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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 18:49

 

 

 

L’IMPASSE

 

          Depuis l’accession au pouvoir de Faustin-Archange Touadera ; depuis ce vote massif et démocratique qui a suscité tant d’espoirs devant ce qui ressemblait à l’avènement d’une nouvelle Centrafrique ; depuis la venue du Pape qui semblait avoir atténué quelque peu les tensions ; depuis la création du DDRR qui devait désarmer les factions rebelles, la République Centrafricaine n’a toujours pas trouvé le chemin de la paix et de la réconciliation. Surgissant de l’horizon comme des chevaux de feu en furie, les périls n’ont jamais été aussi menaçants.

 

          Alors, on s’interroge. On s’interroge sur les destinées de cette nation en perdition, qui semble avoir emprunté les chemins tortueux et inextricables de l’instabilité et de la dislocation. A quand une issue ? A quand une lueur d’espoir à l’horizon ?

 

          Les autorités centrafricaines sont désarmées faces à la horde des séditieux. Venues pour protéger les populations et l’intégrité territoriale du pays, les forces internationales, malgré leur armada, peinent à réduire les poches des rebelles, abandonnant ainsi les habitants aux féroces diktats des rebelles et des mercenaires.

 

          Malgré les efforts déployés par le président Touadera pour convaincre les ex-Sélékas de se conformer au DDRR, les rebelles lui opposent une rhétorique démagogique faite de mensonges et de duperies. A coup de communiqués de presse fallacieux, ils manipulent le pouvoir afin d’obtenir l’impunité. Alors que tant de sang a été versé, leur demande est indécente et inacceptable. Les Centrafricains ne comprendraient pas que leurs bourreaux se pavanent libres dans leur pays.

 

         La découverte de stigmates de massacres, voire de charniers, est à craindre. D’autres soupçons de viols et d’actes de pédophilie sur adolescents par les forces internationales vont peut-être à nouveau surgir. Des familles effondrées pleurent encore et toujours à cause des crimes dont leurs enfants ont été victimes et réclament justice. Mais en vain, car, coupables d’un cynisme insupportable, la France et l’ONU ont tout fait pour absoudre leurs soldats auteurs de crimes sexuels en Centrafrique.

 

LE RISQUE D’UNE PARTITION

 

          L’intégrité du territoire n’a jamais été aussi menacée. La Ouaka et Bambari, sa capitale, sont occupées et administrées par le Nigérien Ali Daras et sa bande de mercenaires. Ils y font régner une terreur abominable. Jadis, Bambari était une ville luxuriante où il faisait bon vivre.  Elle est devenue une ville martyre, comme Oradour-sur-Glane en Limousin, incendié par les barbares nazis.  Dans les environs de Bambari, les villages ne sont plus que ruines. Les habitants terrorisés se sont réfugiés dans les profondeurs des forêts hostiles. 

 

          Si on n’y prend pas garde, cette situation intenable risque de mener à une partition pérenne et, ainsi, précipiter la République Centrafricaine vers une sorte de somalisation. Petit à petit, Ali Daras s’est emparé d’une portion de la République Centrafricaine, avec la complicité des autorités de la Transition. Pour mettre un terme à cet affront fait à tout un peuple, il faut que tout soit mis en œuvre pour procéder à son arrestation. Récemment, une pétition initiée par Alexandre Ferdinand N’Guendet, président du RPR (Rassemblement Pour la République) a recueilli 600 mille signatures, pour demander d’appréhender au plus vite ce bandit des grands chemins.

 

          A l’est du pays, dans le Haut-Mbomou et le Mbomou, c’est Joseph Kony avec ses illuminés, violeurs d’adolescentes, qui massacrent, tuent et font des razzias dans les villages. Les forces spéciales américaines, envoyées en Centrafrique pour le capturer, sont reparties sans avoir accompli leur mission, laissant les autorités centrafricaines sans force face au sanguinaire Ougandais.

 

          Le désarmement des rebelles piétine. L’Armée Nationale tarde à retrouver ses capacités. Malgré leur bonne volonté dans la recherche de la paix et la réconciliation, les autorités courent le danger de se retrouver à la tête d’un Etat désarmé sous tutelle. La désorganisation des administrations, aussi bien dans la capitale que dans les provinces qui échappent au pouvoir central, précipite et accentue la partition.

 

          La situation actuelle est désespérée, glaçante, intenable.

 

QUE FAIRE ? SE RASSEMBLER

 

          Face à ces périls, que peut faire un Etat sans une armée Nationale digne de ce nom ? L’une des priorités serait de le doter de moyens suffisants pour assurer sa défense. La sécurité de la République Centrafricaine ne pourra être assurée que par les Centrafricains eux-mêmes, alors qu’on a l’impression que la réalité du pouvoir est entre les mains de la France et des forces internationales, qui se livrent à un jeu ambigu sur le terrain.

 

          A l’intérieur du pays, des politiciens assoiffés de pouvoir se disputent pour préserver leurs prébendes, au lieu de se rassembler derrière le gouvernement pour l’aider à combattre les bandes armées auteurs de crimes contre l’humanité.

 

          Il faut que les patriotes unissent leurs forces et se coalisent pour constituer un rempart contre la barbarie. Seule, leur union pourra permettre au pays de se relever.

 

JOSEPH AKOUISSONNE 

 

(5 mai 2017)

CENTRAFRIQUE : QUELLE STRATÉGIE POUR LE PRESIDENT TOUADERA ET LE PEUPLE CENTRAFRICAIN FACE AUX PÉRILS ? (1) par JOSEPH AKOUISSONNE
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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:36

 

 

 

 

L'antenne de la Croix-rouge implantée dans la ville d'Alindao, dans le sud de la Centrafrique, a fait savoir que plusieurs habitants de cette localité avaient perdu la vie entre le 8 et le 10 mai dans des violences qui visiblement ont opposé des membres de l'UPC d'Ali Darass à des anti-balaka.

 

« Ces violences ont duré trois jours mais nous n’avons pas pu sillonner [tous] les quartiers à cause de la présence d’hommes armés qui nous menaçaient », a précisé un volontaire de la Croix-rouge ce jeudi 11 mai. « Nous nous sommes rendus dans trois quartiers d’Alindao, où nous avons ramassé 37 corps ce [jeudi] matin. Il y a en ce moment 110 blessés », a-t-il ajouté.

 

D’après un prêtre officiant dans la ville, ces « violences sont perpétrées par des miliciens d’Ali Darass » dont « la majorité par armes blanches ». Selon lui, Ali Darass, chef de la milice de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC) était à Alindao lundi 8 mai, quand les premiers « crépitements » ont été entendus. « Il était en déplacement dans la ville pour mettre en garde d’une éventuelle présence d’anti-Balaka dans la localité », assure le religieux

 

En fin de matinée, des tirs à l’arme lourde et légère auraient été entendus pendant plusieurs heures. « On ignorait qui affrontait qui. J’étais avec l’évêque et un autre prêtre pour rencontrer Ali Darass. Après la réunion, qui s’est bien déroulée, le retour a été compliqué par la présence de milices musulmanes dans les rues. Des jeunes armés de machettes voulaient nous tuer, les éléments d’Ali Darass se sont interposés », relate le prêtre à Jeune Afrique.

 

3 000 personnes ont fui les violences

 

« Ce qui s’est passé est atroce, décrit-il. Certaines personnes ont été brûlées vives dans leurs maisons. Quelques-unes ont eu la chance de s’en sortir par miracle. »

 

Depuis lundi, plusieurs centaines de civils, 3 000 selon des humanitaires, seraient venus chercher refuge auprès de l’église catholique. Le prêtre confirme. « Ces personnes cherchent un lieu sûr, mais des casques bleus portugais sont là depuis lundi soir pour tenter de calmer les tensions. »

 

Jeudi 11 mai, des négociations ont eu lieu entre Ali Darass, la mission catholique, la communauté musulmane et une association des victimes en présence de la Minusca afin de trouver une issue à la crise.

Lu pour vous : Centrafrique : 37 morts et 110 blessés dans des violences à Alindao
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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 01:47
Amnesty lance une campagne contre l'impunité en Centrafrique

 

 

 

Amnesty International a annoncé le lancement jeudi d'une campagne "Justice maintenant!" contre l'impunité en Centrafrique, où les autorités assurent que les magistrats de la future Cour pénale spéciale (CPS) doivent prêter serment d'ici fin mai.

 

"Les auteurs de crimes odieux, notamment de viols et d'homicides, sont depuis trop longtemps laissés en liberté", a estimé Olivia Tchamba, chargée de campagne sur l'Afrique centrale, citée dans le communiqué de l'ONG de défense des droits de l'homme.

 

Joint par VOA, Olivia Tchamba a déclaré: "dans le cadre de cette campagne, nous appelons à veiller à ce que les accusations sérieuses des crimes relevant du droit international et d’autres atteintes aux droits de l’homme fassent l’objet dans le plus bref délai d’enquêtes rigoureuses, indépendantes mais impartiales."

 

La Centrafrique a sombré dans la violence en 2013 après le renversement de l'ancien président François Bozizé par des groupes armés Séléka pro-musulmans, entraînant la contre-offensive des anti-Balaka majoritairement chrétiens.

 

Le conflit s'est soldé par des milliers de morts et plus de 900.000 déplacés ou réfugiés sur 4,5 millions d'habitants.

 

Une Cour pénale spéciale (CPS) doit instruire et juger les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre commis en Centrafrique depuis 2003.

 

Un procureur spécial a été nommé, de même que quatre juges d'instruction (deux Centrafricains, une Française, un Burkinabè), un procureur spécial adjoint, un substitut du procureur et un juge à la chambre d'instruction.

 

"Nous attendons la prestation de serments (des magistrats, ndlr) d'ici la fin du mois", a déclaré à l'AFP le ministre de la Justice, Flavien Mbata, laissant entendre que les travaux débuteront ensuite.

 

Amnesty demande aux donateurs internationaux "de garantir le bon fonctionnement de la Cour pénale spéciale", en respectant les engagements de la conférence des donateurs de Bruxelles qui s'est tenue en novembre 2016. Plus de deux milliards de dollars avaient été promis pour la République centrafricaine (RCA), dont "105 millions de dollars (...) pour renforcer le système judiciaire", assure Amnesty.

 

L'ONG demande également que les responsables présumés d'atteinte aux droits humains "soient jugés par le système judiciaire national, la Cour pénale spéciale ou la Cour pénale internationale, dans le cadre de procès équitables et sans recours à la peine de mort".

 

Avec AFP

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 21:06
Le militaire marocain disparu en Centrafrique a été retrouvé mort

 

 

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2M.ma avec MAP  11/05/2017 à 20:52

 

La dépouille mortelle du militaire du contingent des Forces armées royales (FAR) de la Mission multidimensionnelle de stabilisation des Nations-unies en Centrafrique (Minusca), déclaré "porté disparu" suite à l'attaque de la patrouille du contingent des FAR, a été remise jeudi 11 mai au contingent des FAR, indique un communiqué de l’Etat-major général des FAR.

 

Une patrouille du contingent des FAR de la Minusca, en mission d’escorte et de sécurisation d’une équipe de génie militaire cambodgienne, a été attaquée par un groupe armé non identifié, lundi dernier sur l’axe Rafai-Bangassou à 220 kilomètres au sud-est de la ville de Bria, lieu d’implantation du contingent des FAR, rappelle le communiqué. Neuf soldats du contingent des FAR ont été blessés dont un dans un état grave, précise la même source.

 

Les démarches du transfèrement de la dépouille du militaire marocain sont en cours après l’accomplissement des procédures en vigueur au sein de la mission onusienne, indique-t-on, ajoutant qu’une cérémonie funéraire sera organisée au lieu de résidence de la famille du défunt.

 

Cette semaine, le président de l’Assemblée générale des Nations-unies Peter Thomson s'est rendu au chevet des casques bleus blessés au cours de l’embuscade. Le 9 mai, le secrétaire général de l’ONU a transmis à SM Mohammed VI "sa solidarité personnelle et sa sympathie", suite à l’agression contre les éléments du contingent marocain en Centrafrique.

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 19:58
COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA MINUSCA

 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

CENTRAFRIQUE : QUATRIEME CASQUE BLEU PORTE DISPARU RETROUVE MORT PORTANT LE NOMBRE DE VICTIMES A CINQ SOLDATS DE PAIX

 

 

Bangui, le 11 mai 2017 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) regrette de confirmer la mort du casque bleu marocain précédemment porté disparu après l’attaque du 8 mai dans le sud-est de la République centrafricaine.

 

Cet après-midi, la Mission a récupéré le corps du soldat tombé et entreprend des préparatifs pour le transfert à Bangui. Le bilan de l’attaque est de cinq soldats de la paix morts (4 cambodgiens et 1 marocains) et dix soldats de la paix blessés (9 marocains et 1 cambodgiens).

 

Une cérémonie commémorative sera organisée demain à la MINUSCA en l’honneur des victimes. La cérémonie sera présidée par le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix en présence des plus hautes autorités centrafricaines.

 

Le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga, renouvelle ses « plus sincères condoléances à la famille et aux collègues des victimes qui ont perdu la vie dans la cause de la paix, ainsi qu’aux gouvernements et aux peuples des Royaumes du Cambodge et du Maroc. »

 

______________________________________________________________________________

Division de Communication Stratégique et d'information publique

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

https://minusca.unmissions.org | @UN_CAR |

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 19:54
« Les victimes de la crise en République centrafricaine ont soif de justice »

 

 

 

Point de vue

 

« Les victimes de la crise en République centrafricaine ont soif de justice »

 

Par Olivia Tchamba   LE MONDE

 

Alors que la Centrafrique célèbre sa Journée nationale des victimes de conflits, Amnesty lance une campagne d’aide pour solder les crimes commis durant la crise politique de 2013.

 

Les yeux hagards, Lydie revit les événements ayant tragiquement changé le cours de sa vie un matin d’août 2014. Sa cousine vient de sortir pour se rendre à l’église, la laissant seule dans leur maison du quartier Boy Rabe à Bangui, la capitale centrafricaine. Alors qu’elle vaque à ses occupations, des bruits d’armes se font entendre. Redoutant le pire, Lydie se réfugie alors dans les toilettes. Une poignée de minutes plus tard, la porte d’entrée est défoncée par quatre membres du groupe armé anti-Balaka.

 

Lydie ferme ses yeux emplis de larmes. Elle les rouvre après quelques secondes et, avec un regard lointain, poursuit courageusement son récit : « Deux d’entre eux m’ont déshabillée en m’assénant des coups lorsque j’essayais de résister. Les minutes semblaient interminables. Ils m’ont violée à tour de rôle. J’ai appelé à l’aide mais sans succès. »

 

Lydie n’avait que 16 ans à l’époque. Et bien qu’elle me dise que « rien ne pourra jamais effacer cet horrible événement de sa tête », elle s’empresse d’ajouter : « Cela va me soulager si on les arrête, les juge et les condamne. »

 

Méfiance de la population

 

Ce cri du cœur de Lydie fait écho à ceux de nombreuses victimes des groupes armés ex-Séléka et anti-Balaka avec lesquelles j’ai échangé aux mois de juin et octobre 2016 au cours d’une mission en RCA. Elles martèlent toutes ces mots, symbole de la soif de justice qui les anime : « Je veux que les responsables soient pourchassés et punis » ; « Je garde espoir que j’aurai gain de cause » ; « Le dernier mot appartient à la justice » ; « Personne n’est au-dessus de la loi ». Un souhait certes, mais que d’obstacles à sa réalisation !

Avant que le conflit n’éclate en 2013, le système judiciaire et pénitentiaire en RCA était déjà fragile. Quatre ans plus tard, il a besoin d’être reconstruit presque entièrement. Et les défis auxquels il fait face suscitent, chez les victimes, des réserves quant à sa capacité, en l’état actuel, de rendre justice. Ces réticences exprimées sont de plusieurs ordres.

 

Jeanne, une femme de 29 ans du quartier de Boy Rabe qui a perdu son bébé de 2 mois en août 2013 après qu’une roquette a été lancée sur sa maison par des ex-Séléka, m’explique d’un air dépité pourquoi elle n’a pas porté plainte : « La justice dans notre pays ne fait rien pour nous aider. » Elle n’est par ailleurs pas convaincue que cela aboutirait à traduire en justice les responsables.

 

Contrairement à Jeanne, Alain ignorait qu’il pouvait et devait déposer plainte. Ses maisons ont été pillées, détruites et incendiées dans le quartier Kokolo III du 3e arrondissement de Bangui en octobre 2015 par des groupes d’autodéfense du quartier PK5. Il me dit d’un air étonné : « Je ne savais pas que je devais déposer plainte au tribunal de grande instance. Je pensais que le fait d’avoir contacté le chef de quartier et constitué un dossier que j’avais soumis à la Commission épiscopale qui reçoit les témoignages des victimes du conflit était suffisant. » Au-delà des réticences, de nombreuses victimes ne disposent pas des informations et de l’aide nécessaires pour engager des poursuites.

 

Dans le cadre du forum de Bangui en mai 2015, la population avait défini les impératifs de justice. Le principe de « zéro impunité » avait été retenu, en particulier le refus d’accorder l’immunité ou l’amnistie aux responsables présumés de crimes de droit international. Il y a eu de nettes avancées pour s’assurer que les victimes obtiennent justice. Des sessions criminelles se sont tenues en juin 2015 et août-septembre 2016 en dépit des importantes défaillances relevées.

 

Nombreuses lacunes

 

La Cour pénale spéciale (CPS) a été créée en juin 2015. Sa mise en route a connu des progrès avec la nomination en février 2017 de son procureur spécial, le Congolais Toussaint Muntazini Mukimapa. Deux juges internationaux et cinq magistrats nationaux ont été nommés. Un comité de sélection des officiers de police judiciaire a aussi été créé. Auparavant, en 2014, la Cour pénale internationale (CPI) avait ouvert des enquêtes pour les crimes relevant du droit international commis dans le pays depuis le début du conflit.

 

Un système judiciaire national performant et efficace est au cœur de toute ambition de justice pour les victimes en RCA. Mais ses lacunes sont nombreuses. On note, entre autres, le manque d’institutions judiciaires fonctionnelles sur l’ensemble du territoire, la pénurie de personnel judiciaire qualifié, et l’insuffisance de ressources financières et matérielles. A cela s’ajoutent l’absence de mesures de protection des victimes et des témoins et la faiblesse du système carcéral. Ce sont autant de facteurs qui justifient la reconstruction de ce système. D’où l’urgence pour les partenaires de la RCA d’honorer les promesses faites au cours de la conférence internationale des donateurs en novembre 2016 à Bruxelles et, en particulier, de fournir l’intégralité du budget de 105 millions d’euros alloué au renforcement de l’appareil judiciaire du pays aux termes du Plan national de relèvement et de consolidation de la paix.

 

Par ailleurs, il convient d’appuyer les autres mécanismes qui existent pour veiller à ce que les responsables de crimes de droit international en RCA répondent de leurs actes. La Cour pénale spéciale (CPS) en fait partie.

 

Sa création a suscité un regain d’espoir. Compte tenu de son mandat, de sa composition, de son indépendance et de l’impartialité attendue, cette cour offre à la population l’opportunité d’obtenir justice.

 

Gilbert, dont le petit-fils âgé de 10 ans a été tué, un dimanche d’avril 2013, par un obus, l’exprimait ainsi : « Ça me réjouit, c’est [le procureur] un fils du pays, même s’il est d’une autre nationalité. Il va nous aider à juguler le problème d’impunité en RCA. »

 

La fin de l’impunité

 

Parallèlement à cette initiative, de nombreuses autres sont menées en vue de rétablir l’état de droit en RCA. Il s’agit, entre autres, du processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des groupes armés. La population est favorable au dialogue et à la réconciliation et l’a d’ailleurs martelé lors du Forum de Bangui. Mais tout comme l’a indiqué le président Faustin Archange Touadéra en novembre 2016 lors de la Conférence des donateurs de la RCA à Bruxelles, « la réconciliation ne peut s’accomplir au prix de l’impunité ».

 

Les attentes des victimes du conflit en RCA sont grandes. Des femmes et des hommes, à l’instar de Lydie, Jeanne, Alain et Gilbert veulent tourner cette page sombre de leur vie. Cela ne peut se faire que s’ils obtiennent justice.

 

Amnesty International, qui vient de lancer la campagne « La justice maintenant : pour une paix durable en République centrafricaine » préconise, entre autres actions, le renforcement du système judiciaire national et le soutien à la CPS et à la CPI.

 

Olivia Tchamba est chargée de campagnes pour l’Afrique centrale à Amnesty International.


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/05/11/les-victimes-de-la-crise-en-republique-centrafricaine-ont-soif-de-justice_5126320_3212.html#KwOuruumDeLyW0wl.99

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 19:05
Centrafrique: l'Espagne condamne fermement l'attaque contre les casques bleus marocains

 

 

 

 

Par Le360 (avec MAP) le 11/05/2017 à 17h04

 

L’Espagne a condamné fermement l’attaque armée perpétrée lundi dernier contre un convoi de la Mission Multidimensionnelle de Stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA) près de Bangassou, dans le sud-est du pays. 9 soldats marocains ont été blessés dans cette attaque ignoble.

 

Le gouvernement espagnol réitère son appui à la MINUSCA et à tous les efforts déployés par les Nations Unies, l’Union Européenne (UE) et d’autres membres de la communauté internationale en faveur de la paix en République centrafricaine, selon un communiqué du ministère espagnol des Affaires étrangères et de la coopération.

 

Pour rappel, cette attaque perpétrée lundi 8 mai par des miliciens anti-Balakas a fait quatre morts et dix blessés, dont neuf marocains, alors qu’un casque bleu marocain est toujours porté disparu.

 

L’Espagne exprime, par ailleurs, sa solidarité avec les autorités et le peuple de la République centrafricaine dans le "chemin difficile vers la consolidation de la paix", a relevé la même source.

 

Par Le360 (avec MAP)

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 19:03
Centrafrique : un cinquième Casque bleu retrouvé mort

 

 

 

AFP  11/05/2017

 

Un cinquième Casque bleu a trouvé la mort dans une attaque lundi soir d'un convoi de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) par un groupe armé, a annoncé jeudi l'ONU.

 

"Le Casque bleu marocain qui avait été porté disparu a maintenant été trouvé mort", a indiqué le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric.

 

Quatre soldats cambodgiens ont également perdu la vie dans cette attaque, la plus meurtrière contre les forces de maintien de la paix dans ce pays.


Le convoi a été arrêté par un barrage lundi à 20h00 (19h00 GMT) de nuit et sous la pluie dans le sud-est du pays près de Bangassou en provenance de Rafai, a précisé la Minusca qui attribue l'ouverture des hostilités à un groupe anti-Balaka.


Un Casque bleu cambodgien a été tué dans l'échange de feu, de même que huit assaillants, d'après la force onusienne.

 

Dix Casques bleus ont été blessés.

 

Trois autres Casques bleus cambodgiens, "appréhendés" par les assaillants lors de l'attaque, ont été retrouvés morts mardi, avait indiqué la Minusca.

 

Les corps des Casques bleus ont été retrouvés mutilés, ce qui a rendu leur identification difficile.

 

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU Jean-Pierre Lacroix doit se rendre à Bangui en fin de journée pour assister à un hommage vendredi aux victimes et rencontrer des dirigeants du pays.

 

M. Lacroix exprimera son "fort soutien à la mission de maintien de la paix de l'ONU", mise en place en 2014 pour aider stabiliser le pays, qui compte 10.000 soldats et 2.000 policiers, selon le porte-parole.

 

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et le Conseil de sécurité ont fermement condamné l'attaque et demandé que les responsables soient traduits en justice.

 

L'armée marocaine a précisé dans un communiqué à Rabat que le corps du soldat tué était en cours de transfèrement et que neuf autres soldats marocains avaient été blessés, dont un gravement.

 

La Centrafrique a basculé dans le chaos en 2013 après le renversement de l'ex-président François Bozizé par les rebelles Séléka pro-musulmans, entraînant la contre-offensive de groupes anti-Balaka majoritairement chrétiens.

 

L'opération militaire française Sangaris (décembre 2013-octobre 2016) et l'intervention des Nations unies ont permis la fin des massacres de masse, l'élection du président Faustin-Archange Touadéra et un retour au calme à Bangui, mais pas dans l'intérieur du pays où des groupes armés se battent notamment pour le contrôle des ressources (or, diamant, bétail...).

 

 

Centrafrique: la dépouille du Casque bleu marocain "porté disparu" remise au contingent des Forces armées royales

 

Par Ziad Alami le 11/05/2017 à 17h33 (mise à jour le 11/05/2017 à 18h00)

 

La dépouille du militaire marocain qui avait été "porté disparu" suite à une attaque perpétrée lundi 8 mai contre un convoi de la Minusca, à l'est de la Centrafrique, a été remise au contingent des Forces armées royales, indique un communiqué de l’État-major des FAR.

 

La dépouille du militaire marocain "porté disparu" dans une attaque contre une patrouille du contingent des FAR de la Minusca a été remise jeudi 11 mai au contingent des FAR, indique un communiqué de l'état-major des Forces armées royales.

 

"Neuf soldats du contingent des FAR de la Minusca ont été blessés dans cette attaque dont un grièvement, précise le communiqué.

 

Pour rappel, quatre Casques bleus avaient été portés disparus, trois Cambodgiens et un Marocain, suite à une attaque de leur convoi lundi soir près du village de Yogofongo, à 20 km de Bangassou. Les trois Cambodgiens ont été retrouvés morts hier mercredi, alors que le Marocain a été déclaré mort ce jeudi.

 

Pendant l'échange de coups de feu, un Casque bleu cambodgien et huit éléments anti-balakas à l'origine de l'attaque ont été tués. Il y a un certain nombre de blessés des deux côtés.

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 17:31

 

 

 

La Division de Communication Stratégique et d’Information Publique de la MINUSCA vous informe que le Chef du Département des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Jean Pierre Lacroix, arrive vendredi matin à Bangui où il assistera à la cérémonie en mémoire des quatre Casques bleus tués cette semaine en Centrafrique.

 

Le Président de l’Assemblée Nationale centrafricaine ainsi que le Premier Ministre assisteront également à cette cérémonie qui se déroulera vendredi à 17 heures, au quartier général de la MINUSCA.

LE CHEF DU DEPARTEMENT DES OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX DE L’ONU A BANGUI
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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 17:24
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

 

Centrafrique : 3 personnes tuées dans un affrontement entre les éléments de FPRC et des Anti-Balaka à Nzacko

 

Par Jean-Marie Andibikounda le 11 mai 2017

 

NZACKO, 11 Mai 2017 (RJDH) —Trois personnes tuées, de nombreux blessés et les réseaux téléphoniques coupés, c’est le bilan d’un affrontement qui a opposé ce 10 mai 2017 les éléments du FPRC aux Anti-Balaka à Nzacko dans le Mbomou à l’est du pays. Au moment où nous mettons sous presse, la psychose gagne les cœurs et la population s’inquiète des éventuelles représailles.

 

Trois personnes ont trouvé la mort dans cet affrontement dont on ignore leur identité. Lors d’un premier affrontement à 16h 40, deux personnes blessées ont succombé de suite de leur blessure à l’hôpital de Nzacko et une autre a trouvé la mort dans un affrontement, ont indiqué au RJDH des sources concordantes dans la localité.

 

La population de Nzacko déplore la montée de la tension et s’inquiète des conséquences de ce combat sur le réseau téléphonique. « Nous sommes restés chez nous à la maison, la crainte de ce qui s’est passé est encore visible chez les gens avec qui nous discutons. Les activités scolaires et commerciales sont paralysées. Il est difficile pour nous de joindre les parents qui cherchent à avoir de nos nouvelles. Pour alerter Bangui, il faut le Turaya, mais c’est couteux. Nous savons quoi faire », a expliqué un habitant de Nzacko.

 

Outre la présence des groupes armés Anti-Balaka et Séléka, la ville de Nzacko est en proie aux actions de la LRA. Cet affrontement intervient alors que le Cardinal Dieudonné Nzapalainga est attendu dans les prochains jours dans cette localité.

 

 

Centrafrique : La situation humanitaire et sécuritaire toujours préoccupante à Alindao

 

Par Minerve Pounenzapa Ngoupandé le 11 mai 2017

 

ALINDAO, 11 mai 2017(RJDH) —La situation sécuritaire et humanitaire demeure préoccupante trois jours après l’affrontement entre les groupes armés UPC et Anti-Balaka. Plus de 37 personnes seraient tuées et 3000 personnes déplacées selon des sources humanitaires dans la localité.

 

La population d’Alindao au sud du pays est dans la psychose après le combat qui a opposé les groupes armés. Environs 3 000 personnes ont trouvé refuge en la paroisse Sacré-Cœur selon la Caritas Centrafrique.

 

Selon des sources humanitaires, le bilan pourrait s’alourdir « la Croix-Rouge locale a pu récupérer 37 morts dans 03 quartiers respectifs à savoir : Paris-Congo, Bangui-ville-Borno et le quartier Wanoma. Pour le moment, le réseau téléphonique de Telecel et Orange n’est pas opérationnel » a témoigné au RJDH une source humanitaire.

 

Des sources humanitaires ont noté que la situation s’est apaisée après l’arrivée du renfort de la Minusca et qu’il n’y a pas de crépitement d’arme, alors que la population redoute la présence d’Ali Daras leaders de l’UPC où la présence est signalée dans la localité.

 

Le sud du pays a connu un pic de violence intergroupe armés cette dernière semaine alors que les 14 groupes politico-militaires se sont engagés dans la mise en œuvre du processus DDRR à Bangui.

 

 

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