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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 12:36

 

 

 

Rca - Le 13 juin 2013 © koaci.com - Le nouveau gouvernement d’union nationale centrafricain formé par le Premier ministre Nicolas Tiangaye, reste largement dominé par les anciens rebelles du Séléka, selon l’annonce faite ce jeudi à la radio nationale.

Le Premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye a formé ce jeudi le nouveau gouvernement d’union nationale, un gouvernement dont les postes-clés sont détenus par les anciens rebelles du Séléka.


Le décret portant création du nouveau gouvernement a été annoncé ce jeudi matin à la radio nationale, et les portefeuilles importants restent aux mains du Séléka : Le président de la transition, Michel Djotodia, sera en charge de la défense, Nourendine Adam, chef de la rébellion de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), à la Sécurité, Christophe Gazam Betty reste à la communication tandis que Gontran Djono occupe, le ministère des mines.


Cette nouvelle équipe se compose donc de 34 membres, dont 9 ministres issus de la coalition rebelle Séléka, de 7 ministres issus de l'ancienne opposition avec 2 anciens proches du président déchu, François Bozizé, les16 autres membres sont issus de la société civile et de différentes formations politiques.


Contrairement aux promesses du Premier ministre en avril à N'Djamena, les différentes sensibilités politiques du pays sont minoritaires dans son nouveau gouvernement. 

Parmi les 8 nouvelles personnalités qui font leur entrée au gouvernement, seulement deux sont issues de l’ancien régime Bozizé, renversé par les rebelles du séléka en mars dernier.



Nanita

Centrafrique: La rébellion majoritaire au sein du nouveau gouvernement
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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 12:20

 

 

 

 

Le 15 mars 2003, le général François Bozizé prenait le pouvoir et se proclamait président de la République centrafricaine. Dix ans plus tard, le 23 mars 2013, après plusieurs mois d’une conquête du pays accompagnée de violences contre la population, la Séléka, coalition de divers groupes d’opposition armés, renverse l’ancien putschiste Bozizé, et son leader, Michel Djotodia, s’autoproclame chef de l’État.

 

Principale victime de ce jeu politico-militaire, la population souffre depuis des mois : exécutions sommaires, violences sexuelles, attaques ciblées selon l’appartenance religieuse et ethnique, arrestations de partisans de l’opposition et de leurs familles, actes de torture, disparitions, recrutement d’enfants soldats, pillages à grande échelle. Dans les campagnes comme dans les villes, les gens ont fui où ils pouvaient : dans les pays voisins, Tchad, Cameroun, RD Congo ; en brousse, quand ils n’ont pu s’échapper au-delà. Après plusieurs semaines, les pillages, viols et autres exactions se poursuivent jusque dans Bangui, la capitale, où les vainqueurs n’arrivent pas à se faire obéir de leurs troupes transformées en pillards.

 

Des organismes des Nations unies, quelques ONG et les Eglises essaient de faire face à la détresse de la population qui manque de tout : soins de santé, alimentation … Dans presque tout le pays, les écoles sont fermées. Bangassou, dans l’est du pays, n’est plus ravitaillée que par les vols humanitaires : plus d’eau, plus de carburant, donc plus d’électricité. Comment faire fonctionner les centres de santé ? L’argent manque, incontestablement. Mais c’est surtout l’insécurité généralisée qui rend la situation particulièrement précaire et instable : le pays n’est plus contrôlé. Ceux qui détiennent une arme à feu n’hésitent pas à en faire usage pour obtenir ce que bon leur semble. La Centrafrique va-t-elle devenir la Somalie de l’Afrique centrale ? Ce « no man’s land » institutionnel, pourrait bien attirer les terroristes du Nigeria et du Mali, ou encore l’Armée de libération du Seigneur, qui trouveraient facilement refuge dans ce pays de 4,5 millions d’habitants sur 650.000 km²..

.

On peut comprendre que la France ne fasse pas confiance à ceux qui ont pris le pouvoir par la force et qui ne parviennent pas à faire respecter un minimum de sécurité dans la pays, mais il est impensable d’attendre qu’un président légitime soit en place pour agir car la situation ne peut qu’empirer et des conflits intercommunautaires et interconfessionnels pourraient compromettre encore plus gravement l’avenir. Nous demandons à la France et aux pays européens, mais aussi aux instances africaines, de revoir leurs positions. Il est indispensable d’apporter sans délai de l’aide humanitaire à une population en danger, il est tout aussi important d’appuyer le rétablissement d’un processus démocratique. Dans le même temps, il est nécessaire que les autorités centrafricaines actuelles prennent des mesures pour restaurer la sécurité (collecte des armes légères, démilitarisation des rebelles, etc.), et pour rétablir le fonctionnement de l’administration et des services sociaux de base (éducation, santé…).

Enfin, nous appelons à la création d’une commission d’enquête du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies sur les violations des droits de l’homme commises entre décembre 2012 et aujourd’hui, pour établir les responsabilités des exactions commises et trouver des pistes pour juger leurs auteurs.

 

La population de ce pays oublié a déjà trop souffert et mérite, d’urgence, l’attention et l’appui de la communauté internationale, pour mettre un terme à la violence et à la misère qui l’accompagne. Demain, il pourrait être trop tard.

 

François Picart, président de l’ACAT 


Guy Aurenche, président du CCFD-Terre Solidaire


François Soulage, président du Secours Catholique/Caritas France


François Content, secrétaire général des Apprentis d’Auteuil

 

SOS pour la Centrafrique : sauver la population de l’anarchie actuelle
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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 12:08

 

 

DECRET N°13.160  PORTANT NOMINATION OU CONFIRMATION DES MEMBRES DU GOUVERNEMENT D’UNION NATIONALE ET DE TRANSITION 
 

 

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT 

Vu l’Acte constitutionnel n°1 du 26 mars 2013 

Vu l’Acte Constitutionnel n°2 du 26 mars portant organisation provisoire des pouvoirs de l’Etat 

Vu le Décret n°13.001 du 26 mars 2013 portant nomination du Premier Ministre, chef du gouvernement ; 

Sur proposition du Premier Ministre, chef du gouvernement de la transition 

 

DECRETE 

 

Art 1er : Sont nommés ou confirmés Membres du gouvernement d’Union Nationale et de Transition, les personnalités dont les noms suivent : 

 

MINITRES D’ETAT 

1) Ministre d’Etat en charge des Mines, du Pétrole, de l’Energie et des Hydrauliques 
Monsieur Herbert Gontran DJONO-AHABA (seleka) 

2) Ministre d’Etat en charge de l’Equipement, de Travaux Publics et du Désenclavement : 
Monsieur Crépin MBOLI-GOUMBA (Patrie, opposition démocratique) 

3) Ministre d’Etat en charge de la Sécurité Publique, de l’Immigration, Emigration et de l’Ordre Public : 
Monsieur Noureldine ADAM (CPJP fondamentale, Seleka) 

4) Ministre d’Etat en charge des Eaux, Forets, Chasse et Pêche : 
Monsieur Mohamed Moussa DHAFFANE (CSPK, Seleka) 

5) Ministre d’Etat en charge de la Communication, de la Promotion de la Culture Civique et de la Réconciliation Nationale : 
Monsieur Christophe GAZAM-BETTY (Seleka) 

MINISTRES 

6) Ministre de la Défense Nationale chargé de la Restructuration de l’Armée : 
Monsieur Michel DJOTODJIA AM NONDROKO (UFDR, Seleka) 

7) Ministre en charge du Développement Rural : 
Madame Marie Noëlle KOYARA (société civile) 

8) Ministre des Postes, Télécommunications et des Nouvelles Technologies : 
Me Henri POUZERE (Londo, opposition démocratique) 

9) Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaines, de la francophonie et des Centrafricains de l’Etranger : Me Banga-BOTHY née MBAZOA Léonie (société civile) 

10) Ministre du Commerce et de l’Industrie : M . AMALAS AMLAS Harroun (société civile, proche de Djotodia) 

11) Ministre du Pla, de l’Economie et de la Coopération Internationale : M. Abdallah Kadre Assane (société civile, proche de Djotodia) 

12) Ministre des Finances et du Budget : M . Christophe BREMAÏDOU (ASD, opposition démocratique) 

13) Ministre des Transports et de l’aviation Civile : M. Arnaud DJOUBAYE ABAZENE (Société civile, proche de Djotodia) 

14) Ministre de la Justice, garde des Sceaux chargé de la reforme Judicaire : M. Arsène SENDE (société civile) 

15) Ministre de l’Administration du Territoire de la Décentralisation et de la Régionalisation : M. Aristide SOKAMBI (société civile) 

16) Ministre de l’enseignement Supérieur et de Recherche Scientifique : M. Rainaldy SIOKE (RDC, opposition démocratique) 

17) Ministre de l’enseignement Fondamental, Secondaire et Technique : M. Marcel LOUDEGUE (Mlpc, opposition démocratique) 

18) Ministre chargé des Pôles de Développement : M. Georges BOZANGA (société civile) 

19) Ministre de l’Elevage et des Industries Animales M. Joseph BENDOUNGA (Mdrec, opposition démocratique) 

20) Ministre de la Santé Publique, de la Population et de la lutte contre le VIH/SIDA : Dr Aguide SOUMOUCK (société civile) 

21) Ministre de la promotion des petites et moyennes entreprises : M. Guy Simplice ADOUMA-ISSA (société civile) 

22) Ministre chargé du Travail, de l’emploi, de la Formation Professionnelle et de la sécurité Sociale : M. Jérémie TCHIMANGUERE (société civile) 

24) Ministre de l’Urbanisme, du Cadastre et de la Reforme Foncière : M. Rizigala RAMADANE (société civile) 

25) Ministre du Développement du Tourisme et de l’Artisanat : M. Mahamat Ataib YACOUB (Société civile) 
26) Ministre chargé du Programme Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) : Zéphirin MAMADOU (société civile) 
27) Ministre chargé de la Fonction Publique et de la Reforme Administrative : M. Gaston MACKOUZANGBA (ex-majorité présidentielle) 

28) Ministre chargé de l’Economie Sociale et de la Micro finance : M. Mathieu NGOUBOU (Société civile) 

29) Ministre des Affaires Sociales, de la Solidarité Nationale et de Promotion du Genre : Mme MAZANGUE BLAY-EUREKA Lucile (Société civile) 

30) Ministre chargé de la promotion des Arts et de Culture : M. Bruno YAPANDE (PNCN, ex-majorité présidentielle) 

31) Ministre de l’environnement, de l’Ecologie et du Développement durable : M. Paul DOKO (Société civile) 

32) Ministre des Droits de l’Homme chargé de la coordination de l’Action Humanitaire : 
Monsieur Claude LENGA (KNK, ex-majorité présidentielle) 

33) Ministre chargé du Secrétariat Général du Gouvernement et des Relations avec les Instructions : 
Monsieur Harold AHAMAT DEYA (société civile) 

34) Ministre chargé de la Jeunesse et des Sports 
Monsieur ABDOULAYE HISSENE (CPJP- opposition armée non combattante) 

Article 2 : Le présent Décret qui abroge toutes les dispositions antérieures contraires et qui prend effet à compter de la date de sa signature sera enregistré et publié au journal officiel. 

Fait à Bangui le 12 juin 2013 

Michel DJOTODIA AM NONDROKO 

Composition du nouveau Gouvernement TIANGAYE
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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 22:30

 

 

 

 

 

 

Peuple Centrafricain soit patient et tu verras la récompense par la grâce de Dieu.

 

 

 Un certain nombre de quotidiens dont RNL relèvent  qu’en Centrafrique, Bangui et les villes de l’arrière pays vivent au rythme des actes de violence et se demandent  à quand le nouveau gouvernement Tiangaye III.

 

Et RNL de mentionner que le nouveau gouvernement d’union nationale n’est toujours pas mis en place alors que le Président de la transition, Michel Djotodia Am Nondroko avait lors d’une déclaration faite au terme de sa mission effectuée le 31 mai dernier dans la ville congolaise d’Oyo,  promis que « ce gouvernement sera formé dans un délai de 72 h », un délai qui a expiré le 5 juin 2013. 

 

Sans  être membre du gouvernement, donc non habilité à confirmer ou infirmer une déclaration officielle, je voudrais néanmoins en appeler à la patience des compatriotes. N’oublions que pas loin de nous, la Belgique a vécu deux ans sans gouvernements.

 

Nous savons tous que l’heure est grave et le peuple a raison de s’impatienter. Mais, ce faisant,  nous devons aussi accepter  d’être patient car  les enjeux politiques sous régionaux du moment et les conditions difficiles dans lesquelles cette transition essaie de se mettre en place sont difficiles.

 

Sans vouloir trouver une excuse  au Président de la Transition et au Premier Ministre, nous avons un devoir patriotique qui est celui de la patience. Le Président de la transition a certes émis les vœux de voir un gouvernement d’union nationale  formé dans un bref délai afin de permettre à ce dernier de réellement commencer à mettre en œuvres les recommandations de la CEEAC.  Cependant, les réalités des calendriers politiques régionaux dont nous sommes tributaires, selon les accords de Libreville et Ndjamena ainsi que la complexité  des consultations qui doivent respecter l’esprit de ces accords sont d’une telle nature qu’il est préférable que le Premier Ministre prenne le temps nécessaire de faire les choix qui s'imposent. En effet, la formation d’un gouvernement inclusif appelé à satisfaire les conditions nécessaires pour une action politique susceptible de mettre tous les acteurs Centrafricains en harmonie est le bon chemin pour une réussite effective de la Transition. N’oublions pas chers compatriotes que le retour de la sécurité et de  la paix en Centrafrique  sont les  deux éléments fondateurs du rétablissement des institutions. L’objectif principal que doit se fixer tout acteur politique, qu’il soit de la société civile ou de la classe politique reste probablement la réussite de la transition qui ouvrira la voix à un vrai renouveau socio politique en République Centrafricaine.

 

Dans ce sens, nous devons être indulgents dans cette phase difficile et donner le temps au premier Ministre de présenter un choix  judicieux au Président de la Transition pour la formation d’un vrai Gouvernement d’ Union Nationale  III sans faille.

 

La patience est une vertu que le peuple Centrafricain a toujours eu. Il se doit de continuer dans ce sens, même dans la situation critique qu’il traverse aujourd’hui. Car c’est par la patience que ce peuple viendra au bout de ses multiples difficultés sociétales.

 

 Paris le 10 Juin 2013

 

Jean-Pierre MARA

"LA PATIENCE EST UNE VERTU" par Jean-Pierre MARA
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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 22:27

 

 

 

 

Centrafricains, Centrafricaines, Chers Compatriotes,

 

Voilà maintenant plus de deux mois que les Séléka, après avoir conquis le pouvoir à Bangui, infligent une violence sans précédent à la population civile de notre pays la République Centrafricaine.

 

Aucune personne, aucun secteur n’est épargné par cette insécurité. Nos dirigeants assistent impuissants à ces scènes de pillages, de braquages, d'assassinats, de tortures, de viols ainsi et de barbaries sur la population civile.

 

Je le redis avec gravité : chaque jour, vient avec ses tragiques violations des droits humains sur les Fils et Filles de la République Centrafricaine. Cette situation poignante perpétrée au vu et au su de la communauté internationale  ne semble guère l’émouvoir car nos incessants appels au secours restent sans réponse adaptée.

 

C'est pourquoi je réitère cet appel, en qualité de Promoteur Culturel en République Centrafricaine et respectueux des valeurs universelles et des droits de l'homme.

 

Ce faisant, je nourris l’espoir qu’avec le secours que nous attendons toutes les instances internationales de décisions, un regard humaniste viendra incessamment pour amoindrir la souffrance des Centrafricains, otages sur leur propre sol.

 

 « Le droit à la vie et à la liberté » devrait rester, y compris pour les Centrafricains, une valeur inaliénable. Nous y croyons.

 

Chers compatriotes, ne capitulez pas sous l'oppression des Séléka : Le monde libre  et fraternel ne restera pas sourd longtemps à vos cris de détresse.

* Résistez pour nos droits et nos libertés.

 

* Résistez pour une République Centrafricaine libre et laïque

 

Chers parents, Frères et Sœurs Centrafricains, Jeunesse de Centrafrique, résistons pour défendre la démocratie et les libertés : seul, le peuple détient la souveraineté.

                                                                

                                                                                           Fait à Paris, le 12 Juin 2013                                                                                       

                                                                          

                                                                                          Coeur-Sacré MACKPAYEN

 

                                                                Opérateur Culturel en République Centrafricaine

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 21:58

 

 

Vient de paraître aux Presses Universitaires Francophones 

 

du chercheur et enseignant à l'Université de Bourgogne, Augustin Jérémie DOUI WAWAYE

 

L’introduction du respect des droits de l’homme dans les accords de partenariat entre l’Union Européenne et les groupes d’Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique

 

Toute société politique est portée à croire que son système de valeurs est le meilleur et souhaite qu’il soit adopté par les autres communautés régies par un système de croyances différentes. Alors, si le respect des droits de l’homme a connu un succès impressionnant en Europe, pourquoi cette réussite ne pourrait-elle  pas s’exporter sous d’autres cieux ? Telle est la raison principale conduisant l’insertion d’une telle obligation dans les conventions extérieures de l’Union européenne. Pourtant, les efforts déployés par l’Europe en vue de garantir le respect des droits de l’homme aujourd’hui visent à assurer la « juridicité » des droits énoncés dans les différents instruments juridiques. C’est dire que les droits proclamés dans l’Union européenne ont un caractère obligatoire et exigible permettant à des institutions spécialement édifiées à cet effet d’en constater la violation et d’en imposer le respect. Par ailleurs, le souci de voir se développer les droits de l’homme en Europe a tenu compte davantage du fait que l’exercice de ces droits exige certaines conditions de vie d’ordre social, en l’absence desquelles les droits énoncés se réduisent à des abstractions. Ce double souci de juridicité et de conditions concrètes de vie est donc indispensable au progrès de mise en œuvre des droits de l’homme en Europe. Alors, le respect des droits de l’homme est inévitablement lié à une certaine culture européenne  exportée, ensuite, dans les accords internationaux.

 

Au fait, les différents accords qui lient l’Union Européenne à un groupe de pays d’Afrique, des  Caraïbes et du Pacifique (ACP) sont généralement fondés sur l’échange commercial. Mais le respect des droits de l’homme en devient une conditionnalité. Or ces droits imposés in abstracto venant du monde occidental développé n’ont que peu de chance d’être respectés en raison des priorités des populations des pays ACP. Pourtant, l’exigence du respect des droits de l’homme visent à produire des effets bénéfiques sur les populations.

 

 

Augustin Jérémie DOUI WAWAYE

UE/ACP :  L’introduction du respect des droits de l’homme par Augustin Jérémie DOUI WAWAYE
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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 21:31

 

 

 
 
BANGUI, République Centrafricaine, 12 juin 2013/African Press Organization (APO)/ – Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Afrique centrale et Chef de l’UNOCA, M. Abou Moussa, et l’Envoyé spécial de l’Union Africaine pour la lutte contre le terrorisme et l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), M. Francisco Madeira, ont été reçus ce 07 juin par le Chef d’Etat de la Transition, M. Michel Djotodia. La rencontre a eu lieu en présence de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République centrafricaine et Chef du BINUCA, Mme Margaret Vogt. Les deux parties ont discuté de la problématique de la traque de Joseph Kony et des éléments de la LRA ainsi que des questions sécuritaires en Centrafrique.
 
Concernant les activités des forces conjointes, qui ont été suspendues après les évènements du 24 mars en République centrafricaine, l’Envoyé spécial de l’Union Africaine pour la lutte contre le terrorisme et l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) a indiqué que leur rencontre a permis d’éclairer la situation et de favoriser la reprise des activités de la force conjointe en République centrafricaine.
 
Répondant à la question sur l’incident qui avait eu lieu le 24 mai 2013 à Obo, chef-lieu de la Préfecture de Haut Mbomou, M. Francisco Madeira a déclaré : « Les militaires centrafricains sont les premiers responsables de la sécurité en Centrafrique. Les Nations Unies et l’Union Africaine sont là en appui et pour aider les Centrafricains à éliminer la LRA ».
 
La délégation a par ailleurs affirmé étudier les conditions pour une meilleure collaboration entre les forces conjointes et les Forces armées centrafricaines (FACA) dans la lutte contre l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).
 
La mission conjointe Nations Unies/Union africaine, qui s’inscrit dans le cadre de l’accompagnement du travail fait par le Gouvernement centrafricain depuis les Accords de paix signés à Libreville le 11 janvier 2013 et suite à la dernière rencontre des Chefs d’Etat-major de la sous-région, est arrivée à Bangui le 06 juin.
 
Durant les 48 heures de cette visite de travail, la délégation s’est entretenue avec les nouvelles autorités de la République centrafricaine sur les différents documents relatifs à la lutte contre la LRA et surtout sur les moyens logistiques nécessaires pour la mobilité des forces sur le terrain.
 
 
SOURCE : Bureau Intégré des Nations Unies en Centrafrique (BINUCA)
La force conjointe reprend la lutte contre la LRA en République centrafricaine
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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 17:04

 

 

 

Un kidnapping de grande envergure

 

Les rebelles ougandais de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) ont kidnappé au moins55 personnes lors d’un raid mené dans un endroit reculé de la République centrafricaine, indique Reuters.

 

Un gendarme local ainsi qu’un autre témoin oculaire ont assisté au kidnapping, qui s’est déroulé le samedi 1er septembre. Une attaque qui met en évidence les difficultés que rencontrent les forces spéciales ougandaises et américaines dans la lutte contre le criminel de guerre Joseph Kony.

 

« Les 55 personnes prises en otage ont été forcées de transporter de la nourriture et d’autres produits de base que les rebelles ont volés aux deux villages qu'ils ont attaqués », explique le gendarme Nicolas Bondi. La moitié des personnes capturées étaient des filles.

Des actions efficaces

 

Aucune déclaration n’a été faite de la part des forces spéciales ougandaises et américaines qui traquent les rebelles. Depuis 2005, l’armée de Joseph Kony a opéré en République démocratique du Congo, au Soudan et en République centrafriquaine.

 

Un évènement qui intervient un jour après que l’armée ougandaise a détruit une des bases clés du général de l’Armée de résistance du seigneur.


Milton Katarinyebwa, le colonel de l’armée ougandaise, a déclaré que ses troupes avaient capturé Dominic Ongwen, un des principaux généraux de la LRA. Ce dernier était recherché par la Cour pénale internationale.

 

Des combats violents

 

La semaine dernière, les soldats ougandais ont affronté les insurgés, alors sous le commandement de Dominic Ongwen. Les combats ont fait deux morts, indique l’Agence France Presse.Felix Kulayigye, porte-parole de l’armée ougandaise, a détaillé l’action des soldats : « Nous avons sauvé un enfant de six ans, mais ses parents sont encore dans la brousse. Nos équipes ont aussi secouru un jeune homme de 19 ans que nous avons récupéré en République démocratique du Congo

 

L’Armée de résistance du seigneur compte encore environ 250 soldats, et mène uneinsurrection contre le gouvernement ougandais depuis maintenant vingt-cinq ans. Elle est tristement célèbre pour avoir enlevé et utilisé de nombreux enfants, afin d’en fairedes soldats ou des esclaves sexuels.

 

Global Post / Adaptation Henri Lahera pour JOL Press

 

L'armée de Joseph Kony capture 55 personnes en Centrafrique
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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 17:00

 

 

 

 

NAIROBI, 9 juin 2013 (IRIN) - D’après les responsables, la terrible situation humanitaire et sécuritaire du pays est en partie due à un désintérêt international pour la crise en République centrafricaine (RCA). La crise touche l’ensemble de la population de 4,6 millions d’individus, et des dizaines de milliers de personnes ont besoin d’un hébergement d’urgence, de soins médicaux et de nourriture.

« La République centrafricaine continue de souffrir de l’indifférence internationale. La crise du pays est perçue comme une crise nationale avec quelques débordements régionaux, mais toutefois moins grave pour la paix et la sécurité internationales que la Somalie, le Sahel ou l’est de [la République démocratique] du Congo », a déclaré à IRIN Alex Vines, responsable du programme Afrique du groupe de réflexion Chatham House.

Pendant des décennies, la RCA a était marquée par un besoin d’aide humanitaire et une instabilité gouvernementale. Le gouvernement de l’ancien président François Bozizé avait pris le pouvoir après un coup d’État en mars 2003. Dix ans plus tard, le 24 mars 2013, M. Bozizé a été renversé à son tour par un coup d’État mené par les rebelles de la Séléka.

Cette dernière crise a causé le déplacement interne de 206 000 personnes. Elle a aussi forcé des milliers de personnes à se réfugier au Cameroun, au Tchad et en République démocratique du Congo (RDC).

Selon M. Vines, « toute la difficulté consiste à réunir les conditions pour la tenue d’élections crédibles, alors que les institutions solides font défaut et que les donateurs internationaux [sont] pour la plupart indifférents, car ils sont pris par de plus grandes priorités ailleurs ».

Le financement de l’aide humanitaire en RCA, par exemple, reste faible malgré les besoins croissants du pays. L’appel humanitaire de 139 millions n’est financé qu’à hauteur de 31 pour cent, selon une déclaration du 4 juin émise par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

La menace de la Séléka

L’insécurité reste dramatique.

« Les forces de la Séléka se sont révélées indisciplinées et destructrices, et constituent la principale source d’instabilité », a affirmé M. Vines.

Dans un rapport du 10 mai, Human Rights Watch (HRW) a révélé les exactions commises par les forces de la Séléka de décembre 2012 à avril 2013.

 

« La République centrafricaine continue de souffrir de l’indifférence internationale. La crise du pays est perçue comme une crise nationale avec quelques débordements régionaux, mais toutefois moins grave pour la paix et la sécurité internationales que la Somalie, le Sahel ou l’est de [la République démocratique] du Congo »

Lorsque la Séléka a pris le contrôle de Bangui, les rebelles se sont déchainés, pillant, tuant des civils, violant des femmes et réglant leurs comptes avec les membres des Forces armées centrafricaines (FACA)… De nombreuses tueries ont eu lieu dans des zones urbaines en plein jour », précise le rapport.

« D’après Human Rights Watch, les déclarations de témoins tentent à prouver que les rebelles ont obéi, au niveau local, à leurs commandants directs. Comme l’a déclaré à Human Rights Watch un témoin du meurtre de civils non armés en fuite, « le [commandant en poste] a donné l’ordre, puis ils ont tiré ».

Le directeur de la division Afrique de HRW, Daniel Bekele, a appelé le gouvernement de la Séléka à « contrôler les rebelles qui l’ont mise au pouvoir, à éviter les exactions et à punir ceux qui les commettent ».

Une analyse réalisée en juin par Assessment Capacities Project (ACAPS, un regroupement de trois organisations non gouvernementales) a révélé que de récents rapports suggèrent « que des membres de la Séléka occupent de force des résidences, notamment celles appartenant à des gens considérés comme proches du gouvernement de M. Bozizé ».

« De plus en plus de signes montrent que le peuple se mobilise contre les crimes et les violations des droits de l’homme perpétrés par les membres de la Séléka, et les tensions montent entre la Séléka et la population.

« Les fractures se sont aggravées au sein de la coalition, empêchant le commandement de la Séléka de contrôler ses propres troupes. Une tentative de coup d’État a été signalée le 14 mai à mesure que les tensions se font plus vives entre deux des principaux groupes qui se disputent le contrôle ».

Les conditions pour assurer la sécurité

En avril, le Conseil de sécurité des Nations Unies a exprimé son inquiétudequant à la dégradation de la situation et a souligné que « les responsables de tels actes et d’atteintes au droit international humanitaire et au droit international des droits de l’homme, notamment les violences à l’encontre des civils, les tortures, les exécutions sommaires, les violences sexuelles et sexistes, le recrutement et l’exploitation d’enfants dans le conflit armé » devaient répondre de leurs actes.

Le déploiement supplémentaire de troupes de maintien de la paix en RCA fait partie des mesures qui permettront, comme l’espèrent les responsables, d’améliorer la sécurité.

Mi-mai, Margaret Vogt, la représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la RCA, a réclamé le déploiement de forces supplémentaires pour « maîtriser l’état actuel de chaos » et pour forcer les rebelles à respecter l’accord de Libreville, un accord de paix qui demande le cantonnement, la démobilisation et la sélection des rebelles pour leur réintégration dans une armée réformée.

Selon Thibaud Lesueur, analyste pour la RCA auprès de International Crisis Group (ICG), la Force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC) est en train d’être renforcée, « mais si l’envoi de troupes supplémentaires aide à protéger Bangui, le reste du pays restera toutefois incontrôlable ».

« Le retour à un niveau de sécurité minimal dans le pays implique trois étapes : garantir la sécurité à Bangui, lancer le DDR [désarmement, démobilisation et réintégration] et reformer le secteur de la sécurité », a expliqué M. Lesueur dans un courriel adressé à IRIN.


« La première étape implique une décompression de la sécurité dans la capitale ; une première opération visant à repousser certaines troupes de la Séléka à l’extérieur de Bangui a été lancée mi-mai. Deux cents ex-rebelles ont été escortés jusqu’à Bria, mais cela reste insuffisant. Dans un deuxième temps, un véritable processus de démobilisation, de désarmement et de réintégration des anciens soldats doit être engagé, et des offres de réinsertion civile attrayantes doivent être proposées.

« Et enfin, seul [un] nombre limité de combattants de la Séléka doit être réintégré [dans] l’armée. En effet, une réintégration massive des membres de la Séléka dans [l’]armée nationale serait certainement néfaste pour la stabilité de la RCA à long terme ».

Les inquiétudes d’ordre humanitaire

Le 4 juin, le Fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unies (CERF) a alloué 7,1 millions de dollars pour venir en aide à plus d’un million de personnes en RCA, dont 595 000 enfants âgés de moins de cinq ans.

« Nous fournirons une aide alimentaire et médicale, un accès à l’eau potable et à l’assainissement, un soutien psychologique aux victimes de violences sexistes, une aide à la gestion des déchets et des soins de santé reproductive », a déclaré la coordonnatrice humanitaire de l’action humanitaire en RCA, Kaarina Immonen, dans un communiqué de presse.

Du 22 au 24 mai, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et ses partenaires ont vacciné 122 869 enfants de moins de cinq ans dans huit quartiers de Bangui à la suite d’une épidémie de rougeole. Près de 56 enfants âgés de 12 à 17 ans ont également été libérés des groupes armés, d’après unrapport de situation publié par OCHA.

Selon Abdoulaye Sawadogo, directeur adjoint du bureau d’OCHA à Bangui, les principales inquiétudes sécuritaires concernent les droits de l’homme, les violences sexistes et la démobilisation des enfants enrôlés dans les groupes armés. L’insécurité alimentaire est également un problème à cause des hausses de prix et de l’épuisement des ressources alimentaires. Il y a une pénurie de semences et d’équipements.

Le manque de médicaments et de fournitures médicales dans la plupart des centres de santé à l’extérieur de Bangui est tout aussi problématique, car la population n’a qu’un accès limité, voire inexistant, aux centres de soins.

L’accès humanitaire est toujours inégal. « L’accès reste difficile dans certaines régions du pays, principalement pour des raisons de sécurité, ce qui empêche les organisations humanitaires [de] reprendre leurs opérations », a déclaré M. Sawadogo, ajoutant que les négociations d’accès avec les autorités de la Séléka sur place sont assurées par OCHA et le Département de la sureté et de la sécurité des Nations Unies.

Certaines organisations ont repris leurs opérations sur le terrain et déploient leurs équipes sur place lorsque les conditions de sécurité le permettent, a-t-il dit.

Selon M. Vines de Chatham House, la sécurité est un élément essentiel pour résoudre la situation humanitaire « vraiment alarmante » en RCA « mais, quant à savoir si la FOMAC est capable d’assurer la sécurité, cela reste à démontrer ».

 

Source : http://www.irinnews.org/fr/report/98197/la-crise-en-rca-reste-dramatique-et-ignor%C3%A9e

 

 

La crise en RCA reste dramatique… et ignorée
La crise en RCA reste dramatique… et ignorée
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Centrafrique-Presse.com
12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 15:57

 

 

 

Rapport Afrique N°20311 juin 2013

 

SYNTHESE ET RECOMMANDATIONS

 

La prise de pouvoir par la coalition rebelle de la Seleka en mars 2013 a mis un terme au régime de François Bozizé et a plongé le pays dans une nouvelle crise à la fois sécuritaire, politique et humanitaire. Face à ce changement de pouvoir inconstitutionnel, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et d’autres partenaires de la Centrafrique ont opté pour le compromis habituel : une reconnaissance de fait du nouveau pouvoir dans le cadre d’une transition sous contrôle international. Cependant, l’absence d’Etat, le changement de paradigme politique, la fragilité de la Seleka et le ressentiment religieux rendent cette transition incertaine. Afin d’éviter que la Centrafrique ne devienne un territoire ingouvernable au cœur de l’Afrique, le nouveau gouvernement d’union nationale doit très rapidement prendre des mesures d’urgence sécuritaires, humanitaires, politiques et budgétaires qui permettront le retour de la sécurité et la relance de l’économie. Actuellement attentistes, les partenaires internationaux doivent s’engager davantage aux plans politique et financier pour encadrer et financer la nouvelle transition.

 

L’offensive fulgurante de la Seleka menée en décembre 2012 a conduit le groupe rebelle aux portes de la capitale, mais l’intervention de l’armée tchadienne et de la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (Micopax) envoyée par la CEEAC, les a forcés à marquer un temps d’arrêt et à négocier avec le pouvoir en place. Signé le 11 janvier 2013 et imposé par la CEEAC, l’accord de Libreville sur la résolution de la crise en République centrafricaine (RCA) devait permettre d’éviter une nouvelle prise de pouvoir par la force et d’ouvrir une période de pouvoir partagé de trois ans. L’obstination du régime de Bozizé qui a privilégié l’épreuve de force permanente à une transition politique concertée et apaisée, le désengagement progressif de la CEEAC qui n’a pas assuré le suivi de l’accord de Libreville et un rapport de forces favorable à la Seleka ont fourni tous les ingrédients pour l’échec de la première transition. Finalement, lors d’une offensive éclair qui a coûté la vie à plusieurs soldats sud-africains, la Seleka s’est emparée de Bangui le 24 mars.

 

Les défis à relever pour les nouvelles autorités, dont l’unité est loin d’être acquise, sont évidents et considérables. La sécurisation du pays, l’organisation des élections, la restauration de l’administration ou encore les réformes judiciaires, économiques et sociales faisaient déjà partie de la feuille de route définie à Libreville. Ces impératifs sont toujours d’actualité alors que la population aborde la saison des pluies dans un état de dénuement complet, et que la situation humanitaire, déjà critique, s’est encore détériorée, comme en témoigne le nombre important de déplacés internes qui oscille entre 150 000 et 180 000 personnes. Les dissensions au sein de l’ancienne coalition rebelle, la prolifération des armes à Bangui, la dégradation du climat social pourraient compromettre le bon déroulement de la transition. Face à l’avalanche de problèmes, le nouveau gouvernement va devoir définir des priorités en matière sécuritaire, humanitaire, budgétaire et politique.

 

Pour réussir à stabiliser et pacifier le pays, là où les gouvernements précédents ont constamment échoué, il doit réinventer un nouveau programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) et repenser la réforme du secteur de la sécurité (RSS) car la sécurité est la clé de voûte de la nouvelle transition et le besoin d’approches innovantes adaptées aux réalités centrafricaines n’a jamais été aussi fort.

 

Le gouvernement centrafricain ne parviendra pas à surmonter ces défis sans une double aide. Celle financière et technique des donateurs qui doivent accompagner cette nouvelle transition en fournissant un appui budgétaire d’urgence et en mettant leurs compétences à disposition avec le déploiement de trois missions (DDR, RSS et gestion des fonds de reconstruction). Celle politique et militaire de la CEEAC qui, avec l’appui des Nations unies et de la France, doit assurer, dans le cadre du comité de suivi de l’accord de Libreville, un suivi scrupuleux des engagements pris à N’Djamena en avril 2013 et être l’arbitre d’une transition qui s’annonce difficile.

 

Un échec de la nouvelle transition rendra la RCA impossible à gouverner et donnera naissance à une zone grise au cœur du continent. Plusieurs groupes armés étrangers sont déjà installés en République centrafricaine. Les combattants de l’Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army, LRA) sont présents au Sud-Est du pays depuis 2008 et la région de la Vakaga est traversée par de nombreux trafiquants et braconniers originaires des pays voisins, dont le Soudan. Si l’Etat centrafricain s’effondre, de nouveaux réseaux criminels pourraient s’implanter dans le pays et déstabiliser la région.

Dans la mesure où ni les voisins ni les autres partenaires n’ont intérêt à ce que cela se produise, ils doivent aller au-delà des réponses à minima et des engagements en demi-teinte qui caractérisent trop souvent l’encadrement international des transitions politiques.

 

RECOMMANDATIONS

 

Pour répondre aux urgences sécuritaires

 

A la Micopax et à la France :

 

1. Intensifier leurs patrouilles à Bangui.

 

Au gouvernement centrafricain, aux Nations unies, à l’Union européenne, à la Micopax et à la France :

 

2. Créer une mission chargée du DDR, formée par des membres de la Micopax et des experts des Nations unies appuyés par la France, financée par l’Union européenne et placée sous l’autorité du Premier ministre, qui concevra un DDR de seconde génération privilégiant la réinsertion économique et communautaire des démobilisés et qui fera rapport au comité de suivi de la transition.

 

3. Lier étroitement la composante réinsertion du DDR à la création de pôles de développement dans le Nord-Est du pays, qui devraient générer de l’emploi pour les futurs démobilisés.

 

4. Créer une mission RSS, composée d’experts internationaux, du chef d’état-major, des ministres de la Sécurité, de la Justice et de la Défense, ainsi que des représentants de la société civile, placée sous l’autorité du Premier ministre et qui fera rapport au comité de suivi de la transition. Cette mission définira et mettra en œuvre une RSS de seconde génération qui impliquera notamment une intégration des rebelles dans l’armée nationale en fonction de quotas préalablement fixés et de normes de recrutement clairement définies (compétence, niveau d’éducation et expérience antérieure au sein des forces de sécurité).

 

Pour répondre aux urgences humanitaires

 

Aux organisations non gouvernementales et aux Nations unies :

 

5. Formuler une demande collective auprès des dirigeants de la Seleka afin qu’ils dépêchent des hommes de confiance dans les régions identifiées comme des zones à risques.

6. Créer un poste de coordinateur de la sécurité pour toutes les ONG et procéder à des évaluations précises sur les risques sécuritaires par zone.

 

Pour garantir la protection des droits de l’homme

 

Au gouvernement centrafricain :

 

7. Garantir l’indépendance de la nouvelle Commission mixte d’enquête en lui donnant les moyens d’agir et de se déployer sur le terrain afin de mener des investigations et en intégrant en son sein davantage de personnalités expérimentées en matière de défense des droits de l’homme.

 

Au gouvernement centrafricain et à l’Union européenne :

 

8. Soutenir le travail de documentation de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme sur l’ensemble du territoire, notamment grâce à l’attribution de financements de l’Union européenne dédiés aux droits de l’homme.

 

A l’Union européenne :

 

9. Lancer une procédure de consultation des autorités nationales, conformément à l’article 96 de l’Accord de Cotonou, et continuer, en attendant que ce processus arrive à son terme, à soutenir financièrement la RCA mais en assurant une exécution financière des ressources du Fonds européen de développement (FED) de manière centralisée.

 

A la Cour pénale internationale :

 

10. Diligenter une mission en RCA afin de vérifier les conditions de sécurité des témoins du procès de Jean-Pierre Bemba et d’envoyer un message fort et dissuasif à l’encontre des auteurs d’exactions.

 

Pour répondre aux urgences économiques

 

A la Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique centrale, à la Banque africaine de développement, à la Banque mondiale, au Fonds monétaire international et à l’Union européenne :

 

11. Se concerter pour attribuer une aide budgétaire d’urgence afin de permettre au gouvernement de payer les fonctionnaires, de réactiver les services sociaux de base et de faire face aux défis liés à la crise.

 

Au gouvernement centrafricain et aux bailleurs de fonds :

 

12. Créer, sous l’autorité du Premier ministre, une mission de gestion des fonds liés à la reconstruction, à l’organisation des élections et aux principaux chantiers de la transition, qui sera composée de membres de l’administration centrafricaine et d’experts internationaux ; aura pour but de gérer le fonds spécial de solidarité annoncé à la conférence de Brazzaville ; effectuera l’identification des besoins, l’allocation des subsides et la vérification des réalisations ; et fera rapport au comité de suivi.

 

Au gouvernement centrafricain et à la Banque africaine de développement :

 

13. Faire évaluer par la Banque africaine de développement les contrats miniers et pétroliers signés par le précédent régime afin de déterminer si ces contrats sont conformes aux normes en vigueur dans le secteur.

 

14. Remettre en place les contrôles administratifs nécessaires pour garantir l’intégrité de la chaine commerciale des diamants et organiser une mission de vérification du Processus de Kimberley dans toutes les zones de production du pays.

 

Au Processus de Kimberley :

 

15. Enquêter sur les réseaux de contrebande du diamant.

Pour répondre aux urgences politiques

 

Au gouvernement centrafricain :

 

16. Préparer les prochaines élections en installant l’Autorité nationale des élections après avoir désigné ses membres.

 

Aux Nations unies:

 

17. Envoyer une mission exploratoire pour proposer un plan d’action, un budget et un chronogramme réalistes.

 

Au comité de suivi de la transition :

 

18. Organiser une réunion tous les mois afin d’évaluer le respect des accords, l’état d’avancée des chantiers de la transition et discuter des ajustements à apporter dans la mise en œuvre de ces chantiers ; identifier, si nécessaire, les responsables de blocages, rendre publics les manquements des acteurs concernés et les sanctionner (enquêtes internationales, sanctions internationales ciblées, exclusion du processus politique en accord avec le Premier ministre, etc.).

 

A l’Union africaine, la CEEAC, les Nations unies et l’Union européenne :

 

19. Organiser un retour d’expérience sur la réponse apportée à la crise centrafricaine afin d’identifier et de proposer des pistes de solutions aux problèmes politiques et militaires qui se sont manifestés lors de cette gestion de crise et améliorer l’architecture de paix et de sécurité régionale.

 

 

Nairobi/Bruxelles, 11 juin 2013

 

 

http://www.crisisgroup.org/fr/regions/afrique/afrique-centrale/republique-centrafricaine/203-central-african-republic-priorities-of-the-transition.aspx

République centrafricaine : les urgences de la transition
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