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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 20:41

 

 

 

 

Lundi, 07 Octobre 2013 07:58 AEM – AFP

 

Par Michel CARIOU

 

DANZI, République centrafricaine - Danzi, village anonyme noyé dans la verdure au nord de Bangui, a échappé aux violences et aux pillages qui ont frappé la Centrafrique depuis le début de l'année. Mais la peur et la rumeur instillent leur poison dans la population au fil des jours.

 

"Il y a des armes cachées dans le cimetière musulman de Danzi", à une vingtaine de kilomètres au nord de Bangui, au bord de la principale route commerciale du pays: le renseignement est parvenu jusqu'au quartier général de la force africaine en Centrafrique, désormais chargée de procéder au désarmement des combattants qui sèment la terreur dans la population depuis des mois et de collecter toutes les armes amassées dans et autour de la capitale.

 

"Attention, il faut être très prudent. C'est un cimetière. Pas de profanation", dit à ses officiers le colonel Marcel Tsoungou Libongo, commandant du détachement de 150 hommes chargé de l'opération, avant de prendre la route.

Les soldats font grise mine. Creuser dans un cimetière, la perspective n'enchante personne et en effraie certains.

 

Formé d'une quinzaine de véhicules protégés par un blindé, le convoi composé de militaires tchadiens, congolais et gabonais, ainsi que de policiers et gendarmes centrafricains, progresse sans encombre sous les regards mi-indifférents, mi-inquiets de la population jusqu'à Danzi.

 

Mutiques, les habitants observent le déploiement de forces. Le chef de village s'est éclipsé. Un de ses "représentants" explique précipitamment en sango - la langue nationale - au capitaine Bienvenu Zokoué, de la police centrafricaine, qu'il y a "des véhicules qui viennent le soir, et même la nuit, dans le cimetière (...) On ne sait pas qui c'est, ce qu'ils font, on n'ose pas sortir", ajoute-t-il.

 

Grogne dans les rangs

 

Voilà donc le fameux "renseignement" sur une cache d'armes: un simple bruit de moteur dans la nuit.

"Il y a trop de tensions dans la population, trop de peur, c'est pour cela qu'il faut absolument désarmer", explique le capitaine Zokoué. Une telle rumeur peut suffire à mettre le feu aux poudres, comme cela s'est déjà produit dans d'autres localités du pays entre chrétiens et musulmans.

 

Il donne son numéro de téléphone au représentant du chef de village et lui demande de rappeler s'il voit quelque chose.

De telles informations sans fondements, la force africaine et la police centrafricaine en reçoivent régulièrement. Bien souvent, il s'agit de simples dénonciations calomnieuses pour une querelle de voisinage.

 

A Danzi, hors de question de procéder à une fouille du cimetière sur une telle base, décide le colonel. Soulagement général dans les rangs: personne n'ira creuser au milieu des tombes.

 

Mais dans la troupe, ça grogne aussi. "On vient ici à 150 parce qu'il y aurait des armes dans un cimetière. Mais tout le long de la route, on les voit les armes", s'emporte à l'écart des officiers un soldat, en désignant les combattants du mouvement Séléka qui circulent ouvertement dans Bangui.

 

Le président de transition Michel Djotodia - premier chef de l'Etat musulman d'un pays très majoritairement chrétien - a officiellement dissous le mouvement Séléka qui l'a porté au pouvoir et mis hors la loi les combattants de l'ex-rébellion, à l'exception de ceux qu'il a intégrés dans les forces de sécurité.

 

"Maintenant, ceux qu'on devrait désarmer participent aux opérations de désarmement", grogne sous couvert d'anonymat un policier centrafricain.

 

Opération terminée. Le convoi quitte Danzi et reprend la route de Bangui. Un officier s'interroge à voix haute: "Maintenant qu'on est venu, il y a sûrement des gens qui vont chercher à savoir qui a parlé. Ca va donner quoi ?"

 

Peur, rumeur, délation, la trilogie infernale de la Centrafrique (AFP)

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