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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 14:05
COMMUNIQUE  NECROLOGIQUE
COMMUNIQUE  NECROLOGIQUE

 

COMMUNIQUE  NECROLOGIQUE

 

C’est avec une profonde tristesse que la Fédération « EUROPE-AMERIQUES-ASIE-MOYEN ORIENT-OCEANIE » du MLPC a appris le décès du Professeur Raymond Max SIOPATHIS, Pédiatre émérite, survenu le 30 mars 2020 des suites d’une courte maladie.

 Au nom du Bureau Politique du MLPC, de toutes les militantes, tous les militants et sympathisants de la Fédération « EAAMOO » du MLPC, nous rendons un grand hommage au Pr Raymond Max SIOPATHIS.

 La disparition du Pr Raymond Max SIOPATHIS est non seulement une énorme perte  pour sa famille politique, le Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), mais aussi et  surtout pour notre pays, la République Centrafricaine, car il a été de toutes les luttes pour la démocratie et un Etat de droit.

 En cette douloureuse circonstance, le Bureau Fédéral EAAMOO du MLPC adresse au Bureau Politique et au Bureau Fédéral France Europe du RDC ainsi qu’à la famille durement affligée, ses sincères condoléances et l’expression de sa profonde compassion.

 Que l’Eternel Dieu Tout Puissant lui accorde toute  sa Grâce.

 Fait à Paris, le 1er avril 2020

Pour le Bureau Fédéral,

Jean Didier KABRAL

Président Fédéral

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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 01:15
Coronavirus: la pire crise mondiale depuis 1945, selon Antonio Guterres

 

Coronavirus: la pire crise mondiale depuis 1945, selon Antonio Guterres

 

 

 

La pandémie de Covid-19 est la pire crise mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale, a estimé ce mardi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, en faisant part de ses craintes de voir davantage de conflits dans le monde.

Interrogé lors d'un échange avec des médias sur ce qui motivait cette qualification de « pire crise mondiale depuis que l'ONU a été fondée » il y a 75 ans, le secrétaire général des Nations unies a répondu que c'était « la combinaison d'une maladie menaçante pour tout le monde et d'un impact économique conduisant à une récession sans précédent dans un passé récent ».

« La combinaison de ces deux facteurs et le risque de voir une instabilité accrue, des violences accrues, des conflits accrus » font de cette crise « le plus grand défi pour nous depuis la deuxième guerre mondiale », a-t-il dit. C'est aussi la crise « qui demande la réponse la plus forte et la plus efficace », qui ne peut passer que « par la solidarité et le rassemblement de tous en abandonnant les jeux politiques et en comprenant que l'humanité est en jeu », a ajouté Antonio Guterres.

Le risque d'un effet boomerang à partir des pays pauvres

Selon lui, la communauté internationale est encore loin du compte quant à cette solidarité, parce que les mobilisations sont surtout le fait jusqu'à présent des pays développés pour soutenir leurs économies. « Nous sommes loin d'avoir un dispositif mondial pour aider les pays en développement à éliminer la maladie tout en gérant les conséquences dramatiques dans les populations, en termes de pertes d'emplois, de disparition des petites entreprises et de fin du commerce informel ».

L'ONU a créé ce mardi 31 mars un nouveau fonds à destination des pays en développement après avoir la semaine dernière fait un appel aux dons pour les pays pauvres et en conflit. Au-delà des aides traditionnelles des pays riches vers les pauvres, « nous avons à trouver des instruments financiers innovants » qui permettront « de créer des mécanismes pour que les pays en développement puissent répondre à la crise », a précisé Antonio Guterres. A défaut, la pandémie pourrait revenir en « boomerang » dans les pays riches à partir des pays pauvres, notamment via l'Afrique, a-t-il estimé, en réaffirmant que la maladie pourrait provoquer des « millions » de morts.

(Avec AFP)

 

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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 00:25
EN CENTRAFRIQUE, 3 RESPIRATEURS POUR 4,3 MILLIONS D’HABITANTS

 

Par CNEWS avec AFP - le 31/03/2020 à 18:45

 

En cas de propagation du nouveau coronavirus sur le continent africain, les ONG alertent sur le manque de moyens de beaucoup de pays dont le Centrafrique

La situation est alarmante. En Centrafrique, pays classé parmi les plus pauvres au monde et ravagé par un conflit depuis 2013, il n'existe que trois ventilateurs pour une population de 4,7 millions d'habitants, selon l'ONG Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

«Le Covid-19 pourrait se propager de manière fulgurante en Centrafrique si le pays ne reçoit pas l'aide nécessaire pour se protéger du virus», alerte David Manan, directeur pays du NRC, où seules six personnes ont été testées positives pour le moment.

«Lorsque les nations riches sont en mode panique déclarant que des milliers de ventilateurs ne suffiront pas, cela montre à quel point des nations plus pauvres comme la République centrafricaine n'ont aucune chance dans la lutte contre Covid-19», a regretté le directeur.

 

L'AFRIQUE, UNE BOMBE À RETARDEMENT POTENTIELLE

 

Jusqu'à présent, six cas de coronavirus ont été confirmés en Centrafrique. Il est à souligner que le nombre de cas est sûrement plus conséquent car le pays manque également de tests. 

A plusieurs reprises, les experts ont mis en garde contre la vulnérabilité de l'Afrique, déjà confrontée à de nombreux conflits, des systèmes sanitaires médiocres, des hôpitaux sous-équipés et des bidonvilles surpeuplés comme bombe à retardement potentielle.

La progression du virus reste certes plus lente en Afrique que dans le reste du monde, et, lundi, le continent comptait encore six pays officiellement épargnés sur 54 - Soudan du Sud, Burundi, Sao Tomé et Principe, Malawi, Lesotho et Comores. 

 

Qu’est-ce qu’un respirateur

Les respirateurs de réanimation font partie intégrante des services de réanimation. Ils permettent de délivrer une ventilation artificielle à partir d'un volume ou d'une pression contrôlés. La ventilation en réanimation peut s'effectuer selon un mode invasif ou non invasif pour traiter les patients en situation critique, le plus souvent défaillance respiratoire, hémodynamique ou neurologique aiguë. L'évolution des respirateurs a permis des meilleures performances en termes d'ergonomie, de monitorage et d'apparition de nouvelles fonctions, comme la mesure de la capacité résiduelle fonctionnelle, la mesure du travail respiratoire et la réalisation de courbes pression-volume. Ainsi, les progrès technologiques récents ont permis une adaptation au plus près de la physiopathologie du malade avec des résultats convaincants en termes de morbidité et de confort.

Coronavirus : la chasse aux respirateurs est lancée

Hôpitaux et cliniques font la chasse aux appareils de ventilation respiratoire, indispensables pour les patients ayant une forme grave de Covid-19. Au-delà des machines, c’est aussi le nombre de médecins, capables de les utiliser, qui pose question.

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 23:50
"Et tout s’est arrêté…!" par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux
"Et tout s’est arrêté…!" par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux
"Et tout s’est arrêté…!" par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux
"Et tout s’est arrêté…!" par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux
"Et tout s’est arrêté…!" par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux
"Et tout s’est arrêté…!" par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux
"Et tout s’est arrêté…!" par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux
"Et tout s’est arrêté…!" par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux

 

avions des compagnies aériennes cloués au sol

 

Lu pour vous 

 

« Et tout s’est arrêté…

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

Après ?

Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.

Après ?

Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.

Après ?

Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.

Après ?

Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.

Après ?

Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.

Après ?

Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.

Après ?

Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.

Après ?

Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.

Après ?

Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.

Après ?

Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.

 

Ecrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux

 

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 23:38
RCA : 87,5 milliards FCFA mobilisés pour les infrastructures routières en 4 ans
RCA : 87,5 milliards FCFA mobilisés pour les infrastructures routières en 4 ans

 

En 4 ans, la Centrafrique a mobilisé plus de 87,5 milliards FCFA pour les infrastructures routières

 

A l’occasion du 4e anniversaire de son investiture à la magistrature suprême, le président de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadéra a présenté, le 30 mars, son bilan sur l’État de nation, un rite républicain désormais ancré dans la tradition démocratique du pays.

Élu le 30 mars 2016, Faustin-Archange Touadéra a fait de la modernisation des infrastructures routières l’un de ses chantiers prioritaires. Ainsi, en quatre années d’exercice, il se targue de plus de 87,54 milliards FCFA d’investissement dans le secteur, la grande partie ayant été mobilisée auprès des partenaires internationaux.

« Sur le budget national, le gouvernement a financé les travaux de voiries urbaines bitumées à Bangui dont le coût total est de 2,40 milliards FCFA ; des travaux de routes en terre rebâties pour un coût total de 530 millions FCFA, et de pistes rurales pour 2,83 milliards FCFA dont les travaux sont réalisés à 75% ; ainsi que des ponts consolidés pour 100 millions FCFA », affirme-t-il. Le gouvernement a par ailleurs procédé au bitumage de la route Ngaragba – Camp Kasaï et la réhabilitation de la route Kassaï – Boy Rabe.

Les grands axes routiers hors de la capitale ont également retenu l’attention de son mandat en cours. « Le gouvernement a obtenu un financement extérieur d’un montant de 81,68 milliards FCFA pour réaliser des travaux de réhabilitation de routes en dehors de Bangui, y compris le pont de Bamingui, l’axe Baoro – Bouar et les travaux de connectivité. »

Afin de poursuivre les chantiers en cours et mener à bien sa dernière année de mandat, le président Touadéra appelle à la « mobilisation pour relever les défis qui se posent à nous avec acuité. Le pays est en marche, il est fréquentable, mais nous devons tenir le cap », car « la moindre rechute sera fatale pour nous. J’en appelle à votre sens de patriotisme pour préserver les acquis ».

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 23:20
L’APPREHENSION RCA : CONSTITUTIONNELLE D’UN EVENTUEL GLISSEMENT DU CALENDRIER ELECTORAL

 

« L’APPREHENSION CONSTITUTIONNELLE D’UN EVENTUEL GLISSEMENT DU CALENDRIER ELECTORAL DE 2020 EN RCA »

 

« Cogitationis poenam nemo patitur ».

 

Par Dominique Désiré ERENON, Docteur en Droit Public de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Constitutionnaliste, 

Enseignant-Chercheur à la Faculté des Sciences Juridique et Politique de l’Université de Bangui,

Ancien Ministre, Directeur de Cabinet du Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Ancien chargé de Mission Juridique au Cabinet du Président de l’Assemblée Nationale,

Ancien Directeur de la Conformité et du Respect des Normes à Ecobank-Centrafrique.

 

L’éventuel glissement du calendrier électoral de 2020, voilà une préoccupation à la fois citoyenne et politique ! 

Le premier tour des élections présidentielle et législatives devrait se tenir le 27 décembre 2020, si l’on en croit l’Autorité Nationale des Elections (ANE). Mais à ce jour, il y a des raisons de penser que cette date est hypothétiquement tenable, à cause du retard que connait déjà le processus électoral. 

Beaucoup de conditions risqueraient de ne pas être réunies à temps : conditions institutionnelle (adoption de la Loi Organique portant Organisation et Fonctionnement de l’ANE), matérielle, financière et sécuritaire. 

De plus, il n’y a pas d’élection sans un corps électoral, ce qui suppose la cruciale et longue phase d’enrôlement des électeurs sur toute l’étendue du territoire, opération qui n’a toujours pas démarré alors qu’elle devait l’être depuis le 02 janvier 2020. L’installation des démembrements de l’ANE a commencé mais est vivement contestée par les partis politiques qui disent n’avoir été ni préalablement informés ni associés. 

Mais ll convient de dire d’emblée que la présente réflexion ne porte nullement sur le piétinement du processus électoral mais plutôt sur les conséquences d’une hypothèse de glissement du calendrier électoral. 

Face à cette hypothèse aujourd’hui ambiante dans l’opinion centrafricaine et le milieu politique, préoccupante pour les citoyens et stressante pour les gouvernants, je m’emploierai ici, à la manière d’un mécanicien ou d’un serrurier, à utiliser tous les outils, outils et clefs juridiques disponibles et à choisir ceux qui sont les mieux adaptés à l’équation que représente l’éventuel glissement du calendrier électoral de 2020. 

Le premier réflexe, c’est d’aller interroger la Constitution, la loi première, la loi des lois, la loi qui proclame et consacre des principes qui tendent à définir des piliers de ce qu’on pourrait appeler le consensus républicain. 

Justement, l’article 25 de la Constitution du 30 mars 2016 dispose que la forme de l’Etat centrafricain est la République. Or, la République, c’est d’abord un Etat régi par des lois. La République, c’est aussi une tradition, la tradition républicaine car la Constitution permet toutes sortes d’hypothèses préoccupantes auxquelles le droit n’apporte pas de réponses satisfaisantes : que se passerait-il si les élections générales de 2020 ne se tenaient pas à bonne date ? C’est en cela que la tradition républicaine constitue le refuge du bon sens et de la démocratie. 

Le Chef de l’Etat est investi d’un mandat représentatif et temporaire, limité à cinq ans, renouvelable une seule fois mais dont la durée quinquennale ne peut être prorogée pour quelque motif que ce soit (article 35 de la Constitution du 30 mars 2016). 

Quant aux députés, ils disposent également d’un mandat de cinq ans, avec possibilité d’un renouvellement illimité (article 68 de la Constitution du 30 mars 2016). 

Si la date du 27 décembre 2020 n’est pas tenue pour le premier tour des scrutins présidentiel et législatif, il y’aura glissement du calendrier électoral. La survenance d’un tel événement serait très stressante pour les gouvernants, Président de la République et députés. Très clairement, c’est la question de leur maintien dans leurs différentes fonctions qui serait alors posée. 

Il convient de préciser que le mandat du Président Faustin Archange TOUADERA court depuis le 30 mars 2016, date de son investiture et prendra fin le 30 mars 2021 ; celui des députés, depuis le 03 mai 2016, date de leur installation et expirera le 03 mai 2021. 

 

I/ L’IMPOSSIBILITE ABSOLUE D’UNE PROROGATION DU MANDAT PRESIDENTIEL

 

Aux fins d’un meilleur éclairage, deux dispositions essentielles de la Constitution du 30 mars 2016 méritent d’être combinées et analysées ici.

D’abord, l’article 36 al.2 dispose : « l’élection du nouveau Président a lieu 45 jours au moins et 90 jours au plus avant le terme du mandat du Président en exercice ».

Enfin, l’article 35 al. 3 de la Constitution du 30 mars 2016 énonce l’impossibilité absolue « d’exercer plus de deux mandats consécutifs » et de « le proroger pour quelque motif que ce soit ». 

En clair, pour être respectueux de ces deux dispositions, l’élection présidentielle doit être organisée 45 jours au moins ou 90 jours au plus avant l’expiration du mandat du Président Faustin Archange TOUADERA, concrètement avant le 30 mars 2021. 

Si donc l’élection présidentielle ne se tient pas conformément aux dispositions de l’article 36 al.2 de la Constitution du 30 mars 2016, une question se poserait, celle de savoir si le Président de la République pourrait rester en fonction au-delà du 30 mars 2021, le temps que les élections soient organisées. 

A cette question, la Constitution du 30 mars 2016 en son article 35 al. 3 répond très clairement par la négative. Passé le 30 mars 2021, l’actuel Président de la République ne pourrait constitutionnellement rester en fonction puisqu’une telle hypothèse serait synonyme de prorogation du mandat présidentiel, chose formellement et absolument proscrite par la Constitution. 

D’aucuns pourraient être tentés d’exhumer le précédent somme toute fâcheux de la prétendue Loi Constitutionnelle N° 10.005 du 11 mai 2010 modifiant et complétant certaines dispositions de la Constitution du 27 décembre 2004, laquelle avait été adoptée (95 pour et 6 contre et 1 abstention) pour permettre au Président François BOZIZE YANGOUVONDA et les députés dont les mandats devaient expirer respectivement les 03 et 11 juin 2010, de demeurer en fonction, en cas de suspension du processus électoral et jusqu’à l’achèvement de celui-ci. 

D’un point de vue juridique, ceci ne saurait constituer une jurisprudence car cette loi constitutionnelle n’en était pas une, car elle avait été irrégulièrement adoptée et a même contrevenu aux dispositions de la Constitution du 27 décembre 2004 notamment l’article 108 al. 2, lequel interdisait toute révision du « nombre et de la durée du mandat présidentiel ». 

De même, la Constitution du 30 mars 2016, en son article 103, a instauré un verrou, celui d’exclure du champ de la révision constitutionnelle, « le nombre et la durée des mandats présidentiels ».

 

II/ LES CONSEQUENCES INSTITUTIONNELLES DE L’IMPOSSIBLE PROROGATION DU MANDAT PRESIDENTIEL

 

Au-delà du 30 mars 2021, et en l’absence d’organisation à bonne date de l’élection présidentielle, le mandat de l’actuel Président de la République, Chef de l’Etat expirerait. D’un point de vue constitutionnel, il s’agirait d’un cas d’empêchement définitif (article 47 al.2 de la Constitution du 30 mars 2016). 

La conséquence serait que le Chef de l’Etat perdrait toute légitimité ; il serait dépossédé de ses attributions et prérogatives constitutionnelles et ne pourrait plus poser des actes opposables à la nation. 

A noter que pareille hypothèse serait synonyme de vacance de la présidence de la République, selon l’article 47 al. 1 de la Constitution du 30 mars 2016. 

 

Aux termes de l’article 47 al. 2, cette situation doit être formellement constatée « par un comité spécial présidé par le Président de la Cour Constitutionnelle et comprenant le Président de l’Assemblée Nationale, le Président du Sénat et le Premier Ministre, Chef du Gouvernement » 

L’hypothèse d’une vacance du pouvoir présidentiel n’ouvrirait pas dans l’immédiat une transition politique, mais plutôt une période de suppléance. Celle-ci échoit au Président de l’Assemblée Nationale,  tel que le prescrit l’article 47 al. 8 de la Constitution du 30 mars 2016 : « En cas de démission, de destitution, d’empêchement définitif ou de décès, le Président de la République est suppléé par le Président de l’Assemblée Nationale », en l’espèce l’Honorable El Hadj Moussa Laurent NGON BABA, Député de la circonscription de Baboua 1 et Président du Parti d’Action pour le Développement (PAD). 

Une fois devenu Président suppléant, El Hadj Moussa Laurent NGON BABA devrait organiser le scrutin pour l’élection du nouveau Président de la République 45 jours au moins et 90 jours au plus après l’ouverture ou la constatation de la vacance. Cependant, il serait inéligible d’office à cette élection, conformément à l’article 47 al. 7 de la Constitution du 30 mars 2016. 

Par contre, Faustin Archange TOUADERA dont le mandat aurait expiré le 30 mars 2021, pourrait très bien être candidat à cette élection présidentielle, l’intéressé n’ayant pas encore exercé deux mandats successifs, ainsi que le dispose l’article 35 al. 3 de la Constitution du 30 mars 2016. 

Mais il faut savoir que la mission assignée au Président suppléant par l’article 47 al. 10 de la Constitution du 30 mars 2016 pourrait se révéler quasiment impossible d’un point de vue pratique. 

Le suppléant qui entrerait dans la fonction présidentielle ne disposerait que de 45 à 90 jours (soit trois mois maximum), du 30 mars au 30 juin 2021, pour organiser le scrutin présidentiel ; en droit l’emploi de l’indicatif valant impératif : « Le suppléant est tenu d’organiser, dans les quarante-cinq (45) jours au moins et quatre-vingt-dix (90) jours au plus, l’élection du nouveau Président de la République ». 

Si par malheur, le suppléant du Président de la République (Président de l’Assemblée Nationale) n’arrivait pas, lui non plus, à organiser l’élection du nouveau Président de la République dans le délai requis, le pays serait plongé dans un vide constitutionnel, faute de prise en compte par la Constitution du 30 mars 2016 de cette éventualité. 

Voilà le postulat le plus préoccupant, le plus inquiétant et le plus stressant car un vide constitutionnel est potentiellement source de troubles politiques et de crise institutionnelle dans le pays. 

Le vide constitutionnel, dans le meilleur des cas, ferait appel à la tradition républicaine laquelle renvoie au bon sens et à la démocratie. Les forces vives de la nation seraient ainsi sollicitées pour décider de l’instauration d’une transition politique. 

Comme toute transition  politique, cela dépendrait forcément de la bonne volonté des uns et des autres mais surtout des calculs politiques des uns et des autres, chacun ayant, en pareil postulat, le réflexe de prêcher pour sa chapelle. Face à cela, et le moment venu, nous nous assignerions le rôle de gardien de la Constitution, pour que triomphe l’intérêt national. 

 Je termine ma réflexion en faisant observer que notre Constitution du 30 mars 2016 comporte moult anomalies et contradictions de taille qu’il faudrait corriger. 

Napoléon affirmait : « Aucune Constitution n’est restée telle qu’elle a été faite. Sa marche est toujours subordonnée aux hommes et aux circonstances ». 

L’un des axes de cette révision constitutionnelle que j’appelle de tous mes vœux, c’est l’adaptation de notre loi première aux réalités sociales et culturelles de chez nous. Guy Carcassonne, l’un des éminents constitutionnalistes Français disait avec son éloquence légendaire : « la meilleure constitution du monde ne suffit pas à faire le bonheur d’un pays, mais une mauvaise suffit à faire son malheur ». Une constitution inadaptée aux réalités d’un pays fera le malheur de ce pays.

Tout bon constitutionnaliste sait que « les constitutions ne sont pas des tentes dressées pour le sommeil » tel que l’affirmait Royer-Collard. Ceci signifie que les constitutions subissent l’usure du temps, comme toutes choses humaines. S’agissant de la Constitution du 30 mars 2016, il me parait utile que notre République procède à la révision des articles dont l’expérience aurait fait sentir les inconvénients. Vivre, n’est-ce pas s’adapter ?

Dans cette entreprise d’adaptation de notre Constitution à l’environnement social, culturel et politique de notre pays, le constitutionnaliste centrafricain devrait jouer un rôle de premier plan. 

 

Bangui, 31 mars 2019

 

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 15:18
AN 4 DU PRESIDENT TOUADERA
AN 4 DU PRESIDENT TOUADERA

 

Sources: Palais Renaissance

 

AN 4 DU PRESIDENT TOUADERA : GRANDE INTERVIEW AVEC LA PRESSE NATIONALE ET ÉCHANGES AVEC LES POPULATIONS.
 

Le Président de la République Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA célèbre aujourd’hui lundi 30 mars 2020, le 4e anniversaire de son accession à la magistrature suprême de l’Etat centrafricain.
 

Le salon des ambassadeurs du Palais de la Renaissance a ainsi servi de cadre à la projection d’un film sur les réalisations du régime et à une interview-bilan, en présence de l’honorable Moussa GON BABA, Président de l’Assemblée Nationale, de M. Firmin NGREBADA, Premier ministre Chef du Gouvernement, de quelques membres du gouvernement et du cabinet de la Présidence.
 

Auréolé par le retour de Radio Centrafrique à Bambari, Bouar, Berbérati, Bangassou, M’baïki, Boali, Bossémbélé, Obo et presque partout sur le territoire après 20 ans d’absence, quelques auditeurs de cette station nationale ont pu poser en direct des questions au Président de la République.
 

L’emploi, la santé, les infrastructures sociales de base, les infrastructures routières et aéroportuaires, le retour définitif de la sécurité, l’économie, la jeunesse, les femmes… étaient au centre de ces échanges qui ont permis au Président TOUADERA de présenter aux centrafricains ce qu’il a déjà réalisés et ce qu’il n’a pas pu faire durant les quatre premières années de son quinquennat.
 

Ces échanges ont été d’un intérêt capital pour la jeunesse. « J’ai pris un engagement. J’ai demandé au gouvernement de rajeunir notre administration. Il faut employer nos jeunes qui sont formés. Ils ne doivent pas rester sur le carreau » a déclaré le Président TOUADERA pour qui la jeunesse est le fer de lance du développement de la République Centrafricaine. Le Chef de l’Etat a ajouté que « la crise centrafricaine a pris de l’ampleur parce que les jeunes n’ont pas de travail »
 

Dans ce registre, le Président TOUADERA a rappelé les efforts consentis par son gouvernement qui a pour la première de l’histoire de son pays, recruté plus 8000 jeunes en quatre ans au pouvoir.

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 14:57
Crépin Mboli-Goumba se lance dans la course présidentielle de décembre 2020

 

Centrafrique : Me Crépin Mboli-Goumba se lance dans la course présidentielle de décembre 2020

 

https://www.radiondekeluka.org/ samedi 28 mars 2020 14:18

 

Le président du Parti Africain pour la Transformation Radicale et l'Intégration des Etats (PATRIE) Me Crépin Mboli-Goumba, a annoncé ce 27 mars 2020, via les réseaux sociaux, sa candidature à la prochaine élection présidentielle en Centrafrique. Il table sur une "Nation Forte" où règne la sécurité, un système éducatif prometteur et la santé.

"Aujourd’hui, j’annonce que j’ai accepté d’être candidat à l’élection présidentielle de 2020. Je le fais avec gravité et sens de responsabilité." C'est en ces termes que l'avocat Crépin Mboli-Goumba a dévoilé ses ambitions de se lancer dans la compétition électorale pour la magistrature suprême de l'Etat.

Selon lui, ses motivations sont justifiées par un certain nombre de facteurs qui minent la survie du pays. Il propose par conséquent quelques pistes de sortie de la situation "si désastreuses" selon ces propres mots. "Sur la sécurité, ma position n’a pas varié. Nous mettrons en place une armée forte, républicaine, afin de défaire militairement les mercenaires qui asservissent notre Peuple et nous libérerons l’intégralité de notre territoire national. Je le dis solennellement. Pour moi, le choix est clair" a lancé Crépin Mboli-Goumba.

L'homme politique a, en outre ajouté que "En tant que Chef suprême des armées, ma main ne tremblera pas. Je n’accepterai pas que mon peuple puisse vivre à moitié libre et à moitié esclave. En termes de méthode, il s’agira de conclure des accords rapides et sincères avec nos compatriotes du Nord-est, qui sont des Centrafricains comme les autres, afin qu’ils nous prêtent main forte dans la lutte implacable contre ces mercenaires. Car chaque année qui passe, ces mercenaires deviennent plus forts, mieux équipés et plus arrogants. Chaque année il en arrive des milliers, à la recherche de l’or, du diamant, mais surtout attirés par la bienveillance de nos autorités à leur égard" a martelé M. Mboli-Goumba.

Le président du PATRIE s'engage dans la course présidentielle dans un contexte où beaucoup de centrafricains se posent de question sur l'impact que peut avoir le coronavirus sur le chronogramme électoral.

 

NDLR : En ce moment le monde entier s'est pratiquement arrêté et c'est la lutte contre le COVID-19 qui est la préoccupation de l'heure 

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Centrafrique-Presse.com
31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 14:44
Premiers Centrafricains décédés du coronavirus en France
Premiers Centrafricains décédés du coronavirus en France
Premiers Centrafricains décédés du coronavirus en France
Premiers Centrafricains décédés du coronavirus en France
Premiers Centrafricains décédés du coronavirus en France
Premiers Centrafricains décédés du coronavirus en France
Premiers Centrafricains décédés du coronavirus en France
Premiers Centrafricains décédés du coronavirus en France

 

 

Le COVID-19 qui après la Chine fait des ravages en Europe et particulièrement en France, frappe a déjà aussi commencé à cogner à la porte de la communauté centrafricaine. Rien que dans la journée du 30 mars 2020, trois de nos compatriotes ont été successivement emportés en région parisienne. Il s’agit de Mme Monique MAGEOT, du Pr Raymond Max SIOPATHIS et Manoel MAGEOT, frère de Monique du même nom. D'autres Centrafricains sont hospitalisés en raison du coronavirus et luttent contre la mort.

La rédaction de Centrafrique-Presse s’incline devant la mémoire de ces vaillants compatriotes et présente à leurs familles respectives et leurs proches ses condoléances les plus émues et souhaite aux compatriotes malades une totale guérison.

Elle tient à relayer ci-après le texte des hommages rendus par quelques compatriotes sur les réseaux sociaux à Monique MAGEOT par le compatriote et néanmoins confrère, Félix Yépassis Zembrou ainsi que celui de Martin ZIGUELE et Médard POLISSE BEBE qui rendent aussi hommage aux illustres disparus.

Rédaction C.A.P

 

Le Professeur RAYMOND MAX SIOPATHIS, 

 

Pédiatre, ancien Doyen de la Faculté de Médecine de Bangui (RCA), vient de nous quitter. 

Après avoir exercé à Paris jusques à la retraite, il décède ce jour 30 mars 2020, suite à l’infection du Coronavirus (Codiv-19).

Que son âme repose éternellement en paix.

 

HOMMAGE AU PROFESSEUR SIOPATHIS par Médard Polisse Bébé

 

Ce matin du 30/03/2020, je me suis réveillé loin d’imaginer que j’allais avoir un coup de massue sur la tête. Même si la période que nous traversons actuellement est émaillée de coups de massue, celui de ce jour est particulièrement dure à supporter parce qu’il m’a pris aux tripes. Ce coup de massue, c’est celui de la nouvelle du décès de Professeur SIOPATHIS avec qui j’étais très attaché. Nous étions tellement attachés que beaucoup me prenaient pour son fils, son cadet, son conseiller, son alter ego…

Oui, en effet, Professeur SIOPATHIS, en tant que président de la Fédération France-Europe du RDC plusieurs années durant, était pour moi et beaucoup de mes frères et sœurs du Rassemblement Démocratique Centrafricain, un vrai frère, un grand-frère, un père spirituel, un conseiller et un guide. Nous avions presque tout appris à ses côtés, en sa compagnie ; nous avons appris à lutter avec lui, en s’appuyant sur son immense expérience politique et surtout son riche vécu ponctué de haut et de bas. Son charisme naturel et son aura donnaient une dimension certaine à la Fédération France-Europe du RDC, ainsi que la crédibilité et surtout le respect qu’elle inspire encore aujourd’hui.

Professeur SIOPATHIS était également un père de famille, d’une grande famille, un responsable qui savait prendre soins des siens. Il était un homme généreux et altruiste pour quiconque le connaissait. Beaucoup de centrafricains peuvent aujourd’hui témoigner des services divers et variés rendus par cet homme de cœur. Il faisait partie de ces créatures exceptionnelles dont la particularité est de se sacrifier pour les autres. Pour l’avoir connu de près, j’ai pu mesurer à quel point il pouvait taire ses ambitions personnelles lorsque l’intérêt général était en jeu. Du haut de son rang social, il pouvait, par humilité, se mettre au niveau d’un individu lambda.

Professeur SIOPATHIS était aussi d’une grande utilité pour notre pays la République Centrafricaine dans différents domaines : non seulement la politique, mais aussi le sport et surtout la médecine. Après avoir été président du club Tout Puissant USCA de Bangui, il s’était engagé, par ailleurs, comme président de la Fédération de Karaté. Son investissement pour la promotion de la jeunesse était l’un des plus admirables engagements de quelqu’un qui avait la ferme conviction que la nation centrafricaine pouvait prospérer grâce à l’épanouissement de sa jeunesse. Et pour couronner le tout, il s’était pleinement investi dans la formation des médecins et autres personnels de santé. Doyen de la faculté des sciences de la santé et directeur des services de pédiatrie, Professeur SIOPATHIS était respecté dans le milieu par son incontestable compétence, faisant ainsi de cette faculté l’une des plus attractives de l’Afrique centrale. Son immense expérience reconnue au-delà des frontières par ses pairs lui ouvrit les portes de l’exercice de sa profession dans l’hexagone jusqu’à sa retraite. Belle carrière donc !

Je garderai de Professeur SIOPATHIS l’image de quelqu’un qui aimait la vie. Le sens du goût qui le caractérise lui faisait aimer les belles choses : bons vins, bons plats, l’élégance, etc. ; c’est chez lui que nous dégustions les whiskys de grande qualité. C’était un homme de grande sagesse, très réfléchi et dévoué aux autres. Pur produit de la méritocratie centrafricaine, il restera à jamais un exemple de réussite pour les jeunes générations.

A toi Professeur, qui nous quittes dans les circonstances les plus épouvantables, toi qui nous avais habitué à braver toutes les difficultés, à franchir tous les obstacles, à affronter tous les problèmes, à relever tous les défis, te voilà emporté par la maladie à un moment où le monde entier est fortement secoué par la pandémie de coronavirus. Ne pouvant te rendre un hommage mérité, à la hauteur de ton rang, me voici résolus te dire simplement ces quelques mots : « Vas en paix avec le sentiment du devoir accompli ! ADIEU mon vieux !

 

 

HOMMAGE À UNE GRANDE DAME : MONIQUE MAGEOT

 

Monique Mageot est décédée. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe au sein de la communauté centrafricaine de l’hexagone, puis comme une traînée de poudre,  s’est répandue au rythme effréné de cette pandémie du covid-19 qui tue impitoyablement à grande échelle. Oui notre sœur, mère et digne fille du Centrafrique nous a quittés ce 29 mars, victime du coronavirus à l’âge de 73 ans. (Une date qui coïncide avec la disparition tragique du père fondateur de la Nation Barthélémy Boganda, il y a 61 ans).

Ce malheur imprévisible plonge les parents, amis et connaissances dans la consternation d’autant plus qu’on a vu Monique en début du mois à l’anniversaire des 100 ans de la mère Piroua. Elle débordait de santé et de joie de vivre ; elle occupait une place d’or dans les cœurs de ses compatriotes, notamment celles et ceux de la génération post-indépendance. 

Monique Mageot est née à Libengue, province de l’Equateur en RDC. Fille de Joseph Mageot (demi-frère de l’ancien basketteur Dr Gérard Kimoto), et de Renée Mageot née Perriere que les proches appelaient affectueusement « Maternelle ». C’est elle qui a appris à ses filles Monique, Paulette et Josette, encore élèves au lycée Marie-Jeanne Caron, à jouer au basket-ball. Ainsi Monique a évolué dans le club Hit -Trésor et a obtenu la médaille de bronze avec la sélection féminine des  Fauves du Bas-Oubangui au championnat d’Afrique de Conakry en 1966. C’était  l’époque où le basket centrafricain était au zénith  sous l’impulsion d’un génie, François Pehoua alias Boston. 

A signaler que le père Joseph Mageot est issu d’une famille portugaise , Saraiva dont le patriarche s’est établi pendant la période coloniale au Congo-belge d’abord puis en Oubangui-Chari  où il a rencontré sa femme originaire de la Basse-Kotto avec qui il a eu des enfants.

Après des études supérieures en France, Monique Mageot est nommée professeur d’éducation physique au lycée Marie-Jeanne Caron à Bangui. En ce temps, le pays était au rendez-vous de toutes les manifestations sportives et culturelles. Et pour cause, le président Jean-Bedel Bokassa fidèle à sa philosophie stratégique de développement, l’Opération Bokassa, avait voulu faire de Bangui la Coquette, Ville de pari, le miroir de l’Afrique centrale. L’objectif recherché étant de hisser son pays sur l’échiquier international. Dans la foulée le Tropical Fiesta de Charlie Perriere effectue une tournée en Roumanie,  tandis que Makembe de Georges Ferreira se rend à Ajaccio et quelque temps  plus tard Bokassa invite les majorettes de L’ile de la Beauté au défilé du 1er décembre à Bangui. Ce fut un triomphe. Fort de cette expérience, Monique Mageot reprendra en main la direction des majorettes sous le régime du président André Kolingba. Pour cela, des jeunes filles de 10 à 18 ans sont sélectionnées dans les différents établissements scolaires de la capitale selon des critères très stricts : Pas de taches sur la peau, belle prestance physique, pas de rondeurs...  Les répétitions s’effectuaient à l’intérieur et à l’extérieur du stade de Basket Martin Ngoko au grand bonheur des habitants environnants. La discipline était de rigueur d’autant plus que la formatrice était une femme de poigne.  « Oh ! Tantine Monique nous grondait lorsque les mouvements d’ensemble n’étaient pas bien exécutés » se souvient avec une pointe de nostalgie Annick M, l’une des majorettes de l’époque aujourd’hui quinquagénaire. Et puis, les uniformes (jupettes, gants, chaussures bottes, chapeau-képi avec diadème et plume, canne de tambour-majorettes, etc) étaient choisies sur mesure et achetées en France. Monique faisait spécialement le déplacement pour cela. 

Les majorettes étaient l’attraction du défilé civil du 1er décembre sur l’imposant avenue des Martyrs. Devant la tribune officielle, le spectacle était époustouflant. Elles présentaient au bonheur du grand  public et des officiels  différentes figures de leur savoir-faire ce au rythme de la fanfare de la police municipale ou parfois sur la musique de l’orchestre Musiki : « Rouler mama denda nga ma...Rouler - Changer mama denda nga ma...changer -Tamboula mama denda nga mo...so gne  ». Une belle époque qui restera dans les mémoires.  Malheureusement le déclenchement des mutineries dans les années 96 a contraint Monique Mageot à prendre le chemin de l’exil en France où elle a demeuré jusqu’à sa mort, laissant derrière elle trois filles, Angela, Salomé et Alaina et six petits enfants. Rappelons qu’elle était l’ainée d’une fratrie de 23 enfants.

Toutes nos condoléances à la famille et formulons un prompt rétablissement à son frère Manœl Mageot et sa femme Pierrette née Indo,  qui se battent en ce moment contre le coronavirus.  J’ai perdu une cousine.

 

FYZ

 

Hélas Manoel Mageot a aussi rendu l’âme dans la même soirée de ce 30 mars 2020 et Pierrette son épouse le lendemain 31 mars

Premiers Centrafricains décédés du coronavirus en France
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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 14:36
Tchad: IDI campe à Baga Sola pour en découdre avec Boko Haram.

 

Lu pour vous

 

Tchad: IDI campe à Baga Sola pour en découdre avec Boko Haram. 

 

Idriss Déby Itno a repris son bâton de commandement de Général d’Armée, habillé en treillis militaire, casquette sur la tête et ses cinq étoiles estampillées sur la poitrine. Il a établi son QG opérationnel à Baga Sola dans la region du Lac Tchad pour diriger lui-même la riposte contre le groupe Boko Haram qui vient d’infliger, dans une attaque surprise, de lourdes pertes en hommes et matériels au Tchad. Au moins 98 soldats sont tombés  à Boma et plusieurs autres sont blessés et évacués à l’Hôpital Militaire d’Instruction à N’Djaména. Le camp de l’unité tchadienne sur l’ile a été complètement détruit lors de l’attaque sur la base des images vidéo diffusées par la télévision tchadienne. Et pourtant, il n’y a pas très longtemps, le même Général Déby Itno annonçait victorieusement avoir éliminé le même groupe. Que s’est-il passé? Boko Haram & Abubakar Shekau avaient-ils réellement été neutralisés comme annoncé il y à plusieurs mois ou était-ce juste du bluff ? Le Général d’Armée IDI réussira-t-il enfin, cette fois-ci, a décapiter Boko Haram? Ca ne sera pas facile avec cet ennemi connu pour être très mobile, très furtif et aguerri à la guerre asymétrique. 

 

Et parlant de l’attaque de l’île de Bohoma, quel est le bilan côté ennemi? Combien de terroristes ont été tués, blessés...? Aucun bilan des pertes de l’ennemi n’a été fourni par l’Etat-Major Tchadien jusque là. 

 

Enfin, comment se fait-il que cette unité “avancée” de l’armée tchadienne, censée être bien équipée, sur ces gardes à tout moment dans cette zone, a été pris complètement de court et malmenée? En outre, pour combien de temps IDI compte camper sous cette tente  à Baga Sola pour diriger les actions de représailles dans le cadre de l’opération dite “colère de Bohoma”? Et si l’ennemi se trouve à juste 5 km comme l’annonce la page Facebook du site de la Présidence du Tchad, pourquoi l’ANT ne peut pas simplement aller le “cueillir” dans son cachot? Et si le Tchad ne peut pas le faire seul, ne peut-il pas le faire en coordination avec les autres pays impliqués dans cette affaire comme le Niger, le Nigeria, le Cameroun…? Avec les appuis multiformes que tous ces pays reçoivent des partenaires extérieurs qui ont des drones, des bases militaires, des forces spéciales et autres contingents partout dans la région il est difficile de comprendre que Boko Haram continue à exister et à donner du fil à retordre à tout le monde. Qu’est-ce qui bloque l’élimination Shekau et sa secte? Tout cela ne fait pas beaucoup de sense. A moins que ceux et celles qui prétendent lutter contre le terrorisme continuent à jouer un double jeu de vilain.  Il y a vraiment anguille sous roche et beaucoup de choses de louches dans cette affaire. 

 

Malheureusement, tous ces hommes et femmes qui se font tailler en pièces ad infinitum sont des frères, des soeurs, des papas, des mamans, des oncles, des tantes, cousin(e)s,…Tous ce sang, toutes ces larmes, toutes ces pertes valent-elles vraiment la peine? 

 

Il y a clairement beaucoup de questions qui restent et resteront peut-être sans réponses satisfaisantes mais qui méritent quand-même d’être posées. Nous avons besoin de savoir la vérité sur ce qui se passe et sur le bien fonde de tous ces sacrifices qui n’en finissent pas.

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