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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 21:31
France/Russie : guerre froide en Centrafrique
France/Russie : guerre froide en Centrafrique

Lu pour vous

 

https://www.lemediatv.fr/ 23 SEPTEMBRE 2021 - 19H00

Une équipe de journalistes du Média s’est rendue en Centrafrique afin de documenter le conflit en cours dans cette zone de guerre où les tensions entre les rivaux français et russes sont avivées. Un reportage de Filippo Ortona et de Thomas Dietrich.

Après une guerre civile dévastatrice, la République Centrafricaine semble retrouver petit à petit la paix. 

Malgré la présence encore active de groupes rebelles, la page du conflit armé se tourne progressivement. La France, ancienne puissance coloniale, s’est quasiment retirée du pays, après avoir multiplié les compromissions. À la place, la Russie a fait son nid. 

Depuis 2018, les paramilitaires du groupe Wagner (une agence de mercenaires proche du Kremlin) sillonnent les rues de la capitale et les lignes de front. S’ils ont aidé à vaincre les rebelles, ils sont aussi accusés d’avoir commis des exactions contre les civils, et d’exploiter les ressources minières dont le pays regorge. 

Depuis 2018, les paramilitaires du groupe Wagner (une agence de mercenaires proche du Kremlin) sillonnent les rues de la capitale et les lignes de front. S’ils ont aidé à vaincre les rebelles, ils sont aussi accusés d’avoir commis des exactions contre les civils, et d’exploiter les ressources minières dont le pays regorge. 

Entre les jeux des grandes puissances et la corruption des élites locales, c’est la population centrafricaine qui paye le prix fort. Cette population oubliée à qui nous avons voulu redonner la parole.

Dans ce reportage inédit, Le Média s’est rendu en Centrafrique, en pleine zone de guerre, pour documenter au plus près du terrain la responsabilité de la France et de la Russie dans le conflit centrafricain ; enfin, nous avons montré comment les seigneurs de guerre jouissent d’une impunité quasi-totale de la part des autorités locales.

France/Russie : guerre froide en Centrafrique
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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 21:24
"Pour une paix durable, il faut la justice" Card Nzapalainga et Imam Ouasselegue

Lu pour vous

 

INTERVIEWS EXCLUSIVES

"Pour une paix durable, il faut la justice"

https://www.dw.com/ 22.09.2021

Interview avec le cardinal Nzapalainga, archevêque de Bangui, et l’imam Abdoulaye Ouasselegue, secrétaire général du Conseil supérieur islamique de Centrafrique.

Nos deux invités cette semaine sont le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, et l’imam Aboulaye Ouasselegue, secrétaire général du Conseil supérieur islamique de Centrafrique.

Les deux hommes sont en tournée en Europe en ce moment. Passage par l’Onu pour rappeler à l’organisation les violences dans le pays et ils étaient présents pour des projections du film Siriri, à Berlin.

Ce film revient sur le travail pour la paix du cardinal Nzapalainga et de son ami, l’imam Oumar Kobine Layama, décédé d’une maladie l’an dernier. Un réalisateur, Manuel von Stürler, les a suivis pendant trois ans pour raconter leur combat pour la paix en Centrafrique.

Ce combat, le cardinal Nzapalainga et l’imam Abdoulaye Ouasselegue le continuent. Ils en parlent avec Hugo Flotat-Talon ce matin.  
 

DW : Première question, à vous, cardinal, sur ce film documentaire Siriri : ça vous a fait quoi  de vous voir à l’écran ?  

Cardinal Dieudonné Nzapalinga : Ce film, le premier jour où je l’ai vu, j'ai eu beaucoup d'émotions. Parce que j'ai pensé à mon frère l’imam Kobine Layama, avec qui nous avons mené ce combat. Et nous avons toujours dit que notre destin est uni. Et beaucoup de souvenirs me revenaient en tête. En même temps, ce film vient aussi rappeler aussi la souffrance du peuple centrafricain et son inspiration au retour à la paix.  

DW : Votre binôme de la paix est décédé d’une maladie l’an dernier… Quel binôme formez-vous aujourd’hui avec l’imam Ouasselgue à coté de vous ? C’est une continuité ? Quelque-chose de nouveau ?    

Cardinal Dieudonné Nzapalinga : Pour moi, la mission commencée continue. Mais cette mission continue autrement. Parce qu'Abdoulaye Ouasselegue n’est pas Kobine Layama. Ils sont différents. Et pourtant les deux sont des leaders religieux. Et moi j’accueille comme un don les responsables avec qui je dois cheminer pour inviter les uns les autres a dépassé leurs particularismes.  

Imam Aboulaye Ouasselegue : Disons que la disparition de l'imam a laissé une douleur atroce pour nous. C’est un illustre personnage qui a donné toute sa vie pour défendre le dialogue interreligieux, le vivre ensemble, en mot : la paix. Et pour cela il fallait quand même quelqu'un pour pouvoir porter encore le flambeau, parce qu’on ne doit pas baisser les bras quand on est face à une certaine réalité qui interpelle les responsabilités des leaders religieux.  

DW : Continuez-vous à dire que ce n’est pas un problème religieux, tous ces conflits depuis des années ? 

Imam Aboulaye Ouasselegue : Ce qui nous réconforte, c'est le fait que ceux qui disaient hier que c'était un affrontement ou une confrontation interconfessionnelle ce sont déjugés eux-mêmes. Parce qu'ils ont fusionné pour constituer une seule faction à la conquête du pouvoir. Donc, pour nous leaders religieux, c'est déjà une victoire. 

DW : Vous faites référence à l'annonce en décembre dernier, de la fusion des trois principaux groupes armés qui ont formé la Coalition des patriotes pour le changement (CPC). Et, justement, ces groupes, vous les avez rencontrés, vous n’avez pas hésité à aller leur parler quand ils menaçaient Bangui en début d’année. Comment faites-vous et est-ce que vous avez l’impression que ça aide réellement sur le terrain ?  

Imam Aboulaye Ouasselegue : Notre stratégie, c'est d'essayer de leur faire prendre conscience de la gravité de la situation. Nous nous évertuons à parler à travers tous les moyens mis à disposition. A savoir : les serments, les prédications et autres appels ou sensibilisations, pour que ces gens-là comprennent que la violence ne résout aucun problème. Mais notre grand souhait aussi, c'est de voir un jour aussi, tous ceux qui ont donné toutes les formes de souffrance ou des violences envers  la population... Il faudrait qu'un jour la justice prenne ses responsabilités et leur demande : "Pourquoi vous avez fait ça ?". Pour garantir une paix durable, il faut faire régner la justice 

DW : Vous étiez récemment à l’Onu… Vous pensez que l’organisation peut plus ou peut faire autrement ? Il y a déjà 15.000 personnels sur place… Des casques bleus gabonais viennent d’ailleurs d’être retirés du territoire après des accusations d'exploitation et d'abus sexuels …  

Imam Aboulaye Ouasselegue : L'Onu doit appliquer de manière stricte ce que le conseil de sécurité lui avait conféré. 

DW : Qu'est-ce que ça veut dire  exactement ?  

Imam Aboulaye Ouasselegue : On vient pour protéger, on ne vient pas pour exposer, on ne vient pas pour éclabousser, on ne vient pas pour aggraver la souffrance. Donc appliquer de manière stricte, c'est de le faire avec l'éthique de ce que nous appelons les droits humains. 

DW : On parle insécurité. Ce n’est pas un problème seulement en Centrafrique. Le Mali discute en ce moment avec la société russe Wagner sur un éventuel déploiement de paramilitaires. Il y en a déjà en Centrafrique justement. Comment voyez-vous tout cela ?  

Cardinal Dieudonné Nzapalinga : Il faut dire les choses. Vous allez en Irak, en Afghanistan… Vous trouvez ce genre de choses. Ce n’est pas une pratique nouvelle. Et nous savons bien que le mandat de la communauté internationale, de l’Onu, ne permet pas que les militaires de l’Onu puissent entrer dans la brousse, les forêts, pour parler, pour arrêter. Nous avons maintenant d’autres protagonistes qui entrent dans les forêts. Maintenant, ce que moi je demande, c’est qu’on respecte les droits humains.  

DW : Question ouverte : que vous souhaiter à tous les deux pour les mois, les années à venir ?   

Cardinal Dieudonné Nzapalinga : On souhaite, à nous, mais surtout à la population, la paix. Que les uns et les autres comprennent qu’il est temps de nous regarder comme des frères. Il est temps de pouvoir construire ce beau pays, il y a de la place pour tout le monde. Et qu’on cesse, par convoitise, de venir prendre aussi - parce qu’il y a un enjeu géostratégique- les richesses. Les richesses sont là pour la population. Et elles ont droit aussi à une route. Elles ont droit aussi à un hôpital. Elles ont droit à une école, à une université… Donc nous en appelons à la responsabilité des uns et des autres.

 

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 21:10
Un nouveau groupe armé contesté en Centrafrique

Lu pour vous

 

https://www.dw.com/ 23.09.2021

Le cercle des groupes armés s'élargit en Centrafrique et passe officiellement de 14 à 15. Mais la société civile n'est pas d'accord avec ce décompte.

Le nouvel acteur parmi les groupes armés recensés par les autorités de République centrafricaine est composé de militaires, de policiers et de gendarmes en fonction qui sont fidèles à l'ancien président, François Bozizé, ou qui revendiquent pour certains leur droit à la retraite.

Ils sont mentionnés par une étude actualisée des groupes armés et de leurs revendications, établie par un groupe d'experts nationaux et internationaux. 

Cartographie précise

L'étude a pour but de dresser une cartographie actuelle des groupes armés actifs en République centrafricaine.

Le général de corps d'armée Jean-Pierre Dolowaya estime que ces groupes armés se ravitaillent au Soudan, au Tchad, au Cameroun mais aussi à Bangui. Devant la presse, il a ainsi détaillé les acteur présents : 

"En dehors de ces 14 groupes, notre attention devrait être désormais attirée sur le fait qu'il y a un autre paradigme. Il y a maintenant un 15e groupe que nous devons prendre en compte dans nos analyses. Ce groupe est donc composé des militaires qui sont en activité, les forces de défense et de sécurité puisque c'est toutes les catégories militaires, policiers et gendarmes etc. et aussi les militaires qui sont appelés à faire valoir leur droit à la retraite.

Dans quelle zone ces groupes armés sont-ils plus concentrés ? D'abord la zone nord est, c'est-à-dire la préfecture et de Vakaga et c'est là que nous avons un effectif pléthorique et le taux de virulence élevée. Ensuite vient la zone centre, Ouaka, Nana Gribizi et Kemo suit la zone nord-ouest, Ouham et Ouham Péndé ensuite nous avons la zone ouest Nana Mambéré, Mambéré-Kadéï suit la zone nord-est Haute Kotto, Basse Kotto et Mbomou ensuite la zone sud, Ombelle M'poko Bangui et ses périphéries"

Des groupes hétérogènes à désarmer

Les revendications des différents groupes sont variables : certains luttent pour une partition du pays, d'autres réclament de pouvoir participer à la gouvernance étatique, et d'autres encore défendent des intérêts économiques et commerciaux. Jean Wilibiro Sacko, ministre d'Etat en charge du désarmement estime qu'il était nécessaire d'identifier ces différents mouvements.

"Il nous faudrait clarifier tout ça, classer tous ces groupes dans ces différentes catégories et ensuite voir comment planifier les opérations à venir du DDR sur le plan national pour réellement atteindre les objectifs."

La Minusca n'a pas souhaité commenter cette déclaration. Cependant cette approche est rejetée par la société civile.

Risques de frustration

Paul Crescent Béninga, enseignant chercheur est porte-parole du groupe de travail de la société civile. Il reconnaît que "les policiers, Faca [soldats] et gendarmes ont rejoint" des  mouvements opposés aux autorités. Mais selon lui, il ne s'agit pas de la CPC (Coaliltion pour le changement). Il qualifie donc l'analyse des autorités d'"erronée" et celle-ci peut, selon lui, "créer de la frustration et fausser la lecture de la situation de telle sorte que les solutions qui vont être proposées ne vont pas cadrer à la réalité du terrain".

Plusieurs radiations ont eu lieu au sein de l'armée. Et l'accord de paix que le gouvernement considère encore comme le seul cadre de discussion pour une paix durable en Centrafrique a échoué.

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 18:43
Bangui : opération de police pour mettre fin aux vols au centre-ville

 

Bangui : opération de police pour mettre fin aux vols au centre-ville

https://www.radiondekeluka.org/ jeudi 23 septembre 2021 13:53

Suite aux nombreuses plaintes des habitants, les Compagnies nationales de sécurité (CNS) ont lancé le 22 septembre au centre-ville de Bangui une opération dénommée "Bamara". Celle-ci vise à déguerpir les enfants de rue, chargeurs et nettoyeurs de véhicules qui profitent de leur métier pour rançonner ou voler des honnêtes citoyens qui vaquent à leurs occupations.

Pour tenter d’éradiquer ce phénomène qui prend de l’ampleur, les autorités du pays ont déployé plusieurs agents de police devant les banques et autres établissements commerciaux. Une opération saluée par une partie de la population. Pour elle, c’est dans ces endroits que ces individus profitent de dérober ceux qui viennent faire des opérations bancaires.

"Nous faisons partie des victimes de ces individus-là. Lorsqu’ils commettent leur forfait, on doit toujours donner de l’argent pour pouvoir nous faire restituer le bien. Souvent, ils nous réclament 50.000 frs. Ce n’est pas normal. Tous les jours, les policiers doivent être là afin de mettre un terme à ce phénomène" s’insurge Germaine, une vendeuse du centre-ville.

« C’est notre seul moyen de survie »

Effrayés, plusieurs de ces jeunes gens se sont repliés plus loin. Mécontents, certains déplorent la nature de cette opération policière.

"Ils sont venus me brutaliser. Par la suite, ils m’ont fouillé. Laver et charger les véhicules, c’est notre seul moyen de survie. Il est vrai que certains d’entre nous volent et font du n’importe quoi. Mais moi, je ne vole pas. Je me contente du petit sou que je gagne quotidiennement après avoir laver les véhicules" s’indigne un laveur de voitures.

 « Une société un peu malade »

Pour les autorités, la liberté de circuler doit être garantie.

"Généralement, ces badauds-là viennent au centre-ville pour voler dans des véhicules stationnés. Ils dépouillent aussi ceux qui circulent en moto par le vol à la tire. Dans la société, la liberté d’aller et de venir est très importante. Si les gens n’arrivent plus à circuler librement, c’est que la société est un peu malade" souligne Sim Joachim Daningoumandji, directeur des Compagnies nationales de sécurité.

L’opération Bamara vise à réduire le taux de banditisme dans le centre-ville. A entendre les responsables de la police, elle va se poursuivre jusqu’à la fin du mois de septembre.

 

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 17:30
Communiqué de presse de BGFI

 

Communiqué de presse

 

Libreville, Gabon, Le 22.09.2021

 

BGFIBank Centrafrique : naissance de la 12ème filiale bancaire du Groupe BGFIBank.
 

Le Groupe bancaire et financier BGFIBank poursuit sa quête perpétuelle de l’Excellence en donnant naissance à sa douzième filiale basée en République centrafricaine.

BGFIBank Centrafrique est née d’un rachat partiel des parts, détenues par l’État centrafricain, de la Commercial Bank Centrafrique (CBCA) dans une logique de dynamisation et de renforcement de la performance de la banque. À travers ce nouvel engagement pour le financement de l’économie locale centrafricaine, le Groupe BGFIBank démontre sa capacité à s’imposer comme un partenaire de choix auprès des États et des opérateurs économiques du continent.

 Dans un environnement économique en tension, largement impacté par la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid19, le Groupe BGFIBank se démarque à nouveau en s’engageant concrètement pour le développement du continent et le renforcement de ses économies à travers son implantation en Centrafrique.

 « La solidité financière du Groupe BGFIBank va ainsi permettre à BGFIBank Centrafrique de devenir la première banque qui accompagnera le financement de l’ensemble des opérateurs économiques pour le développement de la République centrafricaine » a déclaré Henri-Claude OYIMA, Président Directeur Général du Groupe BGFIBank.

Site Internet : https://groupebgfibank.com/accueil/

A propos :

À propos du Groupe BGFIBank

Le Groupe BGFIBank est un Groupe Financier International multi-métiers qui allie solidité financière, stratégie de croissance durable et maîtrise des risques, avec l’ambition d’être la banque de référence sur ses marchés en termes de qualité de service. Fidèle à ses valeurs de Travail, d'Intégrité, de Transparence, de Responsabilité et d'Esprit d'Equipe, le Groupe place la qualité de service au cœur de son métier. Il accompagne ses clients particuliers, entreprises et institutionnels dans une relation durable, avec une gamme de produits et services élargie. Le Groupe BGFIBank enrichit sans cesse son offre en s’appuyant notamment sur l’expertise de ses partenaires, s’ouvrant ainsi à de nouveaux domaines. Plus de 2300 collaborateurs présents dans onze pays accompagnent au quotidien une clientèle diversifiée au Bénin, au Cameroun, en Centrafrique, au Congo, en Côte d'Ivoire, en France, au Gabon, en Guinée Equatoriale, à Madagascar, en République Démocratique du Congo, à Sao Tomé-et-Principe et au Sénégal.
 

Contact presse :

Direction Communication & RSE Groupe

sdia@globalmindconsulting.com

 

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 00:17
Réunion entre le SG de l'ONU et le Président Touadera

 

Compte rendu de la réunion entre le Secrétaire général et S.E. M. Faustin Archange Touadéra, Président de la République centrafricaine

 

New York, le 22 septembre 2021

 

 Le Secrétaire général a rencontré S.E. M.  Faustin-Archange Touadéra, Président de la République centrafricaine. Le Secrétaire général a salué la tenue des élections présidentielles et législatives et a encouragé le Gouvernement à poursuivre ses efforts pour que les élections locales se tiennent en 2022, avec l’appui des Nations Unies.  

Le Secrétaire général et le Président ont discuté des efforts en faveur d’une résolution pacifique de la crise en République centrafricaine et de la protection des civils, notamment des communautés minoritaires. Le Secrétaire général a réitéré l’engagement des Nations Unies à soutenir la République centrafricaine et a souligné l’importance de la bonne coopération entre le Gouvernement et les partenaires internationaux, notamment la MINUSCA.

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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 23:53
RCA : 75 millions USD de la Banque mondiale pour doper le réseau routier transfrontalier

Lu pour vous

 

Centrafrique : 75 millions USD de la Banque mondiale pour doper le réseau routier transfrontalier

(Agence Ecofin) 22 septembre 2021 15:51 - Fortement enclavée, la République centrafricaine se rabat principalement sur le port de Douala (Cameroun) pour ses échanges commerciaux. Mais en plus d'être privé d’une façade maritime, le pays est tiré vers le bas par plusieurs décennies de conflits armés qui empiètent sur son décollage économique. 

Le chef de l’Etat de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadera, et Ousmane Diagana, le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et l'Afrique centrale, ont signé, le vendredi 17 septembre, deux accords de financement dont l’un servira à densifier le réseau routier.

L’enveloppe de 75 millions $ qui représente la tranche du financement dédiée aux infrastructures de transport permettra de réhabiliter le corridor Bangui-Douala, la principale voie d’approvisionnement du pays qui constitue en même temps un axe essentiel du réseau communautaire de la CEMAC, parce que reliant également le Tchad. Les fonds serviront aussi à l’ouverture d’une route vers le Soudan. 

L’investissement global nécessaire pour la réalisation de ces ouvrages se chiffre à 86,50 millions $, l’apport de l’institution de Bretton Woods étant déjà approuvé depuis juin 2021. Le reste du financement, soit 11,5 millions $, sera pourvu par l’Agence française de développement.

Pour la Banque mondiale, « L'objectif du projet est de restaurer la connectivité de base des routes rurales dans les zones ciblées, d’améliorer la résilience climatique et la sécurité du corridor routier de Bangui à la frontière camerounaise, et de fournir les éléments constitutifs d'une gestion améliorée et résiliente du secteur routier ».

Long de 1 500 km, l'itinéraire Douala-Bangui constitue le maillon essentiel par lequel transitent des flux de marchandises estimés, d’après les statistiques de la douane camerounaise, à environ 55 milliards de FCFA (98,37 millions USD) en provenance ou à destination du port de Douala. Malheureusement, ce parcours n'est pas des plus aisés en raison des défis sécuritaires qui prévalent en République centrafricaine et du nombre exagéré de postes de contrôle qui perturbent le libre-échange et l’intégration sous-régionale.

Henoc Dossa (stagiaire) 

Lire aussi : 23/08/2021 - La RCA veut accélérer le projet de construction du pont sur la rivière Oubangui pour relier Bangui à la RDC voisine

13/09/2021 - La RCA veut faire du port de Zinga une alternative au corridor routier Bangui-Garoua Boulaï en proie aux milices

 

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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 23:06
New York: Omar Hilale reçu par le président centrafricain

LU POUR VOUS

 

New York: Omar Hilale reçu par le président centrafricain

https://www.lesiteinfo.com/ mercredi 22 septembre 2021 - 20:15

L’ambassadeur Représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies à New York, Omar Hilale, en sa qualité de président de la Configuration République Centrafricaine (RCA) de la Commission de la Consolidation de la Paix de l’ONU, a été reçu en audience par le président de la République Centrafricaine, Faustin Archange Touadera, en marge de sa participation à la semaine de Haut niveau de la 76ème session de l’Assemblée générale.

Le président centrafricain a chargé l’ambassadeur Hilale de transmettre ses vifs remerciements au roi Mohammed VI, pour sa Haute sollicitude et le soutien constant et multiformes du Royaume en faveur de son pays.

Le président Touadera a tenu à rendre hommage au contingent marocain au sein de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA), qui a payé un lourd tribut en assurant avec beaucoup de courage sa noble mission de protection des populations civiles et des acteurs humanitaires internationaux en RCA.

Il a informé exhaustivement l’ambassadeur Hilale, en sa qualité de président de la Configuration, des efforts qu’il a engagés, depuis sa réélection pour un second mandat à la magistrature suprême de la RCA, notamment le renforcement de la bonne gouvernance, la lutte contre l’impunité, le désarmement, la démobilisation, la réconciliation et la réintégration (DDRR), ainsi que la consécration et le renforcement de l’Etat de droit.

Cette audience s’est tenue en présence de Obed Namsio, ministre d’Etat et Directeur de Cabinet du Président de la République, Sylvie Baipo Témon, Ministre des Affaires étrangères, et de l’Ambassadeur de la République Centrafricaine à Washington, Martial Ndoubou.

 

L’ambassadeur Hilale reçu en audience par le président de la République Centrafricaine

https://www.mapexpress.ma/ mercredi, 22 septembre, 2021 à 20:44

Nations Unies (New York) – L’ambassadeur Représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies à New York, Omar Hilale, en sa qualité de président de la Configuration République Centrafricaine (RCA) de la Commission de la Consolidation de la Paix de l’ONU, a été reçu en audience par le président de la République Centrafricaine, Faustin Archange Touadera, en marge de sa participation à la semaine de Haut niveau de la 76ème session de l’Assemblée générale.

Le président centrafricain a chargé l’ambassadeur Hilale de transmettre ses vifs remerciements à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, pour Sa Haute sollicitude et le soutien constant et multiformes du Royaume en faveur de son pays.

M. Touadera a tenu à rendre hommage au contingent marocain au sein de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA), qui a payé un lourd tribut en assurant avec beaucoup de courage sa noble mission de protection des populations civiles et des acteurs humanitaires internationaux en RCA.

Il a informé exhaustivement M. Hilale, en sa qualité de président de la Configuration, des efforts qu’il a engagés, depuis sa réélection pour un second mandat à la magistrature suprême de la RCA, notamment le renforcement de la bonne gouvernance, la lutte contre l’impunité, le désarmement, la démobilisation, la réconciliation et la réintégration (DDRR), ainsi que la consécration et le renforcement de l’Etat de droit.

Pour sa part, l’ambassadeur Hilale a salué le leadership du président centrafricain et lui a réitéré le plein soutien du Maroc pour la concrétisation des priorités de la RCA, particulièrement l’organisation des élections locales et la mise en œuvre de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation (APPR-RCA).

Il a, également, réaffirmé son engagement, en tant que président de la Configuration, à poursuivre son action de mobilisation des partenaires – aussi bien les Nations Unies, que les organisations régionales, les bailleurs de fonds et les Institutions financières internationales – en vue d’assurer à la République Centrafricaine tout le soutien dont elle a besoin pour sa sortie de crise, la consolidation de la paix et le développement socio-économique.

Enfin, M. Touadera a invité l’ambassadeur Hilale à effectuer une visite en République Centrafricaine, en sa qualité de Président de la Configuration, en vue d’assister au lancement du Dialogue Républicain, prévu à la fin de cette année, étape cruciale pour la réconciliation et la reconstruction de la RCA.

Cette audience s’est tenue en présence de M. Obed Namsio, ministre d’Etat et Directeur de Cabinet du Président de la République, Mme Sylvie Baipo Témon, Ministre des Affaires étrangères, et de l’Ambassadeur de la République Centrafricaine à Washington, M. Martial Ndoubou.

 

LE PRESIDENT TOUADERA A REÇU EN AUDIENCE L’AMBASSADEUR OMAR ILAL, PRESIDENT DE LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX EN CENTRAFRIQUE

New-York le 22 septembre 2021_ Le Président de la République Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA a reçu aujourd’hui au Trump International Hôtel à 10, l’Ambassadeur marocain Omar HILAL, Président de la Commission de Consolidation de la Paix en Centrafrique auprès des Nations-Unies.

La tenue et la sécurisation des élections locales prévues au premier trimestre de l’an 2022, le retour définitif de la paix, la réconciliation et la cohésion sociale étaient au menu de cette audience.

Afin de consolider la paix dans son pays, et donner un dividende aux centrafricains qui avaient bravé les forces du mal en allant massivement aux urnes lors des dernières élections présidentielle et législatives, le Président TOUADERA sollicite le plaidoyer de l’Ambassadeur HILAL à tous les pays membres de sa configuration en vue d’appuyer ce dernier processus électoral qui permettra à la RCA de marquer son encrage démocratique.

Conscient qu’une campagne de désinformation est faite à dessein depuis quelques temps pour ternir l’image de son pays et occulter le retour progressif de la paix qui est fortement apprécié par ses concitoyens, le Chef de l’Etat centrafricain a demandé à l’Ambassadeur HILAL qui connait bien la RCA de plaider pour une remobilisation des grandes nations du monde pour sa cause.

En prenant la parole, l’Ambassadeur HILAL a félicité le Président TOUADERA pour sa brillante réélection à la Présidentielle de décembre 2021 et pour son leadership engagé qui ont abouti au maintien en places des institutions centrafricaines.

Tout en lui souhaitant les vœux pour la réussite de son second mandat, l’Ambassadeur a rappelé au Président de la République, la publication d’un communiqué que sa commission a faite suite à la tentative de la déstabilisation du pays par les forces de mal. « Vous aviez réussi à faire échec aux tentatives des groupes armés, vous êtes les autorités légitimes, vous aviez intégré les groupes armés dans le processus démocratique de votre pays, mais ils ont préféré retourner les armes contre vous, vous avez une obligation de défendre votre pays, assumez cette responsabilité, car le contraire aurait été fatal pour vous et votre peuple. J’ai été impressionné par le devoir civique des centrafricains qui n’ont pas suivi les mots d’ordre de ces forces du mal ».

Enfin, l’Ambassadeur Omar HILAL a promis au Président TOUADERA de faire des plaidoyers en faveur du retour de la paix en Centrafrique et du financement des élections locales qui incarnent pour lui, la démocratie de la proximité.

Le peuple centrafricain qui est résilient a besoin de participer à l’édification de ses communes, c’est pour cela qu’il s’est levé sous les balles pour aller voter son Président et ses députés. La RCA vit dans la stabilité depuis des décennies, tous les malheurs sont tombés sur ce pays qui se relève, les rebelles ont failli. Place maintenant au relèvement car il y a un temps pour faire la guerre. Les centrafricains veulent les hôpitaux, les écoles, du travail, des routes, telles sont les motivations qui ont amené le Président TOUADERA à solliciter le plaidoyer des Nations Unies en faveur de son pays.

Source : La Renaissance

New York: Omar Hilale reçu par le président centrafricain
New York: Omar Hilale reçu par le président centrafricain
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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 22:51
Comment l'argent des entreprises étrangères est englouti par un « système mafieux »
Comment l'argent des entreprises étrangères est englouti par un « système mafieux »

Lu pour vous

 

Les percepteurs de Nola | Comment l'argent des entreprises étrangères est englouti par un « système mafieux »

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Zammagazine.com Par Fiacre Salabé 18 août 2021

L'hôtel de Nola, construit par la municipalité avec les fonds des entreprises forestières. Image © Fiacre Salabé

Depuis des années, des centaines de millions de francs CFA ont été envoyés aux autorités municipales de Nola, une ville du sud de la République centrafricaine (RCA). Cet argent, provenant des impôts et taxes payés par les entreprises forestières opérant dans la zone densément boisée, est destiné aux services publics comme la construction d'hôpitaux, d'écoles, de bâtiments de marché et de nouvelles routes reliant les zones rurales à la ville. Entre 2015 et 2020, la municipalité a reçu bien plus de 726 millions de FCFA, soit 1,3 million de dollars US d'une seule entreprise. Mais la population locale n'a vu aucun résultat.

L'histoire est la même dans d'autres parties de la RCA. Le bois, qui représente la moitié des recettes d'exportation de la RCA, offre aux élites politiques du pays des opportunités élaborées de les détourner vers leurs propres poches. Quelle est la voie à suivre lorsque les grandes sociétés extractives internationales paient leurs impôts, mais qu'un État kleptocratique continue de siphonner ces fonds ?

« Les tensions sociales vont continuer à monter et les gens pourraient bien se retourner contre les autorités. » Une enquête sur l’héritage pervers d’un système « concessionnaire ».

Diamants, or, bois et rébellions armées

Chaque fois que la République centrafricaine (RCA en abrégé) fait l'actualité, c'est invariablement pour toutes les mauvaises raisons. Le souverain mégalomane Jean-Bédel Bokassa, installé par la France en 1965, s'est couronné empereur douze ans plus tard lors d'une cérémonie qui a coûté la totalité du budget national annuel du pays. Après l'éviction de Bokassa en 1979, également par la France - qui a envoyé des troupes pour le faire plier -, le pays a pansé ses plaies jusqu'à des élections plus ou moins démocratiques en 1993. Depuis, coups d'État, contre-coups d'État, troubles et rébellions armées rythment la vie d'ici. , culminant dans les raids horriblement destructeurs des gangs armés opposés (les tristement célèbres Séléka et Anti-Balaka) qui ont dévasté la vie de bon nombre des cinq millions d'habitants du pays. Une élection présidentielle de 2015-16 a rétabli un semblant de normalité dans la capitale, Bangui, mais l'insécurité reste omniprésente dans de nombreuses régions du pays, malgré la présence d'une (encore) mission de maintien de la paix de l'ONU et de mercenaires russes.

Les diamants ont été la marchandise la plus connue de RCA, ne serait-ce qu'à cause du légendaire colis de diamants que l'ancienne présidente française Valérie Giscard d'Estaing a reçu de l'empereur Bokassa. L'extraction de l'or se produit également dans diverses régions du pays. Mais le pilier de l'économie d'exportation de la RCA est le bois.

Nola, à 457 kilomètres de la capitale Bangui, est la principale localité de la préfecture densément boisée du sud de la Sangha-Mbaéré, frontalière du Cameroun et de la République démocratique du Congo (1). Deux grands fleuves, Kadeï et Mambéré, coupent la ville en trois parties. Si vous venez de Bangui par voie terrestre – une tâche difficile sur des routes non goudronnées – vous devez traverser la rivière pour vous rendre dans la partie de la ville qui abrite l'administration civile. Il est censé y avoir un ferry, mais la plupart du temps, vous constaterez qu'un bateau en bois ouvert (appelé «pirogue») vous attend. Il n'y a pas de ponts, même si le gouvernement central en avait promis un en 2018.

Se vendre

Nola manque également de routes goudronnées et d'électricité. Ceux qui peuvent se le permettre achètent des générateurs d'électricité coûteux, qui sont ensuite alimentés par du diesel relativement bon marché introduit en contrebande en ville depuis Kenzou, au Cameroun voisin. Ceux qui peuvent se le permettre, c'est-à-dire ceux qui vivront probablement dans l'une des maisons les plus chics de Nola, gagnent leur argent soit grâce à l'exploitation artisanale de l'or, soit en vendant le bois de la région.

Le dernier recensement, tenu en 2003, met la population de la commune à 85 000 ; il est susceptible d'être beaucoup plus aujourd'hui. La plupart des habitants de cette région vivent de la terre ou des rivières. L'agriculture et la pêche sont les activités principales, à côté de l'élevage et en utilisant tout ce qui peut être récolté dans les forêts : champignons, feuilles qui peuvent être utilisées pour la cuisine, chenilles comestibles qui se vendent à bon prix sur le marché. Certains habitants sont salariés des entreprises forestières (2) qui opèrent dans la zone et certains travaillent dans le secteur de l'exploitation aurifère. Ce dernier tombe carrément dans la catégorie artisanale; une seule mine semi-industrielle est exploitée par une entreprise chinoise.

En ce qui concerne les commodités, il n'y a pas grand-chose à dire. Les écoles et les hôpitaux, comme il en existe, sont en très mauvais état. Souvent, les cliniques ne peuvent offrir que les services les plus élémentaires parce qu'elles manquent à la fois de l'équipement et des médicaments pour faire autre chose. (Ne faites pas l'erreur d'avoir un accident à Nola.) Dans les écoles, les classes sont ingérablement grandes, avec jusqu'à quatre-vingts élèves entassés dans une pièce, parfois plus. Les marchés, par définition le principal échange économique dans des endroits comme ceux-ci, se déroulent en plein air, sans protection contre le soleil ou la pluie pour les vendeurs – pour la plupart des femmes – et leurs marchandises.

Il y avait un financement pour le marché.

Pourtant, il y avait du financement pour un bâtiment approprié pour le marché. Et pour un certain nombre d'écoles, de cliniques et de routes, qui devaient toutes être construites par la municipalité de Nola, avec un budget suffisant pour le faire.

Timberland

La société Timberland, relativement nouvelle venue sur la scène centrafricaine, a été créée en 2015 et est un acteur de premier plan dans la région de Nola depuis cinq ans. Sa concession est vaste : 228 836 hectares, selon le plan de gestion forestière de l'entreprise, vu par ZAM. Le plan indique que la "superficie utile" s'élève à 166 357 hectares, sur lesquels il peut couper des arbres pour l'exportation. Elle emploie près de trois cents travailleurs, la plupart à Nola et dans ses environs mais aussi sur ses concessions de Bilolo, à vingt-quatre kilomètres à l'ouest, et de Salo, à soixante-trois kilomètres au sud.

Le directeur général de Timberland est assez fier du bilan de l'entreprise. Augustin Agou, ancien membre du parlement du pays pour le premier arrondissement de la capitale Bangui, déclare que « (Timberland) a pu employer plusieurs femmes et jeunes dans chaque endroit où nous travaillons. Nous pensons qu’employer des femmes et des jeunes qui étaient auparavant sans travail contribue à une réduction du chômage (dans ces zones).’

L'entreprise veut également faire savoir qu'à la demande du chef du village, elle a construit une école dans le village de Komassa, et qu'elle a fait de même dans deux autres localités de la communauté de Nola, Mbiya et Monguiza. Remarquablement, ils ont financé ces écoles séparément, en plus de l'argent qu'ils ont également versé aux autorités municipales locales, dans le même but. C'est l'autorité municipale de Nola qui était en fait censée construire les écoles. Où est passé l'argent versé par Timberland à l'autorité municipale de Nola, est une question qui restera sans réponse.

On ne sait pas où est passé l'argent versé par Timberland.

Langage noble

Il existe un Code forestier, adopté en République centrafricaine en 2008. Le texte contient un langage noble, entre autres sur la conciliation de l'exploitation des produits forestiers avec les exigences liées à la conservation du patrimoine forestier et de la diversité biologique de la nation, et sur la protection de la forêts de manière à ce qu'elles puissent commencer à se régénérer une fois l'opération d'extraction terminée. La loi suit tous les traités et accords internationaux pertinents dont la République centrafricaine est signataire.

Le Code forestier prévoit également un plan de gestion forestière, qui nous indique la superficie sur laquelle une société d'exploitation forestière est autorisée à opérer et où se trouvent les limites de ces zones. Il stipule en outre les types précis d'arbres qu'une entreprise donnée est autorisée à abattre et à exporter. Une version du document remis à ZAM par le directeur général de Timberland, Augustin Agou, nous donne les noms locaux des arbres que la société est autorisée à exporter, avec leurs descriptions latines telles que Autranella Congolens et Pycanthus Angolensi.

Ce n'est pas tout ce qu'Agou montre à ZAM. Nous avons également un aperçu de leurs dossiers financiers, qui montrent que Timberland verse douze millions de FCFA par mois, soit plus de 21 000 $ US, à la municipalité de Ndola. Cela représente trente pour cent de tous les impôts et taxes que l'entreprise doit payer aux autorités ; le reste va au gouvernement national. Les autorités locales devraient utiliser leur part pour fournir des services de base, tels que des cliniques et des médicaments, de nouvelles écoles ou la restauration d'écoles existantes là où cela est nécessaire, la construction et la restauration de routes rurales, qui sont dans un état lamentable dans tout le pays, et la construction des bâtiments du marché. En cinq ans d'exploitation forestière entre 2015 et 2020, cela s'est traduit par le transfert d'un peu plus de 726,6 millions de FCFA ou 1,3 million de dollars US par le seul Timberland.

Un panneau routier et un marché inachevé

« Les autorités municipales ici à Nola reçoivent des centaines de millions des entreprises qui exploitent les forêts de notre région, mais nous ne savons jamais où vont ces fonds », explique Gatien Ngoma, président de l'association locale des jeunes de Nola. Ngoma ne cache pas son dégoût devant la mauvaise gestion de ces fonds. « Cette commune dispose d'un budget (annuel) d'environ quatre-vingts millions de FCFA (145 000 US$) et cent millions de FCFA (180 000 US$). Mais encore une fois, nous n'avons aucune idée à quoi sert réellement l'argent qu'ils collectent. Regardez l'état de cette ville ! » Il ajoute : « Il ne se passe jamais rien (pour améliorer le quartier). Même le personnel du bureau des maires a du mal à être payé à temps. Au moment où je vous parle maintenant, le paiement des salaires a été retardé. » Il prévient que « les tensions sociales continueront de monter » et que les gens pourraient bien « se retourner contre » les autorités locales.

En se promenant dans Nola, ce que dit Ngoma est clairement vrai. Aucun établissement de santé publique n'a été construit ou approvisionné, aucune école n'a été rénovée. Les trois seules choses qui ont été construites au cours des dernières années sont un panneau routier à une intersection à dix kilomètres de la ville (voir photo), un tout petit hôtel (voir photo) et une structure en plein air qui est censée devenir un marché couvert pour les vendeurs locaux, mais est inachevé. En calculant les coûts probables de ces structures, ZAM a constaté que le panneau routier et l'auberge (de seulement trois chambres) étaient fortement surévalués et surfacturés à quarante millions de FCFA (72 000 USD), ce qui fait suspecter un rembourrage pour les pots-de-vin pour les les responsables de la mise en service. Aucune trace du financement restant, alloué à la municipalité par Timberland, n'a pu être trouvée.

Les villageois réparent eux-mêmes les routes, facturant des redevances sur le trafic commercial.

Cette pratique se répète à travers le pays. Loin de la préfecture de Sangha-Mbaéré, en route vers Bangui, on retrouve la même situation dans la préfecture de Mambéré-Kadeï et sa capitale Berberati. Ici, diverses sociétés forestières comme SEFCA (Liban) et SESAM (France) et encore une fois aussi la propre Timberland de la RCA, détiennent des concessions dans la zone forestière de Berberati. Ici aussi, ils paient trente pour cent de leurs impôts et taxes aux autorités municipales locales. Et là aussi, les écoles et les hôpitaux sont dans un état lamentable, les marchés restent à découvert et les routes rurales sont entretenues au hasard par les villageois, qui, pour gagner de l'argent pour ce travail, érigent des barrages routiers improvisés où ils facturent des frais de trafic commercial.

Cette pratique se répète à travers le pays. Loin de la préfecture de Sangha-Mbaéré, en route vers Bangui, on retrouve la même situation dans la préfecture de Mambéré-Kadeï et sa capitale Berberati. Ici, diverses sociétés forestières comme SEFCA (Liban) et SESAM (France) et encore une fois aussi la propre Timberland de la RCA, détiennent des concessions dans la zone forestière de Berberati. Ici aussi, ils paient trente pour cent de leurs impôts et taxes aux autorités municipales locales. Et là aussi, les écoles et les hôpitaux sont dans un état lamentable, les marchés restent à découvert et les routes rurales sont entretenues au hasard par les villageois, qui, pour gagner de l'argent pour ce travail, érigent des barrages routiers improvisés où ils facturent des frais de trafic commercial.

L'histoire du gouvernement national, qui après tout reçoit soixante-dix pour cent des impôts et taxes payés par les sociétés forestières, ne diffère pas de ce qui se passe au niveau municipal. Le fait que les enseignants dans tout le pays sont mal formés ou pas du tout formés, qu'aucun médicament n'atteint même jamais les zones rurales et que les routes nationales sont tout aussi mauvaises que les routes régionales, pèsent carrément sur eux.

Un héritage perverti

Le gouvernement national de la RCA a historiquement été autorisé à négliger simplement toute zone (boisée ou non) en dehors de la capitale. Un ancien « système concessionnel », jadis introduit par la puissance coloniale française, sous-traitait littéralement l'exploitation des ressources présentes dans ces zones à des entreprises privées, en l'occurrence le bois. Les entreprises peuvent retirer ces ressources de la zone tant qu'elles paient des « taxes » aux autorités. Cette taxe est censée éduquer les enfants et soigner les malades, ainsi que financer la construction de routes, de marchés et d'autres infrastructures dans les lieux où travaillent les entreprises. Mais personne ne s'assure que les autorités locales le font réellement. C'est ce système qui a perverti l'État à tous les niveaux et transformé les autorités supposées gouvernant le pays en des organes qui absorbent simplement de l'argent, mais ne se sentent pas obligés de servir les citoyens.

La position de concession

Lorsque la France a colonisé la République centrafricaine, elle s'est lancée dans une gigantesque opération de démembrement d'actifs. Pour cela, il a fait deux choses : il a engagé des sociétés pour faire le démembrement des actifs pour le compte de la France et il s'est assuré que ces sociétés payaient le Trésor français pour le privilège. Cela a abouti à la création d'un système violent d'exploitation impitoyable, qu'il s'agisse de l'ivoire qui pouvait être obtenu avant que la chasse à l'échelle industrielle n'anéantisse la quasi-totalité de la population d'éléphants, ou des diamants et de l'or qui ont été découverts, ou de la culture du coton. introduit dans la première moitié du 20e siècle, ou s'emparer des abondantes ressources forestières du pays. Le « système de concession », comme on l'appelait, fonctionne jusqu'à ce jour ; seulement maintenant, au lieu de payer le Trésor français, les entreprises paient le gouvernement centrafricain « indépendant » et ses autorités locales. Pendant ce temps, tout comme au bon vieux temps de la colonie, l'élite politique locale qui habite ces structures, fait peu ou rien. Le système de concession a depuis été étendu aux zones non exploitantes, où des institutions extérieures au moins formellement « prennent soin » des citoyens centrafricains. Le maintien de la paix et les soins de santé sont deux de ces domaines, qui sont désormais principalement menés par les Nations Unies, des groupes de mercenaires étrangers et – dans le cas des soins de santé – par des ONG internationales.

Les donateurs autorisent le siphonnage ou détournent le regard.

Les acteurs étrangers en RCA participent à ce système. Les entreprises paient d'importantes sommes d'impôts et de prélèvements aux différents niveaux de l'administration, ce sur quoi les autorités continuent d'insister (en fait, on pourrait dire que les autorités centrafricaines voient leurs devoirs principalement en termes de collecte d'impôts : les observateurs qualifient régulièrement le gouvernement de -obsédé'). Dans le même temps, les entreprises s'engagent également dans ce que l'on pourrait appeler du travail social, souvent à la demande de dirigeants communautaires tels que les chefs de village, qui considèrent la présence d'entreprises comme Timberland comme le dernier recours pour accomplir un travail que leur propre gouvernement pas faire. Les organisations internationales de développement et les donateurs laissent détourner une partie des largesses qu'ils accordent au pays ou détournent le regard lorsque leurs « partenaires » locaux se servent eux-mêmes de ressources qui devraient profiter à la population.

Un comité papier

Remarquablement, le gouvernement national tente parfois de donner l'impression de gérer un service public. Une recherche de ZAM dans les archives du gouvernement de Bangui a mis au jour un arrêté interministériel (numéroté 009/MISCP/CAB), qui met en place un comité interministériel de neuf membres chargé d'approuver ou de rejeter les programmes prétendument financés par les taxes et prélèvements des sociétés forestières. Il est supervisé par le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité publique qui, sur le papier, délègue deux représentants au comité, tout comme le ministère des Eaux, Forêts, Chasse et Pêche. Plus loin dans le comité siègent un représentant du ministère de l'Administration territoriale, deux des autorités locales (en l'occurrence Nola) et enfin deux des organisations locales travaillant dans la commune.

Selon l'arrêté interministériel, cette structure de poids lourds a pour mission d'évaluer les plans qui sont soumis à l'approbation des collectivités locales (en l'occurrence toujours Nola). Encore une fois, selon l'Ordre, le comité doit rédiger un rapport à la suite de chaque réunion, qui doit contenir des informations sur les programmes qui ont été approuvés. Il doit ensuite transmettre ces rapports au ministère de l'Intérieur et de la Sécurité publique.

Un « système mafieux »

À Nola, et ailleurs en dehors de la capitale Bangui, le manque de contrôle du gouvernement central n'est qu'un aspect d'une situation où les élites dirigeantes locales s'emparent simplement de l'argent apporté par les entreprises et les donateurs. Les citoyens ordinaires n'ont pas leur mot à dire sur ce que font ces autorités locales, puisque celles-ci ne sont même pas élues, mais nommées par le gouvernement central (3). En conséquence, les maires et conseillers locaux doivent se plier au pouvoir qui vient de leurs protecteurs et bienfaiteurs au niveau national, avec qui ils partagent les impôts et taxes payés par les entreprises étrangères.

Ils ne peuvent faire que ce que leurs maîtres veulent qu'ils fassent.

Un haut fonctionnaire du ministère des Eaux et Forêts l'a exprimé ainsi : « Tout d'abord, comme vous le savez, les maires ne sont pas élus par le peuple mais nommés. Alors, ils ne peuvent faire que ce que leurs maîtres, qui les ont mis en place, veulent qu'ils fassent. C'est pourquoi ces taxes et prélèvements ne sont pas utilisés comme prévu. Et cela ne s'applique pas seulement à Nola ; il y en a partout'.

Le responsable, qui a demandé à rester anonyme, a ajouté que les voix des populations locales sont tout simplement ignorées. « Savez-vous à quelle fréquence (ils) dénoncent ces réseaux frauduleux qui se financent avec l'argent des compagnies forestières ? Mais personne au niveau gouvernemental ne dit rien, et ces activités restent donc non autorisées. Tout le monde a sa part du gâteau et le système fonctionne de haut en bas. Les collectivités locales comme celle de Nola sont toujours couvertes par celles de Bangui'.

Et ainsi, les citoyens centrafricains sont obligés de rester debout et de regarder les arbres disparaître. Lors d'entretiens avec ZAM, les représentants de diverses associations de jeunes et de femmes de Nola ont tous confirmé qu'ils ne sont jamais consultés par leurs fonctionnaires locaux sur la manière dont se fait l'exploitation des forêts, et encore moins sur ce qu'il advient des revenus qui en découlent. Ils appuient tous l'idée d'un audit approfondi de ce qui entre et sort des caisses municipales, mais n'ont aucune idée si un tel audit aura lieu un jour.

Même le directeur général de Timberland, Augustin Agou, se retrouve impuissant. La question est : que peut-il faire, demande-t-il, visiblement bouleversé, lors de notre entretien. Il explique qu'il serait « tout seul » s'il commençait à dénoncer publiquement un « système mafieux » dont tout le monde sait qu'il existe, mais contre lequel il ne peut rien. Les élites de Bangui sont un petit groupe très soudé, qui resserrera très rapidement les rangs contre quiconque dénonce leurs manigances, dit-il. Dénoncer publiquement ces malversations le mettra, lui et son entreprise, dans une position désavantageuse vis-à-vis de la concurrence, peut-être moins scrupuleuse (4). Agou ne veut même pas envisager un scénario où son entreprise cesserait de payer ses impôts jusqu'à ce que le gouvernement autorise la transparence comptable. Ce sera tout simplement la fin du permis de Timberland, dit-il, puisqu'il s'agira d'une violation du Code forestier de 2008.

Les questions posées par ZAM aux bureaux du gouvernement local à Nola ont été accueillies par le silence.

Remarques

1. La RCA est subdivisée en seize préfectures, dont Sangha-Mbaéré, à peine plus petite que les Pays-Bas, couvre l'extrême sud-ouest du pays.

2. Les entreprises qui travaillent dans les forêts sont désignées dans le présent article soit par les entreprises forestières, soit par les entreprises d'exploitation forestière, soit par les entreprises du bois.

3. Lorsque la démocratie est arrivée en RCA en 1993 avec les toutes premières élections présidentielles et législatives ouvertes après trente-trois ans d'indépendance, il y avait un absent notable sur les listes électorales : les autorités locales.

4. Par exemple, un rapport de juillet 2015 de l'ONG londonienne chargée d'enquêter sur l'utilisation abusive des ressources a accusé la société libanaise SEFCA d'avoir payé des milices Séléka pour protéger leurs installations en 2013, après que certaines d'entre elles aient été pillées et vandalisées. SEFCA n'a jamais répondu à ces allégations.

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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 15:26
Un écran de fumée autour de la présence des mercenaires russes au Mali
Un écran de fumée autour de la présence des mercenaires russes au Mali

Lu pour vous 

 

Un écran de fumée autour de la présence des mercenaires russes au Mali

 

https://mondafrique.com/ By La rédaction de Mondafrique 22 septembre 2021

Le 13 septembre une dépêche de Reuters met le feu aux poudres, un accord entre Bamako et Wagner, une entreprise privée de mercenaires russes appartenant à l’oligarque Evgueni Prigojine serait sur le point d’être conclu. Florence Parly agite le chiffon rouge et menace. La cacophonie au sein des autorités maliennes laisse planer le suspense…

Les mercenaires existent depuis l’antiquité et ont toujours déchaîné les passions. L’entrée en scène dans les conflits des sociétés militaires privées (SMP) à la fin des années 1980 ont renouvelé le genre, mais avec l’arrivée de l’ours russe dans l’univers de la privatisation de la guerre le débat s’enflamme.

La mémoire courte

Florence Parly a fait le déplacement les 19 et 20 septembre à Niamey et Bamako pour tirer la sonnette d’alarme. Au Niger, la ministre des Armées a déclaré : «  On ne va pas pouvoir cohabiter avec des mercenaires ». Sous entendant ainsi que la France pourrait quitter le Mali si d’aventure le président de la Transition, Assimi Goïta, et son gouvernement osaient signer un contrat avec Wagner. Au Mali en rencontrant son homologue, elle a réitéré ses menaces de manière plus diplomatique « au moment où jamais la communauté internationale n’a été aussi nombreuse à combattre le terrorisme, un tel choix serait celui de l’isolement ».

Pourquoi cette si soudaine fébrilité ? Les tractations avec cette société militaire privée ne sont pas nouvelles et ne datent pas de l’arrivée des colonels au pouvoir. Pour rappel, l’ancien chef d’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a signé le 17 juin 2019, un accord de coopération militaire avec Moscou lors du salon Army 2019. Cet accord prévoyait une coopération pour soutenir techniquement les armées locales et entretenir le matériel. En octobre de la même année, lors du Sommet de Sotchi, le ministre de la Défense malien Ibrahim Dahirou Dembélé et son homologue russe Sergueï Choïgou avaient déjà entériné l’implantation d’une unité de Wagner dans ce pays. A l’époque, le général Dembélé ne disait pas autre chose que ce qu’expriment les autorités maliennes d’aujourd’hui « On ne va pas mettre tout le Mali dans un seul sac et croiser les bras ». Et Paris n’avait pas réagi. Quelques mois plus tard, en décembre 2019, l’AFP assurait que des « consultants du groupe russe Wagner avaient été vus à Bamako ». Et Parly était restée silencieuse…

Le Mali parle pour surtout ne rien dire… 

Sans doute qu’à l’époque, les autorités françaises pensaient avoir plus de prise sur IBK qu’elle n’en a aujourd’hui sur ces jeunes colonels si indisciplinés envers l’ancienne puissance coloniale. Depuis le début de la polémique, le président de la transition, Assimi Goita est resté silencieux. Son Premier ministre Choïguel est monté au créneau : «  Il y des partenaires qui ont décidé de quitter le Mali pour se replier sur d’autres pays, il y a des zones qui sont abandonnées. (…) Est-ce qu’il ne faut pas avoir des plans B ? » Puis, comme pour contredire ses propos, le secrétariat des Affaires étrangères a publié un long communiqué dans lequel il s’insurge contre ceux qui prêtent aux autorités maliennes la volonté « d’engager des mercenaires. Le gouvernement du Mali s’étonne et s’interroge sur ces allégations basées uniquement sur des rumeurs et des articles de presse commandités s’inscrivant dans une campagne de dénigrement de notre pays. »  Quant à Sadio Camarale ministre de la Défense qui discute avec Moscou, il aurait assuré, selon l’AFP, à Florence Parly qu’aucun acte n’a été posé avec Wagner mais que l’abandon de la France obligeait à tout envisager pour sécuriser le pays. La ministre est donc repartie de Bamako sans obtenir d’assurance, le jeu reste ouvert !

Si la cacophonie au sein du gouvernement malien à l’avantage de maintenir la pression sur Paris et de faire monter les enchères, elle illustre avant tout les divergences de vues sur ce dossier entre membres de la junte. Les uns ne souhaitant pas s’aliéner la France, les autres cherchant à se prémunir d’un retour de boomerang de leur coup d’Etat. Puisque ledit contrat, qui verrait 1000 mercenaires de Wagner débarquer au Mali, porterait sur deux points :  la formation de l’armée et la protection des hauts responsables. La formation des soldats maliens étant déjà assurée par l’Union européenne, c’est évidemment ce dernier aspect qui séduit le plus les colonels. 

La formation de l’armée malienne et la protection des hauts responsables. Ce dernier aspect est sans doute celui qui séduit le plus les colonels qui craignent le retour de boomerang de leur coup d’Etat. Le ministre malien de la Défense a admis discuter avec tout le monde  mais n’avoir rien signé avec Wagner. Le Premier ministre Choïguel a, lui, été plus clair en faisant référence aux décisions françaises de réduire la voilure de l’opération Barkhane : «  Il y des partenaires qui ont décidé de quitter le Mali pour se replier sur d’autres pays, il y a des zones qui sont abandonnées. (…) Est-ce qu’il ne faut pas avoir des plans B ? » Puis, le secrétariat des Affaires étrangères a publié un long communiqué dans lequel il s’insurge contre ceux qui prêtent aux autorités maliennes la volonté « d’engager des mercenaires.»

 En réalité, ces déclarations montrent à la fois l’embarras de Bamako vis-à-vis de la fronde lancée par les autorités françaises et les divisions existantes entre les membres de la junte. D’autant que si l’on en croit la dépêche de Reuters, ledit contrat avec Wagner porterait sur deux points : la formation de l’armée malienne et la protection des hauts responsables. Ce dernier aspect est sans doute celui qui séduit le plus les colonels qui craignent le retour de boomerang de leur coup d’Etat.

La Russie botte en touche

Du côté du Kremlin, on doit regarder toute cette effervescence d’un œil goguenard. Dernièrement, Prigojine, le patron de Wagner s’est déjà amusé à mettre Paris dans l’embarras en créant dans l’Hexagone une fondation qui a pour mission d’aider les associations à lutter contre les violences policières (sic).  Signe qu’on rigole bien à Moscou, le sigle de cette fondation est FBI…

En pleine tempête, le porte-parole du Kremlin ne s’est pas démonté et a déclaré froidement et sobrement le 14 septembre « Il n’y a aucun représentant des forces armées russes (au Mali) et aucune négociation officielle n’est en cours ». Circulez, il n’y a rien à voir ? Dmitri Peskov, joue sur du velours, les SMP étant interdites en Russie, les quelques 14 sociétés existantes sont toutes domiciliées dans des paradis lointains, il n’y a donc pas de liens officiels entre elles et les autorités russes.  La répartie était donc toute trouvée. 

L’affaire n’est pas terminée pour autant. D’après des sources centrafricaines qui connaissent bien Wagner puisque ses mercenaires officient à Bangui, des dizaines d’hommes de Prigojine seraient déjà à Bamako, d’où la colère de Paris ?

 

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