Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 00:14

 

 

 

Baba-Ladde1

Mardi 31 janvier 2012

 

«Bozizé et Déby ont conspiré contre le FPR. Il va de notre intérêt de tendre la main aux groupes rebelles centrafricains»

Une semaine après l’offensive lancée conjointement par l’armée tchadienne et centrafricaine contre sa position, le général autoproclamé Abdelkader Baba Ladé, chef du Front Populaire pour la Redressement (FPR), fait le bilan des combats et réitère son engagement à continuer sa lutte. Au regard de la situation actuelle, le chef rebelle écarte toutes les possibilités d’une négociation. Toutefois, il exige, s’il faut entamer des négociations, que cela se tienne dans un pays neutre et sous l’égide de la Communauté internationale. Interview.

François Bozizé et Idriss Déby Itno ont conjointement lancé leurs troupes contre vous le 23 janvier dernier. Quelle est la situation sur le terrain?

Général Baba Laddé: Je vous remercie. En effet, suite à l’offensive massive lancée par les armées tchadiennes et centrafricaines contre les positions tenues par le FPR, nos forces, ont repoussé l’ennemi qui était  supérieur en nombre et matériel. Nous déplorons 4 morts et 15 blessés, par contre les assaillants ont laissé sur le terrain plusieurs morts, dont 7 officiers  parmi lesquels se trouve le colonel Hamid Djogou, qui dirigeait les opérations, en plus  de nombreux blessés et des véhicules calcinés. Nous sommes actuellement dans une position stratégique et sommes constamment survolés par les avions de l’armée tchadienne.

Certaines sources ont annoncé les arrestations de plusieurs de vos proches dont votre épouse. Confirmez-vous cette information? Si oui, n'est-ce pas un coup sérieux que vous venez de recevoir?

Général Baba Laddé: Effectivement, mon épouse a été arrêtée à Sibut, ainsi que des proches à moi et de nombreux civils qui n’ont rien à voir avec notre lutte. Je déplore l’amalgame entretenu par les autorités centrafricaines qui ont procédé à des arrestations massives et arbitraires touchant la communauté musulmane en général et ciblant particulièrement les Peuls.

Vous avez déclaré vous soutiendrez une rébellion pour, je vous cite, «renverser le Président Bozizé». Pourquoi une telle option?

Général Baba Laddé: Etant donné que Bozizé et Deby ont conspiré contre le FPR, il va de notre intérêt de tendre la main aux groupes rebelles centrafricains pour mener ensemble un combat pour la libération de nos peuples opprimés. Et ce, dans le but d’instaurer la démocratie et la justice dans la sous-région.

Que répondez-vous aux autorités centrafricaines qui vous accusent d'être responsables d'exactions sur les populations du nord-est de la RCA?

Général Baba Laddé: Je m’inscris en faux contre ces allégations mensongères et irréalistes. Je tiens à rappeler à l’opinion publique en général qu’avant l’arrivée du FPR dans la zone, les populations étaient livrées aux exactions des bandits et autres Zaraguinas. Il a fallu que le FPR mette un terme à toute cette insécurité.

Malgré tout, êtes-vous prêt à vous retrouver autour d'une table de négociation avec Bozizé et Déby?

Général Baba Laddé: Oui! Mais au regard de ce que nous vivons, il est impossible de négocier dans ces conditions. Le FPR exige des négociations sincères sous l’égide de la communauté internationale dans un pays neutre.

Vous sentez-vous de taille à affronter deux armées gouvernementales? Si oui, avec quels moyens?

Général Baba Laddé: Ecoutez! Cette question relève de la secrète défense et de toute façon, nous allons nous défendre avec  les moyens dont nous disposons.

De 1998 à 2008 vous avez été actif avec le FPR au Darfour, sans succès. Depuis 2008 vous êtes en Centrafrique, toujours sans succès. Etes-vous toujours aussi déterminé?

Général Baba Laddé: Vous avez raison d’évoquer cette question. Cependant, il y a des facteurs incapacitants à savoir les alliances et les intérêts qui lient les régimes dans la sous-région. C’est ce qui nous a obligés  à quitter le Soudan pour ouvrir un nouveau front au sud du pays. Malheureusement, le même scénario est en train de se dérouler. Mais, tenez-vous bien, nous sommes animés depuis 1998 à nos jours par la même motivation et sommes déterminés à  relever les défis.  

Propos recueillis par Sabre Na-ideyam

 

Défection dans l'armée au Tchad, la LRA met en garde Idriss Deby!

Mardi 31 janvier 2012

Selon nos informations en provenance de la RCA, une cinquantaine d’éléments  de l’armée tchadienne  dont l’identité n’est pas pour l’instant connue, a  défection pour rejoindre les rangs des forces du Front Populaire pour le Redressement (FPR) retranchées  dans des zones, après avoir repoussé les offensives des militaires tchadiens et centrafricains.

Depuis quelques jours, les rumeurs circulent sur la présence au sud du Tchad de plusieurs unités de l’armée, envoyées dans le cadre des opérations militaires contre le FPR du Général Baba Laddé.

Cette défection témoigne à juste titre que les militaires tchadiens désavouent et désapprouvent totalement la politique que mène le régime d’Idriss Deby qui s’enferme dans une logique autiste de refus de dialogue politique.

Il faut signaler aussi que plusieurs mouvements rebelles tchadiens venus du Darfour,  campent sur la frontière centrafricaine et tentent de  rejoindre les combattants du FPR.

Par ailleurs, les rebelles ougandais du LRA, ont aussi mis en garde l’armée tchadienne contre le survol intempestif de leurs positions par des hélicoptères.

  Les jours à venir seront riches en  évènement  si Idriss Deby persiste !

Source : La rédaction du blog de makaila

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Interview
31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 23:14

 

 

Boz au sport

 

Par Donaig Le Du RFI mardi 31 janvier 2012

 

Faute de pouvoir parvenir à un consensus, les chefs d'Etat du continent réunis à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour le sommet de l'Union africaine ont décidé hier, dimanche 29 janvier 2012, de renvoyer au mois de juin prochain l'élection du président de la Commission. Pour en parler, mais aussi pour évoquer la situation dans son pays, l'offensive contre Baba Ladé, le chef rebelle tchadien présent en Centrafrique et la traque des rebelles de l'Armée de la résistance du Seigneur, François Bozizé, président de la République centrafricaine.

RFI : M. le président bonjour,

François Bozizé  : Bonjour Mme,

Le sommet de l’UA auquel vous venez d’assister a donné lieu à un combat important pour le poste de  président de la Commission, quelle image est ce que ça donne du continent ?

FB: Disons que le continent reste toujours uni. Il fallait respecter le règlement du vote. C’était pas facile. La sagesse a voulu que nous rejetons le tout pour le mois de juin et au mois de juin on repart à zéro et c’est la décision finale.

RFI : Mais justement on repousse le problème de six mois. En fait.

FB : Oui mais d’ici là on aura le temps de réfléchir puisque ce n’était pas bien réglé et il y avait aussi bien d’autres problèmes à résoudre mais tout cela a créé des difficultés mais la sagesse voudrait  que nous rejettons tranquillement dans six mois. Nous aurons à nous retrouver et régler ce problème tranquillement

RFI : Alors venons-en à ce qui se passe chez vous M. le président, qu’est-ce que vous pouvez nous dire de l’offensive qui est en cours  dans le Nord en ce moment

FB : L’offensive qui est menée de manière conjointe, l’armée centrafricaine et l’armée du Tchad contre quelqu’un que je peux qualifier de terroriste  Baba Laddé c’est son surnom, le combat a été bien sûr un peu difficile, un peu dur, mais les deux armées ont réussi à le neutraliser  et il est en fuite actuellement et tout son PC a été détruit

RFI : Il est en fuite ; vous savez vers où il est parti ?

FB : Oh Il est encore dans le secteur je crois, cherchant à trouver une issue je ne sais laquelle  mais l’armée s’organise et est toujours à sa poursuite.

RFI : Cela veut dire que l’offensive continue en fait aujourd’hui ?

FB : Mais la partie la plus dure est déjà réalisée. Ce ne sont que des poursuites après deux ou trois individus qui se cachent à travers la brousse. Ce n’est rien çà. Nous allons le capturer tôt ou tard.

RFI : Vous pensez donc que ce groupe-là n’est plus une menace aujourd’hui  pour vous ?

FB : Non il est neutralisé tout simplement puisque  son potentiel est détruit.

RFI : M. Demafouth est en prison depuis trois semaines maintenant, sauf erreur de ma part il n’a pas été présenté à un juge, qu’est-ce qu’on lui reproche aujourd’hui ?

FB : Vous savez que Demafouth a été arrêté par la justice Il a été convoqué par la justice et on l’a mis à la touche et nous attendons tout simplement ce que la justice compte faire de lui.

RFI : Mais ses avocats disent qu’il aurait fallu pour respecter les règles, l’inculper de quelque chose ; que le délai de préventive était dépassé.

FB : L’avocat comme la justice comme les magistrats savent le droit. On leur laisse le temps d’interpréter le droit à leur manière.

RFI : Vous pourriez peut-être me dire quand même ce qui lui est reproché ?

FB : Oui mais selon ce qui m’est parvenu, il cherchait à déstabiliser le pays. Et pour une personne de son rang après toutes les mesures qui ont été prises pour qu’enfin il soit tranquille chez lui, vouloir encore regrouper l’ensemble des forces politico-militaires pour reprendre la lutte au nom de quoi je ne sais, c’est méchant !  C’est ce qu’on lui reproche, les enquêtes se poursuivent et nous verrons ce que la justice pourra présenter.

RFI : Où est-ce qu’on en est dans la lutte contre la LRA ?

FB : Joseph Kony et sa bande ont trouvé refuge en République centrafricaine ; on avait cru qu’il pouvait se présenter comme simple réfugié mais malheureusement il continue à pratiquer les exactions inacceptables sur notre territoire et depuis ce temps les forces centrafricaines ainsi que  les forces ougandaises sont à sa poursuite et la dernière décision du gouvernement américain est la bienvenue et nous pensons qu’à partir du moment qu’un détachement militaire américain est sur place pour nous aider à mieux nous organiser pour aller de l’avant en vue de neutraliser ce bandit, nous pensons qu’avec le temps les choses pourront trouver des solutions.

RFI : Il est localisé à peu près ?

FB : Oui si, si ; il est localisé de manière grossière mais quant  à le localiser de manière nette, pas encore

RFI : M. le président merci.

 

 

NDLR : Le moins qu'on puisse dire est que les réponses laborieuses de Bozizé sur l'affaire de l'arrestation et la détention arbitraires de Demafouth sont peu convaincantes. Le fait qu'il va faire presqu'un mois bientôt sans être présenté à un juge ne le dérange pas du tout. Il préfère jouer à l'ignorant du droit et rejeter les choses sur les magistrats et les avocats, c'est plus commode pour lui.  

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Interview
26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 01:18
 
 
 Baba-Ladde1
 
Firmin Findiro : Baba Laddé est un étranger en territoire centrafricain. M. Baba Laddé est arrivé en territoire centrafricain. Il a pris une portion du territoire centrafricain qui était devenu son presque territoire à lui. La population a été victime de beaucoup de chose. Aujourd’hui M Baba Laddé nous livre bataille parce qu’il possède des armes lourdes il a fait grossir ses rangs avec de nouveaux recrutements Le gvt a décidé prendre ses responsabilités parce que M. Baba Laddé n’est pas un Centrafricain et il doit quitter son territoire
 
Carine Frenk RFI : Pourquoi cette opération ne s’est pas faite plus tôt ?
 
Firmin Findiro : Cela se justifie parce que le gvt ne voulait pas engager une quelconque bataille avant même qu’une procédure de négociation ne soit entamée.
 
Carine Frenk RFI : Qu’est-ce que vous répondez à ceux qui dénonçaient des complicités avec certaines autorités de Bangui.
 
Firmin Findiro : Nous savons qu’il y a des ramifications avec M. Baba Laddé mais le gouvernement prend ses responsabilités par rapport à cette situation.
 
* Firmin Findiro est ministre de la justice et porte-parole du gouvernement centrafricain.
 
 
NDLR : D’après un officier tchadien de haut rang qui s’est confié à l'AFP, l’armée tchadienne aurait « complètement détruit le poste de commandement de Baba Laddé et que celui-ci serait en fuite. » Toujours selon cette même source, « les militaires tchadiens seraient à sa recherche pour le capturer et que les opérations se poursuivraient encore ce (mercredi) ». "L'armée tchadienne a déployé des gros moyens pour nettoyer la zone", a également dit la même source. Une source militaire centrafricaine aurait évoqué la perte de quatre soldats côté FACA toujours selon l’AFP.
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Interview
2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 15:58

 

 

Bonne année 2012

 

saleh-kebzabo-copie-1.gif

 

 

 

Interview au Quotidien Mutations  30 Déc 2011

 

Député, président de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (Undr), il est également le chef de file de l’opposition politique tchadienne. Cet homme au verbe acerbe est sous le coup d’une plainte en diffamation assortie d’une menace de levée d’immunité parlementaire. Le député a en effet été traîné en justice par Lahr-Idi Pabamé, veuve du chef de village de Matta-Léré, Massamba Pabamé. Le défunt, lynché et incinéré avec 03 de ses notables par des villageois, était soupçonné d’enlèvement de 19 enfants. Dans ces contrées parfois laissées à leur triste sort par les autorités, la rumeur selon laquelle des chefs coutumiers sont également des promoteurs de groupes de coupeurs de route fait sont bonhomme de chemin.


Dans un rapport remis au Parlement, Saleh Kebzabo n’a pas hésité à accabler le présumé coupeur de route par personnes interposées pour ces pratiques de grand banditisme qui sèment la mort d’innocents et ruinent les populations en termes de paiement de – lourdes – rançons. Droit dans ses bottes, il persiste et signe. Il va même plus loin, accusant le pouvoir Deby, dont il a été l’un des membres, de vouloir politiser cette affaire. Au-delà de cette querelle tchado-tchadienne, et à quelques semaines des élections législatives dans son pays dont il voit l’opposition vainqueur, sauf tripatouillages comme cela est de coutume, il jette un regard plutôt pessimiste sur la gestion de la sphère politique dans la sous-région Afrique centrale.

La commission ad hoc, créée par l’Assemblée nationale afin de statuer sur la levée de votre immunité parlementaire, devait avoir achevé ses auditions samedi dernier. A quand les conclusions seront rendues publiques ?


La procédure légale de levée de l’immunité parlementaire d’un député, dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, prévoit la mise en place d’une commission ad hoc de 20 membres de sensibilités politiques différentes. Compte tenu du poids du parti au pouvoir, il y a 11 membres et 04 alliés, et l’opposition 05 membres. La commission a été mise en place et devait déposer ses conclusions le 27 décembre, mais je crois qu’elle accuse un léger retard et ce travail doit en tout cas être soumis à une séance plénière au plus tard le 03 janvier 2012, date de la clôture de la séance budgétaire actuelle.


Le déséquilibre de la composition de la commission ad hoc ne peut pas constituer un handicap pour nous, car il s’agit d’écouter des personnes précises, d’en faire la restitution et de tirer les conclusions dans la transparence. La vérité est claire, et on ne peut rien me reprocher s’il n’y a pas une volonté de politiser cette affaire. En effet, un député a l’impérieux devoir d’aller en urgence dans sa circonscription, s’il y a une urgence grave – ce qui était le cas – et d’en rendre compte à l’Assemblée nationale. Ce que j’ai fait par un rapport adressé au président. Je suis donc couvert par la loi, pour toute opinion orale ou écrite émise dans le cadre de mes activités parlementaires.


Vous êtes accusé de diffamation…


En ce qui concerne la diffamation, à supposer qu’il y en ait une, elle est strictement personnelle et aucun ayant droit ne peut s’en prévaloir pour engager des poursuites. Et, s’il y a malgré tout une plainte, elle doit clairement indiquer les passages considérés comme diffamatoires. Or, la plaignante s’est contentée de citer le rapport et deux articles du journal N’Djamena Hebdo, sans aucune précision. De plus, je suis considéré comme l’accusé principal alors que ne suis qu’un complice, de par la loi sur la presse au Tchad qui, par ailleurs, a dépénalisé les délits de presse au Tchad depuis 2010.


Enfin, les articles de la loi invoqués par la plaignante sont l’un relatifs à l’incitation au crime, destructions et autres, et l’autre à la possibilité d’user d’un droit de réponse comme première étape. Au regard de tout cela, cette plainte relève uniquement d’une architecture politique mal fondée et ne devrait pas prospérer auprès des députés qui seront appelés à voter en leur âme et conscience, au bulletin secret.


Cette affaire tombe au plus mal, pour un régime en proie à de multiples difficultés qui, apparemment, le dépassent. Dois-je en être l’agneau du sacrifice parce que mon statut légal de chef de l’opposition ne plaît pas ? Je suis très serein, et poursuis mes activités de chef de l’opposition en préparant les élections municipales du 22 janvier 2012 que nous comptons remporter.

Le Parlement est dominé par le parti au pouvoir. Votre sort vous inquiète-il, si vous devriez être renvoyé devant la justice ?


Le défunt chef de village Massamba Pabamé, cela est connu dans la région de Léré, était considéré comme l’un des pions du grand banditisme dans la région. Cette situation dure depuis plus de 10 ans et les paisibles citoyens, selon certaines estimations, auraient déboursé plus de 10 milliards de francs dans ces actions de coupeurs de route, braquage, enlèvements d’enfants puis d’adultes libérés contre fortes rançons… Sans oublier les crimes commis.
La région concernée borde le Cameroun, et Matta est à une dizaine de kilomètres de Figuil. Les malfrats, s’ils n’opèrent pas dans les deux pays, se servent de l’un pour leur repli. Cette situation a trop duré et les populations, excédées, ont créé des comités d’autodéfense reconnus par l’administration. Ce qui tendrait à dire que l’Etat s’est démis de ses responsabilités régaliennes. Pour ce qui me concerne, je suis prêt à affronter les tribunaux, même s’ils sont instrumentalisés. Je puis vous assurer que cette affaire ne doit pas être prise à la légère.

Certains observateurs estiment que, si le ministre de la Justice a demandé la levée de votre immunité, c’est pour vous faire payer votre demande de boycotter la prochaine consultation électorale des législatives…


Pour ma part, j’ai fait mon travail de député et rien ne m’ébranlera. Je répète que je suis victime d’une machination politique pour m’éliminer de la scène, non seulement pour les prochaines municipales où je conduis la liste de Léré, mais pour les prochaines présidentielles également. Autant dire qu’on me prépare une retraite imparable. Je suis serein, car «la vérité finit toujours par triompher», n’est ce pas ?


On vous accuse d’avoir sali la mémoire d’un chef assassiné en le traitant de «coupeur de routes» ou d’«enleveur d’enfants». Qui était ce chef ? Comment en est-on arrivé à une plainte contre vous ?

Comme je l’ai dit plus haut, des élections municipales auront lieu l’année prochaine. A la date d’aujourd’hui, 28 décembre, l’Etat ne s’est pas libéré de ses obligations financières vis-à-vis des partis politiques. Il leur doit des arriérés de subvention et des remboursements de frais de campagne. Les partis politiques de l’opposition en exigent le paiement intégral avant le début de la campagne électorale, car cette exigence fait partie de la transparence électorale. Nous savons que des dispositions sont prises pour que le parti au pouvoir soit grassement alimenté pendant que nous végétons dans la misère. Cette injustice doit être bannie. En réclamant ce que l’Etat nous doit, nous lui demandons de se mettre en règle, et cela est justice. Doit-on se taire face à l’injustice ? Nous avons tous participé aux précédentes élections législatives qui nous ont financièrement épuisés, et nous devons nous ressourcer, logiquement.


Vous auriez travaillé afin que la veuve du chef ayant déposé sa plainte contre vous la retire…


Sous nos contrées tropicales, et principalement en Afrique centrale, force est de constater que nous refusons la démocratie, ce qui bloque notre développement. La meilleure thérapie, pour nos pays, demeure incontestablement la démocratie et tous ceux qui continueront de la fouler aux pieds en paieront le prix. Au Tchad, prévaut une curieuse démocratie armée qui ne respecte pas les standards reconnus en la matière. Faut-il se taire pour faire plaisir au Prince ? Nous avons choisi de ne pas nous taire, de dénoncer, d’accuser et de citer tous les maux caractérisés par une gestion patrimoniale, hasardeuse et calamiteuse et par le pouvoir personnel, quitte à en payer le prix.


Le gouvernement tchadien vous reproche votre intransigeance, qui ne favorise pas le débat démocratique…


Mes frères camerounais, semble-t-il, font de l’entrée au gouvernement une panacée pour régler les problèmes. Un opposant entre dans un gouvernement sur la base d’une plate-forme, dans l’espoir de faire avancer les choses et non pour régler ses affaires personnelles. En tant qu’hommes politiques, nous sommes porteurs de projets de société et d’une vision pour nos pays. J’ai été deux fois au gouvernement, et deux fois j’en suis parti. Je campe résolument dans l’opposition depuis 2001 et n’en sortirai que pour prendre le pouvoir. Idriss Deby Itno le sait puisque je lui ai dit, avant la formation de son dernier gouvernement, que je n’étais pas personnellement demandeur et que l’opposition a choisi de continuer de s’opposer.


On vous dit amer depuis votre sortie du gouvernement…


Je crois en effet que notre démocratie a elle-même besoin de transparence. Il faut cesser de se réclamer de l’opposition et participer en même temps à la mangeoire. Il faut cesser de se moquer de notre peuple, qui est politiquement mûr et ne supporte plus nos singeries. Nous avons tout tenté en termes de gouvernement (transition, union, large union, ouverture, large ouverture, consensus et j’en passe). Il faut en finir, et que chacun joue son rôle.


Vous voyez que je n’éprouve aucune amertume. Je me sens bien dans ma peau d’opposant recouverte d’un manteau de chef de l’opposition. Le débat démocratique est exigeant, et nous devons en accepter les principes et la pratique. A vouloir constamment tordre le cou à la démocratie, nos gouvernants courent le risque d’y laisser leur peau. Alors je dis : en avant, démocratie toute !!!


Je vous remercie de cette opportunité de m’adresser à vos lecteurs. Je leur présente, ainsi qu’à votre équipe et à mes frères d’Afrique centrale, mes voeux pour une année 2012 de paix et de réussite.

Propos recueillis par Xavier Messè

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Interview
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 03:08

 

 

 

rapport MSF RCA 

 

13 Décembre 2011

 

http://www.msf.fr/actualite/articles/interview-chef-mission-centrafrique-est-situation-urgence-sanitaire

 

Olivier Aubry est chef de mission pour MSF en République centrafricaine (RCA). Il fait le point sur la situation humanitaire et sanitaire dans ce pays.

 

Situation : Dossier spécial RCA

 

Où en est-on aujourd’hui en Centrafrique après la signature des Accords de paix et du processus de désarmement, démobilisation, réinsertion (DDR) qui s’ensuit?

 

Depuis juillet 2011, la quasi totalité des groupes armés d’opposition ont signé les accords de paix. Mais certains demeurent actifs, en particulier un groupe armé tchadien installé dans le Nord du pays. Dirigé par Abdel-Kader Baba Ladé, les Forces Populaires Républicaines (FPR) ne génèrent pas d’insécurité pour le moment mais on peut se demander ce qui motive leur présence à la frontière entre les deux pays. L’Est du pays est très instable : le pays se trouve pratiquement coupé en deux sur un axe Est-Ouest. Un conflit oppose notamment deux groupes rebelles, la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) et l’Union des Forces pour la Démocratique et le Rassemblement (UFDR), pour le contrôle de zones diamantifères. Les derniers accrochages en date à Bria ont causé la mort d’une quarantaine de personnes et bien que des accords aient été signés en octobre dernier, le contexte dans cette zone reste très volatile. 

 

Dans l’Est du pays, en proie à l’insécurité, l’accès à certaines zones est complètement fermé aux acteurs humanitaires, donc on a du mal à avoir des informations sur la situation de ces populations. En revanche, dans le Nord, et plus particulièrement la région de Paoua où MSF travaille depuis 2006, le processus de démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR) est effectif depuis août 2011 et l’on n’a observé aucun accrochage en 2010. Mais il reste un certain nombre d’interrogations, car même si la ville Paoua est sous contrôle des FACA (Forces Armées Centrafricaines) avec une administration en place, la disparition de l’APRD (groupe armé d’opposition) laisse un vide du point de vue de la sécurité. L’APRD était certes un groupe rebelle mais celui-ci assurait un certain contrôle dans la région. Aujourd’hui on peut s’inquiéter d’un retour de l’insécurité par des coupeurs de route sur certains axes, d’actes de banditisme de la part d’anciens combattants de l’APRD qui n’auraient pas obtenu satisfaction ou qui se trouvent sans source de revenu  après leur démobilisation.

 

Quelle est la situation sanitaire du pays ?

 

La situation sanitaire en Centrafrique est extrêmement dégradée et ce, depuis longtemps. Elle était déjà très fragile avant le dernier coup d’état en 2003 et n’a fait qu’empirer depuis. Le système semble complètement en panne. On constate d’énormes dysfonctionnements à tous les niveaux. Le ministère de la Santé est quasiment absent en dehors de Bangui, la capitale. Très peu de structures de santé fonctionnent. Les comités de gestion, responsables de ces structures, sont soit inexistants soit non fonctionnels. L’accès aux soins est de fait très limité voire inexistant dans certaines régions. Le cadre législatif est lui aussi défaillant. Les ressources humaines sont très limitées et les compétences rares – il faut noter que plus de la moitié de la population du pays est analphabète. Le pays ne dispose que de très peu de spécialistes et on estime à 300 environ le nombre de médecins pour tout le pays, pour une population d’environ 5 millions de personnes. Et la plupart d’entre eux sont à Bangui.


Un système de santé laminé par des années d’instabilité politico-militaire, des problèmes structurels gigantesques, une insécurité dans toute la moitié est du pays… Tout ça donne un état sanitaire catastrophique et un accès aux soins de base extrêmement limité pour la grande majorité de la population.

 

MSF a mené récemment plusieurs enquêtes de mortalité – quels en sont les résultats et quelles conclusions doit-on en tirer ?

 

L’étude menée par Epicentre à Carnot dans le Sud-Ouest du pays montre des taux de mortalité qui dépassent largement les seuils d’urgence – aussi bien les taux bruts que chez les enfants de moins de cinq ans. On note des taux 3 ou 4 fois supérieurs au seuil d’urgence. Il semble que les dysfonctionnements structurels soient tels qu’on en arrive à une situation de crise et d’urgence sanitaire. Ces études, mais aussi les statistiques relevées dans nos structures de santé, indiquent que les causes de cette mortalité très élevée sont les pathologies habituelles : paludisme, infections respiratoires, diarrhées, etc. Mais pour arriver à des taux comme ceux-là, on a un peu de mal à croire que ces simples facteurs soient la seule cause. On se demande aujourd’hui si la déstructuration du système de santé n’engendre pas une telle situation d’urgence ou encore s’il n’y a pas un facteur sous-jacent qu’on n’a pas encore mesuré.

 

La situation est très grave à Carnot et la grande question est de savoir si dans le reste du pays il y a d’autres régions où le taux de mortalité puisse atteindre ce niveau.

 

Que font les autres acteurs de l’aide présents dans le pays ?

 

C’est l’un de nos plus gros problèmes. La Centrafrique se trouve dans une phase qu’on pourrait qualifier de post-conflit. Or cette transition entre la phase d’urgence et le début du développement est toujours une période un peu compliquée pour les urgentistes comme MSF. Le problème en RCA, c’est qu’il n’y a précisément pas d’acteurs du développement qui ont investi dans le pays. Et donc les organisations comme MSF se trouvent en sortie de crise confrontées à des problèmes de développement pour lesquels nous n’avons ni l’expertise, ni les compétences. Donc on se retrouve un peu démunis, obligés d’intervenir seuls sur des terrains qu’on ne maîtrise pas. Et on ne parvient pas non plus à attirer ces acteurs du développement pour qu’ils prennent le relais. Par ailleurs, ce qui rend les choses encore plus compliquées pour les organisations humanitaires comme MSF, c’est que la situation demeure toujours volatile et que ces organisation ont toute leur place en Centrafrique, donc il ne s’agit pas non plus pour nous de quitter le pays.

 

Quelle place MSF occupe-t-elle dans la carte sanitaire ?

 

Si l’on considère les différents projets menés par les trois sections de MSF présentes dans le pays, notre budget est presque équivalent à celui du ministère de la Santé. Donc MSF est un acteur très important pour la population et le système de santé du pays.

 

Nous couvrons la partie Nord du pays avec trois hôpitaux d’une capacité d’une centaine de lits et gérons également une vingtaine de dispensaires à travers le pays. Nous intervenons également sur la prise en charge du VIH et de la tuberculose. En 2010, MSF a mené environ 250 000 consultations sur l’ensemble de ses projets.

Tout cela représente en effet un volume d’activités très important à l’échelle du pays.

 

Quelle prise en charge du VIH dans nos programmes et quels défis particuliers à la Centrafrique ?


La situation du VIH en RCA est aujourd’hui très alarmante. Les taux de prévalence sont à la fois très élevés et continuent d’augmenter. La situation est loin d’être sous contrôle. Le programme national a de très grosses difficultés pour se mettre en place. Le Fonds Mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, qui le soutient, a gelé ses fonds depuis la fin de l’année dernière pour cause de dysfonctionnements et de mauvaise gestion de ces fonds par le système national. Nous sommes très inquiets quant à la capacité du programme national à pouvoir assurer la prise en charge des différents volets du VIH. MSF se retrouve donc à développer des programmes verticaux dans un pays où le programme national de lutte contre le sida ne fonctionne pas.

 

Et on est dans une situation identique pour la prise en charge de la tuberculose et du paludisme. Il y a eu récemment des ruptures de traitement anti-tuberculeux dans le pays de plus de quatre mois – avec tous les problèmes que cela engendre en termes de résistance de la maladie. Depuis quatre mois, MSF est le seul acteur à disposer d’anti-tuberculeux dans le pays. Pour compléter le tableau, le Fonds Mondial finance aussi la lutte contre le paludisme et là aussi, on observe la même situation avec très peu d’acteurs investis dans un pays où la maladie fait des ravages.


Face à ces trois pathologies – VIH, tuberculose, et paludisme – très peu d’acteurs de l’aide sont mobilisés, les programmes nationaux fonctionnent complètement au ralenti et voient leurs perspectives de financement de plus en plus incertaines. MSF risque de se retrouver à la fin de l’année 2011 le seul fournisseur de traitement anti-VIH et anti-tuberculeux dans le pays.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Interview
6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 23:32

 

ZIg-Zag.jpg

 

 

INTERVIEW DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MLPC

    

 

Le Confident : M. Martin ZIGUELE, vous revenez à Bangui après plus d’un mois de séjour en France puis quelques jours au Maroc. Quel est l’objet de votre mission en France puis au Maroc ?

 

Je vous remercie de m’offrir l’occasion de m’exprimer sur un certain nombre de préoccupations communes à commencer par les raisons et le but de mon dernier séjour en France car chaque fois que je me rends dans ce pays, cela donne souvent lieu à des interprétations mensongères et des spéculations fantaisistes et malveillantes. Donc je saisis cette opportunité pour lever toute ambiguïté et rendre compte brièvement et clairement, même si personne ne m’y oblige, de ce à quoi je me suis occupé lors de mon récent séjour en France.

Oui, en effet j’étais en France depuis mi-septembre pour répondre à plusieurs invitations de diverses natures. D’abord sur le plan politique, la Fédération MLPC d’Europe, d’Amérique, d’Asie, du Moyen-Orient et d’Océanie  (EAMMO) que dirige avec beaucoup d’enthousiasme et d’engagement le camarade Jean Didier KABRAL et son bureau fédéral, m’ont demandé de présider leur Assemblée générale à Toulouse le 23 novembre. Toutes les sous-fédérations y étaient présentes et nous avons même organisé une grande rencontre ouverte à tous les compatriotes.

Ensuite, à l’invitation de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE) j’ai participé au sommet économique sur l’Afrique qu’ils organisent annuellement avec la Banque africaine de Développement et le Ministère français de l’Economie et des Finances. J’ai particulièrement apprécié la très haute qualité de ces assises au cours desquelles j’ai beaucoup appris sur les défis actuels des    économies africaines, et surtout sur les meilleures pratiques et autres réflexions en cours dans cette longue et difficile lutte pour le développement de l’Afrique. Les panélistes étaient aussi bien des membres de gouvernement en exercice, comme l’excellent Ministre d’Etat à l’Economie et aux Finances du Sénégal, Monsieur Abdoulaye DIOP que des grands économistes et praticiens comme le sud-africain  M’Cube, qui est Vice-Président et Chef Economiste de la Banque Africaine de Développement. Nous avons également eu une brillante de Monsieur Fernandèz, Directeur Général du Trésor français sur la crise financière européenne et les stratégies de lutte développées par les autorités françaises.

Enfin, le troisième volet de mon séjour était consacré à des contacts et démarches professionnels car comme vous le savez peut-être, je gère à distance, compte tenu de mes engagements politiques ici au pays, mon cabinet de conseil situé dans la région     parisienne.

 

 

 Le MLPC est membre de l’Internationale Socialiste. Comment avez-vous apprécié les résultats de la primaire organisée par le parti socialiste français pour retenir François Hollande comme candidat à la présidentielles de 2012 ?

         

Oui, le MLPC est membre de l’Internationale Socialiste aux côtés du Parti Socialiste français qui est notre parti frère, et qui nous avait d’ailleurs parrainés en 2007 pour adhérer  à l’Internationale Socialiste car le processus d’adhésion est un vrai parcours de combattant.  A ce tire, j’ai effectivement suivi comme tous les cadres du MLPC, l’organisation des primaires socialistes qui a été un grand succès démocratique. Cela n’était pas gagné d’avance car beaucoup de Cassandre prédisaient une implosion du Parti socialiste français du fait d’un imaginaire « choc des égos ». Bien au contraire la richesse et le niveau des débats des candidats à la candidature ont démontré que le PS était sur le bon chemin, à tel point que l’opinion s’est grandement réjouit de cette  innovation politique. La preuve de ce succès est que des courants politiques opposés           au PS n’hésitent pas à réclamer des primaires pour leur propre camp mais en 2017.

Mes amis du PS ont également fait l’honneur au MLPC de m’inviter à la cérémonie d’investiture de François Hollande. Je m’y suis rendu avec notre Président fédéral Europe Jean Didier KABRAL et son deuxième vice-Président André Blaise BELEGOE. Ce fut un moment unique de communion de toute la gauche.

D’ailleurs les compatriotes peuvent vivre cette cérémonie et le discours     historique de François Hollande sur la télévision du MLPC, sur notre site www.lemlpc.net

    
L’Europe traverse une crise économique et financière aiguë actuellement. Pouvez-vous expliquer les raisons de cette crise qui secoue ce continent et ses conséquences sur les pays d’Afrique en général et ceux appartenant à la zone du franc CFA en particulier ?

 

La crise financière européenne est la crise de la dette souveraine, c’est-à-dire celle qui     est contractée par l’Etat. Beaucoup d’Etats européens ont emprunté massivement auprès des marchés, constitués des investisseurs institutionnels et des épargnants. La  principale garantie de remboursement de cette dette, comme partout ailleurs, est la croissance de l’économie et le respect d’une discipline budgétaire stricte. Cela veut dire que la politique économique et financière de tout gouvernement influe sur l’appréciation de sa capacité de remboursement par des analystes professionnels que sont les agences de notation ou de « rating ». Naturellement lorsqu’un Etat est surendetté et que sa capacité de rembourser à terme, eu égard à sa politique         économique, est aléatoire, les agences de notation dégradent la note de ce Etat ou émettent des réserves sur sa santé financière. Cela déclenche donc des mouvements de méfiance  des marchés qui cherchent à se débarrasser de la dette de ce pays. De même, cet Etat « indexé » a du mal à emprunter à bon marché, car les taux d’intérêt qui lui sont imposés par les marchés augmentent à des niveaux insoutenables à terme.

Devant une telle situation, les interventions de la banque centrale et des Etats partenaires est une urgente nécessité pour renflouer les caisses vides de ce Etat et pour rassurer les marchés. Les conséquences politiques et sociales sont celles que nous voyons en Grèce et en Italie : les grèves dures, la mise en place de gouvernements technocratiques non élus, etc. pour juguler la crise.

Les conséquences pour l’Afrique de cette crise qui a en réalité commencé depuis 2008 seront d’abord la diminution de l’aide publique au développement. Comme l’a dit le défunt MACKPAYEN en 1979, « quand vous êtes assis au bord du feu avec votre fils      entre les bras et que des étincelles jaillissent sur vous, vous éteignez d’abord le feu sur vous avant d’éteindre celui de votre bébé ».

Par conséquent, charité bien ordonnée commençant par soi-même, les pays occidentaux consacreront des ressources qu’ils auront de plus en plus du mal à mobiliser, à cause de la récession économique qui pointe à leurs horizons, pour résoudre leurs propres problèmes. L’aide au développement en pâtira certainement ; Les  pays africains qui en souffriront le plus sont ceux qui ont un taux de pression fiscale historiquement et structurellement faible comme notre pays la RCA.  Dans le cas de notre pays il s’y ajoute une gestion scabreuse et éminemment scandaleuse de braderie des maigres ressources de l’Etat. J’y reviendrai plus loin.

S’agissant des conséquences de cette crise sur notre monnaie commune le franc CFA, je pense que nos réserves de change ne justifient pas les rumeurs en cours sur une  éventuelle évaluation du FCFA. Bien au contraire, si les lois économiques sont respectées, le CFA devrait plutôt être réévaluée mais cela n’est pas forcément la panacée pour nos économies.

 

     La dernière mission du FMI a relevé la faiblesse du niveau des recettes de l’Etat, la gestion scabreuse de celles-ci et revue en hausse le prix du carburant. Comment peut-on efficacement renflouer les caisses de l’Etat ?

 

Lorsque vous lisez les  conclusions des Comités de convergence de la CEMAC, vous constaterez que notre pays est depuis longtemps au dernier rang pour le taux de    pression fiscale par rapport à la richesse nationale. La RCA a un taux de pression fiscale de mois de 10% par an contre 17 à 18% pour les autres pays de la CEMAC hors pétrole. Le problème étant structurel, les réponses sont également structurelles     mais elles doivent être apportées par un gouvernement mû par une réelle VOLONTE POLITIQUE de s’attaquer sans complaisance et sans esprit de prédation à la question budgétaire et fiscale de notre pays.

 Depuis des années, des hauts fonctionnaires centrafricains qui ont à la fois la formation et ’expérience, et donc la compétence nécessaire, produisent des rapports sur rapports sur ce qui doit être fait pour « sauver «  les finances publiques centrafricaines. Ils sont vivants et végètent soit aux Impôts, au Trésor, à la Douane, au Contrôle Financier, à l’Inspection Générale des Finances et à la Cour des Comptes, etc. Certains ont été mis à la retraite. C’est très souvent sur la base de leurs rapports que personne ne prend en compte ici, que les institutions financières internationales « rebondissent » pour proposer des solutions à la crise structurelle des Finances publiques en RCA.

La première chose à faire est d’abord de respecter, d’écouter  et de prendre en considérations les rapports divers et variés de ces cadres pour agir efficacement. Il faut des boulangers pour faire du pain donc il faut des professionnels des finances publics   pour faire les bons diagnostics et pour porter la bonne thérapeutique.

Ensuite, il faut appliquer les recommandations des diverses missions des partenaires au développement que sont le FMI, la BM, l’AFD, la BAD et j’en passe.

Enfin, il faut trouver une solution radicale à la gestion des liquidités du Trésor Public,     des Comptes d’Affectation Spéciale (CAS)  et des sociétés d’Etat et d’économie mixte. Si une solution de type de la création d’une Caisse de dépôts et de Consignation   n’est pas mise en œuvre pour gérer de manière rationnelle ces liquidités, nous continuerons d’assister à ce festival, que dis-je, ce jeu-concours de prédation des ressources publiques.

On peut multiplier par dix le prix du carburant, augmenter la TVA et les autres impôts et taxes, mais si des personnes qui n’ont pas qualité se permettent de venir aux caisses du Trésor Public et des sociétés  à participation publique, se faire servir des dizaines voire des centaines de millions de francs CFA comme dans une loterie, nous ne sortirons pas de notre situation de marasme.

On nous dit aujourd’hui que les caisses de l’Etat sont vides alors que hier seulement on nous annonçait l’arrivée imminente de  400 milliards après la Table Ronde de          Bruxelles et grâce à l’atteinte par notre pays du point d’achèvement de l’Initiative en         faveur des Pays Pauvres Très Endettés. J’écoute  d’ailleurs les silences très bruyants de l’Assemblée dite Nationale et de la       Cour des Comptes devant une telle   saignée de nos finances publiques.

Rappelons pour l’histoire,  que depuis l’indépendance de notre pays, le régime de François BOZIZE est celui qui a le plus bénéficié d’appuis financiers extérieurs, mais aujourd’hui l’Etat est en banqueroute de fait. Je vous laisse chercher l’erreur.  

      

     La Société AREVA a décidé de réduire ses activités en République Centrafricaine parce que le cours de ce minerai radioactif a plongé sur le marché mondial. Or toutes les prévisions économiques du pays ont pris en compte l’exploitation de l’uranium de Bakouma. Le délabrement de l’économie centrafricaine s’accentue également avec la fermeture des bureaux d’achat de diamant et les derniers conflits intercommunautaires entre la CPJP (Rounga) et l’UFDR (Goula) ainsi que la grève des cadres et agents des impôts qui n’ont pas perçu leurs quotes-parts depuis trois ans. En votre qualité d’ancien 1er Ministre et de leader d’un parti politique voulant conquérir et gérer le pouvoir, comment peut-on relever l’économie centrafricaine ?

 

Le MLPC et moi-même avons été l’un des rares partis qui dans le cadre des élections de janvier 2011 avons publié notre programme politique complet sous la forme d’un livre publié aux Editions Béafrica Sango. Nous y avons patiemment et longuement expliqué ce que le MLPC ferait dans chaque secteur en cas de victoire électorale. On oublie souvent que le MLPC est un parti qui regorge de cadres supérieurs dans tous les domaines, je dis bien tous les domaines et  qui contribuent tous les jours à la réflexion stratégique du Parti dans tous les domaines. Dernièrement, à la faveur des malheureuses tueries de Bria, le Bureau politique du MLPC a publié une déclaration non seulement pour prendre position au sujet de ce drame national mais faire également des propositions sur ce que le MLPC compte mettre en place comme politique en matière de défense pour restaurer la sécurité dans notre pays. Il y a seulement quelques jours, une autre déclaration du Bureau politique du MLPC vient encore, à la faveur du constat de vacuité des caisses du Trésor national à la suite du pillage et des incessantes et ponctions désordonnées du pouvoir en place, tout en dénonçant la mauvaise gouvernance actuelle, a également fait plusieurs propositions que le parti compte mettre en œuvre s’il parvient à prendre les commandes du pays afin d’assainir réellement les finances publiques actuellement sinistrées, c’est le moins qu’on puisse dire. Tout cela, mon parti le fait afin de répondre à certaines critiques selon lesquelles l’opposition ne ferait que critiquer le régime en place et ne proposerait rien.

Le problème AREVA est un cas d’école de mauvaise gestion politique, juridique, économique et financière de notre pays et de ces secteurs vitaux. Le mal était dans le fruit depuis l’origine car le « dossier AREVA » était devenu l’affaire de deux ou trois individus, en dehors de toutes les autres institutions de l’Etat. On ne négocie pas au coin d’une table un projet de ce type. On associe toutes les compétences techniques et juridiques pointues et on légitime sa démarche en impliquant l’ensemble - je dis bien l’ensemble - du gouvernement et de la représentation nationale. Ce ne fut pas le cas, hélas.. !.

Je me demande si certains ont un peu de scrupule dans ce pays : pour faire simple, comment peut-on reprocher à Patassé d’avoir signé et concédé à Jack Grynberg un permis pétrolier dans une procédure exorbitant de l’éthique, et signer sans broncher l’octroi d’une concession d’uranium à une société parfaitement inconnue dans le secteur ? Ce qui devait arriver arriva. La société junior a revendu son permis valorisé à un major pour un prix représentant plus de dix années du budget centrafricain en recettes, à l’insu du même gouvernement centrafricain pourtant actionnaire de la société junior. C’est à ce moment qu’on fera appel au peuple pour lui demande de protester, on ne sait contre qui et pourquoi je me demande jusqu’à présent.

Puis ensuite on nous dira que tout est réglé avec la société major, et que les Centrafricains verront bien leur uranium exploité en 2010, puis 2011 et maintenant à la Saint Glinglin.

Je suis surpris de constater que ceux qui gèrent ce dossier côté centrafricain, continuent à faire croire à notre peuple qu’ils ont des marges importantes de manœuvre dans cette affaire. Arrêtons de jouer au Matamore et de revenir au principe de réalité : AREVA est une société industrielle et commerciale et pas n’importe laquelle, puisque de par son statut et  du fait du secteur dans lequel elle opère, participe de la politique énergétique de son pays, et de ce fait la solution de ce différend naissant est politique et ne pourra se résoudre que par des négociations politiques bilatérales. C’est ce que le Niger a fait pour que le projet Imouraren aboutisse et démarre.

Le reste est à l’avenant : la gestion de la filière du diamant, la gestion de l’agriculture et de l’élevage, des forêts et du bois, qui doivent être la base de notre développement, la gestion des finances publiques, tout se tient et se résume à trois mots : Volonté politique, état des lieux sans complaisance et réformes.

 

     Les sociétés d’Etat telles que la SOCATEL, l’ENERCA et la SODECA battent de l’aile à cause de leur gestion peu orthodoxe et des dettes dues par l’Etat à celles-ci. Comment peut-on sauver ces sociétés qui appartiennent à des secteurs stratégiques ?

 

Il vous souviendra qu’à l’issue du Dialogue Politique Inclusif, les délégués - y compris ceux qui ont représenté les pouvoirs publics et le parti au pouvoir - ont voté à l’unanimité une recommandation forte demandant l’audit des sociétés à participation publique, du secteur des mines, des télécommunications, des hydrocarbures, des finances publiques, etc. Où en est-on aujourd’hui ? Le gouvernement a tout simplement mis sous le boisseau cette recommandation forte, et nous assistons à un véritable naufrage de ces sociétés d’Etat. A qui la faute ? Est-ce celle de l’opposition ?

Seuls ces audits permettront de recenser les problèmes transversaux et ceux propres à chaque entreprise, et naturellement la solution finale relève de la volonté politique de conduire des réformes structurelles drastiques ou de se murer dans l’attentisme et laisser s’empirer les choses..

Le MLPC est un parti social-démocrate, donc un parti de réformes. Nous avons fait le choix clair d’une démarche rationnelle : audit préalable de chaque entreprise de chaque secteur, recensement des problèmes transversaux et individuels, réformes drastiques visant à  réhabiliter ces sociétés pendant une période limitée, puis ouverture et libéralisation de ces secteurs qui ont besoin de très importants investissements à leur capital,  en provenance du privé national et non-national avec des partenaires techniques de référence pour fournir l’eau, l’électricité et le téléphone de manière satisfaisante,  . Le statu quo actuel est intenable et le gouvernement a malheureusement opté pour la politique du « laissez-pourrir » : l’outil de travail de ces sociétés est obsolète, les fonds propres sont négatifs depuis des années, les fonds de roulement inexistants, l’endettement abyssal et le personnel démotivé par les trafics d’influence de toutes sortes, le clientélisme, le népotisme, le régionalisme, etc.

 

     La caravane de la réconciliation du nord-est (Bamingui-Bangoran, Vakaga et Haute Kotto) a été lancée le lundi 14 Novembre par le Médiateur Pomodimo, le Ministre Délégué à la Défense  Jean Francis BOZIZE, le Ministre Délégué chargé du Désarmement  le Général Xavier Sylvestre YANGONGO et les représentants de la Communauté Internationale. Pensez-vous que cette caravane de réconciliation  restaurera durablement la paix et la sécurité dans le nord-est de la République Centrafricaine ?

 

C’est mon vœu le plus cher, le retour à la paix entre nos frères des différentes communautés du Nord-Est et dans l’ensemble du pays. Comment ne pas souhaiter que la paix et la sécurité reviennent définitivement dans notre pays après une telle tragédie ?  Il faut tout faire pour éviter à notre pays des conflits interethniques d’autant plus que nous sommes déjà le condensé de tous les maux d’un Etat défaillant.

Je me souviens des déclarations du gouvernement en avril 2011 qui déclarait urbi et orbi  que le processus de désarmement allait s’achever en trois mois, et que le gouvernement le menait avec ses propres moyens compte tenu des supposés atermoiements de la communauté internationale. Après des débuts hyper médiatisés, nous voyons bien aujourd’hui qu’une fois de plus, que ce DDR n’était que du spectacle et de la poudre aux yeux…Il fallait prendre de vitesse la communauté internationale  et déclencher « ex abrupto » cette opération DDR solitaire pour masquer la dilapidation à d’autres fins inavouables des 8 milliards octroyés par nos frères de  la CEMAC.   

A vrai dire, cela ne me surprend guère, car quand on se souvient des mille et une versions de la domiciliation de ces fonds puis de son usage, il n’est pas surprenant d’apprendre du Président de la république lui-même qu’ils sont épuisés. J’espère qu’ils auront au moins la décence de produire des justificatifs et de rendre compte au moins aux donateurs.

 

     Malgré l’implication de la MICOPAX, des Forces ougandaises dans la pacification du Centrafrique, l’insécurité persiste et se généralise sur toute l’étendue du territoire. Récemment, le gouvernement américain s’est engagé à appuyer militairement les FACA pour contraindre à la reddition Joseph Koni et ses rebelles de la LRA. Comment appréciez-vous cette éternelle dépendance de la RCA des pays amis   pour   la sécurisation du territoire national ?

 

Votre question est très pertinente et je vous en remercie. Comment peut-on être   indifférent à la situation sécuritaire de notre pays ?  Quelle fierté pouvons-nous avoir    quand devant la moindre menace le salut doit nous venir de l’extérieur ? Comme le disait Ahmadou Toumani TOURE « si tu n’as pas de chien, tu auras chez toi le chien de ton voisin »

Cette dépendance est à mon avis très simple à expliquer. Elle remonte à la fermeture de l’Ecole Spéciale de Formation des Officiers d’Active (ESFOA) de Bouar, l’une des premières et des plus réputées en Afrique centrale par Bokassa. Cette fermeture de l’école nationale des officiers a privé notre jeune armée pendant de très longues années de l’encadrement nécessaire à son développement. C’est de là qu’est né ce déficit de commandement et de planification de la montée en puissance de notre armée dans le temps et dans  l’espace que nous déplorons aujourd’hui, sans compter que plusieurs cadres valeureux de cette armée naissante ont également fait l’objet de sanglantes et incessantes purges de la part de l’ex empereur.

Vous le voyez, les défis à  relever sont énormes car une armée est un véritable corps de métier qui comprend aussi bien des administrateurs, des gestionnaires de ressources, des ingénieurs, des  médecins, etc. en somme plusieurs spécialités qui doivent être réunies et gérées de manière rationnelle. Nous devons réaliser ces investissements pour professionnaliser notre armée et renforcer ses capacités. C’est à ce prix que nous aurons une armée à même de nous épargner de ce que vous appelez la tutelle étrangère.

 A titre personnel, je suis fils de gendarme et j’ai passé les premières années de mon enfance dans les casernes au gré des affectations de mon père. Ensuite j’ai fait mon service militaire obligatoire dans les FACA en 1979. Je parle donc d’un univers qui m’est familier et qu’on ne peut soupçonner de défaitisme.

 

     Le taux de chômage des jeunes a augmenté durant ces dernières années. Les recrutements effectués récemment à la gendarmerie et dans l’armée ont soulevé la colère de la majorité des candidats qui ont déclaré qu’ils étaient ethniques et partisans. Avez-vous des recettes pour remédier à l’épineuse question de chômage en Centrafrique ?

 

Tous les économistes vous le diront, le vrai remède contre le chômage est la croissance de l’économie. Le taux de croissance économique doit être largement supérieur à celui de la croissance de la population pour pouvoir créer des richesses et l’emploi. Sommes-nous sur le chemin ? Je crois que non !

 Les recettes sont connues : créer les conditions d’une croissance économique durable en améliorant le climat des affaires, en relançant les filières agricoles et d’élevage, en développant les infrastructures et en gérant différemment les finances publiques. Il faut impérativement lever toutes ces barrières et entraves à la circulation à l’intérieur de notre pays – et des multiples tracasseries qui vont avec - et qui constituent de véritables goulots d’étranglement pour la libre circulation des personnes, des biens et des services.

 

     A quelle étape de la lutte politique se trouve le Front pour l’Annulation et la Reprise des élections de 2011 (FARE 2011) par rapport à ses exigences ?

 

Plus que jamais, le FARE 2011 exige l’annulation et la reprise des résultats de cette mascarade car par voie de conséquence, les institutions qui en sont issues sont illégitimes et illégales. Notre position de principe à ce sujet est intangible.

 

     Malgré les difficultés que rencontre la République Centrafricaine présentement, peut-on espérer un lendemain meilleur ?

 

Bien sûr que notre pays peut, et je dirais même doit espérer à des lendemains meilleurs. Un pays ne se développe pas par hasard : nous avons des atouts incontestables sur tous les plans, et même nos handicaps comme l’enclavement peuvent être transformés en opportunités. Il nous faut juste un leadership crédible pour déclencher le cercle vertueux.

 

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Interview
24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 03:41

 

 

CEMAC.jpg

 


YAOUNDE -(Xinhuanet 23/11/2011) - Dotés d'un système financier relativement intégré, les pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) subiront les effets d'une politique d'austérité en Europe par une réduction de leurs exportations vers ce continent, affirme Raju Jan Singh, économiste en chef à la Banque mondiale à Yaoundé.

 

Dans un entretien à Xinhua, l'économiste présage une baisse des transferts d'argent des ressortissants de la CEMAC en Europe et le risque d'une baisse de l'aide au développement dans cette région africaine, à l'exception du Cameroun, de la Guinée équatoriale et du Gabon, jugés relativement protégés.

 

Question : Monsieur l'économiste en chef, quelle est l'évolution de l'économie camerounaise vue de la Banque mondiale en 2011?


Réponse : L'économie camerounaise se remet progressivement des effets de la crise de 2008-2009. En 2010, la croissance économique du Cameroun est estimée à 3,2%. Cette croissance a été portée par les activités hors hydrocarbures, particulièrement la production vivrière, la construction, les transports et les télécommunications. Sur la base des performances observées durant le premier semestre 2011, nous pensons que cette tendance se poursuivra cette année.

Q : Y a-t-il des risques de répercussion immédiats de la crise de la dette européenne sur les pays de la CEMAC?


R : La situation en Europe évolue rapidement et il est très difficile d'avoir une bonne visibilité sur la trajectoire économique des pays de la zone Euro. Aussi est-il difficile d'évaluer quelles pourraient être les répercussions pour les économies de la zone CEMAC. Nous pouvons noter, toutefois, que la volatilité accrue des marchés financiers due aux incertitudes persistantes quant à l'issue de la crise en Europe représente un risque pour l'économie mondiale, y compris pour les économies qui connaissent pour l'instant un rythme d'expansion soutenu.

 

Ceci dit, l'intégration du système financier de la région CEMAC étant encore relativement limitée, il est vrai que les effets d' une politique d'austérité en Europe se feront sentir plutôt par une réduction des exportations. La zone CEMAC ayant des ressortissants travaillant dans ces pays pourrait également voir une baisse des transferts d'argent. Une baisse de l'aide au développement est également un risque, encore que dans ce cas des pays comme le Cameroun, la Guinée Equatoriale ou le Gabon serait relativement protégé: l'aide au développement ne représentant pas une source de financement important pour le budget de l'Etat.

 

Q : Pour le cas du Cameroun, quels sont les secteurs qui peuvent être estimés comme préoccupants pour la reprise économique? De manière générale, quels sont les défis de l'économie de ce pays?


R : La croissance économique au Cameroun demeure insuffisante pour réduire la pauvreté d'une façon durable. Sur sa trajectoire actuelle, le Cameroun ne pourra probablement pas atteindre la plupart des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

 

Le Cameroun est pourtant riche en pétrole, bois précieux et produits agricoles (café, coton, cacao). Les ressources inexploitées incluent le gaz naturel, la bauxite, le diamant, l'or, le fer et le cobalt. Il devrait être possible d'exploiter ces richesses d'une manière durable. Pourquoi le pays ne connaît-il pas une croissance économique plus grande?


Un cadre des affaires peu favorable, des infrastructures particulièrement inadaptées et des défis sur le plan de la gouvernance empêchent le pays d'avancer. En dépit de la marge de manoeuvre financière ouverte par l'allégement de la dette, les ressources budgétaires demeurent insuffisantes à cause des progrès limités dans la mobilisation de recettes hors pétrole.

L'infrastructure en Afrique centrale (y compris au Cameroun) est la plus limitée en Afrique. Par exemple, malgré les ressources importantes en hydro-énergie, l'Afrique centrale a le secteur énergétique le moins développé du continent. La densité des routes goudronnées est seulement une fraction des niveaux déjà bas observés en Afrique de l'Ouest. En comparaison internationale et par rapport au reste de l'Afrique, les consommateurs en Afrique centrale paient également exceptionnellement cher pour les services en infrastructure. L'accès Internet au Cameroun coûte, par exemple, quatre fois plus que dans d'autres pays en développement.

Des simulations suggèrent que si les infrastructures au Cameroun se mettaient au niveau du meilleur pays africain (Maurice) , la croissance économique par habitant en termes réels serait de quelque 4,5 points de pourcentage plus élevée par an. En d'autres mots, le Camerounais moyen verrait son revenu annuel croître plus de cinq fois plus vite qu'aujourd'hui. 


Par Raphaël MVOGO


© Copyright Xinhuanet 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Interview
4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 23:59

 

 

 

Nguérékata

 

 

(C.A.P) - Pr Gaston Mandata Nguérékata, bonjour

Pr Gaston Nguérékata : Bonjour.

(CA.P) Vous avez pris récemment l’initiative de lancer un appel patriotique aux autorités de Bangui au sujet de la crise que traverse actuellement l’Université de Bangui à laquelle vous n’avez pas voulu demeurer indifférent. Vous leur avez notamment fortement recommandé de geler certaines dépenses inutiles afin de faire des économies et pouvoir consacrer un peu de moyens financiers à la résolution des difficultés de cette institution et éviter une année blanche aux pauvres étudiants. Votre appel n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd puisqu’on a appris que le Président François Bozizé en personne a instruit le Premier Ministre Faustin Touadéra, un mathématicien comme vous, de prendre en main ce dossier. Etes-vous satisfait d’avoir ainsi été entendu ? 

Pr Gaston Nguérékata : Permettez-moi d’abord de présenter mes condoléances aux familles centrafricaines dont les enfants, admis au sein des FACA, ont été victimes de la foudre au centre d’instruction militaire de Bouar le 29 aout 2011. Je dédie aussi ma pensée aux étudiants victimes de brutalités policières le Jeudi 1er Aout 2011 sur le campus de l’Université de Bangui.

Comme vous le savez, j’ai été dans les années 80 responsable de l’Université de Bangui et cumulativement avec mes fonctions au sein du cabinet du Président Kolingba et du Gouvernement ; j’y ai toujours dispensé mes cours jusqu’à mon départ du pays en 1995, j’étais alors Vice-Recteur nomme par le Président Patassé. Le sort de cette institution ne pouvait pas me laisser indifférent. Que l’appel lancé ait trouvé un écho auprès des autorités compétentes ne peut que me réjouir puisqu’ il a été établi dans cette optique. Simplement les effets d’annonces sont si pléthoriques avec le régime de Bangui que l’on est emmené à réserver toute appréciation afin de suivre l’évolution de la situation.

Contre toute attente, un décret vient de limoger le Recteur de l’Université de Bangui, le Pr Gustave Bobossi. Vous qui avez été enseignant et brièvement Recteur a.i de l’Université de Bangui il y a déjà quelques années, pensez-vous que la valse des Recteurs soit la solution aux problèmes de l’Université de Bangui ?

 Il faut replacer la crise de l’Université de Bangui dans son contexte. Il y a d’une part les enseignants qui exigent l’application d’une décision datant de 2006 relative à leurs émoluments et d’autre part les étudiants qui réclament le départ du responsable de la direction des bourses. Il s’agit-là de questions qui relèvent de la responsabilité du gouvernement. Le Pr Bobossi n’était le problème. On a fait de lui un bouc émissaire et sa révocation est de la diversion qui ne constitue  aucunement la solution.

La valse des Recteurs crée une fâcheuse instabilité au sommet de cette institution. Elle donne l’impression que la nomination des hauts responsables de l’Université de Bangui n’est pas une décision murie. C’est l’ensemble de l’enseignement supérieur qui mérite une nouvelle approche. Il faut rendre effective l’autonomie administrative et financière de l’Université, redynamiser ses différents organes de prise de décision, cesser de politiser l’institution, en somme faire confiance aux universitaires (enseignants et étudiants) pour gérer les problèmes de celle-ci.

Certaines informations font état de ce que les autorités de Bangui vous trouvent dérangeant avec certaines de vos prises de position depuis les USA où vous enseignez et faites de la recherche tout en vous permettant de temps en temps d’exprimer des points de vue sur l’évolution de la situation de votre pays dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne sont pas tendres avec le régime actuel de Bangui. Récemment, votre conversation avec un homme politique de l’opposition a été écoutée et enregistrée par les services de la présidence. Qu’en dites-vous ?

Les hommes de Baba Ladé qui font la loi en RCA n’inquiètent personne. Des militaires indisciplinés se croient tout permis pendant que c’est silence radio du côté des autorités. La LRA pille, viole, tue et certains disent qu’ils n’ont pas de problème avec elle. La famine QUI prend des proportions inquiétantes sur toute l’étendue du territoire national n’émeut aucun des responsables autorisés. Les détournements de deniers publics, la rapine, la mafia, le clientélisme, le clanisme et le tribalisme sévissent et tout le monde trouve cela normal. La navigation à vue est érigée en mode de gouvernement tandis que l’anormalité est devenue la norme pendant que les griots chantent, invectivent, insultent et menacent. Deux citoyens qui dialoguent au téléphone, cela devient une affaire d’état. Il s’agit là d’une grave entorse aux lois et principes aux noms desquels nos destins sont liés. Le 20 aout 2011 j’ai eu une conversation avec Louis Pierre GAMBA, Président du Rassemblement Démocratique Centrafricain, parti politique dans lequel j’ai activement milité dans les années 80 et 90 et auquel je suis encore très attaché. Il n y a rien de répréhensible en cela pour que je devienne la bête noire de la République pour reprendre votre expression. La RCA serait-elle devenue le Cambodge des Khmers Rouges, les ouvriers du KNK seraient-ils devenus les frères du Parti Communiste du Kampuchéa et le 1er ouvrier serait-il devenu le frère Pol Pot?

C’est donc légitime de s’interroger. Le régime de Bangui ne connait-il que le langage de la force ? Le KNK signifie-t-il vraiment « le travail, rien que le travail ? » Ou alors « la mort, rien que la mort ? »

Jugez-en vous-même, les compatriotes qui ont pris les armes contre les autorités de Bangui sont reçus avec tous les honneurs. Des opposants démocratiques et non armés réunissent le peuple pour échanger, on leur envoie des tontons-macoutes drogués. Cette volonté de basculer le pays dans le chaos est à condamner. Les acquis de la démocratie centrafricaine ne sauraient être la propriété d’une seule famille politique. Ils sont la propriété de tous les hommes et femmes de ce pays. La liberté de réunion, de rencontre et de dialogue sont des fondamentaux non modulables du contrat au terme duquel nous sommes tous liées dans un destin commun. Je m’opposerai à toutes ces violations, y compris celle dont j’ai été victime au travers de cette communication téléphonique interceptée.

Bangui grouille de rumeurs selon lesquelles vous seriez bientôt adoubé par l’actuelle direction du Rassemblement Démocratique Centrafricain le parti de l’ancien et défunt Président,  le Général André Kolingba, perspective qui semble donner l’insomnie aux autorités actuelles du pays. Si ces rumeurs sont fondées, pensez-vous que les mathématiques peuvent-elles aussi mener en politique ? Que réagissez-vous sur tout cela ?

Des mathématiques à la politique dites-vous ?  La question ne se pose pas. J’étais membre du cabinet du Président Kolingba à la fondation du RDC en février 1987. Présent au congrès de Berberati et membre pendant plusieurs années du Comité Directeur du parti.  Je ne quitte pas les mathématiques pour la politique, j’y suis depuis mon retour en Centrafrique au début des années 80. Certaines raisons m’ont éloigné du pays depuis 1995. Pour autant, je ne me suis pas désintéressé de mon pays. Et comme l’a fait remarquer  le compatriote Clément BOUTE-MBAMBA il y a peu : « prendre position en politique sur des rumeurs c’est participer au viol de l’imaginaire ».  Je ne répondrai pas à ces rumeurs. Cependant, je puis vous  confirmer que l’état actuel de notre pays exige de tous ses fils et filles une mobilisation maximale. Placé devant cette responsabilité, je ne m’y dérogerai pas.

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Interview
30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 17:02

 

 

 

Martin-Ziguele.jpg

 

 

 

Monsieur M. ZIGUELE, merci d’avoir bien voulu vous prononcer sur le contexte sociopolitique actuel. Comment se porte le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) ?

Merci Monsieur le journaliste, d’être venu à moi me donner l’occasion de m’adresser  à nos compatriotes et à nos militants. Puisque par la seule volonté de François BOZIZE et de son parti unique le KNK, l’ensemble des partis politiques de l’opposition démocratique sont exclus de l’Assemblée dite Nationale mais qui de fait ne l’est plus, nous n’avons plus que les médias privés – les médias publics nous étant hermétiquement fermés- et les meetings pour nous exprimer.

Le MLPC se porte très bien, merci. Nous nous portons d’autant mieux que les défis qui se posent aujourd’hui au peuple centrafricain sont importants et multiples : nous avons face à nous un pouvoir d’essence autocratique qui ne respecte ni la Constitution, ni le Code électoral ni les autres lois, et qui ne cache pas sa détermination à tout écraser sur son chemin, à commencer par les principes même du pluralisme démocratique et de la séparation des pouvoirs, ainsi que les droits et les libertés individuels et collectifs, dans un contexte où le centrafricain subit les affres d’une mauvaise gouvernance désormais  incontesté.

Le MLPC est né dans la lutte contre le despotisme de Bokassa, et nous nous retrouvons 33 ans plus tard devant les mêmes défis politiques, sécuritaires, sociaux et économiques que notre pays affrontait à l’époque. Comme Sisyphe, nous sommes obligés de nous battre à nouveau sur ces fondamentaux, afin de redonner un espoir à notre peuple qui replonge insidieusement dans un environnement qu’il croyait à jamais révolu.

Face à de tels défis, nous devons être en très bonne santé et nous le sommes.

Que dites vous à ceux qui pensent que le MLPC traverse une crise avec l’entrée de son Secrétaire général dans le gouvernement de Touadera III contre l’avis du Parti ?

L’adhésion à un parti politique, comme le départ, est un acte individuel et personnel. Je n’ai donc pas à commenter des décisions individuelles et personnelles qui relèvent de la liberté de chacun. Le MLPC a d’autres chats à fouetter et ne se laissera pas distraire par des épiphénomènes qui ont justement pour objectif de nous pousser à lâcher la proie pour l’ombre.

Pour clore définitivement cette page, je tiens à vous informer que le Parti a eu à examiner cette situation que vous évoquez selon la procédure statutaire, et des sanctions ont été prises par notre Conseil Politique National à une majorité écrasante de 64 voix pour la radiation définitive de la personne concernée, sur 70 votants présents et représentés. Cela prouve que le MLPC est un  parti organisé,  qui respecte aussi bien son éthique que ses textes organiques.

Nous savons que l’objectif stratégique du pouvoir en place est de fragiliser le MLPC, et au-delà toute l’opposition démocratique. Nous le savons très bien et je dirais même que c’est de bonne guerre. Aujourd’hui comme demain, des moyens sont et seront mis en œuvre pour tenter de nous fragiliser et compte-tenu de la misère ambiante, la pêche peut sembler miraculeuse mais elle sera sans lendemain, parce que l’histoire nous enseigne deux leçons importantes en politique :

La première est « qui a trahi trahira toujours », parce que la nature même d’une personne « charnière » est de pouvoir se retourner dans les deux sens, selon ses intérêts personnels du moment et selon les circonstances.

La seconde est contenue dans le vieil adage latin qui dit « La roche tarpéienne est proche du Capitole ».

Nous avons tous intérêt à méditer cela.

Au sortir du Conseil Politique National (CPN) du Parti tenu à Bangui du 16 au 17 juin, beaucoup de recommandations ont été prises. Peut-on avoir une idée sur l’exécution de ces recommandations ?

Oui, en effet, notre dernier Conseil Politique National tenu à Bangui les 16 et 17 juin 2011, a pris plusieurs recommandations. La première, politique et symbolique, porte sur la réhabilitation du Camarade Président Ange Félix PATASSE. D’autres portent sur des mesures individuelles soit de sanction soit de nomination comme celle de notre nouveau Secrétaire général, Etienne MALEKOUDOU. Certaines, enfin, portent sur trois chantiers importants à moyen terme et un quatrième à court terme auxquels nous nous attelons :

Le premier porte sur la restructuration du Parti et la nécessaire réconciliation avec nos frères et sœurs avec qui nous militions hier. Un Comité de réflexion sur la restructuration des organes du Parti, dirigé par le Camarade Jacquesson MAZETTE, Deuxième Vice-Président chargé des organes du Parti, est mis en place pour réflechir et soumettre au Bureau Politique des propositions concrètes sur leur restructuration complète, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le mot d’ordre du Conseil Politique National est : « tous les militants retournent à leurs cellules de base » , et à partir de ces cellules seront reconstruites des sections, des sous-fédérations et des fédérations du MLPC, du MLJC et du MLFC qui seront légitimes à participer au Congrès de l’Unité, du Renouveau et de la Réconciliation prévu en 2012. Ce travail de réflexion portera également, comme je l’avais dit tantôt, sur la réconciliation avec nos camarades d’hier pour reconstituer le grand MLPC qui doit rester uni malgré les viciissitudes de l’histoire.

 Le second porte sur les modalités de l’ouverture des rangs du Parti à de nouvelles adhésions au cours d’une journée « Portes Ouvertes sur le MLPC » prévu le jour de notre 33 ème anniversaire, le 22 février 2012 à la Place MARABENA à Bangui, et à laquelle tous les centrafricans sont d’ores et déjà conviés. Le MLPC doit s’ancrer davantage dans toutes les couches socioprofessionnelles de la RCA, et sur une base géographique la plus large possible. Ce « sang neuf » permettra de revivifier notre parti, qui devra plus que jamais être le creuset des aspirations des c centrafricaines et des centrafricains dans leur ensemble.

Le troisième chantier concerne la relecture de nos textes organiques. Là également,   un Comité a été mis en place sous la houlette du Camarade Marcel LOUDEGUE, Cinquième Vice-Président chargé des Relations extérieures, qui assure également l’intérim de la quatrième Vice-Présidence. Il proposera au Bureau Politique des orientations relatives à une nouvelle organisation fonctionnelle du MLPC pour l’adapter à un environnement qui a beaucoup évolué depuis notre création le 22 février 1979.

Enfin, le quatrième chantier, à court terme,  est celui de la préparation de notre Rentrée politique, prévue le 10 septembre 2011 à la Place MARABENA à Bangui. En effet depuis le mercredi 17 août 2011 tous les membres du Bureau Politique sont sur le terrain pour une durée de deux semaines dasn le cadre d’une opération spéciale de mobilisation de nos militantes et militants des fédérations et sous-fédérations de Bangui et de Bimbo, en vue de leur participation massive à cette Rentrée politique Celle-ci sera d’ailleurs le point de départ des opérations de terrain de restructuration et de réconcilaition  partout en RCA et à l’étranger.

D’autres chantiers dont je vous parlerai plus tard, ne relèvent pas spécifiquement des recommandations du CPN. Enfin, nous tiendrons une assemblée générale de toutes nos structures de la Fédération d’Europe-Amérique-Asie-Moyen-Orient et Océanie le 24 septembre à Toulouse en France, et j’y serai pour réfléchir avec les camarades de la diaspora de la consolidation de notre Parti qui est déjà plus que trentenaire.

Votre Parti prépare une rentrée politique prévue pour le mois prochain ; pourquoi envisagez-vous cet évènement à un moment où vous vous battez encore pour l’annulation des élections passées ?

Comme je vous le disais tantôt, le MLPC est un parti trentenaire, par conséquent nous avons des traditions, dont celle d’organiser chaque année une rentrée politique. La prochaine aura donc lieu le 10 septembre 2011 à la Place MARABENA. C’est l’occasion de relancer la vie politique du Parti  pour une année, en donnant les orientations opérationnelles. Nous réfléchissons à la transformation de la rentrée politique qui est limitée aux responsables des organes de Bangui et de Bimbo, à une formule d’université d’été du MLPC étendu aux responsables du Parti de l’ensemble du pays, pour un ressourcement idéologique et politique, dans le cadre de l’Ecole du Parti.

La République Centrafricaine traverse une crise sociopolitique. L’opposition a-t-elle des recettes pour résoudre cette tension ?

La crise est née de la volonté manifeste et délibérée du pouvoir de François BOZIZE et de son parti KNK de travestir le jeu politique, de manipuler le processus électoral et de faire de ce pays une exception monolithique dans un monde où l’actualité quotidienne nous démontre pourtant la parfaite vanité de telles prétentions.

L’opposition démocratique a pris position depuis le 25 janvier 2011  et l’a réaffirmée le 4 mars 2011 à travers la plateforme politique du FARE 2011. Nous voulons l’annulation et la reprise des élections du 23 janvier 2011. La résolution de cette crise politique postélectorale est la seule solution à ce que vous appelez « tension » mais qui est en réalité un cul-de-sac politique pour notre pays.

Le Gouvernement centrafricain a signé des accords de cessez-le feu avec les groupes rebelles ; pensez-vous que ce sont des signes forts pour la pacification du pays ?

Je veux la paix et la sécurité pour mon pays et dans mon pays, au bénéfice de l’ensemble de mes compatriotes et de tous ceux qui ont choisi de vivre et de travailler dans notre pays. C’est pour cette raison que vous m’entendez souvent réagir sur les questions de sécurité de la RCA. Je salue chaque pas sur le chemin de la paix qui peut apporter du répit à nos compatriotes.

Je sais que les défis sécuritaires sont très importants pour notre pays, et sans la sécurité il n’ya aucun espoir de développer ce pays ni de lutter contre la misère qui frappe la quasi-totalité de la population. Malheureusement, ce gouvernement fonctionne avec des effets d’annonce qui ne trompent plus personne et  des fuites en avant répétitives. Il faut bien préparer et exécuter le programme DDR de concert avec la communauté internationale pour éviter des retours à la case départ au lieu de lancer des opérations démagogiques, solitaires et unilatérales qui risquent de s’enliser. Je ne le souhaite pas au vu des souffrances de nos populations des zones occupées.

Quel message avez-vous à lancer aux centrafricains ?

Mon seul message est de dire à nos compatriotes que même si le MLPC et les partis de l’opposition démocratique sont TOUS EXCLUS de l’Assemblée dite Nationale mais qui ne l’est plus par la seule volonté de François BOZIZE et de son parti- Etat le KNK, nous continuerons à nous battre par tous les moyens de droit pour la liberté et la démocratie. Nous connaissons notre pays, son histoire et ses hommes. C’est pour cela que je dis à mes compatriotes, il faut bien mourir pour aller au paradis et surtout «  Quelle que soit la longueur de la nuit, le jour se lève toujours ». Gardons espoir et continuons la lutte avec le MLPC pour un Centrafrique terre de nos ancêtres, uni, paisible, démocratique et prospère. Boganda n’est pas allé au sacrifice  suprême pour donner au monde un pays vassalisé, méprisé et « brimé par tous ».

                                                Propos recueillis par Freddy MASSENGUE

                                              Journaliste stagiaire au Quotidien Le confident

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Interview
15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 01:16

 

 

Bozizé KNK ridicule

 

 

Dans une interview exclusive accordée à la Voix de l’Amérique, le président centrafricain revient sur son élection, ses relations avec l’opposition, la disparition de Charles Massi, etc.

 

Vous allez prêter serment pour votre second mandat à la tête de la Centrafrique, quel est votre état d’esprit ?

 

Me voici reconduit à nouveau à la tête de l’Etat par le peuple centrafricain. J’ai rempli ma mission tant bien que mal et je suis fier d’être en mesure de pouvoir recommencer une nouvelle mission. Je le fais avec toute la confiance que me donne ce peuple. Mon investiture le 15 mars sera une grande journée pour le peuple centrafricain.

 

Vous avez été réélu le 23 janvier dernier avec plus de 66 % de suffrages, que faut-il penser de cette victoire au premier tour ?

 

Le peuple est satisfait de mon bilan, c’est la raison pour laquelle il a préféré la poursuite de mon action que de choisir la voie de l’aventure avec d’autres personnes.

 

Liste électorale non informatisée, pas de cartes d’électeurs informatisées, etc. Vos adversaires crient à la manipulation. L’opposition boycottera d’ailleurs le second tour des législatives prévu le 27 mars prochain.

 

Cette opposition nous a toujours conduits dans le désordre. C’est une opposition irresponsable qui ne voit jamais les choses en face. Ils doivent reconnaître leur défaite, c’est la loi de la démocratie. En ce qui me concerne, j’ai la conscience tranquille. Les élections se sont déroulées dans de bonnes conditions. Dans un pays post-conflit, c’est quand même exploit. Cela mérite d’être félicité plutôt que d’écouter des prostituées qui racontent n’importe quoi.

 

Quelles relations souhaitez-vous instaurer avec l’opposition au cours de ce prochain mandat ?

 

Moi j’ai toujours été ouvert. J’ai tendu la main à tout le monde depuis 2003.Nous avons tenu des réunions, des dialogues inclusifs, etc. Ce que j’ai fait en Centrafrique, peu d’autres l’ont fait dans le monde.

 

La Convention pour la Justice et la Paix (CPJP) refuse toujours de dialoguer avec vous. Qu’en pensez-vous ?

 

LA CPJP est une nébuleuse. On ne sait pas ce que souhaitent ses membres. Ils sont dans la brousse, des fois ils s’acceptent de dialoguer, d’autres non. On ne connait pas leur responsable et les motivations de leur combat. Un jour ou l’autre, ils reviendront a la table des négociations.

 

La prise de Birao en novembre 2010 n’illustre-t-elle pas l’insécurité dans la région ?

 

Oui mais pour Birao, il faut dire qu’une bonne partie de l’opposition tchadienne, installée au Darfour, a franchi la frontière pour s’installer en Centrafrique. Voilà pourquoi l’armée tchadienne, dans son droit de poursuite, a été autorisée a venir à Birao.

 

Pourquoi ne pas permettre l’ouverture d’une enquête internationale concernant la disparition de Charles Massi ?

 

Pourquoi lui et pas tous ceux qui sont morts au combat ? Ceux-là on n’en parle pas. La communauté internationale ne s’intéresse qu’à une seule personne. Ce n’est pas sérieux. Ce n’est pas une priorité pour la République centrafricaine. Il a choisi la voie de la perdition, qu’on le laisse là-dedans. Je suis pragmatique. C’est une perte de temps.

 

repris de la VOA News

 

écouter l'interview de Bozizé sur la Voix de l’Amérique :

 http://www.voanews.com/MediaAssets2/french/2011_03/Copy%20of%20Itw%20Bozize.mp3 

 

NDLR : On est habitué aux mensonges de Bozizé mais cette fois-ci sur la Voix de l’Amérique, il a dépassé les bornes. Il prend les Centrafricains pour des demeurés et les responsables de l’opposition pour des moins que rien. Il ose même les traiter de « prostitués ». Il veut faire croire que c’est le peuple centrafricain qui a librement fait le choix de le reconduire au pouvoir mais dans son for intérieur il sait très bien qu’il n’en est rien. Conscient de son extrême impopularité, il ne doit pas sa prétendue victoire à son bilan comme il a l’indécence de le dire mais plutôt au savant dispositif de hold-up qu’il a méthodiquement  mis en place par l’entremise de l’escroc et nullissime Binguimalé de la commission électorale. Ils ont ainsi pu détourner les suffrages des électeurs et abuser de la confiance des Centrafricains.

Comment Bozizé peut-il oser affirmer sans rire qu’il a été réélu grâce à son bilan ! la réalité de son bilan est faite de prédation de toutes sortes, notamment de diverses corruptions et spoliations dans les filières du diamant et d’uranium. Comment peut-il sans honte parler de son bilan quand la plupart des indicateurs socio-économiques de la RCA sont aujourd’hui dans le rouge. La famine sévit quasiment partout dans le pays ainsi que la malnutrition qui entraîne une mortalité infantile considérable en particulier et paradoxalement dans les zones diamantifères. Que dit Bozizé des nombreuses barrières illégales de racket des usagers de la route par les éléments des forces de sécurité et de défense qui empoisonnent la vie de ses compatriotes ?

Que dit-il du calvaire que vivent ses compatriotes du Sud-Est du pays en proie depuis longtemps aux exactions criminelles des bandits de la LRA ?

A la question sur la disparition de Charles Massi, il est fort agacé et remet sa cassette habituelle sur Massi qui a choisi la voie de la rébellion donc il n’y a pas à pleurer sur son sort. L’interview est très pitoyable. On y a affaire à un Bozizé sans aucune vision de l’avenir du pays et qui ment comme il respir tout en se dérobant systématiquement à toutes les questions que lui pose le journaliste. Quelle médiocrité… !

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com - dans Interview