Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 23:39

 

 

6 mai 2015 - MAP-LE MATIN  - 08h25

 

La Présidente de Transition de la République centrafricaine (RCA), Catherine Samba Panza, a accordé, mardi au Palais de la Renaissance, siège de la Présidence à Bangui, une audience à l'ambassadeur représentant permanent du Royaume du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilale, en sa qualité de Président de la Configuration République centrafricaine de la Commission de la Consolidation de la Paix des Nations unies.

 

Ont assisté à cette audience le ministre des Affaires étrangères de la RCA, Toussaint Doudou, ainsi que le représentant spécial du secrétaire général de l'Onu en RCA, Babacar Gaye, indique un communiqué de la mission diplomatique du Maroc à l'Onu parvenu à la MAP à New York.

 

L'ambassadeur Hilale a félicité la Présidente de Transition pour son «abnégation, son ferme engagement et son rôle personnel pour la résolution de la crise, ainsi que pour la tenue du Forum de Bangui, étape cruciale du processus de transition».

 

Il l'a briefé sur les actions de la Configuration République centrafricaine, visant à maintenir cette crise au cœur des préoccupations de la Communauté internationale, à mobiliser les Institutions financières internationales et à œuvrer à la coordination des activités des partenaires internationaux. 

 

Il lui a, également, réitéré le soutien constant du Royaume du Maroc à la RCA, et la volonté de poursuivre et d'intensifier ce soutien, poursuit le communiqué. 

 

Pour sa part, la Présidente de la Transition s'est félicitée de la volonté des Nations unies de demeurer aux côtés de la RCA dans ces temps difficiles de son histoire. Elle a remercié le Président de la Configuration pour ses efforts de sensibilisation en faveur de son pays. 

 

Catherine Samba Panza a, également, rappelé les liens historiques entre les deux pays et la solidarité du Royaume avec son pays.

 

Elle a exprimé sa «gratitude à Sa Majesté le Roi pour avoir maintenu l'ambassade du Royaume ouverte au plus fort de la crise, alors que d'autres pays avaient fermé les leurs, ainsi que pour le maintien de la ligne de la Royal Air Maroc». 

 

Elle a, de même, réitéré le «soutien historique ferme et constant de son pays à la question du Sahara marocain», rappelant sa déclaration, à cet égard, devant l'Assemblée Générale des Nations unies en septembre dernier.

 

Les discussions ont, également, porté sur les débats en cours du Forum de Bangui, les prochaines échéances du processus de transition ainsi que les défis de développement et de financement auxquels son pays fait face. 

 

Par ailleurs, Omar Hilale a eu des entretiens avec les ministres des Affaires étrangères, de l'Economie, de la Justice, de la Sécurité publique ainsi qu'avec le président du Conseil national de transition. 

 

Tous les responsables centrafricains ont remercié Omar Hilale et la Configuration RCA pour leur engagement en faveur de leur pays et ont exposé les besoins prioritaires de leurs Départements respectifs. 

 

Ils ont, également, exprimé leur reconnaissance au Royaume du Maroc pour son appui permanent ainsi que son partenariat solidaire avec leur pays dans tous les domaines.

 

http://www.lematin.ma/express/2015/palais-de-la-renaissance-a-bangui_--omar-hilale-recu-par-la-presidente-de-la-rca/223354.html#sthash.EeOkTx5N.dpuf

 

Palais de la Renaissance à Bangui : Omar Hilale reçu par la Présidente de la RCA
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 22:52

 

 

06/05/15 (France 24)

 

Une semaine après la révélation de soupçons de viols sur des enfants par des soldats français en Centrafrique, le ministère de la Défense organisait mardi 5 avril une première conférence publique sur le bilan de l’opération Sangaris.

 

"L’opération Sangaris est un cas à part pour l’armée française." Le général Patrick Brethous sait de quoi il parle. Commandant du Centre de planification et de Conduite des Opérations (CPCO) de l’armée, c’est lui qui fait remonter au président de la République les informations concernant les forces françaises engagées en Centrafrique au sein de l'opération Sangaris.

 

Le général était le premier, mardi 5 mai, à s’exprimer dans le cadre d'un cycle de quatre conférences ouvertes au grand public, entre mai et juin à l’École militaire de Paris, sur l’intervention de l’armée française dans ce pays en proie à une guerre civile depuis fin 2013. Un an et demi après son déclenchement, le chef d’état-major fait le pari d'expliquer aux civils l’opération Sangaris, comme il l’avait fait pour Serval au Mali.

 

"Les objectifs initiaux ont été atteints en Centrafrique"

 

"L’opération Sangaris avait été bien préparée en amont", affirme le général Brethous expliquant, schéma à l’appui, que l’état-major suivait le théâtre centrafricain depuis 2012. Le militaire aborde méticuleusement toutes les phases décidées à Paris : les 1 200 hommes envoyés dès décembre 2013 à Bangui, ses échanges permanents avec le général Soriano, commandant sur place de la force Sangaris et l’élargissement "non prévu" du dispositif à 2 000 hommes pour sécuriser la partie est du pays. Une façon de rendre des comptes pour une opération jugée par certains onéreuse (250 millions d’euros).

 

Mais pour le général Brethous, peu importe. "Sangaris atteint ses objectifs initiaux tout en s’adaptant aux contraintes", affirme t-il. La Centrafrique a retrouvé une certaine stabilité, ce qui permet de relancer les initiatives politiques, telles que le Forum de Bangui, le 4 avril dernier, mais aussi de programmer le retrait progressif d’environ 1 000 soldats français d’ici là fin de l’année. Ils laisseront place à la Minusca, la force de maintien de la paix placée sous l'égide de l’ONU.

 

L’après-rapport sur les soupçons de viols sur mineurs

 

Hasard du calendrier, la conférence, fixée de longue date, tombait quelques jours après la révélation de présumés abus sexuels sur des mineurs centrafricains commis par des soldats français début 2014, au tout début de l’opération Sangaris. La question, abordée par un spectateur, jette un froid. "Je n’ai pas envie de parler de ça aujourd’hui, tout a déjà été dit [par le porte-parole de l’armée la semaine dernière, NDLR] et ces allégations n’ont pas été confirmées", explique le général Bréthous. "Cela a-t-il un impact sur la gestion des troupes encore déployées à Bangui ?" demande un autre spectateur.

 

Là encore, pas de réponse. L’armée ne souhaite se prononcer ni sur les faits, ni sur les conséquences. Ce serait déjà concéder que ces derniers ont eu lieu.

 

Ce que le général veut bien admettre, c’est que les médias ont provoqué un changement dans le mode de communication du centre du CPCO. "Nous sommes obligés de prendre en compte ‘la dictature’ des bandeaux télévisés et de rendre des comptes en temps réels aux dirigeants politiques avant qu’ils ne l’apprennent par les journalistes", explique t-il. Un casse-tête permanent pour celui qui gère cinq opérations à l’échelle internationale.

 

"Il faut être fier de notre armée"

 

La rencontre est aussi l’occasion pour le militaire de rappeler que "la France a une aura légitime militairement", en citant, outre la présence française en Centrafrique (toujours 1 700 hommes), celle au Sahel (3 500) ou en Afghanistan-Tadjikistan (200). "Il faut être fier de notre armée qui a la caractéristique de pouvoir rapidement s’engager sur plusieurs théâtres", constate t-il.

 

La rhétorique sonne comme une demande d’appui du grand public à l'armée, alors que le budget des opérations extérieures françaises a explosé avec un surcoût d’un milliard d’euros en 2014. François Hollande a, en outre, tranché la semaine dernière pour un effort financier, contre l’avis de Bercy. Une première après plusieurs années de baisse du budget de l’armée française, qui devrait permettre, selon le ministère de la Défense, de sauvegarder 18 500 postes.

 

S’il rappelle que cinq soldats français ont trouvé la mort en Centrafrique, et plusieurs dizaines d'autres ont été blessés, le général Brethous conclut que "Sangaris et l’armée française ont été une chance pour la Centrafrique". L’inverse est probablement aussi vrai.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 22:31

 

 

 

Communiqué de presse

 

Le Forum National de Bangui, convoqué à l’objet de faire une analyse sans complaisance des causes de la crise centrafricaine afin de lui trouver des solutions adéquates, n’a pas vocation à être érigé en procès des uns par les autres.

 

Les déclarations faites par les Chefs d’Etat ainsi que certaines personnalités à l’ouverture de ce forum l’ont très clairement réaffirmé.

 

En dépit de cette observation, certains compatriotes se sont employés à transgresser cette prescription pour désigner à la vindicte populaire certains leaders politiques, sans apporter la moindre preuve de leurs accusations, comme si eux-mêmes voulaient se disculper de leurs nombreux crimes.

 

La tribune du Forum ne saurait être saisie par pure opportunisme par les auteurs  des crimes pour lesquels ils répondront devant les juridictions nationales et internationales.

 

Si dans un souci de réconciliation, on peut accepter de partager la responsabilité de la crise centrafricaine, cela ne veut pas dire qu’on en porte individuellement la responsabilité pénale.

 

Les compatriotes doivent refuser de céder aux démons de la vengeance pour donner ses chances au forum de permettre à notre pays de sortir de la situation dans laquelle il se trouve.

 

Faire autre chose c’est décevoir l’espérance de nos compatriotes  en un avenir différent de la réalité qu’ils vivent aujourd’hui.

 

Fait à Bangui, le 6 mai 2015

 

Pour la cellule de communication

du candidat Martin ZIGUELE

 

Christophe NDOUBA

 

Communiqué de presse de la cellule de communication du candidat Martin ZIGUELE
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 22:20

 

 


Bangui AFP / 06 mai 2015 21h14 - La Centrafrique va engager des poursuites contre des militaires français soupçonnés de viol d'enfants à Bangui, a déclaré mercredi à l'AFP le ministre de la Justice Aristide Sokambi, lors de la première réaction officielle du gouvernement centrafricain à ce sujet.


Des poursuites vont être engagées (...) c'est quand même des actes très graves (...) J'insiste sur le fait qu'il ne faut pas d'amalgame, ce n'est pas Sangaris, ce n'est pas la France. C'est des individus, c'est des militaires et c'est contre ceux-là que nous nous insurgeons, a affirmé le ministre à propos des accusations de viols sur mineurs commis en 2014 dans un camp de déplacés, situé près de l'aéroport M'Poko et du camp de l'opération militaire française Sangaris.


Nous déplorions le fait de ne pas avoir été associé à ces investigations alors que nous avons des accords de coopération avec la France. Donc, j'ai instruit le procureur de la République pour ouvrir une enquête, puis essayer de prendre les éléments qui sont déjà à la disposition de la partie française afin de suivre cette affaire qui est en fait extrêmement grave, a-t-il précisé.


Le ministre a regretté que son pays n'ait pas été alerté par la partie française. Le pays aurait dû être associé parce que tel que les accords le prévoient, nous devons ensemble faire les investigations, a-t-il dit, avant de conclure: mais je pense que le plus important est que la vérité soit faite sur cette affaire.


Selon une source judiciaire française, 14 soldats français sont mis en cause dans cette affaire potentiellement désastreuse pour l'image de la France et de son armée en Afrique, dont certains, très peu selon cette source, ont été identifiés par l'enquête, ouverte en France fin juillet 2014 et toujours en cours.


Le 30 avril, le procureur de la République centrafricain Ghislain Grésenguet avait annoncé avoir ouvert une enquête dans son pays: Nous allons prendre contact avec le bureau des Nations unies chargé de cette affaire et les autorités françaises pour leur demander de nous communiquer les documents y afférant.


Une enquête interne a été menée à notre insu alors que les victimes sont à Bangui (...) Des ONG et organes de l'ONU sont descendus sur le terrain sans nous informer, nous n'avons pas compris pourquoi, avait-t-il accusé.


Après les révélations du quotidien britannique The Guardian, le ministère français de la Défense a expliqué avoir été saisi de témoignages d'enfants centrafricains accusant d'agressions sexuelles des militaires français de l'opération Sangaris.

Ces témoignages ont été recueillis par des personnels de l'ONU déployés en Centrafrique. Ils retracent des faits qui auraient été commis sur une dizaine d'enfants, sur le site de l'aéroport de M'Poko (à Bangui), entre décembre 2013 et juin 2014, précisait le ministère de la Défense français, qui dit avoir pris et prendra toutes les mesures nécessaires pour permettre la manifestation de la vérité.



(©)

 

 

Accusations de viols en Centrafrique: un tribunal de l'ONU ordonne la réintégration du lanceur d'alerte

 

06/05/15 (AFP)

 

Un tribunal interne à l'ONU a ordonné la réintégration du travailleur humanitaire suédois Anders Kompass qui avait été suspendu par l'ONU pour avoir transmis à la France le rapport révélant les accusations de viols d'enfants par des soldats français en Centrafrique en 2014.

 

Le jugement du Tribunal du contentieux administratif des Nations unies a été rendu mardi. M. Kompass "a donc repris du service", a déclaré mercredi à l'AFP une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.

 

Le cadre suédois continue malgré tout de faire l'objet d'une enquête interne de l'ONU qui l'accuse d'avoir transmis un document confidentiel, sans même avoir pris la précaution d'enlever les noms des victimes présumées, et d'avoir court-circuité ses supérieurs.

 

Mais le Tribunal du contentieux administratif de l'ONU a estimé que le fait que M. Kompass soit réintégré à son poste ne va pas nuire à l'enquête.

 

M. Kompass, directeur des opérations du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, avait été placé en congé administratif avec plein salaire le 17 avril pour avoir transmis à l'été 2014 ce rapport confidentiel à la France.

 

Ces témoignages ont été recueillis par des personnels de l'ONU déployés en Centrafrique. Ils "retracent des faits qui auraient été commis sur une dizaine d'enfants, sur le site de l'aéroport de M'Poko (à Bangui), entre décembre 2013 et juin 2014", selon le ministère de la Défense français.

 

Ces accusations ont justifié l'ouverture d'une enquête préliminaire en juillet 2014 à Paris, restée secrète jusqu'à ce qu'un article du quotidien britannique The Guardian révèle l'affaire fin avril.

 

D'après le jugement du Tribunal du contentieux administratif des Nations unies, que l'AFP a pu consulter, M. Kompass dit avoir reçu à la mi-juillet une copie du rapport de l'ONU. Il dit en avoir parlé le 23 juillet avec un représentant de la mission française auprès de l'ONU à Genève.

 

Il affirme en avoir informé peu après le Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l'Homme à Genève et avoir transmis une copie du rapport aux autorités françaises le 7 août.

 

Mais l'ONU réfute cette version des faits.

 

Toujours d'après le jugement, le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme assure que ce n'est que le 6 mars 2015 qu'il a été informé que M. Kompass avait fait fuiter le rapport.

 

Une chose semble sûre: le 12 mars, M. Kompass a été prié de démissionner. Ce à quoi il s'est opposé. Le 17 avril, l'ONU l'a suspendu, et le 29 avril M. Kompass a demandé l'annulation de cette suspension.

 

 

Viols en RCA: ce que l’on découvre dans le rapport de l’ONU

 

Par RFI 06-05-2015 à 21:23

 

En Centrafrique, RFI a pu se procurer le rapport d'enquête de l'ONU relatif aux viols présumés commis par des soldats français à Bangui. Un rapport accablant. Le nombre de détails qui pourraient permettre d'identifier les agresseurs présumés est impressionnant.

 

Les six pages du rapport sont barrées d'un grand encart « Confidential ». Intitulé « Sexual Abuses on children by international armed forces [Abus sexuel sur enfants commis par des forces armées internationales, ndlr] », le rapport d’enquête contient six interviews d’enfants : quatre d’entre eux disent avoir été abusés sexuellement par des soldats et deux autres ont été témoins des scènes et les décrivent aux enquêteurs de l’ONU et de l’Unicef. La précision des détails est incroyable.

 

Il n’est pas possible de tous les dévoiler par souci de protection des enfants notamment, mais un exemple est particulièrement parlant. L’un des garçons âgés de neuf ans raconte qu’un soldat français lui aurait montré une vidéo pornographique sur son téléphone avant de lui demander de faire la même chose en échange de rations de nourriture. Tenaillé par la faim, l’enfant dit s'être exécuté et avoir fait une fellation au militaire.

 

Ces abus sexuels répétés ont été commis entre le mois de décembre 2013 et mai 2014. Parfois par des soldats seuls en poste, donc sans témoin direct, mais le plus souvent les enfants interrogés font état de plusieurs militaires présents pendant les actes sexuels. Comme Maurice et Gaston* qui décrivent une scène qui se serait produite à la fin du mois de mars. « L'un des soldats était petit, l'autre était maigre et fumait beaucoup. Nous leur avons dit que nous avions faim. L'homme le plus petit nous a dit de sucer son bangala [pénis, ndlr] d'abord. J'étais effrayé, mais j'ai accepté. Il a sorti son sexe de son pantalon juste en face de ma bouche. Après ça, il nous a donné trois rations et de l'argent ».

 

En plus des détails sur les actes sexuels pratiqués, ce sont les précisions sur les agresseurs présumés qui surprennent. Une des victimes présumées décrit ainsi l’exact emplacement du tatouage d’un militaire français. Une autre parle d’un soldat avec un gros grain de beauté à côté de l’œil gauche. En plus de tout cela, les enquêteurs ont récolté des noms, des surnoms, mais aussi des compétences militaires. Ainsi, selon les enfants interrogés, certains des agresseurs seraient des snipers positionnés à un moment donné de la crise sur le toit de l’aéroport Mpoko.

 

Quatorze militaires mis en cause par le rapport de l'ONU

 

Ces actes abjects, condamnés fermement par François Hollande, se sont a priori produits à plusieurs reprises et on peut s'interroger sur l'éventuelle complicité d'autres militaires français. Dans le rapport, un des enfants témoin des scènes de viol décrit des fellations répétées pour un militaire de Sangaris qui se surnommerait lui-même « Batman ». L'enfant parle aussi du collègue de ce soldat qu'il surnomme « Yo yo ». Car en Sango, la langue locale en Centrafrique, « yo yo » veut dire « vite vite. » Ce soldat prévenait toujours Batman quand d'autres militaires approchaient, pour éviter de se faire prendre.

 

D'autres témoignages tendent à démontrer que les soldats français incriminés n'avaient aucunement peur de se faire attraper. Pacôme* raconte qu'un soldat de Sangaris qui était stationné dans l'abri de la tour de contrôle de l’aéroport lui a demandé une fois de pratiquer une fellation. Mais l'enfant a refusé et dit qu'il « allait prévenir M. Alexis [Alexis Nguitté, l'homme a l'origine du rapport d'enquête de l'ONU, ndlr]. Le militaire aurait répondu : « Tu peux dire à M. Alexis que j'ai dit aux enfants de venir sous l'abri pour se protéger de la pluie ».

 

Finalement, Alexis Nguitté finira par avoir vent de ces allégations et préviendra PU-AMI, l'ONG qui gère le site de déplacés de l'aéroport de Bangui M'Poko, ce qui déclenchera l'enquête onusienne. A l'heure actuelle, trois militaires auraient été identifiés par la justice française. Quatorze sont mis en cause par le rapport de l'ONU ainsi que cinq soldats de la force africaine Misca.

 

* Les prénoms ont été modifiés

 

La Centrafrique va engager des poursuites contre les militaires français soupçonnés de viols
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 01:37

 

 

 

À chacun et à tous les délégués de la République Centrafricaine réunis à Bangui pour la Conférence de la réconciliation nationale, vous êtes le peuple souverain, authentique.

 

Vous avez choisi le Sangho pour langue nationale et d’union.

 

Notre pays, la République Centrafricaine est dotée de toutes les ressources tant humaines que matérielles pour réussir son destin.

 

Nos ancêtres ne se réunissaient pas pour blablater Dans leur Esprit, se réunir c’est pour décider. En l’occurrence, il s’agit d’élire un Exécutif national court, parmi les candidats intègres présents et connus de vous tous.

 

La crise, quelle qu’elle soit, est un piège qui nous est tendu. Le vote d’un exécutif  court, pourra enclencher  la marche souveraine du peuple centrafricain.

 

Les milliards qui auraient été dépensés pour des élections hypocrites seront investis automatiquement dans les infrastructures collectives , améliorant directement la vie du peuple et l’économie du pays.

 

 

Makombo Bamboté

Écrivain

La Conférence nationale de réconciliation élira-t-elle un nouvel exécutif ? par Bambote Makombo
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 00:55

 

 

 

04.05.2015 21:50

 

 (La Voix de l'Amérique)

 

Le parti de l’ancien président François Bozize, le KNK, estime que les principaux acteurs de la crise centrafricaine, à savoir François Bozize et Michel Djotodjia, sont écartés du débat.

 

Le KNK n’est pas présent au forum de réconciliation nationale de Bangui qui s’est ouvert lundi.

 

Secrétaire général de ce Parti, Bertin Bea, a indiqué que le parti boycotte ces assises car, selon lui, ce forum, censé être inclusif, a mis à l’écart les principaux acteurs de la crise centrafricaine, à savoir François Bozize et Michel Djotodjia.

 

Le KNK refuse de cautionner un simulacre de discussions entre les Centrafricains, selon M. Bea. 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Le Parti KWA NA KWA, (KNK) agissant constamment en conformité avec les valeurs fondamentales de la République que sont notamment le patriotisme, l’unité nationale, l’égalité du genre, la paix, la justice, le développement, l’indépendance et la souveraineté nationale, a été le premier parmi les partis politiques reconnus à affirmer que le dialogue inclusif constitue l’ultime moyen de règlement de la crise actuelle.

 

Après des tergiversations, cette proposition a été acceptée par tous. C’est ainsi que Madame le Chef d’Etat de la Transition a été contrainte de fixer, par des actes règlementaires dont certains ont été contestés, le cadre juridique ainsi que les conditions d’organisation et de la tenue à Bangui d’un Forum National de Réconciliation devant parachever le processus de retour à la paix et la cohésion nationale défini par le forum de Brazzaville du 23 juillet 2014.

 

Pour atteindre cet objectif, leurs Excellences Messieurs François BOZIZE et Michel DJOTODIA AM-NONDROKO ont, à NAIROBI, signé une déclaration d’engagement soutenant, à la fois, la transition en cours, la feuille de route et les accords de cessation des hostilités signés à Brazzaville.

 

Ils ont, en outre, exprimé leur disponibilité à participer dans l’immédiat à tous les organes et structures en charge de la préparation du Forum politique inclusif de Bangui et des élections à venir.

 

C’est dans cette optique que le Bureau Politique du KNK a inlassablement œuvré aux côtés des autres partis politiques épris de paix et de justice pour faciliter la tenue de ce Forum qu’il pensait être l’ultime occasion pour :


• Réaffirmer solennellement la grandeur de notre Nation ;


• Faire triompher l’espoir sur la peur, l’unité sur la discorde ;

 

Malheureusement, constatant la ferme volonté des Autorités de la Transition et probablement de certaines puissances extérieures d’empêcher leurs Excellences Messieurs François BOZIZE et Michel DJOTODIA AM-NONDROKO, acteurs majeurs de la crise actuelle, de prendre part à ce Forum afin de s’expliquer sur les tenants et les aboutissants de cette crise.

 

Par conséquent, le KNK refuse de prendre part à un Forum qui est loin de ressembler aux Dialogues Politiques antérieurs de 2003 et de 2008 qui avaient jeté les bases sérieuses de réconciliation ayant abouti à l’organisation réussie des élections de 2005 et 2011.

 

Le KNK prend à témoin l’opinion nationale et internationale quant au refus des Autorités de la Transition d’organiser un Forum inclusif devant aboutir à la réconciliation des Centrafricains, au rétablissement d’une paix durable, de l’unité nationale et de la cohésion sociale.

 

Fait à Bangui, le 04 mai 2015


Bertin BEA

Centrafrique : le parti de Bozize boycotte le forum de Bangui
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 00:51

 

 

 

05/05/15 (Agence d'information d'afrique centrale)

 

Lors de l’ouverture ce lundi 4 mai des travaux du Forum de paix et de réconciliation inter Centrafricain, le président congolais Denis Sassou N’Guesso, médiateur dans la crise centrafricaine, a souhaité la mise en place de nouvelles institutions pour permettre entre autres le rétablissement de l'autorité de l’Etat et la reprise des activités économiques dans le pays.

 

« En même temps que le peuple centrafricain, tous nos partenaires requièrent que les élections aient lieu dans les délais prévus afin que la transition ne déborde plus de l’ultime terme qui lui a été prescrit. Vous êtes donc réunis pour impulser à la République centrafricaine un nouveau départ. J’espère avec vous que celui-ci est le bon. », a déclaré ce lundi Sassou N’Guesso à l’ouverture du Forum.

 

La communauté internationale présente dans le pays à travers la mission onusienne de maintien de la paix (Minusca), les forces françaises de la Sangaris ainsi que les experts militaires européens, tentent de booster les autorités de Bangui à respecter la feuille de route de la transition. La médiation internationale avait reporté en janvier dernier, la présidentielle et les législatives en Centrafrique en juillet et août 2015.

 

Pour N’Djamena, l’attitude des participants au Forum de Bangui est déterminante pour pousser les donateurs à contribuer au financement du processus électoral et des autres programmes d'après transition. « Plus le forum de Bangui impulsera le rythme de la transition, plus les partenaires seront encouragés à poursuivre l’appui financier à la Centrafrique. Cette conditionnalité s’adresse à vous les participants au Forum. Il vous incombe de relever ce défi par la tenue d’élections libres et transparentes, qui jetterons les bases d’une paix et d’une stabilité durables pour votre pays. » a indiqué le représentant du président tchadien Idriss Déby, chef d’Etat en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale.

 

La présidentielle de juillet, à en croire les intervenants, contribuera à rassurer les partenaires internationaux et aidera le pays à reconstituer son tissu économique profondément déchiré par la crise. « Nous tiendrons nos promesses » notamment à conduire la RCA vers des élections libres, apaisées et transparentes, a répondu la présidente de la transition centrafricaine, Cathérine Samba Panza. Elle a par ailleurs fait savoir que les assises de ce forum, ne devaient pas permettre « une amnistie générale » aux responsables des atrocités.

 

Bientôt la relance des activités minières

 

L’ONG Amnesty International qui prend part à cette grand-messe de paix et de réconciliation, a encouragé l’Etat centrafricain à poursuivre la lutte contre l’impunité. Selon le directeur général adjoint du programme d'Amnesty International en Afrique de l'ouest et centrale, Stephen Cockburn, le projet de Constitution en phase d’adoption doit réserver aux auteurs de violations de droits humains de châtiments exemplaires de la justice. « Donc pour nous, il faut simplement que les délégués du Forum demandent aux autorités d’amender le projet de Constitution pour qu’il soit cohérent avec cette volonté politique et éviter une répétition des erreurs du passé. », a dit Stephen Cockburn.

 

Une délégation du Processus de Kimberley, mécanisme international de certification des pierres précieuses, séjourne depuis le 4 mai en Centrafrique en vue d’une levée partielle de l’interdiction de la vente des diamants bruts qui frappe ce pays depuis 2013. Peu de temps après leur arrivée dans la capitale Bangui, les trente membres de la délégation se sont rendus à l’intérieur du pays, précisément dans les localités à l’ouest de Bangui, à l’exploitation du diamant constitue l’activité principale des populations.

 

La mission cible particulièrement les régions ouest parce qu’elles ont été les moins touchées par les atrocités de la guerre. La délégation entend y enquêter sur la présence des hommes armés sur les chantiers miniers. Elle veut surtout avoir une idée claire sur la traçabilité du diamant centrafricain et s’assurer que ce n’est pas un produit du sang qui sert à entretenir la guerre dans ce pays.

 

Fiacre Kombo

Forum de Bangui : la communauté internationale appelle à la tenue rapide des élections
Forum de Bangui : la communauté internationale appelle à la tenue rapide des élections
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 00:49

 

 

05/05/15 (France 24)

 

"J’ai été vraiment étonné que les casques bleus, présents à quelques mètres de la barrière, ne réagissent pas"

 

Didier (pseudonyme) était de passage à Bouar, le 29 avril dernier.

 

Je suis arrivé dans le quartier de Lokoti vers 10h, en voiture. Il y avait un convoi d’une centaine de camions sur la route. Je les ai doublés et je suis arrivé au niveau d’une barrière faite de branchages. Des jeunes du quartier étaient là, ils devaient être une trentaine. Ils m’ont demandé de payer 200 francs CFA (soit 0,30 euro environ) pour que je puisse passer. C’est ce que j’ai fait. Ils faisaient payer tout le monde, mais ils demandaient davantage d’argent aux camions, entre 500 et 1 000 francs CFA il me semble (soit entre 0,76 et 1,52 euro).


J’ai été très surpris de voir un blindé et un camion de la Minusca, à une dizaine de mètres après la barrière. Il y avait une vingtaine de casques bleus environ. J’étais vraiment étonné qu’ils les laissent faire… Je les ai interpellés, en leur disant : "À quoi ça sert que vous soyez ici, si vous ne faites rien ?" Ils m’ont regardé, mais je crois qu’ils n’ont pas compris, car ils avaient l’air d’être Bangladais. Puis j’ai quitté la zone.

 

"Il faut qu’on accélère le recrutement d’interprètes, afin que les casques bleus puissent communiquer avec la population locale"


Alertée au sujet de cet incident, Yasmine Thiam, chef du bureau de la Minusca à Bouar, a appelé la gendarmerie et le chef du quartier de Lokoti le jour-même, qui ont démantelé la barrière aux alentours de midi.

 

Des casques bleus étaient effectivement présents à côté de cette barrière, mais il semble qu’ils n’aient pas su réagir. En fait, il s’agissait de Bangladais, qui ont remplacé les soldats camerounais en novembre dernier, donc on est dans une période d’ajustement. Les Bangladais parlent uniquement anglais, donc ils peuvent difficilement communiquer avec la population locale. Il faut vraiment qu’on accélère le recrutement d’interprètes parlant français, mais également sango et gbaya, les deux langues locales. Ça fait déjà un mois qu’on les attend…


Par ailleurs, les casques bleus étaient focalisés sur un autre problème ces jours-ci… Ça faisait 48 heures que des camions étaient embourbés sur la route, donc les soldats ont cherché à régler cette situation avant tout. Au total, la barrière est restée en place 2 h 30 environ seulement.


Si cette barrière est restée peu de temps en place dans le quartier de Lokoti, un habitant de Bouar a en revanche signalé à France 24 que d’autres barrières étaient mises en place depuis plusieurs semaines dans le quartier voisin de Gambou, à la nuit tombée. Selon lui, des jeunes appartenant à un groupe d’autodéfense du quartier contrôlent la circulation des véhicules afin de lutter contre l’insécurité, tout en leur réclamant de l’argent pour les laisser circuler.


 écrit en collaboration avec Chloé Lauvergnier (@clauvergnier), journaliste à France 24.

Des automobilistes centrafricains rackettés sous les yeux de la Minusca
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 00:46

 

 

 

05/05/15 (La Croix)

 

Huit chefs des principaux groupes armés de Centrafrique se sont engagés à démobiliser leurs enfants-soldats. Entre 6 000 et 10 000 enfants centrafricains sont concernés par cette mesure.

 

C’est la première grande annonce du forum de Bangui, cette réunion sur la réconciliation et l’avenir de la Centrafrique qui rassemble, depuis lundi 4 mai, les principaux acteurs du pays. Elle concerne les enfants-soldats. La quasi-totalité des groupes armés se sont engagés à relâcher ces derniers.

 

Dans ce pays déchiré par une épouvantable guerre civile depuis deux ans, l’enrôlement des enfants par ces groupes est général, aussi bien parmi la Séléka, la coalition à majorité musulmane qui s’est emparée du pouvoir en mars 2013 jusqu’à l’intervention française en décembre de cette année, que parmi les anti-balaka, ces milices d’autodéfenses constituées contre la Séléka.

 

L’accord a été négocié par l’Unicef. « C’est l’aboutissement de plus d’un an de travail avec le ministère des affaires sociales et les différents groupes armés », explique de Bangui, Donaig Le Du, la responsable de la communication de l’Unicef en RCA. « Ces groupes se sont engagés, à libérer les enfants qu’ils détiennent, à s’abstenir d’en mobiliser dans le futur et à nous donner un libre accès aux zones sous leur contrôle », précise-t-elle.

 

Entre 6 000 et 10 000 enfants-soldats

 

Rien n’a été épargné à ces mineurs, garçons et filles, estimés entre 6 000 et 10 000. Ils ont été envoyés au combat. Ils ont tenu les check-points et les barrières sur les routes afin de contrôler les passages, éliminer les indésirables et assurer la sécurité des quartiers.

 

Ils ont été transformés en tortionnaires, en bourreaux, en violeurs, en serviteurs, en cuisiniers, en espions, en esclaves sexuels. Pour Mohamed Malick Fall, représentant de l’Unicef en RCA, « ce pays est un des pires au monde pour les enfants ». 

 

Repérer, comptabiliser et enregistrer ces enfants ne sera pas une tâche facile compte tenu de leur nombre, de leur éparpillement sur un territoire aussi grand que la France et la Belgique réunies, et de la pauvreté des infrastructures pour les atteindre.

 

Pas de date de libération

 

En attendant, aucun calendrier n’a été fixé pour leur libération. « Soyons prudents, mais c’est un point de départ », a admis le porte-parole de l’Unicef à Genève, Christophe Boulierac. « Nous allons, maintenant, nous pencher sur les conditions de la démobilisation avec les groupes armés : pouvoir accéder à ces enfants, les recenser avant de les intégrer dans un programme de réinsertion », poursuit Donaig Le Du.  

 

Le programme de réinsertion compte deux volets. Médical, d’abord. Depuis deux ans, ces enfants vivent dans des conditions extrêmement précaires : ils ont vécu dans la forêt sans hygiène et sans soins. Ils doivent être examinés, soignés, accompagnés psychologiquement.

 

Ensuite, ils seront réintégrés dans leur communauté d’origine. « C’est le plus délicat, note Donaig Le Du. Ces enfants ne sont pas nécessairement les bienvenus : ils ont pu attaquer leur communauté. Il arrive que des familles ne veuillent plus les voir. Il faut du temps pour renouer des liens. »

 

Une démobilisation coûteuse

L’objectif ? Leur permettre de redevenir des enfants, de réintégrer l’école, de suivre une formation professionnelle : « tout faire pour qu’ils n’aient plus envie de rejoindre un groupe armé à la prochaine crise », précise-t-elle.

 

Depuis l’année dernière, 2 800 enfants ont été démobilisés en RCA. Le coût n’est pas négligeable pour l’Unicef. « Il faut compter 2 500 dollars par enfants (environ 2 250 €), assure Donaig Le Du. Il va falloir une vaste mobilisation de la Communauté internationale sur ce sujet. »

 

Qu’obtiennent les groupes armés en échange de cet accord ? Une amnistie  ? « Non, répond Donaig Le Du. L’engagement pris n’assure en aucun cas l’impunité à ces groupes armés. Mais une fois la démobilisation réalisée, ils pourront disparaître de la liste des groupes armés utilisant des mineurs établie par les Nations unies. »

 

L’amnistie, ces groupes l’espèrent plutôt de la nouvelle Constitution présentée et débattue cette semaine à Bangui. Si elle est adoptée en l’état, elle permettra aux auteurs de violations de droits humains d’échapper à la justice et donc de pouvoir se présenter à l’élection présidentielle prévue cet été. Une perspective qui n’a pas échappé à ces groupes armés.

 

LAURENT LARCHER

Lu pour vous vous : Accord sur la libération des enfants-soldats en Centrafrique
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 00:42

 

 

 

http://www.metronews.fr  05-05-2015 12:24

 

TEMOIGNAGES – La chaîne d’information iTélé a recueilli en Centrafrique deux témoignages de personnes accréditant les accusations de viols commis par des militaires français en Centrafrique.

 

Les témoignages recueillis racontent la même histoire. Alors que l’enquête sur les viols présumés commis par des soldats français en Centrafrique se poursuit, sans, à ce stade, de réelles avancées communiquées par la Justice ou la Défense, iTélé diffuse mardi les témoignages de deux Centrafricains sur des faits qui se seraient produits au cours du mois de décembre 2013.

 

A cette époque, l'armée française déjà déployée sur place agit sous mandat de l'ONU dans le cadre de l’opération Sangaris, notamment dans la capitale Bangui. Face aux violences meurtrières, l'immense camp de fortune de l'aéroport de Bangui accueille alors quelque 100.000 personnes.

 

"L'un d'entre eux demandait des fellations"

 

C'est à l'intérieur de ce camp que le fils de Thérèse, qui témoigne à visage caché pour la chaîne d’information, traînait régulièrement au grand dam de sa mère qui doit le gronder pour savoir ce qu'il fait. "Il a fini par me dire qu'il allait chercher des biscuits auprès des soldats et que pour ça, l'un d'entre eux demandait des fellations", rapporte la mère de famille qui n'a pas supporté les révélations de son fils. "Dans nos coutumes, des choses comme ça ne sont pas permises. L'homme et l'homme ne doivent pas s'accoupler, ça salit l'honneur de la famille", explique-t-elle. Elle ajoute : "si la justice veut vraiment faire son travail, je serais coopérative, sinon je n'accepterais pas".

 

De son côté Mathieu, également interrogé par iTélé, rapporte quant à lui des conversations sans ambiguïtés entendues entre des enfants alors qu'il s'était réfugié dans un bâtiment abandonné pour échapper aux violences, à quelques dizaines de mètres d'un check-point de la force Sangaris. Il raconte les bavardages entre "petites filles et petits garçons" et les moqueries des uns envers les autres. "J'ai fait un travail là-bas avant de trouver ça (un biscuit, ndlr). Toi aussi si tu veux, tu pars là-bas", rapporte le témoin. "L'autre jour, tu avais sucé un gars au niveau de cette guérite, derrière là".

 

Selon une source judiciaire française, 14 soldats français sont mis en cause dans cette affaire, dont certains, "très peu" selon cette source, ont été identifiés par l'enquête, toujours en cours. Mis au courant des faits fin juillet 2014, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian , qui a transmis dans la foulée les informations à la justice, a exprimé "du dégoût, une forme de trahison par rapport à la mission confiée à l'opération Sangaris, et aussi un intense besoin de vérité".

Viols présumés en Centrafrique : des "biscuits" en échange de fellations
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com