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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 13:27

 

 

 

 

04/11/14 (Amnesty International)

 

Entretien avec Christian Mukosa, responsable de recherches au programme Afrique d’Amnesty International.

 

La Minusca peut-elle obtenir des résultats là où la force de l’Union africaine et l’opération française Sangaris n’ont que très partiellement réussi ?

 

Le nombre est important, mais c’est d’abord la qualité des troupes qui sera déterminante, leur engagement, leur capacité à se rendre à temps sur les points chauds, à gagner la confiance de la population. Bien déployés dans les endroits stratégiques, et non pas concentrés à Bangui, 10 000 ou même 6 000 hommes peuvent remplir la mission s’ils sont mobiles et efficaces. Le plus important est d’avoir une stratégie concrète de protection. Hélas, c’était loin d’être le cas jusqu’à présent. Il m’est arrivé de voir un nombre impressionnant de militaires de la Misca, assis, oisifs, dans leur cantonnement près de l’aéroport de Bangui alors que les gens avaient besoin de protection urgente dans les quartiers. Beaucoup de témoins ont vu des civils se faire tuer à proximité de militaires de la Misca ou de Sangaris qui préféraient ne pas intervenir de peur de déclencher une réaction qu’ils ne pourraient pas contrôler. Les troupes doivent être formées à ce genre de situations.

 

Le format militaire de la force est-il adapté à la réalité du terrain ?

 

Hors de Bangui et des grandes villes du pays, la Minusca devra faire face à des situations militaires, qui exigent un équipement lourd et les tactiques d’une armée. Mais les forces internationales doivent faire face à des situations où des civils sont imbriqués dans les violences. Or, cela n’a pas de sens d’envoyer un tank contre des individus qui sont armés de machettes. Il est préférable de faire intervenir des éléments formés au maintien de l’ordre. Les policiers peuvent approcher les gens, parlementer avec eux. Ils sont en principe plus outillés pour contenir les foules, désamorcer les situations, intervenir selon les standards des droits humains. Il y a donc un problème sérieux de planification et de stratégie. La force des Nations unies devrait s’adapter à cette situation. C’est pourquoi nous avons suggéré aux autorités centrafricaines de restaurer rapidement les forces de police avec l’appui des forces internationales.

 

Des militaires camerounais et congolais sont mis en cause dans des cas d’exécutions sommaires ou de disparitions. En avril, le Tchad a retiré son contingent, critiqué pour avoir tiré sur une foule qui le prenait à parti. Quelle garantie a-t-on que la Minusca ne commettra pas ce genre de violations ?

 

Nous avons demandé aux Nations unies de mener des enquêtes sur les crimes de membres de la Misca et de mettre en place un système sérieux de sélection. Les éléments qui ont commis des violations des droits humains dans leur propre pays ou en Centrafrique dans le cadre de la Misca, ne devraient pas faire partie de la Minusca. L’expérience montre que les forces qui ont commis des crimes dans leur propre pays, ont tendance à en commettre ailleurs. Mais selon nos informations, les contingents de la Misca ont été transférés après seulement quelques formations. Ce n’est pas suffisant. On sait qu’il est difficile pour les Nations unies d’attirer les troupes dans un pays comme la RCA, mais cela ne doit pas être une excuse.

 

Centrafrique : « La qualité des troupes de la Minusca sera déterminante »

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 13:21

 

 

 

 

Si la RCA est aujourd’hui engluée dans la plus grave crise politique de son histoire des cinquante dernières années de la période postcoloniale, c’est non seulement parce que ses dirigeants n’ont pas su ou voulu définir une vision globale à long terme de son avenir mais surtout parce que ces derniers ont toujours péché par un manque criard de vision de développement économique, ce qui a conduit immanquablement à un véritable pilotage à vue. C’est ainsi que le pays en pâtit douloureusement aujourd’hui et le peuple centrafricain en paie cash, de ce fait, ce très lourd tribut auquel on assiste tous chaque jour un peu plus.

 

N’empêche, plutôt que de continuer à pleurer dans les chaumières, peut-on raisonnablement imaginer une politique économique en faveur de la RCA capable de prendre en charge son destin pour la préparer à affronter les grands défis d’aujourd’hui et de demain liés notamment à la mondialisation et à la globalisation débridées et implacables auxquels notre pays ne peut échapper sous peine de se marginaliser par elle-même? Aussi, au moment où, la plupart des pays du continent s’activent-ils à créer les conditions propices de leur émergence à plus ou moins long terme, notre pays ne peut se permettre le luxe de continuer à tenir la queue de peloton ; à demeurer la risée du monde.

 

A l’épineuse question évoquée plus haut, je vais tenter d’y répondre par une approche endogène du développement économique de la RCA (I) et par une approche exogène de son développement économique (II). Cela requiert, bien entendu, un environnement de paix et de sécurité. Car, l’argent n’aime pas le bruit ; encore moins les bruits de bottes. Et comme disait si justement un grand Africain, Cheik Anta Diop,  la sécurité précède le développement. En effet, il n’y a pas de démocratie, de développement sans- ce que je qualifie- un minimum syndical sécuritaire. Ce triptyque va désormais de pair.

 

I. L’approche endogène du développement économique de la RCA.

 

Cette approche endogène du développement, c’est-à-dire abordée dans une optique de développement autocentré ne peut faire l’économie d’une analyse sectorielle des différents atouts et des handicaps de la RCA. Ainsi, j’analyserai tour à tour ces secteurs selon un mode prioritaire.

 

A. Le développement par l’agriculture, la ruralité et l’élevage.

 

1. Une mécanisation généralisée : Afin d’atteindre une production optimale dans les différents produits destinés à la consommation locale (produits vivriers) et dans ceux destinés à l’exportation (coton, café etc.), la RCA doit s’attacher à mécaniser son agriculture. Dans ce cas, le budget de l’Etat (ministère de l’agriculture et du développement rural) doit mettre un accent particulier sur l’acquisition de machines agricoles. A défaut, recourir, si besoin, à la coopération économique internationale ou aux concours des partenaires au développement.

 

L’Etat doit s’attacher à diversifier ses sources de productions. C’est-à-dire ne pas camper uniquement sur les principales productions, qui datent de l’ère de la période coloniale. Par exemple, expérimenter la culture du cacao, de la noix de cajou prisée sur le marché international, de l’hévéa etc.

 

2. La fourniture d’engrais et de semences : L’Etat doit assurer la fourniture d’engrais, semences et autres méthodes culturales afin de développer l’agriculture pour atteindre, entre autres, l’objectif de l’autosuffisance alimentaire, érigée au rang de priorité nationale et permettre les débouchés à l’export.

 

3. La création de coopératives agricoles : Les paysans et producteurs doivent être organisés en coopératives agricoles fondées sur le principe de l’entraide mutuelle.

 

D’importants moyens doivent être consacrés à l’élevage afin d’accroître le cheptel bovin, caprin, ovin qui a fait le succès de la RCA, lui permettant d’assurer l’exportation de cette production dans la sous-région et au-delà.

 

B. Le développement par l’exploitation rationnelle des mines et de l’énergie.

 

Les filières du diamant, de l’or, du fer et de l’uranium doivent être profondément restructurées afin de lutter contre contrebande et une exploitation anarchique.

Les Bureaux d’achat du diamant et l’activité diamantifère en général seront organisés conformément aux principes du processus de Kimberley qui proscrivent et lutte contre la commercialisation des diamants du sang.

 

L’activité d’orpaillage doit être revue et réglementée. La transformation des produits miniers en produits finis et semi-finis doit être développée afin de leur octroyer une plus-value.

 

Les modalités de relance de l’exploitation de l’uranium de Bakouma doivent être engagées. A défaut d’accord avec notre partenaire traditionnel, il faut envisager d’autres partenariats fondés sur le principe du gagnant-gagnant. Dans cette optique, une attention particulière doit être accordée à la protection de l’environnement et notamment à la protection sanitaire des populations concernées par ce site.

 

Les activités d’exploration et d’extraction pétrolières doivent être poursuivies afin que le pétrole centrafricain puisse devenir une réalité dans la vie du citoyen. Ces opérations, grâce à leur entrée en service effectif, devront impacter positivement le développement de la RCA. A cet effet, il convient de revisiter les études visant à l’exploitation des sites de Boromata, de Carnot et d’autres contrées du pays.

 

Afin de résorber définitivement les problèmes récurrents de délestage, une construction de barrages hydroélectriques et de centrales thermiques d’une capacité de production suffisante de Mégawatt s’impose. La production de l’électricité par biomasse pourrait également être testée.

 

Le réseau d’adduction et de distribution d’eau doit être rendu plus performant afin de fournir une eau potable de qualité aux  populations sur l’ensemble du territoire national.

 

C. Le développement par une utilisation efficiente des ressources hydriques, forestières, de la chasse et de la pêche et des activités touristiques.

 

Les mesures nécessaires doivent être prises afin d’enrayer la baisse constatée du niveau de nos eaux fluviales à mesure que le temps passe.

 

Le patrimoine forestier doit être protégé d’une exploitation sauvage. Les billes de bois doivent être transformées sur place afin de leur accorder une plus-value.

 

La lutte contre le braconnage et le trafic des espèces protégées poursuivie grâce à l’aide des Agents des eaux et forêt avec l’appui, si nécessaire, de la force publique conformément aux engagements internationaux souscrits dans le cadre de la convention internationale de Washington de 1973.

 

L’autre ambition est de faire de la RCA une destination touristique privilégiée car les atouts, en ce domaine, ne manquent pas. Des parcs nationaux, zoologiques et sites touristiques doivent être construits. La construction d’infrastructures hôtelières développée. L’offre touristique ainsi corrélée, en permanence, à la demande du marché.

 

D. Le développement du réseau routier et des moyens de transport.

 

Afin de traiter le problème de l’insuffisance des routes bitumées et très dégradées communément appelées « kissoro »- pas plus de 300 km de routes goudronnées- due à un manque de vision politique et économique à long terme et un manque criant d’entretien ainsi que le problème non moins épineux de la rupture de nombreux ponts sur l’ensemble du pays, accroissant d’autant dangereusement l’enclavement du pays, une Agence nationale des grands travaux (ANGT) devra voir le jour et aura principalement pour mission d’assurer le contrôle et la bonne exécution des projets de travaux publics. Cet organisme pourrait avoir le statut d’un Etablissement public administratif (EPA) pour garantir l’aboutissement de sa mission.

 

La RCA devra être dotée de moyens de transport aériens, routiers, fluviaux viables pour désenclaver l’ensemble du territoire ; aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières. Des pourparlers doivent être engagés avec les partenaires afin d’atteindre cet objectif.

 

E. L’essor par une politique de l’égalité des territoires, du logement et de la domanialité publique.

 

Une politique d’envergure de l’aménagement du territoire doit être conduite afin de développer surtout, à l’intérieur du pays, des Centres (ou pôles) régionaux de développement (CRD) dans le cadre d’une politique de régionalisation accélérée et assis sur la valorisation des richesses du terroir. Cette politique concernera notamment les seize (16) régions que compte le pays et situées dans le ressort des seize (16) préfectures.

 

Cette politique de régionalisation accélérée pourrait également être mise en œuvre à la faveur de l’instauration de l’organisation des festivités nationales tournantes qui seront l’occasion de la réalisation de différents ouvrages publics dans la région hôte c’est-à-dire celle qui accueille, pour la circonstance, la fête nationale.

 

Afin de combler le déficit très important en logements modernes, plusieurs milliers de logements sociaux devront être édifiés dans les grands centres urbains avec l’aide éventuellement de partenaires au développement ou pays amis.

 

Une réforme foncière sera initiée et concernera aussi bien le foncier urbain que rural.

 

F. L’essor par l’accroissement des activités de la poste, des infrastructures des télécommunications et la vulgarisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

 

Le service de la poste doit être redynamisé afin de remplir sa mission de transport du courrier et des colis à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

 

Afin d’assurer la couverture du pays dans le domaine des télécommunications et des nouvelles technologies de l’information et de la communication, la société nationale des télécommunications (SOCATEL) et les sociétés privées de téléphonie seront incitées à se mettre au diapason. Dans cette perspective, des consignes claires seront données à l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) dans le cadre de son cahier des charges.

 

La RCA doit devenir, à terme, un des quartiers phares du numérique en Afrique. Etendue sur son territoire de 623 00 km2, la RCA devrait expérimenter le réseau à fibre optique par une connection au réseau de Congo-Brazzaville qui dispose désormais du haut débit. Ceci, en raison de la faiblesse du taux de pénétration d’Internet en Centrafrique.

 

Rappelons, à toutes fins utiles, que cette mesure est propre à participer de l’amélioration du climat des affaires et contribuerait à qualifier la RCA à une meilleure place lors des prochaines publications des évaluations de Doing Business de la Banque Mondiale.

 

 G. L’essor par le commerce, l’industrie, les PME- PMI et l’artisanat.

 

Les dernières évaluations de Doing Business de la Banque Mondiale place la RCA au 183e rang sur 183 pays. Ainsi, les conditions doivent être créées afin d’offrir à la RCA un environnement juridique et économique sécurisé notamment en droit des affaires et dans le cadre des recommandations de l’OHDA.

 

Les activités économiques doivent être libéralisées pour permettre une concurrence saine, libre et non faussée : aucune prise de position dominante, monopolistique ou de prise de position oligopolistique ne pourrait avoir droit de cité.

 

Le Code des investissements rénové et un nouveau Code de la concurrence et de la consommation adopté.

 

Un Centre de promotion des investissements de Centrafrique (CEPICA) porté sur les fonts baptismaux pour permettre une simplification et un allègement des procédures de création des entreprises.

 

Le principe des zones franches et du partenariat public-privé (PPP) doit être exploré en matière industrielle afin d’attirer le maximum d’entreprises.

 

Aucune entrave à la liberté d’entreprendre ne doit être tolérée.

 

Les journées économiques de la RCA consistant à présenter les différents atouts et potentialités économiques du pays devront être organisées périodiquement dans les pays du nord afin d’attirer l’investissement direct étranger (IDE).

 

Un programme de privatisation doit être conduit afin de sauver les entreprises publiques (sociétés d’Etat et société d’économie mixte) en difficulté mais encore viables. Ainsi, une analyse de la situation économique et financière de chaque entreprise sera effectuée pour répertorier celles qui sont susceptibles de bénéficier de ce type de programme. Selon les cas, l’Etat expérimentera les modes de gestion suivants : le contrat de services, le contrat d’assistance, le contrat de gestion, le contrat de concession. Dans ces conditions, une loi sur le désengagement partiel ou total de l’Etat des entreprises publiques sera votée pour formaliser ces méthodes de gestion modernes de sorte que l’intérêt public soit préservé.

 

Un Comité spécialement créé pourra se charger du pilotage de la restructuration de ces entreprises publiques.

 

H. Le développement par la mise en œuvre d’un programme de sécurisation des recettes publiques.

 

Afin d’assurer la gestion efficiente des finances publiques, il est impératif de prendre les mesures propres à assurer la sécurisation des recettes publiques. Cela passe par la mise en œuvre d’un programme d’informatisation généralisée des régies financières (Douane, Impôts et domaines, Trésor public, Perception etc.) afin d’assurer leur traçabilité en amont. Dans cette optique, des objectifs de résultat devront être fixés aux fonctionnaires et agents publics de ces services financiers en contrepartie de la quote-part, qui leur est périodiquement versée.

 

Une Autorité administrative indépendante dotée de moyens matériels et humains conséquent sera créée et sera chargée de lutter contre la fraude et la corruption. Une Cour de répression des crimes économiques et financiers (CRCEF) se chargera de sanctionner ces faits de fraude et corruption.

 

Des mesures d’économie doivent être prises afin de réduire le déficit abyssal du budget de l’Etat et, éventuellement, celui des collectivités locales. Sans oublier l’objectif fixé année après année de désendetter l’Etat et les collectivités locales. Le tout dans le but de réaliser une croissance économique soutenue. C’est-à-dire un taux de croissance à deux chiffres pour pouvoir réduire le chômage endémique surtout celui des jeunes et la pauvreté structurelle.

 

Afin de parvenir à l’impérieuse nécessité d’assainir les finances publiques, le format du gouvernement, du Parlement et le train de vie de l’Etat seront réduits. Le nombre des membres du gouvernement ne devra pas dépasser vingt-cinq personnes; celui des parlementaires un certain seuil. Ainsi, les considérations politiciennes doivent être mises de côté pour privilégier la gestion des finances publiques et des deniers de l’Etat en bon père de famille.

 

Un train de mesures en faveur de la compétitivité de notre économie et de la stabilisation des prix sera envisagé afin d’améliorer le cadre macro-économique du pays. Une étude sérieuse sur le niveau des prélèvements obligatoires (Impôt sur les sociétés, taxe sur la valeur ajoutée, droits de douane, taxes diverses etc.) sera conduite afin de voir dans quelle mesure accroître l’assiette financière de l’Etat.

 

En l’état actuel de nos finances publiques, le niveau des recettes budgétaires propres- avec un budget évalué à la bagatelle de quelque deux cents milliards de francs CFA- reste très insuffisant pour mettre en œuvre une politique ambitieuse de développement économique. C’est pourquoi, des mesures alternatives doivent être imaginées.

 

En fonction du retour de la santé financière du budget, l’Etat pourrait organiser le déblocage des effets financiers des traitements et salaires de la fonction publique pour soutenir la consommation et la croissance.

 

Je refuse, pour ma part, de croire que la fatalité ou la malédiction serait consubstantiellement centrafricaine ou se serait injustement abattue sur notre pays, plombant définitivement ses capacités d’intervention et son essor.

 

Un nouveau Code des marchés publics doit être voté.

 

L’Etat s’attellera à créer les conditions nécessaires en vue de favoriser l’implantation de Banques agricoles, commerciales et industrielles et des compagnies d’assurances afin de financer l’économie réelle et ainsi densifier le tissu économique encore très embryonnaire. Cette mesure est de nature à accroître le taux de bancarisation encore très faible- autour de 3% dans une hypothèse optimiste- en Centrafrique.

 

J. Le développement par la maîtrise des effectifs de la fonction publique.

 

Pour contenir l’effectif de la fonction publique estimé à vingt quatre mille membres, les fichiers des fonctionnaires et agents publics seront régulièrement toilettés afin d’en extirper le personnel fictif ou fantômes émargeant indûment au budget de l’Etat. Ce, au nom de l’assainissement des finances publiques.

 

La maîtrise de ces effectifs passe par un programme d’informatisation de ces fichiers.

Les agents émargeant doublement ou de façon multiple au budget de l’Etat devront être sévèrement sanctionnés voire radiés des effectifs de la fonction publique.

 

K. Le développement par l’emploi des jeunes et l’entreprenariat féminin.

 

Le renouvellement des générations notamment du personnel administratif doit pouvoir s’opérer au sein de la fonction publique afin de dynamiser l’administration et la rendre plus efficace. Au-delà du recrutement par voie de concours, l’entrée dans la fonction publique doit se faire sur la base de la méritocratie républicaine, de la probité et de la compétence.

 

Le secteur dit marchand ou concurrentiel, voie royale d’entrée des jeunes dans la vie active, doit suivre un rythme de progression, sous l’impulsion des pouvoirs publics, afin d’absorber le flot continu des jeunes qui grossissent chaque année le marché du travail.

 

Avec la mise en œuvre des mesures citées plus haut, la RCA devrait pouvoir créer des milliers d’emplois et ainsi réduire drastiquement le chômage des jeunes.

 

L’entreprenariat au féminin se fera par le mécanisme du micro crédit ou de la micro finance afin de permettre à nos femmes d’entreprendre des activités génératrices de revenu et les rendre plus autonomes. Des mesures d’accompagnement leur seront offertes afin de réussir leur insertion dans le tissu économique.

 

La femme centrafricaine doit devenir une véritable actrice du développement par son insertion dans le secteur formel.

 

II. L’approche exogène du développement de la RCA.

 

Mondialisation oblige, la RCA ne peut vivre en autarcie. C’est-à-dire se couper du reste du monde dont elle fait partie intégrante et dont elle a besoin pour prendre ce train de la mondialisation qui file à la vitesse grand V.

 

A. La dynamique de l’aide publique au développement (APD).

 

Force est de relever qu’aussi longtemps qu’elle n’aura pas acquis sa pleine souveraineté financière et une surface financière suffisante pour faire face à ses dépenses régaliennes et en mesure de mettre en œuvre son programme de développement économique et social, la RCA aura encore besoin de la mythique Aide publique au développement servie par nos partenaires traditionnels pour consolider les bases de notre développement. Cette aide résulte de notre coopération dynamique avec nos partenaires privilégiés.

 

B. La diversification de la coopération au développement.

 

La RCA ne doit lésiner sur aucun moyen pour assurer son développement. A cet égard, elle usera d’une diplomatie économique active pour parvenir à cette fin. Une coopération économique et financière internationale sera donc déployée tous azimuts. En ligne de mire la construction de grands projets de développement.

 

Un accent particulier doit être mis sur les opérations liées au transfert de technologie et au transfert de compétence.

 

C. La conclusion d’un nouveau partenariat avec les institutions de Breton Wood, multilatérales et bilatérales.

 

Notre relation avec le FMI, la Banque mondiale, l’Union européenne ou la Banque africaine de développement doit privilégier une solution basée sur un rapport de partenariat gagnant-gagnant.

 

D. La renégociation de la dette extérieure.

 

Un dialogue permanent doit être maintenu avec les institutions bilatérales et multilatérales pour bénéficier non seulement de leurs concours financiers mais également pour obtenir, dans la mesure du possible, une restructuration de notre dette dans le sens de sa remise partielle ou de son annulation. Car, faut-il le rappeler, le service de la dette handicape lourdement les projets d’investissements.

 

 

                                                                           Wilfried Willy HETMAN ROOSALEM

Ma vision du développement économique  a minima de la RCA ou comment jeter les bases d’un développement durable en RCA par Wilfried Willy HETMAN ROOSALEM

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Centrafrique-Presse.com
4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 01:22

 

 

 

03/11/14 (Afrikaweekly.com)

 

Par un arrêté du ministère français des Finances datant du 29 octobre et publié le 31 octobre 2014, les avoirs de Jean-Francis Bozize sont gelés. Dans le texte il est mentionné que le fils de l’ancien président centrafricain détient les deux nationalités, française et centrafricaine. Cette même mesure qui concerne également trois autres citoyens français d’origine centrafricaine et un Français d’origine tchadienne.

 

Ils sont accusés d’œuvrer à la déstabilisation de la République centrafricaine et à l’encontre des objectifs poursuivis par les résolutions 2134 (2014), 2127 (2013) et 2121 (2013) adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies, e« tentent de commettre un acte de terrorisme (…) dans le but de gravement intimider une population, contraindre indûment des pouvoirs publics et gravement déstabiliser les structures fondamentales politiques et constitutionnelles d’un pays ».

 

C’est le directeur général du Trésor qui a été chargé de la mise en œuvre du présent arrêté, dont les dispositions entrent en vigueur pour une durée de six mois. Selon le code monétaire et financier français, sont gelés les fonds, instruments financiers et ressources économiques qui appartiennent en plus de Jean Francis Bozizé, à Ange-Barthélémy Oueifio-Goningai (RCA), Feibonazoui Mberendeh Oueifio (RCA), Eric Danboy Bagale (RCA) et Abdelmanane Mahamat Katap (Tchad)Sont interdits de leur part les mouvements ou transferts de fonds, instruments financiers et ressources économiques à leur bénéfice.

 

L’ancien président de Centrafrique, François Bozizé, et son fils Jean-Francis font partie d’une liste de onze personnes que le Conseil de sécurité voulait sanctionner. Les diplomates reprochent à l’ancien président centrafricain et à son fils d’organiser et de soutenir les milices anti-balaka et d’être un obstacle à une sortie de crise en Centrafrique.

 

 

NDLR : Le médiateur de la crise centrafricaine doit désormais cesser d'inviter Jean Francis Bozizé à Brazzaville

 

 

 

Arrêté du 29 octobre 2014 portant application des articles L. 562-1, L. 562-2 et suivants du code monétaire et financier

 

JORF n°0253 du 31 octobre 2014 page 18219 

texte n° 20 


ARRETE 


Arrêté du 29 octobre 2014 portant application des articles L. 562-1, L. 562-2 et suivants du code monétaire et financier 


NOR: FCPT1418367A 

 

Par arrêté du ministre des finances et des comptes publics en date du 29 octobre 2014, compte tenu des résolutions 2134 (2014), 2127 (2013) et 2121 (2013) adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies respectivement à sa 7 103e séance le 28 janvier 2014, à sa 7 072e séance le 5 décembre 2013 et à sa 7 042e séance le 10 octobre 2013 ; compte tenu de la décision du Conseil de l'Union européenne 2013/798/PESC modifiée concernant des mesures restrictives à l'encontre de la République centrafricaine ; vu le code monétaire et financier, notamment son article L. 562-1 ; vu le code monétaire et financier, notamment son article L. 562-2 ; considérant que : 

 

BOZIZE (Jean-Francis), né le 19 février 1970 à Bangui, République centrafricaine, de nationalités française et centrafricaine, domicilié dans les Yvelines ; 

 

OUEIFIO-GONINGAI (Ange-Barthélémy), alias : a) Ange Barthélémy OUEIFIO ; b) Ange Barthélémy GONINGAI-OUEIFIO ; c) Ange Barthélémy GONINGAL ; d) Ange OUEIFIO, né le 29 mars 1976 à Bangui, République centrafricaine, de nationalité française, domicilié en Seine-et-Marne ; 

 

OUEIFIO (Feibonazoui Mberendeh), né le 22 mai 1980 à Bangui (République centrafricaine), de nationalité française, domicilié en Seine-Saint-Denis ; 

 

MAHAMAT KATAP (Abdelmanane), alias : a) Abdel Manane KHATAB MAHAMAT, b) Abdelmaname MAHAMAT, c) Abdel Manane MAHAMAT KATAP, d) Abdel Manane KATAPE MAHAMAT, né le 22 juillet 1968 à N'Djamena (Tchad), de nationalité française, domicilié dans l'Oise ; 

 

DANBOY BAGALE (Eric), alias : a) Eric DANBOYE, b) Eric DANBOYE BAGALE, d) Eric DANBOY, né le 27 décembre 1978 à Bangui (République centrafricaine), domicilié en Centrafrique, 

 

œuvrent à la déstabilisation de la République centrafricaine et à l'encontre des objectifs poursuivis par les résolutions ci-dessus citées, et tentent de commettre un acte de terrorisme au sens de l'article 1er, paragraphe 3, sous-paragraphes c et i, de la position commune 2001/931/PESC du Conseil du 27 décembre 2001 dans le but de gravement intimider une population, contraindre indûment des pouvoirs publics et gravement déstabiliser les structures fondamentales politiques et constitutionnelles d'un pays. 

Sont gelés les fonds, instruments financiers et ressources économiques qui appartiennent aux personnes ci-dessus mentionnées. Sont interdits les mouvements ou transferts de fonds, instruments financiers et ressources économiques à leur bénéfice. 


Le directeur général du Trésor est chargé de la mise en œuvre du présent arrêté, dont les dispositions entrent en vigueur à la date de sa publication au Journal officiel de la République française et pour une durée de six mois. 


Notification des voies et délais de recours 


Le présent arrêté peut être contesté dans les deux mois à compter de sa notification, soit par recours gracieux adressé au ministère des finances et des comptes publics, 139, rue de Bercy, 75572 Paris Cedex 12,

 

télédoc 233, ou à liste-nationale@service-eco.fr, soit par recours contentieux auprès du tribunal administratif de Paris, 7, rue de Jouy, 75181 Paris Cedex 04,

 

 téléphone : 01-44-59-44-00, télécopie : 01-44-59-46-46,

 

urgences télécopie référés : 01-44-59-44-99, greffe.ta-paris@juradm.fr.

 

En l'absence de réponse à un recours gracieux dans les deux mois qui suivent la date du recours, il y a rejet implicite de la demande et le tribunal administratif de Paris pourra être saisi dans les deux mois suivant le rejet implicite 

Centrafrique: la France gèle les avoirs financiers de Jean-Francis Bozizé et Cie

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Centrafrique-Presse.com
3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 20:53

 

 

 

 

http://www.lacapitale.be/   Belga  Lundi 3 Novembre 2014 à 

 

L’armée belge vient, pour la seconde fois en quelques mois, de renoncer à participer, faute de crédits, à l’opération de l’Union européenne en Centrafrique (Eufor RCA), a-t-on appris lundi de sources concordantes.

 

À la mi-octobre, une compagnie (soit une bonne centaine d’hommes) du 12ème/13ème bataillon de Ligne de Spa, une unité d’infanterie légère, a reçu un ordre d’avertissement : se tenir prête à se déployer vers la fin de l’année à Bangui. dans le cadre de l’Eufor pour sécuriser durant trois mois l’aéroport de la capitale centrafricaine. Mais une semaine plus tard, le contre-ordre est venu, après que l’état-major de la Défense a appris que le gouvernement imposait des économies à hauteur d’environ 220 millions d’euros l’année prochaine au département.

 

L’information sur l’annulation, à un stade très précoce des préparatifs, de cette possible mission a été confirmée lundi par plusieurs sources militaires en marge de la visite du nouveau ministre de la Défense, Steven Vandeput, aux unités de la composante Terre.

 

Déjà l’an dernier sous le gouvernement Di Rupo, la Belgique avait dû renoncer, pour des raisons budgétaires, à la force européenne en Centrafrique, l’Eufor-RCA,

 

Cette mission, forte de quelque 750 soldats et gendarmes, assure le maintien de l’ordre à l’aéroport de Bangui et dans le camp de réfugiés de Mpoko, tout proche de l’aérodrome. Son mandat a été prolongé par l’UE fin septembre de trois mois, jusqu’en mars 2015.

Spa: le 12/13e de Ligne doit renoncer à une mission en Centrafrique faute de crédits

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 18:47

 

 

 


Addis Abeba - AFP / 03 novembre 2014 18h38 -  L'Union africaine a donné lundi deux semaines à l'armée du Burkina Faso pour rendre le pouvoir aux civils, après qu'un officier a pris vendredi la tête de l'autorité de transition pour remplacer le président Blaise Compaoré, après sa démission.


Nous demandons aux forces armées de transférer le pouvoir aux autorités civiles, et le Conseil a décidé que ce transfert devrait s'opérer dans une période de deux semaines, a déclaré Simeon Oyono Esono, chef du Conseil de paix et de sécurité de l'UA et ambassadeur de Guinée Equatoriale auprès de l'organisation régionale.


A défaut, le pays s'exposerait à des sanctions, a-t-il ajouté, à l'issue d'une réunion du Conseil au siège de l'Union africaine dans la capitale éthiopienne.


Après la démission vendredi du président burkinabè, chassé par un soulèvement populaire après 27 ans à la tête de l'Etat, l'armée a nommé l'un des siens, le lieutenant-colonel Zida, pour assurer un pouvoir de transition.


L'Union africaine est persuadée que le changement est allé à l'encontre de la démocratie. Cependant, nous savons que c'est la pression populaire qui a mené à la démission du président. Les forces armées ont profité de ces circonstances pour accéder au pouvoir mais le peuple est à l'origine, a-t-il ajouté.


Ayant pris note de l'origine populaire de la révolte qui a abouti à une prise de pouvoir par les militaires, nous avons décidé d'un délai de deux semaines, période à l'issue de laquelle nous imposerons des sanctions.


Les Nations unies, l'Union européenne et les Etats-Unis ont tous réclamé ces derniers jours que l'armée rende le pouvoir aux civils.


A l'issue du délai de deux semaines décrété par l'UA, cette dernière dépêchera un envoyé spécial dans le pays et se réunira à nouveau afin d'examiner la situation et décider des mesures à prendre.



(©) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=533639 

 

 

Burkina: sous pression, Isaac Zida promet une transition rapide


Le nouvel homme fort du Burkina Faso se trouve en position délicate. Contesté dans son pays et sous pression internationale, le lieutenant-colonel Isaac Zida a promis lundi un passage rapide du pouvoir aux autorités civiles. L'Union africaine lui donne 15 jours pour y parvenir.



Lors d'une rencontre des diplomates, Isaac Zida a promis une transition "dans un cadre constitutionnel". L'organe de transition sera dirigé "par une personnalité consensuelle désignée par tous les acteurs de la vie nationale", a dit M. Zida, soulignant qu'il souhaite que cela se fasse dans un délai "le plus bref possible".



"Nous ne sommes pas là pour usurper le pouvoir et diriger le pays mais pour l'aider à se tirer de cette situation", a-t-il ajouté. Ses propos laissent à penser qu'un civil - et non plus un militaire - pourrait prendre la tête de la transition.



Menaces de sanctions

 

Une ouverture qui satisferait les Etats-Unis. Washington, allié privilégié du Burkina dans la lutte contre les jihadistes au Sahel, avait condamné dimanche "la tentative de l'armée burkinabè d'imposer sa volonté au peuple".



En fin de journée, l'Union africaine (UA) a donné 15 jours aux militaires burkinabè pour restituer le pouvoir aux civils. Faute de quoi, elle imposera des sanctions, a dit à Addis-Abeba Simeon Oyono Esono, président du Conseil de paix et de sécurité de l'UA. Cette organisation compte 54 Etats membres. Elle oeuvre notamment à la promotion de la démocratie en Afrique.



Retour au calme


Lundi, Isaac Zida a poursuivi ses consultations avec les forces politiques et la communauté internationale à Ouagadougou. Dans la capitale, la situation était redevenue calme après l'intervention musclée de l'armée qui a chassé dimanche les manifestants, notamment de la place de la Nation, rebaptisée "place de Révolution".


Le grand marché, fermé depuis six jours en raison des événements, a rouvert lundi. Tout comme les banques et les écoles. La circulation a repris dans les artères poussiéreuses de la ville, où le couvre-feu nocturne reste en vigueur.



Globalement, la communauté internationale a vivement réprouvé la prise de pouvoir de facto par les militaires. L'Union européenne (UE) par exemple a aussi demandé à l'armée burkinabè à respecter les droits fondamentaux de la population, y compris celui de manifester pacifiquement.



(ats / 03.11.2014 19h01) 

 

 

Burkina: l'armée annonce la réouverture des frontières terrestres


Ouagadougou - AFP / 03 novembre 2014 18h36 - L'armée a annoncé lundi la réouverture des frontières terrestres du Burkina Faso, après trois jours de fermeture, dans un communiqué transmis à l'AFP.


Les frontières terrestres sont rouvertes avec effet immédiat afin de permettre la reprise des activités économiques et la libre circulation des personnes et des biens, selon ce communiqué signé du lieutenant-colonel Isaac Zida, désigné par l'armée comme chef d'un régime de transition.


Les frontières aériennes et terrestres du Burkina avaient été fermées vendredi. Mais les frontières aériennes avaient été rouvertes dès le lendemain.


Du fait de la fermeture des frontières terrestres, beaucoup de camions chargés de denrées périssables étaient bloqués aux frontières du Togo et du Niger, a expliqué à l'AFP un officier de l'entourage de M. Zida.


Pour autant, le Burkina Faso n'a pas connu de problème d'approvisionnement ces derniers jours, selon les journalistes de l'AFP présents à Ouagadougou, la capitale, et Bobo Dioulasso (sud), la deuxième ville du pays. 



(©) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=533637 

Burkina: l'Union africaine donne deux semaines pour un retour à un pouvoir civil
Burkina: l'Union africaine donne deux semaines pour un retour à un pouvoir civil

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 17:20

 

 

 

 

 

03/11/14 (IRIN)

 

Alors que la Cour pénale internationale (CPI) intensifie son action en République centrafricaine (RCA) en s’engageant à traduire en justice les principaux auteurs d’actes de violence, des efforts concertés sont déployés pour lutter contre l’impunité, endémique dans ce pays. Mais avec l’insécurité qui prévaut dans de nombreuses régions, les solutions rapides sont exclues.

 

La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a annoncé en septembre que la Cour était prête à ouvrir sa deuxième enquête en RCA. Selon elle, l’examen préliminaire du mois de février a « rassemblé et analysé scrupuleusement les informations pertinentes émanant de diverses sources fiables », ne laissant aucun doute sur la légitimité d’une intervention de la CPI en vertu du Statut de Rome. « La liste des atrocités commises est interminable », a-t-elle souligné. « Je ne peux pas ignorer ces crimes présumés. »

 

Il se peut que les enquêtes préliminaires soient bouclées à l’heure qu’il est, et que la CPI s’apprête à mener une enquête complète, mais La Hague ne s’est pas prononcée sur les délais à prévoir avant que les suspects soient identifiés, les mandats d’arrêt délivrés et les accusés traduits en justice.

 

Séléka et anti-balaka, recherchés au même titre pour crimes de guerre

 

Un rapport du Bureau du procureur de la CPI, daté du 24 septembre, décrit en détail la manière dont la RCA a plongé dans la guerre civile en août 2012, ainsi que le rôle tenu par les insurgés de la Séléka et par les milices anti-balaka qui ont tenté de contrer la rébellion. La CPI dépeint une période de persécutions et de pogroms pendant laquelle des citoyens ordinaires étaient régulièrement pris pour cible en raison de leur appartenance ethnique ou religieuse. Le document se fait écho de rapports antérieurs produits par des organisations telles que Human Rights Watch (HRW) et la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), et de témoignages de défenseurs centrafricains des droits de l’homme. Mme Bensouda elle-même accuse les combattants de la Séléka et les anti-balaka d’avoir commis « des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, notamment le meurtre, le viol, le déplacement forcé, la persécution, le pillage, les attaques contre des missions d'aide humanitaire et le fait de faire participer des enfants âgés de moins de quinze ans à des hostilités ».

 

La Commission des Nations Unies lance un appel au dialogue entre chrétiens et musulmans

 

La Commission d’enquête des Nations Unies sur les violations des droits de l’homme en RCA, instaurée par la résolution 2127 du Conseil de sécurité en décembre 2013, tire des conclusions similaires. Après une première visite en RCA en mars 2014 et une étude de suivi aux mois d’avril et de mai, la commission a présenté son rapport préliminaire en juin. Le document soulignait la prévalence d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées, d’actes de torture ainsi que d’arrestations et de détentions arbitraires. Le président de la Commission, le Camerounais Bernard Muna, ancien procureur adjoint du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a mis en garde contre le « discours de haine » alimentant les tensions et a appelé de ses vœux un dialogue urgent entre musulmans et chrétiens.

 

Tensions et terreur pour la profession juridique

 

La CPI bénéficie du clair soutien du gouvernement intérimaire de la présidente Catherine Samba Panza. Dans un communiqué adressé à la CPI le 30 mai faisant allusion à la situation en RCA, le gouvernement de Mme Samba Panza a évoqué « de nombreux cas de crimes contre l’humanité et autres odieuses violations des droits de l’homme perpétrés depuis 2012 ».

 

Tandis que l’action de la CPI prend de l’ampleur, défenseurs des droits de l’homme et experts juridiques n’ont de cesse de dénoncer les carences flagrantes du système judiciaire centrafricain.

 

Les magistrats ont vu leur salaire augmenter avec l’arrivée au pouvoir de Michel Djotodia en mars 2013. Cependant, à l’instar de nombreux autres secteurs de l’administration, le système judiciaire tourne bien en deçà de sa capacité normale et fait face à de graves difficultés. Le manque de ressources fondamentales est un inconvénient, mais les risques encourus quotidiennement par les magistrats et leurs collègues sont encore plus éloquents. « Lorsque les magistrats essaient de faire leur travail correctement, ils sont menacés, ainsi que leurs familles », a dit un procureur adjoint à IRIN. « Pour l’heure, la priorité est de sauver nos propres vies. »

 

« Même dans les salles d’audience, la sécurité n’est pas garantie », s’est plaint un fonctionnaire du ministère de la Justice. « Il est fréquent que des proches des personnes inculpées se rendent au tribunal pour faire pression. »

 

Plusieurs détenus se sont échappés et ont rejoint les rangs de différents groupes armés. Du fait des difficultés de fonctionnement des structures policières et militaires en RCA, des soldats de l’opération militaire française Sangaris ont arrêté des combattants anti-balaka. Mais l’un des principaux dirigeants du mouvement anti-balaka, Patrice-Édouard Ngaïssona, a ultérieurement été relâché par les autorités.

 

Lors d’une visite à Bangui en avril 2014, le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme de l’époque, Navi Pillay, a dénoncé « l’impunité totale, l’absence de justice, de lois et d’ordre en dehors de ce qu’apportent les troupes étrangères ».

 

Un besoin de justice endogène

 

Mme Pillay s’est prononcée en faveur de profondes réformes juridiques et de la création d’une commission nationale des droits de l’homme, en avertissant toutefois : « Créer un système judiciaire efficace, avec des prisons, des forces de l’ordre et autres institutions publiques fondamentales, en partant de zéro ou presque, est une entreprise colossale et complexe qui ne peut se faire en rognant sur les coûts ».

 

Dans son rapport de juillet 2014, République centrafricaine : il est temps de rendre des comptes, Amnesty International a critiqué l’approche hésitante de la communauté internationale vis-à-vis des problèmes de la RCA en matière de justice et de droits de l’homme.

 

Amnesty a souligné l’importance d’une prise de responsabilité accrue de la RCA dans l’administration de la justice, sans quoi le pays en paiera les conséquences. « Si la République centrafricaine ne lance pas ses propres enquêtes et poursuites, de nombreux auteurs de crimes relevant du droit international continueront d’échapper à la justice »

 

Un tribunal pénal spécial pour Bangui

 

Au nombre des recommandations d’Amnesty figure la création d’un tribunal « hybride », composé à la fois de personnel centrafricain et international. Selon l’organisation, un tel organe pourrait contribuer à apporter crédibilité au système judiciaire national et à le rendre plus digne de confiance.

 

La RCA semble s’engager dans cette voie. En août, le gouvernement et la Mission des Nations Unies en RCA (MINUSCA) ont signé un accord relatif à l’instauration d’un tribunal spécial, composé de magistrats centrafricains et d’experts juridiques étrangers. Tandis que la CPI s’occupera de juger les criminels les plus dangereux du pays, le tribunal spécial s’attaquera aux violations des droits de l’homme et aux manquements au droit international humanitaire, y compris aux actes de violence sexuelle et aux violations des droits des enfants. La création du tribunal dépend de l’adoption d’une loi par le Parlement intérimaire de la RCA, le Conseil national de transition (CNT). D’après des sources contactées par IRIN au ministère de la Justice, cette loi devrait être en place d’ici fin 2014.

 

Une unité d’enquête prête à aller plus loin

 

En avril 2014, le gouvernement a annoncé la création d’une Cellule spéciale d’enquête et d’instruction (CSEI). La mission de la CSEI, qui travaille sous la houlette du procureur général de la Cour d’appel, va bien au-delà du conflit récent puisqu’elle couvre des crimes commis à partir du 1er janvier 2004, soit neuf mois après le début du mandat de François Bozizé qui dura 10 ans. Cela témoigne d’une volonté d’équilibre, en ne cantonnant pas les enquêtes à une seule administration. Parmi les « crimes graves » sujets à enquête figurent les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les crimes d’agression. En vertu de son décret fondateur, la CSEI se compose à la fois de juristes, notamment de juges et de procureurs, et de 20 officiers de police judiciaire issus des forces nationales de police et de gendarmerie. Malgré un accueil favorable de la part des experts juridiques et des défenseurs des droits de l’homme, on s’inquiète déjà du manque de ressources et de la capacité de la CSEI à mener des enquêtes de fond, notamment à l’extérieur de Bangui.

 

La Commission d’enquête mixte créée en mai 2013, sous l’éphémère administration Djotodia, avait soulevé des réserves comparables. Dirigée par Flammarion Gaba, un haut magistrat centrafricain, la commission conférait également un rôle important à Mathias Moruba, le président de l’Observatoire des droits de l’homme (ODH). Les autres membres étaient issus de la gendarmerie et de l’armée. Bien que la commission ait reçu des dizaines de plaintes et de demandes de réparation de la part de victimes de violations des droits de l’homme et autres crimes, son efficacité a été mise en cause. Il semblerait qu’elle ne soit plus opérationnelle.

 

Convaincre les sceptiques

 

La détermination affichée de la CPI à poursuivre les criminels de guerre et la création de nouvelles institutions en RCA n’ont pas suffi à convaincre tout le monde.

 

C’est la deuxième fois qu’il est fait appel à la CPI en RCA. En 2004, le gouvernement Bozizé avait réclamé l’intervention de la CPI à l’encontre de Jean-Pierre Bemba, homme politique et ancien chef rebelle congolais, en accusant les troupes de son Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de multiples violations des droits de l’homme en 2002 et 2003, suite à leur enrôlement par le président de l’époque, Ange-Félix Patassé.

 

Bemba a été arrêté en Belgique en mai 2008 et doit répondre de deux chefs d’accusation de crimes contre l’humanité et de trois chefs d’accusation de crimes de guerre. Le procès a commencé en novembre 2010. D’après la CPI, la clôture des déclarations orales est prévue pour novembre 2014.

 

Benjamin Grekoy, un petit entrepreneur, a dit à IRIN que le retard accumulé le laissait perplexe. « Cela fait des années que Bemba a été arrêté et son procès n’est toujours pas terminé. Pourquoi ? Quand sera-t-il jugé ? »

 

M. Grekoy est également sceptique quant à la détermination du gouvernement à enquêter sur des violations des droits de l’homme du passé. « Entre l’époque de Bozizé, celle de Djotodia et Mme Samba Panza aujourd’hui, les enquêtes sont nombreuses, mais sans réel résultat », s’est plaint M. Grekoy. « C’est aux Centrafricains qu’il revient de déposer les armes et d’arrêter de s’entretuer. Autrement nous sommes coincés avec des enquêtes qui ne mènent nulle part. »

 

Mais Joseph Bindoumi, le président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme (LCDH), se montre plus optimiste.

 

« À notre niveau, ici à la LCDH, nous pensons que ces initiatives sont les bienvenues, car la justice est l’arme la plus efficace en situation de conflit », a dit M. Bindoumi à IRIN.

 

« Chaque fois qu’il y a une action du système judiciaire international, la CPI par exemple, cela doit nous encourager, nous autres défenseurs des droits de l’homme, car nous savons que le but de tout ceci est de mettre un terme aux actions des criminels. Pour en finir avec la guerre, des menaces de sanction sont nécessaires. Je sais que tout cela demande du temps, mais les Centrafricains doivent se montrer patients. Ils doivent garder l’espoir qu’un jour les personnes ayant perpétré de graves violations des droits de l’homme devront répondre de leurs actions. »

 

La République centrafricaine en quête de justice (IRIN)

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 16:30

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-11-03 14:25:37 - Le directeur des sports de la FIBA, le Serbe Lubomir Kotleba, est attendu mardi à Bangui pour une visite de travail de quarante-huit heures, a annoncé le président de la Fédération centrafricaine de basketball.


Selon Jean de Dieu Mageot, le but de cette visite est de rendre aux techniciens et officiels centrafricains des récentes modifications des règles apportées dans le basket par la FIBA lors de son congrès de Séville. Par ailleurs, le Serbe fera avec ses hôtes l'état des lieux du basketball centrafricain. 


‘'C'est une visite de travail pour se familiariser avec le monde du basketball centrafricain pour évaluer ce qui a été fait et débattre de l'avenir de cette discipline en vue d'un éventuel appui de la FIBA'', a notamment expliqué Jean de Dieu Mageot.


Ainsi, Lubomie Kotleba aura, mardi, une série de rencontres avec les dirigeants de la fédération, les responsables des clubs. Il animera aussi une session d'information sur les récentes modifications des règles de FIBA à l'endroit des entraineurs et arbitres ainsi que des capitaines des clubs.


La journée de mercredi est consacrée aux différentes visites des infrastructures de basket et à la découverte de la ville de Bangui.

 

http://www.apanews.net/article_read-808651-un-expert-de-la-fiba-en-visite-de-travail-eangui.html#sthash.4fxJ8IIb.dpuf

 

 

Un expert de la FIBA en visite de travail à Bangui

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 16:15

 

 

 

 

03/11/14 (Afrique Actualité)

 

Dans un communiqué de presse publié à Bangui vendredi dernier, la Mission de stabilisation de l'ONU en Centrafrique, Minusca annonce que « dans le cadre des opérations de sécurisation de la capitale, les Casques bleus, conjointement avec des éléments de la force française Sangaris et des forces de sécurité centrafricaines, ont mené une opération dans les quartiers Gobongo et Boy Rabe dans le 4e arrondissement de Bangui ».

 

Cette opération de sécurisation, qui a débuté tôt le matin, sous le commandement de l'Etat-major conjoint du secteur de Bangui, a consisté en des visites domiciliaires, des perquisitions et des interpellations. « Pendant cette opération, les forces internationales et nationales ont fait face à des attaques à l'arme automatique et à la grenade », mentionne le communiqué.

 

Au total, cinq (5) personnes ont été interpellées et remises aux autorités locales de sécurité pour enquête criminelle.

 

La Minusca indique par ailleurs, qu' « 1 fusil, 3 Kalachnikov, dont une équipée d'un lance-grenade, 9 chargeurs, 344 munitions de divers calibres, 10 grenades, 4 couteaux, 1 machette et 1 bombe lacrymogène ont été saisis », ajoutant que la MINUSCA poursuivra la mise en œuvre de son mandat avec détermination.

 

Au cours des échauffourées, Mesmin Boulala, un fonctionnaire du ministère de la Santé publique, a été tué à son domicile au quartier Boy-Rabe selon les témoignages de sa famille qui met en cause les soldats de la Sangaris.

 

« Les manifestants, des miliciens antibalaka pour la plupart, ont multiplié des barricades sur les artères à divers endroits des quartiers Foûh, Gobongo et Boy-Rabe (fiefs des Antibalaka), se livrant à des braquages surtout des motos et des taxis des particuliers », témoigne Samuel B., un habitant du secteur.

 

Des tirs sporadiques d'origine indéterminée continuaient d'être entendus même en début de soirée samedi dans ces secteurs.

 

Intervention

 

Cependant, à Bambari à quelques 384 kms au centre du pays, la tension reste vive entre une partie de la population et les forces françaises de la Sangaris.

 

Le chef de la Minusca, le Général Babacar Gaye est arrivé dans la ville samedi matin pour rencontrer ses pairs les généraux Ali Ndarassa, chef de fil des seleka peuls, Joseph Zoundeko, chef d'Etat-major seleka ainsi que la population locale.

 

A l'issue de cette visite, Babacar Gaye a annoncé un forum prochain de large ouverture à Bangui entre toutes les forces vives de la Nation. « Les groupes armés, Seleka et Antibalaka ont tous demandé au chef de la Minusca d'organiser dans un plus bref délais leur cantonnement et leur désarmement pour leur permettre d'intégrer la vie active pour que la stabilité revienne dans le pays », explique Nono Azouandja.

 

Vendredi, les soldats de la force française Sangaris ont organisé une rencontre avec la population dans le but de s'enquérir des vrais raisons de la persistance des violences dans la ville.

 

« La rencontre a été perturbée par l'arrivée en masse d'un groupe de miliciens antibalaka venus s'en prendre au général Ali Ndarassa, considéré comme le chef des seleka peuls qui commettent des exactions sur des civils dans la région. Pour ces manifestants, les soldats de la Sangaris doivent chasser de la ville ce général Seleka et ses hommes qui sévissent dans la Ouaka », rapporte Jocelyn Nono Azouandja, l'un des participants à la réunion.

 

La même source poursuit en précisant que « des barricades ont été érigées. La tension a failli dégénérer entre la Sangaris et le groupe des Antibalaka. L'intervention de la Minusca a permis de calmer les manifestants ».

 

Jeff Murphy Barès à Bangui

 

http://afriqueactualite.com/societe/societe/2244-echanges-de...

Echanges de tirs entre forces internationales et miliciens à Bangui

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 15:14

 

 

 

 

Dix mois après le début de la mission des forces internationales en République Centrafricaine, d’aucuns s’étonnent de constater que la mise à contribution de la police nationale n’ait pas permis d’éradiquer la criminalité qui a gangréné le pays à la faveur des récentes crises.

 

L’explication est pourtant  simple et réside dans les manœuvres mesquines qui  ont vidé de sa substance le statut spécial de la police arraché de haute lutte par le bureau  syndical de la police, à qui un hommage mérité doit être rendu.

 

IL faut rappeler que c’est au terme d’une longue lutte menée par ce bureau  que l’ex chef de l’Etat François BOZIZE avait fini par marquer  son accord pour l’ élaboration de ce statut spécial, tout en instruisant le comité de rédaction de se référer aux Statuts de la Gendarmerie Nationale et des Forces armées centrafricaines(FACA). Ce qui fut fait.

 

Lorsqu’en mai 2008, l’Assemblée Nationale,représentant  le peuple centrafricain votait par acclamation le projet de loi relatif au statut spécial de la police, le policier centrafricain s’attendait à une amélioration de  ses conditions de vie, à un léger mieux, au moins en terme de salaire décent permettant de joindre les deux bouts. Mais malheureusement, pendant que le projet de loi suivait la procédure complexe en trois étapes, des caciques du régime de Bozize avaient réussi à en soustraire la page 27 comportant les indemnités et autres avantages liés aux fonctions. Ni rancunier, nioublieux, les policiers centrafricains signalent à ceux qui ont posé cet acte qu’ils sont bien connus. Ils saisissent  l’occasion pour prendre à témoin l’opinion nationale et internationale quant aux efforts faits pour redonner à ce document sa partie vitale. Ces efforts sont restés vains, chaque gouvernement ou ministre (de Jules Bernard OUANDE  à Denis  WANGAO KIZIMALE, en passant par Claude Richard GOUANDJA et Josué BINOUA) s’étant employé à endormir les policiers jusqu'à la fin de sa mission.

 

C’est pourquoi, il convient de dire sans ambages aux nouvelles autorités de transition que « TROP C’EST TROP » et qu’elles doivent faire un effort soutenu aux fins de combler  au plus vite le retard accusé par la police depuis l’adoption de la loi (2008) jusqu'à  à ce jour. Les bons prédicateurs nous ont prêché le bon évangile et nous les avons suffisamment écoutés. Nous n’allons pas croiser les bras  devant tant d’injustices et d’injures. Nous  n’allons plus croupir dans la  misère  tandis que d’autres baignent dans une  insolente opulence.

 

IL convient de rappeler à la communauté internationale, surtout à Monsieur le Représentant Spécial de la  MINUSCA  qu’il y’a tout lieu de prêter une attention particulière à ce dossier afin qu’il  soit traité dans les meilleurs délais. Cela permettrait d’éviter des conséquences fâcheuses. L’urgence c’est de hâter le rétablissement de la sécurité dans le pays. La police nationale a beaucoup à apporter. Alors traitez-la avec bienveillance.

 

LE COLLECTIF DES POLICIERS EN COLERE

CENTRAFRIQUE : L’URGENCE D’UN VRAI STATUT SPECIAL  POUR LA POLICE

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 14:45

 

 

 

 

http://www.amnesty.fr/       [03/11/2014]

 

Depuis décembre 2013, la République centrafricaine connaît un déchaînement de violences. Pillages, viols, déplacements de populations, représailles : ce pays, déjà sinistré par de nombreux coups d’État, est le théâtre de scènes insoutenables. Malgré l’intervention de forces internationales, la haine et la peur nourrissent les massacres entre chrétiens et musulmans. En moins d’un an, environ 5 000 personnes y auraient laissé leur vie, selon une enquête de l’agence Associated Press. Retour sur la spirale de cette guerre civile.

 

Le 5 décembre 2013, marque le véritable point de départ de la guerre civile et l’enlisement de la Centrafrique dans le chaos. Bilan de cette effroyable journée de combats à la machette et à l’arme à feu : 500 morts. Cette lutte sanglante oppose d’un côté, les ex-rebelles de la Séléka, une coalition majoritairement musulmane qui, en mars 2013, a renversé le président François Bozizé. De l’autre, les Anti-balakas, des milices d’autodéfense principalement composées de chrétiens, initialement créées pour lutter contre les bandits et les attaques de groupes armés. Ce jour-là, des colonnes de miliciens anti-balakas, fondent sur Bangui pour reprendre la capitale aux mains des ex-Sélékas. La Misca, une mission de soutien pour la Centrafrique sous la houlette de l’Union africaine est déployée, appuyée par les militaires français de l’opération Sangaris, du nom d’un papillon endémique. La poésie sémantique tranche avec l’horreur du terrain. Sur la route, des cadavres. À la morgue de l’hôpital communautaire d’où s’échappent les cris de désespoir des familles, les corps s’accumulent. Les équipes médicales des ONG se retrouvent submergées par l’ampleur des blessures et le nombre de morts. Dans l’enceinte de la mosquée Ali Babolo, dans le quartier PK5, le plus grand quartier musulman de Bangui, des dizaines de victimes sont alignées au sol, recouvertes par des linges et dissimulées derrière une grande bâche noire.

 

LES CIVILS DANS LA SPIRALE DE LA VIOLENCE

 

Les forces internationales n’interviendront officiellement que dans l’après-midi de ce 5 décembre, après avoir reçu le feu vert du Conseil de sécurité de l’Onu. Mais depuis le matin, les miliciens anti-balakas, en grande majorité des jeunes hommes, parfois tout juste sortis de l’adolescence, qui ont investi Bangui, sont décidés à mettre fin aux exactions des rebelles sélékas. Ces derniers viennent principalement du nord de la Centrafrique et sont arrivés au pouvoir grâce à l’appui de combattants du Soudan et du Tchad. Ensemble, ils ont semé la terreur et la désolation sur l’intégralité du territoire. Des villages entiers sont brûlés, des familles se terrent en brousse comme des animaux pour échapper à la mort. C’est avec ces images en tête que les Anti-balakas comptent bien les chasser du pays. Dans un pays à grande majorité chrétienne (80 % environ de la population), les musulmans sont associés à tort aux ex-Sélékas. Le quartier du PK5, autrefois lieu de commerces, devient vite une enclave. Pris au piège, cette communauté est réduite à peau de chagrin. Les musulmans qui étaient à Bangui de 130 000 à 145 000 début 2013 (Onu), ne sont aujourd’hui que quelques milliers. Certains ont réussi à fuir, se délestant de tout signe susceptible de les associer à leur religion, d’autres sont tués quand ils tentent de sortir du quartier, « vendus » parfois par des chauffeurs de taxi qui les abandonnent dans des zones anti-balakas notamment sur la grande route menant à l’aéroport. Ils sont alors lynchés ou exécutés.

 

Dans les rues de Bangui, les semaines qui suivront ne seront qu’une succession d’actes de vengeance. D’insoutenables scènes de lynchages se déroulent devant les foules qui se pressent au spectacle macabre. Bientôt, le conflit gagne les campagnes ainsi les autres grandes villes du pays. Surtout, il infuse au sein de la population civile qui prend rapidement part aux violences. Bangui se scinde en deux.

 

Le PK5 se réduit à une rue principale de quelques centaines de mètres aux allures de Far-West. Seuls de grands commerçants fortunés sont restés afin de ne pas laisser leurs biens à la merci d’Anti-balakas ou de simples bandits qui tentent presque quotidiennement des incursions dans la zone. Car le banditisme gagne du terrain. Les jeunes de la capitale multiplient les braquages, les agressions. Imbibés d’alcool et drogués au Tramadol, un puissant anesthésiant, ils profitent du chaos ambiant pour imposer leur loi. On est loin de l’affrontement interconfessionnel qui fut au départ une réalité. Ils s’autoproclament Anti-balakas, n’hésitant pas à se couvrir de gris-gris, à l’instar des miliciens, mais ne sont en réalité que les récupérateurs d’une situation incontrôlée.

 

Les forces militaires centrafricaines sont vite dépassées. En sous-effectif pour couvrir un vaste territoire où pas une seule région n’est épargnée par les violences, elles parent au plus pressé, maîtrisent ou éteignent les incendies faute de pouvoir les éviter. Le 15 septembre dernier, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine, (Minusca) [cf. p.14] prend le relais de la force africaine Misca mise en cause notamment après une série d’incidents entre le contingent tchadien et la population civile qui juge ces militaires partie prenante dans ce conflit, rangés derrière la population musulmane. Dès avril 2014, Amnesty International demandait que les Nations unies et l’Union africaine « ouvrent des investigations indépendantes et impartiales sur le rôle présumé des soldats de la paix de la Misca dans deux incidents survenus à Bangui les 27 et 29 mars 2014, au cours desquels des dizaines de civils ont péri ».

 

LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE ENTRE EN JEU

 

En Centrafrique où l’État est absent depuis des décennies, une première avancée politique intervient en janvier dernier lorsque les États africains poussent à la démission Michel Djotodia, président à la faveur du coup d’État de mars 2013, et accusé par la communauté internationale de passivité. Catherine Samba-Panza, présidente de transition s’installe au pouvoir le 20 janvier. L’annonce de son élection est accueillie par des cris de joie et des coups de klaxons à Bangui. Celle que beaucoup considèrent comme « la maman de la Centrafrique » appelle aussitôt « ses enfants anti-balakas », comme « ses enfants sélékas », à déposer les armes. Le retour de la sécurité est sa priorité. Elle cherche aussi le rassemblement. Son gouvernement intègre des représentants des deux factions. À partir de mai, quelques musulmans commençaient à revenir chez eux, au PK5. Malheureusement pour y trouver leurs maisons détruites et pillées.

 

UNE ENQUÊTE LABORIEUSE

 

L’autre volet indispensable pour espérer un apaisement est celui de la justice jusqu’à présent gravement défaillante (les magistrats sont menacés, les moyens manquent cruellement, les prisons restent des « passoires »). La procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a ouvert en septembre dernier une enquête sur une liste d’atrocités présumées commises dans le pays par les milices armées depuis août 2012. Dans un communiqué, elle a dressé une série de « crimes présumés » : « Les informations en ma possession fournissent une base raisonnable permettant de croire que la Séléka et les groupes anti-balakas ont commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, notamment le meurtre, le viol, le déplacement forcé, la persécution, le pillage, les attaques contre des missions d’aide humanitaire et le fait de faire participer des enfants âgés de moins de 15 ans à des hostilités. La liste des atrocités commises est interminable ». L’enquête s’annonce d’ores et déjà longue et laborieuse même s’il ne faut pas chercher très loin pour trouver les preuves des violences et des crimes. Elles se trouvent par exemple dans les cartes mémoires de l’appareil photo du journaliste Jérôme Delay qui dit avoir « vu le diable » en Centrafrique.

 

Florence Richard

Centrafrique : le jour où la guerre civile a commencé

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