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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 22:40

 

 

 

 

Par RFI 01-12-2014 à 18:57

 

Les grandes manœuvres politiques se poursuivent en Centrafrique dans l'optique du forum de Bangui. Prévu en janvier, il doit permettre un dialogue politique entre toutes les composantes de la crise centrafricaine en vue des prochaines élections en milieu de l’année 2015. Les anti-balaka veulent devenir des acteurs politiques. Ainsi, samedi dernier, la CLPC, l'une des composantes les plus importantes du mouvement, s'est transformée en parti politique. Le Parti centrafricain pour l'unité et le développement a propulsé à sa tête Edouard Patrice Ngaissona.

 

Edouard Patrice Ngaissona n'a jamais caché ses ambitions. L'ex-coordinateur national des mouvements anti-balaka a toujours voulu unifier, à son profit, un mouvement morcelé pour en faire un acteur-clé dans la lutte de pouvoir qui se joue en RCA. Patrice Ngaissona a d'abord réussi à écarter ses potentiels concurrents. Joaquim Kokaté et Sebastien Wénézoui, un temps plus en vue au sein des anti-balaka, en savent quelque chose.

 

A l'heure de la préparation du forum de Bangui qui décidera en janvier de l'avenir des institutions du pays, Edouard Patrice Ngaissona a compris qu'il fallait transformer le mouvement anti-balaka en force politique. Il est populaire parmi les nostalgiques du régime Bozizé et possède une certaine audience dans la communauté Gbaya, de Bangui jusqu'à Bossangoa. Reste à savoir s'il arrivera à contrôler les chefs militaires anti-balaka, à Bangui et en province, qui ne lâcheront pas de gaieté de cœur des armes grâce auxquelles ils s'enrichissent.

 

L'autre inconnue de taille consiste à savoir s'il pourra briguer le fauteuil présidentiel en juin 2015. Pour l'heure, il se dit dans les couloirs de la présidence que le forum de Bangui devrait fixer des conditions drastiques aux futurs candidats, notamment sur la question des crimes commis. Mais c'est justement pour avoir voix au chapitre dans ce débat que l'ancien anti-balaka peaufine sa stratégie politique en vue de ce forum de Bangui. 

RCA : les anti-balaka veulent peser dans le débat politique
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Centrafrique-Presse.com
1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 22:18

 

 

 

CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE CENTRAFRIQUE

 

(CECA)

 

AMEN, VIENS SEIGNEUR JÉSUS

 

(Ap 22,20c)

 

Bangui, Novembre 2014

 

Nous, membres du Conseil Permanent de la Conférence des Évêques de Centrafrique, nous nous adressons à tous les fidèles du Christ Jésus et à tous les hommes et femmes de bonne volonté au début de ce temps fort de l’Avent. Que la grâce et la paix de Dieu soient toujours avec vous.

 

La question du temps n’est pas optionnelle, elle est essentielle. Aujourd’hui, il semble que nous ne prenons pas le temps au sérieux. Quand nous perdons le temps, le futur change sa signification. De promesse, il devient synonyme de menace. Ainsi, il suscite la peur plutôt que l’espérance, l’angoisse plutôt que l’assurance.

 

  1. L’attente joyeuse du Messie

 

Pendant le temps de l’Avent, ce qui nous distingue en tant que chrétiens, c’est l’attente joyeuse de QUELQU’UN. Le chrétien qui vit « éveillé » est porté en avant vers QUELQU’UN, comme l’amoureux vers l’être aimé qu’il désire accueillir. Cette attente est au cœur du Christianisme. Attendre quelqu’un est un mouvement dynamique de tout l’être, un engagement de toutes les ressources personnelles. Celui qui vient n’est pas un Dieu vague que nous-mêmes avons forgé ou fabriqué. Il dépasse l’homme, et le transcende. Il est avant l’homme et au-dessus de lui. La Parole de Dieu nous le présente comme « Emmanuel » (Is 7,14) ; « Conseiller merveilleux, Dieu fort, Prince de la paix » (Is 9,5) ; « Rameau de la souche de Jessé » (Is 11,1) ; « Fils de David, Celui qui vient au nom du Seigneur » (Mt 21,9) ; « Fils du Très Haut » (Lc 1,32) ; « Fils de l’homme » (Lc 12,8) ; « Celui qui baptise dans l’Esprit Saint » (Jn 1,33) ;  « Messie » (Jn 1,41) ; « Fils de Dieu » (Jn 1,49) ; « Sauveur du monde » (Jn 4,42) ; « Alpha et Omega, Premier et Dernier, Commencement et Fin » (Ap 22,13). C’est le Seigneur Jésus Christ qui vient sauver de l’angoisse du lendemain et des ténèbres de la mort.

 

Certains de nos compatriotes semblent hébétés devant le mystère de la vie et de la mort. Ils n’attendent plus rien, ni de la religion, ni de Dieu. Pour eux, le Christ n’est pas venu. Il n’y a rien de changé. Le mot Dieu est pour eux vide de sens, et la religion qui a vocation de le faire connaître et aimer, apparaît comme une utopie, voire une aliénation. Ceux qui n’attendent pas Dieu transposent leur espérance dans l’attente d’un monde meilleur qui vient du seul effort de l’action collective des hommes. Dans cette perspective, les promoteurs de l’humanisme athée pensent que « l’homme et la société peuvent atteindre un état de perfection au terme d’évolutions seulement humaines ».

 

  1. Jésus vient nous donner la paix
  2.  

Quand il voulut entrer à Jérusalem, à la vue de la ville, Jésus pleura sur elle « en disant :   ‘‘Ah ! Si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux’’ » (Lc 19,42). Ces derniers temps, le mot « paix » et l’expression « cohésion sociale » sont fréquemment employés par des acteurs politiques, militaires ou religieux. Mais avons-nous vraiment compris le message de paix ? La paix du monde est différente de la paix du Christ. La paix du monde se veut absence de conflits, fin des hostilités, rejet de la haine. Elle est fondée sur les lois, la reconnaissance mutuelle des droits humains, les accords et alliances politiques et militaires, les répressions, les forces de défense et de sécurité. Mais la paix du Christ ne va pas de soi et n’appartient pas aux données évidentes et natives de la nature humaine. Elle ne se trouve pas dans nos mains. Elle est tout d’abord un don de Dieu, la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ (Rm 5,1). Jésus Christ, notre paix, détruit les barrières qui séparent les peuples, supprime en sa chair la haine, crée un Homme nouveau, réconcilie avec Dieu, proclame la paix, donne l’Esprit d’amour (Ep 2,14-18). Pendant son ministère public, Jésus était conscient qu’il y a des tensions entre les hommes. Il a travaillé à la réconciliation des êtres humains par son enseignement, ses miracles, le pardon des péchés et l’accueil des pécheurs. Dans son message de paix, Jésus exhorte ses disciples à la conversion, à l’amour du prochain et de l’ennemi (Mt 5,43-48 ; Mc 1,15 ; Jn 13,34-35).  Il proclame heureux « les doux », « ceux qui ont faim et soif de justice », « les miséricordieux », « les cœurs purs », et « les artisans de paix » (Mt 5,5-9). Au malade guéri ou au pécheur pardonné, Jésus dit « va en paix » (Lc 7,50 ; 8,48). À ses disciples, il dit : « Ayez du sel en vous-mêmes et soyez en paix les uns avec les autres »    (Mc 9,50).  Aux disciples qu’il envoie en mission, il dit : « En quelque maison que vous entriez, dites d'abord : ‘‘Paix à cette maison !’’ » (Lc 10,5).  Aux apôtres vers qui il vient après sa résurrection, il dit : « La paix soit avec vous » (Jn 20,19.21.26).

 

Jésus Christ qui est venu, qui doit venir, nous est présent et habite parmi nous. En tant que serviteurs du Christ Jésus, nous reconnaissons que Lui-seul scrute les cœurs. Pour cela, nous vous exhortons à orienter votre vie vers le Christ, à être plus proches de lui, et à vous laisser instruire par lui pour discerner ce qui est essentiel et faire de vos vies des espaces d’humilité et de respect, de service et d’amour. Chaque jour, chacun est invité à choisir entre deux chemins : vie et mort, bonheur et malheur, sagesse et folie, confiance et méfiance,  amour et haine, pardon et vengeance. Le Seigneur lui-même nous exhorte à choisir la vie, le bonheur, la sagesse, la confiance, l’amour et le pardon pour mettre en valeur nos talents (Dt 30,15-20). En dépit de sa souveraineté, Dieu ne s’impose pas. Il nous permet de vivre comme des êtres humains libres et responsables de leur épanouissement ou de leur malheur. Les derniers tristes événements survenus en Centrafrique montrent qu’il y a encore des gens qui s’opposent à la volonté de Dieu, dévalorisent leurs talents et s’autodétruisent en optant pour la mort, le malheur, la folie, la méfiance et la vengeance. 

 

  1. La montée du grand banditisme

 

En toute vérité, nous nous inquiétons de la montée du grand banditisme. Le peuple est encore pris en otage par des groupes armés qui battent le pavé et occupent le devant de la scène. La liberté de vaquer à ses occupations et de subvenir honnêtement à ses propres besoins devient une pure illusion pour beaucoup de nos compatriotes qui sont entravés dans leurs aspirations sur une large portion du territoire national. En effet, l’insécurité contraint encore de nombreuses personnes à fuir leurs maisons et villages et à se réfugier dans des camps de fortune comme c’est le cas à Bangui, à Bambari, à Batangafo... Nous avons dénoncé à plusieurs reprises ces conditions de précarité auxquelles sont soumis injustement les Centrafricaines et les Centrafricains depuis le début de cette crise militaro-politique dont nous ne cessons de déplorer les victimes innocentes. On dirait une lente descente aux enfers.

 

Par ailleurs, nous condamnons avec la plus grande fermeté les actes de banditisme orientés avec acuité ces dernières semaines contre le personnel pastoral. L’abbé Mateusz DZIEDZIC, fidei donum polonais à la paroisse de Baboua dans le diocèse de Bouar, pris en otage par le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) au mois d’octobre, vient d’être libéré par ses ravisseurs. Il semblerait que certains se plaisent même à disséminer des armes au sein de la population. C’est un jeu extrêmement dangereux qui ne favorise guère la cohésion sociale. Privilégions plutôt le dialogue, la médiation et la diplomatie pour la résolution de nos différends. Aussi, exhortons-nous les forces de sécurité nationale, la Minusca, les Sangaris et l’Eufor-RCA à redoubler de vigilance quant à la sécurité et à la protection des populations civiles.

 

  1. Pour construire une société de paix

 

Il est impossible de bâtir la paix avec la terreur, la méfiance réciproque, et avec un esprit, un cœur et des mains armés. Même si la paix durable et véritable est un don du Christ, elle dépend aussi de chacun de nous. Chacun a la possibilité et le devoir de s’engager et de collaborer pour la paix. En règle générale : chacun doit renoncer à se faire justice soi-même en suivant ses propres convictions. L’instrument idéal pour résoudre les hostilités c’est le dialogue raisonnable, la confrontation verbale, le débat constructif : se parler pour arriver à des compromis de paix basés sur le respect réciproque. Nous exhortons les médiateurs à croire davantage à leur capacité à promouvoir la paix. Qu’ils soient toujours à l’écoute du peuple et des belligérants pour établir des points de repères  et coopérer à trouver des solutions consensuelles aux divergences. Comme vous le savez, dans toute société humaine, la loi n’a pas d’efficacité sociale sans la figure de celui qui décide de la conformité ou non aux normes avec le pouvoir de sanctionner la transgression. Que les juges se chargent  donc de gérer les conflits entre les citoyens pour sauver le droit et le bien des citoyens, et pour consolider la paix sociale.

 

Loin de céder au fatalisme, croyons donc fermement à notre capacité, en tant que peuple, à nous relever de la déchéance dans laquelle nous sommes tombés. Les défis sont certes nombreux, mais ils ne sont pas de l’ordre de l’impossible. N’avons-nous pas su maintenir les liens de la cohésion sociale en dépit des blessures que chacun porte en lui-même ? Nombreuses sont en effet les initiatives que nous avons engagées en ce domaine. Elles ont davantage besoin d’être consolidées.

 

La détermination dans la recherche de la paix durable et de la cohésion sociale par le pardon et l’acceptation de l’autre dans sa différence est un caractère propre des forts. Allons-nous nous laisser décourager par les embûches qui entravent nos chemins ? Désormais, il est temps de nous poser les véritables questions. À quoi cela nous servirait-il de continuer à nous entretuer ? Prenons appui sur le Seigneur pour comprendre que le relèvement économique de notre pays et son développement ne se feront pas sur les dépouilles mortelles de nos frères et sœurs. Toutefois, dans ce contexte de grande fragilité, nous exhortons le gouvernement, à créer avec l’appui de la communauté internationale, les conditions idoines de sécurité pour tous les citoyens, à lutter contre l’impunité, à rétablir l’autorité de l’État, pour consolider la cohésion sociale, le dialogue et la paix.

 

Le Christ vient. La sortie de cette crise est à notre portée, pourvu que nous y croyions. C’est à ce niveau que nous sommes interpellés en tant que croyants. Apprenons donc à faire le bien et la Centrafrique vivra en paix. MARANATHA !

 

Prions ensemble :

 

            Jésus Christ, Prince de la paix,

            Incarnation de l’Amour infini du Père,

            Salut toujours invoqué et toujours attendu,

            Unique espérance des Centrafricains,          

            Toute l’Église crie vers toi et t’attend !

 

            Viens Seigneur Jésus !

            Viens nous sauver de la haine.

            Viens nous donner le goût de vivre ensemble.

            Viens nous apprendre à faire le bien aux autres.

            Viens nous transformer en artisans de paix.

 

En la Solennité du CHRIST ROI, CECA, le 23 novembre 2014

 

 

Le Conseil Permanent 

 

       
  Mgr NZAPALAINGA    
 

 

 

Mgr Dieudonné NZAPALAINGA                           Mgr Nestor-Désiré NONGO           

Archevêque de Bangui                                              Évêque de Bossangoa

 

 
  Mgr Cyr Nestor


Président de la CECA                                                           Vice-Président de la CECA

 
   


                                                                              

Mgr Guerrino PERIN                                                           Mgr Cyr-Nestor YAPAUPA

Évêque de Mbaïki                                                     Évêque d’Alindao

 

 

Message du Conseil Permanent des Évêques pour le temps de l’Avent
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Centrafrique-Presse.com
1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 22:00

 

 

 

http://www.lexpress.fr   Par Vincent Hugeux, publié le 01/12/2014 à 18:57

 

Au coeur de conflits armés et de trafics, la production diamantifère de la RCA s'est effondrée. De l'Est, fief de l'ex-rébellion, à l'Ouest, sous l'influence des milices rivales, les déchirements du pays ont tari un pactole qui manque cruellement aux caisses d'un Etat en faillite. 

 

La clairière de Kassa Mogounda, nichée à 23 kilomètres au nord de Bria "la scintillante", haut lieu du diamant centrafricain et fief de l'ex-rébellion Seleka, tient autant de la ruche à ciel ouvert que de l'archipel balayé par un cataclysme. D'épais troncs déracinés gisent au hasard des remblais de glaise et de terre, enjambant comme autant de passerelles un lacis de mares d'un gris laiteux.  

 

Aux clameurs des "creuseurs" se mêlent le choc sourd des barres à mine, le clapotis des pelles à long manche fouaillant l'eau boueuse, le roulis des cailloux dansant sur de larges tamis, le ronflement d'une moto pompe et le crépitement des braseros des gargotes plantées sur les berges. Ouverte au coeur de l'été, cette mine grignote la forêt, de puits en tranchées. 

 

A sa tête, un chef de chantier prénommé Gabin, flanqué de son adjoint, Mahamat. L'un chrétien, l'autre musulman. Le second a enseigné au premier, paysan tombé par hasard sur une prometteuse strate de gravier, l'art de la fouille. Les équipées barbares qui ravagent depuis mars 2013 l'ancien Oubangui-Chari auraient-elles ébranlé leur tandem? "Jamais!" assurent-ils en choeur. 

 

Tant pis pour les maniaques du conflit confessionnel ; pas plus que l'argent n'a d'odeur, les gemmes n'ont de religion. A l'en croire, le gendarme de 2e classe Bertrand Tossoué a, quant à lui, foi dans la loi, si fictive soit-elle. Droit de prospection, patente, cahier d'artisan-minier, carte d'ouvrier : chef par intérim de l'Unité spéciale antifraude (Usaf) de Bria, il décline règles et tarifs. Las ! son équipe ne dispose d'aucun véhicule. "Pour visiter les sites, admet-il, on loue des motos..."  

 

"Gare à l'eldorado fantasmé"

 

A près de 600 kilomètres plus à l'ouest, là où règnent les milices prétendument chrétiennes antibalaka, on n'est guère mieux doté. Dans son bureau décati et plongé dans la pénombre, où jaunissent les affiches d'une campagne exaltant la "légalité", l'adjudant-chef de la brigade minière de Boda, autre bastion diamantifère, a vite fait de détailler son arsenal. "Nous étions une dizaine, soupire-t-il. Je suis désormais seul avec mon adjoint, sans même un deux-roues." 

 

Une évidence: au regard des enjeux, vitaux pour une République centrafricaine exsangue et déchirée, les moyens assignés à la lutte contre le trafic de diams, fléau endémique de cet Etat failli depuis Sa Majesté Impériale Bokassa Ier, s'avèrent dérisoires. Enjeu social et financier, bien sûr. Si elle navigue entre le 10e et le 12e rang mondial au palmarès des pays producteurs, la RCA recèle en ses entrailles un pactole prodigieux amplement inexploré. 

 

"Gare à l'eldorado fantasmé, nuance le Portugais Jose Ferreira, patron du bureau d'achat Badica de Bria. En Angola, on exhume plus de pierres en un mois qu'en Centrafrique en un an." Il n'empêche : selon l'institut américain Geological Survey, 40 millions de carats y dorment à fleur de gravière, soit 100 fois le rendement annuel des meilleurs crus.  

 

Aux dires du ministre des Mines et de la Géologie, Joseph Agbo, le diamant fait vivre, directement ou pas, près du quart des 4,8 millions de Centrafricains et procure, "en temps normal" -notion aléatoire ici-, 20% des recettes budgétaires et plus de la moitié des revenus d'exportation du pays. Enjeu politico-militaire aussi. Maints rapports l'attestent, dont celui du panel d'experts du Conseil de sécurité des Nations unies publié le 1er novembre : le négoce illicite des gemmes finance les factions armées et garnit leurs armureries (1). 

 

Rien de bien inédit sous le soleil de l'Est, territoire demeuré aux mains de divers clans de la Seleka, cet attelage hétéroclite d'insurgés et de mercenaires tchadiens ou soudanais, dont la figure de proue, Michel Djotodia, fut évincée de la présidence en janvier. Logique. Avant de déclencher l'offensive fatale au pouvoir clanique de François Bozizé, la plupart de ses caïds régentaient les gisements de diamants bruts et d'or de la moitié orientale du pays; "exfiltrant" via le Tchad ou le Sud-Darfour, province indocile du Soudan, un butin en transit vers Anvers, Dubaï, Beyrouth, Tel-Aviv ou Mumbai, l'ancienne Bombay.  

Parmi eux, le Peul Oumar Younous, surnommé "Oumar Sodiam", du nom du bureau d'achat dont il fut l'un des collecteurs -en clair, le bailleur de fonds des artisans miniers- avant d'en orchestrer le pillage à l'heure de la déferlante Seleka ; ou encore Zakaria Damane, partisan fraîchement repenti de la sécession, qui reçoit en majesté, boubou blanc et calot brodé d'or, dans sa villa de Bria. 

 

"Tu peux piocher dix mois sans rien sortir"

 

A l'Ouest, en revanche, du nouveau. De Boda à Carnot et Berberati, la poussée des hordes anti-balaka, avides de s'arroger le trésor souterrain, a précipité le repli vers le Cameroun voisin des collecteurs, musulmans souvent natifs du Sénégal, du Mali ou de Mauritanie, relégués au rang de vils exploiteurs. "Ces types nous traitent en esclaves et nous manipulent, peste Aimé, coordonnateur des antibalaka de Boda. Quand tu reçois ton avance hebdomadaire, ils font des grigris bizarres sur les billets. Du coup, tu brûles tout à la cave -le bar- et tu reviens bosser le lendemain. Pas le choix : ce sont eux qui te nourrissent."  

 

De fait, qu'il pèse 1/2 ou 5 carats -calibre miraculeux-, le "caillou" déniché après lavage, tri et lissage à la spatule du gravier affiné ne fait qu'alléger la dette contractée au fil des semaines par le creuseur. "Tu peux piocher dix mois sans rien sortir", ronchonne l'un d'eux. 

 

Loterie minière en terrain miné. La préfecture de la Lobaye, à 190 kilomètres à l'ouest de la capitale, peine à panser ses plaies. Le 29 janvier 2014, au lendemain de la retraite d'une Seleka aux abois, Boda s'embrase et sombre dans une sarabande infernale de violences, que seule l'irruption d'un détachement du contingent français Sangaris, une semaine plus tard, parvient à enrayer. Bilan : des cadavres par dizaines et plus de 800 maisons et échoppes -propriétés de chrétiens pour la plupart -détruites ou incendiées.  

 

Depuis, les 5000 à 6000 âmes de la communauté musulmane, réduite de moitié par un exode inexorable, végètent dans une enclave en état de siège. Le maire, un cador du diamant qui en est issu, a été suspendu. "Mais il y a du mieux, avance le sous-préfet Théophile Ligounda. Les non-musulmans n'exigent plus le départ définitif de ceux d'en face. De là à envisager la réapparition des exilés..."  

 

"Trop dangereux, soutient le vieil imam de la mosquée n°1, Gaga Ali Ibrahim. La fuite de notre trentaine de collecteurs a tout paralysé. Leur argent nous manque, à nous comme aux chrétiens." La nuit, pourtant, des ombres s'aventurent jusqu'aux ruelles de l'îlot. Transgression périlleuse : à en croire la rumeur, trois "traîtresses", coupables d'avoir rejoint en catimini un compagnon adepte de l'islam, auraient été égorgées à leur retour... 

 

Bien sûr, deux collecteurs catholiques, "Malou" et "Collard", passés par la mouvance milicienne, s'échinent à suppléer les partants. "Ils étaient dans le métier, précise un acheteur musulman de mère chrétienne. On travaillait ensemble. Je dormais chez eux et eux chez moi. Le soir où Boda a pris feu, je dînais au domicile de Collard..." Mais voilà : pas facile de s'introniser collecteur. "C'est un métier, ironise un vétéran. Il faut maîtriser les filières et les réseaux de vente, mais aussi détenir assez de cash pour financer les chantiers."  

 

À qui confier le contrôle des mines?

 

Fils d'un mineur assassiné pour un litige véniel, Dimitri, 29 ans, dont quatorze à charrier des paniers de galets, de l'eau jusqu'à mi-cuisses, connaît la chanson. La pompe de son puits de Ndoro, à vingt minutes de moto-cross et de trekking de Boda, s'est envolée avec le "boss" musulman. En acheter ou en louer une ? Trop cher. Reste donc à écoper au seau. Voilà pourquoi de discrets émissaires invitent çà et là les "esclavagistes" ouest-africains à revenir.  

Voilà pourquoi des artisans se font coursiers pour convoyer leurs diamants jusqu'aux bureaux ouverts par les partenaires d'hier à la frontière camerounaise et au-delà... Ici comme ailleurs, les routes réputées clandestines relèvent du secret de polichinelle. Qu'elles fassent escale à Douala, en République démocratique du Congo -l'ex-Zaïre-, au Congo-Brazzaville ou en Afrique du Sud, ces pierres iront grossir le flux des exportations illégales. Flux non quantifiable, même si les estimations oscillent entre 30% et 80%. 

 

Comment enrayer l'hémorragie ? Les plus volontaristes préconisent de confier le contrôle des mines à la Minusca, la force onusienne, censée compter en avril prochain 12000 Casques bleus. "Elle a pour mandat de protéger les civils, exposés à l'extorsion et au racket de leurs "protecteurs"", argue un analyste onusien. Il y a un hic : alluvionnaire, essaimé au hasard d'innombrables puits, le très artisanal diamant centrafricain se prête mal à un tel dispositif.  

 

"Placer sous surveillance les sites les plus féconds changerait néanmoins la donne", tranche un initié. Une autre controverse agite le landerneau du carat. Faut-il autoriser la RCA à réintégrer le Processus de Kimberley (PK), dont elle a été exclue en mai 2013? Instauré dix ans plus tôt, ce dispositif de certification d'origine vise à endiguer, en bannissant leur commerce, le flot des "blood diamonds" ("diamants du sang"), tout à la fois cibles et carburants de féroces guérillas. La panacée? Non. Des bordereaux falsifiés circulent.  

 

Et le "mixage" de pierres suspectes avec des lots au pedigree impeccable entrave l'effort de traçabilité. Chacun, de Boda "la belle" à Bria, via Bangui, dénonce les effets pervers d'un embargo qui tend à doper la contrebande. A commencer par le ministre des Mines, Joseph Agbo. "Qui en paie le prix, sinon le citoyen lambda ?, s'insurge celui qui a plaidé, à la mi-novembre, la cause de la RCA à Guangzhou (Chine), théâtre de l'assemblée annuelle du PK.  

 

On s'enrichit plus vite avec une kalach qu'avec une pioche

 

Rien ne sert d'ajouter du malheur au malheur. Les jeunes creuseurs désoeuvrés ou sous-payés grossissent les rangs de la Seleka ou des anti-balaka, persuadés qu'on s'enrichit plus vite avec une kalach qu'avec une pelle et une pioche. Lorsque se dissipe l'illusion et qu'ils retrouvent le chantier, il n'y a plus personne pour les financer." En son fief de Bria, le "général" Zakaria Damane flétrit en écho "ces sanctions iniques, qui nous empêchent de nourrir nos enfants et de les scolariser". "Un diamant peut-il prendre les armes ?, feint de s'interroger celui qui fut tour à tour chasseur d'éléphants, garde forestier et artisan minier.  

 

Ce ne sont pas les pierres qui ont fait la rébellion, mais les fusils arrachés aux soldats de Bozizé. L'ostracisme de la communauté internationale vide les caisses de l'Etat, privé de ses recettes fiscales." Argument plutôt gonflé pour un notable rebelle dont la principauté échappe à la si frêle autorité de Bangui... Un indice parmi cent. Voilà peu, le commandant de la gendarmerie locale a été destitué. Son forfait ? "Manque de zèle dans le versement aux pontes de la Seleka d'une partie des taxes raflées sur les barrages routiers", précise un témoin. Lesquels pontes imposent une taxe d'atterrissage aux avions des compagnies minières; mesure qu'ils ont vainement tenté d'étendre, cet automne, aux vols humanitaires. 

 

Des corridors de l'ONU aux chancelleries, un scénario affleure : celui d'une levée partielle de l'embargo, circonscrite aux seuls chantiers de l'Ouest, réputés plus aisés à superviser. "Absurde!" riposte Jose Ferreira, le Portugais de Badica. Aux yeux de ce bourlingueur qui a promené sa panoplie d'acheteur -lampe, loupe, pince, balance de précision et calculette- des mines angolaises à la forêt amazonienne, la formule aurait pour effet de consacrer la partition du pays. "Il n'y a pas plus d'Etat à Carnot qu'à Bria, grince-t-il . Et il est bien moins ardu de sortir des pierres vers le Cameroun que vers le Soudan."

 

Comment lui donner tort ? Installés en grande pompe à la mi-septembre par le ministre de l'Administration du territoire, le procureur et le président du tribunal de Boda ont très vite rebroussé chemin. "Normal, admet le sous-préfet du lieu. Que faire, sans greffier ni voiture, avec un bureau nu et une prison en ruine?" 

 

Oisiveté forcée

 

D'est en ouest, la même litanie morose jalonne la tournée des bureaux d'achat assoupis et des concessions désertes. A Bria, le Mauritanien Sidi Mohammed se borne à "garder la maison". "J'ai 50 employés, tous chefs de famille, souffle- t-il. Si je pars, ils vont beaucoup pleurer. Mais je ne tiendrai plus très longtemps." "On est K. O. debout, renchérit Oumar, le veilleur de la Sodiam, sous le portrait du défunt patriarche arménien Haïk Arslanian. Et, pendant qu'on tourne au ralenti, nos patrons épuisent leurs réserves."  

 

En deux mois, Jose Ferreira n'a expédié à Bangui, où ils sont stockés en attendant l'hypothétique retour de la RCA sur le marché mondial, que 400 carats. "Ce que j'envoyais chaque jour en 2011-2012", se désole-t-il. Quant à Mahamat Adoum, son alter ego de Boda, il tue le temps, las de son statut d'"acheteur qui n'achète plus". 

 

Cette oisiveté forcée n'épargne pas les forçats du tamis. L'après-midi, les creuseurs de Ndoro s'adonnent à "la pêche aux oiseaux". Un long bambou, un fil de Nylon, un hameçon où l'on empale un termite : il arrive qu'un moineau succombe au ballet aérien de cette canne insolite. Faute de diams, on piège des piafs.  

 

(1) Lire aussi les études publiées par l'International Crisis Group en juin dernier et par l'ONG américaine Enough Project en mai dernier. 


http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/centrafrique-diamants-en-terrain-mine_1626509.html#jzvfAi1lJ30tTBJg.99

 

 

 

Lu pour vous : Centrafrique: diamants en terrain miné
Lu pour vous : Centrafrique: diamants en terrain miné
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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 21:36

 

 

 

Par RFI 01-12-2014 à 20:14

 

La Centrafrique célébrait ce lundi 1er décembre sa fête nationale. La présidente de transition avait envoyé ses ministres en province afin que toutes les préfectures participent à cette journée d'union. A Bangui, chrétiens et musulmans se sont retrouvés au quartier Fatima pour un match de football symbolique. C'était la première fois que des musulmans du PK5 quittaient, en groupe, leur quartier pour une journée de réconciliation.

 

Les musulmans du PK5 qui vivent depuis un an dans leur quartier devenu une citadelle assiégée en sont encore tout remués. Pour la première fois, ils ont pu quitter en groupe et sans craindre pour leur vie le PK5. Environ 200 personnes sont allées au quartier voisin, celui de Fatima, pour assister à un match de football et participer à des cérémonies pour la paix.

 

« On s’est embrassés avec nos frères chrétiens ; il y a eu une danse traditionnelle. Cela s’est vraiment très, très bien passé. C’est aussi un bon exemple pour les autres arrondissements qui pourraient organiser de pareilles ambiances pour que la paix revienne définitivement », raconte Makhmoud, un habitant du PK5.

 

Les habitants de Fatima et ceux du PK5 qui se serrent la main, cela peut être considéré comme un exploit, si l'on songe aux multiples drames entre ces deux quartiers. Un seul exemple : le 28 mai dernier, des assaillants attaquaient l'église de Fatima, mitraillant les déplacés et tuant plusieurs dizaines de personnes.

 

Tout au long de l'année, la haine entre les habitants de Fatima et ceux du PK5 a défrayé la chronique. Désormais, l'ambiance s'est rassérénée. Et si Bangui est encore trop habituée aux poussées de fièvre régulières pour y croire encore tout à fait, cette journée de lundi aura cependant marqué les esprits.

RCA : chrétiens et musulmans de Bangui ensemble pour la fête nationale
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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 18:30

 

 

 

Daouda GUEYE | 01/12/2014 | 11H32 GMT

 

Venu prendre part au sommet de la  Francophonie l’ancien ministre des affaires étrangères sous le magistère  d’Abdoulaye Wade a interpelé les responsables de la francophonie  sur  les  problématiques  brûlantes qui interpellent aujourd’hui l’Afrique en particulier  et les pays  du Sud  en général. Saluant l’initiative  de l’organisation du sommet  à Dakar  pour une  deuxième  fois, Cheikh Tidiane  Gadio n’en a pas moins  souligné  l’urgence à plancher sur la  maladie  à virus  Ebola à côté des  problèmes  de  succession. 

 

«On parle de succession aujourd’hui mais le plus important, c’est Ebola, si le monde s’était  mobilisé quand  on avait  cinq ou dix cas en Guinée, peut-être qu’on en serait pas là. Maintenant, on frôle les 6000 morts et tout le monde  est mobilisé, on ne va pas venir jusqu’à Dakar et occulté le  sujet. Il faut qu’on parle  d’Ebola», a dit  Cheikh Tidiane  Gadio.

 
L’ancien  ministre  également s’est préoccupé du  sort qui sera réservé aux jeunes et  aux femmes, estimant  qu’on ne leur  avait  pas aménagé  un espace pour  leur  permettre  de s’exprimer  et étaler  leurs  difficultés  et  celles du continent alors que «femmes et jeunes», ce sont  les thèmes principaux  de ce sommet. Mais, «ils  risquent  d’être occultés ou noyés par d’autres thèmes», prévient Dr Gadio.
 
Les jeunes  doivent  prendre la  parole  à ce sommet  car ils  renferment  une  mine d’informations  sur  la  situation du continent et  les défis  auxquels, il est confronté, «on ne  peut pas faire un sommet pour les jeunes sans les jeunes.  Quel est le moment où les jeunes africains  auront  la parole  dans  ce sommet et que les chefs d’Etat vont s’asseoir pour les écouter ? Le cas échéant, ils en apprendront énormément sur le continent».

Idem pour les femmes, on ne peut  pas utiliser  leur  nom seulement  parce que  c’est sexy et sans leur donner la parole.

 
Néanmoins, le  responsable de MPCL  luy  jot  jotna  vante  le  mérite du Sénégal d’avoir organisé un deuxième  sommet de la Francophonie, une  première en Afrique.
« Le  Sénégal a une tradition d’organisation de ces grandes rencontres internationales.  On a  eu deux sommets de l’Oci, aujourd’hui un deuxième sommet  de la Francophonie  c’est sans précédent dans l’histoire des pays africains  et du monde  d’ailleurs.  Donc, on a déjà un grand sommet, eu égard à la participation des chefs d’Etat, de la mobilisation et  on a des sujets  très sérieux comme la paix et la sécurité  en Afrique ».  

 
Parlant  de paix, le Dr Gadio a regretté l’absence à ce sommet de la présidente de transition de Centrafrique (Catherine Samba-Panza, Ndlr)  qui, selon lui, devrait  être  invitée  par la  Francophonie, car la  situation en Afrique  centrale  est une tragédie  moderne et  qu’elle n’a pas fait de  coup d’Etat  ni  opéré un  tripatouillage  de la  constitution mais, elle a été  plutôt  sollicitée.

 
«Je  regrette l’absence  de Mme  Samba-Panza, elle  aurait  dû être là, elle  aurait  dû être invitée, non pas par le Sénégal, mais par la Francophonie…  la  Centrafrique est au cœur  des tragédies africaines modernes. Elle  a sa place car, elle n’a pas fait de coup d’Etat, ni de changement constitutionnel, elle  a été  invitée  et sollicitée par son pays  pour  aider».

Lu pour vous : GADIO évoque Ebola, les jeunes et Catherine SAMBA-PANZA
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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 18:29

 

 

 

Par RFI 01-12-2014 à 11:51

 

Un débat au Tchad a lieu autour de la fête du 1er décembre présentée comme une fête nationale par le gouvernement, mais comme la fête d'un homme, le président Idriss Déby, par l'opposition. Cela fera 24 ans ce lundi que le Mouvement patriotique du salut (MPS), la rébellion dirigée par Idriss Déby a pris le pouvoir au Tchad avec la chute du régime d'Hissène Habré.

 

Depuis une semaine, cet anniversaire est célébré dans le pays. Le point d'orgue, c'est ce 1er décembre avec un défilé militaire et un concert. Pour l'ancien Premier ministre Emmanuel Nadingar, qui co-organise ces festivités, le 1er décembre, c'est la fête de la démocratie, c'est la fête de tous les Tchadiens.

 

« Les festivités du 1er décembre rappellent d’une part la fin de la dictature à la date du 1er décembre 1990, explique ce dernier. Et aujourd’hui, vingt-quatre ans après, nous prenons la mesure de tous les efforts qui ont été faits dans le processus démocratique et l’espace de liberté. Nous pensons que la paix consacre tous les efforts qui ont été faits. »

 

« Paix » et « développement »

 

Et Emmanuel Nadingar de rappeler que le thème de cette année est justement celui de la « paix et du développement » et que le gouvernement actuel a été élu : « Comme dans tous les pays du monde, il y a un parti qui est au pouvoir. Aujourd’hui dans le processus démocratique auquel tous les partis, que ce soit de la majorité ou de l’opposition, ont contribué, nous avons un chef d’Etat qui a été élu, qui est le président de tous les Tchadiens et qui gère le pays au profit de tous les Tchadiens. »

 

L'opposition appelle, elle, au boycott des festivités et une partie de la société civile demande de son côté aux Tchadiens de porter un brassard noir ou de s'habiller en noir en signe de deuil de la démocratie.

 

Pour Saleh Kebzabo, chef de file de l'opposition, le 1er décembre n'a rien d'une fête nationale : « On a qu’à l’appeler comme on veut, la réalité est celle qu’elle est. Nous, ça fait vingt ans qu’on a dit à nos militants que ce n’est pas leur fête, c’est la fête de la victoire du MPS. »

 

Argent jeté « par les fenêtres »

 

Et Saleh Kebzabo de se lancer dans la comparaison : « Quand on est démocrate, il y a des choses qu’on ne doit pas accepter. Ce pays a connu le 8 juin d’Hissène Habré et il connaît le 1er décembre d’Idriss Déby. Non. Il faut qu’on bâtisse un pays sur des bases solides, avec des institutions solides et qu’il y ait des références solides partagées par tous les Tchadiens. »

 

L’opposant est confiant et dit être sûr de la défaite de l’actuelle majorité en 2016. « Quand on va battre Déby aux élections, la fête du 1er décembre va être automatiquement annulée. » Mais en attendant, il n’accepte que pas que le pouvoir jette « l’argent par les fenêtres. »

Tchad: le 1er décembre, fête nationale ou fête du pouvoir?
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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 18:25

 

 

 

Communiqué de presse du Secrétariat Général du MLPC

Communiqué de presse du Secrétariat Général du MLPC
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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 17:38

 

 

 

 

http://www.lematin.ma    1 décembre 2014 - MAP

 

Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé un message de félicitations à la Présidente de la Transition de la République centrafricaine, Mme. Catherine Samba-Panza, à l'occasion de la célébration de l'anniversaire de la Proclamation de la République Centrafricaine.

 

Dans ce message, le Souverain exprime Ses chaleureuses félicitations et Ses meilleurs vœux de progrès et de prospérité pour le peuple centrafricain frère.

 

S.M. le Roi saisit cette opportunité pour se féliciter «de la solidité et de la profondeur des liens de fraternité africaine et de solidarité agissante qui unissent nos deux pays».

 

Le Souverain salue, par ailleurs, les efforts louables que Mme. Samba-Panza ne cesse de déployer en faveur de la consolidation de la paix, de la sécurité et de la stabilité en République Centrafricaine, assurant, à cet égard, Mme. Samba-Panza de «l'engagement résolu du Maroc à soutenir le processus de transition démocratique» en cours en République Centrafricaine, «afin de permettre au peuple centrafricain frère de réaliser ses aspirations au développement économique et au progrès social».

 

http://www.lematin.ma/journal/2014/sm-le-roi-felicite-la-presidente-de-la-transition-de-la-republique-centrafricaine-a-l-occasion-de-l-anniversaire-de-la-proclamation-de-la-rca/213185.html#sthash.8lDstaWD.dpuf

Anniversaire de la proclamation de la RCA : S.M. le Roi félicite la présidente de la Transition de la République centrafricaine
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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 15:43

 

 



par Peter Bouckaert , directeur du département urgences de Human Rights Watch 

 

1er décembre 2014


A Brazzaville, la République du Congo, la semaine dernière, la leçon pour les personnes accusées d'atrocités semble être : plutôt que de faire l’objet d’une enquête criminelle, vous pouvez être traité comme un VIP. C’est du moins ce qui est arrivé à Abdoulaye Miskine, connu aussi comme Martin Koumtamadji, un chef de file de mercenaires accusés d'avoir commis de nombreux crimes au cours de la dernière décennie.

 

Les allégations concernant Miskine font état des pires crimes parmi les plus  horribles qu’ait connus la République centrafricaine au cours de la dernière décennie. En 2003, selon une enquête approfondie menée par le respecté groupe de défense des droits de la FIDH, il commandait les mercenaires, principalement tchadiens, massivement engagés qui ont commis des assassinats, des viols et des pillages dans la capitale Bangui, avec les troupes du chef de guerre congolais Jean-Pierre Bemba, sous prétexte de soutenir le régime du président Ange-Félix Patassé, qui a ensuite été renversé par son chef d'état-major de l'armée, François Bozizé. Mais les atrocités commises pendant les batailles de 2003 à Bangui étaient si graves que le procureur de la Cour pénale internationale a lancé une enquête qui a abouti à l'arrestation de Bemba, qui a été inculpé de trois chefs de crimes de guerre (assassinats, viols et pillages) et de deux chefs de crimes contre l'humanité (assassinats et viols).


Les accusations d'atrocités contre les forces commandées par Miskine ont continué au cours des dernières années. Depuis 2006, il a commandé un groupe rebelle, le Front démocratique pour le peuple d'Afrique centrale (Le Front démocratique du peuple centrafricain, le FDPC). Ses forces ont combattu aux côtés des rebelles Séléka qui ont renversé président Bozizé en 2013, conduisant à d'horribles bains de sang et la terreur dans la capitale du pays et dans d'autres parties du pays. Le FDPC a quitté la coalition Séléka en Avril 2013 sur "les divergences d'opinion," mais le groupe a continué de sévir dans les villages à la frontière RCA-Cameroun, avec des attaques armées. Miskine était l'un des cinq individus placés sur une liste de sanctions des États-Unis l'an dernier, accusés de menacer la paix, la sécurité, et la stabilité de la République centrafricaine.


En Septembre 2013, les autorités camerounaises ont arrêté Miskine, le soupçonnant lui et ses rebelles du Front démocratique pour la Libération du peuple centrafricain, qui écument sur les deux côtés de la frontière de la RCA et du Cameroun, de vouloir opérer des raids transfrontaliers. Bien qu'ils aient eu des "différences de point de vue" avec Miskine, les rebelles de Séléka ont protesté de son arrestation, le considérant toujours comme un frère d'armes. Les autorités camerounaises n’ont pas effectué d’enquête criminelle le concernant.


Au premier anniversaire de sa détention, les rebelles de Miskine ont répondu au maintien en détention de leur chef en intensifiant leur brutalité, les raids sur des villages en RCA et au Cameroun, et par la prise de dizaines d'otages. La semaine dernière, ils détenaient au moins 26 otages, dont un prêtre polonais, Mateusz Dziedzic, enlevé dans sa mission catholique de la République centrafricaine, le 12 Octobre.


Le 26 Novembre, les rebelles ont accepté de libérer le prêtre polonais et 15 des otages qui étaient ressortissants camerounais (les dix otages restants de la République centrafricaine ont été remis au Comité international de la Croix-Rouge le 29 Novembre). Un jour plus tard, le 27, les autorités camerounaises ont libéré Miskine. Ils ont affirmé que les otages avaient été libérés dans une "opération de l'armée" plutôt que par un échange de prisonniers, bien que peu de gens croient que cela ait été le cas.


Quelle que soit la complexité de l’affaire de la libération des otages, ce qui a suivi est inacceptable, étant donné que Miskine reste un homme avec plusieurs graves allégations portées contre lui.


A sa libération, Miskine a été escorté dans l'avion privé du président de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso, le médiateur en chef de la crise en République centrafricaine, et transporté à Brazzaville accompagné d'un proche collaborateur du président, et ironiquement par le prêtre polonais qui avait été pris en otage. À l'arrivée, Miskine a été accueilli par le ministre congolais de l'Intérieur, Zéphirin Mboulou, et le soir se trouvait confortablement assis au palais présidentiel en face du président Sassou-Nguesso.


Dans un pays qui a connu une telle violence horrible et l'impunité absolue pour les crimes commis, traiter comme un VIP un chef rebelle accusé de crimes graves envoie le mauvais message, en particulier lorsque ces crimes remontent à une décennie et après que ses combattants aient terrorisé et pris en otages des civils. C’est une annonce à tout le monde que l'impunité continue et que les seigneurs de guerre brutaux vont continuer à dominer le pays.


Les personnes intéressées par la justice en République centrafricaine doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour dénoncer le statut de VIP apparemment protégée de Miskine et le traduire en justice. Comme médiateur en chef dans la crise, la République du Congo devrait faire pression pour que la responsabilité et chercher à minimiser le rôle de chefs de guerre dans les violations du processus de paix, pas les traiter comme des VIP. La place de Miskine est dans le box des accusés pour répondre de ses crimes, et non d’être glorifié dans le palais présidentiel à Brazzaville.

 

 

(traduit de l'anglais par la rédaction de CAP)

Lu pour vous : Le traitement de VIP pour un seigneur de guerre envoie un mauvais message en RCA
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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 14:33

 

 

 

 

APA-Yaoundé (Cameroun) 2014-12-01 12:08:07 L’invitation au respect du jeu démocratique, faite par le chef de l’Etat français François Hollande à ses homologues africains samedi à Dakar (Sénégal), à l’ouverture des travaux de la XVè conférence de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), a tenu en haleine les journaux camerounais parus lundi.


«François Hollande met en garde», résume ainsi La Nouvelle Expression pour qui le dirigeant «n'a point usé de circonlocutions pour signifier à ses pairs d'Afrique qu'ils ne doivent pas forcer la volonté de leur peuple pour s'éterniser au pouvoir».

C'est une sorte d'«avertissement aux dirigeants africains qui voudraient s'accrocher au pouvoir à tout prix», renchérit Le Messager qui rappelle que M. Hollande avait déjà émis le même avertissement avant son départ pour la capitale sénégalaise.

Pour Le Jour, c'est un véritable «appui de la France aux peuples» et, pendant que les dirigeants africains hostiles à l'alternance sont ainsi mis à l'index, un ancien chef d'Etat est célébré par ses pairs : Abdou Diouf, le secrétaire général sortant de l'OIF, «présenté comme un modèle de démocrate et d'homme d'Etat exemplaire».

Dans le bihebdomadaire La Météo, c'est un François Hollande qui «fait l'éloge des soulèvements populaires. Et de tempérer : «C'est bien beau, de conseiller à certains dirigeants d'avoir une oreille attentive aux désidératas de leurs citoyens. Mais la France n'a-t-elle pas, par ses tergiversations, du fait de ses louvoiements ou au nom de la protection de ses intérêts, une part de responsabilité dans le sort connu aujourd'hui par plusieurs pays africains sur les plans de la démocratie, du développement et du respect des droits de l'homme ?»


Malgré tout, ajoute cette publication, quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, bien des Africains soutiennent cette sortie du président français à Dakar, qui est à marquer en lettres d'or dans les annales de l'histoire.


Dans le registre de la circonspection, Mutations constate également que les dirigeants français présentent toujours deux visages dans leurs relations avec le pré carré africain : la France qui prononce des discours enjôleurs et l'autre qui applique la real politik, cette dernière ayant toujours le dernier mot.


«Paris n'a jamais tapé sur les doigts de ses amis africains dont les comportements sont hautement et constamment décriés par des peuples appauvris et frustrés. Paris n'a-t-il pas exfiltré Blaise Compaoré, ne l'a-t-il pas aidé à trouver refuge en Côte d'Ivoire puis au Maroc, alors que le peuple burkinabè s'apprêtait à lui demander des comptes ? C'est toujours le même Paris qui reste aphone lorsque certains dirigeants africains triturent les Constitutions pour s'accrocher au pouvoir.»


Bien éloigné de ce sujet qui fâche, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune préfère ne retenir, de François Hollande, que le constat de «réussite du début à la fin», fait lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet de Dakar.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=811058#sthash.cZMQWyWC.dpuf

L'adresse de Hollande aux dirigeants africains à la Une de la presse camerounaise
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