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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 14:20
Centrafrique: le chef de la Minusca demande plus de moyens à l'ONU

 

 

Par RFI Publié le 26-10-2019 Modifié le 26-10-2019 à 12:08

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est penché ce vendredi 25 octobre sur la situation de la Minusca en Centrafrique. Alors que son mandat expire le 15 novembre 2019, cette réunion était l'occasion de faire le point sur la mise en œuvre de l'accord de paix en Centrafrique et d'évaluer les besoins de la mission onusienne.

À la tribune de l'ONU, Mankeur Ndiaye, le chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RCA (Minusca), tire un bref bilan de l'application de l'accord de paix en RCA. Il évoque notamment la mise en place des premières unités spéciales mixtes de sécurité à Bouar, la démobilisation de 583 combattants, le tout dans un contexte de réticence de plusieurs groupes armés. Parmi ses inquiétudes : les risques de violences liées à la période de transhumance et la persistance de violations des droits humains.  

Pour Mankeur Ndiaye, les ressources de la Minusca ne sont pas suffisantes. « Je tiens à souligner que la résolution 24-48 ne pouvait prévoir l’ampleur des moyens logistiques et techniques requis pour la mise en œuvre de l’accord de paix. Il est donc capital que celle-ci soit dotée d’un mandat et de ressources adéquates pour l’appui à la mise en œuvre de l’accord de paix en Centrafrique », a-t-il affirmé.

Des moyens pour appuyer les élections

Autre priorité, les échéances électorales de 2020-2021. Sans mandat clair, insiste Mankeur Ndiaye, impossible pour la Minusca, d'appuyer le processus politique. « La tenue des élections aux dates prévues reste menacée par l’insuffisance des ressources techniques, financières et humaines. Je sollicite donc du Conseil de sécurité un mandat approprié pour la Minusca afin qu’elle puisse fournir le soutien technique, logistique, sécuritaire et opérationnel nécessaire à la tenue des élections dans le respect des délais constitutionnels », a affirmé le chef de la mission.

Aucun montant n'a été ouvertement demandé, Mankeur Ndiaye appelle les partenaires à décaisser rapidement les fonds nécessaires au fonctionnement de la mission onusienne. Une mission régulièrement pointée du doigt par les acteurs de terrain pour son manque de réactivité.

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Centrafrique-Presse.com
26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 13:50
Place désormais à la Russafrique
Place désormais à la Russafrique
Place désormais à la Russafrique
Place désormais à la Russafrique
Place désormais à la Russafrique

 

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com By Nicolas Beau 24 octobre 2019

 

Le sommet qui a réuni les dirigeants russes et quarante chefs d’état africain à Sotchi les 23 et 24 octobre témoigne des avancées spectaculaires de la Russie en Afrique

 

Du Congo Brazzaville à Madagascar, à la Libye ou à l’Egypte, l’offensive de Vladimir Poutine en Afrique se fait au pas de charge. L’ex Union Soviétique qui profite des foucades de la diplomatie américaine, des frilosités françaises et de la discrétion chinoise sur les dossiers purement politiques.

Lors de l’inauguration du sommet qui se tient à Sotchi, la complicité semblait totale entre le russe Poutine et l’Egyptien Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l’Union africaine. Le style Poutine passe bien chez les dictateurs africains. Voici un vrai chef, volontiers anti-occidental, qui ne s’embarrasse ni de démocratie, ni des droits de l’homme.

Des accords sécuritaires à la pelle

A Sotchi, on aura parlé de l’essentiel. A savoir de business, d’armement et de lutte contre les terroristes. Lesquels englobent à peu près tous ceux qui veulent remettre en cause la grande confrérie des dictateurs.

Sur le terrain sécuritaire, la Russie a signé une vingtaine d’accords de coopération militaire avec des pays africains depuis 2017. Plusieurs d’entre eux appartiennent au pré carré français, qu’il s’agisse du Congo Brazzaville, du Burkina ou de la Centrafrique. La Russie a également aidé le maréchal Haftar en Libye dans sa tentative de s’emparer par la force des commandes du pays au grand dam de la France qui est favorable à une solution diplomatique sous l’égide de l’ONU, .

La mainmise militaire de la Russie sur la Centrafrique, réussie en à peine deux ans, témoigne plus que partout ailleurs de ce retour en force. Moscou a livré des armes à Bangui fin 2017. Quelques mois plus tard, le président centrafricain Touadera recrutait un conseiller russe pour les dossiers touchant à la sécurité. Dans la foulée, des dizaines de mercenaires russes débarquaient dans le pays pour former officiellement l’armée centrafricaine et sécuriser les activités minières. Enfin les Russes ont largement favorisé les accords à Khartoum entre le pouvoir centrafricain et les groupes armés du nord du pays.

Sur le terrain économique, le président russe souhaite « au minimum doubler » ses échanges économiques avec le continent africain d’ici à cinq ans. Pour l’instant, ces transactions qui ne s’élèvent qu’à 17,9 milliards de dollars, loin derrière la Chine (200 milliards) ou la France (quelque 50 milliards), portent notamment sur le secteur de l’armement. Dans le domaine du nucléaire civil en revanche, Vladimir Poutine a promis plus qu’il n’avait tenu

Des ex gangsters à la manoeuvre

Au regard des profils des intermédiaires russes, les héritiers de la Françafrique font figure de petits joueurs. L’homme clé des échanges de la Russie avec le continent n’est autre qu’un ancien gangster condamné à douze ans de prison dans le passé, Evgueni Prigojine, officiellement à la tête d’une entreprise de restauration collective. Son groupe travaille officiellement, à hauteur d’un milliard de chiffre d’affaires par an pour l’armée et les cantines scolaires. Les actions violentes dans lesquelles le nom de ce dernier apparaît sont nombreuses, qu’il s’agisse du meurtre de trois journalistes russes trop curieux en Centrafrique ou de l’assassinat du mari d’une opposante au maître de la Russie.

Or c’est ce même Prigojine qui dirige en effet en sous-main le groupe de sécurité Wagner qui intervient aussi bien en Syrie et en Ukraine qu’en Afrique. C’est lui aussi qui envoie dans une vingtaine de pays des conseillers « media » ou des consultants politiques pour favoriser les intérêts russes. De là à prétendre que la présence russe dans ces pays sera durable, il y a un pas qu’il ne faut sans doute pas franchir. Les revers que la Russie a connu au Soudan et en Afrique du Sud doivent tempérer l’impression que la Russafrique irait de succès en succès.

En compagnie du très décomplexé Vladimir Poutine à Sotchi, les chefs d’état africains vieillissants connaissent une inespérée cure de viagra.

 

 

Des hot dogs à la désinformation : la cuisine d'Evguéni Prigojine, le "chef" de Poutine

 

https://www.france24.com 02/10/2019 - 18:46

 

Tentatives pour influencer les élections aux États-Unis, guerre en Ukraine, ambition russe en Afrique : le nom d’Evguéni Prigojine revient dans tous ces dossiers. Cet oligarque, surnommé le "chef" de Poutine, est aussi dans le viseur de Washington.

Il est peut-être l’oligarque russe le plus sanctionné par les États-Unis. Lundi 30 septembre, Evguéni Prigojine a une nouvelle fois été visé par le Trésor américain, qui a gelé certains de ses actifs. Ce milliardaire proche de Vladimir Poutine avait déjà été sanctionné par Washington en 2016, et plusieurs de ses sociétés ont été mises à l’index en 2017 et 2018. Il a même été inculpé, in absentia, par un jury populaire en février de l’an dernier.

Evguéni Prigojine doit cet acharnement à son rôle de grand argentier de la célèbre Internet Research Agency (IRA). C’est cette organisation russe qui a été à l’origine de la vaste opération de désinformation et de propagande menée durant la campagne pour la présidentielle américaine de 2016. Le Trésor affirme que l’IRA a récidivé en tentant d’influencer les élections de mi-mandat de 2018.

Des hot dogs aux restaurants de luxe

Mais Evguéni Prigojine est bien plus que le milliardaire derrière les milliers de faux comptes Twitter ou Facebook disséqués par tous les services américains de renseignement. Au fil des ans, ce natif de Saint-Pétersbourg s’est imposé comme l’homme de confiance et des basses œuvres de Vladimir Poutine. Son influence ne s’exerce pas seulement dans les petits cercles du pouvoir moscovite ou sur Internet, mais aussi au-delà des frontières russes – et tout particulièrement en Afrique.

Pourtant, cet homme de 58 ans est parti de rien. Dans le Saint-Pétersbourg de l’ère soviétique, Evguéni Prigojine s’est d’abord fait connaître des autorités comme délinquant. À 20 ans, il a été condamné à douze ans de prison pour avoir participé à un braquage et a aussi été reconnu coupable d’appartenir au crime organisé. Il bénéficie d’une libération anticipée dix ans plus tard puis cherche à profiter des opportunités offertes par la chute du régime communiste en se lançant dans… la vente de hot dogs. Il abandonne rapidement cette branche pour reprendre une chaîne d’épiceries puis décide de se consacrer à la restauration.

Vers la fin des années 1990, il ouvre à Saint-Pétersbourg le "New Island", qui va devenir le restaurant de luxe favori du monde des affaires et de l’élite politique locale. Parmi les édiles saint-pétersbourgeoises se trouve un certain Vladimir Poutine, qui commence à fréquenter l’établissement.

En 2001, fraîchement élu président de la Russie, Vladimir Poutine choisit d’emmener son homologue français Jacques Chirac au restaurant d’Evguéni Prigojine. D’après la légende entretenue par l’homme d’affaires, l’ex-délinquant reconverti profite de ce repas pour lier connaissance avec le maître du Kremlin.

Dès lors, Evguéni Prigojine s’immisce dans le cercle des proches du président russe à la force de la fourchette. À tel point qu’Evguéni Prigojine décroche un surnom : celui de "chef" de Vladimir Poutine. Sa proximité avec le président russe lui permet de décrocher de très juteux contrats pour assurer la restauration de tous les écoliers de Moscou et de l’armée russe. Des opportunités qui vont lui permettre d’amasser son premier milliard au début des années 2010. Vladimir Poutine s’est, quant à lui, offert un loyal soldat aux poches très bien remplies.

Le groupe Wagner et l’Afrique

Si, à l’étranger, Evguéni Prigojine est avant tout connu comme l’homme de la propagande numérique à grande échelle, en Russie il s’est surtout illustré par sa créativité pour tenter de discréditer des mouvements d’opposition. "Il n’a pas peur de se salir les mains pour arriver à ses fins", affirme au New York Times Lioubov Sobol, militant de la Fondation anticorruption de l’opposant Alexeï Navalny. La holding d’Evguéni Prigojine, Concord Group, a ainsi des intérêts dans des médias chargés de propager des rumeurs sur tel ou tel opposant. L'homme est aussi soupçonné d’avoir organisé des coups médiatiques comme l’organisation d’une manifestation de faux militants pro-LGBT pour accueillir le président américain Barack Obama en 2013 lors du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg. Le but, d’après le site russe d’investigation Meduza, était d’aller dans le sens du discours officiel du Kremlin, teinté d’homophobie, sur la défense des "valeurs familiales" face à un Occident présenté comme "décadent".

Et puis il y a le groupe paramilitaire Wagner. Cette milice russe, qui a été active en Ukraine, en Syrie ou encore en Libye, est souvent perçue comme une armée parallèle à la solde du Kremlin, même si les groupes militaires privés sont, officiellement, interdits en Russie. Plusieurs enquêtes, notamment du Guardian et du New York Times, indiquent qu’Evguéni Prigojine en est le réel patron, même si le principal intéressé nie jusqu’à l’existence de cette force paramilitaire.

Le groupe Wagner sert en tout cas les intérêts financiers de l’homme d’affaires en Afrique, où ces militaires apparaissent comme le bras armé de la diplomatie russe. En Syrie, Evguéni Prigojine a obtenu du régime 25 % des revenus des champs gaziers et pétroliers que les forces paramilitaires russes ont contribué à reprendre aux militants de l’organisation jihadiste État islamique, a raconté le quotidien Libération dans une enquête consacrée aux barbouzes de Moscou, publiée en 2018. Au Soudan, des hommes du groupe Wagner protègent une mine d’or soupçonnée d’être exploitée par une société sous contrôle indirect d’Evguéni Prigojine.

Rivalité avec la France

En Afrique, l’ancien vendeur de hot dogs ne s’intéresse pas qu’aux affaires. Il aide aussi Moscou à avancer ses pions géopolitiques. Les pays de la sphère d’influence française semblent tout particulièrement dans le viseur de cet homme de confiance de Poutine, d’après des documents internes au groupe Wagner consultés par le quotidien britannique The Guardian. Une carte indique ainsi les pays africains où existent une "rivalité avec la France" et d’autres documents soulignent la réussite des agents russes à évincer, notamment, des "politiciens favorables à Paris" en République centrafricaine. Il est aussi fait mention d’une opération dans les Comores où des "envoyés de Prigojine ont testé des 'outils technologiques' pour savoir s’il était possible d’attiser les tensions entre les autorités locales et Paris", raconte le Guardian, qui a repris ces informations du Dossier Center, une initiative russe de journalisme d’investigation basée à Londres.

Le "chef" de Vladimir Poutine fait donc preuve d’un appétit d’ogre qui va bien au-delà de l’entreprise de désinformation sur Internet. Et le fait d’être dans le collimateur de Washington ne semble pas le gêner. Après avoir été inculpé en 2018, il avait déclaré : "Ça ne me dérange pas. Si les États-Unis veulent voir en moi le diable, qu’ils le fassent."

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 13:34
Paris-Moscou: la diplomatie de la Centrafrique expliquée à Sputnik

 

Lu pour vous

 

Paris-Moscou: la diplomatie de la Centrafrique expliquée à Sputnik par la ministre des Affaires étrangères du pays

 

© Sputnik . Ekaterina Lyzlova 18:39 25.10.2019(mis à jour 18:40 25.10.2019)

 

Le rapprochement entre la Russie et la Centrafrique, les livraisons d’armes au pays, les perspectives de collaborations avec Moscou: dans un entretien accordé à Sputnik, la ministre des Affaires étrangères du pays Sylvie Baïpo-Temon partage la vision du pays.

À l’occasion du sommet Russie-Afrique qui s’est tenu à Sotchi les 23 et 24 octobre, la ministre des Affaires étrangères de la Centrafrique Sylvie Baïpo-Temon a abordé dans une interview à Sputnik les relations de son pays avec Moscou.

Cap sur la Russie

La ministre centrafricaine a d’abord commenté les informations largement relayées par les médias occidentaux selon lesquelles la Centrafrique préfère collaborer avec Moscou plutôt que Paris.

« Il y a un débat qui qui n’a pas lieu d’être. La République centrafricaine a tout simplement décidé d’avoir une diplomatie beaucoup plus offensive et beaucoup plus ouverte. La République centrafricaine a des amis, des partenaires, donc elle s’ouvre vers ces partenaires et consolide ses liens avec ses partenaires là, notamment avec la Fédération de la Russie. Et dans ce sens-là, un pays ami qui répond positivement à une demande de coopération, on ne peut qu’accepter et faire en sorte de consolider nos relations avec ce pays. »

« Comme tout autre pays, la République centrafricaine a la possibilité de mener plusieurs partenariats sur son territoire. Et les pays qui souhaitent investir, avoir un partenariat avec la République Centrafricaine, sont les bienvenus comme le fait la Fédération de la Russie », a ajouté la ministre.

Les attentes du sommet

La ministre des Affaires étrangères s’est également prononcée sur le sommet Russie-Afrique, estimant que l’événement « nous ouvre de grandes perspectives, et d’ailleurs, c’était notre souhait, de pouvoir développer la coopération bilatérale avec la Russie ».

« Je pense que ce forum nous rassure dans cette démarche, parce que la République centrafricaine regorge d’un fort potentiel. Et nous avons besoin justement que la Fédération de la Russie puisse inciter des investisseurs à venir en République centrafricaine, faire découvrir au peuple russe d’avantages de la République centrafricaine, parce que nous avons des liens qui datent pas d’aujourd’hui, mais depuis un certain temps […].»

Sylvie Baïpo-Temon a indiqué qu’en tant que ministre des Affaires étrangères, elle investissait beaucoup d’énergie pour « accroître cette relation diplomatique, notamment dans un esprit beaucoup plus économique ».

Livraisons d’armes russes

Un autre sujet d’actualité abordé par la ministre est celui des livraisons d’armes russes à la Centrafrique.

« La République centrafricaine a opéré de manière totalement transparente. Vous savez que nous sommes sous embargo, et cet embargo impose une procédure à entreprendre. Dans le cadre de cette procédure, la République centrafricaine a fait toutes les démarches. Elle a impliqué le Conseil de sécurité parce qu’une demande d’ailleurs a été faite au Conseil de sécurité », a-t-elle insisté.

Et d’expliquer: « On était dans le besoin. Un appel a été fait à l’ensemble de la communauté internationale. La Fédération de la Russie a répondu ». Puis, elle a annoncé que la République centrafricaine avait entrepris des démarches avec les autorités russes:

« C’est dans le cadre de ces démarches que la Fédération de la Russie a répondu présent, a accompagné la République centrafricaine avec l’accord du Conseil de sécurité pour la mise à disposition des armes qui ont donné lieu à des livraisons pour nous permettre justement dans le cadre de la réforme du secteur de sécurité à pouvoir entamer, puis permettre à la République centrafricaine de reconstruire son armée, qui est aussi une condition nécessaire au retour, à la restauration de l’autorité de l’État sur tout le territoire et surtout au retour à un État de droit», a conclu Sylvie Baïpo-Temon, ministre des Affaires étrangères de la Centrafrique.

 

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 13:11
L'Agence russe de soutien au développement conseillera trois pays africains, ce qui ne risque pas de plaire à tout le monde
L'Agence russe de soutien au développement conseillera trois pays africains, ce qui ne risque pas de plaire à tout le monde

Lu pour vous

 

L'Agence russe de soutien au développement conseillera trois pays africains, ce qui ne risque pas de plaire à tout le monde

 

(Agence Ecofin) 25 octobre 2019 10:56 - International Sovereign Development Agency (ISDA), l'agence russe créée cette année 2019 et qui se focalise sur le soutien au développement des Etats, a signé un accord avec trois pays africains que sont la République démocratique du Congo, la Guinée et le Niger, en marge du premier sommet économique Afrique-Russie qui s'est déroulé les 23 et 24 octobre 2019. 

Le Niger cherche des fonds pour financer la construction d'un oléoduc de 1 300 kilomètres qui lui permettrait d’écouler sa production pétrolière, tandis que la Guinée et la RDC veulent renforcer les infrastructures de transport, notamment les chemins de fer. Ces accords constituent un « premier pas vers la souveraineté économique et l'indépendance financière de nos pays partenaires », a fait savoir Konstantin Malofeev (photo), le directeur général de cette agence et proche du président russe, Vladimir Poutine.

L'ISDA entrera ainsi dans la compétition avec les organismes américains, européens, japonais et chinois d'accompagnement du développement en Afrique. Mais l'institution se veut plus ambitieuse. Sur une plateforme russe à laquelle M. Malofeev a accordé récemment une interview, il a marqué les points de la rupture de l'approche russe, qui consistera à permettre un développement de l'Afrique avec un coût d'endettement nettement plus réduit.

« L'Afrique peut se vanter de posséder d'énormes richesses minérales naturelles, avec des estimations officielles avoisinant les 3 000 milliards de dollars, sans compter l'Algérie et la Libye. Et il reste encore beaucoup à explorer. Néanmoins, où sont les plus grandes compagnies minières africaines ? Elles devraient figurer parmi les cinq premières au monde. Au lieu de cela, nous voyons les principaux rangs occupés par les entreprises internationales : Rio Tinto, Glencore, BHP Billiton et Anglo American, entre autres », faisait-il remarquer.

Cette offensive russe n'est pas pour plaire notamment aux Européens ou encore aux Américains. Ils ont tôt fait de rappeler que Konstantin Malofeev qui dirige l'agence russe est frappé de sanctions dans plusieurs pays, pour des pratiques peu orthodoxes, notamment le soutien des groupes armés en Ukraine, pro-Russie. Ils avertissent aussi de ce que celui-ci pourrait mener des actions de soft power pour mieux dominer le continent noir.

Les officiels russes se défendent de tels arguments en indiquant que leur priorité est d'apporter un vrai soutien à leurs partenaires, et booster les échanges commerciaux avec le continent noir. « Je ne fais pas le lien entre mes activités politiques en Russie et mes activités liées à la consultation économique en Afrique », a déclaré Konstantin Malofeev. Les Russes souhaitent porter le volume des échanges avec l'Afrique de 20 milliards à 40 milliards $. En 2018, la Russie a été le partenaire commercial de l'Afrique qui a dégagé le plus gros excédent (14 milliards $).

Idriss Linge

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 12:40
Le rôle méconnu joué par le Vatican pour apaiser les rivalités ethniques en Centrafrique et au Soudan du sud
Le rôle méconnu joué par le Vatican pour apaiser les rivalités ethniques en Centrafrique et au Soudan du sud

 

Lu pour vous

 

BONNES FEUILLES

 

Le rôle méconnu joué par le Vatican pour apaiser les rivalités ethniques en Centrafrique et au Soudan du sud

 

https://www.atlantico.fr

 

Jean-Baptiste Noé publie "François le diplomate" aux éditions Salvator. Le pape François s'active sur la scène mondiale depuis son élection en 2013. Dépourvu d'expérience diplomatique, à la différence de ses prédécesseurs Pie XII et Paul VI, François s'est imposé avec charisme et intelligence comme un interlocuteur privilégié des leaders de ce monde. Extrait 1/2.

 

La diplomatie vaticane s’est également activée en Centrafrique et au Soudan du Sud, illustrant les slogans répétés du pape quant à la nécessité « d’initier des processus » et de « construire des ponts et non pas des murs ». Comme d’autres pays du continent, ces deux États subissent les rivalités ethniques et voient ressurgir les affrontements séculaires entre peuples nomades et peuples sédentaires qui avaient été suspendus durant la courte période coloniale et qui reprennent de plus en plus fortement depuis les années 1980. Ce réveil des ethnies, qui donne la primauté au sang sur l’eau du baptême, touche l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. La question religieuse est secondaire ; elle vient se surimposer aux réalités ethniques qui structurent les espaces et la vie des États. Les guerres ne sont pas religieuses. Ce sont d’abord des guerres ethniques sur lesquelles viennent se greffer des habillages religieux adaptés aux cultures séculaires.

Centrafrique : la centralité de la miséricorde

La République de Centrafrique est touchée par une série de révoltes civiles et ethniques qui se sont accélérées depuis le début des années 2000. En 2003, le général François Bozizé prend le pouvoir avec l’aide de miliciens du Tchad et chasse les milices congolaises installées dans la région de Bangui. La guerre civile larvée dure jusqu’en 2012. En mars 2013, la Seleka lance une offensive sur Bangui et s’empare de la capitale, provoquant la fuite de Bozizé. Répondant aux exactions de la Seleka et aux cas de purification ethnique, des milices de défense se créent, qui prennent le nom d’anti-balaka. Face à un risque de génocide, l’ONU décide l’envoi d’une force internationale pour séparer les belligérants. La France prend la tête de la coalition et débute l’opération Sangaris (décembre 2013). L’armée française parvient à contrôler Bangui et à stabiliser le pays, évitant de trop nombreuses destructions de populations. Si les Seleka se rattachent à l’islam et les anti-balaka au christianisme, ce sont les religions traditionnelles qui dominent sous le vernis musulman et chrétien. Les milices anti-balaka se dotent ainsi de colliers porte-bonheur autour du cou, capables de chasser les mauvais esprits et de leur apporter la victoire. Néanmoins, l’archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga, reste la seule et unique autorité politique stable dans le pays. C’est lui qui est en contact régulier avec le commandement de la force Sangaris, qui organise les négociations pour la libération des otages, qui assure le contact avec les différents groupes religieux. Le Saint-Siège a joué un rôle souterrain durant cette guerre, de captation de l’information et de tentative de conciliation entre les différents groupes. En novembre 2015, François effectue une visite apostolique en Centrafrique, célébrant une messe dans la cathédrale de Bangui. Il y ouvre la première porte sainte du jubilé de la Miséricorde, faisant de cette ville ravagée par la guerre la capitale spirituelle du monde. Puis, en novembre 2016, il crée cardinal Mgr Nzapalainga, faisant de lui le premier cardinal de la Centrafrique. Ces gestes d’une grande force symbolique se veulent l’expression de la diplomatie de la miséricorde que promeut le pape François.

Soudan du Sud : l’armistice vaut bien une retraite

Situé dans le bassin du Nil et de ce fait arrière-cour de l’Égypte, le Soudan est divisé entre un nord musulman et un sud chrétien. Ces diversités religieuses et culturelles se calquent sur les fractures ethniques, comme souvent en Afrique. Tenu à la fois par l’Égypte et par l’Angleterre, le Soudan a obtenu l’indépendance en 1955, avant de sombrer aussitôt dans la guerre civile. Les deux blocs, le nord et le sud, se sont affrontés, le nord arabisé et islamisé voulant contrôler le sud. À l’issue de la deuxième guerre du Soudan (2005), il fut décidé de l’organisation d’un référendum sur la question de l’indépendance du sud. Celui-ci devait être organisé six ans plus tard, ce qui laissait du temps à Khartoum pour éviter l’indépendance. Le référendum se tint comme promis en juin 2011 et près de 98 % de la population du sud vota en faveur de l’indépendance, qui devint effective le 9 juillet 2011. La paix espérée fut de courte durée. Le nouvel État sombra à son tour dans la guerre civile, deux ethnies se partageant la main mise sur le pays et voulant évincer l’autre pour s’assurer seule son contrôle. Il possède de nombreuses réserves de pétrole, ce qui attise les convoitises et faisait espérer la création d’un émirat pétrolier africain. Peuplé de 8,5 millions d’habitants, le Soudan du Sud est l’un des pays les plus pauvres d’Afrique. La mortalité maternelle y est la plus élevée au monde et 10 % des enfants meurent avant l’âge de cinq ans. De plus, par manque de structures et d’écoles, la très grande majorité de la population est analphabète. Dans ces conditions, un développement du Soudan du Sud était une illusion, même avec l’indépendance acquise en 2011. Tout y était à faire et à bâtir, et le pétrole ne pouvait pas être la réponse à tous les maux. D’autant plus que, comme dans de nombreux pays, le pétrole est plus un mal qu’un bienfait. Excitant les jalousies et les désirs de richesse, il aiguise les appétits guerriers et ravive les tensions entre les groupes humains. Alors que 2011 devait ouvrir une période de paix et de construction, l’indépendance marqua l’écriture d’une nouvelle page d’affrontements et de conflits. En 2011, l’ONU estimait que les deux guerres avaient causé la mort de deux millions et demi de personnes et de quatre millions de réfugiés. La guerre qui secoue le pays depuis 2011 a fait 50 000 morts et trois millions de réfugiés. La violence et les drames humains continuent donc de s’étendre.

Les racines des oppositions tribales

Dès l’indépendance de 2011, deux hommes ont pris le contrôle du pays, Salva Kiir, un dinka devenu président, et Riek Machar, de l’ethnie des Nuer, qui fut vice-président. Les deux hommes ont fondé et dirigé un gouvernement provisoire en 2005, qui a organisé le référendum de 2011 et qui est ensuite devenu le gouvernement officiel au moment de l’indépendance. Ce sont deux guerriers, habitués à se battre et à faire le coup de feu. Ils ont vécu une partie de leur vie dans l’opposition à Khartoum et dans l’organisation et la structuration des milices d’opposition. L’attelage entre les deux hommes a tenu deux ans. Des élections présidentielles étant prévues pour 2015, Riek Machar a annoncé en 2013 vouloir s’y présenter. Salva Kiir l’a aussitôt limogé, ainsi qu’une partie du gouvernement, afin de contrôler seul le pays. Aidé par les Nuer, Machar a alors débuté une guerre armée. Le tribalisme et la corruption structurent cet État corrompu, qui comptait 300 000 fonctionnaires en 2011 pour 8,5 millions d’habitants. C’était une façon habile de créer des féodalités et de tisser des liens de clientélisme, ces personnes étant rémunérées avec l’argent du pétrole. La corruption assure la survie des groupes humains et des réseaux de fi délité, quitte à nuire au développement du pays. Le sentiment national est inexistant dans ce pays, qui demeure artificiel. L’opposition à Khartoum a permis l’union des Dinkas et des Nuer pendant de nombreuses décennies. Maintenant que le Soudan du Nord n’est plus l’ennemi prioritaire, les rivalités ethniques du sud éclatent et cette opposition n’a aucune raison de s’arrêter. L’Ouganda et le Kenya interviennent en sous-main dans le jeu soudanais. Ces deux pays ont soutenu l’indépendance du sud, espérant ainsi pouvoir profiter de sa manne pétrolière. La guerre qui dure ne fait pas leurs affaires, car cela bloque la production du pétrole. D’après l’ONU, la crise humanitaire de ce pays est pire que celle qui existait au Rwanda. En 2018, la sécheresse s’est abattue sur le pays, aggravée par la guerre, ce qui a accru les famines et donc les morts et les réfugiés. Hélas, pour les populations civiles, aucune sortie de crise ne semble en vue pour l’instant et le drame humanitaire ne cesse de perdurer. Le Saint-Siège a proposé sa médiation aux deux parties pour tenter de trouver une conciliation et assurer l’édification de la paix. François a invité les deux chefs militaires à une retraite spirituelle au Vatican, qui s’est tenue les 10 et 11 avril 2019. C’est un cas unique et original : c’est la première fois que le Saint-Siège propose une retraite aux belligérants dans son action de médiation. Salva Kiir et Riek Machar étant théoriquement catholiques et presbytériens, la retraite fut prêchée par un archevêque catholique ougandais. Des responsables anglicans et presbytériens étaient également présents, dont l’archevêque de Canterbury, Justin Welby. À la fin de cette retraite, François a eu un geste inattendu : il s’est agenouillé devant les deux miliciens et leur a embrassé les pieds. Geste surprenant et insolite, rappelant le lavement des pieds du Jeudi saint que François affectionne beaucoup et qu’il effectue tous les ans dans des prisons. Cela n’aura pas suffi pour ramener la paix, mais François a ainsi voulu marquer son grand intérêt pour ce pays oublié.

La paix, pour les croyants, s’invoque devant Dieu. Et on doit l’invoquer en priant encore plus face au sacrifice de tant de victimes innocentes de la haine et de la guerre. Quelque chose a dû arriver dans ces heures à Sainte-Marthe, avant tout entre les leaders du Soudan du Sud qui ont accueilli l’invitation de l’évêque de Rome, qui a comme titre celui de « Serviteur des serviteurs de Dieu ». En s’agenouillant avec difficulté pour embrasser leurs pieds, le pape s’est incliné devant ce que Dieu a suscité durant cette rencontre de prière.

Accomplir des gestes forts et marquants, servir de médiateur, rappeler les responsables politiques à leur conscience et à leur rôle de chef d’État, François utilise tous les attributs classiques de la diplomatie du Saint-Siège, lui qui ne dispose ni d’armée ni de moyens de pression pour mettre un terme aux conflits et faire advenir la paix. Il cherche toujours à initier des processus et à créer un dialogue, dut-il être trahi par les personnes qu’il reçoit, dusse la paix ne pas aller aux pas de Dieu, mais aux pas des hommes. Très marqué par l’ensemble des conflits et par les souffrances humaines, François cherche à être un homme de miséricorde apportant la paix au monde. Les résultats ne sont pas toujours visibles, mais il sait pouvoir terminer les actions de ses prédécesseurs et initier des chemins qui pourront être poursuivis après lui. S’appuyant sur le Christ, il cherche à recoller les morceaux de la paix et de la justice brisées par la troisième guerre mondiale fragmentée abattue sur le monde.

Extrait du livre de Jean-Baptiste Noé, "François le diplomate : la diplomatie de la miséricorde", publié aux éditions Salvator

 

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 12:27
Afrique : les femmes à la pointe du développement
Afrique : les femmes à la pointe du développement

 

Lu pour vous
 

 

https://www.metropolitaine.fr 24 OCTOBRE 2019 Par LA RÉDACTION

 

Ce n’est pas un simple effet de mode ou du féminisme ambiant : les femmes africaines sont aujourd’hui parmi les plus entrepreneuses au monde. Un atout pour accélérer le développement du continent africain, à condition de donner à ces femmes davantage de moyens financiers. Ici et là, des initiatives, telles que le sommet régional We-Fi, ou l’Africa Start-up Initiative de Telecel Group, voient le jour.

C’est un boom silencieux, porteur d’espoirs d’émancipation pour tout un continent. Partout en Afrique, la révolution numérique commence à porter ses fruits. De Dakar à Nairobi, des nouvelles entreprises émergent grâce à la floraison d’un puissant mouvement start-up ancré dans la jeunesse.

Ce que l’on sait moins, c’est que parmi ces entrepreneurs new look, beaucoup sont des femmes. Près d’un quart d’entre elles en âge d’exercer un emploi sont aujourd’hui impliquées dans la création d’entreprises, et pas seulement dans les nouvelles technologies. Aujourd’hui, les femmes détiennent plus de 30 % des PME en Afrique.

En Afrique comme ailleurs, le challenge du plafond de verre

En avril dernier s’est tenu à Abidjan un sommet dédié à l’entrepreneuriat féminin : We-Fi. A l’origine de cet événement placé sous l’égide de la Banque mondiale, qui a permis de lever 350 millions de dollars : la difficulté des porteuses de projets à obtenir des financements. Cette difficulté à trouver des financements est vraie pour tous les Africains, et l’est encore plus quand on est une femme. Le manque de confiance de leurs interlocuteurs masculins, le caractère informel de nombre d’entreprises, le fait que certaines de ces femmes ne sont jamais allées à l’école : tout ça fait qu’elles doivent se battre davantage.

Comme l’explique Lamba Ka, chef de projet chez MakeSense West Africa et spécialisée dans la lutte contre la corruption, « la balance entre vie professionnelle et vie de famille est difficile à trouver. Il est compliqué de gérer à la fois une famille et une entreprise, surtout avec la pression culturelle et sociale. »

Et pourtant, l’enjeu est crucial. Il va bien au-delà de la réussite individuelle de ces business women. Lors du sommet We-Fi, la directrice de la Banque mondiale Kristalina Georgieva l’a rappelé, chiffres à l’appui : l’intégration des femmes africaines dans les économies crée des emplois, améliore le niveau de vie, dynamise la croissance économique et contribue à la paix et à la prospérité d’un pays.

L’entrepreneuriat féminin en Afrique, une cause mondiale

Cette prise de conscience a donné lieu récemment à un formidable déploiement de programmes destinés à changer la donne au niveau local. L’une des plus ambitieuses avec l’initiative We-Fi, l’Action positive pour le financement en faveur des femmes en Afrique (AFAWA), vise à faciliter, par l’intermédiaire de banques commerciales et d’institutions de microfinance africaines, l’octroi de prêts à plus de 50 000 entreprises dirigées par des femmes.

Dans le digital notamment, on peut citer le programme Africa Start-up Initiative (AFIP), financé par l’opérateur de téléphonie Telecel Group. Un focus bienvenu sur les technologies innovantes, où les femmes restent en retrait du profond mouvement qui traverse le continent. Pour Ninon Duval-Farré, directrice de l’incubateur Bond’Innov, « on remarque qu’il y a une façon plus timide d’aborder le business qui freine un peu les ambitions des entrepreneures. On remarque d’ailleurs qu’elles sont bien moins nombreuses que les hommes dans ce domaine. »

Le facteur femmes est désormais scruté avec attention par les instances qui ont à coeur le développement du continent. Avec l’environnement, ce fut l’un des enjeux abordés lors du G7 de Biarritz. Ce thème a donné lieu à une déclaration spécifique dans laquelle les dirigeants réunis en France se sont félicités des sommes levées pour pallier le manque de financement identifié comme un frein à l’essor de l’entrepreneuriat féminin en Afrique.

 

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 12:03
Université de Bangui : une campagne de sensibilisation à la non-violence indispensable pour consolider la paix

 

Tribune libre

 

 

L’Association des étudiants leaders de la non-violence et de la paix (AELNVP) a mené une campagne de sensibilisation à l’Université de Bangui. Cette association est présidée par Cédric Boylamba, secrétaire général exécutif du Conseil national de la non-violence active (CNNVA) et est coordonnée par la ministre de la Défense Marie-Noëlle KOYARA. L'objectif de cette campagne est de rappeler les enjeux de la culture de la non-violence, qui contribue à la consolidation de la paix en Centrafrique.


Cette campagne de sensibilisation, autorisée par le rectorat sous la signature du secrétaire général Jean Kokidé, a été menée avec l’assistance de la cellule Communication de l’Université de Bangui. Elle fut par ailleurs médiatisée par Radio Voix des Jeunes 94.8 FM, qui en assurait la retransmission en direct, avec le soutien de monsieur Laurent Foucher, président d’honneur du Conseil National de la Non-Violence Active (CNNVA) et président du Conseil d’Administration de Telecel Group.

 

Cette initiative a été appréciée par tous les universitaires, dont le professeur de Géographie et ancien Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji, et d’autres personnalités : le Cardinal Nzapalainga et son Exellence Catherine Samba Panza, ancienne Présidente, Mère de la nation centrafricaine et membre d’honneur du CNNVA. Cette campagne a permis d'éveiller les consciences et de générer des échanges courtois et participatifs.

 

Le bureau de la nouvelle Association Nationale des Etudiants Centrafricains (ANECA), pacifique et non-violente, a la mission de former les étudiants à défendre positivement leurs intérêts et leurs droits. Un accueil chaleureux a été réservé aux représentants de cette campagne de non-violence qui a démarré à la Faculté des Sciences. L’intervenant principal, Cédric Boylamba, a affirmé qu’un étudiant est d'abord et avant tout un intellectuel, qui produit du savoir, et qui doit proscrire l'usage de la violence.

 

« Vers l’excellence académique au cœur de l’Afrique »

 

L'Université de Bangui met à la disposition des étudiants les moyens de s'instruire : une bibliothèque, un campus numérique... Au nom de la science, les étudiants doivent apprendre à vivre ensemble, et à se soutenir en vue du savoir commun. Au nom de la science, ils doivent lutter pour préserver leur dignité. Au nom de la science, ils doivent défendre la justice et la vérité. Au nom de la science, ils doivent lutter pour la restauration de la paix en RCA. Au nom de la science, ils doivent promouvoir la non-violence.

 

L’heure est grave et nous devons prendre part dignement aux Assises internationales. La culture de la paix doit être soutenue par une volonté personnelle, collective et institutionnelle. Selon la Déclaration universelle des droits de l’Homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit ». Luttons toujours pour ce qui est digne et juste.

 

La décision du rectorat du 19 mars, suspendant les activités et le processus électoral de l’ANECA pour cause de violence, est louable. Cela a permis à certains étudiants de comprendre que l’Université ne doit pas être le théâtre d'affrontements physiques. D'après Martin Luther King, la lutte pour la paix, la non-violence et le pardon est une lutte pour Dieu, qui a voulu un monde juste. L'univers est régi par un Dieu juste. Comme le rappelait le cardinal Zapalainga, « la non-violence est un mode de vie, une manière d’être qu’il faut acquérir. C’est l’expression d’une vie ».

 

Ce mode de vie repose sur la science de la vertu, disposition constante de l’âme qui porte à faire le bien. Le cardinal a évoqué les deux approches de la non-violence : pour certains, la non-violence est une spiritualité à approfondir, intimement liée à la pratique d’une morale de vie (Jésus Christ, Bouddha). Pour d'autres, la non-violence est une méthode politique de gestion des affaires de la cité (Martin Luther King, Nelson Mandela). Ces pacifistes célèbres ont été capables de transformer la société grâce à leur force morale.

 

L’un des leaders de la non-violence à l’Université de Bangui, Gobolo Melchisédech, a pris la parole pour rappeler que les valeurs morales ne doivent pas seulement être imprégnées dans les cœurs mais elles doivent se vivre pleinement au quotidien. Le pardon et la justice sont des vertus qui permettent à l’harmonie d'atteindre sa plénitude. Les étudiants doivent faire de ces vertus un modèle de vie, afin de contribuer activement à la cohésion sociale.

 

Comme l’affirmait Gandhi : « Si  tu  veux voir le changement dans le monde, tu dois être la source de ce changement ». La prise de conscience personnelle est une petite flamme qui peut apporter de la lumière dans les zones obscures de la discorde et de la haine. L’un des leaders de la campagne a par ailleurs cité Einstein : « le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ».

 

Annoncer, dénoncer, renoncer

 

Il faut se rappeler les trois verbes prophétiques de Martin Luther King : annoncer, dénoncer, renoncer. Autrement dit, il faut toujours avoir le courage d’encourager les autres à être non-violents, dénoncer les maux qui gangrènent la société, et renoncer au mal, c'est-à-dire choisir d’être bon et de réaliser le bien. La bonté transforme davantage le monde que la parole et sert de base à la culture de l'excellence.

 

Pour installer la paix à l’Université, les règles académiques doivent être respectées et la justice doit pouvoir encadrer les dérapages. Des questions restent pourtant en suspens : comment les étudiants peuvent s'améliorer s'ils n’ont pas de laboratoire? S'ils n'ont plus de place pour s'asseoir? Comment résoudre le problème des étudiants « fantômes », dont le nom ne figure pas parmi les étudiants inscrits ? Comment peut-on parler de paix quand l’Université n’est pas clôturée ?

 

Des étudiants ont par ailleurs rappelé que la culture de la paix est née en Afrique. Elle a été élaborée pour la première fois à l'échelle planétaire par l’UNESCO lors du Congrès international sur « La paix dans l’esprit des hommes », organisé à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire en 1989. L’Assemblée Générale des Nations Unies considère qu’une culture de la paix consiste « en des valeurs, des attitudes et des comportements qui reflètent et favorisent la convivialité et le partage fondés sur les principes de liberté, de justice et de démocratie, tous les droits de l’homme, la tolérance et la solidarité, qui rejettent la violence et inclinent à prévenir les conflits en s’attaquant à leurs causes profondes et à résoudre les problèmes par la voie du dialogue et de la négociation. »

 

C’est à l’Afrique et aux Africains, comme Léopold Sédar Senghor, que l’Humanité doit le concept de « refondation de la civilisation de l’universel », fruit du dialogue entre cultures et civilisations. Rappelons également les fondements du panafricanisme, issu de la lutte pour le respect des droits humains, contre la traite négrière, la colonisation et l’apartheid. Le concept d’une culture de la paix suppose la promotion d’une citoyenneté africaine prônant la réconciliation et la résolution pacifique des conflits. Comme le dit Wole Soyinka, « c’est pour le monde une profonde leçon que la capacité des races noires de pardonner (...), qui tient pour une grande part aux préceptes éthiques issus de leurs visions du monde et leurs religions authentiques».

 

Si Dieu a béni Job, c’est parce qu’il était non-violent

 

L’Imam Youssouf, coordonnateur adjoint du Conseil National de la Non-Violence Active (CNNVA), a affirmé qu’un seul étudiant non-violent peut entraîner dix autres étudiants avec lui. Pour Romaric Koyangozo, les étudiants doivent en effet être les vecteurs de la non-violence. Le chef du quartier Mandaba, doyen de tous les chefs de quartier en RCA et conseiller au CNNVA, est intervenu pour rappeler que la tolérance et l’amour du prochain sont les bases de la cohésion sociale. Son Excellence M. Simplice Mathieu Sarandji, professeur de Géographie et ancien Premier ministre, a même suspendu son cours de Géopolitique et a encouragé ses étudiants à participer aux échanges.

                                                          

Pour Prince, étudiant en première année de SVT, il faut proposer des pistes de sortie de crise. Dans un endroit comme l’Université, ceux qui se battent ou qui sèment des troubles devraient être sanctionnés sur le plan universitaire ou alors traduits en justice lorsqu'ils sont récidivistes. Demakete Wilfrid, président des étudiants de la Faculté des sciences, est convaincu qu'il faut pérenniser cette philosophie, afin de susciter un nouvel élan d'unité nationale. Mr Joseph Gbebri, professeur de Physique-chimie à la Faculté des Sciences, se demande comment les étudiants en arrivent à se battre.

 

Romaric, vice-président de l’AELNVP, a affirmé que les étudiants doivent être les vecteurs de la paix. Pour Sem, coordonnateur, il est important de mettre en avant la paix plutôt que de faire usage de la force envers les récidivistes. La non-violence active ne consiste pas à réagir aux événements mais plutôt à les anticiper pour mieux les prévenir. D'après Madame Hélène Kamion du CNNVA, le succès de l’ANECA 2017 a permis aux élections de se dérouler sans violence.

 

NGahaly Habiba, Miss Centrafrique 2015, ambassadrice pour la paix et journaliste-reporter à Radio Voix des Jeunes, a rappelé que le pardon est essentiel car la rancune épuise, fait souffrir et alourdit la pensée. Pour Mac Laurin, coordonnateur de la Cellule de la non-violence de la Faculté des sciences, « la non-violence est une force et non une faiblesse ». Georgia, Trésorière Générale de l’AELNVP, considère qu'il faut vivre ensemble « comme des frères ». « Car, nous aurons toujours besoins des uns et des autres pour partager notre sentiment de vivre et d’exister ». Enfin, pour Atombi Antoine, chargé de logistique au sein du CNNVA, « faire la paix avec les autres c’est ressembler à Dieu ».

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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 18:33
Le Kremlin réagit aux rumeurs de déploiement d’une base russe en Centrafrique
Le Kremlin réagit aux rumeurs de déploiement d’une base russe en Centrafrique

 

Lu pour vous

 

https://fr.sputniknews.com 13:05 25.10.2019

 

Prié par des journalistes de préciser si l’éventuelle création d’une base russe en Centrafrique avait fait l’objet de négociations entre les Présidents russe et centrafricain, le Kremlin a répondu par la négative.

L’éventuel déploiement d’une base militaire russe en Centrafrique n’a pas été abordé lors des négociations entre le Président du pays, Faustin-Archange Touadéra, et Vladimir Poutine, a déclaré le Kremlin par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov.

Dans une interview accordée à Sputnik, le chef de l’État centrafricain est resté évasif quant aux perspectives de création d’une base militaire russe sur son territoire.

«Nous continuons à travailler dans ce cadre-là avec le ministère de la Défense nationale et le ministère de la Défense russe pour étudier des possibilités de coopération», a-t-il notamment indiqué, répondant à la question de savoir si un tel déploiement était envisagé.

Le premier sommet Russie-Afrique s’est tenu du 23 au 24 octobre 2019 à Sotchi sous la coprésidence de Vladimir Poutine et d’Abdel Fattah al-Sissi47 chefs d'État et de gouvernement ont fait le déplacement à l’occasion de cet événement jugé inédit dans l’histoire des relations russo-africaines.

 

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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 18:21
Le Président centrafricain lève le voile sur les missions russes dans le pays - exclusif

 

Lu pour vous 

 

https://fr.sputniknews.com 09:00 25.10.2019

 

Armes russes, instructeurs pour les militaires centrafricains… Dans une interview à Sputnik, Faustin-Archange Touadéra a évoqué les missions russes dans son pays, au centre de l’attention médiatique en Occident. Il estime cependant que les liens entre les deux pays ne devraient pas se limiter à la Défense et espère de nouvelles coopérations.

 

Sputnik: En trois ans, de nombreux changements dans les relations entre la Centrafrique et la Russie se sont produits. Quels sont les plus importants?

 

M.Touadéra: « Comme vous l’avez mentionné, c’est vrai que depuis trois ans, il y a eu beaucoup d’avancées. Beaucoup d’avancées dans la volonté du peuple centrafricain d’aller vers la paix, la stabilité et le développement. Je pourrais tout simplement mentionner l’accord politique de paix pour la réconciliation qui, à notre avis, est un événement majeur dans le cadre du rétablissement de la paix et de la sécurité. Aujourd’hui, le gouvernement travaille pour remplir sa part d’engagements et il travaille aussi avec les autres partenaires pour que cet accord puisse vraiment nous conduire à la paix.

Il y a des avancées, il y a des défis encore sur lesquels nous continuons à travailler. Il y a eu aussi des efforts qui ont été faits sur les forces de défense et de sécurité. Vous savez qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de formations. Il y a une montée en puissance progressive de nos forces de défense. Ce n’est pas encore cela, mais c’est prometteur. Aujourd’hui, il y a des formations avec l’EUTM [European Union Training Mission, ndlr], des formations avec des instructeurs russes sur l’utilisation des armes. Je pense que près de 3.000 militaires ont déjà suivi cette formation. [Samedi dernier,] avant de venir ici, j’ai assisté à la sortie d’un contingent de cette formation. Cela se passe très bien. Et, il y a eu aussi une gracieuse fourniture d'armes [de la part de] la Fédération de Russie. Il y a eu une première livraison, il y a quelque temps. Et tout récemment, les deux dernières livraisons au mois de mai. Ce qui a donné des moyens à nos forces de défense [pour] remplir leur mission.

Un des aspects positifs, c’est qu’après l’accord et la fourniture d'armes par la Fédération de Russie, des contingents ont été déployés sur le terrain. Et ils sont aujourd’hui même à Birao, ils sont à Bria, à Kaga-Bandoro, à Bouar et dans [d’autres] régions de notre pays. Et nous poursuivons le déploiement des forces de défense et de sécurité à travers le pays pour le retour de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire».

 

Sputnik: Concernant les livraisons d’armes russes. Deux ont déjà eu lieu. D’autres sont-elles prévues? Durant le forum, avez-vous passé des accords en ce sens?

 

M.Touadéra: «Vous savez que la Russie avait accepté de fournir à la République centrafricaine 5.000 armes d’assaut. Ces livraisons ont été faites. Aujourd’hui, nos forces ont encore besoin d’autres capacités. Donc, c’est ce que j’ai, dans mes propos et dans les rencontres, demandé, sollicité encore [auprès] de la Fédération de Russie: si elle peut consentir une aide supplémentaire à la République centrafricaine pour permettre à notre armée de remplir sa mission. C’est une armée qui va aller au-delà des 12.000 hommes. Or nous avons 5.000 armes. Vous comprendrez bien que c’est en-deçà ... c’est une armée, donc il lui faut vraiment tous les moyens nécessaires pour remplir correctement sa mission».

Sputnik: Est-il prévu que Russie et Centrafrique passent de nouveaux accords? Si oui, dans quels domaines?

M.Touadéra: «La Fédération de Russie a fait des dons en matériels létaux, à la République centrafricaine. Et cela dans le domaine sécuritaire. Mais aussi, des instructeurs russes qui forment nos militaires à l’utilisation de ces armes. Mais, je pense que la coopération avec la Fédération de Russie doit élargir ses domaines. Comme cela a été dit par l’ensemble des Présidents africains ici, nous sommes dans le cadre d'une coopération multisectorielle».

«Bien entendu, nous avons sollicité l’appui de la Fédération de Russie dans le domaine de l’agriculture, dans le domaine de l’éducation. Le Président Poutine a accepté que les universités, les centres de formation de la Fédération de Russie [acceptent] des étudiants centrafricains. Et aussi, il y a un certain nombre de domaines [ouverts aux] investissements. Nous savons que les investisseurs russes et les hommes d’affaires russes ont beaucoup de capacités. La République centrafricaine aujourd’hui est complètement dans le domaine du commerce et de l’industrie. Et ce sont des secteurs libéralisés. Donc ils peuvent réaliser des activités, investir en République centrafricaine en respectant nos lois et la loi sur le commerce».

Sputnik: Quelles nouvelles formes de coopération militaire pourraient être développées entre les deux pays? Des négociations sur la création d’une base militaire russe sont-elles en cours?

M.Touadéra: «Nous avons un accord de coopération qui suit son cours. Bien entendu, il y a des possibilités si le gouvernement de la Fédération de Russie consent [à] nous aider dans un certain nombre de domaines. Vous savez qu’aujourd’hui nous avons opté pour une armée de garnison au lieu d’une armée de projection. Donc, il y a plusieurs garnisons en construction. Et c’est un défi pour la République centrafricaine. Donc, nous sollicitons tous nos partenaires [pour] nous aider à mettre en place ces garnisons dans le cadre du plan national de défense. Et les défis sont énormes. Nous demandons à tous les partenaires, aux amis de la République centrafricaine, de nous aider à mettre en œuvre ce plan national de défense».

Sputnik: Il n’est donc pas question d’une base militaire russe en Centrafrique?

M.Touadéra: «Nous continuons à travailler dans ce cadre-là avec le ministère de la Défense nationale et le ministère de la Défense russe pour étudier des possibilités de coopération».

Sputnik: Sergueï Lavrov a demandé que l’enquête sur le meurtre des trois journalistes russes soit accélérée. Où en est-elle actuellement? Progresse-t-elle?

 

M.Touadéra: «Cet événement nous a beaucoup touchés, tout comme de tels actes puissent se produire en République centrafricaine... Ce que le gouvernement centrafricain a fait, c’est déjà de tout entreprendre pour faire la lumière sur cette affaire, sur l’assassinat de ces trois journalistes. Aujourd’hui, il y a une enquête. Le gouvernement est tout à fait disposé et a mis tous ses services à disposition pour faciliter, pour aider à ce que la lumière puisse se faire sur cette question. Nous restons disposés, aussi bien nos services de sécurité que la justice ou la police centrafricaine, à continuer de travailler pour que la lumière se fasse sur cette affaire».

Sputnik: Une question sur l’entreprise russe installée en Centrafrique, Lobaye Invest. Quel est le bilan de ses activités et quelles sont les perspectives de collaboration ?

M.Touadéra: «Je n’ai pas beaucoup d’éléments sur le plan de développement de cette entreprise. C’est une société de droit centrafricain qui travaille. Je n’ai pas vraiment [d’] idée précise sur le succès de tous ses travaux, de toutes ses activités».

Sputnik: Le nom de Lobaye Invest a été beaucoup cité dans la presse.

M.Touadéra: «C’est une société comme [une] autre. Soit une société privée qui travaille, qui est de droit centrafricain, qui a payé ses droits. Donc, nous n’avons pas d’éléments précis».

Sputnik: Pourquoi la présence de sociétés privées russes [Affaire Wagner] inquiète-t-elle tant certains médias, qui vont jusqu’à utiliser le terme de mercenaires?

M.Touadéra: «Vous savez, notre coopération avec la Fédération de Russie se fait dans la transparence. Nous nous sommes adressés au ministère des Affaires Etrangères et au Président Poutine dans le cadre du don ou de l’octroi d’armes à la République centrafricaine. Cela s’est fait sous le contrôle du Comité des Sanctions des Nations Unies sur l’embargo en République centrafricaine. Et c’est sur cet accord de levée partielle que les armes ont été livrées à la République centrafricaine les deux fois que vous avez citées. Il a été prévu que des formateurs russes puissent venir former les militaires centrafricains à l’utilisation de ces armes. C’est au ministre de la Défense de la Fédération de Russie que le ministre de la Défense centrafricain s’est adressé pour cette question. C’est une coopération d’État à État et nous ne comprenons pas que de tels propos se tiennent».

Sputnik: Il y a beaucoup d’inquiétude dans les médias occidentaux à propos de votre conseiller Valéry Zakharov. Qu’en pensez-vous? Comment évaluez-vous son travail?

M.Touadéra: «Monsieur Zakharov est mon conseiller en matière de sécurité. Vous savez qu’il y a des instructeurs russes qui forment des militaires centrafricains à l’utilisation d'armes. Pour établir des relations de contact, pour voir l’évolution de cette formation et de tout ce qui concerne la sécurité, Monsieur Zakharov nous aide et nous conseille dans l’évolution de cette formation et suit pour nous ce qu’il se passe pour établir de bonnes relations. J’ai besoin de suivre de près cette situation puisque c’est une problématique qui est très importante pour la défense, la reconstitution de l’armée. Donc nous avons besoin d’un conseiller qui sert de lien entre la formation et nous pour savoir régler rapidement les problèmes. Cela se passe très bien et en toute transparence».

Sputnik: Hier, vous avez demandé de l’aide pour que l’embargo sur les armes soit levé. Comment cela s’est-il passé?

M.Touadéra: «Les récents développements font justement état d’un allègement. Mais pour nous, ce n’est pas un allègement qu’il faut. Nous voulons la levée totale de l’embargo pour permettre à notre armée nationale d’avoir les moyens de sa mission. Vous comprenez bien que c’est une armée nationale qui est la force légitime du pays, ayant pour mission la protection de la population et des institutions. Au vu de cette lourde charge, notre armée a besoin de tous les moyens. Aujourd’hui il n’y a aucun contrôle sur les groupes armés, qui se ravitaillent en contrebande. Les groupes armés sont mieux armés que l’armée nationale. C’est quelque chose qui est inacceptable. Donc nous demandons à ce qu’il y ait une levée totale de l’embargo en direction des forces de défense et de sécurité qui, comme vous le savez, sont formées par la communauté internationale. Il y a une mission de l’EUTM qui les forme. Il y a les instructeurs russes qui les forment. Aujourd’hui, certains États acceptent de former nos militaires qui vont dans un certain nombre d’académies. Nous voulons une armée qui soit professionnelle, pluriethnique.

Aujourd'hui, toutes les conditions sont réunies pour que cet embargo soit levé pour permettre à nos forces de défense d’avoir les moyens de leur mission. Ce n’est donc pas d’une levée partielle ou d’un allègement dont nous avons besoin actuellement. C’est de la levée totale de l’embargo et c’est ce que nous demandons à tout le monde. Nous sommes venus ici et nous demandons à la Fédération de Russie qu'elle nous soutienne. Nous savons qu’elle nous soutient dans ce cadre-là. Mais il faut aussi convaincre les autres États de nous soutenir pour qu’il y ait une levée totale de l’embargo sur les armes pour les forces de défense.

À Lomé, il y a quelque temps, une réunion au sommet des chefs d’État de la CEDAO et de la CEEAC a aussi fait une recommandation. Parce que les chefs d’État à ce moment-là ne comprennent pas qu’il y ait toujours un embargo en direction des forces légitimes du pays. Nous faisons à chaque fois ce plaidoyer et nous demandons à tous nos amis de nous soutenir dans cette demande».

 

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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 18:17
F. Touadéra: «La Russie a des compétences pour le développement de l’Afrique»
F. Touadéra: «La Russie a des compétences pour le développement de l’Afrique»

 

INVITÉ AFRIQUE

 

F. Touadéra: «La Russie a des compétences pour le développement de l’Afrique»

 

Par Florence Morice  RFI  vendredi 25 octobre 2019

 

Il est l'un des principaux relais de la Russie sur le continent africain. Son pays est l'un des symboles de l'appétit récent de Moscou pour l'Afrique : le président centrafricain Faustin Archange Touadéra était parmi les chefs d'État présents à Sotchi pour le premier sommet Russie-Afrique qui s'est achevé jeudi soir. Quelques minutes après la clôture, il a accepté de répondre à RFI pour évoquer l'accord de coopération controversé qu'il a signé avec Moscou dans le domaine sécuritaire, mais aussi l'avancée du processus de paix dans son pays.

RFI : Comment vous expliquez qu’autant de chefs d’État africains aient répondu présents à l’invitation de Vladimir Poutine à Sotchi ?

Faustin-Archange Touadera : L’Afrique a des besoins. Il y a beaucoup de défis, beaucoup de potentialité, qui ne sont pas exploités. Nos populations sont jeunes, il y a des possibilités d’investissement en Afrique, des besoins en infrastructure… Nous pensons que la Russie a des compétences dans plusieurs domaines - technologiques et autres -, pour permettre justement le développement de l’Afrique.

Mercredi, vous avez demandé à Vladimir Poutine de vous fournir des armes lourdes et plus seulement des armes légères, et ce, alors que votre pays est en pleine négociation pour faire appliquer un accord de paix. Est-ce que cela veut dire que vous anticipez une nouvelle escalade militaire ?

Mais non… C’est, de donner les moyens à une armée qui se reconstruit d’avoir les capacités de sa mission pour bien défendre le territoire et les institutions. Même les pays développés ont de grandes capacités. Mais cela ne veut pas dire que ces pays sont en guerre. Aujourd’hui, la République centrafricaine grâce à la Fédération de Russie nous a fait un don de 5 000 armes d’assaut... Mais il n’y a pas que les armes d’assaut pour une mission. Il y a bien d’autres choses, bien d’autres armements d’autres calibres, pour permettre à nos forces de défense qui cherchent à monter en puissance, de remplir leur mission.

L’opposant Karim Meckassoua, de retour à Bangui, a déclaré que les conditions actuellement ne sont pas réunies pour organiser l’élection. Quelle est votre analyse ?

Mais ça, c’est son opinion. Et aujourd’hui, il n’y a pas de raison de dire que les conditions ne sont pas réunies. Les élections de 2015-2016 ont été organisées dans quelles conditions ? Mais c’était des conditions plus dramatiques, plus difficiles !

L’UPC qui avance ses positions, cela vous inquiète ?

Nous sommes dans le cas de la mise en œuvre d’un accord de paix. Et il y a des avancées. Nous avons eu le désarmement à l’ouest qui s’est très bien passé. Nous continuons à mettre les USMS (Unité spéciale mixte de sécurité, NDLR) au centre et à l’Est. Donc il y a du travail, il y a des défis. Ça, c’est vrai. Mais nous travaillons sur ces défis. 

L’Accord de paix est violé des dizaines de fois chaque semaine.

Ce sont des défis, madame. C’est une œuvre humaine. Quand on a signé l’Accord de paix… On ne va pas dire aujourd’hui que, quand on a signé l’Accord de paix tout est rentré dans l’ordre. Ceux qui prêchent l’apocalypse, ça les regarde. Mais aujourd’hui, le peuple centrafricain est confiant et travaille pour retrouver la paix, pour la réconciliation. Il y a eu beaucoup de progrès. Mais il faut noter cela ! Le peuple centrafricain a fait des efforts ! Alors pourquoi on veut toujours nous amener en arrière ! Travaillez pour que les choses soient positives ! Donnez de bons messages au peuple !

Les Russes assurent désormais votre sécurité et travaillent aussi à la formation de votre armée. Plusieurs sources affirment que pour cela vous avez fait appel à la société privée russe Wagner. Est-ce que vous confirmez ?

Non, faux. Dans le cadre de notre partenariat et surtout sur ces questions-là, notre ministre de la Défense a écrit à son homologue de la Fédération de Russie, qui a bien voulu consentir à  mettre à la disposition gracieusement des instructeurs russes pour la formation de nos militaires à l’utilisation de ces armes que la Fédération de Russie a accepté de nous donner. Je ne sais pas où est-ce qu’on est parti chercher toutes … Nous nous sommes adressés de manière officielle à un État.

Mais de qui s’agit-il, alors ?

Nous ne le savons pas, c’est vous qui le dites.

On dit pourtant que votre conseiller en matière de sécurité, Valéry Zakharov, est lié à cette société Wagner.

Je n’en sais rien.

Pourquoi faire autant de mystère autour de cette entreprise Wagner ? Est-ce que c’est parce que légalement, juridiquement, cette entreprise n’a pas d’existence officielle en Russie ?

Je vous dis et je répète : nous avons travaillé d’État à État. Nous nous sommes adressés aux autorités légitimes d’un pays.

Donc, pour savoir qui c’est, il faut demander aux Russes ?

Voilà. Posez la question…

Au même moment de leur arrivée, des permis miniers ont été attribués à la société russe Lobaye Invest. Est-ce qu’il s’agissait d’une contrepartie, donner aux Russes un accès à vos ressources en échange leur coopération sécuritaire ?

Mais comment vous pouvez lier cela ? C’est beaucoup d’amalgames. Il n’y a pas de contrepartie. C’est un soutien que la Fédération de Russie nous a accordé pour la reconstruction de l’armée centrafricaine et gracieusement. C’est un don. Le gouvernement centrafricain n’a pas déboursé un seul sou pour cela. Alors, la société dont vous parlez… Aujourd’hui, le secteur minier ou les autres secteurs, pour nous, sont des secteurs qui sont libéralisés. Nous avons créé les conditions pour que des hommes d’affaires qui ont les moyens et qui remplissent les conditions puissent exercer librement leurs activités en République centrafricaine. Et il n’y a pas que des Russes. Il y a aussi des Centrafricains, des Chinois, d’autres nationalités… Des Congolais… Non, ce sont de faux débats.

Publiquement, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s’est plaint de l’activisme anti-français, mené à travers des campagnes de communication par la Russie dans votre pays. Que répondez-vous à cela ?

Mais comment vous pouvez dire… Nous entretenons de très bonnes relations avec la France. Et nous remercions d’abord la France pour tout son soutien à divers niveaux, dans divers domaines. Même dans le domaine de la sécurité, aujourd’hui, les Français participent à la formation, à la construction de garnisons à Bouar. Donc nous avons de très bons rapports. Le gouvernement ne peut pas laisser libre cours à une campagne… Mais vous savez, la presse est libre. Moi-même, en tant que président de la République – si vous êtes à Bangui, vous allez lire les journaux – je suis pris à partie pour telle ou telle chose. Mais ça, c’est la liberté de la presse.

En septembre, le président français vous a en tout cas demandé de calmer le jeu sur ce point.

Oh ! Ça, c’est vous qui le dites ! Nous, nous entendons travailler en toute transparence, nous apprécions donc les relations avec le gouvernement français… La République centrafricaine a traversé un moment difficile de son histoire. Nous essayons de reconstruire l’économie du pays, nous essayons de rétablir la paix. Ce sont de grands défis. La République centrafricaine a besoin de tous ses amis. Nous souhaitons que nos partenaires nous appuient dans divers domaines et ensemble. Aujourd’hui, il y a des réunions avec tous nos partenaires, où l’ambassadeur de la Fédération de Russie s’assied à côté de l’ambassadeur de la France, nous discutons d’un certain nombre de problèmes de développement et tout cela. Je le répète tout le temps : il y a de la place pour tout le monde !

 

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