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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 10:35

 

 

 

Par RFI 05-11-2014 à 05:08

 

Après le Congrès de la Seleka de Ndélé au mois de mai auquel il n'avait pas pris part, après celui de Birao, où il avait imposé un nouvel organigramme qui a volé en éclat depuis, Noureddine Adam tente de revenir dans le jeu. Depuis dimanche, il a réuni à Kaga Bandoro tous les cadres restés plus ou moins fidèles. A la sortie, un nouvel organigramme et une entame de discussions avec le gouvernement et les partenaires internationaux qui, pour beaucoup, rêvent de le voir à la CPI.

 

Face à deux ministres et aux représentants de la communauté internationale ou des Nations unies venus à Kaga Bandoro pour l'écouter hier, mardi, Noureddine Adam, censé incarner la ligne dure de la Seleka, n'a pas brandi de chiffon rouge. « Il a tenu un discours apaisé et apaisant », commente un participant à la réunion.

 

Un discours rassurant relayé par les cadres de son tout nouvel organigramme, tel Arda Hakouma, dernier chef en date de l'aile militaire de l'ex-Seleka : « Ma mission c’est d’amener la paix et de maintenir l’ordre. Notre programme, ce n’est pas de conquérir Bangui. Notre programme, nous, c’est la paix », affirme-t-il.

 

Face à ses interlocuteurs hier, Noureddine Adam a exprimé sa volonté de participer au Forum de réconciliation à Bangui dans quelques mois, et a promis de déposer les armes ensuite.

 

Une influence réduite

 

Mais quel poids pèse-t-il encore dans la mouvance Seleka ? Noureddine Adam a eu toutes les peines du monde à rallier à lui le puissant chef de guerre Mahamat al-Khatim. De plus, depuis la fin octobre, il doit faire face à une dissidence à Bambari. L'homme fort de la ville, Ali Darassa, a créé son propre mouvement, l'UPC, pour se démarquer de la ligne Noureddine.

 

Dans le même temps à Bria, Zakaria Damane, qui lui aussi a pris ses distances, attend de voir venir à lui tous les chefs privés de pouvoir par le dernier organigramme.

 

Au même moment, Michel Djotodia, exilé au Bénin, s'exprimait dans un journal régional français, expliquant être le seul à pouvoir éviter la partition de la Centrafrique, et à condition qu'on le rappelle au pouvoir. Un discours que Noureddine Adam, de son côté, semble donc avoir adouci.

RCA: Noureddine Adam tente de se replacer dans le jeu de la Seleka

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 23:33

 

 

 

http://www.un.org/  3 novembre 2014 – Dans le cadre de leurs opérations de sécurisation de la ville de Bangui, les forces de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) ont conduit vendredi conjointement avec des forces de l'opération Sangaris et des forces de sécurité centrafricaines, une opération dans les quartiers Gobongo et Boy Rabe, dans le 4e arrondissement de Bangui.

 

« Cette opération de sécurisation, qui a été menée sous le commandement de l'état-major conjoint du Secteur de Bangui, a consisté en des visites domiciliaires, des perquisitions et des interpellations. Pendant cette opération, les forces internationales et nationales ont fait face à des attaques à l'arme automatique et à la grenade », a précisé la MINUSCA dans un communiqué de presse.

 

Au total, cinq personnes ont été interpellées et remises aux autorités locales de sécurité pour enquête criminelle. Par ailleurs, un fusil, trois Kalachnikov, dont une équipée d'un lance-grenade, neuf chargeurs, 344 munitions de divers calibres, 10 grenades, quatre couteaux, une machette et une bombe lacrymogène ont été saisis.

 

La MINUSCA a remercié la population pour le soutien qu'elle lui a apporté durant cette opération et a salué la parfaite collaboration des forces nationales et internationales. La Mission a déclaré qu'elle poursuivrait « la mise en œuvre de son mandat avec détermination. »

Centrafrique : l'ONU interpelle cinq personnes dans le cadre d'une opération à Bangui

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 19:52

 

 

 

 

APA-Ouagadougou (Burkina) 2014-11-04 14:34:22 - L’opposition politique burkinabè affiliée au Chef de file de l’opposition politique (CFOP) exige qu’on situe les responsabilités concernant les morts lors de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre dernier au Burkina Faso ayant contraint Blaise Compaoré à démissionner et à s'exiler en Côte d'Ivoire.


Dans une déclaration, l'opposition, par la voie du CFOP Zéphirin Diabré, a salué « le combat héroïque de notre peuple, dont toutes les couches sociales ont bravé les peurs, sacrifié leurs vies pour faire obstacle à la forfaiture qui se préparait ». 

Pour lui, la lutte que menait le peuple burkinabè contre la révision de l'article 37 de la constitution, sous la direction de l'Opposition politique et de la société civile, a connu son apogée le jeudi 30 octobre.


« Ce jour, le peuple burkinabè a pris ses responsabilités et a organisé une insurrection populaire généralisée, sur toute l'étendue du territoire national, obligeant le Président Blaise Compaoré à rendre sa démission, laissant ainsi le poste de Président du Faso vacant », a indiqué M. Diabré.


Il a rappelé que des Burkinabè sont morts pour la 
« patrie et la démocratie », avant de saluer « leur sacrifice suprême et leur mémoire » et de compatir à la douleur de leurs familles.


L'Opposition politique souligne « la nécessité d'une commission d'enquête pour situer les responsabilités et, le cas échéant, donner les suites judiciaires qui s'imposent ». 


Par ailleurs, l'opposition estime que les actes de vandalismes lors de l'insurrection sont « le fait de personnes mal intentionnées, qui profitent toujours de ce genre de situation pour commettre leur forfait ».

 

http://www.apanews.net/article_read-808761-l---opposition-burkinabexige-que-les-responsabilitesoient-situe-au-sujet-des-morts-lors-de-l--insurrection-populaire.html#sthash.EOHjQp4w.dpuf

L'opposition burkinabè exige que les responsabilités soient situées au sujet des morts lors de l'insurrection populaire

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 19:47

 

 

 

 

Bangui Mardi 4 novembre 2014 | 19:57 UTC Afriquinfos) - Le ministère français des Finances gèle les avoirs de François Bozize par l’Arrêté du 29 octobre 2014, portant application des articles L. 562-1, L. 562-2 et suivants du Code monétaire et financier publié le 31 octobre 2014.

 

C’est le directeur général du Trésor qui a été chargé de la mise en œuvre de l’arrêté, dont les dispositions entrent en vigueur pour une durée de six mois. Selon le code monétaire et financier français, sont gelés les fonds, instruments financiers et ressources économiques qui appartiennent en plus de Jean Francis Bozizé, à Ange-Barthélémy Oueifio-Goningai (RCA), Feibonazoui Mberendeh Oueifio (RCA), Eric Danboy Bagale (RCA) et Abdelmanane Mahamat Katap (Tchad). Sont interdits de leur part les mouvements ou transferts de fonds, instruments financiers et ressources économiques à leur bénéfice.

 

Ils sont accusés d’œuvrer à la déstabilisation de la République centrafricaine et à l’encontre des objectifs poursuivis par les résolutions 2134 (2014), 2127 (2013) et 2121 (2013) adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies, et « tentent de commettre un acte de terrorisme dans le but de gravement intimider une population, contraindre indûment des pouvoirs publics et gravement déstabiliser les structures fondamentales politiques et constitutionnelles d’un pays ».

 

Dans le texte, il est mentionné que le fils de l’ancien président centrafricain détient les deux nationalités, française et centrafricaine. Cette même mesure  concerne également trois autres citoyens français d’origine centrafricaine et un Français d’origine tchadienne. L’ancien président de Centrafrique, François Bozizé, et son fils Jean-Francis font partie d’une liste de onze personnes que le Conseil de sécurité voulait sanctionner.

 

Les diplomates reprochent à l’ancien président centrafricain et à son fils d’organiser et de soutenir les milices anti-balaka et d’être un obstacle à une sortie de crise en Centrafrique. La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a annoncé en septembre dernier que la Cour était prête à ouvrir sa deuxième enquête en Centrafrique.

 

P. AMAH

 

(© 2014

Centrafrique : Les avoirs de Françis Bozizé gelés

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 19:45

 

 

 

 

Burkina la France a veillé à évacuer Compaoré avec les moyens utiles


Québec - AFP / 04 novembre 2014 19h28 - La France a veillé à évacuer de son pays le président déchu du Burkina Faso Blaise Compaoré avec les moyens nécessaires, a indiqué mardi à Québec le président français François Hollande.


Pour permettre la transition au Burkina, la France a fait en sorte que le président Compaoré (...) puisse être évacué vers la Côte d'Ivoire et nous avons veillé à ce qu'il soit évacué en mettant à disposition tous les moyens qui pouvaient être utiles, a-t-il déclaré en conférence de presse.


Le départ de Blaise Compaoré était inéluctable pour éviter qu'il y ait des drames, des convulsions, ou même un bain de sang, selon le président français.


A la question de savoir si la France avait mis à disposition un hélicoptère pour cette opération, le président français a expliqué que la France avec les chefs d'Etat dans la région avait facilité l'évacuation du président qui n'était plus président du Burkina Faso.

Au Burkina Faso, le président a voulu se succéder à lui-même après plus de 27 ans de présidence. C'était beaucoup, a estimé le président français. La France lui a fait passer le message qu'il avait sans doute un rôle à jouer mais plus comme chef d'Etat de son pays, a poursuivi M. Hollande.


M. Compaoré a préféré prendre une autre option et des troubles ont éclaté, qui ont été assimilés par François Hollande à une forme de révolution. Dès lors, nous avons dit très clairement qu'il fallait que le président quitte le pouvoir, a réaffirmé le chef de l'Etat.


Pour la France les valeurs démocratiques sont essentielles avec la tenue d'élections dans le calendrier prévu, a-t-il rappelé en marge d'une visite au Québec.


M. Hollande a rappelé que la relation de la France avec l'Afrique était basée sur le respect des ordres constitutionnels avec des élections issues de la volonté populaire.


(©) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=534039 

 

« Blaise Compaoré pourra rester en Côte d'Ivoire tant qu'il le veut », tranche Alassane Ouattara

 

APA- Abidjan (Côte d’Ivoire) - 2014-11-04 18:02:34 - De retour de Yamoussoukro, la capitale politique et administrative ivoirienne où il a rendu une ‘’visite de courtoisie’’ au Président déchu du Burkina Faso Blaise Compaoré, le Chef de l’Etat Ivoirien Alassane Ouattara s’est exprimé pour la première fois, mardi soir, publiquement sur la crise burkinabè, estimant que « Blaise Compaoré pourra rester en Côte d’Ivoire tant qu’il le veut ».


‘'Blaise Compaoré pourra rester en Côte d'Ivoire tant qu'il le veut (…) A présent nous souhaitons que la transition en cours se fasse dans le cadre d'un processus apaisé et constitutionnel conformément aux orientations de l'Union africaine et de la CEDEAO ‘', a déclaré devant la presse, le Président Alassane Ouattara dans le salon d'honneur de l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan.


"La Côte d'Ivoire est reconnaissante envers le Président Compaoré. C'est donc naturel que nous l'accueillons chez nous'', a-t-il ajouté en réponse aux partisans de l'ancien Chef de l'Etat Ivoirien Laurent Gbagbo qui viennent d'initier une opération baptisée "Compaoré dehors''.


Le samedi, M. Ouattara s'était exprimé via un communiqué en annonçant à l'opinion nationale et internationale que le Président Blaise Compaoré, sa famille et ses proches ont été ‘'accueillis'' à Yamoussoukro.


L'ex-Président Bukinabè, contraint à la démission vendredi face à un mouvement de contestation populaire, a trouvé dans la soirée du même jour, refuge à Yamoussoukro où il a été rencontré le lendemain par M. Ouattara.


Le Président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), le Ghanéen, ‘'John Dramani Mahama envisage de se rendre, mercredi, en personne à Ouagadougou accompagné de deux autres Chefs d'Etat, pour y rencontrer les différentes parties prenantes'', souligne un communiqué de l'organisation sous-régionale.

 

http://www.apanews.net/article_read-808786-%C2%AB-blaise-compaoreourra-rester-en-ced-ivoire-tant-qu-il-le-veut-%C2%BB-tranche-alassane-ouattara.html#sthash.Dx0VHo4V.dpuf

« Blaise Compaoré pourra rester en Côte d'Ivoire tant qu'il le veut », tranche Alassane Ouattara

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 19:43

 

 

 

 

http://www.dw.de/ 

 

En République centrafricaine, depuis le 25 octobre dernier, existe l'Unité pour la Centrafrique, UPC. Il s'agit d' un mouvement politico-militaire, né d'une scission au sein de l'ex-Séléka, ancien mouvement de rébellion

 

Noureddine Adam, l'un des responsables de cette ex-rébellion veut prendre le contrôle du mouvement actuellement miné par dissensions internes.

 

Si des dissensions minent la Séléka, celle -ci assure pourtant qu'elle respecte et appliquera, quoi qu'il advienne, les accords de Brazzaville exigeant le retour de la paix en Centrafrique et cela avec la coopération de tous les mouvements de rébellion. Pour le Lieutenant Ngabdia Younouss, chef de cabinet de l'état -major de l'ex- Séléka, l'existence de l'Unité pour la Centrafrique, UPC, ne saurait ébranler la ferveur de la Séléka:

 

" On garde toujours le statu quo, parce que c'est un parti qui vient de naître. Et pour l'instant, on attend que les choses se normalisent parce que l'AG de l'aile politique de la Séléka qui devait commencer aujourd'hui a été reportée à début novembre. "

 

En espérant que la rencontre de novembre prochain permette à l'appel de Noureddine Adam de prendre le contrôle du mouvement, l'Unité pour la Centrafrique, UPC dit appliquer les exigences de l'accord de Brazzaville.

 

Ecoutons à ce propos, le porte-parole, Ahamat Nejad Ibrahim :

 

"Nous, on s'appuie sur l'Accord de Brazzaville comme notre texte de base. Nous, ce qu'on veut c'est le retour de la paix dans le pays. »

 

Malgré cette scission, l'ex-Seleka assure contrôler encore plus de la moitié du territoire quand bien même ses responsables Michel Djotodia et Noureddine Adam, sont contestés.

L'UPC, un nouveau mouvement en RCA

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 17:21

 

 

 

 

http://blog.crisisgroup.org/   4 November 2014  By Thierry Vircoulon | @TVircoulon

 

Les violents évènements des premières semaines d’octobre en République Centrafricaine – les meurtres en public et affrontements dans la capitale, Bangui ; les meurtres moins visibles qui sont commis dans un espace rural qui échappe à tout contrôle et qui représente une surface plus grande que la France ; et les incursions à la frontière avec le Cameroun – sont autant d’indices de l’affaiblissement du dispositif sécuritaire mis en place par la communauté internationale et du gouvernement intérimaire centrafricain lui-même.

 

L’attention internationale est naturellement focalisée sur Bangui où le gouvernement de transition est basé. Les affrontements d’octobre ont confirmé le peu de résultats de l’opération française Sangaris en termes de désarmement. Toutes les parties ont des armes, y compris les citoyens qui espèrent seulement se protéger. L’insécurité urbaine est permanente et facilite le déclenchement d’émeutes. En charge du maintien de la paix depuis le 15 septembre, la mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA) a subi sa première perte humaine en octobre et peine à contrôler la capitale, sans parler du pays.

 

L’insécurité à Bangui accentue la fragilité du gouvernement de transition ; certains des affrontements les plus violents du mois d’octobre se sont déroulés juste devant la résidence de la présidente intérimaire Catherine Samba-Panza. Depuis le sommet de Brazzaville fin juillet, le gouvernement est incapable de lancer le dialogue intercommunautaire ou la consultation nationale qui devait faire office de processus politique. Les récentes accusations de détournement de fonds provenant d’Angola par la présidente Samba-Panza ont davantage affaibli son gouvernement qui approche dangereusement du moment où il sera considéré par beaucoup comme une partie du problème centrafricain plutôt que sa solution.

 

 …le gouvernement de transition est vivement critiqué non seulement par les groupes armés mais aussi par les partis politiques traditionnels.

 

Par conséquent, le gouvernement de transition est vivement critiqué non seulement par les groupes armés mais aussi par les partis politiques traditionnels. A la tête de la transition, Samba-Panza n’a pas privilégié la réconciliation et l’inclusion. Au contraire, le gouvernement de transition et le conseil de transition sont en porte-à-faux alors qu’ils devraient unir leurs efforts pour sauver le pays. Règlements de comptes et positionnement pour les prochaines élections (prévues en 2015) demeurent les principales préoccupations de la plupart des politiciens, ce qui discrédite encore un peu plus la classe politique centrafricaine aux yeux d’une population déjà très désenchantée. Bien que l’insécurité actuelle et l’absence de bureaucratie rendent les élections impossibles, les rivalités politiques sont exacerbées par la pression française en faveur de la tenue d’élections aussi tôt que possible. Certains politiciens ont déjà annoncé leur candidature tandis que d’autres se préparent en silence.

 

La cohésion régionale de façade se fissure face au désastre qui se joue en Centrafrique. Après le comportement violent et partial des forces tchadiennes à Bangui et leur retrait unilatéral en avril, l’Angola a décidé d’apporter son soutien financier et militaire à Samba-Panza, sans réelle consultation des autres acteurs de la crise centrafricaine (le Congo-Brazzaville, les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne, la France et les Etats-Unis).

 

L’affaiblissement du gouvernement centrafricain et du dispositif sécuritaire international s’accompagne d’une fragmentation du pays en zones d’influence.

 

L’affaiblissement du gouvernement centrafricain et du dispositif sécuritaire international s’accompagne d’une fragmentation du pays en zones d’influence. Ces zones sont de plus en plus fluides alors qu’une direction unifiée fait défaut aussi bien au niveau de la Séléka que des milices anti-balakas et que ces deux mouvements se fragmentent en baronnies plus guidées par des considérations tribales, de pouvoir et de contrôle des ressources économiques (particulièrement de diamants, d’or et de pâturages) que par des considérations religieuses per se.

 

Les négociations avec les dirigeants anti-balakas ont envoyé un signal négatif en termes de lutte contre l’impunité et laissent les groupes anti-balakas penser qu’ils ont l’avantage sur le gouvernement. Certains groupes ont fait part de leur disponibilité pour « un autre 5 décembre 2013 » à Bangui (date à laquelle les groupes anti-balakas attaquèrent la capitale afin d’en chasser le gouvernement de Michel Djotodia soutenu par la Séléka). Des appels à la mobilisation venant de dirigeants anti-balakas à Bangui semblent entendus dans les provinces ; les combattants qui s’y trouvent – notamment à Bossembele, Bossemptele et Bossangoa, des zones où l’ancien président François Bozizé, lui-même évincé du pouvoir par Djotodia plus tôt en 2013, conserve une influence – se disent prêts à attaquer la capitale si nécessaire.

 

Pendant ce temps, les anciens chefs de guerre de la Séléka consolident leurs positions, notamment dans le nord et l’est du pays où ces divers groupes ont mis en place leur propre administration. La police, les douaniers et le personnel de justice ont fui la plupart des villes, laissant la Séléka imposer des taxes, arrêter et juger les voleurs. Michel Djotodia conserve une influence sur certains commandants de la Séléka, notamment ceux de la tribu Gula, mais la direction de la Séléka est maintenant officiellement divisée en deux mouvements : l’Unité pour la paix en Centrafrique et le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique.

 

A cette fragmentation, qui ne devrait pas être assimilée à un affaiblissement, s’ajoutent de nouveaux groupes armés dans certaines zones (comme Révolution et Justice dans le nord-ouest). Chaque composante des groupes armés travaille à la consolidation de son propre pouvoir, économique aussi bien que militaire, au niveau local. En multipliant le nombre de seigneurs de guerre, la fragmentation croissante des groupes armés rend l’accès humanitaire plus difficile et dangereux et compliquera toute négociation.

 

Tous les éléments d’une crise de longue durée semblent réunis : une force de maintien de la paix qui n’est pas dissuasive, une autorité transitionnelle inefficace, des désaccords entre les acteurs extérieurs, l’impunité et la fragmentation des groupes armés. Afin de sortir de la dangereuse et actuelle impasse, la communauté internationale doit trouver les réponses à au moins six questions difficiles :

 

  • Quelle est la bonne stratégie et quels sont les instruments pour gérer les groupes armés (DDR, négociations, combat contre l’impunité, etc.) ? Comment articuler l’usage de la force militaire et le processus politique ?
  •  
  • Etant donné les limites de la MINUSCA, quelles capacités militaires et policières sont nécessaires pour stabiliser la situation ?
  •  
  • Que faut-il faire des forces de sécurité centrafricaines ? Est-ce que la création d’une unité militaire d’intervention est une bonne idée dans le contexte actuel ?
  •  
  • Le gouvernement de transition est-il toujours en mesure de fournir une solution politique et le cadre institutionnel actuel est-il toujours pertinent ?
  •  
  • Les puissances régionales pourraient-elles jouer un rôle constructif en faveur de la paix plutôt que de compliquer la résolution de la crise ?
  •  
  • Vouloir organiser un vote dans un pays à l’histoire électorale turbulente, sans liste des électeurs et en l’absence d’efforts sérieux pour mettre fin à la violence communautaire récente ou poser les fondations d’une réconciliation politique, contribuera-t-elle à la résolution de la crise ou à son aggravation ?
  •  

Pendant que les Nations unies peinent à mobiliser les ressources nécessaires pour leur mission centrafricaine et que l’Union européenne cogite sur l’après-mission EUFOR-CAR (prolongée jusqu’en mars 2015), ces questions devraient être au centre des discussions du groupe international de contact qui doit se réunir à Bangui la semaine prochaine.

Lu pour vous : RCA : Le temps des questions difficiles (ICG)

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 17:05

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-11-04 14:23:35 - L’insécurité à Bangui, la rentrée scolaire, l’élection et la Minusca font la Une de la presse de ce mardi Médias + avertit : « Attention au KM5 » tandis que Centrafric Matin s’interroge « A quand le désarmement de KM5 ? ».


Selon Médias +, « le départ des musulmans pacifistes et non Séléka de KM5, donne désormais l'occasion aux tueurs à gage islamistes de faire leur sale boulot et ils sont en train de préparer une vaste opération de vengeance pour leurs parents tués et des biens perdus ».


« Au cas où il n'y a pas de désarment de KM5, Boy-Rabe et de tous les autres arrondissements de Bangui, cette vague de violence ne finira jamais. C'est pourquoi nous demandons aux autorités de la transition de prendre leur responsabilité devant ce phénomène de violence pour lui trouver une solution» commente Centrafric Matin. 


Abordant la question de la Minusca, le même journal se demande : « Babacar Gaye et la Minusca peuvent-il juguler la crise en si peu de temps ? C'est une affaire de gros sous dans les poches », fait-il remarquer ajoutant : « arme à la main on ne pense qu'à repartir aussi riche de pétrodollars saoudiens. Alors Sangaris, l'Eufor-RCA, Minusca, chaque entité met en scène son scénario ».


Et de s'étonner de l'armada déployé par les forces onusiennes sans qu'il y ait la paix « autant de matériels de guerre, autant d'engins de la mort, autant de bureaucratie sans que la paix ne soit au rendez-vous. Chaque élément, petit et grand rêve d'une villa personnelle grâce à la RCA. S'il y a la paix tout de suite ils seront au chômage », souligne-t-il.


Et Le Confident de renchérir « le pompier Babacar Gaye à Bambari ». Le journal revient sur le déplacement du chef de la Minusca, samedi 1er novembre à Bambari pour « non seulement s'informer sur l'accentuation de l'insécurité dans cette ville mais aussi recueillir des propositions relatives à la régression de ces violences qui ont entrainé des pertes en vies humaines ».


Le Démocrate revient sur « la rentrée scolaire 2014-2015. Les enseignants exigent quatre mois de salaire ». 

 

Décidemment les enseignants se sont entendus pour ne pas reprendre le chemin de l'école afin de contraindre le gouvernement à répondre à leurs exigences. Entre autres exigences le versement des arriérés de salaire, la question de la sécurité et une bonne gestion des ressources humaines » souligne Le Démocrate.


Evoquant les futures élections, L'Hirondelle titre : « Centrafrique : Les élections au plus tôt en août 2015 ».

 

A en croire ce journal, à Bangui plus personne ne croit au respect de l'échéance du 15 février 2015. Donc, prolongation en vue pour la transition.


« On s'en doutait. On a désormais la certitude. Initialement programmées le 15 février 2015, les élections générales en RCA, scrutin présidentiel en tête, sera différé d'au moins d'un semestre. L'enjeu calendaire a été de nouveau évoqué lors d'un récent briefing politique de la Minusca », indique L'Hirondelle.

 

http://www.apanews.net/article_read-808759-inserite-bangui-rentrescolaire-ection-et-minusca-ea-une.html#sthash.3jRV1sOs.dpuf

Insécurité à Bangui, rentrée scolaire, élection et Minusca à la Une

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 16:18

 

 

 

 


Ouagadougou - AFP / 04 novembre 2014 13h41 - L'homme fort de la transition au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Zida, a déclaré mardi au roi des Mossi, le plus influent chef traditionnel du pays, qu'il comptait remettre le pouvoir aux civils, a indiqué ce dernier à un journaliste de l'AFP.


Ils sont venus nous dire qu'ils vont remettre le pouvoir aux civils. Nous les avons encouragés à aller dans ce sens. Le pays doit retrouver la quiétude et la paix afin d'envisager son développement, a déclaré le Mogho Naba sur le perron de son palais après son entretien avec M. Zida.


Celui-ci, entouré d'une demi-douzaine de militaires, a rendu visite au Mogho Naba, chef très respecté de la plus importante communauté burkinabè, qui l'a reçu assis sur son trône, avec à ses côtés l'archevêque Philippe Ouédraogo et l'imam Sana, le chef de la communauté musulmane.


Accompagné de sa garde militaire, il s'est engouffré dans un gros 4X4 noir sans faire de commentaires après l'entretien.


Il devait rencontrer à 11H45 heures (locales et GMT) le président du Conseil constitutionnel. 

Ce dernier ne s'est pas exprimé depuis le début de la crise, en dépit de l'annonce par l'armée vendredi de la suspension de la Constitution et de la dissolution de l'Assemblée nationale.


M. Zida avait déjà ouvert la porte lundi à une transition civile, déclarant que le pouvoir exécutif sera conduit par un organe de transition dans un cadre constitutionnel, et que cet organe de transition sera dirigé par une personnalité consensuelle désignée par tous les acteurs de la vie nationale, dans un délai le plus bref possible.

 
Le Burkina Faso est plongé dans une crise politique après la chute du président Blaise Compaoré, chassé par une insurrection populaire après 27 ans de pouvoir. 

Dans l'après-midi, M. Zida recevra des chefs d'entreprises et des responsables des syndicats, après avoir rendu visite à des malades de deux hôpitaux, a annoncé un militaire chargé de sa communication.



(©) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=533889 

Burkina: le chef de la transition va remettre le pouvoir aux civils, selon un chef traditionnel
Burkina: le chef de la transition va remettre le pouvoir aux civils, selon un chef traditionnel

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 15:39

 

 

 

Le Burkina Faso, une base pour Paris

 

THOMAS HOFNUNG LIBERATION 3 NOVEMBRE 2014 À 20:06

 

ANALYSE

 

Avec Blaise Compaoré, la France perd un allié de longue date, devenu encombrant.

 

A Paris, la crise au Burkina Faso est suivie avec autant d’attention que de discrétion. Une discrétion à la mesure de l’enjeu stratégique que représente ce pays : si l’ex-colonie française n’a ni uranium (contrairement au Niger), ni pétrole (exploité au Gabon ou au Congo-Brazzaville), ni cacao (cultivé en Côte-d’Ivoire), l’ex-Haute-Volta est une importante plateforme militaire pour la France. Alors que Paris a établi en août à N’Djamena, au Tchad, le QG de l’opération Barkhane, «Ouagadougou reste le cœur du réacteur nucléaire du dispositif français dans la zone», assure le spécialiste des questions militaires Jean-Christophe Notin.

 

Entre l’état-major français et Blaise Compaoré, lui-même ancien officier, le courant est toujours bien passé. En 2010, l’armée française a installé à Ouagadougou, sans tambour ni trompette, la base arrière des forces spéciales qui opèrent dans la région. Sur l’aéroport de la capitale, les Français côtoient leurs homologues américains qui sont également à demeure au Burkina Faso, un pays jusqu’ici très prisé pour sa stabilité politique plus que pour sa vitalité démocratique.

 

«Puissance». D’après une source bien renseignée, un homme a joué un rôle clé dans l’installation des commandos français à «Ouaga» : le général Benoît Puga. Ancien patron des forces spéciales, ce dernier est aujourd’hui chef d’état-major particulier du président Hollande, après avoir été celui de Nicolas Sarkozy«En permettant aux militaires français de monter en puissance chez lui, le président Compaoré escomptait sans doute un soutien sans faille en retour», estime ce même observateur.

 

En 2011, l’ex-président burkinabé a fait face à une grave mutinerie au sein de l’armée, qui a gagné les rangs de la très fidèle garde présidentielle. Durant cette crise, qui préfigure à certains égards les derniers événements à Ouagadougou, Paris demeura plutôt discret. Certains observateurs assurent pourtant que Compaoré a pu compter sur le soutien des services français pour se rétablir. L’ambassadeur de France s’appelait alors Emmanuel Beth, un général qui a commandé l’opération Licorne en Côte-d’Ivoire et dont le frère, Frédéric Beth, dirigeait en 2011 le commandement des opérations spéciales avant de devenir le numéro 2 de la DGSE. «A ma connaissance, Paris n’est pas intervenu dans ces événements, même si Blaise Compaoré, paniqué, a appelé à deux reprises notre ambassadeur au plus fort de la tourmente, rétorque une source diplomatique proche du dossier. Il a réussi à se maintenir tout simplement parce que personne n’a eu l’idée parmi les mutins de le déposer.» Après avoir changé le gouvernement et toute la chaîne de commandement de son armée, le «beau Blaise» est parvenu à remonter sur son trône.

 

Pompier pyromane. Compaoré était sans nul doute un allié précieux, mais pas docile. «Il avait son propre agenda qui ne coïncidait pas forcément avec celui de Paris», souligne ainsi Antoine Glaser, auteur d’AfricaFrance (1). Dans les années 90, il était proche du colonel Kadhafi et a joué un rôle très trouble, pointé dans plusieurs rapports des Nations unies, dans les guerres civiles qui ont ensanglanté le Liberia et la Sierra Leone. Si son soutien actif aux rebelles qui ont tenté en 2002 de renverser Laurent Gbagbo en Côte-d’Ivoire n’est un mystère pour personne, la question d’une tacite approbation de Paris reste ouverte. En bon pompier pyromane qu’il fut, Compaoré a ensuite joué les faiseurs de paix chez son voisin. Puis il a armé les forces pro-Ouattara après l’élection contestée de 2010. «Cela nous a bien arrangé à l’époque», confie un responsable français. Les ex-rebelles ont finalement délogé Gbagbo de son palais-bunker, avec l’aide active de l’armée française, en avril 2011.

 

Depuis l’élection de Hollande, Paris a émis de discrets signaux pour inciter Compaoré à passer la main, pressentant les troubles à venir. Début octobre, le président français a adressé un courrier à son homologue burkinabé lui offrant son soutien à une éventuelle candidature à un poste international. Restée lettre morte, cette missive qui a «fuité» dans Jeune Afrique révèle a contrario une forme d’impuissance. «La présence militaire française accrue en Afrique est le cache-misère d’une politique en déshérence sur le continent», assène Antoine Glaser.

 

(1) Fayard, février 2014.

 

Thomas Hofnung

 

 

 

«En fait, le régime Compaoré était carrément satanique !»

 

MARIA MALAGARDIS LIBERATION 3 NOVEMBRE 2014 À 20:06

 

REPORTAGE

 

Dans la villa ensanglantée du frère de l’ex-président ou dans celle encore pimpante de sa sœur : scènes post-insurrection au Burkina Faso.

 

C’est un peu la petite maison des horreurs version burkinabée : des traces de sang sur les murs. Mais aussi des intestins, retrouvés on ne sait où et qui pourrissent sur la pelouse du jardin. Sans oublier l’odeur de macchabée qui, par endroits, s’impose au milieu de cette vaste demeure dévastée. Depuis le week-end dernier, la maison saccagée de François Compaoré, le frère du président déchu, est devenue la dernière attraction à Ouagadougou.

 

L’ambiance y est morbide, fascinante. Tout autour, la capitale semble pourtant avoir retrouvé un rythme de vie normal, ses grandes artères sont à nouveau envahies d’une armada de motocyclettes. Comme si, après les violences de dimanche, les Burkinabés avaient décidé de marquer une pause.

 

Ce lundi, les déclarations du nouvel homme fort du pays (du moins provisoirement) étaient pour la première fois rassurantes : certainement sous la pression de la communauté internationale, le lieutenant-colonel Isaac Zida a promis une transition «dans le respect de l’ordre constitutionnel» et même la désignation d’une personnalité consensuelle pour la mener à bien, et ce rapidement.

 

«Archéologues». Mais la page ne se tourne pas si vite. Et c’est avec une curiosité avide que la foule découvre l’antre de l’homme de l’ombre de l’ancien régime. Plus encore que Blaise Compaoré, son frère cadet était craint et haï. En prenant d’assaut sa villa vendredi, alors que François Compaoré s’enfuyait au Bénin, les manifestants sont allés de surprise en surprise. Aujourd’hui encore, on continue à sonder les trous creusés dans les murs, à fouiller dans le tapis de documents et papiers qui recouvrent les sols de toutes les pièces. Souvent avec un mouchoir sur le visage, pour éviter l’odeur de mort. Lundi, les «archéologues» des vestiges de l’ancien régime ont découvert un fétiche et une tête de bélier. Aussitôt jetés dans un trou d’égout devant la maison. Un groupe de curieux se penchent, sifflent d’un air désabusé, soudain indifférents aux jeunes gens qui les harcelaient pour leur vendre contre 500 francs CFA (moins de 1 euro) «le dossier complet» : des photocopies de documents retrouvés dans la maison, mais aussi des «photos souvenirs» trouvées par les premiers arrivants : on y voit un crâne et une femme penchée sur ce qui ressemble à un corps : «C’est la femme de François ! Sur cette photo, elle est en train de boire le sang d’un albinos !» s’exclame un jeune vendeur.

 

Aussitôt, l’attention est détournée ailleurs : à l’intérieur de la maison, quelqu’un vient de retrouver un nouveau document. Il le brandit. Un attroupement se forme : c’est une longue lettre tapée à la machine qui s’intitule «Conseils au capitaine Diendéré». Impossible de la lire dans le détail au milieu de cette foule excitée. Elle n’est pas datée. Mais s’agit-il de l’actuel colonel Diendéré ? Ce dernier était jusqu’à vendredi le patron de la sécurité présidentielle. D’ailleurs, il est toujours à Ouagadougou, lui. Et ne semble pas avoir perdu pour l’instant beaucoup de son pouvoir, même s’il ne s’expose pas.

 

Pampa. Au Burkina Faso, il y a la rue, qui s’enflamme régulièrement désormais. Et il y a les coulisses, où se nouent les tractations. D’ailleurs, ce n’est pas «portes ouvertes» partout. Pour s’en persuader, il suffit de se rendre à 35 km de la capitale, à Ziniaré, village natal de l’ex-président. On peut y visiter l’église, belle bâtisse en brique rouge, où a été baptisé Compaoré. Et, perdu dans la pampa, l’orphelinat parrainé par sa femme, Chantal. Pour le reste, c’est un bourg poussiéreux et misérable d’où émergent quelques bâtiments administratifs aussi neufs que déserts, devant lesquels paissent des troupeaux de zébus. «Blaise n’a rien fait à Ziniéré, il n’a rien construit», soupire Gaston Sedgho, un typographe au chômage, installé au marché devant un bol de dolo, sorte de sorgho fermenté.

 

Portraits. Pourtant, Blaise Compaoré a bien construit quelques belles maisons. A commencer par la sienne : elle se cache au bout d’une superbe allée encadrée de lampadaires bleu ciel, un peu à l’écart du village. Mais impossible de remonter l’avenue : sous une guérite, trois hommes en civil, peu amènes, bloquent toute tentative. Il y a aussi la maison de sa sœur Antoinette : magnifique villa rose, d’un goût un peu clinquant, au cœur du bourg. Sa famille est toujours là. Derrière l’immense portail, des hommes sont affalés sur de larges canapés sous l’auvent de l’entrée. Sur les fenêtres du rez-de-chaussée, il y a toujours de larges portraits de l’ex-président, accompagnés du slogan «la vision d’un Burkina émergent». On y accueille les visiteurs, on leur offre même une bouteille d’eau. Mais les commentaires sur la situation sont laconiques, sur la défensive. Et «madame Antoinette» restera invisible.

 

C’est à Ziniéré que s’étaient réfugiés ministres et députés jeudi. Tous sont partis et certains sont retournés à Ouagadougou, réfugiés dans l’enceinte surprotégée de l’immense camp de gendarmerie de Paspanga. Dans l’attente de quel dénouement ? Hors de portée en tout cas des commentaires des visiteurs de la maison de François Compaoré : «En fait, ce régime était satanique ! Le frère du Président pratiquait même la magie noire !» s’exclame un petit homme au visage recouvert de scarifications. Qui soupire : «Il a manipulé, il a tué. Mais Dieu n’est pas pressé, et là enfin c’est fini.»

 

Par Maria Malagardis Envoyée spéciale à Ouagadougou

 

 

 

(Blaise et son frère cadet François Compaoré)

Lu pour vous : Avec Blaise Compaoré, la France perd un allié de longue date, devenu encombrant.
Lu pour vous : Avec Blaise Compaoré, la France perd un allié de longue date, devenu encombrant.

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