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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 14:41
NOTE D’INFORMATION MINUSCA

 

NOTE D’INFORMATION

 

APRES LES VIOLENCES MEURTRIERES, LA SITUATION S’AMELIORE PROGRESSIVEMENT A BIRAO ET A NDELE

 

 

Bangui, le 15 avril 2020 – Des signes d’un retour à la paix sont visibles à Ndélé (Bamingui-Bangoran) et à Birao (Vakaga), après une période de violences qui a prévalu dans les deux villes notamment en mars dernier, suite au conflit interne opposant les factions Rounga et Goula du Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC), ont indiqué ce mercredi les chefs des bureaux de la MINUSCA à Ndélé (centre-nord) et à Birao (nord-est).

 Au cours de la conférence de presse hebdomadaire de la mission par visioconférence, les chefs de bureaux ont tour à tour présenté les actions menées par la MINUSCA, à travers ses composantes civile et armée, en coordination avec les autorités locales, qui ont permis l’amélioration de la situation politique et sécuritaire dans les deux villes.

 A Ndélé, la MINUSCA a rencontré le sultan-maire ainsi que le chef militaire du FPRC, Abdoulaye Hissène, de retour dans la ville, et ce dernier s’est dit prêt à coopérer avec la Mission sur les investigations sur les derniers événements à Ndélé et à travailler au plan sécuritaire. Il a aussi accepté le déploiement des forces de sécurité intérieure (FSI) dans la préfecture et accueilli favorablement la nomination par le Président de la République, du nouveau préfet de Bamingui-Bangoran, a indiqué Thomas Vaah, chef du bureau de Ndélé. Il a ajouté que de nombreux civils, dont une majorité avait cherché la sécurité autour de la base de la MINUSCA, ont regagné leurs domiciles.

 Pour Bessan Vikou, chef du bureau de la MINUSCA à Birao, en date du 14 mars, dans une réunion de restitution à la population, le sultan-maire, à genoux, a présenté ses condoléances et a demandé pardon pour la récurrence des attaques du 1 au 14 septembre 2019, puis celle du 16 février 2020. Par la même occasion, le Sultan a proposé que Birao redevienne « une ville sans arme ». « La MINUSCA, ensemble avec les autorités préfectorales, a réussi à convaincre tous ceux qui portaient les armes dans la ville de les garder, en attendant la reprise des programmes de DDR.  Depuis, à Birao, la population circule librement, les activités au marché ont repris progressivement », poursuit le chef du bureau de Birao.

 C’est dans cette dynamique que le commandant de la force zambienne au sein de la MINUSCA, Colonel Teddy Tembo, a annoncé l’arrivée de 145 éléments des FACA depuis le 9 avril dernier dans la ville avec des moyens mobiles et logistiques. « Les patrouilles conjointes avec les casques bleus de la MINUSCA sont en cours de préparation. Mais déjà, les FACA occupent des positions stratégiques dans la ville », a-t-il précisé.

 De son côté, le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro, a déclaré qu’un mois et un jour après l’annonce du premier cas de coronavirus en RCA par le Ministère de la Santé publique, la MINUSCA poursuit son engagement aux côtés des autorités centrafricaines pour endiguer la propagation de la pandémie. « La MINUSCA va orienter un million de dollars vers les projets d’achat d’équipements locaux ainsi que l’approvisionnement en eau. De même, près de 28.5 million de francs CFA sont mobilisés pour appuyer la mise en œuvre dans les préfectures, du plan national de réponse à la pandémie. 30 volontaires de la protection civile et des points focaux seront formés et équipés pour sensibiliser les communautés”, a-t-il souligné, rappelant d’autres soutiens notamment dans la sensibilisation et la distribution de kits d’hygiène et de l’eau à Bangui et dans les préfectures.

 Concernant la situation des droits de l’homme, le porte-parole a fait savoir qu’entre le 9 et le 15 avril, la MINUSCA a pu vérifier et documenter huit incidents d’abus et de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire à Bangui et à l’intérieur du pays, ayant affecté au moins huit victimes. Quatre groupes armés en sont les auteurs présumés

 

 

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 01:37
REUNION ENTRE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET LES MEMBRES DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE
REUNION ENTRE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET LES MEMBRES DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE
REUNION ENTRE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET LES MEMBRES DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE

 

source : Palais Renaissance

 

LA LUTTE CONTRE LA PANDEMIE DU CORONAVIRUS AU CENTRE D’UNE REUNION ENTRE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET LES MEMBRES DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE


Le Président de la République, Son Excellence Pr Faustin Archange TOUADERA a présidé une réunion le 11 avril qui a regroupé les membres de la Cour Constitutionnelle et l’équipe du Ministère de la Santé, chargée de lutte contre la propagation du COVID 19 en République Centrafricaine.


Cette réunion initiée à la demande du Président TOUADERA a pour objectif de présenter aux juges de la Cour Constitutionnelle les stratégies et les mesures de prévention mises en place par le gouvernement pour lutter contre le coronavirus.


La Présidente de la Cour Constitutionnelle, Mme Danielle DARLAN a affirmé que cette rencontre a donné l’occasion aux membres de son institution de poser des questions sur le COVI D 19 et de faire des propositions y relative. Ces propositions, dit-elle, concernent en partie à la mise en place d’une chaîne de solidarité nationale pour contrer la maladie à coronavirus.

A cet effet, elle a fait savoir les membres de la Cour Constitutionnelle ont remis une enveloppe au Ministre de la santé pour témoigner cette solidarité. Mme Danielle DARLAN a demandé aux centrafricains de leur emboîter le pas en soutenant le gouvernement qui dispose de moyens limités dans cette bataille nationale. Et d’ajouter que, seule la prévention permet d’arrêter ce fléau avant qu’il ne submerge la République Centrafricaine comme d’autres pays.


Elle a demandé à la population de respecter les mesures dictées par le Président de la République et le Ministère de la Sante pour se protéger contre cette pandémie planétaire.


Le Président TOUADERA a profité de l’occasion pour demander l’avis des membres de la Cour Constitutionnelle sur les mesures à prendre en cas de la propagation de la pandémie dans le pays


Selon Mme Danielle DARLAN, la situation liée à la pandémie comme le COVID 19 est prévue par la constitution de la République Centrafricaine. Lesquelles dispositions, affirme-t-elle, en appellent à la responsabilité du gouvernement afin d’y faire face.


Le Vice-président de la Cour Constitutionnelle M. Jean Pierre WABOUE, a fait savoir que la constitution du 30 mars en son article 8 ; alinéa 4 stipule qu’en cas de pandémie, il revient aux autorités du pays de prendre des mesures nécessaires pour préserver la santé de la population. Ces mesures concernent entre autre l’instauration d’un couvre-feu ou le confinement de la population.

Il a affirmé que toutefois, la prise de ces décisions par le Président de la République est assujettie au préalable à la consultation des juges de la Cour Constitutionnelle, des élus de la nation et des membres du gouvernement. Pour M. Jean Pierre WABOUE, ces décisions bien que légitimes ne peuvent être prises qu’en fonction de de l’évolution et de l’ampleur de la pandémie qui sévit dans le pays.

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 01:08
Deux cents chinois expulsés du Kenya

 

Lu pour vous

 

https://actucameroun.com/ 14 Avr 2020 

 

Le Kenya va expulser au moins deux cents citoyens chinois soupçonnés de commerce illégal à Nairobi. C’est ce qu’a indiqué lundi, le ministre de l’intérieur Fred Matiang’i.

Les autorités kenyanes ont mis la main sur plusieurs chinois qui exercent illégalement dans des activités commerciales dans le grand marché de Gikomba à Nairobi, capitale du pays. Pour le ministre de l’intérieur, il est illégal pour des étrangers de faire du commerce local au Kenya. A cet effet, Fred Matiang’i, a saisi le ministère des affaires étrangères pour que ceux-ci soient immédiatement expulsés du territoire kenyan vers leur pays.

 « Nous les conduirons à l’aéroport dès que leur pays nous aura envoyé l’avion pour leur rapatriement » a précisé le ministre. Selon BBC, d’importantes quantités de riz chinois stockés dans des magasins de la banlieue de Nairobi avaient été découverts suite à une enquête de l’inspection des impôts.

Brouille entre la Chine et l’Afrique!

Depuis quelques jours, le ton monte entre la république populaire de Chine et les Etats africains après des révélations sur des traitements inhumains infligés aux africains à Canton dans le sud de la Chine. Selon des témoignages des résidents dans cette ville, ils ont été expulsés de leurs résidences et certains des hôtels pour avoir être accusés être porteurs du coronavirus. L’Union africaine a donc convoqué l’ambassadeur chinois à Addis-Abeba pour lui demander des comptes.

 

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 01:01
COVID-19 : La France débloque 1,2 milliard d’euros pour aider l’Afrique

Lu pour vous

 

La France débloque 1,2 milliard d’euros pour aider l’Afrique à faire face au Covid-19

 

 

"Les besoins sont immenses" annonce le ministre français des Affaires étrangères

 

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, a annoncé le déblocage de 1,2 milliard d’euros pour lutter contre le Covid-19 en Afrique. Même si le continent semble relativement épargné par le virus pour le moment, les risques sont de plus en plus élevés. Dans ces conditions, l’Afrique a besoin d’une aide précieuse au risque de subir des conséquences désastreuses.

UNE AIDE IMPORTANTE DESTINÉE À L’AFRIQUE

C’est dans cette optique que mercredi 8 avril, Jean-Yves Le Drian a annoncé cette aide devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Le déblocage de 1,2 milliard d’euros à destination de l’Afrique ne sera pas de « l’argent nouveau », précise Le Monde, mais un redéploiement d’« une partie substantielle de notre aide au développement sur les enjeux de santé et les enjeux alimentaires pour près de 1,2 milliard d’euros ».

Le ministre a pour objectif de renforcer « les systèmes de soins » en Afrique ainsi que « les capacités de détection et de recherche scientifique en appuyant la recherche africaine ». De son côté, l’Union européenne a accordé « plus de 20 milliards d’euros » aux pays vulnérables (en Afrique et dans le monde) pour lutter contre l’épidémie. De ce fait, « il faudra sans doute envisager l’organisation d’un pont aérien humanitaire à partir de l’Europe pour transporter de l’aide », ajoute le ministre.

En supplément, Paris va venir en aide à l’ONG Alima au Sénégal, en Guinée, au Burkina Faso et en Centrafrique ainsi que Médecins du monde à l’hôpital de Kinshasa pour prendre en charge les malades. La capacité des laboratoires de l’Institut Pasteur situés au Cameroun, en Centrafrique, à Madagascar, en Guinée et au Sénégal va être augmentée.

LE MINISTRE DÉNONCE DES « PROPOS CHOQUANTS »

Dans son discours, Jean-Yves Le Drian est revenu sur les « propos choquants et même moralement et humainement scandaleux, sur des expérimentations qui, supposément, devraient se faire sur des Africains » lancés par deux chercheurs français à la télévision. Ces personnes avaient proposé de se servir de l’Afrique comme un laboratoire pour des tests de vaccin. Pour le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus« L’Afrique ne peut pas et ne sera un terrain d’essai pour aucun vaccin. »

Le ministre a également rejeté « certaines prédictions catastrophiques » du centre d’analyse de son ministère à propos du coronavirus. Ce dernier avait prévu l’effondrement de « régimes fragiles » ou « en bout de course » en Afrique.

En pleine crise sanitaire, le gouvernement décide de venir en aide aux pays en développement qui sont très vulnérables face au Covid-19. Le virus est une menace de chaque instant, seules l’organisation et la solidarité internationale pourront endiguer sa propagation.

Par Justine Dumont, le 13 avril 2020 le Monde.fr

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 00:20
La Chine approuve deux vaccins contre le coronavirus

 

Lu pour vous

 

La Chine approuve deux vaccins contre le coronavirus pour des essais sur l'homme

 

https://www.aljazeera.com/  

 

Des traitements expérimentaux COVID-19 vont se poursuivre en Chine alors qu'il se débat avec des cas importés de Russie voisine. La Chine a approuvé des tests humains à un stade précoce pour deux vaccins expérimentaux contre les coronavirus alors qu'elle se bat pour contenir les cas importés et empêcher une deuxième vague de COVID-19.

Les vaccins expérimentaux sont développés par une unité basée à Pékin de Sinovac Biotech et par le Wuhan Institute of Biological Products, une filiale du China National Pharmaceutical Group appartenant à l'Etat, a rapporté mardi l'agence de presse d'Etat Xinhua. Sarah Clarke d'Al Jazeera, qui rapporte de Hong Kong, a déclaré que la Commission nationale chinoise de la santé a également confirmé que les essais se poursuivraient. En mars, Pékin a donné son feu vert à un autre essai clinique pour un candidat vaccin contre le coronavirus développé par l'Académie militaire des sciences médicales militaires et la société de biotechnologie CanSino Bio, peu de temps après que le développeur de médicaments américain Moderna a déclaré qu'il avait commencé des tests humains pour leur vaccin avec les National Institutes of Health des États-Unis. "Nous pouvons confirmer maintenant que trois vaccins particuliers sont testés en Chine, et la Commission nationale de la santé a déclaré qu'elle devra éliminer un certain nombre de conditions avant de pouvoir permettre la production de masse des vaccins dans le monde", a déclaré Clarke. Mardi, la Chine a signalé 82 249 cas de coronavirus et 3 341 décès. Il n'y a eu aucun décès au cours des dernières 24 heures.

«Décision très audacieuse»

Les scientifiques du monde entier se battent contre le temps pour mettre au point un vaccin contre le coronavirus, qui a tué plus de 119 000 personnes et infecté plus de 1,9 million de personnes dans le monde.

Le premier vaccin approuvé en Chine a commencé sa deuxième phase de l'essai, a indiqué Clarke.

"Au total, 500 personnes se sont inscrites pour se porter volontaires pour cela dans la première phase, qui a examiné l'innocuité de ce vaccin, et la deuxième phase a maintenant introduit un groupe témoin placebo", a-t-elle déclaré.

Mais alors même que l'espoir d'un remède augmente, John Nicholls, professeur clinique de pathologie à l'Université de Hong Kong, a déclaré: "Les vaccins ne peuvent pas être précipités".

Son équipe a été l'une des premières à l'extérieur de la Chine continentale à reproduire le virus dans un laboratoire de recherche.

"Normalement, avec les vaccins, vous commencez avec de petits animaux, puis vous passez aux primates puis aux humains", a déclaré Nicholls à Al Jazeera. "Il semble qu'avec celui-ci, ils soient allés directement aux humains, ce qui est une décision très audacieuse.

"La plupart de la mortalité dans cette maladie touche les personnes âgées, donc la meilleure chose serait de voir quelle est la réponse anti-corps chez les personnes âgées plutôt que chez les jeunes", a-t-il ajouté.

Course mondiale pour trouver le vaccin contre les coronavirus (3:19)

Pendant ce temps, la Russie est devenue la plus grande source de cas importés par la Chine, avec un total de 409 infections provenant du voisin du nord.

Sur les 89 nouveaux cas signalés lundi en Chine continentale, 79 étaient des cas de coronavirus importés dans la province frontalière du nord-est de la Chine, Heilongjiang, tous des citoyens chinois rentrant chez eux en provenance de Russie, selon les médias officiels.

Lors d'une réunion présidée lundi par le Premier ministre Li Keqiang, le groupe de travail chinois sur les coronavirus a décidé de déployer davantage de ressources sanitaires à ses frontières.

Il a déclaré qu'il construirait des hôpitaux et établirait des points d'isolement dans les régions frontalières, et renforcerait également la coopération avec les pays voisins.

 

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 23:59
La Cicam tente de se relever grâce à la production de 15 millions de masques

Lu pour vous

 

Sur le déclin, la Cicam tente de se relever grâce à la production de 15 millions de masques en tissus par mois

 

(Investir au Cameroun) - Ce 13 avril 2020, entre en vigueur sur l’ensemble du territoire camerounais, la mesure gouvernementale imposant à toute la population le port du masque dans les lieux publics, en signe de prévention contre le Coronavirus. C’est également ce jour que la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam), unique unité industrielle opérant dans le textile dans la zone Cemac (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad), entend mettre sur le marché sa première cargaison de masques stérilisés en tissus.

En effet, a-t-on pu apprendre le 8 avril 2020, au cours d’une visite des installations de la Cicam par le ministre camerounais de l’Industrie, Dodo Ndocké, cette unité industrielle publique a réuni autour d’elle toute la filière textile locale, pour relever un défi : produire, chaque mois 15 millions de masques stérilisés en tissus, pour protéger les Camerounais contre le Coronavirus.

Avec un rythme de production initial de 5000 pièces par jour, la Cicam, qui vient de réceptionner un important lot d’équipements dans le cadre de son contrat-plan de 13,2 milliards de FCFA avec l’État du Cameroun, veut ainsi saisir l’opportunité qu’offre la crise du Coronavirus pour se relever d’un début d’année 2020 difficile.

En effet, en raison de difficultés de plusieurs ordres, cette unité industrielle n’a pas pu réaliser ses prévisions de production du pagne dédié à la célébration de la Journée internationale de la femme (JIF), le 8 mars 2020. Cet évènement est pourtant majeur dans le carnet de commandes de l’entreprise.

Au demeurant, les difficultés de la Cicam ne remontent pas au premier trimestre 2020. Fleuron de l’industrie du textile au Cameroun et en Afrique centrale au départ, la Cicam a progressivement piqué du nez, au point de ne contrôler qu’à peine 5% du marché local du textile de nos jours. La faute aux tissus importés de la Chine (88% du marché selon les officiels) et des pays de l’Afrique de l’Ouest (6%), qui inondent le marché camerounais, avec des prix très compétitifs.

Dans ce contexte de concurrence parfois déloyale (beaucoup de produits du textile proviennent de la contrebande, NDLR), l’entreprise publique Cicam a affiché un résultat net déficitaire de 3,9 milliards de FCFA au 31 décembre 2018, apprend-on officiellement. Au cours de la même période, ses capitaux propres ont été négatifs de 1,7 milliard de FCFA, tandis que sa trésorerie était déficitaire de plus de 2 milliards de FCFA.

Brice R. Mbodiam

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 23:41
Fari Shabazz, un proche de l’opposant Meckassoua, libéré par un juge de Bangui

 

Centrafrique : Fari Shabazz, un proche de l’opposant Meckassoua, libéré par un juge de Bangui

 

BANGUI, 08 avril 2020 (RJDH)---Fari Shabazz, ce proche de Meckassoua, arrêté le 05 mars 2020 est libre depuis ce matin. En l’absence de l’accusation et sur demande de ses avocats, ce jeune politique a été libéré par un juge de Bangui. 

Fari Shabazz est mis en liberté provisoire que son conseil justifie par le fait que la procédure serait entachée d’irrégularités, « notre client commun est poursuivi pour un délit et la durée de la procédure est d’un mois. Vu que l’autre partie souhaite s’enquérir du dossier sa mise en liberté était obligatoire et c’est ce qui a été fait », explique Me Panda, un des deux avocats de l’accusé. Les deux parties devraient se retrouver devant les juges le 24 avril prochain pour aller au fond du dossier.

La procédure contre Fari Shabbaz, considérée comme politique par le camp de Meckassoua, a pris l’allure d’un dossier hautement politique ces derniers jours. Il a été au cœur des échanges entre le président de la République et Ferdinand Nguendet, chef du RPR, l’ancien parti de Fari Shabazz. L’opposition démocratique s’est aussi intéressée au dossier qui a fait l’objet de beaucoup de spéculation.

Au départ, Fari Shabazz était l’accusateur sauf qu’au commissariat, il s’est retrouvé accusé pour une affaire qui remonte à plusieurs mois. Sa mise en liberté provisoire sonne comme une victoire pour le camp de Meckassoua. Sur son mur, Gildas Benam, un autre proche de Meckassoua très actif ces derniers temps sur le dossier Shabazz, a salué l’engagement et la détermination du conseil de son ami qu’il présente comme le Socrate de sa génération.

RJDH

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 23:37
L’Algérie subit un revers diplomatique sur le dossier libyen

 

Lu pour vous

 

https://www.lemonde.fr/ Par Frédéric Bobin 13 avril  à 18h00

 

Alger vient d’essuyer un échec avec le veto américain opposé à la candidature de son ancien ministre des affaires étrangères au poste de chef de la médiation des Nations unies sur la Libye.

Le désaveu est cinglant pour une diplomatie algérienne qui espérait retrouver un certain éclat après un long effacement. Ramtane Lamamra, diplomate de haut vol à Alger « pressenti » pour prendre la tête de la médiation des Nations unies en Libye, poste difficile mais prestigieux, a vu sa candidature torpillée par une coalition d’acteurs régionaux qui ont su trouver une oreille favorable auprès de l’administration de Donald Trump à Washington.

Les Emirats arabes unies (EAU), l’Egypte ainsi que le Maroc sont cités parmi les analystes du dossier libyen comme étant les probables sources d’obstruction ayant barré la route au candidat de l’Algérie. A Alger, le quotidien Algérie patriotique a déploré dans son édition du 6 avril le « complot ourdi par les Emiratis et leurs alliés égyptiens et marocains pour empêcher la désignation du diplomate algérien Ramtane Lamamra ».

Bien qu’aucune annonce n’ait été faite, les Américains ont bien « opposé leur veto » à cette nomination de M. Lamamra au poste de chef de la Mission des Nations unies pour la Libye (Manul), a appris Le Monde auprès d’une source diplomatique au siège de l’ONU à New York. Le poste est vacant depuis la démission le 2 mars de l’universitaire libanais Ghassan Salamé, qui avait jeté l’éponge après avoir constaté son impuissance à enrayer l’escalade des ingérences militaires étrangères sur le théâtre libyen.

Un profil idoine

L’échec de la candidature de M. Lamamra est d’autant plus préoccupant qu’il entrave la réactivation de la médiation onusienne à un moment critique où les combats s’intensifient en Tripolitaine (ouest). Alors que l’épidémie du Covid-19 a fait son apparition en Libye, les appels à un cessez-le-feu ont échoué à faire taire les armes entre les forces loyales au gouvernement d’« accord national » (GAN) de Faïez Sarraj – formellement reconnu par la communauté internationale – appuyé par les Turcs et les unités assaillantes du maréchal dissident Khalifa Haftar épaulées par les Emirats arabes unies, l’Egypte, la Jordanie et l’Arabie saoudite.

Fin connaisseur des arcanes des affaires internationales, M. Lamamra – ex-ministre algérien des affaires étrangères (2013-2017) et ancien ambassadeur d’Ager auprès des Nations unies (1993-1996) et à Washington (1996-1999) – présentait un profil idoine pour prendre en charge la médiation onusienne sur la Libye. De fait, quatorze des quinze membres du Conseil de sécurité de l’ONU semblaient favorables à sa désignation jusqu’à ce que les Américains finissent par bloquer.

Algérien et, au-delà, africain – il avait été l’envoyé spécial de l’Union africaine (UA) dans la crise au Liberia (2003) –, M. Lamamra incarnait à sa manière le retour diplomatique d’une région africaine sur un dossier libyen qui, depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, avait été principalement géré par les Européens et les Etats du Golfe persique. « Lamamra, c’est un peu le candidat Rolls-Royce d’un pays qui se targue d’avoir une tradition diplomatique riche et crédible », souligne Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye à l’Institut des relations internationales de Clingendael (Pays-Bas).

Une Algérie un peu sûre d’elle-même

Pourtant, les obstacles n’ont pas tardé à se dresser sur son chemin. Pour commencer, la méthode utilisée par le secrétaire général des Nations unies, le Portugais Antonio Guterres, pour promouvoir officieusement la candidature de M. Lamamra, qu’il a bien connu quand ce dernier était ambassadeur à Lisbonne en 2004-2005, l’a paradoxalement desservi.

« Guterres a présenté le choix de Lamamra comme un fait accompli et cela a irrité », rapporte une source onusienne. L’attitude un peu sûre d’elle-même de l’Algérie, qui a vu dans cette mise sur orbite le signal de son grand retour sur la scène internationale, notamment lors de la réunion conjointe ONU-UA les 12 et 13 mars à Oyo (Congo-Brazzaville) à laquelle M. Lamamra a participé, a ensuite ajouté à la perplexité.

 « Les Algériens n’ont pas très bien joué, ajoute la source onusienne. Ils se sont crus un peu plus beaux qu’ils n’étaient en réalité. Ils ont voulu reprendre la main sur le dossier libyen au sein de l’UA. Cela n’a pas été très bien ressenti ». Certains Etats de l’Afrique subsaharienne, notamment le Congo-Brazzaville dont le président Denis Sassou-Nguesso dirige le comité de haut niveau pour la Libye, ont pu en prendre ombrage.

« Il y a eu une certaine naïveté de la part des Algériens qui aimeraient dans ce type de circonstances être perçus comme des Africains par les subsahariens, relève Jalel Harchaoui. Mais dans une Union africaine où, par ailleurs, le Maroc a été réintégré début 2017, les Algériens ne sont pas considérés comme des Africains. »

« Trop de sympathie pour Sarraj »

Autre difficulté : les liens historiques entre Alger et Moscou. « La perception américaine d’une étroite proximité Alger-Moscou n’a certainement pas aidé Lamamra », affirme M. Harchaoui. Enfin, le Maroc, frère ennemi de l’Algérie et peu enthousiaste à la perspective que celle-ci retrouve un rayonnement diplomatique à la faveur d’une médiation stratégique sur la Libye, a vraisemblablement activé ses réseaux d’influence à Washington, estiment nombre d’observateurs.

Mais l’argument qui semble avoir le plus pesé sur Washington tient à la difficulté pour l’Algérie de demeurer au-dessus de la mêlée libyenne, c’est-à-dire de se tenir à une égale distance entre l’ouest (le GNA de Faïez Sarraj) et l’est (le maréchal Khalifa Haftar à Benghazi). « Des pays ont émis des réserves non pas sur la personne de Lamamra mais sur sa nationalité, observe une source française. Ils estiment que ce serait rajouter à la complexité du dossier que de nommer un médiateur représentant un pays contigu de la Libye. Egyptiens ou Algériens, quoiqu’ils disent, ont un parti pris pour l’est ou pour l’ouest de la Libye, même s’il est vrai qu’Alger est plus équilibré que Le Caire. »

Emiratis et Egyptiens ont apparemment plaidé à Washington cet argument d’une Algérie partiale en Libye. « Pour Abou Dhabi et Le Caire, un médiateur algérien aurait eu d’entrée de jeu trop de sympathie pour le GNA de Sarraj », avance Claudia Gazzini, analyste d’International Crisis Group (ICG) pour la Libye. Si la relation bilatérale entre les Emirats arabes unis et l’Algérie est plutôt bonne, l’approche du dossier libyen diverge. Alger défend en effet un « dialogue national inclusif » qui inclurait toutes les parties, y compris les Frères musulmans.

Un goût amer à Alger

La méthode ne correspond à l’évidence pas à l’approche plus exclusiviste d’Abou Dhabi soutenant militairement un maréchal Haftar qui associe les Frères musulmans au « terrorisme ». « Les Emiratis ne veulent pas du style algérien, ajoute M. Harchaoui. Ils estiment que “l’inclusivité” défendue par Alger va seulement retarder le processus qu’ils tiennent à influencer. »

Or ces Emiratis sont apparemment pressés. Ils sont engagés aux côtés de Haftar dans une offensive militaire sur Tripoli qui s’enlise depuis un an. Et dans cette épreuve militaire, le facteur temps joue en défaveur des assaillants, car il autorise les Turcs à consolider les défenses de la capitale aux côtés du GNA de Sarraj. Une relance d’un dialogue politique « inclusif » ne cadrerait ainsi pas avec l’urgence militaire qui anime désormais le camp des parrains régionaux de Haftar.

Quoi qu’il en soit, l’échec de la candidature de Lamamra laisse un goût amer à Alger. Car il souligne en creux la faiblesse de la position internationale de l’Algérie qui espérait retrouver un peu du lustre de sa diplomatie flamboyante des années 1970. Une médiation onusienne prestigieuse aurait en outre aidé le régime à reconquérir l’opinion publique nationale après le grand vertige protestataire de 2019 autour du Hirak. Face à l’offensive des Etats hostiles à la candidature de Lamamra, note M. Harachoui« l’Algérie s’est retrouvée toute seule, personne n’est venu l’aider à un moment où elle est particulièrement affaiblie ».

Frédéric Bobin

 

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 23:22
rois chefs de village tués par des hommes armés dans la région de Paoua

 

Centrafrique: Trois chefs de village tués par des hommes armés dans la région de Paoua

 

https://www.radiondekeluka.org/ mardi 14 avril 2020 08:41

 

La crise sécuritaire qui affecte la République centrafricaine depuis fin 2012 continue de faire des victimes parmi les populations civiles. Plus d'une année après la signature de l'accord politique pour la paix et la réconciliation entre le gouvernement et les 14 groupes armés du pays, plusieurs localités du nord, du nord-est voire du centre continuent de subir les violences des hommes en armes. La dernière en date est l'assassinat par ces hommes, de trois chefs de village à la périphérie de Paoua dans l'Ouham Pendé.

Comme à l'accoutumée, ce sont les populations civiles qui subissent directement ces violences à travers des attaques «ciblées et disproportionnées». Cette zone, contrôlée à majorité par le groupe armé 3R d'Abbas Sidiki, a enregistré ces derniers temps, la mort de trois chefs de village, assassinés froidement dans la Sous-préfecture de Paoua.

Ces exactions perpétrées entre le 22 mars et le 03 avril 2020, ont été dénoncées par le collectif des députés de la localité qui, par la suite, pointe du doigt les éleveurs armés qui sévissent dans la zone. Plusieurs personnes ont également été blessées au cours de ces attaques. Certains bénéficient encore des soins à l’hôpital de Paoua. Par ailleurs, ces Elus de la nation affirment que des appels à la rescousse ont été lancés plusieurs fois au gouvernement et à la Minusca afin de venir en aide à la population. Au cours de leur forfait, des effets personnels ainsi que d’autres biens appartenant à des particuliers ont été emportés. La population, par crainte de nouvelles attaques, s’est retranchée en brousse. Sauf qu’avec l’arrivée des pluies, les autorités locales craignent le sort de ces familles apeurées.

"J'avais écrit au gouvernement et à tous les parents qui sont loin de la circonscription pour annoncer le décès de ces trois chefs de village, assassinés un grand matin entre le 22 mars et le 03 avril 2020. Plusieurs blessés sont encore à l'hôpital de Paoua, quelques-uns son guéris" explique Emmanuel Mamia, député de Paoua 5, ajoutant que "Ces assaillants sont repartis en brousse. S'il y avait une possibilité de le faire, les parents qui sont encore au champ pourraient donner la position de ces assaillants"

Les zones du nord-ouest, contrôlées à grande partie par les hommes armés de 3R et qui subissent régulièrement les difficultés de transhumance, demeurent dans l'insécurité. Après le désarmement de quelques groupes armés de la zone, une attention doit être portée sur le déploiement des Forces de défenses intérieures pour restaurer la quiétude des populations locales.

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 23:14
En Afrique, « cette crise renforce les intellectuels

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En Afrique, « cette crise renforce les intellectuels qui versent dans la théorie du complot »

 

https://www.lemonde.fr/  Propos recueillis par Séverine Kodjo-Grandvaux Publié le 12 avril 2020 à 18h00

 

LE RENDEZ-VOUS DES IDÉES. L’anthropologue camerounais Parfait Akana, analyse comment la maladie s’en prend aux conventions sociales profondément ancrées.

Anthropologue à l’université de Yaoundé II et directeur exécutif du Muntu Institute, Parfait Akana est membre du conseil consultatif du Corona Times. Avec d’autres chercheurs, il a créé la plate-forme des chercheurs en sciences sociales contre le coronavirus (Social Scientists Initiative Against Covid-19 in Cameroon) pour analyser les expériences locales et démêler le vrai du faux.

Une initiative salutaire dans un pays où la ministre de la recherche et de l’innovation, Madeleine Tchuente, a invité la population à limiter la consommation de chauves-souris et de mangues pour endiguer la pandémie, avant de déclarer, le 6 avril, sur la chaîne nationale que « le problème, c’est nos habitudes. Aujourd’hui, les jeunes s’embrassent trop. Quand nous nous étions jeunes, on ne s’embrassait pas, on saluait à distance. Maintenant, tout a changé, les gens s’embrassent partout. Voilà pourquoi la maladie évolue trop ».

L’Afrique a connu plusieurs crises sanitaires et déjà été confrontée à de sévères pandémies. Qu’est-ce qui est nouveau cette fois-ci ?

Parfait Akana Cette maladie modifie sérieusement notre rapport au monde. Elle soumet notre quotidien à des ajustements jusqu’ici inédits. On ne peut plus avoir le même commerce avec les gens qui nous sont proches. Les rituels de salutations, par exemple, s’en trouvent reconfigurés jusqu’à la caricature. Une société de la proximité, du rapprochement et de l’effusion, mais aussi de la promiscuité, pour des raisons économiques, semble progressivement laisser place à une société de l’évitement et de la barrière.

Le Covid-19 impose de nouvelles modalités d’être avec soi-même, un certain rapport à son corps et son espace, mais aussi à ceux des autres. Il oblige aussi, de façon presque compulsive, à créer des distances qui apparaissent comme de nouveaux gages de sécurité et troublent l’ordre habituel des interactions sociales.

Que représente la distanciation sociale dans un tel contexte ?

Il faut distinguer deux distanciations sociales. L’une qui existe déjà bel et bien, que l’on voit entre les riches et les pauvres, les gens de rien et les puissants. L’autre qui, du fait de cette pandémie, est en vogue. Autant ses objectifs sont compréhensibles et visent un endiguement de la propagation du virus, autant, du point de vue de l’expérience historique, elle représente un contresens anthropologique parce que les gens ne vivent pas séparés les uns des autres.

Que signifie concrètement cette distanciation sociale dans un contexte de crise multiforme comme en connaît la nôtre ? Certaines familles accueillent une dizaine des leurs qui ont fui les régions anglophones. Dans ces cas précis, la distanciation sociale signifierait le refus de l’hospitalité. Elle ne peut pas se faire sans être la négation de quelque chose de fondamental qui est parfois une obligation morale et culturelle importante ici : celle de venir en aide à un proche dans le besoin.

Comment gérer cela ?

Les gens adhèrent parfois à une offre de soins ou de protection parce qu’ils ont de bonnes raisons d’y croire. C’est sur ces « bonnes raisons » qu’il faut travailler parce qu’elles sont d’excellents outils pour la prévention en matière de santé publique. La pédagogie de la catastrophe peut avoir une certaine utilité ici, mais il faut rester prudent et privilégier la conviction. On voit des gens prendre, avec un côté parfois baroque, des initiatives de protection diverses.

Ces artefacts témoignent de leur imagination pour inventer ce que j’appelle de nouveaux rituels de survie. Au plan symbolique, on voit qu’il existe déjà le pagne coronavirus, des chansons, des sketchs… C’est aussi une manière de s’approprier et de domestiquer par le rire et la dérision ce qui, dans les discours médiatiques et sur les réseaux sociaux, est quand même de l’ordre de l’épouvante qui déstructure l’ordinaire de la vie.

Les obsèques ne peuvent plus se tenir normalement. Comment faire son deuil dans cette situation ?

C’est une question importante, car c’est un très grand chambardement. Le deuil est un moment extrêmement ritualisé que l’on peut critiquer pour ses excès contemporains et son faste parfois excessif. Mais c’est toute une économie de la mort qui va se retrouver profondément mise en difficulté et paralysée. On assiste aujourd’hui à des « inhumations express », comme le remarque Lionel Manga sur notre plate-forme.

Sur le plan psychologique et sociologique, cela engendre un véritable traumatisme pour toutes les familles, que leurs proches soient morts du Covid-19 ou d’autre chose. Toute l’économie symbolique des obsèques est bouleversée. Mourir du Covid-19 aujourd’hui au Cameroun rend le deuil quasiment impossible.

Les autorités politiques n’aident pas toujours à limiter les infox et la propagation d’informations contradictoires. Les intellectuels permettent-ils, eux, d’y voir plus clair ?

Dans l’espace académique, cette crise renforce les intellectuels qui versent dans la théorie du complot. Ils sont capables de dire que ce qui arrive aujourd’hui en Occident, c’est la faute d’une sorte d’athéisme. L’Afrique devrait donc se tourner vers Dieu pour être sauvée ou alors vers la Chine qui incarnerait le nouveau leadership mondial. Tout en se gardant bien de mentionner que le foyer de la pandémie est Wuhan.

La polémique sur l’essai de vaccin en Afrique n’aide pas. Elle contribue à accréditer l’idée d’un vaste complot extérieur. Certaines personnes n’osent plus aller à l’hôpital et ont peur d’être vaccinées à leur insu. Qu’il y ait eu, dans l’histoire médicale du continent, des scandales et des crimes comme ceux que l’on nous annonce déjà ne fait aucun doute. Qu’il se prépare, peut-être en ce moment, des expérimentations du même type doit donner à réfléchir et nous obliger à redoubler de vigilance. Mais que toute discussion sur ce sujet soit prise en otage et polluée par des idéologues assermentés du complot est une chose insupportable !

Un rapport d’experts du Quai d’Orsay redoute que cette épidémie déstabilise politiquement certains Etats. Est-ce une crainte du gouvernement camerounais ?

Cette crise, comme bien d’autres au Cameroun, permet de réactiver de vieux démons de la vie publique, comme la collusion de certains Camerounais avec un ennemi de l’extérieur, la stigmatisation de groupes qui seraient contre la stabilité du pays… Certains disent que cette menace vient de l’extérieur pour fragiliser notre pays. Il est frappant de remarquer la récurrence d’une telle hypothèse dans les conversations.

Mais, ce qui inquiète davantage la population, comme depuis des décennies, c’est l’angoisse du lendemain et d’un quotidien fait d’épreuves. Le Covid-19 intensifie déjà ce régime de peines avec un cortège de mesures gouvernementales, dont on peut comprendre l’agenda, mais dont il faudra bien faire l’audit le moment venu. La question des libertés individuelles durant la pandémie sera alors, entre autres, me semble-t-il, l’une des priorités.

Séverine Kodjo-Grandvaux

 

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