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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 01:41

 

 

 

La commissaire européenne à l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, et le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sont arrivés aujourd’hui en Centrafrique pour exhorter la communauté internationale à intervenir afin de sortir le pays de la crise.

« En un mot, la situation est désespérée. La particularité, c'est que la population entière est impactée par le conflit », a déclaré Mme Georgieva. « Nous devons faire de l'humanitaire, mais aussi restaurer l'État, car sans État, les seigneurs de guerre vont gagner », a-t-elle estimé.

Cette visite intervient alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté le 10 octobre dernier, à l’initiative de la France, une résolution soutenant le renforcement de la MISCA et prévoyant l’éventuel déploiement de Casques bleus dans le cadre d’une mission onusienne.

 

(Source : AFP13 oct. 2013 )

Centrafrique : visite de la commissaire européenne à l'aide humanitaire et de Laurent Fabius
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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 00:59

 

 

 

BANGUI (AFP) - 13.10.2013 19:03

 

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a annoncé l'envoi de troupes supplémentaires en Centrafrique tout en exigeant l'organisation d'élections libres début 2015 auxquelles le pouvoir actuel ne pourrait pas participer, au terme d'une visite à Bangui dimanche.

 

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a annoncé dimanche à Bangui l'envoi de troupes supplémentaires en Centrafrique tout en exigeant l'organisation d'élections libres début 2015 auxquelles le pouvoir actuel ne pourra pas participer.

 

M. Fabius, accompagné par la commissaire européenne à l'aide humanitaire Kristalina Georgieva, s'est rendu en Centrafrique pour exhorter la communauté internationale à tout mettre en œuvre pour sortir le pays du gouffre, livré aux pillards et menacé d'implosion.

 

"Actuellement nous avons 410 hommes. Au fur et à mesure des résolutions de l'ONU, nous allons donner un coup de pouce surtout dans le domaine logistique et nous allons augmenter (la présence française, ndlr), et ceci sera fait vraisemblablement d'ici la fin de l'année", a déclaré M. Fabius sans préciser le nombre de soldats supplémentaires.

 

Selon une source diplomatique, les troupes françaises pourraient atteindre 750 voir 1.200 hommes, et viendraient en appui à la force panafricaine Misca, comme ce fut le cas au Mali.

 

En contrepartie de l'aide française, le ministre a réclamé des gages de bonne volonté des autorités centrafricaines de transition pour mener le pays vers une sortie de crise.

 

A l'issue d'un entretien avec le président Michel Djotodia - ancien chef des rebelles de la Séléka qui tente désormais de prendre ses distances avec ses compagnons d'armes - et le Premier ministre Nicolas Tiangaye, M. Fabius a annoncé qu'"il a été exigé des autorités que des élections libres aient lieu début 2015 auxquelles ne se représenteront pas ces autorités".

 

"Nous visons comme objectif un nouveau pouvoir au début 2015", a-t-il souligné.

En outre, les "exactions doivent cesser en RCA. La dissolution de la milice Séléka doit être effective, il ne peut pas y avoir de bandes armées à travers le territoire", a ajouté M. Fabius.

 

Mais il a également mis en garde les ex-rebelles incontrôlables: "Il faut que ceux qui commettent des exactions sachent qu'il n'y aura pas d'impunité (...) s'il y avait par malheur une augmentation des exactions, évidemment la réaction (de la France, ndlr) serait beaucoup plus forte et rapide".

 

"Nous avons décidé, la France, l'Union Européenne et les Nations unies, de relever le défi. Nous n'allons pas vous laisser tomber, nous allons nous occuper sérieusement de redresser la situation", a-t-il conclu.

 

Pour la commissaire européenne, Kristalina Georgieva, "nous devons faire de l'humanitaire, mais aussi restaurer l'Etat, car sans Etat, les seigneurs de guerre vont gagner".

 

Pays parmi les plus pauvres du monde et en crise depuis des années, cette ancienne colonie française s'est enfoncée dans la violence et le chaos depuis la chute en mars du président François Bozizé, renversé par une coalition hétéroclite de rebelles, la Séléka, officiellement dissoute.

 

"Ne pas laisser ce conflit se confessionaliser"

 

Le pays est livré à des chefs de guerre et des mercenaires étrangers, l'Etat s'est effondré et les violences menacent de prendre un tour religieux entre chrétiens, qui constituent la majorité de la population de 5 millions d'habitants, et musulmans.

 

"Il serait désastreux de laisser ce conflit se confessionaliser", a souligné M. Fabius, en référence aux affrontements qui ont fait plus de 150 morts depuis début septembre dans le nord-ouest du pays entre anciens rebelles et milices d'autodéfense.

 

Il y a urgence, avait déclaré le président François Hollande à New York fin septembre, insistant sur le risque de "somalisation" de la RCA face à la communauté internationale.

 

Car chaque jour amène son lot de nouvelles violences, qui s'étendent progressivement à travers tout le pays. Vendredi, des combats entre les forces armées centrafricaines et des groupes d'autodéfense - paysans exaspérés par les exactions des ex-rebelles - ont fait six morts dans la région de Mongoumba, dans le sud.

 

Et la veille, un contingent de policiers et gendarmes déployé dans le nord-ouest après un bain de sang qui a fait plus de 50 morts en début de semaine, a été attaqué par les ex-rebelles et obligé de battre en retraite.

"La Centrafrique c'est un petit pays mais qui cumule toutes les difficultés et tous les malheurs", déclarait récemment M. Fabius, rappelant les exactions, viols, meurtres, les 400.000 déplacés et le tiers de la population ayant besoin d'une aide humanitaire d'urgence.

 

"Il y a un cocktail explosif en Centrafrique, et nous craignons que ce pays ne crée un appel d'air pour tous les groupes armés de la zone", souligne une source diplomatique française, évoquant la présence de mercenaires tchadiens et soudanais, de la sanglante rébellion ougandaise Armée de résistance du Seigneur (LRA). Sans compter la probable arrivée de jihadistes chassés du Mali ou d'éléments du groupe islamiste armé nigérian Boko Haram.

 

Au cours de sa visite, M. Fabius devait également s'entretenir avec des représentants de la communauté française --il reste moins de 600 Français à Bangui--, les militaires français --400 hommes basés à l'aéroport-- ainsi que les représentants de la Misca, la force africaine déployée en Centrafrique qui doit compter à terme 3.600 hommes mais dont seuls 2.000 sont déployés sur le terrain jusqu'à présent.

 

Cette visite intervient trois jours après le vote à l'ONU d'une résolution initiée par la France, qui ouvre la porte à l'envoi de Casques Bleus en Centrafrique d'ici plusieurs mois.

"Si on mettait en RCA l'argent qui a été utilisé pour chasser les islamistes du Mali on serait tranquilles pour 30,40 ans", a déclaré pour sa part le porte-parole de la présidence centrafricaine, Guy Simplice Kodegue, soulignant que "les caisses de l'Etat sont vides".

 

L'arrivée de M. Fabius a suscité beaucoup d'espoir chez les Centrafricains traumatisés par six mois de violences, comme en témoignaient les nombreux slogans brandis sur son passage: "Réconcilions-nous avec la mère nourricière".

 

© 2013 AFP

Centrafrique : Paris va envoyer des troupes, veut un « nouveau pouvoir » d'ici 2015
Centrafrique : Paris va envoyer des troupes, veut un « nouveau pouvoir » d'ici 2015
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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 00:55

 

 

 

Martin Ziguélé*

* Président du MLPC,

ancien Premier ministre

de la République

centrafricaine

 

NOTE n° 191 - Fondation Jean-Jaurès - 3 octobre 2013

 

AVERTISSEMENT : La mission de la Fondation Jean-Jaurès est de faire vivre le débat public et de concourir ainsi à la rénovation de la pensée socialiste. Elle publie donc les analyses et les propositions dont l’intérêt du thème, l’originalité de la problématique ou la qualité de l’argumentation contribuent à atteindre cet objectif, sans pour autant nécessairement reprendre à son compte chacune d’entre elles.

 

La principale attente des Centrafricains aujourd’hui est la sécurité. L’insécurité qui était latente depuis plusieurs années s’est très gravement dégradée depuis décembre dernier, avec le déclenchement des hostilités par la coalition rebelle Seleka qui a abouti à sa prise de pouvoir le 24 mars 2013, avec le renversement de François Bozizé.

 

La crise sécuritaire et humanitaire en Centrafrique a été évoquée lors des travaux de la 68ème Assemblée générale des Nations unies du 24 au 25 septembre 2013 à New York.

 

Le président français François Hollande, à travers son allocution devant les 193 chefs d’Etat et de gouvernement présents, a personnellement et fortement plaidé pour une aide massive et rapide de la communauté internationale en faveur de la République centrafricaine. Il faut souligner que, auparavant, le président Hollande avait été sollicité en ce sens par les autorités non seulement de la transition centrafricaine, mais également par celles des Etats membres de la sous-région d’Afrique centrale et de l’Union africaine. Le 25 septembre 2013, en marge de l’Assemblée générale, une réunion ministérielle a même rassemblé la France, l’Union européenne, l’ONU, les Etats-Unis, l’Union africaine et les pays voisins de la Centrafrique. Cette assise a d’ores et déjà abouti à l’engagement des Nations unies d’agir, en deux temps, pour contribuer à mettre fin aux exactions ravageant la Centrafrique depuis le 24 mars 2013 dans le sillage de la chute du régime de François Bozizé :

 

– en premier lieu, une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sera adoptée dès octobre 2013 pour apporter un soutien financier et logistique à la Mission de sécurisation de la Centrafrique (MISCA) ;

 

– en second lieu, une autre résolution pourrait être votée, six mois plus tard, autour d’avril 2014, pour proposer, cette fois, une opération de maintien de la paix des Nations unies.

 

Volontairement sous-équipées et divisées par François Bozizé, qui craignait en permanence un putsch de leur part, les Forces armées centrafricaines (FACA) n’avaient pas pu faire efficacement face aux rebelles de la Seleka lors de la prise de la capitale Bangui. Elles se sont fondues dans la population civile et ont fui pour échapper aux représailles des rebelles de la Seleka qui les assimilaient à la garde présidentielle rapprochée du président déchu. Les règlements de compte se poursuivant, la plupart des militaires et gendarmes n’ont commencé à regagner leur poste que ces derniers jours, suite aux appels lancés par les nouvelles autorités, qui ont pris la décision de restaurer les FACA dans leurs prérogatives et missions, puis à dissoudre par décret la coalition Seleka. Les ex-rebelles de la Seleka ont commencé à être cantonnés à Bangui et progressivement désarmés, mais non sans difficultés, et leurs éléments aptes seront intégrés au sein des forces de défense et de sécurité, dans des proportions encore indéterminées.

 

Livrée à elle-même, la population civile a vécu les pires affres et humiliations des exactions de la Seleka lors de la conquête des villes et surtout lors de la prise de Bangui :

 

- pillages, spoliations de biens, enlèvements, tortures et séquestrations arbitraires, viols, et exécutions extra-judiciaires. Les exactions n’ont pas cessé malgré les efforts déployés par les autorités de la transition, notamment à Bangui. De plus, on note une montée des ressentiments religieux alimentés par des rumeurs d’islamisation du pays qui exacerbent les clivages entre musulmans et chrétiens qui vivaient depuis une cinquantaine d’années en relative harmonie. Ces exactions ont poussé les populations à s’organiser en groupes d’auto-défense et à s’attaquer aux détachements de la Seleka, comme ces derniers jours à Bossangoa et à Bouca. Des renforts de la MICOPAX (Mission de consolidation de la paix en Centrafrique) et des Forces armées centrafricaines (FACA) en voie de reconstitution peinent à ramener la paix dans ces contrées où des centaines de morts sont déplorés.

 

Cette situation sécuritaire dramatique a évidemment des répercussions sur le plan économique et social. A cause de l’insécurité, l’administration et l’économie fonctionnent au ralenti. Le gouvernement d’union nationale de transition (GUNT) peine à payer les salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat qui ne reprennent pas non plus vigoureusement le travail. Les recettes fiscales de l’Etat sont collectées par certains seigneurs de guerre de la Seleka pour leur propre compte. L’administration de la justice ne fonctionne pas à l’intérieur du pays, et tente de se remettre en marche à Bangui.

 

Sur le plan humanitaire, seules quelques organisations internationales et des associations caritatives et religieuses interviennent sur le terrain pour soutenir la population, dont d’ailleurs une grande partie est composée de déplacés internes ou de réfugiés, mais dans des conditions sécuritaires précaires, ces organisations et associations subissant, elles aussi, les exactions. Tous les partenaires au développement ont fermé leurs bureaux et représentations à Bangui et se sont retirés du processus de soutien au développement économique et social, à l’exception notable de l’Union européenne.

 

C’est dans ce contexte gravement perturbé par l’insécurité que se déroule aujourd’hui la transition politique en République centrafricaine. Membre du Collectif de l’opposition démocratique dont est issu le Premier ministre de la transition, Nicolas Tiangaye, le MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain) est partie prenante et soutient entièrement cette transition dont l’objectif ultime est d’organiser des élections pour un retour à l’ordre constitutionnel normal dans le pays, et dont les contours ont été fixés suite à deux réunions de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale) organisées à Ndjamena (Ndjamena I et II) les 3 et 18 avril 2013. La Déclaration dite de Ndjamena a fixé la durée de la transition politique entre 18 mois et 24 mois au maximum, et décidé de la mise en place d’un Conseil national de transition – parlement provisoire – qui devra élire un chef d’Etat de la transition, et la formation d’un GUNT avec le maintien du Premier ministre Nicolas Tiangaye issu de l’opposition démocratique.

 

Conformément à ces décisions, la quasi-totalité des mécanismes institutionnels prévus par ces réunions est mise en place : le GUNT a été remanié pour s’ouvrir davantage aux partis de l’ancienne majorité présidentielle dont le parti Kwa Na Kwa (KNK) de François Bozizé ; le Conseil national de transition (CNT) qui joue le rôle de législateur a été mis en place et est présidé par Alexandre Ferdinand Nguende tandis que le président de la Coalition Seleka, Michel Djotodia Am Nondroko, a été élu chef d’Etat de la transition le 13 avril 2013 ; la Charte constitutionnelle de transition a été promulguée le 18 juillet 2013 ; la Cour constitutionnelle de transition a été installée le 15 août 2013 et a solennellement reçu le serment du chef d’Etat de la transition le 18 août 2013, ce qui marque le début officiel de la période de transition ; la mise en place du Haut conseil de la communication de transition est imminente et ses membres, déjà désignés, attendent de prêter serment.

 

Il reste néanmoins à mettre en place l’organe crucial qui sera chargé d’organiser les élections avant la fin de cette période de transition. Il s’agit de l’Autorité nationale des élections (ANE), prévue en remplacement de l’ancienne Commission électorale mixte indépendante (CEMI). Il faut rappeler que sous le régime de François Bozizé et avec le concours de l’Union européenne, l’ancienne opposition démocratique réunie au sein du FARE 2011 (Front pour l’annulation et la reprise des élections du 23 janvier 2011) avait pu obtenir une loi électorale consensuelle et dont la particularité est non seulement la création de cette Agence nationale des élections censée être indépendante et impartiale, mais surtout l’instauration d’une carte électorale biométrique. Cette loi électorale consensuelle a été adoptée en l’état par le nouveau CNT, mais n’est pas encore promulguée par le chef de l’Etat de la transition.

 

Au niveau international, le Comité international de suivi est présidé par le président congolais Denis Sassou N’Guesso, désigné médiateur de la crise centrafricaine par ses pairs de la CEEAC. Il a à son tour nommé son représentant spécial à Bangui. La force d’interposition de la MICOPAX avait prévu d’augmenter ses effectifs à 2 000 hommes avant le 5 juin 2013, ce qui reste encore un objectif à atteindre. Un Groupe international de contact s’est réuni à Brazzaville en mai 2013.

 

Devant cette situation difficile, et compte tenu des crises militaro-politiques récurrentes, la position du MLPC se résume en trois points principaux :

 

1 – La seule réponse immédiate adéquate à l’urgence sécuritaire et humanitaire actuelle est la mise en place rapide de la MISCA (Mission internationale de soutien à la Centrafrique) dotée d’un mandat robuste, lui permettant de désarmer les combattants de la Seleka sur le terrain ; cette action vigoureuse permettra la reprise des activités économiques par la libération des axes et zones sous leur emprise, de même que la montée en puissance des forces régulières de défense et de sécurité qu’il faut enfin réformer et équiper de manière conséquente. Si la MISCA tarde à se concrétiser, toutes les avancées acquises au plan institutionnel risquent d’être sapées.

 

2 – La seule bonne volonté du Premier ministre du GUNT ne suffira pas pour faire face à une situation financière très difficile, et il reste impuissant face à des attentes urgentes et de tous ordres. Le soutien proclamé de la communauté internationale au Premier ministre et au GUNT ne se résume jusqu’à ce jour qu’à des mots, alors que rien ne peut être fait dans les domaines de la sécurité et de l’humanitaire sans ressources financières et matérielles. N’eut été le prêt consenti par le gouvernement congolais, et qui a permis d’assurer quelques fins de mois, le GUNT ferait face à une grogne sociale généralisée en plus de la situation d’insécurité. Une aide franche, massive et urgente est nécessaire pour répondre aux défis humanitaires et sécuritaires, préalables indispensables à la conduite d’une transition apaisée.

 

3 – Il n’y a pas d’autre alternative à une paix durable et à la stabilité de notre pays que le retour à l’ordre constitutionnel normal par l’organisation d’élections libres, transparentes et démocratiques. Pour cela, la transition doit être menée à bon port. Le MLPC appelle particulièrement toutes les forces progressistes à soutenir son combat pour gagner les futures élections, afin de se consacrer au redressement durable de la République centrafricaine.

 

NOTE n° 191 - Fondation Jean-Jaurès - 3 octobre 2013

 

République centrafricaine : la transition, malgré l’insécurité
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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 19:05

 

 

 

Par Europe1.fr avec AFP

 

13 octobre 2013 à 14h55

 

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius est arrivé en Centrafrique dimanche à la mi-journée avec la commissaire européenne à l'aide humanitaire Kristalina Georgieva pour exhorter la communauté internationale à tout mettre en oeuvre pour sortir le pays du gouffre, livré aux pillards et menacé d'implosion.

 

"En un mot, la situation est désespérée. La particularité, c'est que la population entière est impactée par le conflit", a déclaré Kristalina Georgieva dimanche.

 

Pour la commissaire européenne, "nous devons faire de l'humanitaire, mais aussi restaurer l'Etat, car sans Etat, les seigneurs de guerre vont gagner".

 

Pays parmi les plus pauvres du monde et en crise depuis des années, cette ancienne colonie française s'est enfoncée dans la violence et le chaos depuis la chute en mars du président François Bozizé, renversé par une coalition hétéroclite de rebelles, la Séléka, aujourd'hui officiellement dissoute.

 

Le pays est livré à des chefs de bande et des mercenaires étrangers, l'Etat s'est effondré et les violences menacent de prendre un tour religieux entre chrétiens, qui constituent la majorité de la population de 5 millions d'habitants, et musulmans.

 

 

Augmentation des troupes françaises en RCA d'ici fin 2013

 

BANGUI (Reuters) - La France augmentera d'ici la fin de l'année le nombre de ses troupes déployées en République centrafricaine, plongée dans le chaos depuis le mois de mars, a déclaré dimanche le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius en visite à Bangui.

 

Depuis que les rebelles de la Séléka ont chassé du pouvoir le président François Bozizé, dernier acte d'une histoire politique récente marquée par une série de coups d'état, la RCA s'enfonce chaque jour un peu plus dans la crise.

 

"Il s'agit de reconstruire un pays", a déclaré Laurent Fabius lors d'une conférence de presse. "Actuellement il y a 410 (soldats français) qui sécurisent l'aéroport et patrouillent dans Bangui".

 

"Au fur et à mesure des résolutions des Nations unies, nous allons donner un coup de pouce, surtout dans le domaine logistique, et nous allons monter un peu dans un premier temps avant de re-stabiliser, ce sera fait d'ici la fin de l'année", a-t-il ajouté, sans préciser l'ampleur du renfort.

 

"S'il y avait par malheur une augmentation des exactions, évidemment la réaction serait beaucoup plus forte et rapide", a-t-il dit.

 

Des sources diplomatiques françaises avaient indiqué récemment que Paris pourrait faire passer son contingent à 750 soldats dans le cadre d'une opération de soutien à la Misca (mission internationale de soutien à la Centrafrique) ou à 1.200 hommes dans le cadre d'une sécurisation rapide menée sous mandat de l'Onu.

 

Les élections devront se tenir d'ici début 2015 et les résultats devront être acceptés par les autorité de transition, a par ailleurs estimé le chef de la diplomatie française.

 

"Il a été exigé qu'il y ait des élections libres début 2015 auxquelles ces autorités (de transition) ne se représenteront pas", a-t-il dit.

 

"Il faut que la dissolution de la Séléka soit réelle. Concrètement ça veut dire que M. Djotodia (le président de la transition, Michel Djotodia), ancien chef de la Séléka, dise 'je dissous la Séléka'", a-t-il ajouté.

 

"On ne peut pas avoir des bandes armées à travers le pays", a-t-il dit.

 

John Irish, édité par Marine Pennetier

 

 

 

Centrafrique: Paris enverra des troupes supplémentaires, demande des élections libres en 2015


BANGUI - AFP / 13 octobre 2013 19h18 Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a annoncé l'envoi de troupes supplémentaires en Centrafrique tout en exigeant l'organisation d'élections libres début 2015 auxquelles le pouvoir actuel ne pourrait pas participer, au terme d'une visite à Bangui dimanche.


Actuellement nous avons 410 hommes. Au fur et à mesure des résolutions de l'ONU, nous allons donner un coup de pouce surtout dans le domaine logistique et nous allons augmenter (la présence française, ndlr), et ceci sera fait vraisemblablement d'ici la fin de l'année, a déclaré M. Fabius sans préciser le nombre de soldats supplémentaires.


En contrepartie de l'aide française, le ministre a réclamé des gages de bonne volonté de la part des autorités centrafricaines de transition pour mener le pays vers une sortie de crise.


Il a été exigé des autorités que des élections libres aient lieu début 2015 auxquelles ne se représenteront pas ces autorités. Nous visons comme objectif un nouveau pouvoir au début 2015, a déclaré M. Fabius après s'être entretenu pendant près d'une heure avec le président Michel Djotodia et le Premier ministre Nicolas Tiangaye.

Les exactions doivent cesser en RCA. La dissolution de la milice Séléka doit être effective, il ne peut pas y avoir de bandes armées à travers le territoire. Une partie des troupes Séléka doit retourner au civil et une partie doit être cantonnée, a ajouté M. Fabius.

Mais il a également mis en garde les ex-rebelles incontrôlables: Il faut que ceux qui commettent des exactions sachent qu'il n'y aura pas d'impunité (...) s'il y avait par malheur une augmentation des exactions, évidemment la réaction (de la France, ndlr) serait beaucoup plus forte et rapide.


Nous avons décidé, la France, l'Union Européenne et les Nations unies, de relever le défi. Nous n'allons pas vous laisser tomber, nous allons nous occuper sérieusement de redresser la situation, a-t-il dit.


Il serait désastreux de laisser ce conflit se confessionaliser, a conclu le ministre, en référence aux affrontements qui ont fait plus de 150 morts depuis début septembre dans le nord-ouest du pays entre anciens rebelles et milices d'autodéfense.

Pays parmi les plus pauvres du monde et en crise depuis des années, cette ancienne colonie française s'est enfoncée dans la violence et le chaos depuis la chute en mars du président François Bozizé, renversé par une coalition hétéroclite de rebelles, la Séléka, aujourd'hui officiellement dissoute.


Le pays est livré à des chefs de bande et des mercenaires étrangers, l'Etat s'est effondré et les violences menacent de prendre un tour religieux entre chrétiens, qui constituent la majorité de la population de 5 millions d'habitants, et musulmans.


(©) 

 

Centrafrique : Il faut des élections début 2015

 

 

Après la résolution à l'ONU, Laurent Fabius en visite en Centrafrique

 

RFI dimanche 13 octobre 2013 à 10:24

 

Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française, est en visite express à Bangui, ce dimanche 13 octobre, quelques jours après l'adoption par le Conseil de sécurité d'une résolution française qui renforce la présence de l’ONU sur place et envisage le déploiement dans les prochains mois d’une opération de maintien de la paix. C'est la première visite d'un haut responsable européen en Centrafrique depuis la prise du pouvoir par la Seleka en mars dernier. L'objectif : continuer à attirer l'attention de la communauté internationale sur l'ampleur de la crise sécuritaire et humanitaire que traverse le pays.

 

« La résolution adoptée aux Nations unies est une bonne chose, mais il reste beaucoup à faire ». Voilà le message que Laurent Fabius souhaite faire passer durant sa visite. Un message adressé aussi bien à ses partenaires internationaux qu'aux responsables centrafricains.

 

→ À (RE)LIRE : Centrafrique: l'engagement à pas comptés de l'ONU

 

Laurent Fabius rencontrera le président de transition Michel Djotodia, mais pas question d'un tête-à-tête. Il s'agira d'une rencontre commune avec les deux autres autorités de transition : le Premier ministre, Nicolas Tiangaye, et le président du Conseil national de transition, Alexandre-Ferdinand N'Guendet. « Il y a des dissensions à la tête du pays. Il est donc préférable de tenir un discours unique aux différents interlocuteurs », reconnaît une source diplomatique.

 

Élections, sécurité et situation humanitaire

 

Le renforcement de l'État, le respect du calendrier électoral et la situation sécuritaire seront d'ailleurs au cœur des discussions. Laurent Fabius souhaite également alerter l'opinion sur la situation humanitaire, qui s'est considérablement dégradée ces dernières semaines. Et sur ce dossier également, il ne souhaite pas agir seul. À la demande de la France, il sera d'ailleurs accompagné de la commissaire européenne à l'aide humanitaire. Il s'entretiendra également avec les représentants de différents cultes, considérés comme l'un des dernier remparts contre le risque d'implosion du pays et le spectre d'un conflit entre chrétiens et musulmans.

 

Une visite qui intervient dans un climat de tension persistant en Centrafrique.

 

Ce samedi 13 octobre en fin de matinée, deux hommes ont été « assassinés » sur la route de Pissa, à 60 kms au sud de la capitale. Il s'agit d'anciens membres de la Seleka, la coalition rebelle officiellement dissoute. En début de semaine, des affrontements entre des anciens rebelles de la Seleka et des paysans exaspérés par les exactions commises par ces derniers, avaient fait des dizaines de morts. Une enquête a immédiatement été ouverte par le procureur de la République, Ghislain Grezengué, qui revient pour RFI sur ce double meurtre

 

« Il s’agit de deux corps. Les cadavres présentent des mutilations. Une inspection sera effectuée sur les lieux, afin de nous permettre de prendre les premières informations pour cerner les mobiles et les présumés auteurs de ce crime.

Les instructions que nous, magistrats du ministère public, avons laissées, c’est de punir avec la dernière rigueur tous ces crimes, qui sont des exactions commises sur la population !

Nous sortons d’une situation de post-conflit. Et naturellement, en cette période il y a toujours des brebis galeuses qui sèment la terreur dans la population. Maintenant on assiste à des crimes un peu par-ci par-là.

Mais je crois que très, très rapidement cette situation va être maîtrisée, parce que d’ici peu, comme vous le savez très bien, nous aurons l’appui de la force onusienne. Et tout ça, ce sont des choses que nous attendons impatiemment, pour pouvoir amener la paix et la sécurité en Centrafrique ».

Fabius est arrivé en Centrafrique
Fabius est arrivé en Centrafrique
Fabius est arrivé en Centrafrique
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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 23:30

 

 

 

http://defense.blogs.lavoixdunord.fr  11/10/2013

 

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, se rend dimanche en République centrafricaine, où la situation reste chaotique. Cette visite entend mettre en lumière la situation centrafricaine et impliquer la communauté internationale. Il s'agit de ramener à la raison les anciens rebelles de la Séléka, officiellement dissoute depuis l'avènement de son ancien chef, le président  Michel Djotodia.

 

Le dispositif français n'évolue pas pour l'heure avec 400 soldats sur place. Une compagnie du 21e RIMa (infanterie de marine) de Fréjus a relevé une compagnie du 16e bataillon de chasseurs de Bitche (photo armée de Terre du check-point à l'entrée de l'aéroport de Bangui).

 

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, a un mois pour présenter au Conseil de sécurité un rapport sur les possibilités d'un soutien à la MISCA, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique, qui a remplacé le 1er août la MICOPAX, y compris sa transformation éventuelle en mission de maintien de la paix ", précise la résolution.

 

La MISCA ne compte que 1 400 soldats sur 3 600 prévus. L'Union africaine appelle les pays de la région à l'engagement. Un mandat de l'ONU, des casques bleus et les moyens financiers afférents pourraient attirer les bonnes volontés...

 

Laurent Fabius se rend à Bangui, où il rencontrera le président Djotodia qui a mis en fuite en mars l'ancien président François Bozizé : La Centrafrique, c'est un petit pays mais qui cumule toutes les difficultés et tous les malheurs. " On évoque 400 000 déplacés, des exactions aveugles et une situation humanitaire dramatique pour un million d'habitants au nord (sur 5 millions au total).

 

Le ministre s'entretiendra également avec les 600 Français restés à Bangui et les 400 soldats basés à l'aéroport. Pour l'instant, la présence militaire française ne change pas. La mission reste la sécurité de l'aéroport M'Poko de Bangui et la protection des intérêts et des ressortissants avec des patrouilles régulières.

 

Un plan d'intervention d'urgence est prêt de longue date (jusqu'à 700 hommes), comme fin mars lors du coup d'Etat où le dispositif était monté à 550 soldats grâce à des renforts venus de Libreville au Gabon. Un autre prévoit un large soutien d'une mission de maintien de la paix onusienne. Ce ne sera pas avant plusieurs mois.

 

Autour du 27e BCA (chasseurs alpins), une compagnie du 21e RIMa est arrivée le 2 octobre à Bangui pour relever les hommes du 16e BC. La France est depuis 2003 en soutien de l'opération africaine (MICOPAX devenue MISCA) sous le nom d'opération Boali.

 

Actuellement, la France veut surtout mobiliser la région, l'Afrique et l'ONU. Mettre en lumière le drame de la Centrafrique. Pas rejouer le Mali et le coup de l'opération Serval.

Centrafrique : relève française et visite de Laurent Fabius
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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 23:13

 

 

 

 

RFI  samedi 12 octobre 2013 à 04:30

 

L'ambassadeur centrafricain Charles-Armel Doubane auprès des Nations unies a été révoqué au mois de juillet dernier mais les procédures pour faire accréditer son successeur Dominique Nguérématchi n'ont pas été respectées. Le diplomate révoqué a donc continué à travailler pour préparer l'Assemblée générale des Nations unies et mobiliser la communauté internationale sur la crise centrafricaine. Le contentieux avec Bangui est né peu de temps après l'arrivée au pouvoir de Michel Djotodia. Charles-Armel Doubane avait refusé d'être nommé ministre des Affaires étrangères.

 

En juillet dernier, un premier décret, puis un second en septembre, révoquent l'ambassadeur. Mais les démarches entreprises pour faire accréditer son successeur auprès de l'ONU sont irrégulières et échouent donc. Pendant ce temps, la Centrafrique s'enfonce dans la crise. À New York, l'ambassadeur révoqué gère les affaires courantes, mais surtout prépare l'Assemblée générale des Nations unies.

 

Il est convenu que la délégation qui doit se rendre à New York sera conduite par le Premier ministre Nicolas Tiangaye, mais le président Djotodia fait le forcing pour être du voyage. Mais il est trop tard pour les démarches. L'ambassadeur Charles-Armel Doubane signale également que le président risque de ne pas obtenir de visa ou d'être interdit de tribune, comme ce fut le cas en 2009 pour le président malgache.

 

Félicité pour son travail

 

La présidence centrafricaine suspecte Charles-Armel Doubane de jouer contre elle mais lors du mini-sommet international sur la RCA, c'est lui qui accompagne la délégation centrafricaine, faute de nouvel ambassadeur. Charles-Armel Doubane reçoit des louanges pour son travail de sensibilisation à la gravité de la crise dans son pays. En aparté, le ministre des Affaires étrangères du Congo Brazzaville, pays médiateur en Centrafrique, s'insurge et interpelle même le Premier ministre en lui reprochant de limoger un fonctionnaire pour bons et loyaux services.

 

 

NDLR : On a beaucoup de mal à se faire une idée exacte sur ce que cherche ce Charles Armel Doubane. D’aucuns lui prêtent des ambitions présidentielles, ce qui est noble et légitime mais il n’y a pas qu’à ou de New York qu’on peut servir son pays alors que ce dernier a déçu ses amis et parrains qui avaient cru l’imposer comme ministre des affaires étrangères dans le second gouvernement de Nicolas Tiangaye post chute de Bozizé, portefeuille qu’il a refusé d’occuper pour protester contre un passage à tabac réel ou supposé dont il aurait été l’objet de la part de certains éléments de Séléka peu après leur entrée dans Bangui. Peu avant la chute de Bozizé également, Armel Doubane a prétendu avoir fait l’objet d’une tentative d’enlèvement en plein Bangui par les enfants de Bozizé qui l'avaient accusé de trahison de leur père. Toutes ces affaires réelles ou imaginaires le laissent apparaître et font inévitablement peser sur le personnage des soupçons de mythomanie et de soif de « victimisation ». Il n’est pas inutile de rappeler enfin que Charles Doubane a servi aussi et surtout longtemps, comme conseiller diplomatique du même Bozizé avant d’être nommé ambassadeur aux Nations Unies à New York par celui-ci. 

Imbroglio diplomatique autour de l'ambassadeur de Centrafrique à l'ONU (RFI)
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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 23:10

 

 

 

 

LE MONDE  11.10.2013 à 10h51  • Mis à jour le  11.10.2013 à 11h02  Par Alexandra Geneste (New York, Nations unies, correspondante)

 

La détermination de la France a eu raison de l'indifférence générale concernant la République centrafricaine (RCA), qui sombre dans l'anarchie depuis le renversement du président Bozizé en mars dernier par la coalition rebelle la Séléka.

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité, jeudi 10 octobre, une résolution française ouvrant la voie, d'ici à quelques mois, au déploiement de casques bleus dans ce pays en proie à des tensions interconfessionnelles.

 

La machine onusienne lancée, reste à convaincre les quatorze autres pays membres du Conseil de la nécessité de ce scénario, qui aurait l'avantage de ne pas faire apparaître la France en "première ligne". C'est bien là l'inquiétude qui prévaut à Paris. "Pas question d'envoyer la grosse cavalerie comme au Mali", avance un diplomate.

 

La résolution se contente pour l'instant de soutenir les efforts de l'Union africaine(UA), engagée à sécuriser le pays. Les quelque 2 500 soldats africains de la Misca (Mission internationale de soutien en Centrafrique), issus du Tchad, du Congo, du Gabon et du Cameroun, devraient être rejoints prochainement par des renforts faisant porter leur nombre à 3 600. L'idée de transformer cette mission en opération de maintien de la paix est citée dans le texte comme l'une des options envisageables de "soutien international à la Misca".

 

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a trente jours pour soumettre ses recommandations. Ce vote est un "premier pas de mobilisation politique", a souligné l'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud, qui ne manque pas de rappeler combien la communauté internationale, "est souvent ignorante de ce qui se passe" en RCA. "Merci pour votre vote crucial qui rend au peuple de la Centrafrique son humanité", a déclaré aux quinze pays membres du Conseil de sécurité l'ambassadeur centrafricain Charles-Armel Doubane.

 

PRÉCÉDENT SOMALIEN

Sur la base du rapport du secrétaire général de l'ONU, une nouvelle résolution devra être adoptée pour décider des modalités de ce soutien. L'ONU a trois possibilités : offrir un "paquet" de soutien logistique financé par ses soins – fourniture de moyens lourds (avions, hélicoptères), apport de carburant, nourriture, équipements –, ouvrir un compte, comme elle l'avait fait pour financer la force panafricaine au Mali, ou encore créer une 16e opération de maintien de la paix.

 

La première option étant refusée par les Etats-Unis, échaudés par l'expérience coûteuse de l'Amisom, la mission de l'UA en Somalie, seules les deux autres sont a priori possibles et ne s'excluent pas l'une l'autre. D'où la probabilité d'une action en deux temps, à l'instar de ce qui avait été fait au Mali : l'ONU laisserait les acteurs régionaux s'impliquer dans un premier temps pour prendre le relais ensuite. Un dialogue entre l'UA et les Nations unies a déjà commencé, affirme Gérard Araud, notamment lors de la visite récente du Conseil de sécurité dans la région des Grands Lacs.

 

A Paris, alors que le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, est attendu dimanche à Bangui, on estime que "l'Afrique a la volonté mais pas la capacité de régler" la crise centrafricaine. La France, qui dispose de 450 soldats en RCA, réfléchit à une augmentation de ses effectifs, et pourrait s'inspirer de son action en Côte d'Ivoire, où la force "Licorne" soutient l'ONU, selon l'ambassadeur français, qui précise : "Je peux vous dire que le modèle de l'opération "Serval" au Mali est un modèle exclu."

Lu pour vous : La France obtient une résolution onusienne sur la Centrafrique
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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 22:58

 

 

 

Le billet  de PATRICK BESSON

 

Le Point - Publié le  10/10/2013

 

L'écrivain, journaliste et cavalier Jean-Louis Gouraud (La bride sur le couActes Sud, 19 euros) a deux chagrins d'amour : son pays et la Centrafrique. Heureusement qu'il y a les chevaux pour le consoler. Ils sont au pré dans sa propriété du Gâtinais et aux murs dans son appartement de la rue Duguay-Trouin (Paris 6e). "La seule rue de Paris en forme de fer à cheval", se plaît-il à dire. C'est là que nous dînons chinois, ce soir, avec l'ancien président de la Centrafrique François Bozizé. Je ne devrais pas dire l'ancien car il n'y en a pas de nouveau, puisqu'il n'y a pas eu d'élections. Depuis le sommet de La Baule, en 1990, les présidents africains sont élus démocratiquement. Exemple récent : Paul Kagame, réélu président du Rwanda avec plus de 93 % des voix, sacre bizarre qui n'a ému aucune grande conscience morale occidentale. J'ai un faible pour Kagame - l'homme qui place la lecture avant l'amitié dans la liste de ses priorités humaines et qui se cache chaque jour pour manger son assiette de riz - mais, tout de même, je m'interroge. J'admets que j'aurais voté pour lui, d'une part parce qu'il était l'unique candidat encore vivant, d'autre part parce que c'est le seul homme politique dont les interviews me font rire. Je crois que, dans la presse française, c'est, avec les lectures de Beigbeder dans Le Figaro Magazine et les outrages de Bedos dans Elle, ce que je préfère lire.

 

François Bozizé, 67 ans. Calme du militaire dans l'élégance du sapeur. Un Africain ne sort jamais sans sa veste, surtout s'il vient d'en prendre une dans son pays. Élu deux fois démocratiquement président de la Centrafrique. A quitté Bangui le 23 mars 2013, sur l'insistance de l'ambassadeur de France, dont j'ai oublié le nom. On oublie le nom des ambassadeurs de France, sauf quand ils écrivent de la poésie. Les Centrafricains n'ont pas eu de chance : le pillage de leur pays et le massacre de leur population ont commencé au plus fort de la crise syrienne. La Syrie, c'est plus près de la France que la Centrafrique. Les Rwandais ont eu le même problème en 1994 : la guerre en ex-Yougoslavie a masqué leur génocide. Il ne peut pas y avoir deux massacres dans le même journal télévisé, c'est technique. Heureusement que la diplomatie russe a calmé le jeu au Moyen-Orient : du coup, les caméras ont pu se tourner vers Bangui et nous avons enfin mesuré l'étendue du drame vécu par les Centrafricains. Dans ce pays où il n'y avait pas grand-chose, il n'y a plus rien. "Les voyous de la Seleka ont même volé les portes, les fenêtres, les chaises", raconte Bozizé. Il n'y a plus de chaises en Centrafrique, du coup tout le monde est obligé de s'asseoir sur le sol maculé du sang des victimes de la Seleka. J'imagine les marchés soudanais et tchadiens : échoppes remplies de portes, de fenêtres et de chaises centrafricaines. Ça doit être encombrant. 80 % des miliciens de la Seleka, dont le nombre est estimé à 5 000 dans Bangui et à 15 000 en brousse, sont des étrangers venus des pays voisins, notamment le Tchad. Ce n'est pas une guerre civile, c'est une invasion, et elle a lieu avec une barbarie innommable. Bozizé, désemparé devant le désastre et son riz cantonais. Se sent trahi par ses voisins qui étaient ses amis : Deby, Nguesso, Bongo. Ne comprend pas pourquoi ils ont laissé faire un tel saccage. On venait de trouver du pétrole en Centrafrique et les Chinois allaient commencer un forage. Hasard du calendrier ? François Bozizé se lève. Demain, il part pour Bruxelles. On lui conseille en haut lieu, dit-on, de quitter la France. Victime, donc coupable ? Un président africain francophone, ayant fait ses études à l'École de guerre, démocratiquement élu à deux reprises, chassé du pouvoir par un putsch pensé et organisé d'un pays voisin, devrait au contraire être protégé par la France avant d'être rétabli, si besoin à la faveur d'une nouvelle élection, dans ses droits et prérogatives. Bozizé revient : son chauffeur a disparu avec la voiture. On retrouvera les deux quelques minutes plus tard, mais on a eu chaud.

 

Source : http://www.lepoint.fr/editos-du-point/patrick-besson/bangui-la-croquee-10-10-2013-1741174_71.php

 

 

NDLR : En clair, Bozizé a bel et bien été foutu à la porte du territoire français par les autorités françaises. Cela dit, c’est atterrant de lire encore la prose de certains de ses amis fidèles qui, contre toute raison, croient devoir toujours prendre la défense de celui-là même qui en décembre 2012, commanditait tranquillement le caillassage de l’ambassade de France à Bangui et ordonnait qu’on brûlât le drapeau tricolore. L’ambassadeur de France à Bangui dont l’auteur de ce papier qui distille bien pourtant les confidences de Bozizé - notamment sa version de sa chute -  feint d’ignorer le nom, s’appelle Serge Mucetti. L’auteur aurait très bien pu demander le nom de cet ambassadeur à Bozizé avec qui il a dîné chinois… C'est à se demander à combien de millions d'euros Bozizé a pu acheter tous ses avocats ...!  

Lu pour vous dans Le Point : Bangui la croquée
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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 22:38

 

 

 

 

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius se rend dimanche en Centrafrique, pays au bord du gouffre livré aux pillards et menacé d'implosion, pour braquer les projecteurs sur une crise que la France veut voir réglée par la communauté internationale. Dans ce dossier africain longtemps éclipsé par le Mali, Paris est en position d'équilibriste: en première ligne compte tenu des liens historiques avec son ex-colonie et de sa présence militaire sur place, mais désireux d'impliquer l'Afrique et l'ONU pour tenter de régler une situation explosive à tous égards.

 

Pays parmi les plus pauvres du monde et en crise depuis des années, la République centrafricaine s'est enfoncée dans la violence et le chaos depuis la chute en mars du président François Bozizé, renversé par une coalition hétéroclite de rebelles, la Séléka, aujourd'hui officiellement dissoute. Le pays est livré à des chefs de bande et des mercenaires étrangers, l'Etat s'est effondré et les violences menacent de prendre un tour religieux entre chrétiens, qui constituent la majorité de la population de 5 millions d'habitants, et musulmans.

 

«Cocktail explosif»

 

Des affrontements entre hommes de la Séléka et paysans exaspérés par les exactions des ex-rebelles ont encore fait des dizaines de mort en début de semaine dans le nord-ouest. «La Centrafrique c'est un petit pays mais qui cumule toutes les difficultés et tous les malheurs», déclarait récemment Laurent Fabius, rappelant les exactions, viols, meurtres, les 400.000 déplacés et le tiers de la population ayant besoin d'une aide humanitaire d'urgence.

 

«Il y a un cocktail explosif en Centrafrique, et nous craignons que ce pays ne crée un appel d'air pour tous les groupes armés de la zone», souligne une source diplomatique française, évoquant la présence de mercenaires tchadiens et soudanais, de la sanglante rébellion ougandaise Armée de résistance du Seigneur (LRA). Sans compter la probable arrivée de jihadistes chassés du Mali ou d'éléments de la secte nigériane Boko Haram. «C'est le bordel», résume cette source, estimant toutefois qu'il est «encore temps d'agir».

 

Paris n'exclut pas d'augmenter le nombre de ses soldats, jusqu'à 700 hommes

 

Lors de sa visite de quelques heures à Bangui dimanche, Laurent Fabius rencontrera le président Michel Djotodia, ancien chef de la Séléka qui tente désormais de prendre ses distances avec ses compagnons d'armes, et le Premier ministre Nicolas Tiangaye. Il compte insister sur la nécessité de respecter la feuille de route qui prévoit une transition de 18 mois. Il s'entretiendra également avec les représentants de la communauté française - il reste moins de 600 Français à Bangui -, verra les militaires français -400 hommes basés à l'aéroport- ainsi que les représentants de la Misca la force africaine déployée en Centrafrique, qui doit compter à terme 3.600 hommes mais dont seuls 2.000 sont déployés sur le terrain jusqu'à présent.

 

Cette visite interviendra trois jours après le vote à l'ONU d'une résolution initiée par la France, qui ouvre la porte à l'envoi de Casques Bleus en Centrafrique d'ici plusieurs mois. «Ce n'est pas évident, car la RCA n'intéresse pas, les gens savent à peine où c'est. Mais nous ne voulons plus du face à face entre la France et l'Afrique, nous voulons régler ces crises collectivement. Notre boulot, c'est de mobiliser la région, l'Afrique, et l'ONU, car si on agit collectivement, on peut régler cette crise», insiste une source diplomatique.

 

Paris n'exclut pas d'augmenter à l'avenir le nombre de ses soldats, jusqu'à 700 hommes, mais «nous serons là en appui» d'une force ayant un mandat clair et robuste, souligne-t-on. La France essaye également de mobiliser ses partenaires européens et les convaincre de mettre la main au portefeuille.

 

«La RCA est sur le radar, c'est déjà ça. Mais pour le moment ni la France ni les Africains de la Misca n'ont vraiment l'envie d'aller faire le coup de feu, et le gouvernement de Djotodia flotte. Or tant que la situation sécuritaire n'est pas réglée, il n'y a rien qu'on puisse faire», estime Thierry Vircoulon, de l'International Crisis Group.

 

 Avec AFP

 

Source : http://www.20minutes.fr/monde/1235085-20131011-fabius-rend-dimanche-centrafrique-bord-implosion

 

La France veut que la crise qui frappe le pays soit réglée par la communauté internationale...
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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 22:29

 

 

 

vendredi 11 octobre 2013 , par Philippe Leymarie

 

Source : http://blog.mondediplo.net/2013-10-11-Objectif-Bangui

 

Malgré la désillusion syrienne, Paris ne désarme pas. A peine digérée l’équipée malienne — il reste encore 2 800 militaires français dans ce pays — un autre objectif est en vue : la République centrafricaine (RCA), pays présenté par le président François Hollande, à la tribune des Nations unies le mois dernier, comme « en voie de somalisation ». Et à propos duquel les diplomates français ont réussi à faire adopter à l’unanimité jeudi soir, par le Conseil de sécurité, à New York, une résolution sur l’envoi de casques bleus.

 

Personne ne doute de la gravité de la situation en Centrafrique, où l’Etat est plus faible et absent que jamais. Pour Paris, la RCA peut devenir un autre foyer de désordre régional, voire une nouvelle Mecque du terrorisme, comme l’avait été le nord du Mali ou ce qu’est encore la Somalie. Ce qui n’était, pratiquement depuis l’accession du pays à l’indépendance en 1960, qu’instabilité chronique, a débouché ces derniers mois sur un dangereux chaos, sur fond de concurrence entre seigneurs de la guerre, d’incidents entre éleveurs et agriculteurs, voire d’affrontements à connotation religieuse, avec des centaines de victimes, un demi-million de personnes déplacées, etc.

 

Le régime tchadien d’Idriss Deby, qui soutenait militairement le président déchu de la RCA, le général François Bozizé, en participant à la Force multinationale des Etats d’Afrique centrale (Fomac), a fini par le lâcher. De même que la France (qui de toute façon ne fait plus la pluie et le beau temps à Bangui), et que le gouvernement soudanais, qui commençait à craindre que la déstabilisation de son voisin centrafricain ne contamine le Darfour, ou que le pays ne serve de base-arrière à ceux qui ont lancé ces dernières années à Khartoum deux tentatives de prise du pouvoir par les armes .

 

Coupeurs de route

 

Mais la Seleka — la coalition hétéroclite qui avait ravi le pouvoir au général Bozizé en mars 2013 — n’est pas parvenue à s’imposer : elle fait surtout parler d’elle en termes d’exactions et de pillages, faisant cause commune avec des miliciens soudanais, tchadiens, ou libyens accourus dans ce pays sans Etat, sans cohésion nationale, où les brigands, coupeurs de route et autres rançonneurs peuvent exercer librement leurs talents. La rébellion au pouvoir a été officiellement dissoute, et ses quelque 15 000 ex-combattants, parmi lesquels une forte proportion d’étrangers (tchadiens, soudanais), doivent être désarmés — mais selon des modalités qui sont encore controversées.

 

Lire « Agonie silencieuse de la Centrafrique » dans Le Monde diplomatique d’octobre 2013, en kiosques. La nomination le 8 octobre dernier, par le président Michel Djotodia et son premier ministre Nicolas Tiangaye, d’une dizaine de nouveaux commandants militaires de région est supposée favoriser un retour à l’ordre : les contingents déployés dans chaque zone devraient mêler des militaires des anciennes forces armée (les FACA), et des éléments de l’ex-Seleka intégrés dans le rang. Le but serait de rassurer les populations, qui organisent déjà dans certaines localités des milices d’autodéfense. Mais la mise en œuvre de cette mesure risque d’être malaisée.

 

Opération anti-anarchie

 

Pour la diplomatie française, le vote de jeudi soir est un peu un « lot de consolation ». Mais l’essentiel pour Paris est bien, cette fois, de ne pas se retrouver en pompier unique, et même si possible de ne pas apparaître comme le pompier en chef. Compte tenu des précédents libyen et malien, et du caractère cette fois plus sécuritaire que militaire de la situation en RCA, l’« africanisation » de l’opération s’impose. Ce qui permettrait à la France de jouer surtout un rôle de « catalyseur », plus confortable et moins exposé politiquement que lors de l’opération Serval au Mali.

 

Il s’agirait d’une intervention de type « rétablissement de la sécurité » qui vise avant tout à mettre fin à l’anarchie, et non — comme au Mali — à combattre un adversaire prêt à en découdre. Selon la résolution adoptée jeudi soir, le secrétaire général Ban Ki-moon a trente jours pour présenter un plan d’intervention des casques bleus. Une seconde résolution sera alors soumise au vote du Conseil de sécurité : il s’agira de donner le feu vert à cette opération qui sera régie par le « chapitre VII », autorisant le recours à la force.

 

Dans l’immédiat, l’ONU accorde son soutien politique aux forces des pays d’Afrique centrale déployées sous la bannière de l’Union africaine : elles comptent 1 300 hommes aujourd’hui, et devraient être portées à 3 500 d’ici la fin de l’année, à mesure que les contingents tchadiens, gabonais, camerounais déjà présents en Centrafrique seront renforcés.

 

Réaction rapide

 

L’implication des militaires français sera surtout fonction de ce que les militaires africains ou les futurs casques bleus endosseront comme rôle. Elle prendrait concrètement la forme :

- d’un simple maintien du contingent militaire français actuel (450 hommes, présents en majorité sur la zone de l’aéroport de Bangui). L’opération Boali avait été montée en soutien au contingent de paix interafricain (Micopax), mais a pour but de garantir la sécurité et une éventuelle évacuation des ressortissants français et européens ; 


- ou d’un renfort de ce dispositif jusqu’à 750 hommes, pour appuyer la nouvelle Mission internationale de soutien à la RCA (Misca) constituée actuellement de 1 300 militaires tchadiens, gabonais, congolais et camerounais, mais qui devrait monter en puissance ; 
- ou de l’organisation d’une « force de réaction rapide », susceptible de s’étoffer en cas de coup dur, grâce à des apports venus des bases françaises de N’Djamena et Libreville ; 


- ou — ce qui serait le plus simple et efficace sur le plan technique, mais le plus difficile politiquement — d’une opération de sécurisation rapide, pour ramener l’ordre dans la capitale et rouvrir les grands axes de circulation, avec 1 200 hommes, sous mandat de l’ONU, mais franco-française, avec des moyens et un commandement autonomes.

D’ici fin décembre, les soldats africains de la Misca risquent d’être en première ligne : une cinquantaine de personnes ont encore été tuées, des dizaines d’autres blessées dans des affrontements, mardi 8 octobre, entre d’ex-rebelles Seleka et des groupes d’autodéfense dans le nord-ouest du pays.

Objectif Bangui par Philippe Leymarie
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