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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 01:48

 

 

 

logo CNRC-FB

 

 

Conseil National pour la Renaissance Centrafricaine – Finî Bêafrîka (CNRC-FB)

 

Communiqué de presse

 


Devant la situation de crise et de changement de régime politique en Centrafrique, le Conseil National pour la Renaissance Centrafricaine-Finî Bêafrîka (CNRC-FB) invite la


Communauté centrafricaine des Etats Unis d'Amérique, particulièrement du Maryland, de Virginia, de Pennsylvania, de Washington et DC ainsi que les amis et sympathisants de la République Centrafricaine à une Rencontre qui se tiendra :

 

le Samedi, 30 Mars 2013 a 14H00 (2PM)

à l'adresse suivante : 8741 Ashwood Drive, Capitol Heights, MD 20743


Metro: Blue Line, Arret: Addison Road, Seat Pleasant


 


L'ordre du jour portera sur:

 

1. Mot de bienvenue et brève présentation du CNRC-FB

2. Point sur la situation en Centrafrique suivi de débat, analyse et propositions d'actions

3. Divers



 

Compte-tenu de l'urgence de la situation nationale et de l'importance des points à l'ordre du jour, la présence du plus grand nombre est vivement souhaitée.

 

 

Le 25 Mars 2013

 

Pour le CNRC-FB

Jonathan Bako de GOURMATH et Charles MALISSARA

 

 

Pour toute information complémentaire sur cette Rencontre, veuillez contacter :

 


Charles Malissara au 443-527-6529 - email: renaissanceca2@gmail.com


Bako de Gournath au 215-594-9752 - email : jonathanbako@hotmail.com

 

NB: Un pot d’amitié sera partagé a la fin de la Rencontre.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Communiqués
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 01:46

 

 

 

carte_centrafrique_432.gif

 

Awa bombi 
na A ita
Cher (e) compatriote,
J'espère que vous, votre organisation et les vôtres répondront présents au grand rassemblement apolitique d'union des Centrafricaines, Centrafricains et amis de Centrafrique qui sera organisé le 6 avril à Paris, à 13 h.

D'ores et déjà, vous êtes conviés à la rencontre du 30 mars 2013, organisée par CACDCA en mémoire de B. BOGANDA, à l'issue de laquelle les modalités du rassemblement du 6 avril seront arrêtées. 

A bientôt
Jean-Bosco PELEKET


Rappel de mes communications antérieures :
=> 1° A Ita moléngué ti Bê Afrika, 


Notre pays s'est distingué dans les années 50/60 du siècle dernier par sa cohésion, son unité et la paix alors que, partout ailleurs, la guerre faisait rage. 

Nos braves populations ont su accueillir, héberger, entretenir, souvent à leurs frais et sans ronchonner, des réfugiés en provenance du Cameroun, des deux Congo, du Soudan et du Tchad. En reconnaissance, la République Centrafricaine était souvent comparée à la Suisse et nommée "Suisse africaine". 

Une grande partie des réfugiés de culture bantou s'est parfaitement intégrée à la communauté nationale. Les mariages et les descendances ont fait le reste sur cette terre riche de tout, y compris de flore, de faune et des minerais les plus précieux. 

Les dirigeants, supplétifs de la postcolonie et de la Françafrique, incapables de définir et de conduire une politique de développement nationale, régionale et africaine, se sont satisfaits des cueillettes et des prébendes. Peu à peu et d'année en année, l'arrière pays est tombée entre les mains des potentats, les bandits des grands chemins souvent de mèche avec des politicards lesquels n'ont eu de cesse que de diviser, de tribaliser, pour subsister. La gangrène a prospéré, hélas. 

Voici que le pays sombre dans la barbarie, dans la négation de ce que nous avons de plus cher : la vie
Armés de kalachnikovs les miliciens, combattants d'une cause dont ils ignorent l'essence, tiennent la vie des populations au bout du canon. La loi du plus fort a pris le pas sur la culture de l’honneur et du droit. L'enfant, la fille, la femme, le vieillard n’a plus de considération et de respect. 

Pendant combien de temps supporterions-nous cette barbarie ? Et toi qui me lis, en ce moment, installé avec une partie de ta famille en région parisienne ou en France, que réponds-tu ? 

Il est temps de sonner le tocsin, d'appeler au réveil des honnêtes gens. Il est temps de nous rassembler pour exprimer notre refus de la guerre que certains veulent absolument imposer à notre peuple et à notre pays. 

Je vous propose d’engager une action unitaire, non partisane : rassemblement pacifique (en conformité avec la réglementation française et à une date à convenir) soi devant l’ambassade de la RCA à Paris, rue Perchamps, soi sur le Parvis des Droits de l’Homme (Trocadéro) pour 

- témoigner de notre proximité, de notre solidarité, de notre compassion aux populations victimes d’innombrables agressions : arrestations arbitraires, enlèvements, vols, viols, meurtres etc, 

- exprimer notre ras le bol quant aux faux fuyants, aux tergiversations des pouvoirs en place : Bozizé, Tiangaye, Séléka et autres, relativement à la sortie de crise, 

- exiger de ces pouvoirs et forces le strict respect des accords de Libreville et la mise en œuvre, sans délais, des mesures idoines, 

- attirer l’attention de la communauté internationale et des médias sur les malheurs de notre pays. 

J’attends votre réaction à cette proposition en précisant que le temps presse car le calvaire de nos populations n’a que trop duré. 

Je ne verrai pas d’inconvénient que tous les partis politiques, les associations, les amicales centrafricaines de France fassent leur, cette idée et prennent l’initiative du grand rassemblent pour la paix. 

Autre chose : à continuer de se terrer ou à ne vouloir s’intéresser qu’à ses petites affaires, on perd l’essentiel c'est-à-dire le sens de l'intérêt général, l’honneur, la dignité. 

Nous valons tous plus, n’est-ce pas ? 
Dans l'attente de vous lire, balao 

Paris 13 Mars 2013

 
Jean-Bosco PELEKET 

Citoyen centrafricain non encarté, directeur d’hôpital retraité 

Jean PELEKET jbpeleket@gmail.com 

 

 

Prière de relayer la présente à toutes les Centrafricaines et tous les Centrafricains épris de paix. Merci

 

......                   ......               ......                ......              ......            ......           ......

=> 2°)

A Ita,

Il m’a semblé que nous autres de la diaspora avions, quel que soit notre parcours individuel et notre situation sociale, une dette à l’égard de notre pays d’origine et plus encore, envers les parents, les populations éprouvées et les victimes de toutes les barbaries.

Cela implique que :
- toutes les initiatives tendant à attirer l’attention du monde sur ces malheurs,
- toutes les actions sincères de nature à impulser un élan de compassion, de solidarité internationale et, bien plus, à décider les États, les Organisation de défense des droits de l’homme et les Groupes de pression, à mettre en œuvre les moyens appropriés pour contraindre les principaux antagonistes de la scène politique centrafricaine : Bozizé, Séléka et les autres à mettre un terme au calvaire de nos populations, 

sont à soutenir et à promouvoir sans retenu, sans état d’âme.

Dans l'appel du 13 mars dernier qui a trouvé, somme toute, un écho favorable un peu partout, j'ai suggéré à chacun, chacune et à tous, partis politiques compris, de s'investir afin de réussir dans l'intérêt de la paix de notre pays, démontrant par la même occasion, notre foi en la République unie, indivisible, laïque, solidaire, affranchie de toute domination étrangère.

Toute initiative est laissée aux compatriotes des villes où ils sont en grand nombre, de se mettre également en mouvement sur place et dans l'union. Leur demander de monter à Paris ne me semble pas judicieux.

Je ne suis pas un homme politique et n'aspire à aucune charge de représentation, celle-là même qui sous-tend nombre de compatriotes en déshérence. Je suis simplement un vieil homme retraité qui ne se contente pas de sa situation personnelle en France, miné par les souffrances de son peuple et son pays d'origine en dérive.

Je n'ai pas voulu tenir "une tribune à la centrafricaine" sur Internet. Mon message est direct et clair.
Je remercie toutefois les sites web qui ont bien voulu le relayer et le porter aux quatre coins du monde, y compris en Afrique. Si ce message pouvait être lu, relu; s'il pouvait susciter le rassemblement pour la paix tant souhaitée par la majorité, la voix des sans voix, celle de notre peuple meurtri, serait, pour une fois, en union avec son élite.

Notre action n'est pas et ne saurait être exclusive.

J'engage particulièrement les jeunes et les femmes à faire bouger les lignes, à secouer gentiment les "anciens", toujours nombreux et prompts aux joutes oratoires avec un verre de whisky ou de vin à la main, lors des places mortuaires notamment.

Dans le prolongement du débat encours, je remercie d'avance les représentants des Partis politiques, des Associations et autres, et les convie à prendre contact avec moi en vue d'une rencontre afin d'arrêter les modalités de la manifestation à Paris, lesquelles seront portées à la connaissance de notre communauté dès que possible. L'actualité démontre la nécessité et l'urgence de cette action. 

Enfin, merci de me tenir informé des initiatives conduites en province et ailleurs dans le monde dans cet esprit. Avec d'autres, je suis naturellement prêt à échanger avec les frères et les soeurs en charge de ces actions pacifiques, sachant que personne à Paris ne saurait se targuer ou s'ériger en leadership au plan national en France.

Paris le 21 mars 2013


Jean-Bosco PELEKET

NB : je voudrais rappeler cette évidence : nos enfants et petits-enfants sauront faire sentir tôt ou tard, au détour d'une réminiscence, nos absences et défaillances au moment où le Pays et la Nation étaient en péril.

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Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 01:42

 

 

 

CRPS-logo-et-entete.JPG

 

 

CONVENTION REPUBLICAINE POUR LE PROGRES SOCIAL (C.R.P.S)

 

 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE  26 MARS 2013

 

 


La Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS) prend acte du départ de François Bozizé, principal mal centrafricain de la dernière décennie, obstacle de tous les processus de Libreville pour ramener la paix au pays. Autant nous félicitons, autant nous condamnons les dérives qui ont accompagné l’acte ayant provoqué ce départ.


Car ce qui aurait du être l’occasion d’une liesse populaire s’est transformé en cauchemar, pire en calvaire pour une grande partie de la population Centrafricaine.


Par ailleurs, la CRPS  exprime sa profonde compassion avec le peuple Sud Africain pour la perte subie par son contingent dans son soutien à la protection de Bozizé qui reste le responsable principal de cette situation catastrophique que vit notre pays et qui n’aurait jamais eu lieu si les accords de Libreville avaient été respectés à la lettre. Bozizé a été et restera le responsable devant l’histoire. LA CRPS regrette ce manque de stratégie des autorités sud africaines qui ont privilégié l’indéfendable soutien à Bozizé au lieu de s’associer aux forces de la FOMAC pour protéger le peuple contre l’indéfendable politique de Bozizé.


La CRPS condamne avec la dernière énergie la gestion par les combattants de la coalition SELEKA qui n’ont pu empêcher les pillages et autres destructions de biens publics et privés. Nous croyons que ces actes, accompagnés de règlements de compte opérés par certaines personnes mal intentionnées, feront le lit des nouvelles frustrations, source de nouvelles rébellions, expérience que nous ne souhaitons sûrement plus revivre dans l’avenir.


La CRPS  demande aux nouvelles autorités militaires de se différencier de Bozizé par le strict respect de la parole donnée. Elles doivent en faire preuve en donnant toutes les garanties pour que le nouveau Premier Ministre puisse réussir dans l’accomplissement de la difficile tâche qui lui est proposée.


La CRPS en appelle à la Communauté Internationale, en particulier à la France, aux Etats-Unis, au Conseil de Sécurité de l’ONU, à l’Union Européenne, à l’Union Africaine et à la CEEAC d’apporter tout leurs soutiens au peuple Centrafricain dans cette situation difficile créée par Bozize afin que la RCA puisse :


Œuvrer pour la mise en place immédiate de solutions de réparations

Etablir la vérité sur les responsabilités de Bozizé

Réorganiser l’Etat dans les meilleurs délais

Mettre en place une nouvelle légalité constitutionnelle

 

Fait à Paris le 26 Mars 2013


Jean-Pierre MARA, ancien candidat de la CRPS  

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Centrafrique-Presse.com - dans Communiqués
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 01:37

 

 

 

 

francois-bozizie-27-mars-2013.jpg

 



Bénin - Cotonou le 27 mars 2013 © koaci.com –

 


Le désormais ex-chef de l’Etat de la république centrafricaine cherche une destination depuis dimanche après son dépôt. Sa présence à Yaoundé est selon cette capitale est provisoire. Il serait annoncé pour s’installer à Cotonou, un pays qui ne lui est pas étranger.


C’est à travers un communiqué rendu public le lundi dernier que les autorités camerounaises affirmaient que François Bozizé est bel et bien sur son territoire et précise qu’il s’agirait d’un séjour temporaire. Selon des informations l’ancien président aurait pris déjà ses dispositions pour entrer en discussion avec les autorités béninoise afin d’y résider. Ces émissaires séjourneraient déjà dans la capitale économique et une partie de sa famille. 


Les mêmes informations font états de ce que François Bozizé lui est attendu la semaine prochaine au Bénin. 


En effet, plusieurs raisons militent en faveur de l’option Benin. François Bozizé est fidèle de l’Eglise du Christianisme Céleste, dont le siège mondial et la racine se trouve au Bénin. L’ancien président est même membre du conseil mondial de cette congrégation que préside le pasteur, Benoit Adéogoun. 


L’ancien homme fort de Bangui faisait des séjours privés réguliers au Bénin. 


Le pèlerinage annuel du bord de mer à Sèmè-Kpodji (25 kilomètres à Est de Cotonou), ni un évènement ou une réunion majeure de l’église ne se faisait sans sa présence remarquée. 

 

Une chose qui laisse certains dires que François Bozizé dispose déjà d’une base relationnelle à Cotonou. D’ailleurs lui-même a déclaré que le Bénin est sa seconde nation au cours de l’une de ses visites.


Sékodo

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 01:32

 

 

 

 

Michel-Djotodia-27-mars-2013.jpg

 

source : © koaci.com 



Bénin - Cotonou le 27 mars 2013 –



Le chef de la rébellion centrafricaine Michel Djotodia dont les éléments contrôlent le pays depuis dimanche dernier et qui se pose en successeur du président François Bozizé a séjourné à la prison civile de Cotonou et même dans les faubourgs de Cotonou. 

 

Membre du conseil mondial de l’église du Christianisme céleste, la présence répétée du président déchu, de Bangui François Bozizé n’est pas une information au Benin. Mais les révélations qui sortent de certaines indiscrétions à l’endroit du nouveau maitre de la Centrafrique sont plutôt surprenantes. KOACI.COM append que Michel Djotodia a séjourné sur la terre de Béhanzin pendant un long moment il y a quelques années. Des indiscrétions révèlent qu’il aurait vécu dans un faubourg de Cotonou appelé Atropkocodji (une vingtaine de kilomètres du centre-ville) où il se serait marié à une béninoise et a eu deux enfants. 



Pendant son séjour à Cotonou, Michel Djotodia passait selon les informations le clair de son temps à critiquer le pouvoir Bozizé au cours de ses rencontres informelles. Il n’a pas fallu plus de temps pour que Bangui réclame sa tête à ses amis béninois. Suspecté donc comme ennemie d’un ami du Benin, à savoir le président François Bozizé, le chef de l’Ufd et ensuite Séléka aurait eu des démêlées avec des autorités. Une chose qui lui aurait couté quelques jours à la Prison civile de Cotonou. Dès sa libération, il aurait été éconduit du Bénin pour le Gabon.

 

Au pays des Bongo, aussi il aurait eu maille à partir avec certaines personnes. Il sera également obligé de quitter ce pays pour le Tchad où il a certainement profité pour préparer son coup et ses offensives de décembre à janvier dernier. Sa femme béninoise attends son coup de fils depuis qu’il s’est auto proclamé président de la Centrafrique. Ainsi comme Ange Félix Patassé, François Bozizé , Michel Djotodia a aussi un amour pour le Benin sauf que lui, a posé des actes que les autorités béninoises n’ont pas bien appréciées. 

 


Sékodo

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Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 01:29

 

 

 

 

Tiangaye-Fomac.jpg

 

 

BANGUI (AFP) - 27.03.2013 18:52 - Par Patrick FORT - L'avocat centrafricain Nicolas Tiangaye a été reconduit mercredi dans ses fonctions de Premier ministre par le nouvel homme fort de la Centrafrique, Michel Djotodia, trois jours après le renversement par la rébellion du président François Bozizé.

 

L'avocat centrafricain Nicolas Tiangaye a été reconduit mercredi dans ses fonctions de Premier ministre par le nouvel homme fort de la Centrafrique, Michel Djotodia, trois jours après le renversement par la rébellion du président François Bozizé.

 

"J'ai été reconduit Premier ministre, le décret a été signé", a annoncé à l'AFP Nicolas Tiangaye. Il a promis qu'il composerait un nouveau gouvernement représentant toutes les tendances, "sur la base des accords politiques de Libreville".

 

L'avocat et ancien opposant dirigeait un gouvernement d'union nationale depuis seulement deux mois à Bangui, en application de l'accord de paix signé le 11 janvier à Libreville, entre le camp du président Bozizé, la rébellion et l'opposition.

 

Arguant du non-respect de cet accord, les rebelles du Séléka ("alliance" en langue sango) avaient lancé en fin de semaine dernière une nouvelle offensive éclair victorieuse, poussant le président au pouvoir depuis dix ans à fuir vers le Cameroun voisin.

 

Dès dimanche, le chef rebelle Michel Djotodia s'était posé en nouveau maître du pays. Cet ancien fonctionnaire ayant basculé en 2005 dans la rébellion a déclaré lundi qu'il comptait diriger la Centrafrique pendant "trois ans", jusqu'à l'organisation d'élections. Annonçant la suspension de la Constitution et la dissolution de l'Assemblée nationale, il a précisé qu'il allait à présent "légiférer par ordonnances".

 

Mercredi, le Premier ministre a lui-même a justifié cette situation, en jugeant "juridiquement impossible" le maintien de la Constitution "avec la situation actuelle". "Bien entendu, il faudra y revenir dans trois ans", a-t-il dit.

 

Me Tiangaye a plaidé pour que la communauté internationale, qui a condamné le coup de force, continue d'aider son pays, parmi les plus pauvres du monde malgré les richesses de son sous-sol encore inexploitées: "Sans la communauté internationale, nous ne pouvons pas nous en sortir".

 

Mardi, Washington avait dénoncé "l'auto-proclamation comme président" de M. Djotodia et qualifié "d'inacceptables" les nombreux pillages dans le pays.

 

Les Etats-Unis ont prévenu qu'ils pourraient geler près de 2,2 millions de dollars d'aide américaine, finançant notamment l'entraînement de militaires centrafricains ou des programmes de lutte contre des trafics. L'aide humanitaire de 22 millions de dollars ne serait, en revanche, pas affectée.

 

La Centrafrique a aussi été évoquée mercredi au Vatican: le nouveau pape François a appelé à "un arrêt immédiat des violences et pillages", mentionnant un conflit spécifique pour la première fois depuis son élection.

 

Priorité à "la sécurisation de Bangui"

 

Seleka-coalition-rebel-008.jpg


Mercredi, à Bangui, l'électricité avait été rétablie et l'activité économique redémarrait lentement, même si les habitants s'impatientaient devant les pénuries. Les taxis sont réapparus et la radio nationale a recommencé à émettre.

 

Les rebelles du Séléka, parmi lesquels des "enfants-soldats", patrouillaient toujours, mercredi, en ville avec des membres de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac).

 

"Nous sommes en train de procéder au casernement des gens du Séléka", a annoncé M. Tiangaye. "Beaucoup de gens, des faux Séléka, circulent dans la ville terrorisant la population et puis les bandits s'y sont mêlés et donc, ça ne fait qu'aggraver la situation", a-t-il assuré.

 

"Tous les hommes en armes ont jusqu'à 18H00 pour se faire identifier", a ensuite annoncé le porte-parole du Séléka, Christophe Gazam Betty. "Tous ceux qui ne l'ont pas fait enfreindront la loi. Une loi qui sera appliquée sans ménagement", a-t-il menacé, à la radio nationale.

 

Le bilan des violences n'a pu être établi depuis le coup de force. La Croix-Rouge a évoqué "un nombre important de blessés et de morts".

 

François Bozizé, était lui-même arrivé au pouvoir par les armes en 2003. Le président déchu est actuellement logé dans un grand hôtel de Yaoundé mais les autorités camerounaises souhaitent qu'il "parte le plus rapidement possible vers un autre pays".

 

Le reste de sa famille a été accueillie en République démocratique du Congo, "dans le cadre de l'hospitalité africaine", a fait valoir mercredi à l'AFP le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo. Parmi ces 28 personnes figurent deux des trois épouses du président déchu, la troisième étant partie avec lui.

 

La Centrafrique, ancienne colonie française, n'a connu depuis son indépendance en 1960 qu'une série de coups d'Etat, scrutins contestés, rébellions et mutineries.

 

Ce pays potentiellement riche (agriculture, forêt, uranium, diamants...), dont les cinq millions d'habitants restent globalement très pauvres, est au 180ème rang sur 186, au classement des pays suivant l'Indice de développement humain défini par les Nations unies.

 

© 2013 AFP

 

 

À Bangui, le manque d'eau inquiète les ONG

 

Par Anne-Laure Frémont  27/03/2013 à 23:37  lefigaro.fr

 

INTERVIEW - Le chef de la mission française de MSF dans la capitale centrafricaine, Serge Saint-Louis, craint que les capacités médicales soient bientôt insuffisantes, notamment suite aux pillages qui ont eu lieu ces derniers jours.

 

Les rebelles de la coalition Séléka, qui ont pris les commandes de la Centrafrique après être entrés dans la capitale samedi, ont ordonné ce mercredi à tous les «hommes en armes» de se «faire identifier» pour tenter de mettre un terme aux pillages et à l'insécurité qui règnent à Bangui. Car, depuis plusieurs jours, cette ville de moins de 1 million d'habitants vit dans la peur des violences. Serge Saint-Louis, chef de mission pour la section française de Médecins sans frontières (MSF) à Bangui, témoigne.

 

LE FIGARO. - Comment votre organisation fait-elle face à la situation à Bangui?

 

Serge SAINT-LOUIS. - Trois sections de MSF - française, espagnole et hollandaise - sont présentes en Centrafrique. Leurs équipes de coordination se trouvent à Bangui, mais nous n'avons normalement pas de projet dans la capitale. Depuis la semaine dernière, toutefois, une opération d'urgence de sept personnes a été mise en place. Elle vient en appui à l'hôpital communautaire, le seul hôpital fonctionnel aujourd'hui dans la capitale. Car, dans les autres, le personnel n'est pas de retour, et l'approvisionnement en médicaments fait défaut. L'électricité revient tout juste mercredi matin dans la plupart des quartiers. Mais l'eau manque encore, ce qui complique le travail des secours.

 

Les pillages ont-ils affaibli vos capacités?

 

Deux des trois bureaux de MSF ont été victimes de pillages entre samedi et dimanche. Depuis lundi, on évalue le matériel volé. Les rebelles nous ont confisqué un grand nombre de véhicules, que l'on tente aujourd'hui de récupérer. Il y a aussi eu de la part des pilleurs - des civils ou des miliciens - des vols de meubles, de télévisions, d'effets personnels, même de cadres de fenêtres. Cependant, il n'y a eu aucune violence physique envers les expatriés.

 

Pouvez-vous vous déplacer librement?

 

Après l'entrée de la Séléka en ville samedi, Bangui ressemblait dimanche à une ville sous occupation. Les gens restaient terrés chez eux, personne ne bougeait, hormis les véhicules des miliciens qui roulaient à toute allure en tirant en l'air. C'était le chaos, avec les pillages, l'électricité coupée. Depuis lundi, on recommence à se déplacer plus librement, même si on ne peut pas encore se rendre partout.

 

Les éléments de la Séléka sont présents aux intersections, devant les bâtiments importants. Quant à l'armée centrafricaine, elle n'est plus présente dans la capitale. Beaucoup de ses membres ont quitté l'uniforme pour fuir dans les quartiers.

 

La ville parvient-elle à gérer l'afflux de blessés?

 

Depuis les premiers combats jusqu'à ce mercredi matin, l'hôpital communautaire, qui a reçu 95% des blessés, en a soigné plus de 160, la plupart ayant reçu des balles. La confusion a régné pendant des jours, il est trop tôt pour faire un bilan des victimes, mais je pense qu'elles se comptent par dizaines.

 

Avez-vous eu des contacts avec les membres de la Séléka?

 

MSF travaille depuis des années en Centrafrique, nous étions donc déjà en contact avec la Séléka. Cela fait partie de notre travail de nous présenter à tous les acteurs. Nous avons donc rencontré les nouvelles autorités pour réaffirmer les principes de l'organisation: ceux du libre accès aux services médicaux. Ils ne semblent pas vouloir entraver notre travail.

 

Comment voyez-vous la suite des événements?

 

La vie va reprendre son cours, mais à quelle vitesse? Cette question nous inquiète. Cela va être difficile pour les ONG, les commerçants, les plus pauvres, avec tous les pillages et les dommages causés. Si le chômage augmente encore, cela peut créer des tensions. Notre grande peur est le manque d'eau, qui pourrait entraîner des problèmes épidémiques, surtout dans une ville où les déplacés commencent à revenir.

 

 

Centrafrique: "Les hommes en armes" doivent "se faire identifier" avant 18h

 

 

patrouille-contre-pillard-copie-1.jpg


AFP  - le 27/03/2013 à 14:59

 

"Tous les hommes en armes" doivent "se faire identifier", a annoncé mercredi le ministre de la Communication centrafricain et porte-parole du Séléka Christophe Gazam Betty, pour tenter de mettre un terme à la situation d'insécurité à Bangui.


 "Tous les hommes en armes ont jusqu'à 18h pour se faire identifier" sur deux sites militaires. "Il leur sera délivré un badge d'identification. Tous ceux qui ne l'ont pas fait enfreindront la loi. Une loi qui sera appliquée sans ménagement", a annoncé M. Gazam Betty à la radio nationale, alors que des pillages ont lieu dans la capitale centrafricaine depuis la prise de pouvoir de la rébellion dimanche.

 



Source : http://www.lepoint.fr/monde/centrafrique-les-hommes-en-armes-doivent-se-faire-identifier-avant-18h-27-03-2013-1646642_24.php

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 01:26

 

 

 

 

hopital-communautaire.jpg

 

 

BANGUI (AFP) - 27.03.2013 18:51 - Malgré un retour au calme progressif à Bangui, hôpitaux et administrations restaient très perturbés mercredi après les violences qui ont secoué la capitale centrafricaine depuis que les rebelles ont renversé dimanche le régime du président François Bozizé.

 

Malgré un retour au calme progressif à Bangui, hôpitaux et administrations restaient très perturbés mercredi après les violences qui ont secoué la capitale centrafricaine depuis que les rebelles ont renversé dimanche le régime du président François Bozizé.

La ville est toujours privée d'eau potable, et si le courant est revenu dans certains quartiers, il fait cruellement défaut là où les besoins sont énormes, notamment pour la prise en charge des malades.

 

"La situation est très difficile pour nous en ce moment. Nous recevons beaucoup d'enfants et il y a très peu de personnel soignant. Les gens n'ont pas encore repris le service", affirme le directeur du service de pédiatrie de l'hôpital général, le Dr Jean-Chrysostome Gody.

 

A l'hôpital de l'Amitié, les patients errent dans les couloirs, livrés à eux-mêmes. "Il n'y a pas d'électricité et pas de médecin pour nous prendre en charge", raconte Sylvain Namboa dont la femme, qui a reçu une balle perdue, a besoin de soins urgents. Désemparé, il a fini par l'emmener à l'hôpital communautaire, où sont amenés les rebelles du Séléka qui ont été blessés lors des combats.

 

"Là au moins ça bouge, parce que les hommes du Séléka ont acheté eux-mêmes le carburant pour faire fonctionner le groupe électrogène", assure-t-il.

 

Lundi, le nouvel homme fort du pays, Michel Djotodia, avait pourtant invité les "employés du secteur public et privé" à reprendre le travail dès le lendemain.

 

Mais les scènes de pillages de magasins, institutions et entreprises dont les locaux ont été vidés ont traumatisé les habitants.

Les fonctionnaires non plus n'ont toujours pas repris le chemin du bureau.

 

"J'ai appris que les gens (pillards) n'ont pas touché mon service, mais au domicile de M. le maire, il y a eu des actes de pillages. Je vais à la mairie pour voir quand est-ce qu'on pourra reprendre le travail", raconte un employé de mairie.

 

Le prix du carburant a doublé

 

Des patrouilles mixtes composées de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) et du Séléka sont désormais chargées de sécuriser la capitale.

 

Dans les rues des quartiers nord de la ville, les habitants, qui avaient fui lors de l'arrivée des rebelles dimanche, regagnent peu à peu leurs maisons. A l'entrée de la ville, le PK 12 (point kilométrique 12) et le quartier Gobongo ont été particulièrement touchés par les pillages et les violences.

 

Les Banguissois se déplacent à pied, souvent en petits groupes, car les chauffeurs qui osent prendre le volant sont rares.

"J'ai dû marcher une bonne partie du trajet car il n'y avait pas de taxis", témoigne une Banguissoise.

Les stations-service qui ont échappé au saccage affichent toujours porte close. Conséquence, "le prix du carburant a presque doublé chez les revendeurs, il est passé de 850 à 1.500 Francs CFA (2,3 euros) le litre", affirme René Sokambi, secrétaire général du Syndicat des taxis et des bus.

"Certains éléments du Séléka nous ont interdit de travailler, ils nous ont demandé d'attendre une semaine pour faire la parade" dans les rues de Bangui, ajoute-t-il.

 

A bord de véhicules militaires et de motos, les rebelles continuaient mercredi à tirer des coups de feu en l'air pour impressionner les badauds.

 

En revanche, le commerce a repris sur les marchés, où un peu de viande, des légumes, des fruits et du pain sont réapparus sur les étals, malgré l'augmentation des prix. "Ca va mieux qu'avant (...), confie une ménagère qui n'a pas voulu donner son nom, mais on est surtout inquiet pour les jours à venir, on ne sait pas comment on va vivre".

 

© 2013 AFP Par Hippolyte MARBOUA

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 01:19

 

 

 

 

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CITE DU VATICAN AFP / 27 mars 2013 11h50 - Le pape François a appelé mercredi à un arrêt immédiat des violences et des pillages en Centrafrique, trois jours après le renversement du président François Bozizé, au pouvoir depuis dix ans.


Je suis avec attention la situation en Centrafrique (...) Je lance un appel pour que cessent immédiatement les violences et les pillages, et que soit trouvée au plus tôt une solution politique à la crise qui puisse redonner la paix, a-t-il affirmé lors de sa première audience générale devant des milliers de personnes rassemblées place Saint-Pierre, où il est arrivé à bord de la papamobile.


C'est la première fois que le pape mentionne un conflit spécifique depuis son élection, le 13 mars.

Les rebelles centrafricains ont tenté mardi de faire cesser les pillages dans Bangui, au lendemain de l'annonce par le nouvel homme fort de la Centrafrique, Michel Djotodia, qu'il prenait le pouvoir pour trois ans.


Durant le week-end dernier, la France a renforcé son dispositif militaire en Centrafrique où vivent 1.200 Français, y déployant quelque 550 soldats.



(©)

 

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 06:16

 

 

 

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RFI  mardi 26 mars 2013

 

Pourquoi les rebelles ont-ils gagné en Centrafrique ? Ont-ils été aidés par le Tchad et le Congo-Brazzaville ? Combien de temps vont-ils rester au pouvoir, et à quoi joue la France ? Autant de questions que Christophe Boisbouvier a posé à Martin Ziguélé, qui dirige le plus grand parti du pays, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC). En 2005, il avait réussi à mettre François Bozizé en ballottage. Aujourd'hui, il est de passage à Paris.

 

 

RFI : Ce coup d’Etat, c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

 

Martin Ziguélé : Un coup d’Etat n’est jamais une bonne nouvelle, mais compte tenu de la situation de notre pays et des conflits, ce dénouement qui n’a pas entraîné beaucoup de pertes de vies humaines, nous ne pouvons qu’en prendre acte.

 

Le 11 janvier, les accords de Libreville semblaient équilibrés. Pourquoi cela n’a pas marché ?

 

Il faut dire les choses comme il faut. Ce n’est pas parce que le président Bozizé n’est plus au pouvoir, mais je crois qu'il avait une autre vision des choses. Il voulait un répit sur le front militaire, il voulait un répit sur le plan de la pression sur la Seleka pour essayer de revenir subrepticement au statu quo ante, c’est-à-dire à la situation antérieure à la crise. Et il a fait absolument preuve d’un autisme politique suicidaire, parce qu’il n’y a pas d’autres termes. Et c’est lui qui a créé cette situation.

Bien sûr, il ne faut pas sous estimer également le rôle de toute cette bande de courtisans, que vous retrouvez dans tous les régimes et qui lui ont dit : vous n'avez en face de vous que des rebelles et donc il ne faut rien céder. Il s’est employé sciemment à ridiculiser le Premier ministre Nicolas Tiangaye. Il a ainsi signé son décret de nomination après une séance qu’il a convoquée au palais de la Renaissance, où il a fait venir ses « applaudisseurs », comme on dit. Ceux-ci ont pendant trois heures injurié Nicolas Tiangaye avant qu’il ne signe le décret de sa nomination. Cela ne pouvait pas aller loin.

 

 

Est-ce qu’il a été lâché par ses amis Idriss Déby et Denis Sassou Nguesso ?

 

S’il y a véritablement un chef d’Etat en République centrafricaine qui a bénéficié du soutien des pays de la sous-région, avant son arrivée au pouvoir et pendant sa mandature, c’est bien le président François Bozizé.

 

Justement, est-ce qu’ils l’ont lâché ces derniers jours ?

 

Mais ils ne peuvent pas se substituer à lui. Cet arrangement politique qui a été mis en place à Libreville, c’était fondamentalement pour lui sauver la face. Mais comme le disait Boganda (le premier président de la République centrafricaine, ndlr) : « lorsque vous montrez une étoile à un demeuré, il voit votre doigt et il ne voit pas l'étoile ». Lui, il a pensé qu’il pouvait une fois de plus ruser, d’abord avec son peuple, et puis avec ses soutiens. Tout le monde était désespéré.

 

Est-ce qu’on peut imaginer un accord discret entre Ndjamena, Brazzaville et les rebelles de la Seleka ces derniers jours pour aider ceux-ci à prendre le pouvoir ?

 

Non, je ne fais pas de la politique fiction. Je ne peux pas parler des choses que je ne connais pas. Mais les chefs d’Etat ne pouvaient pas envoyer leurs armées à Bangui pour protéger quelqu’un qui manifestement n’était plus soutenu ni par son armée, ni par sa population !

 

 

Oui mais franchement, en décembre, Idriss Déby était prêt à bloquer l’avancée des rebelles et en mars, il n’a rien bloqué.

 

Mais il a bloqué l’avancée des rebelles en décembre pour permettre une issue politique à la crise. Et il y a eu les tests de Libreville en présence de plus de six chefs d’Etat. Et de retour à Bangui, des proches de lui, c’est-à-dire ses propres conseillers se relayaient sur les medias publics pour remettre en cause l’accord de Libreville, et pire encore, accuser les Etats qui l’ont sauvé de connivence avec la rébellion.

 

Ces derniers jours, vous saviez que Ndjamena et Brazzaville allaient laisser tomber François Bozizé ?

 

Je n’avais pas d’éléments factuels, mais je comprenais très bien qu’il avait lassé tout le monde, surtout lorsqu’on avait du mal à relancer la médiation, je comprenais que quelque part le mécanisme se grippait.

 

Cet appel à l’Afrique du Sud, est-ce que cela a précipité les choses ?

 

Je ne le pense pas. Quand vous comprenez le fonctionnement de Bozizé, il joue toujours un allié contre un autre pour toujours gagner du temps.

 

C’est un échec pour Jacob Zuma ?

 

Le président Jacob Zuma a été entraîné dans ce guêpier par son côté homme d’affaires sud-africain, intéressé naturellement par les activités minières en Centrafrique, qui l'ont vraiment entraîné dans un traquenard. Parce que l’Afrique du Sud se retrouvait en train de défendre quelqu’un de ce type-là ; et surtout, perdre des hommes pour une cause perdue d’avance. Cela fait qu’on se pose des questions. Les pays de la sous-région avaient une connaissance plus intime que l’Afrique du Sud des réalités politiques centrafricaines et des conditions d’une sortie réelle de la crise

 

Est-ce que François Hollande a eu raison de rester en retrait. Est-ce que Nicolas Sarkozy aurait fait la même chose s’il avait gagné l’année dernière en France ?

 

Je ne sais pas, je ne fais pas de la politique fiction mais la position du président Hollande est à saluer. Il a refusé d’intervenir, comme en 2006, comme en 2007.


C’est-à-dire qu’il a fait différemment de Jacques Chirac en 2006, 2007 ?


Il l’a fait différemment de ses prédécesseurs et c’est tout à son honneur. Parce que c’est cette pratique-là qui a infantilisé un peu les dirigeants. Ils se disaient : « Je fais ce que je veux et lorsque ça tourne mal, il y aura la France pour venir me sauver ». Et cela, vous comprenez très bien que ça ne pouvait pas durer éternellement.

 

 

Aujourd’hui Michel Djotodia s’autoproclame président. Est-ce que ce n’est pas mauvais signe pour la suite  ?

 

Vous savez la nature a horreur du vide. Mais ce qui est important, c’est qu’il a dit également qu’il reste dans l’esprit de l’accord de Libreville. Et là-dessus, nous serons vigilants.

Franchement, est-ce que vous ne risquez pas d’être à nouveau le dindon de la farce comme face à François Bozizé deux ans après son arrivée au pouvoir en 2005 ?

Il faut que ce gouvernement ait une feuille de route précise, que la durée de la transition soit bien claire et qu’il soit précisé également, comme cela est dit dans l’accord de Libreville, que ni le président de la transition, ni le Premier ministre de transition, ni les membres du gouvernement de transition, ne seront candidats aux prochaines élections présidentielles.

 

Rien ne vous dit que Michel Djotodia respectera cet accord ?

 

Je ne voudrais pas faire de procès d’intention. Aujourd’hui l’esprit de l’accord de Libreville doit demeurer, à savoir que les animateurs de la transition c’est-à-dire les responsables de la transition, ne doivent pas être candidat aux élections présidentielles.

 

Y compris Michel Djotodia ?

 

Y compris tous ceux qui auront à jouer ce rôle-là, qu'il s'agisse du président, du Premier ministre, ou des ministres. C’est l’esprit qu’il faut voir. Il faut garder cela à l’esprit, pour nous donner une chance de ne pas nous perddre dans des querelles de positionnements personnels.

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 06:11

 

 

 

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RFI  mercredi 27 mars 2013

 

 

Les rebelles centrafricains tentent de faire cesser les pillages dans Bangui, au lendemain de l’annonce par le nouvel homme fort de la Centrafrique, Michel Djotodia, qu’il prenait le pouvoir pour trois ans. Des patrouilles mixtes composées de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) et de membres du Séléka ont tenté le 26 mars toute la journée de «sécuriser » la capitale où le couvre-feu a été imposé en soirée pour la seconde nuit consécutive. Les tirs se font plus rares mais la situation n’est pas encore revenue à la normale, loin s’en faut.

 

Nécessité faisant loi, les Banguissois commencent à ressortir pour se nourrir mais l’activité n’a toujours pas redémarré. Les chauffeurs de taxi n’osent pas encore ressortir leur véhicule et les commerces ou les entreprises qui n’ont pas été pillés sont toujours fermés.

 

David, lui, connaît aujourd’hui encore des journées sans travail et des nuits sans sommeil : « Dans mon quartier, il y a beaucoup de pillages. Les gens tapent à la porte, entrent, prennent des effets et puis s’en vont. Cela n’est pas normal. Il faut que la vie reprenne normalement, qu’on reprenne le boulot et qu’on oublie le passé… »

 

Pour ramener un peu de sécurité, une centaine de combattants de la Seleka et une quarantaine de soldats de la Fomac, la force d’Afrique centrale mènent des patrouilles mixtes. La police, elle, est toujours absente et son retour dans les rues de la capitale ne devrait pas changer grand-chose. Elle ne dispose que de sept véhicules et quatre ont disparu.

 

Timide reprise de l'activité économique

 

Lundi, Michel Djotodia a appelé ses compatriotes à reprendre les activités. Seulement, les Banguissois restent encore sceptiques. Les scènes de pillage et les tirs sporadiques qui continuent encore de retentir, ne favorisent pas une bonne reprise, d'après Luc, un habitant de Lakouanga dans le premier arrondissement de Bangui :

 

« Cela a été très difficile, c’était la crainte, la peur, la panique. Les choses commencent à se calmer un petit peu ».

 

 Nadin fait partie des tous premiers commerçants à répondre aux appels des nouvelles autorités. Il s’est rendu au marché central de Bangui, qui lui réserve une surprise : « La ville est déserte. Rien ne marche. Pas de reprise des activités. On ne sait pas si on reprend demain ou après-demain… » .

 

Charlotte, elle, veut à tout prix reprendre ses activités. Mais après avoir fini le tri des légumes qu’elle a conservés avant les évènements de dimanche, sa réponse est brève : « Tout est pourri».

 

Il n’y a toujours pas de l’électricité dans certains quartiers de Bangui. C’est pourquoi dans les rues, on pense que le rétablissement de la lumière est un gage pour le bon déroulement des activités socio-économiques.  « Que la lumière, l’eau, reviennent. Ce sera un plus. Nous attendons ardemment la reprise des activités », confie Luc.

 

Les fonctionnaires, eux non plus, n’ont pas repris le chemin du bureau. Toutes les institutions publiques sont encore fermées.

 

 La course au poste

 

Le Premier ministre n'est pas encore officiellement désigné, mais Michel Djotodia a annoncé qu'il reconduirait le Premier ministre actuel, Nicolas Tiangaye, issu de l'opposition. Mais qui entrera dans ce gouvernement?

 

 

Les tractations vont bon train, et certains, notamment du côté des anciens fidèles au président Bozize, cherchent à se placer. C’est le cas du pasteur Josué Binoua qui la semaine dernière était encore un fidèle de François Bozize.

 

Il justifie sa volte-face : « La seule chose quoi ne change pas, c’est le changement. Et tout doit changer. C’est l’époque des chenilles qui se transforment en chrysalide pour nourrir les Centrafricains »

 

Josué Binoua sera-t-il encore ministre de la Sécurité à l’annonce du nouveau gouvernement ? Si tel était le cas, ce serait un signe de la volonté des nouvelles autorités de tourner la page sur le passé mais aussi de maintenir les mêmes habitudes de la politique centrafricaine.

 

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