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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 20:00
Lu pour vous : Centrafrique : François Bozizé dénonce un « acharnement » contre lui et sa famille
Lu pour vous : Centrafrique : François Bozizé dénonce un « acharnement » contre lui et sa famille

 

 

 

Publié le 28 mars 2017 à 11h08   Par Jeune Afrique

 

Renversé il y a tout juste quatre ans, le 24 mars 2013, et confiné dans une villa de Kampala (Ouganda), où il vit en exil sans pouvoir voyager (sur décision du Conseil de sécurité de l’ONU), l’ancien président centrafricain François Bozizé, 70 ans, se sent délaissé par ses ex-pairs d’Afrique centrale et dénonce un « acharnement » contre lui et sa famille.

 

C’est ce qu’il a confié à Jeune Afrique au cours d’un entretien téléphonique, le 23 mars.

 

Bozizé dénonce notamment le sort, « injuste » selon lui, réservé à Madeleine Bafatoro, sa compagne, poursuivie en France par l’administration fiscale – qui l’a fait condamner – et qui est, dit-il, « contrainte de voyager pour survivre ».

 

Ainsi que le traitement réservé à son fils, Jean-Francis, depuis son retour à Bangui il y a un an : l’ex-ministre de la Défense, assigné à résidence, doit se présenter chaque jour au commissariat.

 

Je n’ai tué personne. Même les Colombiens se parlent, après cinquante ans de guerre civile.

 

Quant à l’actuel chef de l’État, Faustin-Archange Touadéra (qui fut son Premier ministre pendant cinq ans), François Bozizé s’étonne de son silence : « Je l’ai eu au téléphone à deux reprises début 2016, alors qu’il était en campagne électorale et avait besoin de mon soutien, puis je l’ai appelé à nouveau deux fois pour qu’il rende sa liberté à mon fils. Sans résultat. »

 

Le général à la retraite, qui estime toujours faire partie de la solution à la crise centrafricaine, réclame l’ouverture d’un dialogue politique inclusif afin de faire entendre sa voix. « Je n’ai tué personne. Même les Colombiens se parlent, après cinquante ans de guerre civile. Pourquoi les Centrafricains n’y arrivent-ils pas ? »

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 17:49
Centrafrique: à Bambari, fragile retour de l'Etat
Centrafrique: à Bambari, fragile retour de l'Etat
Centrafrique: à Bambari, fragile retour de l'Etat

 

Centrafrique: à Bambari, fragile retour de l'Etat

 

28/03/17 (AFP)

 

Un préfet, un procureur, des forces de police: l'Etat fait un timide retour à Bambari la deuxième ville de Centrafrique où les Nations unies ont obtenu il y a quelques semaines le départ d'un chef de guerre.

 

La restauration de l'Etat et le relèvement de l'économie représentent les deux priorités du président Faustin-Archange Touadéra, qu'il évoquera jeudi pour le premier anniversaire de son mandat à la tête d'un pays ravagé par la guerre et où l'administration a disparu de régions entières, livrées aux exactions de bandes armées.

 

Dans son minuscule bureau près de la gendarmerie, le procureur de la République de Bambari, Arnaud-Eric Tandjio, annonce l'ouverture d'une enquête sur un massacre de civils dans trois villages à plusieurs dizaines de km de Bambari, dans la préfecture de la Ouaka.

 

"Beaucoup de personnes ont été tuées dans des conditions barbares et inhumaines. On nous annonce plus de 15 enfants et plus de 100 adultes parmi les victimes", avance le procureur sur la base des premiers témoignages, dont celui d'un père affirmant avoir perdu ses trois enfants.

 

Les survivants parlent d'une opération de représailles de la part de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC) dont le leader Ali Ndarass a été obligé en février de quitter Bambari, où il avait son quartier général non loin de celui de la force de l'ONU (Minusca) et de l'hôtel de ville. Le procureur confirme cette hypothèse.

 

Comment mener l'enquête sans moyens? Le représentant du parquet n'a pas encore pu se rendre sur les lieux, une semaine après les faits.

 

La police et la gendarmerie centrafricaines ne s'aventurent pas au-delà du secteur de la ville. Le procureur, qui dépend de la Minusca pour la sécurité de ses déplacements, s'inquiète d'une possible disparition des preuves, à commencer par les corps.

 

- 'ville sans groupe armé' -

 

Des forces de gendarmerie et de police patrouillent dans les rues de Bambari avec des Casques bleus depuis quelques jours.

 

Lundi soir, la patrouille mixte est arrêtée alors qu'elle passe devant l'hôpital. Un homme a tenté de s'introduire à l'intérieur du bâtiment avec dans son sac des uniformes militaires alors qu'officiellement Bambari a été déclaré "ville sans groupe armé, pour la paix, le vivre ensemble et le rétablissement de l'Etat" comme le proclament des affiches placardées sur les murs.

 

Menotté, l'homme de 28 ans est conduit sous escorte dans un camion de gendarmerie à la brigade. Lors de son interpellation, les gendarmes lui font retirer sa ceinture: pas d'armes, juste un talkie-walkie et un gri-gri.

 

Le procureur le place en garde à vue, dans des locaux ouverts au tout venant. Il appartiendrait à l'UPC. Enquête ou démonstration de force d'un Etat qui veut à tout prix renaître de ses cendres?

 

"Les groupes armés ne sont plus dans Bambari mais les hommes armés se promènent encore dans la ville en civil et dans la brousse", affirme le préfet Mathurin Kanda-Sessé, lui aussi sous la protection de la Minusca.

 

Autre symbole de l'Etat, la situation de l'enseignement est dramatique: "L'école existe mais il manque des enseignants. Les classes sont bondées (200 élèves) et l'enseignement est de mauvaise qualité", reconnaît le préfet.

 

Région centrale, Bambari et la préfecture de la Ouaka sont le théâtre d'affrontements meurtriers entre l'UPC et le FPRC, deux factions rivales de l'ex-séléka.

 

Pays pauvre de près de cinq millions d'habitants, classé dernier à l'Indice du développement humain (IDH), la Centrafrique peine à se relever du conflit provoqué en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par la rébellion majoritairement musulmane séléka.

 

Une contre-offensive des groupes anti-Balaka majoritairement chrétiens a provoqué des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. L'intervention de la France et des Casques Bleus ont ensuite ramené un semblant de stabilité dans la capitale Bangui. Et permis début 2016 l'élection du président Touadéra.

 

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 23:30
La télé publique, emblème des immenses besoins de la Centrafrique

 

La télé publique, emblème des immenses besoins de la Centrafrique

 

27/03/17 (AFP)

 

L'Etat, l'armée, l'économie, mais aussi les médias, tout est à reconstruire en Centrafrique et c'est une femme de caractère qui relève un défi fou: diffuser les messages de réconciliation de la Télévision centrafricaine (TVCA) au-delà de la capitale Bangui.

 

Ce dimanche soir, Lydie Nzengou cumule les casquettes de directrice générale de la TVCA et d'animatrice d'une table ronde sur la première année de mandat du président Faustin-Archange Touadéra, dans un studio décoré de trois affiches à la gloire du chef de l'Etat.

 

Retour des déplacés, eau, latrines, électricité... La bientôt quinquagénaire aborde les soucis quotidiens d'un pays classé 188e et dernier à l'Indice de développement humain (IDH) des Nations unies en 2015.

 

Avec calme et autorité, la professionnelle de la communication donne la parole à des directeurs de cabinets ministériels, qui énoncent leurs bonnes intentions sur un ton très institutionnel, comme sur les chaînes d'Etat des autres pays d'Afrique centrale, inféodées au pouvoir.

 

- Pas d'émetteurs -

 

Petite différence: "Pour le moment, la télévision centrafricaine n'émet que dans Bangui et ses environs", explique à l'AFP sa directrice générale. La Centrafrique manque d'émetteurs pour porter le signal de la télévision et la radio nationales à l'intérieur d'un pays de près de 5 millions d'habitants de la taille de la France et la Belgique réunies.

 

"Le principal enjeu, c'est que chaque Centrafricain, dans les coins les plus reculés, puisse regarder la télévision centrafricaine. Avec la radio, c'est le premier outil pour véhiculer des messages de paix et de réconciliation", poursuit Lydie Nzengou, reprenant le discours du président Touadéra.

 

Le gouvernement a passé une convention avec une société italienne, Téléconsult, pour installer les pylônes de la bonne parole dans les 16 préfectures du pays. Un test doit être pratiqué lundi sur un pylône de 110 mètres à Boali à 100 km de Bangui. Téléconsult espère que le déploiement sera achevé d'ici 15 mois.

 

Le défi est de taille alors qu'une grande partie du territoire est encore sous la menace de bandes armées issues de l'ex-rébellion musulmane Séléka et de groupes d'auto-défense majoritairement chrétiens anti-balaka et que le pays compte près de 900.000 déplacés et réfugiés.

 

"Je passe la plus grande partie de mon temps à me mettre en colère et à crier", soupire la directrice générale, Centrafricaine de la diaspora qui a quitté une vie confortable en France pour revenir dans son pays qu'elle avait quitté après le lycée.

 

- Délestages et piratage -

 

Après des études en communication, une carrière aux Nations unies et un passage au cabinet du président de l'Assemblée nationale de Centrafrique, cette bi-nationale franco-centrafricaine découvre les "délestages" (coupures de courant), des journalistes-fonctionnaires du ministère de la Communication en mal de formation et des pénuries de matériel.

 

"Les monteurs, les cadreurs, les réalisateurs, les journalistes... Nous avons essayé de faire le maximum. Mais nous ne pouvons plus aller plus loin. On va stagner tant qu'il n'y aura pas de formation", se désole-t-elle, rappelant que la TVCA a été l'une des dernières télévisions au monde à passer de l'analogique au numérique il y a quelques mois.

 

Le matériel est rudimentaire, à l'image des trois petites caméras légères qui filment la table ronde. Disponible sur CanalSat en Afrique, la TVCA présente souvent un son saturé et presqu'inaudible et des images de mauvaise qualité.

 

"Nous avons des bancs de montage primaires, avec un logiciel qui a été +craqué+. C'est du piratage. Et ça plante tout le temps", dit-elle. Un de ses collaborateurs demande d'ailleurs à un journaliste de passage s'il ne pourrait pas copier son logiciel de montage.

 

Récemment, la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) a prêté des moyens techniques à la TVCA pour la retransmission "live" de deux matches de basketball, le sport-roi en Centrafrique.

 

L'équipe nationale a perdu mais la TVCA y a vu un signal de retour à la normale, à l'image du pouvoir exécutif à l'affut du moindre signe positif même s'il peine, lui aussi, à marquer sa présence au-delà de Bangui.

 

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 23:12
Lu pour vous : Entretien avec le socialiste Martin Ziguélé

 

 

Entretien avec le socialiste Martin Ziguélé

 

http://www.nigerinter.com  27 mars 2017

 

L’ancien premier ministre centrafricain et président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), M. Martin Ziguélé a participé à Niamey au Séminaire International sur ‘’Elections, Démocratie et Gouvernance’’ organisé conjointement par la Fondation Jean Jaurès et le Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS-Tarayya) du 24 au 25 mars dernier. A cette rencontre d’une quinzaine de partis socialistes et socio-démocrates, il a également présenté une communication sur le thème : « Elections contestables et contestées – démocraties de façade / La transition démocratique comme processus politique complexe et fragile (cas de la RCA)’’. Dans cet entretien qu’il a bien voulu accorder à Niger Inter, il parle de la substance de ce séminaire et des préoccupations des socialistes en Afrique et dans le monde.

 

Niger Inter : Comment définissez-vous le socialisme aujourd’hui ?

 

Martin Ziguélé : Le socialisme c’est une notion très simple. S’il fallait juste deux mots pour définir le socialisme je dirais que c’est la justice sociale. La justice sociale a beaucoup d’implications c’est-à-dire qu’elle implique premièrement qu’il n’y a pas de différence entre les fils et les filles d’un même pays ni par la fortune, ni par la religion, ni par le positionnement par rapport aux grands enjeux : égalité entre les hommes et les femmes, égalité entre les citoyens, égalité en droits et égalité également en devoirs. C’est dire que ce qui fonde le socialisme c’est la justice sociale et quand il y a justice sociale il y a forcément une solidarité. La solidarité entre les citoyens c’est le second visage du socialisme. La solidarité dans la difficulté comme dans le partage. La troisième face du socialisme c’est la liberté. La liberté rien que la liberté et toute la liberté pour les citoyens

 

Niger Inter : Les Elections constitue une des thématiques de votre rencontre de Niamey. La démocratie est un concept universel mais en Afrique on n’arrive toujours pas à organiser des bonnes élections. Ces dernières sont souvent sources des conflits et crises politiques en Afrique. Est-ce que cela ne conforte pas l’idée selon laquelle l’Afrique n‘est pas mure pour la démocratie ?

 

Martin Ziguélé : Je voudrais tout d’abord en tant que progressiste, socialiste et démocrate m’élever contre cette idée qui voudrait que la démocratie ne soit pas africaine. Je ne reviens pas sur les analyses d’éminents penseurs sur ce sujet. Pour moi dire que la démocratie n’est pas un concept africain c’est comme dire que l’humanité n’est pas africaine. Quelqu’un a dit de manière absurde que le continent africain n’est pas rentré dans l’histoire. C’est ce genre de discours qui sont en fait des discours de régression. L’Afrique est le berceau de l’humanité. Et il y a eu des grandes civilisations africaines avec de fortes valeurs ‘’démocratiques’’. Vous savez qu’il n’y a aucune société où on fait attention à l’homme et à la vie plus qu’en Afrique. Le fait qu’il y ait des élections contestées ne signifie pas que la démocratie n’est pas africaine. Justement la contestation des élections comme Newton l’a dit ‘’on prouve le mouvement en marchant’’ ça prouve que les africains tiennent à l’expression démocratique de la conquête et de l’exercice du pouvoir.

 

Niger Inter : En Afrique on a vu l’avènement d’éminents socialistes au pouvoir (Laurent Gbagbo, Alpha Condé, Issoufou Mahamadou, Ibrahim Boubacar Keita, etc.) mais on ne sent pas une ligne de démarcation assez nette avec la gestion de ceux qu’on pourrait appeler la droite. En Côte d’Ivoire par exemple la gestion de Laurent Gbagbo a débouché sur une guerre civile. Que répondez-vous ?

 

Martin Ziguélé : Certes des difficultés de plusieurs ordres (économique, diplomatique, politique, financière…) existent. Elles ne sont pas occultées. Mais je dois vous dire que la principale différence entre l’homme de gauche au pouvoir et celui qui ne l’est pas c’est que nous on recherche à la fois l’efficacité économique et la redistribution des richesses, du fruit de la croissance au profit du plus grand nombre possible des filles et des fils du pays. En Côte d’Ivoire sous Laurent Gbagbo, il y a eu l’éducation gratuite pour tous ce qui constitue une mesure fondamentale parce que vous savez qu’il n’y a de richesse que d’hommes. Vous ne pouvez élever le niveau d’un peuple que par l’éducation. Il y a également en Côte d’Ivoire la couverture maladie universelle qui n’a pas été malheureusement menée jusqu’à son terme. Il y a bien d’autres progrès sociaux et économiques. Et au Niger aujourd’hui la volonté clairement affichée des autorités ce n’est pas que deux ou trois nigériens soient riches, c’est plutôt de faire en sorte que dans le contexte d’insécurité ambiante, dans le contexte économique difficile que la majorité des nigériens ait le sentiment que les biens publics appartiennent à tout le pays. Malheureusement ça ne se fait pas en un an ni en un mandat mais dans la durée.

 

Niger Inter : A travers cette rencontre des socialistes à Niamey comment entendez-vous inverser la tendance pour des élections libres transparentes et honnêtes en Afrique ?

 

Martin Ziguélé : Nous avons réfléchi à l’occasion de cette rencontre. C’est Marx qui disait que la réflexion précède l’action. Il faut réfléchir, il faut analyser les causes des phénomènes mais pas se contenter de leurs conséquences. Les partis progressistes doivent trouver des réponses sur le pourquoi en 60 ans d’indépendance que nous n’avions pas pu capitaliser ces idées d’indépendance, de liberté et de justice. Il faut à chaque étape trouver des réponses à ce qui ne va pas au niveau de notre processus démocratique. Et quand on est militant il faut se battre autour des objectifs clairs, des enjeux et de l’environnement. Je suis convaincu que la lutte produira ses effets en Afrique centrale comme aujourd’hui en Afrique de l’Ouest où des camarades sont arrivés au pouvoir.

 

Niger Inter : Aujourd’hui avec la montée du populisme en Occident, ne craignez-vous pas une régression de ces valeurs de progrès que vous préconisez ?

 

Martin Ziguélé : Je reconnais que nous ne sommes pas très heureux en tant que forces progressistes africaines de voir que partout au sein de l’hémisphère occidental que les forces populistes prennent le dessus. Cela nous rappelle la situation allemande en 1936 ou le chômage en Europe qui avait favorisé la montée du populisme. Mais comparaison n’est pas raison. 1936 et 2017 ce n’est pas la même chose. Bien sûr qu’il y a eu Trump aux USA, bien que certains pays européens ont failli basculer dans le populisme c’est une raison pour les forces de gauche de ne pas dormir sous leurs lauriers et de trouver des réponses aux interrogations et préoccupations des populations qui sont tentées par les discours populistes.

 

Niger Inter : Avez un mot pour vos camarades socialistes ?

 

Martin Ziguélé : Je suis un militant. J’ai aujourd’hui 60 ans. J’ai été trois fois candidats aux élections présidentielles. La première fois je suis allé jusqu’au second tour. La deuxième et la 3ème fois j’ai échoué. Mais je continue de militer et à me battre comme un jeune de 20 ans parce que pour moi il n’y a rien qui dépasse la justice, la liberté et la solidarité. Et je sais que c’est le camp des progressistes qui a raison. C’est pourquoi je demande aux camarades que chaque fois qu’ils tombent, chaque qu’ils trébuchent de chercher à comprendre les raisons de leur échec. C’est ainsi comme Sisyphe que nous allons nous relever.

 

Propos recueillis par Elh. Mahamadou Souleymane

 

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 23:02
Interview au journal Le Confident n° 4140 de Martin ZIGUELE Président du MLPC

 

 

 

Le Confident de Bangui,

 

Interview parue dans le numéro 4140 du lundi 27 mars 2017.

 

Monsieur Martin Ziguélé, vous êtes ancien Premier Ministre,  Président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), Député de Bocaranga 3 et candidat malheureux à la dernière présidentielle. Quel bilan pouvez-vous faire de l’Union Sacrée après une année de règne du Président Faustin Archange Touadéra ?

 

Je vous remercie de m'accorder la parole pour qu'à travers votre organe je puisse échanger avec vos lecteurs. Je suppose que vous voulez plutôt parler du bilan du Président Faustin Archange Touadéra après une année de pouvoir et non pas celui de l'Union sacrée qui, en tant que concept, n'a pas encore été formalisé à ma connaissance.

 

S'agissant du bilan, l'exercice n'est pas aisé compte tenu du contexte particulier de notre pays après trois années de crise profonde, elles-mêmes consécutives à une période où la bonne gestion des affaires publiques n'était pas un objectif partagé.

 

Puisque la question m'est posée, je dirai que des progrès indéniables ont été accomplis sur le plan de notre réengagement auprès de la communauté internationale aussi bien sur le plan politique, économique que financier.

 

J'en veux pour preuves sur le plan politique, notre retour à l'Union Africaine, au sein de la Francophonie, et de toutes les organisations dont notre pays avait été suspendu suite au changement inconstitutionnel du 24 mars 2013.La visite de Monsieur Elliasson, Secrétaire Général-Adjoint des Nations- unies illustre ce retour dans le concert des Nations.

 

Sur le plan économique et financier, j'en veux pour preuve la Réunion de Bruxelles consacrée à la mobilisation des appuis pour le relèvement et la relance de notre pays. Nous avons ensuite connu les visites de Madame Lagarde, Directeur Général du Fonds Monétaire International et plus récemment celle de Monsieur Makhtar DIOP, Vice-président de la Banque Mondiale. Avant cela, notre pays avait conclu dès juin 2016 un Programme de Facilité Elargie de Crédit (FEC) avec le Fonds Monétaire International (FMI), qui prévoit un taux de croissance du PIB de 5,9% du PIB pour 2017, dans un contexte sous-régional quasi-récessif. Cet Accord avec le FMI a été indispensable pour que se réalisent les annonces faites à Bruxelles et qui prouvent au moins que nous restons dans l'agenda de la communauté financière internationale, et ce n'est pas rien.

 

Ceci dit, il y'a un an, je ne pouvais pas m'imaginer, et je crois beaucoup de compatriotes avec moi, que sur la principale préoccupation des centrafricains à savoir la sécurité et la paix, le tableau allait être aussi contrasté: si Bangui et récemment à Bambari, ainsi que dans quelques préfectures comme la Lobaye, l'Ombella-Mpoko, la Sangha-Mbaéré, la Mambéré-Kadei, la Nana-Mambéré, et une partie de l'Ouham et de la Kémo connaissent une paix et une sécurité relatives, les dix autres préfectures ont globalement vu leur situation sécuritaire se dégrader. Naturellement cette dégradation a des effets démultiplicateurs : elle empêche la restauration de l'administration de l'Etat, désorganise l'économie locale, freine le retour des refugiés et accroit le nombre de déplacés internes. Dans un tel contexte, chacun fait le constat que le DDRR devient complexe et laborieux, alors que les contraintes liées à la RSS rendent nos compatriotes très impatients. Pourtant ces deux chantiers sont essentiels au retour à la paix et à la sécurité.

 

Pour être complet j'ajoute que des marges de progression existent en matière de réconciliation nationale et de cohésion sociale, et quand chacun sait que c'est le fondement même du vivre-ensemble et de notre nation, des avancées rapides et notables sont nécessaires.

 

Pensez-vous que l’assassinat de Joseph Zoundéko, ancien chef d’Etat- major de la séléka, constitue une solution à l’insécurité qui règne en République centrafricaine en général et dans la Ouaka en particulier ?

 

Je lis dans votre journal, comme chez nombre de vos confrères, les nombreux articles consacrés à l'insécurité qui continue à sévir dans d'autres localités d la Ouaka que Bambari comme dans les autres préfectures périphériques de la Ouaka. Cela signifie donc que la mort d'un homme n'entraîne pas la disparition des groupes armés et encore moins de la violence

 

En votre qualité d’ancien Premier Ministre, de Président d’un Parti Politique qui veut reconquérir et gérer le pouvoir de l’Etat, la résolution durable de l’insécurité persistante passe-t-elle par la Justice, le DDRR, la multiplication de dialogues à Bangui et à l’extérieur avec les groupes armés ou la réhabilitation de l’Armée Nationale ?

        

Cette question a déjà été posée à nos compatriotes lors du Forum de     Bangui, et ils      se sont exprimés sans équivoque sur le sujet : oui pour la    réconciliation nationale, oui    pour la cohésion sociale, oui pour le vivre-        ensemble, oui pour le DDRR, oui pour la       RSS, oui pour le dialogue mais        sans sauter la case Justice. La justice est donc le        passage obligé pour      une résolution durable de notre crise car   l'impunité a été     rejetée dans          son principe même par ces assises. Et je peux vous dire que nos          compatriotes ont le nerf à fleur de peau quand d'aucuns invoquent des          arrangements pour éviter la case Justice.

 

Maintenant je vous donne mon opinion comme citoyen centrafricain, et          cela n'a rien       à voir avec la conquête ou la gestion du pouvoir qui   est     l'objectif de tout          parti politique quel qu'il soit: il faut que la justice ,     par le biais de la Cour Pénale          Spéciale dont je salue la création et la récente nomination du Procureur Général , la CPI   et d'autres instances judiciaires se    penchent sérieusement sur le dossier de la crise centrafricaine qui perdure, en          déterminant les    responsabilités et en en identifiant clairement et publiquement    les     auteurs, co-auteurs, complices et tireurs de ficelles cachés pour que la        vérité          éclate car  beaucoup de fausses accusations ont été portées       contre des innocents      à coups d'intoxications et de mensonges pour des          motifs politiques, alors que    les vrais auteurs de cette crise sont tapis   dans l'ombre et   exigent l'amnistie          pour se couvrir. La vérité doit        triompher par la justice afin que le peuple        centrafricain sache qui est     qui, qui a fait quoi et que nous          reconstruisions ce pays sur la base de la vérité. Nous          devons d'ailleurs cette          vérité d'abord aux victimes.

 

         Les Centrafricains doivent leur poser une seule question: Pourquoi mettent ils          l'amnistie en tête de toutes leurs revendications ?. Pourquoi ne veulent- ils pas          entendre parler de la justice? Pourquoi? Que craignent-ils?

 

         La position du MLPC est claire: la justice doit être rendue, car sans justice il n'y          aura pas de véritable réconciliation nationale.

 

 

Dans quel contexte était instauré l’embargo sur l’équipement de notre armée ? Que font l’Exécutif, le Parlement et les pays amis pour lever cette mesure qui contrarie notre souveraineté?

 

J'ai lu la résolution des Nations Unies sur l'embargo sur les armes. Des mesures dérogatoires sont prévues et ces demandes doivent être faites avec les justifications nécessaires par le gouvernement. Je ne vois pas en quoi le Parlement est concerné.

Par ailleurs il faut dire la vérité aux Centrafricains, la levée totale de l'embargo ne se fera pas demain. En Côte d'ivoire il a duré plus de 14 ans et c'est justement par le biais des dérogations partielles que ce pays frère a pu rééquiper son armée. Il appartient donc au Gouvernement de travailler à réunir les conditions nécessaires à une formation rapide d’un nombre suffisant de bataillons de courageux et soldats dignes de ce nom, c’est-à-dire bien formés et entraînés au combat donc à même d’assurer la défense du territoire national, pour que ce problème d’embargo sur les armes ne soit plus un obstacle insurmontable.

 

Votre formation politique fait partie de l’Internationale Socialiste, ainsi que de l'Alliance Progressiste internationale. Vous rentrez d’un séjour en Allemagne où vous aviez pris part au congrès de l’Alliance Progressiste Internationale. Aujourd’hui, beaucoup de vos compatriotes ne savent pas ce que c’est que l’Alliance Progressiste Internationale. Pouvez-vous nous présenter succinctement cette organisation, sa structuration et ses objectifs?

 

En effet, je rentre de Berlin en Allemagne où j'ai pris part du 10 au 12 mars 2017 au Congrès de l'Alliance Progressiste Internationale aux côtés de mes pairs responsables des partis politiques socialistes, sociaux-démocrates, progressistes et démocrates du monde entier.

L’Alliance progressiste ou Progressive Alliance en anglais,  est un réseau mondial des partis progressistes, sociaux-démocrates et socialistes, par ailleurs membres de l'Internationale socialiste. Elle a été fondée le 22 mai 2013 à  Leipzig n Allemagne, à l'occasion des 150 ans du  Parti Social Démocrate allemand (SPD) créé lui en 1863. L'Alliance progressiste  réunit 80 partis sociaux-démocrates et progressistes, syndicats et Organisations Non Gouvernementales (ONG) du monde entier constitué n réseaux d'actions politiques, ainsi que des syndicats  et des ONG.

S'agissant du  MLPC, nous sommes membres de l'Internationale socialiste depuis le Congrès d'Athènes de juin 2008, et  membre fondateur le 22 mai 2013 à Leipzig en Allemagne.

Comme je l'ai dit tantôt, nous constitutions un réseau de forces politiques et sociales progressistes dans l'optique de constituer une force de propositions et d'actions pour faire avancer les libertés, la justice et la solidarité dans le monde entier.

S'agissant de sa structuration, L'Alliance Progressiste est constitué autour d'un Conseil, d'un Comité Directeur et d'une Coordination.

  • Le  Conseil- ou Board en anglais- de l’Alliance progressiste comprend 35 partis politiques de toutes les régions du monde et détermine le cap politique de l’Alliance. Il se réunit au moins une fois par an. J'ai donc eu l'honneur d'être élu au sein de ce Conseil par un score sans appel de 79 voix sur 88 votants.
  • Le Comité directeur - ou Steering Committee en anglais- prépare les activités de l’Alliance progressiste. Les partis intéressés peuvent envoyer un délégué au Comité directeur. Ce Comité se réunit régulièrement, au moins deux fois par an, et dans la mesure du possible, en marge des manifestations internationales.
  • La Coordination de l’Alliance progressiste, qui est basée sur un système de rotation entre les participants. La période de coordination s’étend d’une conférence de l’Alliance progressiste à la suivante.

 

Monsieur Martin Ziguélé, vous avez pris part aux travaux du Forum des bailleurs de fonds de Bruxelles. Peut-on connaitre les activités menées par les représentants des différentes entités qui ont participé à cette rencontre pour convaincre les partenaires à décaisser les financements promis ?

 

Après la réunion de Bruxelles, le gouvernement a mis en place des structures pour le suivi de ce dossier. Dans le cadre de sa mission de contrôle de l'Exécutif et également du vote des lois des finances, l'Assemblée nationale sera certainement informée  de l'évolution des choses.

 

Comment voyez-vous l’avenir de la République centrafricaine ?

 

Mais bien sûr, non seulement je crois en l'avenir de notre pays mais je fais ce que je peux de mon côté pour en convaincre tous mes interlocuteurs, compatriotes comme étrangers. On dit couramment que quand vous avez la foi vous pouvez soulever des montagnes, eh bien j'ai foi en notre pays. Regardez des pays comme la Sierra-Léone, le Libéria, le Rwanda, etc. Il faut sortir de cette guerre inutile, se réconcilier sans sauter la case justice, travailler dur et bien et notre pays s'en sortira. Nous en avons les atouts physiques, le reste c'est-à-dire la paix et la réconciliation dépendent de nous. Dieu nous a donné un pays paradisiaque, ses enfants doivent arrêter d'en faire un enfer sur terre.

 

Monsieur le Président, nous vous remercions pour votre disponibilité.

 

C'est moi qui vous remercie et je reste à votre disposition

 

Jérémie Walanda Yandia Journaliste

 

 

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Centrafrique-Presse.com
27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 22:44
Communication de Martin ZIGUELE au Séminaire International de Réflexion à Niamey par la Fondation Jean-Jaurès, la Fondation Européennes des Etudes Progressistes et le Parti PNDS du Niger.

 

 

Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain

 

Justice – Liberté – Travail

 

Membre de l’Internationale Socialiste

 

BUREAU POLITIQUE

 

« ELECTIONS, DEMOCRATIE, GOUVERNANCE »

 

NIAMEY, 24 – 25 Mars 2017

 

 

Thème 3 :

 

ELECTIONS CONTESTABLES ET CONTESTEES ;

 

DEMOCRATIE DE FACADE – TRANSITION DEMOCRATIQUE COMME PROCESSUS POLITIQUE COMPLEXE ET FRAGILE :

 

CAS DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

 

 

 

Honorable Martin ZIGUELE

Président du MLPC

 

Je remercie notre parti frère, le Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS) pour cette énième manifestation de sa solidarité militante, en acceptant d'abriter cette rencontre consacrée à la réflexion et à ce partage d'expériences. Je remercie également la Fondation Jean-Jaurès qui a pris cette heureuse et louable initiative de nous réunir ici à Niamey, car la pensée doit toujours précéder l'action

Le thème que vous m'avez demandé de présenter s'intitule "Elections contestables et contestées - démocraties de façade / La transition démocratique comme  processus politique complexe et fragile (la RCA"). C'est un vaste et délicat sujet sur lequel j'envisage écrire un livre lorsque les passions se seront estompées, pour l'Histoire et pour la jeunesse de mon pays.

 

 Pourquoi? Mais tout simplement parce que les dernières élections centrafricaines, présentées comme « démocratiques, incontestables et acceptées par tous », des élections  de sortie de crise « à l'issue étonnamment heureuse et pacifique compte-tenu du contexte de guerre civile», et qui ont doté la République Centrafricaine d’une Constitution , d’un Président de la République, des Députés et permis un retour à l’ordre constitutionnel, recouvrent des réalités qui pour des raisons au moins épistémologiques, doivent être analysées et comprises.

 

RAPPEL HISTORIQUE

 

D'abord il me semble utile de faire un petit rappel historique de notre situation politique, pour comprendre notre environnement.

 

La République centrafricaine, dernier territoire colonial "découvert" avec le Tchad, a connu un genre de gouvernement colonial indirect avec les sociétés concessionnaires à qui le pays a été confié. Dernier confins colonial, donc pas de crédit pour son développement. Pas de routes dignes de ce nom, très peu d'écoles et de centres de formation, pas de chemin de fer jusqu'à ce jour, mais par contre beaucoup de chicottes, beaucoup de corvées. Pour rajouter à ce tableau, nous perdons juste un an avant notre indépendance Barthélémy Boganda, le premier prêtre centrafricain qui a dû quitter les ordres devant la vacuité du personnel politique pour se battre pour cette indépendance. Nous arrivons donc à l'indépendance avec de très jeunes dirigeants qui investissent le plus clair de leur énergie dans une guerre de positionnement et d'égo. Six ans seulement après l'indépendance, le Colonel Jean Bedel Bokassa prendra le pouvoir par un sanglant coup d’Etat et nous connaissons la suite.

 

Il ne faut jamais perdre de vue qu’en 57 ans d'indépendance, la RCA, c'est 10 ans de pouvoir civil et 47 ans de pouvoirs militaires issus d'au moins six putschs et autres rébellions soutenues de l'extérieur et par l'extérieur.

 

Ainsi donc, en 57 ans d'indépendance, la RCA n'aura connu que deux seules alternances démocratiques, la première avec la victoire du MLPC aux élections de 1993 supervisées -déjà- par des forces extérieures, et la seconde par le candidat Faustin Archange Touadéra en 2016. Pour me résumer notre vie politique a été trop longtemps rythmée par la promotion des valeurs antirépublicaines et anti-démocratiques, et l'exception de la prise de pouvoir ou sa confiscation par la force est devenue dans notre subconscient la règle.

 

La dernière crise en date et qui court toujours, abusivement présentée comme un conflit religieux opposant chrétiens et musulmans, a pris sa source dans ce trait de culture politico-institutionnelle historique et structurelle en RCA, à savoir le refus délibéré de l'alternance démocratique, et plus globalement le refus de respecter les lois d'airain de la démocratie, la légitimité populaire n'étant recherchée qu'après la prise de pouvoir par la force.

 

Cette dernière crise disais-je, est directement née de la contestation des résultats des élections des élections de Janvier 2011, organisées et gagnées par le Général François Bozizé en dehors de tout cadre légal. Cette contestation a été organisée autour des partis politiques de l’Opposition démocratique dont le MLPC, qui ne pouvaient accepter un hold-up électoral perpétré  en dehors de tout cadre légal, en droite ligne de cette  fameuse culture de  confiscation autoritaire du pouvoir depuis notre indépendance. Nous avons créé à cette fin une plateforme de lutte politique pacifique dénommée Front pour l’Annulation et le Reprise des Elections de 2011 en abrégé FARE-2011.

 

Naturellement, François Bozizé refusa obstinément toute idée de dialogue avec son opposition. Pendant ce temps, ses contradictions internes avec les chefs rebelles qui l’ont porté au pouvoir le 15 mars 2003 se sont aggravées. Ces rebelles se sont coalisées sous le nom de Séléka et ont déclenché en décembre 2012 les hostilités contre le pouvoir de François Bozizé.

 

Devant cette situation  de chaos politique et militaire, les Chefs d’Etat de la CEEAC ont décidé de  la tenue d’un dialogue inter-centrafricains à Libreville (Gabon) en Janvier 2013 avec toutes les forces vives de la Nation, et les parties prenantes.

 

C'est à l'issue de ce dialogue qu'un Accord politique a été signé avec les principaux points suivants:

 

  • la mise en place d’un Gouvernement de Transition, dirigé par un Premier ministre à l’Opposition démocratique
  • l’entrée des groupes armés dans ce Gouvernement
  • l’organisation des élections au terme de la Transition dont la durée ne saurait excéder 18 mois
  • le maintien du  Président Bozizé jusqu'au terme de son second et dernier mandat en mars 2016.
  •  

Malheureusement, les clauses de cet Accord politique ne seront pas respectées et cette première transition sera interrompue par le coup de force de la Seleka le 24 mars 2013, ouvrant la voie à une e seconde transition dirigée par Michel Djotodia. Celle -ci se caractérisera par de graves violences sur toute l'étendue du territoire national, la disparition des forces de défense et de sécurité et l'affaiblissement de l'autorité de l'Etat. Par réaction aux exactions commises par la Séléka, se créa la coalition des Anti-Balakas présentées comme des milices d'auto-défenses chrétiennes. La confrontation entre ces deux forces connaîtra son point culminant le 5 décembre 2013, entraînant de graves pertes en vies humaines et des affrontements intercommunautaires sans précédent. L'intervention des forces françaises Sangaris, en appui des forces de la CEEAC, a très certainement permis d'éviter un véritable bain de sang.

 

Devant cette situation de chaos sécuritaire et d'effondrement de l'Etat, les Chefs d’Etat de la CEEAC  réunis le 10 janvier 2014 à Ndjamena y convoquent le Conseil National de Transition (CNT-Assemblée de transition), les groupes armés et la société civile et font démissionner le Chef d’Etat de la Transition Michel Djotodia ainsi que le Premier ministre issu de l’Opposition démocratique.

 

De retour à Bangui, le CNT procèdera à l'élection de  Madame Catherine Samba- Panza le 14 janvier 2014, comme nouveau Chef d'Etat de la troisième phase de cette transition. Sa feuille de route consistait à terminer la Transition et à organiser les élections présidentielle et législatives. Ce sera sous son mandat que seront organisés le référendum constitutionnel, et ces élections que nous analyserons, dans un contexte où les deux principaux groupes armés- Séléka et Anti-Balakas- ne lui laisseront aucun répit, allant jusqu'à se rapprocher autour d'exigences politiques communes à Nairobi au Kenya, initiative désapprouvée par le Représentant spécial des Nations Unies pour l’Afrique centrale d’alors, le Pr Abdoulaye Bathily.

 

Au total, la transition politique entamée en janvier 2013 aura  duré 3 années, c’est-à-dire bien au-delà des 18 mois initialement fixés dans l'Accord de Libreville comme durée de la transition.

 

LES TRAITS CARACTERISTIQUES DES ELECTIONS

 

C'est un pays à la situation dantesque qui s'engagera dans le processus électoral fin 2016. Les caractéristiques principales, donc non-exhaustives, de ces élections en République Centrafricaine sont les suivantes:

 

1°). Devant l'effondrement de l'Etat, l'organisation des élections était en fait du ressort politique et financier  de la communauté internationale qui n'avait pas la même lecture, loin s'en faut,  du processus électoral en termes de conditions minimales de sa crédibilité, de la fiabilité des processus, des conditions de son exécution sur un terrain non sécurisé, de son calendrier remaniable à la hussarde, etc. Ces questions étaient considérées comme superfétatoires devant la nécessité de « tourner absolument la page » d'une transition difficile, les élections ici étant considérées plutôt comme un rituel sacrificiel  permettant certains désengagements déjà planifiés.

 

2°)- Toujours devant l'effondrement de l'Etat, la faiblesse de l'administration et l'absence de forces de défense et de sécurité efficaces sur le terrain à l'intérieur du pays, il était évident que le processus électoral allait avoir comme "grands électeurs" les groupes armés comme cela s'est déjà produit en Côte d'Ivoire en 2011. Ce fut le cas lors de ces dernières élections en RCA dans une grande partie du pays, car le principal moyen que la Cour Constitutionnelle de Transition a soulevé pour annuler les résultats du premier tour des élections législatives - tout en maintenant paradoxalement ceux des présidentielles alors que ces deux scrutins étaient groupés - était l'action des groupes armés pour fausser les résultats électoraux locaux. Cette même Cour continuera d'annuler sur la base de ce même moyen plusieurs scrutins législatifs locaux.

 

3°)- On aurait pu penser que cette campagne électorale allait donner lieu à la présentation et à la confrontation de programmes politiques idoines pour la sortie de crise. Que nenni ! Des forces politiques, et pas des moindres, bénéficiaires de certaines sympathies, ont bâti tout leur argumentaire autour des calomnies et de la désinformation présentant leurs adversaires politiques comme favorables à tel ou tel autre groupe armé. De leurs programmes politiques pour la sortie de crise, presque pas un mot.

 

4°)- L'Autorité Nationale des Elections (ANE), instance indépendante  censée crédibiliser ce processus électoral, ne pouvait qu'être dépassée par les événements, en dehors de ses propres limites subjectives. Le Code électoral, adopté par large consensus à la lumière des expériences tirées des élections décriées de 2011, a été détricoté fil par fil sous la pression des "bailleurs de fonds" par des lois votées hâtivement par le CNT pour la circonstance. Ainsi:

 

- la biométrie qui devrait être introduite avec la carte d'électeur biométrique a d'abord  été supprimée au profit de carte d'électeur avec photo. Puis les cartes d'électeur avec photo ont été  supprimées quelques jours plus tard, et retour à la case départ des cartes d'électeurs sans photos de 2011. Du coup personne ne pouvait plus maîtriser la fraude en raison de la multiplication et la distribution anarchique des cartes d'électeurs. Comment s'assurer de l'intégrité du corps électoral si la base, le nombre d'électeurs n'est ni sécurisé ni fiable?

 

- les délais des opérations électorales ont été comprimés, parce que toutes les élections "devaient être bouclées" avant le 31 décembre 2015, et dès le départ le recensement électoral et les opérations référendaires ont été bâclés.

 

- le nombre d'électeurs par bureau de vote a été doublé (passant de 250 à 500 personnes), tout cela dans un contexte de pression énorme qui a vu la démission du Président et du Vice Président de l’Autorité Nationale des Elections pourtant initialement élus pour sept ans. Il faut également signaler la mise en place tardive de l'ANE et les difficultés de bouclage de son budget.

 

Par ailleurs, malgré l'indépendance proclamée des l'ANE, il a bien été noté pendant le processus électoral une absence de neutralité de certaines  autorités administratives aux niveaux central et périphérique. De même, l'ANE ne peut être indépendante et accepter que plusieurs bureaux de vote soient  logés aux domiciles de certains chefs de village ou de quartier, de même que les  centres de dépouillement.

 

CONCLUSION

 

Je tente de garder le fil d'Ariane avec la thématique "Elections contestables et contestées - démocraties de façade / La transition démocratique comme  processus politique complexe et fragile (la RCA") en le repositionnant comme suit: La transition démocratique comme  processus politique complexe et fragile. Elections contestables et contestées - démocraties de façade (la RCA)

 

Oui, la transition politique centrafricaine a été non seulement complexe et fragile mais surtout sanglante, à cause des tentatives répétées de restauration des ordres politiques précédents, face à un Etat affaibli par des décennies de mauvaise gouvernance.  Les pouvoirs déchus, chacun à travers les groupes armés de son obédience, ont mis à rude épreuve la transition  politique dans leur tentative de reprise  du pouvoir, soit par la ruse (Accords de Nairobi) soit par la violence aveugle. Et d'ailleurs, malgré les dernières élections, force est de constater que ces velléités de restauration des ordres anciens demeurent, et leurs tentatives prennent la forme de pressions sécuritaires violentes et d'exigences surréalistes pour entrer dans le processus de paix.

 

 C’est dans le cadre de cette transition donc, qui est le moment paroxysmique de la crise de gouvernance qui gangrène ce pays depuis l'indépendance, que se sont tenues ces élections censées construire un ordre politique et institutionnel nouveau. Les conditions du déroulement des élections décrites plus haut, et le contexte sécuritaire dégradé, ont objectivement impacté le processus.

 

Elections contestables et contestées? Dès la clôture du premier tour des élections, nos premières inquiétudes ont commencé lorsque nous avons constaté que la proclamation des résultats ne se faisait pas bureau de vote par bureau de vote comme l'exige la loi électorale afin de permettre la comparaison entre les  résultats diffusés et ceux relevés par  nos représentants dans les bureaux  de vote. Rien  n'y fit malgré nos multiples rappels à l'ordre et malgré les protestations de la quasi-totalité des candidats regroupés dans un collectif.

 

Après la proclamation des résultats provisoires, le MLPC a introduit auprès de la Cour Constitutionnelle de Transition une requête en annulation du premier tour des élections présidentielle et législatives, en se fondant sur des éléments de preuve réunis par huissier sur une grande partie du pays.  La Cour a jugé notre requête recevable mais dans un arrêt qui restera dans les annales judiciaires comme une exception centrafricaine, annulera le premier tour des élections législatives mais maintiendra celui des présidentielles. Pourtant comme je l'ai  dit tantôt, ce sont des scrutions groupés. 

 

Respectueux de la légalité, le MLPC s'est incliné devant ce verdict sans recours possible et son Bureau Politique a décidé de soutenir néanmoins l'un des candidats admis au second tour, Faustin Archange Touadéra, sur la base d'un Accord politique dont la mise en œuvre reste d'actualité. Il sera élu Président de la République à l'issue du second tour.

 

Démocratie de façade? Une constitution a été votée, un Président de la République élu et investi, une Assemblée nationale a été mise en place, et les lois organiques des diverses autres institutions prévues par la Constitution du 30 mars 2016 ont été récemment votées (Cour Constitutionnelle, Sénat, Haute Cour de Justice, Haut Conseil de la Médiation, Haute Autorité chargée de la Bonne Gouvernance, Haut Conseil de la Communication et Conseil Economique et Social) et leur mise en place imminente.

 

Ainsi donc, sur un plan formel, au terme d’une transition laborieuse et difficile, nous nous apprêtons à vivre l'an I du retour à l'ordre constitutionnel, tout le décor est planté pour un bon fonctionnement et pour le renforcement de la démocratie.

 

Cependant, concrètement, la démocratie centrafricaine risque de demeurer de façade si les conditions suivantes ne sont pas remplies:

 

  • Un retour effectif à la paix et à la sécurité sur toute l'étendue du territoire national à travers d'un Accord global de paix. Cet Accord pour être crédible, doit refuser de consacrer l'impunité tout en favorisant la réconciliation nationale.
  •  
  • La restauration subséquente de l'autorité de l'Etat sur tout le territoire national et le retour de l'administration, car il ne peut y avoir de démocratie sans Etat de droit.
  •  
  • Le libre-exercice par les différentes institutions de leurs missions dans le cadre tracé par la Constitution.

 

Conscients des risques de retour en arrière eu égard à notre histoire, et tenant compte des souffrances endurées par le peuple centrafricain, les acteurs politiques ont fait preuve de réalisme en acceptant l'idée d'une union sacrée autour de notre pays sur les questions de paix et de sécurité, de réconciliation nationale et de cohésion sociale, tout en restant vigilants sur les principes républicains et démocratiques.

 

Je termine en disant que comme une hirondelle ne fait pas le printemps, une élection ne fait pas la démocratie. Nous sommes conscients au MLPC que la lutte pour la démocratie en République centrafricaine sera longue et difficile , car il faut d'abord avoir la paix, remettre l'Etat debout et parachever la réconciliation tout en passant par la case justice. Comme au premier jour de la naissance du MLPC le 22 février 1979,qui rappelons-le, a été créé dans le cadre de la lutte contre l'Empire et pour la restauration de la République,   nous sommes plus que convaincus de la nécessité de poursuivre cette lutte pour la République et pour la Démocratie, car notre histoire nous enseigne que rien n'est acquis.

 

Martin ZIGUELE

Communication de Martin ZIGUELE au Séminaire International de Réflexion à Niamey par la Fondation Jean-Jaurès, la Fondation Européennes des Etudes Progressistes et le Parti PNDS du Niger.
Communication de Martin ZIGUELE au Séminaire International de Réflexion à Niamey par la Fondation Jean-Jaurès, la Fondation Européennes des Etudes Progressistes et le Parti PNDS du Niger.
Communication de Martin ZIGUELE au Séminaire International de Réflexion à Niamey par la Fondation Jean-Jaurès, la Fondation Européennes des Etudes Progressistes et le Parti PNDS du Niger.
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Centrafrique-Presse.com
27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 22:41

 

 

 

 

A la veille de la célébration de la journée internationale des droits de la femme, une policière en service a été sauvagement agressée avec incapacité de travail par une autorité de l'Etat pour un simple contrôle routinier. Des milliers d'observateurs de la vie politique centrafricaine se sont insurgés contre cet ignoble acte qui est de nature à illustrer la perte de l'autorité de l'Etat. Nous compatissons à la douleur de la victime et lui souhaitons une prompte guérison. La victime et le ministère de tutelle ont porté plainte devant les juridictions compétentes. L'agresseur peut ainsi être poursuivi pour rébellion, coups et blessures volontaires, outrage à agent des forces de l'ordre dans l'exercice de ses fonctions sur la base des articles 68, 381 et 384 du code pénal centrafricain.

 

La procédure de flagrance mise en œuvre par le parquet général n'a pas encore atteint l'autorité de la chose jugée mais dans le cadre de notre analyse, nous faisons abstraction des faits au profit des aspects juridiques du dossier. Pour faciliter la compréhension, la genèse des auxiliaires de police s'impose. En 2003, le commandant de la compagnie de musique avait fait appel à des civils pour renforcer son équipe qui était en sous effectif. Les ministres de l'intérieur successifs, en commençant par le défunt Général Ouande au Général de brigade Metinkoé en passant par l'ex directeur général de la police le colonel ( actuellement général ) Wanzé sont unanimes que l'auxiliariat est interdit dans la police nationale et que le recrutement dans la police nationale ne peut se faire que par voie de concours. Agacée et suite à de multiples bavures, la direction générale de la police nationale a voulu rectifier le tir en organisant une formation d'une semaine à l'école nationale de police. Cette formation est axée sur le maniement des armes et la discipline. Le cycle de formation s'est clôturé par une visite médicale au camp Izamo.

 

Une partie de l'effectif était illégalement et exceptionnellement intégré en 2014 mais la policière agressée n'en faisait pas partie. Un État dit de droit doit respecter le principe de légalité. Ce dernier est un principe fondamental de l'action administrative qui veut que l'administration soit soumise au droit et aux règles établies. De prime abords, des sources dignes de foi laisse apparaître que la victime n'est pas une policière mais une auxiliaire de police. Cette nuance est très importante dans le traitement de ce dossier. Nous tenons à préciser que ce jeu de terminologie ne justifie pas l'agression. Il est ressorti de nos recherches que l'auxiliariat est interdit dans la police centrafricaine. Nul ne peut être policier que s'il est recruté dans les conditions définies par les articles 10 et 11 de la loi N° 08-016 du 20 mai 2008 portant statut spécial de la police centrafricaine et les articles 6 et 7 du décret N° 09-011 du 16 janvier 2009 fixant les règles d'application de la loi citée ci-haut. La substance de ces textes impose un recrutement par voie de concours. Aucune disposition exceptionnelle n'est prévue au risque de franchir le seuil de l'illégalité.

 

Dans le cadre du recrutement par voie de concours, les candidats bénéficient du principe d'égal accès aux emplois publics énoncé à l'article 6 de la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen de 1789. En outre, la loi exige que les candidats aient la nationalité centrafricaine, un casier judiciaire vierge, jouir de leurs droits civils et politiques et remplir les conditions d'aptitude nécessaire. Dans le cas des auxiliaires de police, ces contrôles ont-ils été effectués ? Ainsi, les auxiliaires de police ne sont pas des fonctionnaires au sens juridique du terme mais ils portent illégalement l'uniforme et les attributs de la police nationale. La hiérarchie de la police nationale est consciente de cette problématique et peine à trouver des solutions adéquates ou alternatives. Leur inertie complice nous a conduit au drame qui a réveillé toutes les consciences. Nous tenons à rappeler que ces auxiliaires de police travaillaient bénévolement.

 

Ainsi, le citoyen lambda s'interroge : peut-on exercer bénévolement c'est à dire sans rémunération pendant des années durant ? Il apparaît logique et normal qu'ils se servent eux même en traquant et spoliant de paisibles citoyens. S'agit-il d'un travail fictif ou dissimulé ? Ont-ils un dossier de carrière au service des ressources humaines de la police nationale ? Ont-ils des fiches de paye ? Suite à la plainte du ministre de l'intérieur, ce dernier a t-il un intérêt pour agir dès lors que les formalités liées au recrutement sont illégales ? Peut-on qualifier leur prestation de service public ? Ont-ils le statut de fonctionnaire ? A quel organisme l'Etat Centrafricain verse leur cotisation salariale et patronale ? Dans le cas de l'espèce, le tribunal peut-il retenir la circonstance aggravante liée à la rébellion et au non respect d'un dépositaire de pouvoir public ? Par extension, peut-on parler du travail au noir ? Que fait l'inspection générale d'Etat lors des contrôles d'effectifs ? Par le seul fait de recruter illégalement un salarié, l'Etat Centrafricain a commis une faute lourde de conséquence privant ainsi la victime de cette agression de bénéficier de la plénitude des indemnisations liées à son préjudice.

 

En conséquence de ce qui précède, nous invitons la victime d'actionner l'Etat en justice parce que non seulement l'Etat l'a recruté illégalement mais aussi pour mise en danger d'autrui car ce dernier a l'obligation de mettre à disposition des moyens de sa mission. La victime réclamera aussi à l'Etat une indemnisation à la hauteur du préjudice et la régularisation de son statut. Fort de ce qui précède, nous invitons les parlementaires de se saisir du dossier et d'interpeller le ministre de l'intérieur en vue d'une clarification sur le statut des auxiliaires et de trouver des voies et moyens pour faire cesser cette irrégularité.

 

Dans le cadre du recrutement en cours dans la police nationale, nous proposons au ministre de l'intérieur de faire la priorité aux auxiliaires. Par ailleurs, des sanctions doivent être prises contre l'inertie de la hiérarchie de la police nationale. Pour en finir et loin de lancer un appel à la rébellion, nous invitons nos concitoyens qui ont été victimes des auxiliaires de police de se constituer partie civile au procès contre l'Etat Centrafricain en vue de réparer leur préjudice car dans le contexte d'une infraction continue, le délai de prescription commence à partir du moment où l'infraction à cesser de s'accomplir. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.

 

Paris le 25 mars 2017

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Administrateur des Elections.

DE LA CULTURE DE L'ILLÉGALITÉ D'UN ÉTAT DE DROIT AU DRAME DE LA POLICIÈRE AGRESSÉE...Bernard SELEMBY DOUDOU
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Centrafrique-Presse.com
27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 22:29
LES ILLUSIONS SECURITAIRES  DE LA OUAKA ET LA TRISTE VERITE DES FAITS par Yambrendji  Anatole
LES ILLUSIONS SECURITAIRES  DE LA OUAKA ET LA TRISTE VERITE DES FAITS par Yambrendji  Anatole

 

 

 

IL est important et capital pour nos dirigeants de comprendre que la politique politicienne de nos jours, ne correspondent plus aux aspirations des paysans, qui sont devenus par la force des événements, plus réalistes et fin analystes de la situation sociale du pays.

 

Un adage dit « Si l’on n’a pas les moyens de faire sa politique, on fait la politique de ces moyens ».

 

Ceci est vérifiable au niveau de la République Centrafricaine, puisque le Ministre de transport et de l’Aviation Civile, porte-parole du Gouvernement a dit « que le gouvernement Centrafricain est d’accord sur toute la ligne avec les positions et résolutions que prend la Minusca »

 

Comment en sera-t-il autrement ? Puisque l’état n’existe que de nom et ne dispose d’aucun moyen pour faire a ces charges régaliennes ?

 

La Minusca est là pour rester dix ans .Il faut être naïf pour penser le contraire .Tout leur programme est basé sur la longévité et non le court terme, et puisqu’ils ont la bénédiction du gouvernement et de la communauté internationale.

 

Dans quel pays indépendant  souverain du monde, il n’existe pas une armée, même pas un embryon ?

 

C’est un pays de tous les paradoxes comme le disait le défunt ZARAMABAUD.

 

Jeune Afrique avait bien prédit la RCA n’a que les dirigeants qu’elle mérite .Ce n’est pas pour rien que nous sommes classés dernier pays du monde.

 

Parlons de notre armée :

 

Si elle en déconfiture ,ce n’est pas qu’elle manque d’officiers et des hommes de rang valables ,mais ce que les recrutements ont été faussés a la base .C’est normale que le népotisme depuis 30 ans a miné complètement cette armée .Sur les dizaines de généraux que comptent cette armée ,deux ne peuvent pas partager le même point de vue .les divergences sont profondes du fait que leur ascension tous n’est pas synonyme de bravoures de compétences de discipline ,de patriotisme et d’esprit de sacrifice ,de courage d’abnégation ,et de civisme .Ils font tous une course effrénée a l’enrichissement illicite a la gabegie .Leurs comportement moins d’être dignes pour les subalternes entrainent irréversiblement les soldats dans l’indiscipline ,l’alcoolisme éhontée ,la corruption active ,et le désordre .

 

Le programme de formation au ralenti des FACA est un vœux cher du gouvernement et de la Minusca ,qui ont compris que le fait de réarmer les FACA est un danger pour la présidence ,puisque c’est une armée a coloration mono-ethnique qu’a laissé François BOZIZE , et que le fait de les mettre sur selle est synonyme de déstabilisation du régime .La Minusca profite de ces arguments pour s’éterniser en RCA, pays où coule le lait et le miel, comme aimait dire le défunt président Ange Felix PATASSE

 

On parle d’embargo mais c’est une honte pour nos soldats ,car si l’on se réfère aux événements ,48 heures avant le départ de BOZIZE en mars 2013 ,7000 kalachnikov ont été distribués a tous les militaires pour se défendre .Tous les militaires centrafricains disposent d’au moins deux armes a feu qu’ils détiennent jusqu'à ce jour .ce sont ces armes qui les servent a organiser le braquage ,et pour ceux qui sont mieux outillés de créer des milices .Certains ont vendus ces armes aux commerçants pour Est ce que l’on s’est posé la question ,Pourquoi notre armée se comporte t’elle comme une horde de bandits ?

 

La raison est simple .Dans l’armée ,la gendarmerie ,la police  ,le recrutement ne se fait pas sur des critères de compétence ,de vocation et d’aptitude ,mais plus tôt sur critère ethnique .Conséquence dans les régions comme la OUAKA ,le MBOMOU ,la BASSE KOTTO et la  HAUTE KOTTO ou les recrus ne sont pas nombreux ,la population est abandonnée a elle-même .Nous sommes convaincus que si le recrutement était fait sur base d’équilibre régional et démographique ,la OUAKA a l’heure actuelle ne serait pas otage du FRPC et surtout de l’UPC qui décime la population locale sur bénédiction de la MINUSCA qui observe les scènes d’incendie des villages a IPPY, AGOUDOUMANGA, NDJOBISSI ,NDASHIMA ,sans rien dire .Un militaire est avant tout un garant de paix et de sécurité  pour la population civile .L’arme n’est utilisé qu’en dernier recours .

 

L’exemple épatant est celui de la gendarmerie ou presque toutes les compagnies sont souvent décimés ( mort brutale et autre) ,pour cause de corruption ,racket et autres abus sur des commerçants ,transporteurs et civils .Ils prêtent serment pour servir la nation ,mais au passage ils ne pensent qu’a se servir en premier .

 

L’illustration est sans ambiguïté quand on remarque de BOALI a BOUAR et BERBERATI, MBAÏKI ,il n’existe pas  de groupes armés féroces qui écument ces régions .

 

Concernant Bambari et la OUAKA en général, le triste et amer constat est que cette région est d’abord abandonnée par ces enfants .La RCA a eu de tout an depuis l’indépendance, beaucoup de ressortissants de la OUAKA nommés a des postes de responsabilités et ministériels  .Qu’ont-ils investi dans la région ? Rien, si ce n’est le père ALIMA avec son hôtel et son dancing .Aucune infrastructure digne de ce nom n’a été réalisé par les natifs .Qui viendra investir dans la région si ce n’est les fils du pays ? Cette région ne manque pas de ressources ( minières ,élevage ,agricole ). Toutes ces filières sont abandonnées aux étrangers qui y trouvent une manne et cherchent par tous les moyens a s’accaparer des terres et des gisements .Regardons au Cameroun voisin ,tous les ministres investissent dans leur régions d’origine .En Centrafrique ,le rêve et l’ambition c’est de construire a Bangui .Il est évident qu’au bout d’un moment Bangui sera saturée .Cette vision obscure vient aussi de nos dirigeants que le pays se limite a Bangui. En lisant les journaux internationaux ,on comprend que l’administration ,les douanes ,les impôts se limitent a Bangui .L’arrière pays est abandonné aux groupes armés .Il faut être fou pour croire que les groupes armés accepterons le programme DDR . C’est une utopie .Le calcul est simple les groupes armés par la vente des bœufs ,gagnent deux milliards par mois . Le DDR ne leur donnera même pas la moitié .le Ministre des Affaires Etrangères du TCHAD l’a dit il ya deux mois ,que les rebelles ne comprennent que le langage de la force et de la barbarie ,a un moment le gouvernement ne peut faire autrement que de débouter ces forces néfastes.

 

Sur le plan sécuritaire :

 

Quand le Chef de l’Etat du haut de la tribune a l’hôtel de ville de Bambari déclare je cite « j’ai décidé de rétablir la sécurité a Bambari »,en a-t-il les moyens ou seulement la volonté ?

 

Il a la volonté de sa politique, mais pas les moyens .Les moyens c’est la Minusca qui les détient, et la volonté de la Minusca n’est pas la sienne. C’est celui qui paie qui commande .La politique de la Minusca que le gouvernement approuve est qu’entre le choléra et la peste, il faut choisir .Et la Minusca a choisi de défendre la peste qui est l’UPC contre le choléra le FPRC, mais les deux tuent néanmoins ,.

 

ALI  DARASS seul a été écarté de Bambari. Il compte 800 éléments qui ont gardé leur armes au quartier Bornou (quartier commerçant), et qui se promènent dans la ville habillés en civile .Ils sont prêts a reprendre les armes au cas ou le FPRC rentrent a Bambari pour combattre .Ce n’est pas le désarmement ou le Slogan « Bambari, ville sans armes . »

 

DARASS continue de contrôler la vente des bœufs a Bambari via ces colonels qui sont en nombre au quartier Bornou et l’élevage .Et comme a Bambari il ya dans ce quartier des centaines de millions qui circulent quotidiennement, il prélève toujours ces impôts. Pire il s’est mis a exécuter et voler le bétail de tous les commerçants Tchadiens exerçant a Bambari sous prétextes que ceux-ci sont les bras financiers du FPRC .1400 bœufs de ces commerçants d’origine tchadiennes ont été braqués par les éléments de DARASS qui les conduisent vers NZAKO et le grand Nord.

 

De mémoire ,il faut savoir que ALI DARASS était le lieutenant de BABA LADE ,lequel rebelle en 2011 a tué plusieurs personnes sous le régime de BOZIZE et qui a la fin était reçu en grande pompe par le Chef de l’Etat de l’époque et transféré sous escorte des Nations Unis au Tchad pour être élevé Ministre .C’est le même film qui se déroule sous nos yeux puisqu’à l’époque les dirigeants actuels ont scrupuleusement suivi toutes les épisodes de ce drame centrafricain a défaut d’y participer .Il faut savoir que BABA LADE commerçait le bétail avec l’ancien Ministre de la défense et que la famille de BABA LADE était rapatrié a Bangui a l’époque par le bus SONATU .

 

Repetita bis .ALI DARASS s’en ira comme son mentor .DARASS est à Bokolobo a 60 km de Bambari sur l’axe Bambari – Alindao, ou il contrôle la zone minière de Berengo

 

La question .Pourquoi la majeur partie des contingents  de la Minsuca sont-ils de pays islamiques a l’Est ?

 

De toutes les façons ce ne sont pas nos dirigeants qui décident, puisqu’ils sont des figurants.

 

Que DIEU bénisse la RCA et aie pitié de son peuple en errance sans repère.

 

Yambrendji  Anatole  depuis  Bambari

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Centrafrique-Presse.com
27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 22:26
La Centrafrique toujours enlisée dans la crise politique et l’insécurité

 

 

La Centrafrique toujours enlisée dans la crise politique et l’insécurité

 

http://sahel-intelligence.com  Frédéric Powelton 27 mars 2017

 

 

Les soldats onusiens présents sur le terrain en République Centrafricaine ont essuyé en fin de semaine dernière d’intenses tirs à l’arme lourde, un incident qui n’a pas fait de blessés dans les rangs des Casques bleus mais qui dénote le climat de grave tension persistant dans le pays.

 

Les casques bleus de la Mission Intégrée Multidimensionnelle de Stabilisation des Nations Unies en RCA (MINUSCA) ont essuyé des tirs provenant de groupes rebelles anti-Balakas. Ces nouvelles violences ont eu lieu dans la localité de Gobolo près de Bria.

 

Les violences sont monnaie courante en République centrafricaine, et plus particulièrement dans les régions isolées qui ne sont pas couvertes par les forces onusiennes. Malgré d’intenses médiations internationales pour venir à bout de la crise politico-militaire dans le pays, les mouvements rebelles continuent à se livrer à des violences intercommunautaires souvent meurtrières.

 

Figurant parmi les foyers de violence les plus importants d’Afrique, la RCA est plongée dans le chaos depuis 2013, date à laquelle les milices de la Seleka et les groupes rebelles Anti-Balakas ont versé dans des violences sanglantes.

 

Les milices de la Seleka, à majorité musulmane et fidèles au président Michel Djotodia, sont depuis quatre ans opposés à des groupes d’autodéfense chrétiens et animistes, les anti-Balakas. C’est derniers sont, de leur côté, restés fidèles à l’ancien président centrafricain Francois Bozizé.

 

Si pour l’heure aucune solution pacifique ne se profile pour résoudre cette crise politique et sécuritaire profonde, les observateurs ne perdent pas espoir qu’un jour la RCA retrouve l’apaisement et la paix. Ave l’aide de la communauté internationale, les parties au conflit pourront trouver une compromis pour cesser les violences comme cela a été possible au Mali ou encore en Côte d’Ivoire.

 

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 22:23
Une nouvelle attaque contre les casques bleus au centre est de la RCA
Une nouvelle attaque contre les casques bleus au centre est de la RCA

 

 

Une nouvelle attaque contre les casques bleus au centre est de la RCA

 

APA-Bangui(Centrafrique) mar 25, 2017 à 20:50 - Des casques bleus de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) ont essuyé des tirs des anti-balakas vendredi dans la localité de Gobolo, à Bria (préfecture de la Haute-Kotto, est de la RCA) alors qu’ils intervenaient pour protéger la population des violences perpétrées par ces éléments armés selon un communiqué de la mission onusienne en Centrafrique publié ce samedi.

 

La MINUSCA a immédiatement riposté à cette attaque dont le bilan est d’un mort, deux blessés et neuf détenus parmi les assaillants. Un civil a également été blessé, précise la MINUSCA.

 

La situation dans la localité reste calme malgré une certaine tension après ces confrontations au cours desquelles la MINUSCA a également récupéré des armes à feu. Les assaillants interpelés seront remis aux autorités judiciaires.

 

La MINUSCA dénonce également les violences récentes à Bakouma, dans la préfecture du Mbomou à l’est ainsi que dans les localités d’Agoudou-Manga, Yacine et Waza Waza, près de Bambari (préfecture de Ouaka) au centre, qui sont le résultat des affrontements entre le Mouvement pour l’Unité et la Paix en Centrafrique (UPC) et la coalition dirigée par le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) et dont font partie les anti-balakas.

 

Elle s’attèle à vérifier sur le terrain la réalité des violences et, à cet effet, elle mène des patrouilles dans la zone d’Agoudou Manga – Yacine de même qu’à Bakouma où elle a déployé des troupes.

 

La mission condamne fermement les violences de ces groupes armés et leur rappelle qu’ils porteront l’entière responsabilité de tous leurs actes.

 

 

Centrafrique : La ville de Bria au centre est paralysée suite au combat entre deux communautés

 

Par Bienvenue Marina Moulou-Gnatho le 25 mars 2017

 

BRIA, 25 Mars 2017(RJDH) — La ville de Bria située au centre du pays reste paralysée après le combat entre les autodéfenses et les peulhs. Des détonations ont été entendues après la découverte d’un corps sans vie d’un jeune sur axe Balinguéré. L’information confirmée au RJDH ce 25 mars par des sources militaires et indépendantes.

 

Le combat survenu hier entre les autodéfenses assimilés à la coalition FPRC-MPC et les peuhls considérés comme proches de l’UPC de Ali Daras dans la ville de Bria intervient quatre(4) mois après des violents combats opposants le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique(FPRC) et l’Unité pour la Paix en Centrafrique(UPC), occasionnant plusieurs morts et plus de 10.000 personnes déplacées dans la ville.

 

Ce combat s’explique par la découverte du corps inerte d’un habitant de Bria « le jeune revenait du champ lorsqu’il a été et agressé et tué par des hommes non identifiés. Son corps a été ramené à Bria pour être inhumé. C’est pendant les obsèques que les peuhls basés au quartier Gobolo ont ouvert le feu sur la communauté éprouvée qui était à la place mortuaire au environ de midi », a expliqué un habitant contacté par RJDH.

 

Difficile de faire le bilan de cet affrontement « les autodéfenses ont riposté et tiré, nous ne connaissons pas encore le nombre des blessés et des morts. Heureusement que le contingent Zambien de la Minusca ait intervenue pour séparer les deux camps » a précise un notable de la localité qui a déploré la réaction du contingent marocain de la Minusca « c’est vraiment regrettable, la réaction du contingent marocain, ils ont utilisé des armes lourdes c’est ce qui a paralysé beaucoup plus les activités dans la ville même jusqu’à ce matin », a-t-il regretté.

 

Dans un communiqué, la Minusca dit avoir « essuyé des tirs des anti-balakas vendredi dans la localité de Gobolo, à Bria (préfecture de la Haute-Kotto, est de la RCA) », alors les casques bleus intervenaient pour protéger la population des violences perpétrées par ces éléments armés. « La MINUSCA a immédiatement riposté à cette attaque dont le bilan est d’un mort, deux blessés et neuf détenus parmi les assaillants. Un civil a également été blessé », relève le communiqué.

 

Contacté par le RJDH, les combattants du FPRC présents dans la ville se réservent de tout commentaire sur cette affaire. Le quartier Gobolo où s’est produit l’incident, est éloigné de la ville de Bria fait partie des villes du pays où l’insécurité règne.

 

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