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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 00:07

 

 

En lisant l’interview de Eric Neris Massi publié dans votre organe de presse la semaine dernière, je n’ai pu m’empêché de réagir et je vous fais parvenir ceci en réponse.

 

Sur la question de la sécurité à rétablir sur l’ensemble du territoire centrafricain  que M. Eric Nerris Massi pense pouvoir user de toutes ses relations afin de le faire comprendre sur l’ensemble du territoire, il conviendrait de préciser que cette question même si elle n’est pas nouvelle s’est aggravée avec la prise de pouvoir par la coalition SELEKA. Sinon comment expliquer le pillage systématique des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire centrafricain ? Ces personnes qui ont accompagné les leaders de la SELEKA dans leur conquête du pouvoir ne savent pas faire autre chose que de piller après les victoires qu’ils peuvent remporter. Et si encore ils avaient été confrontés à une résistance, on aurait compris cette hargne de destruction.

 

Ridicule lorsque l’on cherche à justifier les pillages et autres exactions par des personnes ayant intégré les troupes de la SELEKA car si cela était, pourquoi les avoir accepté au lieu de les rejeter ? A qui faut-il expliquer ce qui s’est passe ici a Bangui devant les envoyés des media internationaux ? Soutenir la prise des pouvoirs de l’Etat par des gens pas du tout préparés doit être assumé par ceux qui ont défendu et couvert les exactions de la SELEKA tout au long de leur marche vers Bangui. C’est aussi ca se montrer homme d’état.

 

La situation humanitaire de manière générale qui, devant la gravite des destructions partout dans le pays venu s’ajouter à la situation déliquescente, fruit du régime Bozizé, aurait du être le 1er souci du gouvernement de Nicolas Tiangaye a été plutôt la 5ème  roue de la charrette. Comment imaginer que le chef du gouvernement se soit rendu à Bruxelles devant l’Union Européenne sans un document d’évaluation de la situation même approximative du pays  (à moins que ce travail n’ai point été rendu public) ? D’ailleurs un gouvernement reçoit toujours l’impulsion du chef de l’Etat ce qui n’a pas été le cas démontrant ainsi de l’incapacité et de l’impréparation de ceux nous dirigent.

 

Je me serai attendu a voir M. Massi parlant de la situation humanitaire dire combien d’écoles ont été visitées par ces gens très « convenables », combien d’hôpitaux ont été visites comme celui de Mbaïki ou de Sibut, combien d’enfants ne peuvent aller a l’école de ce fait ? Quelle est la situation en matière de sécurité alimentaire étant donne que ces troubles sont arrivées  dans la période ou nos paysans préparent les terres pour la culture et quel pourrait être le déficit pour notre pays. La question n’est point de chercher des partenaires à tout vent car ceux qui savent faire ce travail existent et sont toujours disponibles à voler au secours de la RCA de manière lisible et traçable selon les règles de l’art. Autrement, c’est aller au devant de mafieux et autres gens peu recommandables comme nous l’avons déjà connu dans ce pays.

 

Bizarre que l’on veuille démontrer par une incapacité à gérer des hommes qu’on dit des militaires (c'est-à-dire des gens disciplinés) sa volonté à être au service du peuple.

 

Et de se lancer sur la question de la relance économique. Ce n’est pas par le fait que le chef de l’Etat ait reçu les operateurs économiques que l’on va affirmer qu’il a un souci de la situation de cette économie oh combien meurtrie par toutes ces années de violences politiques et de mauvaises gouvernances que Bozize a continue d’enterrer et que la prise de pouvoir par SELEKA a peut être achevé. C’était avant de prendre le pays qu’il fallait prendre les dispositions pour protéger l’économie du pays. Je suis d’accord qu’il faut créer des emplois et faire en sorte que les jeunes ne soient pas des personnes désœuvrées. Cependant il est de mauvais ton de se limiter a des déclarations d’intention mais que le gouvernement et le bureau politique de SELEKA annoncent des propositions concrètes d’actions à mener en vue d’y arriver. Pour un pays dans lequel le tissu économique n’existe plus les déclarations d’intention ne changent en rien de l’ancien régime. Il s’agit plutôt de dire quel est le plan et avec quels partenaires mais surtout quel est le plan de relance d’urgence car le gouvernement de transition n’a pas un mandat de plusieurs années mais de 18 à 24 mois avant d’organiser des élections crédibles.

 

C’est la qu’il faut être concret. Aborder la question du « doing business », c’est un processus dont les bases peuvent être jeté par le gouvernement de transition pas dans le cadre de décisions unilatérales mais de larges et véritables concertations entre centrafricains et entre centrafricains et ceux qui seront intéressés de travailler à améliorer les conditions d’existence des centrafricains en se faisant de l’argent licite dans notre pays. Les potentialités réelles ne manquent pas mais il ne faut pas se voiler le visage devant certaines réalités. Celle qui consistent a croire que notre pays ne saurait exploiter ces richesses pour le mieux être de la population.

 

Le pays est plus qu’à terre mais ce n’est pas en répliquant les pratiques des régimes défunts que l’on va changer les choses dans ce pays. Les nominations en partage de prébendes ou en faveur de parents ont repris comme s’il n’y a pas eu changement de régime amenant des gens nouveaux aux pouvoirs de l’état. Ne dit-on pas que « les mêmes causes produisent les mêmes effets lorsqu’elles sont placées dans les mêmes conditions » ? Est-ce ainsi que nous favoriserons l’arrivée des investissements directs étrangers dans ce pays ? est-ce ainsi que la gestion des investissements se fera en « mode projet » ? Il serait juste d’en douter.

 

Pérenniser les investissements par la sécurisation du pays ? Il est plutôt décevant de lire cela car ce ne sont que des vœux pieu puisque ces gens n’ont aucune conception des dispositions à prendre pour assurer ls sécurité dans ce pays. Décevant d’entendre le chef de l’état promettre l’intégration de 500 éléments de la SELEKA dans la police centrafricaine et 500 autres dans la gendarmerie nationale. Le reste des éléments doivent être envoyé dans 15 des 16 préfectures afin de procéder à la sécurisation du pays. Lorsqu’on sait que la police et la gendarmerie sont des corps spécialisés cela donne envie de pleurer. Enfin comment envoyer ces gens qui il y a quelques semaines ont pille, viole, vole et tue ? Sur quelles bases s’établiront le lien de confiance entre la population et ces gens ? Quid des autres éléments relevant précédemment du contrôle des FACA ?

 

Il est presque utopique de penser qu’il est possible de relancer l’économie par des facilités fiscales aux entreprises tant que ce pays n’aura pour recettes que celles fiscales des droits de l’homme, le renforcement des capacités des institutions publiques en matière des droits de l’homme la rédaction des rapports périodiques nationaux des droits de l’homme. Le pays y gagnera.

 

Payer les salaires des fonctionnaires est une question importants car ils représentent le plus grand nombre de salaries dans ce pays mais il est aujourd’hui conjoncturel. Il faut s’atteler a cet autre problème structurel du pays : la réconciliation nationale. Personne aujourd’hui ne discutera de ce que notre pays a atteint un niveau de fracture sociale et politique  telle qu’il nécessite  non seulement de recoller les morceaux de l’unité nationale mais de jeter les bases d’une nouvelle société centrafricaine gage d’un développement qui prendra en compte toutes les composantes de ce pays en vue de créer une nation. Il faut absolument faire en sorte que les filles et les fils de Centrafrique se parlent en toute franchise, sans fioriture et sans faux-fuyant. C’est pourquoi cette transition politique ne doit pas commencer comme les autres en faisant le lit d’une nouvelle dictature mais partant de bases saines et vraies.

 

Même si je suis d’accord qu’il faut libérer les talents centrafricains mais ce n’est pas seulement d’amener une nouvelle génération  au pouvoir mais une race de centrafricains ayant une vision autre que celle que nous constatons, une vision  dépassant le partage de gâteau qu’on a eu de cesse de dénoncer lorsque ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir marchaient vers les commandes du pouvoirs.

 

 Concernant les différentes victimes des différents régimes les ONG des droits de l’homme doivent sérieusement jouer leurs rôles afin de bien documenter les cas de violations chaque fois plus graves commis depuis ces 20 dernières années sous tous les régimes. Les faits les plus récents de violations des droits de l’homme, les viols qui sont des crimes de guerre, les assassinats extrajudiciaires, les enlèvements de citoyens par vengeance devra retenir l’attention de ces ONG. Le gouvernement qui est dirige par un ancien défenseur des droit de l’homme doit remettre de manière formelle le  haut commissariat aux droits de l’homme qui pour plusieurs raisons n’a jamais en réalité joué son rôle qui aurait été celui de la promotion

 

IL EST POSSIBLE DE FAIRE AUTREMENT EN JETANT LES BASES DE LA CONSTRUCTION D’UN ETAT DE DROIT.

 

JEAN-LAMBERT NGOUANDJI,

 

CITOYEN CENTRAFRICAIN

Réaction d'un citoyen à l'interview d'Eric Neris Massi

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