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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 00:32

 

 

APA Niamey (Niger) 2016-10-10 22:27:55 - Le président Issoufou Mahamadou du Niger a plaidé pour un soutien massif aux pays africains, notamment le Niger qui est un pays de transit par excellence des dits migrants clandestins.

 

« Soutenir le développement économique et social de nos pays c’est soutenir aussi l’économie de l’Europe », a-t-il dit lors d’une conférence de presse conjointe avec la Chancelière allemande, Angela Merkel, en visite officielle ce lundi au Niger.

Il a indiqué que les 1,8 milliards octroyés par l’Europe au sommet de la Valette pour contrer la migration clandestine ne sont tout pas suffisants et ce d’autant plus que le Niger à lui seul a demandé 1 milliard d’Euros.

D’où son appel à la constitution d’un plan Marchal pour l’Afrique, à l’image de celui des États-Unis en soutien aux pays européens après la seconde guerre mondiale. 

Évoquant la question de la sécurité, le président Issoufou a tenu à couper court à certaines allégations qui ont court depuis l’annonce de l’arrivée de la Chancelière Angela Merkel. En l’occurrence la construction par l’Allemagne d’une base militaire après celles des français et des américains. 

Selon Issoufou Mahamadou, il n’est pas question de la construction d’une base allemande au Niger, mais plutôt d’un centre logistique à Niamey pour soutenir les 650 militaires allemands engagés au Mali dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des nations unies pour stabiliser le Mali (MINUSMA). 

A toutes ces préoccupations évoquées par le président Issoufou, la Chancelière allemande a promis un soutien ‘’conséquent’’.

Avant de prendre l’avion pour l’Éthiopie, qui constitue la troisième étape de sa tournée africaine débutée le 10 octobre par le Mali, Angela Merkel a procédé à quelques visites. 

Angela Merkel au Niger : Le président Issoufou plaide pour un plan Marchal pour l'Afrique
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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 00:24

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2016-10-10 12:29:39 - Une délégation de parlementaires allemands composée de 11 membres dont des religieux effectue depuis samedi une visite en Centrafrique à l’invitation de la plateforme interreligieuse de Centrafrique.


Selon Peter Meweir, chef de délégation, le but de ce séjour est de chercher les voies et moyens de permettre aux parlementaires allemands d’apporter leur aide à la population centrafricaine afin de l’aider à sortir de la crise qu’elle traverse. 

Cette visite d’amitié permet également de consolider les rapports entre les parlementaires allemands et centrafricains, a ajouté le chef de la mission allemande.

La mission allemande, pendant son séjour, rencontrera les leaders de la société civile qui essaient de trouver une issue définitive à la crise et les autorités. Elle visitera également les zones touchées par le conflit en Centrafrique, les lieux de culte avant de procéder à la pose de la première pierre d’une maison de la paix à Bangui.

En dehors des relations diplomatiques, l’Allemagne appuie la RCA à travers le fonds Bekou créé par l’Union Européenne pour faciliter le relèvement économique du pays après la crise militaro-politique.

Une délégation des parlementaires allemands en visite à Bangui
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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 22:28
Centrafrique: un nouveau cardinal, une lueur d'espoir

 

 

10/10/16 (AFP)

 

"Je n'ai pas été appelé pour moi-même, j'ai été appelé pour notre pays": l'archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga, a immédiatement placé sa nomination au rang de cardinal par le pape François sous le signe de la réconciliation en Centrafrique, pays toujours menacé par les groupes armés.

 

Onze mois après son voyage à Bangui en novembre 2015, le pape argentin tente, avec cette nomination, un nouveau geste pour la paix dans ce pays pauvre de 4,5 millions d'habitants ravagé depuis 2013 par des violences entre groupes armés pro-Séléka, à dominante musulmane, et milices anti-balaka, majoritairement chrétiennes.

 

Chrétiens ou musulmans, les habitants de la capitale ont communié dans un rare moment de réjouissance à l'annonce de la promotion de l'archevêque de Bangui, benjamin, à 49 ans, des 17 nouveaux cardinaux créés par le pape.

 

"C'est une nouvelle ère qui s'ouvre pour notre pays. Dieu nous invite à faire la paix, saisissons cette grâce", a déclaré à l'AFP Serge Makandjia Ngonzalo, un catholique.

 

Des milliers de personnes se sont massées dimanche soir le long des avenues de la capitale pour ovationner et accompagner l'enfant du pays à la cathédrale Notre-Dame de l'Immaculée conception où il a délivré son premier message de cardinal, d'après un correspondant de l'AFP. La gendarmerie a dû encadrer son véhicule pour le faire avancer à travers la foule en transe.

 

"C'est après une grave crise que le pape est venu dans notre pays. Et c'est encore après la résurgence des violences ces derniers jours que le pape m'a promu cardinal. Je vous le dis, il y a un Dieu pour les pauvres", a déclaré en sango le nouveau cardinal, formé auprès de la congrégation des Spiritains et aumônier à la fondation caritative des Apprentis d'Auteuil à Marseille (sud de la France) pendant plusieurs années.

 

Malgré trois ans d'opération française Sangaris qui prend fin ce mois-ci, malgré la présence de 12.000 Casques bleus de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), le pays reste une poudrière, comme l'a rappelé l'assassinat la semaine dernière d'un commandant de l'armée au quartier musulman du PK5 et son cortège de représailles (11 morts au total).

 

- 'Soif de paix' -

 

"Très rapidement je serai au PK5 pour rencontrer mes frères. Je dis bien mes frères, pour qu'ensemble nous puissions faire revenir la paix au PK5 et dans notre pays", a lancé le nouveau cardinal.

 

Salués sur le parvis de la cathédrale, ces propos ont mis du baume au coeur des habitants du PK5 encore traumatisés par les violences de la semaine dernière.

 

"C'est un homme de paix et nous avons soif de paix. Nous aurions aimé le voir, le féliciter. Mais nous ne pouvons pas mettre le nez dehors maintenant qu'il fait nuit au PK5", a déclaré à l'AFP Mariam Haïdara, habitante de ce quartier musulman jointe par téléphone.

 

"Nous étions tous là, attendant de le voir passer. Mais on nous a laissé entendre que le protocole n'a pas souhaité le faire passer nuitamment au PK5", a confié un autre habitant, Ahmat Kalil, qui ajoute: "Il fait notre fierté, c'est la première fois qu'un fils du pays accède aux fonctions de cardinal, c'est historique".

 

L'imam Omar Kobine Layama a aussi salué la promotion de son partenaire pour la paix aux pires heures de l'histoire du pays au sein d'une plate-forme oecuménique: "C'est une nomination qui honore notre pays et aussi la plate-forme religieuse qui réunit les catholiques, musulmans et protestants. Cela prouve que les efforts de la plateforme religieuse ne sont pas vains", a-t-il dit.

 

Reste à savoir si cette promotion aura une influence sur les chefs de guerre des groupes armés, qui refusent toujours de rejoindre le programme de démobilisation des Nations unies.

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 21:58

 

 


Bangui 10 octobre 2016

 


J'ai aujourd'hui l'obligation de m'acquitter, au nom du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain et en mon nom propre, d'un pénible et douloureux devoir, celui de témoigner à la mémoire d'un camarade et d'un frère, je veux citer PENDEMOU Désiré, que la mort nous a arraché le 27 septembre 2016 à Lyon en France après de longs moments de souffrance.

 

Désiré PENDEMOU, que nous nous apprêtons à porter en terre est membre du Conseil Politique National du MLPC, l'organe politique le plus élevé du Parti après le Congrès, et il est également membre du Bureau Politique National du Parti dont il est le 3ème Vice Président, en charge du Patrimoine. C'est grâce à ses qualités intrinsèques et au dynamisme de son militantisme, qu'il a gagné la confiance de nos camarades et qu'il n'a eu aucun mal à atteindre en un temps record ces fonctions qui restent les plus élevées dans la hiérarchie du Parti. Bien évidemment, il a brillamment exercé ces responsabilités jusqu'au moment où il nous a quittés.
L'engagement politique du camarade PENDEMOU à militer au MLPC est d'abord l'engagement d'un homme dont la préoccupation à chaque instant de sa vie est et reste la mise en adéquation des idées avec les actes dans l'intérêt supérieur du Parti.


Il convient cependant de rappeler que dans l'exercice de la démocratie dans le parti en général, et au Bureau Politique en particulier où les décisions se prennent à la majorité, après d'âpres débats où s'opposent les arguments et les idées, le camarade PENDEMOU n'hésitait pas un seul instant s'il est mis en minorité à exiger que soit consignée au procès-verbal comme réserve, sa position minoritaire.


La force de caractère de l'homme que nous venons de perdre, loin d'être un facteur bloquant du fonctionnement du parti était plutôt un stimulant pour l'approfondissement des analyses et des sujets de la part de celui dont la rigueur et la recherche de l'efficacité, de l'originalité et de l'excellence resteront les signes distinctifs de sa démarche analytique.

 

A cet instant précis, toutes mes pensées ainsi que celles de tous mes camarades, que je traduis à travers ces quelques phrases restent empruntes du lourd chagrin de manque dont souffriront encore longtemps le Parti, son Bureau Politique et tous ses militants après la disparition de notre très cher camarade.

 

Camarade PENDEMOU, puisse ton exemple continuer à inspirer les militants du Parti dans les luttes présentes et à venir.

 

En ce qui me concerne, tu peux me croire cher frère, je m'engage à ne rien faire qui puisse occulter ton nom et ton exemple dans la mémoire collective de ce Parti.


Désiré, vas et repose en paix. Que la terre de tes ancêtres te soit douce et légère.


Adieu Camarade Désiré, cher frère.

TEMOIGNAGE DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MLPC AUX OBSEQUES DU CAMARADE DESIRE PENDEMOU, 3ème VICE PRESIDENT DU PARTI
TEMOIGNAGE DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MLPC AUX OBSEQUES DU CAMARADE DESIRE PENDEMOU, 3ème VICE PRESIDENT DU PARTI
TEMOIGNAGE DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MLPC AUX OBSEQUES DU CAMARADE DESIRE PENDEMOU, 3ème VICE PRESIDENT DU PARTI
TEMOIGNAGE DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MLPC AUX OBSEQUES DU CAMARADE DESIRE PENDEMOU, 3ème VICE PRESIDENT DU PARTI
TEMOIGNAGE DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MLPC AUX OBSEQUES DU CAMARADE DESIRE PENDEMOU, 3ème VICE PRESIDENT DU PARTI
TEMOIGNAGE DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MLPC AUX OBSEQUES DU CAMARADE DESIRE PENDEMOU, 3ème VICE PRESIDENT DU PARTI
TEMOIGNAGE DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MLPC AUX OBSEQUES DU CAMARADE DESIRE PENDEMOU, 3ème VICE PRESIDENT DU PARTI
TEMOIGNAGE DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MLPC AUX OBSEQUES DU CAMARADE DESIRE PENDEMOU, 3ème VICE PRESIDENT DU PARTI
TEMOIGNAGE DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MLPC AUX OBSEQUES DU CAMARADE DESIRE PENDEMOU, 3ème VICE PRESIDENT DU PARTI
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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 21:35
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique: Abdoul Danda nie son implication dans l’assassinat du commandant Mombeka

 

http://rjdh.org/ PAR RJDH LE 10 OCTOBRE 2016

 

BANGUI, 10 octobre 2016— Abdoul Danda, mis en cause dans l’assassinat du commandant Mombéka,  a nié toute implication de son groupe dans ce meurtre qu’il dénonce. Il l’a fait savoir au RJDH dans une interview qu’il nous a accordée ce lundi 10 octobre 2016.

 

Abdoul Danda rejette toutes les accusations portées contre son groupe. Ce dernier a indiqué qu’aucun de ses éléments était sur le terrain lors de l’assassinat du commandant Mombéka, « grande était ma surprise de lire sur les réseaux sociaux que c’est l’un de mes éléments qui a tué le Commandant Mombeka. Je puis vous dire que ce jour-là, toutes les armes du groupe étaient gardées à notre base et aucun élément n’était sorti. Je rejette en bloc les accusations portées contre mes éléments. Ceci n’est qu’une pièce de mensonge qui vise à déstabiliser ma base et à en découdre avec mes éléments » affirme Abdoul Danda.

 

Ce dernier dit se remettre à la  Minusca pour que cette affaire soit décomptée, « j’ai pris l’engagement de ne plus m’engager dans une quelconque affaire, je resterai avec mes hommes au niveau de notre site de cantonnement qui est sous la garde de la Minusca jusqu’à ce que la lumière soit faite sur la mort du Commandant » promet-il.

 

Abdoulaye Danda a aussi annoncé sa disponibilité à collaborer avec l’enquête sur cet assassinat, « je suis disposé à collaborer avec la presse et surtout avec le gouvernement pour leur prouver tout ce que j’ai comme preuve afin que nous mettons la main sur l’auteur de ce meurtre que nous condamnons tous » indique ce dernier.

 

La Minusca n’a pas pu répondre à la demande du RJDH sur les propos de ce chef de bande du km5 qui affirme s’être mis à sa disposition.

 

Dans un communiqué publié au lendemain de l’assassinat du commandant, Addoul Danda et son groupe ont été formellement accusés par la coordination des organisations musulmanes de Centrafrique d’être derrière cet acte. Les Faca habitant au km5 ont aussi formulé les mêmes accusations contre ce chef militaire opérant au km5.

 

Le meurtre du commandant Marcel Mombeka s’est soldé par des violences au km5 et dans certains quartiers de Bangui. Ces violences ont fait, selon un dernier bilan de la Minusca, 11 morts et 14 blessés.

 

 

L’ACAT-Centrafrique réitère son exigence sur l’abolition de la peine de mort

 

http://rjdh.org/ PAR JUVENAL KOHEREPEDE LE 10 OCTOBRE 2016

 

BANGUI, 10 octobre 2016 (RJDH)—A l’occasion de la célébration de la 14e journée Mondiale de lutte contre la Peine de Mort, l’Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture (ACAT)-Centrafrique a rappelé son exigence relative à l’abolition de la peine de mort en Centrafrique. Ce principe a été rappelé dans un communiqué publié ce jour par cette organisation.

 

L’Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture(ACAT)-Centrafrique qualifie  la peine de mort de sanction ignoble qui n’a aucun effet réel sur la situation de la République Centrafricaine.

 

Elle a réitéré sa détermination de voir cette peine abolie dans l’arsenal juridique centrafricain et appelle le gouvernement à retirer ce châtiment des textes juridiques du pays « l’ACAT-Centrafrique demande aux autorités d’abolir la peine de mort dans les textes pénaux centrafricains, exhorte le gouvernement à ratifier le deuxième protocole facultatif se rapportant aux pacte international  exhorte le gouvernement centrafricain à ratifier le Deuxième Protocole Facultatif se rapportant au Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques visant à abolir la peine de mort », précise le communiqué.

 

L’ACAT-Centrafrique regrette que les autorités n’aient jamais honoré leurs engagements en la matière. Dans le communiqué, cette organisation a rappelé l’engagement du gouvernement sur l’abolition de la peine de mort, engagement pris par le ministre de la justice lors du 5ème Congrès Mondial contre la peine de mort tenu à Oslo en Norvège en aout dernier.

 

La 14ème journée Mondiale de la lutte contre la peine de mort est célébrée sous le thème «Terrorisme est peine de mort ». Seule l’ACAT a organisé en Centrafrique des campagnes de sensibilisation à cette occasion.

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 21:27

 

 

 

Bangui, le 10 octobre 2016 - Le Coordonnateur humanitaire en République centrafricaine, Fabrizio Hochschild, a présenté ce 10 octobre les dernières tendances humanitaires pour le pays. «Il y a de nombreuses sources de satisfaction mais plusieurs défis doivent encore être relevés » a-t-il indiqué au cours de sa conférence de presse mensuelle. 


Au nombre des succès, il a cité la rentrée scolaire qui a permis à environ 600 000 enfants d’être enrôlés à l’école primaire et de bénéficier de leur droit fondamental à l’éducation en dépit de l’instabilité persistante sur tout l’ensemble du pays. Fabrizio Hochschild a cependant rappelé que lors «de cette rentrée scolaire 2016-2017, une dizaine d’écoles étaient encore occupées, ou sous la menace de groupes armés». Selon l’Unicef, cette pratique ainsi que l’érection de barrières illégales à proximité d’établissements scolaires empêche environ 10 000 enfants d’aller à l’école. 

Fabrizio Hochschild a aussi placé parmi les tendances positives, la diminution du nombre de déplacés en RCA. Selon le HCR, au plus fort de la crise, début 2014, l’on comptait 886 000 personnes déplacées. Entre décembre 2014 et janvier 2015, ce chiffre est tombé à 447 487 et a chuté davantage en septembre 2016 avec 384 884 déplacés. A Bangui, l’exercice de profilage du camp de déplacés de Mpoko permettra de définir le type d’aide à apporter pour le retour des familles. A ce jour, 7 000 ménages ont été enregistrées sur une population totale d’environ 9 341 ménages. 

Une autre réussite est la lutte engagée par la communauté humanitaire aux côtés des autorités sanitaires nationales contre l’épidémie de choléra déclarée en août dernier. L’action urgente en synergie a permis de stabiliser l’épidémie et d’épargner 1,7 millions de personnes à risque. 


Ce tableau est assombri par l’insécurité qui prévaut encore dans plusieurs localités. «Elle engendre de nouveaux besoins, de nouveaux déplacés ainsi que des morts et des blessés » a déploré M. Hochschild. En effet, la présence et les activités déstabilisatrices d’éléments armés constituent toujours un défi aux opérations humanitaires et à la protection des civils. Les restrictions que cette insécurité entraine font des victimes en entravant le travail des humanitaires. A titre d’exemple, le Coordonnateur humanitaire a rappelé que la réduction des activités humanitaires à Kaga Bandoro suite aux attaques ciblées a privé d’aide 200 000 personnes pendant plusieurs semaines. A cet égard, Fabrizio Hochschild a lancé un appel en faveur du respect caractère apolitique, indépendant, et impartial de l’action humanitaire. 


Le second défi au travail des humanitaires, a affirmé Fabrizio Hochschild, est le manque de financement. Tout en remerciant les partenaires techniques et financiers qui ont contribué de manière significative aux actions humanitaires en RCA, il a souligné que les contributions ne permettent pas de couvrir tous les besoins et de répondre aux grands défis auxquels la communauté humanitaire doit faire face. Au nombre de ces défis figurent les 384 884 déplacés internes, les 452 798 réfugiés centrafricains ou encore les 2 millions de personnes qui ont besoin d’aide alimentaire. Pour y répondre, a indiqué Fabrizio Hochschild, le prochain Plan de réponse humanitaire pour la RCA ira de pair avec le programme de stabilisation et de relèvement (RCPCA) qui sera lancé en novembre à Bruxelles. Le RCPCA doit promouvoir le relèvement qui a son tour engendrera une augmentation des capacités des institutions centrafricaines et une diminution des besoins humanitaires. Toutefois, a insisté le Coordonnateur humanitaire, cette diminution des besoins humanitaires et le relèvement doivent «s’accompagner de paix d’une sécurité accrue, de l’extension l’état de droit, de l’extension de l’autorité de l’état et de la capacité de l’Etat à répondre aux besoins de la population ». 


Le Coordonnateur humanitaire avait débuté la conférence de presse en félicitant l’Archevêque de Bangui Mgr Dieudonné Nzapalainga, ordonné Cardinal. Il s’est dit touché par le premier geste de cet artisan de la paix qui au lendemain de son ordination est allé à la rencontre de ses compatriotes musulmans au PK5. Il a ensuite rendu hommage aux victimes innocentes des derniers incidents sécuritaires à Bangui comme dans l’arrière-pays. 

SITUATION HUMANITAIRE EN RCA : FABRIZIO HOCHSCHILD ANNONCE DES REUSSITES
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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:00

 

 

10/10/16 (AFP)

 

L'archevêque de Bangui a promis de se rendre dans le quartier musulman de la ville, symbole des tensions de la Centrafrique, devant des centaines de fidèles dans son premier message de paix après sa nomination au titre de cardinal par le pape François.

 

"Je n'ai pas été appelé pour moi-même. J'ai été appelé pour notre pays. C'est après une grave crise que le pape est venu dans notre pays. Et c'est encore après la résurgence des violences ces derniers jours, que le pape m'a promu cardinal. Je vous le dis, il y a un Dieu pour les pauvres", a déclaré Mgr Dieudonné Nzapalainga dimanche soir en sango devant des centaines de personnes en la cathédrale Notre-Dame de l'Immaculée conception.

 

Plus jeune des 13 nouveaux cardinaux annoncés dimanche par le pape, Dieudonné Nzapalainga, 49 ans, avait accueilli François à Bangui fin 2015 pour tenter de marquer la fin de la guerre civile en Centrafrique.

 

Le pays reste cependant sous tension, à l'image de l'assassinat la semaine dernière d'un commandant de l'armée au quartier musulman du PK5, qui a entraîné des représailles, soit 11 morts au total.

 

"Très rapidement je serai au PK5 pour rencontrer mes frères. Je dis bien mes frères, pour qu'ensemble nous puissions faire revenir la paix au PK5 et dans notre pays", a-t-il souligné.

 

Plusieurs milliers de ses compatriotes en majorité chrétiens, se sont massés le long des avenues pour le saluer, l'ovationner et l'accompagner à la cathédrale où il a délivré son premier message de cardinal. La gendarmerie a dû encadrer le véhicule du nouveau cardinal pour le faire avancer à travers la foule en transe.

 

"Nous aurions aimé le voir, le féliciter. Mais nous ne pouvons pas mettre le nez dehors maintenant qu'il fait nuit au PK5. Mais, nous le verrons bientôt C'est un homme de paix et nous avons soif de paix", a déclaré à l'AFP Mariam Haïdara, habitante de ce quartier musulman jointe par téléphone.

Centrafrique: le nouveau cardinal promet de se rendre très vite au quartier musulman de Bangui
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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 23:29

 

 

8 octobre 2016  Par Didier-Niewiadowski

 

Depuis quelques semaines, l’ancien Oubangui-Chari est de nouveau le théâtre de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Ce regain de violences doit alerter, à plus d’un titre.

 

L’espoir suscité par le retour à l’ordre constitutionnel et par l’élection de Faustin-Archange Touadéra est de moins en moins partagé par les Centrafricains, surtout par les centaines de milliers de réfugiés et de déplacés et par la moitié de la population qui souffre de l’insécurité alimentaire, comme le rappelle le dernier bulletin du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

 

La fin de l’état de grâce

 

En dépit des discours convenus, l’état d’alerte a été décrété par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA). Des mesures préventives de protection viennent d’être ordonnées en vue d’une éventuelle dégradation de la situation, surtout à Bangui. Le retour de Jean-Francis Bozizé avec le risque de remobilisation des anti-balaka, la reconstitution des forces armées, jadis cataloguées Seleka, et le départ de Sangaris, programmé fin octobre, ne sont probablement pas étrangers à cette inquiétude.

 

De toutes parts du territoire, les mauvaises nouvelles s’accumulent, alors que les autorités de Bangui apparaissent impuissantes et s’en remettent au processus de Désarmement Démobilisation Réinsertion et Rapatriement (DDRR) pour stopper cette spirale mortifère. Certes, les Centrafricains ne sont pas insensibles aux efforts diplomatiques du Président Touadéra, multipliant les missions à l’étranger pour la bonne cause, mais ils souhaitent, avant tout, une meilleure prise en compte de leurs problèmes quotidiens qui ne cessent de s’accroître.

 

De même, ils attendent avec impatience l’arrêt de la patrimonialisation du pouvoir, la mise en place d’une chaîne pénale adaptée à la situation, la reconquête administrative de l’arrière-pays, le respect des règles élémentaires de la comptabilité publique et la fin de l’impunité qui devient insupportable pour la population. Les retards pris dans ces domaines cruciaux ne peuvent être imputés à la seule absence de financements extérieurs.

 

La consolidation des féodalités à l’est

 

Une grande partie de l’est du pays reste sous le contrôle des seigneurs de la guerre, issus de l’ex-Seleka. L’insaisissable Nourredine Adam et ses vassaux règnent en maître sur le nord-est, frontalier du Tchad et du Darfour. Les enclaves minières du centre sont contrôlées par des « généraux » autoproclamés, pour la plupart d’origine peule et apatride. Ces hors-la-loi imposent leur violence en toute impunité, comme c’est toujours le cas des éléments de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de l’Ougandais Joseph Kony, snobant les experts américains, opportunément installés dans la région stratégique du Haut-Mbomou.

 

Les dernières destructions de centaines de maisons et les meurtres de dizaines d’innocents, notamment à Bambari, Bria, Dékoua, Kaga Bandoro et dernièrement à Kouango ont été perpétrés, alors que les 12 000 Casques bleus de la MINUSCA sont normalement chargés de la protection des populations. En réalité, faute de soutiens suffisants de la part de ses partenaires, l’État centrafricain perd, peu à peu, le contrôle de cette partie orientale qui se tourne ostensiblement vers le Darfour, le Kordofan et le Bahr el Ghazal et in fine vers les pays du Golfe.

 

Un nouveau danger pour le Cameroun

 

Déjà fragilisé par Boko Haram dans l’Extrême-Nord, le Cameroun doit désormais faire face aux capillarités de la crise centrafricaine.

 

Les préfectures de l’Ouham, de l’Ouham-Pendé, de la Nana-Mambéré et de la Haute-Sangha vivent dans l’insécurité permanente. Dans ces confins du Tchad et du Cameroun, les pistes et les villages sont sous la coupe de bandes armées. Les questions de l’eau et des pâturages sont souvent au centre de cette insécurité. Il ne faut pas y voir un pseudo conflit entre chrétiens et musulmans. Avec la désertification accélérée du Sahel, de nombreux peuls sont contraints de transhumer, avec leurs troupeaux, en Centrafrique.

 

Ils empruntent de nouveaux parcours, souvent situés en zone agricole. Ces incursions provoquent inévitablement des conflits entre ces éleveurs allogènes et les cultivateurs autochtones. Des groupements armés s’organisent, ici et là, pour défendre les intérêts des uns et des autres. Avant 2013, le « général » Baba Laddé, peul d’origine tchado-nigérienne, avait fédéré les représailles des éleveurs. Aujourd’hui c’est le « général », d’origine camerounaise, Sidiki qui a pris le relais.

 

Depuis juillet 2016, le « général » Sidiki, à la tête d’une centaine d’hommes du mouvement Retour Réclamation et Réhabilitation (RRR), multiplient les exactions sur les populations sédentaires de l’Ouham-Pende et notamment autour des localités de Dankouri, Koui et de Bocaranga. Les répliques des groupes armés, issus des anciens mouvements rebelles comme le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) de Martin Kounta Madji, plus connu sous le nom d’Abdoulaye Miskine, l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) de Jean-Jacques Demafouth, et le mouvement Révolution et Justice d’Armel Sayo, renforcent le climat de violence extrême, dénoncé par les ONG humanitaires internationales.

 

Des rebelles camerounais, hostiles au régime de Paul Biya, ont également constitué des sanctuaires dans ce nord-ouest du pays. Certains de ces mouvements ont des connexions avec d’ex Seleka et même avec la secte Boko Haram, dont le fief nigérian est à moins de 600 km. On peut notamment citer le Mouvement patriotique pour le salut du Cameroun (MPSC), d’Aboubakar Sidiki, regroupant des irrédentistes de l’Extrême-Nord camerounais.

 

Plus que jamais, la République centrafricaine est à la croisée des chemins. La voie du relèvement de l’État et d’un retour progressif à un vouloir-vivre collectif passe par la mobilisation de la communauté des bailleurs, espérée lors de la Table ronde de Bruxelles du 17 novembre prochain. Une plus grande implication de la MINUSCA dans le maintien de l’ordre public est aussi attendue, avec une priorité donnée au contrôle de l’exploitation des sites miniers et à l’accompagnement dissuasif des parcours de transhumance.

 

Ces interventions seront vaines si l’action gouvernementale reste autant timorée et superficielle. Un sursaut du pouvoir exécutif est souhaitable afin de mettre fin aux maux chroniques de la gouvernance centrafricaine, faute de quoi, « la rupture avec le passé » restera un slogan, décrédibilisant dangereusement ceux qui l’ont lancé.

 

Lu pour vous : RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : ATTENTION, DANGER    PAR DIDIER NIEWIADOWSKI
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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 22:41

 

Le Pape crée 17 nouveaux cardinaux, consistoire le 19 novembre

 

http://fr.radiovaticana.va/

 

(RV) 09/10/2016 12:46 -  A l’issue de l’angélus prononcé place Saint-Pierre à la fin de la messe du jubilé marial ce dimanche 9 octobre 2016, le Pape François a annoncé la convocation d’un consistoire pour la création de 17 nouveaux cardinaux. Il aura lieu le 19 novembre 2016. Treize nouveaux cardinaux venant de onze nations différentes représenteront les cinq continents et l’universalité de l’Église. François a également décidé de créer cardinaux deux archevêques et un évêque émérites qui se sont distingués dans leur service pastoral ainsi qu’un prêtre qui a rendu un clair témoignage chrétien.

 

Le dimanche 20 novembre, le Pape concélébrera en la solennité du Christ Roi, à la fin de l’Année de la Miséricorde, la messe avec les nouveaux cardinaux et l’ensemble du collège cardinalice.

 

Voici la liste des nouveaux cardinaux :

 

1- Mons. Mario Zenari, nonce apostolique en Syrie

2- Mons. Dieudonné Nzapalainga, C.S.Sp., archevêque de Bangui (RCA)

3- Mons. Carlos Osoro Sierra, archevêque de Madrid (Espagne)

4- Mons. Sérgio da Rocha, archevêque de Brasilia (Brésil)

5- Mons. Blase J. Cupich, archevêque Chicago (États-Unis)

6- Mons. Patrick D’Rozario, C.S.C., archevêque de Dacca (Bangladesh)

7- Mons. Baltazar Enrique Porras Cardozo, archevêque de Merida (Venezuela)

8- Mons. Jozef De Kesel, archevêque de Bruxelles (Bruxelles)

9- Mons. Maurice Piat, évêque de Port-Louis (Maurice)

10- Mons. Kevin Joseph Farrell, préfet du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie

11- Mons. Carlos Aguiar Retes, archevêque de Tlalnepantla (Mexique)

12- Mons. John Ribat, M.S.C., archevêque de Port Moresby (Papouasie-Nouvelle Guinée)

13- Mons. Joseph William Tobin, C.SS.R., archevêque d’Indianapolis (États-Unis)

 

Évêque et archevêques émérites :

 

1- Mons. Anthony Soter Fernandez, archevêque émérite de Kuala Lumpur (Malaisie)

2- Mons. Renato Corti, archevêque émérite de Novara (Italie)

3- Mons. Sebastian Koto Khoarai, O.M.I,  évêque émérite de Mohale’s Hoek (Lesotho)

4- Père Ernest Simoni, prêtre de l’archidiocèse de Shkodrë-Pult (Scutari – Albanie).

(XS)

 

Mgr Dieudonné Nzapalainga nommé Cardinal par le Pape François
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Centrafrique-Presse.com
9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 22:18
Juppé, Sarkozy et la politique africaine de la France

 

INVITÉ AFRIQUE

 

Par Christophe Boisbouvier  RFI

 

« Si vous êtes élu, quelle sera votre politique africaine ? » C’est la question que RFI pose aux sept candidats français à l’élection primaire de la droite et du centre, prévue les 20 et 27 novembre prochains. Voici les réponses des deux favoris. Pour la première fois, depuis le début de la campagne de la primaire, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy livrent leur programme pour la France en Afrique. L'interview d'Alain Juppé a été réalisée conjointement par Christophe Boisbouvier de RFI et Pierre Lepidi du journal Le Monde.

 

Alain Juppé : « Les choix politiques des Africains se font en Afrique et pas à Paris »

 

RFI : Alain Juppé, si vous êtes élu, qu’est-ce qui changera dans les relations entre la France et l’Afrique ?


La volonté d’un partenariat à égalité. Il faut que nous sortions d’une vision maintenant dépassée de nos relations avec l’Afrique, fondée essentiellement sur l’aide au développement. Maintenant, c’est le partenariat d’égal à égal qui est important. Je suis convaincu que le destin de la France et le destin de l’Afrique sont liés, le destin de l’Europe et le destin de l’Afrique sont également liés. L’Afrique a des handicaps, mais elle a aussi des potentiels considérables, c’est à cela aujourd’hui qu’il faut s’attacher dans le cadre de ce partenariat économique et notamment par la présence des entreprises françaises en Afrique.

 

RFI : Beaucoup disent que François Hollande a échoué en politique intérieure, mais qu’en politique étrangère, il a plutôt réussi, notamment en Afrique. 
 

Je ne partage pas du tout ce point de vue. Il a réussi sur certains points ponctuels comme notre présence au Sahel. En revanche, sa politique européenne est un échec désastreux. Quant à l’absence totale de la France au Proche-Orient, elle est maintenant constatée par tout le monde. C’est un sujet dont nous reparlerons pendant la campagne.

Vis-à-vis de l’Afrique, je crois que notre nouvelle relation doit reposer sur trois axes. D’abord, la dimension politique : les choix politiques des Africains se font en Afrique et pas à Paris. Ce sera ma ligne directrice, on a progressé dans ce sens, ce n’est plus la situation qu’on a connue dans les décennies passées, mais il faut vraiment afficher très clairement notre intention dans ce domaine. Le deuxième point, c’est la dimension économique. Je l’ai déjà dit : plutôt l’investissement et le commerce que l’aide. Et cela passe par une présence accrue de nos PME sur le territoire africain. Et enfin, je ne veux pas oublier la dimension culturelle et la dimension linguistique. Nous sommes amis des pays anglophones, bien entendu. Mais nous avons une relation particulière avec les pays francophones, parce qu’une langue, ce n’est pas simplement des mots, c’est aussi une façon de penser et une façon d’être que l’on partage. Cette langue, elle est en partage, elle nous appartient à nous tous, il faut donc en assurer la promotion.

 

RFI : Quand vous dites que la politique africaine ne doit pas se faire à Paris, est-ce que vous pensez peut-être à ceux qui disent qu’en 2009, au Gabon, Ali Bongo a été installé au pouvoir avec l’aide de Nicolas Sarkozy ?


Je veux sortir de cette problématique-là. Aujourd’hui, il y a des élections, il y a des processus démocratiques internes au Gabon et je crois que la France n’a pas à mettre son grain de sel dans le choix des Gabonais.

 

RFI : Et vous pensez comme l’opposition gabonaise que la réélection très controversée d’Ali Bongo est un déni de démocratie ?


Il y a eu des observateurs européens dans cette élection, la Cour constitutionnelle s’est prononcée, c’est aux Gabonais de régler cette question.

 

RFI : Alain Juppé, quand vous êtes arrivé au Quai d’Orsay en 2011, est-ce que vous avez dû mettre fin à certaines pratiques franco-africaines que vous avez toujours dénoncées ces dernières années, parce que vous estimiez que la diplomatie parallèle, par exemple, ça ne marchait plus ?


Je n’ai jamais pratiqué la diplomatie parallèle, elle ne fonctionnait plus lorsque je suis revenu au Quai d’Orsay. Nous avons simplement envoyé un certain nombre de messages sur le respect des règles démocratiques : je l’ai fait à propos de l’élection [de 2012] au Sénégal, quand le président Wade a voulu prolonger le nombre de ses mandats. Notre message a été bien reçu et ensuite ce sont les Sénégalais qui ont choisi librement. Je crois que ce nouveau cours de nos relations politiques est maintenant bien installé.

RFI : Et au Burkina, vous avez lancé des avertissements à Blaise Compaoré. Est-ce qu’aujourd’hui, il y a d’autres chefs d’Etat qui n’entendent pas ce type d’avertissement ?


Je vous laisse le choix d’en faire la liste, mais le message de la France est le même.

 

RFI : La France a perdu la moitié de ses parts de marché en Afrique depuis le début du siècle et Alassane Ouattara dit que cette perte est notamment due à la frilosité des chefs d’entreprise français.


C’est dû à deux choses. C’est dû d’abord à la montée en puissance des autres : le monde a changé, la mondialisation est à l’œuvre, la Chine est devenue l’une des premières puissances économiques du monde, il est normal que les parts de marché se rééquilibrent d’une certaine manière. Mais c’est dû aussi, c’est vrai, à une certaine frilosité française. Alors, nous avons un débat souvent avec les chefs d’entreprise qui nous disent : « Mais c’est la politique qui ne va pas assez loin ». Nous leur disons : « Ce sont les entrepreneurs qui ne sont pas assez audacieux ! » Il faut sortir de ce match de ping-pong, si je puis dire. Il faut absolument que nos PME en particulier soient davantage entreprenantes, parce que c’est dans leur intérêt.

 

Il y a aussi des parts de marché à conquérir. Des parts de marché, c’est du travail, c’est de l’emploi qui nous intéresse tous. Ça change ! C’est en train de changer. Dans un colloque que nous avons eu à Bordeaux, j’entendais un témoignage disant : « Dans une réunion de PME récente, on attendait 250 personnes, il y en eu 2 000 ». Donc, je crois que maintenant il y a une prise de conscience, que ça va se passer en Afrique, que l’Afrique est très certainement le continent qui va connaître la plus forte émergence dans les décennies qui viennent. Ça a commencé dans certains pays, c’est difficile dans d’autres, mais je crois que le mouvement est lancé.

RFI : Dans cette élection primaire de la droite et du centre, sur la politique de la France vers les pays du Sud, est-ce qu’il y a une différence ?

 

Je n’ai pas beaucoup entendu mes concurrents s’exprimer sur ces sujets-là, on verra ce que les uns et les autres en disent. En tout cas, ma conviction, elle, est bien ancrée, je le redis : il faut faire de ce partenariat entre la France et l’Afrique un axe fort de notre politique. Cela passe aussi, et c’est peut-être une des raisons des frilosités de certaines entreprises françaises, par le rétablissement de la compétitivité de nos entreprises. L’économie française aujourd’hui est en souffrance, un signe qui ne trompe pas c’est le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans, qui est un véritable fléau qui mine notre économie. Donc, commençons par rétablir des conditions de compétitivité, je suis persuadé qu’à ce moment-là la France reviendra en force par ses entreprises, par son partenariat, par sa coopération, par sa construction du développement chez nos partenaires africains.

 

RFI : Vous avez un concurrent quand même qui a beaucoup parlé de l’Afrique ces dix dernières années, c’est Nicolas Sarkozy. Quelle est votre différence avec lui ?

 


J’aime l’Afrique, j’ai eu la chance de m’y rendre souvent, j’ai beaucoup d’amis africains. Nous avons à Bordeaux une communauté africaine extrêmement importante, nous avons des partenariats avec beaucoup de villes africaines comme Ouagadougou et comme Bamako, et nous faisons la formation aussi des administrateurs africains. Donc ce lien entre l’Afrique et Bordeaux est ancien, hélas pour une mauvaise cause il y a quelques décennies, on le sait bien. Mais aujourd’hui, nous sommes heureux d’accueillir beaucoup d’étudiants africains à Bordeaux et de contribuer à la construction de ses élites.

 

RFI : Vous voulez dire qu’à la différence de Nicolas Sarkozy, vous pensez que les Africains sont assez entrés dans l’Histoire ?


Je vous fais confiance pour commenter les propos que je viens de tenir et pour chercher la différence.

 

Le Monde : Sur le Rwanda, Monsieur Kagame a eu des mots assez durs à votre encontre. Est-ce que, si vous êtes élu, vous entendez maintenir des relations diplomatiques avec le Rwanda et dans quel cadre ?

 

Bien sûr ! Nous n’avons pas rompu les relations diplomatiques. Je n’en démordrai pas, la France n’a pas à se reprocher son attitude. A partir du moment où le gouvernement d’Edouard Balladur a été constitué, c’est-à-dire en avril 1993, nous avons cherché par tous les moyens à réconcilier les parties rwandaises. Et d’ailleurs à cette époque-là, après les accords d’Arusha, Monsieur Kagame avait rendu hommage à la France. Ensuite, quand le génocide s’est déclenché, il faut quand même se rappeler que c’est la communauté internationale qui a pris la poudre d’escampette et que l’opération Turquoise est à l’honneur de la France. Je ne veux pas en faire un sujet de polémique, mais, naturellement, je suis tout à fait prêt demain à coopérer avec le Rwanda, qui est un pays important dans cette région et qui se développe de façon tout à fait impressionnante.  

 

Nicolas Sarkozy : « L’une des choses les plus importantes pour l’Afrique c’est de définir urgemment le statut des anciens chefs d’Etat.»

 

RFI : Si vous êtes élu, qu’est-ce qui changera dans la politique africaine de la France ?
 

Je ferai de l’Afrique l’une des toutes premières priorités de la politique étrangère française. Il faut considérer que le destin de l’Europe et le destin de l’Afrique sont liés par la géographie, d’abord, par l’histoire, ensuite. L’échec de l’Afrique serait un drame pour l’Europe. La deuxième chose que je veux dire, c’est que beaucoup des solutions aux problèmes de l’Europe se trouvent en Afrique, notamment la solution à la crise migratoire. Je veux, comme première priorité, poser les bases d’un gigantesque plan Marshall de développement de l’Afrique. C’est la seule solution pour tenter de maîtriser des pulsions et des mouvements migratoires dont l’ampleur est sans précédent depuis l’origine de l’humanité. Les chiffres sont considérables. L’Afrique va passer en trente ans de 1 milliard à 2,3 milliards. Dans trente ans, le 3e pays le plus peuplé du monde sera le Nigeria, plus d’habitants que les Etats-Unis d’Amérique. Et au Sahel, on considère qu’il y aura 200 millions de familles avec un taux de natalité grosso modo entre 6 et 8, pour ce que les statistiques sont fiables. Donc, si les jeunes Africains ne trouvent pas du travail en Afrique, nous avons là les clés et les conditions d’un drame entre l’Afrique et l’Europe. L’argent investi par l’Europe doit s’investir dans le développement de l’Afrique beaucoup plus qu’en pure perte pour soutenir la Turquie, voire d’autres pays européens.

 

RFI : La libération du Nord Mali qui était aux mains des jihadistes, est-ce que c’est un succès de la politique africaine de François Hollande ?


Comme toujours, ce sont des sujets que vous connaissez aussi bien que moi et qui sont très complexes. On ne peut pas répondre par « oui » ou par « non ». Fallait-il empêcher que Bamako tombe ? La réponse est oui. Et de ce point de vue, c’est un succès. Il est incontestable qu’il fallait l’empêcher.

 

RFI : Vous auriez fait la même chose ? 


Je n’étais pas en situation, mais non seulement ça ne me choque pas, mais je suis pour. Je suis pour un certain nombre de raisons, et notamment quand on connaît l’importance stratégique du Mali en Afrique. Le Mali, pardon je le dis sur les antennes de RFI parce qu’on connaît bien cela, ce n’est pas un pays tout à fait comme les autres – je ne veux pas porter de jugement sur les autres. Ça a été un empire. Il n’y a pas beaucoup de pays qu'il y a quelques siècles ont été un empire. Il y a une importance stratégique. Le Sahel sans le Mali, ça n’existe pas. Deuxième élément : fallait-il intervenir alors même qu’il n’y avait aucun gouvernement démocratique…

 

RFI : légitime…

 

Légitime, démocratique, appelez-le comme vous voulez au Mali et là, c’est beaucoup plus compliqué, parce que je veux dire que l’armée française n’est pas une armée d’occupation. Ça n’est pas une armée en charge d’opérations de police, c’est une armée qui doit défendre les intérêts stratégiques de la France et qui doit intervenir sous contrôle et sous mandat des Nations unies.

 

RFI : Donc, vous craignez l’enlisement, c’est ça ?


L’enlisement, je ne le crains pas. Il y est, nous y sommes. Le Sahel, c’est grand comme dix fois la France. Je ne me trompe pas en disant ça. Nous avons entre 2 000 et 3 000 hommes sur place. Ça varie. Disons 3 000. Comment voulez-vous contrôler un espace grand comme dix fois la France avec 3 000 hommes ? Quelques Tchadiens, quelques soldats du Niger - Je ne dis pas ça avec mépris, au contraire - et quelques troupes internationales qui sont plutôt dans l’autodéfense que dans la défense.

 

RFI : Mais quelle solution ?

 

Il n’y en a qu’une seule. Cela passe par un gouvernement fort à Bamako. Quand je dis fort, comprenez-moi bien : légitime, et qui est assez fort pour discuter avec les Touaregs de la réconciliation indispensable entre les Touaregs et le pouvoir central au Mali. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que les seuls qui, sur le long terme, sont capables d’éviter les infiltrations de terroristes dans le Sahel, ce sont les Touaregs et c’est personne d’autre. Et ça passera forcément à un moment ou à un autre par une discussion entre les Touaregs et le gouvernement central de Bamako. Je ne veux pas la qualifier, même si j’ai une idée, parce que ça n’est pas à moi de porter un jugement là-dessus.

 

RFI : Ce que disent plusieurs chefs d’Etat africains, notamment le Tchadien Idriss Déby –vous parliez du Tchad- c’est qu’en 2011, lors de la chute du colonel Kadhafi, vous n’avez pas fait « le service après-vente » (c’est l’expression d’Idriss Déby), vous avez laissé des milliers de combattants surarmés affluer au Nord Mali, d’où la prise de Tombouctou en avril 2012.


Moi, je ne polémique pas avec Idriss Déby. Je suis toujours prêt à recevoir des leçons de qui vous voulez. Je ne suis pas sûr qu’il soit tout à fait le mieux placé pour en donner, mais enfin c’est certainement un autre sujet. Mais c’est faux ce qu’il dit ! Parce que « service après-vente », même si je n’aime pas cette expression, je rappelle que l’intervention en Libye a eu lieu avec un mandat international de l’ONU et l’accord de la Ligue arabe. La guerre est gagnée. « Service après-vente », il y a eu des élections, l’oublie-t-il ? Elections libres. Quel taux de participation : 60%. Qui les gagne : les modérés. Cette élection a lieu en juillet 2012. Je suis parti en mai 2012. C’était donc à moi de m’en occuper après ? La vérité, c’est que ce fut une grave erreur de la communauté internationale et de la France de laisser tomber la Libye avec les résultats que l’on sait.

 

RFI : Au Gabon, la réélection d’Ali Bongo est très controversée et a fait sans doute plusieurs dizaines de morts. Pensez-vous comme beaucoup d’observateurs qu’il y a eu truquage et que le vrai vainqueur c’est Jean Ping ?


D’abord, j’ai eu l’occasion il y a quelques mois de recevoir Jean Ping. Et ce n’est pas d’hier que je suis préoccupé de l’évolution gabonaise. Le Gabon était un havre de paix et de stabilité, avec la grande expérience de feu Omar Bongo, et vous savez comme moi que l’âge et l’ancienneté dans les fonctions, ça pèse en Afrique…

 

RFI : Le doyen… 


... le doyen, ça compte. J’ai vu les élections au Gabon, elles sont incontestablement une occasion manquée. Elles ont été l’objet de contestations multiples. Les chiffres qui ont été publiés provoquent au minimum l’étonnement. Et la seule chose qui compte maintenant c’est d’éviter que le Gabon verse dans la violence. Des initiatives politiques fortes doivent être prises, et doivent être prises par Ali Bongo.


Maintenant, je voudrais vous dire une chose. Je suis toujours réservé lorsqu’un dirigeant français commente une élection, alors que l’Union africaine ne l’a pas fait. Nous sommes toujours dans la situation où, si on commente, on est des donneurs de leçon d’un passé postcolonial, si on ne commente pas, on est des complices d’une élection qui ne s’est pas bien passée. Qu’est-ce qu’on peut dire par là ? La première chose, c’est qu’il aurait fallu renforcer l’importance des contrôles internationaux avant l’élection et pas après. La deuxième chose, c’est que la contestation montre que le recomptage était sans doute la seule solution possible. La troisième observation, c’est qu’il va y avoir des élections législatives -si mon souvenir est exact- en décembre et qu’elles doivent être le nouveau rendez-vous -et celui-ci, je l’espère de tout mon cœur, pas manqué- pour la démocratie au Gabon.

 

RFI : En 2009, la première élection d’Ali Bongo était déjà très controversée. Et pourtant vous l’aviez soutenu avant et après l’élection. Vous l’aviez félicité juste après sa victoire officielle. Si c’était à refaire, est-ce que vous le referiez ?


Bon, enfin, en 2009, l’importance des contestations n’avait pas été…

 

RFI : Ah si, André Mba Obame n’était pas du tout d’accord, vous vous souvenez…
 

D’abord en Afrique, comme en France, tous les leaders ne sont jamais d’accord. Mais on portait déjà les prémices de quoi ? D’un affrontement interne à la famille Bongo, plutôt que d’un affrontement interne à la classe politique gabonaise. La France n’a pas fait l’élection d’Ali Bongo, ceux qui disent ça ne connaissent rien au Gabon, et d’ailleurs sont insultants pour les Gabonais. Mais l’élection récente n’a rien à voir avec celle de 2009. L’élection récente est entachée d’un certain nombre de doutes. Tout le monde le dit et je me joins à cette analyse.

 

RFI : Et quand Alain Juppé dit que les choix politiques des Africains se font en Afrique et non plus à Paris, est-ce que vous vous sentez visé ?


Comme il a été mon ministre des Affaires étrangères, si j’étais visé il se vise lui-même.

 

RFI : Au Congo-Kinshasa, le président Kabila fait repousser les élections et réprime violemment son opposition. Plus de cinquante morts le 19 septembre dernier. Quand François Hollande dénonce « des exactions venant de l’Etat congolais lui-même » et dit que c’est « insupportable », est-ce que vous êtes d’accord ou pas ?

 

Oui. Bon, je voudrais vous faire une proposition : je crois que l’une des choses les plus importantes pour l’Afrique c’est de définir urgemment ce que pourrait être le statut des anciens chefs d’Etat. Excusez-moi, ce qui se passe en République démocratique du Congo n’est pas admissible. Mais c’est ce qui s’est passé au Niger avec le président Tandja. C’est ce qui s’est passé au Burkina Faso avec le président Blaise Compaoré. Il y a une Constitution, que chacun respecte la Constitution. Et s’ils veulent la faire changer, ça doit être changé dans des conditions démocratiques. Il se trouve que pour le président Kabila, il a fait deux mandats. La Constitution prévoit qu’il ne peut pas en faire un troisième. Et il ne se donne même pas la peine de modifier la Constitution, il repousse simplement la date des élections. Personne ne peut considérer que c’est normal, s’agissant d’un pays qui doit être entre 80 millions et 100 millions d’habitants, un pays absolument considérable. J’avais dit au président Tandja que s’il faisait ça ce serait une catastrophe, ça l’a été. Et j’avais dit au président Compaoré, aussi, qu’il ne devrait pas faire cela.

 

RFI : Alassane Ouattara, qui est l’un de vos proches, n’est pas très gentil avec les entreprises françaises qui ont perdu la moitié de leurs parts de marché depuis quinze ans. Il dit : « Si elles perdent ces parts de marché, en Afrique, c’est beaucoup de leur faute… »


D’abord, quand vous dites qu’Alassane Ouattara est l’un de mes proches, vous pouvez d’abord dire que je suis l’un de ses amis, c’est incontestable. J’ai été son ami bien avant ! J’ai été son ami quand il était directeur général adjoint du FMI, j’ai été son ami lorsqu’il était dans l’opposition de sinistre mémoire de M. Gbagbo. Et nous sommes intervenus en Côte d’Ivoire avec un mandat des Nations unies. Le président Ouattara est un grand président et un grand démocrate. Bon, parfois, nos entreprises n’ont pas compris que le monde avait changé et que l’Afrique avait changé... et que l’histoire commune ne nous donnait aucun droit, qu’il fallait se battre avec plus d’acharnement, davantage aimer l’Afrique et être plus compétitif en Afrique.

 

RFI : Nicolas Sarkozy, beaucoup d’Africains ont été sincèrement choqués par votre discours de Dakar sur les Africains qui ne sont pas assez entrés dans l’histoire… Aujourd’hui, qu’est-ce que vous leur dites ?

 
Vous savez, il y en a beaucoup qui ont été séduits par le discours de Dakar qui a été caricaturé. Vous savez très bien ce qu’il en est…

 

RFI : Mais il y a cette phrase…

 
... cette phrase en soi n’est pas choquante, mais si elle n’a pas été comprise, c’est sans doute de ma faute. Qu’est-ce que je dis aux Africains ? Qu’ils n’ont pas la place qu’ils méritent dans l’organisation internationale du monde. Je n’accepte pas qu’il n’y ait pas un seul pays africain membre du Conseil de sécurité. Membre permanent, pas membre élu. Dans mon esprit, il en faudrait au moins deux. J’ai parlé de la nécessité pour l’Europe de construire un grand plan Marshall. Je veux le conditionner à un accord sur la lutte contre l’immigration clandestine et l’obtention des visas. Et notamment des visas de retour. L’Afrique doit prendre toute sa place dans la gestion des grands dossiers du monde. C’est pourquoi j’ai voulu que l’Afrique du Sud soit membre du G20, et que je veux la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies avec deux postes pour l’Afrique.

 

RFI : Dans l’enquête sur le financement de votre campagne 2007, la justice française vient de se procurer le carnet d’un dignitaire libyen aujourd’hui décédé, dans lequel il est écrit que la Libye du colonel Kadhafi a versé à l’époque quelque 6,5 millions d’euros, quelle est votre réaction ?


Mais enfin… Combien de temps allez-vous vous rouler dans le caniveau ? Je vous pose la question à vous. Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? La guerre en Libye a duré dix mois. Pendant dix mois, le colonel Kadhafi était vivant. S’il avait eu la moindre pièce contre moi, pourquoi ne s’en est-il pas servi ? Vous ne vous êtes jamais posé la question ?

 

RFI : Son fils, Saïf al-Islam… 


Mais pourquoi lui ne s’en est-il pas servi, alors que je conduisais la coalition contre lui ? On ne peut pas à la fois me reprocher d’avoir conduit au départ du colonel Kadhafi, l’un des dictateurs les plus sanglants, et en même temps m’accuser, de quoi ? C’est grotesque. La campagne de 2012 s’est faite sur les mêmes accusations. Mais cette fois-ci ce n’était pas 6 millions, c’était 52 millions. Oh, voilà que je me suis appauvri considérablement et le document publié par Mediapart a été montré à la justice qui a conclu que c’était vraisemblablement un faux. Alors voilà que pour la campagne de 2017 on trouve un carnet, un nouveau faux document. Ah, le problème, vous savez quoi, c’est que l’auteur de ce carnet s’est noyé dans le Danube. Est-ce moi qui l’ai noyé ? Enfin, un peu de dignité, un peu d’honnêteté, un peu de recul…

 

RFI : Nicolas Sarkozy, on voit bien ce qui vous distingue d’Alain Juppé sur les questions de politique intérieure. On le voit moins sur la politique africaine et sur la politique étrangère…

 
Qui propose un plan Marshall pour l’Afrique ? Qui propose le conditionnement de l’aide économique à un accord sur la lutte contre l’immigration clandestine ? Qui propose qu’on tourne la page de relations complexées entre l’ancien colonisateur et l’ancien colonisé ? C’est moi. J’aime l’Afrique. J’y vais très souvent. Je pense qu’il y a un potentiel extraordinaire de développement. Que nous sommes faits pour travailler ensemble. Qu’il est temps d’ouvrir une nouvelle page de notre histoire commune. Je ne pense pas qu’il y ait eu un autre candidat qui ait une politique africaine, je dirais, aussi complète, aussi cohérente.

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