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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 13:42

 

 

DROIT DE REPONSE AU DIRECTEUR DE PUBLICATION DE CENTRAFRIQUE-PRESSE

 

A la suite du tract intitulé  « Coup de gueule d’un indigné centrafricain des médias » et sous-titré « Les honteuses et ridicules manœuvres de M. MAKA GBOSSOKOTTO et des journalistes pro-Bozizé pour envahir le Conseil National de Transition (CNT) » publié le 02 mai 2013 dans vos colonnes.

 

Le contenue de cet écrit signé par un certain « indigné du paysage médiatique centrafricain » est manifestement contraire à la vérité. Bien plus, l’auteur de ce tract qui s’invente un pseudonyme s’est permis de dire des choses qui portent gravement atteinte à la réputation des personnalités élues par leurs pairs pour représenter les médias tant publics que privés au sein du Conseil National de Transition (CNT).

 

JE REVIENS SUR LE PARAGRAPHE  ME CONCERNANT :  

 

« Jules YANGANDA, ancien rédacteur au journal L’Hirondelle, exclu pour incompétence et très mauvaise moralité. Entré par effraction au secrétariat général de la Fédération nationale de la Croix-Rouge centrafricaine où il avait occupé le poste de Chargé de Communication, son passé l’a vite rattrapé : il a été limogé après quelques mois seulement pour «incompétence notoire et moralité exécrable», selon les termes du secrétaire général de l’institution, l’ancien ministre Yomba-Eyamo, puis remplacé par une femme. Il avait sorti un éphémère canard, L’Etoile, en 2010, qui a très vite disparu comme l’étoile filante. Grand escroc et séducteur, il a réussi à se faire passer pour un expert en communication alors qu’il ne l’est pas (des doutes subsistent même sur son baccalauréat qui a tout l’air d’être son meilleur diplôme) et a pu décrocher, grâce à des relations louches, le poste de Chargé de communication à la SODECA, la société nationale de distribution d’eau. Il n’est donc pas de la presse privée et on comprend la colère  des vrais journalistes du privé contre MAKA GBOSSOKOTTO et sa bande de bozizistes. Il est l’un des indics de son frère aîné de préfecture, l’ancien ministre d’Etat Parfait-Anicet Mbay ».

 

Ces accusations et qualificatifs rappellent de ma part des observations ci-après :

 

1- Ancien rédacteur au journal L’Hirondelle, exclu pour incompétence et très mauvaise moralité

 

J’ai occupé le poste de rédacteur en chef (le plus jeune des rédacteurs en chef des grands quotidiens de l’époque) de L’Hirondelle entre 2003 et 2008. J’ai volontairement démissionné de ce poste en août 2008 pour celui de ‘’Chef de Département Communication, Documentation et Reporting’’ de la Croix-Rouge Centrafricaine (CRCA). Je n’ai pas été « exclu pour incompétence et très mauvaise moralité » par le Directeur de Publication de L’Hirondelle, Jude ZOSSE, avec qui j’entretiens toujours de très bonnes relations et qui a beaucoup d’admiration pour ma personne. Mes anciens collaborateurs, que sont tous mes aînés, Sylvestre KROCK (l’actuel Rédacteur en Chef de L’Hirondelle), Raphaël KAKPEGNEN (Philosophe et l’actuel Chef de Département des Sciences de l’Education de l’Université de Bangui), Patrick MAMADOU (Journaliste à l’ACAP) etc. peuvent en témoigner. A moins que cet « indigné centrafricain des médias » me définisse ce qu’il entend par « incompétence » et « mauvaise moralité » et produise les preuves de ces allégations.

 

Pour votre information, je suis présentement président du Collectif des enseignants intégrables du supérieur. J’ai mené, avec mes collègues, la lutte qui ayant abouti au paiement des frais des vacations aux ayants droit que sont les ‘’vacataires purs et durs’’. Le Collectif, sous ma houlette, est aujourd’hui en pleine négociation avec les nouvelles autorités du pays pour l’intégration, dans la Fonction publique, de ces enseignants supérieurs dont la plupart éprouvent de sérieuses difficultés financières. Un homme « escroc » et « incompétent » peut-il dirigé une telle organisation (Collectif)  composée des Docteurs, des grands intellectuels, qui lui font confiance et le respectent ?

 

2- Entré par effraction au Secrétariat général de la Fédération nationale de la Croix-Rouge centrafricaine

 

Je fus recruté, le 18 août 2008, par la Croix-Rouge Centrafricaine parmi huit (08) candidats. Le test a été organisé en présence de Dr GBAGBA, du Secrétaire Général de la CRCA, Albert YOMBA-EYAMO, etc. Je faisais partie des diplômés qui ont quitté la CRCA pour des problèmes internes. Pour mémoire, mon prédécesseur, Kevin PANINGNA, n’a fait que 5 mois à la CRCA ; mon successeur, Gabriel MAKAYA  (et non une femme) a quitté la Croix-Rouge Centrafricaine deux mois seulement après son recrutement, etc. Et pourquoi ce complément : « remplacé par une femme » ? Le quotient intellectuel de la femme est-il inférieur à celui de l’homme ? Quelle erreur scientifique ? Dans quel document cet « indigné du paysage médiatique centrafricain » a-t-il tiré ces termes «incompétence notoire et moralité exécrable» qu’il prête volontiers au Secrétaire Général de la CRCA ?

 

3- Grand escroc et séducteur, il a réussi à se faire passer pour un expert en communication alors qu’il ne l’est pas

 

Cet « indigné centrafricain des médias » a-t-il une seule preuve de cette escroquerie ?

 

Pour votre gouverne, je suis enseignant chercheur au Département des Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) où je dispense des cours de journalisme et de la sociologie politique. Je fus consultant auprès de l’Institut Panos Paris et correspondant des grandes Agences de presse internationales dont Syfia International (2003 - 2007). J’ai publié de nombreux articles dont la plupart ont été repris par Centrafrique-presse et plusieurs médias internationaux. J’ai réalisé de nombreuses consultations auprès des Agences des Nations dans le cadre de la communication et de la recherche appliquée au développement.

 

4. Des doutes subsistent même sur son baccalauréat qui a tout l’air d’être son meilleur diplôme

 

J’ai décroché mon Baccalauréat au lycée de Bimbo en 1995 (deuxième de ma promotion et à l’époque Secrétaire Général de l’Association des Elèves du Lycée de Bimbo ‘’ASELBI’’). J’ai eu ma maîtrise en sociologie à l’Université de Bangui en 2001 et mon DEA en sociologie politique à l’Université de Yaoundé I en 2007.  Le Master II en communication en 2011.  Je suis, présentement, en master I à l’Institut Supérieur de Recherche Appliquée en Evangélisation et de Leadership (ISRAEL) à Bangui.

 

Tous mes collègues et connaissances qui sont dans l’Administration publique, à l’Université de Bangui, dans les organismes internationaux, etc. trouveraient de ridicule le contenu de ce tract signé par cet « indigné du paysage médiatique centrafricain ».

 

5. (…) décrocher, grâce à des relations louches, le poste de Chargé de communication à la SODECA

 

Comme à l’accoutumée, je fus recruté pour le compte de la SODECA à l’issue d’un test et non « grâce à des relations louches ». Le test a été organisé par une Institution très respectée du pays et selon les critères objectifs. Pour preuve, les autres candidats n’ont pas contesté mon choix.

 

6- Il est l’un des indics de son frère aîné de préfecture, l’ancien ministre d’Etat Parfait-Anicet Mbay

 

L’« indigné centrafricain des médias » verse, une fois de plus, dans la calomnie. Je n’ai jamais exercé comme agent de renseignement, un métier qui ne reflète pas ma posture intellectuelle. Pour ce qui est de l’amalgame entre mon appartenance ethnique et celle de l’ancien ministre d’Etat Parfait-Anicet Mbay, je suis persuadé qu’il provient de mon nom, YANGANDA.  Tel un commun de mortel centrafricain, l’« indigné centrafricain des médias » prend pour YAKOMA tous les noms qui ont pour l’initial ‘’YA’’; YANGANDA serait YAKOMA donc proche de MBAY ! Ignorance ! Je suis Banda de Grimari. Je ne me suis jamais familiarisé avec cet ancien Ministre d’Etat. Ce dernier serait bien surpris d’apprendre qu’il a un ‘’petit frère’’ et ‘’indic’’ du nom YANGANDA.

 

ANALYSE / CONSEILS

 

Après ce travail de déconstruction, que reste-t-il du contenu de ce tract ? Rien. Comme vous le constater M. le Directeur de Publication de Centrafrique-presse, cet écrit diffamatoire n’est qu’un tissu de mensonges. La particularité de cet « indigné centrafricain des médias », c’est de changer le blanc en noir, de prendre pour faux ce qui est juste ou vice versa.

 

Les erreurs de jugement contenues dans ce tract sont d’autant plus terribles et horribles qu’elles visent à travestir la réalité, à dégrader l’image de certaines personnalités, à susciter la haine tribale et des violences politiques. Je me demande : un homme sérieux peut-il se cacher derrière un pseudonyme pour s’exprimer de cette manière dans l’espace public ? Un homme des médias éclairé  peu-t-il marcher sur code de déontologie de la profession pour s’attaquer, sans vergogne, aux membres de sa corporation ?

 

En jouant sur la fibre ethnico-partisane et en qualifiant les autres des « indics » des barons de l’ancien régime, des « activistes des milices de COKORA », « des Bozézistes », etc. en cette période sensible que traverse notre pays, l’auteur de ce tract n’a qu’un seul objectif : pousser les nouvelles autorités de Bangui à disqualifier voire éliminer, physiquement, Maka Gbossokoto et les personnalités élues démocratiquement par leurs pairs.

 

La démarche de cet ‘’indigné centrafricain des médias’’ est très classique en politique. Elle participe de la ‘’politique du ventre’’ décrite par Jean-François Bayard (L’Etat en Afrique : la politique du ventre). Il s’agit de cette lutte machiavélique consistant essentiellement à user des tous les moyens, même les plus lugubres, pour bâtir sa réputation et asseoir son prestige et son autorité aux dépens des autres.  

 

La saisie de l’intelligibilité de ce tract passe également par la compréhension du phénomène des rumeurs en politique ; les rumeurs, ces pratiques officieuses qui se manifestent à travers la désinformation et qui s’opposent au bien dire et aux  conventions des bonnes mœurs.

 

Décidemment et comme le remarque le peuple ces derniers temps, le mal de notre pays trouve son origine dans le comportement de ces intellectuels centrafricains immoraux qui se laissent toujours dominer par leurs passions. Car lorsque les passions humaines ne s'arrêtent pas devant une puissance morale qu'elles respectent, c’est la loi du plus fort qui règne et « l’état de guerre est nécessairement chronique » (Emile Durkheim (1893). De la division du travail social).  

Pour conclure ce droit de réponse, je vous dis M. le Directeur de Publication, que  je ne me retrouve pas dans l’image que me colle cet « indigné centrafricain des médias ». Son tract  relève du domaine des histoires inventées. Centrafrique-presse qui bénéficie ces derniers temps d’une certaines notoriété au sein de l’opinion nationale, ferait mieux d’exploiter cette caution pour vendre l’image du pays et réconcilier les Centrafricains au lieu de publier des tracts qui risquent d’impacter sa réputation, chèrement acquise. 

 

De ces différentes démonstrations, vous pouvez constater avec moi que cet « indigné centrafricain des médias » ne connait pas Jules YANGANDA. Mieux, il n’a qu’une connaissance erronée de cette personnalité. Jules YANGANDA est issu d’une famille modeste. Il a réussi à construire sa trajectoire et sa personnalité sur la rigueur, le respect des autres, le travail et le sérieux.

 

Comme il s’agit peut-être pour l’auteur de ce tract de prêcher le faux pour savoir le vrai, voilà les vraies informations que je tiens à mettre à la disposition de l’opinion nationale que cet ‘’indigné’’ tente d’infantiliser.

 

Veuillez croire, M. le Directeur de Publication, en l’assurance de ma parfaite considération.

 

         Fait à Bangui, le 05 mai 2013

 

                                                                    Jules YANGANDA,

         Enseignant chercheur et expert en communication

         Doctorant en sociologie politique ;

         Doctorant en communication. Option : journalisme.

         Tel (00236) 75031479

         Email : yangandaj@yahoo.fr

 

 
 
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Centrafrique-Presse.com
4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 14:57

 

 

 

 

BANGUI (AFP) - Le parquet de Bangui a ouvert une enquête sur les violations des droits de l'Homme commises par le président déchu François Bozizé et ses proches durant son régime et après le coup d'Etat qui l'a renversé le 24 mars, a annoncé le ministre de la Justice Arsène Sendé à la radio nationale samedi.

 

"J'ai donné des instructions au procureur général près la Cour d'appel de Bangui, parce que des crimes et autres graves violations des droits humains ont été commis, et continuent de l'être, par l'ex-président François Bozizé, les éléments de sa garde rapprochée et certains de ses proches", a déclaré M. Sendé.

 

Le ministre a évoqué "des assassinats, des arrestations, séquestrations, détentions arbitraires et tortures, des destructions et incendies des maisons d'habitation, des enlèvements, exécutions sommaires et extra-judiciaires, l'incitation à la haine et au génocide, les crimes économiques, et des actes de nature à compromettre la paix civile".

 

Parmi les cas d'assassinats, le ministre a cité ceux de 119 personnes qui auraient été exécutées sommairement par la garde rapprochée de François Bozizé, menée par le capitaine Eugène Ngaïkoisset surnommé "le boucher de Paoua (ville du nord-ouest)".

 

Il a également évoqué la disparition en 2010 du colonel Charles Massi, ancien ministre et chef de la rébellion centrafricaine Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). Il a été "arrêté en début 2010 au Tchad et remis aux autorités centrafricaines, puis exécuté par la garde rapprochée du président Bozizé", a déclaré le ministre.

 

Selon lui, une dizaine de personnes, supposées appartenir à la coalition Séléka - rébellion qui a pris le pouvoir et renversé le président Bozizé - ou être proches de ses dirigeants, ont également été exécutées le 23 mars (la veille de la prise de Bangui) par un officier de la garde rapprochée de François Bozizé au cimetière de Ndrès, dans le nord-est de la capitale.

 

L'ancien président Bozizé, 66 ans, lui-même arrivé au pouvoir par les armes en 2003, avait été élu président en 2005 et réélu en 2011 au terme d'un scrutin très critiqué par l'opposition. Après l'entrée des rebelles dans Bangui fin mars, il s'est réfugié au Cameroun.

 

 

 

NDLR : Il est clair que depuis le 24 mars 2013 date de sa fuite précipitée du pouvoir et du pays, François Bozizé Yangouvonda est redevenu un citoyen centrafricain lambda susceptible d’être poursuivi devant les tribunaux centrafricains et internationaux pour tous les crimes qu’il a été amené à commettre avant, pendant et après l’exercice de son pouvoir dictatorial et sanguinaire au cours duquel il a tellement tenu le peuple centrafricain sous sa terreur qu’aucune famille de ses nombreuses victimes à l’intérieur du pays n’a osé porté plainte en justice contre lui et ses multiples bras armés qui ne faisaient qu’exécuter ses ordres. A présent qu’il n’est plus aux commandes, toutes ses victimes n’ont donc plus rien à craindre et doivent immédiatement saisir la justice pour que cesse l’insupportable et inqualifiable impunité dont il a joui jusqu’ici ainsi que ses complices et autres assassins bien connus, actuellement en cavale avec lui.

Centrafrique : Bozizé visé par une enquête pour violations des droits de l'Homme
Centrafrique : Bozizé visé par une enquête pour violations des droits de l'Homme
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Centrafrique-Presse.com
4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 14:55

 

 

 

 

http://www.bbc.co.uk   4 mai, 2013 - 04:59 GMT

 

 

Les Etats d'Afrique centrale ont plaidé pour la création d'un fonds spécial consacré au processus de transition en Centrafrique, où la situation s'est aggravée depuis l'arrivée au pouvoir des rebelles de la coalition Séléka.

 

Ce fonds devrait permettre le "financement de la préparation et le déroulement des opérations électorales" prévues après la période de transition de 18 mois.

 

L’appel pour la mise sur pied de ce fonds a été fait au cours de la réunion inaugurale du groupe international de contact sur la République centrafricaine qui s’est tenue à Brazzaville.

 

Elle a réuni le président sud-africain Jacob Zuma, Denis Sassou N'Guesso du Congo, et le Premier ministre de la République centrafricaine Nicolas Tiangaye, ainsi que des ministres des pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale.

 

Le Groupe de contact international s'est par ailleurs dit préoccupé par la dégradation continue de la situation politique et sécuritaire.

 

A ce propos, il a mis en garde les auteurs, commanditaires et complices des exactions et autres violations des droits de l’homme en Centrafrique.

 

A la clôture des travaux, le président Sassou Nguesso a déclaré qu’ils allaient ensemble mobiliser toutes les forces pour aider la RCA à sortir de l’impasse dans laquelle elle semble engluée.

RCA: "un fonds" pour mettre fin à la crise
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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 14:52

 

 

 

 

RFI  samedi 04 mai 2013 à 09:15

 

 

Les Etats d'Afrique centrale étaient encore au chevet de la Centrafrique, ce vendredi 3 mai. Au terme d'un sommet auquel a participé le président sud-africain Jacob Zuma, ils ont plaidé pour la création d'un fonds spécial pour permettre le « financement de la préparation et le déroulement des opérations électorales » prévues après la période de transition de 18 mois. L'arrivée de renforts pour la Fomac, la Force des Etats d'Afrique centrale, dont le quadruplement a été annoncé à Ndjamena le mois dernier, est prévue pour la fin mai.

 

Pour un tour de force, c’en est un. Les autorités de transition poussent d’ailleurs un ouf de soulagement : la feuille de route d’Etat et de la transition, qu’exigeait la communauté internationale et qu’a présentée Nicolas Tiangaye, a été validée.

 

Mieux, il y a eu plus que des promesses d’argent. Un fonds spécial a été mis en place, et, cerise sur le gâteau, il est déjà alimenté à hauteur de cinq milliards de francs CFA par Brazzaville, qui en devient ainsi le premier contributeur. Et d’autres pays ont immédiatement suivi : République démocratique du Congo, Tchad et Gabon.

 

« Cela n’a rien d’une conférence de donateurs », confie un diplomate, qui se réjouit que ce soient les pays de la sous-région qui les premiers, alimentent ce fonds. Mais le document intitulé « Appel de Brazzaville », invite également les autres pays africains ainsi que les partenaires internationaux, à apporter leur contribution généreuse.

 

Autre défi : la sécurité. Les 2 000 hommes promis pour appuyer la Fomac seront déployés avant la fin de ce mois à Bangui et resteront les dix-huit mois de la transition. Coût de l’opération : 47 milliards de francs CFA qui restent à trouver.

 

 

 

 

Centrafrique : sommet extraordinaire de la CEEAC

 

 

http://www.aps.dz 

 

 

BRAZZAVILLE (APS) vendredi 3 mai 2013 12 : 12 - Un sommet extraordinaire sur la crise en Centrafrique, tenu depuis jeudi à Brazzaville par les pays d’Afrique centrale, se poursuivait vendredi dans l’espoir de trouver des solutions pour le pays où le nouveau pouvoir peine à rétablir la sécurité.

 

Le président congolais Denis Sassou Nguesso - médiateur de la crise- préside cette première réunion régionale de suivi (de deux jours), qui se déroule dans l’enceinte du ministère des Affaires étrangères, selon la télévision congolaise.

 

Les ministres des Affaires étrangères du Tchad, du Gabon, du Rwanda et le ministre de l’Intérieur de la République démocratique du Congo avaient auparavant annoncé leur participation.

 

Réunis depuis jeudi, seul deux chefs d’Etat assistent aux discussions, M. Nguesso, et son homologue sud-africain Jacob Zuma, alors que les autres pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) ont dépêché des ministres pour cette réunion de suivi du sommet de N’Djamena du 18 avril dernier.

 

Aucun ordre du jour des réunions n’a été dévoilé. Cependant, lorsque le principe de la réunion de suivi avait été décidé le 18 avril - au cours d’un sommet des présidents d’Afrique centrale dans la capitale du Tchad - il était question, sans plus de précision, d’aider la transition.

 

Le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye explique ne pas être venu à Brazzaville pour faire des demandes spécifiques. Une mission de l’Union africaine et de la CEEAC, est à Bangui pour évaluer l’ensemble des besoins, mais pour mettre en oeuvre un plan commun conçu avec tous les partenaires étrangers.

 

Pour rétablir la sécurité, la priorité numéro 1, les autorités centrafricaines comptent sur un renforcement en urgence de la force d’Afrique centrale, la Fomac.

 

Le principe d’un passage des effectifs à 2 000 hommes a été acté à Ndjamena, mais reste à déterminer leur mandat, le poids de chaque contingent, le coût de cette nouvelle mission et trouver des financiers.

Centrafrique : la feuille de route de la transition validée par les pays de la sous-région
Centrafrique : la feuille de route de la transition validée par les pays de la sous-région
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Centrafrique-Presse.com
4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 14:43

 

 

 

 

 

Un adage de « nos cousins » Français avise quiconque du fait que celui qui « sème le vent récolte la tempête ».

 

Si d'une part un grand nombre d'hommes instruits de CENTRAFRIQUE ont contribué, comme beaucoup s'accordent à le dire, à la catastrophe que traverse le pays en ces moments douloureux, en étant corps et âme liés à des politiques désastreuses qui ont conduit le pays dans l'abîme, il convient de souligner d'autre part que la participation extérieure du chef de l’État du Tchad , a été d'un appui déterminant dans la réussite des coups d’État de mars 2003 et de mars 2013 dernier.

 

Cette promptitude à intervenir dans les changements de régime en CENTRAFRIQUE, qui semble être l'une des qualités premières du chef d’État tchadien, doit interpeller la clairvoyance de l'élite intellectuelle et politique du CENTRAFRIQUE.

 

En aidant BOZIZE à s'emparer du pouvoir à BANGUI, on a aujourd'hui les résultats de la politique que le Président du Tchad a soutenue à bouts de bras.

 

En apportant un soutien massif et stratégique aux rebelles à la politique de BOZIZE, on n'a pas attendu longtemps pour voir ces derniers passer à l'action, en faisant souffler sur le pays un ouragan de pillages, de viols et de massacres que les chefs de ces rebelles, aujourd'hui lavés de cette étiquette parce que le vent du pouvoir est passé dans leur camp, n'ont pas l'autorité nécessaire pour calmer les exactions de leurs poulains.

 

Aujourd'hui le chef de l’État du Tchad doit, avec l'aide de ses pairs de la sous région, faire des pieds et des mains pour tenter d'éteindre le feu qu'il a contribué à allumer. Ce n'est donc pas pour rien que de multiples réunions sont tenues de manière rapprochée çà et là à LIBREVILLE, NDJAMENA et BRAZZAVILLE, pour lancer des appels au secours du CENTRAFRIQUE, appels que la communauté internationale a beaucoup de mal à entendre, vu l'état des difficultés économiques que connaissent les pays occidentaux.

 

Ainsi, le CENTRAFRIQUE est devenu cette espèce de ballon crevé dans lequel les joueurs donnent des coups de pied, pour le faire rouler, pour ne pas dire le faire rebondir. L'expression peut prêter à sourire, mais le drame que vit le peuple centrafricain ces jours-ci, ne permet pas la plaisanterie. L'image du ballon crevé ne traduit que les difficultés très énormes dans lesquelles le pays est plongé.

 

Et vu la stratégie qui est en train de se mettre en place avec l'appui du pouvoir tchadien, on est en mesure de croire que le pire est à venir. La Congo-démocratisation du CENTRAFRIQUE est en marche, avec comme corollaires la non maîtrise de l'exploitation des ressources du pays par le pouvoir central, la main-mise des forces extérieures sur l'appareil d’État.

 

Ce n'est donc pas surprenant si l'on peut voir des « officiers » rebelles non centrafricains occupés des postes de responsabilité aussi bien dans l'armée que dans l'administration, des civils qui ne sont ni centrafricains, ni congolais, ni camerounais, ni gabonais chercher à rentrer en CENTRAFRIQUE pour se prétendre centrafricains et postuler à des postes de responsabilité, voir devenir un jour Président de ce pays. Des rumeurs, puisque nous considérons cela comme telles, courent, qui font état d'une concurrence farouche entre l'homme fort de BANGUI et un officier tchadien qui serait soutenu par le Président Tchadien pour savoir qui des deux doit ou devra gouverner le pays.

 

En tous cas, la question qui se pose est celle de savoir s'il n'y a plus de vrais centrafricains dans ce pays. Peut-on imaginer un instant qu'on largue un CENTRAFRICAIN au CAMEROUN pour en faire le chef de l’Etat ? Est-il admissible qu'on débarque un TCHADIEN au CONGO pour en faire le chef de l’État congolais ? Les TCHADIENS seraient-ils heureux qu'on leur parachute un CONGOLAIS comme Président de la République ? Et les GABONAIS ? Applaudiraient-ils comme un seul homme un CAMEROUNAIS qu'on imposerait à la tête du GABON ? La réponse est évidemment NON.

 

Nous sommes tous africains. Nous sommes tous d'Afrique Centrale. Nous sommes tous frères. Il y a des choses que nous pouvons accepter entre nous, et d'autres qui sont et qui seraient inadmissibles, exactement comme dans un couple, une famille.

 

De grâce, les hommes politiques ne doivent pas se livrer à ce jeu de massacres et de division. Les peuples africains ont tant souffert pour qu'encore ce soient les fils mêmes de cette Afrique qui arment leurs propres frères pour tuer et violer d'autres frères et d'autres sœurs. Que nous ont appris les images du Biafra ou de la Côte d'Ivoire? Qu'avons-nous tiré comme leçons de la Somalie, du Soudan et du Rwanda ? Que faire pour éviter que cela se reproduise ailleurs sur le continent ?

 

Le CENTRAFRIQUE est au bord du gouffre. Ceux qui ont participé et qui participent à son enlisement doivent prendre un instant leur tête entre leurs mains pour revenir à la raison.

 

Si le CENTRAFRIQUE s'effondre aujourd'hui, ce ne sera pas la fin d'un cycle.

 

Adolphe PAKOUA

CENTRAFRIQUE : CAIN TUA ABEL par Adolphe Pakoua
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Centrafrique-Presse.com
4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 01:19

 

 

 

 

BRAZZAVILLE Vendredi 3 mai 2013 | 15:45 UTC (© 2013 AFP) - Le président congolais Denis Sassou Nguesso a ouvert, vendredi à Brazzaville, un sommet régional consacré à la Centrafrique en réclamant un "soutien international vigoureux" pour le processus de transition à Bangui, six semaines après la prise du pouvoir par les rebelles.

 

"La tragédie actuelle (en Centrafrique, ndlr) n'est pas une fatalité. Aujourd'hui, les partenaires multilatéraux sont soucieux d'adopter un plan pour une transition inclusive. Ce processus ne peut aboutir sans un soutien international vigoureux", a déclaré le chef de l'Etat congolais, médiateur de la crise centrafricaine, à l'ouverture du sommet des pays d'Afrique centrale.

 

Le chef rebelle Michel Djotodia s'était autoproclamé président après la prise de Bangui, le 24 mars, par la coalition Séléka et la fuite du président François Bozizé. Puis, le 13 avril, il s'était fait élire chef de l'Etat, par acclamations, lors de la première session du Conseil national de transition formé par toutes les composantes politiques du pays, lui qui était l'unique candidat. Il a cependant promis de quitter le pouvoir à la fin d'une période de transition de 18 mois.

 

Depuis, le nouveau pouvoir peine à remettre en route un appareil de production détruit par les évènements, alors que Bangui reste en proie à l'insécurité et aux pillages, et les fonctionnaires ne perçoivent toujours aucun salaire.

 

Déjà, en avril, le président tchadien, Idriss Déby, avait appelé "les partenaires et pays amis" de la Centrafrique à apporter "leur contribution financière aux organes de la transition", en assurant qu'il n'avait "pas un sou dans sa caisse pour fonctionner".

 

Le Premier ministre du gouvernement de transition, Nicolas Tiangaye, participe à la réunion de Brazzaville qui se tient à huis clos. La plupart des pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) y ont dépêché des ministres.

 

Ce sommet vient "mettre en évidence la nécessité de conjuguer nos efforts pour trouver les voies et moyens de sortie de crise (...) Il y a urgence en RCA (Centrafrique) à mettre un terme à la violence, aux viols, à restaurer la paix et la sécurité, remettre l'économie sur les rails", a dit jeudi le commissaire pour la paix et la sécurité de l'Union Africaine (UA), Ramtane Lamamra, qui participe à la réunion, de même que le sous-secrétaire de l'ONU pour les questions politiques, Taye-Brook Zerihoun.

 

Faire cesser "les souffrances inutiles"

 

Le chef de l'Etat sud-africain Jacob Zuma, seul président étranger présent au sommet au côté de M. Sassou Nguesso, a invité les hauts responsables centrafricains à "tout mettre en oeuvre pour que cessent les souffrances inutiles que subissent les populations".

 

L'Afrique du Sud avait déployé, dans le cadre d'un accord de défense aux contours obscurs, des soldats en Centrafrique pour défendre le régime de François Bozizé. Quatorze militaires sud-africains avaient trouvé la mort dans des combats contre les rebelles.

 

Il devrait notamment être question de la situation sécuritaire et de l'accompagnement financier de la Centrafrique, l'un des pays plus pauvres de la planète malgré la richesse de son sous-sol (uranium, diamants, or, pétrole...) encore inexploitée.

 

Convaincre pays voisins et bailleurs de fonds occidentaux de redonner de l'argent à ce pays qui va de crise en crise, alors que la situation économique mondiale n'est pas favorable, "ne sera pas facile", soulignait récemment un diplomate.

 

La Centrafrique sollicite par ailleurs le déploiement de 2.000 soldats pour rétablir l'ordre, alors qu'à la mi-avril à Bangui, une vingtaine de personnes étaient mortes dans les violences. Les dirigeants d'Afrique centrale avaient promis, en avril, de quadrupler les effectifs de la Fomac (force multinationale de l'Afrique centrale) en Centrafrique mais le calendrier de déploiement n'a pas été fixé.

 

Par ailleurs, le président sud-africain a jugé "très préoccupante" la tentative de déstabilisation du pouvoir mercredi au Tchad, "juste de l'autre côté de la frontière". Au moins trois personnes ont été tuées à N'Djamena quand les forces de l'ordre sont intervenues pour déjouer un présumé "complot" contre le régime d'Idriss Déby.

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 01:00
Pour la paix en Centrafrique : Appel à manifester à Paris
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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 00:35

 

 

 

 

BANGUI, 03 mai 2013 (AFP) - Le dirigeant centrafricain Michel Djotodia a promis qu'aucun journaliste ne serait inquiété pour ses propos ou ses opinions durant son mandat, à l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, vendredi à Bangui.

 

"Sous notre mandat, il n'y aura pas de prisonniers d'opinion. Aucun journaliste dans l'exercice de ses fonctions ne sera mis sous les verrous, ni inquiété pour avoir exprimé tel ou tel propos, telle ou telle opinion", a-t-il assuré, lors d'une rencontre avec les journalistes dans le grand hôtel de Bangui où siège actuellement le nouveau pouvoir.

 

"C'est un engagement que nous prenons et que nous entendons faire respecter", a-t-il dit, en promettant que la démocratie en sortirait "renforcée". "L'Etat veillera à la sécurité des acteurs de la presse et créera les conditions d'un environnement sûr et favorable, qui permettront aux journalistes de faire leur travail de manière indépendante et en toute quiétude", a encore assuré M. Djotodia.

 

Lundi, les journalistes centrafricains avaient observé une journée "sans médias", visant à protester contre les pressions, menaces et pillages à l'encontre des médias depuis la prise du pouvoir par la rébellion Séléka le 24 mars à Bangui.

 

Le nouveau dirigeant a par ailleurs exhorté les médias d'Etat et privés "à soutenir les actions du gouvernement, à travers les émissions sur la paix, l'unité nationale, la réconciliation nationale, et la reprise des activités socio-économiques en vue de la reconstruction du pays". Il a également promis des aides à la presse privée dès que les conditions financières du pays se seraient améliorées.

 

"La presse est le quatrième pouvoir en Centrafrique. Ce n'est pas le Conseil national de transition (CNT, organe législatif) qui assoira le pouvoir de la presse. C'est l'organe de régulation (de la presse)", a-t-il ajouté. Un Haut conseil de la communication de transition aura, selon lui, "pour mission, de garantir la liberté d'expression, de veiller à l'accès aux médias publics des citoyens, des syndicats, des partis politiques, en tout temps et lors des campagnes électorales".

 

Le chef rebelle Michel Djotodia s'était autoproclamé président après la prise de Bangui, le 24 mars, par la coalition Séléka et la fuite du président François Bozizé. Puis, le 13 avril, il s'était fait élire chef de l'Etat, par acclamations, lors de la première session du Conseil national de transition formé par toutes les composantes politiques du pays. Il a cependant promis de quitter le pouvoir à la fin d'une période de transition de 18 mois.

Centrafrique : Djotodia promet qu'aucun journaliste ne sera inquiété
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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 21:30

 

 

 

MINISTERE DE LA JUSTICE                                 REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 CHARGE DE LA REFORME                                           Unité-Dignité-Travail

JUDICIAIRE                                                                           *******

             ********

CABINET

*******

N°________/MJRJ.13                                           

 

LE MINISTRE DE LA JUSTICE CHARGE     DE LA REFORME JUDICIAIRE, GARDE DES SCEAUX

                                                                      

                                    A

                                                          

 Monsieur le Procureur Général près la Cour d’Appel de  -Bangui-

 

 

 

Objet : Crime graves commis sous le règne de l’ex-Président BOZIZE François       

 

 

 

Des  crimes  et  autres graves violations des  droits humains  ont été commis et continuent de l’être  par  l’ex-président François BOZIZE,  les éléments de sa garde rapprochée et certains de ses proches.  

 

Ces  actes qui ont été perpétrés aussi bien à Bangui que dans les provinces, continuent de l'être et se traduisent par :

 

  • des assassinats ;
  • des arrestations, séquestrations, détentions arbitraires et tortures ;
  • des destructions et incendies des maisons d’habitation ;
  • des enlèvements, exécutions sommaires et extrajudiciaires ;
  • des incitations à la haine et au génocide ;
  • des crimes économiques ;
  • des actes de nature à compromettre la paix publique.

 

 

1.Des assassinats

 

Dès sa prise de pouvoir en Mars 2003, le régime de François BOZIZE a commencé par  s’illustrer par des assassinats ciblés qui sont restés impunis jusqu’à  son renversement  comme peuvent l’attester les cas ci-dessous :

 

  • Le Capitaine KOYANGAO a été abattu au PK 12 à Bangui en 2004 ;
  • Le Lieutenant ASSOMBELE a été assassiné dans son bar à Bangui en 2005;
  • Le Lieutenant MAMADOU NGAÏSSONA Alfred, assassiné en 2005;
  • Le Lieutenant MARZANE Apollinaire a été assassiné, et son corps jeté dans la rivière M’poko en 2006;
  •  
  • Le Sergent-chef  SANZE qui s'était réfugié au Bureau des Nations Unies en Centrafrique (BONUCA) suite à une rixe mortelle avec le Lieutenant YANGO KAPITA, a été livré à la gendarmerie. Il sera torturé, puis exécuté dans les locaux de la Section de Recherches et d'Investigation de la Gendarmerie, et BOZIZE lui-même déclarera plus tard sur les ondes  de la  radio nationale «ce n'est que justice », preuve qu’il a lui-même commandité cet assassinat;
  •  
  • Maître Ignace BANDASSA Avocat  a trouvé la mort suite aux bastonnades des éléments de la Sécurité Présidentielle le 12 Février 2006 à l’Aéroport Bangui-M’poko ;
  •  Les commissaires de Police Daniel SAMA et Hervé SETHE TREPASSE ont été assassinés en 2009 ;
  •  
  • Charles MASSI,   Colonel de l’armée et Ancien Ministre, en désaccord avec le Général François BOZIZE,  a été arrêté au Tchad en 2009 et remis aux autorités centrafricaines qui, sans autre forme de procès, l’ont exécuté ;
  •  
  • Le Lieutenant  HASSAN ALKAL, l’Adjudant KAMIS  et plus d’une dizaine de personnes ont été froidement abattus par le lieutenant DOKABONA au cimetière de N’DRES le 23 Mars 2013 ;

 

  1. Des arrestations, séquestrations,  détentions arbitraires et tortures

 

            Les cas d’arrestation, séquestration, détentions arbitraires et tortures étaient très fréquents :

 

  • Après l’incendie du magasin appartenant à son ami libanais El AKRAS BASSAM, le Général François BOZIZE s’est personnellement déplacé sur les lieux du sinistre avant de passer par le Parquet où il a ordonné le ''charcutage'' de Me Symphorien BALEMBY alors Bâtonnier en exercice de l'Ordre des Avocats, et de Monsieur NDENGOU Jean Daniel, alors Premier Vice Président du Conseil Economique et Social, dénoncés par le commerçant libanais en l’absence de toute enquête judiciaire. Ces derniers étant contraints à l’exil, leurs familles et leurs employés ont été pris en otage et emprisonnés pendant deux ans à la prison militaire de BOSSEMBELE, sur instructions du Général François BOZIZE avant d’être libérés par la Cour de Cassation ;
  •  
  • Une dizaine de douaniers et autres personnes étaient maintenus au Camp de Roux sur instruction de François BOZIZE pendant plusieurs mois en dépit d’une décision définitive de relaxe de la Chambre Correctionnelle de la Cour d’Appel. Ces personnes  n’ont recouvré la liberté qu’à la faveur du renversement du régime de BOZIZE ;
  •  
  • Le capitaine David NGAÏTOUA son pilote d’hélicoptère est devenu son prisonnier personnel depuis le 14 Mai 2012, sans aucune inculpation;
  •  
  • Sous le fallacieux  prétexte  d’atteinte à la sureté de l’Etat certains expatriés ont été arrêtés, dépouillés de leurs biens, avant d’être expulsés manu militari à l’exemple du français COHEN;
  •  
  • Les  douaniers  BESSARANGAÏ Gilbert, HOPO GRENGBO Elie, BANDATIA Alain  et autres ont été arrêtés  à Bouar et déportés à Bossembélé sans aucune procédure par le Commandant  Aimé Vincent BOZIZE alias Papy ;
  •  
  • Des prisons spéciales  ont vu le jour  au Camp militaire le Roux à Bangui et à la garnison militaire de Bossembélé, ville située à 155 kms de Bangui.  Ces deux  prisons n'ont aucune existence légale et judiciaire dans le sens où elles existent en dehors de tout contrôle judiciaire. Elles dépendent directement et uniquement de l'autorité de l’Ex-président  BOZIZE ;
  •  
  • C’est dans  cette prison de BOSSEMBELE  qu’avait été détenu Serge MAGNAN, ancien collaborateur de l’ex-ministre d’Etat aux finances Sylvain NDOUTINGAÏ. Ce dernier avait été enlevé  et séquestré  pendant plusieurs mois sans que ses proches aient des nouvelles de lui au point que son épouse Anita Fernande Nelly née Ndamo étudiante au Sénégal, soit morte de soucis en laissant orphelin un bébé de 5 mois ; 
  • D’autres compatriotes, Serge BIANGA, Crépin MOUSSA, Hassan OUSMAN, Abdel Kani DJIME, Brice Quentin GOUHOUTOU, et plus récemment Abdoulaye SENTENE, Nouhtou, Yaya Idriss, Amadou Tidjiane, Abdoulaye Hamat, Dido Hamat, Chaïbou Abraham, Théophile Malembo, Marcel Nzelou, Onun Egibe, Arthur Humé, Goni Mandja, Junior Ogrembé, Tano Max,  les proches et familles des membres de la coalition  SELEKA et des opposants  étaient également détenus dans cette sinistre prison destinée à recevoir les prisonniers personnels de BOZIZE et de sa famille. Prisonniers personnels, car kidnappés par les militaires à la solde du clan Bozizé, sans aucun motif connu de la justice centrafricaine, ni mandat d'arrêt ;
  •  
  • Aimé Vincent Bozize alias papy, Joseph François Bozize alias Jojo,  Rodrigue Bozize et le capitaine GBANGOUMA arrêtaient, torturaient et séquestraient impunément des dizaines d’innocents à Bangui et en provinces où ils régnaient en maîtres absolus;
  • Son fils Joseph François BOZIZE  avait procéder à l’érection du Centre National de Basket-ball en un lieu de détention où il incarcérait les personnes qui le contrariaient ;
  •  
  • Monsieur Joseph BENDOUNGA, Président d'un parti politique de l'opposition démocratique, le MDREC a été violemment passé à tabac sur ordre du Président de la République, après qu'il eut donné l'ordre à sa garde de l'expulser manu militari de la salle où se trouvaient également des diplomates. Il fut grièvement blessé à la tête ;
  • DEDE SOMBO a été enlevé et torturé au cimetière de N’DRES par Teddy BOZIZE.

 

 

  1. Des destructions et incendies des maisons d’habitation

 

ü  Depuis décembre 2005, les forces gouvernementales, en particulier la Garde Présidentielle, ont été pratiquement les seules responsables de l’incendie de plus de 10.000 habitations dans le nord-ouest de la RCA. Des centaines de villages ont été détruits à travers de vastes étendues du nord-ouest du pays. Les troupes arrivent dans les villages et tirent au hasard sur la population civile, forçant les habitants à fuir avant de réduire en cendres leurs maisons, les pillant parfois au préalable. En décembre 2005, les forces de la GP ont incendié de 500 à 900 maisons dans la région de MARKOUNDA. Dans la région de BATANGAFO-KABO-OUANDAGO-KAGA BANDORO,  il  a été  recensé  2923 habitations incendiées, dont plus de 1000 rien que dans la circonscription de  OUANDAGO. A certains endroits, toutes les maisons de chaque village avaient été incendiées, sans exception.

 

ü  De même, des destructions à grande échelle peuvent être constatées tout autour de la ville de PAOUA, sur  toute la route vers l’est menant à NANA BARYA soit des centaines de kilomètres de villages détruits par les forces de sécurité gouvernementales.

 

ü  Les forces gouvernementales ont commis des violations graves des droits humains, notamment  des incendies d’habitations, lorsqu’elles ont repris le contrôle de villes et de villages fin 2006, ce qui s’est répété en mars 2007.

 

  • Dans le conflit  de l’Eglise Protestante de Kina où le Général François BOZIZE a pris fait et cause pour son frère TOUANGAYE  en faisant arrêter par les éléments de sa Garde Présidentielle des diacres de cette Eglise et en ordonnant l’incendie de leurs maisons en guise de vengeance ;

 

  1. Des exécutions sommaires et extrajudiciaires

 

  • Des informations recueillies, il ressort que 119 exécutions sommaires imputables aux éléments de la garde présidentielle dans le nord-ouest et le nord-est dont 51 au moins commises depuis fin 2005 par une seule et même unité militaire, l’unité de la Garde Présidentielle basée à Bossangoa et commandée à l’époque par le lieutenant Eugène NGAIKOISSE alias « le boucher de Paoua », assisté du Lieutenant Eric Danboy, et du soldat  NGANAWARA, tireur d' armes lourdes qui s'est illustré par des meurtres de femmes et d'enfants abattus à la mitrailleuse sur l'axe Nan-Barya et Bémal en 2005 et 2006.  On estime  que les décès sur lesquels des informations ont été recueillies ne représentent qu’une infime partie des crimes imputables à cette unité ;
  •  
  • Certains militaires ont également perpétré des exécutions sommaires de civils assimilés aux insurgés courant Décembre 2012;
  •  
  • Des squelettes humains ont été découverts dans une fosse à la résidence privée de BOZIZE à Sassara, après sa fuite.

 

5.De l’incitation à la haine et au génocide

     

  • A l’instigation de l’ancien président François BOZIZE, les nommés YAKETE Levy et Stève YAMBETE ont mis en place deux organisations criminelles dénommées (COCORA et COAC) qui ont distribué des armes à la population civile, et ont incité celle-ci à agresser une communauté ciblée ; de même son fils Socrate BOZIZE a distribué des milliers de machettes, don de la Chine aux paysans centrafricains afin de commettre un génocide;  à cet effet, un communiqué de protestation contre l’usage de ces machettes a été publié par l’Ambassade de Chine à Bangui ;
  •  
  • Des appels au crime  courant Janvier 2013 contre certaines personnalités et communautés ciblées ont été lancés sur la voix de la radio nationale par certains griots  du régime (ZAMA Javon Papa, Aurélien Simplice  ZINGHAS, David GBANGA, FLAMINDJI, etc…)  et  lors des meetings organisés  et présidés par le Général François BOZIZE. Ces appels étaient relayés aussi bien par les associations COCORA et COAC déjà citées, que par d'autres associations suscités par l'ancien pouvoir comme le Mouvement Citoyen pour la Défense de la Patrie, en abrégé MCDP, avec Marcel MOKWAPI les anciens ministres Fidèle OGBAMI et Vincent SAKANGA.

 

6.Des crimes économiques

 

Le régime défunt se caractérisait par la prédation des deniers publics :

 

  • Les différents rapports de l’Inspection Générale d’Etat ont mis en évidence des cas de détournement de deniers publics imputables à des proches parents de l’ancien président BOZIZE François. Mais ces préventions sont restées impunies comme le prouve le cas de  la Mairie de la ville de Bangui.
  •  
  • François BOZIZE, ses maîtresses, ses fils et certains de ses proches se sont adjugés des marchés publics qu’ils n’ont pas  réalisés bien que les prix ont été perçus à l’instar du marché de réhabilitation du building administratif et celui de la construction du siège de l'Agence de Régulation des Télécommunications (ART) par Edouard NGAISSONA,  qui s'est  par ailleurs illustré par le  siphonage du Trésor Public par le biais des faux marchés d'Etat, de surcroit surfacturés. Le préjudice au détriment du Trésor Public qui peut s'estimer à plusieurs en milliards de francs CFA reste à évaluer.
  •  
  • La construction de l’immeuble abritant le Ministère  des Mines a été confié  par un marché de gré à gré par l’ancien Ministre des Mines Sylvain NDOUTINGAI à une entreprise dont ce dernier et son épouse étaient les actionnaires;
  • BOZIZE et ses proches dont Fidèle NGOUANDJIKA se targuent de détenir plusieurs milliards à titre de fortune personnelle sans en justifier l’origine ;
  •  
  • La boulimie du défunt régime s’est également traduite par une opacité dans la passation des contrats miniers et pétroliers, et dans l'octroi des licences d'importation des produits de première nécessité. La même pratique  a fait rage dans le secteur des télécommunications, notamment dans le cadre de l'octroi et de la gestion des licences de téléphonie mobile, et du système de contrôle des appels internationaux dit Gateway.
  •  
  • Des détournements importants dument documentés par des rapports tant des services nationaux de contrôle que par la coopération internationale, ont été opérés dans les régies financières (Trésor Public, Douanes, Impôts, Budget)  et les sociétés du secteur parapublic (Socatel, ART, ENERCA, SODECA, SOCAPS, ARSP, COMIGEM, Fonds Minier, etc.). Ces rapports doivent être désormais exploités et une suite judiciaire donnée.
  •  
  • Les prêts souscrits auprès de l'Inde pour la construction d'une cimenterie et la constitution de la Société Nationale de Transport Urbain (SONATU), avec ses installations techniques d'exploitation, a fait l'objet d'importants détournements. Le préjudice pour l'Etat centrafricain, qui doit rembourser ce prêt alors même que l'investissement prévu n'est pas réalisé, est important et les responsabilités rélles doivent être situées .
  •  
  • D'importantes quantités de diamants et autres pierres précieuses ont été illégalement saisis dans des bureaux d'achat à travers le pays sur ordre de François BOZIZE et de son ancien Ministre des Mines Sylvain NDOUTINGAI courant 2008 et 2009. Le préjudice reste à évaluer ainsi que la destination des valeurs saisies.
  •  
  • Le rapport de l'Inspection Générale des Finances sur les fonds publics alloués à la Commission Electorale Indépendante mise en place fin 2009 pour les élections de janvier  2011, a mis à jour des détournements importants de deniers publics. L'ex-président François BOZIZE, de son propre aveu, a délibérément mis sous le boisseau ce rapport. Il doit être exhumé et mis a la disposition de la justice.  
  •  
  • En violation des lois de la République, François BOZIZE a créé en association avec son ami Armand IANARELLI une société censée lutter contre la fraude douanière, la  SODIF, qui s'est plutôt érigée en administration parallèle des douanes en prélevant illégalement à son profit 33% des produits des saisies en douanes et revendues. De même des pratiques de fraudes à la Taxe à la Valeur Ajoutée ont été pratiquées à large échelle par cette société au profit de la famille BOZIZE.
  •  
  • D'importants détournements de fonds ont été opérés au détriment du Bureau d'Affrètements Routiers Centrafricain (BARC) par l'ancien Ministre Parfait Anicet MBAY, et ont donné lieu à des procédures judicaires dont l'exécution des décisions ont été bloquées par l'ancien président François Bozizé.
  •  
  • De même d'importants détournements de deniers publics ont été opérés sur ordre de l'ancien président François Bozizé dans le cadre de la gestion du Guichet Unique de Douala. Le préjudice exact reste à évaluer.
  •  
  • Des prélèvements importants ont été opérés en toute illégalité par l'ancien président François Bozizé dans les caisses du Trésor Public et des sociétés du secteur para public pour des dépenses injustifiées, en sa qualité de Président du Comité de trésorerie et de  Président du Conseil de surveillance des entreprises et offices du secteur parapublic. Comptable de fait, il doit justifier des dépenses non causées.

 

 

  1. Des actes de nature à compromettre la paix publique

 

  • Depuis la chute de l’ancien régime, des informations concordantes et récurrentes font état des réunions tenues par certains membres du personnel de l’Ambassade de la République Centrafricaine au Cameroun  avec les militaires déserteurs, en particulier NGAIKOUMON  OGUERE,  Pascal KOYAGBELE, Lévy YAKITE, Joachim KOKATE,   Stève TANGOA et autres  qui se sont réfugiés au Cameroun dans le but de mener des actions terroristes ou de déstabilisation de la République Centrafricaine. Des actions de même nature sont entreprises depuis le territoire de la République Démocratique du Congo.
  •  
  •  Leurs complices à Bangui  qui entreprennent des actions de désobéissance civile, déjà identifiés et suivis par les services de renseignements, qui communiquent chaque jour avec eux à l’effet de coordonner les actions de transfert d’argent et  autres moyens  seront bientôt  arrêtés les mains dans le sac ;
  •  

Vu l’ampleur  et la gravité des crimes et violations des droits humains, je vous demande de faire ouvrir immédiatement  une procédure judiciaire par le parquet du Tribunal de Grande Instance de Bangui afin d’en fixer les éléments probatoires ainsi que les différentes responsabilités et de prendre toutes les mesures qui s’imposent.

 

 

                                                           Fait à Bangui, le 30 Avril 2013

 

LE MINISTRE DE LA JUSTICE, GARDE DES SCEAUX, CHARGE DE LA REFORME JUDICIAIRE

 

 

                                                                              Arsène SENDE.-

Crimes de la bozizie : Le ministre de la justice instruit le Procureur Général au sujet des crimes de sang et crimes économiques de Bozizé et ses acolytes
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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 21:22

 

 

 

Archidiocèse de Bangui
BP 798 BANGUI
République Centrafricaine
Tél. +236 75042029

Son Excellence Michel Djotodia Am Nondroko
Président de la République et Chef de l’Etat
Présidence de la République centrafricaine
BANGUI


PLUS JAMAIS ÇA… NON À L’IMPUNITE !

Excellence Monsieur le Président,


Nous, Evêques, dans la proximité avec le peuple en souffrance et portés par le souci pastoral, sommes préoccupés par les événements de ces derniers temps qui ont meurtri notre pays. Après avoir relevé certaines exactions à l’endroit de la population, dans l’humilité, nous vous faisons quelques propositions quant à la sortie de la crise et à la reconstruction de notre pays.


Dans la Sainte Bible, l’Apôtre Pierre, s’avançant, dit à Jésus : « Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à sept fois ? » Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix-sept fois ». (Mt 18, 21-22)


Il n’y a pas d’ambiguïté dans la réponse que Jésus donne à Pierre. Au-delà de la loi du talion qui consistait à rendre coup pour coup, Jésus exhorte non seulement Pierre, mais tout homme, au pardon inconditionnel, sans limite, à la mesure de la bonté que Dieu manifeste aux pécheurs que nous sommes (Mt 5, 38-42). Le pardon se manifeste ainsi dans la disposition de l’homme à rendre le bien pour le mal. Toutefois la résistance de l’homme est immense. Comment pardonner à ceux qui nous ont offensés ? L’homme veut imposer à ce pardon une limite. C’est ainsi qu’en faisant le commentaire du passage biblique dans lequel Jésus exhorte ses disciples au pardon, un catéchiste fit observer à son curé avec qui il était en froid : « Je n’ai que deux joues. Après avoir tendu la gauche et la droite, je me réserve le droit de me défendre ».


L’anecdote comporte néanmoins un fond de vérité. Il ne faut pas profiter du principe du pardon pour abuser impunément des autres. D’ailleurs Jésus n’est pas resté bouche bée devant le garde du grand-prêtre qui lui donna une gifle : « Si j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » (Jn 18, 23). Il ne demande rien d’autre que de faire la vérité sur les faits. C’est au nom de ce principe que nous vous interpellons ainsi que le Premier Ministre au sujet du drame dans lequel le paisible peuple centrafricain est plongé depuis le 10 décembre 2012.

 

L’avancée fulgurante de la coalition SELEKA a abouti le 24 mars 2013 à la conquête rapide de la ville de Bangui, à la fuite du Président déchu et au changement de régime. La légitimation du coup de force s’appuie sur les sentiments de libération du peuple des jougs de l’oppression imposée par BOZIZE et son régime et la volonté de rétablir la justice en faveur de tout le peuple. Ces intentions sont donc louables. Toutefois les arguments avancés par certains ténors de la coalition en justification de leur projet de libération que nous citons de mémoire posent question :


C’est la pauvreté qui nous a poussés à prendre les armes.


Je n’ai pas réussi à me faire entendre du Président. J’étais las de faire le pied de grue. C’est pourquoi j’ai pris les armes.

 

Ce n’est pas de gaieté de cœur. Nous sommes tous des responsables. La prise d’armes était plutôt une nécessité.

 

Nous voulons rectifier une injustice. Dans notre région, nous manquons d’eau, de routes, d’électricité.


Si chaque région de la RCA tenait un tel langage, le pays serait tout le temps en feu et en sang. Néanmoins ne nous trompons pas de débat. Ce n’est pas par les armes que nous répondrons aux besoins de nos concitoyennes et concitoyens. Malheureusement la logique de la guerre a été privilégiée aux dépens du dialogue. Le constat est sans appel. Partout où les éléments de SELEKA sont passés, la population est en pleurs et en deuil :


1. Menaces, terreur et tortures psychologiques ;


2. Viols de jeunes filles et femmes, dont certaines se sont suicidées ;


3. Enrôlement d’enfants soldats ;


4. Humiliation publique de quelques militaires des FACA, gendarmes et policiers, s’ils ne sont pas froidement abattus comme des chiens galeux ;


5. Déplacement de personnes pour se réfugier en brousse ou en forêt ;


6. Elévation du taux de mortalité infantile et néo-natale à cause du non fonctionnement des services hospitaliers ;


7. Rupture d’approvisionnement de beaucoup de villes en médicaments et produits médicaux de première nécessité, surtout pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA ;


8. Evacuation du personnel des Médecins Sans Frontière de Bantagafo et de Kabo à cause des exactions commises par les éléments de SELEKA ;


9. Pénurie et inflation ;


10. Rupture de réseaux de communication avec certaines villes en dehors de Bangui ;


11. Pillage et saccage des édifices publics, des hôpitaux, des écoles ;


12. Vols et confiscation de véhicules d’Etat et de particuliers.


13. Anéantissement de l’administration ;


14. Foulage au sol de l’autorité de l’Etat ;


15. Saccage des unités de production économique.


La République centrafricaine est ainsi devenue un pays fantôme dont les valeurs éthiques ont été remplacées par le gain du pouvoir, l’injustice, la loi du plus fort, les règlements de compte et la chasse aux sorcières. La Centrafricaine et le Centrafricain sont désormais considérés comme des bêtes de somme qu’il faut traquer et abattre impunément. Que faisons-nous donc de la dignité qui constitue pourtant un des mots clés de notre devise nationale (‘Unité – Dignité- Travail’)?


Monsieur le Président,


L’heure est grave. Les populations des villes de Centrafrique sont soumises aux viols, pillages, extorsions, braquages, vandalismes et autres méfaits orchestrés par les éléments de SELEKA. Pourquoi ne les condamnez-vous pas ? Jusqu’à quand garderez-vous le silence ? Les cris et les larmes de ces populations nous percent le cœur. Les défis à relever sont énormes ; les vrais combats sont ailleurs :


1. Sécurisation du pays ;


2. Protection de l’intégrité territoriale contre les attaques de la LRA, des braconniers, des “mbarara”, ces éleveurs fougueux venus du Tchad qui font paître leur bétail dans les champs des paysans, détruisant ainsi le fruit de toute une année de travail, des coupeurs de route et d’autres petits malfrats. Les frontières de Centrafrique sont poreuses et laissent passer tout bandit qui s’y sent en sécurité au détriment de la population locale.


3. Bon fonctionnement des organes de transition ;
4. Etablissement d’une administration forte et garante de la justice ;
5. Désarmement et cantonnement des combattants ;
6. Rapatriement sans délai des mercenaires tchadiens et soudanais ;
7. Rapatriement de tous les biens volés et convoyés au Tchad et au Soudan;
8. Reprise effective du travail et des activités scolaires ;
9. Formation des enseignants, construction des écoles et leur dotation en matériels didactiques.
10. Renforcement des structures de santé et leur dotation en médicaments essentiels.
11. Redéploiement des agents de l’Etat, en l’occurrence les fonctionnaires, les gendarmes et les policiers sur toute l’étendue du territoire ;
12. Paiement de salaires des agents de l’Etat.


Telles sont les tâches auxquelles il faut s’atteler de toute urgence. Par ailleurs, cette crise a mis en évidence un malaise social dont personne ne veut parler et dont les conséquences à long terme risquent d’être explosives pour la cohésion nationale en ce qui concerne notamment la cohabitation entre les Centrafricains de confession chrétienne et leurs pairs de confession musulmane. C'est un mal dont il faut parler avant que les frustrations et les rancœurs ne deviennent ingérables. Un peu partout dans les zones occupées c’est presque le même témoignage. Les éléments de SELEKA sur le terrain sont constitués en grande partie de musulmans étrangers et de quelques nationaux. La population musulmane a été grandement épargnée des pillages. Quelles sont les intentions réelles de ce mouvement contre nos institutions chrétiennes ? Seriez-vous effectivement l’auteur de la Lettre à L’organisation de la Conférence Islamique d’Arabie Saoudite du 17 avril 2012 (cf. Pièce jointe) ? Comment expliquer l’acharnement avec lequel les éléments de SELEKA se sont pris à nos institutions ? Les résultats sont effarants :


1. Vol systématique de nos moyens roulants : plus d’une centaine de véhicules et de motos volés ;


2. Profanation des édifices et des objets religieux. On peut citer l’exemple de la paroisse Saint Joseph de Mobaye, Notre Dame de l’Immaculée Conception de Batangafo l’oratoire des sœurs de Markounda ;


3. Pillage et saccage des Radios catholiques à Bambari et à Bossangoa ;


4. Perturbation des célébrations liturgiques ;


5. Coups de feu tirés dans la Cathédrale Notre Dame de l’Immaculée Conception de Bangui à la fin de la célébration du dimanche des Rameaux;


6. Agression physique des prêtres, religieux et religieuses. Citons en exemple les cas des sœurs de Mbrés, des prêtres d’Alindao, de Bangui, Bossangoa et même de l’évêque de Bambari ;


7. Entrave aux déplacements des agents pastoraux (3 évêques, des prêtres et des religieuses) bloqués à Bangui depuis la Semaine Sainte.


Nous exigeons de votre part réparation pour tous les biens de l’Eglise volés, pillés, saccagés ou vandalisés. A cet effet, nous vous annonçons d’ores et déjà que la Commission Episcopale Justice et Paix vous remettra en temps opportun un dossier complet. Tout en reconnaissant les défis auxquels est confronté notre pays, nous vous exhortons à tout mettre en œuvre pour :


1. Garantir la sécurité et la protection de tout citoyen centrafricain,


2. Obtenir le déploiement des forces onusiennes ;


3. Assurer le bon fonctionnement des organes de transition ;


4. Veiller au respect des accords de Libreville (la non-représentativité du Président et des membres du gouvernement aux prochaines élections) ;


5. Apaiser la situation dans le pays en favorisant une cohabitation pacifique et fraternelle entre tous les Centrafricains, quelles que soient leurs convictions politiques et religieuses,
6. Asseoir l’autorité de l’Etat et faire prévaloir le respect des institutions étatiques sur toute l’étendue du territoire,


7. Garantir la justice à toutes les victimes de cette crise ;


8. Faire cesser immédiatement la chasse aux sorcières,


9. Créer une Commission Justice, Vérité et Réconciliation ;


10. Rapatrier sans délai les mercenaires tchadiens et soudanais


11. Procéder à la Démobilisation, au Désarmement et à la Réinsertion (DDR) des combattants centrafricains.

Veuillez agréer, Excellence, l’expression de nos salutations distinguées.


Fait à Bangui, le 23 avril 2013



S. E. Mgr Dieudonné NZAPALAINGA, Archevêque de Bangui



S. E. Mgr Nestor Désiré NONGO AZIAGBIA, Evêque de Bossangoa



S. E. Mgr Cyr Nestor YAPAUPA, Evêque coadjuteur d’Alindao



Ampliation:


1. Premier Ministre
2. Président du Conseil National de Transition
3. Nonce Apostolique en Centrafrique et au Tchad
4. Ambassadeur de France et Haut Représentant de la France en Centrafrique
5. Représentante du Secrétaire Général des Nations Unies en Centrafrique
6. Représentante de la Commission de l’Union Africaine en Centrafrique
7. Médiateur de la CEEAC pour la crise centrafricaine
8. FOMAC

Les évêques écrivent au président Michel Djotodia
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