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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 00:56

 

 

 

Bozizé et ses partisans

 

 

http://www.dw.de 


La Centrafrique est un pays qui fait rarement parler de lui dans la presse allemande. Mais en ce début 2013, il occupe une bonne place dans les journaux.


Cela bouillonne au coeur de l'Afrique, écrit le Tagesspiegel de Berlin. Après la reprise de la guerre civile dans l'est de la République démocratique du Congo, la République Centrafricaine voisine est le théâtre d'une rébellion dont souffre principalement la population civile dans ce pays misérable. Depuis des années le gouvernement centrafricain est régulièrement confronté à des insurrections et des rébellions. En dehors de Bangui, la capitale, il n'a pratiquement plus aucune influence. François Bozizé, note le journal, avait été plutôt bien accueilli par la population après son coup d'Etat contre Patassé en 2003. Mais très vite le vieux schéma du clientélisme ethnique a repris le dessus à Bangui. Et si François Bozizé a largement gagné les élections de 2005 et 2011, les tensions dans le pays n'ont jamais diminué. Pour la Süddeutsche Zeitung, la rapide avancée des rebelles en si peu de temps est sans doute un indice du degré de sous-équipement et de démoralisation de l'armée centrafricaine. La crise est en outre révélatrice de la fragilité du pays, l'un des moins développés au monde. En tant que voisine du Soudan, du Soudan du sud et de la République démocratique du Congo, la République Centrafricaine est de surcroît située dans une région extrêmement instable.

 

Selon die tageszeitung, François Bozizé est précisément aidé par son grand voisin du sud, la RDC. Selon la rébellion, note le journal, 300 militaires de la garde présidentielle congolaise ont été envoyés à Bangui. Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, a confirmé leur stationnement en Centrafrique, mais souligné que cet effectif était présent depuis près de trois ans dans le cadre de la FOMAC, la force multinationale d'Afrique centrale. Or selon les rebelles et une partie de l'opposition ce sont en revanche des unités toute fraiches. Une intervention officielle du président congolais Joseph Kabila en faveur de Bozizé réveillerait de sinistres souvenirs, écrit le journal. Il y a dix ans des troupes congolaises étaient déjà à Bangui pour protéger le président Ange-Félix Patassé d'une rébellion dirigée par François Bozizé. L'ancien rebelle et plus tard vice président congolais Jean-Pierre Bemba les avait envoyés. Il est jugé maintenant par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre présumés, commis par ces soldats.

 

Les nouvelles rebellions africaines


La Centrafrique n'est donc pas le seul pays en Afrique à connaître une rébellion. C'est précisément ce qui inspire une longue réflexion à die tageszeitung, qui écrit ceci: Des miliciens et des rebelles lourdement armés, sur des camions et des pick-up, qui filent à travers la brousse et arrachent une localité après l'autre au contrôle de l'Etat: ce phénomène a marqué l'Afrique en 2012 - des combattants touaregs et des islamistes dans le Nord-Mali aux rebelles du Séléka en Centrafrique en passant par le M23 en République démocratique du Congo. Ces nouveaux guerriers de l'Afrique remportent des victoires spectaculaires qui peuvent ensuite s'évaporer tout aussi rapidement. Ils rappellent à quel point l'ordre africain post-colonial repose sur des pieds d'argile. Ce rappel, poursuit le journal, arrive au bon moment. L'image traditionnelle de l'Afrique comme continent des crises et des catastrophes a été trop vite remplacée, dans la perception internationale, par une nouvelle image, celle d'une Afrique comme continent des espoirs et des opportunités. Autrefois c'étaient les réfugiés et les affamés qui faisaient les grands titres, aujourd'hui ce sont les taux de croissance et les records à l'exportation. En vérité, souligne le journal, il n'y a pas de contradiction entre les deux images. Certaines régions d'Afrique connaissent un boom économique, d'autre un boom des conflits. Les acteurs sont parfois identiques et les deux phénomènes sont plus profondément liés que ne veulent l'admettre les afro-pessimistes comme les afro-optimistes. Et la TAZ poursuit plus loin par cette réflexion: plus l'essor de l'Afrique est rapide, plus la concurrence s'aiguise entre les gagnants potentiels et plus ils ont de moyens à leur disposition pour se livrer cette concurrence par les armes.

 

Mugabe s'accroche au pouvoir


Des troubles sanglants, le Zimbabwe en a également connus aprés les élections générales de 2008. La presse allemande craint que cela ne se repète à l'issue des prochaines élections. La date n'est pas encore connue, note la Süddeutsche Zeitung, mais le président Mugabe veut qu'elles aient lieu rapidement, au plus tard en juin. Sa campagne électorale a commencé depuis longtemps. Et la peur que le pays ne replonge dans le chaos va en s'amplifiant. Car depuis les troubles de 2008, le pays s'est vu imposer un compromis: sous la pression internationale, Mugabe, qui est au pouvoir depuis 1980, a été forcé d'accepter un gouvernement d'union nationale avec le MDC de l'opposant Morgan Tsvangirai. Depuis, c'est plutôt le statu quo qui gouverne. Robert Mugabe, l'ancien combattant pour la liberté devenu autocrate, aura 89 ans en février. Qu'il soit pressé d'organiser des élections tient peut-être à son grand âge. Mais les défenseurs des droits civiques exigent l'application préalable de réformes importantes.

 

Enfin l'afflux de Portugais en Angola fournit un autre sujet à la presse allemande. Plus de 100 000 Portugais ont trouvé refuge dans leur ancienne colonie pour fuir la crise de l'euro et la politique d'austérité de leur gouvernement. Et cela donne, lit-on dans la Süddeutsche Zeitung, cette caricature dans un magazine angolais. Première scène, elle se déroule il y a 20 ans, un Angolais, sa valise à côté de lui, prend congé de sa femme: "bonne chance, je pars au Portugal travailler dans le bâtiment". Deuxième scène, c'est un Portugais cette fois qui dit à sa femme "Bonne chance, je pars en Angola travailler dans le bâtiment". Les espoirs, poursuit le journal, sont souvent déçus. Dans le bâtiment justement, l'afflux d'ingénieurs portugais est si grand que les salaires qui leur sont payés ont diminué de moitié par rapport à ceux d'il y a deux ou trois ans. Luanda passe après Tokyo pour la ville la plus chère au monde pour les étrangers. L'eau minérale est importée du Portugal, les légumes d'Afrique du sud - une économie artificielle alimentée par le pétrole et les diamants et une corruption qui confine au grotesque.

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 18:18

 

 

Am Nondroko Djotodia

Michel Djotodia 

 

le 4 janvier 2013 15H51 | par Vincent Hugeux


Le Seleka, combien de divisions ? La coalition rebelle qui, ayant conquis sans coup férir les deux-tiers nord de la République centrafricaine (RCA), campe à 160 km de Bangui, apparaît comme un attelage hétéroclite et mystérieux à l’ossature incertaine, secoué de plus par les divergences tactiques et les rivalités d’ego. Point de commandement militaire unifié, pas davantage de direction politique cohérente, mais une foultitude de « commandants » autoproclamés ou de « porte-parole », tous « officiels » et souvent exilés. Un signe : ce vendredi, le plus connu et le plus médiatique d’entre eux, Eric Massi, a indiqué à  l’AFP, depuis son refuge parisien, n’être « pas au courant » de l’ouverture imminente, sous l’égide du Congolais Denis Sassou Nguesso, de pourparlers à Libreville (Gabon). Pourparlers pourtant annoncés par la Communauté économique des Etas d’Afrique centrale (CEEAC), qui le cite parmi les dix émissaires de l’insurrection. Les initiatives du fils adoptif de l’ancien ministre dissident Charles Massi, décédé en détention dans des circonstances plus que suspectes en 2010, suscitent d’ailleurs d’amers griefs. François Nelson Ndjadder, héritier quant à lui d’un général, ex-titulaire du portefeuille de l’Intérieur assassiné en 2001, lui reproche de « rouler pour lui-même » et d’avoir annoncé voilà deux jours, sans consulter les « chefs d’état-major » de terrain -au nombre de quatre semble-t-il-, la « suspension » de l’offensive rebelle. Suspension motivée pour l’essentiel par la mise en garde de la Fomac, force interafricaine d’interposition récemment renforcée, résolue à interdire tout assaut sur la capitale. Si seleka signifie « alliance » en langue sango, nul doute que l’union reste un combat…


Au fil des jours, d’autres noms ont émergé des rangs de la rébellion. A commencer par ceux de Michel Djotodja, présenté comme son « chef », Moussa Mohamed Daffane et Younous Adim Birema. Lequel serait, selon les autorités de RCA, le fils d’un imam de quartier de Bangui, et aurait été formé à l’Université islamique de Médine (Arabie saoudite).  

 

Soucieux de discréditer le Seleka, notamment aux yeux de l’Occident, le clan du président aux abois François Bozizé accuse certains de ses meneurs d’être inféodés au wahhabisme, version ultra-rigoriste de l’islam sunnite, d’obédience saoudienne, et soutient que les soldats perdus des conflits du Darfour et de Libye ou de factions tchadiennes fournissent le gros de leurs troupes. Sans pour autant, à ce stade, avoir livré de preuves convaincantes.


Les dissensions au sein du Seleka constituent à l’évidence, et faute de mieux, le meilleur atout de « Boz ». Lequel vient de procéder à une vigoureuse reprise en main d’une armée frappée par l’opprobre de la débâcle, quitte à sacrifier son fils Jean-Francis, relevé de ses fonctions de ministre délégué à la Défense pour « nonchalance », ainsi que le chef d’état-major Guillaume Lapo. Sur le front politique, l’ « évangéliste suprême » de l’Eglise du christianisme céleste-Nouvelle Jérusalem, qui a senti le vent du boulet, lâche du lest. Ecoutant en cela non seulement les appels du Seigneur, mais aussi ceux de Paris, il promet la formation d’un « gouvernement d’union nationale » et jure de ne pas briguer un nouveau mandat en 2016, terme du mandat en cours. Sur les bords de Seine, on souhaite vivement que les négociations censées s’engager dimanche au Gabon associent au processus, aux côtés des émissaires rebelles, les chefs de file de l’opposition légale, tels les anciens chefs de gouvernement Martin Ziguélé et Jean-Jacques Demafouth. L’un et l’autre candidats malheureux au scrutin présidentiel remporté en janvier 2011, fraudes à l’appui, par l’ex-putschiste Bozizé. En RCA comme ailleurs, voire plus qu’ailleurs, l’Histoire se mord la queue.

 

Source : http://blogs.lexpress.fr/afrique-en-face/2013/01/04/rca-une-rebellion-cacophonique/

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 16:36

 

 

 

Bozizé et ses partisans

 

 

 

 

PRESERVONS LA PAIX, L'UNITE ET LA CONCORDE NATIONALE!

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Centrafricains, Centrafricaines,

Mes chers compatriotes,

 

         La confusion générale dans laquelle se trouve plongée la République centrafricaine en ce moment, appelle à la hauteur de vues, afin de mettre ensemble nos intelligences et nos volontés au service de la population, pour nous soustraire rapidement de la pente glissante qui nous entraîne inévitablement vers le chaos.

 

         Au-delà des divergences d’opinions, l’exigence d’une unité nationale recommande le dépassement des positions figées à ce jour, afin de parvenir à un consensus nécessaire, ouvrant ainsi, la voie de la reconstruction de notre pays, inscrit dans l’immobilisme depuis des décennies et abandonné aux mains de lobbies pour assouvir des intérêts partisans.

         A la lumière triste de ces évènements, nous dénonçons les visées iconoclastes des lobbies qui sévissent sur notre territoire au détriment des intérêts propres à sa population, la privant du droit légitime à disposer de sa terre, de ses ressources vitales, de ses traditions et cultures qui sont dévoyées ou mises en cause.

 

         Le constat est amer et cinglant: Nous avons échoué!!

 

         Uni au peuple tout entier, je mesure avec tristesse et stupeur comment l'exercice arbitraire du pouvoir a livré le pays à des graves incertitudes et multiples dangers : misères, insécurités et désolation l'ont porté au bord du gouffre ; ruiné et divisé par un pouvoir absolutiste, prévaricateur et incompétent. La nation toute entière est plongée dans la désespérance.

 

         Comme dirait un grand homme d'Etat de son temps: "De mémoire de centrafricain, jamais notre pays n'a vu ses enfants se livrer aux affrontements fratricides de cette intensité."

 

         A l'opposé des autres nations continentales, l’entrée à demi pas de la République Centrafricaine dans la démocratie et la promotion du développement au service de la nation est un échec notoire, à tel enseigne, que la démocratie acquise depuis bientôt 20 ans n'est aujourd'hui qu’une anarchie et l'Etat de droit, une illusion. Notre armée, jadis fière de ses soldats, est aujourd'hui plus qu'une chimère moribonde.

 

         Nous avons échoué et nous devons en tirer toutes les conséquences afin de garantir un futur au peuple et à la nation centrafricaine.

 

         C’est pourquoi, moi, Arthur Kolingba, j’appelle chacun d’entre vous à se ressaisir et à s'unir afin de construire ensemble notre très chère nation.

 

         En effet, j’invite la rebellions, les mouvements politiques, le gouvernement ainsi que les forces internationales présentes, à ne pas tomber dans la barbarie aveugle de massacres de notre population en justification d’une cause, qui ne saurait autre que, le bien être de ce même peuple dont on vient de commettre un acte criminel!

 

         Sans justification aucune, et en défaut de porter une compréhension à l’actuelle situation difficile, Je demande au chef de l’Etat d’assouplir sa position pour offrir une perspective d’avenir à notre peuple, et la sauvegarde de l’unité de notre patrimoine commun : la République Centrafricaine !

 

         J'en appelle à la rébellion, dans sa volonté de souffler un air nouveau d’un véritable changement en Centrafrique, d’associer tout le peuple centrafricain dans un projet de société de paix, de développement et d'intégrité territoriale. Lesquels projets, que je considère comme unique ingrédients susceptible de permettre une sortie de crise digne pour notre nation.

 

         J'en appelle, dans cet esprit de rassemblement des forces vives de la nation,  à toutes les filles et tous les fils de Centrafrique, épris des idéaux de paix, d'unité et de progrès, quelles que soient leurs origines, d’apporter leurs concours pour pouvoir mener, ensemble, ce combat pour la reconstruction de notre pays et la lutte contre la tyrannie, l'oppression et la misère comme objectif final.

 

         J'affirme qu'il serait grotesque de croire que nous n'avons pas la possibilité de relever les défis actuels d'une reconstruction à cause des désordres qui s'affichent, générés par des affrontements inutiles autant que suicidaires pour le pays et qui sembleraient irrémédiables. Unis nous pouvons relever le défi!

        

         Avec fierté, nous disons que le travail, la dignité et l'unité de la patrie doivent enfin réveiller notre conscience nationale et que ces vertus sont en nous tous et en chacun de nous. Il faut aujourd'hui plus qu'hier encore retrouver leur sens et leur vérité fondamentale.

 

 

Vive notre Nation, vive la République Centrafricaine !!

 

 

Paris, le 03 janvier 2013.

 

 

Capitaine Arthur KOLINGBA

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 23:14

 

 

FOMAC Tchadiens à damara

 

Afrik.com   VENDREDI 4 JANVIER 2013 / PAR ASSANATOU BALDÉ

 

Pour la énième fois, la Centrafrique vit une grave crise. Les rebelles du Séléka, qui contrôlent les trois quart du pays, réclament la démission du président Bozizé. Les Centrafricains, eux, vivent quotidiennement dans la peur. Epuisés par les soubresauts récurrents de leur pays, ils sont nombreux à réclamer l’intervention de la France pour sortir leur pays de l’impasse. Afrik.com a recueilli leurs témoignages.

 

La peur. Les Centrafricains la ressentent tous. Elle est encore plus présente, en raison de la crise actuelle. Il est toujours difficile de les emmener à se livrer sur la situation de leur pays. La plupart refuse de parler de la politique et du régime en place par peur des représailles et d’être mis sur écoute. Ici, pas question d’émettre la moindre critique contre le président Bozizé. Certains ont néanmoins osé se confier, à condition toutefois qu’on modifie leurs noms.

Epuisés par les troubles qui touchent régulièrement leur pays, les centrafricains sont à bout de souffle. « La Centrafrique est une jungle ! Rien ne va ici. Nous sommes fatigués de ces crises politiques à répétitions ! Tous les cinq, huit ans, c’est la même chose ! », fustige Dolomo, 32 ans, étudiant en sciences économiques et sociales. « Quelle est la raison de ces nouveaux troubles ? On ne le sait même pas », questionne le jeune homme. Le plus grave, selon lui, « c’est que les Centrafricains ne savent pas pourquoi est ce qu’il y a des échauffourées, des manifestations un peu partout dans le pays ! ».

Comme certains de ces compatriotes, Dolomo est aussi prêt à soutenir les rebelles s’ils ont un projet précis pour sortir le pays de ce bourbier : « En Afrique, il y a partout des révoltes, mais les raison sont claires sauf en Centrafrique. Les rebelles n’ont qu’à dire leurs revendications ! Le problème est que les Centrafricains ne savent pas régler les problèmes autrement que par la brutalité, ce qui cause des dommages énormes au pays et retarde son développement ». Il pointe aussi du doigt le manque de conscience politique des étudiants, censés tirer le pays vers le haut : « Chacun reste dans son coin. Personne ne veut se mêler de la politique par peur de la répression du régime ! »

Les activités économiques sont ralenties. Les rues de Bangui, la capitale du pays, sont très peu peuplées. « Il y a des gens qui ne vont même plus au travail ! Les magasins sont fermés, c’est effrayant », constate Christ, 28 ans, étudiant en sciences politiques. « Nous avons peur que les rebelles s’en prennent à nous, qu’ils arrivent sur Bangui. Nous voulons la paix, des négociations », affirme ce pasteur de 30 ans ».

« L’islamisation guette la Centrafrique »

Cette insécurité galopante ne rassure guère les Centrafricains, malgré les mesures prises par le président Bozizé, qui a repris la main sur l’armée, après avoir limogé son fils au ministère de la Défense et le chef d’Etat-major. Nombre d’entre eux estiment que la France doit intervenir pour mettre un terme à l’imbroglio politique. C’est le cas de cette assistante de direction de 32 ans : « Nous vivons constamment dans l’angoisse, c’est une peur bleue. Nous sommes des enfants de la France. Nous souhaitons qu’elle intervienne. Il faut qu’elle réagisse ! Comme ça nous serons plus rassurés. »

Même son de cloche pour ce pasteur de 42 ans, qui a quitté récemment la ville de Bambari, sous le contrôle des rebelles, pour Bangui. « La France doit intervenir ne serait-ce que pour protéger les institutions du pays ! » Le pasteur va même plus loin. Selon lui, « un terrible danger guette la Centrafrique à majorité chrétienne : l’islamisation » La plupart « des rebelles du Séléka sont musulmans. Il y a une main extérieure qui est derrière eux. Ils sont originaires de plusieurs nationalités. Certains viennent de Libye, du Soudan, du Tchad », affirme-t-il. « Nous vivons dans l’angoisse. Nous vivons la conquête de l’islam en Centrafrique ! », renchérit-il. D’après lui, « chaque fois que les rebelles sont arrivés dans les villes qu’ils ont prises, ils ont tout détruit : les gendarmeries, les mairies, sauf les boutiques tenues par les musulmans. »

Kaleb, 28 ans, salarié au sein d’une ONG, qui lutte contre le sida, « condamne aussi vivement l’action des rebelles. La paix doit revenir au plus vite dans le pays », estime le jeune homme. « Il est très facile de manipuler la population à majorité analphabète et vivant de l’agriculture. Tous nos partenaires sont en train de partir ! Les Centrafricains ne veulent plus qu’on règle les problèmes par les armes. Même si le régime a des défaillances ce n’est pas la solution ! » Selon lui, « la Centrafrique est encore devenue plus pauvre qu’avant. Les Centrafricains ne mangent pas à leur faim et vivent en majorité en dessous du seuil de pauvreté ! Ils ne mangent qu’un repas par jour ! Et n’ont même pas un dollar par jour pour subvenir à leurs besoins ». Les routes et les hôpitaux sont dégradées, ajoute-t-il. « En Centrafrique on ne vit pas, on survit ! » Une phrase qui résume bien, selon lui, la situation de son pays.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 02:06

 

 

 

Bozize-Yangou.JPG

 

 

La situation militaro-politique dramatique à l’issue incertaine qui prévaut en République Centrafricaine depuis le 10 décembre 2012, a pour unique responsable le Général François BOZIZE alias « l’homme du sursaut patriotique du 15 mars 2003 ». Aujourd’hui, le mal  centrafricain est François BOZIZE, arc bouté sur la convergence KNK, une coterie  truffée d’hommes politiques opportunistes, affairistes, corrompus, prédateurs et escrocs. Ces rejetons, Francis, Djo Djo, Kevin, Rodrigue, Papy, Socrate excellent dans les opérations d’extorsion de fonds, de détournements de femmes d’autrui, d’enlèvements de personnes, de disparitions et d’assassinats de personnes, des intimidations et de multiples atteintes aux droits de l’homme.


François BOZIZE n’a jamais été crédible. Il n’a aucun respect de la parole donnée. Ce n’est pas dans sa culture voire son éducation. Il a l’habitude de faire des promesses, de prendre des engagements solennels et de ne jamais les respecter.


La preuve, depuis son arrivée barbare à la tête de notre pays le 15 mars 2003. Il avait promis qu’il ne serait pas candidat en 2005, à l’issue de la transition, promesse qu’il n’a pas tenu et qui n’avait engagé que ceux qui y avaient cru comme des enfants de chœur la main sur le cœur. Aujourd’hui, il est encore président de la République.  


BOZIZE a pris solennellement des engagements lors du dialogue national de 2003 et du dialogue politique inclusif de 2008 sans jamais leur avoir donné un début d’exécution. Pire, pas une seule des recommandations de ces différentes assises n’a été mise en oeuvre, notamment celle relative à la formation d’un gouvernement d’union nationale recommandée par le dialogue politique inclusif de 2008 pour décrisper la situation politique et favoriser l’organisation d’élections libres et transparentes en 2010. Il réussira plutôt à repousser les élections en 2011, le temps de concevoir et mettre en œuvre son plan de fraudes massives non seulement pour gagner lui-même, mais aussi bombarder à l’Assemblée Nationale, femme, maîtresses, enfants, cousins et cousines, tantes et en exclure avec un sacré culot les principaux partis d’opposition pourtant mieux ancrés dans le pays que sa convergence KNK, formation composite et véritable nid d’opportunistes sans envergure aucune. Aujourd’hui, l’assemblée nationale est monocolore et le gouvernement est KNK.


 Sur la demande du Président Tchadien Idriss DEBY en visite le 05 mai 2012 à Bangui, François BOZIZE avait une fois de plus promis d’ouvrir un énième Dialogue Politique Inclusif avec ses opposants et les mouvements politico-militaires pour décrisper la situation politique née du hold-up électoral de 2011. Mais une fois DEBY reparti, BOZIZE égal à lui-même, méprisant et sûr de lui est resté campé dans sa logique d’humiliation et d’insultes des opposants centrafricains dont le seul crime est d’exprimer des points de vue différents du sien. Aujourd’hui, c’est le blocage sur le plan politique.

 

Il n’a jamais respecté les engagements pris lors des pourparlers de paix de 2007 avec les différentes rebellions. Il préfère débaucher les responsables opérationnels avec des pièces sonnantes et trébuchantes au lieu de mener de vraies discussions avec les vrais chefs rebelles.  Aujourd’hui, l’ensemble du territoire centrafricain à l’exception de Bangui est occupé par la rébellion Seleka.

   

Si le programme du DDR avait été effectivement mis en œuvre, on n’en serait pas là aujourd’hui avec l’occupation militaire du pays par les rebelles de SELEKA. Les 8 milliards de F CFA octroyés au Gouvernement Centrafricain par les autres pays membres de la CEMAC ont été gérés de façon totalement opaque par BOZIZE et son ex argentier et tout puissant Ministre d’Etat Sylvain NDOUTINGAÏ comme leur cagnotte personnelle. Le 1er décembre 2011, en effet, François BOZIZE déclarait lors d’une conférence de presse : « Les caisses du DDR sont vides. Cette situation nécessite des nouvelles négociations avec les partenaires financiers de la République Centrafricaine, pour renflouer la caisse ; les fonds qui ont permis de financer le début du processus de Désarmement Démobilisation et Réinsertion DDR, ont été injectés par la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC). Il est urgent d’engager des nouveaux pourparlers avec les partenaires financiers de la RCA. Nous sommes en négociations avec les Nations Unies, pour financer le DDR, dans le cadre du projet de Consolidation de la Paix ». BOZIZE a fait main basse sur cette manne financière des 8 milliards du DDR, mécontentant ainsi les destinataires des fonds et même les Chefs d’Etat de la CEMAC qui ont consenti beaucoup d’efforts financiers car ayant eux aussi des difficultés internes. L’opposition démocratique a, depuis cette déclaration de BOZIZE, réclamé en vain un audit financier du programme DDR. Abandonnés à leur triste sort, les rebelles ne pouvaient que s’organiser de la meilleure des manières pour faire valoir leurs droits, BOZIZE ne respectant et ne comprenant que le seul langage des armes. Aujourd’hui, l’ensemble du territoire à l’exception de Bangui est occupé par la rébellion Séléka.

 

BOZIZE est viscéralement allergique à tout dialogue avec l’opposition démocratique. Il a eu l’outrecuidance d’interdire les meetings et les manifestations politiques pourtant inscrits dans la loi fondamentale. BOZIZE a instrumentalisé les jeunes du KNK pour lapider les opposants qui tentent de se réunir. Il a également multiplié les atteintes à la liberté d’aller et de venir des opposants notamment Martin ZIGUELE et Nicolas TIANGAYE.


Grâce au combat constant et tenace du collectif FARE constitué après le hold-up électoral de 2011 et à l’incontestable et l’imposant succès militaire de SELEKA depuis le 10 décembre 2012, François BOZIZE se trouve dos au mur, et son masque est tombé, son vrai visage de Chef de bandes, de général incompétent et calamiteux est à découvert aux yeux de tous les Centrafricains et de l’opinion internationale y compris de ses rares soutiens.


Selon un proverbe africain : « on ne prend pas son fusil de chasse pour aller juste blesser le lion et le laisser en vie ; car un lion blessé revient toujours à la charge non seulement pour laver l’affront mais aussi pour tuer, déchiqueter et dévorer son agresseur ».


 BOZIZE est aujourd’hui un lion blessé et il dit en privé qu’il se vengera contre tous ses comploteurs et ennemis avant de quitter le pouvoir. Peut-on encore lui faire confiance ? Il doit partir !


  A bon entendeur, salut !

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 01:02

 

 

 

Bozizé l'air hagard

 

 

C’est avec beaucoup d’amertume et de consternation que nous suivons de loin ce qui se passe en ce moment dans la capitale de notre pays, Bangui, contre les parents, amis et connaissances. Récemment sur les ondes de la Radio France International (RFI), le soit disant porte-parole de la majorité présidentielle, Cyriaque Gonda a déclaré qu’il n’y a aucune chasse aux sorcières contre qui que ce soit ni les musulmans dans la ville de Bangui.  Contrairement aux élucubrations de ce sinistre personnage, le régime en place a bien déclenché une véritable chasse aux sorcières et procédé à l’élimination physique contre les membres des communautés Goula, Rounga, Youlou, Kara, Sara et Haoussa. Il s’agit principalement des ressortissants de la Vakaga, du Bamingui-Bangoran et de la Haute-Kotto, régions situées dans le nord-est de la Centrafrique et qui sont pour la plupart d’obédience musulmane. La vie de ces paisibles citoyens vivant à Bangui et ses environs est mise en mal depuis que François Bozizé lors de son meeting du 27 décembre 2012 a ordonné à ses militants et sympathisants de s’armer de coupe-coupe, flèches et couteaux ainsi que de fusils et d’entrer dans les concessions lui capturer tous ceux qui sont alliés aux rebelles de la Séléka.

 

Cette razzia à la Rwandaise inspirée et organisée par Bozizé et les thuriféraires de son régime dont Levy Yakité, Guénébeme et autres est un fait réel que les propos mensongers et irresponsables de Gonda ne peuvent démentir. Cela se déroule malheureusement sous l’oeil complice de la fameuse force d’interposition de la CEEAC et des représentantes du secrétaire général des Nations Unies et de l’Union Africaine qui se trouvent sur place. En effet, depuis le déclenchement des hostilités par la coalition rebelle de Séléka, le régime sanguinaire de Bozizé qui a déjà endeuillé tant de familles dans la Vakaga, Haute-Kotto et surtout le Bamingui- Bangora dont la situation est qualifiée de 2eme catastrophe humanitaire après la Somalie par le secrétaire général adjoint des nations unies, plusieurs personnes y compris des femmes et enfants voire des familles entières ont fait l’objet d’ enlèvement, de disparition et d’arrestation par les éléments de la garde présidentielle ou des miliciens du KNK, le parti de Bozizé. Les SOS lancés ces derniers temps par des mamans, épouses et parents à travers les medias et auprès des certaines organisations comme le BINUCA (Bureau des Nations Unies en Centrafrique) dans l’espoir de retrouver les leurs enlevés ou déportées vers des endroits inconnus sont restés lettres mortes.

 

De même, les dénonciations de cette traque et appels à la protection des personnes ainsi qu’au respect des droits de l’homme faits à Bozizé et son gouvernement par le Département d’Etat Américain, la société civile centrafricaine et l’union européenne semblent tomber dans les oreilles d’un sourd. Bien au contraire, fort du soutien militaire que lui ont apporté ses pairs de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), notamment le tchadien Idriss DEBY qui gère et contrôle la RCA depuis près de 10 ans, le gabonais Ali Bongo, le congolais Sassou Nguesso, le camerounais Paul Biya et même Joseph Kabila de la RD Congo qui est incapable de venir à bout des rebelles du M23, Bozizé se voit plus déterminé à mener sa croisade contre cette population musulmane originaire du Nord-est du fait de leur affiliation avec certaines figures de la rébellion Séléka. 

 

Pour apporter la preuve de nos propos, voici les noms de certaines personnes qui ont fait les frais de la chasse à l’homme de Bozizé. Bien évidemment, il ne s’agit que d’une liste restreinte au regard de l’effectif des cas enregistrés.  

 

Gotran Djono AHABA, ancien Ministre et Député de Birao, porté disparu.

Joseph KHALITE, Ministre arrêté avec toute sa famille et relâché plusieurs jours après, sans doute à cause de ses ennuis de santé.

Dieudonné KOUDOUFARA Ramadane, Député de Ouadda- Djallé.

Sidick Younous, ancien Député du MLPC, résidant dans le 5eme arrondissement.

Aladji Oumar GARBA, homme d’affaire et ancien membre du Conseil Economique et Regional, et toute sa famille (femmes et enfants).

Ziber Garba, homme d’affaire (Frère cadet de Oumar Garba) résidant au quartier Miskine.

Bidine GOUVELA, élément des forces armées centrafricaines (FACA).

Miskine Georges ATIM, élément FACA.

SENDE Elian, Gendarme.

Aroun Come, responsable au centre de dépistage volontaire du VIH/SIDA.

RAKHAS Soumaine, militaire.

Akoutou RAKHAS, élève (22 ans) enlevé et disparu.

Danie RAKHAS, élève (18 ans) enlevée et disparue.

Affis DJIDOU, élève (20 ans) enlevé et disparu.

SAM- DJOUDOU Djeme, élève.  

 

Beaucoup des cadres tant du secteur public que privé et des jeunes originaires des régions précitées vivent dans la cachette. Par ailleurs, les fouilles des domiciles et séquestrations opérées par les éléments de la garde présidentielle et autres milices de Bozizé s’intensifient. C’est ainsi que l’imam de la mosquée de Miskine Adam BEREME, père du Général Nouredine Adam de la CPJP, bien que grabataire a failli être embarqué par les soldats de la garde présidentielle le samedi dernier après avoir une fouille de fond à comble de sa maison. Malgré son état, ces soldats reviendront le lendemain pour lui tendre une convocation à se présenter à la SERD. Les parents du Général DHAFFANE Moussa eux, ont dû fuir leur domicile sise rue MODOU (5eme arrondissement) que certains militants du KNK ont menacé de brûler.

 

L’entière responsabilité de cette triste situation incombe à François Bozizé et son mentor le président tchadien Idriss Deby grâce auquel “Il est encore là pour s’adresser a l’occasion du nouvel an à la nation”. Que Bozizé et Deby sachent que si après le bombardement de Birao en 2006 par l’armée française, l’incendie des nombreux villages dans la région de Bamingui Bangoran et le massacre des villageois à Soukoumba (Ndélé) pendant qu’ils inhumaient un des leurs par le célèbre lieutenant tchadien Abdoulaye de la garde prétorienne de Bozizé, personne ne leur a demandé des comptes jusque-là, cette fois-ci, le sang des victimes des événements en cours et à venir, en guise de représailles par rapport au conflit actuel avec la rébellion de Séléka  ne restera pas impuni. Les cadres et intellectuels des communautés visées ne resteront plus les bras croisés. Nous sommes prêts à intenter des actions auprès des organisations de défense des droits de l’homme mais aussi de poursuivre devant les juridictions internationales les auteurs de tout ce qui adviendra à nos frères et soeurs.

 

Moussa Oual- kaouchi

 

Montpelier (France)

 

 

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 02:45

 

 

 

Bozyangou

 

 

Dernayo oh, Dernayo oh, les Centrafricains sont des dernayos, ils sont fainéants, ils n’ont rien fait pour notre pays, c'est l'intelligentsia qui est Dernayo oh parce qu'il critique ma politique. Dérivé de l'adjectif qualificatif français « Dernier », le président de Bangui aime utiliser ce vocabulaire pour rendre ses compatriotes responsables des éternels remous sociaux qui affectent son pays.


C'est jamais la faute de Bozizé qui crie aujourd'hui au voleur suite à l'assaut des principaux groupes rebelles unifiés et baptisés SELEKA en sango, alors qu'il a infligé la même misère au barbu national Ange Félix Patassé dix ans plutôt. Dernayo de sa promotion à l'école des officiers de Bouar, il traîne cette réputation jusqu'aujourd'hui. Ses aveux d'impuissance ont montré au monde entier qu'il était devenu général par effraction.


Car le monde entier a regardé le Dernayo président de Bangui pleurnicher auprès des présidents Hollande et Barack Obama pour déloger les rebelles en pleine expédition punitive vers Bangui. Le dernayo a encore récidivé le 31 décembre dans son allocution à nation en langue Sango en remerciant l'armée Tchadienne de s'être interposée pour bloquer la fulgurante progression des rebelles sur Bangui.

 

Pire le Dernayo a osé se moquer des FACA (Forces Armées Centrafricaines) en condamnant l'indiscipline dans leur rang et en leur attribuant la faute pour cette humiliation nationale.

 

Pour rappel, le président de Bangui a dirigé l'armée Centrafricaine 15ans sur ces vingt dernières années si on comptabilise son passage à la tête de l'État-major, il est de facto responsable de cette déliquescence.

 

« Sans l'armée du Tchad, nous ne serions pas là pour nous exprimer ». Ces allégations ont été tenues par un Général qui dirige son pays d'une main de fer depuis une décennie. Bozizé détient tous les pouvoirs en Centrafrique où il a toujours été ministre de la défense nationale.

 

Le Dernayo des généraux vient de trouver des coupables: son premier fils Francis, ancien sous-officier de la légion étrangère qu'il a fabriqué en colonel avant de le promettre général, et son vieil ami le Général Guillaume Lapo ancien Intendant et directeur général du trésor public Centrafricain.

 

Le premier était jusque-là ministre délégué à défense et député de Kabo, et le second Commissaire de l'armée donc administrateur et n'a pas été formé pour diriger l'État-major d'une armée. Bozizé vient à peine de distribuer des grades aux officiers Centrafricains pour acheter leur conscience.

 

Cette récompense explique peut-être le pourquoi d'un non soulèvement des militaires comme on a assisté au Mali face aux accusations du Dernayo à l'endroit de ses poulains. Autre élément à verser à ce triste dossier, les nombreuses promotions faites à ces propres rejetons dont 5 sont officiers alors qu'ils n'ont pas le niveau requis pour être un officier ni pour certains la morphologie d'un bon soldat.

 

C'est une honte que les pays de la CEMAC et la CEAC envoient des troupes pour sécuriser la République Centrafricaine et d'empêcher les rebelles de marcher sur Bangui.

 

Tout se passe comme si l'armée Centrafricaine n'avait pas de tête pensante. Où se trouve la transmission lorsque les rebelles ont amorcé leur descente, le président de Bangui bon Dernayo est le principal responsable de cet échec et mérite une démission pour avoir trahi son pays. Le président du Tchad est non seulement devenu le président de la République Centrafricaine, mais aussi le ministre de la défense.

 

Le dernayo craignant en permanence un coup d'État n'a pas dérogé à ses habitudes en ne faisant confiance qu'à lui-même. Il vient encore de violer la constitution en reprenant toutes les prérogatives du ministre de la défense. En se méfiant des intellectuels capables de le contredire et des militaires aguerris, Bozizé le président de Bangui et bon Dernayo préfère utiliser les hommes sans personnalité à l'image du premier ministre Touadera et du président de l'Assemblée nationale M. Gaombalet qu'il manipule comme des marionnettes.

 

Ainsi les députés de Bangui sont restés aphones face à la violation du territoire par les soldats Tchadiens

 

On ne peut pas être à la fois Caissier du trésor public Centrafricain, Président du conseil d'administration de plusieurs entreprises, Député, ministre et président de la République.

 

Le Dernayo qui vit au jour le jour a montré la voie, désormais les jeunes centrafricains ont pris goût à la facilité. A travers la rébellion ils trouvent un moyen de vivre aux dépens des autres par les rackets. La RCA est devenue une poudrière, pour être riche, il suffit de prendre les armes.

 

Wilfried Maurice Sebiro

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 18:32

 

 

 

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Depuis une décennie, à l’occasion du coup d’État qu’il a fomenté le 15 mars 2003 contre le président défunt Ange-Félix Patassé, le général François Bozizé a depuis lors pris les Centrafricains pour des béni-oui-oui.


Rappelons les faits :

 

1-    Lorsque le général rebelle est entré à Bangui, il a promis au peuple centrafricain qu’il est venu « mettre de l’ordre dans la maison » et que, dès que son travail sera fini, il s’en ira. Résultat : contre vents et marées, non seulement il n’a pas respecté sa parole d’officier en se retirant après la période de transition, mais il tente aujourd’hui de s’éterniser au pouvoir en voulant tripatouiller la Constitution ; 


2-    Lorsque son fauteuil a été menacé par les rebelles en 2006 et 2010, il s’est rendu successivement à Libreville et y a signé des accords dits de Libreville avec les rebelles et autres oppositions centrafricaines. Résultat : aucune application des accords sur le terrain. Au contraire, il a profité de ce moment d’accalmie pour affaiblir les Forces Armées Centrafricaines (FACA) et armer sa garde présidentielle ; 

 


3-    Lorsqu’il a accepté de négocier avec l’opposition démocratique et de mettre en place le Code électoral et la Commission Electorale Mixte et Indépendante (CEMI), à deux reprises en 2005 et en 2011, il a vidé ces organes de leurs contenus en les truffant de ses parents et affidés. Résultat : Bozizé lui-même, son épouse, sa copine, ses enfants ont pris d’assaut l’Assemblée Nationale. À elle seule, la famille Bozizé constitue un groupe parlementaire ! 



4-    Enfin, l’objectif de toutes ces manœuvres c’était la modification de la Constitution alors que l’article 108 de celle-ci est explicite et catégorique là-dessus : « Sont expressément exclus de la révision : 



-  la forme républicaine et laïque de l’État ;

-  le nombre et la durée des mandats présidentiels ;

-  les conditions d’éligibilité ; 

-  les incompatibilités aux fonctions de Chef de l’État ;

-  les droits fondamentaux des citoyens ».  

 

Conclusion 

À force de semer des vents sans véritables conséquences, le général Bozizé croyait que l’histoire oubliait ses détracteurs. Aujourd’hui ce sont les vents semés à longueur d’une décennie de tyrannie et de mensonges qui se sont enflés et ont décidé de se retourner contre lui pour qu’il les récolte. Même le dialogue qu’il propose aujourd’hui est un leurre. Tout Centrafricain qui a de la mémoire sait que le général Bozizé n’appliquera jamais ses résultats. Il n’a jamais respecté sa parole et ne la respectera jamais. Les généraux Amadou Toumani Touré et Pierre Buyoya, qui ont servi par le passé de médiateurs dans les conflits centrafricains, et même le célèbre musicien ivoirien Tiken Jah Fakoly sont bien placés pour témoigner de ce que nous affirmons. 

    

Aujourd’hui, l’urgence est de chercher une voie de sortie honorable à notre général. Il n’a pas à dire qu’il ne se présenterait pas aux élections de 2016 et considérer cela comme une concession : NON ! Ce n’est pas une concession de sa part car la Constitution ne l’y autorise pas. Il n’a pas à constituer un gouvernement d’union nationale : NON PLUS ! Il veut gagner du temps, armer ses sbires, et rouler une fois de plus le peuple centrafricain dans la boue. Le peuple est meurtri ; il a trop souffert.



Permettre à Bozizé de terminer un pseudo-mandat, pour une élection qu’il a truquée, serait provoquer une inaction à la tête de l’État et empirer la souffrance du peuple. Car, en réalité, le général Bozizé n’a jamais gagné aucune élection en Centrafrique. C’est ça la vérité ! 

L’unique option, si l’on veut que la RCA renoue avec la démocratie qu’il a interrompue en 2003, est que Bozizé emprunte une voie de sortie honorable.



Que l’on mette en place un Haut Conseil de la République à la tête duquel on désignera un président ;

que l’on nomme un premier ministre qui aura effectivement les prérogatives de chef de Gouvernement ;

et, enfin, que l’on compose un gouvernement qui sera l’émanation de toutes les sensibilités, y compris les partisans du général Bozizé.



Toute autre solution incluant le général Bozizé en personne sera vouée à l’échec et entraînera ipso-facto un piétinement au niveau de l’Exécutif et, partant, une aggravation des souffrances du peuple. 

 

31 décembre 2012


Pr. Bégong-Bodoli Betina


Maître de Conférences, Université Gaston Berger


Saint-Louis,( Sénégal)

  

En effet, le général Bozizé est un récidiviste. C’est un homme qui a prouvé aux yeux des Centrafricains, de l’Afrique et du monde entier, que non seulement il n’a pas de parole d’honneur, mais, en plus, ne croit en rien : sa seule religion est le POUVOIR. (par la violence.... rajoute Juliette)

 

 

PS./DERNIERE MINUTE : 

 

Voici le message que nous venons de recevoir d’un Centrafricain résidant à Bangui qui vient de nous contacter, sous couvert de l’anonymat :  

« Bonjour, Nous sommes en train de vivre un génocide pire que ce que nous entendons. À vous de faire vraiment une déclaration relative à cette situation. Sinon ça sera trop tard et essayez de prendre contact avec les leaders politiques. Il y a déjà des négociations et des formules pour une transition. Merci ».

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 14:16

 

 

Alain Lamessi

 

 

Il est certes bien loin aujourd’hui ce temps où jeunes étudiants centrafricains en Europe, en Afrique ou en Amérique, nous nous gavions parfois jusqu’à l’indigestion, de théories révolutionnaires fumeuses comme seuls substrats de changement  qualitatif en République centrafricaine. L’idéalisme des uns doublé de la sincérité des autres a nourri les débats et les discussions souvent interminables mais toujours passionnants pour nous préparer à l’intégration des masses. Cette propension à la lutte révolutionnaire n’était jamais dénuée de toute naïveté au point de faire de nous des admirateurs inconditionnels des dictateurs comme Staline, Castro, Mao, etc. Même le tristement célèbre Enver Hoxa de l’Albanie devint le modèle à imiter. Quelle candeur ! Peut-on dire, avec le recul. Mais mieux vaut se tromper de bonne foi que de se complaire dans l’ignorance par faiblesse intellectuelle.


Avec pour seule grille de lecture le marxisme-léninisme nous rêvions, les yeux ouverts, de la révolution nationale démocratique et populaire pour changer radicalement les bases structurelles permettant d’apporter rapidement  bien-être social et progrès économique au peuple centrafricain.  L’hypothèse fondamentale étant celle bien connue de la dialectique matérialiste et historique. A savoir : c’est la superstructure qui détermine l’infrastructure ou ce sont les conditions matérielles qui déterminent la conscience des peuples.


Les mouvements étudiants furent une grande école de patriotisme où chacun se formait à la lutte contre l’impérialisme, contre la dictature et surtout pour la défense des intérêts du peuple en cultivant l’esprit de sacrifice et de solidarité. A la vérité cette velléité révolutionnaire a été comme exacerbée par la lutte contre la dictature en Centrafrique dans les années 70 et le mouvement étudiant devint la seule force d’opposition externe lorsque la parole fut bâillonnée en interne. La commission nationale des bourses (CNB) devint rapidement la tribune où étaient portées  les revendications, au-delà des étudiants, des masses populaires. Les camarades Alphonse Blague, Marguerite Petrokoni Zeze, Focky Ndoungouma, et Romain Sopio en payèrent hélas très chèrement le prix par la case prison pour avoir osé dénoncer l’Empire centrafricain. L’anachronique réhabilitation de l’empereur Bokassa est une injure à l’histoire et au droit de l’homme, soit dit en passant.


Des cadres techniquement compétents et politiquement conscients (?)


Des études payées avec l’argent du peuple centrafricain étaient comprises non pas comme une fin en soi mais comme  moyens d’accélérer le développement intégral de la République Centrafricaine. L’objectif minimum admis était de devenir des cadres techniquement compétents et politiquement conscients.


Rendons à César ce qui est à César. De jeunes étudiants centrafricains, certes à l’étranger, ont marqué leur génération d’une empreinte indélébile dans les années 70 et 80 : Jean-Paul Ngoupandé et Zarambaud Assingambi d’une part, Sissa Le Bernard, Henri Pouzere, Tobi Ngaragba et Sévérin Ngouda d’autres parts n’ont pas ménagé les efforts pour mobiliser, encadrer et former leurs jeunes compatriotes aux thèses nationalistes et anti-impérialistes. Leur capacité à théoriser et surtout à convaincre  fit d’eux  de véritables ténors qu’il fallait suivre. D’autres encore : Sioke Reynaldi, Mabingui Joseph, Karim Meckassoua, Balenguele Abel, Ndouba Prosper, Siotene Martin, Bélibanga Clément, Répago Goneyo, Kiwi Makouri, pour ne citer que ceux-là, ont fait de la solidarité la règle de leur  vie au point de tout sacrifier pour venir en aide aux autres. Pour mobiliser, ils étaient prompts à sacrifier bourses, tickets de restaurant et chambres de campus au profit de quelque centrafricain que ce soit se trouvant dans le besoin. Le tribalisme était proscrit aussi bien dans le discours que dans le vécu car on ne mobilise pas le peuple sur une base si étriquée, encore moins avec une conception si rétrograde. De même l’adoption d’une nationalité autre que centrafricaine était passible de bannissement car synonyme de trahison à la cause nationale.


Les personnes qui ont pris la relève ont montré de grandes capacités au dépassement de soi qui forcent respect : Tiangaye Nicolas à Orléans, Maka Gbokossoto et Sonny Léonard à Dakar, Albert Ndode, Dieudonné Salamatou à Bangui, Emmanuel Touaboy à Abidjan et Alain Lamessi à Brazzaville. Nourris au lait du maoïsme, ces  compatriotes voulaient changer la République centrafricaine pour changer la vie du peuple.


Dans tous les ministères comme dans les institutions nationales et internationales on retrouve cette génération de centrafricains formés à l’école du « centrafricanisme  militant » largement en cours dans les années 70 et 80. Ce sont généralement de grands technocrates connus et reconnus pour leur rigueur, leur patriotisme et surtout leur sens de l’intérêt national. Ils sont tous devenus, à quelques exceptions près, de personnalités incontournables dans leur domaine de compétence. Beaucoup d’entre eux ont servi l’Etat à un très haut niveau : Président de la République (AFP), Premier ministre, Ministres, secrétaires d’Etat, Ambassadeurs, Directeurs de cabinet, etc...


La faillite des intellectuels centrafricains a fait le nid de de la dictature


A l’heure de l’autocritique, peut-être dirons-nous aujourd’hui que le passage aux différents postes de responsabilité des intellectuels émérites n’a pas laissé  que de bilans positifs que l’histoire pourra  faire valoir. Bien au contraire : Lorsque le détournement des deniers publics et la prédation des biens  de l’Etat sont érigés en exercice national  alors comment s’étonner qu’il n’y a pas de route, pas d’électricité, pas d’eau courante, pas d’hôpitaux, pas d’école, pas de ponts? Lorsque les intérêts personnels sont placés au premier rang des valeurs qui doivent guider l’action publique, alors comment s’étonner que le peuple ne croit plus à rien, encore moins aux intellectuels et devienne prompt à tout détruire à la moindre occasion pour se venger ? Lorsque faute d’argument politique on caresse honteusement les bas sentiments tribalistes ou pseudo nationalistes, alors comment s’étonner qu’il n’y a plus ni paix, ni unité nationale ?


La refondation de la démocratie centrafricaine moderne s’origine dans la chute de l’empire avec l’opération « barracuda ». De même nous avions applaudi des deux mains l’armée française qui nous a aidés à vaincre la dictature de Bokassa en 1979, de même nous en sommes aujourd’hui réduits  à soutenir le SELEKA dont personne ne connaît le leader (c’est à croire que c’est une rébellion sans tête, ni visage),  après avoir été de fieffés zélateurs du Général Président Bozize.


Les intellectuels, c’est comme le phare dans la nuit. Lorsque le phare ne s’allume plus, ce sont des aveugles qui sont aux commandes. Dans ce cas tomber dans le précipice devient inévitable. Il n’y a pas de honte à faire son autocritique. Nous avons collaboré peu ou prou avec tous les régimes qui se sont succédé à la tête de l’Etat avec les résultats que chacun sait. Par couardise ou par opportunisme nous avons accompagné les dictateurs dans leur ascension et n’avons pas toujours été à la hauteur de l’attente du peuple. Aujourd’hui nous devons nous réconcilier avec le peuple centrafricain, regagner sa confiance. Faire amende honorable avant de proposer une alternative crédible à la situation de non Etat qu’est devenue la République Centrafricaine. Lorsque, comble de malheur, des intellectuels se pourlèchent déjà les babines, faisant des pieds et des mains pour hériter de quelque strapontin dans un hypothétique gouvernement d’union nationale à la faveur du dialogue nationale, c’est tout simplement pathétique !


Comparaison n’est pas raison, certes ! La République centrafricaine, géographiquement, c’est 20 fois la Belgique, 22 fois le Burundi, 29 fois l’Etat d’Israël avec en plus de l’or et du diamant à l’Est, à l’Ouest, au Nord, au Sud et au Centre, du pétrole au Nord, à l’Est et peut-être au Sud, du Fer depuis Bambari jusqu’à Damara,  de l’uranium à l’Est, sans oublier du bois, du café, du coton, du tabac, etc. Donnez toutes ces richesses au Japon ou tout simplement au Burkina Faso à côté et vous verrez la face du monde changée. Personne ne croit plus un seul instant à cette argutie qui consiste à dire que c’est l’Occident qui nous empêche de nous développer. Le plus souvent nous ne savons même  pas ce que nous voulons à défaut d’avoir de l’amour du peuple comme seul étalon de valeur. Nous avons l’impérieux devoir de mettre fin à la souffrance du peuple centrafricain. Notre responsabilité historique, c’est de calmer le jeu et de promouvoir le dialogue, encore le dialogue et toujours le dialogue. Et Martin Ziguélé, leader de l’opposition, de reconnaître avec lucidité : « il n’y a pas de solution militaire » à la crise que connaît notre pays.


Non à la chasse aux sorcières ! Nous sommes tous des Rongas, nous sommes tous des Goulas. Nous sommes tous des Bandas. La démocratie, d’accord ! Mais l’unité nationale d’abord !

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 13:37

 

 

 

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La Centrafrique, est depuis trois semaines en situation de guerre, résultant du déficit de dialogue voulu par le pouvoir. Le drame que vit le RCA aurait pu être évité si le Président Bozizé avait eu l’intelligence d’asseoir son régime sur la bonne gouvernance, s’il avait fait du dialogue le fondement de son régime. Force est de constater que depuis le fameux « sursaut patriotique » (concept imaginé par l’opposition au régime de Patassé), Le Président Bozizé a fait de l’arrogance et du mépris de l’opposition les principes cardinaux de sa politique.

 

Le Président Bozizé, dans tous ses discours en Sango (Langue nationale de Centrafrique), n’a cesse de proférer des injures à l’endroit des opposants qu’il qualifie d’ennemis de la nation à telle enseigne l’opposition a du mal à jouer son rôle d’animation de la vie politique de la nation, de proposition et de contre-pouvoir à lui concédé par la Constitution. Le bâillonnement des opposants, marqué par le refus de leur accès aux médias  publics et par l’interdiction systématique d’organiser des meetings et des manifestations, a fini par faire le  lit au mécontentement et au climat délétère ayant abouti à la situation que nous connaissons aujourd’hui. La guerre dont aucun Centrafricain ne veut est le résultat de la politique fortement tribalisée, fondée essentiellement sur la force et la brutalité.  Or une politique qui se repose sur la logique des armes ne peut mobiliser les citoyens autour des idéaux de l’unité nationale et de travail, nécessaires à tout programme de développement. Notre peuple s’enfonce de plus en plus dans la pauvreté et la misère. Ce peuple voit dans l’avancée de la rébellion SELEKA un mal nécessaire  pour se libérer de cette décennie de misère et d’oppression, et c’est dommage !

 

Le défunt Président Patassé, dans son discours au DPI en 2008, en regardant Bozizé dans les yeux, disait en substance ceci : « … vous voyez maintenant, mon petit frère, les limites des armes ! ». Il n’avait pas tors de le dire car ce qui est obtenu par les armes ne peut que créer à terme les conditions de violences par les armes. Ce qui place le dialogue et la concertation au cœur  de la vie harmonieuse .d’une nation qui veut avancer.

 

Aujourd’hui, Chaque citoyen centrafricain doit dépasser ses propres égoïsmes pour rechercher les voies et moyens pour tirer notre pays du pétrin où il se prouve par notre faute. Le Président Bozizé, doit comprendre que si nous en sommes là, c’est largement de sa faute. Il doit savoir qu’il a été pendant 10 ans l’otage de sa famille et de sa tribu et n’a écouté que les siens. Il lui appartient  d’être sincère avec les centrafricains qui ne font pas partie des siens et qui ont le droit et le devoir de participer à l’édification nationale. Il doit savoir que l’exclusion en politique est pire que la peste

 

A l’heure actuelle, nous pensons que  le dialogue vrai et sincère est incontournable pour rétablir la confiance et la concorde nationale. Le Président Bozizé ne doit pas prendre des engagements dilatoires en jouant la montre. Tout semble montrer qu’il privilégie secrètement la solution militaire alors que les moyens matériels et humains lui font défaut. Les soldats de la FOMAC, en dépit des gesticulations stupides de leurs officiers, n’iront pas se faire tuer pour sauver la tête d’un président qui n’écoute que ses courtisans pour qui sa chute signifie la fin de leurs privilèges et celle de l’impunité. Alors, il ne lui reste plus que la voie du dialogue avec tous ceux qu’il a volontairement exclus et ignorés, notamment l’Opposition démocratique,  pour trouver par consensus ce qui est bon pour notre pays. L’intérêt supérieur de notre peuple doit nous guider tous et la volonté de vivre ensemble aussi. C’est pourquoi, ce qui ressemble à la chasse à l’homme, contre des membres certaines ethnies de notre pays, qui se déroule en ce moment à Bangui et ailleurs en Centrafrique est à la fois irresponsable, absurde, et de nature à diviser un peu plus les Centrafricains et doit être dénoncé absolument. La violence engendre la violence. Il faut absolument sortir de ce cercle vicieux. La clé de la sortie de crise est entre ses mains. Sa crédibilité et son avenir politique se jouent au fil dès maintenant. Sinon Bozizé doit en tirer toutes les conséquences !

 

Mboutoundou adou so ndou !

 

Dr MAÏTART Djim-Arem

Président de L’UDPP

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