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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 19:55
Nouvelles nationales sur RNL
Nouvelles nationales sur RNL

 

RCA : L’Onusida s'inquiète de la prévalence du VIH dans le pays

 

https://www.radiondekeluka.org/ mardi 3 décembre 2019 14:53

 

Le directeur pays de l'Onusida en Centrafrique Patrick Eba s'inquiète de la prévalence du VIH/Sida dans le pays. Environ 5000 décès liés à cette maladie sont enregistrés ainsi qu'entre 60.000 à 80.000 cas de personnes nouvellement infectées par an selon, Patrick Eba appelle à une mobilisation générale contre cette pandémie à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre ce fléau.

"Nous sommes inquiets du VIH/Sida dans ce pays qui a fait de progrès notable dans la réponse au VIH. Nous avons aujourd'hui environ 40.000 personnes sous traitement antirétroviral. Cela est un progrès significatif, une progression de 40% en 18 mois" a noté Patrick Eba.

En dépit des efforts du gouvernement à travers le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS), les données statistiques restent élevées. "Nous saisissons cette opportunité pour demander plus d'appui pour la réponse au VIH/Sida. Si nous n'avons pas plus de moyens, nous ne pouvons pas atteindre les 60% de personnes qui ne bénéficient pas de traitement" a-t-il plaidé.   

En Centrafrique, l'action est placée sous l'angle communautaire axée sur le thème "les communautés font la différence".

MSF institue une stratégie pour réduire le taux de prévalence au VIH/Sida

Médecin Sans Frontière met en place des Groupes Communautaires d'ARV, une stratégie de prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida. Celle-ci se veut pratique et organisée en faveur des personnes déjà sous traitement. "Nous avons mis en place une stratégie communautaire appelée - Ka-Gué - un groupe de patients séropositifs qui sont sous traitement antirétroviral qui sont stables et qui habitent le même endroit. Ces patients se mettent en groupe et choisissent un responsable et s'organisent afin de se soutenir" a expliqué Laurent Lwindi Mukota, responsable programme VIH à MSF à Bangui.  

Cette politique présente plusieurs avantages pour les personnes sous traitement. "Nous donnons des médicaments pour une durée de 6 mois aux patients. Cela leur permet de pouvoir rester chez eux, faire calmement leurs travaux et éviter à ce qu'ils soient tout le temps dans la rue pour venir les chercher" a indiqué Laurent Lwindi Mukota.

 

 

RCA : 200 réfugiés Centrafricains en RDC de retour au bercail

 

https://www.radiondekeluka.org/ mardi 3 décembre 2019 14:50

 

200 ressortissants Centrafricains réfugiés en République Démocratique du Congo sont de retour ce 2 décembre 2019 dans la capitale. L’opération de rapatriement a été rendue possible par le Haut Commissariat des Réfugiés (HCR) et le gouvernement Centrafricain. Ces ex-réfugiés se disent contents de retrouver leur patrie après plusieurs années d’absence liée à la crise.

Après plus de six ans d’absence, les rapatriés ont foulé le sol centrafricain le sourire aux lèvres. A Bangui, ils ont été accueillis au Port Amont par Filippo Grandi, Haut commissaire du HCR et la Ministre de l’Action humanitaire Virginie Baïkoua. Le gouvernement promet tout mettre en œuvre pour faciliter leur réintégration.

« Nous avons commencé par les déplacés internes. Mais après la signature de l’accord tripartite, nous sommes concentrés sur l’accueil de nos compatriotes réfugiés dans les pays voisins », explique Virginie Baïkoua, indiquant que aujourd’hui « pour apporter l’équilibre, il va falloir qu’on pense à mettre en place des activités de retour pour les compatriotes déplacés internes ».

Les Nations Unies aussi s’engagent à faciliter le retour au pays des Centrafricains qui ont fui le pays à cause de la crise. « Il ne faut pas oublier qu’au moment où nous voyons ces réfugiés rentrer, il y a encore beaucoup de déplacés dans le pays, qui méritent aussi le support et l’appui de la communautaire internationale et des autorités centrafricaines » relève Filippo Grandi, Haut commissaire du HCR.

« Nous avons encore des centaines de milliers de réfugiés de l’autre côté de l’Oubangui, mais aussi au Congo Brazzaville, au Cameroun, au Tchad et dans d’autres pays » ajoute-t-il.

Une satisfaction pour les rapatriés. « Cela fait plusieurs années que ma patrie m’a manquée. Je suis contente de retrouver mon pays la RCA. Je remercie beaucoup le Président de la République » lâche Mireille Andjipakota, l’une des refugiés joyeuse de retrouver sa terre natale.

Le HCR organise ces derniers temps plusieurs opérations de rapatriement des Centrafricains qui se sont réfugiés dans les pays voisins à cause de la crise qui a durement frappé leur pays.  

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 19:23
Centrafrique : Plusieurs  partenaires financiers suspendent leur contrat avec la Caritas nationale

 

Centrafrique : Plusieurs  partenaires financiers suspendent leur contrat avec la Caritas nationale

 

BANGUI, 03 décembre 2019 (RJDH)---De nombreux partenaires financiers de la Caritas Centrafrique, ont mis un terme aux contrats avec cette structure de l’église catholique. Ces décisions, selon les investigations du RJDH, font suite aux soupçons de viol qui pèsent depuis quelques jours sur cette entité.  

En deux semaines, les six principaux bailleurs de la Caritas-Centrafrique ont suspendu leurs différents contrats avec cette structure au cœur d’un scandale de viol attribué au père Luk, un des anciens Secrétaire Nationaux  de la Caritas. Cette information RJDH est confirmée par un cadre de la Caritas Nationale qui a requis l’anonymat, « nous sommes en train de perdre tous nos principaux bailleurs. Au moment au je vous parle, les suspensions de contrat ou les ruptures de contrat ont été notifiées à la Caritas par au moins six grands bailleurs », confie-t-il sur un ton désespéré.

Ces six principaux partenaires, selon des sources bien informées, sont le Programme Mondial Alimentaire (PAM),  OCHA, UNICEF, CORDAID, Secours Catholiques, l’Union Européenne à travers COOPI et SOS. Certaines de ces organisations, d’après nos sources, ont annoncé la rupture définitive de leur contrat tandis que d’autres ont parlé de suspension en attendant la suite de l’enquête sur les soupçons de viol qui touche la Caritas-Centrafrique, viols attribués au père Luk, un prêtre salésien qui a occupé le poste de Secrétaire National de la Caritas-Centrafrique après avoir géré la Caritas diocésaine de Kaga Bandoro. Les faits qui lui sont reprochés remontent à l’époque où il assumait ces fonctions. Le parquet de Bangui a ouvert une enquête sur le dossier, enquête confiée à la Section de Recherche et d’Investigation (SRI). Le père salésien mis en cause a quitté la République Centrafricaine depuis le mois de juin dernier sur instruction de sa congrégation qui avait déjà eu vent de ces accusations.

Cette situation va contraindre Caritas Centrafrique à mettre en chômage plus de 300 personnes sur les 400 qu’elle engage dans ces différentes interventions sur l’ensemble du territoire. Les deux millions de bénéficiaires soutenus par cette structure risquent d’être eux aussi abandonnés. Selon des informations RJDH, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, autorité ayant nommé le père Luk à la Caritas-Centrafrique, a été contraint de se défendre au Vatican, évoquant qu’il avait fait confiance à Monseigneur Albert Vanbuel et qu’il n’était pas au courant du passé de ce prêtre. Les arguments de l’Archevêque de Bangui vont-ils convaincre le Vatican qui parle de tolérance zéro sur ces questions de viol et engage les autorités ecclésiales à les dénoncer et à prendre des mesures ? C’est la question à laquelle seul le Vatican pourra apporter des réponses tandis que la justice centrafricaine continue son enquête sur cette affaire

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 02:30
Centrafrique : six experts chinois de l'agriculture décorés par le chef de l'Etat
Centrafrique : six experts chinois de l'agriculture décorés par le chef de l'Etat

 

 

Centrafrique : six experts chinois de l'agriculture décorés par le chef de l'Etat

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 02-12-2019

 

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a décoré dimanche six experts chinois de l'agriculture à l'occasion de la célébration à Bangui du 61e anniversaire de la proclamation de la République centrafricaine (RCA).

Les six experts de la Juncao, une technique agricole d'origine chinoise, ont ainsi reçu les insignes de l'Ordre de la reconnaissance centrafricaine. En particulier, l'inventeur de la Juncao, Lin Zhanxi, a été promu Commandeur.

En mars dernier, M. Lin et son équipe sont venus en RCA pour transférer gratuitement aux agriculteurs centrafricains la technique de Juncao, terme associant les mots chinois pour "champignon" et "herbe".

Il s'agit d'une sorte d'herbacée géante permettant de faire pousser des champignons rapidement. Populaire dans une dizaine de pays en développement, cette technique a pour objectif principal de garantir la sécurité alimentaire et de réduire la pauvreté.

Grâce à ce savoir-faire chinois, beaucoup d'agriculteurs centrafricains ont cultivé avec succès des champignons de diverses espèces. Le président Touadéra a même dégusté ces champignons, disant les avoir beaucoup aimés.

La population centrafricaine est toujours la première bénéficiaire de la coopération avec la Chine, avait affirmé en mars M. Touadéra, se félicitant de voir ces champignons arriver dans l'assiette des Centrafricains.

La technique de Juncao contribue aussi à la lutte contre la désertification, au développement de l'élevage et même à la production d'électricité, d'après les experts chinois, soulignant que la coopération technique sino-centrafricaine s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des huit initiatives majeures de la coopération entre la Chine et l'Afrique telles que définies lors du sommet de Beijing 2018 du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA).

Source: Agence de presse Xinhua

 

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 02:22
Centrafrique : Touadera élève Tshisekedi en dignité de « Grand Croix »

 

Lu pour vous

 

Kinshasa 02-12-2019 - Le chef de l'État Félix Tshisekedi qui a séjourné dimanche 1er décembre à Bangui en République Centrafricaine, a été élevé à la dignité de "Grand Croix" dans l'Ordre National de Reconnaissance Centrafricaine.

Au cours de sa visite de travail et d'amitié effectuée à Bangui, capitale de la République Centrafricaine, le président de la République démocratique du Congo s’est fait décorer par son voisin. Le président centrafricain, Faustin-Archange Touadera a décoré son homologue congolais, Félix Tshisekedi de la "distinction exceptionnelle" de « Grand Croix », a annoncé la presse présidentielle. Le président Centrafricain a justifié cet honneur par la solidarité du peuple congolais envers son pays pendant les moments difficiles.

Et de son côté, le président Tshisekedi a félicité son homologue Faustin-Archange Touadera pour ses "nombreux efforts dans la reconstruction de son pays". Lui, qui a hérité le pouvoir à un moment où le pays ne s’était pas complètement remis de ses problèmes sécuritaires. Le chef de l’Etat congolais a ensuite promis sa proximité aux Centrafricains. "Tant que je serai à la tête de mon pays, la RDC sera proche de la RCA", a-t-il ajouté.

Après cette visite de 48 heures, Félix Tshisekedi est arrivé ce lundi 2 décembre 2019 à Zongo, dans la province du Sud-Ubangi où il assiste les victimes des inondations liées aux pluies qui se sont abattues les dernières semaines dans cette contrée de l’ex-Equateur. Ce qui a provoqué la crue de la rivière Ubangi.

Dido Nsapu

 

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 00:39
RDC: le président Tshisekedi à la rencontre des victimes des inondations à Zongo

 

RDC: le président Tshisekedi à la rencontre des victimes des inondations à Zongo

 

Par RFI Publié le 02-12-2019 Modifié le 02-12-2019 à 20:35

 

Félix Tshisekedi qui était dimanche 1er décembre, à Bangui, en Centrafrique, s'est rendu ce lundi à Zongo. Cette ville congolaise frontalière de la RCA, située sur l’autre rive de l’Ubangui, très, très loin de la capitale congolaise, Kinshasa. Félix Tshisekedi était très attendu à Zongo, où les habitants ont été confrontés à de très graves inondations.

Ils sont venus très nombreux, plus d’un millier, pour accueillir le président qui a remonté la route de la mairie à pied, profitant d’un joyeux bain de foule. Une visite historique très appréciée par les habitants. « Personne n’est venu depuis quarante ans, mais déjà après huit mois, Fashi (surnom de Félix Tshisekedi, NDLR) est ici », confie une habitante.

#RDC 02.12.19 | #SudUbangi Le Chef de l’État est venu s’enquérir de la situation des sinistrés de #Zongo suite aux inondations. Mais avant de se rendre auprès d’eux, il s’est adressé à la population de Zongo, venue nombreuse l’écouter devant la résidence du maire. pic.twitter.com/ZkAX4xgMuB

 Présidence RDC 🇨🇩 (@Presidence_RDC) 2 décembre 2019

Le président Félix Tshisekedi est venu rencontrer les Congolais du Sud-Ubangi, mais aussi, apporter du soutien très attendu aux sinistrés des inondations. Il est d’ailleurs accompagné de son ministre de l’Action humanitaire, Steve Mbikayi.

27 000 sinistrés

Les ONG sur place comptent environ 27 000 sinistrés des inondations. La plupart sont logés dans des familles d’accueil, bien que quelques-uns dorment encore dans des lieux publics, comme les écoles.

Il faut dire que l’acheminement de l’aide humanitaire à Zongo est difficile. Cette deuxième ville du Sud-Ubangi est à plus de 1 000 kilomètres de la capitale Kinshasa et à plus de 200 kilomètres du premier l’aéroport, Gemena.

 

#RDC 02.12.19 | #SudUbangi A la population de #Zongo le Chef de l’Etat a tenu à leur faire part du projet de construction d’un pont entre Zongo et la RCA. Ceci étant dit, en attendant il leur a expliqué qu’un bac allait être mis en place dans les meilleurs délais.

Présidence RDC 🇨🇩 (@Presidence_RDC) 2 décembre 2019

Pour qu’il y ait du travail il faut qu’il y ait des activités économiques. C’est pourquoi je vais demander aux banques commerciales de venir s’installer ici. Je voudrais que les banques commerciales soient plus proches de la population. Cela vous permettrait de ne plus utiliser le franc CFA mais notre propre monnaie, le franc congolais.

RDC : le président Félix Tshisekedi en visite à Zongo, une ville enclavée où les problèmes sont persistants

02-12-2019 - Par Charlotte Cosset

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 20:14
Série Mali (1), un Etat en faillite face au terrorisme
Série Mali (1), un Etat en faillite face au terrorisme
Série Mali (1), un Etat en faillite face au terrorisme

 

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com/ By La rédaction de Mondafrique 2 décembre 2019

 

Alors que la France s’apprête, ce lundi 2 décembre, à rendre hommage aux treize militaires morts au Mali, Mondafrique revient dans une série de papiers sur les raisons qui expliquent la descente aux enfers du pays.

Si la guerre menée en Libye par la France en 2011 aura été un facteur aggravant de la situation au Mali, cette opération militaire à haut risque ne suffit pas à elle seule à expliquer la déstabilisation du Mali.

A force de convoquer la crise libyenne pour expliquer la grave situation sécuritaire dans  la bande sahélo-saharienne, on a oublié que le Mali, le pays le plus affecté, n’a aucune frontière avec la Libye. La descente aux enfers du Mali est le résultat de facteurs bien antérieurs à la crise libyenne: un Etat en faillite, des conflits ethniques exacerbés, la corruption au coeur des forces armées, l’incapacité enfin du Président IBK, élu avec l’aide de la France, à rassembler le peuple malien

La neutralité d’ATT face aux djihadistes

La responsabilité de l’Etat malien dans les progrès du djihadisme ne datent pas d’aujourdhui. Face au harcèlement des forces de défense et de sécurité algériennes, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), héritier du Groupe islamique armé (GIA) s’était installé dans les années 2000 dans un no man’s land à la frontière algéro-malienne. C’est à partir de cette base-arrière que le GSPC, devenu ensuite Al-Quaida au Maghreb islamique (AQMI) après son allégeance à Al-Quaida, a multiplé les prises d’otages d’occidentaux dans le Sahel et ne les libérait que contre le paiement des rançons. Lesquelles sont devenues une industrie florissante.

Amadou Toumani Touré (ATT), alors président malien, à la tète d’une armée divisée et hors d’état de marche, était largement impuissant face à des djihadistes qui provoquaient des pertes en vies humaines pour les forces armées maliennes (FAMA). D’où l’inertie d’ ATT face au péril djihadiste, voire même la volonté, chez beaucoup de ses proches, de composer avec les chefs de guerre djihadistes. Ne serait-ce que pour se partager le trésor de guerre prélevé sur le commerce de la drogue florissant dans le Sahel.

Cette doctrine à peine masquée de non engagement face au terrorisme est remise en cause par la chute inattendue de Kadhafi, le dictateur libyen dont la célèbre « légion étrangère » avait mobilisé de nombreux étrangers, notamment des touaregs. Le Niger parvient alors à gérer le retour de ses ressortissants après qu’ils aient, sage décision, déposé les armes. Le Mali d’ATT en revanche réintègre les siens, mais avec armes et bagages.

On connaît la suite. Les « retournés de Libye » en profitèrent pour lancer une rébellion armée emmenée par le Mouvement de libération de l’Azawad (MNLA). Cette rébellion entraîne finalement la chute d’ATT et le coup d’état du capitaine Amadou Sanogo, qui sera contraint de céder le pouvoir à Diancounda Traoré, sous la pression des Français.

Une tutelle française pesante

Présents, actifs et  soutenus par les pays du Golfe, à qui la France vend ses armements sans se poser de questions inutiles, les mouvements djihadistes relèguent le MNLA au second plan et prennent le contrôle des régions du nord Mali. En janvier 2013, leur chef auto proclamé, Iyad Ag Gahli, protégé par les Algériens, annonce qu’il va marcher sur Bamako. Il n’est pas certain, d’après des sources diplomatiques sollicitées par Mondafrique, qu’il aurait mis ses menaces à exécution. En contact permanent avec les généraux algériens et avec ses protecteurs à Bamako, Ag Ghali cherche bien d’avantage à renverser Amadou Traore, protégé par la France, et à favoriser l’accès au pouvoir des proches de l’Imam Mahmoud Dicko, chef alors du Haut Conseil Islamique qui est au mieux avec les rebelles du Nord.

Après avoir négocié avec l’Algérie de Bouteflika, la France de Hollande et de Le Drian, respectivement président et ministre de la Défense, va imposer leur plan B. Largement sous l’influence de l’Etat-Major français qui piaffe depuis plusieurs années d’intervenir en Afrique, l’Elysée lance l’opération Serval qui chasse provisoirement les groupes djihadistes du Nord du Mali et impose, dans des délais précipités, la tenue en juillet 2013 d’une élection présidentielle sans véritable débat et où des dizaines de milliers de personnes déplacées ne prennent pas part au vote.

Peu importe le flacon pourvu qu’on aie l’ivresse d’une démocratie au rabais qui devait sauver le Mali des abimes du djihadisme!

IBK, une espérance déçue

Elu sans encombres mais avec une fraude avérée, Ibrahim Boubacar Keita (IBK), est installé le 19 septembre 2013 dans ses fonctions de président de la république en présence d’une vingtaine de chefs d’Etat, parmi lesquels le président français François Hollande et le Roi Mohamed VI. Le nouveau et très opportuniste chef de l’Etat malien dont on oublie un peu vite qu’il a bénéficié dans son ascension politique du soutien constant du fameux Imam Dicko, promet solennellement de travailler au bonheur des Maliens.

Très vite, ses compatriotes prennent la mesure de la tromperie. IBK assoit un pouvoir guidé par le népotisme. Sans aucune expérience sur les questions militaires, son fils Karim Keita prend la commission Défense à l’assemblée nationale malienne. Issaka Sidibé, le beau-père de Karim Keita,  devient président de l’Assemblée nationale alors que plusieurs neveux du président IBK deviennent ministres de la République.

Une très forte instabilité institutionnelle marque la présidence d’IBK. Entre 2013 et 2019, le Mali a connu pas moins de six Premiers ministres. Il n’y a plus de pilote dans l’avion malien qui voit des groupes ethniques se livrer une guerre fratricide qui provoque des massacres dans quelques villages peuls, sans que l’armée française intervienne ni que les medias français ne s’en alarment particulièrement.

La corruption au coeur des forces armées

Le facteur le plus grave de la crise actuelle reste la corruption endémique qui mine le Mali. Selon une étude effectuée en 2018 par le Canada au nom des autres bailleurs de fonds, entre 2005 et 2017 près de 741 milliards de FCFA soit 1,13 milliard d’euros ont été irrégulièrement dépensés par l’Etat malien. A peine installé au pouvoir, IBK s’était lancé dans l’acquisition d’un avion présidentiel à 30 millions d’euros payés sur les deniers publics à travers des sociétés-écran établies en France, à Hong-Kong et aux Antilles.

 Alors que le pays est officiellement en guerre, la corruption mine particulièrement le secteur de la défense et de la sécurité. Les derniers scandales en date concernent l’acquisition pour environ 4,5 milliards de FCFA de deux hélicoptères de combat SA 330 Puma qui n’ont jamais été mis en service ainsi qu’un contrat de formation de 15 pilotes maliens facturé 3,78 milliards de FCFA soit 250 millions de FCFA/pilote.

Quelques mois plus tôt, l’opposition malienne s’était fait l’écho de l’achat de 42 véhicules tout-terrain de patrouilles pour les forces de défense et de sécurité à 2,3 milliards de FCFA soit 50 millions de FCFA l’unité.

41 Français tués en sept ans, 100 militaires maliens tués en un mois

Outre le préjudice au trésor public, ces détournements, en série et à grande échelle, qui impliquent le premier cercle du président IBK, sapent le moral des troupes maliennes. C’est d’abord cette mauvaise gouvernance qui explique les revers de la lutte contre le terrorisme au Mali. Avec les treize militaires tués le lundi 25 novembre dans la collision entre deux hélicoptères,  la France compte 41 soldats tués au Mali depuis 2013. Les Nations unies enregistrent la mort de 200 casques bleus alors que les FAMA déplorent pas moins de 100 militaires morts au combat pour le seul mois de novembre 2019.

Si l’on veut arrêter ce décompte macabre, il faut imposer au président malien de rectifier sa gouvernance actuelle afin de faire cesser les détournements de fonds publics qui ont affecté notamment les crédits destinés à la guerre.

La France, qui a donné son feu orange à la réélection de IBK en 2018, ne prend pas, hélas, le chemin d’un rappel à l’ordre de son protégé. Pourquoi la France ne laisserait-elle pas enfin les Maliens décider de leur avenir, comme beaucoup désormais le réclament qui s’en prennent ouvertement à la politique française en Afrique?

 

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 20:09
La Centrafrique est comme une "Maison sans fenêtres"

Lu pour vous

 

https://www.francetvinfo.fr/ Laurent Filippi Rédaction Afrique France Télévisions

le 02/12/2019 | 12:14

 

"Maison sans fenêtres", publié aux éditions La Boîte à Bulles et coédité par l’ONG Médecins sans Frontières (MSF), est un "objet" magnifique et terrible où se mêlent dessins, photos et vidéos. Au gré des 160 pages, l’illustrateur Didier Kassaï et le photojournaliste Marc Ellison nous plongent dans le quotidien d’une jeunesse meurtrie dans "l’un des pires pays au monde pour les enfants".

Cette situation, peu abordée par les médias internationaux, est qualifiée par les différents observateurs de "crise oubliée". Comme le précise Aude Thomet, une coordinatrice de MSF dans le pays"Je vois la République centrafricaine un peu comme une maison sans fenêtres. Or, sans fenêtres, comment les gens vivant à l’extérieur pourraient avoir une idée de ce qui s’y passe ?"

Grâce aux récits et confidences de ces jeunes confrontés à une violence endémique, les auteurs nous permettent de plonger dans les traumatismes d’un pays marqué par des années de conflit et de remettre au premier plan le sort de sa population. La Centrafrique, ancienne colonie française, est située au dernier rang de l'Indice de développement humain par l'ONU.

Cet album a reçu la médaille d’or du meilleur reportage par l’association des correspondants de presse de l’ONU en 2017.

Déjà marqué par une guerre civile entre 2004 et 2007, la Centrafrique a vu les violences redoubler en 2013 suite au renversement de l'ex-président François Bozizé par les milices de la Séléka, majoritairement musulmanes. Des conflits meurtriers éclatent avec les anti-balaka, des milices chrétiennes d'auto-défense, et amènent le pays au bord du gouffre. A cause de l’insécurité permanente, avoir accès à l’eau, se nourrir, se soigner ou envoyer ses enfants à l’école : tout cela devient pratiquement impossible. Et entrave les efforts humanitaires. Devenus orphelins, des milliers d’enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes.  

Les jeunes ont grandi au milieu d'infrastructures paralysées par des décennies de mauvaise gestion, de corruption et de coups d'Etat. Avant même le début de la crise, cette ancienne colonie française était considérée comme le pire pays au monde pour un enfant et le récent conflit armé a empiré la situation. Seul un tiers des enfants sont scolarisés. Nombre d’entre eux vivent encore dans de vastes camps établis pour les déplacés internes, avec un accès minimal aux soins et à l’éducation, explique le photojournaliste Marc Ellison

De nombreux gamins se retrouvent à errer dans les rues sans réel but, sauf celui de survivre. Vivre sur les trottoirs est difficile et dangereux. Il faut faire face à la violence quotidienne et beaucoup deviennent des hommes avant d’avoir pu profiter de leur jeunesse. Un enfant surnommé Jack Bauer, "son nom de rue", comme il le précise au dessinateur Didier Kassaï, pratique des petits boulots pour pouvoir se nourrir. Les filles sont moins présentes dans les rues pendant la journée: la nuit, certaines d’entre elles se prostituent

Certains ont la chance de trouver refuge à la Voix du Cœur, le seul centre d’accueil que compte la capitale Bangui. Ange Ngassenemo, un ancien prêtre et actuel directeur du lieu, raconte à Didier Kassaï: "Un sondage de 2006 a estimé qu’il y avait plus de 6.000 enfants vivant dans le rues. Certains ont été abandonnés par leurs parents à cause de maladies, notamment le sida, ou ont fui volontairement leur maison en raison de violence domestique. Mais dans les rues, ils sont tout aussi exposés aux abus physiques ou sexuels… Et beaucoup commencent à prendre de la drogue. Ils commencent à renifler de la colle ou devenir accro aux 'boutons rouges' (terme d’argot pour désigner le Tramadol, un opioïde contre les douleurs)."

Mais comme le raconte Grace, beaucoup d’enfants préfèrent choisir la rue plutôt que de rester dans des familles dissolues, affronter la violence domestique et subir les coups de pères alcooliques. Parfois récupérés par d’autres membres de leurs familles quand leurs parents sont morts, les orphelins sont accusés de sorcellerie, une excuse facile pour les jeter dehors et ne plus s’en occuper.  

En vivant dans la rue, un enfant court le risque de contracter de nombreuses maladies : paludisme (principale cause de décès des enfants de moins de cinq ans, précise un médecin), infections respiratoires, typhoïde. Certains garçons souffrent d’infections, car ils ont été circoncis de force par les membres de gangs. D’autres contractent le sida, car ils ont été violés. La plupart des hôpitaux refusent de les accueillir car ils sont sales et sans argent.

Pour ceux qui vivent hors de Bangui, l’accès aux soins est encore plus problématique. Les trajets sont dangereux et les "coupeurs de routes" empêchent les gens de circuler librement ou les rackettent. "Ils écument la région nord-ouest en kidnappant des centaines de familles d’éleveurs contre rançons, obtenues via la vente de leurs troupeaux." 

Des nouveaux-nés et des mères meurent pendant l’accouchement. Les femmes enceintes n’osent plus se rendre dans les centres médicaux. De plus, la plupart manque de médecins qui, par peur, ne veulent plus quitter Bangui. Un médecin qui travaille à la maternité de Kabo, gérée par MSF, précise "qu’il y a plus de personnes qui meurent parce qu’elles n’ont pas accès à des services de santé que de victimes qui meurent lors des combats ou des suites de leurs blessures." 

L’accès à l’éducation est l’un des autres grands problèmes. Pendant le conflit, de nombreuses écoles ont été détruites. Des professeurs ont été assassinés. De nombreux enfants ont cessé leur scolarité. Dans la capitale, trois ans après la fin des combats, un quart des écoles reste toujours fermées. Le manque de professeurs oblige souvent des parents à assurer eux-mêmes l’enseignement moyennant un petit revenu. L’ONG l’Etape offre la possibilité de suivre un enseignement. Cela favorise la cohésion car ici être chrétien ou musulman ne signifie pas grand-chose pour les enfants. 

Mais le véritable défi pour Michel Sorobai, directeur de l’école de l’Etape, est de convaincre les enfants de suivre des études quand ceux-ci croient que travailler dans une mine de diamants peut leur rapporter de l’argent facilement. La plupart n’ont pas les moyens de payer leurs frais de scolarité et les parents qui travaillent dans les mines incitent souvent leurs enfants à les rejoindre. Il est pourtant interdit à ces derniers d’y travailler. Les mines sont artisanales et dangereuses. Mais selon les dictons, "le stylo est noir, mais le diamant est clair". Ou encore, "le stylo est lourd, mais la pelle ne l’est pas." 

Beaucoup d’enfants souffrent de malnutrition. Une femme explique que les Mbarara, un groupe de pasteurs nomades du Tchad voisin, installent leurs bêtes sur les meilleurs pâturages pendant la transhumance. Elle explique que son petit-fils, Dieufera, ne mange plus que des feuilles et des racines car les bovins des Mbarara dévorent leurs récoltes. Il ne reste alors plus rien à la saison sèche. Mais cette population se dit aussi victimes du conflit qui les obligent à fuir. Comme l’explique Aude Thomet, la coordinatrice de MSF à Kabo, au nord du pays, ce conflit entre Seleka et anti-balaka a grandement exacerbé les tensions entre éleveurs et agriculteurs

Gaston Ndovade, conseiller en santé mentale à MSF, organise des sessions pour les mères et les enfants: "La crise a eu un impact important sur la dynamique familiale au point que nous devons encourager les mères à aimer leurs enfants, à les nourrir, à les comprendre, à chercher à les rendre heureux. Ces séances aident véritablement à rétablir le lien entre les mères et leurs enfants. Nous espérons que ce lien retrouvé - et ce bonheur retrouvé - aideront les enfants à guérir. En 2016, l’organisation a fait en Centrafrique un million de consultations médicales, vacciné 500.000 enfants contre différentes maladies, réalisé 9.000 opérations chirurgicales et assisté à la naissance de 21.000 bébés. 

Cheffe de mission et coordinatrice médicale pour MSF pendant quatre ans, Delphine Chedorge déclare: "En mettant au centre de leur ouvrage le thème de l’enfance, Marc Elisson et Didier Kassaï exposent les problématiques sociales, politiques et sanitaires qui marquent le pays, mais nous rappellent aussi que tout est à faire. Les analyses sur l’impuissance des casques bleus, le sous-financement de la réponse humanitaire, les derniers développements des jeux d’alliances et de rivalités des différentes factions armées nous font souvent oublier les gens qui vivent dans ce pays et leur potentiel. Ce livre les remet au premier plan." 

"Maison sans fenêtres" est le premier roman graphique qui utilise la vidéo à 360 degrés pour transporter ses lecteurs au centre de son histoire dans une expérience immersive grâce à la réalité virtuelle. Des QR codes sont disséminés au fil du livre pour regarder les vidéos correspondantes aux différentes scènes. 

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 20:07
Nouvelles nationales sur RNL
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RCA : Sekia Moté sacré champion de la course aux pirogues édition 2019

 

https://www.radiondekeluka.org/ lundi 2 décembre 2019 12:04

 

Il est une tradition pour les pilotes piroguiers de faire la compétition à l'occasion de la fête de proclamation de la République le 1er décembre. Ce 1er décembre en présence du président de la République Centrafricaine Faustin Archange Touadera et son homologue Congolais Félix Tshisekedi l'équipe Sékia Motè a remporté le sacre de l'année.

Le top a été donné au niveau de Bangui plage. Les piroguiers ont en tout parcouru 6 km avant d'arriver au point de départ où ils ont reçu le prix.  Devant la mobilisation des pilotes de  15 pirogues, contenant chacune entre 40 a 60 personnes, dont une de Zongo c'est avec les chants et acclamations que l'équipe victorieuse a soulevé le trophée.

"C'est une grande joie pour nous parce que nous sommes venus gagner cette course et nous l'avons fait. Notre secret, c'est que nous nous sommes bien préparés" s'est réjoui Jean Christian Doumalakpe, un des piroguiers.    

Brice Rufin Molomadon, président de la fédération Centrafricaine de Canoé Kayak et Assimilés est heureux de l'organisation réussie  de cette édition. Il a salué la victoire de l'équipe gagnante. "Nous nous réjouissons de ce que l'organisation soit un succès. C'est chaque année que nous organisons cette compétition. L'année dernière, c'était le village Mondoli, mais cette fois c'est le tour de Sekia Motè, nous leur tirons nos chapeaux" a-t-il lancé.

Le premier de cette course a reçu un trophée et une somme de 1 million de Fcfa, le second touché sept cent mille et le troisième cinq cent mille Fcfa. L’équipe de Zongo en RDC est sortie 8e.

 

 

RCA : La Ligue Centrafricaine des Droits de l'Homme préoccupée par la famine à Kabo

 

https://www.radiondekeluka.org/ lundi 2 décembre 2019 12:24

 

Le président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l'Homme (LCDH) Joseph Bindoumi a appelé la Communauté Internationale au secours de la population affamée de Kabo.

L'insécurité grandissante à Kabo au nord du pays sur fond de conflit entre cultivateurs et éleveurs armés a entrainé la famine faisant déjà plus d'une dizaine de morts dans la localité. Pour Joseph Bindoumi, président de la LCDH "la RCA n’a jamais connu officiellement une telle situation depuis son indépendance" lance un SOS à la communauté internationale.

L'alerte a été donnée par les députés de la localité Hugues Ndolingar et Clément Nobona qui déplorent la situation catastrophique de la situation humanitaire dans la région.

Pour Joseph Bindoumi, cette situation est la conséquence logique de la guerre. " A l'époque, nous avions dit que la guerre avait d'autres conséquence. La crainte que nous avons des personnes tuées par des armes, des villages brulés, des attaques et des violations massives des droits humains et aujourd'hui la ville de Kabo enregistre des personnes décédées pour n'avoir pas pu travailler leurs champs" a-t-il déploré.

"Si les causes de la mort de ces personnes sont liées à la famine, cela témoigne bien que la guerre commence à montrer d'autres conséquences" a-t-il martelé.

Joseph Bindoumi appelle les partenaires à venir en aide à la population vulnérable de Kabo. " Nous proposons deux choses de façons immédiates, nous demandons à la communauté internationale et aux partenaires de venir rapidement en aide aux populations de Kabo et nous demandons aux détenteurs des armes à l'origine de cette situation d'arrêter parce que les conséquences sont énormes" a-t-il suggéré.

La population de Kabo est une population laborieuse qui a pour principale activité,  l'agriculture. L'insécurité dans la région a entrainé la fuite de la main d'œuvre et la paralysie des activités champêtres et commerciales.

 

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 19:32
« Après Bangui, Tshisekedi attendu aujourd’hui à Zongo »

 

 

Centrafrique: Félix Tshisekedi invité d'honneur de la fête nationale

 

Par RFI Publié le 02-12-2019 Modifié le 02-12-2019 à 01:01

À l’occasion de la journée de la fête nationale centrafricaine, le président Félix Tshisekedi était l’invité d’honneur du président Touadéra. C’est la première fois qu’il reçoit son homologue congolais depuis son élection. Les deux États sont frontaliers séparés par deux cours d’eau. Ils partagent plus de 1 600 kilomètres de frontière.

Les deux présidents ont assisté au traditionnel défilé ainsi qu’à la course de pirogue du 1er décembre. Un moment de partage souhaité par les deux chefs d’État.

« L’évolution de nos pays éprouvés par de multiples soubresauts politiques nous conduit à accorder nos leaderships, a expliqué Faustin Archange Touadéra, et à manifester une solidarité à toute épreuve pour combattre et mettre un terme aux menées déstabilisatrices en Afrique centrale et dans notre sous-région des pays des Grands Lacs si troublés, dont la République démocratique du Congo pour des raisons évidentes de superficie, de peuplement et de ressources naturelles devrait y jouer un rôle de premier plan de locomotive. »

Le président Tshisekedi a, lui, mis en valeur les efforts réalisés par son homologue pour un retour à la paix sur le territoire centrafricain. « Il y a eu vraiment un bond considérable dans ce pays qui était donné pour perdu par certains. Et vous savez qu’il y a eu même une grande puissance qui a dû partir parce que la situation devenait confuse. Une puissance amie - on ne va pas la condamner la blâmer - mais la situation était vraiment difficile. Et aujourd’hui il y a une lueur d’espoir grâce au travail du président Touadéra. »

Le président congolais souhaite aller plus loin dans les échanges commerciaux entre les deux États. Il a notamment évoqué vouloir relancer le projet de pont sur l’Oubangui pour relier physiquement les deux pays.

Le président Tshisekedi va passer la nuit à Bangui et est attendu auprès des sinistrés des inondations de Zongo ce lundi.

 

 

Le Phare : « Après Bangui, le Chef de l’Etat attendu aujourd’hui à Zongo »

 

https://www.radiookapi.net/ le lun, 02/12/2019 - 08:26  

 

Revue de presse du lundi 2 décembre 2019

 

Les médias kinois de ce lundi reviennent ce matin sur la visite du Président Tshisekedi en République centrafricaine.

Le chef de l’Etat Félix Antoine séjourne depuis dimanche 1er décembre 2019 à Bangui, capitale de la République Centrafricaine où, après avoir été accueilli par son homologue centrafricain, Faustin Archange Touadera, il a assisté, peu après, aux côtés de ce dernier, au défilé militaire et civil organisé à l’occasion du 61e anniversaire de l’indépendance de ce pays, indique Le Phare.  

Félix Antoine Tshisekedi a salué les efforts du régime Touadera pour rendre la RCA fréquentable et engager le processus de sa reconstruction, ajoute le journal.

Tshisekedi devrait, sauf imprévu, traverser la rivière Oubangi, à partir de Bangui pour la ville congolaise de Zongo. Il devrait se rendre compte de la situation des victimes des inondations provoquées par la montée des eaux du cours d’eau précité, conclut le quotidien.

Plus qu’une simple visite d’amitié, fait remarquer l’Agence congolaise de presse, la présence du Chef de l’État de la RDC revêt plusieurs enjeux.

Elle devrait permettre d’évoquer des préoccupations communes sur le plan sécuritaire entre les deux pays qui partagent 1600 km de frontière naturelle. La RDC et la RCA sont obligées de se sécuriser mutuellement étant donné que 80 % de l’espace frontalier centrafricain est contrôlé par de forces rebelles ex Seleka obédience musulmane, note l’ACP.

Le chef de l'Etat congolais a été élevé à la dignité de "Grand-Croix" dans l'Ordre national de reconnaissance centrafricaine, par son homologue Faustin-Archange Touadera, note 7sur7.cd.

 Le président Centrafricain a justifié cet honneur par la solidarité du peuple Congolais envers son pays pendant les moments difficiles, ajoute le site web.

« Après Bangui, Tshisekedi attendu aujourd’hui à Zongo »

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1 décembre 2019 7 01 /12 /décembre /2019 22:47
En Centrafrique, un dispositif de près de quarante ans pour comprendre la forêt
En Centrafrique, un dispositif de près de quarante ans pour comprendre la forêt
En Centrafrique, un dispositif de près de quarante ans pour comprendre la forêt

 

 

En Centrafrique, un dispositif de près de quarante ans pour comprendre la forêt

 

Par Gaël Grilhot RFI le 01-12-2019 Modifié le 01-12-2019 à 21:17

 

Depuis 1982, dans la forêt de Mbaïki (sud-ouest), des chercheurs s'intéressent au processus de régénération de la forêt dense humide.

 

Hormis les chants de cigale, rien ne semble vouloir troubler cette parcelle de forêt très dense, dans laquelle s’enfoncent Félix Allah-Barem et Fidèle Baya, le responsable et le technicien du programme Appuis à la recherche forestière (ARF). Dans cette concession proche de Mbaïki, à 80 km au sud-ouest de Bangui, ARF gère depuis 38 ans un dispositif unique dans le bassin du Congo. Fruit d’un partenariat public privé, il a pour objectif d’étudier la capacité de régénération de la forêt après la coupe de ses essences exploitables.

C’était bien avant la première Cop. Mais déjà, le pays se préoccupait « d’assurer une transmission équitable aux futures générations de son héritage forestier », selon Félix. L’or vert de la Centrafrique, cet incroyable massif de 23 millions d’hectares, dont près de 4 millions sont exploitables et attribués à des industriels. Dans cette prolongation du bassin du Congo, on trouve des espèces très demandées, comme le Sapelli, le Sipo, ou l’Ayouz, et cette industrie contribue, en temps normal, à plus de 10 % du PIB centrafricain. Mais seulement 14 essences sur les quelque 240 référencées par l’ARF sur ces parcelles sont exploitables. Quelques-unes, plus rares, sont coupées à la demande.

35 000 arbres comptabilisés, mesurés, numérotés et marqués

Pour assurer la perpétuation des essences économiquement viables après la coupe il était donc nécessaire de mieux connaître la forêt dense humide de cette région. Avec l’appui financier de la France, le ministère des Eaux et Forêts met en place au début des années 1980 ce « dispositif permanent d’étude de la dynamique des peuplements naturels », au sein d’une concession de la Société centrafricaine d’agriculture et de déroulage (SCAD). Depuis 1982, une dizaine de parcelles de 9 hectares (zones tampon comprises), ont ainsi été délimitées. Trois ans plus tard, sept d’entre elles étaient mises en exploitation, alors que trois parcelles « témoins » restaient à l’état de forêt primaire.

Depuis, chaque année, plus de 35 000 arbres sont comptabilisés, mesurés, numérotés, et marqués, lors d’une campagne d’inventaire vers avril-mai, impliquant une quinzaine d’ouvriers. « L’équipe est constituée de mesureurs, de marqueurs, mais aussi de porteurs d’échelles, précise Félix. Quand les contreforts de l’arbre (excroissance du tronc à la base de l’arbre) sont trop importants, on doit parfois monter jusqu’à 4,50 m pour le mesurer. » Des arbres meurent, d’autres, qui atteignent 10 cm de diamètre, se voient créer une fiche identique aux autres, où toute leur vie sera consignée.

« Pour certaines espèces le diamètre minimum d’exploitation et le diamètre "efficace", qui permet une fructification suffisante de l’arbre, sont parfois très proches, ajoute Félix. Il y a des risques que l’on coupe un individu qui ne s’est pas suffisamment reproduit. La précision des informations que nous fournissons est donc très importante. » Les ouvriers sont généralement recrutés dans le voisinage, une façon de s’assurer, avec les autorités villageoises, que le dispositif ne sera pas touché en attendant la prochaine campagne. Il faut aussi entretenir tout au long de l’année les layons autour et à l’intérieur des parcelles, pour favoriser le travail de comptage.

Le rôle précieux des arbres

Au détour d’une parcelle, « Le Vieux » apparaît, un énorme Kosipo, si haut que ses branches les plus hautes semblent se confondre avec le ciel. « Il fait plus de 3 m de diamètre, c’est le plus gros du dispositif, et de tous ceux que j’ai pu voir en RCA, affirme Félix. Si celui-ci tombe, la biomasse totale du dispositif va chuter », ajoute-t-il en riant. Dans la forêt, certains hévéas sont scarifiés, preuve que des Pygmées – dont les principales ressources viennent de la forêt - les exploitent pour leur sêve. Des sentiers de forêt conduisent à des campements de cueillette de chenilles, ou à des mines artisanales d’or ou de diamants. David désigne de sa machette un parassolier, perché sur ses racines qui sortent du sol. « Dans des régions où il n’y a pas de cours d’eau, ces arbres peuvent servir pour s’hydrater, poursuit Fidèle. Ce sont également les premiers indicateurs de la reconstitution d’une forêt secondaire. »

Hors période d’inventaire, Fidèle assure le suivi phénologique (étude du comportement des arbres). Gérant sur le terrain le dispositif depuis 20 ans, il semble connaître chaque arbre par cœur. Chacun a d’ailleurs un curriculum clairement détaillé. Perte de feuilles liée ou non à la saison des chenilles, troncs tordus, etc. « Avant, les campagnes d’inventaire se faisaient avec des fiches manuelles, explique Félix. Et maintenant, nous avons des tablettes et une application développée par le Cirad, qui simplifie énormément le travail. »

Un dispositif quasi jamais interrompu

Aussi surprenant que cela puisse paraître, malgré les nombreux troubles politiques qui ont secoué le pays depuis les années 1980, le dispositif ne s’est presque jamais interrompu. La simplicité du processus explique probablement cette longévité, devenue le principal atout de ce dispositif. Après 32 ans d’inventaires, de comparatifs avec les parcelles témoin, et d’autres expériences menées sur certaines parcelles (dont les essences non économiques ont été dévitalisées), le site de Mbaïki est devenu une référence pour toute la sous-région. Plusieurs doctorants l’ont utilisé pour rédiger leurs thèses, et il s’insère désormais dans d’autres programmes de recherche de la région.

Mais le verdict de la recherche n’est pas toujours celui attendu par les exploitants. Avec la durée de trente ans communément admise – et inscrite dans le code forestier – pour la régénération à l’intérieur d’une assiette de coupe exploitée, « le taux de reconstitution n’est pas suffisant, insiste Félix, même si cela ralentit le déclin des essences exploitables. » Quelle serait alors la bonne durée ? « C’est impossible de le prévoir, c’est à la forêt de nous le dire. »

 

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