Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 21:11

 

 

 

 

fauteuil de Bozizé


 

Pendant que les pourparlers se poursuivent dans la capitale gabonaise, l'angoisse ne cesse de meubler le quotidien des centrafricains. C'est le signe de ce que les négociations entre le pouvoir de Bangui d'un côté et la coalition SELEKA ajoutée à la coalition de l 'opposition politique de l'autre, étaient bien difficiles et prévoyaient une solution tout autant alambiquée.


Accepter de maintenir à BOZIZE à son poste pour faire avancer les négociations auraient pu être une bonne chose, une avancée non négligeable.


L'on se souviendra que le dernier voyage effectué à PARIS pour rencontrer les CENTRAFRICAINS n'avait pour réel objectif que de débaucher certains cadres de la diaspora pour former un gouvernement qui aurait pu redorer le blason fortement terni de BOZIZE, à cause de son intolérance, de son aveuglement, de son esprit partisan et de ses penchants par trop claniques et familiaux. BOZIZE n'a jamais compris et ne comprendra jamais qu'être Président, ce n'est pas être un général d'armée ni un maréchal. L'autoritarisme d'un chef militaire n'a rien à avoir avec la conduite d'un Etat, qui demande d'autres compétences. Les cadres de la diaspora lui ont dit non parce qu'ils savaient le genre d'homme qu'il était, un homme qui ne voit rien et qui n'accepte pas qu'on lui dise non quand il se trompe vraiment. Et ce n'est pas après des pourparlers houleux qu'il changerait demain s'il était maintenu dans la même posture.


La coalition SELEKA et l'ensemble des partis politiques participant aux négociations ne doivent pas livrer à BOZIZE des cadres centrafricains, civils et militaires confondus, qui seront demain les futures victimes de BOZIZE. Il suffit de faire un pas en arrière pour se poser la question de savoir que sont devenus ceux qui avaient soutenu BOZIZE au point de demander à leurs partisans de voter massivement pour lui lors de sa « première » élection présidentielle ? Que sont devenus ces braves fils du pays ?


Faut-il encore en sacrifier d'autres pour faire plaisir à BOZIZE ? Après avoir goûté aux délices du pouvoir, BOZIZE ne peut admettre de quitter son poste, en dépit de tout le mal qu'il fait au pays. Pendant son règne, la belle BANGUI est devenue une véritable poubelle parmi les capitales africaines, le peuple centrafricain survit à cause des injections financières internationales et ne peut jouir de ses véritables richesses parce qu'un aveugle, sourd et muet est aux commandes du navire centrafricain et ne voit ni les richesses naturelles, ni celles humaines et pleines de vigueur dont regorge le CENTRAFRIQUE .


Accepter BOZIZE encore comme président pendant plus de trois ou quatre ans, c'est lui livrer gracieusement le ou les futurs premiers ministres à venir, avec les membres du gouvernement compétents qui oseraient faire leur travail selon leur conscience et dans le seul but de faire avancer le pays. BOZIZE n'a jamais voulu le bien du CENTRAFRIQUE. Le nombre de troupes étrangères qui foulent le territoire centrafricain aujourd'hui en témoigne. Il s'en serait passé s'il avait voulu le dialogue qu'on lui demandait depuis, que cela vienne des forces rebelles ou de l'opposition politique.


En ne respectant pas le peuple à travers sa gouvernance, il n'a pas respecté la constitution, donc ce n'est pas avec le motif du respect de la constitution qu'il pourra revendiquer éternellement son maintien au pouvoir. A l'heure où nous écrivons ce billet, nous apprenons l'accord de cessez le feu signé à LIBREVILLE où BOZIZE serait maintenu à son poste et où des élections législatives seraient organisées dans les douze mois qui suivent. On aura beaucoup de mal à penser que ces élections soient vraiment libres, justes, transparentes et bien organisées, l'histoire est là pour nous en convaincre, mais souhaitons le miracle pour ce pays, et prions qu'il n'arrive rien de fâcheux à nos dignes frères qui s'engageront auprès de BOZIZE, pour relever ce pays de l'ornière.

 

Pierre Zouissé

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 02:17

 

 

 

Faustin-Zameto.JPG

 

 

Depuis le 10 décembre 2012, la coalition des rébellions Séléka a conquis par les armes de nombreuses préfectures de la République Centrafricaine. Cette coalition est arrivée à 10 km de Damara où se trouve « la ligne rouge » ou la zone tampon entre les forces de MICOPAX et les rebelles. Les rebelles menacent de prendre Bangui la capitale qui se trouve à 75 km de Damara. Des voix autorisées ont convaincu les belligérants à la négociation. D'où le choix de Libreville et de Dénis Sassou Nguésso comme médiateur. Dans ce processus de médiation à Libreville, la semaine du 7 au 11 janvier 2013 est décisive.

 

Centrafricains, ceux qui aiment et respectent ce pays, nous voici réunis autour de la table pour débattre de la sortie de crise politique et militaire. Cette crise grave qui a pris en otage notre pays depuis plus d'une décennie. Les enjeux du dit dialogue sont de tailles, car ils engagent l'avenir de la République Centrafricaine.

 

Le peuple centrafricain ne vit plus. Le peuple centrafricain ne respire plus. Le peuple centrafricain est épuisé. Le peuple centrafricain ne croit plus. Le peuple centrafricain a faim. Il a faim parce qu'il n'a rien a mangé. Il a faim de liberté, d'unité, de dignité, de travail... Le rêve de Barthélémy BOGANDA et de ses compagnons de lutte qui voulaient faire de la République centrafricaine un havre de paix s'est évaporé. A l'extérieur de nos frontières, on a même honte de se dire centrafricain ! Non ! Ce n’est pas une malédiction d’être centrafricain !

 

Libreville nous donne une chance exceptionnelle de crever l'abcès. Nous pouvons maintenant diagnostiquer le mal et apporter une solution sans effusion de sang.

 

Nous pouvons faire la paix des braves. Nous pouvons nous tendre la main et décider d'ouvrir des perspectives pour le changement et la paix en Centrafrique. Le monde entier nous observe. Nous n'avons plus droit à l'erreur.

 

Et vous qui êtes autour de la table, sachez que vous avez maintenant entre vos mains les clés de la sortie de crise.

Vous êtes des responsables au sens propre du terme. Être responsable, c'est rendre compte. Vous rendrez compte au peuple si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera demain. Dans toutes les confessions religieuses dans nos provinces et à Bangui la capitale, les prières montent au ciel pour que Jéhovah, Allah, Dieu vous bénissent dans vos travaux, dans vos décisions.

 

Le devoir qui vous appelle dépasse le cadre partisan, ethnique, les considérations bassement matérielles. Vous êtes la voix des sans voix. Vous êtes en ce moment précis l'incarnation du peuple dans son angoisse, sa peur, ses doutes. Vous êtes les avocats du peuple. Le peuple centrafricain doit gagner ce procès. Le procès d'incompétence, de vol, de cupidité, d'incurie, de crimes, de banditisme organisé.

 

Pour nos autorités politiques centrafricaines, la paix n'a pas de prix. Votre responsabilité est énorme. C'est une partie de l'histoire de notre pays qui se joue.

 

Vous pouvez aujourd'hui mettre terme à cette crise en acceptant non seulement de dialoguer mais dire comme le Général De Gaulle « centrafricains » je vous ai compris.

Que veut le peuple centrafricain ?

 

D'abord, la fin des rébellions synonyme de la restauration de l'autorité de l’État sur l'ensemble du territoire. Ensuite, de nouvelles autorités issues du dialogue de Libreville pour conduire la transition politique. Vous avez l'obligation d'écouter le peuple. Souvenez-vous des mots qui ont accompagné l'ascension politique du régime actuel après les événements du 15 mars 2003 : libérateur, patriote ! Si entre temps, ces mots ont perdu leur sens, aujourd'hui le peuple le revendique.


Le peuple jugera si vous êtes un libérateur ou un affabulateur ou encore un tyran !

 

Les questions de fond sont sur la table. Votre décision est capitale et attendue.

 

Les va-t-en-guerre de tous bords sont pour la guerre. La guerre, c'est une fausse piste. Une mauvaise réponse à un problème de fond. Notre pays n'a ni les moyens, ni la volonté politique de faire la guerre. Nos militaires n'ont plus le courage et la force de se battre contre leurs frères d'arme qui ont pris le maquis.

 

Nos mères n'ont plus les larmes pour pleurer. Nos jeunes désoeuvrés qu'on recrute à tour de bras ne veulent plus prendre les armes pour tuer. Nos médecins ont d'autres patients à suivre que les blessés de guerre. Nos politiques ne veulent plus vivre dans la peur et la crainte d'un coup d’État. Donc, le peuple attend de vous une solution politique salutaire et pacifique.

 

Si le président Barthélémy BOGANDA avait échoué à Libreville dans son projet de la formation des États-Unis de l'Amérique latine, aujourd’hui, vous les autorités politiques actuelles de la CEEAC, vous disposez de la clé pour sortir la République Centrafricaine du chaos annoncé et entretenu.

 

Notre pays attend de vous, une parole d'homme, un message d'espoir et de délivrance, un message de la raison et du bon sens.

Tout le monde vous regarde, vous entend et attend vos décisions de sortie de crise !

 

Que Dieu préserve le Centrafrique !

 

Faustin ZAMETO MANDOKO

 

Coordonnateur du Collectif des Oubanguiens « CDO »

 

Paris, France.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 18:49

 

 

 

Bangui arc de triomphe

 

Le pays que dirige François Bozizé devrait revenir aux rêves de ses fondateurs

 

Depuis cinquante-deux ans, une gabegie et une instabilité chroniques ont délabré la Centrafrique et réduit à néant les espoirs suscités par Barthélemy Boganda (président du Conseil du gouvernement de 1958 à 1959), père fondateur de la République.


Ce tribun visionnaire avait lancé le projet des «Etats-Unis de l’Afrique Latine». Le Gabon, ayant peur de perdre le contrôle de ses matières premières, fit capoter cette vision panafricaniste, qui devait voir surgir l’unité des Etats  de l’ancienne Afrique équatoriale française (AEF).


L’union faisant la force, elle aurait pu générer un poids économique et politique trop important. En Afrique de l’Ouest, Kwamè Nkrumah (Premier ministre du Ghana de 1957 à 1960, puis président de 1960 à 1966) avait la même vision du panafricanisme que Boganda.


Si leurs deux projets avaient abouti, l'Afrique n’en serait pas là où elle en est aujourd’hui: vaut mieux, pour les prédateurs étrangers, que le continent noir demeure morcelé, figé à l’intérieur des frontières insensées tracées par les pays colonisateurs, découpé comme une galette des rois dont on se dispute  la fève à coups de canon!

 

Une mine de richesse


On ne le rappellera jamais assez: le malheur de l’Afrique vient d’abord du fait qu’elle constitue le réservoir des matières premières dont l’Occident a besoin pour entretenir sa course folle vers le «toujours plus»…


La République centrafricaine en particulier, grâce à son uranium, a contribué à la mise au point de la première bombe thermonucléaire de la France.


Ce sont les mines de Bakouma, dans l’est du pays qui ont fourni les minerais au temps de la COGEMA (Compagnie générale des matières nucléaires, Ndlr). Sans oublier les diamants et l’or qui ont fait le bonheur des étrangers —et le malheur des Centrafricains.


Car, pendant ce temps, le peuple a dû survivre, comme frappé par un mal venu de la nuit des temps, «ce quelque chose d’indicible qui caractérise les amputés et les infirmes» (Claude Simon).


Les habitants de ce pays sont devenus des hères sur leur propre terre. Dépouillés, niés dans leur existence, bâillonnés, les voilà, désormais, citoyens sans voix.


Quel paradoxe dans un pays comme la République centrafricaine, que l’on peut considérer comme bénie des dieux! Située sur l’Equateur, c’est une terre où tout pousse. Arrosée par des fleuves nombreux et des rivières abondantes, couverte de forêts giboyeuses, cette terre généreuse a toujours permis au pays d’être auto-suffisant en alimentation.


L’hôpital central de Bangui était un centre hospitalier moderne et performant. Les ressortissants des pays voisins venaient s’y faire soigner. Aujourd’hui, la durée de vie en Centrafrique est de quarante ans…

 

Revenir à l'idée d'une République centrafricaine sociale


Cette déchéance est l’œuvre des gouvernants successifs, qui ont confondu les caisses de l’Etat et leur propre cassette.


La situation chaotique qui prévaut en République centrafricaine était prévisible, comme le rappelle le philosophe John Locke, dans son essai sur les Deux Traités du Gouvernement civil: 


«Aucun homme ne peut attendre indéfiniment, dans la tanière du monstre comme Ulysse, d’être dévoré. Il tentera le tout pour le tout pour s’en échapper.»


Mais il y a peut-être place pour l’espoir? Si les dirigeants actuels, au lieu de s’accrocher à leurs débris de pouvoir comme des moules sur un rocher, saisissaient l’occasion pour revenir aux principes énoncés par Barthélemy Boganda, d’une République centrafricaine sociale, personne ne serait laissé au bord du chemin de la prospérité…


Mais, en attendant, des questions cruciales se posent: qui sont, réellement, ces rebelles capables de contredire leur porte-parole? D’où tirent-ils leurs moyens militaires et leur puissance de communication?

  

Les rares images que l’on voit des éléments de la rébellion, nous montrent des individus en guenilles, mal équipés. Comment se fait-il que ces gens, qui ressemblent à des coupeurs de routes (c’est-à-dire des brigands), aient pu occuper aussi facilement des grandes cités du nord et du centre du pays? (Rappelons qu’il s’agit de villes de garnisons, de centres stratégiques).


A Bambari, certains témoins parlent de «pillages sélectifs»: les boutiques des commerçants musulmans seraient épargnées. Mais il faut être vigilant dans la véracité des faits: on a facilement tendance à voir des djihadistes partout.

 

«Bâtir, vêtir, nourrir»


Comment se fait-il encore que le président Bozizé fasse appel à la Force multinationale de l’Afrique centrale (Fomac) qui ressemble fort à une force d’occupation venue sauver un président centrafricain aux abois? Quelle est la durée du mandat de ces forces en Centrafrique?


Pourquoi la France a-t-elle adopté un comportement des plus ambigus sur la situation explosive qui prévaut actuellement?  


Certes, personne ne réclame une intervention française: l’Afrique de papa, c’est terminé! Mais on aurait préféré, tout simplement, une attitude claire à l’égard d’un pays ami en difficulté. N’oublions pas que les Oubanguiens ont participé aux deux guerres mondiales aux côtés de la France.

Sous nos yeux, est peut-être en train de se mettre en place une partition rampante de la R.C.A. (Boganda doit s’en retourner dans sa tombe…) 

 

Mais on peut éviter d’en arriver là, car les rebelles, même si personne ne sait exactement ce qu’ils sont, ni ce qu’ils comptent faire, ont néanmoins déclenché un processus qui devrait permettre aux Centrafricains de se ressaisir et de fixer un nouveau cap  à leur pays sans l’intrusion intempestive de pays étrangers.

Une conférence nationale doit être organisée à Bangui même —et non ailleurs. Tous les Centrafricains doivent y être associés, afin de revenir aux préceptes de Boganda, en premier lieu: «bâtir, vêtir, nourrir».

Il faut promouvoir le dialogue inter-centrafricain. Eviter le choix des armes qui ne feraient qu’aggraver les souffrances du peuple —elles n’ont déjà, que trop duré. On apprend, aujourd’hui, que des enfants sont enrôlés. Au syndrome malien de la partition, n’ajoutons pas le syndrome libérien des enfants-soldats…

Le seul slogan de tous les Centrafricains doit être: «Centrafrique Na Ndôuzôu! (Debout, la République centrafricaine!)»


Kitiki Akouissonne est un journaliste franco-centrafricain

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 03:13

 

 

 

Bozizé et ses partisans

 

 

Au moment où toutes les délégations impliquées dans les négociations prévues à Libreville en vue de trouver une porte de sortie honorable de la crise qui secoue le CENTRAFRIQUE depuis plusieurs semaines,, il n'y a rien de plus surprenant que de voir BOZIZE prendre l'avion pour se rendre à Brazzaville, afin d'y rencontrer son homologue congolais. L'on pourrait se demander quel pourrait être l'objet de cette visite hâtive lorsque l'on sait dans quelle angoisse vit aujourd'hui le peuple centrafricain, un peuple qui ne sait pas et qui se demande à quelle sauce il sera mangé demain.


En effectuant le déplacement à un moment si tendu de l'histoire de CENTRAFRIQUE, BOZIZE, qui n'a jamais cessé de montrer combien ce pays et son peuple ne comptaient que pour des prunes pour lui, montre une fois de plus qu'il ne sera jamais à leurs côtés, surtout lorsqu'ils sont plongés dans la détresse, détresse dont il est lui-même le principal auteur.

 

Que va-t-il chercher auprès du Président congolais sinon de probables conseils de guerre, de probables ficelles pour réussir à sortir victorieux, indemne et encore plus puissant et plus féroce envers les centrafricains dont il n'a cessé de rendre la vie insupportable ? Que va-t-il chercher à Brazzaville si ce n'est que pour chercher à garder le pouvoir dans ce pays qu'il n'a pas hésité à qualifier de pays pauvre parmi les derniers du monde? Laisser à d'autres le soin de traiter votre pays avec de tels qualificatifs se comprendrait. Mais un chef d’État qui se permet ce dérapage verbal ne le fait pas de manière gratuite. Par sa conduite, sa gestion du pays et son aveuglement face aux calamités qui jonchent la vie quotidienne des centrafricains, BOZIZE n'a jamais eu la moindre compassion.

 

Les billets de banque qu'il a jetés à son passage dans les rues de BANGUI, en croyant soulager le peuple de ses turpitudes, n'étaient que l'expression du mépris qu'il a (avait) pour ce peuple qu'il considérait et qu'il considère comme un chien affamé à qui il fallait jeter un os pour se distraire ensuite en le voyant courir après ce reste.

 

BOZIZE s'est toujours cru bien rusé au point de penser continuer à berner à volonté le peuple centrafricain et une bonne partie de sa classe politique. Il n'a pas compris qu'il n'était rien de cela et que le peuple centrafricain était un peuple endurant, patient et tolérant. Il n'a pas compris que la patience et la tolérance avaient leurs limites. Et ces limites, il n'a pas vu qu'il les avaient franchies depuis, à plusieurs reprises.

 

En tant que chef d’État arrivé au pouvoir par les armes et maintenu à ce pouvoir grâce à des élections diaboliques cafouilleuses et honteusement gagnées, il en a assumé les fonctions, qui englobent aussi celles de chef des forces armées du pays.

 

Après avoir mis l'économie centrafricaine dans un état inqualifiable en dépit des flots d'aides financières internationales octroyées au pays pour lui permettre d'avoir une certaine respiration budgétaire, BOZIZE a désorganisé à dessein l'armée nationale centrafricaine, en le privant d'hommes valables qu'il a su écarter ou éliminer, comme il l'a fait à travers sa gouvernance politique, où il n'a pas hésité à se passer des hommes de grande valeur pour s'entourer de silhouettes bougeant au rythme de sa voix et de ses gestes, des acolytes civils ou militaires, au buffet desquels il n'a cessé d'accrocher des titres et des galons, où le plus petit soudard se retrouvait colonel ou général en l'espace d'un temps record passé à titre de militaire dans l'armée centrafricaine, ou le plus petit diplômé du secondaire se retrouvait bombardé ministre sans en connaître les responsabilités. Tous ces grades, financés avec l'argent qui aurait servi à mettre en place une véritable armée nationale pouvant assurer efficacement la sécurité du pays et à organiser un service public proche des populations et tout autant efficace.

 

Face à l'avancée des rebelles que l'armée n'a pas pu contenir, il n'a fallu que de quelques centaines de soldats tchadiens pour stopper cette progression. Quelle autre démonstration peut-on demander pour savoir que le CENTRAFRIQUE n'a jamais été protégée depuis que BOZIZE était chef d’État-major avant de devenir Président ?

 

L'incompétence et l'ignorance même de BOZIZE, si ce n'est son indifférence, ne lui permettent pas de savoir qu'en tant que chef de l’État, il est de facto chef des forces armées du pays et qu'il n'a pas besoin de se couvrir du manteau de ministre de la défense.

 

En déclinant la responsabilité de l'échec de son armée sur son fils et son chef d’État-major, il n'a fait que confirmer sa propre faillite. C'est sa faillite personnelle, caractérisée par son incapacité à gouverner, qui le rend coupable de haute trahison. Et cette responsabilité, il doit maintenant l'assumer. On voit mal comment un tel personnage peut encore demander à s'abriter derrière le bouclier constitutionnel pour revendiquer l'exercice de la suite d'un mandat qu'il ne mérite pas, lui qui s'est moqué à maintes reprises des prérogatives qui lui octroyait la constitution, en oubliant de remplir ses fonctions telles que le préconisait la loi fondamentale.

 

En permettant que le pays soit poreux à toutes les infiltrations armées, BOZIZE a failli à sa mission et sa place n'est même plus à défendre lors des négociations qui se tiendront à LIBREVILLE. Il faut penser sérieusement à une administration transitoire sans BOZIZE, (avec ses contre-vérités et sa roublardise), qui œuvre à la mise en place d'organes chargés d'amener la paix au pays et d'organiser de futures élections générales, vraiment libres et transparentes.

 

Le CENTRAFRIQUE n'est pas un pays pauvre comme se targue de le dire BOZIZE. Il est très riche de ses hommes et de ses ressources, qui n'ont été jusque là que bâillonnés, étouffés et mal exploités.

 

WOWI Dedéa

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 10:43

 

 

 

Bozize-putschiste.JPG

 

 

Voici ce qu’a dit Bozizé au micro de Christophe Boisbouvier au lendemain de son coup d’État en 2003 (http://www.sangonet.com/ActualiteC16/Bozize_non_candidat-Pt_sauf.html)


« J.A./L'INTELLIGENT: Cela vous gêne-t-il de lire ou d'entendre « le président autoproclamé »?


FRANÇOIS BOZIZÉ: Je ne peux pas empêcher les journalistes de l'écrire ou de le dire, mais le peuple, lui, adhère à mon action et ne me considère pas comme un président autoproclamé.


JAI: Pourquoi pas une transition plus courte ?


FB: Nous pourrions organiser des élections d'ici à trois mois. Mais si l'on veut en finir avec ces secousses permanentes, il faut préparer les choses plus sérieusement. Plus vite la communauté internationale nous aidera, plus vite nous sortirons de la transition.


JAI: Promettez-vous des élections transparentes ?


FB: C'est inévitable. Le contexte international est tel qu'on ne peut pas faire autrement. Et la transition repose sur un consensus politique au sein du gouvernement, du CNT et de l'armée.


JAI: Est-ce qu'il ne sera pas rompu le jour où vous vous présenterez à la présidentielle ?


FB: Je n'ai pas l'intention d'être candidat. À la fin de la transition, j'aurai mis en place les institutions démocratiques et ramené la paix. J'aurai donc rempli ma mission. Après, je me retirerai. Sauf si le peuple me demande le contraire. Je ne veux pas être candidat, je ne veux gêner personne. Cependant, si certaines circonstances poussent le peuple à me demander de l'être, je ne pourrai pas le décevoir.


JAI: Existe-t-il en Afrique un modèle dont vous pourriez vous inspirer ?


FB: Il y a l'exemple d'Amadou Toumani Touré en 1992. Ma démarche est proche de la sienne. Mais il ne faut pas confondre les deux situations. La République centrafricaine n'est pas le Mali. En tout cas, je ne ferai pas comme Robert Gueï en Côte d'Ivoire. Je ne bloquerai pas un processus pour essayer de m'imposer contre la volonté du peuple.


JAI: Quand l'ancien président Kolingba pourra-t-il rentrer d'exil ?


FB: Il le peut à tout moment. Il faut qu'il prenne contact avec moi. Je lui enverrai un émissaire pour mettre au point les modalités de son retour en toute sécurité. Il faut savoir notamment où il entend s'installer.


JAI: Patassé pourra-t-il faire de même sans être poursuivi par la justice ?


FB: Non, ce n'est pas possible. Il est responsable de l'état catastrophique du pays. S'il échappe à la justice, le peuple se retournera contre le nouveau pouvoir.

 

JAI: Avant votre arrivée au pouvoir, certains doutaient de vos capacités. Ont-ils tenté de vous manipuler ?

 

FB: C'est possible. Ils se croyaient plus malins que moi, mais je leur ai prouvé le contraire. Il est vrai que je ne parle pas beaucoup. C'est la longue fréquentation de la Grande Muette. Mais on reconnaît le bon maçon au pied du mur. »

 

Ainsi au lendemain de son coup d’État, Bozizé Yangouvonda François (BYF) a promis des élections transparentes auxquelles il ne sera pas candidat. Il poussa l’audace jusqu’ajouter qu’il ne fera pas comme Robert Gueï en Côte d’Ivoire, qu’il sera l’Amadou Toumani Touré (ATT) Centrafricain. Neuf ans plus tard, on est très loin du compte. BYF a organisé deux élections sujettes à caution, forgé une Assemblée familiale où trône Bozizé himself, ses cousins, ses enfants, ses soi-disant neveux, ses sœurs et cousines, son épouse et ses maîtresses officielles et officieuses. Oui, la République centrafricaine n’est pas le Mali, BYF n’est pas ATT. ATT, lui, a respecté sa parole d’officier. Il a organisé des élections libres, transparentes et crédibles ayant abouti au passage du flambeau au Professeur Alpha Oumar Konaré lequel a vainement tenté de dissuader Bozizé d’être candidat aux élections (aux résultats connus d’avance) de 2005. 


Bozizé n’a pas non plus balayé la maison Centrafrique. Il l’a, au contraire, salie davantage. Bozizé a transformé une bergerie en une porcherie. C’est en fait le grain de poussière qui souille la fleur RCA. Bangui la Coquette n’est plus que l’ombre d’elle-même. La RCA, jadis un pays où il fait bon vivre, un pays où les gendarmes sont des oiseaux, les avocats sont des fruits et les capitaines, des poissons, est aujourd’hui le 10ième pays le plus dangereux au monde (le 4ième en Afrique), et le 29ième pays le plus corrompu au monde.


Jour après jour, semaine après semaine, mois après moi et année après année l’espace République centrafricaine se rétrécit comme la peau de chagrin de Balzac avec une constance déconcertante de gestion d’un butin de guerre. La compétence a fait place aux liens de parenté et d’amitié. L’homme qu’il faut à la place qu’il faut est devenu le plus proche parent au poste le plus juteux. Des va–nu–pieds  et des valets sans référence aucune sont faits ministres voire ministres d’État. L’administration centrafricaine dans son entièreté est pourrie. L’impunité a transformé la corruption en arnaque. La RCA est devenue un no man’s land où le clan Bozizé fait régner ses ordres et lois.


Bénéficiant d’exception sur exception, Bozizé a fini par croire que l’exception est la règle alors que pour le commun des mortels, l’exception confirme la règle. A l’origine du coup d’État de Bozizé, il y aurait donc l’état catastrophique de la Centrafrique. Notre bon Samaritain s’est alors donné pour mission la mise en place des institutions démocratiques et le retour de la paix. Après 10 années de règne, j'allais dire sans partage du clan Bozize, caractérisé par une abjecte propension à procéder aux enlèvements et disparitions des citoyens, l’évangéliste suprême (équivalent de cardinal dans la hiérarchie catholique) nourrissait la lubie de faire sauter le verrou constitutionnel limitant dans le temps et en nombre le mandat présidentiel qui ne souffre d’aucune ambiguïté. Acculé par l’avancée de SELEKA, Bozizé nie publiquement n’avoir jamais songé à tripatouiller la constitution centrafricaine. Ne nous méprenons guère! En 2003 cette phrase de Bozizé « Je n'ai pas l'intention d'être candidat… Sauf si le peuple me demande le contraire » était passée inaperçue et on connait la suite. Toujours au lendemain du coup d'Etat opéré par un certain Idriss Déby pour l'installer à Bangui, Bozizé a déclaré, entre autres, que l'on juge un maçon au pied du mur. Cela fait bientôt 10 ans que le mur ne s'élève guère. Est-ce la peur de notre jugement qui empêcherait le (franc) maçon de s'exécuter? Qu'à cela ne tienne, nous l’avons sévèrement, très sévèrement jugé en 2005 et plus récemment en 2011. Mais fidèle à lui-même le général d’armée évangéliste suprême nous a fait une grossière démonstration que ce qui compte, ce n’est pas qui vote, c’est qui compte les votes (Joseph Staline). Les compteurs des votes furent, tour à tour, le policier Jean Willibyro Sacko et le chauffeur-mécanicien Joseph Binguimalé, présidents (sans blague!) des commissions électorales dites indépendantes de 2005 et 2011. 

      

L’avancée de SELEKA est salutaire pour la majorité silencieuse de la zone CEMAC en général et centrafricaine en particulier. L’UE, l’ONU et surtout l’UA ne sauraient condamner cette révolution catalysée par les mêmes causes qui ont justifié l’acceptation de la rébellion particulièrement destructrice du pays en 2003 par un certain Bozizé Yangouvonda François (BYF). On ne peut pas non plus désigner l’ineffable Célestin Leroy Gaombalet pour gérer la transition quand le très compétent président de la LCDH, Me Nicolas Tiangaye s’est joint au professeur Abel Goumba pour refuser à Apollinaire Dondon Konamabaye ses prérogatives constitutionnelles. En 10 ans, Bozizé a fait pire que Zine el-Abidine Ben Ali en 24 ans de présidence de la Tunisie. En 10 ans, Bozizé n’a rien à envier à Hosni Moubarak en 30 ans de pouvoir en Egypte.  En 10 ans Bozizé égale le score de Muammar Kadhafi en 41 ans de règne sans partage sur la Libye. La France, l’UE, l’ONU et les Etats-Unis d’Amérique qui ont supporté et aidé le CNT libyen ne sauraient ignorer et négliger les exigences et objectifs du SELEKA centrafricain. C’est notre saison sèche centrafricain à l’instar du printemps arabe.

 

Les jets de pierres contre l’ambassade de France et l’agence Air France sont téléguidés par Louis Oguéré Ngaïkoumon, Christian Guénébem et compagnie (http://centrafrique-presse.over-blog.com/article-rca-les-rebelles-du-seleka-entrent-dans-bambari-113746084.html). La force du désespoir face à la fulgurante avancée des rebelles a fait perdre à ces apprentis intellectuels toute notion de civisme et surtout le respect des conventions consulaires. Il est à souhaiter qu’en représailles, la France expulse immédiatement de son territoire tous les activistes KNK nonobstant leur statut en France. Ces ouvriers tueurs (koua na koua) ne comprennent que le langage de la brutalité. C’est quand même paradoxal qu’un parti fondé par un évangéliste suprême, géré au quotidien par un pasteur prône la violence.


Je rappelle aux amnésiques que l’état du pays est plus catastrophique aujourd’hui qu’il n’était en 2003. Que la CPI les réclame ou pas, Bozizé, Lévy Yakité et compagnie lui seront livrés au lendemain du 15 mars 2016 si par l’impossible SELEKA laisse Bozizé en place.  On évoque ça et là la validité du mandat de Bozizé qui court encore. De quel mandat parle-t-on ? Appelons un chien, un chien et un chat, un chat. Bozizé n’a pas eu de mandat en 2011. Il a fait un grossier hold-up électoral ; c’est ça la vérité! Mais dites-moi, n’est-ce pas qu’il restait encore deux années au mandat de feu président Ange Félix Patassé, lorsqu’aidé par Idriss Déby, Bozizé l’a brutalement contraint à l’exil? Bozizé doit maintenant savoir que la critique est aisée mais l’art est difficile. 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 01:31

 

 

Libreville.jpg

 

 

http://www.linfodrome.com    08 janvier 2013

 

La rencontre prévue à Libreville entre la rébellion du Séléka et le pouvoir centrafricain aura t-il lieu? Si ces pourparlers se tiennent comme prévu, ils risquent d'être un dialogue de sourds, car les deux parties défendent des positions diamétralement opposées.


La rébellion du Séléka et le pouvoir du président François Bozizé ont chacun affiché leur volonté de participer aux pourparlers de Libreville la capitale gabonaise. Mais tout le problème réside dans les positions très figées des deux camps. La rébellion affirme aller à ce dialogue pour demander une seule chose: le départ de Bozizé. Evidemment le camp de celui-ci oppose une fin de non-recevoir à la demande du Séléka au motif que le mandat de l'actuel président centrafricain court jusqu'en 2016. C'est donc un dossier chaud que la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) a en main. Mais si la rencontre de Libreville tourne court, quelles seraient les conséquences possibles pour la Centrafrique?


Deux scénarios sont envisageables. La rébellion pourrait décider de forcer le barrage érigé par les forces tchadiennes qui constituent la principale force de frappe des troupes de la CEEAC. En choisissant une telle option, la rébellion joue à quitte ou double. Si elle décide de se frotter aux forces d'élite de Déby, elle doit pouvoir faire plier l'échine à cette redoutable machine de guerre. Va-t-elle y parvenir? C'est la grande interrogation.


Depuis qu'elle a déclenché son offensive le 10 décembre 2012, les troupes du Séléka n'ont véritablement pas rencontré de résistance. L'armée résiduelle de Bozizé avec laquelle elle a croisé le fer, a été très vite submergée. Ce qui n'est par contre pas le cas des forces tchadiennes qui pourraient enlever à cette rébellion, toute envie de combattre. Si l'alliance rebelle échoue dans sa défiance de ces « chiens de guerre » venus des bords du Chari, elle signerait son arrêt de mort. Le deuxième scénario est celui qui consisterait à un maintien du Séléka sur ses positions actuelles, constituant ainsi un étau permanent autour de la portion de territoire encore sous contrôle de Bozizé. Cette pression pourrait, si elle se prolonge, pousser les médiateurs de la CEEAC à envisager une solution de rechange, à savoir pousser Bozizé à la démission comme ce fut le cas de ATT au Mali.


Cette solution pourrait favoriser l'alternance qu'exige l'ensemble de l'opposition. Apparemment la rébellion a opté pour cette stratégie. En bougeant ses lignes de quelques kilomètres jusqu'à se positionner à une douzaine de kilomètres de Damara, la porte d'entrée de Bangui, le Séléka est visiblement dans cette logique. Autre cas de figure, la situation peut tourner à un véritable conflit régional, car si l'on connaît les pays qui sont actuellement aux côtés de Bozizé, on ignore par contre tout ou presque des soutiens de cette rébellion centrafricaine. Les discussions qui débuteront en principe ce mardi 8 janvier dans la capitale gabonaise, se poursuivront le jeudi par un sommet des chefs d'Etat de la sous-région. D'ici là, on en saura peut-être davantage sur les protagonistes de la crise. Des masques pourraient enfin tomber.

 

Charles d'Almeida

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 14:23

 

 

 

 

Bozizé en difficulté

 

Libération 4 janvier 2013 à 21:56

 

Portrait Le président François Bozizé a su prendre le pouvoir par la force et le conserver par les urnes. Jusqu’ici.

 

Par THOMAS HOFNUNG

 

Les rebelles qui campent au nord de Bangui exigent sa démission. La France, ex-puissance coloniale, le pousse à lâcher du lest et les Etats-Unis ont carrément fermé leur ambassade à Bangui. Quant aux pays voisins, la plupart sont exaspérés par un comportement jugé à la fois indolent et erratique. Et pourtant, malgré ces vents contraires, François Bozizé, le président de la République centrafricaine, pourrait bien sauver sa tête à l’issue des pourparlers de paix qui doivent démarrer la semaine prochaine à Libreville, au Gabon.

 

A 66 ans, «Boz», comme on le surnomme à Bangui, joue sans doute l’une des parties les plus difficiles de son existence politique, marquée par une soif farouche du pouvoir. Né en 1946 au Gabon, où son père gendarme était en poste, il a embrassé naturellement la carrière militaire. Issu de l’ethnie majoritaire Gbaya, il se serait fait remarquer très tôt par «l’empereur» Bokassa en rudoyant un mercenaire français accusé d’avoir manqué de respect à l’ancien homme fort de Bangui. Bozizé devient son aide de camp et, à 32 ans, le plus jeune général de son pays.


S’il n’est pas particulièrement brillant, l’officier ne manque ni d’ambition ni d’esprit d’initiative. Après la chute de Bokassa (en 1979), lâché par son protecteur français, le président Valéry Giscard d’Estaing, «Boz» part en France, où il suit les cours de l’Ecole de guerre. «C’était un homme sérieux, un taiseux, témoigne l’ancien journaliste Jean-Louis Gouraud, son ami de trente ans. Il tranchait par rapport aux autres camarades africains que j’avais à l’époque.» De retour à Bangui, en 1981, il est nommé ministre de l’Information par le président André Kolingba. Deux ans plus tard, il échoue à le renverser et prend le chemin de l’exil, au Bénin, où il entre en contact avec les mouvements évangélistes. Une rencontre spirituelle qui marque une étape importante dans sa vie.

 

Pasteurs. Franc-maçon, comme nombre de dirigeants d’Afrique centrale, Bozizé va aussi fonder la branche centrafricaine de l’Eglise du christianisme céleste - Nouvelle Jérusalem. «Il n’a pas une pratique religieuse ostentatoire, mais dit souvent quand il fait face à un os : "Dieu y pourvoira"», raconte un ancien conseiller. Il ne boit pas, pas plus qu’il ne fume. En revanche, on lui prête à Bangui une vie sentimentale agitée. Les pasteurs béninois sont très présents dans son entourage direct.

 

Sa foi l’a peut-être aidé en 1990, lorsqu’après avoir été arrêté au Bénin et extradé, il échappe de justesse à une tentative d’assassinat dans sa cellule à Bangui. Trois ans plus tard, Bozizé se présente à l’élection présidentielle, où il obtient un score dérisoire qui lui vaut le sobriquet peu enviable de «Monsieur 1%».

 

Mais le galonné sait se placer et quand, en 1997, l’ex-Premier ministre de Bokassa, Ange-Félix Patassé, devient président, «Boz» - qui l’a opportunément soutenu - est nommé chef d’état-major. Un poste qui lui donne des idées. Face à la dérive du régime de Patassé, qui fait notamment appel à des milices congolaises pour asseoir son autorité par la terreur, l’officier supérieur décide de passer à l’action. En 2001, il échoue à s’emparer du pouvoir par la force. Mais deux ans plus tard, avec le soutien actif du président tchadien, Idriss Déby, il touche enfin au but. A l’époque, on lui prête aussi le soutien du président Jacques Chirac. «En réalité, hormis quelques solides amitiés au sein de l’armée française, il était tenu à distance par Paris, assure Jean-Louis Gouraud. D’ailleurs quand il a pris le pouvoir, et qu’il a demandé l’aide financière de la France, on lui a répondu qu’il fallait qu’il organise d’abord des élections. Résultat, il s’est tourné vers les Chinois.»

 

Onction. En 2005, Bozizé obtient enfin l’onction des urnes, et sera réélu en 2011, lors d’un scrutin contesté. Depuis dix ans, il multiplie les initiatives pour tenter d’éteindre les foyers de rébellion qui ne cessent d’éclater à travers ce pays pauvre, relégué dans les profondeurs du classement de l’ONU sur le développement. Ses détracteurs lui reprochent son incompétence. «C’est un brave type mais qui a un mal fou à prendre des décisions, dit un de ses anciens proches. Il n’a clairement pas le niveau pour diriger un pays aussi pauvre et divisé, où le sentiment national est inexistant.» Nicolas Sarkozy, qui le jugeait peu fiable et têtu, l’avait même surnommé «l’autiste de Bangui».

 

«On lui reproche d’être indécis sans cesser de l’enjoindre à discuter avec tout le monde pour réconcilier le pays, s’insurge son ami Jean-Louis Gouraud. Autre accusation récurrente : celle de népotisme. A l’Assemblée nationale, les membres de son clan détiennent une vingtaine de sièges sur 105 ! La «première dame», Monique Bozizé, a été élue députée à Bimbo, un faubourg de Bangui. Et nombre de ses proches occupent des postes stratégiques au sein du régime. Ce qui n’empêche pas le chef de l’Etat de les limoger. «Boz» vient ainsi de remercier son fils, le ministre de la Défense Jean-François Bozizé, après le retrait piteux des forces armées centrafricaines face aux rebelles du mouvement Séléka. Auparavant, il avait démis son neveu, l’influent ministre des Mines et des Finances, Sylvain Ndoutingaï.

Donné pour mort politiquement il y a quelques jours, «Boz» n’a peut-être pas dit son dernier mot. Pour les dirigeants de la région, entériner son départ, comme l’exige la rébellion, reviendrait à montrer le mauvais exemple (lire ci-contre). «On le sous-estime, dit son ancien conseiller. Ce n’est peut-être pas un fin stratège, mais c’est un roublard.» 

 

Source : http://www.liberation.fr/monde/2013/01/04/centrafrique-c-est-qui-le-boz_871795

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 02:42

 

 

 

Boz gros plan

 

 

Nous en avons assez de la roublardise et de la ruse de Bozizé.

 

Le soir du dimanche 30 décembre, devant le désarroi de son clan gaga et de certains membres de Sodeboss, Bozizé a voulu les rassurer, affirmant qu'il n'avait pas le choix, la France, Sassou et Deby voulant sa chute (quelle ingratitude). Il a aussi rappelé à ses parents leur manque de vigilance vis à vis des arabes tchadiens et musulmans, la preuve est là aujourd'hui. Désormais, il devra ruser, gagner du temps. Sur le plan militaire, il va recevoir beaucoup d'armes de l'Afrique du Sud, de l'Angola et du Soudan et il attend l'arrivée des forces spéciales d'Afrique du Sud et d'autres mercenaires.


Il va bientôt reprendre l'armée en mains (ce qui a été fait) pour montrer à ces Djandjawides de quel bois il se chauffe. Il a dit avoir ordonné la distribution d'armes aux jeunes dans tous les arrondissements de Bangui (réseau COCORA de Lévy Yakité). Il faudra aussi donner des moyens à cette COCORA pour acheter des machettes et des arcs traditionnels à distribuer aux jeunes. Si la CEEAC et les Français veulent tenter quelque chose contre lui, Yakité Levy doit activer ses jeunes. Nous devons tous mourir, personne ne doit s'en sortir.


L'aéroport sera fermé et les jeunes vont se mettre autour des ambassades et on verra où les faux hommes politiques iront se cacher. Des centaines de kalachnikov neuves avec munitions ont été distribuées aux réseaux des jeunes du COCORA. Des milliers de machettes ont été achetées et distribuées avec la complicité des réseaux de Joséphine Kelefio et ceux de Ngaissona Edouard et Gonda Cyriaque.


Si la communauté internationale ne réagit pas, qu'elle ne dise pas demain qu'elle n'a pas été prévenue. Cela a commencé comme cela au Rwanda. Sans oublier Radio Centrafrique devenue véritablement la radio mille colline ces derniers temps.


Les Papas machins et autres y appelant à longueur de journées à la haine des blancs, des étrangers et autres musulmans. Des chansons de haine vis à vis des blancs et autres ont même été composées spécialement à cet effet et passent en boucle sur Radio Mille Collines.


La faiblesse des actuels responsables du Binuca et de l'Union Africaine est très favorable à Bozizé. La représentante spéciale du Secrétaire général des Nations-Unies est étrangement aphone et sa consoeur de l'Union Africaine ne pense qu'à son business de diamants.


Toujours pour répondre aux inquiétudes de ses parents, Bozizé a déclaré que le dernier mot revient au peuple et qu'en 2014 une stratégie sera mise en place pour demander au peuple de se prononcer par référendum. Entre-temps certains grands projets et richesses seront mis en exploitation. A défaut, son fils Françis conduira les élections et lui-même ira battre campagne sur le terrain. Quant à ceux qui font la gueule dehors, "fadé hi ke koungbi go ti ala oko oko gué na Bangui" (on va les tuer un à un à Bangui). A bouba azo so ade ti hinga mbi ape fade hi ke ba. Traduction : “Ces imbéciles, ils ne me connaissent pas encore, on va voir” (les voilà prévenus).


A Bangui certains opposants politiques se tordent de rire lorsqu'on parle du désormais très boziziste Cyriaque Gonda. Cet homme déclarait encore récemment que Bozizé était le plus idiot des Gbayas, dont il fait la honte et qu'à l'époque quand il était au gouvernement, c'est lui qui le manageait. Que Gonda dise donc à Bozizé ce qu'il disait de lui lorsqu'il les avait accusés, à raison, Démafouth et lui, d'avoir détourné les fonds du DDR. Le gouvernement d'union nationale et l’échéance de 2016 étant en vue, les ambitions commencent à s’aiguiser. On rapporte même qu'après la prise de Sibut, Cyriaque Gonda a appelé son "ami" Michel Djotodja pour lui demander de ne pas l'oublier dès qu'il sera à Bangui.

 

Beaucoup de parents de militaires centrafricains sont en colère après le discours de Bozizé lequel, à les en croire, a gravement sali la mémoire de leurs enfants. D’après des rescapés, beaucoup de ses militaires sont tombés faute de munitions. Certains étaient obligés de fuir, n’ayant pas de quoi résister. D'après les parents, beaucoup de soldats ont été enterrés directement dans les villes occupées et Bozizé n’a pas été fichu de saluer leur courage et leur dévouement pour leur pays, mais Dieu vengera le sacrifice de nos enfants, affirme une mère qui se retrouve avec plusieurs petits fils orphelins.

 

En ce qui concerne le gouvernement, Bozizé a dit qu'il est hors de question de dissoudre son fameux conseil spécial, ni la réunion de trésorerie et qu'il va continuer de signer les chèques du trésor. Il ne signera pas de décrets qui enlèvent ses parents des postes stratégiques. Les dircabs et DG gbayas sont en effet très inquiets de perdre leur poste.

 

Certaines entreprises et sociétés sont saignées pour semble-t-il, appuyer les efforts des COCORA et autres. On peut se demander quel est le manque à gagner qui va directement dans les poches des ordonnateurs.


Aux dernières nouvelles, Bozizé aurait mis en place un système pour corrompre tous les délégués des pouvoirs publics, des politico militaires (pro Bozizé) et de la société civile qui devront aller à Libreville, plusieurs réunions sont organisées au palais à cet effet. Pauvre Centrafrique.


En définitive tout semble indiquer avec ses agitations habituelles que l'opposition et la société civile vont encore passer à côté des vrais problèmes et laisser Bozizé les rouler dans la farine. Comme dit un vieux connaisseur de la Centrafrique, si à Libreville on ne lui enlève pas toutes ses dents, qu'ils ne crient pas demain quand il les mordra une fois de plus.


A BON ENTENDEUR SALUT

 

Correspondance particulière de Bangui pour Centrafrique-Presse

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 01:37

 

 

 

 

communique-Gabirault-du-5-janv.JPGcommunique-Gabirault-du-5-janv-2-.JPG

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 01:01

 

 

 

Bozyangou

 

 

Mon général

 

En ma qualité d´ancien officier centrafricain, je me suis toujours réservé d´intervenir dans le débat politique de mon Pays. Et pourtant dans mon fort intérieur, je me reproche d´assister en témoin passif à la mise à  mort programmée et voulue de ce Pays par ceux qui prétendent le gouverner.

 

J´interviens aujourd´hui pour dire au général Bozize de tirer toutes les conséquences des derniers évènements de cette fin d´année 20012.

La déliquescence, la déconfiture de l´Armée centrafricaine est à l´image de son chef suprême. Cette Armée a été politisée et détournée de sa mission régalienne qui est la protection de l´intégrité du territoire et de sa population.

 

Le non-respect de l´éthique militaire, l´indiscipline caractérisée, le clientélisme et les officiers généraux attirés par le gain facile, voilà en bref  l´état de notre chère armée centrafricaine ( je ne mets pas en doute la compétence et l´intégrité morale de la plupart de nos vaillants officiers mais d´une poignée qui croit dur comme fer qu´il faut faire allégeance aux autorités politiques au pouvoir pour mériter son galon ).

 

Les généraux compétents qui ont fait leur preuve en ayant à une époque donnée dirigé cette armée sont écartés, abandonnés à leur triste sort et malheureusement sont en train de mourir à petit feu. L´exemple des généraux Mazi et Kassa en dit long. L´armée centrafricaine n´est pas seulement décapitée mais dépourvue de ses racines.

 

Mon général que comptez-vous faire en écartant ces jeunes officiers dynamiques et compétents tels que Ludovic Ngaifei, Jean Pierre Dolewaya, Gilles Kogbia et autres!

La plus belle manière, mon général, de démentir vos détracteurs serait de démissionner et de dire publiquement  j´ai échoué, je démissionne.

 

Les centrafricains vous applaudiront et vous serez à nouveau auréolé comme en 2003 quand vous rentriez triomphalement à Bangui. Ce ne sont pas les conseils de monsieur Laurent Ngon-Baba ou les déclarations farfelues des généraux de la FOMAC qui vont régler en profondeur les problèmes centrafricains. Ces généraux savent je l´espère qu´aucune armée étrangère mêmes les plus puissantes n´ont réussi à écraser totalement une rébellion sur son propre territoire.

 

Vous portez en ce moment une lourde responsabilité quant au devenir de votre pays. Pour une fois que les différentes rebellions se sont regroupées sous la bannière de Seleka et veulent aller à la négociation est une opportunité espérée pour le gouvernement, l´opposition politique et la rébellion de pouvoir sortir ce pays de son malaise chronique.


Je vous exhorte de remettre vos habits de général et de prendre une décision courageuse. Mon général, la Centrafrique vous entends et vous attends. Le temps presse.

Sachez que ceux qui vous applaudissent aujourd´hui seront vos bourreaux de demain.

 

Que DIEU bénisse la Centrafrique!

 

Très respectueusement

 

Lieutenant Baudouin Boykoule-Nzongele (Suède).

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Opinion