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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 01:15

 

 

 

Dents-de-cibissi.jpg

 

 

Afrik.com  DIMANCHE 20 JANVIER 2013 / PAR FRED KROCK

 

(De notre correspondant)

 

Les troupes tchadiennes, déployées en République centrafricaine pour le compte des Forces multinationales de la MICOPAX, afin de s’interposer entre les parties en belligérance, notamment les Forces Armées Centrafricaines (FACA) et les rebelles du Séléka, ont vu leur mandat prorogé jusqu’en 2014. C’est le président tchadien lui-même, Idriss Déby qui l’a annoncé à l’agence de presse Reuters.

 

Le président tchadien, Idriss Déby, a décidé de proroger le mandat des forces tchadiennes, déployées en République centrafricaine pour le compte des Forces multinationales de la MICOPAX, jusqu’en 2014. Et pour cause, l’accord de paix entre les rebelles du Séléka et le pouvoir en place reste fragile.


Après la signature des accords de Libreville entre les rebelles du Séléka, conduits par M. Michel Djotodia et les Forces Armées Centrafricaines (FACA), le 11 janvier 2013, les Centrafricains ont retrouvé la paix, du moins en ce qui concerne la crise entre l’armée régulière et la rébellion Séléka. Cependant, il s’agit d’une paix précaire en ce sens que les belligérants cachent des zones d’ombres. Le président François Bozizé s’est renforcé en matériels lourds de guerre en provenance de l’Afrique du Sud et autres pays qu’il a estimés être des pays amis. Cela va de même pour des troupes étrangères mobilisées à cet effet.


De leur côté, le rebelles du Séléka détiennent toujours leurs armes en main et menacent même, à en croire les interventions de leurs troupes sur RFI, de poursuivre leur projet d’investir le pouvoir de Bangui, en dépit de ces accords. La cohabitation du pouvoir actuel et des membres de la rébellion au sein d’un même gouvernement d’union nationale laisse craindre plusieurs facteurs de risque. Leur volonté de présenter un projet de rupture, afin de défendre les différentes entités du Séléka au sein du gouvernement, comme l’a évoqué l’ancien ministre d’Etat Cyriaque Gonda, peut bloquer le processus de réconciliation et ramener la Centrafrique à revivre les malheureux événements de décembre dernier.


Quoiqu’il en soit, le climat est de toute façon délétère avec une paix précaire, acquise grâce à la pression des organisations sous-régionales. D’où la prorogation du mandat des troupes tchadiennes mobilisées en République centrafricaine pour, en son temps, assurer l’interposition entre les FACA et les rebelles du Séléka. Le président tchadien Idriss Déby a déclaré à Reuters que la situation en République centrafricaine « nécessitera au moins un an de présence, correspondant à la durée de la transition ».


Il sera question d’appuyer le gouvernement de transition jusqu’à la fin de son mandat. Rappelons que le contingent militaire tchadien de la MICOPAX, rassemblant plus 400 hommes lourdement armés, a été déployé d’abord à Sibut pour barrer la route à l’avancée fulgurante des rebelles sur Bangui. Puis, ils se sont repliés pour constituer la ligne rouge de Damara, où ils sont basés aujourd’hui.

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 01:09

 

 

 

Ouamba-Patas.JPG                                   

 

La Démocratie versus autocratie ou le Bien contre le Mal, c’est la dernière image que présente le paysage politique centrafricain avec la nomination de Tiangaye comme Premier Ministre. Des Généraux d’Armée, l’on en trouve aux Etats-Unis d’Amérique, en France, au Royaume-Uni et dans d’autres pays développés ; ils ont un seul objectif : la préservation des intérêts supérieurs et vitaux de leurs pays – la sécurité, la protection et la stabilité –. Ces Généraux d’Armée participent au développement économique de leur pays ;  ainsi à leur rayonnement dans le monde. Ils ont contribué à la consolidation de la Démocratie et l’exercice du pluralisme politique. Et ce, dans le respect des Droits de l’Homme. Ils sont des élites. Ils sont  ingénieux, compétents et talentueux.

 

Et aujourd’hui, la Centrafrique les envie. Demanderiez-vous Pourquoi ? La réponse est simple : Bozizé, un Général d’Armée ou de corps d’Armée est dépourvu de vision politique. Il n’a pas le sens d’intérêts de la Centrafrique. Et l’on se pose la question de savoir : A quoi sert un Général qui a étudié à l’Ecole de guerre de France ? Constatez-vous l’état de l’Armée centrafricaine ? Une Armée qui n’existe que de nom !!! Et oui, c’est vrai. Des Généraux Homme d’affaires. Ah !!. Les intérêts de la Centrafrique sont annihilés par ceux-là mêmes qui sont censés les défendre.  Bozizé est la contradiction même de ce qu’est, un Général.

 

Dix ans au Pouvoir de l’Etat, plus les années pendant lesquelles il tenta des coups d’Etat ne lui ont pas servi de déterminer les intérêts de la Centrafrique et de les maîtriser pour asseoir les bases de développement économique et de croissance. D’aucuns se permettent de dire que les centrafricains sont responsables de leurs maux ! Alors ce raisonnement est spécieux et vide de toute substance. Il n’est pas pertinent. Il est incohérent et souffre d’objectivité intellectuelle. Il est basé sur une appréciation holistique c’est-à-dire globale qui a la faiblesse d’ignorer l’importance de la sociologie politique dans la détermination des causes des maux de la Centrafrique. D’ailleurs, les maux résident dans les élites de ce pays.

 

Les maux existent dans cette entité. Tous les centrafricains ne décident pas de la politique de leur Etat. C’est une entité qui en dispose. Donc, s’il y a des responsables à incriminer, ce serait l’entité qui gouverne. Comme sous le régime Bozizé avant la constitution du Gouvernement de transition. C’est disculper des responsables que de parler dans le général alors qu’on les connaît individuellement. C’est pour cette raison que la Démocratie est contre l’autocratie. Et le nouveau Gouvernement de transition qui porte à sa tête Tiangaye doit lutter contre l’autocratie. Celle-ci s’est révélée par le mépris de la Chose Publique et la négation du respect des Droits de l’Homme.

 

Les Démocrates doivent se résoudre à faire prévaloir les valeurs républicaines de la Centrafrique. Démocratie versus autocratie, le combat du bien contre le mal est celui que doivent mener tous les Démocrates. Le sens de la réussite politique doit habiter les Démocrates quand bien même ils cohabitent avec des autocrates.  La Démocratie est trop forte et puissante. Elle doit non seulement résister mais vaincre l’autocratie. Car le ressort politique de la Démocratie s’est enraciné profondément dans la conscience nationale. Ce qui explique la mise en place de ce Gouvernement de transition et d’unité nationale. Tiangaye devrait toujours se le rappeler : la lutte de la Démocratie contre l’autocratie a eu déjà un vainqueur. Notamment le morcellement du Pouvoir de l’Etat que détenait Bozizé. Ainsi entre le bien – la Démocratie – et le mal – l’autocratie – la Centrafrique doit opter pour son Bien-Être notamment la Démocratie.


Joseph-Nestor Ouamba-Patas (Strasbourg).   

 

 

Democracy versus autocracy, or Good versus Evil; that is the late image the political landscape of Central African Republic has shown. President Barack Obama, United States of America throughtout his entire life of development, power, progress, dynamism and economic prosperity, has known many Generals of Army contributing to its to-day ascent as surper-power. Among them: Colin Powell, then now Martin E. Dempsey Chairman of the Joint Chiefs staff. Their purpose is to protect United States of America from all kind of aggression and menace which should come from inside or outside of America. To tell the truth, their first goal is to protect the interests of United States of America and to ensure its security in the world. Good example to countries which are seeking for Democracy.

 

President François Hollande; from General de Gaulle to Admiral Edouard Guillaud, both have one purpose: preserving the interests of France over the world. Country like Central African Republic should take these trends. Secretary of United Nations Ban Ki-Moon, Central African Republic invites you to give support to Democracy not to autocracy. And the new National Unity Government leads by Tiangaye represents Democracy and deserves to be trusted. As General of Army, Bozize has never the will to assure the interests of Central African Republic. This country lacks protection and security because Bozize regime at its times had made National Army deeply maimed and disabled. Bozize regime is characterized by institutions and political elites that are far less capable of performing fundamental tasks and ensuring their own continuity.

 

The consequence is that its regime reflected inherent qualities of instability or ineffectiveness and is especially vulnerable to the onset of new political instability events such as the recent outbreak of armed conflict. Now in Central African Republic, Democracy versus Autocracy: the democrat, Tiangaye versus the autocrat, Bozize. As Bozize is completely failed in its way of ruling Central African Republic in all political scope, it is suitable to President Barack Obama, President François Hollande and Secretary of United Nations, Ban Ki-Moon to consolidate Tiangaye political Agenda in order to overwhelm autocracy. General of Army, Bozize has never acted as Colin Powell and Martin E. Dempsey. General of Army Bozize has never relevant about the interests of its country as General de Gaulle or Admiral Edouard Guillaud. Then, what the International Community has understood from Bozize is: Misuse of public money, corruption, concentration of powers, abduction, lying, assassination, contempt for Human Rights respect, Ethnic State Power, Family State Power, false arrest, wholesale arrest, division, discrimination,  crime of violence,  casualness, indolence, incompetency and agreed. Bozize constitutes at that moment uncertainty for Central African Republic and its citizens.

 

He is the evil which should be toppled. The National Unity Government needs to be sustained by Democrats because this new government has taken its roots from Democrats – Seleka and Democratic opposition – and it is supposed that it will be based on the following characteristic: open – choice – competition – deliberation – check and balances. On this way Central African Republic, with Tiangaye as Prime Minister is experiencing Democracy versus Autocracy or Good versus Evil. Who will win this conflict? Democracy or autocracy. There is no place for autocracy in Central African Republic. Globalism, freedom, growth and political pluralism are in Democracy not autocracy. Let us now bury autocracy.

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 07:00

 

 

 

Bozizé dépassé

 

 

Avec sa mise en scène de la pièce de théâtre qu’il a fait jouer au Palais de la Renaissance jeudi dernier à Bangui, Bozizé a montré qu’il n’a toujours rien compris de ce à quoi il a momentanément échappé. Instrumentaliser entre autres des bouffons et malades mentaux comme Augustin Boukanga et Bengué Bossin pour une inadmissible opération de dénigrement et d’insultes contre celui-là même dont il devait signer quelques instants seulement après le décret officialisant sa nomination comme Premier Ministre est d’un ridicule dont seul Bozizé a le secret.


Ensuite on est encore plus atterré  vers la fin de cette séance de grand guignol, d’entendre Bozizé se permettre de mettre en garde le nouveau Premier Ministre contre l’idée de ne pas faire entrer au gouvernement des personnes qui viendraient uniquement pour se remplir les poches et non travailler dans l’intérêt du pays ! De tels avertissements, même sous forme de conseils gratuits de la part de quelqu’un qui depuis bientôt dix ans, a passé le plus clair de son temps à s’en mettre plein les poches, à piller et mettre à sac sans scrupule les maigres ressources du pays en plaçant ici et là ses parents, sa famille, ses amis et autres, ceux de son parti, au gouvernement, dans différents postes de l’appareil d’état, sont irrecevables.

 

Il y a effectivement quelque chose de très indécent et d’inadmissible dont Bozizé n’a manifestement pas la moindre conscience, à ce qu’il se permette de formuler publiquement quelques exigences concernant la taille du gouvernement d’union nationale de transition, le nombre des portefeuilles qui doivent obligatoirement revenir à sa prétendue majorité présidentielle et ce qui doit aller aux autres. Pour quelqu’un qui a lamentablement échoué dans quasiment tous les domaines de gestion du pays, Bozizé devrait bien être un peu plus modeste et bien se garder de revendiquer tel ou tel portefeuille au gouvernement.


Il s’est autoproclamé président du comité de trésorerie et a géré sans résultats probants les finances publiques depuis des années. A la fin, il a dû créer le tristement conseil spécial de contrôle et de gestion des sociétés d’état et offices publics afin de mieux mettre la main sur les fonds des entreprises. Il a placé son ami Guillaume Lapo qui a longtemps sévi à la direction générale du trésor pour mieux en piller les caisses. Avec son beau-frère Emmanuel Bizot qu’il a aussi imposé durablement comme ministre des finances, ils ont monté dans la plus grande opacité des opérations financières pour s’en mettre plein les poches et frauder aux élections comme la ténébreuse affaire du prêt indien ou encore le scandaleux contrat de douane privée parallèle avec la SODIF de son ami, le mercenaire corse Armand Ianarelli autre complice du dernier et également obligé ministre des finances Albert Besse.


Bozizé s’autorise encore à réclamer pour lui le ministère des finances pour continuer à piocher à sa guise dans les caisses de l’état pour acheter des armes, toujours des armes, on ne sait trop pour quoi faire, recruter les mercenaires étrangers pour sa guerre, payer ses systèmes de table d’écoute téléphonique, assurer la maintenance de son « Air Bézambé » et verser les salaires de l’équipage. Le profil du prochain ministre des finances sera un précieux indicateur de ce que compte réellement faire le Premier Ministre de son gouvernement. Il est clair que si à dieu ne plaise, Bozizé réussissait à conserver ce ministère et y nommer un de ses suppôts alors que l’action de ce département va être décisive pour le gouvernement, l’échec de celui-ci n’en sera que plus évident car l’appui des bailleurs de fonds fera naturellement défaut.


S’agissant du ministère des mines, la seule façon de mettre fin à l’inadmissible opacité avec laquelle Bozizé et Ndoutingaï ont géré à leur profit personnel ce ministère et de l’éloigner également d’une nouvelle mainmise. Après s’être immensément enrichi avec les dessous de table et autres bonus avec l’uranium de Bakouma, Bozizé rêve de faire jaillir le pétrole centrafricain pour refaire la même chose à une plus grande échelle. Il en est de même des mines d’or et de fer de Ndassima au sujet desquels il se pourlèche les babines. Il faut absolument le priver.  

 

Il feint d’oublier ce qui a failli lui arriver il y a quinze jours à peine. Il feint d’ignorer qu’il est en sursis, lui dont tout le monde a demandé le départ et la traduction à la Cour Pénale Internationale à Libreville. Il a visiblement déjà oublié les humiliations qu’on lui a infligées à Libreville, même de la part de certains de ses pairs, pour quelqu’un qui se dit chef d’état. Le voilà revenu à Bangui et tout de suite remis à ses manœuvres habituelles de roublardise et de manipulation dont presque tout le monde connaît maintenant le répertoire.


L’armée d’exclus de tout genre et surtout au sein de la classe politique, que son régime a fabriquée, guette les moindres rencontres avec lui au Palais pour lui venir lui cirer les pompes et lui quémander quelques miettes ou se faire remarquer comme potentiel ministrable en vue des prochains remaniements éventuels. En bientôt dix ans de pouvoir, Bozizé a réduit plusieurs compatriotes intellectuels et cadres du pays à niveau tel d’indigence et de misère qui a contraint certains à créer, soit des partis politiques généralement confinés à leur modeste personne et une poignée d’amis et de parents pour tenter d’exister, soit souvent en se rapprochant de la fameuse majorité présidentielle ou en se prostituant ou vendant son âme au KNK.


Cette désastreuse situation où pullulent des partis politiques inconsistants et pauvres en cadres compétents, rejaillit négativement sur le niveau des débats au sein de la classe politique nationale. A telle enseigne que lorsque l’on se retrouve comme maintenant dans la situation de devoir former un véritable gouvernement d’union nationale en tablant sur les états-majors des partis politiques aussi bien de la majorité dite présidentielle que de l’opposition appelée démocratique, de réelles difficultés existent pour trouver les meilleurs à envoyer au gouvernement.


Bozizé on se souvient, a insulté et dénigré gratuitement les Faca dans son message du 31 décembre 2012. Son catastrophique bilan avec son fils Francis au ministère et à l’état-major de la défense est d’une telle ampleur que cela disqualifie notre prétendu général d’armée dans ses prétentions à continuer à diriger ce département. A Libreville, le président tchadien aurait aussi enfoncé le clou pour l’en dissuader définitivement.  Il est évident que si ce portefeuille doit échoir à Séléka avec Michel Djotodia, une des premières mesures à prendre par celui-ci doit être de limoger le général d’opérette Jules Bernard Ouandé que Bozizé vient de mettre à la tête de l’état-major des Faca. Le minimum de cohérence voudrait également que le portefeuille de la sécurité publique revienne aussi à Séléka pour une plus grande efficacité. C’est donc à ce prix et à ces conditions qu’on commencera réellement à tourner progressivement la page Bozizé, en attendant de le voir définitivement débarrasser le plancher un de ces quatre matins, bien avant 2016 comme tout le monde le souhaite. Croisons les doigts… !


La rédaction 

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Centrafrique-Presse.com - dans Editorial
20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 04:45

 

 

 

 

RÉSEAU DES JOURNALISTES POUR LES DROITS DE L’HOMME EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (RJDH-RCA)

 

BANGUI : NICOLAS TIANGAYE DÉSORMAIS INSTALLÉ À LA PRIMATURE

 

 

faustin-archange-touadera-et-nicolas-tiangaye-photo-rjdh.jpg

 

 

Bangui, 18 janvier 2013 (RJDH) – Le nouveau Premier ministre Nicolas Tiangaye a pris officiellement ses fonctions ce vendredi 18 janvier à la primature au cours d’une cérémonie de passation de service avec l’ancien Premier ministre Faustin Archange Touadéra, en présence des membres de son cabinet.


Dans sa déclaration pour la circonstance, l’ancien premier ministre Faustin Archange Touadéra a affirmé que la nomination de maître Nicolas Tiangaye est le résultat des pourparlers de Libreville, qui demande à ce que le nouveau premier ministre soit issu de l’opposition démocratique.


Il a par ailleurs demandé aux membres de son cabinet de prêter main forte au nouveau chef du gouvernement pour le développement et la paix  en République centrafricaine.


Nicolas Tiangaye qui a félicité Faustin Archange Touadera d’avoir lui cédé son fauteuil,  a déclaré que sa toute première mission est la pacification, la sécurisation du pays et la restructuration de l’armée. « C’est la première tâche que le gouvernement dont j’ai la charge doit s’atteler », a-t-il ajouté.


La nomination de Nicolas Tiangaye vient suite aux accords de Libreville entre le gouvernement, l’opposition démocratique et la Séléka qui demandent à ce que le nouveau premier ministre soit un membre de l’opposition démocratique pour la formation d’un gouvernement d’union nationale.


Le gouvernement sera composé de 30 membres, issus de toutes les entités politiques et de la rébellion armée.

 

 


BANGUI : LES CENTRAFRICAINS S’EXPRIMENT DE LA NOMINATION DE PREMIER MINISTRE

 


Bangui, 18 janvier 2013 (RJDH) Après la nomination du nouveau Premier ministre, certaines personnes qui apprécient cette décision pensent que la paix est revenue dans le pays, tandis que d’autres semblent  être sceptiques sur le choix de maître Nicolas Tiangaye.


Yannik, un jeune commerçant interrogé ce vendredi 18 janvier par le RJDH, se dit très content de ce choix. Selon lui le chef de l’Etat a travaillé plusieurs fois déjà avec des personnes qui sont ses proches, « aujourd’hui s’il a nommé Maitre Nicolas Tiangaye comme Premier ministre c’est parce que toutes les entités qui formeront le  nouveau gouvernement peuvent faire de leur mieux pour que la Centrafrique retrouve la paix et prospère », a-t-il espéré.


« C’est le choix du peuple centrafricain après les accords de Libreville donc sa nomination est la bienvenue. Je pense que Maître Nicolas Tiangaye va essayer de faire un effort de pacifier le pays et de tenir compte des engagements prise à Libreville.  J’espère qu’avec la participation de toute la composante politique de ce pays, s’ils lui prêtent main forte, il va faire quelque chose de bon », a dit Tabou Kètte,  habitant le quartier Benz ville.


Rémy Roger Akossimbili, un centrafricain, a de sa part fait savoir que  Nicolas Tiangaye à de l’expérience professionnelle et qu’il sera en mesure de bien travailler. Mais d’après ses propos le nouveau Premier ministre a toujours un parti pris dans la situation actuelle, ce qui pourrait entraver sa gestion des choses.


Par contre, une femme vendeuse rejette le choix  de Nicolas Tiangaye comme Premier ministre. Celle-ci a fait savoir que c’est une manière pour l’avocat, de trouver une place dans le gouvernement afin de se faire de l’argent. Un avis partagé  avec un étudiant qui s’interroge si le nouveau chef du gouvernement sera en mesure de payer régulièrement les salaires et de penser à reconstruire ce que les rebelles ont détruits dans les provinces.


« Mais tous ce qui compte pour nous est que les  membres du gouvernement se mettent à l’œuvre  pour reconstruire le pays, de penser  d’abord à l’intérêt  général et non à leur propre intérêt », a-t-il ajouté.

 

 

 

BOUAR : LA VILLE TOMBE À NOUVEAU DANS L’OBSCURITÉ

 

 

Parfait Mbaye et Jean Willybiro Sako à Bouar

Parfait Mbaye et Jean Willybiro Sako à la tribune le 1er décembre à Bouar

 

 

Bouar, 19 janvier 2013 (RJDH) – La  ville de Bouar (ouest) est de nouveau dans l’obscurité depuis trois jours. La population qui s’est de nouveau habituée avec l’électricité rétablie à l’occasion des festivités du 1er décembre, date anniversaire de la République centrafricaine, craint le retour des actes de vandalisme et de violence.


« Depuis trois jours nous n’avons pas de l’électricité. J’ai des problèmes à conserver  mes provisions. De même, j’ai peur parce que les voleurs peuvent d’un moment à l’autre venir dérober mes marchandises », se plaint Marie Antoinette, une gargotière.


Selon Jean Bruno Tounfeï, agent de l’Etat, après le rétablissement de l’électricité, la population s’est rapidement adaptée avec son utilisation. « Nous sommes en insécurité avec cette rupture, parce que les actes de vandalisme et même d’agressions nocturnes peuvent ressurgir », a-t-il fait savoir.


Le chef de centre de la société Energie centrafricaine (ENERCA), Vincent De Paul Kolamba, qui fournit l’électricité dans la ville, parle de rupture du carburant. Selon lui depuis le mois de novembre jusqu’à ce jour, 9000 litres de gasoil ont été utilisés et la société est en rupture.


« Nous avons informé la direction générale à Bangui qui est sensée ravitailler l’agence de Bouar en  carburant. Nous attendons leur réaction », a-t-il ajouté.


La ville de Bouar a passé plus de cinq ans sans l’électricité. Le rétablissement est fait à l’occasion de la célébration de la fête nationale, le 1er décembre 2012.

 


 

BANGUI : LES MILITANTS DES DROITS DE L’HOMME PASSENT EN REVUE LES ACCORDS DE LIBREVILLE

 

 

Bangui, 19 janvier 2013 (RJDH) – Le Réseau National des ONG de la Jeunesse en Droit de l’Homme (RNOJDH)  a organisé ce samedi une assise afin de discuter avec les jeunes membres de cette organisation sur les accords  signés  à Libreville au Gabon.


Selon le coordonnateur du RNOJDH, Fernand Mandé Djapou,  cette activité vise à entretenir les leaders des différentes associations de la jeunesse sur la vulgarisation des grandes lignes des résolutions de Libreville.


« Nous essayons de faire un travail de vulgarisation et de sensibilisation auprès des leaders de la jeunesse, ceux qui ne sont pas manipulés afin qu’ils soient des relais auprès de leurs pairs. Nous essayons par ailleurs d’analyser la réalité de cet Accord, c’est-à-dire dissocier le réel du fictif et le concret de l’abstrait afin de permettre aux jeunes de bien travailler dessus », a-t-il déclaré.


Fernand Mandé Djapou a précisé que les jeunes ont une grande responsabilité dans la nation. Ils sont comme le gardien de la paix. « C’est ce qui a manqué à nous, la jeunesse centrafricaine. Ce qui fait que nous rentrons à chaque fois dans les cycles de conflits. Cet atelier nous permettra à l’avenir de contrôler l’évolution de l’Accord de Libreville », a-t-il poursuivi.


La même source précise que pour le RNOJDH, ce qui est intéressant dans cet Accord, c’est l’article 5. L’article 5 résume entre autres la mission du gouvernement de transition qui est le désarmement des rebelles, les élections législatives d’ici 12 mois et la relance de l’économie centrafricaine.


« C’est le socle de la paix actuelle en Centrafrique quoique encore fragile. C’est un grand chantier qui nécessite beaucoup de moyens, de ressources et de volonté. Nous les jeunes nous devons proposer les pistes de solutions pour la réalisation de ce grand chantier », a-t-il souligné.


Le responsable universitaire de la CEMAC, Apollinaire Selezilo, qui a intervenu sur le thème ‘’ Quel genre de peuple pour diriger le peuple’’ a pour sa part, insisté  sur la culture de la citoyenneté. Pour lui, c’est ce qui a manqué à tous les peuples centrafricains durant ces dernières décennies.


Au total, une cinquantaine de jeunes des organisations de défense des Droits de l’Homme, des étudiants, les jeunes du milieu politique et autres leaders de la société civile ont  participé  à l’atelier de sensibilisation sur l’Accord de Libreville.

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Centrafrique-Presse.com - dans Dépêches
20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 04:20

 

 

 

rebelles-Seleka.jpg

rebelles Séléka à côté de leur mortier près de Damara

 

 

Par RFI dimanche 20 janvier 2013

 

En Centrafrique, les fronts sont désormais gelés. Tout le monde attend la formation du futur gouvernement qui devra conduire la transition. Notre envoyé spécial s’est rendu dans la zone contrôlée par les rebelles de la Seleka, pour sonder l’opinion des combattants. Reportage.

 

Il se voyait entrer dans Bangui dans la peau d’un libérateur. Finalement, le colonel Hamadine Guidam se morfond dans son treillis élimé à la gendarmerie de Sibut avec une dizaine d’hommes. Ce vétéran de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), l’une des composantes de la Seleka, a aujourd’hui bien du mal à cacher sa déception.

 

« Cet accord-là, nos chefs l'ont signé mais nous ne sommes pas satisfaits parce qu’on a déjà signé des accords avec Bozizé il y a fort longtemps. Six années se sont écoulées depuis, et aujourd’hui encore, nous vivons comme des singes : pas de route, pas d’eau potable, pas d’école. Bozizé n’a rien fait ! On va encore signer des accords mais combien de temps va-t-il encore s’écouler avant qu'ils ne portent leurs fruits ? »

 

A 200 kilomètres de là, à l’entrée de la ville de Bambari, Oumar Oscar alias Jack Bauer, en référence à la série américaine 24 heures, tient le barrage avec quelques combattants. La guerre est pour lui devenue un petit business. Chaque motard qui passe doit verser 1 000 francs. L’accord de Libreville est selon lui une bonne chose, mais…

 

« On dit que la patience tue les lézards. Nous avons patienté de 2006 à 2012 mais on ne va pas patienter de 2013 à 2014. Nous voulons le dialogue et s’il ne se réalise pas nous sommes prêts. Nous avons toutes les forces pour rentrer dans Bangui », affirme Oumar Oscar.

 

Jack Bauer jure être prêt pour une nouvelle saison. Toute la question est aujourd’hui de savoir si elle sera basée sur les dialogues ou l’action.



 

 

A Bambari, les combats ont été les plus âpres. Selon des sources hospitalières, le 28 décembre dernier, 23 personnes (dont trois civils) ont été tuées lors de la contre-offensive avortée des Forces armées centrafricaines (Faca). La ville est désormais sous contrôle de la Seleka. La situation sanitaire de la population n'y est pas bonne.

 

Docteur Valentin Yehaondji  Médecin, chef adjoint de l'hôpital de Bambari

« Les problèmes sanitaires sont liés aux militaires qui sont venus prendre la ville ici (…). Les gens ont pris peur de la présence des militaires et se sont enfuis dans la brousse (…) des gens meurent dans la brousse puisqu’ils n’ont pas les moyens pour se faire soigner (…) Il n’y a pas de communications, tout est bloqué ».

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 04:16

 

 

 

justice (balance)

 


Radio Ndéké Luka Samedi, 19 Janvier 2013 12:04

 

La défense de l’ancien ministre délégué aux Finances Abdallah Kadre est montée au créneau ce 19 janvier 2013, pour exiger la libération pure et simple de son client.  Elle a ainsi dénoncé la détention de ce dernier dans les locaux de la Section de Recherches et d’Investigations (SRI). Une détention qui se poursuit,  quand bien même le Tribunal de Grande Instance de Bangui ait déjà notifié le 15 janvier dernier à son client une ordonnance de non-lieu, suite à une enquête préliminaire.


Abdallah Kadre, détenu à la SRI le 9 mars 2012 ainsi que d’autres prévenus, ont été innocentés par la justice dans l’affaire Société Nationale des Transports Urbains (SONATU). Ils ont été poursuivis pour détournement  de deniers publics, complicité de détournement de denier publics, abus des biens sociaux et prise illégale d’intérêts.


Selon maitre Albert Panda, un des avocats, « les choses trainent encore. A partir de la notification, il y’a comme dit, la Constitution arrestation et détention arbitraire. Ce que cette même constitution condamne. Nous appelons les autorités concernées à appliquer la loi, car, elle est claire ».


Il a poursuivi qu’ »on nous dit qu’il faut attendre, comme c’est une personnalité, il faut en informer le Chef de l’Etat François Bozizé avant sa libération. De notre côté, nous pensons que le président de la République à beaucoup à faire, surtout en cette période de crise. L’interrogation à ce jour est que ça soit François Bozizé qui doit s’occuper de tous les détails du pays, il ne s’en sortira pas ! ».


A titre de rappel, le ministre Michel Koyt chargé du Secrétariat général du gouvernement a été aussi touché par cette affaire. Avec son collègue Abdallah Kadre, ils ont été limogés par décret présidentiel le 15 mars 2012 et arrêtés le même mois. Des sources gouvernementales ont indiqué qu’une somme de 2,5 milliards FCFA (3,8 millions d'euros) serait détournée.


Le porte-parole du gouvernement d’alors avait annoncé que les fonds étaient compris dans un prêt obtenu en 2010 d’un montant de 16 milliards de francs CFA par Bangui auprès de l’Inde. Des fonds destinés à l’achat des bus pour la mise en place de la Société Nationale des Transports urbains (SONATU) et la construction d’une gare routière au PK 13 à la sortie nord de Bangui.

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 19:06

 

 

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Tunis 18 JANVIER 2013 — Le renforcement des relations de coopération entre la Tunisie et la République Centrafricaine a été le principal sujet abordé lors de l'entretien tenu, vendredi matin, au Palais du gouvernement, à la Kasbah, entre le Chef du gouvernement provisoire, Hamadi Jebali, et l'ambassadeur de la République Centrafricaine auprès du Grand Maghreb, Nimaga Ismailla.


Dans une déclaration à l'agence TAP à l'issue de l'entretien, M. Ismailla a souligné l'appui du peuple et du gouvernement centrafricain au processus de transition démocratique en Tunisie.


Selon le service de communication de la présidence du gouvernement, l'accent a été mis, lors de cette rencontre, sur la volonté de la République centrafricaine d'établir de bonnes bases de coopération, notamment, à travers la création d'une commission mixte et d'une ligne aérienne pour renforcer les échanges commerciaux entre les deux pays.

 

Tunis Afrique Presse (Tunis)
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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 18:41

 

 

Bozize avec Sassou


Tiangaye et Sassou

 

 

RFI  18 JANVIER 2013


L'opposant et avocat centrafricain Nicolas Tiangaye a été nommé jeudi 17 janvier après plusieurs jours de tergiversations, au poste de Premier ministre d'un gouvernement d'union nationale. Selon les accords conclus avec Libreville, il ne pourra pas se présenter à la présidentielle de 2016, de même que le président François Bozizé.


Dans un pays où -il le reconnaît lui-même- tout est prioritaire, le premier défi de Nicolas Tiangaye sera de former un gouvernement capable de rassurer les bailleurs de fonds et où, inévitablement, chaque camp politique ne trouvera pas son compte. « Il me faudrait nommer mille ministres et encore, cela ne suffira pas pour satisfaire tout le monde », admet en souriant le nouveau Premier ministre de transition.


Quelle sera la qualité de sa cohabitation avec François Bozizé qui a bien tenté d'éviter sa nomination ? C'est l'une des grandes interrogations du moment. A Bangui, ce n'est un secret pour personne, les deux hommes se vouent une franche hostilité et si Nicolas Tiangaye dit sans convaincre qu'il espère une relation apaisée avec le président, un proche du chef de l'Etat lance à propos de l'ex-défenseur des droits de l'homme : « Il a beaucoup parlé. Maintenant nous allons le voir à l'oeuvre. »


Nicolas Tiangaye aura du mal à trouver du soutien du côté du palais de la Renaissance, mais il devra également surveiller, comme le lait sur le feu, tous les exclus du nouvel exécutif.


Pour accomplir ses principales missions -la pacification, la refonte du secteur de sécurité, la relance d'une économie moribonde et la préparation des futures élections législatives qui, de l'avis général, n'ont aucune chance de se tenir dans un an- le nouveau Premier ministre part avec un a priori favorable des chancelleries étrangères. Mais gare à lui : à Bangui, l'état de grâce ne dure pas cent jours.


L'homme du consensus


Il est l'un des derniers hommes intègres à Bangui, relèvent plusieurs observateurs de la vie politique locale. Preuve de sa singularité, Nicolas Tiangaye accède à la primature après avoir refusé le poste en 1996.


Cet avocat de formation, âgé de 56 ans, s'est fait connaître au milieu des années 1980 en défendant l'empereur déchu, Jean-Bedel Bokassa. Il a également plaidé pour le premier accusé du génocide devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda.


Dans cette carrière d'avocat marqué notamment par la création de la Ligue centrafricaine des droits de l'homme, il a défendu en 1989 celui qui apparaît désormais comme son pire ennemi politique, François Bozizé qui était alors accusé de complot. Entre les deux hommes, l'hostilité remonte à 2004 lorsque Nicolas Tiangaye dirigeait le Conseil national de transition.


Rédacteur de la Constitution, c'est lui qui a introduit la limitation du nombre de mandats présidentiels. Entré de plain-pied dans l'arène politique, son combat ces dernières années a porté sur l'annulation et la reprise des élections de 2011.


Aujourd'hui, en tant que Premier ministre, il va devoir composer avec le chef de l'Etat. Les deux hommes sont en principe hors-jeu pour la prochaine présidentielle. « La primature sera un sacerdoce et nous devrons aplanir nos divergences », assure Nicolas Tiangaye, qui, et ce n'est pas le moindre des paradoxes, entretient de bonnes relations avec Denis Sassou Nguesso, le président du Congo-Brazzaville, et cite comme modèle, Coluche, l'Abbé Pierre ou bien encore Mère Teresa.

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 18:26

 

 

 

FOMAC Tchadiens à damara

 


APA-Brazzaville (Congo) 2013-01-19 15:51:26 - Le Congo Brazzaville assure le transport de 2000 militaires tchadiens vers le Mali, avec armes et matériels, dans le cadre de la mise en place de la force d’interposition africaine au Mali, a annoncé la présidence de la République congolaise dans un communiqué rendu public samedi.



''A travers cet appui logistique, note le communiqué, la République du Congo, qui agit conformément aux bonnes relations diplomatiques qu'elle entretient avec les deux Etats frères du Tchad et du Mali, entend réaffirmer son attachement à la paix sur le continent africain et plus particulièrement au nord Mali''



Le communiqué ajoute que le Congo soutient aussi l'engagement de la France qui, depuis le 11 janvier 2013, est au Mali avec près de 2000 soldats en plus de la logistique, pour aider ce pays à retrouver son intégrité territoriale mise à dure épreuve par des groupes des islamistes terroristes qui occupent sa part nord. 


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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 16:34

 

 

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http://www.rue89.com/ 19 jan, 2013


Parmi tous les contingents africains attendus au Mali, les Français comptent surtout sur l’appui des Tchadiens, au point que cette offensive, au lieu d’être franco-malienne, pourrait être décrite comme franco-tchadienne.


Le Tchad, pays d’Afrique centrale et de ce fait non membre de la Confédération des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao) qui mobilise ses troupes pour porter assistance au Mali, a annoncé l’envoi de quelque 2 000 hommes, le plus gros contingent étranger après celui de la France.


Mais surtout, il s’agit d’une armée expérimentée, aguerrie et habituée au terrain particulièrement difficile du nord du Mali, en tous points similaire au nord du Tchad dont sont généralement originaires les combattants d’élite tchadiens.


Par rapport aux armées inexpérimentées et surtout étrangères aux terrains rudes du désert qu’enverront des pays comme le Togo ou le Ghana, les Tchadiens ont tout pour devenir l’épine dorsale de la Force internationale de soutien au Mali (Misma), placée sous commandement nigérian.


Il y a plusieurs mois déjà, un cadre militaire tchadien nous confiait la disponibilité du Tchad à participer à cette intervention au Mali, et estimait, sans fausse modestie, que son armée était la seule en mesure de « faire le boulot » dans le nord du Mali.

 

En guerre permanente


Les Tchadiens ont, il est vrai, quelques décennies d’expérience… Le pays vit en état de guerre et de rébellion quasi permanent depuis les années 1970, depuis que les Toubous des montagnes du Tibesti se sont rebellés.


On se souvient de « l’affaire Claustre », cette archéologue française longtemps détenue en otage au Tibesti par Hissène Habré et Goukouni Oueddei. Depuis cette époque, des générations de combattants se sont succédé contre tous les ennemis : le pouvoir central de N’Djaména, les Français, les Libyens, les Soudanais, et surtout entre Tchadiens…


Le principal fait d’armes tchadien, c’est évidemment d’avoir mis en déroute – avec un appui certain des Français – l’armée du colonel Kadhafi, dont on peut encore voir les vestiges, en chars de fabrication soviétique, dans le désert, entre Faya Largeau et Fada.


La mobilité, la capacité de survivre aux fortes chaleurs, à trouver ses repères dans le désert… Ces qualités que l’on prête à juste titre aux groupes islamistes qui ont pris contrôle du nord Mali l’an dernier sont également celles des Tchadiens.


Dans le clivage nord-sud qui traverse tous les pays de la zone sahélienne, de la Mauritanie à l’ouest, quasiment jusqu’à la mer Rouge à l’est, le Tchad est le seul dont le pouvoir politique soit aux mains de dirigeants issus du nord, de la partie aride du pays, et pas des zones plus luxuriantes du sud.


Idriss Déby, l’implacable président du Tchad, est originaire de la région de Fada, une oasis du nord du pays. Il a été le chef d’état-major d’Hissène Habré lors de l’offensive contre les Libyens, avant de prendre à son tour le pouvoir, qu’il occupe depuis plus de deux décennies.


C’est un survivant, car depuis son accession au pouvoir par la force en 1990 il a subi plusieurs tentatives d’éviction armées, notamment en 2008, où il n’avait dû son salut qu’à un coup de pouce de dernière minute de l’armée française, sur ordre de Nicolas Sarkozy, alors que le palais présidentiel était sur le point de tomber.


Mais ce n’est pas une éventuelle « dette » qui pousse Idriss Déby à s’engager massivement dans cette guerre, de manière plus significative que les voisins immédiats du Mali.


Le Tchad n’est même pas directement concerné par ces événements, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et la nébuleuse islamiste ayant échoué, jusqu’ici, pour des raisons largement ethniques et religieuses, à étendre leur zone d’influence au Tchad, pourtant un pays en grande partie musulmane – seules les populations du sud sont chrétiennes et animistes.


Idriss Déby se comporte de plus en plus comme le « parrain » de sa sous-région, avec une assurance d’autant plus grande qu’en plus de sa force militaire, qu’il n’hésite pas à employer (un contingent tchadien a été envoyé le mois dernier en Centrafrique à l’appel du président Bozize menacé par ses propres rebelles), il a désormais l’argent du pétrole, exploité par les Chinois. Même si son pays reste l’un des plus pauvres au monde.

 

Sauveur de l’Afrique ?


Le président tchadien se présente comme un pôle de stabilité dans une région agitée (rébellion en RCA, attentats de la secte islamiste Boko Haram au Nigeria, Aqmi au Niger et au Mali, instabilité au Soudan et en Libye), même si cette « stabilité » n’est guère propice à la démocratie intérieure – et c’est un euphémisme. Un opposant politique légal, Ibni Oumar Mahamat Saleh, a visiblement été liquidé à la faveur des troubles de 2008, en toute impunité.


En se rendant indispensable au Mali, auprès des Français mais aussi des Etats d’Afrique de l’ouest, Idriss Déby bâtit sa propre légende à l’échelle africaine. Et tente de devenir l’incontournable sauveur face à un ennemi islamiste que personne n’a su confronter jusqu’ici.


Pour l’armée française, ce ne seront que des retrouvailles, puisqu’une partie de l’opération Serval est menée à partir de la base aérienne de N’Djaména et que les deux armées se connaissent bien. Quoi qu’on en dise, la Françafrique, ça crée des liens… On pensait les Français « seuls » : avec les Tchadiens, ils le seront assurément moins.

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