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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 01:20

 

 

 

 

French.china.org.cn  le 26-09-2013

 

Des inondations causées par la montée des eaux de la rivière Yata depuis août ont fait 6 morts et dévasté plus d'une centaine d'hectares des cultures vivrières à Birao et ses environs, à quelque 1.078 km de Bangui dans l'Extrême-Nord de la République centrafricaine, ont confié à Xinhua des habitants de la ville.

 

"La situation est difficile. On assiste à la destruction des champs et la mort du bétail. Nous sommes inquiets de ce changement brusque de climat et ses conséquences sur l'agriculture, l'élevage et la santé", a dit Bernard Zacharia, chef d'équipe des réponses aux catastrophes à la Croix-Rouge centrafricaine joint au téléphone depuis Bangui.

 

"La saison pluvieuse est intervenue tard en juillet. Accueillie par la population, elle est devenue une source de malheur", a-t-il indiqué.

 

Pour l'instant, les autorités de Birao, une ville enclavée où il n'y a pas d'accès par route bitumée, n'ont pas encore évalué les dégâts des inondations. Selon M. Zacharia, 27.000 habitants vivent dans cette région qui abrite un site pétrolier en exploration. Sur un rayon de 7 km, les premières évaluations de son équipe font état de 2.000 personnes sinistrées et environ 200 hectares dévastés.

 

"J'ai perdu mon champ de sorgho et de sésame. C'est le seul revenu qui me permet de vivre. Chaque année, nous ravitaillons les zones diamantifères de la préfecture voisine de la Haute-Kotto et Bangui", selon Michel Bangue, habitant de Birao.

 

Pour Hamadou Hamidou, volontaire de la Croix-Rouge centrafricaine, la situation à Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, est "du jamais vu depuis 32 ans".

 

"La rivière Yata qui divise la ville de Birao en deux parties et ses lacs taris depuis 1981 a débordé de son lit et a atteint les plaines autour desquelles les paysans cultivent sans penser aux caprices du changement climatique depuis la fin du mois d'août dernier", a-t-il expliqué.

 

"Aucune assistance à cette population n'est en vue", a-t-il poursuivi, avant d'appeler les agences humanitaires à "voler au secours de la population de cette ville".

 

Pour l'heure, la Croix-Rouge centrafricaine n'est pas encore opérationnelle dans la localité qui a été longtemps considérée comme "zone d'insécurité". Le nouveau préfet n'étant pas encore installé, seul le Comité international de la Croix-Rouge intervient pour assister la population.

 

Source: Agence de presse Xinhua

 

Centrafrique : 6 morts et 2.000 sinistrés suite à des inondations à Birao
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Centrafrique-Presse.com
29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 01:13

 

 

 

 

PARIS, France, 25 septembre 2013/African Press Organization (APO)/ -- A l'occasion de la réunion de haut niveau sur la Centrafrique qui se tient en marge de l'Assemblée générale des Nations unies ce mercredi 25 septembre, une délégation de la société civile centrafricaine présente à New York a lancé un appel à l'ensemble des chefs d'Etats et en particulier aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU ainsi qu'au secrétaire général des Nations unies (voir l'appel ci-dessous).

 

Au cours de sa mission de plaidoyer à New York (23 -26 septembre 2013), la délégation a pu rencontrer les missions diplomatiques des Etats-Unis, de France, du Rwanda, d'Australie, entre autres, des représentants de l'Union européenne, des agences de l'ONU ainsi que des ONG. La délégation est soutenue par le CCFD-Terre Solidaire, le Secours Catholique-Caritas France et ACORD. La délégation est accompagnée par Zobel Behalal, chargé de plaidoyer paix et conflits au CCFD-Terre Solidaire et Joseph Donnelly, chef de la délégation de Caritas Internationalis auprès des Nations unies.

 

Voici le texte de l'appel :

 

Appel pour la sortie de crise en République Centrafricaine

 

La crise que connaît la République centrafricaine (RCA) reçoit fort heureusement une attention grandissante de la part de la communauté internationale. Aux nombreux défis sécuritaires s'ajoutent aujourd'hui des défis humanitaires qui doivent être réglés au plus vite afin de préserver le pays et toute la région de l'implosion. Nous, acteurs de la société civile et représentants des communautés religieuses, appelons les Etats réunis cette semaine à New York à adopter les recommandations ci-dessous :

 

1. Sur le volet sécuritaire

 

Le dispositif actuel pour restaurer la sécurité a montré ses limites. Pour diverses raisons, les forces de l'Afrique centrale n'arrivent pas à assurer la protection des populations civiles des exactions commises par les Séléka. Il faut donc :

 

• Renforcer le mandat de la MISCA en lui permettant de passer sous le chapitre VII de la charte des Nations unies ;

 

• Apporter un appui logistique et financier pour le déploiement de la MISCA sur tout le territoire ;

 

• Travailler à l'élargissement de la MISCA à des forces armées des autres pays de l'Afrique ;

 

• Développer une politique concertée de DDR pour rapatrier les mercenaires étrangers présents sur le territoire de la RCA et réinsérer les nationaux dans le tissu socioéconomique ;

 

• Mettre en place une stratégie pour une réforme du secteur de la sécurité.

 

2. Sur les droits de l'homme et la lutte contre l'impunité

 

Au cours de ces 10 dernières années, la situation des droits de l'homme n'a cessé de se détériorer. Les exactions et abus dont seraient auteurs les différents protagonistes de la crise ne peuvent pas rester impunis si l'on veut ramener la paix. Nous appelons donc :

 

• A la mise sur pied d'une commission d'enquête internationale pour établir les responsabilités dans les violations des Droits de l'homme de 2003 à 2013 ;

 

• Au renforcement de la commission mixte d'enquête en lui donnant des moyens logistiques et une assistance technique ;

 

• Au renforcement de l'Etat de droit.

 

3. Sur le volet humanitaire

 

L'amplification de la crise ces derniers mois a aggravé la situation humanitaire. Le nombre de déplacés ne cesse d'augmenter. Craignant pour leur vie, les humanitaires ont déserté le pays. Nous voulons :

 

• Une sécurisation des couloirs et du personnel humanitaires ;

 

• Une aide au retour des personnes déplacées et des réfugiés ;

 

• Une attention particulière à la reconstitution des outils de production des populations notamment dans le domaine agro pastoral.

 

4. Sur la dimension économique du conflit

 

Les rebelles de la Seleka contrôlent les sites d'exploitation du diamant et d'autres ressources naturelles. Ils ont utilisé les revenus du commerce de ces ressources pour financer le récent coup d'Etat. Il faut aller plus loin que la simple suspension de la RCA du processus de Kimberley en :

 

• Favorisant une cartographie détaillée de la présence des groupes rebelles sur les sites d'exploitation des ressources naturelles (diamant, or...) ;

 

• Donnant le mandat à la MISCA de sécuriser les sites d'exploitation des ressources naturelles ;

 

• Permettant une coopération sous régionale afin d'empêcher que les ressources naturelles qui financent les violences aient des débouchés internationaux.

 

5. Sur l'implication de la société civile

 

Depuis quelques mois, nous constatons des signes inquiétants qui font craindre une confrontation entre communautés chrétiennes et musulmanes. La société civile et les confessions religieuses sont particulièrement actives sur la préservation du vivre ensemble de plus en plus menacé en RCA. Aussi demandons-nous :

 

• Qu'elles soient reconnues et renforcées dans leurs capacités d'action.

 

• Qu'elles soient associées au processus de réconciliation et de reconstruction

 

Pour nous, le retour à une paix durable en RCA ne se fera pas sans la participation de la société civile. A toutes les étapes du processus, il serait dangereux de ne consulter que les forces politiques ou militaires.

 

Fait à New York, le 24 septembre 2013

 

Mme Béatrice Emilie EPAYE - présidente de La Voix du Cœur

 

Mgr Nestor Désiré NONGO AZIAGBIA - évêque de Bossangoa

 

Rev. Nicolas GUEREKOYAME-GBANGOU - président du Comité exécutif de l'Alliance des Évangéliques en Centrafrique

 

Me Mathias Barthélemy MOROUBA - président de l'Observatoire centrafricain des droits de l'Homme (OCDH)

 

APPEL DE LA SOCIÉTÉ CIVILE POUR UNE SORTIE DE CRISE EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 01:01

 

 

 

BANGUI Jeudi 26 septembre 2013 | 18:50 UTC (Xinhua) - Environ 2.600 rebelles de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony ont déjà déposé les armes à N'Zako, dans l'est de la République centrafricaine, en vue de leur réinsertion socioprofessionnelle, a confirmé jeudi une source militaire dans la région.

 

Contre toute attente, des combattants de cette rébellion ougandaise retranchés dans l'est de la Centrafrique avec leur chef Joseph Kony, recherché par la justice internationale pour crimes contre l'humanité, ont décidé de mettre un terme à leur lutte armée, avait laissé entendre dimanche le pouvoir de Bangui.

 

De l'avis du colonel Ousta de l'ex-rébellion de la Séléka, chargé des opérations dans la Haute Kotto, une région dans l'est du pays, joint au téléphone jeudi par Xinhua, ces rebelles continuent à sortir librement et souhaitent la réinsertion dans la vie civile.

 

«Actuellement, ils ont besoin de logements, en attendant leur rapatriement vers Bangui. Nous lançons un SOS au Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) afin de nous aider à loger temporairement ceux qui sont déjà sortis...Je suis en route pour rencontrer un de leurs chefs afin de voir les dispositions pratiques à prendre», a souligné le chef militaire. Déjà en août, 7 rebelles de la LRA avaient écrit au colonel Ousta pour solliciter leur désarmement. « Une équipe de 200 ex- Séléka et des Forces armées centrafricaines venue de Bangui, de Bria et de Bangassou s'est rendue à Nzako depuis le 20 septembre 2013 pour ces opérations », a-t-il expliqué.

 

A en croire des sources officielles à Bangui rapportant des indiscrétions du président de la transition Michel Djotodia au président du Conseil national de transition (CNT, organe législatif de transition), Alexandre Ferdinand Nguendet, ces rebelles auraient exigé une portion de terre centrafricaine pour installer leurs familles, car, c'est depuis plusieurs années qu'ils ont quitté leur pays d'origine, l'Ouganda, et ensuite la République démocratique du Congo (RDC, leur ancienne base arrière). Dans le même temps, d'autres informations ont fait état cependant d'une attaque de ces hommes armés contre un chantier minier de Bria lundi. Aucun bilan n'a été communiqué. D'après un habitant de la ville joint par Xinhua, ces rebelles sont à la recherche des pierres précieuses dans cette zone.

 

La LRA sévit en Centrafrique depuis 2008. La tête de Joseph Kony, son mystérieux leader, a été mise à prix par les Etats-Unis qui ont déployé 100 experts militaires dans la région de Haut- Mbomou pour sa traque. Kony est aussi sous le coup d'un mandat d'arrêt international émise par la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye aux Pays-Bas.  

Centrafrique : 2.600 rebelles de la LRA déposent les armes à N'Zako (est)
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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 00:53

 

 

 

 

LE MONDE |  24.09.2013 à 12h23  • Mis à jour le  25.09.2013 à 21h30  |Par Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial)

 

Il aurait mille raisons d'être en colère, et pourtant c'est d'une voix calme que Camille Mandaba détaille les motifs de son malheur. Le 20 août, à Bangui, sous couvert d'une opération de désarmement, les anciens rebelles de la Séléka ont opéré une véritable razzia dans le quartier de Boy-Rabé dont il est l'un des chefs."Ils m'ont mis à genoux, menacé de leur arme avant de piller mon domicile. L'argent, les matelas, la télévision, les vivres, les téléphones, le réfrigérateur, tout a été emporté." Hortense, sa voisine, raconte avec la même placidité que les ex-rebelles ont été jusqu'à voler la layette de sa fille. Le pillage a été systématique mais, plus grave, il a été accompagné d'exécutions sommaires. "Sept personnes ont été tuées à côté de chez moi. Ils ont même abattu mon chien et mon singe", assure Camille Mandaba, qui tente de faire revenir ses administrés ayant fui le quartier.

 

A quelques mètres de là, une dizaine de jeunes sont attablés à la buvette La Cave royale. Une dame passe à côté d'eux revêtue d'une robe orange imprimée à l'effigie du président déchu François Bozizé. Quelques buveurs de café du matin portent des tee-shirts siglés des initiales de son parti, le KNK (Travail-Justice-Progrès). Ici, personne ne cache sa sympathie pour l'ancien chef de l'Etat désormais réfugié en France. Boy-Rabé était l'un de ses fiefs dans la capitale centrafricaine et il le demeure.

 

Tous les clients ne sont pas des extrémistes, beaucoup ne demandent que la paix, mais les plus agités, promettant des "informations sûres", véhiculent les plus folles rumeurs qui en disent long sur la haine qu'ils portent au nouveau pouvoir et sur les tensions religieuses qui menacent le pays. "C'est le président Michel Djotodia qui a lui même sélectionné les titulaires du baccalauréat et il n'y avait que des musulmans, des armes ont été distribuées à tous ses coreligionnaires", affirme sans sourciller un jeune homme noyant par là même quelques réalités.

 

MULTIPLICATION DES EXACTIONS COMMISES PAR LES EX-REBELLES 

 

La nuit venue, selon plusieurs sources dans le quartier, des éléments de l'ex-rébellion mènent des "opérations hiboux". "Il y a une semaine, les Séléka sont venus en civil pour enlever un jeune militaire. Quand ses parents sont allés à la police, on lui a dit qu'il avait été déporté chez un certain colonel Ali qui demande une rançon pour le libérer. Aujourd'hui encore, il n'est pas réapparu", confie un habitant souhaitant conserver l'anonymat.

 

Face à la multiplication des exactions commises par les ex-rebelles, une partie de Bangui a commencé à réagir. Le 27 août, environ 5 000 résidents du quartier Boeing ont envahi l'aéroport sécurisé par 400 soldats français. La colère et l'exaspération ont été entendues en haut lieu. "Le président Djotodia a senti le coup de semonce, que le ras-le-bol général de la population pouvait l'emporter", raconte un officier africain.

Sur les conseils insistants de représentants de la communauté internationale, le chef de l'Etat a sommé les combattants qui l'ont porté au pouvoir par les armes le 24 mars de quitter les rues de la capitale et policiers et gendarmes ont repris leur mission de sécurisation de la ville, appuyés par 2 000 hommes de la Fomac, la force d'Afrique centrale.

 

LES MOYENS DES FORCES DE L'ORDRE SONT INSIGNIFIANTS

 

Reste que les moyens des forces de l'ordre centrafricaines sont insignifiants. "C'est l'indigence totale. La police a quatre véhicules dont deux en panne, la gendarmerie en a quatre opérationnels, nous avons cinq talkies-walkies et pas une armurerie digne de ce nom", souffle Josué Binoua, le nouveau ministre de la sécurité. Ce transfuge de l'ancien régime, il occupait les mêmes fonctions sous François Bozizé, déborde d'énergie, n'est jamais avare d'un bon mot, mais ses changements de cap laissent pantois.

 

En janvier, il accusait les rebelles, qui sont dans leur immense majorité musulmans, d'être des terroristes d'Al-Qaida et aujourd'hui, il coordonne les opérations de désarmement des combattants de la Séléka avec le général Moussa Assimeh, un ancien colonel de l'armée soudanaise devenu général centrafricain. Dans un arabe qui évoque d'avantage l'aridité du Darfour que la moiteur banguissoise, ce dernier promet "de détruire les malfrats" mais plusieurs sources le décrivent comme le "chef des bandits" et le principal orchestrateur du pillage de la ville.

 

"Les patrons militaires de la rébellion n'ont jamais eu l'ambition de reconstruire le pays. Ils savent qu'ils n'ont pas vocation à durer alors ils considèrent Bangui comme un butin", analyse un vieux connaisseur de la Centrafrique. Un ministre qualifie même la Séléka "d'organisation criminelle".

 

"L'ÉTAT DES FINANCES EST CATASTROPHIQUE"

 

En s'emparant du pouvoir, la rébellion, qui est aujourd'hui officiellement dissoute, a fait s'effondrer un Etat dont les fondations étaient déjà vermoulues. Si, dans la capitale, la sécurité s'est améliorée ces derniers jours, de l'aveu même du premier ministre, Nicolas Tiangaye, "l'état des finances est catastrophique". La communauté internationale et en premier lieu la France, qui a promis de s'impliquer plus fortement, sont appelées à la rescousse.

A l'intérieur du pays, la situation humanitaire est déplorable et les chefs de guerre, qui, le plus souvent, ne répondent qu'à eux-mêmes et ne se soucient que de leur propre intérêt, font régner leur loi dans le sang. Michel Djotodia, qui devra théoriquement rendre le pouvoir à un président élu début 2015, se retrouve désormais face à une équation quasi insoluble. Si ce dernier ne prend pas ses distances avec "ses généraux", la Centrafrique continuera de plonger dans le chaos mais, comme le souligne un diplomate, "sa position est fragile et ceux qui l'ont fait roi peuvent le déposer à tout moment".

 

Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial)

 

Source : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/09/24/survivre-a-bangui-a-l-heure-des-pillages-et-de-l-anarchie_3483428_3212.html

 

 

Bangui victime des seigneurs de guerre

 

REPORTAGE - La Centrafrique est à l'agenda de l'ONU, où François Hollande a lancé un « cri d'alarme » pour sauver le pays.

 

Envoyé spécial à Bangui  Tanguy Berthemet  Le Figaro

Baudoin Damaï est un garçon du genre vindicatif. Devant une buvette, une cabane en planches pompeusement appelée Le Royal, il raconte à grand renfort de gestes les malheurs qui se sont abattus sur lui et les siens. La date du début des ennuis: le 24 mars, le jour de l'entrée dans Bangui de la Séléka, une coalition de rebelles venue pour renverser le pouvoir vermoulu du président François Bozizé et installer son successeur, Michel Djotodia.

 

«Depuis, on ne vit plus. On a peur d'être tué ici», assure Baudoin. Ici, c'est Boy-Rabe, un quartier de la capitale centrafricaine réputé favorable au pouvoir déchu. «Les Séléka font des opérations hiboux. Ils viennent la nuit et ils enlèvent des jeunes que l'on ne revoit plus.» Autour de lui, on acquiesce et on s'énerve en agitant des verres vides par habitude. Nul n'a plus le premier franc CFA pour se payer à boire, et de toute façon il n'y a pas grand-chose. «Tout a été pillé», se lamente Frank Wakian, le gérant.

 

Le pillage orchestré par les nouveaux maîtres de la ville est généralisé. Avec une préférence pour les voitures, les matelas et l'électroménager. «Ils sont venus chez moi en juillet. Ils ont cassé la porte puis ont pris ma télé et mon frigo. J'ai essayé de m'opposer, mais ils m'ont mis un coup de crosse sur la tête», affirme Julice Diforo, qui porte haut un tee-shirt aux couleurs de François Bozizé. Cette scène, tous ou presque en ont été les victimes ou les témoins.

 

«Les Séléka font des opérations hiboux. Ils viennent la nuit et ils enlèvent des jeunes que l'on ne revoit plus.»

 

Assis sous un arbre dans sa cour de terre, comme il sied à son rang, Camille Mandaba, le chef de quartier, n'essaie même plus d'apaiser les choses. Lui aussi a été menacé «avec un fusil sur la tempe» et tous ses biens ont été volés. L'incompréhension est totale entre les habitants et ces miliciens de la Séléka, des hommes venus du nord, souvent tchadiens ou soudanais, ne parlant ni français ni la langue locale, le sango. L'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, parle même d'«occupation».

 

«Ils volent tout le monde sauf leurs frères musulmans à qui ils vendent ce qu'ils nous prennent», crache Lucas Youphenin. Ce chômeur, comme beaucoup de ses amis chrétiens, refuse de faire la différence entre les soldats et la minorité musulmane de la ville. «Ils sont ensemble. On ne peut pas faire confiance à un musulman.» «Il y a maintenant un vrai risque d'affrontements religieux en Centrafrique», analyse un diplomate.

 

La mission de désarmement tourne à l'immense razzia

 

D'autant que la colère du quartier de Boy-Rabe s'est muée en haine depuis le 20 août. Ce jour-là, les hommes de la Séléka ont organisé une vaste opération. Officiellement, un «désarmement» du quartier. La mission a immédiatement tourné à une immense razzia. «Ils sont entrés à 15 heures en tirant partout et ont tout ratissé en volant, volant, volant…», se souvient Jésus Wale. Les habitants se sont insurgés, lançant des pierres. Le lendemain, la Séléka s'abattait sur Boeing, une autre zone de Bangui, avec les mêmes effets. La population exaspérée s'est soulevée avant de fuir en masse vers l'aéroport de M'Poko sous le contrôle de l'armée française. «Ces deux opérations ont été un véritable désastre», reconnaît Guy-Simplice Kodégué, le porte-parole du président autoproclamé Djotodia. Elles auront au moins eu le mérite de permettre au nouveau pouvoir de prendre conscience que l'insécurité ravageant le pays risquait de l'emporter.

 

En réaction, mi-septembre, le président a dissous par décret la Séléka. Puis, il a limogé quelques dignitaires et nommé Josué Binoua à l'Intérieur, au terme d'un retournement tout centrafricain. Volubile, charmeur, le nouveau ministre de la Sécurité exerçait déjà la fonction sous Bozizé. «Les choses changent. Moi je suis là pour servir mon pays et nous allons le désarmer», explique ce pasteur dans un éclat de rire. Pour ce faire, il s'est associé à un autre ancien proscrit, le général Moussa Asimeh.

 

Celui que tous désignaient, il y a peu, comme un citoyen soudanais et grand ordonnateur des exactions. «Je dis la vérité. Sur le Livre, je suis centrafricain et je ne veux pas que mon pays saigne», jure en arabe cet homme au sourire et à la politesse qui sentent les sables du Darfour. Il avoue d'ailleurs sans mal avoir été colonel dans l'armée soudanaise.

 

L'étrange équipage a eu quelques résultats. Dans les rues de Bangui, les policiers et les gendarmes ont remplacé les miliciens désormais discrets, mettant un peu terme à l'anarchie. Comment les barons de l'entourage pléthorique de Michel Djotodia réagiront à cette reprise en main? Personne n'ose le prévoir.

 

Un pays hors de contrôle

 

À quelques kilomètres de Bangui, le pays est donc totalement hors de contrôle. Et dans les quartiers de la capitale, les généraux autoproclamés et les colonels continuent de régner. Ces seigneurs de guerre, qui se vouent souvent une haine mutuelle, n'entendent pas rejoindre facilement les casernes ou lâcher «leurs» armes, source de leur puissance. «On ne leur laissera pas le choix», dit le général Moussa. La tâche sera complexe. «Le problème vient de ces généraux. C'est leurs soldats qui sèment les troubles. Beaucoup à la Séléka ne sont pas venus pour construire un État mais pour prendre un butin», analyse un bon connaisseur du pays.

 

Pour remplir le vide sécuritaire, le gouvernement compte sur les troupes de la Micopax, une mission de sécurisation africaine. Quelque 2 400 soldats, congolais, gabonais, camerounais et tchadiens sont déployés. Mais résoudre l'équation centrafricaine n'est pas simple. Il faut des soutiens. Or les Africains n'ont pas les moyens de se financer et la communauté internationale rechigne à apporter sa contribution. Mardi, à la tribune de l'Onu, François Hollande a lancé un «cri d'alarme» et réclamé un renforcement de la force panafricaine existante. Ce mercredi, en marge de la conférence des Nations unies, la France organise une réunion sur ce thème. Dans son bureau obscur, le premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye, semble épuisé par cette situation qu'il qualifie lui-même de «catastrophique». Imposé par la communauté internationale pour tenter de contrôler Michel Djotodia, il sait que rien ne pourra être fait sans un minimum de sécurité. «Il faut que l'étranger nous aide, sinon on ne pourra rien faire.»

 

 

Hollande interpelle l'ONU sur la Centrafrique : 4 conditions pour sortir de la crise

 

 

Par Zobel Behalal, spécialiste de la régulation des armes.

 

LE PLUS. Depuis le renversement du président François Bozizé par les rebelles de la coalition Séléka, la République centrafricaine vit dans le chaos. Après avoir lancé un cri d'alarme lors l'Assemblée générale de l'ONU, François Hollande a co-présidé une réunion ministérielle sur la crise humanitaire et sécuritaire. Comment sortir de cette crise ?

 

Mercredi 25 septembre, l’ONU et l’Union européenne ont organisé une réunion de haut niveau sur la crise en République centrafricaine (RCA). Cela indique que ce pays prend une place de plus en plus importante à l’agenda international.

 

 À New York, depuis le début de la semaine, j'ai eu l'occasion de le vérifier, au fil de mes rencontres avec les diplomates.

 

 Ce "réveil" international est une bonne chose pour les populations en RCA. Le silence et les hésitations, dont faisait preuve la communauté internationale depuis le début de la crise, aurait contribué à une possible implosion du pays et des répercussions sur toute la région.

 

Il y a urgence à agir 

 

Il faut maintenant que, de toute urgence, des actions concrètes soient mises en œuvre pour mettre fin aux souffrances des populations.

 

 À cet égard, la réunion de haut niveau de mercredi est un véritable échec. Aucune décision n'a été prise à l’issue de 90 minutes de discussions auxquelles participaient, pour la France, Laurent Fabius et Yamina Benguigui.

 

 Par ailleurs, alors qu’il a été formellement alerté par les organisations africaines sur la gravité de la situation sécuritaire, le Conseil de sécurité, freiné par des différences de perception entre ses membres, n’a pas encore adopté de résolution en mesure de faire évoluer les choses sur le terrain.

 

 Nul ne peut pourtant douter de l’urgence d’agir. De mon point de vue, l’efficacité d’une action de la communauté internationale s’appréciera à l’aune d’au moins 4 conditions :

 

1. Fournir de vrais moyens logistiques et financiers

 

Il faut premièrement apporter une réponse appropriée au défi sécuritaire. Face aux exactions commises par les éléments des Séléka, les États doivent donner les moyens logistiques et financiers aux troupes africaines présentes sur le territoire afin qu’elles protègent efficacement les populations civiles. Seule une résolution du Conseil de sécurité peut le permettre, celle-ci doit donc être adoptée sans délai.

 

2. Éviter le piège de la seule lecture religieuse du conflit

 

La deuxième condition est d’éviter le piège de la seule lecture religieuse du conflit. Il est clair qu’il y a aujourd’hui en RCA des affrontements à connotation religieuse. Et pourtant, même si cet argument fait aujourd’hui évoluer la position des États-Unis – longtemps restés attentistes –, il serait dangereux et erroné de considérer les tensions entre communautés religieuses comme une cause profonde du conflit centrafricain. 

 

Contrairement à ce que j’entends ici, à New York, et même de la part de certains diplomates, la RCA n’est pas l’illustration de la théorie développée dans la "fin de l’histoire" de Francis Fukuyama. Toute action étrangère conditionnée par cette seule vision ne permettra pas de restaurer une paix durable.

 

3. Prendre en compte la dimension économique

 

En troisième lieu, les États doivent réaliser que toute action qui ne prendrait pas en compte la dimension économique du conflit restera insuffisante. Comme l’expliquent des acteurs de la société civile centrafricaine, les Séléka ont commencé leur progression vers Bangui à partir d’une région riche en diamants. Le commerce de cette ressource naturelle, parmi d’autres, a contribué à les renforcer.

 

 Alors que l’on discute au niveau international du renforcement de la présence onusienne, il faut absolument trouver des mécanismes internationaux pour empêcher que l’exploitation et le commerce des ressources naturelles contribuent au financement de la violence armée.

 

4. Accorder une place importante à la société civile

 

Pour finir, je pense que tout processus de sortie de crise en RCA ne sera durable que s’il accorde une place importante à la société civile, malgré les clivages qui la divisent depuis l’indépendance, et qu’il faut l’encourager à les surmonter au lieu de les renforcer.

 

 D’autre part, l’instabilité chronique que vit le pays depuis plus de 20 ans est aussi le résultat d’une trop grande proximité entre les politiques et les hommes en armes. Il faudra aussi très vite créer les conditions pour restaurer et entretenir le vivre ensemble, quotidiennement bafoué dans le pays. Pour y parvenir, le rôle des ONG et des représentants religieux sera essentiel.

 

Lu pour vous : Survivre en Centrafrique à l'heure des pillages et de l'anarchie
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Centrafrique-Presse.com
28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 16:39

 

 

 

 

 

26/09/2013 à 12:00 | AFP

 

Le "risque religieux" en Centrafrique vient plus de l'extérieur, en particulier d'une infiltration d'éléments du groupe islamiste radical Boko Haram venus du Nigeria, que de l'intérieur du pays où l'ex-rébellion Séléka, accusée d'exactions contre les populations chrétiennes, n'a aucun "agenda religieux", estime Thierry Vircoulon, spécialiste de l'Afrique centrale à l'International Crisis Group (ICG).

Q: Après des affrontements meurtriers début septembre entre chrétiens et musulmans dans le Nord-Ouest de la Centrafrique, le président français François Hollande a invoqué un risque de "confrontation religieuse" pour appeler à une mobilisation urgente de la communauté internationale. Cette menace est-elle réelle ?

R: Pour la première fois depuis l'indépendance, ce sont des musulmans qui ont pris le pouvoir à Bangui, suscitant des inquiétudes dans la région car la Centrafrique, pays majoritairement chrétien, se situe sur la ligne de fracture entre musulmans et chrétiens en Afrique centrale.

Il y a déjà eu par le passé des heurts répétés, notamment à Bangui, entre la population et les commerçants musulmans qui dominent le marché ce qui provoque un ressentiment; il y a eu aussi les actes commis par la Séléka à l'encontre d'édifices religieux et du personnel ecclésiastique; enfin, ce qui s'est passé dans l'Ouest a pris une tournure religieuse, car il s'agit de populations chrétiennes harcelées par des combattants musulmans et qui contre-attaquent.

Mais, on n'est pas dans une logique de guerre religieuse. Il s'agit d'un antagonisme vis-à-vis d'un nouveau pouvoir, musulman certes, mais surtout extrêmement prédateur pour le moment.

Q: Des Centrafricains, et notamment certains leaders religieux mais aussi des proches de l'ancien président François Bozizé, renversé en mars, ont mis en garde contre une islamisation forcée de la Centrafrique, faisant même le parallèle avec la situation du Mali, où des groupes islamistes armés ont occupé le Nord du pays pendant plusieurs mois y imposant la charia. Partagez-vous cette crainte ?

R: C'est de la propagande. Au début de la crise en décembre, c'était le langage de Bozizé et de son gouvernement qui disaient que les Séléka étaient des musulmans radicaux, mais c'était pour rallier les Occidentaux à leur cause.

Les gens de la Séléka ne sont pas venus convertir les Centrafricains, ils sont venus les voler. Cela n'a rien à voir avec ce qui s'est passé au Mali. La Séléka est effectivement composée de musulmans mais on ne peut pas parler de rébellion musulmane, ils n'ont pas d'agenda religieux.

Q: Il n'y a donc pas de "risque" religieux en Centrafrique ?

Le risque musulman tient plus au risque d'infiltrations d'éléments de Boko Haram venus du Nigeria. Ils sont en pleine guerre au nord du Nigeria. les combats sont très violents avec les forces de sécurité nigérianes, et selon nos informations, ils ont commencé à s'éparpiller dans les pays de la région. La Centrafrique étant actuellement un Etat failli, c'est le parfait endroit pour se cacher.

 

(Propos recueillis par Anne Le Coz)

Centrafrique: le risque religieux vient plus de l'extérieur
Centrafrique: le risque religieux vient plus de l'extérieur
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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 16:35

 

 

 

 

L’Administrateur du PNUD, Helen Clark rencontre le Premier Ministre de Transition de la République Centrafricaine, Nicolas Tiangaye en marge de l’Assemblée Générale des Nations-Unies

 

 

Bangui/New York : 24 septembre 2013 : La situation sécuritaire, humanitaire et les questions de relèvement ont été au coeur des discussions entre l’Administrateur du PNUD, Mme Helen Clark et le Premier Ministre, Chef du gouvernement de transition de la République Centrafricaine, Maitre Nicolas Tiangaye le lundi 23 septembre 2013.

 

Mme Clark a exprimé sa satisfaction de rencontrer l'un des acteurs clés de la Transition en RCA et déclaré que les évènements en cours en Centrafrique retiennent l’attention du PNUD dont le Bureau pays à Bangui a élaboré un programme stratégique d’urgence pour la période 2013-2015.

 

Ainsi, le PNUD apporte déjà un appui à la sécurisation des Corridors Bangui-Béloko en direction du Cameroun pour le dédouanement des marchandises et l’amélioration des recettes de l’Etat. D’autre part, les populations de quatre arrondissements de la ville de Bangui victime de la crise politico-militaire bénéficient de microcrédits octroyés par le PNUD pour leur permettre de reconstituer des moyens de subsistance à travers des activités génératrices de revenus. Le PNUD appuie également les travaux d’assainissement de la ville de Bangui pour la réhabilitation du Centre de traitement des déchets de la capitale et les canaux d’évacuation des eaux.

 

Durant les échanges, le Premier Ministre a présenté les défis auxquels le gouvernement d'union Nationale de Transition fait face depuis le changement politique intervenu le 24 mars 2013. Maitre Nicolas Tiangaye a insisté sur le défi majeur qui demeure la sécurisation du pays. A cet effet, Il a informé l’Administrateur du PNUD des actions importantes menées par le gouvernement notamment le désarmement et le cantonnement des ex-éléments de la Coalition Séléka. Il a souligné le redéploiement des forces de police et de gendarmerie placées sous la tutelle du Ministre de la Sécurité Publique.

 

Nicolas Tiangaye a également informé Mme Clark de l'augmentation des effectifs de la FOMAC à 1400 hommes avec le déploiement prochain de 490 éléments gabonais et camerounais. Le Burundi a annoncé un convoi de 450 hommes supplémentaires. Enfin, le chef du gouvernement a noté que la mise en place des forces de la Mission Internationale de Soutien au Centrafrique (MISCA) nécessite l’appui des Partenaires.

 

Le Premier Ministre a dans son plaidoyer attiré l'attention du PNUD en tant que Partenaire privilégié à mesurer la gravité de la situation actuelle. « Il ne faut pas abandonner un peuple en détresse, un peuple oublié »a-t-il conclu.

 

Le PNUD a marqué sa ferme volonté d'accompagner le processus de Transition et des efforts seront poursuivis pour appuyer le Gouvernement et faciliter la reprise rapide des activités socioéconomique et les projets de développement.

 

Précisons que Me Nicolas TIANGAYE a été reçu par Mme Helen Clark, assisté de M. Adoulaye Mar Dieye, Sous-secrétaire Général, Directeur Régional pour Afrique du PNUd et Mme Priya Gajraj, Chef d'Equipe de soutien aux pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre. Le Premier Ministre était accompagné de Monsieur Abdalla Kadre Assane, Ministre du Plan, de l'Economie et de la Coopération Internationale, Maxime Balalou, Conseiller en matière des Finances à la Primature et l'Ambassadeur de la RCA aux Nations Unies, Charles Armel Doubane.

 

***************************************

 

Contacts:

 

Christian Aimé NDOTAH, Chargé de communication

Programme des Nations Unies pour Développement (PNUD)

Tél. : +236 75 50 55 45/ 72 50 55 45/70 50 55 45

E-mail : christian.ndotah@undp.org

« Il ne faut pas abandonner un peuple en détresse » lance Me Nicolas  Tiangaye
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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 16:22

 

 

 

 

 

LE MONDE |  26.09.2013 à 11h00  • Mis à jour le  26.09.2013 à 13h22  |Par Alexandra Geneste (New York, Nations unies, correspondante)

 

Neuf mois après être intervenue au Mali pour en chasser les islamistes radicaux, la France agite le chiffon rouge de la menace terroriste pour mobiliser ses partenaires en faveur d'une action en République centrafricaine (RCA). Depuis le renversement en mars du président François Bozizé par les rebelles de la coalition Séléka, l'ancienne colonie française a sombré dans le chaos et la terreur.

Vingt-quatre heures après le "cri d'alarme" lancé par François Hollande à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, la France coprésidait, avec l'Union européenneet les Nations unies, une réunion ministérielle sur la crise humanitaire et sécuritaire en RCA. "Une zone de non-droit peut devenir un repaire pour tous les extrémismes", a mis en garde le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, avant d'évoquer le risque d'une "déstabilisation " des Grands lacs et des deux Soudans.

"Nous pouvons encore empêcher le pays de devenir une nouvelle Somalie", a assuré la commissaire européenne chargée de l'assistance humanitaire, Kristalina Gueorgieva, qui a cité l'émergence de "combattants étrangers, des mercenaires" venus du Soudan ou du Tchad. Le vide sécuritaire et l'absence totale d'Etat de droit "attirent déjà toutes sortes de groupes dangereux", dont la rébellion d'origine ougandaise, l'Armée de résistance du seigneur (LRA), et lesjenjawids (miliciens arabes) venus du Darfour, a confirmé M. Fabius.

"SANCTUAIRE" TERRORISTE

L'infiltration de groupes venus du Mali/Sahel, ayant pu passer par le sud de laLibye et le Darfour, ainsi que d'éléments de Boko Haram, actif au Nigeria, n'est pas non plus exclue. Un message qui a eu une résonance particulière quelques jours après l'attaque de Nairobi, menée par des Chabab, islamistes somaliens.

"Les événements dévastateurs de ces derniers jours au Kenya démontrent combien l'anarchie ou des zones sous-administrées peuvent profiter aux groupes terroristes ou autres extrémistes", a estimé l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power, en référence aux années d'inaction en Somalie. Si elle confirme la crainte de Washington de voir la RCA devenir un "sanctuaire" pour terroristes, la diplomate n'exprime pas d'inflexion de la position américaine. L'administration Obama rechigne à signer un chèque en blanc à l'Union africaine (UA), qui s'est engagée à déployer 3 500 hommes en RCA. "Au-delà du problème financier,explique un diplomate, c'est le principe de contribuer financièrement à une force dont ils n'auraient pas le contrôle qui déplaît aux Américains."

La France, qui espère à terme le déploiement d'une opération de maintien de la paix, procédera par étapes. Elle soumettra au vote en octobre un projet de résolution endossant la création de la force panafricaine sous l'égide de l'UA et engageant les pays membres du Conseil de sécurité à un soutien financier et logistique, lequel, faute de consensus, devra être défini par une seconde résolution plus tard.

A l'ONU, la Centrafrique fait figure de nouvelle Somalie
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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 16:09

 

 

DÉCRYPTAGE  Libération 26 Septembre 2013

 

Le pays est sous la menace d'une crise humanitaire, des actions des mouvements rebelles et des risques d'un conflit religieux.

«Nous avons poussé un cri d’alarme, un coup de gueule», a résumé jeudi depuis New York le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Dès l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies, mardi, la France était en effet en pointe pour exiger une mobilisation urgente de la communauté internationale face à la dérive de ce pays, grand comme la France et la Belgique réunies, enclavé au cœur du continent africain.

Après ce «cri d’alarme» de François Hollande mardi, une réunion consacrée à ce pays souvent jugé «oublié» ou «invisible» a été organisée mercredi au siège de l’ONU. Coprésidée par la France et l’Union européenne, elle a surtout permis de définir les besoins logistiques (notamment le renforcement d’une force régionale qui comprend 1 400 hommes déjà sur place) et de donner quelques petits coups de pouce. Paris s’est ainsi engagé a apporté une aide supplémentaire de 10 millions d’euros à cet «Etat néant» comme l’a défini Laurent Fabius.

Les représentants de «l’Etat néant» en question auraient pu se vexer, mais l’actuel Premier ministre, Nicolas Tiengaye, a tenu à remercier «les pays venus au chevet» de la Centrafrique. Il est vrai que les nouveaux maîtres du pays sont les premiers à réclamer de l’aide pour empêcher le pays de sombrer dans le chaos. Depuis qu’une rébellion a chassé du pouvoir le président François Bozizé en mars, le pays est en effet confronté à une double crise auquelle s’ajoute une menace inédite bien qu’encore diffuse.

Une crise humanitaire

Selon les dernières estimations, 1,6 millions de Centrafricains ont besoin d’une aide d’urgence. En cause : la désorganisation totale du pays, suite à la conquête du pays par les rebelles de la Seleka («l’Alliance»), une coalition hétéroclite créée en décembre au nord du pays, qui a conquis la moitié de la Centrafrique en quelques semaines puis a foncé sur Bangui en mars. Depuis tout est en stand-by, surtout en province, dans ce vaste «arrière-pays» qui s’étend dès la sortie de Bangui et qui vit désormais privé d’approvisionnement, de soins et souvent d’administration.

«Le problème n’est toutefois pas nouveau, tempère Amy Martin, une Américaine qui coordonne l’action humanitaire de l’ONU à Bangui. Même sans les changements politiques récents, nous aurions fait face à une crise humanitaire, certes de moindre ampleur. C’est un pays déstructuré depuis de nombreuses années, qui dérivait déjà lentement avant l’apparition des rebelles.»

«C’est un pays en crise chronique, qui d’habitude n’attire pas l’attention de la communauté internationale, renchérit un humanitaire à Bangui. La Centrafrique ne compte que 4,5 millions d’habitants. Avant la dernière crise, on avait du mal à mobiliser les bailleurs de fonds pour 20 000 déplacés ou 10 000 cas de malnutrition, alors que le moindre mouvement de population dans l’est du Congo prend des proportions bibliques.» Cette fois-ci cependant le nombre des déplacés est estimé à 270 000 Centrafricains, qui ont fui le plus souvent par peur pour leur sécurité.

Une crise sécuritaire

La victoire de la Seleka n’a entraîné que peu de combats contre les forces régulières censées obéir à Bozizé. Arrivé lui-même au pouvoir, en 2003, par un coup de force, l’ex-président s’était rendu impopulaire même au sein de ses propres troupes, mal payées et souvent humiliées par le chef de l’Etat. Pas étonnant dans ces conditions que les forces du Président aient préféré fuir plutôt que de le défendre jusqu’au bout.

Reste que cette victoire facile s’est quand même déroulée dans un chaos total. En route vers Bangui, les troupes de la Seleka, lesquelles ont accueilli tous ceux qui souhaitaient en découdre et se sont livrées à une orgie de pillages et d’exactions sur leur passage. Peu disciplinées, n’obeissant qu’à leur chef local, ces troupes ont semé la terreur. Dans les campagnes, les villageois se sont cachés plusieurs jours en brousse pour éviter de les croiser.

Le nouveau président autoproclamé, Michel Djotodia est cependant un civil, bien qu’issu des rangs de la rébellion. Le 13 septembre, il a annoncé la dissolution de la Seleka, appelée à se fondre dans la nouvelle armée centrafricaine. Mais sur le terrain, difficile de reprendre le pouvoir aux hommes en armes. D’autant que début septembre, des groupes se revendiquant de Bozizé ont mené plusieurs attaques à l’ouest du pays. Là encore, rien de nouveau sous le soleil centrafricain : depuis une décennie, l’arrière-pays est un vaste no man’s land livré à des mouvements rebelles. Tous locaux si l’on excepte l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), féroce rébellion née en Ouganda, qui,ces dernières années avait trouvé un nouveau sanctuaire dans l’est de la Centrafrique.

Finalement la crise actuelle a surtout permis d’attirer l’attention sur des maux récurrents qui ont connu une brutale amplification lors du récent changement de pouvoir. Mais il y a aussi une menace inédite qui plane sur la Centrafrique.

Un risque de conflit religieux

Avec l’arrivée de la Seleka au pouvoir, c’est, pour la première fois, le nord musulman qui prend le pouvoir en Centrafrique, pays majoritairement catholique. Des rumeurs d’exactions contre les chrétiens ont alimenté l’avancée de la Seleka vers le sud. Mais les groupes se revendiquant de Bozizé, qui ont attaqué l’ouest début septembre, ont «en représailles» ciblé des victimes musulmanes. Depuis, de nombreux experts agitent le chiffon rouge d’un conflit religieux et même d’une sanctuarisation de la Centrafrique par des islamistes purs et durs, psychose renforcée depuis l’attaque du centre commercial de Nairobi. L’arrière-pays offre le cadre idéal pour propager ce genre de rumeurs : les informations sont rares, les chefs militaires locaux tout puissants. Mais jusqu’à présent, les différentes communautés ont toujours vécu en bonne entente dans «un pays, avant tout 100% animiste» comme le rappelle un connaisseur du pays.

 

Maria MALAGARDIS Envoyée spéciale en Centrafrique

 

 

 

La survie de la Centrafrique se joue à New York

 

http://www.humanite.fr  26 Septembre 2013

 

François Hollande alerte sur la situation chaotique dans laquelle se trouve le pays à 
la tribune de l’ONU. Les exactions se multiplient contre les populations civiles.

À New York, devant la 68e Assemblée générale de l’ONU, François Hollande a alerté la communauté internationale sur la situation dramatique de la République centrafricaine (RCA). Cette ancienne colonie française a sombré, dans l’indifférence générale, dans un violent chaos depuis le coup d’État perpétré en mars dernier par la rébellion de la Séléka contre l’ancien président François Bozizé. Autoproclamé président, leur leader, Michel Djotodia, est aujourd’hui totalement débordé par les bandes armées qui l’ont porté au pouvoir.

Dans son discours d’ouverture, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a également lancé un SOS. « L’ordre public s’est effondré. Des millions de personnes sont coupées de toute assistance et risquent d’être victimes d’exactions », a-t-il déclaré. Il a également regretté que le sort de la Centrafrique « ne suscite que des contributions désespérément insuffisantes ». À peine un plus d’un tiers de l’appel de fonds pour la RCA (195 millions de dollars) a été couvert.

Selon l’ONU, un tiers de la population (1,6 million de Centrafricains) a besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Plus de 270 000 habitants ont été déplacés ou se sont réfugiés dans les pays voisins.«Notre priorité aujourd’hui, c’est d’aider la population dans le nord-ouest (...) où les affrontements continuent », a expliqué Vincent Pouget, de la Croix-Rouge à Bangui. « En fuyant, beaucoup de gens ont tout perdu, et on essaye de leur fournir des vivres, du maïs, des haricots ou du sel, mais aussi des biens essentiels comme des couvertures », a-t-il ajouté. Quelque 3 500 enfants-soldats sont actuellement enrôlés.

Médecins sans frontières a récemment fait état d’atrocités contre des civils. « Cette nouvelle vague de violence (...) est une source supplémentaire de souffrances pour les civils qui avaient déjà subi des mois de conflits et des déplacements répétés », indique MSF. De son côté Human Rights Watch parle de « crise oubliée » des droits de l’homme.

Pour mettre fin à cette spirale de violences, la France devait proposer, dans le cadre d’une résolution à l’ONU, d’augmenter les effectifs de la force panafricaine présente à Bangui (1 300 hommes). Paris pourrait aussi renforcer son contingent (450 soldats) présent autour de l’aéroport. Ces questions devaient être au centre de la réunion sur la Centrafrique, coorganisée hier par la France en marge de l’Assemblée de l’ONU. Une rencontre présentée par Paris comme « une opération de la dernière chance de sauver ce pays du chaos ».

 

Damien Roustel

Lu pour vous : Centrafrique : Pourquoi la France pousse un "cri d'alarme"
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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 15:55

 

 

REPUBLIQUE   CENTRAFRICAINE

Unité – Dignité- Travail

 

 

 

 

 
   

 

 

 

 

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MAITRE NICOLAS  TIANGAYE, PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT D’UNION NATIONALE DE TRANSITION

A

LA 68ème SESSION ORDINAIRE DE L’ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS-UNIES

 

 

 

 

New-York, 26 Septembre 2013

 

 

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire Général,

Mesdames et Messieurs,

La thématique retenue pour la 68ème  session de l’Assemblée Générale des Nations Unies est : «  le développement post 2015 : plantons le décor ».

L’atteinte des objectifs du millénaire pour le Développement étant compromise pour la République Centrafricaine en raison de la crise qu’elle traverse, permettez-moi de consacrer exclusivement mon discours sur la situation qui prévaut dans mon pays.

Au moment où les dirigeants des différentes  nations se retrouvent à New York pour partager les préoccupations d’un monde de plus en plus caractérisé par des violences, la haine, l’extrême pauvreté et les conflits armés avec une cohorte de désolation pour les peuples soumis à une souffrance indescriptible, j’ai ce pénible devoir de prendre la parole en tant que Premier Ministre, Chef du Gouvernement d’Union Nationale de Transition de la République Centrafricaine, pour parler du haut de cette tribune de l’Organisation des Nations Unies, du drame humain que connait le peuple centrafricain et dont la souffrance  semble être oubliée par la Communauté Internationale.

Je voudrais tout d’abord,  vous adresser, Excellence Docteur John W. ASHE, au nom de la délégation qui m’accompagne et en mon nom propre, mes vives félicitations pour votre brillante élection à la présidence de cette 68ème session ordinaire de l’Assemblée Générale de notre Organisation.

Je tiens à saluer aussi au passage le travail remarquable accompli sous l’autorité de Son Excellence Vuk JEREMIC, Président de la 67ème Session.

 

Je tiens également à  exprimer toute ma gratitude à son Excellence Monsieur BAN KI MOON, Secrétaire Général des Nations Unies, pour son dynamisme, son pragmatisme, et surtout pour l’attention particulière qu’il ne cesse de  porter à mon pays et au peuple centrafricain.

Je ne peux m’empêcher de rendre un hommage mérité à l’endroit des Chefs d’Etat de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) qui n’ont de cesse d’aider mon pays empêtré dans une crise multiforme, à l’Organisation des Nations Unies, à l’Union Européenne, à l’Organisation Internationale de la Francophonie et à la France pour leur soutien constant à la République Centrafricaine pendant des moments de dures épreuves.

Ces remerciements s’adressent également au Gouvernement Américain qui s’est engagé à nos côtés dans la lutte contre l’Armée de Résistance du Seigneur, la LRA de Joseph KONY.

Nous avons appris la douloureuse nouvelle de l’attaque terroriste dont Nairobi a été le théâtre au moment où nous nous réunissons à New York. Mon pays condamne ces attaques aveugles et adresse ses condoléances aux familles éprouvées et au peuple kényan.

Le drame que vit le peuple syrien depuis plus de deux ans doit interpeller la communauté internationale. L’utilisation des armes chimiques contre les populations civiles doit être fermement condamnée. C’est pourquoi mon pays souscrit aux actions en cours en vue du démantèlement de l’arsenal chimique en Syrie en privilégiant l’option diplomatique de la résolution de cette crise.

Monsieur le Président,

Si l’Afrique se singularise par des actes de violences de tous ordres, ce continent nous  offre néanmoins  des raisons d’espérer puisqu’il y a quelques jours, nous avons assisté au Mali à l’élection du Président Ibrahim Boubakar Keita dans un pays en proie à une crise ayant sapé les fondements de son unité nationale. Que celui-ci accepte nos vives félicitations et trouve ici l’expression de notre indéfectible encouragement pour la restauration de la paix et l’enracinement de la démocratie dans son pays.

Monsieur le Président,

En un demi – siècle d’indépendance, la République Centrafricaine  a connu une série de crises politico-militaires cycliques, ayant  conduit à des changements successifs de régimes politiques. Ces crises récurrentes ont créé ces dernières décennies, une instabilité quasi permanente, qui a entrainé une dégénérescence de l’Etat. 

Les causes endogènes de cette situation découlent  de la fragilité de l’Etat, d’un déficit de dialogue politique, du non-respect des engagements pris dans la gestion des affaires publiques, du refus de l’alternance, du clanisme, du tribalisme, du népotisme et de la politique d’exclusion.

Ces causes se combinent aujourd’hui avec des phénomènes nouveaux, jamais connus en République Centrafricaine : les tensions inter – ethniques et inter – religieuses  passionnelles, nous rappellent les drames vécus par certains pays africains.

Les causes exogènes trouvent leurs sources dans les effets collatéraux de la crise du Darfour, de la  Libye, le long conflit du Soudan qui a abouti à l’indépendance du Soudan du Sud, le conflit en République Démocratique du Congo, les agrégats résiduels des anciennes rébellions tchadiennes et les agissements terroristes de la LRA de Joseph KONY dans l’extrême Sud-est du pays. Ces différents troubles favorisent la circulation d’un important  flux d’armes de guerre de tout calibre dont les effets combinés pèsent lourdement sur la situation sécuritaire et humanitaire en République Centrafricaine, causant  des graves violations des droits de l’homme : massacres des populations civiles, enlèvements, exécutions sommaires, viols collectifs, pillages à grande échelle, incendies volontaires des habitations privées, des édifices publics et des greniers sans parler des profanations des lieux de cultes, de la  dégradation des ressources naturelles et de la faune.

La République Centrafricaine se trouve ainsi confrontée à des défis multiformes qui exigent des mesures immédiates en vue :

  • du rétablissement de la sécurité des personnes et des biens  sur l’ensemble du territoire ;
  • de la protection et de l’assistance humanitaire au profit des populations vulnérables, y compris les déplacés internes et les réfugiés ;
  •  du redéploiement de l’administration sur toute l’étendue du territoire ;
  •  du rétablissement de la cohésion sociale et de la concorde nationale ;
  • de la relance de l’économie et de la gestion des finances publiques et
  • de l’organisation des élections générales.

D’ici 2015, le Gouvernement entend mettre en œuvre,  conformément aux engagements pris devant les Chefs d’Etat  et de Gouvernement de la CEEAC, les conditions d’un retour à  la sécurité, à la paix, et à l’ordre constitutionnel.

Il s’agit, au sortir de la période de transition apaisée  que chaque citoyen centrafricain appelle de ses vœux, de faire de la République Centrafricaine, un pays où la sécurité et la paix seront garanties dans tous les secteurs de la vie politique, économique et sociale, à la faveur d’une opération de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR), menée avec succès, l’organisation des élections libres, transparentes et crédibles permettant de désigner les futures  autorités légitimes du pays.

Dans le respect des différents engagements pris sur la base de l’Accord Politique de Libreville du 11 Janvier 2013 et de la Déclaration de N’Djamena du 18 Avril 2013, sous l’égide des Chefs d’Etat de la CEEAC, nous avons procédé à la mise en place des différentes institutions de la transition :

  • le  Gouvernement d’Union Nationale de Transition  respectant l’équilibre géographique et politique ;
  • le Conseil National de Transition, organe constituant et législatif de transition ;
  • l’adoption et la promulgation de la Charte Constitutionnelle de Transition ;
  • l’adoption et la promulgation de la loi organique relative à la Cour Constitutionnelle de transition.
  • La prestation de serment et l’installation des membres de la Cour Constitutionnelle de Transition ;
  • La prestation de serment du Chef de l’Etat de la Transition.

 

La dernière institution, à savoir le Haut Conseil de la Communication sera mise en place prochainement.

L’organisation des prochaines échéances électorales sera confiée à l’Autorité Nationale des Elections. La mise en place de ce nouvel organe de gestion des élections aura lieu dans les prochains jours.

Les orientations du Gouvernement portent sur la restauration et la  refondation  des forces de défense et de sécurité avec l’aide de la communauté internationale. Cette restauration ne peut être crédible que si les conditions de base sont remplies.

Le Chef de l’Etat de la Transition et le Gouvernement d’Union Nationale de Transition s’attèlent à cette tâche difficile.

A la suite des exactions, des tueries et des pillages dont les quartiers de Boyrabe et de Boeing ont été le théâtre à Bangui, des mesures ont été prises pour interdire aux ex –Séléka d’assurer le maintien de l’ordre.

Désormais cette mission incombe exclusivement à la Gendarmerie et à la Police.

 Il a été organisé une cérémonie de réconciliation entre les officiers des Forces Armées Centrafricaines (FACA) et ceux de l’ex – rébellion de la Séléka.

La coalition Séléka ayant été dissoute, on entre dans une  dynamique de fusion de cette dernière et des Forces Armées Centrafricaines.

S’agissant du cantonnement des éléments de l’ex -  Séléka,  quinze (15) sites ont été retenus en provinces, pour l’identification, le désarmement et la sélection de ceux qui sont aptes au métier des armes.

C’est au moment où ces efforts sont en train de se  faire  pour ramener la paix et la sécurité dans mon pays,  qu’une nouvelle flambée de violence a éclaté à dans certaines préfectures de la République Centrafricaine à Bossangoa et à Bouca, entraînant des affrontements armés entre les éléments de l’ex -  Séléka et des bandes organisées en groupes d’auto – défense, se présentant comme des partisans de l’ancien président en vue de la reconquête du pouvoir.

Des familles de confession musulmane ont été massacrées, ce qui a entraîné des représailles d’une rare cruauté de la part des ex - Séléka à l’encontre des populations chrétiennes et des paisibles citoyens.

C’est pour cela que le Chef de l’Etat de la Transition  en accord avec le Gouvernement d’Union Nationale a pris des mesures en dix (10) actes forts en vue du renforcement de la sécurité :

  • La nomination au Ministère de la Sécurité d’une personnalité de la société civile.
  • l’arrestation et la traduction des auteurs des crimes, exactions et pillages des quartiers Boy – Rabe et Boeing ainsi que la condamnation de seize (16) éléments de l’ex – Séléka à 8 ans de prison ferme, le Gouvernement confirmant ainsi sa détermination à  lutter contre l’impunité.
  • la décision de confier toutes les opérations de maintien  de l’ordre aux seules forces de la Police et de la Gendarmerie ;
  • le placement de la gendarmerie et de la police  sous tutelle du Ministère de la Sécurité Publique en vue de mutualiser les moyens en hommes et en matériels pour assurer efficacement la sécurité sur toute l’étendue du territoire ;
  • la dissolution de l’ex – coalition Séléka et de la Convention des Patriotes pour la Justice et le Progrès (CPJP).
  • les opérations de déguerpissement des éléments de la Séléka dans les commissariats de police, les maisons des particuliers et de certains bâtiments administratifs,  afin de rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire.
  • La reprise de service par les policiers dans les commissariats longtemps occupés par des hommes de l’ex -  Séléka avec comme corollaire la libération de personnes arrêtées illégalement par ces derniers.
  • Le lancement  des opérations de désarmement forcé des éléments de l’ex – Séléka qui refusent leur cantonnement dans les casernes retenues.
  • le transfert  des éléments désarmés de l’ex – Séléka au nombre de 1 200 hommes vers deux (2) sites en province, à Sibut et Bossembélé dans l’attente du programme Désarmement Démobilisation Réinsertion ;
  • l’ouverture du dialogue social par le  Chef de l’Etat de la transition à travers de multiples rencontres avec les différentes couches sociales, notamment les populations victimes des sévices de l’ex – Séléka.

 

Monsieur le Président,

Le Rapport du Secrétaire Général des Nations Unies du 15 Août 2013, sur la situation en République Centrafricaine dresse un tableau sombre et chaotique de la situation humanitaire et sécuritaire qui révèle la réalité concrète que vit quotidiennement le peuple centrafricain. 

En effet, les affrontements armés depuis le début du mois d’août dans le nord-ouest ont détérioré considérablement la situation humanitaire dans la région du fait  des affrontements entre les éléments de l’ex- Séléka avec les éléments se réclamant de l’ex-Président et des groupes d’auto-défense . Il est important de noter qu’à l’heure actuelle, la situation humanitaire est catastrophique et  se présente de la manière suivante :

 

4,6 millions de Centrafricains sont touchés par la crise, c’est-à-dire la totalité de la population du pays.

1,6 millions d’entre eux sont des déplacés internes et ont « cruellement besoin d’aide ».

60.000 enfants risquent  de mourir  de malnutrition.

 

62.000 personnes ont cherché refuge dans les pays voisins, dont 40.500 principalement en République Démocratique du Congo.

 

650. 000 enfants au moins ne peuvent pas se rendre à l’école.

484. 000 habitants (10,5 % de la population) sont en situation d’insécurité alimentaire sévère.

3. 500 enfants ont été enrôlés par des groupes armés.

 

13.700 personnes en traitement antirétroviral risquent de ne plus pouvoir prendre leurs médicaments à cause des risques d’interruption de la chaîne d’approvisionnement.

Moins de 20% des structures médicales du pays sont opérationnelles.

Tel est le tableau de la situation humanitaire engendrée par l’insécurité.

C’est dans ce contexte que la communauté internationale s’est engagée à voler au secours de la RCA.

 Ainsi 3 652 militaires et civils devront constituer la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique (MISCA) sous conduite africaine. Elle prendra la relève de la Force Multinationale d’Afrique Centrale ( FOMAC ) déjà présente dans le pays depuis plusieurs années sous différentes appellations. C’est ici l’occasion au nom de mon pays de remercier le Cameroun, le Congo, le Gabon, la République Démocratique du Congo et le Tchad qui sont pour le moment les seuls contributeurs en troupes de cette force. Je forme le vœu que d’autres pays africains suivent leur exemple comme le Burundi qui s’apprête à envoyer un bataillon de 450 hommes.

Monsieur le Président,

Je souhaite voir la communauté internationale redoubler d’effort et continuer à accompagner la République Centrafricaine dans la recherche d’une paix durable.

C’est le lieu ici de saluer l’appel pressant de tous les Etats  pour une implication plus accrue des Nations-Unies dans la résolution de la crise en République Centrafricaine. Sachant que la République  Centrafricaine est un Etat en déliquescence, cet appel résonne pour nous comme une demande d’assistance à peuple en danger, un geste de solidarité fort.

C’est pour cela qu’il est urgent de rendre opérationnelle  la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique (MISCA), placée sous l’égide de l’Union Africaine (UA) qui doit prendre le relais de la Force Multinationale de l’Afrique Centrale (FOMAC).

Compte tenu de l’échelle de violence, de l’étendue des dégâts, cette force multinationale doit bénéficier d’un mandat clair et ferme du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies avec pour mission la  sécurisation, la pacification du pays et la protection des populations civiles.

C’est à la communauté internationale qu’incombe le devoir de la doter de moyens financiers, matériels et logistiques afin de relever les nombreux défis auxquels mon pays est confronté.

Les défis à relever sont évidents et considérables. Outre la sécurisation du pays, l’organisation des élections, la restauration de l’administration ou encore les réformes judiciaires, économiques et sociales faisaient déjà partie de la Feuille de route définie à Libreville.

Ces impératifs sont toujours d’actualité alors que la population a abordé la saison des pluies dans un état de dénuement total. La situation humanitaire déjà critique, s’est encore détériorée comme en témoigne le nombre important de déplacés internes qui oscille entre 1500 000 et 1600 000 personnes.  La prolifération des armes à Bangui, la dégradation de la situation humanitaire et du  climat social sont de nature à compromettre le bon déroulement de la transition. Face à l’avalanche des problèmes, le Gouvernement d’Union Nationale de Transition  doit définir des priorités en matière sécuritaire, humanitaire, budgétaire et politique.

Pour réussir à stabiliser et pacifier le pays, nous devons réinventer un nouveau programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) et repenser la réforme du secteur de la sécurité (RSS) car la sécurité est la clé de voûte de la transition et le besoin d’approches innovantes adaptées aux réalités centrafricaines n’a jamais été aussi fort.

Nous ne  parviendrons  pas à surmonter ces défis sans une quadruple  aide : financière, technique, matérielle et humanitaire.

Les partenaires  ont le devoir d’accompagner cette transition en fournissant un appui budgétaire d’urgence et en mettant leurs compétences à notre disposition,

Monsieur le Président,

La présente session de l’Assemblée Générale de l’ONU m’offre, une fois de plus, l’opportunité de plaider auprès des Institutions internationales pour les encourager à s’engager effectivement pour un accompagnement fort, d’une expertise de qualité avec un seul point d’entrée selon la règle de coordination, de complémentarité, de cohérence et de transparence.

Un échec de la transition rendra la RCA impossible à gouverner et donnera inéluctablement naissance à une zone grise au cœur du continent africain. Plusieurs groupes armés étrangers sont déjà installés en République Centrafricaine. Les combattants de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) sont présents dans le Sud-Est du pays depuis 2008 et y ont massacré plusieurs centaines de personnes, violé des dizaines de femmes, enlevé des milliers d’enfants, incendié des villages entiers. La région de la Vakaga est traversée par de nombreux trafiquants et braconniers originaires des pays voisins, dont le Soudan. Si l’Etat centrafricain s’effondre, de nouveaux réseaux criminels et terroristes pourraient s’implanter dans le pays et déstabiliser toute  la région.

Dans la mesure où la stabilité de l’Afrique Centrale est aussi une préoccupation majeure de la Communauté internationale, celle-ci doit aller au-delà des réponses à minima et des engagements en demi-teinte qui caractérisent trop souvent l’encadrement international des transitions politiques.

Monsieur le Président

Madame Valérie AMOS Sous-Secrétaire Générale des Nations Unies en charge des affaires humanitaires et Madame Kristalina GEORGIEVA Commissaire Européenne à l’aide humanitaire et à la réponse aux crises s’étaient rendues au mois de juillet 2013 dans mon pays et elles avaient rendu visite aux populations sinistrées de la ville de KAGA-BANDORO.  A leur retour à Bangui, elles m’avaient raconté la scène poignante qu’elles avaient vécues. Elles avaient rencontré une femme qui avait perdu tout espoir et qui se demandait pourquoi le monde avait abandonné son pays. Cette rescapée  lançait un cri de détresse en ces termes : « ne nous abandonnez pas ». Mais cette voix était aussi celle de millions d’autres centrafricains qui appellent au secours.

Monsieur le Président,

Si la crise dans mon pays est nationale, sa solution dans sa quadruple dimension militaire, sécuritaire, humanitaire et financière ne peut qu’être internationale. Il n’y a pas d’alternative à court terme à une implication totale de la communauté internationale pour sauver la RCA.

Le 19 Septembre dernier à Bamako, le Président français François HOLLANDE déclarait : « lorsque le droit est bafoué, lorsque des femmes et des enfants sont massacrés, c’est là que la communauté internationale doit se lever et assurer la solidarité ».

Oui, le moment est venu aujourd’hui pour la communauté internationale de se lever pour sauver la République Centrafricaine. Elle l’a fait pour le Mali. Il n y a pas de raison qu’elle s’abstienne de le faire pour mon pays. Le peuple centrafricain ne comprendrait pas cette solidarité internationale à géométrie variable.

C’est aujourd’hui plus que jamais qu’il faut agir sans hésitation pour assister un peuple en danger.

C’est aujourd’hui plus que jamais qu’il faut mobiliser tous les moyens déjà utilisés ailleurs pour conjurer l’irréparable.

Le cri de détresse de cette pauvre femme de KAGA BANDORO adressée à Madame Valérie AMOS et à Madame Kristalina GEORGIEVA est celui de 4.600.000  centrafricains vis-à-vis de la communauté internationale et ce cri de détresse résonne comme une ultime requête à la conscience universelle.

C’est sous vos yeux que se joue une tragédie humaine et qui appelle une réaction urgente.

Chaque jour qui passe appelle son lot de sang versé, de femmes violées, de mineurs enlevés et de milliers de personnes déplacées ou exilées.

Alors, c’est aujourd’hui plus que jamais qu’il faut agir pour les populations civiles de mon pays. Si rien n’est fait aujourd’hui, demain il sera trop tard. Et la communauté internationale ne pourra plus, face à l’Histoire, s’exonérer de ses responsabilités politiques et morales.

 

Je vous remercie.

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MAITRE NICOLAS  TIANGAYE, PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT D’UNION NATIONALE DE TRANSITION A L'ONU
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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 11:27

 

 




 

Le Président de l’ASAF


L’association de soutien à l’armée française


Depuis plusieurs mois déjà, la République centrafricaine est le théâtre de violences perpétrées par des milices islamiques venues du Tchad et du Soudan. 
On en parle peu à la télévision !


La France y a renforcé son dispositif en déployant 500 soldats dont la mission est d’assurer la protection et l’évacuation de ses ressortissants en cas de menace directe.


Ce pays de 630 000 km2 – grand comme la métropole et la Guyane -, peuplé de moins de 5 millions d’habitants est l’un des plus pauvre du monde malgré des ressources naturelles potentielles – agriculture, élevage et minerais – très importantes.


La France est depuis toujours aimée par l’immense majorité des centrafricains. 
Ceux-ci savent que seul notre pays peut assurer leur sécurité et les aider dans leur développement.


Sans une intervention militaire française à très court terme, la RCA va plonger une fois de plus dans le chaos, et devenir la cible des milices et des pillards.


Les évènements dramatiques qui s’y déroulent et qui ne cessent de s’amplifier, vont contraindre un jour ou l’autre la communauté internationale à demander à la France d’intervenir. Cela nécessitera alors des moyens plus importants que si l’intervention avait lieu maintenant.


Cette situation dramatique parfaitement connue de nos services et que le président de la République a évoquée lors de la conférence des ambassadeurs, exigerait de la France une réponse urgente.
 

Elle est possible.


Avec moins de 3 000 hommes, la France peut rétablir une situation qui devient chaque jour plus dramatique. 


Elle est en mesure de conduire seule et rapidement une opération de sécurisation qui s’inscrirait parfaitement dans une stratégie globale et de long terme en Afrique subsaharienne, zone considérée dans le dernier Livre blanc comme une zone d’intérêt stratégique.


A quoi bon agir dans l’urgence et ponctuellement au Mali, si on laisse se dégrader la situation en RCA ?


Alors que la perspective d’un engagement opérationnel au Moyen-Orient s’éloigne, la France se doit d’agir avec célérité dans ce pays situé au cœur de l’Afrique pour protéger des populations civiles menacées et défendre ses intérêts stratégiques de long terme en Afrique.
Fermer les yeux serait la pire des lâchetés ; ce serait également un crime vis-à-vis de ce peuple ami et une faute politique sur ce continent aux potentialités énormes.


Henri PINARD LEGRY

LIBRE PROPOS : La RCA abandonnée par le général Henri PINARD LEGRY
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