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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 19:30

 

 

 

 

La gourde percée n’en finit pas de laisser fuir le vin de palme. Les habitants du village tentent, avec acharnement, de boucher le trou béant. Rien n’y fait. Comme si une main pernicieuse, invisible, anéantissait leurs efforts. La Centrafrique, inlassablement, poursuit sa descente aux enfers. Le pays est devenu une sorte de Tonneau des Danaïdes… Bon Dieu ! Mais qu’est-ce que c’est que ce mal ? Qui gangrène et métastase le tissu économique, social et politique ? Qui empêche une bonne gouvernance ? Les Dieux du pays, tel Ngakora, ont-ils retiré leurs mains protectrices ?

 

Depuis l’indépendance de la R.C.A., depuis la mort tragique de Barthélémy Boganda, assassiné par les sbires des sociétés concessionnaires, le pays a entrepris une marche effrénée vers les abysses. Les incertitudes durent. Les souffrances minent le tissu social. Les dilapidations enrichissent quelques-uns au détriment du grand nombre. La mauvaise gouvernance voit défiler des dirigeants, démunis et incapables de mettre leur pays sur les bons rails. Mais, affirmons-le haut et fort, la fatalité n’existe pas. Car c’est la volonté des femmes et des hommes qui instaure, modèle et façonne une société solidaire.

 

Pour y parvenir, la République Centrafricaine doit puiser dans les fondements de sa culture, dans ses traditions et sa conception de la solidarité, légués par ses illustres ancêtres. C’est ainsi que le pays revêtira l’habit neuf de la renaissance. Ce qui impose une prise de conscience collective. Un engagement en responsabilité des dirigeants actuels et futurs. Un serment vertueux devant leurs concitoyens. La promesse d’un partage solidaire des ressources. L’obligation pour les investisseurs étrangers de transformer sur place les matières premières, ce qui les obligerait à participer à la formation des Centrafricains et apporterait une plus-value économique au pays. Le droit au travail et à une sécurité sociale. La protection des paysans et de leurs terres. La restitution des biens mal acquis par les politicards. La traduction devant les juridictions centrafricaines et celles de l’Union Africaine (U.A.) des responsables politiques convaincus d’assassinats ou de génocides.

 

Dans l’immédiat, les choses étant ce qu’elles sont aujourd’hui, il faut souhaiter que l’équipe gouvernementale de transition fasse rapidement ses preuves. Le temps presse. Le Gouvernement de Transition doit, avant toute chose, garantir la sécurité sur l’ensemble du territoire. Désarmer les éléments incontrôlables de la Séléka et les incorporer dans les Forces armées Centrafricaines (F.A.CA) Renvoyer dans leur pays les mercenaires tchadiens et soudanais. Demander solennellement à l’Ouganda de retirer ses soldats qui ont envahi le Haut-Mbomou. Recouvrer l’intégrité du territoire demeure une opération délicate et difficile. Mais il faut observer la situation en face. L’Est, le Nord et l’Ouest de la Centrafrique sont envahis par des forces étrangères.

 

Selon les conventions internationales, c’est totalement illégal. Le pays est souverain. L’intégrité de son territoire doit être garantie. Si la situation actuelle, calamiteuse, perdure, un chaos du type R.D.C.avec le Bukavu en guerre depuis quarante ans, se produira en Centrafrique. Il faut d’urgence refonder l’armée, la restructurer avec l’aide des pays amis - la France, en premier lieu – ainsi que celle des organismes interafricains et des Nations-Unies. La sécurité est la garantie de la confiance des Centrafricains en leur pays, de même que celle des investisseurs. Des rumeurs persistantes et inquiétantes ont surgi ces temps-ci : des parachutistes français en retraite, une vingtaine environ, auraient été recrutés pour protéger le Président de la transition, Michel Djotodia. Ne peut-on pas compter sur des soldats centrafricains pour protéger le dirigeant de leur pays ? Prenons garde de ne pas transformer le Camp de Roux en bunker contrôlé par des mercenaires étrangers. Souvenons-nous du Rwanda… Cette nouvelle donne embarrasse le gouvernement français et inquiète les milieux d’affaires. L’ambassade de France à Bangui tente de convaincre Djotodia de renvoyer ces chasseurs de primes. Aux dernières nouvelles, François Bozizé, le président forclos, est en embuscade à Djouba, capitale du Sud Soudan…

 

Et, pendant que le scénario de l’instabilité, avec sa cohorte de malheurs, se met en place, le peuple centrafricain semble oublié. Personne n’évoque ses souffrances. Personne n’entend ses cris qui hurlent dans la nuit, sous les rafales des Kalachnikov. Il faudra peut-être un jour écouter le peuple… Aujourd’hui, il faut commencer par un audit des comptes de l’Etat pour savoir où en est le pays. Car le courage commande à ceux qui prétendent gouverner, de convoquer un état des lieux. Cet audit doit être confié à un cabinet indépendant, composé d’experts centrafricains et internationaux. Il aura pour tâche de diagnostiquer pourquoi la République Centrafricaine fait du surplace depuis tant de temps, de détecter les bactéries qui gangrènent les gouvernances successives du pays. Il faudra mettre fin aux mensonges délivrés à une population qui n’en peut plus et casser le cycle des sinécures. Les nominations récentes de représentants centrafricains dans des organismes internationaux et des ambassades ne présagent rien de bon.

 

La Centrafrique est dans tel état de délabrement que la rigueur impose la nomination d’experts vraiment compétents. Il n’en manque pas en Centrafrique, ni au sein de la diaspora. C’est seulement à ce prix que la parole de ce pays, potentiellement si riche et stratégique, mais tellement dévalué par les mauvaises gouvernances successives, sera à nouveau respectée. Les Centrafricains n’attendent qu’une chose : que leurs dirigeants leur redonnent leur fierté, afin qu’ils puissent rugir à nouveau : « CENTRAFRIQUE, NA NDOUZOU » (CENTRAFRIQUE, DEBOUT !)

 

A. De KITIKI (21 juillet 2013)

 

 

 

Point de vue libre d'un compatriote : CENTRAFRIQUE : LE TONNEAU DES DANAÏDES IL FAUT, DE TOUTE URGENCE, UN AUDIT DES COMPTES DE L’ETAT

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