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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 23:22
En RCA, à la découverte de Bossangoa, diocèse martyr des groupes armés

Lu pour vous

 

www.africa.la-croix.com 

Bossangoa, diocèse martyr des groupes armés

En RCA, à la découverte de Bossangoa, diocèse martyr des groupes armés
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En RCA, à la découverte de Bossangoa, diocèse martyr des groupes armés

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Centrafrique-Presse.com
20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 23:10
MSF s'inquiète du sort de quatre employés détenus en Centrafrique

 

 

MSF s'inquiète du sort de quatre employés détenus en Centrafrique

   

BANGUI, 20 décembre à 17:15 (Reuters) - Quatre employés de Médecins sans frontières (MSF) sont détenus par les autorités centrafricaines depuis un raid mené samedi dernier par les forces de sécurité dans un hôpital de Bangui géré par l'ONG, a déclaré MSF vendredi.

    Les quatre employés - un international et trois locaux – ont été emmenés sans aucune explication lors de cette opération menée par des éléments "lourdement armés" des forces de sécurité centrafricaines, a précisé MSF dans un communiqué.

    "Nous sommes extrêmement inquiets pour nos employés. Nul ne peut être retenu par des forces de l'ordre sans être informé des motifs et nous demandons à ce que ces atteintes graves cessent immédiatement", a déclaré Pierre Mendiharat, directeur adjoint des opérations pour Médecins Sans Frontières.

    L'un des employés a été retenu jusqu'au 19 décembre dans les locaux de l'Office centrafricain de répression du banditisme (OCRB) avant de faire l'objet d'un "transfert brutal" vers les locaux de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), a encore indiqué MSF. 

    Les trois autres employés sont retenus contre leur gré dans  les locaux de l'OCRB depuis la soirée du 18 décembre.

    MSF, qui gère 13 programmes médicaux en République centrafricaine, a décidé de suspendre ses activités à l'hôpital de SICA à Bangui, à l'exception de la prise en charge des urgences vitales.

 

 (version française Jean-Stéphane Brosse)

 

 

Centrafrique : L’ONG Médecins Sans Frontières dénonce la détention de quatre de ses employés à Bangui

 

BANGUI, le 20 décembre 2019 (RJDH)--- Dans un communiqué paru ce vendredi 20 décembre, Médecins Sans Frontières a dénoncé la détention de quatre de ses employés de Médecins Sans Frontières (MSF) sans qu’aucune explication ne soit donnée et contre leur gré dans les locaux de l’Office Centrafricain de Répression du Banditisme (OCRB) et de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) à Bangui en République Centrafricaine depuis la semaine passée.

Dans le communiqué de MSF, l’organisation médicale non-gouvernementale demande des explications sur l’arrestation de ses employés dans le cadre de leur travail. «Nous demandons des explications claires sur les raisons pour lesquelles nos employés sont arrêtés et retenus au mépris du droit applicable et sur les procédures en cours. Il est inacceptable que du personnel hospitalier soit traité ainsi alors qu’ils ne font que leur travail» déclare Pierre Mendiharat, directeur adjoint des opérations pour Médecins Sans Frontières.

Selon MSF, le samedi 14 décembre, des éléments armés des forces de sécurité centrafricaines ont fait irruption dans l’hôpital SICA géré par MSF à Bangui. Ils étaient lourdement armés malgré l’interdiction claire d’introduire des armes dans les structures médicales.

« Des opérations de fouille ont ensuite été entreprises dans les locaux de l’hôpital et d’autres bâtiments de l’organisation. Des employés internationaux du personnel MSF ont été sommés de se rendre dans les locaux de l’OCRB, escortés de plusieurs véhicules de police. L’un d’eux y a été retenu, sans notification des motifs, jusqu’au 19 décembre, date à laquelle il a fait l’objet d’un brutal transfert vers les locaux de la DST »,  a déploré  MSF, et de poursuivre, l’ONG indique que, « trois autres employés sont retenus contre leur gré dans les locaux de l’OCRB depuis la soirée du 18 décembre. Nous sommes extrêmement inquiets pour nos employés. Nul ne peut être retenu par des forces de l’ordre sans être informé des motifs et nous demandons à ce que ces atteintes graves cessent immédiatement » ajoute Pierre Mendiharat.

Dans le communiqué, les responsables de MSF ont précisé qu’ils ont en vain de tenter d’avoir des éclaircissements sur les circonstances de l’arrestation de ses employés. « Malgré nos efforts pour comprendre ce qui nous est reproché, nous n’avons toujours aucune explication. Dans ces conditions, nous n’avons d’autre choix que de suspendre nos activités à l’hôpital de SICA à Bangui, à l’exception de la prise en charge des urgences vitales. Pour pouvoir continuer à soigner, nous avons besoin de garanties quant à l’engagement de tous à respecter le droit et l’éthique médicale dans nos structures, envers nos patients et nos équipes» conclut-il.

Le RJDH a contacté les responsables de la police nationale pour avoir les raisons de l’arrestation des 4 employés de MSF, mais nos tentatives sont restées vaines.

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 23:37
Non, tous les hommes ne sont pas égaux par Jacques Neirynck

Lu pour vous

 

 https://blogs.letemps.ch/ 18 décembre 2019  Jacques Neirynck  

 

Une Constitution qui se respecte commence par affirmer l’égalité de tous. Une fois cela dit, les juristes peuvent se reposer sur une bonne conscience inaltérable, car ils ont fait leur devoir. Il reste aux autres à faire le leur, à mettre en pratique cette injonction et à prendre au sérieux cette espérance. Dans la réalité, cette excellente intention donne les résultats suivants.

L’espérance de vie dépasse 83 ans dans trois pays, le Japon, la Suisse et Singapour. Elle n’atteint pas 53 ans dans trois pays, la Centrafrique, l’Angola et le Sierra Leone, tous trois situés en Afrique. Le pays le plus riche du monde, le plus puissant, à la pointe de la science, les Etats-Unis ne se situe qu’en trente cinquième position, à 78 ans après Cuba, Costa Rica et les Maldives. Autre inégalité : en moyenne dans le monde les femmes vivent 5 ans de plus que les hommes.

Cela, semble-t-il, devrait dépendre des dépenses de santé, mais ce n’est pas le cas. En dépensant 17% de son PIB, les Etats-Unis en font très mauvais usage alors que la Suisse avec 12% fait nettement mieux, en n’y consacrant que les deux tiers du budget américain. Notons en passant que les Etats-Unis ont reçu 100 prix Nobel de médecine (combien d’immigrants attirés par le brain drain ?) contre 7 pour la Suisse. Compte tenu de la population des deux pays, nous jouissons d’un net avantage. Comme quoi notre système de santé, tellement critiqué ne devrait pas l’être du tout. Les derniers de ce classement sont sans surprise Madagascar, la République démocratique du Congo et la Centrafrique.

Le PNB par habitant favorise trois pays, le Luxembourg, la Norvège et la Suisse au-dessus de 55 000 $ par an. Il est scandaleusement bas pour le Libéria, la République démocratique du Congo et le Burundi, tous trois en dessous de 150 $ par an, soit 366 fois moins que le trio de tête. Dans les trois pays les plus riches, chaque habitant produit en un jour plus que ce que produit le plus pauvre en un an.

Cela dépendrait-il de la formation ? La dépense par étudiant dans l’enseignement supérieur est la plus élevée dans quatre pays de l’OCDE, le Luxembourg, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Suisse, au-dessus de 25 000 dollars par an. En queue de liste viennent la Grèce, l’Indonésie et le Brésil. Les pays hors OCDE sont tellement bas que l’on n’en parle pas. La France ne vient qu’en huitième position, malgré la réputation de ses institutions, bien dépassées par la compétition internationale.

Restent les critères de moralité. Par exemple, le taux de morts par accidents de la route pour 100 000 habitants : le record est atteint et dépassé par l’Iran, la Thaïlande et la République démocratique du Congo qui surpassent tous les trois le chiffre de 30, soit dix fois plus que la Suisse, la Suède ou les Pays-Bas. Quant aux homicides volontaires, le champion est le Salvador avec 83 morts par 100 000 habitants. Le Japon, Singapour et la Suisse s’inscrivent en queue de liste avec moins d’un mort pour 200 000 habitants. Les Etats-Unis avec 5,4 morts ne s’inscrivent de nouveau que dans une moyenne médiocre, entre la Mongolie et la Lituanie. On n’étonnera personne en mentionnant que les champions du taux nul sont Monaco, le Liechtenstein et le Vatican

Que tirer de cette débauche de statistiques, qui n’aura pas manqué d’agacer certains lecteurs, plus enclins à se fier à leurs préjugés, leurs impressions et leurs sentiments qu’à la réalité ? Tout d’abord – contrairement à des critiques injustifiées d’une partie des citoyens-  la Suisse est un pays remarquable à tous les points de vue. Elle possède à la fois de bons systèmes de santé, d’éducation et de transport. Cela permet de déduire qu’elle jouit de bonnes institutions et qu’elle est peuplée de citoyens bien éduqués. Elle n’est en rien affligée d’insécurité, comme l’affirment des démagogues mal inspirés.

Restent deux réalités consternantes. Tout d’abord l’Afrique comporte une foule de pays médiocres. On peut tenter de l’expliquer par le traumatisme de la colonisation, mais les pays qui ne l’ont pas connue comme le Libéria et l’Ethiopie ne font pas mieux. Les régimes politiques africains  ne respectent pas la démocratie dont ils se targuent jusque dans l’intitulé du pays. Les guerres civiles sont coutumières, les épidémies ravageuses, la corruption endémique. Sans pour autant innocenter la colonisation, force est de constater qu’après un demi-siècle d’indépendance, la décolonisation s’est avérée un échec.

Le plus étonnant est la mauvaise performance des Etats-Unis. Il ne suffit pas d’être le plus puissant pour jouir de la meilleure santé, d’autant que l’espérance de vie y stagne et même diminue malgré des dépenses record en médecine. On attribue les causes de cet échec à la consommation de drogue et à la mauvaise alimentation. Ses institutions, longtemps présentées comme exemplaires ont porté à la tête du pouvoir un président de bas niveau, mythomane, inculte, lunatique, tricheur, un véritable danger planétaire.

En résumant ces deux carences, qui affectent à la fois le plus développé et les moins développés des pays, on peut dire que ce qui détermine la réussite d’un pays et d’un individu, c’est une qualité impalpable, immatérielle, voire spirituelle : la culture dans toutes ses manifestations, artistique, politique, économique, scientifique et même associative, gastronomique, architecturale. Elle est le résultat d’une longue évolution. Elle ne se vend, ni ne s’achète. Elle est le bien le plus précieux d’un pays ou d’une personne, bien que personne n’en soit le gardien ou le possesseur. Elle explique que deux pays vaincus de la deuxième guerre mondiale, l’Allemagne et le Japon, tous deux de haute culture, se soient aussi vite relevés, tandis que les grands vainqueurs, les Etats-Unis et l’Union Soviétique ont basculé rapidement de la barbarie antérieure à la décadence actuelle.

 

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 23:11
Le cardinal centrafricain Nzapalainga, prophète en son pays
Le cardinal centrafricain Nzapalainga, prophète en son pays
Le cardinal centrafricain Nzapalainga, prophète en son pays

 

Lu pour vous

 

Lucie Sarr (envoyée spéciale de La Croix Africa), le 16/12/2019 à 16:06

 

Jusqu’au 19 décembre, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, effectue une tournée dans le diocèse de Bossangoa, dans le nord-est de la Centrafrique. Dans ce pays plongé, depuis 2013, dans une crise qui peine à trouver des solutions, ses visites pastorales redonnent espoir aux populations.

 « Nous comptons sur toi pour aller parler au gouvernement de nos problèmes : nous n’avons ni centre de santé ni eau potable et les groupes armés nous imposent des redevances lorsque nous voulons nous déplacer ». Ce vendredi 13 décembre, à Markounda, le cri du cœur de la responsable des femmes de cette localité centrafricaine, située à la frontière du Tchad, résonne fortement au cours de la réunion publique convoquée par l’archevêque de Bangui.


Comme elle, les 10 000 habitants, ainsi que les autorités administratives, politiques, militaires attendent tous du cardinal Dieudonné Nzapalainga qu’il fasse « quelque chose ». Qu’il parle à la communauté internationale, au gouvernement, aux groupes armés, aux jeunes, qu’il aide telle paroisse…

À 52 ans, Dieudonné Nzapalainga, premier cardinal centrafricain, « Kotoboa » – cardinal en sango, la langue nationale – porte les espoirs de tout un peuple et chacun de ses déplacements provoque des scènes de liesse saisissantes. 

« En fait, les politiques ont démissionné dans ce pays. Ils n’osent pas se déplacer de peur de se faire prendre en otage par les groupes armés. Tout le monde se tourne donc vers cette autorité qui tient un discours de vérité parfois au mépris de sa propre vie », explique un élu local qui a requis l’anonymat.

Sollicité par la Conférence épiscopale pour effectuer des visites de proximité aux populations de l’intérieur du pays, l’infatigable religieux de la congrégation du Saint-Esprit a déjà effectué des tournées dans six diocèses. Le 9 décembre, il a repris son bâton de pèlerin pour rencontrer les populations de Bossangoa dans le nord, pendant dix jours.

« Nous comptons sur toi »

Deux jours plus tôt, dans la commune de Nana-Bakassa, dans le même diocèse, ils étaient au moins 5 000 personnes à accueillir le « Kotoboa ». Des centaines de pagnes étaient étendues à même le sol pour guider ses pas vers l’autel improvisé de cette localité très pauvre où l’église a été détruite au plus fort de la crise.

Pendant la messe, au moment de l’offertoire, la foule entonne en sango un chant en l’honneur du « Kotoboa » et défile avec des offrandes : céréales, bananes, haricots, poulets, chevreaux, etc. Pourtant dans cette zone, les groupes armés imposent leur loi, en l’absence de forces de l’ordre et de sécurité, l’eau potable est devenue rare et l’école est presque inexistante.

En outre, la cohabitation entre les confessions religieuses ne va pas de soi. La minorité musulmane ainsi que les chrétiens qui ont collaboré avec la Séléka ont été chassés après la chute, en 2014, de cette coalition majoritairement musulmane. Ils se sont réfugiés, à Kouki, à quelques dizaines de kilomètres de là, où Kotoboa est reçu par les dirigeants des confessions religieuses, quelques heures après Nana-Bakassa. Ici, comme ailleurs, le système éducatif peine à s’organiser : des maîtres-parents (enseignant non qualifiés) tentent d’occuper les enfants pendant la journée en échanges de vivres et la localité n’a pas de maternité.

Groupes armés

« Nous sommes contents que le cardinal vienne ici pour nous rencontrer car c’est un père et il est venu essuyer nos larmes », explique le pasteur de l’Église Lumière à Kouki, porte-parole des responsables religieux. À chacune des étapes de la tournée, les groupes armés sont également conviés. À Kouki, séléka et anti-balaka ne s’étaient pas rencontrés depuis deux ans. « Il y a une méfiance réciproque », précise Stanislas Badjima, 28 ans, commandant de zone chez les anti-balaka. « La crise a causé beaucoup de dégâts, notamment sur les structures sociales et éducatives, nous désirons ardemment le désarmement et nous pensons que le cardinal peut nous aider à cela ».

ENTRETIEN. Cardinal Dieudonné Nzapalainga : « Le conflit en Centrafrique n’est pas religieux »

La Mission de l’ONU en Centrafrique, la Minusca, espère, elle aussi que la médiation du cardinal améliore la situation sécuritaire du pays. « Lorsque l’archevêque de Bangui approche les populations, explique le capitaine Joseph Emmanuel Ekoa. cela permet que les gens cultivent l’esprit d’amour et puissent vivre ensemble. L’Église catholique a un très grand rôle et peut aussi s’adresser aux responsables musulmans. »

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Défenseur de la paix en Centrafrique

 

1967. Naît à Bangassou (République centrafricaine).

1997. Prononce ses vœux perpétuels chez les spiritains et est ordonné prêtre l’année suivante.

2009. Administrateur apostolique du diocèse de Bangui puis nommé archevêque en 2012 par Benoît XVI.

2015. Le 19 août, la Plateforme de paix interreligieuse de Centrafrique, qu’il a fondée avec l’imam et le pasteur de Bangui, reçoit le prix Sergio Vieira de Mello.

En novembre, il accueille à Bangui le pape François qui ouvre dans sa cathédrale la première porte sainte du Jubilé de la Miséricorde.

2016. Devient le premier cardinal centrafricain de l’histoire.

 

 

Dieudonné Nzapalainga : le combat d'un cardinal pour la paix

 

http://www.lavie.fr/ Publié le 18/12/2019 à 16h30 - Modifié le 18/12/2019 à 16h58 Laurence Desjoyaux

 

À Nana-Bakassa, Dieudonné Nzapalainga célèbre la messe sous un soleil déjà haut. Devant l'autel installé sous une simple bâche, il s'adresse à une population prise en otage par un petit groupe d'anti-balaka. Il sait que ces jeunes miliciens justement sont là, fondus dans l'assistance. « La justice se fera, lentement, mais elle se fera, prévient-il. Avant, vous étiez cultivateurs, mais vous avez pris les armes et vous vous dites maintenant colonel ou général. Mais attention, à la prison de Bangui, j'ai vu beaucoup de généraux qui sont désormais rentrés dans le rang ! » Dans son homélie, il exhorte les fidèles à la paix. « Nous prions le Notre Père et nous demandons "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés". Mais nous qui avons perdu dans cette crise un parent, une maison, sommes-nous prêts à pardonner ?, lance-t-il, ouvrant grands ses bras. Désarmez vos coeurs, et vous aurez la paix ! » Tous comprennent qu'il parle des voisins musulmans, déplacés depuis plus de cinq ans, et que personne ne veut revoir dans ce bourg de brousse. Quand on l'interroge sur cette franchise face aux victimes et aux coupables, qui parfois ne font qu'un, le cardinal confie : « Il faut prendre le taureau par les cornes ! Ici, le rôle des anti-balaka est un sujet tabou. Je démystifie. Parmi eux, certains sont à la croisée des chemins. Je leur tends la main, je leur dis : c'est ton jour de libération ! »

 

En Centrafrique, l’Église catholique paie le prix fort 

 

Séléka contre anti-balaka

 

Pendant 10 jours, Dieudonné Nzapalainga est en visite pastorale dans le diocèse de Bossangoa, dans le nord-ouest de la République centrafricaine. La région est lessivée par des années de conflit. En mars 2013, elle a vu arriver les rebelles de la coalition Séléka marchant sur Bangui. Après leur prise du pouvoir, ils reviennent s'installer dans la préfecture de l'Ouham, du nom du fleuve qui traverse Bossangoa, et multiplient les exactions. Le groupe, dont une part importante des membres sont musulmans, s'appuie sur ses coreligionnaires pour son organisation logistique et réduit au silence ceux qui ne courbent pas l'échine. En réaction se forment des milices d'autodéfense, les anti-balaka. « Une confusion s'est installée, associant la Séléka aux musulmans et les anti-balaka aux non-musulmans, chrétiens ou animistes », explique l'évêque Nestor Nongo. Les rouages de la confessionnalisation d'un conflit avant tout politique se mettent en place. Seule l'intervention des forces françaises de l'opération Sangaris permet d'éviter un bain de sang.

Quelques mois plus tard, tous les musulmans, dont beaucoup sont d'origine tchadienne, sont évacués vers le Tchad. Des milliers d'entre eux, souvent Centrafricains, cherchent à se réimplanter dans la région. « Mais il y a une très grande résistance à leur retour, notamment à Bossangoa et à Nana-Bakassa », explique l'évêque. D'autant plus que les groupes armés continuent à tenir le territoire de façon plus ou moins visible et entretiennent l'antagonisme, devenu leur gagne-pain.

Une confusion s'est installée, associant la Séléka aux musulmans et les anti-balaka aux non-musulmans, chrétiens ou animistes.


- Nestor Nongo, évêque de Bossangoa.

 

Tout l'après-midi, assis à l'ombre des grands arbres à côté de l'église décrépie de Nana-Bakassa, le cardinal réunit tour à tour les responsables religieux chrétiens et protestants - les musulmans n'ont plus mis les pieds dans la ville depuis 2014 -, les Casques bleus de la Minusca et les rares fonctionnaires à ne pas avoir abandonné leur poste. « Ici, il n'y a plus d'État, lance le député de la circonscription. Seule l'Église travaille pour la population. Vous êtes notre porte-voix auprès du gouvernement. » À la nuit tombée, Dieudonné Nzapalainga prend ses notes à la lumière d'une lampe de poche. Il a été opéré cet été et devrait être encore en convalescence, mais il ne ménage pas ses efforts. Après le directeur du collège, c'est le commandant de brigade qui explose. Depuis 2013 et le début de la crise, il est le seul policier ici, sans arme. Il doit faire deux heures de piste pour capter un réseau téléphonique. « Je n'en peux plus, je crois que je vais démissionner », souffle-t-il, au bord des larmes. « Vous êtes un héros, répond le cardinal. Si nous abandonnons, qui viendra ? »

Cardinal et diplomate

Le lendemain, c'est à Kouki, de l'autre côté d'une invisible frontière, qu'il se rend. Cette bourgade est un fief de la Séléka. La réputation du cardinal et l'aura qui l'entoure - certains miliciens le croient même doté de pouvoirs magiques - ont permis de mettre autour de la table deux chefs de groupe antagonistes. Le longiligne « général » Alabib, 49 ans, vêtu d'une djellaba beige, règne sur la Séléka locale. Stanislas Badjima, de 20 ans son cadet, mène 450 anti-balaka. « C'est la première fois que nous nous retrouvons dans la même pièce depuis deux ans », nous explique ce dernier. Dieudonné Nzapalainga va droit au but : « Vous dites vouloir la paix et vous avez signé un accord en 2017, mais qu'en avez-vous fait ? Il faut accepter la libre circulation sur cet axe Kouki-Nana-Bakassa. Là-bas, ils sont prêts à se mettre autour d'une table. Êtes-vous prêts à les rencontrer ? » D'un seul geste, les hommes des deux camps lèvent la main, comme si, en leur ayant exposé la vérité crue, le cardinal les avait libérés. Comment fait-il pour choisir ses mots dans ces moments-là ? « Je prie », répond-il simplement.

Chez les spiritains

Dieudonné Nzapalainga est né le 14 mars 1967 dans un quartier pauvre de Bangassou, dans le sud du pays, « fils de pauvre », cinquième d'une famille de 10 enfants. Sa mère est protestante et il la suit au culte. Vers 8 ans, il se rend à la messe avec son père et ne quitte plus l'Église catholique. Dans la maison familiale se réunissent aussi bien le groupe de la Légion de Marie, auquel appartient son père, que les diaconesses, dont fait partie sa mère. Il tient de son père sa rigueur, et parfois une certaine dureté. Ce dernier, qui ne sait ni lire ni écrire, pousse ses enfants à étudier. « Le soir, même si nous n'avions pas à manger, il achetait le pétrole pour la lampe afin que nous puissions travailler. C'était la priorité. »

Sa rencontre avec un spiritain hollandais, Leon van den Wildenberg, curé de la cathédrale de Bangassou, va changer sa vie. « Il venait manger et jouer avec nous. Il n'était pas au loin, il était proche. Je me suis dit que j'allais faire comme lui. » Pour rentrer au petit séminaire, il doit convaincre son père, qui n'a pas les moyens de payer la scolarité et pense que ce n'est pas pour eux. Dès la deuxième année, c'est lui qui finance ses études en travaillant comme cuisinier ou mécanicien. Toujours sur les traces du père Leon, il entre chez les Spiritains. Il est envoyé en stage dans l'est du Cameroun, où vivent les Pygmées dans des conditions précaires. Il s'y sent tout de suite à l'aise. « Dans ses tournées pastorales aujourd'hui, on retrouve ce charisme d'aller vers les plus abandonnés et de partager leurs souffrances », estime Patrick Mbea, spiritain lui aussi, qui fait partie de l'équipe qui l'accompagne dans tout le pays.

À deux mois de la fin de son stage, le jeune séminariste est convoqué par le supérieur, qui lui annonce qu'il souhaite l'envoyer faire des études en France. C'est ainsi qu'il se retrouve à Clamart, en région...

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 22:58
Centrafrique : le retour de Bozizé cristallise les tensions

 

Lu pour vous

 

https://www.dw.com/ 17.12.2019  par Jeff Murphy Barès

 

Le climat politique est tendu depuis le retour à Bangui de l’ex-président Bozizé. Il est rentré de son exil en Ouganda où il se trouvait depuis son renversement en 2013. Et son arrestation pourrait être imminente

Aucune réaction officielle n’est enregistrée de la part des dirigeants centrafricains, alors que l’ancien chef d’Etat a déjà passé trois jours dans la capitale, Bangui.

Le doute plane toujours sur la manière dont il a pu entrer dans le pays. Un doute qui illustre un malaise difficile à cacher par les autorités du pays.

 

Des interrogations sur le retour de Bozizé

 

Par quels moyens François Bozizé a-t-il débarqué à Bangui ? Où réside-t-il dans la ville ? Quelles sont les motivations de ce retour alors qu’il est visé par des sanctions des Nations unies ainsi que par un mandat d’arrêt de la justice centrafricaine ?

Autant de questions auxquelles le gouvernement n’est pour l’instant pas en mesure de répondre.

Même si les autorités promettent de livrer leurs versions officielles lors d’une conférence de presse mercredi (18 décembre), elles dénoncent la démarche unilatérale de l’ancien président, affirmant que celui-ci est revenu sans les avoir prévenues.

Elles confient toutefois être sollicitées par le KNK, le parti de François Bozizé, pour assurer la sécurité de ce dernier maintenant qu’il est sur le territoire national.

Une demande délicate à exécuter pour le gouvernement tant que le lieu de résidence de François Bozizé est tenu secret, pour des raisons de sécurité, d’après son entourage.

 

Des craintes de son arrestation

 

Interrogés, les proches de François Bozizé fustigent l’attitude du gouvernement qui ne cache pas ses intentions d'arrêter leur leader. D’où cette mesure prise visant à empêcher tout contact, y compris des communications téléphoniques (de peur qu'il ne soit localisé).

A la présidence de la République, le porte-parole explique qu'il souhaite laisser le soin à la justice de traiter de la question en toute indépendance.

Il regrette toutefois que le cabinet présidentiel n’ait reçu aucune notification officielle de l'arrivée à Bangui de François Bozizé.

La veille, le KNK a pourtant déclaré à la presse avoir saisi officiellement toutes les autorités du pays, ainsi que les différents corps diplomatiques accrédités, de l’arrivée à Bangui de leur leader, François Bozizé.

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 00:45
République centrafricaine: le nouveau chef de la mission EUAM nommé

 

République centrafricaine: le nouveau chef de la mission EUAM nommé

 

Aujourd'hui, Paulo Soares a été nommé chef de mission de la nouvelle mission consultative de l'Union européenne en République centrafricaine (EUAM RCA). Cette mission a été établie par le Conseil le 9 décembre 2019 et devrait être lancée au printemps 2020.

 

Paulo Soares, un ressortissant portugais, est actuellement chef de la cellule d'interopérabilité de la mission militaire de formation de l'UE en République centrafricaine (EUTM RCA). Son expérience comprend plus de 25 ans dans la gendarmerie portugaise, 2 ans au ministère portugais de l'Intérieur, un dans une mission civile et un dans une mission militaire. Son mandat de chef de mission pour l'EUAM RCA durera jusqu'au 8 décembre 2020.

 

L'EUAM RCA a pour objectif de soutenir la réforme des forces de sécurité intérieure afin de permettre aux autorités de la République centrafricaine (RCA) d'atténuer les problèmes de sécurité actuels dans le pays. Des experts de l'UE fourniront des conseils au niveau stratégique au ministère de l'Intérieur et aux forces de sécurité intérieure, à la police et à la gendarmerie, dans le but d'aider à leur déploiement dans tout le pays.

 

La mission se coordonnera étroitement avec la mission militaire de formation de l'UE (EUTM RCA), la mission de la MINUSCA des Nations Unies et la communauté internationale.

 

Contacts presse

Veronica Huertas-Cerdeira +32 2 281 45 48 / +32 470 88 21 99

Maria Daniela Lenzu +32 2 281 21 46 / +32 470 88 04 02

 

 

M. Paulo Soares a pris ses fonctions de chef de cellule d'interopérabilité à EUTM CAR, à Bangui, République centrafricaine, le 11 mars 2019. Avant cette nouvelle fonction de chef de la cellule d'interopérabilité à EUTM CAR, il a été commandant du district de Braga à Guarda Nacional Republicana (GNR), gendarmerie portugaise, du 1er février 2017 au 22 février Février 2019.

M. Paulo Soares a fait sa première expérience internationale en octobre 2006, en tant que Officier de liaison pour la sécurité, détachement auprès du ministère des Affaires étrangères (MoFA)

Ambassade du Portugal au Mozambique jusqu'en juillet 2010. Pendant cette période, il a été Représentant portugais auprès du ministère de l’intérieur du Mozambique, du ministère Service de la Direction de l'immigration et Service national du salut public du Mozambique et a représenté l'Institut portugais pour le développement (IPAD) au Mozambique Délégation de l'Union européenne (EU DEL).

Il a servi, en outre, a l'officier de liaison portugais GNR pour les autorités du Timor orient forces de sécurité et organisations internationales présentes sur le territoire en 2006.

M. Paulo Soares apporte 32 ans d'expérience dans les services de police et d'application de la loi au niveau national et international. M. Paulo Soares, membre senior du GNR, portugais Gendarmerie, a également exercé des fonctions de chef de la direction des ressources humaines du GNR et Commandant du centre de formation GNR Figueira da Foz. En tant que responsable du service externe Relations et coopération, il était chef de bureau au ministère portugais de l'Intérieur (MoI) et chef du Cabinet des relations internationales de GNR.

M. Paulo Soares est marié et père de deux filles.

M. Paulo Soares a étudié avec succès à l'Université autonome de Lisbonne, Portugal, et a obtenu un diplôme en relations internationales et un diplôme de troisième cycle en Guerre et Paix. A étudié avec succès à la Gendarmerie Française MoD, France, et a terminé le War College Diploma et a étudié avec succès à European Security & Defence College, Bruxelles, Belgique, et a terminé les études sur les aspects civils de la gestion de crise

 

 

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 00:11
vers la prise en compte du ramadan et de la tabaski dans les fêtes légales nationales
vers la prise en compte du ramadan et de la tabaski dans les fêtes légales nationales

 

 

Centrafrique : vers la prise en compte du ramadan et de la tabaski dans les fêtes légales nationales

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 18-12-2019

 

L'Assemblée nationale de la République centrafricaine (RCA) a adopté ce mardi à l'unanimité un projet de loi faisant les deux fêtes musulmanes du ramadan et de la tabaski les fêtes légales nationales, a constaté sur place un correspondant de Xinhua.

Les députés favorisant à la proposition estiment qu'elle traduit dans les faits l'une des recommandations du Forum national de Bangui, une conférence de réconciliation nationale tenue en mai 2015, mais aussi va renforcer la cohésion sociale de la RCA.

Ce projet de loi, qui attend désormais la promulgation par le président de la République, a été proposé par un vice-président du Parlement, et soutenu par le ministre centrafricain du Travail, de l'Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Hugues-Alain Tcheuméni.

La reconnaissance de la fête du ramadan et de la tabaski avait fait l'objet d'une des revendications des rebelles de la Séléka avant leur conquête du pouvoir en mars 2013. F

 

Source: Agence de presse Xinhua

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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 23:18
L’énigmatique retour de François Bozizé en Centrafrique
L’énigmatique retour de François Bozizé en Centrafrique

 

Lu pour vous

 

L’énigmatique retour de François Bozizé en Centrafrique

 

https://www.sidwaya.info/…/16/le-retour-strategique-de-boz…/ Publié le 17/12/2019 - 16:51

 

Est-il revenu ? À pied, en voiture ou en avion ? Ses proches assurent que l’ancien chef de l’État est de retour dans son pays, après six ans d’exil. Une présence qui changerait la donne à un an de la présidentielle.6

“Comment Bozizé est-il rentré au pays ?”, se questionne Sidwaya. Cet éventuel retour “stratégique”, comme le qualifie le quotidien burkinabé, de celui qui fut président de Centrafrique de 2003 à 2013, fait jaser. Après six années d’exil en Ouganda, est-il vraiment à Bangui, la capitale centrafricaine, depuis mardi 16 décembre ? C’est ce que ses proches affirment, sans aucune confirmation du principal intéressé ou des autorités du pays.

 

Un mystère total règne autour de cette affaire. “Il aurait fait la route ‘en partie à pied’ et en partie ‘dans un véhicule’ et cela, sans être accompagné”, rapporte Le Pays. François Bozizé est en effet sous le coup de sanctions des Nations unies, pour avoir attenté à la “paix, la stabilité et la sécurité” de son pays, qui interdisent à toutes les compagnies aériennes de l’acheminer à Bangui.

“Il se pose tout de même des questions. François Bozizé a-t-il pris le soin d’informer les autorités ougandaises, qui lui avaient offert gîte et couvert, qu’il allait regagner son pays ? Ou alors a-t-il décidé d’en faire qu’à sa tête en quittant son pays hôte sans crier gare ?”, s’interroge le journal du Burkina Faso.

Si ce retour présumé fait autant de bruit, c’est qu’il change la donne dans ce pays d’Afrique centrale, encore en proie aux conflits communautaires. Arrivé au pouvoir grâce à un coup d’État, il en avait été chassé, dix ans plus tard, tout aussi brutalement, en 2013, par la rébellion Séléka. Michel Djotodia avait alors pris le pouvoir.

Depuis, croit savoir Sidwaya, “François Bozizé a multiplié les rencontres avec les chefs d’État influents dans la crise centrafricaine, notamment le Congolais Denis Sassou-Nguesso ou le Burundais Pierre Buyoya. Une manœuvre qui pourrait se révéler payante, puisque la France se serait montrée ‘plus ouverte’ à son retour au pays, depuis quelques mois.”

Ce retour permettrait à l’ancien chef d’État de se porter candidat à la présidentielle de décembre 2020. Le code électoral exige en effet une présence d’au moins un mois sur le sol centrafricain.

 

 

Après six ans d'exil, l'ex-président Bozizé de retour en Centrafrique, selon ses proches

 

https://www.france24.com/ 16/12/2019 - 19:59

 

En exil après avoir été chassé du pouvoir en 2013, François Bozizé est rentré à Bangui, selon son parti et ses proches. L’ancien président centrafricain n'a jamais caché son intention de reprendre le pouvoir par les urnes, alors que se profile la présidentielle de décembre 2020.

À un an de la présidentielle prévue fin 2020, son retour pourrait redessiner le paysage politique en Centrafrique. Après le coup d'État qui l'a renversé en 2013 et six années d'exil, l'ex-président François Bozizé est revenu au pays, ont annoncé lundi 16 décembre son parti et ses proches.

"Depuis hier, je peux vous le dire de la manière la plus solennelle : François Bozizé se trouve bel et bien dans la capitale centrafricaine", a lancé devant la presse Bertin Béa, le secrétaire général du Kwa na Kwa (KNK), la formation politique de l'ancien chef de l'État. Une information confirmée par nos confrères de RFI.

"Dans les jours à venir, François Bozizé prendra la parole pour s'adresser à ses compatriotes", assure Bertin Béa. "En attendant, ne me demandez pas comment il est arrivé, ni où il se trouve", lâche-t-il. Question de "sécurité".

"Cette annonce ne me semble pas crédible", a toutefois réagi le porte-parole du gouvernement, Maxime-Ange Kazagui.

Le président déchu n'a jamais caché son intention de chercher à reprendre le pouvoir par les urnes. Son retour semble être dicté par sa volonté de respecter le code électoral, qui stipule que les candidats à la présidentielle de décembre 2020 doivent se trouver sur le territoire national au moins un an avant le scrutin.

François Bozizé jouit toujours d'une grande influence dans un pays qu'il a dirigé de 2003, à l'issue d'un coup d'État, à 2013. Une période marquée par deux guerres civiles.

La seconde, en 2013, provoque finalement sa chute. Après des années d'instabilité et de mauvaise gouvernance, la Séléka, une coalition de groupes armés rebelles venus du nord et de l'est, met en débandade l'armée régulière et fond sur Bangui.

Sa garde armée sud-africaine vole en éclats et François Bozizé doit fuir la capitale. Le chef de file de la Séléka, Michel Djotodia, le remplace.

Spirale de violences intercommunautaires

Après son départ, la Centrafrique sombre vite dans une spirale de violences intercommunautaires, déclenchant l'opération Sangaris de l'armée française en décembre 2013.

Et, depuis le Cameroun voisin où il est accueilli par le président Paul Biya, François Bozizé continue d'user de son influence pour tenter de rétablir son régime.

En 2013, la Centrafrique lance un mandat d'arrêt international contre lui pour "crimes contre l'humanité et incitation au génocide". Accusé d'avoir soutenu, depuis le Cameroun, les milices chrétiennes anti-balakas, au départ formées pour contrer les exactions de la Séléka à dominante musulmane, Bozizé est également sous le coup de sanctions des Nations unies. Ses déplacements en avion sont interdits et ses avoirs gelés.

Après un régime de transition dirigé par Catherine Samba Panza, il ne peut donc se présenter à la présidentielle de janvier 2016 que remporte Faustin Archange Touadera.

Depuis 2016, une circulaire du ministère centrafricain des Transports interdit également à toute compagnie aérienne desservant ce pays d'y amener François Bozizé. Depuis lors, ses avocats et ses fidèles, encore nombreux dans le pays, militent pour que le gouvernement autorise son retour.

Ces dernières semaines, plusieurs figures de l'opposition s'étaient exprimées en faveur d'un retour de l'ancien président, dont Anicet Georges Dologuélé, candidat malheureux au second tour de la présidentielle de 2016.

Avec AFP

 

Lu pour vous

 

RETOUR DE FRANÇOIS BOZIZE AU BERCAIL

 

Rien n’est gagné d’avance

 

 

http://lepays.bf/ 17 décembre 2019

 

C’est en toute discrétion que l’ancien président centrafricain, François Bozizé, a signé son retour à Bangui, le 15 décembre dernier. Par quel moyen a-t-il pu regagner son pays natal ? Difficile de répondre à cette question dans la mesure où les autorités centrafricaines, elles-mêmes, se disent surprises par ce retour. En effet, François Bozizé est non seulement sous le coup de sanctions onusiennes, mais aussi les compagnies aériennes desservant Bangui, conformément à une circulaire du ministère centrafricain des Transports, ont l’interdiction de le transporter par avion vers l’ex-Oubangui Chari. Mais si l’on en croit le porte-parole du parti de Bozizé, le Kwa Na kwa (KNK), l’ex-chef de l’Etat aurait fait la route « en partie à pied » et en partie « dans un véhicule » et cela, sans être accompagné. Dès lors, il se pose tout de même des questions. François Bozizé a-t-il pris le soin d’informer les autorités ougandaises qui lui avaient offert gîte et couvert, qu’il allait regagner son pays ? Ou alors a-t-il décidé d’en faire à sa tête en quittant son pays hôte sans crier gare ? La deuxième hypothèse paraît plus plausible. Car on imagine bien que s’il était informé, le pouvoir ougandais aurait pu, pour faire dans le diplomatiquement correct, en informer les autorités centrafricaines. A moins que Kampala n’ait voulu, par cette occasion, se débarrasser   d’un colis encombrant.

 

Tout se passe comme si Bozizé avait fait le choix de   mettre les autorités devant le fait accompli

 

Cela dit, maintenant que François Bozizé est de retour au bercail, que va-t-il se passer ? Sera-t-il, comme le souhaitent ses proches, « traité comme tous les autres acteurs de la crise avec respect et avec les égards dus à son rang », par les autorités ? On attend de voir. Pour le moins, on sait que l’accord de paix signé le 6 février 2019, prévoyait une loi sur le statut des anciens chefs d’Etat.  Mais le texte, sauf erreur ou omission, n’a pas encore atterri sur le bureau de l’Assemblée nationale. En tout cas, s’il y a une chose dont on peut être sûr, c’est que les autorités de Bangui ne verront pas d’un bon œil le retour de l’ex-président. Car, tout se passe comme si ce dernier avait fait le choix de les mettre devant le fait accompli en décidant de rentrer en catimini. Mais en le faisant, Bozizé joue gros. En effet, s’il est vrai que pour  pouvoir se présenter à la prochaine présidentielle, le successeur de Michel Djotodia devait être de retour au pays avant fin décembre, il ne faut cependant pas oublier que le pouvoir de Bangui, s’il le souhaite, peut lui chercher des noises. Et en pareille occurrence, il suffit de saisir la Justice qui ne manquera pas de motifs pour engager des poursuites contre celui-là dont la gouvernance, on le sait, a été caractérisée par la corruption, le clientélisme et la gabegie. C’est dire donc que rien n’est gagné d’avance. Car, même de retour au pays natal, rien ne garantit pour l’instant l’éligibilité de François Bozizé.

 B.O

 

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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 23:13
Centrafrique : affrontements entre les deux groupes armés rivaux
Centrafrique : affrontements entre les deux groupes armés rivaux

 

Centrafrique : recrudescence d'affrontements entre groupes armés rivaux dans le nord-est

 

BANGUI, 16 décembre (Xinhua) -- Les éléments du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et ceux du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) ont repris ce lundi des combats d'envergure dans la ville centrafricaine d'Am Dafock (nord-est) frontalière avec le Soudan, a-t-on appris de sources locales concordantes.

Selon celles-ci, les éléments du FPRC, naguère repoussés par leurs ennemis du MLCJ, ont préparé leur attaque puis sont revenus tôt ce lundi vers 5 heures avant de passer à l'assaut pour reprendre le contrôle de la localité.

En raison de l'intensité des affrontements, il est difficile d'établir un bilan pour l'instant, d'après les mêmes sources qui ont constaté par ailleurs des mouvements de population fuyant les combats.

Les habitants d'Am Dafock attendent le déploiement des militaires des Forces armées centrafricaines (FACA) et des casques bleus dans la région afin d'assurer leur protection, ont ajouté les sources.

 

 

Centrafrique : affrontements entre les deux groupes armés rivaux 

 

http://sahel-intelligence.com/ 17 décembre 2019

 

La ville centrafricaine d’Am Dafock (nord-est), frontalière avec le Soudan, est le théâtre d’affrontement entre  les milices armées du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ).

Le bilan provisoire fait état d’une dizaine de morts et plusieurs blessés. Les forces armées centrafricaines (FACA) et des casques bleus sont appelées à protéger les habitants de la ville.

Pour faire face à ces situations et la stabilisation du pays, le gouvernement a décidé le recrutement et la formation de 1.000 nouveaux jeunes policiers et gendarmes.

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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 21:39
Martin ZIGUELE à Jeune Afrique

Le Président du MLPC s'exprime sur Jeune Afrique

Martin ZIGUELE à Jeune Afrique
Martin ZIGUELE à Jeune Afrique
Martin ZIGUELE à Jeune Afrique
Martin ZIGUELE à Jeune Afrique
Martin ZIGUELE à Jeune Afrique

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