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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 19:22

 

 

 

NEW YORK, 27/11/2015 à 21:17 UTC  / PRN Africa / — Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) ont exhorté vendredi les groupes en conflit en République centrafricaine à saisir l'occasion de la visite du Pape François à Bangui ce week-end pour relancer le processus de réconciliation nationale après une vague de violence qui a provoqué une nouvelle vague de déplacement dans le pays depuis septembre.

 

« Bien que la situation à Bangui soit actuellement calme mais tendue, nous sommes préoccupés par les explosions de violence dans le pays, qui pèsent sur les fragiles efforts pour rétablir une paix durable et menacent l'organisation des élections fin décembre », a dit un porte-parole du HCR, Leo Dobbs, lors d'un point de presse à Genève.

 

« Les combats intra-communautaires, qui ont éclaté en septembre et recommencé fin octobre et en novembre, ont fait des dizaines de morts, détruit des centaines de maisons et forcé plus de 70.000 personnes à fuir, inversant la tendance au retour des déplacés observée dans le pays au cours des neuf premiers mois de l'année. Des centaines de personnes ont également fui vers la République démocratique du Congo depuis septembre », a-t-il ajouté.

 

Les combats ont causé le report des élections présidentielles et législatives, qui étaient initialement prévues le 18 octobre et qui vont avoir lieu le 27 décembre.

 

De son côté, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a souligné vendredi que près de trois ans après le début des violences, 1,2 million d'enfants ont un besoin urgent d'assistance humanitaire en République centrafricaine.

 

Au moment où le pays s'apprête à accueillir le Pape François dimanche, pour une visite de deux jours dont l'un des objectifs est de promouvoir la réconciliation, l'UNICEF appelle toutes les parties au conflit à permettre un accès inconditionnel aux organisations humanitaires qui cherchent à atteindre les populations affectées par la crise.

 

« La violence qui a affecté ce pays a eu un effet dévastateur sur les conditions de vie des enfants », a déclaré le Représentant de l'UNICEF en République centrafricaine, Mohamed Fall. « Les besoins humanitaires sont immenses, nous avons besoin de pouvoir accéder aux populations et de bénéficier d'un soutien accru de la communauté internationale ».

 

Selon les estimations de l'UNICEF, plus de deux millions d'enfants ont été affectés par la violence qui a commencé en décembre 2012, et qui a atteint des niveaux de crise en décembre 2013, à la suite de combats qui ont conduit au déplacement de centaines de milliers de personnes dans la capitale, Bangui.

 

Une chanson pour la paix, écrite et chantée par des enfants, est diffusée par les radios en prélude à la visite du Pape. Les paroles de la chanson, qui appellent à l'unité nationale et à la fin des violences, ont été écrites par trois adolescents dans le cadre d'un concours organisé par l'UNICEF en partenariat avec l'une des principales radios du pays, la radio Ndeke Luka. Trois autres enfants interprètent la chanson.

 

« Nous espérons que la voix de ces enfants sera entendue, et que la visite du Pape en République centrafricaine aidera à promouvoir la réconciliation, dans un pays qui a désespérément besoin de paix », a déclaré Mohamed Fall.

 

SOURCE Centre d'actualités de l'ONU

 

Copyright : PR NewsWire

Centrafrique : l’ONU exhorte les belligérants à se servir de la visite du Pape pour faire progresser la paix
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Centrafrique-Presse.com
30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 18:19

 

 

 

30/11/15 (AFP)

 

Le pape François a quitté lundi Bangui pour Rome, au terme d'une tournée africaine au Kenya, en Ouganda et en Centrafrique, dernière étape dans un pays déchiré par les violences intercommunautaires, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

Au cours de sa visite à Bangui placée sous haute sécurité de la force onusienne (Minusca), le pape s'est notamment rendu dans la matinée à la grande mosquée du PK5, l'enclave des musulmans de la capitale, quotidiennement harcelés par les miliciens chrétiens et animistes anti-balakas.

 

"Chrétiens et musulmans sont frères", et il faut dire "non à la vengeance, à la violence et à la haine, a-t-il lancé à son arrivée à la mosquée où il a été reçu par le grand imam Nehedi Tidjani, en présence de délégations catholiques et protestantes.

 

Le pape s'est adressé aux centaines de personnes, dont des déplacés, venues l'accueillir dans l'enceinte de la mosquée, dans une ambiance détendue placée cependant sous haute sécurité avec des Casques bleus postés sur les minarets.

 

Sujette avant son arrivée à une éventuelle annulation ou modification de programme en raison des risques représentés par le climat ambiant de violences depuis deux ans en Centrafrique, la visite du Pape a été suivie par des dizaines de milliers d'habitants enthousiastes, dans les camps de déplacés, à la cathédrale catholique, à la grande mosquée comme au stade "20.000 places" dans lequel il a participé à une dernière messe, avant de partir pour Rome.

 

 

Centrafrique: le pape ouvre la "porte sainte" de la cathédrale de Bangui, en prélude au Jubilé

 

30/11/15 (AFP)

 

Le pape François a ouvert dimanche la "porte sainte" de la cathédrale de Bangui, dans un geste solennel pour la paix et le pardon des fautes en Centrafrique, à dix jours de l'ouverture à Rome du Jubilé de la Miséricorde qu'il a proclamé.

 

"Ouvre-nous la porte de Ta miséricorde", a prié le pape François, avant d'ouvrir les deux battants de la porte. "Nous demandons la paix pour la Centrafrique et tous les peuples qui souffrent de la guerre", a-t-il proclamé.

 

François avait tenu à accomplir à Bangui ce geste exceptionnel, qui permet lors des Jubilés aux fidèles pénitents de franchir la porte d'une cathédrale et de recevoir le pardon de leurs péchés.

 

Le pape, le jour du deuxième anniversaire de son élection, le 13 mars 2015, avait annoncé ce "Jubilé de la miséricorde" à partir du 8 décembre, qui débutera officiellement par l'ouverture de la basilique Saint-Pierre à Rome et durera douze mois.

 

"Aujourd'hui, Bangui devient la capitale spirituelle du monde. L'Année de la miséricorde est proclamée à l'avance à Bangui. Elle est pour cette terre qui souffre du manque de paix, et tous les autres pays qui, dans le monde, passent par l'épreuve de la guerre", a souligné François.

 

"Tous, nous demandons paix, miséricorde, réconciliation, pardon, amour", a-t-il dit d'un ton très grave sur le parvis de la cathédrale de l'Immaculée Conception, avant d'ouvrir cette porte décorée de fleurs et de feuilles.

 

"Dieu a guidé mes pas vers vous. Je suis particulièrement heureux que ma visite pastorale coïncide avec l'ouverture dans votre pays de cette Année jubilaire", a-t-il ajouté au début de la messe dans la cathédrale de la capitale centrafricaine, ville qui porte toujours les stigmates des violences entre ex-rebelles majoritairement musulmans et miliciens essentiellement chrétiens qui ont ensanglanté le pays depuis 2013.

 

 

Centrafrique : le pape appelle à "déposer les instruments de mort"

 

29/11/15 (AFP)

 

Le pape François a appelé tous ceux qui "utilisent injustement" des armes à "déposer ces instruments de mort", dimanche à Bangui, capitale de la Centrafrique déchirée depuis deux ans par des violences intercommunautaires.

 

"Même quand les forces du mal se déchaînent, les chrétiens doivent répondre présents, la tête relevée, prêts à recevoir des coups dans cette bataille où Dieu aura le dernier mot. Et ce mot sera d'amour. A tous ceux qui utilisent injustement les armes de ce monde, je lance un appel: déposez ces instruments de mort", a-t-il lancé dans la cathédrale de Bangui.

 

Le pape François a aussi recommandé dans son homélie "l'amour des ennemis, qui prémunit contre la tentation de la vengeance et contre la spirale de représailles sans fin", alors même que le conflit en Centrafrique est caractérisé par des représailles quasi-quotidiennes entre musulmans assimilés à l'ex-rébellion Séléka et milices anti-balaka, chrétiennes et animistes.

 

Faisant allusion aux divisions ethniques fréquemment instrumentalisées en Afrique par les politiciens, le chef de l'Eglise catholique a aussi affirmé qu'il était nécessaire de savoir "se libérer des conceptions de la famille et du sang qui divisent", pour "passer sur l'autre rive" de la paix.

 

"Passer sur l'autre rive" est la devise (d'après une formule de l'Evangile) que le pape a retenu pour sa visite en Centrafrique.

 

Ceux qui évangélisent sont "des artisans du pardon, des spécialistes de la réconciliation, des experts de la miséricorde", a-t-il enfin recommandé dans un plaidoyer fervent pour une religion de non-violence.

 

Au chevet des musulmans de Bangui, le pape redonne "espoir"

 

30/11/15 (AFP)

 

"Fierté", "espoir", "soulagement": retranchés dans leur enclave isolée du PK5, sous la menace constante des milices armées chrétiennes, les musulmans de Bangui ont accueilli triomphalement lundi le pape venu à leur rencontre.

 

"Nous pensions que tout le monde nous avait abandonnés, mais pas lui. Il nous aime nous aussi les musulmans. Je suis très heureux", confie Idi Bohari, un vieil homme vêtu d'un boubou blanc éclatant malgré la poussière soulevée au passage des blindés de l'ONU.

 

Ils étaient des milliers massés le long de la route, certains brandissant le drapeau jaune et blanc du Vatican dans une main, leur chapelet dans l'autre, sous le regard vigilant des dizaines de Casques bleus de la Minusca chargés de quadriller la zone.

 

Soldats postés au sommet de chaque minaret pour surveiller les environs, hélicoptère omniprésent dans le ciel... Cette étape était particulièrement sensible en raison des affrontements qui opposent régulièrement de jeunes musulmans proches de l'ex-rébellion Séléka à des milices chrétiennes anti-balaka et qui ont fait plus de 100 morts à Bangui depuis fin septembre.

 

- 'faire la paix pour de bon' -

 

Ousmane Abakar, porte-parole de la communauté musulmane de Bangui, est bien du même avis: "le moment est venu de faire la paix pour de bon", après deux années de chaos qui ont ravagé la Centrafrique.

 

"Nous ne devons pas accepter d'être manipulés, prévient-il, car il ne s'agit pas d'un conflit confessionnel, ce sont des politiciens qui instrumentalisent nos compatriotes et au final, le peuple centrafricain est perdant".

 

Presque chaque jour, des histoires de jeunes musulmans ou chrétiens "tués" par le camp d'en face font le tour de la ville. Faits avérés ou simples rumeurs? Toujours est-il que la tension monte aussitôt et que dans les quartiers concernés, des barricades bricolées avec des pneus et des palettes en bois entravent toute circulation, paralysant la capitale.

 

Sur l'avenue Barthélémy Boganda qui mène au PK5, une portion de route déserte longeant des maisons calcinées aux toitures arrachées sépare les quartiers chrétiens des positions des groupes d'auto-défense musulmans. La plupart âgés d'à peine 20 ans, ils surveillent l'entrée de chaque ruelle de terre rouge.

 

"Nous devons protéger les habitants, musulmans et chrétiens. Ici au moins on vit bien ensemble alors qu'aucun musulman ne peut vivre là-bas (en zone chrétienne), même sortir du PK5 c'est un problème", assure Faiçal Amadou, l'un des responsables des comités d'auto-défense.

 

- 'Condamnés à vivre ensemble'

 

Quelques centaines de catholiques et protestants - entre 300 et 500 selon les sources - cohabitent en effet avec les musulmans du PK5. C'est le cas de Lazare Ndjadder, la soixantaine. "Il y a toujours des moments de frayeur, surtout à cause des petits bandits ou des braqueurs mais je ne me suis jamais vraiment senti en insécurité ici, je suis chez moi", dit-il avec un grand sourire.

 

"Nous sommes d'ailleurs beaucoup de +métisses+: ma mère est chrétienne et mon père musulman", renchérit Amadou Kolingba, qui porte le patronyme de l'ancien président - chrétien - André Kolingba (1981-1993). Quant à Ibrahim Paulin, porte-parole des déplacés installés dans la cour de la mosquée, il explique qu'il s'est "islamisé" (converti) après différentes expériences religieuses.

 

Rebecca Tounsou, qui fréquente une église évangéliste, nuance. "Les jeunes (chrétiens) ne sont pas en sécurité. Mes fils ont fui le quartier, ils étaient pris à partie, c'était dangereux, car il y a trop d'armes qui circulent" malgré le mandat des forces internationales Minusca (10.900 hommes) et française Sangaris (900) pour les désarmer.

 

Chrétiens et musulmans sont pourtant "condamnés à vivre ensemble", a une nouvelle fois affirmé lundi le grand imam Nahib Tidjani devant le pape François. Et ce n'est pas un hasard si le souverain pontife a décidé une escale imprévue à l'école primaire de Koudougou rouverte il y a seulement deux semaines, où apprennent ensemble enfants chrétiens et musulmans.

 

 

A Bangui, le pape dénonce « la haine aveugle que le démon déchaîne »

 

Par Cécile Chambraud (Bangui, envoyée spéciale)

 

LE MONDE Le 30.11.2015 à 06h42 • Mis à jour le 30.11.2015 à 13h33

 

La visite du pape François en Afrique a pris un tour poignant à sa troisième étape, en République centrafricaine, où il est arrivé dimanche 29 novembre en fin de matinée. Le long de la piste d’atterrissage d’un aéroport supposé sous haute protection, des enfants du camp de réfugiés voisin couraient, saluant l’avion, son passager et l’espoir d’une amélioration de la situation politique très tendue que certains Centrafricains ont placé en sa venue à Bangui.

 

C’est le cas de Catherine Samba-Panza, la présidente de transition du pays, que le chef de l’Eglise catholique a rejointe en effectuant 5 des 9 km du trajet entre l’aéroport et le palais présidentiel dans une papamobile découverte, passant devant de très nombreux habitants massés sur les bas-côtés. L’exécutif de Mme Samba-Panza s’efforce d’éviter l’enlisement du processus politique destiné à sortir le pays de trois ans de violences entre les milices ex-Séléka, à majorité musulmane, et les anti-Balaka, à majorité chrétienne. Des élections présidentielles et législatives sont prévues le 27 décembre.

 

« Un peuple tenaillé par la haine »

 

La présence à Bangui du pontife argentin, que « les menaces sécuritaires réelles ou amplifiées » n’ont pas découragé, a-t-elle affirmé d’emblée, est « une victoire de la foi sur la peur, sur l’incrédulité ». Dans la capitale centrafricaine, des voitures blindées des Nations unies, des policiers et des soldats supplémentaires étaient déployés sur le parcours de François, sans que leur présence ne soit trop pesante.

 

Mme Samba-Panza a dépeint à son visiteur « un pays détruit dans ses fondements par plusieurs décennies de crises à répétition », laissant « un peuple tenaillé par la haine et l’esprit de vengeance ». Dans un discours tout imprégné de références à Dieu et à la foi, elle a déclaré devant le pape qu’il« revient aux filles et aux fils de ce pays de reconnaître leurs fautes ». « Au nom de toute la classe dirigeante de ce pays mais aussi au nom de tous ceux qui ont contribué de quelque manière que ce soit à sa descente aux enfers, je confesse tout le mal qui a été fait ici au cours de l’histoire et demande pardon du fond de mon cœur », a-t-elle ajouté.

 

Changement de décor, continuité du discours : après avoir mis en garde les Kényans contre « le tribalisme qui détruit une nation », le 27 novembre, le pape François a exhorté les dirigeants centrafricains à « l’unité ». S’exprimant pour la première fois en français, il leur a demandé d’éviter « la tentation de la peur de l’autre, de ce qui ne nous est pas familier, de ce qui n’appartient pas à notre ethnie, à nos options politiques ou à notre confession religieuse ».

 

Puis, d’un lieu de pouvoir le pape est passé sans transition à un lieu de relégation. Dans le camp de déplacés abrité par la paroisse Saint-Sauveur, qui accueille quelque 3 700 réfugiés, des enfants tendaient de modestes morceaux de tissus sur lesquels avaient été tracés au feutre les mots « paix », « amour », « réconciliation ». Sous les manifestations de joie, François s’est promené, très détendu, au milieu d’eux, embrassant les enfants, serrant les mains des femmes, bénissant des têtes, riant avec ses hôtes. « La paix sans amour, sans tolérance, sans pardon, n’est pas possible. Il faut vivre en paix les uns avec les autres quels que soient son ethnie, sa culture, sa religion, son statut social », leur a-t-il lancé. Puis il leur a fait répéter en chœur : « Nous sommes tous frères ! » Dans le même temps, quelques femmes avisaient des journalistes : « Ici, il n’y a pas de problème de sécurité, soyez tranquilles ! » D’autres faisaient observer que la venue du pape, en dépit des mises en garde sur la sécurité venues du gouvernement français, est un pied de nez à la France.

 

« Contre la tentation de la vengeance »

 

Le marathon entrepris par le pontife avec un sentiment d’urgence et une grande énergie s’est ensuite orienté vers les communautés religieuses. Même si les affrontements entre factions ont d’abord des motifs politiques, ils ont mis face à face chrétiens et musulmans, malgré l’engagement de certains de leurs représentants dans une coopération interreligieuse. En quelques heures, répétant sans relâche les mêmes mots – unité, paix, pardon, réconciliation –, il s’est successivement adressé aux évangéliques et aux catholiques. Lundi matin, il s’est rendu dans la mosquée du quartier musulman du PK5, aujourd’hui en situation de quasi-blocus, lançant :« Chrétiens et musulmans sont frères. » « Toutes nos communautés souffrent indistinctement de l’injustice et de la haine aveugle que le démon déchaîne », a-t-il affirmé à la faculté de théologie évangélique.

 

Au milieu des catholiques, à la cathédrale de Bangui, François a vanté la vertu du « pardon » envers ses ennemis, qui « prémunit contre la tentation de la vengeance et contre la spirale des représailles sans fin ». « A tous ceux qui utilisent injustement les armes de ce monde, a-t-il déclaré pendant son homélie, je lance un appel : déposez ces instruments de mort ; armez-vous plutôt de la justice, de l’amour et de la miséricorde, vrais gages de paix. » Le pape a symboliquement ouvert dans la cathédrale de Bangui une « porte sainte », anticipant le début de l’année jubilaire qui commencera le 8 décembre.

 

D’ordinaire, c’est l’ouverture de la porte sainte de Saint-Pierre qui marque l’ouverture d’une année sainte. « Aujourd’hui, Bangui devient la capitale spirituelle du monde », a lancé François, qui a quitté le pays, lundi en début d’après-midi.

 

Sous haute sécurité, le pape appelle à la paix en Centrafrique

 

30/11/15 (Reuters)

 

Le pape François, sous protection inédite, a prêché dimanche en faveur de la paix et de la réconciliation en République centrafricaine, déchirée par des violences entre chrétiens et musulmans.

 

Le chef de l'Eglise catholique, qui achevait à Bangui une visite en Afrique qui l'a également conduit au Kenya puis en Ouganda, a exprimé l'espoir que tous les Centrafricains pourraient voir l'avènement de la paix.

 

Jamais depuis son élection, en mars 2013, sur le trône de Saint-Pierre, un déplacement du pape n'avait donné lieu à un dispositif de sécurité aussi serré. Car ce déplacement était à haut risque. Depuis le mois de septembre, la capitale centrafricaine, Bangui, a connu un regain de tension qui a provoqué la mort d'au moins 100 personnes, selon l'organisation Human Rights Watch.

 

Alors que l'avion de la compagnie Alitalia dans lequel voyagent le pape et sa délégation atterrissait en provenance d'Ouganda, des hélicoptères d'attaque patrouillaient dans le ciel et des transports de troupes blindés de la force française et des casques bleus de l'Onu déployés en Centrafrique étaient stationnés devant l'aéroport de Bangui.

 

Des éléments des forces spéciales portant un brassard aux couleurs jaune et blanc du Vatican ont apporté leur concours aux agents habituellement chargés de la protection du pape. Et un soldat de l'Onu en arme a également pris place dans chacun des minibus affrétés pour transporter la presse accréditée auprès du Vatican.

 

Au début du mois, la France, dont 900 soldats environ sont toujours déployés en Centrafrique, avait prévenu le Vatican que ce déplacement présentait des risques et l'agenda du pape pour cette troisième et dernière étape de son périple africain n'avait pas été précisé à l'avance.

 

"NOUS SOMMES TOUS DES FRÈRES"

 

A sa descente d'avion, le pape a été conduit au palais présidentiel de Bangui où il s'est entretenu avec la présidente par intérim, Catherine Samba-Panza, et des diplomates et a appelé à "l'unité dans la diversité".

 

Il est ensuite allé aux devants de 4.000 réfugiés déplacés par les violences et regroupés dans un camp de la capitale. "Travaillez, priez, faites tout votre possible pour la paix mais souvenez-vous que la paix n'est rien sans amour, sans amitié, sans tolérance", leur a-t-il dit, avant d'appeler son auditoire à scander "Nous sommes tous des frères" en langue sango.

 

François a ensuite célébré la messe dans la cathédrale Notre-Dame de Bangui, là même où des miliciens islamistes armés ont fait 15 morts dans une attaque en mai 2014.

 

"Déposez ces instruments de mort, armez-vous de la justice", a-t-il dit lors de son homélie, appelant les fidèles à la "réconciliation, au pardon, à l'amour et à la paix".

 

Le pape a ensuite ouvert une "porte sainte" de la cathédrale Notre-Dame de Bangui, marquant ainsi l'ouverture symbolique de l'année sainte de la miséricorde qui démarrera officiellement le 8 décembre au Vatican.

 

 

Centrafrique : ce que les leaders religieux espèrent de la visite du pape François

 

27 novembre 2015 à 17h55  Par Margaux Benn - à Bangui Jeune Afrique

 

Après le Kenya et l’Ouganda, le pape François doit se rendre en Centrafrique, dimanche et lundi. Alors que le pays est plongé dans un conflit inter-communautaire qui a revêtu une dimension confessionnelle, les leaders religieux voient la venue du pontife comme un geste d'espoir, tant politique que spirituel.

 

Dans la cour de la mosquée centrale, l’imam Tidjani Moussa Nahibi dit s’être « personnellement assuré que tout se passera bien lors de la visite du pape. » Après tout, poursuit-il, « ce ne sont pas seulement les chrétiens que le pape est venu rencontrer, mais les Centrafricains. »

 

Pour préparer cette visite pontificale, l’imam et l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, se sont rencontrés plusieurs fois dans la mosquée centrale, située au cœur du quartier PK5, enclave à majorité musulmane encerclée par des miliciens anti-balaka. Depuis fin octobre, la situation est si précaire que l’accès humanitaire a dû y être limité.

 

Là et dans d’autres quartiers de Bangui, les risques sont tels que le ministère français des Affaires étrangères a plusieurs fois déconseillé au pape de s’y rendre. Et, si son arrivée est a priori maintenue, le Vatican maintient la possibilité d’annuler ou d’écourter son voyage à la dernière minute.

 

Médiateur de dernier recours ?

 

Mais le révérend Nicolas Guerekoyame-Gbangou, président de l’alliance des évangéliques en Centrafrique, refuse de croire à une éventuelle annulation, attendant le pape comme un médiateur de dernier recours pour un conflit qui semble oublié par la communauté internationale. « Si le Saint-Père lui-même ne vient pas, qui pourra nous réconcilier ? », lance-t-il, attablé à la Faculté théologique des évangéliques de Bangui, où le pape se rendra dimanche. « Les diplomates se diraient que ce n’est même plus la peine d’essayer… »

 

Centrafrique : lettre ouverte de 18 ONG au pape François

 

L’archevêque de Bangui tient un discours plus mitigé : « Cette visite est un honneur, mais le pape n’est pas un magicien », prévient-il. « Si nous ne nous attelons pas à nous unir et à faire la paix, ses mots auront été vains. »

 

Une influence sur le déclin

 

Selon la plupart des observateurs, le pape est attendu avec impatience par les Centrafricains de toutes confessions, otages d’un conflit dont les racines puisent davantage dans les tensions inter-communautaires que les dissensions religieuses. Le danger vient plutôt des groupes armés et des bandits qui pourraient exploiter la visite du pape pour semer le trouble dans la capitale, alors que celle-ci reçoit des milliers de fidèles venus des provinces centrafricaines voire de pays alentours.

 

Les mots d’apaisement des leaders religieux suffiront-ils à assurer la tranquillité de la capitale pendant la visite du pape ? Selon Thierry Vircoulon, chef du programme Afrique centrale de l’International Crisis Group, « après deux ans de violences, leur influence décline. Les médiateurs naturels de la crise centrafricaine ont de moins en moins d’emprise. »

 

Margaux Benn

 

 

Centrafrique: le pape François en pompier

 

Par Jean-Jacques Louarn  RFI le 27-11-2015 à 23:24

 

Contre l'avis de certains de ses conseillers et d'une partie de la communauté internationale, le pape François se rend en Centrafrique dimanche 29 et lundi 30 novembre 2015, sauf incident grave de dernière minute à Bangui. Une visite placée sous très haute sécurité.

 

Quelques rues fraîchement bitumées autour de la Nonciature, quelques lampadaires installés, l'électricité revenue ici et là, une cathédrale « requinquée », selon l'expression d'un habitant qui ajoute : « le pape devrait venir plus souvent ». Au coeur de la visite de François les 29 et 30 novembre 2015 à Bangui : le dialogue entre chrétiens et musulmans.

 

Depuis les combats de fin septembre et fin octobre entre les musulmans retranchés au PK5 et les milices anti-Balaka le dialogue est au point mort. Et la confiance entre la population et la force internationale sur place est rompue, une force internationale accusée notamment de rester les bras croisés et de compter les morts.

 

Scénario d'épuration

 

« Que vient faire le pape dans ce chaudron, dans cette galère ? », s'interroge le jeune Moussa qui salue le courage de François. « On l'attend lui et son message de paix. Lorsqu'il ne sera plus là, lorsqu'il sera parti il faudra se dire : ressaisissons-nous, le passé c'est le passé ». Le lundi 30 au matin, le pape doit se rendre à la grande mosquée de Bangui, au PK5. Des religieux chrétiens et musulmans préparent cette visite depuis plusieurs semaines.

 

« Bangui, explique Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale à International Crisis Group, pourrait ainsi se décrire : c'est un quartier, le PK5, où se retranchent depuis près de deux ans ce qui reste de musulmans, entouré par une ville qui leur est hostile, avec à la manoeuvre les anti-balaka appuyés par des éléments des FACA, c'est-à-dire l'armée régulière qui n'existe plus. Ces FACA ne sont plus neutres aujourd'hui comme ils l'ont été un temps. Le PK5, c'est l'abcès de fixation majeur de la crise centrafricaine. Les évènements des 26 septembre et 26 octobre marquent un grand recul du processus de dialogue. La solution aujourd'hui est à 80% sécuritaire et à 20% elle passe par le dialogue, c'est dire si la situation s'est dégradée ».

 

D'autres chercheurs craignent un scénario d'épuration de la capitale : les habitants musulmans du PK5 quittent tous leur quartier. « Personne ne veut ce scénario, explique un de ces experts, mais c'est ce qui peut se passer : une capitale sans musulmans, sans Seleka. Mais toujours avec des troubles, car on ne se sera pas débarrassé des anti-balaka dont une bonne partie s'est criminalisée. On s'inscrit aujourd'hui, poursuit-il, dans une dynamique qui est celle-là. Heureusement qu'il reste toujours des musulmans dans Bangui pour donner l'illusion que la RCA est encore un pays, mais le jour où ils partiront, forcés ? »

 

Selon le HCR en Centrafrique, le PK5 c'est 26 000 habitants dont une majorité de musulmans. Le nombre de réfugiés musulmans dans les pays voisins (Tchad, Cameroun, RDC, Congo Brazzaville) s'élève à 470 000 et celui des déplacés, donc à l'intérieur même de la RCA, 447 000. « Depuis l'année dernière, nous n'avons enregistré, explique un responsable du Haut Commissariat aux réfugiés, que 4 300 retours. 4 300 sur 470 000, c'est très peu ! »

 

Un discours ferme du pape ?

 

« Le pays s'est vidé d'une partie de sa population, commente un journaliste centrafricain qui préfère garder l'anonymat. Les musulmans c'est historiquement 10 à 12% de la population totale. Mais aujourd'hui ? Quelle famille n'a pas un parent proche ou lointain musulman ? A quoi ressemblerait la Centrafrique sans une de ses composantes ? Je connais bon nombre d'entre nous qui font l'autruche. D'où ces discours qui tiennent à affirmer haut et fort que nous sommes tous des Centrafricains, qu'il n'y pas de différence entre musulmans et chrétiens, que le pays est à 99% croyant, etc., bref on se dédouane de nos propres torts par ce type de discours “tout le monde il est beau tout le monde il est gentil” et on ne pointe pas les vraies responsabilités, celle du gouvernement, de la France que suit la communauté internationale dans ses décisions, la France qui est présente ici depuis deux ans ! »

 

« Nous rejetons cet oecuménisme qui ne pointe pas les vrais responsables de la crise, poursuit ce confrère. Je ne souhaite pas que François assène un discours qui contentera tout un chacun, où tout le monde pourrait seulement, disons se retrouver. Le pape doit être politique et nous dire nos quatre vérités à nous Centrafricains, mais aussi à la communauté internationale ! »

 

Enfin pour cet instituteur « laïque », comme il tient à le préciser, « on dirait que les Centrafricains attendent tout du pape François comme ils attendent tout de Dieu. Bref un miracle ! Résultat, nous pouvons encore tomber plus bas. La maison Centrafrique brûle et nous la regardons ».

 

Et la sécurité du pape ? Maître Roddy Madouzekeko, le rapporteur de la commission liturgie créée à l'occasion de la visite papale, a ce mot : « La sécurité de François vient d'abord de Dieu. Quand Dieu le décide, vous partez au pays du grand repos ».

 

Nous sommes musulmans, nous sommes des Centrafricains aussi. Nous voulons la paix pendant son séjour à Bangui, et après sa visite. Et pour toujours.

 

Reportage dans le PK5, à Bangui

 

27-11-2015 - Par Pierre Pinto

Le pape François a quitté Bangui, dernière étape de sa tournée africaine
Le pape François a quitté Bangui, dernière étape de sa tournée africaine
Le pape François a quitté Bangui, dernière étape de sa tournée africaine
Le pape François a quitté Bangui, dernière étape de sa tournée africaine
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 18:17

 

 

 

30/11/15 (AFP)

 

"Jusqu'à quand l'impunité va-t-elle prévaloir et les crimes servir de gages d'ascension et de promotion sociale?" en Centrafrique, s'est interrogé lundi l'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzatalainga au cours de la messe donnée en présence du Pape François dans le stade "20.000 places" à Bangui.

 

Cette question de l'impunité abordée devant des dizaines de milliers d'habitants reste centrale dans un pays dévasté par les violences intercommunautaires, dépourvu d'une police et d'un système judiciaire efficaces.

 

Pour tous ces graves crimes aux auteurs restés impunis, dont les deux derniers présidents François Bozizé et Michel Djotodia sous le coup de sanctions internationales, la présidente de transition Catherine Samba Panza a demandé dimanche "pardon" en recevant le pape.

 

Mais, effet d'accalmie dû à la venue du pape, des dizaines de musulmans, membres de groupes d'autodéfense du quartier PK5 à Bangui, ont débarqué avec des tee-shirts à l'effigie du pape pour assister à la messe au stade situé dans le centre de la capitale, en pleine zone chrétienne où aucun musulman ne s'aventure d'habitude.

 

Ils ont fendu la foule sous les acclamations, les chrétiens les applaudissant même en criant "c'est fini (la haine)!".

 

Policiers, gendarmes et scouts formaient cependant de très nombreux cordons de sécurité dans le stade, dans la crainte d'une tentative d'attentat.

 

Après la messe, le Pape doit partir pour Rome à l'issue d'une tournée africaine de cinq jours au Kenya, en Ouganda et en Centrafrique.

Le pape à Bangui: l'archevêque pourfend l'impunité des crimes
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 18:14

 

 

 

30/11/15 (La Croix)

 

Nicolas Guérékoyame-Gbangou, le pasteur évangélique qui préside l’association des évangéliques de Centrafrique et a rencontré le pape dimanche 29 novembre, parcourt le pays depuis 2012 pour tenter d’apaiser le conflit. Aux côtés de l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, et de l’imam Oumar Kobine Layama, il y a un troisième homme : le pasteur Nicolas Guérékoyame-Gbangou. À 55 ans, celui qui préside l’association des évangéliques de Centrafrique est devenu l’une des figures d’un inlassable plaidoyer pour la paix, contre vents et marées.

 

En se rendant, dimanche 29 novembre, à la faculté de théologie évangélique de Bangui, le pape a voulu saluer un leader religieux autant qu’un homme de terrain. Chef de l’Église protestante de Centrafrique, représentant des autorités religieuses auprès du gouvernement de transition, il est aussi le pasteur de l’Église évangélique Elim Bangui-M’Poko où 10 000 personnes trouvèrent refuge au plus fort de la crise.

 

Depuis la mise sur pied de la plate-forme interreligieuse pour la paix, en 2013, il sillonne le pays, martelant que le conflit n’est en rien religieux, mais politique. C’est chez lui que résident pendant quelques mois, en 2014, le frère de l’imam Layama et sa famille, chassés de chez eux.

 

UN HOMME DÉTERMINÉ

 

Depuis octobre, le pasteur habite, avec ses 10 enfants, au sein de la faculté de théologie évangélique de Bangui. Impossible, en effet, de rester dans sa maison, mise à sac et incendiée par les milices lors du dernier regain de tension dans la capitale centrafricaine.

 

« Malgré cet incident, il a l’esprit tranquille et le cœur net. Il dit qu’il ne veut pas se laisser envahir par la peur et que tous les membres de sa famille en sont sortis indemnes », témoigne l’un de ses proches, le pasteur Franco Mbaye-Mbondoi, secrétaire général de l’Alliance des évangéliques en Centrafrique. « C’est un homme déterminé. Quand il s’engage, il va jusqu’au bout », poursuit-il, qui admire en son ami un « homme de prière, à qui la vengeance est étrangère ».

Au fil des années, rien ne semble émousser cette détermination. « Le pessimisme n’est pas le langage du croyant, déclarait le pasteur Nicolas Guérékoyame-Gbangou à Pèlerin en mars 2014. Nous nous sommes engagés tous les trois depuis 2012 parce que nous croyons à la force de la Parole pour désarmer les mains et convertir les cœurs. »

 

Loup Besmond de Senneville

Lu pour vous : Nicolas Guérékoyame-Gbangou, un inlassable défenseur de la paix en Centrafrique
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 17:17

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

CP/SPK#060/2015

 

 

 

Bangui, le 30 novembre 2015 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a appris avec une grande tristesse le décès du Commandat de sa Force, le Général de division, Martin Chomu Tumenta survenu, lundi, des suites de maladie.

 

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga, rend hommage au disparu et salue son engagement et son dévouement à la tête de la Force pour la cause de la paix en Centrafrique.

 

Le général Tumenta, du Cameroun, avait été nommé au poste de Commandant de la Force de la MINUSCA par le Secrétaire général de l’ONU, le 30 juillet 2014. Il était entré en fonction à la mi-septembre au moment du transfert de l’autorité de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), alors sous son commandement, à la MINUSCA.

 

Auparavant, il avait accompli une carrière exemplaire au sein du bataillon de troupes aéroportées camerounaises. Il a notamment dirigé les opérations Delta dans la péninsule de Bakassi et la troisième région militaire interarmées. Il a également été Directeur des ressources humaines au Ministère de la défense.

 

Né en 1954, le général de division Tumenta était diplômé de l’École militaire interarmées de Yaoundé et avait également étudié dans des École de guerre en France et aux États-Unis.  

 

La MINUSCA présente ses sincères condoléances à sa famille et aux autorités camerounaises.

LA MINUSCA REGRETTE LE DECES DU COMMANDANT DE LA FORCE, GEN. TUMENTA
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 17:09
Tribune libre : Nos enfants dans la crise centrafricaine

 

 

 

Le GHI, Global Hunger Index ou indice de la faim, est défini pour montrer le niveau de la faim dans les pays en développement et la Centrafrique remporte malheureusement la première place en 2015. A partir de cet indicateur et par corrélation entre pays, on constate des causes mais surtout des conséquences de la sous-alimentation sur la population et sur le développement d'un pays dans son ensemble.

 

En l'occurrence, je vais développer un sujet qui, à mon sens, devrait être au centre des discussions : l'impact de l'insécurité alimentaire sur les enfants de notre chère République Centrafricaine.

 

Cet indice de la faim est calculé par l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) et nous donne un indicateur très fiable pour qualifier la situation d'un pays dans l'insécurité alimentaire, comme la Centrafrique.

 

Comment ce GHI est-il calculé ? Il se base sur quatre critères :

 

- la sous-alimentation de la population (part de la population ayant un apport calorique insuffisant),

- la mortalité infantile*,

- l'émaciation infantile* (amaigrissement très prononcé),

- le retard de croissance infantile*.

* Les trois critères infantiles concernent les enfants de moins de 5 ans.

 

Ces données sont fournies par les gouvernements des pays et différents organismes tels que l'Organisation Mondiale de la Santé à l'IFPRI qui calcule tous les ans cet indice de 0 à 100. Entre 35 et 49,9, le résultat est « alarmant ». S'il dépasse 50, le résultat est jugé « extrêmement alarmant ». Cette année, 8 pays se retrouvent dans une situation alarmante.

 

La RCA arrive en première position avec un score de 46,9, c'est effectivement alarmant... Cependant, il faut noter que la Centrafrique descend pour la première fois sous la barre « extrêmement alarmante » depuis 1990, étant plutôt habituée à 51. C'est un début encourageant ! En effet, en regardant les chiffres de plus près, on constate une amélioration des trois critères infantiles au cours de ces 10 dernières années. Espérons que cette tendance va continuer car les conséquences de la sous-alimentation sont nombreuses et perverses.

 

Au-delà de ce chiffre et des calculs mathématiques, nous pouvons tirer des faits probants.

 

Tout d'abord, la région la plus sinistrée est l'Afrique subsaharienne, suivie de près par l'Asie du sud.

 

Parmi les vingt premiers pays de cette édition 2015 se trouvent quatorze pays subsahariens : la RCA, le Tchad, la Zambie, la Sierra Leone, le Niger, l'Ethiopie, Djibouti, le Nigeria, l'Angola, le Mozambique, la Namibie, le Burkina Faso, le Zimbabwe et le Liberia.

 

On constate aussi que la plupart de ces 14 pays subsahariens font face à de fortes instabilités ou en sortent tout juste. Cela nous montre de façon flagrante que la faim et l'insécurité d'un pays sont étroitement liées. La RCA en est l'exemple typique. En crise depuis 2013, dans l'incapacité de soutenir une autosuffisance alimentaire, des voies d'accès pour le ravitaillement constamment en proie aux coupeurs de route, des conflits récurrents en province comme dans la capitale, des pillages de villages par les groupes armés... Ce sont autant de facteurs qui montrent le lien très fort entre l'insécurité et la sous-alimentation. La loi du plus fort reprend sa fonction et la population meurt de faim.

 

Les conséquences sont dramatiques...

 

Je ne listerai par toutes les conséquences de ces phénomènes pour la simple raison que chacune mérite un article à part entière. Je vais donc plutôt m'attarder sur le sujet le plus sensible à mon avis, celui des enfants impactés par la faim.

 

En effet, ce sont les premières victimes, tant au niveau de la santé physique que psychologique. Un enfant sous-alimenté va développer des problèmes de croissance graves, des maladies...

 

Il existe aussi un cercle vicieux qui fait malheureusement des ravages dans notre beau pays.

 

Les Centrafricains sont dans un état général de sous-alimentation. Les parents travaillent autant que possible pour nourrir leur famille mais il est souvent impossible de fournir suffisamment de nourriture à cause des pénuries, des inflations, etc. Ainsi, les enfants dans la majorité des foyers se retrouvent contraints à travailler dés leur plus jeune âge pour apporter leur contribution à la famille. Evidemment, au détriment de l'école.

 

La faim, les conflits et la déscolarisation sont aussi à l'origine du phénomène des enfants soldats.

 

Des enfants, livrés à eux-mêmes, s'enrôlent dans des milices armées, parfois de force mais souvent de leur propre volonté (vengeance, plus de famille). Ils devront travailler pour survivre au profit des miliciens (aller chercher du bois, de l'eau, voler de la nourriture dans les villages). Ils seront également témoins d'atrocités qui les traumatiseront psychologiquement. Ceux qui réussiront à fuir ces conditions se retrouvent bien souvent sans attache familiale, sans toit, analphabète et sans éducation scolaire. Leur réintégration dans la communauté centrafricaine est d'autant plus difficile et éprouvante.

 

Or, un enfant déscolarisé, c'est toute une génération gâchée et incapable de faire évoluer le pays. Ainsi, la RCA ne se laisse aucune chance pour un meilleur avenir, cette chance est réduite à néant par la nécessité de la faim et la négligence du système éducatif et des enfants en général.

 

Cette déscolarisation réduit les chances d'une vie future. Un adulte analphabète voit son insertion professionnelle compromise car toutes les portes d'un travail rémunérateur se ferment devant lui. Il s'agit au niveau d'un pays d'un frein au développement économique global. Les pays les plus développés pourront installer leurs propres entreprises au détriment d'entreprises locales et nationales à cause d'un manque cruel de cerveaux centrafricains. La population devient une masse engourdie et apathique, incapable de prise d'initiative mais aussi de volonté de développement de son patrimoine local. Cela compromet également l'exercice de la citoyenneté par manque de recul sur les différents gouvernements qui régissent le pays, renforçant le sentiment général de mise à l'écart de la vie et de la dynamique du pays.

 

Face à toutes ces injustices et incompréhensions, un phénomène systématique se développe, il s'agit bien sûr des groupes armés, coupeurs de route et pilleurs de villages. Forcément, à défaut de pouvoir s'insérer et subvenir à ses besoins, il devient nécessaire de survivre par d'autres moyens, ceux de la violence, de la corruption et du terrorisme envers la population.

 

Je me permets de citer La Rochefoucauld-Doudeauville, « L'éducation est pour l'enfance ce que l'eau est pour la plante ». Sans éducation, un enfant ne pourra s'épanouir et se développer pleinement. Et un pays ne peut pas se développer sans sa population...

 

Il ne s'agit pas là de l'unique solution mais d'un premier pas vers la sortie de cette crise nationale. Il consiste en l'éducation et la scolarisation des enfants d'aujourd'hui pour une population dynamique demain. Le gouvernement qui sera élu dans les mois à venir doit ouvrir les yeux sur ce phénomène. Il ne peut pas laisser son peuple dans le noir, dans l'obscurantisme et l'analphabétisme. Il est temps de parier sur l'avenir et sur nos enfants. Une rénovation des structures scolaires actuelles, le développement de nouvelles structures dans les régions isolées, la formation d'enseignants... Des petits gestes, certes coûteux, mais qui permettront à la Centrafrique de se relever à long terme et de montrer au monde entier ce dont elle est capable !

 

Yaya Issa Aboubakar

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 17:32
RCA: le pape François dans le camp de déplacés de Saint-Sauveur
RCA: le pape François dans le camp de déplacés de Saint-Sauveur

 

 

 

Par RFI  le 29-11-2015 à 16:49

 

Le pape François, après s'être rendu au Kenya et en Ouganda, est arrivé ce dimanche en République centrafricaine (RCA), l'étape la plus risquée de son voyage où des mesures de sécurité drastiques ont été prises pour assurer sa sécurité. Le pape François a tenu à porter aux Centrafricains, chrétiens comme musulmans, un message de paix. Il s’est rendu dans le camp de déplacés de Saint-Sauveur. Le chef de l’Eglise catholique achève ainsi une visite en Afrique qui l’a également conduit au Kenya puis en Ouganda.

 

A peine arrivé dans le pays, le souverain pontife s'est rendu dans le camp de déplacés de Saint-Sauveur. Face à ces réfugiés, le pape François a délivré un message de réconciliation.

 

Ce camp était presque vide, fin septembre, après l’amélioration des conditions sécuritaires à Bangui. Mais fin septembre, d’intenses violences ont éclaté faisant près de 80 morts et 400 blessés et le camp s’est à nouveau rempli. Ils sont aujourd’hui près de 4 000 à y dormir dans des conditions insalubres.

 

Les ONG ont dû remettre sur pied leur programme d’urgence comme réinstaller des latrines. C’est une population à bout de nerfs que le pape François est allé voir, une population déplacée à de multiples reprises.

 

Comme à son habitude, le pape s’est joué des consignes de sécurité. Il a simplement fendu la foule, s’écartant de ses gardes du corps, pour aller toucher le front des enfants, embrasser des petites filles et bénir des infirmes qui avaient été placés là, par les déplacés, avant de prendre rapidement la parole pour délivrer un message de paix, de réconciliation.

 

« La réconciliation, on en veut nous aussi », a confié, juste après, à RFI, une déplacée du camp avant de préciser que, depuis un an, elle était déjà retournée chez elle « trois fois » et « trois fois, j’ai été obligée de fuir et de revenir ici, dans ce camp de déplacés », a-t-elle ajouté.

 

Résister à la « tentation de la peur de l'autre »

 

Accueilli triomphalement, ce dimanche, à Bangui, le pape François a appelé les Centrafricains à résister à la « tentation de la peur de l’autre », de ce qui « n’appartient pas à notre ethnie, à nos options politiques ou à notre confession », a-t-il précisé avant d’ajouter qu’il espère que les élections présidentielles et législatives dont le premier tour est prévu le 27 décembre vont aider la Centrafrique à ouvrir « une nouvelle étape ».

 

La présidente Catherine Samba-Panza a, de son côté, demandé « pardon » pour « tout le mal » commis par les Centrafricains depuis 2013.

 

« Il revient aux filles et aux fils de ce pays de reconnaître leurs fautes et demander un pardon sincère que votre bénédiction transformera en un nouveau levain pour la reconstruction du pays », a-t-elle dit au pape.

 

RCA: la visite du pape sous le signe de la paix et de la sécurité

 

Par RFI  le 29-11-2015 à 13:56

 

Après le Kenya et l’Ouganda, le pape François se trouve à Bangui en RCA ce dimanche 29 novembre en fin de matinée, dernière étape de sa tournée africaine. Une visite qu'il a tenu à maintenir malgré les risques et qu'il place sous le signe de la paix et de la réconciliation. Les Centrafricains attendent avec impatience le souverain pontife en qui ils placent d'immenses espoirs.

 

A Bangui, depuis quelques jours, blindés blancs et casques bleus sont visibles partout, patrouillant sur les avenues fraîchement bitumées. Plus de 3 000 militaires onusiens, appuyés de 500 gendarmes et policiers centrafricains, et des militaires français de Sangaris : 900 hommes qui se tiennent prêts.

 

La France ne sera donc qu'en « troisième rideau », comme le précise le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l'état-major des armées. « Nous nous engageons régulièrement aux côtés de la Minusca dans les quartiers les plus sensibles actuellement, le 3e et le 5e arrondissement, explique-t-il. C’est la zone de friction autour de Fatima, la zone de confession musulmane et immédiatement au sud, la zone de confession chrétienne. Pour nous, il n’y a pas de changement, la répartition des rôles est bien établie aujourd’hui. La sécurisation de la ville sera établie en liaison entre les forces centrafricaines et la Minusca. Et la Minusca sait qu'en cas de difficultés dans certains segments, elle peut faire appel à la France. »

 

Ferveur

 

Un imposant dispositif de sécurité est déployé pour éviter les incidents et encadrer la foule des dizaines de milliers de pèlerins et fidèles attendus à Bangui ce dimanche et lundi.

 

Dans la capitale centrafricaine, la ferveur s'est déjà emparée des habitants qui espèrent que le pape réussira à faire rentrer dans les esprits l’impérieuse nécessité de la paix et de la réconciliation.

 

Un programme chargé de symboles

 

Durant sa visite, François compte bien multiplier les symboles : il visite un camp de déplacés avant de se rendre à la cathédrale de Bangui où il ouvrira la Porte Sainte qui marquera le début du Jubilé, une année placée sous le signe du pardon.

 

Puis, lundi, le souverain pontife se rendra à la mosquée centrale de PK5, ce quartier enclavé où vivent chrétiens et musulmans pour plaider la réconciliation. Car ici, même les musulmans attendent le pape avec impatience.

 

« Nous l’accueillons à bras ouverts, souligne Ahmat Deliris, deuxième vice-président de la communauté musulmane de Centrafrique. (…) Si vraiment le message du pape est écouté par le Centrafricain, c’est une bonne chose. En tant que serviteur de Dieu, il va nous laisser ce message : la paix, le vivre ensemble, et le passé c’est le passé. Enterrons le passé. Et continuons l’avenir. On attend ce message. La communauté musulmane aussi a un message à adresser au pape pour lui dire que nous sommes des Centrafricains tout court. Chacun a sa façon de prier. Mais c’est notre pays à nous tous, personne n’a le monopole de ce pays. »

 

Enfin, il dira une messe au grand stade de Bangui, point d’orgue de sa visite.

 

Point de départ vers la paix, miracle ou déclic... En Centrafrique ces derniers jours, les mots peuvent être différents, mais les espoirs restent les mêmes.

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 17:29

 

 

 

Par RFI  29-11-2015 à 04:33

 

François Bozizé a déposé sa candidature pour l'élection présidentielle du 27 décembre en Centrafrique. L'ex-chef d'Etat a attendu la dernière minute. Les dépôts de candidature sont clos depuis vendredi. Toujours réfugié à l'étranger, c'est son porte-parole qui a déposé le dossier.

 

Fançois Bozizé est prêt à faire face à la justice de son pays, mais pour ça il faut qu'il puisse revenir. Et par là même, pouvoir battre le pavé, faire campagne. Ce sont les mots de Béa Bertin, le porte-parole du KNK, le parti de l'ancien président centrafricain. Il l'affirme : François Bozizé est prêt à répondre de ses actes, mais avant ça, il faut laisser place à la réconciliation.

 

« Dans un premier temps, il faut procéder à un dialogue, condition d’une réconciliation, argumente le porte-parole. Une fois que cette étape sera résolue, nous allons passer à cette étape de justice qui est un temps qui est long parce que ça nécessite des enquêtes, des contre-enquêtes, dans le cadre d’un procès. Ce temps peut prendre peut-être cinq ans, dix ans, et donc si Bozizé a de quoi répondre devant la justice de son pays, la meilleure façon, c’est le laisser rentrer ici, parce que bénéficiant de la présomption d’innocence… La réconciliation aujourd’hui, ça n’attend pas. »

 

La justice d'accord, mais après les élections. Voilà en résumé ce que souhaitent les dirigeants du KNK.

 

Une candidature déjà compromise ?

 

Alors pour ça, il faut d'abord que la candidature de François Bozizé soit validée par l'autorité nationale des élections. C'est le préambule. Puis que l'ex-président puisse revenir dans son pays. Il est sous le coup d'une sanction des Nations unies qui doit, en théorie, l'empêcher de voyager. Un mandat centrafricain a aussi été émis à son encontre. De quoi compromettre les projets de campagne présidentielle en Centrafrique.

 

Le KNK compte aussi sur les législatives pour appuyer ses idées. Plus d'une cinquantaine de candidats à travers le pays porteront les couleurs orange, le symbole du parti de François Bozizé.

François Bozizé, candidat à la présidentielle centrafricaine
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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 22:44

 

 

 

http://www.la-croix.com/  26/11/15 - 16 H 48

 

La Centrafrique est la destination la plus risquée du voyage du pape en Afrique. Un dispositif mêlant force nationale et internationale a été mis en place.

 

QUE SAIT-ON DU DISPOSITIF DE SÉCURITÉ ?

 

Pour des raisons de sécurité, le dispositif précis mis en place par les forces armées pour assurer la sécurité du pape n’est pas communiqué. « On ne vous dira ce que nous avons mis en place qu’après le voyage du pape », répond un responsable de la communication de l’armée française. Cependant, les grandes lignes de ce dispositif sont connues. Le pape aura son propre dispositif de sécurité rapprochée, assuré par le Vatican, comme dans tous ses voyages. Des responsables sont venus à plusieurs reprises à Bangui. « Ils étaient plus nombreux et sont restés plus longtemps en RCA que dans les autres pays visités par le pape », confie un membre de l’Église catholique.

 

QUE VONT FAIRE LES CASQUES BLEUS ?

 

Ce voyage s’effectue avec l’accord et sous la protection des Casques bleus engagés en Centrafrique, la Minusca. « Nous allons mobiliser nos forces engagées à Bangui et nous recevrons un renfort extérieur », explique un officier. Au total, il y aura au moins 4 000 Casques bleus déployés à Bangui, avec des blindés. La Minusca assurera également une couverture aérienne permanente de la capitale. Cette force sera surtout chargée de filtrer les personnes, de contenir tout débordement de la foule et d’assurer la maîtrise du terrain aux forces de l’ordre.

 

QUE VONT FAIRE LES CENTRAFRICAINS ?

 

Entre 300 et 500 policiers et gendarmes seront mobilisés. Ils seront chargés d’ouvrir le convoi pontifical, d’observer et de surveiller la foule dans les deux grands lieux de rassemblement : la cathédrale et le stade Barthélemy Boganda. « Nous chercherons les individus suspects, les personnes qui représentent un risque pour ce voyage », explique un officier de la gendarmerie.

Sur le long du trajet emprunté par le pape, 2 000 scouts seront déployés pour constituer un cordon de sécurité entre la foule et le convoi pontifical. Ils ont reçu une formation spéciale pendant deux jours sur la gestion de la foule et sur la manière de la contenir.

 

QUE VA FAIRE SANGARIS ?

 

La force armée française a pris ses distances avec le voyage du pape. « La sécurisation de ce voyage est dévolue à la Minusca, elle se conduira sous sa responsabilité. Pour notre part, on se tient prêt à l’aider comme force de réaction rapide. C’est notre mandat : être un appui opérationnel de la Minusca. », explique le commandant Adrien, de Sangaris. Avec 900 hommes déployés dans le pays et des moyens limités, Sangaris n’a pas le volume pour assurer la sécurité de tous les Centrafricains. « S’il y a un problème, nous répondrons présent », peut-on entendre du côté de l’état-major de l’armée française. À l’évidence, les unités présentes à Bangui seront en alerte maximum et Paris devrait affréter un Falcon médicalisé à l’aéroport de Bangui pour évacuer le pape, au cas où.

 

LAURENT LARCHER

Pour la sécurité du pape en Centrafrique, l’ONU s’est fortement engagée
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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 21:44

 

 

 

http://gabonreview.com/  par Désiré-Clitandre Dzonteu  vendredi 27 novembre 2015 à 23:30

 

En marge du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC, le représentant spécial du secrétaire général de l’Organisation des Nations-unies (Onu) en République centrafricaine et chef de la Minusca estime que le processus politique menant vers des élections est bel et bien lancé.

 

Gabonreview : Vous êtes le chef de la Minusca (Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations-unies en République centrafricaine). Vous avez participé au sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CEEAC sur la RCA. Qu’est-ce qu’on attend de ce sommet ?

 

Parfait Onanga-Anyanga : Nous sommes venus à ce sommet pour représenter le secrétaire général des Nations-unies, mais aussi pour profiter de cette occasion pour briefer les chefs d’Etat et de gouvernement sur l’évolution de la situation en République centrafricaine.

 

On sait qu’il y a déjà eu plusieurs réunions et il n’y a pas eu de solution définitive à la crise en RCA. Peut-on s’attendre à quelque chose de concret ?

 

Absolument ! Le processus de stabilisation de la République centrafricaine est un long processus. Des progrès réels ont été réalisés. Les Chefs d’Etat et de gouvernement se sont réunis à un moment crucial pour prendre acte des décisions des autorités compétentes centrafricaines par rapport au processus électoral que le pays a entamé. Les chefs d’Etat de la sous-région ont estimé qu’il était bon qu’ils se prononcent sur ce calendrier important pour entériner les décisions des autorités centrafricaines mais aussi et surtout, pour apporter leur appui politique à un processus qui reste fragile.

 

La Minusca est une force armée, mais on a, en permanence, des violences en RCA. Qu’est ce qui se passe ? Quelle est la mission dévolue à la Minusca ?

 

La Minusca n’est pas qu’une force armée : c’est une force multidimensionnelle. Nos missions en RCA sont complexes. Vous savez, elles passent de l’organisation du processus électoral à l’appui au maintien de la paix, à la justice, à la protection des civils, à la protection des enfants, mais aussi à la stabilisation et à la sécurisation de la République centrafricaine. Pour ce faire, nous bénéficions de la contribution des troupes de la sous-région et aussi d’autres parties du monde et nous avons un mandat du Conseil de sécurité pour procéder à ce travail extrêmement important pour ramener la paix et la stabilité en République centrafricaine. Maintenant, nous sommes les premiers à déplorer le fait qu’aujourd’hui, il y ait encore, en RCA, des pertes en vies humaines innocentes. Mais ce qu’il faut retenir c’est que la Centrafrique n’est pas un pays en guerre et ça, il faut le dire et le redire. Cependant, il y a encore des groupes armés et des individus qui n’ont peut-être rien à attendre du processus politique en cours et sont déterminés à semer le chaos et perturber la bonne conduite du processus électoral et politique en cours.

 

C’est cela qui est à l’origine de tous les incidents parmi lesquels certains extrêmement graves qui ont entrainé la mort de près de centaines des personnes. C’est la détermination de la Mission, en ce moment, de tout faire pour mettre fin à ces exactions et à ces forfaits. Et je suis absolument convaincu qu’avec la montée en puissance de la force de maintien de la paix, nous parviendrons à mettre un terme à ces crimes odieux.

 

© Gabonreview

«La Centrafrique n’est pas un pays en guerre», dixit Parfait Onanga-Anyanga
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