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9 septembre 2022 5 09 /09 /septembre /2022 17:02
Les populations civiles, premières victimes du groupe Wagner en Afrique
Les populations civiles, premières victimes du groupe Wagner en Afrique

Lu pour vous

 

Les populations civiles, premières victimes du groupe Wagner en Afrique, selon un rapport d’Acled

https://www.lemonde.fr/afrique  Par Cyril Bensimon 8 sept 2022

L’ONG a collecté des données sur les agissements en Centrafrique et au Mali de ces mercenaires proches du Kremlin.

C’est un rapport d’une dizaine de pages qui apporte un peu de clarté sur les agissements d’un groupe n’ayant aucune existence officielle et dont l’opacité est la marque de fabrique. En quelques années, Wagner est devenu la plus célèbre et la plus controversée société militaire privée. Un épouvantail pour les Occidentaux et un outil d’influence de la Russie, pour laquelle cette entité agit plus ou moins dans l’ombre.

Wagner a déployé ses hommes et posé ses pions en Ukraine, en Libye, en Syrie, à Madagascar, au Soudan, au Mozambique… Mais c’est sur deux pays phares de son implantation sur le continent africain, la Centrafrique et le Mali, que l’ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (Acled), dont le rapport a été publié mardi 30 août, a concentré son travail de collecte de données et d’analyse.

Les exactions commises par ces mercenaires qui servent les intérêts du Kremlin ont déjà été dénoncées et documentées à maintes reprises par des organes des Nations unies, des pays occidentaux – la France en tête – et les principales organisations de défense des droits humains. 

En juin 2021, le groupe d’experts de l’ONU sur la Centrafrique avait ainsi transmis au Conseil de sécurité une série de rapports signalant des « meurtres indiscriminés » ainsi que des actes de violence contre des civils perpétrés par des « instructeurs russes ». Six mois plus tard, l’Union européenne a imposé des sanctions à l’encontre du groupe Wagner et de personnalités qui lui sont liées.

Cependant, la compilation des événements effectuée par Acled donne la mesure des violences et précise l’impact de ces interventions.

Opérations conjointes

Le premier constat est accablant : aussi bien en Centrafrique qu’au Mali, les populations civiles sont les premières victimes des opérations du groupe. Entre le 1er janvier 2018, date du début des activités de Wagner à Bangui, et le 31 juillet 2022, 52 % des « événements de violence politique organisée » impliquant les paramilitaires russes ont ciblé des civils. Au Mali, le taux monte à 71 % sur une période allant du 1er décembre 2021 au 31 juillet 2022.

Des chiffres largement supérieurs à ceux mettant en cause les armées de ces deux pays et leurs insurgés respectifs, ceux-ci n’ayant pourtant jamais brillé par leur respect du droit humanitaire international. En Centrafrique, selon le décompte d’Acled, 17 % des événements violents impliquant « les forces étatiques » ont ciblé des civils, contre 42 % de ceux concernant les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) ou de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC.) Au Mali, le taux est de 20 % pour les forces armées et de 27 % pour les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.

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Centrafrique-Presse.com
8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 22:51
Les nations d'Afrique centrale envisagent des pipelines et des hubs pour mettre fin à la pauvreté énergétique

 

 

Zone Bourse

Les pays d'Afrique centrale ont signé jeudi un accord visant à créer un réseau régional d'oléoducs et de gazoducs et des infrastructures centrales qui, selon ses partisans, renforceront l'approvisionnement énergétique et réduiront la dépendance aux importations de produits raffinés.

Le projet vise à construire trois systèmes multinationaux d'oléoducs et de gazoducs d'environ 6 500 km, des dépôts de stockage, des terminaux de gaz naturel liquéfié, au moins trois raffineries et des centrales électriques au gaz reliant 11 pays d'ici 2030, selon les documents du projet vus par Reuters.

Les pays, dont la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Gabon, le Tchad, l'Angola, la République démocratique du Congo et la République du Congo, sont tous producteurs de pétrole ou disposent de vastes réserves inexploitées de pétrole et de gaz, mais sont dépendants des importations de produits raffinés.

La plupart d'entre eux n'ont que peu ou pas de capacité de raffinage et se débattent avec des pénuries de carburant et d'électricité, aggravées par la crise ukrainienne.

Gabriel Mbaga Obiang Lima, ministre des Mines et des Hydrocarbures de la Guinée équatoriale, membre de l'OPEP, a déclaré au forum, avant la cérémonie de signature au Cameroun, que le projet était crucial pour lutter contre la pauvreté énergétique dans la région.

Il a déclaré que le projet s'inspirait du gazoduc d'Afrique de l'Ouest reliant le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana, ainsi que du modèle européen où Rotterdam sert de centre de raffinage et de distribution pour plusieurs pays.

"Ce ne sera pas bon marché, ni facile, mais si cela est fait en collaboration, cela fonctionnera", a-t-il déclaré, ajoutant que le réseau permettra de se débarrasser des camions qui sillonnent les pays et de dynamiser le marché régional du pétrole et du gaz en acheminant les produits là où ils sont nécessaires.

Le protocole d'accord pour le projet signé jeudi par l'Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), l'un des bailleurs de fonds, et le Central Africa Business Energy Forum, ouvrira la voie à des études de faisabilité.

Omar Farouk Ibrahim, secrétaire général de l'APPO, a déclaré que le projet était l'un des projets d'infrastructure énergétique les plus ambitieux dont l'achèvement a le potentiel de changer radicalement les économies des pays participants.

"Il transportera l'énergie des zones d'abondance vers les zones de besoin dans la sous-région d'Afrique centrale. Il intégrera et dynamisera les économies nationales de la sous-région d'Afrique centrale", a déclaré M. Ibrahim.

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 22:44
Comment l'espérance de vie a pu augmenter en Afrique

 

Lu pour vous

 

dw.com3h

Devenir vieux tout en restant en bonne santé. C'est ce que la plupart des gens souhaitent pour eux-mêmes et leurs proches. En Afrique, l'espérance de vie moyenne a augmenté de dix ans ces 20 dernières années.

La hausse de l'espérance de vie en Afrique est bien plus importante que partout ailleurs dans le monde. Comment expliquer ce phénomène et quels efforts restent à faire en la matière de santé  sur le continent pour maintenir cette tendance ?

Les campagnes de vaccinations ne décollent pas en Afrique

Janet Ngetich, 34 ans, a mis au monde sa fille dans la maternité Margaret Kenyatta il y a trois ans, à Nakuru, au Kenya. Elle se souvient que les services étaient "excellents" et elle tient à dire "bravo aux infirmières qui se sont occupées" d'elle.

Janet Ngetich a bénéficié du programme "Linda Mama". Celui-ci permet notamment des soins gratuits aux femmes enceintes qui se rendent régulièrement aux rendez-vous médicaux durant leur grossesse. Objectif : réduire la mortalité infantile et maternelle au Kenya.

Certains pays récompensent la régularité des contrôles durant la grossesse

Dix ans de plus qu'en 2000

L'Organisation mondiale de la santé ( OMS ) souligne que l‘Afrique de l'Est a fortement progressé dans ce domaine, tout comme dans le traitement et la prévention des maladies infectieuses.

En 2019, l'espérance de vie moyenne sur le continent africain était de 63 ans, dont 56 en bonne santé. Soit dix ans de plus qu'en l'an 2000.

Nulle part ailleurs dans le monde, l'espérance de vie n'a augmenté de la sorte. A noter toutefois que cette tendance ne traduit qu'une progression : les personnes qui naissent en Afrique ont encore, en moyenne, une espérance de vie en bonne santé plus courte qu'ailleurs sur la planète.

L'amélioration de l'accès aux antirétroviraux pour les personnes séropositives explique en partie ces progrès, tout comme le plus fort taux de vaccination contre des maladies comme la rougeole ou encore la meilleure prise en charge des patients atteints de maladies dites tropicales.

Le tabagisme fait partie des facteurs aggravant le risque de MNT

La lutte contre les MNT

Désormais, pour augmenter sensiblement l'espérance de vie sur le continent, la médecine en Afrique doit toutefois s'attaquer aux maladies non-transmissibles, les MNT : le cancer, le diabète, les maladies cardio-vasculaires par exemple.

Prebo Barango travaille au bureau régional de l'OMS à Harare, au Zimbabwe. Il insiste sur l'importance de la prévention "Les raisons pour laquelle la prévalence des MNT augmente sont les mêmes dans tous les pays : une alimentation malsaine, l'inactivité physique menant à l'obésité ou encore d'autres choses comme le tabagisme ou la consommation nocive d'alcool. Et puis il y a la pollution environnementale". Prebo Barango va même jusqu'à comparer les maladies non-transmissibles à une "épidémie".

Nulle part ailleurs dans le monde, l'espérance de vie n'a autant augmenté qu'en Afrique ces dernières années

Les affres de la Covid-19 sur l'IDH

La pandémie de Covid-19 a fait par ailleurs reculer fortement les progrès enregistrés en matière d'indice de développement humain. C'est ce qu'a constaté le Programme des Nations unies pour le Développement : pour la première fois depuis sa création il y a une trentaine d'années, l'IDH est en recul deux années de suite dans le monde, Environ 90% des pays de la planète ont enregistré, suite à la Covid-19, une baisse de l'espérance de vie, du niveau d'éducation, et plus généralement du niveau de vie de leurs habitants.

Pour améliorer la vie des générations futures, les Etats doivent veiller à rendre les soins de santé accessibles à tous

Pour Josephat Nyagero, directeur de recherche à l'Ong médicale Amref au Kenya, la qualité des infrastructures de santé s'est globalement améliorées en Afrique.

Mais il estime que les pouvoirs publics devront encore "faire des efforts dans les régions rurales" et mettre l'accent sur "l'accessibilité des soins, les rendre abordables pour toutes les bourses" – par exemple en misant sur l'assurance maladie universelle, comme le Rwanda, le Togo ou le Ghana.

 

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 21:43
Le sentiment anti-français en Afrique
Le sentiment anti-français en Afrique
Le sentiment anti-français en Afrique

 

Lu pour vous

 

https://www.areion24.news/   Christian Bouquet

Le sentiment est un objet d’étude difficile à mesurer car il relève davantage de la passion que de la raison. L’analyse scientifique d’un sentiment anti-français ne peut donc être qu’approximative et facilement biaisée, notamment au niveau des « sondages » sur lesquels certains articles se fondent pour développer le sujet. C’est pourquoi les observateurs se contentent souvent de rapporter des faits, c’est-à-dire des manifestations, des slogans ou des déclarations accréditant effectivement l’idée selon laquelle l’image de la France se dégraderait dans l’opinion des Africains.

Cette généralisation impose une exploration plus fine, à la fois dans l’espace et dans le temps, parce que, d’une part, les opinions hostiles à la France en Afrique sont inégales selon les pays et, d’autre part, elles remontent parfois à des périodes bien antérieures à l’actualité récente.

Ce qui est visible : les manifestations

On évitera une recension exhaustive de tous les incidents graves ayant mis en cause la présence française dans l’un des pays d’Afrique de l’Ouest, et on ne retiendra que quelques situations emblématiques où l’animosité a été vive. Chacune relève de facteurs particuliers, différents les uns des autres.
Dans l’ancienne Afrique occidentale française, l’un des premiers foyers de contestation idéologique fut la Haute-Volta (aujourd’hui Burkina Faso) à partir de 1983. Les concepts d’anticolonialisme et d’anti-impérialisme furent popularisés par Thomas Sankara, qui s’en était imprégné lors de son séjour d’études à l’académie militaire d’Antsirabe (Madagascar) en 1972, lorsque la Grande Île allait basculer dans le camp soviétique. Après avoir pris le pouvoir le 4 août 1983 à Ouagadougou, il entreprit des réformes de fond qui révolutionnèrent le pays, notamment en remplaçant l’autorité coutumière des chefs traditionnels par les Comités de défense de la république (CDR), composés essentiellement de jeunes gens. Cette jeunesse allait rapidement quadriller le pays par d’innombrables check-points où les contrôles étaient peu amènes avec les étrangers, notamment les Français. Les échanges du 17 novembre 1986 entre François Mitterrand et Thomas Sankara soulignèrent un sérieux « coup de froid » dans les relations franco-africaines (1), mais les violences physiques à l’encontre des ressortissants français furent globalement évitées.

Moins de vingt ans plus tard, c’est en Côte d’Ivoire ¾ pays natal de la « Françafrique » ¾ qu’ont éclaté des manifestations anti-françaises particulièrement violentes et répétitives. Elles ont débuté avant l’arrivée au pouvoir du leader socialiste et nationaliste Laurent Gbagbo : en juillet 2000, les « jeunes patriotes » de la FESCI (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire) et de Charles Blé Goudé avaient apporté leur soutien au général putschiste Robert Guéï en assiégeant l’ambassade de France (2). Les mêmes manifestants avaient ensuite chahuté le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, le 3 janvier 2003 (3), puis avaient de nouveau pris la France pour cible après les accords de Linas-Marcoussis fin janvier 2003, avec quelques violences et des banderoles étonnantes (« USA is better »). Les années 2003-2004 ont été marquées par un déchaînement anti-français paroxystique, avec le fameux slogan de Charles Blé Goudé ¾ « À chaque Ivoirien son Français » ¾, et surtout l’assassinat du journaliste correspondant de RFI Jean Hélène, victime d’une campagne qui visait explicitement les Français, puisque certains médias avaient publié les noms, adresses, immatriculations d’un grand nombre d’entre eux. En Côte d’Ivoire, le sentiment anti-français ¾ qui allait prévaloir jusqu’à la chute de Laurent Gbagbo en avril 2011 ¾ avait donc donné lieu à des voies de fait et de nombreuses atteintes physiques aux personnes et aux biens.

Début mars 2021, à Dakar, le ressentiment (est-ce le bon mot ?) anti-français a pris une autre tournure : ce sont les intérêts économiques français qui ont été visés, et souvent saccagés et pillés. La chaîne Auchan a été la cible des jeunes émeutiers, au motif que les supermarchés regorgeaient de produits alimentaires pendant que les Sénégalais avaient faim. Les groupes Eiffage et Orange ont été accusés de pratiquer des tarifs prohibitifs, et la multinationale géante Total a été soupçonnée d’avoir obtenu des marchés de manière douteuse (4). Le lien entre les objectifs frappés et la situation sociopolitique nationale venait de l’affaire Ousmane Sonko, opposant politique incarcéré pour des soupçons d’agression sexuelle. La France était pointée du doigt pour des raisons qui rappelaient les décennies antérieures, au temps où la voix de l’Élysée passait pour murmurer à l’oreille des présidents africains.

Mais les signes les plus éloquents et les mieux exploités médiatiquement ont été les manifestations, parfois violentes, qui ont éclaté au Sahel depuis novembre 2021 contre la présence française de Barkhane : blocages de convois militaires à Kaya (Burkina Faso) le 18 novembre 2021, à Téra (Niger) le 27 novembre 2021, et à Ansongo (Mali) le 20 janvier 2022. À chaque fois, des centaines (des milliers ?) de manifestants, criant « À bas Barkhane, à bas la France » et parfois « Vive la coopération Mali-Russie », ont surgi dans des zones rurales habituellement à l’abri des soubresauts politiques des capitales. Ces heurts violents, qui ont fait plusieurs victimes, comme à Téra, illustrent des capacités d’organisation et une puissance de conviction qu’il serait imprudent de ne relier qu’à des manipulations étrangères.

De la raison à la passion

Une relecture attentive de ces événements laisse transparaître, même de manière ténue, un soubassement idéologique relativement cohérent : la critique marxiste du néocolonialisme est clairement exprimée, du moins par les élites, au Burkina Faso de Thomas Sankara ; le nationalisme, parfois teinté de panafricanisme, émerge à fleur de peau en Côte d’Ivoire sous Laurent Gbagbo ; la dénonciation des intérêts français éclate au Sénégal ; la condamnation des ingérences militaires françaises est exacerbée au Sahel.

Mais la montée des tensions est probablement le fruit d’une accumulation de déceptions et de frustrations, que les spécialistes de la question (5) font démarrer à la fin des années 1950, lorsque fut décidée par le général de Gaulle la cristallisation des pensions des anciens combattants. Même si l’application de la loi fut différée de quelques années pour les ressortissants des pays d’Afrique subsaharienne, l’impression de rupture d’égalité et l’humiliation furent vivement ressenties par la génération née dans les années 1920. Plus tard, en 1986, il y eut l’instauration des visas obligatoires pour se rendre en France, décidée par Jacques Chirac, sans réciprocité dans un premier temps. Puis les visas furent de plus en plus difficiles à décrocher, et les élites africaines commencèrent à éprouver une sorte de désamour à l’endroit de l’ancienne métropole (6), alimenté par les polémiques récurrentes sur le franc CFA. Enfin, les interventions militaires françaises, notamment en Côte d’Ivoire à partir de 2002, ou en Libye en 2011, puis au Mali et en Centrafrique en 2013, renforcèrent l’idée que les ingérences dans les affaires intérieures africaines se poursuivaient malgré les affirmations sur l’abandon de la « Françafrique ».

Comment des opinions, ou des prises de position, peuvent-elles quitter le champ de la rationalité politique pour se transformer en « sentiments », en « ressentiment » ou en « désamour » ? Les réponses ¾ car il y en a plusieurs ¾ sont à chercher dans les vecteurs des messages transmis.

Au Burkina Faso dans les années 1980, la rhétorique anticolonialiste de Thomas Sankara passait par les médias d’État (radio, télévision et presse écrite), étroitement contrôlés par le pouvoir en place et sans contre-pouvoirs critiques.

En Côte d’Ivoire, sous Laurent Gbagbo, les conditions étaient sensiblement les mêmes. Les médias d’État étaient soutenus par les discours enflammés des « Patriotes » de la FESCI qui tenaient chaque jour des meetings à la « Sorbonne », un quartier du Plateau d’Abidjan où il ne faisait pas bon se montrer quand on était français. Entre-temps étaient apparues des radios étrangères émettant en FM, diffusant souvent les arguments des oppositions, mais elles étaient fréquemment neutralisées : les signaux de RFI, de France 24, de TV5 et de la BBC ont été souvent coupés entre 2000 et 2011. On remarquera que le Mali d’Assimi Goïta a adopté les mêmes comportements en 2022.

Les réseaux sociaux n’en étaient alors qu’à leurs balbutiements, puisque Facebook date de 2004 et Twitter de 2006. En Côte d’Ivoire, ils ont donc progressivement remplacé les messages des imprécateurs de la Sorbonne, notamment quand l’argent a commencé à manquer pour alimenter les manifestations. En Afrique de l’Ouest (Sénégal, Sahel), ils sont montés en puissance et ont permis des mobilisations très larges car souvent démultipliées au-delà des capitales. Les événements de Kaya au Burkina Faso, de Téra au Niger et d’Ansongo au Mali ont montré que des rassemblements importants de militants pouvaient avoir lieu dans des zones rurales.

On le savait depuis l’émergence des « mouvements citoyens », en particulier le Balai citoyen, né au Burkina Faso en 2013. Mais, là encore, tous les mouvements citoyens n’avançaient pas selon les mêmes logiques : à Ouagadougou, le Balai citoyen a joué un rôle important dans le renversement de Blaise Compaoré, alors que deux ans plus tôt, le groupe sénégalais YAM (Y’en a marre) militait pour la participation aux élections avec son mot d’ordre « Ma carte mon arme ».

Si les réseaux sociaux sont désormais les principaux véhicules des mobilisations citoyennes, ils prêtent évidemment le flanc à la critique. D’abord, ils sont massivement infiltrés par des trolls originaires de l’étranger, et plus particulièrement de Russie (7). Ensuite, la brièveté des messages qu’ils diffusent interdit toute profondeur dans l’argumentation et dans la réflexion. Ainsi pourrait-on reprendre point par point la plupart des arguments retenus comme slogans dans les appels lancés par les réseaux sociaux, et les contester un à un, que ce soit sur le franc CFA ou sur la quête de ressources minières par les grandes puissances. Mais cela supposerait un format de réponse qui dépasse à la fois la taille autorisée et ce que peuvent supporter la plupart des activistes, car ils ont besoin de messages courts.

Peut-on mesurer le sentiment anti-français ?

Les manifestations décrites s’appuient à la fois sur le ressentiment (retour des souvenirs qui fâchent) (8) et sur le sentiment, qui est une perception dans l’instant. Prendre la mesure de tels objets d’étude est difficile. On connaît le traditionnel sondage annuel Gallup sur le leadership des principales grandes puissances, qui évalue surtout le soft power, mais qui étudie rarement le point de vue africain, notamment celui des jeunes. On ne dispose guère que des 112 pages du rapport African Youth Survey réalisé et publié en 2020 par l’institut américain PSB Research pour le compte de la fondation Ichikowitz (du nom du milliardaire sud-africain qui a fait fortune dans le commerce des armes). Les enquêteurs ont interrogé 4 200 jeunes âgés de 18 à 24 ans dans 14 pays africains. On découvre ainsi que l’image de la France est jugée négative par 58 % des jeunes Togolais, 60 % des Maliens et 68 % des Sénégalais.

Naturellement, c’est inquiétant. Mais Achille Mbembe, l’un de ceux qui ont longtemps pourfendu l’influence française, relativise la tendance (9) : « Ce sont des formes de construction d’un bouc émissaire qui permet de ne rien faire de son côté. » Et il poursuit : « Un certain nombre de choses qui sont reprochées à la France ne sont pas de sa responsabilité, mais de celle des gouvernements africains. » Encore faudrait-il que la passion ne l’emporte pas sur la raison.

 

 

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 20:08
Nouvelles nationales sur RNL
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Centrafrique : après un an de détention préventive, Rémy Quignolot annonce une grève de la faim à partir du 11 septembre

https://www.radiondekeluka.org/ jeudi 8 septembre 2022 17:34

Arrêté en mai 2021 à Bangui pour atteinte à la sureté intérieure de l’Etat et détention illégale d’armes de guerre, Rémy Quignolot est toujours détenu au camp de Roux. Le ressortissant français, âgé de 56 ans, menace d’entamer une grève de la faim à partir du 11 septembre. Pour ses proches et son avocate, son séjour en prison est arbitraire. Ceux-ci parlent même de séquestration. Cependant, le parquet de Bangui affirme que le dossier est déjà inscrit au rôle de la prochaine session criminelle.

Rémy Quignolot a été arrêté le 10 mai 2021 à Bangui avant d’être placé une semaine après, sous mandat de dépôt à la prison du camp de Roux. La chambre d’accusation, l’a inculpé d’espionnage et de détention illégale d’armes de guerre. Après plus d’un an passé en détention, son avocate Me Arlette Sombo Dibélé dénonce une détention prolongée "non motivée par une ordonnance".

"L’article 97 du Code de procédure pénale centrafricain dit qu’en matière criminelle et dans les autres cas, l’inculpé ne peut être maintenu en détention provisoire au-delà d’un an. Aujourd’hui, la session n’a pas lieu. Or le 2ème alinéa de l’article 97 nous dit : Toutefois, à titre exceptionnel, le juge d’Instruction peut, à l’expiration de ce délai, décider de prolonger la détention pour une durée qui ne peut être supérieure à 4 mois par une ordonnance motivée" a martelé Arlette Sombo Dibélé. 

Du côté de la famille de l’accusé, l’on dénonce une violation de la loi car selon les proches de M. Quignolot, cette détention n’a pas de fondement juridique. Selon la famille, l’accusé a décidé d’entamer une grève de la faim à compter du 11 septembre prochain. Une manière, selon lui, de protester contre la violation du Code de procédure pénale centrafricain.

"Nous attendons de cette situation que la justice et le droit soient enfin entendus en Centrafrique dans la situation de Remy Quignolot qui est détenu arbitrairement depuis le 10 mai 2021 et séquestré illégalement depuis le mois de mai 2022, et pour lequel aucun procès n’est encore été prévu. Nous sommes hors la loi dans tous les sens du terme et cette situation ne peut plus durer. Voilà pourquoi Remy Quignolot a décidé d’entamer une grève de la faim au terme d’une année entière de détention" a affirmé Caroline Quignolot, sœur de l’inculpé.

Au départ, Remy Quignolot était reproché par le parquet de proxénétisme, tentative d’atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, complot, association de malfaiteurs, terrorisme, espionnage et détention illégale d’armes de guerre. Aujourd’hui, la chambre d’accusations retient contre lui trois chefs d’accusations, notamment : détention illégale d’armes et munitions de guerre, espionnage, port illégale d’armes et cartouches de chasse.

Selon le Procureur général, la prochaine session criminelle de la Cour d’Appel de Bangui se tiendrait à la fin du mois d’octobre 2022. Session au cours de laquelle, le dossier Quignolot devrait être jugé.

 

 

Centrafrique : la Cour constitutionnelle prise d’assaut par des manifestants pro-nouvelle constitution

https://www.radiondekeluka.org/ jeudi 8 septembre 2022 17:28

Plusieurs centaines de jeunes proches du pouvoir ont pris d’assaut, ce 08 septembre 2022 dans la matinée, la devanture de la Cour constitutionnelle à Bangui. Scandant des mots hostiles à l’endroit de la présidente de cette haute juridiction, les manifestants ont appelé à la démission de tous les membres du bureau. Une manifestation condamnée par les leaders de l’opposition qui dénoncent une intimidation.

Organisée par la plateforme Galaxie nationale, la manifestation n’a duré que quelques dizaines de minutes, avant d’être dispersée par la force publique. Rassemblés quelques minutes plus tard au complexe sportif Barthélemy Boganda, les leaders du mouvement, notamment Didacien Kossimatchi et Hyppolite Ngaté, n’ont pas souhaité répondre à la presse sur le mobile de leur action. « Nous accorderons l’interview, une fois que nous aurons une réponse à notre revendication », ont lâché les leaders du mouvement.

Cependant, sur sa page Facebook, la Galaxie nationale exige la démission de la présidente de la Cour constitutionnelle ainsi que tous ses membres. Contacté par Radio Ndeke Luka, le porte-parole de la Cour, Jean-Pierre Waboue, a affirmé que l’institution ne maîtrise pas la motivation des manifestants. Et donc, aucun commentaire n’est à faire.

Ferme condamnation de l’opposition

Cette situation a fait réagir plusieurs leaders de l’opposition démocratique. Notamment, Crépin Mboli-Goumba, Martin Ziguélé et Dominique Désiré Erénon. Tous ont condamné via Twitter, cette manifestation. Pour eux, il s’agit là d’une intimidation et d’une prise en otage de la démocratie en République centrafricaine.

Le 29 août dernier, la Cour constitutionnelle a annulé la vente de la nationalité et des ressources naturelles de la République centrafricaine à travers le projet Sangocoin. Une vente en ligne qu’elle juge inconstitutionnelle. Par ailleurs, une autre décision de la Cour est attendue en ce qui concerne la saisine de l’opposition demandant l’annulation du décret mettant en place la Constituante, chargée de rédiger une nouvelle loi fondamentale.

 

Centrafrique : lancement des travaux d’extension du réseau électrique sur 400 km à Bangui et dans sa périphérie

https://www.radiondekeluka.org/ jeudi 8 septembre 2022 17:14

Pour pallier l’éternel problème d’électricité dans la capitale et ses environs, le ministère de l’Energie à travers le Projet d’urgence de fourniture et d’accès à l’électricité (Puracel) a lancé, ce 06 septembre 2022, les travaux d’extension des réseaux de distribution à Bangui et dans les localités environnantes. Basé sur la centrale solaire de Danzi, ce projet pourra fournir environ 5 mégawatts supplémentaires d’énergie.

Ce projet d’extension de l’électricité, dénommé Puracel, prend en compte la construction de près de 400 kilomètres de ligne basse-tension au bénéfice des ménages, environs 115 kilomètres de moyenne tension pour la centrale thermique et l’implantation de 42 transformateurs. L’énergie, à en croire les responsables de ce projet, sera produite par la centrale solaire de Danzi encore en chantier. Le projet couvrira les localités de Bangui, Bimbo, Mboko, village Danzi sur l’axe Boali et d’autres localités situées sur la route Damara.

Raccorder des ménages éloignés

"Ces travaux qui vont être réalisés vont permettre de raccorder des ménages qui n’étaient pas proches du réseau. Il y a notamment les zones qui sont en contrainte, c.-à-d. à l’intérieur de la ville. Ces zones n’ont pas assez de postes et la qualité de la fourniture n’est pas bonne. Cet aspect, on va pouvoir l’améliorer très prochainement" a affirmé Blaise Bangui Toumba, coordonnateur du projet Puracel.

Le projet donnera du travail à près d’une centaine de personnes et durera au moins 2 ans. Selon les responsables, cette extension concernera plusieurs zones de la banlieue de la capitale.

La centrale solaire de Danzi au cœur du projet

"Comme le projet Puracel se base beaucoup plus sur la centrale solaire de Danzi, il va falloir consommer l’énergie qui est produite au niveau de cette centrale. Ainsi, nous avons un corridor qui va couvrir toute la zone derrière l’aéroport jusqu’à Sakaï. On va aussi reprendre une partie de la route de Boali jusqu’au Pk26. Ceci, concernera également la route de Damara et la zone de Mboko" a conclu le coordonnateur de Puracel.

Ce projet du gouvernement devra augmenter le taux de couverture en électricité, longtemps souhaitée par la population, en fournissant plus de 5 kilowatts d’énergie. Il est financé par la Banque mondiale à hauteur de plus de 13 milliards de francs CFA.

 

 

Centrafrique : F.A Touadéra compte revoir les lettres de mission de ses ministres

https://www.radiondekeluka.org/ jeudi 8 septembre 2022 17:09

Face à la tension de trésorerie que connaît la République centrafricaine, le gouvernement décide de tout faire pour renflouer la caisse de l’Etat. Engagement pris à l’issue du séminaire gouvernemental, tenu du 10 août au 06 septembre 2022 à Bangui. Face à cette période difficile, caractérisée par la suspension de certains appuis budgétaires des partenaires financiers, Faustin-Archange Touadéra opte pour l’actualisation des lettres de missions de ses ministres.

Durant près d’un mois, le gouvernement s’est réuni en session d’apprentissage et d’évaluation des difficultés que rencontre le pays en matière de mobilisation des recettes domestiques. Au total, 373 recommandations ont été formulées par les ministres, à eux-mêmes, mais aussi aux partenaires de la République centrafricaine. D’où, l’engagement du gouvernement à mener une lutte sans merci contre l’impunité et la corruption.

« Exiger le devoir de redevabilité à tous les niveaux »

"Il s’agit de mobiliser toutes les menu-ressources, recettes, générées par les départements ministériels et procéder à leur reversement sur le compte unique du trésor public selon les clés de répartition qui seront définis. Rendre l’administration plus efficace en développant des formations continues, adaptées aux besoins des secteurs. Exiger le devoir de redevabilité à tous les niveaux et engager une lutte implacable contre l’impunité et la corruption" a fait savoir Maxime Balalou, ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement.

L’une des recommandations est aussi d’évaluer chaque ministre par trimestre. Ainsi, le chef de l’Etat compte revoir la feuille de route de chaque membre de son gouvernement.

Faire face à la suspension des aides budgétaires

"Je recommande une actualisation des lettres de mission assignées à chaque membre du gouvernement. Les évaluations périodiques doivent clairement apparaître dans les nouvelles lettres de mission. L’amélioration du niveau de mobilisation de nos recettes domestiques permettra à l’Etat d’assurer les charges régaliennes en cette période difficile, accentuée par la suspension des appuis budgétaires par certains partenaires" a martelé Faustin-Archange Touadéra, président de la République centrafricaine.

Débuté le 10 août 2022 pour 2 semaines, ce séminaire gouvernemental a officiellement pris fin ce 06 septembre 2022. Cette première initiative du gouvernement Moloua, intervient près d’un an après celle organisée par le son prédécesseur Henri-Marie Dondra en octobre 2021.

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 18:14
Le risque d’implosion de l’Europe face à la «guerre d’usure» en Ukraine

 

Lu pour vous

 

https://www.arabnews.fr/ Khattar Abou Diab Publié le 08 septembre 2022

  • Le coût et les conséquences politiques et économiques du soutien à l’Ukraine commencent à soulever des questions existentielles pour une UE manquant d’autonomie stratégique et de moyens économiques
  • Le poids politique et stratégique de l’Union européenne va dépendre de plusieurs facteurs internes et du sort de cette épreuve ukrainienne

PARIS: La guerre en Ukraine traîne en longueur. Elle vit son septième mois, sans issue à l’horizon. Avec ce conflit majeur qui a ramené la guerre sur le Vieux Continent, l’Europe et le monde subissent mutations et changements. En effet, cette guerre a inauguré une confrontation mondiale entre deux axes: l’Occident et l’Ukraine d’un côté, la Russie et ses alliés de l’autre.  

Ces tiraillements et ces chocs ont leurs retombées sur l'économie, l'énergie, la sécurité alimentaire et la stabilité, ce qui accentue les failles d'une mondialisation chancelante et redonne de l'élan aux tendances nationalistes, aux conflits identitaires et à la récession, au moment de la révolution numérique et de la première cyberguerre directe.  

L’Europe subit de plein fouet les effets d’une guerre destructrice et le spectre d’un déclin économique. Les contradictions entre les pays membres de l’Union européenne (UE) par rapport à la Russie, et la crise énergétique qui se dessine à l’approche de l’hiver, pourraient-elles provoquer l’implosion de l’UE, selon un scénario envisagé par le Premier ministre polonais? 

La cohérence de l’UE à l’épreuve de la guerre en Ukraine  

Au fil des jours, cela se transforme en «guerre d'usure» du fait de l’échec de la machine militaire russe à remporter rapidement la guerre et à se tenir dans l’ouest, notamment à Kiev. En se concentrant sur le Donbass, les forces russes ont contrôlé environ un quart du territoire ukrainien.  

Mais le soutien occidental massif aux forces ukrainiennes a conduit à des lignes de combat stabilisées à l'est et au sud, sans que cela implique qu'il n'y ait aucun risque d’aller vers une escalade majeure sur d'autres «fronts», comme en témoigne l'inquiétude suscitée par la centrale nucléaire de Zaporijia, la contre-offensive ukrainienne à Kherson et les frappes ukrainiennes en Crimée. La prochaine étape de la guerre se décidera en cas de gains ukrainiens au sud, ou si le président Poutine décide d'étendre l'attaque sur tout l'arc sud-est de l’Ukraine, de Kharkiv à Odessa, et de priver l'Ukraine de sa façade maritime. 

Face à ces développements, l’Otan d’un côté et l’UE de l’autre s’impliquent de plus en plus aux côtés de l’Ukraine dirigée par le président Volodymyr Zelensky. Mais le coût et les conséquences politiques et économiques commencent à soulever des questions existentielles pour une UE manquant d’autonomie stratégique et de moyens économiques. 

Malgré les surenchères de certains de ses membres, l’UE se trouve pratiquement coincée entre le marteau russe et l’enclume américaine. En mettant en échec le stratagème de  Poutine consistant à les diviser, les Européens ont su encaisser le choc et faire face à ce qu’ils ont considéré comme une agression contre un État indépendant, selon le droit international.  

Mais Washington et Londres ont décidé d’aller plus loin, en faisant du «péché» russe le prétexte pour piéger Moscou et transformer l’Ukraine en bourbier comme ce fut le cas de l’Afghanistan à l’époque soviétique. Dans ce contexte, Washington use de sa force de frappe financière et de ses capacités militaires pour diriger le front occidental, tandis que l’Europe peine à trouver les moyens pour assurer un soutien à long terme à Kiev.  

Cette faiblesse chronique de l’Europe met donc la cohérence de l’UE à l’épreuve de cette guerre meurtrière (à la fin du mois d’août, le gouvernement ukrainien a admis la perte de neuf mille soldats, et il y en a beaucoup plus du côté russe, sans parler des pertes civiles et des dégâts matériels). Ainsi, on constate au sein de l’UE une division croissante entre les partisans d’un jusqu’au-boutisme pro-Kiev, et ceux qui veulent «ne pas couper tous les ponts» avec la Russie.  

Le maillon faible du jeu international 

En tirant les enseignements et en observant cette mêlée en Ukraine, laquelle s’étend d’une façon ou d’une autre à Taïwan, certains stratèges européens constatent que le Vieux Continent risque d’être le maillon faible dans le grand jeu qui va se dérouler ces prochaines années. 

Le désordre international (et non le système multipolaire) marque notre époque, et la probable alternative se concentre autour d’un système tripolaire américain-chinois-russe.  

Cette polarisation tripartite marginalise une UE sans autonomie stratégique et qui ne possède pas une politique homogène et unie. Ainsi, cette guerre représente un test capital pour la vitalité et la fiabilité de l’UE. 

L’avertissement du Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, concernant le risque d’implosion n’est pas fortuit car, selon lui, «certains États membres préfèrent rechercher la paix plutôt que de rester avec Kiev jusqu’à ce qu’elle prenne le dessus dans sa lutte contre la Russie». 

Face aux maximalistes européens, les tenants du dialogue avec Moscou sont en mauvaise posture après le renforcement du leadership américain et l’élargissement de l’Otan. De surcroît, le chantage au gaz orchestré par la Russie a pour but de fracturer l’Europe en jouant sur ses divisions. L’hiver sera un moment de vérité pour l’UE. 

Dans tous les cas, l’UE pourrait éviter l’implosion et maintenir son unité de façade. Mais son poids politique et stratégique va dépendre de plusieurs facteurs internes et du sort de cette épreuve ukrainienne.  

 

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 17:14
Mali, RDC et RCA: les forces de l'Onu contestées
Mali, RDC et RCA: les forces de l'Onu contestées
Mali, RDC et RCA: les forces de l'Onu contestées

 

Lu pour vous

 

dw.com

Les missions onusiennes de maintien de la paix font de plus en plus face à l'hostilité des populations dans certains pays en Afrique.

Les attaques dont font l'objet les casques bleus depuis un certain temps dans des pays comme le Mali, la Centrafrique et la République démocratique du Congo ont fait réagir Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de paix des Nations unies. 

Ce responsable onusien a déploré, mardi (6 septembre) devant le Conseil de sécurité de l'Onu, la situation dans laquelle se trouvent les casques bleus dans ces trois pays.  

Cette déclaration intervient après la mort d'un civil dans la ville de Beni lors de nouveaux affrontements entre les casques bleus et la population qui critique depuis plusieurs mois l’inefficacité de la force onusienne face aux attaques  des groupes armés .

Un dispositif armé qui n'arrange rien

Au sein de cette mission de maintien de la paix au Congo se trouve, depuis plusieurs années, une brigade spéciale ayant pour mission d'intervenir militairement en cas d'attaque contre la population.

Manifestation contre la Monusco à Goma en RDC.

C'est la même brigade qui était intervenue en chassant en 2013 les rebelles M23 qui avaient pris la ville de Goma. 

L'intérêt personnel, selon Judith Raupp, journaliste allemande basée dans cette ville, est aujourd'hui mis en avant par les casques bleus sur place. "Pendant le temps qu'ils sont au Congo, ils gagnent de l'argent et leur intérêt tourne autour de ce qu'ils vont gagner pendant la mission, tout en pensant à ce qu'ils feront chez eux, notamment économiser et se payer des maisons ou l'école. Donc, cela fait que la Monusco n'est pas aussi forte qu’on le souhaiterait" explique t-elle

Le même sentiment d’hostilité se retrouve au Mali, mais dans un contexte différent. Bien que la population éprouve du mal à comprendre le mandat de la la Minusma , d'autres facteurs d'ordre politique font que cette mission onusienne fait face à une forte contestation.

La présence de la Minusma est aussi très contestée au Mali.

Aly Barry, intellectuel malien, rappelle le différend qui existe entre le pouvoir de Bamako et la Minusma. "Aujourd'hui, les rapports de la Minusma accusent les forces armées maliennes et les groupes terroristes d'exactions sur les civils. Et celui qui dit le contraire de la version officielle, selon laquelle l'armée monte en puissance et respecte les droits humains, devient l'ennemi public numéro un" précise t-il. 

En Centrafrique aussi, le gouvernement a souvent manifesté son mécontentement face aux nombreux rapports faits par la Minusca qui accusent les forces centrafricaines d'être impliquées dans les violations des droits humains. Notamment aux côtés des mercenaires russes de Wagner, présents au Mali et en Centrafrique. 

 

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 17:12
Paludisme : les résultats d’un vaccin suscitent l’espoir d’un déploiement massif

 

 

Le Monde avec AFP 8 septembre 2022

Ce vaccin, développé par des scientifiques de l’Université d’Oxford, pourrait entraîner une diminution de 70 % des décès d’ici à 2030. 

Une dose de rappel d’un nouveau vaccin antipaludique maintient un niveau élevé de protection contre la maladie, a assuré une équipe de recherche internationale, jeudi 8 septembre dans la revue Lancet Infectious Diseases, suscitant l’espoir que ce vaccin bon marché puisse être produit à grande échelle dans quelques années. Ce vaccin, développé par des scientifiques de l’Université d’Oxford, pourrait représenter un tournant dans la lutte contre la maladie, ont déclaré les chercheurs. Le paludisme, maladie parasitaire transmise par les moustiques, a tué 627 000 personnes – principalement des enfants africains – au cours de la seule année 2020.

L’année dernière, un autre vaccin, produit par le géant pharmaceutique britannique GSK, est devenu le premier vaccin antipaludique à être recommandé pour une utilisation généralisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il a depuis été administré à plus d’un million d’enfants en Afrique. Mais des recherches ont montré que l’efficacité du vaccin de GSK était d’environ 60 % et diminuait considérablement avec le temps, même avec une dose de rappel. Le vaccin R21/Matrix-M d’Oxford s’est quant à lui avéré efficace à 77 % pour prévenir le paludisme, selon une étude publiée l’année dernière. C’est la première fois qu’un vaccin a dépassé l’objectif d’efficacité fixé par l’OMS à 75 %.

Pour l’étude, 450 enfants âgés de 5 à 17 mois au Burkina Faso – où le paludisme représente environ 22 % de l’ensemble des décès – ont reçu trois doses en 2019. Ils ont été divisés en trois groupes : deux ont reçu différentes doses de l’adjuvant Matrix-M, un ingrédient vaccinal breveté par Novavax et également utilisé dans le vaccin contre le Covid-19 de la société de biotechnologie américaine ; le troisième groupe témoin a reçu un vaccin contre la rage.

Avant la saison des pluies de 2020 (lorsque les cas de paludisme augmentent), 409 enfants sont revenus pour recevoir une injection de rappel. Pour le groupe ayant reçu la plus forte dose d’adjuvant, l’efficacité du vaccin est passée à 80 %, selon les résultats d’un essai de phase 2 publiés jeudi. Pour la dose la plus faible, l’efficacité était de 70 %. Surtout, un mois après avoir reçu le rappel, les anticorps antipaludiques ont retrouvé un niveau similaire à celui observé après les premières doses reçues un an plus tôt, selon l’étude.

200 millions de doses par an

« C’est fantastique de voir une efficacité aussi élevée après une dose de rappel unique », s’est réjoui l’un des auteurs de l’étude, Halidou Tinto, de l’Institut de recherche en santé du Burkina Faso (IRSS). M. Tinto, qui a participé à l’essai des deux vaccins antipaludiques, a déclaré que le vaccin de GSK avait une efficacité optimale d’environ 60 %. « Je peux donc confirmer que R21 [le vaccin d’Oxford] est bien plus efficace », a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse.

« Nous pourrions envisager une réduction très substantielle de ce fardeau horrible qu’est le paludisme, une baisse des décès et des malades dans les années à venir, certainement d’ici à 2030 », a pour sa part déclaré Adrian Hill, spécialiste des vaccins à Oxford et co-auteur de l’étude. Selon lui, une diminution de 70 % des décès dus au paludisme pourrait être atteignable dans ce délai, en partie grâce au grand nombre de doses de vaccin qui pourraient être produites rapidement.

Lire aussi : Paludisme : le Niger donne son « feu vert » à la vaccination des enfants de moins de 5 ans

Oxford s’est associé au plus grand fabricant de vaccins au monde, le Serum Institute of India. Ce dernier « souhaite et est capable de fabriquer 200 millions de doses par an à partir de l’année prochaine », a déclaré M. Hill. Les 6 à 10 millions de doses que GSK peut produire par an ne sont « pas suffisantes pour 40 millions d’enfants qui ont besoin de quatre doses la première année », a-t-il dit. Et le vaccin d’Oxford coûterait probablement quelques dollars par dose, moins de la moitié des 9 dollars pour la version de GSK, a-t-il ajouté.

Les résultats d’un essai de phase 3 impliquant 4 800 participants dans quatre pays sont attendus plus tard cette année, ce qui pourrait potentiellement conduire à l’approbation du vaccin.

Le Monde avec AFP

 

 

 

Nouveau vaccin révolutionnaire contre le paludisme efficace à 80 % : en 2020, 500 000 enfants sont morts

https://www.netcost-security.fr/

Le vaccin antipaludique R21 / Matrix-M développé par l’Université d’Oxford a montré une efficacité de 80% contre le paludisme clinique, un résultat exceptionnel.

Un nouveau vaccin contre le paludisme s’est révélé efficace à 80 % dans une étude clinique menée en Afrique sur des enfants, ce qui représente une révolution potentielle contre cette maladie infectieuse mortelle. Comme l’a rapporté l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un communiqué, le paludisme – causé par la piqûre du moustique anophèle infecté par le plasmodium – a causé 241 millions de cas en 2021 et tué 627 000 personnes en 2020. L’Afrique est de loin le continent le plus touché, avec 95% des cas et 96% de tous les décès dus au paludisme, qui dans la grande majorité des cas (80%) impliquent des enfants de moins de 5 ans. Cela indique qu’un demi-million de bébés ont perdu la vie en 2020. Ce sont des chiffres effrayants qui pourraient être tués grâce à ce nouveau médicament sûr et efficace.

Une équipe de recherche internationale dirigée par des scientifiques du Jenner Institute de l’Université d’Oxford et du NIHR Oxford Biomedical Research Center, qui ont travaillé en étroite collaboration, a développé et testé le nouveau vaccin antipaludique, appelé R21/Matrix-M avec des collègues de l’Unité de Recherche Clinique de Nanoro – Institut de Recherche en Sciences de la Santé (Burkina Faso), la société biopharmaceutique américaine Novavax et d’autres instituts. Les scientifiques, coordonnés par le professeur Mehreen S. Datoo, professeur au Centre de vaccinologie clinique et de médecine tropicale de l’institut d’Oxford, ont fabriqué leur propre vaccin contre le paludisme d’une manière qui n’est pas sans rappeler celle de GSK, déjà approuvée l’an dernier par l’OMS. . Il s’agit d’une préparation avec adjuvant à base de l’antigène de surface de l’hépatite B (HBsAg), lié à la partie C-terminale et aux répétitions centrales de la protéine circumsporozoïte du Plasmodium falciparum (CSP), le protozoaire responsable du paludisme. Comparé au vaccin précédent, il a un pourcentage plus élevé de protéines de l’organisme unicellulaire transmises par les moustiques.

Les chercheurs ont testé le vaccin dans un essai clinique randomisé et contrôlé de phase 1/2b sur des centaines d’enfants âgés de 5 à 17 mois à Nanoro, au Burkina Faso. Le premier groupe d’enfants a été traité avec trois doses de 5 microgrammes de R21 associées à 25 microgrammes d’adjuvant Matrix-M ; le deuxième groupe d’enfants avec le même vaccin mais associé à 50 grammes d’adjuvant ; le troisième avec un vaccin témoin, le Rabivax-S. En comparant toutes les données, il est ressorti que le vaccin R21/Matrix-M s’est révélé sûr, immunogène (avec une production importante d’anticorps neutralisants) et protecteur contre le paludisme clinique, avec une efficacité de 80% chez les enfants traités à haute dose. . . Ce sont des résultats extrêmement prometteurs qui pourraient révolutionner la lutte contre l’une des maladies infectieuses les plus meurtrières de la planète.

« Nous pensons que ce sont les meilleures données sur le terrain avec n’importe quel vaccin contre le paludisme », a déclaré avec enthousiasme à la BBC le professeur Adrian Hill, directeur de l’Institut Jenner de l’Université d’Oxford, également à la pointe de la pandémie de COVID-19. Le scientifique souligne que le vaccin peut être vendu pour quelques dollars et espère qu’il pourra être distribué le plus tôt possible pour sauver des vies, « certainement d’ici la fin de l’année prochaine », a indiqué l’expert. Grâce à ce vaccin, « nous avons vraiment pu constater une réduction très substantielle de cet horrible impact du paludisme », a ajouté le professeur Hill. Il sera bientôt testé dans un essai clinique de phase plus avancée avec des milliers de participants. L’espoir est qu’il sera approuvé dès que possible et pourra sauver des centaines de milliers de vies chaque année. Les détails de la recherche « Efficacité et immunogénicité du vaccin R21/Matrix-M contre le paludisme clinique après 2 ans de suivi chez des enfants au Burkina Faso : un essai contrôlé randomisé de phase 1/2b » ont été publiés dans la revue scientifique faisant autorité The Lancet Maladie Infectieuse.

 

 

Paludisme : les résultats d’un vaccin suscitent l’espoir d’un déploiement massif
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7 septembre 2022 3 07 /09 /septembre /2022 20:03
La forêt du Congo, un "poumon" pour la planète, fragile et en quête de protection

 

Lu pour vous

 

Par Sciences et Avenir avec AFP  Publié le 07.09.2022 à 08h51

Au-dessus de la canopée, les scientifiques auscultent la forêt du bassin du Congo, pendant que dans les villages environnants des paysans s'initient à des techniques de culture moins dévastatrices pour ce "poumon vert" menacé, essentiel à la lutte contre le changement climatique.

La "tour à flux" de 55 mètres de haut, qui permet de quantifier le carbone absorbé ou émis par la forêt, se dresse dans le décor luxuriant de la réserve de biosphère de Yangambi, qui couvre quelque 250.000 hectares en bordure du fleuve Congo, dans la province de la Tshopo (nord-est de la RDC). Le site, réputé du temps de la colonisation belge pour ses recherches en agronomie tropicale, accueillait cette semaine une réunion de scientifiques dans le cadre d'une "pré-COP" prévue début octobre à Kinshasa, en amont de la 27e Conférence sur le climat (COP27) de novembre en Egypte.

Les tours à flux sont nombreuses dans le monde, mais le bassin du Congo n'en avait pas encore, "ce qui limitait la compréhension de cet écosystème et son rôle dans le changement climatique", explique le chef de projet Thomas Sibret, de l'Université de Gand (Belgique). Les relevés de la tour "CongoFlux", opérationnelle depuis fin 2020, doivent être analysés sur la durée, poursuit le scientifique, mais une chose est sûre, cette forêt tropicale séquestre plus de gaz à effet de serre qu'elle n'en rejette. "On parle souvent du premier poumon, l'Amazonie, et du deuxième, le bassin du Congo", développe Paolo Cerutti, expert du Centre pour la recherche forestière internationale (Cifor) et chef des opérations menées au Congo par cet organisme basé en Indonésie.

"Cela reste à ce niveau, mais, selon le forestier, on commence à avoir des preuves que l'Amazonie devient plutôt un émetteur". "On mise donc beaucoup sur le bassin du Congo, notamment la RDC qui a 160 millions d'hectares de forêt encore capables d'absorber le carbone". Mais là aussi la forêt est menacée : "l'année passée, le pays a perdu un demi-million d'hectares", dit-il. L'exploitation industrielle ou illégale contribue à la déforestation, mais la raison principale est selon lui "l'agriculture itinérante sur brûlis".

Les villageois cultivent, récoltent et, quand la terre s'appauvrit et que les rendements diminuent, ils vont plus loin, défrichent, brûlent, et recommencent. Avec l'explosion démographique, la forêt risque de disparaître.

"Inépuisable"

"On la pensait inépuisable... Mais ici, il n'y a plus d'arbres", se désole Jean-Pierre Botomoito, chef de secteur à Yanonge, à 40 km de Yangambi. Il faut parcourir de longues distances, à pied ou à vélo sur des sentiers étroits et boueux, pour trouver les chenilles qui colonisent certains arbres et que les Congolais adorent manger. Ou pour avoir de quoi fabriquer du charbon de bois, appelé "makala", qui, faute d'électricité, est abondamment utilisé pour la cuisine.

Depuis cinq ans, le projet "FORETS" (Formation, Recherche, Environnement dans la Tshopo), largement financé par l'Union européenne, tente de sédentariser les paysans tout en leur permettant de mieux vivre de leurs champs et de la forêt. Dans les parcelles, on alterne les cultures, on plante manioc et arachides entre des acacias à croissance rapide, qui après six ans pourront servir à la production de makala.

Des pépinières alimentent le reboisement. Une "ferme pilote" montre comment tirer le meilleur parti d'une exploitation, avec ici des ananas, là une porcherie. On explique aux bûcherons comment sélectionner les arbres. Des "fours améliorés" permettent d'obtenir plus de makala. Pour le bois d'oeuvre, une scierie est à la disposition des exploitants artisanaux légaux pour produire de belles planches d'afrormosia, bois rouge, iroko, kosipo...

Un laboratoire de biologie du bois aide à prédire l'évolution de la forêt. L'herbarium, sanctuaire de milliers de plantes séchées collectées depuis les années 1930, a été rénové. Et les responsables du "programme national de recherche sur les caféiers" rêvent de renaissance de la filière café, mise à terre par la mauvaise gestion, les maladies, les conflits armés.

Crédits carbone

"Nous sommes agriculteurs, mais nous n'avions pas forcément les bonnes pratiques", admet Jean Amis, dirigeant d'une organisation paysanne. Hélène Fatouma, qui préside une association de femmes, est ravie que les étangs piscicoles autour desquels gambadent canards, poules et chèvres aient donné 1.450 kg de poisson en six mois, contre 30 kg auparavant.

Dans une clairière noircie écrasée de chaleur, Doloka, 18 ans, sort des braises d'un four encore fumant et se réjouit à l'idée que "la forêt revienne près de la maison". Mais d'autres villageois sont nettement moins enthousiastes. Certains pensent que la tour à flux vole l'oxygène, d'autres qu'on veut leur prendre leurs terres, des dendromètres fixés sur des troncs pour mesurer leur croissance sont vandalisés, des chefs restent convaincus que les arbres repoussent tout seuls et que les programmes successifs n'enrichissent que leurs promoteurs.

Les équipes du Cifor espèrent que la sensibilisation et l'éducation vaincront les résistances. Dieu Merci Assumani, directeur du centre de recherche de l'Inera (Institut national pour l'étude et la recherche agronomique), veut même croire à "l'adhésion de tous". Mais "les moyens manquent", regrette-t-il, en déplorant que les communautés congolaises ne voient pas venir les "financements carbone" promis par les "pays pollueurs" en échange de la protection de la forêt. "Des engagements, c'est bien, mais il faut des décaissements", s'agace-t-il.

Interrogé sur la récente mise aux enchères de blocs pétroliers, dont un tout proche de Yangambi, M. Assumani se dit par ailleurs favorable à l'exploitation pétrolière, dans le "respect du principe de gestion durable". A l'inverse de certains défenseurs de l'environnement, il pense que "ce sera une bonne chose", pour le pays et pour l'Afrique.

 

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7 septembre 2022 3 07 /09 /septembre /2022 19:50
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Centrafrique : une centrafricaine se lâche sur l’injustice autour de la délivrance de la CNI

https://www.radiondekeluka.org/ mercredi 7 septembre 2022 11:25

Certains demandeurs de la carte nationale d’identité se plaignent de l’injustice dans le traitement des dossiers à la direction des services de police judiciaire. Le nom ou parfois l’apparence de certains demandeurs constitue un blocage pour rentrer en possession de cette carte. Alors que certains passent parfois quelques heures, 1 ou 2 jours pour l’obtenir, les autres peuvent attendre des semaines voire des mois sans obtenir le précieux document. 

Les plaintes ne font qu’augmenter du côté des demandeurs de la carte nationale d’identité. Si certains ont de la chance de l’avoir sans difficulté, d’autres par contre, à cause de leur taille ou de leur religion, doivent galérer pendant des mois et parfois, sans gain de cause. Aminata Gueye est Centrafricaine. Elle se plaint pour son petit frère qui a déjà passé plus de 5 mois sans entrer en possession de sa carte nationale d’identité.

L’original d’un acte de naissance de 1933 exigé

"On lui a demandé les documents de notre défunt père, né à Bangassou vers 1933. J’ai retrouvé son passeport expiré, son certificat de nationalité et son acte de naissance agrafé avec le jugement supplétif. Avec tout cela, on va lui demander de fournir l’original de l’acte de naissance. Où est-ce qu’on va le trouver ?" s’est demandée Aminata Gueye.

Pour cette citoyenne centrafricaine, il y a de l’injustice dans le traitement des dossiers au niveau du centre d’émission de cette carte.

« Un musulman n’est-il pas centrafricain » ?

"Pourquoi juger les gens par leur taille, leur nom en disant qu’un vrai Centrafricain n’est pas aussi grand de taille ou, ce nom a une connotation musulmane ? Un musulman n’est-il pas Centrafricain ? Nous avons un nom sénégalais mais notre père est Centrafricain et fonctionnaire pendant 30 ans à la mairie " s’est indignée Aminata.

Aminata Gueye appelle les autorités à revoir la manière d’émettre la carte nationale d’identité qui constitue un droit pour tout centrafricain.

« Je demanderais au gouvernement de former ces policiers »

"Comment voulez-vous qu’on ait la paix si on continue d’avoir des comportements de ce genre ? Quelle est cette façon de mettre les gens dans des stéréotypes, de les grouper ? Vous êtes de ce clan, vous êtes de ce groupe. Je demanderais au gouvernement de former ces policiers" a-t-elle martelé.

Pour contourner ces blocages, il y a quelques semaines, un jeune homme de religion musulmane s’était fait passer pour un militaire afin de vite entrer en possession de sa carte nationale d’identité. Malheureusement pour lui, il a été descellé et mis aux arrêts.

Radio Ndeke Luka a tenté en vain d’avoir la réaction des responsables de la police sur ces plaintes qui ne cessent d’affluer.

 

 

Bangui : le Front républicain contre-attaque sur le terrain Ucatex dans le 8e arr.

https://www.radiondekeluka.org/ mercredi 7 septembre 2022 10:22

Une semaine après le meeting du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), le Front républicain revient à la charge. Le 27 août 2022, le BRDC a dénoncé, sur le terrain de l’Ucatex, les manigances du pouvoir visant à permettre au président Touadéra de briguer un troisième mandat et de s’accrocher au pouvoir. Ce dimanche 4 septembre, le Front républicain a tenu son meeting sur le même terrain de l’Ucatex pour contredire les différentes déclarations des leaders de l’opposition.  

Si le BRDC n’a pu mobiliser que quelques centaines de partisans sur un terrain de l’Ucatex inondé, le Front républicain a pu mobiliser un peu plus de deux mille partisans, selon les estimations des organisateurs, sur le même terrain, inondé aussi ce jour.

Le Front républicain, qui soutient le projet d’une nouvelle constitution, a réuni autour de lui, des leaders des partis politiques proches du pouvoir ainsi que ceux du Mouvement cœurs-unis (MCU). Le message principal de cette mobilisation est « la réponse aux propos des leaders du BRDC contre le projet de rédaction d’une nouvelle constitution ».  Les organisateurs de ce meeting ont rappelé que seul, le peuple tranchera sur la question d’un référendum.

 « La majorité soutient le projet d’une nouvelle Constitution »

"Seul, le peuple peut demander une nouvelle Constitution. Rien ne peut l’empêcher et que personne ne vous induit en erreur. Nous, de la majorité présidentielle, nous sommes des démocrates et nous soutenons le projet d’une nouvelle constitution. Nous allons procéder autrement à la réalisation de ce projet" a martelé Bertrand Arthur Piri, 2e secrétaire exécutif national du MCU.

Si l’opposition estime qu’une nouvelle Constitution n’apportera aucun changement à la souffrance du peuple, les leaders du Front républicain, eux, restent confiants.

« Nous sommes là pour apporter la lumière sur certaines problématiques »

"Nous avons qualifié notre meeting de « meeting de vérité » parce qu’il y a eu beaucoup d’allégations. Nous sommes là pour apporter la lumière sur certaines problématiques soulevées par l’opposition à savoir : la question de la terminologie entre constituante et comité de rédaction d’une nouvelle constitution" a précisé Héritier Doneng, leader du Front républicain.

Des leaders du Front républicain, du MCU et des autres partis politiques proches du pouvoir, se sont succédé à la tribune. Durant presque deux heures, ils ont chargé l’opposition à travers des invectives et rassuré le public quant à leur détermination d’aller au référendum constitutionnel.

 

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