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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 23:07
Lu pour vous : Pourquoi la Centrafrique appelle à nouveau au secours

 

 

 

 

 

Le président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, sera entendu aujourd’hui par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève. Lundi, il était à Paris en provenance de New York. Partout, il ne cesse de demander de l’aide. Au micro d’Europe 1, la chronique du rédacteur en chef international du JDD, François Clemenceau.

 

Pour dire les choses clairement, ce n’est pas retour à la case départ mais presque. D’après le dernier rapport des émissaires de l’ONU en Centrafrique, le pays a replongé dans une violence inédite depuis les massacres de 2014 qui avaient justifié le déploiement en urgence de l’opération militaire française Sangaris. Des milliers de victimes, des centaines de milliers de villageois déplacés et aucune région à part la capitale n’est épargnée par les actes de nettoyage ethnique ou de prédation tandis que les bandes armées se sont emparées des exploitations de minerais ou de diamant. Il y a bien un président démocratiquement élu, Faustin-Archange Touadéra, un embryon d’armée, 15.000 casques bleus, mais dans ce pays plus grand que la France, ce n’est pas suffisant pour ramener l’ordre et reconstruire.

 

Et pourtant, il y a eu des progrès. Il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître, on ne passe pas d’une situation pré-génocidaire dans l’un des pays les plus pauvres du monde à une démocratie de canton suisse. Mais les progrès politiques ont été lents à produire du consensus au sommet et les bailleurs de fond, ceux qui maintiennent cette nation sous perfusion et qui avaient promis l’an dernier plus de deux milliards de dollars pour relancer les chantiers de l’Etat de droit et de l’économie, ne débloquent les fonds qu’en s’assurant que l’argent ne sera pas dilapidé.

 

Faudrait-il que la France intervienne à nouveau en Centrafrique?

 

C’est ce décalage des calendriers, le temps politique et social et celui de l’extrême violence et de l’impunité qui sont décalés. Un seul exemple : la présidence a initié une Commission de vérité et réconciliation pour que les groupes armés rendent les armes et intègrent les forces de sécurité, elle bénéficie de l’aide formidable de l’organisation Sant Egidio qui a fait des miracles ailleurs en Afrique et en Amérique latine. Mais le projet, toujours expérimental, ne concerne que des poignées de combattants repentis, alors que le pays est à feu et à sang.

 

Faudrait-il alors que la France ou d’autres se redéploient militairement sur place? C’est ce qu’on pense toujours, d’abord la sécurité puis viendra le développement. Mais on voit bien au Mali ou en République du Congo que ce n’est pas si simple. Les habitants veulent les deux en même temps et c’est normal. La France a fait son travail avec l’opération Sangaris, elle a passé le relais aux Nations Unies, elle a permis des élections libres. Elle continue avec les Européens de former une armée centrafricaine capable de se battre mais il y en a pour des années.

 

Emmanuel Macron a dit au président Touadera à Paris qu’il souhaitait un Etat fort mais que c’était à l’ONU de venir en aide à la Centrafrique, à la fois en moyens militaires et en moyens de développement. Ce qui traduit en creux le débat actuel parmi ceux qui redoutent une forme de pérennité du néo-colonialisme mais qui, lorsque le multilatéralisme prend le relais, se plaignent de ses insuffisances.

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Centrafrique-Presse.com
27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 22:55
Centrafrique : des déplacés s’entassent à Bozoum, après un regain de violence

 

 

 

 

http://observers.france24.com  27/09/2017

 

Des milliers d’habitants de Bocaranga et Niem, au nord-ouest de la Centrafrique, ont fui précipitamment samedi 23 septembre à l’aube, alors que leur ville était attaquée par deux groupes armés. Beaucoup se sont réfugiés à Bozoum, à 127 km au sud, où des responsables catholiques et des habitants tentent de les accueillir mais où la situation demeure très tendue.

 
Le mouvement de déplacés est conséquent : au total, 23 000 personnes (15 000 habitants à Bocaranga et 8 000 à Niem) ont fui les violences. Selon plusieurs sources, dont notre Observateur, deux groupes ont attaqué de concert Bocaranga : le groupe 3R, une milice armée qui dit vouloir défendre les Peuls, minoritaires dans la région, et qui s’est alliée à des éléments du groupe MPC (Mouvement patriotique pour la Centrafrique), une branche de l’ex-Seleka [milice composée principalement de combattants musulmans]. 


Deux morts ont été comptabilisés à Bocaranga, mais le bilan n’est, mercredi 27 septembre, toujours que provisoire. Car selon notre Observateur, les groupes armés occupent toujours la ville, y rendant l’accès impossible. 

 

"J’ai vu des assaillants tirer sur des habitants"

 

Aux environs de 5 h 30 samedi matin, j’ai entendu de très fortes détonations, ce n’étaient pas de simples coups de fusils. Depuis la veille, des rumeurs circulaient sur une tentative de groupes armés pour prendre la ville. Donc je n’ai pas hésité : avec ma femme et ma fille, nous avons fui en brousse, comme quasiment tous les habitants de la ville. 


Dans la rue nous avons croisé des assaillants. Pour moi il est clair qu’ils étaient issus du 3R, puisqu’ils criaient des slogans en peul. Les éléments antibalaka [milices rurale composée majoritairement d’éléments chrétiens et animistes, opposés à la Seleka] n’ont guère pu riposter, car ils n’ont pas d’armes d’assaut, tout juste des armes de chasse, ça ne faisait pas le poids.


C’était la panique, les gens prenaient ce qu’ils pouvaient comme affaires, certains fuyaient en moto, d’autres comme moi, à pied. Nous avons dans un premier temps stationné sur une colline à l’extérieur de la ville, depuis laquelle on a vue sur Bocaranga. J’ai vu des assaillants s’en prendre violemment à des habitants et leur tirer dessus. 

Dans la débandade en quittant Bocaranga, j’ai perdu ma fille. J’ai marché pendant trois jours jusqu’à Bozoum, où je suis arrivé mercredi matin. Dès mon arrivée j’ai lancé des SOS pour la retrouver et heureusement elle avait été amenée ici par d’autres habitants. Nous avons été recueillis par l’église chrétienne à Bozoum, puis par un ami de longue date. Nous ne savons pas combien de temps on restera ici.


Notre Observateur à Bozoum, le père Aurelio Gazzera, nous a fait parvenir ces photos prises lundi des déplacés de Bocaranga qui ont trouvé refuge dans la mission chrétienne et chez les habitants.

Mardi, une patrouille de la Minusca (Mission des Nations unies en Centrafrique) a été empêchée de rentrer dans Bozoum, rapporte par ailleurs notre Observateur. "Des jeunes n’ont pas accepté qu’ils entrent, ils les accusaient de n’avoir pas protéger Bocaranga. Ils ont tiré en l’air, fait des barricades, puis les choses se sont apaisées" rapporte-t-il. 
 

Que se passe-t-il à Bocaranga ?


Il est très difficile d’avoir des informations et des images récentes de la ville. 

Dans un rapport de décembre 2016 de Human Rights Watch, le groupe 3R (pour Retour, Réclamation et Réhabilitation) était accusé par l’ONG d’avoir "tué et violé des civils, et provoqué des déplacements de population à grande échelle au cours de l’année écoulée" dans la région de Bocaranga. Début février 2017, il avait déjà essayé de prendre la ville. Une milice antibalaka dirigée par un général autoproclamé lui a fait opposition et est également accusée par HRW d’avoir tué des civils. 

Depuis deux semaines, les tensions ont redoublé dans la région entre le groupe 3R et les milices anti-balakas. Le porte-parole du groupe 3R a notamment été assassiné début septembre. Ces tensions ont favorisé une alliance entre 3R et le MCP, qui se seraient répartis la ville de Bocaranga, affirme notre Observateur. 

 

Selon la Minusca, une situation "sous contrôle"


Contactée par la rédaction des Observateurs de France 24, la Minusca affirme que "la situation est sous contrôle des Casques bleus". "Les forces de la Miusca, qui étaient en patrouille à différents endroits de la ville au moment de l’attaque, ont aussitôt réagi et réussi à repousser [les] éléments armés. Depuis samedi, les éléments 3R sont à l’extrémité sud et les éléments antibalaka à l’extrémité nord de la ville, mais il n’y a pas eu d’affrontements". La Minusca affirme par ailleurs que des habitants se sont réfugiés dans sa base à Bocaranga, y dorment la nuit mais circulent dans la ville en journée.

 
Après des années de crise, la Centrafrique connaît une relative stabilité, à l’exception du nord-ouest, encore traversé par de sérieux troubles. Selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), à la mi-septembre, le nombre de réfugiés et de déplacés ayant fui les violences en Centrafrique a atteint son "plus haut niveau ", soit 1,1 million de personnes sur 4,5 millions d’habitants.

 

Centrafrique : des déplacés s’entassent à Bozoum, après un regain de violence
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Centrafrique-Presse.com
27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 22:37

 

 

 

 

27/09/2017 (AFP)

 

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a estimé mercredi que parler de génocide en Centrafrique, terme employé fin août par le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires de l'époque, n'est pas "justifié".

 

"Génocide, nous pensons que ce n'est pas très justifié", a déclaré M. Touadéra lors d'une conférence de presse à Genève, en marge de la 36e session du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies.


"Parler dans cette étape de génocide, nous pensons que c'était trop avancé", a-t-il dit, en réponse à une question sur les propos tenus en août par celui qui était encore alors secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Stephen O'Brien. Il a depuis été remplacé.


"Les signes avant-coureurs de génocide sont là", avait déclaré ce responsable onusien en rendant compte lors d'une réunion à l'ONU de récents voyages menés en Centrafrique et en République démocratique du Congo.

 

M. Touadéra a expliqué que ces propos avaient été tenus par M. O'Brien après une visite dans son pays, où il avait visité la ville de Bangassou (sud-est), "où il y avait effectivement des violences, surtout intercommunautaires".


"Génocide pour nous c'est un mot très fort", a jugé le président centrafricain.
"Des gens de même ethnie se trouvent de part et d'autre dans les communautés qui se battent", a-t-il ajouté.

 

Le conflit en Centrafrique a commencé avec le renversement en 2013 de l'ex-président François Bozizé par les milices Séléka prétendant défendre la minorité musulmane, entraînant une contre-offensive des anti-balaka majoritairement chrétiens.


La quinzaine de groupes armés recensés en Centrafrique se battent aujourd'hui pour le contrôle des ressources naturelles (diamants, or, bétail...).

 

Devant le Conseil des droits de l'Homme, le président centrafricain a souligné que "la situation sécuritaire et humanitaire demeure fragile" en Centrafrique et a affirmé sa volonté de mettre fin à l'impunité.


Il a également assuré, devant les médias, que la Cour pénale spéciale, créée légalement en 2015 et qui doit instruire et juger les multiples crimes contre l'humanité et les crimes de guerre commis en Centrafrique depuis 2003, sera "très bientôt opérationnelle", "d'ici la fin de l'année".

Centrafrique: parler de génocide n'est pas "justifié", selon le président Touadéra
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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 22:33
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

 

Centrafrique : la Société Civile projette une journée nationale de deuil suite aux violences de Bocaranga.

 

PAR NOURA OUALOT LE 27 SEPTEMBRE 2017

 

Bangui, 27 septembre 2017(RJDH)— Le Groupe de Travail de la Société Civile sur la crise centrafricaine (GTSC) projette décréter une journée de deuil national en mémoire des victimes de violences dans la Nana-Mambéré et Ouham Pendé. Cette déclaration a été faite ce matin à Bangui.

 

Pour le groupe de travail de la Société civile sur la crise centrafricaine, le gouvernement et la Minusca sont les principaux responsables qui ont endeuillé la ville de Bocaranga, « face à ces violences, nous avons remarqué une passivité de la Minusca, l’inaction du gouvernement qui n’a même pas tenu un discours condamnant les exactions ni adressé un discours de condoléances aux familles endeuillées. Le silence fort et inquiétant des parlementaires censés défendre les populations en détresse. Si on n’y prend pas garde les violences vont atteindre la Mambéré-Kadéi.  Nous tenons pour responsables le gouvernement et la Minusca des morts de nos citoyens centrafricains lâchement abattus par des terroristes déguisés », a expliqué Paul Crescent Beninga porte-parole par intérim du groupe de travail.

 

La société civile penche pour une journée nationale de deuil en mémoire des personnes tombées lors de ces évènements, « ainsi, nous allons décréter dans un bref délai une journée nationale de deuil sur toute l’étendue du territoire en la mémoire de nos compatriotes assassinés notamment ceux de Bocaranga ».

 

L’attaque de Bocaranga a été aussi condamnée par le coordonnateur humanitaire en Centrafrique Najat Rochdi qui parle d’importants déplacements des populations de cette localité dans la brousse, « où ils ne peuvent avoir accès à l’assistance humanitaire ». Le coordonnateur humanitaire rappelle que plusieurs humanitaires ont été contraints de suspendre leurs activités dans la région suite aux violences entretenues par les groupes armés.

 

La ville de Bocaranga  a été attaquée le 23 septembre 2017  par des groupes armés considérés comme des combattants de 3R dirigés par Sidiki. Plus de la moitié des quinze mille habitants de la ville ont rejoint Bozoum suite à cette attaque.

 

 

Centrafrique : Les activités de la ligue de basketball perturbées par les programmes de l’Onasport

 

PAR JUVENAL KOHEREPEDE LE 27 SEPTEMBRE 2017

 

BANGUI 27 septembre 2017 (RJDH)—Le staff managérial du basket-ball déplore la mauvaise gestion des infrastructures par l’office national du sport (ONASPORT). Laquelle gestion impacte négativement sur le championnat en cour. Frustration exprimée au RJDH par les leaders de basket-ball à Bangui.

 

L’Onasport organe de gestion des infrastructures est cité dans l’incompatibilité de programme avec celui de la fédération centrafricaine de basket-ball. Les activités religieuses priorisées en lieu et place du sport constituent le nœud de discorde avec conséquence immédiates le bouleversement dans le programme de l’éliminatoire du premier tour dans le cadre du play off.

 

Hervé Kouroussou déplore la gestion irrationnelle de l’infrastructure.  « Quand l’Onasport met le palais de sports en location, c’est nous au niveau de la ligue qui dépensons le peu qu’on a pour entretenir les lieux », a dit Hervé Kouroussou, le premier vice-président de la ligue de Basketball de Bangui avant d’ajouter que « l’Onasport programme ces mises en location sans tenir compte de la programmation des rencontres de la ligue ».

 

Cette situation perturbe les séances d’entrainement de certains clubs à l’exemple du club BEAC selon Bruno Darlan coach dudit club. « Pour le moment je ne peux pas modifier mon rythme de travail, je ne connais pas la date de la reprise de peur de détruire mon élan de travail », a-t-il dit.

 

Les responsables de l’Onasport n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations. Cette perturbation intervient dans un contexte de renouvellement de talent des fauves version basket-ball.

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 01:17

 

 

 

 

https://mondafrique.com  Par  La redaction de Mondafrique  25 septembre 2017

 

Ancien journaliste au “Monde” en charge de l’Afrique et du Maghreb, Jean-Pierre Tuquoi raconte dans son livre “Oubangui-Chari, le pays qui n’existait pas”, à quel point la Centrafrique, appelée aussi l’Oubangui Chari, est une invention française. Ce pays fantôme a été créé de toutes pièces par une poignée de missionnaires sans états d’âme, d’aventuriers extravagants et de militaires jeunes et exaltés. De ce vaste et lointain territoire ont hérité, pendant la période coloniale, des sociétés concessionnaires qui se sont payées sur la bète. Lorsqu’au début des années 1960, l’indépendance fut octroyée à “la Cendrillon de l’Empire” , le pays avait tout pour se déliter. Ce qu’il a fait, dans l’indifférence au fond de l’ancienne puissance coloniale qui n’a pas réussi à redonner la moindre vigueur à ce non pays. Un entretien avec Marie Hirtzberger.

 

Mondafrique. Pourquoi avoir préféré utilisé pour votre titre l’ancien nom de la Centrafrique, l’Oubangui-Chari? Est-ce vraiment un pays à l’agonie, comme vous le suggérez ?

 

Jean-Pierre Tuquoi. J’ai préféré conserver le nom d’Oubangui-Chari, le nom du Centrafrique lorsqu’il était colonisé, pour donner au titre une dimension mystérieuse, onirique, un peu romanesque. J’aurais pu tout aussi bien l’intituler « Le pays fantôme ». C’est ce qu’il est. L’Etat est en lambeaux. L’administration, un souvenir. La société civile, inexistante. Peut-être que l’histoire aurait été différente si le pays avait conquis son indépendance les armes à la main. Un lien fort cimenterait la nation. Mais l’indépendance lui a été octroyée par la France, qui voulait partir le plus vite possible.

 

Mondafrique : Pourquoi qualifier ce pays de « figure maudite de l’historiographie coloniale » ?

 

J-P. T. : Les malheurs de cette colonie viennent [ndlr : de la crise] de Fachoda, qui a opposé les impérialismes anglais et français à la fin du 19ème siècle. Si les Français avaient réussi à contrôler une zone reliant la côte ouest africaine à la côte est, le Sénégal à Djibouti, l’Oubangui-Chari aurait été une étape à mi-chemin, donc un point stratégique. Mais comme la France a échoué dans son entreprise, l’Oubangui-Chari a perdu tout intérêt stratégique. La colonie est devenue une impasse. La France s’est désintéressée et elle a été livrée à des intérêts privés.

 

Mondafrique : Vous évoquez le statut de « notable évolué » ou tout simplement d’ « Evolué » dans votre livre : très peu de Noirs d’Oubangui l’obtiennent entre 1941 et 1961. Comment analysez-vous ce phénomène ?

 

J-P. T. : Les « évolués » c’était l’embryon de classe moyenne sur laquelle le colonisateur voulait s’appuyer. C’était une avancée à l’époque. La France n’a rien inventé. Les Belges ont fait pareil au Congo. Etre « évolué » ça se méritait. Il fallait réunir tout un tas de conditions bien précises. Seuls quelques centaines d’individus ont bénéficié du statut en Oubangui-Chari, une colonie très peu peuplée. Avec le recul, on voit les choses différemment.

 

Mondafrique : Pourquoi la France intervient-t-elle toujours en Centrafrique ? Quel est le rôle des autres pays frontaliers dans la configuration politique et leurs intérêts sont-ils les mêmes ?

 

J-P. T. : La dernière intervention a eu lieu pour conjurer le fantôme du génocide au Rwanda. La France redoutait je pense d’être mise en accusation dans son ancienne colonie en cas de génocide. Les intérêts économiques ont peu pesé. Ils sont dérisoires. En Centrafrique y a de l’or, du diamant, du bois, sans doute un peu de pétrole. Mais ça n’est pas l’Arabie saoudite ni l’Afrique du sud.

François Hollande, au moment d’envoyer les troupes françaises, avait insisté sur le caractère très bref de l’opération. Elle ne devait pas durer plus de deux ou trois mois. Il s’est lourdement trompé. Je pense que les militaires français l’avaient convaincu qu’ils allaient rapidement régler le problème, qu’ils connaissaient bien le terrain, qu’ils allaient rétablir l’ordre sans tarder. En fait, ils ont eu tout faux.

Aujourd’hui, les militaires français ont plié bagage. Ne restent que quelques centaines d’hommes. Peut-être seront-ils renforcés si la situation continue à se détériorer. Ceux qui sont censés faire le travail désormais ce sont les Casques bleus. Il y en a plus d’une dizaine de milliers sur place. Mais ils n’ont pas la capacité de rétablir l’ordre.

Vous m’avez parlé des pays frontaliers. Ils sont tous fragiles et secoués par des crises. Disons qu’ils sont autant une des sources du problème centrafricain que de sa solution.

 

Mondafrique : La France entretient un rapport intime avec son histoire coloniale (en particulier en République Centrafricaine). Y a-t-il une spécificité de l’armée française de ce point de vue ?

 

J-P. T. : L’armée avait des bases importantes pendant la Guerre froide. Le Centrafrique c’était un porte-avion au cœur du continent noir. L’intérêt de la France pour son ancienne colonie était d’ordre militaire et stratégique. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout la même chose. La guerre froide est terminée. Et le colonel Kadhafi, qui voulait étendre son influence sur le continent noir, est mort. Le Centrafrique n’a plus d’intérêt aux yeux des militaires. Emmanuel Macron est allé au Mali. Pas au Centrafrique.

 

Mondafrique : Qu’est ce qui a changé depuis que les forces françaises ont quitté le terrain en 2016 ?

 

J-P. T. : « Les Centrafricains ont une conscience de colonisés » affirmait Jean-Paul Ngoupandé, un ancien Premier ministre très brillant. Il voyait juste. Les hommes politiques centrafricains – et les Centrafricains – attendent tout de la France. Dès qu’ils sont confrontés à un problème ils se tournent vers l’ancienne puissance coloniale. Ngoupandé avait une expression pour désigner cet état d’esprit. Il parlait du « syndrome Barracuda », du nom de l’opération militaire française montée pour se débarrasser de l’empereur Bokassa.

 

Mondafrique : Le dernier chapitre de votre livre s’intitule L’agonie : quelle est la part de responsabilité de la colonisation dans cette agonie ? Quels sont les autres responsables ?

 

J-P. T. : La France n’a pas accompagné le pays devenu indépendant, comme elle aurait dû. Ancien prêtre, le premier président, Barthélémy Boganda était un visionnaire. Il était convaincu que les Etats de l’ancienne Afrique équatoriale française – le Gabon, le Congo, le Tchad et le Centrafrique – devaient se regrouper, s’unir pour être viables. Il rêvait des Etats-Unis d’Afrique latine, sur le modèle de l’Amérique latine, en élargissant le cercle à l’Angola, au Rwanda, à l’ex Congo belge… C’était très bien vu mais ça venait trop tard. Il aurait fallu préparer le rapprochement avant les indépendances.

Mais la faillite d’un pays comme le Centrafrique n’est pas que de la responsabilité de la France, l’ancienne puissance coloniale. Les élites locales sont tout aussi coupables. Il n’y a pas de classe politique digne de ce nom pas de société civile, pas de presse… La seule véritable force du pays, c’est l’Eglise. La visite du Pape dans la capitale a permis de rompre un temps le cercle de violence.

J’ai écrit le chapitre intitulé L’agonie il y a six mois. Depuis, la situation n’a cessé de se dégrader. Je me demande parfois si un individu à poigne qui s’emparerait du pouvoir ne serait pas un soulagement pour tout le monde…

 

Mondafrique : Est ce la France ou son armée qui entretient un rapport intime avec son histoire coloniale (en particulier en République Centrafricaine) ?

 

J-P. T. : L’armée avait une base importante en Centrafrique avant la Guerre froide. C’était un porte-avion au cœur du continent noir. L’intervention française se justifiait alors car elle avait un intérêt stratégique majeur. Mais aujourd’hui, ce n’est plus du tout la même chose. Emmanuel Macron ne se rendra sans doute pas en Centrafrique. Aujourd’hui, la France interviendra seulement, si elle doit le faire,  pour évacuer les Européens.

 

Mondafrique : Qu’est ce qui a changé depuis que les forces françaises ont quitté le terrain en 2016

 

J-P. T. : « Les Centrafricains ont une conscience de colonisés » affirmait Jean-Paul Ngoupandé, l’ancien Premier ministre du pays pendant la présidence d’Ange Félix Patassé. Les hommes politiques centrafricains attendent encore beaucoup de la France qui pourtant a largement retiré ses troupes.

 

 Mondafrique : Le dernier chapitre de votre livre s’intitule L’agonie : quelle part de responsabilité de la colonisation dans cette agonie ? Quels sont les autres responsables ?

 

J-P. T. : La France a littéralement abandonné le pays à l’indépendance. C’est une faiblesse énorme. Le premier président, Boganda, avait raison. Il pensait qu’il fallait que les Etats africains se regroupent pour créer une sorte d’« Afrique latine » et cela devait être enclenché avant l’indépendance. Mais finalement, rien n’a été fait.

Toute la responsabilité n’est pas à incomber à la France, mais aussi aux élites locales. Il n’y a pas d’homme politique d’envergure en Centrafrique, pas d’administration. La seule véritable force du pays, c’est l’Eglise. La visite du Pape dans la capitale a permis de rompre le cercle de violence. L’Eglise locale a d’ailleurs relayé le même message de paix dans tout le pays. Le conflit n’a pas été instrumentalisé par les forces religieuses. Je me demande parfois si un individu à poigne qui s’emparerait du pouvoir ne serait pas un soulagement pour tout le monde…

 

Mondafrique. Votre livre ne plaide guère pour un avenir radieux….

 

J.P.T. Sans doute, mais il y a également des gens sympathiques, optimistes qui forcent l’admiration dans ce pays en lambeaux. Ainsi ce directeur d’école de la commune de Damara, Jean Blaise Armand Bayakou, que j’évoque à la fin de mon livre, m’a vraiment impressionné. Damara, c’est le dernier verrou avant la capitale, Bangui, sur la route qui vient du Tchad, où le vieil hôpital pour lépreux a été abandonné aux herbes. C’est par là qu’ont défilé toutes les rébellions: les hordes de Bemba, les troupes de Bozizé, les combattants de la Séléka ou les milites antibalaka. Et bien, cet instituteur très digne, chemise blanche et costume sobre, croit toujours  en ce qu’il fait. Il incarne ce qui reste de l’Etat dans ce pays à genoux lorsqu’il note dans un grand cahier, d’une écriture désuète et splendide, la liste des écolières qui habitent parfois à dix kilomètres de l’école.

S’il y avait quelques milliers de types comme celui là à qui on donnerait les moyens d’agir, c’est sûr que ce pays marcherait mieux.

 

Oubangui-Chari, le pays qui n’existait pas (Jean-Pierre Tuquoi, éd. La Découverte, 21€)

 

Lu pour vous : A lire : Jean Pierre Tuquoi: la Centrafrique, ce pays qui n’existe pas
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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 01:06
Macron assure la Centrafrique de son soutien à l'Onu

 

 

Macron assure la Centrafrique de son soutien à l'Onu

 

PARIS 25/09/2017 à 17:31 (Reuters) - Emmanuel Macron a assuré lundi la Centrafrique du soutien de la France dans les négociations à venir à l'Onu sur le renouvellement du mandat de la Minusca, que Bangui souhaite voir renforcée face au regain de violences qui menacent de faire replonger le pays dans la guerre civile.

 

"La situation du pays reste évidemment très fragile, les groupes armés continuent d'être actifs sur le territoire et notre mobilisation collective continue d'être plus que jamais nécessaire pour garantir une sortie de crise durable", a estimé le chef de l'Etat à l'issue d'un entretien avec son homologue centrafricain Faustin-Archange Touadéra, à Paris.

 

"A ce titre, la France restera pleinement engagée aux côtés de nos amis centrafricains notamment à New York dans la perspective du renouvellement de la Minusca", a-t-il ajouté devant la presse. "Nous y sommes aujourd'hui engagés, nous continuerons à l'être dans toutes les négociations qui viseront à renforcer la place et le soutien de la communauté internationale à vos côtés".

 

Au pouvoir depuis février 2016, le président centrafricain a demandé la semaine dernière, en marge de l'Assemblée générale de l'Onu, un renforcement de la force de maintien de la paix de l'Onu et a appelé la communauté internationale à ne pas "oublier" son pays.

 

Déclenchée en décembre 2013, l'intervention française Sangaris, suivie par celle de la Minusca, ont permis de rétablir un calme fragile et d'organiser des élections mais la situation sur le terrain reste préoccupante.

 

Dans un rapport publié début septembre, l'Onu estime que les violences ethniques dans le pays risquent de mener à un conflit majeur si rien n'est fait pour désarmer les rebelles et les miliciens.

 

"Les progrès sur le désarmement des groupes armés, la réconciliation et la justice, le redéploiement de l'Etat sur l'ensemble du territoire seront cruciaux", a abondé Emmanuel Macron, saluant les premières réformes menées pendant l'été.

 

"Nous sommes convenus d'aider dans les prochaines semaines le président à la mise en oeuvre partout sur le terrain d'actions concrètes de déploiement de l'Etat, de renforcement de la justice et de renforcement de la lutte contre la corruption", a-t-il ajouté, insistant sur l'importance "d'un Etat fort".

 

A ses côtés, Faustin-Archange Touadéra s'est dit "satisfait de la réponse" d'Emmanuel Macron "sur l'ensemble de ces questions", saluant la "solidité" de la "coopération bilatérale".

 

Fort de 13.000 hommes, le contingent de la Minusca - présente dans le pays depuis 2014 - doit être renouvelé en novembre au Conseil de sécurité de l'Onu. Selon plusieurs sources françaises, un renforcement de la présence militaire française sur place n'est, lui, pas à l'ordre du jour.

 

(Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 00:38

 

 

 

 

http://www.ces.ro

 

Le 20 septembre 2017, une délégation du Conseil économique et social d'Afrique centrale, composée d'Alfred Taïnga Poloko, Président, Nicolas Tiangaye, ancien Premier ministre, et Clément De-Boutet M'bamba, rapporteur général du Conseil, a eu un entretien avec M. Iacob Baciu, président de CES Roumanie et président de l'AICESIS, au siège social de l'Écosse en Roumanie.

Délégation du Conseil économique et social de la République centrafricaine en Roumanie
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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 00:23
Nouvelles nationales sur Xinhua
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Centrafrique les organisations syndicales projettent une grève illimitée à compter du 5 octobre prochain

 

BANGUI, 25/09/17 (Xinhua) -- A l'issue de leur assemblée générale de samedi, les organisations syndicales centrafricaines, qui venaient de rendre compte des démarches de négociation avec le gouvernement, ont convenu d'une grève illimitée dès le 5 octobre prochain, a appris Xinhua de sources concordantes.

 

Les organisations syndicales reprochent au gouvernement d'observer un mutisme alors qu'elles avaient introduit, il y a de cela trois mois, un mémorandum auprès du Premier ministre centrafricain Simplice Mathieu Sarandji et du ministre centrafricain sortant de la Fonction publique, Moussa Abdoulaye, à propos de la régularisation des arriérés de salaire.

 

Ensuite, depuis trois semaines, "les démarches de négociation avec le gouvernement n'ont pas eu lieu", a déploré Firmin Ponguélé, secrétaire général du Groupement des travailleurs de Centrafrique (GSTC). Il a annoncé que les syndicats vont faire parvenir sur la table du gouvernement dès le 25 septembre un préavis de grève illimitée qui prendra effet à compter du 5 octobre prochain.

 

Les organisations syndicales ont signalé que "la grève n'épargnera aucun secteur de l'administration publique", histoire de ne pas laisser seulement les enseignants à l'action, ce qui impacterait directement et exclusivement sur la vie des écoliers, des élèves et des étudiants, comme cela se fait habituellement.

 

Dans le milieu des économistes, il est reproché aux syndicats l'absence de patriotisme et de nationalisme. Selon les analyses des économistes, depuis le déclenchement de la crise en RCA, le salaire qui est versé à terme échu aux fonctionnaires et agents de l'Etat provient des appuis budgétaires de la communauté internationale.

 

Sur seize préfectures, l'Etat n'en contrôle réellement que trois. Les recettes publiques sont générées grâce au seul corridor reliant la capitale centrafricaine Bangui et la capitale économique du Cameroun qui est Douala.

 

A cause des crises qui surgissent presque toutes les décennies en RCA, les fonctionnaires et agents de l'Etat ont, selon les cas, enregistré jusqu'à 20 mois d'arriérés de salaire, entre les régimes des défunts présidents André Kolingba (1981-1993) et Ange-Félix Patassé (1993-2003).

 

L'ancien président centrafricain François Bozizé (2003-2013) s'était, sous son règne, passé des arriérés de ses prédécesseurs. Seulement, il a veillé à ce que les salaires soient versés à terme échu.

 

Avec l'accession au pouvoir de la Séléka, avec Michel Djotodia, les fonctionnaires et agents de l'Etat ont enregistré deux mois d'arriérés de salaire, qui ne sont pas régularisés jusque-là. C'est donc la somme de ces arriérés qui est devenue la pomme de discorde entre les organisations syndicales et le gouvernement, juste à la rentrée officielle des classes.

 

 

Cameroun: quatre morts lors d'une attaque d'un groupe armé centrafricain présumé (presse)

 

French.china.org.cn  le 25-09-2017

 

Quatre personnes, dont un civil, ont été tuées lors d'un violent accrochage ayant opposé les forces de défense et de sécurité du Cameroun et un groupe armé centrafricain présumé après une attaque menée par celui-ci samedi soir dans l'est du Cameroun, selon un bilan officiel rapporté lundi par la presse locale.

 

Le groupe armé, composé d'une dizaine de combattants, a attaqué un groupe d'éleveurs de bœufs et enlevé sept d'entre eux dans la localité camerounaise de Foya, proche de la frontière qui sépare le Cameroun et la République centrafricaine (RCA), dans l'arrondissement de Ketté, où vivent plusieurs milliers de réfugiés ayant fui les violences enregistrées dans ce pays voisin, rapportent des sources officielles.

 

Après l'attaque, les assaillants ont repris le chemin pour regagner le territoire centrafricain, en compagnie de leurs sept otages. Mais leur élan s'est vu stoppé net lorsque des unités de la gendarmerie nationale camerounaise et du Bataillon d'intervention rapide (BIR), une force spéciale de l'armée camerounaise, alertées par la population, se sont manifestées par leur intervention.

 

Cette riposte des forces de défense et de sécurité camerounaises a aussitôt provoqué un violent accrochage avec le groupe armé, au cours duquel quatre personnes sont mortes, dont trois assaillants et un otage, communiquent les services de sécurité cités par la presse locale. L'intervention n'a cependant pas permis de libérer les autres otages.

 

Depuis la crise due à la chute du régime de François Bozizé par l'ex-alliance rebelle de la Séléka le 24 mars 2013 dans la capitale centrafricaine Bangui, la région de l'Est du Cameroun est le théâtre, avec celle de l'Adamaoua voisine, d'attaques répétées et d'enlèvements de la part de groupes armés originaires de la RCA.

 

Certains étaient même déjà actifs dans les deux régions depuis plusieurs années auparavant, après le putsch militaire mené par l'ex-dirigeant déchu le 15 mars 2003 contre le pouvoir d'Ange-Félix Patassé, premier président centrafricain démocratiquement élu.

 

Pour contrer ces actions considérées comme une menace à la paix et la stabilité du pays, les autorités camerounaises ont mis en place un dispositif sécuritaire spécial dans les deux régions, comme c'est aussi le cas pour la lutte contre la secte islamiste Boko Haram dans l'Extrême-Nord. Mais la porosité de la frontière n'aide pas à enrayer la menace.

 

Source: Agence de presse Xinhua

 

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 00:15
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : L’inspecteur général des services judiciaires appelle à l’application du code de justice militaire

 

 

PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 26 SEPTEMBRE 2017

 

 

BANGUI, 25 Septembre 2017 (RJDH)—Joseph Bindoumi, Inspecteur général des services judiciaires plaide en faveur de l’application des textes du code de justice militaire comme un moyen dissuasif des hommes en treillis, impliqués dans des infractions pénales et des crimes. Plaidoyer fait lors d’une interview accordée au RJDH ce 25 septembre à Bangui.

 

L’absence de la chaîne pénale au sein de la grande muette inquiète les défenseurs des droits humains dans un contexte où plusieurs personnels militaires et paramilitaires sont visés dans les violences basées sur le genre sans aucune forme de sanction adéquate. Selon l’Inspecteur des services judiciaires la redynamisation du tribunal militaire est un début de la réponse.

 

Selon Joseph Bindoumi, cette faiblesse a des conséquences graves « si cette instance a été efficace, les auteurs des infractions et crimes commis par nos forces devant l’Ecole nationale d’Administration et de la Magistrature (ENAM) par exemple, devraient être traqués, jugés et condamnés », s’est-il indigné.

 

Il a relevé que l’embargo pèse encore sur nos forces de défense, parce que cette juridiction ne fonctionne pas, «  malgré que la loi portant code de justice militaire ait été votée à l’Assemblée Nationale en 2016,  l’opérationnalisation de cette instance juridique  spéciale pose problème. Le redéploiement des FACA, la nomination des nouveaux fonctionnaires et leur redéploiement à ce poste, la stabilité de l’autorité de l’Etat à l’intérieur du pays, sont les conditions de la redynamisation du tribunal militaire permanent », a-t-il suggéré.

 

Le tribunal militaire permanent (TMP) a été sous Bokassa. En 2016, l’Assemblée Nation a adopté la loi portant code de justice militaire permanent. Le rôle de cette juridiction est de traduire et e juger les auteurs des infractions et crimes commis par des hommes en uniforme.

 

 

Centrafrique : Bozoum accueille par vague les déplacés de Bocaranga

 

PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 26 SEPTEMBRE 2017

 

BOZOUM, 26 Septembre 2017(RJDH)— Plusieurs déplacés de la ville de Bocaranga arrivent par vague à Bozoum, localité située à 127km de Bocaranga, fuyant les exactions des éléments de 3R. Ils sont accueillis dans des familles d’accueils dans l’attente d’une aide humanitaire.

 

L’arrivée massive des déplacés de Bocaranga à Bozoum est signalée au lendemain des attaques armés contre la population civile de Bocaranga. Attaque attribuée aux éléments de 3R dirigé par Sidiki dans la localité de Bocaranga. Lesquels combats ont fait plusieurs morts et des déplacés et qui suscitent au sein de l’opinion nationale des réactions tant au sein de la classe politique que de la société civile.

 

L’un des déplacés de Bocaranga à Bozoum a souligné qu’il a pu rejoindre Bozoum en moto avec sa famille, « dès que les combats ont commencé, j’ai vite pris ma femme et mes trois (3) enfants pour regagner Bozoum malgré que je n’ai pas des parents à Bozoum. L’essentiel est que je puisse sauver ma peau et celle ma famille. C’est vrai, nous sommes dans une situation critique pour le moment », a expliqué Patrick chef de ménage après avoir gagné Bozoum.

 

La venue des déplacés de Bocaranga commence à inquiéter les habitants de Bozoum et les humanitaires, « nous sommes inquiets de l’arrivée massive des déplacés, les conséquences commencent à se faire sentir car depuis le lundi, les humanitaires ne sont pas sortis sur les axes notamment axe Paoua, Bocaranga et autres pour distribuer des vivres aux vulnérables comme ils le font habituellement en période de crise. Et c’est regrettable », s’inquiète Martine habitante de Bocaranga.

 

Selon des informations à notre possession, une réunion en faveur les déplacés est en train de s’organiser pour apporter de l’aide à ces déplacés.

 

Des sources sécuritaires encore non recoupées indiquent que des renforts en provenance de Bossangoa et Paoua seraient en route pour rejoindre les Anti-Balaka de Bocaranga.

 

 

Centrafrique : les usagers de la route s’inquiète des véhicules sans plaque d’immatriculation

 

 

PAR PAMELA DOUNIAN-DOTÉ LE 26 SEPTEMBRE 2017

 

 

BANGUI, 26 septembre 2017(RJDH)—Plusieurs véhicules circulent dans le pays sans plaque d’immatriculation. Une situation qui inquiète les usagers de la route et fait réagir les services de transport de surface à Bangui. Un dossier du RJDH réalisé après le constat.

 

L’absence de ces plaques d’immatriculation complique la tâche aux usagers de la route et à la police routière quand il s’agit de l’accident de circulation. Certains usagers de la route justifient cette inquiétude par des arguments sécuritaires dans un pays fragilisé par la crise et qui doit renforcer la sécurité à tous les niveaux. Au niveau du département de transport, cette question se justifie par l’arrêt de la délivrance depuis le 4 avril 2016 et indique qu’il existe des autorisations de transports et toutes pièces afférentes provisoires.

 

Le service des transports routiers au ministère des transports reconnait ce problème et dit avoir pris des dispositions, juste pour le secteur des transports en commun, « pour la carte grise et les plaques d’immatriculation et les autorisations de transport, je pense que des mesures ont été prises depuis le 04 avril 2016 en ce qui concerne les taxis et bus. Tous ont une carte provisoire de circulation et dès que la situation du pays sera stable, le département de transport et de l’aviation civile va lancer un communiqué à tous les usagers de venir régulariser leur situation. C’est en partant de là que les véhicules peuvent avoir leur propre numéro, leur carte grise, titre de transport et plus de carte provisoire pour les conducteurs », confie Jean Christophe Ngoamati, chef de service des transports routiers.

 

Certains conducteurs de taxis et bus interrogés sur ce sujet accusent le gouvernement de n’avoir pas pris des dispositions préalables, malgré le retour à l’ordre constitutionnel. « Il est bien vrai qu’après la crise, nous nous sommes confrontés à d’énorme difficultés concernant les titres de transport, les plaques d’immatriculation et les numéros personnels. Mais le gouvernement a pris des dispositions pour nous délivrer des titres provisoires de transport surtout à tous les usagers de la route, mais cela traine encore.  Donc nous souhaitons que les usagers puissent avoir leur carte grise et leur titre de transport »  a lâché un conducteur rencontré au Km5.

 

Les difficultés de la délivrance des cartes grises, plaques d’immatriculation interviennent au moment où le gouvernement suspend les activités de la société d’une entreprise privée sensée délivrer ces pièces et tout autre acte d’état civil.

 

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 00:10
DEGRADATION DE LA SITUATION HUMANITAIRE A L’OUEST DE LA CENTRAFRIQUE
DEGRADATION DE LA SITUATION HUMANITAIRE A L’OUEST DE LA CENTRAFRIQUE

 

 

Centrafrique: 23.000 nouveaux déplacés dans l'ouest

 

26/09/17 (AFP)

 

Quelque 23.000 personnes ont fui Bocaranga et Niem, deux villes du nord-ouest de la Centrafrique et proches du Cameroun, en raison des violences, a-t-on appris mardi auprès du Bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires (Ocha).

 

"La grande majorité des habitants de Bocaranga, 15.000, et ceux de Niem, 8.000, se sont réfugiés dans la brousse où ils ne peuvent avoir accès à l'assistance humanitaire", a déclaré l'Ocha dans un communiqué de presse.

 

Samedi, des hommes armés du groupe armé 3R ont attaqué Bocaranga, malgré la présence en ville de Casques bleus de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca).

 

"Il ne fait aucun doute qu'il y a des victimes. Mais il est encore bien difficile de connaître leur nombre exact", a expliqué une source militaire à l'AFP.

 

Apparu fin 2015 dans le nord-ouest de la Centrafrique, le mouvement armé 3R prétend protéger la communauté peule contre les attaques des milices anti-balaka.

 

D'après l'Ocha, la ville de Niem, située à une quarantaine de kilomètres de Bouar, dans l'ouest du pays, a aussi été "prise" par un groupe armé.

 

Mi-septembre, le nombre de réfugiés et de déplacés ayant fui les violences en Centrafrique a atteint son "plus haut niveau" avec 1,1 million de personnes ayant dû fuir leur domicile sur 4,5 millions d'habitants.

 

La Centrafrique est depuis 2013 en proie à des violences continues. L'intervention de la France (2013-2016) et la Minusca (12.500 hommes) ont permis la tenue d'une élection présidentielle début 2016 et le retour d'un calme relatif à Bangui, mais pas dans l'intérieur du pays victime d'un regain de violences.

 

A la tribune de l'ONU, la semaine dernière, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a appelé la communauté internationale à "ne pas oublier" la Centrafrique.

 

 

 

DEGRADATION DE LA SITUATION HUMANITAIRE A L’OUEST DE LA CENTRAFRIQUE

 

Bangui, le 26 septembre 2017 – La situation humanitaire dans l’Ouest de la République centrafricaine se dégrade à nouveau depuis le début du mois de septembre. La prise de plusieurs localités notamment les villes de Bocaranga et de Niem par des groupes armés et les affrontements qui s’en suivent ont causé un grand nombre de déplacements. La grande majorité des habitants de Bocaranga, 15 000, et ceux de Niem, 8 000, s’est réfugiée dans la brousse où ils ne peuvent avoir accès à l’assistance humanitaire. Ces incidents surviennent alors que les actes de violence contre le personnel humanitaire dans cette zone avaient poussé plusieurs acteurs à suspendre y temporairement leurs activités.

 

« Encore une fois, les civils continuent de payer un très lourd tribut aux affrontements entre les groupes armés » s’inquiète le Coordonnateur humanitaire en République centrafricaine, Najat Rochdi. « Dans sa fuite, la population est non seulement coupée de l’assistance dont elle a tant besoin mais elle est aussi davantage exposée à l’adversité et aux exactions des groupes armés et à la destruction de leurs biens ».

 

Le Coordonnateur humanitaire met en garde contre une nouvelle recrudescence de la violence dans l’ouest mais également à l’est du pays qui engendrerait de nouveaux besoins humanitaires. Najat Rochdi a donc rappelé que « les capacités opérationnelles de la communauté humanitaire subissent déjà de fortes pressions dans un contexte marqué par le sous-financement de l’aide ». « L’émergence simultanée de nouveaux foyers de tension dans plusieurs régions aggravera sans aucun doute la situation déjà très fragile de milliers de déplacés ainsi celle des communautés qui se remettent à peine des crises à répétition ».

 

La persistance de la violence en République centrafricaine depuis le début de l’année 2017 et la hausse vertigineuse des besoins ont amené la communauté humanitaire à réviser le Plan de réponse humanitaire. A ce jour, seul 30% du financement requis a été sécurisé. Ce défaut de financement entrainerait une baisse quantitative et qualitative de la réponse. D’ores et déjà, dans plusieurs régions, certains acteurs ont dû se retirer faute de ressources financières adéquates. Dans la majorité des cas, ils étaient les seuls à accorder une assistance à ceux qui sont dans le besoin. Najat Rochdi « appelle la communauté internationale à ne pas abandonner la Centrafrique où la moitié de la population nécessité une assistance pour sa survie ».

 

 

Virginie Bero

 

Public Information Associate |United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA)

République Centrafricaine (RCA) | Central African Republic (CAR)

Email: berov@un.org|  Mob: +236 70 17 76 25| Skype : bvirginie22  

car.humanitarianresponse.info | unocha.org/car | humanitarian.id | reliefweb.int

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