 

 

 

Boz centrafrique

 


Dans son for intérieur, au rythme de la marche victorieuse des insurgés, BOZIZE sait que pour lui c'est fini. Mais en chef militaire, il joue le pourrissement. Il espère que SELEKA et ses alliés finiront par s'épuiser, faute de moyens, de logistiques, de cohésion et de volonté. Il cherche désespérément à gagner du temps. En face, le défi pour les tenants du changement de régime, c'est de déboucher rapidement sur une bonne sortie de crise. Il n'y a pas de bonne sortie de crise sans le départ du pouvoir de Bozizé et sa clique. Tout est négociable sauf Bozizé et franchement pourquoi négocier avec quelqu'un qui n'a plus le pouvoir. Le départ de Bozizé du pouvoir est non négociable. Cette solution est à portée de main. On note chaque jour et de plus en plus la désertion des principaux collaborateurs de Bozizé qui quittent le navire en pleine tempête. Ni Bozizé ni le KNK n'enregistrent des ralliements. Ils ne sont plus fréquentables, on s'éloigne d'eux. Leur lot quotidien, ce sont les mauvaises nouvelles, la désertion dans le camp militaire, la fuite des familles des dignitaires, etc. Bozizé est sur la défensive, assiégé, dos au mur, démoralisé, fatigué. Il envisage le suicide selon son entourage immédiat. Il vit l'expérience de l'isolement. C'est un général sans troupe, abandonné par les siens et les réseaux occultes. Il faut le pousser dans ses derniers retranchements martèle un des chefs de la coalition des rébellions Séléka qui annonce la fin imminente du régime sanguinaire et dictatorial de Bozizé.


Le départ de Bozizé est non seulement à portée de main mais il est nécessaire au retour de la paix en République Centrafricaine et la sérénité dans la région CEEAC.


C'est la bonne issue, il faut qu'elle soit acceptée et appuyée par les institutions sous-régionales, panafricaines et internationales.


On ne négocie pas la sortie de crise avec Bozizé et son clan, il faut le sommer de quitter immédiatement le pouvoir. Négocier avec Bozizé est une perte de temps inutile. Ce n'est pas un homme de parole. Il ne tient pas ses engagements. Il n'écoute personne et ne fait qu'à sa tête. Il s'arrange avec la vérité et ne fait que ce qui l'arrange. Il est prêt à mourir pour défendre son intérêt particulier et celui de son ethnie. Il s'en fiche royalement de l'intérêt général et du peuple qui ne sont que les cadets de ses soucis.


Les occidentaux doivent soutenir l'opposition politique et les politico-militaires à se défaire de Bozizé et son clan qui a mis le Centrafrique en coupe réglée. Il faut solliciter d'urgence le soutien de l'Union Africaine et l'aide militaire de l'armée française.


Le départ de Bozizé est la pierre angulaire de toute négociation. Le départ de Bozizé du pouvoir ne doit pas faire partie de la négociation. Il doit être accepté dans son principe avant qu'elle ne s'engage, ce qui permettra de consacrer la négociation de la répartition des pouvoirs post-Bozizé.


Si Bozizé s'obstine avec sa clique, il faut consentir plus d'énergies et d'efforts pour les mettre hors d’état de nuire afin de préserver la paix et le dialogue en Centrafrique. C'est une thèse partagée par nombre de compatriotes de l'intérieur et de l'extérieur de la République Centrafricaine. Tout doit être mis en place pour que cet objectif soit atteint avant la fin de l'ultimatum des chefs d'état de la CEEAC car le pourrissement sert le camp Bozizé.


Le pouvoir est dans la rue. Il faut le prendre. Où Bozizé peut-il aller ? Il n'y a pas d'autres alternatives, il quitte le pouvoir et se rend à la justice.

 

Ngoukomba

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