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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 10:54

 

 

 

http://www.tdg.ch  11.01.2015, 18h55

 

Genève internationale. Selon Lionel Saraga Morais, « le flottement politique fait le jeu des affairistes et des états énergivores qui vampirisent le pays ».

 

Fondateur du Cercle des intellectuels africains, ex-ministre conseiller à la stratégie et défense du gouvernement de transition de la République centrafricaine, Lionel Saraga Morais était à Genève ces jours. Pressenti pour mener une mission dans le cadre du projet Démobilisation, désarmement, réinsertion (DDR), il redoute l’enlisement politique qui menace son pays. Il dénonce aussi l’attitude de ceux qui profitent de la mise sous perfusion de la République centrafricaine pour en piller les ressources sans vergogne.

 

Quelle est la situation aujourd’hui en Centrafrique?

Les choses sont encore très fragiles. Nous sommes sur du sable mouvant. La période de transition qui devait s’achever le 15 février va être prolongée de sept mois. Ce nouveau délai est nécessaire. Avant d’organiser une élection présidentielle, il faut d’abord recréer les conditions pour la désignation d’une nouvelle équipe.

 

Vous sous-entendez que Catherine Samba-Panza a échoué?

 

La Maison du peuple (CNT) qui avait désigné Catherine Samba-Panza comme présidente intérimaire est devenue un ventre mou. Il faut changer de formule. Ceux qui ont ouvert leurs bras et leurs maisons pour accueillir les gens en détresse, ce sont les archevêques, les imams, les pasteurs, les chefs de village. C’est vers eux qu’il faut se tourner. Ils sont les mieux placés pour représenter les Centrafricains et désigner une nouvelle équipe de transition. Catherine Samba-Panza était pétrie de bonnes intentions mais sa politique de médiation et de compromis n’a pas fonctionné. Il faut conduire une politique de rupture si l’on veut vraiment se donner les moyens de sortir de l’impasse. Il n’est pas possible de négocier avec des terroristes.

 

Le travail de réconciliation va-t-il prendre beaucoup de temps?

 

Ce sera long. C’est comme un processus de deuil. Il y aura des étapes. On ne pourra pas se taper sur l’épaule, s’embrasser et se dire que nous nous sommes réconciliés. Avant d’entamer une véritable reconstruction, il faut une prise de conscience collective sans laquelle il ne sera pas possible de renouer avec un climat de confiance. Un récent sondage a montré que 90% des Centrafricains étaient fiers d’être Centrafricains. Dans le même temps plus de 90% d’entre eux affirment ne pas avoir confiance dans les autres Centrafricains. Il est urgent de retrouver la confiance perdue. Pour cela, il faut des femmes et des hommes de bonne morale et de bonne réputation pour guider le pays vers la paix. Si on cède encore la place à ceux qui sont associés au drame centrafricain, cela sera perçu comme une provocation.

 

Qu’est-ce qui vous inquiète ou vous révolte le plus aujourd’hui?

 

Le pillage de mon pays. Nos ressources sont vampirisées. Pendant que les Centrafricains essaient de dessiner un avenir dans ce désordre et ce chaos, des affairistes peu scrupuleux et des pays énergivores profitent de la situation. Nos frontières sont poreuses, et l’anarchie règne en maître. Normalement, il y a un embargo sur le diamant centrafricain. Or, le marché est inondé de pierres qui proviennent de mon pays.

 

Pourquoi tenez-vous tant à créer une ONG centrafricaine?

 

Parce que nous devons nous réapproprier notre territoire et notre histoire et ne pas laisser les autres décider à notre place. Nous avons besoin d’une ONG 100% centrafricaine qui s’adresse aux Centrafricains et dirigée par des Centrafricains. Elle existe. Nous allons entamer des démarches pour qu’elle soit reconnue par l’ONU.

 

Pourquoi est-ce si important?

 

Il y a un besoin de reconnaissance. Les Centrafricains naissent et meurent dans l’anonymat, sans vraiment avoir une identité. Nous pourrions sceller notre communauté de destin à travers un service national à but éducatif et tourné vers le développement économique. Ce serait une manière de faire circuler les jeunes appelés dans les sept régions qui forment la République centrafricaine. Voilà l’une des idées que je défends. La République centrafricaine a des ressources et un potentiel. Dans le temps, on produisait un coton magnifique. Nous avons du café, du cacao et bien d’autres produits que nous pourrions mieux exploiter. Le travail de réconciliation et de reconstruction est devant nous. (TDG)

«Ils sont en train de piller mon pays, la Centrafrique» : Lionel SARAGA MORAIS
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Centrafrique-Presse.com
12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 10:01

 

 

 

Cher lecteur, après 2 années de partages, il y a un sujet que nous n’avons pas encore abordé et nous allons donc y remédier aujourd’hui. – Si mon Père, Georges DARLAN, était encore en vie, nous aurions fêté ce 05 Janvier son anniversaire.  - Ainsi, afin de lui rendre Hommage, je vais traiter un sujet qui lui tenait à cœur : -il s’agit de l’éducation du Peuple Souverain, l’Education Nationale en Centrafrique. – Quelque soit notre parcours individuel, nous sommes majoritairement d’accord de dire « qu’Il n’y a pas de désir plus naturel que le désir de la connaissance. - Que développer c’est certes nourrir, mais c’est également en priorité instruire et soigner afin que le progrès soit bénéfique sur la durée ».

 

Ainsi aujourd’hui, et comme toujours il y a une richesse immatérielle, inépuisable, non quantifiable, non exclusive, source d’épanouissement individuel et collectif que toute Nation aspirant au bonheur devrait garantir à ses membres, par la mise en place de politiques éducatives réfléchies s’inscrivant dans une stratégie globale de développement, ayant pour fondement la liberté qui ne peut rimer avec ignorance.

 

De ce fait, l’éducation a pour objectif la formation intégrale de l’homme, c’est à dire lui assurer un développement intellectuel, professionnel, psychologique, moral, physique et civique, et lui permettre de s’adapter à la société, son évolution sur les plans scientifique et technique, de maximiser ses chances de réussite et de se préparer à faire face à la compétition planétaire.

 

Cette richesse immatérielle c’est la connaissance, le savoir dont l’acquisition et la transmission sont de nos jours facilités par les Nouvelles Technologies de la Communication. - Pour relever le défi de la société de la connaissance de ce siècle nouveau, nous devrons, en Centrafrique, faire de ces outils des vecteurs de vulgarisation.

 

Par expérience, nous savons tous que l’éducation demeure un outil fondamental qui, à tous les âges de la vie confère aux hommes des capacités intellectuelles et humaines leur permettant de prendre en main leur destin. – Ceci fait de manière solidaire peut permettre à chacun d’aider un autre à s’inscrire durablement dans la trajectoire commune qui est celle du développement.

 

Comme je le disais dans l’une de mes précédentes publications : « - nous ne devons pas oublier que le développement n’est pas seulement synonyme de financement, d’autosuffisance alimentaire, de transferts de technologies et autres, mais de l’Homme dans toutes ses capacités d’imagination, de création, de choix, de décision et de responsabilité au sein de son environnement ». – Le développement, c’est la promotion de la vie humaine et sociale. - Avec la révolution du management, apparaît une nouvelle forme de richesse, immatérielle, inépuisable, non exclusive et qui peut se multiplier à souhait. Il s’agit du savoir. Or le savoir est la résultante d’un système éducatif performant, exigeant et tourné vers l’excellence ; - ce qui n’est pas le cas en Centrafrique vu que notre système éducatif est désorienté, désorganisé et inefficace, un corps enseignant qui fait l’apologie du diplôme comme gage d’acquisition de connaissances et non comme certificat d’aptitude à apprendre, un corps enseignant qui a oublié, il y a bien longtemps, que les connaissances se périment et que l’acquisition des connaissances est un processus permanent pour permettre de faire face aux défis futurs. – Pour cela, il faut veiller à offrir de la formation continue aux formateurs, afin de maintenir une certaine qualité du savoir qui est dispensé à notre Jeunesse.

 

La Formation Professionnelle.

 

La réalité de la Centrafrique d’aujourd’hui est que nous manquons, cruellement, de bons Techniciens dans tous les domaines. – IL vous suffit d’avoir un problème mécanique, d’électricité, de téléphone, d’imprimante, de photocopieur,  de plomberie, d’électronique, de froid et climatisation ; - un besoin de peintre, de maçon, de conducteur de grue, de chauffeur de poids lourds, d’agent de maîtrise de chantier BTP, de menuisier et autres, pour vous rendre à l’évidence :- Cette race là est quasi inexistante en Centrafrique.

 

– Sur 100 Candidats autochtones qui se présentent, via un petit test pratique, vous vous rendez vite compte que, seuls 3 sont qualifiés et tous les autres ne sont que des bricoleurs.

 

Nous sommes, quotidiennement des centaines à nous faire avoir par ces bricoleurs et j’en donne pour exemple le fait qu’un jour,  j’ai eut un problème d’électricité et le technicien qu’on m’a indiqué a créé plus de problème qu’il n’en a résolu. Je m’en séparai et fit venir un autre : même résultat.

 

Je me souviens qu’il y en a un qui a failli me mettre le feu à la maison, car il n’avait même pas isolé les raccordements électriques. - Au bout du quatrième, un ami me recommanda un Technicien originaire du Cameroun qui put régler mon problème électrique. Entretemps les quatre premiers m’ont fait acheter des pièces de rechanges inutilement. – Perte de temps et d’argent.

 

– D’ici, je vous vois sourire car vous aussi vous avez vécu une expérience similaire avec un plombier, mécanicien, électronicien, menuisier, peintre ou autres. – Eh ! Oui, cher lecteur, c’est çà la réalité de notre chère et tendre Centrafrique d’aujourd’hui. – Arriver à trouver un technicien compétent autochtone est un parcours de combattant. – Nos frères du Cameroun ont bien compris la chose et ils sont de plus en plus nombreux à venir s’installer en Centrafrique. – Et c’est normal qu’ils gagnent la plupart des marchés.

 

– En tendant l’oreille, j’entends déjà dans les faubourgs de Bangui les gens dire : «  A yaoundou so là a mou a marché ti minusca kouè ». – Ce à quoi je réponds : C’est Normal !... Eux au moins ont été formés et, quelque part, heureusement qu’ils sont là.

 

Cher compatriote « bricoleur », ce n’est pas de ta faute, mais celle de ceux qui ont gouverné le pays jusqu’à ce jour. – Toi, tu as fait de ton mieux en essayant d’apprendre sur le tas ; mais cela ne suffit pas et tu t’en rends bien compte.  – En résumé, la réalité est que même pour ces types de métiers, les compétences en nombre ne sont pas locales. – Faut-il rappeler que cela fait plus de 54 ans que nous avons acquis l’indépendance et qu’il n’y a dans le pays qu’un seul Lycée Technique public ; faites y un petit tour et vous comprendrez d’où viennent nos lacunes. Cela n’a jamais empêché les différents ministres de tutelle, qui se sont succédés depuis 1960, à dormir profondément tous les soirs.

 

Quand on pense que le prix d’achat d’un seul véhicule 4X4 permettrait d’équiper convenablement notre seul et ngêhngo Lycée Technique, on se dit que « Vraiment, est-ce que ces gens-là aiment leur pays ? ». – Ils sont tout le temps dans les avions à voyager et ils voient bien, dans les autres pays notamment africains, comment les établissements techniques sont équipés, mais une fois de retour à Bangui,  ils n’ont jamais rien fait de constructif pour le seul établissement technique public qui existe en Centrafrique. Même pour ça aussi, faudra t-il attendre une aide de l’Union Européenne, du Pnud ou autres institutions ?. – A ce niveau là, nous ne sommes plus dans le cadre de l’aide au développement, mais plutôt dans celui de la mendicité. Pas étonnant que dans l’indice IDH, sur 185 pays sondés, la République Centrafricaine occupe la 177ème place ; Doungourou chez les Doungourou. -  Le Gouvernement n’est t-il pas capable, souverainement, de remédier à cela ?  – Celui qui n’a plus l’initiative perd généralement ; - celui qui la conserve gagne habituellement. – En Centrafrique, cela fait des décennies que nous avons perdu l’initiative ; … voyez où nous en sommes aujourd’hui.

 

NOTA : Un autre cas frappant = Savez-vous que dans toute la république, il n’existe que 2 Bibliothèques scolaires dignes de ce nom ; celui du Lycée des Rapides dans le 7ème Arrondissement, tenu jusque là par des religieux catholiques et le second qui se trouve dans les locaux de « L’Alliance Française »…. Pour  paraphraser une expression en vogue, je dirais : « NON, Mais Allo Quoi… !!! ».

 

Médiocrité de médiocrité ! - Irresponsabilité et cécité, jusqu’à quand allons-nous vous laisser nous maintenir dans les méandres du sous-développement, de la pauvreté et de la misère alors que notre potentiel naturel nous autorise à espérer mieux.

 

Cher Lecteur, fort de cette expérience locale, j’affirme avec insistance que la formation d’une race de « citoyens-techniciens » autochtone est une nécessité absolue pour les 20 années à venir, si l’on veut améliorer de façon significative la situation socioéconomique de la Centrafrique. Pour cela, il faudra revoir tout notre système de formation professionnelle pour jeunes et adultes. Par ailleurs, il nous faudra mettre un accent particulier sur la formation des formateurs et engager ensuite la refonte des programmes, qui devront être vidés des tares héritées de la colonisation afin d’être adaptés aux exigences de notre époque.

 

L’éducation et la formation des jeunes constituent un investissement vital, tant pour sécuriser le parcours individuel et professionnel des jeunes que pour donner au pays un capital de connaissances et de compétences sans lequel il ne pourra pas assurer son propre avenir.

 

Pour la Centrafrique de demain, je dis, avec insistance, que l’acquisition du socle de base signifie d’abord de pouvoir aller jusqu’au bout de l’éducation secondaire. L’expérience a clairement démontré que les niveaux d’éducation atteints par les jeunes prédéterminent fortement les parcours professionnels.

 

Si les employés du secteur public cumulent en moyenne 11,3 années de scolarité contre 8,2 pour les employés du secteur privé, les travailleurs du secteur informel, qui représente plus de 70% des emplois, n’ont fréquenté en moyenne l’école que durant 3,5 années. – Il est à noter que les bénéfices économiques et sociaux de l’éducation de base ne peuvent être récoltés que si la scolarisation permet d’obtenir des acquis durables en termes d’alphabétisation, lesquels supposent l’achèvement du cycle primaire pour chaque nouvelle génération d’enfants.

 

A l’instar des autres pays en voie de développement, la Centrafrique est confrontée à la nécessité de donner un socle de connaissances et de compétences de base aux jeunes afin de garantir un bagage minimal leur permettant non seulement d’accéder à l’emploi, mais encore de maintenir et de développer leurs capacités à se professionnaliser tout au long de leur vie active et, plus globalement, à s’intégrer dans la société dont ils sont membres. Il est à noter qu’il n’y a pas de professionnalisation sans socialisation, ce qui signifie que le socle de base doit non seulement aider les jeunes à entrer sur le marché du travail, mais aussi à y évoluer avec un minimum d’autonomie, d’initiative personnelle et de capacités de coopération.

 

Depuis les politiques d’ajustement structurel, les emplois dans l’économie formelle ont fortement régressé, ce qui limite fortement les possibilités d’entrée des jeunes dans un marché du travail structuré. Seuls ceux ayant un niveau d’éducation et de formation élevé peuvent y accéder. Les autres ont, jusque là, pour seul choix de trouver un emploi sinon une activité dans le secteur de l’économie informelle.

 

Afin de palier à cette errance des jeunes, il faut certes qu’il y ait des jeunes compétents pour répondre aux besoins du marché du travail, mais ce qu’il faut surtout c’est des chantiers demandeurs de main d’œuvre.

 

Et pour que les Jeunes obtiennent des compétences et qualifications, il faut absolument que nous créons des CFP. - Les CFP = les Centres de Formations Professionnelles afin d’offrir plusieurs possibilités à nos jeunes pour qu’ils développent leurs capacités à se professionnaliser.

 

Ces Centres vont nous permettre de former une race de « citoyens-techniciens » car cela est une nécessité absolue pour les vingt ans à venir, car nous voulons améliorer, notamment, de façon significative la situation socioéconomique de la Centrafrique, car il est de plus en plus évident, dans une économie du savoir, que la capacité d’une petite, moyenne ou grande entreprise à se développer et par conséquent à créer de la richesse et de l’emploi, repose avant tout sur les compétences de ses ressources humaines et a pour principal ressort la dynamique du savoir et des compétences.

 

Par ailleurs, l’enjeu primordial ici est de développer une formation professionnelle qui permette à la très grande majorité des jeunes, qui entrent sur le marché du travail par la voie de l’activité en secteur économique informel, d’acquérir les compétences générales, techniques, comportementales et sociales dont ils auront besoin pour passer peu à peu d’un emploi de survie vers un emploi de subsistance puis au développement économique et professionnel.

 

Un autre sujet que nous devons traiter est l’Education des Filles car : - « Nulle ne peut prétendre amorcer durablement le développement d’un pays en laissant plus de 50% de la population active de côté ». – Ah !... J’adore cette phrase ; lorsque je l’ai prononcé et argumenté pour la première fois, il y a quelques années lors d’un séminaire, j’ai été longuement applaudi à la fin de mon intervention. – C’est d’une telle évidence que la plupart d’entre nous n’y font pas attention, ou minimisent son importance.

 

La capacité d’une société à produire, sélectionner, adapter, commercialiser et utiliser le savoir est essentielle à une croissance économique durable et à l’amélioration des niveaux de vie. Le savoir est devenu le facteur le plus important du développement économique.

 

La République Centrafricaine dispose, en temps normal (2011-2012), de 1251 écoles primaires actives comptant quelques  382788 élèves et de 5118 enseignants du fondamental 1(primaire) sur toute l'étendue du territoire. Le fondamental 2 (secondaire) pour sa part compte 1481 enseignants pour 64905 élèves, sans compter les vacataires. Taux d'alphabétisation : 60 %.

 

A l'heure actuelle, il y a une fille scolarisée pour deux garçons au niveau du secondaire et les déséquilibres importants entre les filières ; -il y a seulement 10% de l'effectif qui sont scolarisés dans l'enseignement techniques, ajoutant également un faible taux d'encadrement d'un enseignant pour 76 élèves à Bangui et un enseignant pour 200 élèves dans le Fondamental 1 au niveau de l'arrière pays.

 

La Centrafrique compte environ 4,5 millions d’habitants, dont plus de 51% de femmes. A l'heure actuelle il y a une fille scolarisée pour deux garçons au niveau du secondaire et les déséquilibres importants entre les filières. Notons que 67 % de la population ont moins de vingt-cinq ans. 52 % de ces 67 % sont des filles. Cela dit bien toute l’importance des filles et des femmes dans le pays.

 

Les différentes contraintes liées à l’éducation des filles sont l’excès des travaux domestiques. En effet, quand les filles quittent l’école, elles reviennent à la maison travailler auprès de leur mère. Ces tâches domestiques ne laissent donc pas de temps pour réviser ou apprendre les leçons. Elles font évidemment partie de la préparation des filles à leur vie future d’épouse et de mère. Il est simplement à déplorer que c’est ce qui continue à prendre le pas sur l’éducation, la vie active et professionnelle.

 

Parallèlement, les filles sont l’objet de harcèlement sexuel, de la part des enseignants et aussi des autres élèves masculins. – Certes, cela n’a pas lieu seulement en Centrafrique, mais dans presque tous les pays du monde, il n’empêche que nous devrons trouver des solutions pour éradiquer ces faits.

 

Une autre contrainte est la grande distance qui sépare l’école de leur résidence. Souvent, les filles doivent parcourir de cinq à sept kilomètres à pied pour rejoindre l’école la plus proche. Dans de telles situations, les parents décident souvent de les retirer de l’école. Il se trouve aussi que l’école se limite seulement à six classes dans certains villages. Au-delà, la fille doit quitter son village pour continuer son cycle ailleurs, avec tous les risques que cela peut entraîner (absence de logement, difficulté de nourriture). Cela constitue aussi un facteur d’abandon des études pour les filles.

 

Les filles et jeunes femmes non scolarisées regrettent souvent de n’avoir pas été à l’école pour la simple raison qu’elles sont dépendantes économiquement et socialement de leur conjoint. Cet état de dépendance les met aussi dans un état de vulnérabilité sur le plan social en ce qui concerne les violences et la connaissance de leurs droits.

 

Pour les hommes, la scolarisation des filles est un acquis. Ils sont favorables à la scolarisation des filles, car ils pensent qu’une fille scolarisée a beaucoup plus pitié de ses parents quand ceux-ci deviennent pauvres et qu’elle peut les soutenir économiquement. Les raisons évoquées sont donc plus affectives que politiques.

 

Parmi les contraintes liées à la scolarisation des filles, il y a aussi l’insuffisance de structures, c’est-à-dire les écoles, et l’insuffisance du nombre d’enseignants et d’enseignantes. Ceci s’accompagne d’autres difficultés, telles que les mariages précoces, les grossesses non désirées ou précoces, la délinquance. - Des raisons économiques peuvent également expliquer la faible éducation des filles en Centrafrique. La pauvreté est un facteur très important par rapport à la scolarisation des filles. À ce niveau, la famille va être amenée à faire un choix entre envoyer un garçon ou une fille à l’école. L’éducation des garçons est considérée comme un investissement à long terme pour la famille parce que le garçon reste à la maison, alors que l’éducation de la fille est considérée comme une perte de temps et de ressources, car elle est appelée à se marier et à fonder un foyer ailleurs. La famille paternelle subit alors une perte, alors que, si c’est un garçon, elle a réalisé un investissement.

 

Les filles peuvent être aussi victimes de la tradition et de la mauvaise interprétation de la religion, surtout musulmane. Les catholiques et protestants sont beaucoup plus favorables à l’éducation des filles que la communauté musulmane, qui pense que l’éducation en langue française détourne la fille de sa religion ; mais c’est un autre débat.

 

Les conséquences de la non scolarisation des filles font que si on prend le nombre de femmes salariées, comparé au nombre d’hommes, évidemment le taux des femmes est inférieur à celui des hommes. Quand on examine ce taux par rapport à l’enseignement, on s’aperçoit qu’il y a plus de femmes dans les niveaux inférieurs de l’enseignement. Plus le niveau d’enseignement s’élève, moins il y a de femmes ; - c’est également le cas dans les matières scientifiques. Les femmes sont plus nombreuses dans les langues et la littérature que dans les sciences. Les séries scientifiques ont été longtemps considérées comme des séries de garçons.

 

La même situation de discrimination est visible au niveau de l’administration scolaire. Il y a moins de femmes dans les instances de prise de décision. Dans l’histoire de la République Centrafricaine, La première Femme occupant un poste élevé fut celui de Doyen de la Faculté de droit et sciences économiques (1983-1986). – Puis, il n’y a eut qu’une femme comme « Recteur » d’Université (2011). – Et ce n’est que récemment que le pays a eut une Femme comme Ministre de l’Éducation (2014).

 

L’éducation est considérée comme l’un des facteurs essentiels, sinon le facteur essentiel, du développement. - Dans l’équation éducation-développement, bien que les femmes constituent plus de la moitié de la population en Centrafrique et qu’elles soient de grands agents du développement de ce pays, elles sont victimes d’inégalité et de discrimination quand il s’agit d’éducation. Le taux de scolarisation des filles est très faible. Si l’éducation est un droit fondamental, cela doit être vrai pour tous les individus et les femmes sont aussi des individus. Pourquoi ne pourraient-elles donc pas bénéficier complètement de ce droit?

 

Néanmoins, il existe des raisons endogènes à ce facteur de non-scolarisation ou d’insuffisance de scolarisation des filles, comme nous l’avons dit ci-dessus. D’autre part, l’école ne débouche plus forcément sur un emploi. Jusqu’en 1980, avant le programme d’ajustement structurel, l’école débouchait automatiquement sur un emploi donné par le gouvernement. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

 

Les parents pensent donc que c’est une perte de temps de garder la fille à l’école si c’est pour terminer au chômage. On juge préférable d’enlever les filles de l’école à l’âge de quinze ans pour qu’elles se marient.

 

Les raisons exogènes de cette insuffisance d’éducation des filles proviennent des politiques macroéconomiques internationales. Les programmes d’ajustement structurel des années 80 sont en grande partie responsables du faible niveau de scolarisation en Afrique. Ces programmes ont porté pour l’essentiel sur les secteurs sociaux, dont l’éducation, la santé et l’emploi. La dévaluation du franc CFA en 1994 a aussi porté un coup très dur à l’éducation des filles, parce qu’il fallait alors faire un choix entre éducation des filles et des garçons. Le coût économique est devenu tel, que les familles se trouvent dans des situations de paupérisation permanente.

 

Il y a donc une contradiction entre le concept d’éducation lié au développement et les politiques qui y sont associées. Ce sont les mêmes partenaires qui nous disent que la condition du développement est l’éducation et qui, en même temps, nous disent qu’ils ne peuvent plus financer ces secteurs, quand ils savent que les pays n’ont pas les moyens de le faire par leurs propres moyens. On nous dit qu’il faudrait licencier des enseignants et des enseignantes. Mais de tels licenciements impliquent la nécessité de fermer des écoles ou d’accepter des classes de plus de cent élèves. Et, si les enfants ne vont alors plus à l’école, cela entraîne un retard dans le développement. Toutes ces exigences sont contradictoires.

 

On nous dit que nous devons nous développer et que cela passe par l’éducation, mais en même temps on nous impose une baisse des budgets de l’éducation. On nous demande de ne plus recruter les enseignantes et enseignants en nombre suffisant, alors qu’il est impossible d’avoir 100 enfants dans une classe et d’espérer qu’après six ans d’études ils sortent avec un bagage suffisant. Les  partenaires au développement donnent ainsi l’impression de vouloir nous maintenir dans la sous scolarisation et dans la dépendance éternelle et, ceci, dans tous les domaines. La Banque Mondiale a reconnu — vingt ans après ! — qu’elle avait échoué et qu’elle s’était trompée de politique macro-économique dans nos États. Quel gâchis ! – Afin de corriger cela, dans la Centrafrique de demain, il faudra sanctuariser, s’il le faut par une Loi, les ressources de l’Education Nationale.

 

De la même manière, les différentes conférences sur l’éducation — de Jomtien et de Dakar — ont prôné l’éducation pour tous en l’an 2000. - En 2000, on s’est aperçu qu’il n’y avait eu que 1 % d’avancement. On a reporté l’échéance à 2015. - Ces conférences donnent l’impression de ne pas connaître les véritables besoins des pays africains, en particulier, et des pays en voie de développement, en général. Elles donnent l’impression de ne pas connaître les réalités du terrain.

 

En conclusion, il a été dit qu’éduquer un homme, c’est éduquer une personne et qu’éduquer une femme, c’est éduquer toute une nation. - Partant de cela, la société centrafricaine a tout à gagner d’un enseignement non discriminatoire qui contribue à instaurer des relations plus égalitaires et plus justes entre les hommes et les femmes, d’une part, et qui permette aux femmes de prendre une part très active aux changements socio-économiques et politiques de notre pays. – IL est certes vrai, qu’avec le manque de résultat probant de cette Transition politique entamée en Mars 2013, qu’un sondage de proximité démontre clairement que la majorité d’entre nous, hommes et femmes confondus, ne sont pas prêts à remettre un Avocat ou une  Femme à la tête de l’Exécutif. – On peut débattre longuement là dessus, mais à tort ou à raison, c’est ainsi dans la Centrafrique d’aujourd’hui. – Toutefois, en ce qui concerne les femmes, j’attire l’attention de tous qu’il ne faudrait pas, à partir de cette unique expérience, que les autres hauts postes de responsabilités leurs soient, insidieusement, interdits ; - ce sera dommage et inutilement discriminant car, des compétences : il y en a.

 

N’oublions pas qu’il  a été aussi constaté que, quand une femme est éduquée, au moins à un niveau élémentaire d’éducation, cela se reflète positivement sur la vie sociale et économique de la famille et du ménage. Cette femme est disposée à envoyer sa fille à l’école. – Imaginez ce que cela donnerait avec plus de la moitié ayant, au minimum, un niveau BAC +. Ce serait la prospérité pour Tous et c’est la Centrafrique qui serait la Gagnante toute catégorie.

 

L’avenir de la Centrafrique dépend évidemment et surtout des femmes et des jeunes, sans pour autant exclure les hommes. Comme nous l’avons dit plus haut, la capacité d’une société à produire, sélectionner, adapter, commercialiser et utiliser le savoir est essentielle à une croissance économique durable et à l’amélioration des niveaux de vie. Le savoir est devenu le facteur le plus important du développement économique.

 

Afin d’apporter des remèdes à ce problème et sachant que la jeunesse est et demeure l’avenir du pays, nous devons en Centrafrique initier diverses interventions concrètes du type : - Soutien financier à l’éducation pendant au moins 15 années, mise en place d’un programme propice à l’accumulation des années conquérantes, la construction de 2000 écoles, collèges, lycées, centres de formations professionnelles et techniques, Instituts supérieurs et Universités ; - le tout équitablement répartis sur l’ensemble du territoire. – Il ne faudra pas oublier  la formation de nouveaux formateurs afin de réduire le nombre d’élèves par classe et par enseignant. – NOTA : - Récemment en novembre 2014, le compatriote ROOSALEM Wilfried a publié une belle tribune sur ce sujet relatif à notre système éducatif ; je vous invite à le lire ; - voici le lien Internet : http://centrafrique-presse.over-blog.com/2014/11/remedier-a-l-effondrement-du-systeme-educatif-et-de-formation-en-rca-comment-enrayer-l-etat-de-delabrement-avance-de-l-ecole-centraf

 

Cher lecteur et compatriote, merci d’avoir pris le temps de me lire. Avant de te coucher le soir, pose-toi la question : « Qu’ai-je Fais pour faire avancer Mon Pays aujourd’hui ? – Gui tênè ti ôkô bozo ti mbi la akè so mbi ? – Quel acte ai-je, directement ou indirectement, posé pour favoriser le bien-être des générations futures ? – L’avenir dans un « Mieux vivre ensemble en Centrafrique » au travers d’un système éducatif de qualité a-t-il un jour fait partie ou fait-il encore partie de mes priorités au quotidien ? – Wala mbi kê na vourou bê ti molengué ti kodro, wala mbi kê zo ti kion ???.....».

 

La jeunesse centrafricaine et la nouvelle génération, arrivées en âge de comprendre et prendre les choses en mains, en ont plus qu’assez d’appartenir à un pays complexé où la médiocrité occupe une place considérable;… - cette jeunesse semi-lettrée écoute la radio et s’informe via d’autres médias et comprend mal que la Centrafrique reste à la traîne, alors que les autres avancent. – Sachant cela, ne soyons pas étonné de voir des manifestations de mécontentements populaires. -  Le Peuple est mûr et a conscience qu’il faut agir, et que lui aussi devra agir et impulser une dynamique ; - Raison de plus pour que nous remettions maintenant tout sur la table et fassions un tri.

 

Toutefois Cher Compatriote, souviens-toi qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire et qu’une action personnelle venant de toi, quel quelle soit, est espérée et attendue car : « Aucune Nation ne naît grande, les Grandes Nations sont l’œuvre de leurs citoyens ».La construction de notre Pays est l’affaire de TOUS. – C’est Wilson Churchill qui disait : « Là où existe une Volonté, il y a un Chemin ». - Notre YES WE CAN Collectif exige cette détermination individuelle.

 

Christian Dominique DARLAN. – Janvier 2015.

 

Consultant en Stratégies de Développement

 

E-mail : batir.rca@gmail.com

Désormais en RCA, il faut sanctuariser les ressources de l’Education Nationale, par Christian Dominique DARLAN
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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 01:57

 

 

 

A la mémoire de notre regrettée feue Victorine AKONDJA KOUAMBA la famille porte à la connaissance des parents, amis et connaissances qu’une messe sera célébrée le

 

  • SAMEDI 17 janvier en l’Eglise Saint Jean Baptise de Belleville à 18 H 30
  •  

139 Rue de Belleville – 75020 PARIS - Métro Jourdain

 

Elle sera suivie à partir de 20 heures d’une soirée de recueillement

 

  • 4 Rue Olivier Métra – 75020 PARIS
  •  

Métro : Jourdain

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 01:50

 

 

http://afrique.lepoint.fr  10/01/2015 à 17:53 Par Clémence Njanjo

 

Sur les pancartes des centaines de manifestants marquant leur solidarité avec les 17 victimes françaises des attentats à Paris, l'inscription : "Je suis Charlie".

 

"Nous compatissons avec la France", "Non au terrorisme", "Non à la barbarie", ou encore "Je suis Charlie" : les inscriptions sur les pancartes en ont dit long sur le sentiment d'horreur généralisée des Africains face aux événements qui ont conduit aux assassinats à Paris par des extrémistes islamistes de journalistes de Charlie Hebdo, d'otages et de membres des forces de l'ordre.

 

"Une marche de solidarité" à Bangui...

 

Deux ministres centrafricains - Aristide Sokambi à la Défense et Victor Wake à la Communication - ont participé à cette marche qui s'est déroulée dans le calme. Des membres de la délégation de l'Union Européenne et de l'ambassade de France à Bangui étaient également présents. "Il s'agit d'une marche de solidarité. Depuis 96 heures, la France est victime d'événements condamnés un peu partout dans le monde. L'initiative a été spontanée pour dire non à la prise en otage d'un peuple", a déclaré à l'AFP l'organisateur de la marche, Thierry Vackat, membre du Conseil national de transition (parlement provisoire).

 

Paris est intervenu militairement, il y a un an, en Centrafrique pour tenter de casser une spirale de violences intercommunautaires née du renversement du régime de François Bozizé en mars 2013 par une coalition rebelle à dominante musulmane, la Séléka. Les exactions de ces rebelles contre la population très majoritairement chrétienne du pays avaient abouti à la formation de milices d'auto-défense, les anti-balaka, qui à leur tour s'en sont prises aux civils musulmans, contraints de fuir des régions entières.

 

 

A la marche républicaine, des dirigeants peu attachés à la liberté de la presse

 

Le Monde.fr | 11.01.2015 à 10h08 • Mis à jour le 11.01.2015 à 13h12

 

Alors que la liste des dirigeants mondiaux présents, dimanche 11 janvier, à la manifestation en hommage à Charlie Hebdo et aux victimes des attentats qui ont frappé la France ne cesse de s'allonger, la présence de certains responsables, dont les pays sont peu connus pour leur respect de la liberté d'expression et de la presse, suscite des critiques.

 

L'Elysée s'est justifié à ce sujet :

 

« Le président a été clair. Compte tenu du mal mondial que représente le terrorisme, tout le monde est bienvenu, tous ceux qui sont prêts à nous aider à combattre ce fléau. Ces terroristes ont une démarche totale. Ils se sont attaqués à la liberté de la presse à des policiers et ont commis des crimes antisémites. Nous ne pouvons pas nous permettre des distinctions entre les pays et des stigmatisations. Tous ces dirigeants ont clairement condamné l'attaque contre “Charlie Hebdo”. »

 

LONGUE LISTE DE PERSONNALITÉS CONTROVERSÉES

 

Seront donc présents, entre autres personnalités controversées, le premier ministre turc Ahmet Davutoglu, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, le président de la République gabonaise Ali Bongo, le roi et la reine de Jordanie Abdallah II et Rania, le chef du gouvernement hongrois Viktor Orban, le ministre des affaires étrangères égyptien Sameh Choukryou encore Naftali Bennett, ministre de l'économie israélien qui se vantait d'avoir tué « beaucoup d'Arabes ». 

 

A titre d'exemple, leurs pays respectifs sont très mal placés sur le classement mondial 2014 de la liberté de la presse réalisé par Reporters sans frontières (RSF) : sur 180 pays, la Turquie est 154e, la Russie 148e, la Jordanie 141e, le Gabon 98e, Israël 96e et la Hongrie 64e.

"Charlie Hebdo"-L'Afrique réagit : manifestations à Bangui et Johannesburg
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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 00:14

 

 

Par RFI 10-01-2015 à 10:19

 

Depuis le massacre perpétré à Paris à la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier, l'émotion reste vive, particulièrement en Afrique. Nos correspondants dans les capitales ouest-africaines étaient présents aux nombreux rassemblements de soutien. A noter que le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé sa présence à Paris pour la marche républicaine ce dimanche.

 

■ A Dakar (Sénégal)

 

Pour exprimer sa solidarité au peuple et au gouvernement français, le président sénégalais Macky Sall s’est rendu à l’ambassade de France à Dakar vendredi après-midi. Macky Sall a signé le registre des condoléances, en présence de la presse dont notre correspondante à Dakar, Carine Frenk.

 

Dans la salle des droits de l’homme où l’on célèbre les mariages, un registre est posé sur la table. Le président sénégalais Macky Sall écrit ces quelques mots : « Je présente mes condoléances émues au peuple ami et au gouvernement français suite aux attentats barbares contre Charlie Hebdo et les populations civiles innocentes à Paris. Le Sénégal par ma voix réaffirme son engagement et sa détermination sans faille dans la lutte contre le terrorisme international ».

 

Un geste important pour le chef de l’Etat sénégalais : « Le terrorisme est devenu une internationale de la terreur. Aucun pays n'est épargné. C'est la raison pour laquelle ce n'est pas par la peur que cette question doit être traitée, il faut une véritable synergie de tous les Etats, il faut un véritable combat, que ce soit en Irak, en Syrie, en Libye, dans le Sahel et partout ailleurs, aujourd'hui à Paris, hier au Canada, en Australie... La sphère mondiale est touchée. Il faut une action internationale déterminée, il faudra des soldats au sol partout au cela est nécessaire. Il faut que les Etats réagissent de façon appropriée ».

 

« On ne peut pas au nom de l’islam faire cette barbarie, ajoute le président Macky Sall. Il faut éviter de tomber dans le piège qui consiste à opposer les religions. »

 

A Bangui (Centrafrique)

 

« Nous sommes choqués. » Le deuxième vice-président de la Communauté islamique de Centrafrique, Akhmed Deliris, ne prend pas de détour pour condamner la tuerie de Charlie Hebdo. Les musulmans du PK5 se sont rendus en délégation à l'ambassade de France ce vendredi après-midi pour exprimer au peuple français leur sympathie. « Au nom de tous les musulmans centrafricains, poursuit Akhmed Deliris. Nous condamnons cet acte odieux et barbare. Nous présentons toutes nos condoléances à la famille des victimes et à tout le peuple français. Cet acte est contraire à la religion musulmane, l'islam ne nous a pas demandé cela. Ceux qui ont posé cet acte-là, n'engagent qu'eux-mêmes et non les musulmans ».

 

A Antananarivo (Madagascar)

 

« C'est inhumain ce qui s'est passé. Je suis musulman, j'habite dans un pays accueillant, nous n'avons jamais eu de problèmes entre nous ici. La religion, c'est individuel ». A l'image de beaucoup d'autres, cet expatrié français à Madagascar ne cache pas son indignation.

 

Les autorités malgaches ont exprimé leur solidarité et leur soutien à la France suite aux attaques terroristes de ces derniers jours. Dans la communauté française de la Grande Ile, l'émotion est immense. Madagascar compte 25 000 ressortissants hexagonaux, c'est la plus grande communauté française d'Afrique subsaharienne. Vendredi, un moment de recueillement a été organisé à la résidence de l'ambassadeur à Antananarivo. « Je suis venu, explique cet homme, car il me semble très important qu'on puisse se retrouver entre Français pour partager notre émotion face à l'horreur qui attaque notre pays et pour défendre les valeurs auxquelles on croit, et la première d'entre elles, la liberté ». « Même quand on vit loin de la France longtemps, on reste Français », confie un autre. Sa voisine ajoute : « On sent que ce sont nos valeurs qui sont attaquées. J'ai très peur d'un repli sur nous-mêmes. Ce serait la pire des choses ».

 

Ce monsieur a accroché un badge « Je suis Charlie » « par solidarité tout simplement, comme des millions de personnes dans le monde. L'éloignement ne change rien à ce qu'on peut ressentir ».

 

A Alger (Algérie)

 

La stupeur, mais aussi « l'inquiétude et la lassitude », sont les sentiments qui dominent à Alger, rapporte notre correspondante sur place. Les Algériens revoient le spectre des années noires. Les images ont tourné en boucle sur les chaînes algériennes qui ont « cassé l'antenne », c'est-à-dire bouleversé leurs programmes. Pour les Algériens, rapporte encore la journaliste de RFI, la France représentait un territoire de sécurité. Personne n'avait imaginé que l'on pouvait être attaqué à Paris.

 

Rabat (Maroc)

 

Au moins 500 personnes se sont rassemblées vendredi soir à Rabat devant les locaux de l’AFP, pour un sit-in de deuil et de solidarité avec Charlie Hebdo. Unanimes, les Marocains présents ne se reconnaissent pas dans la religion revendiquée par les terroristes et qui les « déshonore ».

 

Ce sont des monstres, des barbares, qui essaient d'opposer les Français entre eux, d'opposer les étrangers entre eux ; ce type de manifestation montre bien que la France et le Maroc sont unis

 

Le Maroc sous le chocHabitants de Rabat et ambassadeur de France au Maroc 10/01/2015 - par Sara Doublier écouter

 

Guinée

 

A Conakry, la Maison de la Presse a appris avec consternation la tuerie survenue chez Charlie Hebdo. En ces circonstances douloureuses, la presse guinéenne présente ses condoléances les plus attristées aux hommes de médias français, aux parents et proches des défunts, à l’ambassade de France en Guinée et à tout le peuple français.

 

La Maison de la Presse réaffirme aussi son soutien à la presse française, engagée plus que jamais dans le même combat : la défense de sa liberté. Le jour où il n'y a plus de place pour l'humour, c'est qu'on est en « dictature », dit Sanassé Diané, présidente de la Maison de la Presse en Guinée : « Nous sommes solidaires dans le combat qu'ils [les salariés de Charlie Hebdo] portaient vis-à-vis de la liberté d'expression. C'est ce à quoi nous aspirons, en Afrique, en particulier en Guinée. Sans elle, nous n'avons pas de démocratie. C'est un combat que les journalistes guinéens mènent tous les jours. Un combat de responsabilité, un combat difficile, dans l'honneur de ce qui fait ce métier, c'est-à-dire sa déontologie. Les pays où l'on ne peut plus rire s'apparentent à une dictature. »

Charlie Hebdo: en Afrique, personnalités et anonymes très solidaires
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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 00:10

 

 

http://www.bbc.co.uk 

 

Selon leur porte-parole, Laurent Bastide, les soldats de cette opération militaire française basés à quelque 600 kilomètres de Bangui n’ont pas tiré en direction de la foule venue protester samedi près de leur base.

 

"Dans la matinée (samedi), une foule s’est approchée de la base où sont stationnés les éléments français présents à Bria", a dit Bastide lorsque BBC Afrique l’a joint par téléphone.

 

"Nous avons compté des jets de pierre et un jet de grenade venus de cette foule. Il n’y a eu aucun tir venu de Sangaris. (…) Aucun tir", a-t-il soutenu.

 

Des "remous depuis quelque temps"

 

Interrogé sur les raisons des manifestations hostiles aux soldats français, Laurent Bastide a répondu : "Nous n’avons pas de réponse à donner. Il faudrait demander cela aux manifestants."

 

Bastide signale qu’"il y a des remous depuis quelque temps, à Bria".

 

Plusieurs sources contactées par BBC Afrique ont fait état samedi de la mort d’une personne, lors d’une manifestation hostile aux soldats français, à Bria.

 

Les manifestants voulaient se rendre en masse sur le site de Sangaris, à l’aérodrome de la ville, mais ils ont été repoussés par des tirs des soldats de l’opération militaire française, selon des habitants de Bria.

Centrafrique: le démenti de Sangaris
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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 00:31

 

 

Maria MALAGARDIS

 

Massacre. La secte a détruit 16 villages dans le nord-est du pays et menace le Cameroun voisin.

 

Mort et destruction au nom du pire fanatisme qui soit : celui qui ne cherche même plus à convaincre ou à convertir, se contentant de semer la terreur. Au Nigeria, le plus grand pays d’Afrique de l’Ouest, la secte intégriste Boko Haram étend inexorablement son emprise par des actes d’une violence inouïe. Mercredi, les islamistes ont entièrement détruit 16 villages dans le nord-est du pays, zone où ils sont déjà bien implantés.

 

Alors que plus de 20 000 personnes ont pris la fuite lors de ces attaques, les témoignages des survivants, cités par les agences de presse, font état de nombreux cadavres dans les rues, de femmes et d’enfants implorant une aide sans espoir. Les insurgés auraient même poursuivi à moto ceux qui tentaient de se réfugier en brousse.

 

Impuissance. Une situation qui inquiète également les pays voisins, débordés par l’afflux de réfugiés, mais aussi eux-mêmes ciblés par ces nihilistes fanatiques galvanisés par l’impuissance de l’armée nigériane à les mettre hors d’état de nuire. «Ce groupe fait partie d’un mouvement global qui a attaqué le Mali, la Centrafrique et la Somalie et qui veut étendre son emprise de l’océan Indien à l’océan Atlantique», a déclaré jeudi le président camerounais Paul Biya lors de son discours du nouvel an devant le corps diplomatique à Yaoundé, appelant à «une réponse globale» face à cette menace et à une aide internationale pour y faire face.

 

En réalité, le Cameroun est déjà engagé depuis plusieurs mois dans une véritable guerre à sa frontière ouest (Libération des 27 et 28 décembre) contre la secte intégriste, qui n’hésite plus à attaquer des localités camerounaises. Paul Biya a d’ailleurs été personnellement menacé par le présumé leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, dans la dernière des vidéos provocatrices dont il a fait sa marque de fabrique. «Paul Biya, si tu ne mets pas fin à ton plan maléfique, tu vas avoir droit au même sort que le Nigeria», avertit ainsi Shekau, affublé d’un turban, dans un message de dix-sept minutes posté lundi sur YouTube, où il enjoint également le président camerounais «à se repentir».

 

Scrutin. Ce même lundi, à Lagos, le président du Nigeria lançait la campagne en vue de sa réélection, le 14 février. Un scrutin présidentiel qui s’annonce très serré alors que de nombreux Nigérians reprochent à Goodluck Jonathan son inexplicable impuissance à faire face à un groupe terroriste qui, depuis un an, a réussi à prendre le contrôle de plus de 20 000 km2 dans le nord-est du pays. Une zone devenue interdite de facto à la presse et aux observateurs extérieurs, d’où la difficulté de connaître le nombre de victimes des attaques de Boko Haram. L’organisation du scrutin y semble déjà illusoire.

 

Maria MALAGARDIS

Lu pour vous : Boko Haram sème la désolation au Nigeria
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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 00:06

 

 

afrikarabia.com  10 janv 2015

 

La stratégie autour du possible come back de Jean-Pierre Bemba se met en place au MLC. Fidèle Babala, un proche du « chairman », prévoit son retour avant la présidentielle de 2016.

 

2015 sera-t-elle l’année du retour de Jean-Pierre Bemba en République démocratique du Congo (RDC) ? C’est ce qu’espère Fidèle Babala, le secrétaire général adjoint du parti. Selon lui, le dénouement est proche pour le président du Mouvement de Libération du Congo (MLC), actuellement emprisonné par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. « Au plus tard, nous serons fixés en mars 2015 » explique ce proche de Bemba, qui verrait bien son patron libéré courant 2015… soit un an avant la présidentielle prévue fin 2016. « C’est une évidence que Jean-Pierre Bemba reviendra, nous confie Fidèle Babala, le procès est maintenant terminé et je n’ai aucun doute sur son issu, le dossier est complètement vide ».

 

La responsabilité de Jean-Pierre Bemba reste à établir

 

Jean-Pierre avait été arrêté en 2008, poursuivi par la justice internationale pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour des exactions qu’auraient commis ces hommes en Centrafrique entre 2002 et 2003. A cet époque, le chef du MLC, avait envoyé des troupes pour soutenir le président centrafricain Ange-Félix Patassé, attaqué par la rébellion de François Bozizé. Si la participation des hommes du MLC aux combats en Centrafrique est désormais établie, la responsabilité de Jean-Pierre Bemba fait débat. Le patron du MLC n’était pas en Centrafrique à l’époque. Pour Fidèle Babala, « Bemba était le chef du MLC au Congo et non en Centrafrique ». Les proches de Bemba ont toujours dénoncé un « procès politique », visant à écarter un challenger gênant pour le président Joseph Kabila. Dans ce dossier centrafricain, Bemba a été le seul à être inquiété. Le président centrafricain de l’époque, Ange-Félix Patassé, aujourd’hui décédé, n’avait d’ailleurs jamais été convoqué par la justice internationale.

 

Une longue absence

 

Misant sur une libération de Jean-Pierre Bemba avant les élections générales de 2016, le MLC tente de se mettre en ordre de bataille pour préparer un retour réussi de son poulain, possible candidat à la prochaine présidentielle. La tâche est lourde. En 16 ans d’existence, le MLC a été privé de son leader pendant 8 ans. Pendant cette longue absence, plusieurs cadres ont quitté le navire et se sont rapprochés de la Majorité présidentielle, comme Olivier Kamitatu, aujourd’hui ministre ou François Muamba, actuellement coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’accord d’Addis-Abeba. Dernier départ en date : le numéro 2 du parti, Thomas Luhaka, qui rejoint le gouvernement de cohésion nationale, souhaité par le président Joseph Kabila. Fidèle Babala n’a pas de mots assez durs pour dénoncer cette « trahison ». « C »est juste du débauchage, le MLC n’a jamais signé d’accord de gouvernement. Thomas Lusaka a fait croire à Kabila qu’il amenait avec lui le MLC, c’est bien entendu faux. Selon nos statuts, Thomas Lusaka ne fait plus parti de notre mouvement. C’est une démission tacite. Le débat est clos ».

 

« Aller aux élections »

 

Mais attention, le calendrier électoral, toujours très « fluctuant » en RDC, pourrait ne pas être tenu. Comme d’autres partis d’opposition, le MLC de Fidèle Babala craint que l’opération de recensement générale de la population, lancée dernièrement par Joseph Kabila, ne soit qu’un « échappatoire pour faire glisser le calendrier » et se maintenir au pouvoir au-delà de 2016. « Le recensement de la population ne doit pas être lié avec les élections » explique Babala. « Tous les habitants ne votent pas. Ce qui est important c’est l’enrôlement et la bonne tenue des listes électorales. Le problème c’est que l’audit du fichier n’a pas encore été réalisé ». La priorité pour le MLC, c’est donc « d’aller aux élections ».

 

Tshisekedi, Kamerhe… et les autres

 

Dans l’hypothèse (très optimiste) d’un scrutin présidentiel en 2016, quelle sera la stratégie du MLC ? Dans le camp de l’opposition, les candidats sont nombreux face à Jean-Pierre Bemba, qui avait échoué au second tour de la présidentielle de 2006 face à Joseph Kabila. A la différence de 2006, en 2016 le scrutin ne sera plus qu’à un seul tour… les places pour représentant l’opposition face à Joseph Kabila ou à un de ses poulains seront donc très chères. L’UDPS d’Etienne Tshisekedi présentera sans aucun doute un candidat. Le fils du « sphinx de Limete », Félix, est pour le moment le mieux placé, si son père, vieux et malade, renonce à se présenter. L’ancien directeur de campagne de Joseph Kabila, Vital Kamerhe,   passé dans l’opposition depuis 2009 sera également en lice avec son parti l’UNC. D’autres opposants tenteront sous doute leur chance, comme Martin Fayulu ou Samy Badibanga (et bien d’autres), mais un nouveau personnage pourrait changer la donne : Moïse Katumbi, le très riche et célèbre gouverneur du Katanga.

 

« La stratégie de Kamerhe n’est pas la bonne »

 

Pour le MLC, la stratégie avancée par Fidèle Babala pourrait être de présenter un « ticket » pour la présidentielle. Jean-Pierre Bemba s’afficherait avec une autre personnalité de l’opposition, qui à terme, pourrait devenir son Premier ministre. Vital Kamerhe, ne recueille visiblement pas les suffrages de Fidèle Babala. Il critique notamment la stratégie des « manifestations à répétition » lancées par Kamerhe et l’UDPS. « On fatigue tout le monde avec ces manifestations. Il faut attendre que Joseph Kabila change la Constitution pour descendre dans la rue. Avant, cela ne sert à rien. Kamerhe a perdu beaucoup de crédibilité. Tout le monde ne le suit pas. La stratégie de Kamerhe n’est pas la bonne ».

 

Bemba veut faire un « ticket »… avec qui ?

 

Pour savoir qui pourrait faire équipe avec le Sénateur Bemba, il faut demander à Fidèle Babala ce qu’il pense du discours de Moïse Katumbi, lors de son retour à Lubumbashi le 23 décembre 2014. Le très populaire gouverneur Katanga avait alors utilisé une métaphore sportive pour mettre en garde le président Kabila contre sa volonté de se maintenir au pouvoir. Le discours avait jeté le trouble dans la Majorité présidentielle, dont est censé faire partie Katumbi. Fidèle Babala salue un discours « courageux et légitime ». Katumbi est-il désormais dans l’opposition ? « Il est le bienvenu » affirme Babala qui note qu’il faut « une conjonction de force pour gagner les élections ». Un Bemba, venant de l’Equateur et faisant le plein des voix à Kinshasa et un Katumbi, très populaire au Katanga, pourrait donc former le ticket idéal. Jean-Claude Muyambo, président du Scode, qui a récemment quitté la majorité présidentielle avec fracas, recueille également les faveurs de Fidèle Babala.

 

Electrochoc ?

 

Le MLC redessine donc sa stratégie de conquête avec l’espoir de voir Jean-Pierre Bemba libre avant 2016. Mais une question reste encore en suspend : quel poids politique représente encore Jean-Pierre Bemba au Congo, après 8 années d’emprisonnement ? Fidèle Babala croit au retour gagnant du « chairman ». « Le retour de Bemba à Kinshasa sera un choc. Un choc qui pourrait donner le signal du départ de Kabila ». Sa popularité ne s’est-elle pas émoussée ? « Non, tonne Babala, il est encore très populaire, il remplira un stade dès son arrivée à Kinshasa ». Mais pour l’instant, le moment du retour triomphal est encore loin. La Cour pénale internationale pourrait encore faire traîner la procédure et Fidèle Babala, en liberté provisoire à la suite d’une accusation de subornation de témoins, n’en a pas fini avec la justice internationale. Il n’empêche qu’un retour de Jean-Pierre Bemba à Kinshasa constituerait sous doute un vrai électrochoc dans la classe politique congolaise. Les cartes seraient alors rebattues dans l’opposition, mais aussi dans les partis satellites proches de la majorité, ou le retour de Bemba pourrait constituer une bonne occasion de changer de camp.

 

Christophe RIGAUD – Afrikarabia

Lu pour vous : RDC : le retour programmé de Jean-Pierre Bemba
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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 23:36

 

 

http://www.radiondekeluka.org  vendredi 9 janvier 2015 13:04

 

L’ambassadeur de France en République Centrafricaine, Charles Malinas, a qualifié la fusillade mercredi contre le siège de l'hebdomadaire ''Charlie Hebdo'', dont le bilan fait état de douze morts et onze blessés, d'atteinte à la liberté de la presse. Dans une interview exclusive accordée à Radio Ndeke Luka jeudi, le diplomate français s’est dit profondément scandalisé. 

 

« C'est une réaction de consternation, une réaction d'horreur parce que c'est un attentat horrible. Douze personnes tuées à bout portant dans les locaux d'un journal ; dix collaborateurs de ce journal, deux policiers, c'est un attentat contre la liberté de la presse au cœur de Paris. Cet attentat appelle la révolte, appelle le soulèvement des démocrates pour la liberté de la presse », a-t-il dit le cœur serré. 

 

Charles Malinas a indiqué que malgré les différences, les atrocités, le brigandage sont bannis en France au profit de la liberté. Il demande d'arrêter les attaques ciblées sur les journalistes, porteurs de la voix du peuple. « Les Français au-delà de leurs divergences sont tous solidaires pour dire non à la barbarie, non au terrorisme ; oui à la liberté d'expression, oui à la liberté. Le message que je lance, c'est cesser ce terrorisme qui vise à tuer des journalistes, à tuer des gens qui portent l'expression, qui porte l'espoir des peuples », a-t-il souligné. 

 

« J'appelle tous les Français qui vivent en Centrafrique et j'appelle tous les Centrafricains qui nous ont montré leur solidarité à ne pas tomber dans ces amalgames qui risquent de nous entraîner dans des oppositions qui n'existent pas », a conclu Malinas.

 

Par ailleurs, Charles Malinas a attiré l’attention de la communauté internationale sur le drame. Il interpelle tous les français résidant en République Centrafricaine ainsi que ceux se trouvant en territoire français d’observer trois jours de deuil à compter de ce jeudi en mémoire des victimes. 

 

Radio Ndeke-Luka est Charlie 

 

Les journalistes de Radio Ndeke-Luka se montrent eux aussi solidaires avec la rédaction de Charlie Hebdo victime d’une attaque terroriste mercredi matin qui a fait de nombreux morts et blessés à Paris. C’est le moment pour les journalistes et leurs responsables d'honorer leurs confrères assassinés de Charlie Hebdo. Pour nous, rien, pas même une religion, ne doit être hors d'atteinte. On ne peut pas se taire devant cet acte odieux. Si on se tait, on a perdu un combat pour la liberté.

 

Nos pensées et nos prières vont vers les victimes de cette attaque terroriste et vers le peuple français en ce moment difficile. Cet attentat contre le siège du journal satirique Charlie Hebdo est une violente attaque contre un symbole de la liberté d’expression. Notre réaction est un hommage à ces amis qui sont morts pour que l'on puisse tous continuer à vivre libres et dans une société démocratique. 

 

Radio Ndeke-Luka qui, au cours de la crise politique et inter communautaire intervenue en RCA, a fait l’objet de multiples menaces mais aussi de rumeurs injustifiées visant à fragiliser son élan de travail, insiste sur la nécessité de combattre par tous les moyens, les menaces que les actes de terrorisme font peser sur la paix, la sécurité internationales, la liberté de la presse et la liberté d’expression.

 

Cet acte de barbarie, outre les pertes humaines déplorables, est une attaque inacceptable à une valeur fondamentale des sociétés démocratiques, la liberté de la presse qui est aussi la liberté et la raison.

 

La Rédaction de Radio Ndeke-Luka

 

 

Bangui : RJDH condamne l’attaque terroriste contre Charlie-Hebdo en France
 

Bangui, 08 janvier 2015 (RJDH) - Un groupe de terroristes a attaqué la rédaction de nos confrères français de Charlie-Hebdo, le mercredi 07 janvier dernier en mi journée alors que les confrères étaient réunis pour leur habituelle conférence de rédaction. Le Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme condamne cet acte ignoble et barbare qui a fait douze morts et onze blessés et partage de ce moment des douleurs avec toute la presse française.

 

L’attaque du mercredi au siège de Charlie-Hebdo a fait le tour du monde en quelques minutes. Les auteurs de cet acte barbare et inqualifiable, ont réussi à attirer négativement l’attention du monde entier.

 

Le Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme en Centrafrique, défendant les mêmes valeurs universelles que Charly Hebdo s’indigne contre cet acte qui n’a autre explication que la volonté de combattre la liberté d’expression, la vérité et le bon sens qui doivent dominer le monde. « L’émotion est grande, l’attaque du siège du journal français Charlie-Hebdo nous touche. Malgré la distance qui peut nous séparer des lieux de cette terrible attaque, le RJDH est de tout cœur avec Charlie-Hebdo au nom des valeurs universelles qui nous lie, au nom de la liberté de la presse que nous défendons et au nom de la volonté d’aller vers la lumière que nous affichons tous dans le travail que nos rédactions font tous les jours » a réagi le coordonateur du Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme, Thierry Khonde.

 

Pour la rédactrice en chef du RJDH,  Virginie Béro « cette attaque est inqualifiable mais ne peut en aucun cas anéantir l’élan que les valeurs universelles ont réussi à prendre contre ceux qui veulent par la peur détruire l’humanité. Pour nous, nous considérons que cet attentat va réveiller d’avantage le sens de la défense des valeurs universelles. Pour nous, nous ne reculerons pas. Pas de peur mais courage d’avantage courage ».

 

Les principales entités de la presse centrafricaine n’ont pas encore réagi suite à cet attentat contre la liberté en général et celle de la presse en particulier./

 

Sylvestre Sokambi

Charlie Hebdo : attentat contre la liberté de la presse
Charlie Hebdo : attentat contre la liberté de la presse
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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 20:36

 

 

Par RFI 10-01-2015 à 02:58

 

Des crimes contre l'humanité ont été commis en RCA, selon les Nations unies qui affirment toutefois n'avoir pas trouvé de preuve de génocide. Ce qui n'atténue en rien la gravité des crimes commis, estime l'ONU. La commission d'enquête qui a travaillé sur les violences commises depuis deux ans en RCA a rendu son rapport définitif. Le conflit aurait fait entre trois et six mille morts, selon le rapport.

 

Il aura fallu cent vingt-sept pages de rapport et des mois d'enquêtes pour détailler les assassinats, les viols, les tortures, les incendies, les destructions et la mort semés par les Centrafricains contre d'autres Centrafricains.

 

La commission créée par le secrétaire général des Nations unies affirme que des violations des droits de l'homme ont été commises par toutes les parties en RCA. « La Seleka et les anti-balaka sont responsables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité », écrivent les rapporteurs qui ajoutent que le nettoyage ethnique de la population musulmane par les anti-balaka constitue un crime contre l'humanité.

 

Les rapporteurs n'ont pas de preuve qu'un génocide a été commis, mais précisent-ils, cela ne diminue en rien la gravité des crimes. De plus la commission d'enquête insiste : « il n'est pas certain qu'un génocide pourra être évité à l'avenir ».

 

Pour les enquêteurs l'une des priorités des autorités est désormais de mettre fin à l'impunité en RCA. Rappelons que la Cour pénale internationale (CPI) est saisie du dossier centrafricain. La CPI est compétente pour juger les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.

RCA: des crimes contre l’humanité mais pas de génocide, conclut l’ONU
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