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16 mars 2022 3 16 /03 /mars /2022 19:04
Les réactions africaines à la guerre en Ukraine

 

Lu pour vous

 

https://lerubicon.org/ Par Sonia Le Gouriellec 15 mars 2022

Le 1er mars, l’Éthiopie commémorait la célèbre bataille d’Adwa (1896) dans laquelle les troupes de Ménélik II arrêtèrent l’envahisseur italien dans le nord du pays. Une photo (ci-dessous) attire l’attention : au milieu des drapeaux éthiopiens, un jeune homme agite un drapeau russe. Rien de réellement surprenant puisque lors de cette célèbre bataille la Russie apportait son soutien actif à la lutte anticoloniale de l’empire éthiopien. Néanmoins, on ne sait pas si la personne sur la photo rend hommage à ce rôle passé de la Russie ou souhaite marquer son soutien à la Russie dans le contexte actuel de guerre en Ukraine. Dans ce dernier cas, l’image semble anachronique et incohérente : célébrer la victoire de l’Éthiopie face à un envahisseur tout en apportant son soutien à un acteur qui se trouve dans le rôle de l’envahisseur aujourd’hui.

Ce type d’incohérence se multiplie sur les réseaux sociaux. De nombreux Africains d’habitude soucieux, à raison, de la souveraineté de leurs États, affichent un soutien surprenant à l’action de Vladimir Poutine. Comment comprendre ce positionnement ? Nous proposons ici d’analyser les réactions des gouvernements africains au conflit en Ukraine en les distinguant des réactions des sociétés civiles.

La prudence diplomatique des gouvernements africains

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les réactions des pays non européens sont analysées et le positionnement des pays africains fait l’objet de nombreux débats. Le 25 février, au Conseil de sécurité des Nations Unies, la Russie a bloqué par son veto un projet de résolution condamnant l’agression russe de l’Ukraine. Les trois représentants africains du Gabon, du Ghana et du Kenya avaient en revanche voté pour, et souligné l’importance du droit et des principes de la Charte des Nations Unies.

Quelques jours plus tard, le 2 mars, l’Assemblée générale de l’ONU (AGNU) a adopté  une résolution qui « exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine ». Lors de ce vote, approuvé par 141 pays sur les 193 membres que compte l’Organisation, seuls cinq pays ont voté contre dont l’État totalitaire d’Érythrée. De plus, 35 pays se sont abstenus dont 17 pays africains (dont le Congo-Brazzaville, Madagascar, le Mali, le Sénégal, le Soudan, l’Algérie et l’Afrique du Sud). 8 pays n’ont pas pris part au vote, car ils n’étaient pas dans la salle : le Burkina Faso, la Guinée, la Guinée-Bissau, Eswatini, l’Éthiopie, le Cameroun, le Maroc et le Togo. L’Algérie, l’Angola et l’Érythrée sont les seuls États africains à faire partie du « Groupe d’Amis de la Charte des Nations Unies », créé en 2021 avec la Chine et la Russie afin de promouvoir la diplomatie et le multilatéralisme contre les actions unilatérales. Tous les membres de ce groupe se sont abstenus, n’ont pas voté ou ont voté contre la résolution, à l’exception du Cambodge et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Quelles leçons tirer de ce vote ? Un ensemble de facteurs globaux et nationaux, sécuritaires, politiques, économiques et historiques explique le positionnement des États africains.

Quelques nuances tout d’abord : nombreux sont les États à s’être abstenus tout en rappelant dans des communiqués l’importance du droit international et du respect de l’intégrité territoriale (Madagascar et Afrique du Sud par exemple). De plus, tous ces États se sont alignés derrière les déclarations fortes de l’Union africaine et des Communautés économiques régionales qui condamnent la Russie. Le discours de Martin Kimani, ambassadeur du Kenya à l’ONU, en réaction à l’annonce de Vladimir Poutine de la reconnaissance des territoires séparatistes d’Ukraine, est particulièrement instructif : il condamne cet évènement en prenant exemple sur l’histoire de l’Afrique et en rappelant l’intangibilité des frontières issues de la colonisation qui s’imposa comme principe en 1963 dans la Charte de l’Organisation de l’unité africaine. Le Kenya au Conseil de sécurité des Nations Unies rappelle également à tous les principes fondateurs des Nations Unies.

Par ailleurs, des États comme l’Afrique du Sud ont marqué leur désaccord « par principe » quant à la teneur de la résolution et se sont abstenus bien que quelques jours auparavant l’Afrique du Sud appelait au retrait immédiat des troupes russes d’Ukraine, affirmant que le conflit devait être résolu de manière pacifique et que « le texte dans sa forme actuelle pourrait créer un fossé encore plus grand, au lieu de contribuer à une résolution du conflit ». Cette position fait débat au sein même du pays. Alors que le gouvernement évoque une position « par principe » (neutralité), les commentateurs y voient la marque d’un rapprochement entre les élites politiques et le régime russe. De même, l’Ouganda s’est abstenu pour « préserver [sa] neutralité », au moment où le pays vient de prendre la présidence du Mouvement des non-alignés (NAM), mais, dans le même temps, le fils du Président a fait entendre son soutien à Vladimir Poutine…. Notons que si les Africains n’ont pas voté d’une voix qui aurait pu représenter celle du panafricanisme, des divisions internes existent également au sein des 120 États membres du Mouvement des non-alignés… Le problème du non-alignement est qu’il peut signifier l’abstention dans les conflits et qu’il revient de fait à prendre le parti des agresseurs.

Pour mieux comprendre les votes des pays africains, il faut étudier les relations bilatérales de chaque État avec la Russie. Cette dernière renforce depuis plusieurs années ses relations avec un ensemble de pays du continent. En 2006, Vladimir Poutine a en effet effectué une visite modeste, mais très médiatisée, sur le continent (au Maroc et en Afrique du Sud), proclamant que la Russie « revenait » en Afrique.

Des enjeux politiques et économiques liés à ce rapprochement peuvent expliquer certaines abstentions lors du vote à l’AGNU. Le Burundi s’est abstenu, mais la Russie a été l’un des seuls États à soutenir les autorités du Bujumbura quand, en 2019, elles réprimaient l’opposition. Des enjeux économiques peuvent aussi interférer : des accords miniers (Angola) ou des importations de blé (Sénégal) ou militaire (Mali, RCA, Soudan avec un projet de base militaire). Le Professeur Erik Voeten a montré (graphique ci-dessous) qu’à 3 exceptions près (Rwanda, Nigéria et Égypte), les pays qui ont importé au moins 20 % de leurs armes de Russie au cours des 5 dernières années se sont rangés du côté de la Russie.

Si l’analyse des relations bilatérales est importante, il est hâtif de conclure que certains votes sont uniquement le fait d’une dépendance économique ou militaire avec la Russie. Ainsi, il est difficile d’avancer que le vote du Mali à l’AGNU serait uniquement lié à la situation instable qui prévaut dans le pays et à son récent rapprochement militaire avec la Russie. Sa politique étrangère repose traditionnellement sur une forme de neutralité et d’équidistance entre les puissances (sauf sur certaines problématiques comme la Palestine). De même, le Sénégal s’est abstenu. Certes, la Russie est un important fournisseur de blé et de carburant, mais le Président Macky Sall a également réaffirmé « l’adhésion du Sénégal aux principes du non-alignement et du règlement pacifique des différends » tout en rappelant son attachement au respect de l’indépendance et de la souveraineté des États… Ces positionnements peuvent paraître ambigus : invoquer le non-alignement ou la neutralité peut être interprété comme une neutralité de façade de régimes offrant de facto leur soutien à l’action russe. À l’inverse, certains invoquent le même principe tout en rappelant l’importance des règles du droit international bafouées par cette même Russie. Ainsi, dans le cas de l’Afrique du Sud, les commentateurs s’interrogent. Son abstention est-elle déterminée par un « engagement de principe en faveur du dialogue politique » ou une politique marquée par l’ingérence russe ?

Enfin, il nous semble essentiel de ne pas suranalyser ces absentions à l’AGNU et d’y voir la preuve d’une influence « croissante » de la Chine et de la Russie suite à un « recul » de l’Europe et des États-Unis. En effet, on constate que les votes africains sur la Crimée il y a 8 ans sont relativement proches comme nous le rappelle Julien Antouly avec ces cartes. En haut le vote des États lors de la condamnation de l’annexion de la Crimée en 2014 (A/RES/68/62) et, en bas, le vote de la condamnation de l’agression russe en 2022 (ES/11/1).

Pour comprendre ces tendances, il conviendrait donc d’étudier ces votes non pas de façon conjoncturelle, mais structurelle. Or, une foisonnante production scientifique sur les politiques de vote et le sens de l’abstention à l’AGNU s’attache à comprendre ces mécanismes depuis la guerre froide. L’une des divisions prédominantes de l’Assemblée générale est celle qui existe entre les nations riches et les nations pauvres. Il existe également une tendance des démocraties à soutenir, davantage que les non-démocraties, les positions américaines lors des votes importants à l’AGNU. Néanmoins, et contre intuitivement, David B. Carter et Randall W. Stone ont montré que les démocraties des pays en développement ont des électorats qui s’opposent plus aux positions américaines que les autocraties, et elles sont plus disposées que les autocraties à prendre des positions symboliques qui peuvent leur faire perdre des aides financières.

Les votes à l’AGNU doivent donc être étudiés sur une période longue et en privilégiant une approche comparatiste. Le seul vote du 2 mars ne permet pas de fournir des explications sur l’alignement des États africains sur la scène internationale. On ne peut que noter un vote avec une écrasante majorité d’une résolution qui « exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine » avec une prudence des diplomaties africaines. Les votes africains trouvent leur explication dans l’ensemble de ces facteurs. À l’exception de l’Érythrée, depuis longtemps en marge de la communauté internationale et elle-même engagée militairement sur le territoire de son voisin éthiopien, aucun pays africain ne s’est jusqu’à présent prononcé en faveur de l’intervention de la Russie, pas même le Mali et la République centrafricaine, où les forces russes aident les gouvernements à lutter contre les insurrections. Cette prudence diplomatique trouve certainement aussi ces racines dans des opinions publiques aux positions pro-Poutine affirmées.

Des opinions publiques plus divisées

Les opinions publiques africaines semblent manifester des positions pro-Poutine affirmées qui n’ont rien à voir avec un non-alignement ou une troisième voie. Les résultats d’une enquête menée par Afrobarometer ont montré que les perceptions populaires de la Russie et de la Chine ont positivement évolué au cours des 5 dernières années. La Russie est perçue positivement par 38 % des Africains des 18 pays étudiés. Cela reflète l’engagement politique, économique et sécuritaire croissant de la Russie avec l’Afrique, mais c’est aussi le rôle des médias russes dont le contenu numérique et la propagande s’infiltrent rapidement dans les espaces médiatiques francophones d’Afrique de l’Ouest.

Ces réactions relèvent parfois des incohérences : Vladimir Poutine devrait pouvoir décider à la place des Ukrainiens de leur positionnement et de leurs alliances, mais les mêmes populations estiment que leurs États doivent être libres de leurs choix et souverains. Or, dans son discours au Conseil de sécurité, l’ambassadeur kenyan l’a rappelé : ce sont les « petits États » qui devraient rappeler aux grandes puissances le danger de replonger dans un monde impérial. L’inquiétude pour eux est de voir des dirigeants qui redessinent les cartes par la force tout en s’efforçant de créer des États ethniquement homogènes. En effet, l’inviolabilité souveraine est une condition fondamentale de leur existence. Elle est le pilier d’un ordre mondial post-impérial qui doit persister pour que ces pays puissent survivre.

Les critiques portent également sur l’intervention en Libye en 2011 et invoquent un deux poids deux mesures dans les dénonciations, trouvant ainsi des excuses à l’invasion de l’Ukraine. La figure de l’homme fort est aussi invoquée : les commentateurs estiment que l’ambition de ressusciter un empire peut être soluble dans la demande que Poutine soit traité avec déférence.

De quoi ces incohérences sont-elles le symptôme ? Nous proposons ici une hypothèse : un ensemble de mythes politiques développés en Russie converge sur le continent africain et est partagé par une partie des opinions publiques.

Le premier mythe partagé est le « campisme ». Cette idée, issue de la Guerre froide, souligne que chaque État doit choisir un camp. Un choix binaire – qu’on retrouve dans de nombreuses analyses même en Europe – entre le camp occidental, libéral et capitaliste et, de l’autre, le camp de ceux opposés à l’impérialisme occidental. Dans ce dernier camp, on peut retrouver (quand bien même ces régimes soient autoritaires, favorables au capitalisme et… impérialistes) : la République islamique d’Iran (qui s’oppose à l’alliance américano-saoudo-israélienne), la Corée du Nord, la République populaire de Chine, l’Inde national-hindouiste de Modi, le Venezuela de Maduro, la Syrie d’Assad, la Biélorussie de Loukachenko et … la Russie de Vladimir Poutine. Une grande partie des États membres du « Groupe d’Amis de la Charte des Nations Unies »… Malgré ces incohérences, toute compréhension du réel passe par cette grille de lecture, et tous les conflits sont lus selon cette nouvelle polarisation issue de la Guerre froide. L’anti-impérialisme et l’anti-américanisme sont centraux, les États-Unis sont considérés comme les responsables de la guerre en Ukraine du fait d’une extension de l’OTAN en Europe de l’Est.

Le deuxième mythe est le « néosouverainisme » qui se traduit par une hostilité contre les interventions internationales perçues comme décidées par les Occidentaux et jugées illégitimes. En effet, le poids des pays occidentaux dans les institutions internationales et la composition du Conseil de sécurité des Nations Unies – où aucun pays du continent africain ne dispose d’un siège de membre permanent – expliquerait la légalité de ces opérations, mais pas leur légitimité. Une forme d’hypocrisie occidentale est ici dénoncée. Le néosouverainisme invoque le principe d’équivalence morale : pourquoi condamner l’invasion russe alors que les Occidentaux ou l’OTAN (mentionnés comme des synonymes) auraient fait la même chose au Kosovo, en Libye, en Irak et en Afghanistan ? C’est ici le principe même de l’interventionnisme, perçu comme une ingérence, qui est contesté et vécu comme une manifestation de l’impérialisme occidental sur les questions internationales. Or, l’OTAN est intervenue au Kosovo et en Libye alors que des massacres de masse étaient en cours, et ce sans opposition de la Russie dans le cas de la Libye. De même, la guerre en Irak a profondément divisé le « camp occidental ». De ce mythe découle un autre : une forme de complot occidental visant à étendre l’OTAN. C’est l’argument principal utilisé pour justifier l’agression en Ukraine, comme si l’alliance défensive que représente l’OTAN n’avait jamais cessé de vouloir provoquer la Russie.

Le troisième mythe est un sentiment d’humiliation dont aurait souffert la Russie dans les années 1990. Les Occidentaux sont ainsi accusés d’avoir précipité l’effondrement de l’Union soviétique. Le même type de sentiment se retrouve dans de nombreux pays d’Afrique qui estiment perdre une partie de leur souveraineté en se soumettant aux politiques des institutions financières internationales ou en répondant aux conditionnalités politiques imposées par les Occidentaux dans l’attribution de leur soutien. De plus, le discours irrédentiste de Vladimir Poutine fait vibrer la corde sensible d’un continent où certains considèrent encore les frontières coloniales comme illégitimes. Martin Kamani, l’ambassadeur du Kenya aux Nations Unies, l’a rappelé lorsqu’il a fait référence dans son discours aux « frontières dont nous avons hérité » et qui « n’ont pas été tracées par nous-mêmes », mais « tracées dans les lointaines métropoles coloniales de Londres, Paris et Lisbonne, sans aucun égard pour les anciennes nations qu’elles ont séparées ». Il a rappelé que, malgré tout, la paix a été choisie à la guerre : « nous voulions quelque chose de plus grand, forgé dans la paix ».

Une nouvelle fois apparaît une lecture binaire des relations internationales avec d’un côté les agressés/dominés et de l’autre les agresseurs/impérialistes. Les dirigeants politiques mettent cyniquement en récit cette opposition de valeurs.

Ces manifestations pro-Poutine au sein de certaines opinions publiques (en Afrique, mais aussi en France) sont l’expression d’une remise en question d’un ordre international perçu comme dominé par l’Occident. Depuis plusieurs années, on voit émerger dans les discours une volonté de grandeur, la nostalgie d’un passé révolu parfois au risque de la réécriture de l’histoire. Ces nostalgies amères et revanchardes d’empires disparus se traduisent par des politiques étrangères nationalistes. Certes on pense à la Russie, l’Inde, la Chine ou la Turquie, mais on le voit également en Afrique, en Éthiopie par exemple, en quête d’une « Grande Éthiopie » historique l’ayant mené à une guerre civile tragique. On observe donc une certaine empathie pour ce « désir d’empire » chez de nombreuses populations.

Les Russes, comme les Chinois avant eux, insistent sur l’importance de la souveraineté contrairement à un Occident qui tenterait d’imposer ses valeurs (transparence, bonne gouvernance, législation anti-corruption, etc.). Un article de propagande, effacé depuis, résume bien l’idée que se font les dirigeants russes des rapports de force internationaux.

Depuis 1991, aucun président ukrainien ne s’est rendu en Afrique subsaharienne, et un seul président d’un pays africain s’est rendu en Ukraine. En comparaison, la Russie a mis en scène son retour sur le continent africain, notamment lors du Sommet Russie-Afrique à Sotchi, en octobre 2019. Déjà, la Russie de Vladimir Poutine y développait un discours au cœur des débats ces derniers jours sur le positionnement des diplomaties et opinions publiques africaines à l’égard de l’invasion de l’Ukraine : Poutine défenseur des souverainetés face au néocolonialisme et défenseur des régimes face aux contestations venant des rues. Un discours en forme de pied de nez aux Occidentaux qui semble avoir trouvé des échos favorables malgré des contradictions inquiétantes. Depuis plusieurs années, les Africains ont le choix de leurs partenaires et ont su diversifier ces partenariats. Néanmoins, sans un agenda propre, ils deviennent l’objet des agendas des autres.

Sonia Le Gouriellec

 

Sonia Le Gouriellec (@MorningAfrika) est maîtresse de conférences en science politique à l’Université catholique de Lille (Faculté de Droit /C3RD) et chercheure associée à la Fondation pour la Recherche Stratégique. Elle est l’autrice de Djibouti : la diplomatie de géant d’un petit État (Presses Universitaires du Septentrion, 2020) et Géopolitique de l’Afrique (Que sais-je?, P.UF., 2021).

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16 mars 2022 3 16 /03 /mars /2022 19:03
Ukraine: Joe Biden veut garder l’Afrique dans l'«axe du bien»

 

Lu pour vous

 

 https://www.lopinion.fr/ Par Pascal Airault 15 mars 2022 à 17h45

Les Etats-Unis ont reçu en fin de semaine le président de la Commission de l’Union africaine pour un dialogue stratégique à haut niveau

Les faits - En déplacement à Washington jusqu’au 12 mars, Moussa Faki Mahamat, le président tchadien de la Commission de l’Union africaine, a rencontré plusieurs officiels américains comme Antony Blinken, le secrétaire d’Etat, Jake Sullivan, le conseiller national à la Sécurité, et Samantha Power, l’administratrice de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international. Washington incite les pays africains à renforcer leur ancrage démocratique à l’heure de la guerre en Ukraine.

Les Occidentaux veulent conserver l’Afrique dans l'« axe du bien » en plein conflit ukrainien. Le secrétaire d’Etat Antony Blinken a rencontré le 11 mars, à Washington, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat. « Nous avons déjà parlé d'événements mondiaux, y compris la guerre non provoquée et injustifiée de la Russie contre l’Ukraine, que les institutions africaines et certains pays africains ont condamnée », a expliqué le patron de la diplomatie américaine.

Officiellement, l’Union africaine est du côté des Occidentaux. Macky Sall, le président en exercice de l’UA, et le président de la Commission ont appelé, dans un communiqué conjoint, la Russie à respecter impérativement le droit international, l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale de l’Ukraine. Le communiqué exhorte sans réserve les deux parties à établir un cessez-le-feu immédiat et à ouvrir sans délai des négociations politiques, sous l’auspice des Nations unies.

Mais les Etats membres de l’UA ont des positions beaucoup plus divergentes à titre individuel. Vingt-huit sur 55 ont voté la résolution condamnant l’intervention russe en Ukraine. Mais seize se sont abstenus dont des poids lourds comme l’Algérie, l’Angola, l’Afrique du Sud. D’autres, comme le Maroc ou le Burkina Faso, n’ont pas pris part au vote. Certains pays ont même un double positionnement.

« Financements ». Ainsi, Macky Sall s’est aussi abstenu lors du vote de la résolution de l’Onu pour ne pas affecter sa relation bilatérale avec Moscou. Il a aussi condamné avec fermeté un appel de Kiev, publié sur la page Facebook de l’ambassade d’Ukraine au Sénégal, à l’enrôlement des ressortissants sénégalais.

« Les Etats-Unis, comme le reste des Occidentaux, essayent d’avoir le plus d’alliés possibles dans leur bras de fer avec la Russie, explique Christopher Fomunyoh, directeur régional pour l’Afrique au National Democratic Institute for International Affairs, un think tank démocrate. Ils n’ont pas envie d’une réinstallation de la Guerre froide sur le continent africain et observent déjà que de nouveaux conflits entre Russes et Occidentaux se font ressentir dans des pays comme le Soudan, le Mali et la Centrafrique. »

En décembre dernier, Joe Biden a convié 18 pays d’Afrique lors du sommet sur la démocratie. La Maison Blanche organisera d’ici à la fin de l’année un sommet Etats-Unis-Afrique auquel davantage de dirigeants du continent devraient être conviés. « La politique africaine de Joe Biden est bien plus ambitieuse que celle Donald Trump comme il l’a déclaré à plusieurs reprises, poursuit Christopher Fomunyoh. Nos partenaires africains attendent maintenant du concret en matière de programmes et de financements. » Les priorités américaines sont la paix, la sécurité, l'économie inclusive, le climat, la santé et la démocratie, critère retenu pour l’attribution des aides.

Antony Blinken s’est félicité des efforts de plusieurs pays du continent, citant la Zambie qui s’est engagée à améliorer l’indépendance et la transparence de sa commission électorale. Ou encore Maurice qui s’apprête à introduire un code de conduite pour les parlementaires. Il a aussi loué les efforts de l’UA pour restaurer la démocratie au Mali, au Burkina Faso ou en Guinée

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16 mars 2022 3 16 /03 /mars /2022 18:59
La Russafrique : combien de votes ? par Thierry Vircoulon
La Russafrique : combien de votes ? par Thierry Vircoulon

 

Lu pour vous

 

https://theconversation.com/ Published: March 13, 2022 7.39pm SAST Author Thierry Vircoulon

Le 2 mars, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution déplorant l’agression commise par la Russie contre l’Ukraine et exigeant que Moscou retire immédiatement ses troupes du territoire ukrainien.

Cette résolution a été adoptée à une très large majorité : 141 pays ont voté en sa faveur et seulement 5 pays contre – la Corée du Nord, la Syrie, l’Érythrée, la Biélorussie et bien évidemment la Russie. Mais plus que les « pour » et les « contre », ce sont les abstentions qui retiennent l’attention. 34 pays se sont abstenus, dont 16 pays africains.

Pour être complet, ce décompte doit aussi inclure les pays qui ont opté pour la stratégie de la chaise vide en ne participant pas au vote, ce qui constitue une abstention cachée. Ces derniers sont au nombre de 13 ; parmi eux, 8 pays africains. En additionnant l’abstention assumée et l’abstention cachée, 24 pays africains sur 54 ont préféré ne pas condamner la Russie, soit près de la moitié du continent.

Face à ce conflit inédit qui menace la paix mondiale, la moitié de l’Afrique diplomatique est abstentionniste. Comment interpréter ce choix ?

Anciens et nouveaux leviers d’influence

Une première lecture attribue cette attitude à la forte influence que la Russie exerce aujourd’hui en Afrique, même si l’Union européenne demeure le premier bailleur et le premier partenaire commercial du continent. Cette influence est le résultat cumulé de l’héritage de l’histoire et de la nouvelle politique africaine de Moscou.

Le vote de certains pays africains est une réminiscence des vieilles loyautés de l’époque de la guerre froide et de la décolonisation. Le souvenir du soutien soviétique à la décolonisation, l’alignement pro-soviétique de certains pays africains (Angola, Algérie, Éthiopie, etc.) et l’avènement au pouvoir d’anciens mouvements de libération soutenus par l’URSS (Mozambique, Namibie, Afrique du Sud, Zimbabwe) font partie de l’héritage historique des relations russo-africaines.

Cependant, cet héritage historique compte sans doute moins que la réactivation récente de la politique africaine de la Russie. Alors que la diplomatie russe avait oublié l’Afrique depuis la fin de l’URSS, la crise ukrainienne de 2014 et les premières sanctions occidentales lui ont fait retrouver la mémoire. À partir de ce moment charnière, les autorités russes ont mené une stratégie de réimplantation agressive grâce à leurs deux principaux atouts : les ventes d’armes et la fourniture de prestations de sécurité.

En effet, les échanges économiques de l’Afrique avec la Russie sont limités (environ 20 milliards de dollars en 2019) par rapport aux autres puissances (Chine : 210 milliards ; Europe : 225 milliards). Cependant, ils sont concentrés sur quelques secteurs stratégiques : l’alimentation, les ressources naturelles et les armes.

Premier exportateur mondial, la Russie a mené une diplomatie du blé, notamment en direction des pays d’Afrique du Nord, très dépendants au niveau alimentaire. L’Égypte achète les trois quarts de ses importations à la Russie et, en froid avec Paris, Alger s’est tourné vers le blé russe. Ses autres clients sont principalement le Nigeria, la Tanzanie, le Kenya, l’Afrique du Sud et le Soudan, dont l’un des dirigeants était à Moscou pour finaliser une livraison de blé au moment de l’invasion de l’Ukraine.

Les grandes sociétés publiques russes du secteur extractif (Rosneft, Lukoil, Alrosa, Rusal, Gazprom, Nordgold, etc.) ont investi en Afrique mais elles ne sont ni dominantes ni irremplaçables.

En revanche, la Russie est un acteur important du marché africain de la sécurité. De 2016 à 2020, elle a fourni 30 % des armes acquises par les pays d’Afrique subsaharienne ; depuis 2017, elle a signé des accords de coopération militaire avec 20 pays d’Afrique subsaharienne, contre seulement sept de 2010 à 2017 ; et elle a peut-être trouvé avec le Soudan un pays hôte pour une base militaire au bord de la mer Rouge.

Cet activisme sécuritaire est encore renforcé par sa diplomatie du mercenariat incarnée par le désormais célèbre groupe Wagner présent en Libye, au Soudan, au Mozambique, en Centrafrique et au Mali.

La présence de Wagner permet à Moscou d’élargir à moindre coût son espace stratégique. Le groupe fournit aux pouvoirs africains affaiblis un package « mercenaires/propagande numérique » et démarche tous azimuts sur le continent. Son patron Evgueni Prigogine a, par exemple, personnellement courtisé les putschistes burkinabé en saluant leur coup d’État en janvier et en le comparant à une décolonisation.

Cette forte présence dans la sécurité d’État garantit au Kremlin un accès privilégié aux cercles du pouvoir, voire lui permet de les vassaliser quand ils sont très faibles comme en Centrafrique.

Affinités politiques

La forte abstention africaine reflète aussi le vent d’autoritarisme qui souffle en Afrique depuis dix ans. Après la décennie de la démocratisation (1990-2000), le continent subit un reflux autoritaire, avec comme conséquence l’éloignement des puissances démocratiques et le rapprochement des puissances autoritaires.

Silencieuse à ses débuts, cette mécanique géopolitique s’est accentuée au fur et à mesure des troisièmes mandats truqués, des nouvelles guerres civiles et des putschs. Ces dérives autoritaires ont généralement été accompagnées par des condamnations diplomatiques occidentales, voire des sanctions critiquées pour leur sélectivité. Ainsi, au début de cette année, les États-Unis ont sanctionné les gouvernements de l’Éthiopie (pour violations des droits de l’homme), du Mali et de la Guinée (pour leurs coups de force militaires) en les excluant de l’accord commercial African Growth and Opportunity Act (AGOA), mais ils restent accommodants avec le régime militaire égyptien.

Ces dernières années, plusieurs bras de fer diplomatiques ont opposé l’Union européenne à des régimes autoritaires africains (Burundi, Madagascar, Zimbabwe, Tanzanie, Bénin, Centrafrique, etc.). De manière révélatrice, la pire dictature du continent africain (l’Érythrée) a voté contre la résolution dénonçant l’agression russe et les récents régimes putschistes condamnés par les Occidentaux (Mali, Guinée, Burkina Faso) ont tous opté pour l’abstention assumée ou cachée.

Au XXI siècle, le regain d’autoritarisme en Afrique joue en faveur du club autocratique dont les présidents russe et chinois se disputent discrètement la présidence. Le jeu des affinités de régimes n’est toutefois pas systématique : des dictatures comme le Tchad et le Rwanda ont voté pour la résolution tandis que les deux pays africains où la démocratie semble la mieux enracinée (le Sénégal et l’Afrique du Sud) se sont abstenus.

Retour simultané de la géopolitique bipolaire et du non-alignement

La préférence de l’Afrique pour l’abstention est aussi le fait de sa multi-dépendance dans une géopolitique de nouveau bipolaire. Dans un contexte international de multipolarité dérégulée, la politique de diversification des partenariats menée par de nombreux pays en développement semblait être une stratégie gagnante.

Elle était censée leur permettre de maximiser les opportunités de coopération sur le marché international de l’aide et de regagner des marges de manœuvre politiques en faisant jouer la concurrence entre leurs partenaires. En effet, alors qu’elle est essentiellement perçue sous l’angle économique, la diversification des partenariats est aussi éminemment sécuritaire et politique. En témoigne la multiplication des présences militaires étrangères et des sommets où un pays invite tout le continent africain.

Ainsi la politique étrangère de certains pays africains est devenue un jeu d’équilibre complexe. La République démocratique du Congo d’Étienne Tshisekedi est politiquement très proche des États-Unis mais dépend économiquement surtout de la Chine. L’Égypte du maréchal al-Sissi a des partenariats sécuritaires étroits avec des pays occidentaux mais achète des armes et du blé russes et compte sur Rosatom pour construire sa première centrale nucléaire.

Le passage rapide de la multipolarité dérégulée à la repolarisation du monde en deux camps expose désormais les tenants de la diversification des partenariats à des pressions multiples et contradictoires qui peuvent les acculer à des choix délicats. Dans certains pays particulièrement fragiles, la survie du régime dépend de ses alliances extérieures.

Pour échapper à ce dilemme stratégique, le non-alignement inventé en 1955 fait son retour en 2021 comme une option prudente et rassurante. Le Mouvement des Non-Alignés né de la conférence de Bandung en 1955 réunissait les États qui ne voulaient s’affilier ni au bloc de l’Est ni au bloc de l’Ouest. Il existe toujours (sa dernière réunion a eu lieu en Serbie en 2021) et les États africains constituent toujours la majorité de ses membres.

Le non-alignement, dont l’abstention au vote de l’Assemblée générale de l’ONU est l’expression, évite de prendre parti dans ce conflit entre grandes puissances et permet de naviguer dans les eaux tumultueuses de la nouvelle guerre froide. L’avenir dira si cette stratégie diplomatique permettra de ne pas trop déplaire ou de déplaire à tout le monde, notamment si le conflit s’embrase.

Dans un contexte international ultra-polarisé, le vote de la résolution contre l’invasion de l’Ukraine a été perçu comme un instantané des nouveaux rapports de force diplomatiques. Cependant, si le parti des abstentionnistes compte tant de membres en Afrique, il ne faut pas seulement y voir l’influence de Moscou et la baisse de popularité des Européens et des Américains mais aussi et surtout un réflexe de prudence et de sauvegarde de la part d’une Afrique multi-dépendante qui sait que « quand les éléphants se battent, ce sont les fourmis qui meurent ».

 

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16 mars 2022 3 16 /03 /mars /2022 18:58
Détourné de son usage, le Tramadol fait des ravages en Afrique

Lu pour vous

 

Rédigé le 09/03/2022  Allo docteurs

Des dizaines de millions de personnes consomment abusivement du Tramadol. Détourné de son usage, cet anti-douleur peut entraîner de graves problèmes de santé.

Au Gabon, on l'appelle "Kobolo". Au Cameroun, il porte le nom de "Tramol". En Guinée, les cafés proposent d'en mettre dans votre tasse. Apprécié du Maroc au Cameroun, de l'Egypte au Ghana, du Sénégal à la Guinée, du Mali au Congo-Brazzaville, du Niger à la Côte d'ivoire, le Tramadol fait planer le continentDes millions de personnes consomment ce dérivé de l'opium en détournant son usage

Un médicament à risque

Le Tramadol est un analgésique de la famille des opiacés utilisé dans le traitement de la douleur. Le médicament est prescrit sur ordonnance. En cas d'utilisation prolongée à doses élevées, il peut entraîner une dépendance à la fois physique et psychologique. 

Selon certains témoignages, l'anti-douleur permet de surmonter la fatigue, de combattre la dépression ou encore d'améliorer les rapports sexuels. Mais les médecins rappellent surtout les dangers du Tramadol en cas de surdosage. Troubles de la personnalité, hallucinations, désillusions, crises d’épilepsie...  la liste est longue.

La cocaïne du pauvre

Très prisé par les jeunes, le Tramadol est souvent consommé avec d’autres substances comme la caféine, la théine ou l’alcool. Seulement voilà, "l’association opioïdes + alcool + sédatifs accroît les risques de dépression respiratoire et de décès, et on la retrouve souvent dans les overdoses ayant une issue fatale", rappelle l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Selon l'OMS, les opioïdes consommés à haute dose peuvent "provoquer une dépression respiratoire, voire la mort". Autre fait inquiétant, les comprimés de cet anti-douleur se revendent parfois dans la rue exposant les consommateurs au commerce de faux médicaments, responsable de plus de 100 000 décès par an sur le continent

Plus accessible, moins cher que l'héroïne, le Tramadol peut être à l'origine d'une crise sanitaire sans précédent sur le continent. Pour l'éviter, les autorités sanitaires de chaque pays doivent mener des campagnes de sensibilisation auprès des jeunes et favoriser la coopération entre les différents pays qui souffrent de ce fléau. Il s'agit là d'une question de santé publique.

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15 mars 2022 2 15 /03 /mars /2022 16:37
RCA : 19 ans après le coup d’Etat du 15 mars 2003, toujours pas de justice pour les victimes

 

Centrafrique : 19 ans après le coup d’Etat du 15 mars 2003, toujours pas de justice pour les victimes

https://www.radiondekeluka.org/ mardi 15 mars 2022 14:55

Le 15 mars 2003, l’ancien chef d’Etat-major de l’armée nationale François Bozizé renversa le pouvoir d’Ange Félix Patassé. Dix-neuf (19) ans jour pour jour, Bangui se souvient encore de ses morts. Les victimes, elles, continuent de réclamer justice. Toutefois, les conflits armés ne cessent de faire de nouvelles victimes.

Le 15 mars 2003 vers 15 heures, Bangui est attaquée. L’armée nationale fragilisée et même divisée, mais soutenue par les milices Banyamulenges de Jean Pierre Bemba, n’a pas pu résister aux assauts des rebelles de François Bozizé, composés à majorité de mercenaires tchadiens de l’ethnie Zaghawa. Le régime d’Ange Félix Patassé s’écroule ce jour alors que l’homme revenait d’un sommet régional à Niamey.

Des scènes de pillages, de vengeance à travers des enlèvements, des tortures et exécutions sommaires s’en sont suivies. Des enfants exécutés en présence de leurs parents, des parents abattus laissant des orphelins, des violences sexuelles ont aussi caractérisé ce coup d’Etat.

Des victimes dans l’attente de justice

19 ans passés, les victimes réclament encore et toujours justice. Aucune audience, aucune action judiciaire n’est intentée en leur faveur. Cependant, leur nombre ne cesse d’augmenter avec les conflits armés ayant provoqué le coup d’Etat du 24 mars 2013 de Michel Djotodia et récemment, le putsch manqué du 13 janvier 2021 de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), revendiqué par François Bozizé.

Or, la communauté internationale à travers la Minusca, l’ambassade des Etats-Unis et l’Union Européenne ont soutenu la mise en place de la Cour pénale spéciale, tribunal hybride, chargée de juger les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis sur le territoire national depuis 2003. Voilà quatre ans déjà, cette cour n’a jugé aucun présumé criminel.

Par ailleurs, quatre (4) présumés chefs de guerre sont en détention à la Cour pénale internationale. Ces derniers sont accusés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine, mais des crimes inscrits seulement dans la période de 2013 à 2014.

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15 mars 2022 2 15 /03 /mars /2022 15:58
Arrivée annoncée des camions citernes pour ravitailler Bangui face à la pénurie d’essence

 

Centrafrique: Le Ministre de l’Hydraulique annonce l’arrivée des camions citernes pour ravitailler Bangui qui fait face à la pénurie d’essence

 Judicael Yongo  mars 15, 2022 2:18

BANGUI, le 14 Mars 2022(RJDH)— Dans quelques jours, Bangui la capitale sera desservie en matière d’hydrocarbure. Selon Arthur Bertrand Piri, Ministre de l’Énergie et du développement de l’hydraulique, «  des camions citernes sont arrivés à Bangui « . Il l’a dit lors d’une rencontre avec les opérateurs des stations services notamment Tradex, SOCAPS et Total-Service ce lundi 14 mars 2022 à Bangui.

L’objectif de cette rencontre avec les responsables des services de stations est de trouver une réponse à la crise d’essence que connait depuis quelques jours la capitale.

Au cours de la rencontre, le membre du gouvernement a rassuré la population centrafricaine que la situation est sous contrôle depuis le déclenchement de la crise dans la capitale,

 "les marketeurs qui ont passé des commandes pour les autres produits sont obligés de transformer leurs commandes en produits Super. C’est le produit qui cause problème malgré cela, on a une autonomie pouvant atteindre fin mars. Mais la situation est maitrisée. Je peux vous rassurer que quelques camions sont déjà au niveau Bossembele et qui rentreront sur Bangui cet après-midi; d’autres qui sont au niveau de Gara-Boulaï, probablement à Bangui demain » a rassuré Arthur Bertrand Piri.

Les Marketeurs indiquent lors de la rencontre avec le Ministre, qu’il n y a pas de pénurie de produits dans la capitale, Florian MBANGUE DG de Tradex,  "il n’y a pas de crise d’hydrocarbure ou pénurie réelle, vous savez tous que la RCA est un pays fermé et généralement on fait venir le carburant du Congo(RDC) de juin à décembre. C’est juste que le stock est descendu à un niveau bas qu’on essaye de gérer; le gros problème est que les gens consomment d’une manière désordonnée surtout ceux qui achètent dans des bidons. »

C’est depuis le 07 mars 2022 que Bangui la capitale connait cette crise. Dans les stations service, à première vue, l’on constate des saturations et des longues files d’attente, ce qui pousse certains conducteurs à augmenter les prix de transports dans la capitale.

Annela Niamolo.

 

 

Centrafrique : le pays fait face depuis quelques jours à une pénurie de carburant qui impacte sur le quotidien de la population

 Judicael Yongo  mars 15, 2022 1:53

BANGUI, le 14 Mars 2022(RJDH)—Depuis quelques jours, la capitale centrafricaine connait une difficulté réelle d’approvisionnement en matière d’hydrocarbure. Le problème s’est accentué ce weekend et cela a occasionné une hausse des prix sur le transport. Cette situation, d’après certains usagers, a créé des saturations dans les stations de service de la place. Un constat fait par le RJDH qui a sillonné les différentes stations de Bangui, Bimbo et Begoua ce lundi 14 Mars 2022.

Dans presque tous les services de station (Tradex, Total service et Green-Oil), le constat est similaire. Plusieurs véhicules, motos et les bidons se positionnent les uns après les autres pour pouvoir être servis dans des bousculades. Du coup, cette situation crée une spéculation, comme l’expliquent certaines personnes interrogées sur les lieux qui vont même jusqu’à évoquer, une augmentation des prix par les revendeurs.

Eric, conducteur d’un véhicule qui est venu s’approvisionner, se plaint par rapport à la manière dont les agents distribuent le carburant,

« c’est depuis le matin que j’ai commencé à parcourir les stations, je n’ai pas eu d’essence. Je suis arrivé au niveau du 4e arrondissement, certaines personnes ne veulent pas patienter, elles sont obligées de négocier. Je déteste cette pratique », constate-t-il.

Cette pénurie a joué énormément sur l’économie de Touangaye Fréderic, un des revendeurs interrogé à la station Total de 4ème arrondissement de Bangui, « ce problème a aussi impacté sur nos activités commerciales. Auparavant, j’achète le bidon de 20 litres à 17.300 francs CFA pour revendre à 20 000frs. Aujourd’hui, le bidon de 20 litres est à 18 500 frs pour revendre toujours à 20 000frs. Du coup je perd un peu en soudoyant les pompistes », explique-t-il.

Kevin, conducteur des motos taxis, souligne que la rareté du carburant est à l’ origine de l’augmentation des courses ces derniers jours, « ce problème de pénurie d’essence a aussi impacté sur nos activités de moto taxi. On perd beaucoup de temps à chercher du carburant, donc, on n’est obligé d’augmenter aussi le prix de transport à nos clients », justifie ce dernier.

Le Directeur de Cabinet du ministère de l’Hydraulique Alain fidèle Kologogbadou affirme qu’il n’y a pas de pénurie dans le pays,

« En réalité nous ne sommes pas en pénurie de carburant. Nous disposons des produits en quantité suffisante, du gasoil en quantité suffisante dans les stocks qui peuvent nous amenée jusqu’à la saison pluvieuse avant d’aller à la campagne fluviale ».

Cette crise arrive chaque année pendant les mois de mars, avril en République Centrafricaine en raison de l’isolement du pays pour faire face à cette situation.


Dorcas Kouagnon

Arrivée annoncée des camions citernes pour ravitailler Bangui face à la pénurie d’essence
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15 mars 2022 2 15 /03 /mars /2022 15:50
RCA : La Banque Mondiale annonce un financement pour augmenter à 50% l’accès à l’électricité d’ici 2030

 

Centrafrique: La Banque Mondiale annonce un financement pour augmenter à 50% l’accès à l’électricité d’ici 2030

 Judicael Yongo  mars 15, 2022 2:05

BANGUI, le 14 Mars 2022(RJDH)–Des projets financés par la Banque Mondiale sont en cours d’exécution pour l’augmentation des capacités de l’énergie centrafricaine. Cette projection a été faite par le Représentant résident de la Banque Mondiale en Centrafrique Han Fraeters lors d’un café de presse organisé le 11 Mars 2022 a Bangui. L’objectif de la Banque mondiale est d’atteindre un taux de 50% à l’horizon 2030.

La Banque Mondiale confirme que « des financements sont déjà disponibles pour la réalisation de certains projets afin d’augmenter le taux de l’électricité. » annonce le Représentant résident de la Banque mondiale au cours d’un café de presse tenu à Bangui le 11 mars dernier« .

« Avec ce financement, le pays pourra passer de 8 et 15% à 50% d’ici 2030. Ce qui permettrait à la RCA d’alimenter les grandes institutions du pays et aussi de faciliter l’accès de la population à l’électricité », précise Han Fraeters.
Depuis plus de 2 ans le Gouvernement a sollicité la Banque Mondiale d’appuyer ce secteur. Ce soutien s’inscrit dans le cadre de la vision 2030, dont les objectifs sont fixés dans le pilier du Plan National de Relèvement et de la Consolidation de la Paix et Centrafrique(RCPCA).

La mise en œuvre du projet présente des grands défis, rappelle la Banque mondiale,

« la Centrafrique est le pays au monde à faible taux d’électricité. La Banque Mondiale fera le nécessaire dans 18 mois pour répondre au problème d’électricité. Un projet d’électrification rurale est en cours d’exécution dans le reste du pays avec les champs solaires de Bangui, on peut servir les autres villes du pays et aussi des solutions solaires pour les bâtiments publics, les écoles et les hôpitaux. Aussi, nous allons aider le gouvernement à discuter avec d’autres investisseurs privés pour mettre plus de champs solaires », ajoute-t-il.

Ce projet appuyé par la Banque Mondiale vise à répondre au problème d’électricité du pays qui est à 8%.

Paméla Dounian-Doté

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15 mars 2022 2 15 /03 /mars /2022 15:36
RCA : Maxime Mokom arrêté par les autorités tchadiennes et remis à la CPI
RCA : Maxime Mokom arrêté par les autorités tchadiennes et remis à la CPI

 

Centrafrique: Maxime Mokom arrêté par les autorités tchadiennes et remis à la CPI pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre

  mars 15, 2022 5:39

BANGUI, le 15 Mars 2022(RJDH)—Ce 14 mars 2022, M. Maxime Jeoffroy Eli Mokom Gawaka (« M. Mokom ») a été remis à la Cour pénale internationale (« CPI » ou « la Cour ») par les autorités de la République du Tchad en vertu d’un mandat d’arrêt de la CPI délivré sous scellés le 10 décembre 2018. M. Mokom est suspecté de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité qui auraient été commis à Bangui et dans d’autres localités de la République centrafricaine (« RCA ») en 2013 et 2014.

Lors de la délivrance du mandat d’arrêt, la Chambre préliminaire II a conclu qu’il y avait des motifs raisonnables de croire qu’un conflit armé ne présentant pas un caractère international était en cours sur le territoire de la RCA depuis au moins septembre 2013 jusqu’au moins décembre 2014 entre la Séléka (une coalition de groupes armés principalement composée de musulmans opposés à l’ancien président François Bozizé) et les Anti-Balaka (un mouvement opposé à la Séléka et soutenant l’ancien président François Bozizé). En outre, la Chambre a estimé qu’il existait des motifs raisonnables de croire que, de septembre 2013 au moins à décembre 2014 au moins, une attaque aurait été menée par les Anti-Balaka contre la population civile musulmane et les personnes perçues comme collectivement responsables, complices ou soutenant la Séléka, en vertu ou dans le prolongement d’une politique organisationnelle visant principalement la population musulmane de Bangui et d’autres préfectures.

La Chambre a trouvé des motifs raisonnables de croire que M. Mokom, un ressortissant de la République centrafricaine, né le 30 décembre 1978 à Bangui, était un Coordonnateur National des Opérations des Anti-Balaka et, à ce titre, est suspecté d’être responsable des crimes présumés suivants, déportation ansfert forcé de population, emprisonnement ou autre privation grave de liberté physique, torture, persécution, Crimes de guerre : (tentative) de meurtre, torture, traitement cruel, mutilation, le fait de diriger intentionnellement des attaques contre la population civile, le fait de diriger intentionnellement des attaques contre le personnel, les installations, le matériel, les unités ou les véhicules employés dans le cadre d’une mission d’aide humanitaire, le fait de diriger intentionnellement des attaques contre des bâtiments consacrés à la religion, le pillage, l’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans et le fait de les faire participer activement à des hostilités, le déplacement de la population civile et le fait de détruire ou de saisir les biens de l’ennemi. »

Les crimes présumés auraient été commis en divers endroits de la RCA, notamment Bangui, Bossangoa, la préfecture de la Lobaye, Yaloké, Gaga, Bossemptélé, Boda, Carnot et Berberati, entre au moins le 5 décembre 2013 et au moins décembre 2014.

Maxime Mokom est suspecté d’avoir commis ces crimes conjointement avec d’autres et/ou par l’intermédiaire d’autres personnes dans le cadre d’une politique visant à cibler la population musulmane et d’autres personnes perçues comme soutenant la Séléka ou comme étant des « étrangers » à Bangui et dans l’ouest de la RCA ; ou d’avoir ordonné, sollicité ou encouragé la commission ou la tentative de commission de ces crimes.

Le Greffier de la CPI, M. Peter Lewis, a remercié les autorités de la République du Tchad pour leur coopération lors de l’arrestation et de la remise de M. Mokom à la Cour.

La comparution initiale de M. Mokom devant la Chambre préliminaire II, composée du juge Rosario Salvatore Aitala, du juge Antoine KesiaMbe Mindua, et de la juge Tomoko Akane, aura lieu en temps voulu.

Rappelons que le 30 mai 2014, le Gouvernement de la RCA a déféré la situation en RCA depuis le 1er août 2012 à la Cour.

La situation implique des crimes présumés qui auraient été commis à la fois par la Séléka et les Anti-Balaka. La violence aurait fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Le 24 septembre 2014, le Procureur de la CPI a ouvert une enquête concernant cette situation.

RJDH.

 

Centrafrique : Maxime Mokom remis à la CPI par les autorités tchadiennes

https://www.radiondekeluka.org/ mardi 15 mars 2022 10:28

Deux semaines après son interpellation à la frontière centrafricaine par l’Agence nationale de sureté tchadienne, Maxime Mokom a été remis ce 14 mars 2022 à la Cour pénale internationale. Accusé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en territoire centrafricain, l’ancien ministre doit comparaître devant la CPI dans les jours prochains. 

Un des leaders de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), Maxime Mokom a été transféré ce lundi, à la Cour pénale internationale (CPI) de la Haye par les autorités tchadiennes. Il est poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité qu'il aurait commis en République centrafricaine entre 2013 et 2014.

Faisant l’objet d’un mandat d’arrêt secret émis par les juges de la CPI en décembre 2018, il avait été nommé trois mois plus tard, ministre du Désarmement, malgré les accusations de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, émis par le procureur.

Accusé de plusieurs chefs d’accusations

Maxime Mokom est suspecté, notamment de meurtre, extermination, transfert forcé de population, torture, persécution, disparitions forcées, mutilations, traitements cruels. Selon le communiqué de la Cour, les anti-balaka auraient mené des attaques contre la population civile musulmane, soupçonnée d’être complice de la Séléka.

Maxime Mokom avait été interpellé, le 27 février dernier à la frontière centrafricaine par l’Agence nationale de sûreté tchadienne (ANS) avant d’être transféré à Ndjamena où résident les autres chefs rebelles centrafricains, en l’occurrence François Bozizé.

Quatrième chefs de groupes armés centrafricains placé derrière les barreaux à la Cour pénale internationale, il retrouve ainsi Patrice-Edouard Ngaïssona, Alfred Yekatom Rombhot et Mahamat Saïd Abdel Kani dont les procès sont toujours en cours devant la CPI. La première comparution de Maxime Mokom devant les juges de la Cour devrait avoir lieu dans les jours à venir.

 

Centrafrique: Maxime Mokom, chef d'un groupe armé anti-balaka remis à la CPI

https://www.rfi.fr/ 14/03/2022 - 23:51 Avec notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas

Maxime Mokom a été transféré lundi à la Cour pénale internationale, en provenance du Tchad où il avait été arrêté fin février. Ce responsable anti-balaka est poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, commis en 2013 et 2014 en Centrafrique.

Maxime Mokom faisait l’objet d’un mandat d’arrêt secret, émis contre lui par les juges de la CPI en décembre 2018. Trois mois plus tard, il avait été nommé ministre du Désarmement, malgré les accusations de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, émis par le procureur.

Après l'offensive de décembre 2020 de la Coalition des Patriotes pour le changement sur Bangui, plusieurs chefs rebelles, dont Maxime Mokom se sont réfugiés à Ndjamena au Tchad. Dans l'attente d'une avancée des négociations menée par l'Angola, ils avaient interdiction de se rendre en territoire centrafricain. Une interdiction que n'a pas respectée Maxime Mokom. Les autorités tchadiennes l'ont alors interpellé et ont du faire un choix, le livrer à la Centrafrique qui réclame son extradition de longue date ou le présenter à la CPI.

La liste des crimes dont il est suspecté est longue : meurtre, extermination, transfert forcé de population, torture, persécution, disparitions forcées, mutilations, traitements cruels... et beaucoup d’autres. Selon le communiqué de la Cour, les anti-balaka auraient conduits des attaques contre la population civile musulmane, soupçonnée d’être complice de la Seleka. La Seleka qui avait renversé le président François Bozizé en 2013, dont Maxime Mokom est un proche.PUBLICITÉ

Il est le quatrième responsable centrafricain placé derrière les barreaux de la CPI. Il retrouve en prison notamment Patrice-Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom, respectivement ex-coordonnateur politique des anti-balaka et ancien caporal-chef de l'armée centrafricaine, dont le procès est toujours en cours devant la CPI. La première comparution de Maxime Mokom devant les juges de la Cour devrait avoir lieu dans les prochains jours.

 

Centrafrique: l'ex-chef d'un groupe armé antibalaka remis à la CPI

15 March 2022 à 01:00 par AFP

La République du Tchad a remis lundi à la Cour pénale internationale l'ex-chef d'un groupe armé antibalaka, Maxime Mokom, suspecté de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, a indiqué la CPI.

M. Mokom, 43 ans, était le chef d'un groupe armé antibalaka, des milices autoproclamées d'autodéfense créées en 2013 en réaction à la prise de Bangui par la Séléka.

Il est suspecté de crimes qui auraient été commis à Bangui et dans d'autres localités de la République centrafricaine (RCA) en 2013 et 2014, a indiqué la CPI dans un communiqué.

"La Chambre a trouvé des motifs raisonnables de croire que M. Mokom, un ressortissant de la République centrafricaine (...) était un coordonnateur national des opérations des Anti-Balaka", a indiqué la Cour.

Il est notamment suspecté de meurtre, extermination, déportation ou transfert forcé de population, emprisonnement, torture, persécution, traitement cruel et mutilation.

"M. Mokom est suspecté d'avoir commis ces crimes conjointement avec d'autres et/ou par l'intermédiaire d'autres personnes dans le cadre d’une politique visant à cibler la population musulmane et d'autres personnes perçues comme soutenant la Séléka ou comme étant des +étrangers+ à Bangui et dans l'ouest de la RCA", a expliqué la Cour.

M. Mokom était devenu en février 2019 ministre chargé du Désarmement, de la Démobilisation, de la Réinsertion et du Rapatriement (DDRR) suite à un accord de paix conclu à Khartoum et signé Bangui entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés. Mais la plupart des groupes armés avaient rapidement désavoué le gouvernement.

"M. Maxime Jeoffroy Eli Mokom Gawaka (...) a été remis à la (...) CPI par les autorités de la République du Tchad en vertu d'un mandat d'arrêt de la CPI délivré sous scellés le 10 décembre 2018", a indiqué la Cour.

La Cour a indiqué lundi soir sur Twitter que M. Mokom était arrivé au quartier pénitentiaire de la CPI. Mais "La comparution initiale de M. Mokom (...) aura lieu en temps voulu", a déclaré la Cour.

La CPI, qui siège à La Haye, a été créée en 2002 pour juger des individus poursuivis notamment pour des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou des actes de génocide.

- Milliers de morts -

Le 30 mai 2014, le gouvernement de la RCA a confié les crimes commis dans le pays depuis le 1er août 2012 à la Cour. L'ancienne procureure Fatou Bensouda a ouvert une enquête en septembre de cette année-là.

Les crimes présumés auraient été commis à la fois par la Séléka (une coalition de groupes armés principalement composée de musulmans opposés à l'ancien président François Bozizé) et les Anti-Balaka (un mouvement opposé à la Séléka et soutenant Bozizé).

La violence aurait fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, a indiqué la CPI.

Patrice-Edouard Ngaïssona, ancien ministre centrafricain des Sports, et Alfred Yekatom, surnommé "Rambo", deux ex-chefs de milices centrafricaines détenus par la CPI respectivement depuis janvier 2019 et novembre 2018, sont également accusés de crimes de guerre et crimes contre l'humanité lors de la guerre civile entre 2013 et 2014.

Le procès d'un commandant présumé de la coalition rebelle à dominante musulmane Séléka, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis en République centrafricaine, s'ouvrira en septembre.

 

 

Communiqué de presse : 14 March 2022

 

Situation en République centrafricaine II : Maxime Jeoffroy Eli Mokom Gawaka remis à la CPI pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre

ICC-CPI-20220314-PR1646

Aujourd'hui, 14 mars 2022, M. Maxime Jeoffroy Eli Mokom Gawaka (« M. Mokom ») a été remis à la Cour pénale internationale (« CPI » ou « la Cour ») par les autorités de la République du Tchad en vertu d'un mandat d'arrêt de la CPI délivré sous scellés le 10 décembre 2018. M. Mokom est suspecté de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité qui auraient été commis à Bangui et dans d'autres localités de la République centrafricaine (« RCA ») en 2013 et 2014.

Lors de la délivrance du mandat d'arrêt, la Chambre préliminaire II a conclu qu'il y avait des motifs raisonnables de croire qu'un conflit armé ne présentant pas un caractère international était en cours sur le territoire de la RCA depuis au moins septembre 2013 jusqu'au moins décembre 2014 entre la Séléka (une coalition de groupes armés principalement composée de musulmans opposés à l'ancien président François Bozizé) et les Anti-Balaka (un mouvement opposé à la Séléka et soutenant l'ancien président François Bozizé). En outre, la Chambre a estimé qu'il existait des motifs raisonnables de croire que, de septembre 2013 au moins à décembre 2014 au moins, une attaque aurait été menée par les Anti-Balaka contre la population civile musulmane et les personnes perçues comme collectivement responsables, complices ou soutenant la Séléka, en vertu ou dans le prolongement d'une politique organisationnelle visant principalement la population musulmane de Bangui et d'autres préfectures.

La Chambre a trouvé des motifs raisonnables de croire que M. Mokom, un ressortissant de la République centrafricaine, né le 30 décembre 1978 à Bangui, était un Coordonnateur National des Opérations des Anti-Balaka et, à ce titre, est suspecté d'être responsable des crimes présumés suivants :

  • Crimes contre l'humanité : (tentative de) meurtre, extermination, déportation ou transfert forcé de population, emprisonnement ou autre privation grave de liberté physique, torture, persécution, disparitions forcées et autres actes inhumains ; et
  • Crimes de guerre : (tentative) de meurtre, torture, traitement cruel, mutilation, le fait de diriger intentionnellement des attaques contre la population civile, le fait de diriger intentionnellement des attaques contre le personnel, les installations, le matériel, les unités ou les véhicules employés dans le cadre d'une mission d'aide humanitaire, le fait de diriger intentionnellement des attaques contre des bâtiments consacrés à la religion, le pillage, l'enrôlement d'enfants de moins de 15 ans et le fait de les faire participer activement à des hostilités, le déplacement de la population civile et le fait de détruire ou de saisir les biens de l'ennemi.

Les crimes présumés auraient été commis en divers endroits de la RCA, notamment Bangui, Bossangoa, la préfecture de la Lobaye, Yaloké, Gaga, Bossemptélé, Boda, Carnot et Berberati, entre au moins le 5 décembre 2013 et au moins décembre 2014.

M. Mokom est suspecté d'avoir commis ces crimes conjointement avec d'autres et/ou par l'intermédiaire d'autres personnes dans le cadre d'une politique visant à cibler la population musulmane et d'autres personnes perçues comme soutenant la Séléka ou comme étant des « étrangers » à Bangui et dans l'ouest de la RCA ; ou d'avoir ordonné, sollicité ou encouragé la commission ou la tentative de commission de ces crimes.

Le Greffier de la CPI, M. Peter Lewis, a remercié les autorités de la République du Tchad pour leur coopération lors de l'arrestation et de la remise de M. Mokom à la Cour.

La comparution initiale de M. Mokom devant la Chambre préliminaire II, composée du juge Rosario Salvatore Aitala, du juge Antoine KesiaMbe Mindua, et de la juge Tomoko Akane, aura lieu en temps voulu.

Contexte : Le 30 mai 2014, le Gouvernement de la RCA a déféré la situation en RCA depuis le 1er août 2012 à la Cour. La situation implique des crimes présumés qui auraient été commis à la fois par la Séléka et les Anti-Balaka. La violence aurait fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Le 24 septembre 2014, le Procureur de la CPI a ouvert une enquête concernant cette situation.


Pour toute information complémentaire, veuillez contacter Fadi El Abdallah, Porte-parole et Chef de l'Unité des affaires publiques, Cour pénale internationale, au +31 (0)70 515-9152 ou +31 (0)6 46448938 ou à l'adresse fadi.el-abdallah@icc-cpi.int

Les activités de la CPI peuvent également être suivies sur TwitterFacebookTumblrYouTubeInstagram et Flickr

 

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13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 21:05
Le Cameroun a supprimé certains postes de contrôle sur le corridor Douala-Bangui

Lu pour vous

 

Le Cameroun a supprimé certains postes de contrôle sur le corridor Douala-Bangui pour fluidifier les échanges avec la Centrafrique

(Agence Ecofin) - 12 mars 2022 12:23 - Le corridor Douala-Bangui traite des dizaines de milliards de FCFA de flux commerciaux chaque année et est la principale voie d’approvisionnement de la capitale centrafricaine. Le trafic y souffre de moult problèmes, allant de l’état de la voie à l’insécurité, en passant par des faits de corruption.

Comme promis lors des concertations ayant abouti à la réouverture le 2 mars 2022 de la frontière Cameroun-République centrafricaine dans la ville camerounaise de Garoua-Boulaï (région de l’Est), le Cameroun a démantelé certains postes de contrôle présentés comme des poches de corruption par les camionneurs centrafricains, relaie Investir au Cameroun.

Les transporteurs centrafricains seraient obligés d’y payer régulièrement des pots-de-vin allant de 15 000 à 25 000 FCFA pour pouvoir rallier Bangui. Pour dénoncer cette injustice, ils avaient entamé un mouvement de grève dès le 22 février 2022, ce qui avait conduit à la fermeture momentanée de la frontière.

En plus des faits de corruption, le trafic entre le Cameroun et la RCA est régulièrement plombé par les groupes rebelles armés centrafricains qui écument la frontière après Garoua-Boulaï. Ces derniers n’hésitent pas à brutaliser les conducteurs et piller les camions. Pour éviter cela, les camionneurs sont désormais escortés par les forces de la mission de l’ONU pour la sécurisation de la Centrafrique.

Un climat d’insécurité qui affecte les échanges commerciaux sur le corridor Douala-Bangui, sur lequel transitent environ 55 milliards FCFA de marchandises chaque année, selon la Douane camerounaise. Le corridor est d’une importance capitale pour la Centrafrique, car il constitue la principale route d’approvisionnement de Bangui, la capitale.

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13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 20:27
Centrafrique : vers une montée en puissance des FACA

 

 

Les 1.311 jeunes recrues et formées, dont 609 du centre de formation de Kassaï et 702 du centre de formation de Bouar, ont été présentés le mercredi 9 mars 2022, sous le drapeau. Cette cérémonie a été couplée de la fin de leur formation. Le chef suprême des armées, Faustin Archange Touadéra, a rehaussé de sa présence la cérémonie, avec à ses côtés, le président de l’Assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji et des membres du gouvernement.  

La redynamisation de l’armée centrafricaine se concrétise, selon la vision politique du président centrafricain, Pr Faustin Archange Touadéra. Cette vision est de refonder une armée forte, dynamique et pluriethnique.

C’est pourquoi les 1.311 jeunes formés ont été recrutés dans toutes les préfectures de la République centrafricaine. Le baptême du passage de ces jeunes de l’Etat civil à l’Etat militaire s’est fait à travers leur présentation au drapeau et une parade militaire. 

Le chef d’Etat-major, le Général de division Zéphirin Mamadou, s’adresse aux jeunes recrus et formés en ces termes, «à vous les jeunes soldats, à partir de ce jour, vous êtes appelés à défendre l’intégrité de la nation. Et vous devriez mériter cette confiance faite par le Chef de l’Etat, le chef suprême des armées Faustin Archange Touadéra. Je vous exhorte à rester fidèle aux lois et principes de l’armée et de la République. Que Dieu vous bénisse ! Et longue carrière dans ce métier». 

Amos Ngaté, recruté à Ndélé, est fier de servir désormais son pays, «je suis d’abord recruté à Ndélé. Et je suis aujourd’hui fier de pouvoir enfin servi mon pays et partout quand l’occasion me permettra», a-t-il déclaré.

Cependant, Vinciane Kongo 21 ans, recrutée à Bangui, partage les mêmes sentiments que son frère d’armes, «je croyais que lors de cette formation à Bouar, nos formateurs vont faire du mal. Mais, je me suis réjoui de pouvoir tenir jusqu’au bout. Partout dans mon pays, je serais disponible à servir pour défendre la nation».

Une fierté pour certains parents qui sont massivement venus pour la circonstance. Jean Nestor, père d’un jeune recru, au-delà de sa satisfaction, il exhorte son enfant et ses pairs à respecter strictement les lois de la République et ne pas se lancer dans les comportements déviants. «Il faut vraiment avouer que je ne rêvais pas un jour de voir mon fils devenir militaire. Mais, c’est un sentiment de gaieté que je récent en ce jour. Je profite donc pour lui dire ainsi qu’à ses frères d’armes de ne pas se lancer dans des comportements déviants qui pourraient nuire à leur carrière militaire», a-t-il lancé.

Il convient de souligner qu’après le retrait de l’EUTM dans le cadre de la formation des FACA, seul les instructeurs militaires centrafricains ont été à la manette dans la formation de ces jeunes formés dans le rang des Forces Armées Centrafricaines. Outre la formation sur les maniements des armes, ces derniers ont été outillés sur le Droit Humanitaire International (DHI).

Stève Martial Mbétissinga

 

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