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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 23:38

 

 

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Nous publions ci-dessous l’intégralité de l’interview accordée par le président François Bozizé à Christophe Boisbouvier de Radio France Internationale et diffusée sur l’antenne de cette station à trois reprises le jeudi 3 juin. Alors qu’il s’agit de l’interview d’un chef d’Etat, bizarrement, les auditeurs de Bangui en ont été privés. Une main mystérieuse a coupé l’émetteur relai FM de RFI sur la colline de Bas-Oubangui pour empêcher que les banguissois d’écouter Radio France Internationale toute la journée du 3 jusqu’au 4 juin à 13 heures.

En fait, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est Bozizé qui s’est autocensuré en demandant que l’émetteur relai de RFI soit momentanément déconnecté parce qu’il ne voulait pas que les Centrafricains puissent l’écouter être malmené par les questions embarrassantes de Boisbouvier de RFI sur l’affaire de la disparition de Charles Massi.

En effet selon nos informations, il aurait été très furieux après l'enregistrement de l'interview, s'étant senti piégé par les questions du journaliste. C’est fou que cet homme se sente aussi persécuté … ! Son interview était suivie d’une réaction de Martin Ziguélé toujours sur RFI, qui n’a pas manqué de relever les incohérences de Bozizé au sujet des multiples reports et impréparation des élections en Centrafrique. Au lieu d’assumer ses propres turpitudes, Bozizé en a rejeté la responsabilité sur l’opposition et la communauté internationale qu’il accuse de soutenir celle-ci.

Rédaction C.A.P

 

Invité Afrique : le président centrafricain François Bozize

Par Christophe Boisbouvier(RFI) jeudi 03 juin 2010

C'est la communauté internationale qui l'a forcé à repousser l'élection présidentielle qui était prévue en avril, et visiblement il en a gros sur le cœur... À l'issue du sommet Afrique-France de Nice, le président centrafricain François Bozize règle quelques comptes. Il s'exprime aussi sur la disparition de Charles Massi.

RFI : M. le Président bonjour ; Initialement l’élection présidentielle était prévue en avril ou en  mai finalement après plusieurs semaines de réflexion vous avez décidé de la reporter pourquoi avez vous pris cette décision ?

F.B : D’abord la décision n’a pas été prise par moi-même, elle a été l’objet d’une tracasserie entre le pouvoir en place, l’opposition et la communauté internationale puisque la CEI n’était pas en mesure de présenter une liste électorale fiable nous nous sommes convenus de confier l’affaire à l’Assemblée nationale pour que les prérogatives du chef de l’Etat et de l’Assemblée nationale puissent être poursuivies jusqu’aux prochaines élections, c’est ce qui a été fait.

Mais au début on a senti que vous étiez très réticent à l’idée d’un report malgré le fait que les listes n’étaient pas prêtes.

F ;B : Oui parce que j’étais animé de l’idée de respecter la constitution de la RCA pour laquelle j’ai prêté serment c’est tout simplement çà.

RFI : Vos opposants disent qu’en fait vous étiez pressé d’aller au vote parce que le Nord n’était pas prêt, vous vous disiez comme cela, le Nord qui m’est hostile politiquement ne pourra pas voter, ce sera plus facile pour moi de gagner.

F.B : Notre opposition ment énormément. Non Ce n’est pas vrai. Je me rends au Nord très souvent. A Paoua, j’ai été au moins cinq fois ; et acclamé et applaudi librement et tout. Donc n’écoutez pas l’opposition. Nous avons affaire à une opposition qui est en perte de vitesse, qui s’agrippe à n’importe quoi pour faire croire qu’elle existe.

RFI : Concrètement à quelle date les Centrafricains vont voter ?

F.B : Tout dépend du chronogramme que va nous proposer la commission nationale indépendante ainsi que la situation sécuritaire du pays. C’est ce qu’on nous a reproché pour qu’il y ait report. Donc nous allons tenir compte de tout cela pour que les élections se déroulent dans la transparence totale.

RFI : Est ce que le DDR n’est pas en panne aujourd’hui, le désarmement des ex rebelles ?

F.B : En panne proprement dit Non. Mais C’est bien l’opposition qui donne l’impression que le DDR est en panne. Mais ce n’est pas le pouvoir en place.

RFI : Vous voulez dire que l’opposition n’est pas pressée d’aller aux élections.

F.B : Exact, exact !

RFI : Elle dit le contraire hein !

F.B : Oh oh oh ! Qui a fait que le report soit accepté c’est bien l’opposition soutenue par la communauté internationale.

RFI : Vous êtes en train de dire que la communauté internationale est partisane dans cette affaire ?

F.B : Ben ben mais si, j’ai reçu des ambassadeurs des pays qui représentent la communauté internationale à Bangui qui sont venus me demander de reporter les élections.

RFI : Est ce que vous êtes pressé d’aller aux élections parce que vous êtes sûr de gagner ?

F.B : Non pour moi c’est de respecter la constitution. Tout simplement. Gagner dépend du peuple centrafricain. Celui qui sera élu sera élu et puis c’est tout. Moi je vais me retirer si ce n’est pas moi.

RFI : Une question sur Charles Massi votre ancien partenaire politique qui est entré en rébellion il y a deux ans, on est sans nouvelle de lui depuis six mois et le président tchadien Idriss Déby affirme que vous lui aviez confié qu’il avait été tué lors d’un accrochage avec l’armée. Alors qu’est ce qui s’est passé ?

F.B : L’ancien ministre d’Etat Massi, il a choisi là où on se parle à coup de kalachnikov. Que voulez vous que je puisse dire. Si ses collaborateurs on dit qu’ils ont eu accrochage en brousse, qu’est ce que vous voulez, moi je suppose que ça y est, il a eu peut-être une balle perdue  quelque part et puis c’est tout.

RFI : Donc il est mort c’est çà ?

F.B : Qu’est ce que voulez, c’est tout ce que je peux supposer mais nous n’avons aucune preuve.

RFI : Il n’a pas été arrêté par les forces centrafricaines ?

F.B : En ma connaissance il n’a pas été question de cela sur le territoire centrafricain.

RFI : Et cette confidence que vous auriez faite à votre ami Idriss Déby ?

F.B :Non. C’était une supposition. Supposition due au fait que personne n’a de ses nouvelles. La rébellion n’est pas aussi facile qu’on le croît !

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 02:43




21/10/2008 à 05:17 TU











Christophe Boisbouvier RFI : M. le président bonjour,

François Bozizé : bonjour

C B (RFI) : Le Bureau des Nations unies en Centrafrique le BONUCA a remis un rapport assez alarmant sur la situation des droits de l’homme dans le Nord Ouest de la République centrafricaine en ce début d’année 2008, où de nombreuses exactions et des exécutions sommaires commises par l’armée centrafricaine…

F B : Oh vous savez, dans ce genre de situation, en ce qui concerne la République centrafricaine, on a toujours voulu exagérer les choses. La paix s’instaure en RCA. C’est un pays qui a connu beaucoup de soubresauts. Nous préférerions que les institutions internationales nous aident dans l’effort que déploie le gouvernement pour faire asseoir la sécurité dans le pays. C’est un pays où la pauvreté est criarde. La pauvreté de la population ce n’est pas aussi une question de droits de l’homme ?

C B (RFI) : Il n’empêche qu’il y a eu quand même des accusations très précises qui ont été portées notamment à l’égard de l’office central de répression du banditisme (l’OCRB). Il y aurait eu des tortures dans les locaux de l’OCRB. Qu’est ce que vous allez faire pour améliorer la situation ?

F B : Non ! non ! Ce sont des faits qui se sont déroulés il y a au moins deux ans. Ce ne sont pas des faits récents. Vous voulez, on est toujours en train de remuer le couteau dans la plaie pour ternir l’image de la République centrafricaine qui effectue de grands efforts. La paix existe. La situation est maîtrisée dans le pays.

C B (RFI) : Est-ce qu’il n’y a pas tout de même des violences graves dans le Nord Ouest de votre pays ? est-ce qu’il n’y a pas par exemple des gens décapités, des têtes coupées qui sont promenées par des responsables…

F B : C’est vous qui le dites. C’est RFI qui le dit. Chaque matin nous écoutons RFI ternir la République centrafricaine au lieu d’aider ce pauvre pays à sortir de la situation dans laquelle elle se trouve. Venez avec moi, noua allons traverser le Nord de l RCA, vous verrez que les gens vivent en paix et vaquent à leurs occupations normalement mis à part les éléments de l’APRD qui se transforment en bandits pour attaquer les paysans, les éleveurs, les commerçants, dans leurs activités.

C B : C’est le rapport…Alors justement, vous parlez de l’APRD de Jean Jacques Demafouth. Votre gouvernement a signé en juin dernier à Libreville un projet d’accord avec ce mouvement rebelle qui prévoyait un dialogue à Bangui aux termes d’une loi d’amnistie mais maintenant tout est bloqué parce que les anciens rebelles disent que cette loi d’amnistie,  elle ne va pas les protéger, elle ne les concerne pas directement ; ils resteront menacés.

F B : Non ! non ! Je crois que euh…  Si vous voulez faire venir M. Demafouth à RFI à une table ronde, nous allons expliquer tranquillement les choses. Les accords de Libreville, il était question d’une loi d’amnistie pour que chacun vienne à Bangui. La loi d’amnistie a été prise. Elle a été publiée. Elle concerne Demafouth, Patassé, Abdoulaye Miskine, qu’est ce que voulez que nous puissions faire de plus ? Cette loi d’amnistie est claire. Demafouth a son problème avec la justice depuis l’époque Patassé et ça le gène énormément, mais qu’il n’accuse pas le pouvoir en place sur quoi que ce soit.

C B : Est-ce que la meilleure façon de parler avec M. Demafouth n’est pas de l’amnistier ?

F B : Mais il est amnistié. Je viens de vous le dire ; ainsi que tous ses combattants sont amnistiés depuis le 13 de ce mois.

C B : Donc pour vous, tout est réglé ?

F B : Tout est réglé ! Tout est réglé ! C’est la raison pour laquelle je vous demanderai de provoquer une émission radiodiffusée où Demafouth parle ; nous nous parlons et vous connaîtrez la vérité. Demafouth est libre de venir chez lui en Centrafrique.

C B : Sans être poursuivi par la justice ?

F B : Mais comment ? La loi…je vais vous la remettre. Vous allez le lire tranquillement.

C B : Est-ce qu’on peut dire la même chose de tous les chefs rebelles et de tous les opposants en exil ; je pense à Charles Massi par exemple…

F B : Charles Massi a quitté la République centrafricaine de lui-même. Qu’est-ce qu’il vous dit ?

C B : Il dit qu’il souhaite le dialogue avec vous.

F B : Mais est-ce que nous l’avons empêché ? Il a quitté la RCA tranquillement. Est-ce que nous l’avons chassé ? Non ! non !

C B : Vous venez de parler de votre prédécesseur Ange Félix Patassé. Il y a une procédure en ce moment à la CPI contre tous les responsables des exactions de 2002, 2003, à commencer par Jean-Pierre Bemba qui est en prison. Qu’est-ce qui va advenir d’Ange Félix Patassé qui était chef de l’Etat à l’époque ?

F B : Vous savez, c’est une affaire de justice et le tribunal international…qu’on lui laisse  le temps de faire son travail. Ne me demandez pas de faire le travail à sa place.

C B : Simplement, on peut s’étonner que Jean Pierre Bemba qui n’était que l’exécutant des ordres d’Ange Félix Patassé soit en prison et qu’Ange Félix Patassé soit en liberté au Togo. Quel est votre sentiment là-dessus ?

F B : Oui mais c’est le tribunal qui doit se prononcer. Vous voulez que j’aille arrêter euh..l’autre là…Patassé ? Je ne peux pas faire le travail à la place du TPI.

C B : En fait, pour faire la paix dans votre pays, il ne faudrait pas que M. Patassé soit amnistié lui aussi.

F B : Pourquoi ? Il est amnistié. J’ai toujours dit depuis le changement jusqu’à ce jour que Patassé pouvait rentrer chez lui en RCA sauf s’il a des problèmes avec la justice. Et voilà que pour le confirmer, je l’ai amnistié ainsi que tous ses co-auteurs. C’est clair !

C B : Alors la CPI enquête sur les événements de 2002, 2003, mais elle veut aussi enquêter sur les événements de 2005 après votre arrivée au pouvoir. Et de ce point de vue, vous avez écrit une lettre au Secrétaire général Ban Ki Moon pour lui demander justement que la CPI n’enquête pas. Pourquoi avez-vous écrit cette lettre ?

F B : Non ! non ! C’est un document que la TPI aura à utiliser. Je n’ai pas de commentaires à faire là-dessus.

C B : M. le président, merci.

 (Retranscrit par la rédaction de Centrafrique-Presse)


Ndlr Centrafrique-Presse : Le moins que l'on puisse dire est que les propos de Bozizé sur la paix, la sécurité qui existeraient bel et bien en République centrafricaine sont un pieux mensonge totalemnt aux antipodes de la réalité que vivent, depuis qu'il est à la tête du pays jusqu'à ce jour, les Centrafricains. De quel pays parle Bozizé, est on obligé de se demander. Parle-t-il de son village Bézambé ou vraiment de la République centrafricaine ?

La seule chose positive qu'on peut retenir de cette interview est la proposition que fait Bozizé pour que RFI puisse organiser un débat entre lui et Jean Jacques Demafouth. Interrogé par nos soins, ce dernier est parfaitement d'accord pour un tel débat comme suggère Bozizé. Un tel débat sera en effet bien utile pour la clarification de certaines zones d'ombre et la gouverne de l'opinion publique ainsi que celle des Centrafricains. Que RFI se dépêche de le réaliser...! 

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 18:53


















Capitaine Abakar SABONE

Centrafrique-Presse
– M. le Président du MLCJ, vous venez d’annoncer brutalement le retrait de votre mouvement de la plate-forme avec l’UFDR. Peut-on en connaître les raisons ?

Abakar Sabone -Tout d’abord, il faudrait que vs sachiez toute union n’est pas définitive et dépend surtout de la cohésion entre les objectifs de créations et les circonstances actuelles. En ce qui me concerne, j’ai jugé opportun que le M.L.C.J se retire de cette union qu’il a librement consentie d’ailleurs. C’est vrai, vu les circonstances, notamment les préparatifs du Dialogue Politique National Inclusif, beaucoup jugerait inopportun le moment de ce retrait qui pourtant me semble justifier surtout par certaines incompréhensions et confusions en ce qui concerne les objectifs de l’union.

 

Ainsi, tous ces malentendus ont crée une crise de confiance au sein de l’U.F.D.R  et des velléités de personnalisations de l’union. En un mot, le MLCJ s’est retiré de l’UFDR pour préserver les intérêts du peuple centrafricain et stimuler la jeunesse centrafricaine et plus précisément la génération montante afin qu’elle prenne ses responsabilités.

 

CAP – Il n’y a pas si longtemps, on vous voyait aux côtés du Président du FODEM M. Charles Massi que le Président de l’UFDR avait récemment nommé comme Coordonnateur de l’UFDR. Votre retrait de l’UFDR vous éloigne t-il aussi de M. Charles Massi ou pensez-vous que ce dernier peut-il encore jouer un certain rôle dans votre lutte pour la démocratie en RCA ?


A.S
-La lutte pour la démocratie en RCA n’est pas seulement une question d’hommes, mais aussi d’idéal et de dévotion. Mr Charles MASSI est un citoyen centrafricain et je le respecte comme un aîné. Nous pouvant également, au-delà de ce respect mutuel avoir des points de vue différents quant à la méthode de reconstruction de la RCA. Chaque centrafricain à sa partition à jouer pour que ce dialogue politique national inclusif réussisse, et si les circonstances n’ont pas voulu que Mr MASSI et le MLCJ soient ensemble pour réussir cette mission, chacun de son coté pourra apporter sa part de contribution de sa manière logique concrète.

 

CAP – Vous avez été un compagnon de lutte et de prison de M. Michel Amnon Droko Djotodia, Président de l’UFDR. Celui-ci, depuis la nomination de Charles Massi comme Coordonnateur de l’UFDR,  est à désavoué par le comchef le général Zakaria Damane qui dit contrôler le Nord est de la RCA et qui prétend que le Président Djotodia n’aurait personne sur le terrain. Ne craignez-vous pas que votre retrait aujourd’hui ne puisse compliquer davantage les choses à votre ancien compagnon de prison ?


A.S
-Je ne pense pas que le retrait du MLCJ puisse compliquer quoique ce soit à Mr-Michel DJOTODJIA, d’autant plus que sur les questions de formes relative à l’avenir de la RCA nous nous comprenons, ce n’est que sur les questions de fonds qu’il y’a des divergences. Ce n’est ni DAMANE ni DJOTODJIA ni SABONE ni BOZIZE ni un quelconque individu qui contrôle le nord-est ou tout le territoire centrafricain, mais plutôt le peuple centrafricain qui est seul souverain et peut décider à tout moment d’en chasser les tyrans.  Les querelles de leadership n’ont rien apporté à l’UFDR ; et il est temps de repenser avec patriotisme la reconstruction de la RCA.

 

CAP – Pourquoi n’avez-vous pas pris part aux discussions de Libreville qui ont débouché sur la signature de l’accord global de cessez le feu et de paix en présence du Président El Hadj Omar Bongo Ondimba ? Etes-vous prêt à signer cet accord si on vous le proposait ? 


A.S
-Ecoutez, l’UFDR à toujours fait preuve de bonne volonté quant au processus de paix en RCA. Nous n’avons pas effectué le voyage de Libreville pour la simple raison qu’avant la signature de l’accord global de paix, il y’avait la signature prévue à Cotonou de l’accord de cessation des hostilités entre l’UFDR et le gouvernement centrafricain. Ce qui n’a pas été fait faute de consensus sur le parrainage……Je vous rappelle que nous avons rencontré à deux reprises le général BOZIZE à Cotonou en marge du 10eme sommet de la Cen-Sad.

En tout état de cause, nous (MLCJ) réaffirmons notre volonté de signer l’accord global de paix sous certaines conditions : Signature à Cotonou d’un accord de cessation des hostilités d’abord et Libreville après pour le global..

 

CAP – Dans une de vos précédentes interviews à un magazine africain paraissant à Paris, vous plaidiez fortement pour la participation au pouvoir des musulmans centrafricains, ce qui vous a attirer beaucoup de critiques de la part de vos compatriotes. Que dites vous aujourd’hui à ce sujet pour dissiper d’éventuels malentendus ou ambiguïtés ?


A.S
-Le fait de constater un déséquilibre social et d’en parler est-il un délit ? La constitution de notre pays la RCA mentionne clairement que la République est laïque ; quoi de plus normal d’attirer l’attention des pouvoirs publics pour faire appel aux frères musulmans afin d’éviter une exclusion ? Donc, le fait que des mouvements se battent pour les droits de la femme, et leur participation dans la prise des décisions est une mauvaise chose ? Bref ! Le Droit est plus précieux que la Paix. Voyez-vous, il faut éviter tout amalgame et se concentrer sur les véritables problèmes de notre RCA. Je dis tout simplement que c’est une incompréhension de la part de certains compatriotes qui ont voulu seulement dramatisés les choses. CHRETIENS où MUSULMANS  nous sommes tous des CENTRAFRICAINS.

 

CAP – Le président Bozizé ne semble pas très pressé que le dialogue national inclusif se tienne. A ce jour, le projet de loi portant amnistie générale préalable à ce dialogue n’est toujours pas déposé à la représentation nationale. Quel est votre sentiment sur les préparatifs du dialogue inclusif ? Y prendrez-vous part ?


A.S
-Tout d’abord, l’élément précurseur à ce Diologue Polique a été bâclé. Je veux parler du comité préparatoire. En effet nous aurions pu, avec patriotisme mettre sur pieds un véritable comité préparatoire capable de rassembler tous les éléments clés de ce dialogue. Il est clair qu’au vu des nombreuses divergences qui existent aujourd’hui autour du comité préparatoire, le général BOZIZE est entrain de revoir sa stratégie. Evidement, il prendra soin de verrouiller certains dossiers et de maîtriser les contours de ce dialogue politique, c’est vraiment dommage, car le peuple centrafricain est fatigué, fatigué de l’éternel recommencement. Le MLCJ, bien sur, prendra part au dialogue national, si effectivement un consensus préalable est dégagé. C’est la dernière chance pour notre RCA, car si nous échouons à ce dialogue le Pays rentrera dans une spirale autodestructrice. Grâce à ce dialogue national, la RCA  connaîtra un large consensus incontournable pour sa crédibilité et la reprise de son développement. Nous sommes tous interpellés, et notamment  le gouvernement qui devra consentir à certaines sacrifices pour la bonne tenue et la bonne réussite de ce processus salutaire, car nous tous gouvernants et gouvernés avions besoin.

En ce qui concerne l’amnistie générale, je pense à mon avis qu’il ne faudrait pas précipiter les choses. Chaque responsable centrafricain sans exception doit d’abord reconnaître ses forfaits devant le peuple et lui demander pardon pendant le dialogue national, ensuite réparation sera faite aux victimes pour au moins apaiser les cœurs et enfin, le dialogue national saisira le parlement pour l’amnistie générale. Donc, voyez-vous, c’est une question de responsabilité et de patriotisme.

 

CAP – Le général Bozizé ne paraît pas être un homme de parole puisqu’il n’a pu tenir presqu’aucun de ses engagements majeurs à votre égard après que vous l’ayiez conduit au pouvoir. Doit-on lui faire encore confiance pour le dialogue national inclusif ?


A.S
- Je pense pour ma part que les donnés ont changé aujourd’hui. Vous n’ignorez pas que la pression est énorme et non seulement tout le peuple centrafricain est attentif et très impatient quant à la tenue de ce dialogue, mais aussi la communauté internationale qui doit être sûrement fatigué de cet éternel recommencement. Le général BOZIZE n’a pas intérêt à torpiller ce dialogue politique national car il joue son pouvoir. Il le sait et nous les savons tous.

 

Le temps des discours est révolu ; il est maintenant impératif d’agir, d’agir bien et d’agir vite..

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 23:11

 

 

 

Centrafrique-Presse : Après les élections présidentielles de 2005 où vous vous étiez porté candidat mais où il ne vous avait pas été possible de rentrer au pays battre campagne vous-même, vous avez crée un parti politique la NAP. Or sur proposition de sa base, vous venez d’accepter de prendre la direction de l’APRD qui est un mouvement armé et c’est à ce titre que vous vous êtes rendu dernièrement à Libreville signer l’Accord de cessez le feu et de paix avec le gouvernement du président Bozizé. Votre position est-elle cohérente ? Pourquoi acceptez-vous de prendre la direction d’un mouvement armé ? Que devient désormais votre parti politique ?

 

Jean Jacques Demafouth : Effectivement j’ai déposé un dossier en vue de la reconnaissance de mon parti la NAP au mois d’octobre 2006. A ce jour le ministère de l’intérieur a délivré un récépissé provisoire mais la reconnaissance définitive tarde à venir. J’ai eu un petit entretien à ce sujet avec le ministre de l’intérieur à Libreville. Quand à l’APRD vous connaissez les circonstances dans lesquelles j’ai été choisi comme Président de ce mouvement. Je suis un homme politique et mes compatriotes m’ont fait appel et je ne peux leur tourner le dos. J’ai reçu mandat de signer un accord de cessez le feu et de paix avec le gouvernement centrafricain et nous allons dans les prochains jours engager des discussions en vue de la signature d’un accord de paix global. L’action que l’APRD a menée sur le terrain doit être poursuivie sur le plan politique.  

 

C.A.P Vous avez été inculpé par le pouvoir de Bangui et condamné récemment par contumace par la dernière session de la cour criminelle de la RCA pour assassinat dans l’affaire du lieutenant Gbodo à Kembé. Pouvez-vous nous faire le point sur cette affaire et quelles y sont vos responsabilités réelles si responsabilités il y a ?

 

JJD : Merci de me permettre d’apporter une précision avant de commencer. Je n’ai jamais été condamné ni avant ni dans le cadre de cette affaire que vous évoquez. J’ai été inculpé par le tribunal militaire qui s’est ensuite déclaré incompétent et a transmis le dossier à la Cour criminelle. En 2005 la Cour criminelle avait estimée que l’état du dossier ne lui permettait pas de retenir l’affaire et l’a renvoyée devant le doyen des juges d’instruction pour complément d’information. En 2007, le doyen des juges d’instruction a renvoyé le dossier devant la chambre d’accusation de la Cour d’appel. En 2008 la chambre d’accusation de la cour d’appel a pris une ordonnance de contumace pour renvoyer cette affaire devant la cour criminelle. La cour criminelle vient de se déclarer incompétente et a renvoyé à nouveau cette affaire devant la chambre judiciaire de la cour de cassation et nous attendons son arrêt. Voilà ce qui en est de la procédure. En ce qui concerne le fond de cette affaire, c’est tout simplement une manœuvre pour discréditer monsieur DEMAFOUTH.

Rappelez-vous qu’en 1999, et surtout pendant la période de campagne électorale, la tension était montée d’un cran entre les militants du MLPC et ceux du RDC dans la préfecture de la Basse-Kotto. Plusieurs responsables locaux sont venus se plaindre aux autorités à Bangui  du comportement de certains jeunes gens détenteurs d’armes de guerre qui sévissaient dans cette région. A cette époque je n’avais pas d’activités officielles je m’occupais de ma société Télécom plus.

Le 1er novembre 1999 j’ai été nommé ministre de la défense et j’ai pris mes fonctions le 3 novembre. Le 5 novembre j’ai nommé un chef de cabinet.  Le cabinet du ministre était composé du chef de cabinet, d’un chargé de mission, d’un assistant et du personnel de l’administration.

Le 10 novembre j’ai reçu un appel téléphonique de la présidence m’invitant à une séance de travail  présidée par le chef de l’état. J’ai pris part à cette séance de travail en compagnie de mon collègue de l’intérieur. Nous avons ensemble découvert dans la salle les responsables du MLPC qui venaient  présenter au Président de la république les militants du MLPC victimes des exactions d’une bande armée dans la préfecture de la Basse-Kotto. Certains étaient encore à l’hôpital communautaire et le reste était hébergé au siège du MLPC. Après plusieurs interventions, le Chef de l’Etat avait conclu par l’envoi d’une mission de la garde présidentielle dans la zone en vue de remettre de l’ordre. La presse présidentielle était présente et l’intervention du chef de l’état a été diffusée à la radio.

Je n’ai pas été associé à la préparation ni à l’exécution de cette mission qui relevait d’un corps qui dépendait exclusivement de la Présidence. La seule chose que mon collègue de l’intérieur et moi avions  fait à l’époque, c’était de demander à rencontrer le général KOLINGBA. Mais ce dernier avait refusé. J’ai été informé de cette triste affaire par le Directeur général de la gendarmerie qui est venu tôt le matin à mon bureau. Par contre je sais que la mission de Kémbé a  été décidée sur proposition  de divers services de l’état dont l’Etat major général des armées. Vouloir absolument incriminer monsieur DEMAFOUTH relève d’une grossière volonté de nuisance pour des fins politiques. De toutes les façons, la vérité sortira un jour. Je vais me battre et je ferai en sorte que même si cette affaire est amnistiée sur le plan pénal, qu’elle soit poursuivie sur le plan civil afin de donner l’occasion aux parents des victimes de connaître la réalité des faits.

 

C.AP : Lors de la première intervention des troupes du MLC à Bangui après le coup d’Etat raté du général André Kolingba du 28 mai 2001, vous étiez ministre en charge de la défense du président Ange Félix Patassé. Certaines personnes vous accusent d’avoir des responsabilités dans la mort d’un certain nombre de personnalités notamment le général François Bédaya Ndjadder, le général Abel Abrou, le colonel de gendarmerie Alphonse Konzi, de l’universitaire Théophile Touba du RDC, etc…Que répondez-vous ?

 

JJD : Je suis surpris par ces nouvelles accusations qui sont sans fondement. J’ai lu récemment dans un communiqué signé d’un soit-disant Collectif d’officiers libres qui visiblement, ne font la rébellion que sur internet et dont on ne connaît pas le moindre cm2 du territoire national qu’ils occupent. Je pense que ce communiqué a été confectionné à partir d’un cyber café à Paris et on a mis le nom de cet officier qui vit son exil en Europe dans des conditions difficiles. C’est vraiment lamentable d’en arriver là pour prétendre à une existence politique.

Comme vous le savez le coup d’état du 28 mai 2001 m’a surpris et cela a  été démontré lors de mon procès. Mon domicile a été attaqué faisant un blessé grave. Malgré tout j’ai été accusé et envoyé en prison pour rien. Heureusement que la cour criminelle dans son arrêt a reconnu que si l’ordre a été rétabli, c’était grâce à mon travail et à l’organisation que j’avais mis en place dès le lendemain du coup d’Etat. D’ailleurs le procureur général, lors de ce procès a donné publiquement les noms de ceux qui ont tué le général Ndjadder. Quand au  général Abel Abrou, il a été tué dans des circonstances que nous n’avons pas eu le temps d’élucider et en pleine opération dans une zone non contrôlée par nos forces. Pourquoi la commission d’enquête mixte n’a-t-elle pas cherché à connaître la vérité sur cette affaire. Quand au député Touba, ce sont des éléments de la garde présidentielle dans la vague de répression qui a suivi l’attaque de la résidence du président PATASSE qui sont allés le chercher pour l’exécuter. Ces éléments sont connus. Ce sont les mêmes qui ont tué Mr BANGANZONI et ses enfants. Pendant ce temps DEMAFOUTH était assiégé chez lui par les assaillants. Je vous répète encore que monsieur DEMAFOUTH n’a jamais commandé la garde présidentielle ni avant les évènements, ni pendant ni après. Pour le cas du colonel KONZI, il était malheureusement sorti de sa cachette le jour ou le chef de l’Etat m’a retiré le commandement et avait confié l’ensemble du contrôle des opérations au Procureur Général qui était nommé Président de la Commission d’enquête mixte judiciaire. Je ne peux rien vous dire sur les circonstances dans lesquelles le colonel KONZI qui a cherché refuge au camp BEAL a été renvoyé vers la gendarmerie et a été extirpé par des éléments de la garde présidentielle pour être exécuté.

 

C.A.P : Certaines personnes vont jusqu’à vous accuser également  d’avoir quelque chose à voir dans les circonstances de la mort du colonel Alphonse REHOTE. Qu’avez-vous à en dire?

 

JJD : Je ne sais pas pourquoi on cherche absolument à me coller une affaire criminelle sur le dos. Pour ceux qui ne le savent pas j’avais des liens particuliers avec le colonel REHOTE. C’est même lui qui m’a prêté un logement lorsque je suis rentré à Bangui. Quand il a trouvé la mort j’étais en France en mission.  Une enquête avait été diligentée par la gendarmerie et le résultat a été communiqué au gouvernement.  A l’époque j’étais conseiller à la présidence et le Ministre de la défense d’alors, Pascal KADO, m’avait dit que le colonel était tombé dans une embuscade d’une bande de coupeurs de route provenant du Tchad. Voilà ce que je peux vous dire sur cette affaire.

 

C.A.P : Certaines personnes considèrent qu’après l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, les prochains sur la liste devraient être le président Patassé et vous ? Quelle est votre lecture des événements d’octobre 2002 jusqu'au coup d’Etat du 15 mars 2003 quand bien même vous n’étiez plus aux affaires ?

 

JJD : Dans cette affaire les gens spéculent pour rien. C’est une triste affaire qui n’honore pas notre pays. Ce qui est arrivé est grave. Aujourd’hui il faut attendre la fin de l’instruction de ce dossier. Si Jean-Pierre BEMBA a été arrêté, c’est que le Procureur de la CPI a estimé nécessaire son arrestation pour la manifestation de la vérité. Maintenant c’est au Procureur qui a la charge de la poursuite dans cette affaire, de délivrer un mandat ou non. Quand au Président PATASSE, ce n’est que dans la norme des choses qu’il soit entendu. Il était le Chef de l’Etat, chef suprême des armées au moment des faits.  Il doit dire ce qui a motivé l’appel aux troupes du MLC, le mécanisme de commandement et d’exécution sur le terrain. Les gens se trompent parfois. Ce n’est pas parce que quelqu’un est arrêté qu’il  est coupable, ce n’est pas parce que quelqu’un est inculpé qu’il est coupable. Le peuple centrafricain a besoin de savoir ce qui s’est passé réellement.  Si le Président PATASSE ne s’exprime pas à ce sujet, c’est parce qu’il veut réserver la primauté de sa déclaration au Procureur du TPI et je le comprends. Il faut de la sérénité. Le peuple centrafricain lui avait confié son destin en 1993 et renouvelé sa confiance en 1999.  Que s’est-il passé ? C’est l’occasion pour lui de s’expliquer. En ce qui me concerne, je n’étais plus aux affaires, et je n’ai donc pas pris part aux évènements dans la période que vous citez. Donc je n’ai rien à y voir.

 

C.A.P : On parle encore de la nécessité de la signature toujours à Libreville, d’un accord de paix global avant la tenue du dialogue politique inclusif. L’APRD doit être de la partie n’est-ce-pas ? Quelle part compte-t-elle prendre dans le retour durable de la paix en Centrafrique ?

 

JJD : Effectivement l’APRD va être présente à Libreville pour la signature de l’accord de paix global. Le retour durable de la paix dans notre pays est une question de volonté des parties en conflit. Si nous respectons nos engagements et croyons en ce que nous faisons, la paix est imminente et irréversible. C’est ce que souhaite l’APRD.  L’accord de paix global va ouvrir les portes du dialogue national inclusif par la prise de la mesure de décrispation nationale qui est l’amnistie générale. Tous les Centrafricains, y compris les présidents PATASSE, KOLINGBA, et BOZIZE doivent être présents.

 

C.A.P : Seriez-vous candidat à l’élection présidentielle de 2010 ?

 

JJD : Pour le moment je ne le sais pas encore. Mais si c’est le désir de ceux qui  pensent que je peux proposer des solutions pour mettre notre pays sur la voie du développement, oui je serai candidat. Si non je soutiendrai volontiers un autre compatriote.

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 00:30

 

Par Julien Martin | Rue89 | 05/04/2008 | 12H02

Dans une interview à Rue89, l'ex-ministre de la Culture répond à la polémique sur sa visite en Côte-d'Ivoire et s'en prend au PS

Certains affirment que Jack Lang est inquiet, mais lui assume parfaitement. Interrogé par Rue89 sur sa virée du week-end dernier avec le président Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire, le député socialiste considère qu'elle était même "très intéressante", nullement gêné par le reportage de la télévision ivoirienne RTI diffusé en France par Bakchich:

Au cours de notre entretien, Jack Lang a répété qu'il considérait Laurent Gbagbo comme "un humaniste", se fiant à son "intuition". Il en a également profité pour tacler les dirigeants socialistes, notamment le Premier secrétaire du PS François Hollande, qui auraient participé à la "diabolisation" du président ivoirien. Interview.

Pourquoi vous êtes-vous rendu en Côte d'Ivoire?

Ce sont des amis qui m'ont approché. Jean-Marie Le Guen [vice-président de l'Assemblée nationale, ndlr], qui est un ami, m'a parlé il y a quelques semaines de la situation en Côte d'Ivoire et m'a dit: "Voilà, Gbagbo aimerait te rencontrer. Il a été très blessé par la façon dont Hollande l'a traité au moment de la guerre civile. Il a confiance en toi." C'est vrai que j'ai acquis là-bas une sorte de sympathie pour différentes raisons: mon anticolonialisme ancien, mon attirance pour l'art traditionnel, mon amitié avec les musiciens comme Youssou N'Dour et d'autres...

Pourquoi Laurent Gbagbo souhaitait-il vous voir vous?

Gbagbo souhaitait que quelqu'un comme moi vienne se rendre compte sur place de la situation et aide à une forme de réconciliation. Une réconciliation intérieure. Il m'a demandé de rencontrer les différents leaders qui naguère se sont affrontés physiquement: Soro qui est devenu Premier ministre, Bédié l'ancien Président qui a été chassé par un coup d'Etat, Ouattara qui vient du Nord et qui n'était pas là mais que j'ai appelé...

Une réconciliation avec les socialistes français également, mais je crois que je n'arriverai pas à les convaincre, Hollande a prononcé des propos définitifs. C'était un travail de contact, une visite d'amitié, une visite très intéressante. J'étais mon propre envoyé, si j'ose dire.

N'avez-vous pas eu peur de créer la polémique?

Gbagbo est un homme de gauche, un humaniste. Il connaît l'histoire du mouvement socialiste français mieux que certains socialistes d'aujourd'hui. C'est un patriote qui a été élu démocratiquement, autant que la démocratie fonctionne en Côte d'Ivoire. C'est un président légitime et légal. Il s'est trouvé confronté à une situation de rébellion et d'invasion de la part de troupes venant du Nord et notamment du Burkina Faso. On ne va pas reprocher à un président en fonction de se battre pour préserver l'unité de son pays.

Après, un affrontement c'est un affrontement, on ne fait pas dans la dentelle. Ce qui n'est pas normal, c'est que l'agressé -Laurent Gbagbo et son gouvernement- ait été présenté dans les médias européens ou américains comme l'agresseur.

Je ne suis pas enquêteur, je ne suis pas chargé de dire le bien et le mal, mais mon intuition et le témoignage de gens en qui j'ai confiance me permettent de dire que cet homme a été injustement calomnié, maltraité par le gouvernement français de l'époque. Et certains dirigeants socialistes français manipulés ou mal informés ont participé à cette diabolisation.

Aviez-vous besoin d'aller en boîte de nuit pour vous en rendre compte?

J'ai dit à Laurent: "Si tu es si populaire, allons donc se promener dans les quartiers populaires." Et on a descendu cette magnifique rue, en toute décontraction, avec un dispositif de sécurité très léger. Il y avait une sorte d'enthousiasme et de respect dans les regards des Ivoiriens qu'on a croisés. On est ensuite allés en boîte, elle s'appelle le Queen's [qui appartient au footballeur Didier Drogba, ndlr]. Vous savez, la Côte d'Ivoire est un des pays où la musique bouge le plus.

Faites-vous encore de nombreux voyages de la sorte?

J'ai eu dans ma vie ce privilège, par l'action que j'ai menée, de voyager. Mais la plupart de mes voyages sont motivés par des envies personnelles. J'ai une attirance particulière pour les pays du Sud, l'Afrique et l'Amérique du Sud. J'ai beaucoup voyagé au Vénézuela chez mon ami Hugo Chavez. Aujourd'hui, les hommes politiques, Hollande notamment, ne voyagent pas, et c'est très regrettable.

 

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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 20:09
Texte inte'view donnée par l'ancien SG des Nations Unies
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