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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 21:45
Chaussures en alligator, palaces et grands crus… la vie fastueuse de Lucien Ebata

Lu pour vous

 

Enquête Libé

Affaire Orion Oil : chaussures en alligator, palaces et grands crus… la vie fastueuse de Lucien Ebata

https://www.liberation.fr/ par Ismaël Halissat et Jérôme Lefilliâtre publié aujourd'hui à 17h55

Affaire Orion Oil : où est passé l'argent du pétrole congolais ? dossier

L’homme d’affaires de 53 ans dépensait sans compter, notamment en France, une fortune issue du pétrole congolais. Généralement en cash, et sans oublier d’arroser des proches et des dignitaires du régime de Sassou-Nguesso.

Libération révèle les rouages de ce qui pourrait être l’un des principaux circuits de détournement des recettes du pétrole congolais, de Paris à Brazzaville en passant par la Suisse et Monaco. En cause, la société Orion Oil et son patron Lucien Ebata, proche du président Denis Sassou-Nguesso et aux multiples relations avec des personnalités économiques et politiques françaises. 

«C’est quelle voiture que vous avez reçue ?» Au téléphone, Lucien Ebata semble perdu ce 6 décembre 2016, d’après une conversation interceptée par les enquêteurs des douanes judiciaires. Le concessionnaire, basé à Paris, rit et répond : «Ben, celle que vous nous avez commandée.» Le patron du groupe Orion ne se souvient plus de quel véhicule il est question. Il ne s’agit pourtant pas d’une citadine d’occasion mais d’une Bentley décapotable blanche. Le vendeur rappelle dans la conversation qu’il reste un solde de 274 435 euros à payer. Une paille. L’homme d’affaires a peut-être la mémoire qui flanche car il possède de nombreux véhicules en France à l’époque : deux Land Rover break, deux Porsche Cayenne, une Bentley Continental, une Mercedes Classe E et une Fiat 500. Il y a de quoi s’y perdre.

La fortune de Lucien Ebata se compte-t-elle en millions ou en milliards d’euros ? Mystère. Le Canado-Congolais de 53 ans ne figure pas dans les classements d’ultrariches qu’a l’habitude de publier le magazine Forbes, dont il possède une franchise pour l’Afrique francophone. Face à une juge d’instruction, le 20 décembre 2021, Lucien Ebata assure que ses «revenus annuels» sont compris entre 1 et 5 millions d’euros. Des chiffres qui semblent sous-évalués au regard de son train de vie délirant, très bien documenté dans l’enquête judiciaire qui lui vaut d’être mis en examen en France. C’est peu dire que Lucien Ebata mène la grande vie, financée à coups d’argent liquide dont les enquêteurs pensent qu’il provient d’un système élaboré de détournement de fonds publics au Congo-Brazzaville. Un montage sophistiqué qui profite aux dignitaires du régime de Denis Sassou-Nguesso, mais aussi à Ebata lui-même.

Interrogé en garde à vue en octobre 2021 sur un possible blanchiment, l’homme d’affaires avait déclaré : «Je réfute cette analyse.» Contacté par Libération, Lucien Ebata, présumé innocent, a répondu par la voix de son avocat, Me Antoine Vey : «Nous déplorons la violation du secret […]. Cette divulgation cause à M. Ebata et son groupe un important préjudice réputationnel.»

Une addition rondelette de 5 594 euros

A Paris, l’une des boutiques préférées du patron d’Orion est le magasin de vêtements Zilli, proche des Champs-Elysées. Des factures attestent qu’il y a dépensé en 2011 et 2012 plus de 235 000 euros – en espèces. Le 8 décembre 2011, il fait une razzia dans les rayons, s’allégeant en une seule visite de 38 000 euros pour acquérir costumes, chemises, pantalons et une paire de chaussures en alligator à 3 600 euros.

Pour ses repas parisiens, Lucien Ebata apprécie la cuisine du Laurent, un restaurant de luxe dans le VIIIe arrondissement. Le 31 mai 2012, en compagnie de dix convives, il s’en sort avec une addition rondelette de 5 594 euros, réglée en cash. Le menu est des plus fins : foie gras, langoustines, tronçons de turbot, homards, friands de pied de porc, le tout arrosé notamment d’un château d’Yquem 1961 et d’un Mouton Rothschild à 1 150 euros chacun.

A Paris où vivent son épouse et ses enfants, le patron d’Orion ne possède pas de bien immobilier. Il est en revanche propriétaire dans d’autres pays, en république démocratique du Congo, en Espagne, en Afrique du Sud… Ce patrimoine s’élève à plusieurs millions d’euros, selon des traces d’opérations bancaires retrouvées par les enquêteurs. A Paris, il a longtemps habité rue Beaujon, près de l’Arc de triomphe, pour un loyer mensuel de 5 500 euros. La famille a ensuite déménagé avenue Marceau, près des Champs-Elysées. Lors de la perquisition de son domicile en mai 2017, les douanes judiciaires ont découvert que l’homme d’affaires aimait particulièrement les montres de luxe. Ils en ont trouvé neuf, notamment des marques Rolex, Jaeger-LeCoultre, Chopard et Dior. Elles ont fait l’objet d’une estimation par un expert, qui a établi une fourchette allant de 38 200 à 56 850 euros pour l’ensemble.

Une facture d’hôtel de 493 000 euros

Pour voyager, Lucien Ebata utilise des avions privés de façon effrénée. Dans une note du 22 juin 2017, Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy, note que la société Jet Monde a facturé aux différentes sociétés de l’homme d’affaires pour près de 7 millions d’euros de prestations lors des trois années précédentes. Lucien Ebata ne profite pas seul de cette vie extravagante : il entretient un vaste cercle de parents, d’amis et de collaborateurs, ainsi qu’un réseau d’officiels congolais, des relations à chérir pour la préservation de son business et son statut. Tout un petit monde qui apprécie les palaces parisiens. Les enquêteurs français ont récupéré auprès du Peninsula, le grand hôtel favori de l’homme d’affaires, des factures colossales à son nom ou à ceux de ses plus proches. Editée le 14 juillet 2017 après l’occupation pendant un mois et demi de deux chambres – dont la 111, une des suites les plus chères –, l’une d’entre elles s’élève à 493 000 euros.

L’un des invités les plus récurrents et onéreux du patron d’Orion est assurément l’ex-ministre des Finances du Congo Calixte Nganongo. Ce dernier a eu droit, entre 2016 et 2018, alors qu’il était membre du gouvernement, à une soixantaine de nuitées tous frais payés dans les plus beaux établissements, pour un montant total de 278 000 euros. Ce personnage central du régime de Brazzaville, ex-dirigeant de la Société nationale des pétroles du Congo, a toutes les attentions d’Ebata. Peu après la nomination de Nganongo au gouvernement en mai 2016, l’homme d’affaires lui a commandé pour 60 500 euros d’articles de maroquinerie et de chaussures dans une boutique des Champs-Elysées. Pour l’occasion, la vendeuse a été envoyée à Brazzaville afin de prendre la pointure du ministre. S’agissait-il d’un geste destiné à s’assurer les bonnes grâces du grand argentier ? «Il est possible que lorsque M. Nganongo [est] devenu ministre des Finances, il se soit adressé à moi pour le conseiller sur des vêtements et des chaussures», a répondu Lucien Ebata en garde à vue en octobre 2021. Un vrai ami.

 

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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 21:38
Lucien Ebata, l’ascension fulgurante de «l’homme du président» Sassou-Nguesso
Lucien Ebata, l’ascension fulgurante de «l’homme du président» Sassou-Nguesso
Lucien Ebata, l’ascension fulgurante de «l’homme du président» Sassou-Nguesso
Lucien Ebata, l’ascension fulgurante de «l’homme du président» Sassou-Nguesso

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Affaire Orion Oil : Lucien Ebata, l’ascension fulgurante de «l’homme du président» Sassou-Nguesso

https://www.liberation.fr/ https://www.liberation.fr/par Jérôme LefilliâtreIsmaël HalissatCélian Macé et Agnès Faivre, correspondante à Ouagadougou publié aujourd'hui à 17h55

Affaire Orion Oil : où est passé l'argent du pétrole congolais ?dossier

Parti de rien, le richissime président de la société Orion Oil a gravi les échelons jusqu’à devenir un émissaire diplomatique du régime. Ce proche conseiller du président de la république du Congo a été mis en examen en 2021 à Paris, notamment pour blanchiment.

Libération révèle les rouages de ce qui pourrait être l’un des principaux circuits de détournement des recettes du pétrole congolais, de Paris à Brazzaville en passant par la Suisse et Monaco. En cause, la société Orion Oil et son patron Lucien Ebata, proche du président Denis Sassou-Nguesso et aux multiples relations avec des personnalités économiques et politiques françaises. 

Pourquoi désigner sa compagnie de négoce pétrolier du nom d’Orion ? «Car j’ai les étoiles en ma faveur», répondait en 2019 Lucien Ebata au magazine Stratégies. L’homme d’affaires canado-congolais de 53 ans expliquait aussi avoir choisi cette «belle constellation», symbole de force dans la mythologie grecque, pour figurer une entreprise qu’il souhaitait «indestructible». C’est dire l’ambition et le sentiment de puissance qui animent le personnage, soupçonné par la justice française d’être au cœur d’un vaste système de détournement de fonds publics de la république du Congo, portant sur des centaines de millions d’euros. A l’automne 2021, Lucien Ebata a été mis en examen à Paris pour des faits de blanchiment, manquement à l’obligation de déclaration de transfert de capitaux et corruption active de personne dépositaire de l’autorité publique.

Avec Orion Oil, créée en 2008, Ebata s’est imposé comme une figure de l’économie africaine. Dès 2012, le groupe a dépassé le milliard de dollars de revenus, engrangé des bénéfices substantiels et levé des capitaux auprès d’un pool de banques africaines (près de 1,3 milliard de dollars en trois ans) pour développer ses activités, notamment via le préfinancement de cargaisons de brut. Ce procédé opaque initié par des traders consiste à prêter de l’argent au Congo, qui rembourse ensuite en barils de pétrole livrés par la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC). Orion Oil, trader elle-même, est un intermédiaire de choix pour négocier ces «préfis». A la tête de cette société, Ebata est devenu incontournable sur le marché de l’or noir au Congo, grâce à sa relation privilégiée avec la SNPC, à la main du président Denis Sassou-Nguesso.

Cette place de choix a conduit le courtier à traiter directement avec des multinationales comme Shell, Trafigura, Vitol ou TotalEnergies. En garde à vue en octobre 2021, l’intéressé pavanait devant le Service d’enquêtes judiciaires des finances, rattaché au ministère de l’Economie, sur sa dimension planétaire : «Je suis entrepreneur africain, au service de l’Afrique et de mon pays. Les activités de ma société sont mondiales. J’ai créé des emplois dans les quatre coins du monde, incluant la France.» Sa carrière est pourtant intimement liée à l’histoire politique de son pays, et indissociable de la mainmise de Sassou-Nguesso sur celui-ci. 

Né le 12 mars 1969 à Ollombo, dans le centre du pays, Lucien Ebata grandit dans une famille modeste de paysans. A 13 ans, le bon élève obtient une bourse d’Etat pour poursuivre sa scolarité à Cuba (pays avec lequel le Congo, alors officiellement marxiste, entretient des relations étroites). Il y reste jusqu’à obtenir, selon sa biographie officielle, un diplôme en droit des assurances à l’université de La Havane. Il poursuit ensuite ses études au Canada, dont il a obtenu depuis la nationalité.

Lobbyiste en chef de Sassou-Nguesso

Après un début de carrière comme juriste, ce chrétien et franc-maçon revendiqué se lance dans le négoce de pétrole. Il fait ses premières armes à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), le grand voisin de son pays d’origine, et décroche en 2005 un contrat avec Glencore, géant suisse des matières premières, pour l’acheminement de produits raffinés le long du fleuve Congo.

L’année suivante, Ebata se présente comme le lobbyiste en chef du président Sassou-Nguesso aux Etats-Unis. En tant qu’avocat, son rôle est d’«effectuer des missions de bons offices en faveur de la république du Congo auprès des institutions financières internationales et d’autres partenaires pour qu’ils considèrent la réduction ou l’annulation totale de sa dette extérieure», selon le contrat – à 400 000 dollars – qu’a consulté Libération. Ebata se fait également fort de promouvoir la candidature du chef de l’Etat congolais… pour le prix Nobel de la paix.

Débrouillardise et agilité intellectuelle ne sont pas les seules qualités d’Ebata. Il est aussi de la même région et de la même ethnie – les Mbochi – que Denis Sassou-Nguessodont le fief familial, Oyo, est proche d’Ollombo. A la fin des années 2000, le jeune et ambitieux négociant se rapproche du clan au pouvoir, se liant notamment avec le fils du président, Denis Christel Sassou-Nguesso, ex-cadre de la SNPC et ministre de la Coopération internationale depuis 2021, ainsi qu’avec le cousin de celui-ci, Sylvain Lekaka, actuel directeur de cabinet du ministre des Finances et ancien administrateur d’Orion Oil. Ces intérêts croisés témoignent de la confiance accordée à Ebata par la famille régnant depuis quarante ans à Brazzaville. Pour la justice française, ils sont surtout le signe d’un système illicite dont le but est l’enrichissement mutuel des protagonistes.

«Il est juste dans la servitude»

«Sans être marié avec un membre de la famille, Ebata appartient au premier cercle du pouvoir. Il participe à sa conservation, décrit un bon connaisseur du secteur pétrolier congolais. Au Congo, il est plus important que n’importe quel ministre et même que le Premier ministre.» Son ascension a été pensée et accompagnée par le chef de l’Etat congolais en personne. «Il était prédestiné à devenir un petit pêcheur d’Ollombo ; il a gravi les échelons en devenant le principal lobbyiste de Sassou. Plus qu’un membre du clan, Lucien Ebata est l’homme du Président, qui lui a permis d’étudier, qui lui a donné accès au pétrole. Ebata lui doit tout, indique Andréa Ngombet, du collectif d’opposants Sassoufit. Il n’affiche ni ambition politique ni idéologie, il est juste dans la servitude.»

Au fil des années, Ebata – domicilié à Kinshasa (RDC) mais dont l’épouse et les deux enfants vivent à Paris – est devenu plus qu’un allié pour Denis Sassou-Nguesso. Le président du Congo, dont des proches ont été mis en examen par la justice française dans l’affaire dite des «biens mal acquis», a fait de lui un émissaire économique, confortant son poids politique. Par un décret du 19 juin 2017, soit un mois après avoir fait l’objet d’une perquisition en France, Ebata a été nommé «conseiller spécial du président de la République pour les financements extérieurs directs». Il bénéficie depuis cette date d’un passeport diplomatique. «Je m’attelle à trouver [à Sassou-Nguesso] des compétences intellectuelles de haut niveau pour aider le Congo à promouvoir son économie et à veiller au financement des investissements», fanfaronne Ebata devant la juge d’instruction, à Paris le 20 décembre 2021. L’homme d’affaires avait pour avocat Eric Dupond-Moretti jusqu’à la nomination de ce dernier comme ministre de la Justice.

Lucien Ebata a aussi été désigné par son pays président du comité de négociation technique avec le Fonds monétaire international. Il était en première ligne des discussions lorsque la république du Congo, lourdement endettée, a signé deux accords de prêts – pour 448 millions de dollars en 2019, suspendu ensuite, et 455 millions de dollars en 2021.

Un jet rempli de VIP

A Kinshasa aussi, Ebata est introduit dans les milieux d’affaires et la sphère politique. Le grand public ne connaît pas son visage, mais beaucoup de Congolais ont déjà entendu son nom. Les chanteurs les plus célèbres du pays lui dédicacent parfois leurs tubes – une pratique courante au Congo, qui s’exerce souvent contre rémunération. En 2018, Ebata est ainsi célébré dans Canne à sucre de la mégastar Fally Ipupa«Lucien est un homme réservé, mais qui aime la vie, la bourgeoisie, le grand salon et les femmes. Il aime se distinguer par des signes ostentatoires de la réussite, c’est pour ça que c’est un bon payeur auprès des musiciens, explique une de ses connaissances sur place. Il est compétent, c’est certain, mais pas toujours très prudent.»

L’envergure du personnage est telle que plusieurs publications sur l’actualité africaine se sont interrogées sur la nature réelle de ses ambitions : Lucien Ebata pourrait-il succéder à Denis Sassou-Nguesso à la tête du Congo ? L’intéressé a toujours nié. Cette hypothèse a circulé car l’homme d’affaires au train de vie faramineux s’est doté d’un outil d’influence qui ne doit rien au clan Sassou : il est le propriétaire du mensuel Forbes Afrique, distribué dans plus d’une vingtaine de pays francophones. Il a acheté le droit d’utiliser cette marque prestigieuse auprès du groupe américain Forbes en 2012, licence renouvelée en 2019 pour vingt ans. L’objet, édité à Paris avec une rédaction minuscule, sert surtout à mettre en avant les réussites économiques de certains entrepreneurs ou à applaudir les bilans forcément positifs des chefs d’Etat. Pour Ebata, c’est un instrument de relations publiques, permettant de cajoler des partenaires, des clients ou des amis.

Pour la soirée de lancement de Forbes Afrique, le 24 juillet 2012 à Brazzaville, Ebata, aidé par son communicant attitré, Stéphane Fouks, patron de Havas Worldwide, avait affrété depuis Paris un jet rempli de VIP : les ex-Premiers ministres Dominique de Villepin et Jean-Pierre Raffarin, l’ex-ministre des Affaires étrangères Roland Dumas, la journaliste Christine Ockrent mais aussi des cadres d’EADS et Alstom… Le mensuel avait aussi l’habitude d’organiser un forum annuel au Congo en juillet, lors duquel des personnalités politiques, grassement rémunérées, s’exprimaient : Nicolas Sarkozy, dont Ebata est un admirateur, s’y est ainsi rendu en 2014, accueilli par Sassou-Nguesso, toujours ravi de mettre en scène sa bonne entente avec la France. Nul doute que Lucien Ebata trouvait lui-même un avantage à parfaire l’image de son chef d’Etat, le meilleur allié de sa réussite.

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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 21:27
Affaire Orion Oil : enquête sur une prédation d’Etat
Affaire Orion Oil : enquête sur une prédation d’Etat

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Editorial

Affaire Orion Oil : enquête sur une prédation d’Etat

https://www.liberation.fr/ par Dov Alfon publié 11 janv. 2023 à 19h34

Affaire Orion Oil : où est passé l'argent du pétrole congolais ?dossier

L’affaire révélée ce mercredi par «Libération» dessine les contours d’un système financier occulte autour du pétrole congolais, une manne transitant de Paris à Brazzaville, sur le dos de l’un des pays les plus pauvres du monde. C’est un dossier judiciaire tentaculaire longtemps resté secret. Libération est aujourd’hui en mesure de révéler l’ampleur d’un puissant système financier occulte dont la source est unique : les champs de pétrole de l’un des pays les plus pauvres du monde, la république du Congo. Paris est une des plaques tournantes d’une valse de paiements en espèces atteignant des centaines de millions d’euros depuis une dizaine d’années, dont le grand argentier est un personnage connu de tous les palaces et boutiques du triangle d’or parisien mais qui a réussi à rester sous les radars des enquêteurs jusqu’au 24 janvier 2012. Lucien Ebata est arrêté ce jour-là à Roissy-Charles-de-Gaulle alors qu’il a sur lui une somme importante en liquide qu’il n’a pas déclarée – 182 000 euros et 40 000 dollars. Dans leur enquête, les douaniers français vont de surprise en surprise, de milliers d’euros de cadeaux achetés dans les magasins de luxe des Champs-Elysées jusqu’à des mouvements de cash de millions d’euros à Paris et Monaco. Qui est Lucien Ebata, patron d’une mystérieuse société pétrolière baptisée Orion Oil, et qui sont les destinataires de sa générosité infinie ? La justice française le suspecte de s’être enrichi à millions, en pillant, avec le clan du président Denis Sassou-Nguesso, les ressources de la république du Congo par un vaste système de détournement des recettes de la vente du pétrole. Toujours présumé innocent, il est mis en examen dans cette affaire. La procédure résonne avec celle des «biens mal acquis», dans laquelle les membres du clan Sassou-Nguesso sont soupçonnés de s’être constitué des patrimoines illicites dans l’Hexagone grâce à des détournements de fonds publics. Qui en France a pu bénéficier de ce système ? Libération poursuit son enquête.

 

Enquête Libé

 

Derrière Orion Oil, la disparition organisée de l’argent du pétrole congolais

https://www.liberation.fr/ par Jérôme Lefilliâtre et Ismaël Halissatpublié aujourd'hui à 17h55

Affaire Orion Oil : où est passé l'argent du pétrole congolais ?dossier

L’arrestation à Roissy de l’homme d’affaires Lucien Ebata, en possession d’une énorme quantité de liquide, a mené les douaniers sur la piste de sa société, soupçonnée d’être au cœur d’un vaste système de détournement de fonds publics au profit du clan du président Sassou-Nguesso. Plusieurs centaines de millions d’euros se seraient évaporés.

Libération révèle les rouages de ce qui pourrait être l’un des principaux circuits de détournement des recettes du pétrole congolais, de Paris à Brazzaville en passant par la Suisse et Monaco. En cause, la société Orion Oil et son patron Lucien Ebata, proche du président Denis Sassou-Nguesso et aux multiples relations avec des personnalités économiques et politiques françaises.

Le 19 mai 2017 à 6 h 15, les douanes judiciaires pénètrent dans un immeuble de l’opulente avenue Marceau, dans le VIIIe arrondissement de Paris. Elles s’apprêtent à perquisitionner un luxueux appartement de sept pièces et 185 m². C’est là qu’habitent Lucien Ebata, le patron de la société congolaise de négoce pétrolier Orion Oil, et sa famille. Les enquêteurs vont y faire des trouvailles spectaculaires. Dans une table de chevet, ils découvrent 3 500 euros en liquide. Dans les poches d’un pantalon posé sur une chaise, douze billets de 100 euros. Dans le portefeuille d’Ebata, dix cartes bancaires. Dans la penderie, des montres de marques prestigieuses en pagaille. Et dans la buanderie, au milieu du linge sale, sont cachées des liasses de très grosses coupures. Des billets de 100 euros, répartis en paquets de cent : 40 000 euros, jetés dans un sac en plastique entre les chemises et les caleçons.

Au même moment, dans une opération coordonnée, d’autres agents du Service d’enquêtes judiciaires des finances (1) s’invitent dans un appartement moins tape-à-l’œil, à Clichy, en banlieue parisienne. C’est celui de Ted T., le directeur financier d’Orion, bras droit et homme de confiance de Lucien Ebata. Les douaniers y trouvent 60 000 dollars à l’intérieur d’un coffre-fort, 80 000 euros dans des sacoches disséminées dans une chambre et même 8 600 euros dans la poche d’une veste. Ils recensent par ailleurs une collection de bijoux et montres (deux Rolex, une Hermès) et d’articles de maroquinerie de luxe… En tout, il y en a pour plus de 600 000 euros.

Surtout, dans la chambre parentale, les enquêteurs du SEJF saisissent un iPad noir, planqué à l’intérieur d’une valise, et un agenda papier gris siglé Société nationale des pétroles du Congo. Des découvertes providentielles. L’examen de ces objets révèle l’existence de tableaux de comptabilité occulte, qui répertorient méthodiquement des mouvements d’argent liquide sur une période allant de 2013 à 2016. Des montants tout simplement hallucinants.

Une procédure qui résonne avec celle des «biens mal acquis»

Le cumul des «approvisionnements», c’est-à-dire des retraits effectués en espèces depuis les comptes d’Orion Oil dans plusieurs banques africaines, s’élève à 164 millions de dollars et 26 millions d’euros. L’addition des «dépenses» listées atteint quant à elle 106 millions de dollars et 44 millions d’euros. Les libellés laissent penser qu’une partie de ces versements de cash a pu directement profiter à des dignitaires de la république du Congo (ou Congo-Brazzaville). Parmi lesquels son président, Denis Sassou-Nguesso, à hauteur de 37 millions de dollars, et ses proches.

En mettant la main sur cet iPad et cet agenda – tenus avec une minutie quasi obsessionnelle par Ted T. –, la justice française a-t-elle découvert les traductions écrites de l’un des principaux circuits de détournement de fonds publics dans cette ancienne colonie française d’Afrique centrale ? Leur contenu a été versé dans un dossier judiciaire aux multiples ramifications politiques et économiques, suivi par le Parquet national financier depuis 2016, resté secret jusque-là, et que Libération a pu consulter. Il vise au premier chef le patron et propriétaire d’Orion, Lucien Ebata, 53 ans. Ce personnage de pouvoir et d’influence est mis en examen depuis l’automne 2021 dans cette affaire, notamment pour des faits de blanchiment et de manquement à l’obligation de déclaration de transfert de capitaux.

Contacté par Libération, Lucien Ebata, présumé innocent, a répondu par la voix de son avocat, Me Antoine Vey : «M. Ebata dément fermement l’existence de quelconque “rétrocommission”. Il s’agit d’une thèse qui a été artificiellement alimentée à partir de notes manuscrites prises par un ex-salarié du groupe de M. Ebata, et qui, curieusement, a depuis lors rejoint une entreprise concurrente.» Il fait ici référence à Ted T., qui a quitté Orion à l’été 2021. Sollicité par Libé, ce dernier n’a pas répondu.

«Cette affaire – qui traîne depuis des années – se déroule surtout dans le contexte d’une violente concurrence, alimentée par des groupes pétroliers qui cherchent à maintenir leur pré-carré sur le continent africain, et qui ont toujours agi pour nuire au développement du groupe Orion et à la réputation de son dirigeant», ajoute le conseil de Lucien Ebata.

La procédure résonne avec celle des «biens mal acquis», dans laquelle les membres du clan Sassou-Nguesso sont soupçonnés de s’être constitué des patrimoines illicites dans l’Hexagone grâce à des détournements de fonds publics. Elle révèle une des manières dont ils auraient bâti leurs fortunes, ensuite blanchies. Malgré le lien évident entre les deux dossiers, «il a été choisi de ne pas les joindre en raison de leur caractère tentaculaire», explique à Libé le Parquet national financier.

Selfies avec des billets

A l’origine de cette histoire, il y a l’interpellation de Lucien Ebata à Roissy-Charles-de-Gaulle, le 24 janvier 2012. En partance pour Kinshasa, capitale de la république démocratique du Congo, il transporte avec lui des sommes stupéfiantes en liquide – 182 000 euros et 40 000 dollars – sans les avoir déclarées. Dès lors, les douaniers du SEJF, rattaché au ministère français de l’Economie, vont lancer des investigations d’ampleur sur l’homme d’affaires, dont l’entreprise commercialise du pétrole brut et des produits raffinés à l’international.

En tirant patiemment les fils pour déchiffrer les flux financiers, les enquêteurs mettent peu à peu au jour ce qui ressemble à un exemple élaboré de corruption internationale autour d’Orion. «Un système d’évasion de capitaux au moyen de porteurs de valises et d’une structure financière hautement complexe», écrivent les douanes judiciaires en 2016. Ce montage passe par «des sociétés domiciliées dans des places financières et des paradis fiscaux (Grande-Bretagne, Suisse, Seychelles, îles Vierges britanniques, Chypre, Panama), ceci dans le but d’escamoter le détournement des revenus du pétrole congolais et d’en masquer les bénéficiaires réels». Les éléments rassemblés documentent une potentielle fraude de très grande ampleur, à base de commissions et de rétrocommissions, portant sur plusieurs centaines de millions d’euros et courant depuis plus de dix ans.

Dans ce dossier, l’argent liquide est partout et Lucien Ebata et ses proches le manipulent avec une désinvolture effarante. Dans le téléphone de Ted T. étaient stockées des dizaines de photos représentant des piles de grosses coupures. Sur l’une d’elles, les douaniers notent que «la réunion des liasses représente a minima 2 millions de dollars et au maximum 2,5 millions de dollars». Ted T. prend aussi des selfies, la tête posée dans un attaché-case rempli de billets… Comme s’il n’en revenait pas lui-même de brasser autant d’argent.

La société de Lucien Ebata, Orion Oil LTD, est créée en mai 2008 au Royaume-Uni, fusionnant plusieurs entreprises de commerce de matières premières. L’année suivante, elle est placée sous l’égide d’une autre structure, Orion Group SA, immatriculée aux Seychelles avec l’aide du cabinet d’avocats Mossack Fonseca, au cœur du scandale d’évasion fiscale dit des «Panama Papers». L’entreprise, qui ne compte que 40 employés directs et dont le siège physique se situe à Kinshasa (RDC), prospère très vite, passant – selon des documents financiers de l’entreprise – d’un chiffre d’affaires de 235 millions de dollars en 2010 à 1,7 milliard en 2014. Cette année-là, elle a dégagé un bénéfice supérieur à 123 millions de dollars.

«Jeu de facturation» sans «justification économique»

Comment une croissance aussi extravagante est-elle possible ? Cette société de négoce, qui agit comme courtier sur le marché de l’or noir entre les producteurs et les distributeurs, a la particularité d’avoir eu pendant une décennie un fournisseur et client quasi unique : la Société nationale des pétroles congolais (SNPC). Cette compagnie publique de la république du Congo, qui possède la trentaine de champs pétroliers du pays, est, de fait, à la main de Denis Sassou-Nguesso, chef d’Etat au pouvoir depuis 1979 (à l’exception d’une parenthèse entre 1992 et 1997). D’après des factures saisies par les enquêteurs du SEJF, Orion a acquis pour 2,6 milliards de dollars de brut à la SNPC entre 2013 et 2015, sur un total de 3,4 milliards d’achats sur cette période. C’est dire si ce partenaire est crucial au business de Lucien Ebata.

L’homme d’affaires revend une partie de la production pétrolière de la SNPC – environ 10 millions de barils par an, selon les dires d’Ebata face à une juge d’instruction le 20 décembre 2021 – aux grandes majors énergétiques exploitantes comme Shell. Au passage, il empoche une marge s’établissant entre 0,77 % et 8,62 % selon les cas. Mais pour quelle plus-value opérationnelle ? Les enquêteurs ont des doutes sur l’utilité concrète d’Orion : leur analyse du système de facturation révèle qu’il n’y a aucun décalage dans le temps entre les ventes de la SNPC à Orion et celles de cette dernière à ses propres clients, en 2013, 2014 et 2015. Comme si l’activité de l’une et de l’autre se confondaient. Un modèle de facture de la SNPC a d’ailleurs été retrouvé dans l’ordinateur de Ted T., le directeur financier d’Orion…

De même, Orion, sur un contrat, donne un mandat direct à la SNPC pour gérer ses propres ventes, signifiant ainsi que son intervention est inutile. Le SEJF en tire une conclusion limpide dans un rapport de synthèse du 27 septembre 2019 : l’activité d’Orion se résume dans ce cas à un «jeu de facturation» sans «justification économique». L’entreprise de Lucien Ebata gagne aussi beaucoup d’argent lorsqu’elle revend des produits raffinés à la SNPC, appliquant des marges énormes, de 35 % à 61 % selon les cas. «Une surfacturation aux dépens de l’entreprise d’Etat», concluent les douaniers.

«PR», des initiales qui interrogent

En résumé, Orion est soupçonnée d’être une société écran permettant de prélever une dîme sur le commerce bien réel du pétrole congolais et de la redistribuer, sous différentes formes, aux dirigeants et notables du Congo. Une sorte de caisse noire dans laquelle les officiels puisent à loisir, même pour des dépenses courantes – paiements de chauffeurs, visas de quelques centaines d’euros… Aux premières loges de ce trafic privant de ressources précieuses un pays dans lequel moins de la moitié de la population des zones rurales a accès à une eau salubre, apparaissent Denis Sassou-Nguesso et ses affidés. Lucien Ebata a rejeté les accusations de malversations, assurant à la juge d’instruction que l’intervention d’Orion en tant que courtier permettait de «valoriser le produit» de la SNPC.

De nombreux éléments versés au dossier semblent accréditer les soupçons d’enrichissement illicite du clan au pouvoir. Le tableau de comptabilité contenu dans l’iPad saisi chez Ted T. en fait partie. En marge de paiements de prestations et frais divers, l’interminable colonne des «dépenses» de ce document contient une liste de possibles bénéficiaires, issus notamment des deux Congo : ministres, diplomates, militaires, chefs d’entreprise… A côté des noms et des dates figurent des montants. Une inscription, «PR» pour une somme de 17 millions de dollars, a notamment attiré l’œil des enquêteurs. D’après eux, ces initiales correspondent à un versement de cash ayant profité au président de la République, Denis Sassou-Nguesso. D’autres personnalités bien connues au Congo-Brazzaville sont sur la liste, comme le patron de la SNPC, Raoul Ominga : le tableau mentionne, sur cette seule période de seize mois, des versements à son endroit de 2,1 millions de dollars et 1 million d’euros.

Dans l’agenda de Ted T., on retrouve, entre autres, deux nouveaux versements de 4 millions de dollars et 1 million d’euros pour «PR», ainsi que 2,4 millions de dollars versés à Aymar E., un conseiller de l’ex-ministre des Finances du Congo Calixte Nganongo. Les informations contenues dans ces deux tableaux sont confirmées par d’autres éléments de l’enquête : «Le recoupement de ces données avec d’autres (factures, documents saisis, conversations téléphoniques et SMS…) permet d’étayer bon nombre des dépenses /remises de fonds inscrites et donc de les crédibiliser dans leur ensemble», notent les douaniers.

«Je ne me rappelle pas»

L’agenda porte la trace d’une autre opération aux montants colossaux. Sur une page du calepin, Ted T. a posé un calcul en forme d’aide-mémoire, daté du 2 février 2017. Au-dessus de l’addition, un total : «65 000 000 $.» Et en dessous, une liste avec des initiales et des sommes «PR : 15 millions», «Min Fin : 10 millions», «RO : 3 millions» D’après le SEJF, ces inscriptions sont les indices d’une «redistribution suspecte de fonds», rétrocommissions dont auraient bénéficié le président de la République («PR»), l’ex-grand argentier du pays Calixte Nganongo («Min Fin») et le patron de la SNPC, Raoul Ominga («RO»). Contactés par Libération, ils n’ont pas répondu.

Les 65 millions de dollars inscrits dans l’agenda ne sortent pas de nulle part. Ils correspondent à une opération financière réalisée par le Congo. Le 12 octobre 2016, dans un courrier à Calixte Nganongo, Raoul Ominga réclame une «avance» de 65 millions de dollars. Il s’agit de répondre «aux multiples demandes de recouvrement de créances dues à Orion Oil au titre de livraisons de produits pétroliers», écrit le cadre de la SNPC. Le 7 décembre 2016, le ministre des Finances sollicite un prêt de 250 millions de dollars auprès d’une banque africaine, Afreximbank. Le 12 janvier 2017, après la signature de l’accord de crédit, il demande qu’une partie – 65 millions de dollars – soit virée directement à Orion Oil. Neuf jours plus tard, Ted T. prévient via WhatsApp l’un des banquiers d’Orion basé à Kinshasa que «65M» vont être crédités : «Il faut te préparer à des retraits à hauteur de 25M.» Même pour eux, un approvisionnement en cash d’un tel volume est inhabituel et impose à la banque de prendre des dispositions exceptionnelles. Les 65 millions sont transférés le 1er février. C’est le lendemain que Ted T. reporte la répartition dans son agenda, avec possiblement 15 millions de dollars pour Denis Sassou-Nguesso.

Interrogé sur ce point par la juge d’instruction, le 20 décembre 2021, Lucien Ebata refuse d’endosser toute responsabilité : «Je laisse à Ted T. le soin d’expliquer les inscriptions.» En garde à vue en octobre 2021, Ted T. n’a pas été plus loquace : «Je ne me rappelle pas que la SNPC avait payé un acompte.» Le directeur financier affirme seulement que «PR» ne désigne pas le président du Congo mais celui d’Orion, soit Lucien Ebata. Une déclaration qui laisse perplexe : dans sa comptabilité, les versements dont bénéficie le patron d’Orion sont généralement fléchés à «Boss».

Homme «généreux»

Des centaines de documents retrouvés permettent aussi de retracer des paiements profitant à Lucien Ebata, ses proches ou des dignitaires congolais. Autant d’opérations pouvant s’apparenter à du blanchiment. L’exploitation d’un téléphone de Ted T. révèle qu’il a pris un vol de Brazzaville à Paris le 26 octobre 2016 avec, dans ses bagages, 1,3 million d’euros en liquide pour le compte de Raoul Ominga. Quelques jours plus tard, dans un message adressé à son père, l’homme de confiance d’Ebata indique qu’il garde cet argent chez lui en France, dans un coffre, pour que le dirigeant de la SNPC le récupère pour acheter un bien immobilier à Paris. Et d’expliquer : «Je ne suis pas à l’aise de garder une telle somme à la maison.» L’épisode illustre, une nouvelle fois, la confusion des rôles entre Orion et la SNPC, et l’usage à grande échelle de l’argent public à des fins privées.

Lucien Ebata et Ted T. avaient l’habitude de passer les frontières avec d’énormes quantités d’espèces. D’après les conclusions des douaniers, les deux hommes et leur chauffeur ont retiré, entre janvier 2009 et décembre 2012, 6,2 millions d’euros et plus de 800 000 dollars des comptes bancaires d’Orion à Monaco, dont une bonne partie a été acheminée en France illégalement. Entre 2014 et 2017, environ 3 millions d’euros en liquide sont également arrivés en France sans déclaration, depuis les deux Congo, selon les recoupements effectués par le SEJF. Mais combien ont échappé à l’attention du service de Bercy ? Et au profit de qui ? Des éléments étayés du dossier judiciaire font peser des soupçons sur plusieurs personnalités politiques et économiques, notamment françaises, comme Libé le révélera dans des articles à venir.

Lors de ses auditions, Lucien Ebata n’a cessé de justifier cette utilisation massive de cash, outre ses «dépenses personnelles», par les nécessités de ses affaires, impliquant le règlement de fournisseurs, de salariés et de prestations au Congo, en France ou ailleurs. Pourquoi ne pas privilégier des cartes de paiement ou des virements ? L’homme d’affaires a mis en cause la faible bancarisation des deux Congo et le délai de traitement des opérations financières. Il s’est aussi présenté en homme «généreux» et a assuré que les versements qu’il ne pouvait pas nier ne comportaient «aucune contrepartie».

(1) Le Service national de douanes judiciaires (SNDJ) est devenu en 2019 le Service d’enquêtes judiciaires des finances (SEJF).

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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 21:25
NOTE D’INFORMATION  MINUSCA

 

 

900 KM DE ROUTE DEPOLLUES D’ENGINS EXPLOSIFS DANS L’OUEST DE LA CENTRAFRIQUE PAR LA FORCE DE LA MINUSCA  

 

Bangui, le 11 janvier 2023 – Les casques bleus de la MINUSCA continuent les opérations de dépollution des routes infestées d’engins explosifs improvisés à l’ouest de la Centrafrique, lancées il y a plusieurs mois, conformément à leur mandat. « A ce jour, 900 km ont été dépollués dans les zones de Bocaranga, Niem, Berberati, Baboua et Nguia-Bouar », a déclaré la porte-parole par intérim de la Force de la MINUSCA, la lieutenant-colonel Yahaya Aïssa, au cours du point de presse hebdomadaire de la Mission, mercredi, à Bangui.  

 Selon la lieutenant-colonel Yahaya Aïssa, la dernière opération de dépollution en cours a débuté le 7 janvier 2023, sur l’axe Nguia-Bouar. « Il s’agit des opérations ponctuelles de destruction d’engins non explosés, de neutralisation des explosifs et munitions, menées par des détachements des compagnies du génie du Pérou, du Cambodge et du Pakistan », a-t-elle expliqué, soulignant que « ces opérations vont se poursuivre sur toute l’étendue du territoire centrafricain, afin de faire face à la menace des engins explosifs et leurs conséquences sur, entre autres, l’accès à l’assistance humanitaire, la mobilité des casques bleus et des Forces de défense et de sécurité centrafricaines, et les activités socio-économiques ». La résolution 2659 (2022) du Conseil de sécurité des Nations Unies demande à la MINUSCA d’« aider les autorités centrafricaines à prévenir, atténuer et combattre la menace que représentent les engins explosifs ».  

 Faisant part d’une situation sécuritaire globalement stable, mais tendue à certains endroits du pays, la lieutenant-colonel Yahaya Aïssa a souligné que les soldats de la paix ont mené « 1.840 patrouilles dont 05 conjointement avec les FACA, avec une augmentation des patrouilles de longue portée qui ont permis de marquer une présence dissuasive dans certaines zones, rassurer les populations et vérifier la traficabilité des axes majeurs », ajoutant que « les casques bleus poursuivent l’exécution du mandat de la MINUSCA avec professionnalisme dans la conduite de leur mission ».  

 Pour sa part, le porte-parole par intérim de la Police, l’adjudant-chef Casimir Nagalo, a annoncé l’arrivée à Bangui, le 9 janvier, d’une Unité de Police Constituée de Djibouti, une première à la MINUSCA. « Composée de 162 éléments, dont 22 femmes, elle sera basée à Ndélé, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran, dans le cadre de la protection des civils. Cet effectif additionnel a été possible grâce la résolution 2566 augmentant les effectifs de la MINUSCA », a-t-il précisé.  

 Le porte-parole de la Police a, par ailleurs, souligné que, le 08 janvier, les équipes UNPOL à Bangui et à l’intérieur du pays ont, conjointement avec les Forces de sécurité intérieure centrafricaines (FSI), sécurisé les lieux de culte de leurs différents secteurs de compétence. « UNPOL a exhorté les responsables religieux à transmettre à la jeunesse, des messages de tolérance, de cohésion sociale et de paix tout en les sensibilisant à se référer aux services compétents pour les cas de violences », a-t-il dit. En outre, le 09 janvier, au foyer des jeunes de Birao, « l’équipe conjointe UNPOL/FSI a assuré la couverture sécuritaire de la mise en place du Comité local de la Jeunesse de Birao. Un bureau de sept membres a été mis en place », a-t-il indiqué.  

 Aussi, l’adjudant-chef Casimir Nagalo a informé que, le 03 janvier, l’unité de Police constituée du Rwanda a apporté un appui logistique aux FSI pour le transfèrement de 12 détenus de la brigade de Gendarmerie au Tribunal de Grande Instance de Kaga Bandoro. Enfin, les 02 et 03 janvier, dans le cadre de la mise en place des membres du démembrement de l’Autorité Nationale des Elections (ANE), conformément au mandat électoral de la MINUSCA, « UNPOL et la Force ont assuré l’escorte d’une délégation de l’ANE à Taley et à Gouzé, localités situées à 75 kms au sud de Paoua. Un comité de cinq membres a été installé précisément dans les communes de Taley et Male. Un autre comité de cinq membres a été installé précisément dans les communes de Banh et Bimbi », a dit le porte-parole par intérim de la Police.  

 Intervenu dans ce point de presse, le porte-parole par intérim de la MINUSCA, Guy Karema, a souligné que dans les régions, les composantes civiles de la MINUSCA continuent de s’activer pour la consolidation de la paix, et la vulgarisation du mandat de la Mission. « Dans le cadre de la gestion des incidents liés à la transhumance, le vendredi 06 janvier, la section des Affaires civiles a organisé au profit des leaders de la jeunesse de la sous-préfecture de Paoua, un atelier de sensibilisation sur les dangers du phénomène de vol de bétail. L’objectif de cet atelier était d’engager les jeunes de la sous-préfecture à abandonner le vol de bétail et à contribuer au déploiement d’une transhumance apaisée », a-t-il souligné, précisant que 20 jeunes, dont 5 filles, ont pris part à cet atelier.  

 D’autre part, Guy Karema a informé que, le 6 janvier, le préfet de la Mambéré et le Maire de la Ville de Carnot ont présidé la cérémonie de pose de la première pierre marquant le lancement officiel des travaux de construction du bâtiment du Tribunal de Grande Instance de Carnot. « Ces travaux, qui vont durer six mois, sont entièrement financés par la MINUSCA sur les fonds programmatiques alloués à la section des Affaires judiciaires et pénitentiaires », a-t-il dit, ajoutant que « la construction du bâtiment du Tribunal de Grande Instance de Carnot, vient ainsi combler une attente des populations datant de plusieurs décennies ».  

 

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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 21:17
Blé Goudé ambitionne de « gouverner la Côte d’Ivoire demain »

 

https://www.journaldebrazza.com/ Publié le 11.01.2023 à 17h18 par APA

L’ex-leader des « Jeunes patriotes », Charles Blé Goudé, condamné à 20 ans de prison, invite les observateurs de la vie politique à « lire la chronique de l’imprévu ».« Je souhaite que soient annulés les 20 ans contre moi, je suis jeune encore, j’ai 51 ans, j’ai encore de la vigueur et la Côte d’Ivoire a besoin de moi et j’aimerais participer aux joutes locales prochaines, 2023 comme 2025 », a dit mercredi Charles Blé Goudé lors d’une conférence de presse.

M. Charles Blé Goudé a été condamné par la justice ivoirienne à « 20 ans de prison, 10 ans de privation de ses droits civiques, 200 millions de F CFA » pour « actes de torture, viols, assassinats » commis par lui-même et ses partisans en 2010 et 2011, lors de la crise postélectorale qui a fait plus de 3.000 morts.

Il entend « pouvoir aider la Côte d’Ivoire un jour », nuançant qu’il « ne déclare pas de candidature », mais (il) veut participer aux joutes électorales prochaines », notamment aux élections locales, les municipales et les régionales prévues en « octobre-novembre 2023 » et à la présidentielle de 2025.

« Est-ce qu’en 2025 je serais président ou candidat ; moi je ne participe pas à une élection ou à une compétition pour perdre, le mot échec n’est pas dans mon dictionnaire. Peut-être que je serais le plus jeune candidat face aux trois grands, je ne sais pas », a-t-il poursuivi.

« On nous a convaincu que le meilleur est ailleurs, ce n’est pas vrai, le meilleur est aussi ici. Soyons fiers de cela sans rejeter les autres. Tel est le message pour lequel je veux être un jour président de ce pays », a-t-il expliqué, après avoir raconté qu’il lui a été proposé des avocats étrangers à la Cour pénale internationale (CPI), mais il a choisi un Conseil composé d’Ivoiriens. 

« Ca me prendra tout le temps. On dit qu’on a besoin de beaucoup d’argent pour le faire, mais je serais le seul politicien qui n’aura pas besoin d’argent pour aller vers les Ivoiriens », a laissé entendre M. Blé Goudé, le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep, opposition).  

Des partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo lui reprochent notamment d’avoir trahi la lutte. M. Charles Blé Goudé estime qu’il n’a « pas de conflit avec le président Gbagbo », à qui il a d’ailleurs demandé une audience et attend de le rencontrer selon son agenda.

« A La Haye, j’étais un fils, j’ai servi mon père (Laurent Gbagbo), j’ai été cireur, cuisinier, blanchisseur, à La Haye j’étais tout pour Gbagbo et je l’ai fait avec fierté », a-t-il fait savoir, soutenant avoir apporté toutes les preuves de sa fidélité en tant que son co-accusé à la Cour pénale internationale (CPI) dans l’affaire de crimes contre l’humanité dans la crise postélectorale ivoirienne de 2010-2011.

En outre, dira-t-il, « je n’ai pas d’accord politique avec le Rhdp », le parti du président de la République Alassane Ouattara, et « je n’ai pas fait un deal avec l’Etat ». Il indique également n’avoir pas reçu du gouvernement ivoirien une subvention, mais avoir été financé par son parti à l’occasion de son retour au pays.   

« Ne me mettez pas en conflit avec le président Laurent Gbagbo pour vos petites ambitions. Je veux gouverner ce pays un jour et je prendrais mon temps pour aller vers les Ivoiriens, j’irai du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest », a-t-il martelé. Pour le président du Cojep, « il n’y a pas de rupture » entre lui et l’ancien président ivoirien.

« Je n’ai jamais rien fait pour heurter Laurent Gbagbo, mais la seule discorde, je ne suis pas membre du PPA-CI (son parti), je suis président du Cojep et pour me recevoir, ça peut être différent », a-t-il relevé, attendant que son « père » le reçoive, car il voudrait « rencontrer le président Gbagbo ».

Pour lui, M. Gbagbo doit user de stratégies pour récupérer ses lieutenants, en allusion à ses proches collaborateurs qui ne font pas partie de son parti, aujourd’hui. M. Charles Blé Goudé qui veut faire son propre lit et s’assumer désormais, entend « faire la politique autrement ». 

Le président du Cojep a mentionné qu’il lui reste une dernière tournée et ce jeudi 12 janvier 2023, une visite à la famille de feu Hamed Bakayoko, l’ancien Premier ministre ivoirien, pour saluer son épouse, avant d’engager sa campagne pour la paix en Côte d’Ivoire.

Pendant les heures chaudes de la grave crise postélectorale qui a secoué la Côte d’Ivoire de décembre 2010 à mi-avril 2011, M. Charles Blé Goudé a trouvé refuge au Ghana, où il a été arrêté le 17 janvier 2013 et extradé à Abidjan. Dans la capitale économique ivoirienne, il passe 14 mois à la Direction de la surveillance du territoire (DST) avant son transfèrement à la prison de Scheveningen à La Haye, devant la CPI le 22 mars 2014.

Après six ans de procès, MM. Blé Goudé et Laurent Gbagbo sont acquittés en première instance par la CPI, le 15 janvier 2019. L’acquittement définitif des co-accusés sera prononcé le 31 mars 2021, mais le chef du Cojep regagnera sa terre natale le 26 novembre 2022 à la suite de l’obtention de son passeport.

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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 20:48
Présumée présence de Wagner au Burkina

 

 

Présumée présence de Wagner au Burkina : « chaque choix a ses conséquences » (Secrétaire d’état)

Publié le 10.01.2023 à 21h18 par APA

En fin de séjour à Ouagadougou, Chrysoula Zacharopoulou s’est exprimé sur les manifestations contre la présence de l’armée française au Burkina. Devant des journalistes, ce mardi 10 janvier 2023, la Secrétaire d’Etat française n’a pas souhaité parler de la supposée venue ou présence du groupe paramilitaire russe Wagner au Burkina Faso.

« Je ne suis pas venue ici pour parler des hypothèses, je ne suis pas venue parler à la place des autorités. Mais je dis que chaque choix à ses conséquences », a affirmé Chrysoula Zacharopoulou.

Elle a estimé que le Burkina Faso est un pays souverain. « C’est au pays de déterminer le choix de ses partenaires », a-t-elle ajouté.

Plusieurs partenaires soupçonnent les autorités de la transition de vouloir faire appel aux mercenaires russes. Selon nos confrères de Jeune Afrique, jusqu’à 500 hommes de Wagner pourraient bientôt rallier Ouagadougou. Toutefois, le montant mensuel de 10 000 dollars (+ de 6 millions FCFA) par élément demandé par les russes est jugé exorbitant par le Capitaine Ibrahim Traoré.

En marge du sommet UsA-Afrique qui s’est tenu du 13 au 15 décembre à Washington, le Président ghanéen, Nana Akufo-Addo a affirmé que le groupe paramilitaire se trouvait au Burkina Faso. Des propos qui ont irrité Ouagadougou et ont été à l’origine de la convocation de l’ambassadeur ghanéen par le ministère burkinabé des Affaires étrangères. Accra a dépêché une délégation à Ouagadougou pour tuer dans l’œuf un éventuel incident diplomatique avec son voisin du nord.

Pour sa part, la Secrétaire d’Etat française a préféré s’étaler sur la présence de « Sabre » du nom de l’opération militaire française. Pour elle, les soldats resteront aussi longtemps que leur présence est souhaitée. « Les militaires de Sabre sont bien présents (à Kamboinsin) en accord avec les autorités du Burkina Faso », a-t-elle dit.

Pour ce qui est de ceux qui accusent son pays de ne pas mener d’actions offensives contre les groupes armés djihadistes, elle a fait savoir qu’il n’est pas question pour la France de lutter contre le terrorisme à la place des pays concernés. Il s’agit « de le faire avec nos partenaires, à leur demande, en appui à leurs stratégies, en réponse à leurs besoins », a laissé entendre la secrétaire d’Etat française Chrysoula Zacharopoulou.

La France fait face à une vague de contestations au Burkina depuis fin septembre 2022. Plusieurs manifestants s’en sont pris à ses enseignes et exigé le départ des troupes françaises du pays.

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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 18:53
Le Port de Douala remporte sa bataille judiciaire contre Bolloré

 

Lu pour vous

 

C’est la substance d’un  arrêté  de la Cour d'appel rendu public le 10 janvier.

 Amina MALLOUM

EcoMatin

La cour d’appel de Paris vient de donner raison au Port de Douala dans sa bataille judiciaire contre Douala International Terminal(DIT), filiale des groupes APMT et Bolloré, en annulant la sentence arbitrale partielle de la Chambre de commerce internationale(CCI) du 10 novembre 2020. Cette décision condamnait le PAD à verser à DIT 58,6 millions d’euros des dommages intérêts et à reprendre le processus de sélection du concessionnaire dudit terminal en incluant le groupe français. 

 «  Le recours en annulation formé par la société PAD étant déclaré bien fondé, la demande de la société DIT de condamnation pour procédure abusive devra dès lors être rejetée», indique la cour.  Elle rejette également  la demande d’indemnisation pour procédure abusive, exprimée par Douala international terminal DIT.  Sa décision est assortie d’une amende de 50 000 d’euros  soit environ 33 millions de FCFA que doit payer DIT au Port autonome de Douala. 

Lire aussiParc à bois : le PAD et la SEPBC, filiale de Bolloré, signent un nouveau contrat de concession

C’est en  décembre 2020 que  le PAD a introduit un recours en annulation devant la Cour d’appel de Paris à l’encontre de la sentence du juge arbitral. L’entreprise publique camerounaise avait remis en cause l’impartialité et l’indépendance du juge arbitral ayant rendu la décision s’appuyant sur sa proximité avec le conseil de DIT. Le conseil du PAD avait également souligné que le tribunal arbitral avait statué sans se conformer à la mission qui lui avait été confiée et que de fait la sentence violait le décret n°85/1278 du 26 septembre 1985 portant Règlement de police et d’exploitation dans les domaines portuaires.  

Lire aussi : Justice : victoire pour 145 Camerounais opposés au groupe Bolloré

En la forme, la Cour d’appel de Paris a estimé que le Tribunal arbitral était irrégulièrement constitué. Également que la sentence prononcée par cette instance doit être annulée sur ce fondement. 

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10 janvier 2023 2 10 /01 /janvier /2023 16:32
Tchad : le gouvernement "prendra toutes les mesures pour aller affronter" toute nouvelle rébellion

 

Lu pour vous


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 9 Janvier 2023

Le gouvernement tchadien poursuit le dialogue avec les tendances politico-militaires non signataires de l'accord de paix de Doha. Mais le premier ministre n'écarte pas les tentations de création de nouvelles rébellions. Il se montre ferme : "évidemment, comme le Tchad c'est le Tchad et que les habitudes ont la peau dure, nous ne serions pas étonnés qu'ici et là, on parle de tentatives de rébellion qui s'organiserait pour tenter de déstabiliser le pays. Nous ne l'accepterons pas. Le gouvernement ne l'acceptera pas. Le gouvernement prendra toutes les mesures qu'il faille pour aller affronter ceux qui veulent encore ramener la rébellion dans le pays. On prendra toutes les mesures pour qu'on ne revienne pas encore dans la rébellion parce qu'il y a quelques égarés qui veulent encore amener la guerre entre les Tchadiens. Ça, on ne l'acceptera pas, aucun Tchadien ne l'acceptera".

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10 janvier 2023 2 10 /01 /janvier /2023 16:10
Un livre sur le Congo Brazzaville de Sassou « dans l’impasse »

 

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com/ By La rédaction de Mondafrique1 décembre 2022


Un livre lumineux, « Vues de l’intérieur » de Simon Batoumeni, vient en complément d’un premier Essai paru en 2020, « L’Histoire politique du Congo-Brazzaville: le Congo est sous respiration artificielle.

Une chronique de Bedel Baouna 

Dès l’ouverture, le ton est donné. « Le Congo est dans l’impasse. Sur tous les plans, la machine est enrayée. Une panne multidimensionnelle dont la crise financière actuelle n’est pas la cause, mais le révélateur. Faute d’avoir construit une économie dynamique et équilibrée, le pays n’assure pas la sécurité matérielle et sanitaire de ses habitants. » Et de poursuivre, plus loin : « L’état au Congo ne redistribue pas, il distribue. Et en l’occurrence, confisqué par un groupe hégémonique, il le fait de façon inique. » Comment on en arrivé là ? La question pourrait paraître inutile, pour la seule raison que si le Congo vit à la lisière de l’extinction, c’est parce qu’il y a eu un déraillement. À quel moment ?

La stagnation depuis 1960

On ressort de de ce pamphlet un peu groggy. Dans un style fluide et incisif, Simon Batoumeni ne retient pas ses coups. Tour à tour, dans la perspective de répondre à la question du déraillement, il se fait historien – il montre, entre autres, à quel point la violence est indissociable de la politique au Congo-B depuis la colonisation – et politologue – une étude minutieuse des différentes facettes de la gestion du Congo.

À un constat implacable succède une analyse d’une acuité sans faille. D’une « société en quête d’elle-même » à « l’interminable litanie », le citoyen-témoin engagé comme il se définit, ne remarque quasiment pas d’évolution majeure depuis les années 1960. « L’industrie en était à ses balbutiements, se résumant à quelques ateliers et chantiers navals, des scieries, une manufacture de tabac, trois brasseries, une filature, des huileries et savonneries, etc. » Mais ce « rythme de création d’entreprises, soutenu pendant les quatre premières années qui ont suivi l’indépendance, finit par se ralentir ». Et ce, jusqu’à aujourd’hui. Plans quinquennaux des années 1980, projets de société des années 2000, le compte n’y est pas. Même les fortes croissances enregistrées entre 2002 et 2004 (5,4% en moyenne), dues principalement à la bonne santé des cours du pétrole, ont créé peu d’emplois, sinon rien. « Ceux générés par la politique volontariste d’infrastructures de la même période étaient temporaires et de faible qualité, et le taux de chômage, 36%, reste le huitième plus élevé au monde. »

Le naufrage de l’école

À cette pitoyable incurie, s’ajoute le naufrage de l’école, amorcé selon l’auteur dans les années 1960. Notamment à cause du « contrecoup de la nationalisation de 1965 ». À cette époque déjà, on note le gonflement du nombre d’élèves et la proportion de plus en plus élevée de redoublants dans les salles de classe ; la gestion hasardeuse des ressources humaines, liée aux interférences politiques ; les disparités de qualité des infrastructures et du personnel enseignant entre les régions ; la systématisation des fraudes et la « casologie », c’est-à-dire les injonctions des responsables politiques aux chefs d’établissements et aux jurys des examens d’Etat ; la gestion politique des examens ; etc ». Résultat des courses : aussi bien sur le plan de l’économie que celui des ressources humaines compétentes, « le Congo est un pays pauvre et sans perspective, à l’équipement matériel délabré et aux institutions administratives et sociales déliquescentes. »

« La troisième voie »

De fait, la résurrection du Congo paraît sinon impossible, du moins difficile. Mais « il faut un chaos pour que naisse une étoile », écrivait Nietzche. Simon Batoumeni garde espoir. La troisième voie dont il parle dans son livre, loin d’être le seul chemin salutaire, consiste à dire que le Congo ne peut s’engager dans l’émergence tant ânonnée que s’il se dote d’une administration rationnelle et efficace, débarrassée de ses oripeaux du tribalisme, des ressources humaines à la hauteur et, surtout, de mener une lutte implacable contre la corruption systémique. Parce que, disons-le sans ambages, le Congo est corrélatif de la corruption, et ce ne sont pas les discours ininterrompus sur cette tare, discours ô combien lénifiants, qui le contrediront.

La corruption omniprésente

Ce lundi 28 novembre 2022, une date symbolique pour le Congo puisqu’il s’agit de la proclamation de la République, le président de la République Denis Sassou-Nguesso, comme à son habitude, est revenu sur cette métastase généralisée, sans proposer une réelle opération de chirurgie. « L’intensification de  la  lutte contre la  corruption, la  fraude et  la  concussion, à travers la consolidation de  la bonne gouvernance au sein  de  l’appareil étatique en  général et  judiciaire en  particulier, reste l’un des  leviers majeurs de  notre action pour rassurer nos  partenaires. » Bien entendu, le côté palimpseste fait rire quiconque connaît un tant soit peu le Congo. « Toute réforme d’envergure, toute grande politique menée avec la machine étatique actuelle, minée par la désorganisation, l’incompétence, la négligence, la vénalité et la corruption, est vouée à l’échec », écrit Simon Batoumeni à la page 161.

Tout est dans l’adjectif « actuelle ». Comment en effet faire confiance à ceux-là mêmes qui ont crée le problème pour le résoudre ? Leur intérêt intact ne serait-il pas de le laisser perdurer pour qu’ils continuent de régner et donc, de se livrer davantage aux fanges de la corruption ? « En aval, un plan de départs négociés, assortis de mesures d’accompagnement (retraite anticipée, facilités de création d’entreprises, allègements fiscaux) », ferait l’affaire. À l’évidence, la lutte contre la corruption, estime Simon Batoumeni, doit être orchestrée par une « direction d’investigation et de répression de la criminalité financière », une structure dotée de moyens juridiques, matériels et humains étendus. 

 

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10 janvier 2023 2 10 /01 /janvier /2023 15:00
Hydrocarbures : le top 5 des destinations du pétrole camerounais

 

Lu pour vous

 

https://ecomatin.net/  Amina MALLOUM  9 janvier 2023

Selon l'Itie l'empire du milieu est de loin la première destination du brut camerounais en 2020. 

En 2020, les exportations d’hydrocarbures liquides ont atteint 26 millions de barils contre 26,32 millions de barils pour 2019, selon  un rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie). Les exportations de 2020 ont été valorisées à 608,70 milliards de FCFA contre 987,97 milliards de FCA pour 2019. Cette chute des revenus des exportations est liée  à la baisse des prix en raison de la pandémie du Covid-19. En effet, les prix avoisinent les 70 dollars US en janvier 2020 avant de passer sous la barre des 20 dollars US en avril de la même année.

Lire aussi : Cameroun : le secteur extractif a généré 686 milliards de F en 2020

Le Cameroun qui ne transforme plus son brut depuis l’incendie en 2019 de la Sonara l’a expédié vers 5 principales destinations. A la tête du classement se trouve la Chine avec un volume de 11,7 millions de baril de pétrole soit 45,27% du volume d’exportations de pétrole pour une enveloppe de 264 milliards de FCFA. L’Italie et l’Espagne occupent la deuxième et la troisième marche du podium. Ces dernières ont respectivement importé du pays 3,9 millions et 3,4 millions de barils de pétrole ce qui représente 15,06 et 13,30%. La quatrième place revient au Canada qui a acheté du Cameroun 1,9 million de barils de pétrole soit 7,31% des parts des exportations ceci pour une enveloppe de 57,6 milliards de FCFA. L’Inde referme le classement avec 1,8 million de barils de pétrole  pour 56 milliards. De l’autre côté, sept opérateurs ont mené leurs exportations : la SNH ; Glencore ; Perenco Cam entre autres. 

Lire aussi : Le secteur extractif camerounais a porté l’activité industrielle au 4e trimestre 2021

Il convient de noter que durant les cinq dernières années, soit de 2015 à 2020  la production camerounaise  de pétrole enregistrée une baisse d’une année à une autre. Quittant 34,94 millions de barils en 2019 pour se situer à 33,67 millions en 2016, puis à 27,69 millions en 2017 et respectivement 25,13 et 26 millions pour les années 2018 et 2019.  Cette situation résulte principalement du tarissement  de certains champs pétroliers. Ce qui de cause à effet pousse certaines compagnies pétrolières étrangères à lever le champ. Le cas récent en date est la cession des participations Exxonmobile dans le pipeline Tchad Cameroun à l’entreprise Savanna Energy. Aussi, le retrait en cours  de Bowleven,   Lukoil et New Age de champs pétro-gazier de Etinde au Sud Cameroun.

Lire aussi : Secteur minier : la contribution des industries extractives au PIB en baisse de 73% en 5 ans

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