Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 11:13
Décès de l'imam Kobine LAYAMA : Message de condoléances de la Communauté SANT'EGIDIO
Décès de l'imam Kobine LAYAMA : Message de condoléances de la Communauté SANT'EGIDIO
Décès de l'imam Kobine LAYAMA : Message de condoléances de la Communauté SANT'EGIDIO
Décès de l'imam Kobine LAYAMA : Message de condoléances de la Communauté SANT'EGIDIO

 

La Communauté de Sant’Egidio se souvient avec affection et amitié de l’imam Oumar Kobine Layama, président du conseil supérieur islamique de la République Centrafricaine, décédé samedi 28 novembre à l’âge de 63 ans. Pendant les moments difficiles et douloureux qui ont traversé la Centrafrique depuis 2013, la CSE a eu plusieurs occasions de rencontres et de travail commun avec l’imam et la plateforme des confessions religieuses de Centrafrique (PCRC). Son engagement pour la réconciliation nationale et le dialogue, en collaboration et en amitié fraternelle avec le cardinal Dieudonné Nzapalainga et avec le pasteur évangélique Nicolas Guerekoyame Gbangou, a été un véritable obstacle à la violence. Sa voix s'est toujours élevée pour réfuter ceux qui voulaient faire de ce pays un champ de bataille entre les communautés chrétiennes et musulmanes. 

Que son âme repose en paix !

 

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 11:06
RCA : la Cour constitutionnelle invalide les candidatures aux législatives des groupes armés
RCA : la Cour constitutionnelle invalide les candidatures aux législatives des groupes armés

 

Centrafrique : la Cour constitutionnelle invalide les candidatures aux législatives des groupes armés

 

https://information.tv5monde.com/

Les candidatures des membres de groupes armés pour les élections législatives du 27 décembre ont été rejetées par la Cour constitutionnelle centrafricaine, car elles risquent de "porter gravement atteinte à la sincérité du vote".

"Considérant que la seule présence de membres de groupes armés toujours actifs comme candidats aux législatives est de nature à porter gravement atteinte à la sincérité du vote, il y a lieu pour la Cour constitutionnelle d'écarter les candidatures des membres des groupes armés", a expliqué la Cour dans son arrêt publié vendredi.

La Centrafrique a été déchirée par une guerre civile après qu'une coalition de groupes armés à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le régime du président François Bozizé en 2013. Les affrontements entre groupes armés musulmans et milices chrétiennes animistes "antibalaka" ont causé des milliers de morts et forcé près du quart des 4,7 millions de centrafricains à l'exil.

Les violences ont significativement baissé depuis la signature d’un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes armés en février 2019, mais les deux tiers du territoire national sont encore occupés par des milices.

Quelque 78 candidatures sur un peu plus d'un millier ont été invalidées vendredi par la Cour constitutionnelle. Les membres de groupes armés actifs, issus aussi bien de l'ex-Séléka ou des antibalaka, ont vu leurs candidatures rejetées.

Plusieurs responsables de milices recherchés ou condamnés par la justice pour associations de malfaiteurs, détournements ou crimes de guerre, ont également été écartés de la course à la députation.

Certains candidats du parti au pouvoir, le Mouvement Cœurs Unis (MCU) du président Faustin Archange Touadera, candidat à un second mandat à la présidentielle de décembre, ont également vu leurs dossiers invalidés pour des faits de corruption ou encore d’incitation à la haine.

"La Cour montre qu'elle est capable d'aller à l'encontre du gouvernement et des groupes armés. Elle envoie un signal positif à un mois des élections et à une semaine d'une décision cruciale sur les candidatures à la présidentielle", a souligné à l'AFP Hans de Marie Heungoup, expert pour la Centrafrique à l'International Crisis Group.

Le président Faustin Archange Touadera briguera un second mandat en décembre. Son principal adversaire, l'ancien président François Bozizé arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2001 et soupçonné d’avoir soutenu les milices antibalaka pendant la crise de 2013, pourrait également voir sa candidature rejetée par la Cour constitutionnelle.

© 2020 AFP Mise à jour 30.11.2020 à 16:43

 

 

Lu pour vous

 

 

Centrafrique, très peu d’invalidations parmi les candidats à la députation

 

https://mondafrique.com/ By Aza Boukhris - 28 novembre 2020

 

La Cour constitutionnelle a procédé à l’examen des 1585 candidatures à la députation qui avaient été enregistrées par l’Autorité Nationale des Élections. Seulement 78 d’entre elles ont été invalidées.

Les neuf juges constitutionnels ont examiné les 1585 dossiers de candidatures sous le tamis des articles 37, 134 et 135 du code électoral. Ils ont notamment vérifié la présence de formalités substantielles comme les casiers judiciaires, la moralité, les affaires judiciaires pendantes, les atteintes à l’ordre publique et la participation à des rebellions.

Les juges devront également se prononcer, avant le 3 décembre, sur la validation des vingt-deux candidatures à la présidentielle.

Même si des personnalités de premier plan ont été touchées par ces invalidations, dont des membres du parti présidentiel, on est néanmoins étonné de constater que seulement 78 cas d’invalidations ont été prononcés: 51 au titre de l’article 37 pour défaut de pièces substantielles et 27 pour des questions judiciaires. On peut se demander notamment si l’obligation de se mettre en disponibilité pour les agents de l’État, souvent candidats favorables au pouvoir, a bien été respectée.

Quelques rares invalidations du côté des groupes armés 

Une douzaine de candidats ont été invalidés pour des motifs de soutien à des groupes rebelles. Parmi ceux-ci on notera l’invalidation de Armel Ningatoloum Sayo, qui avec son mouvement Révolution justice a créé le désordre dans le nord-ouest depuis de nombreuses années, ce qui ne l’empêche pas d’être membre du gouvernement par intermittence. Parmi les candidats invalidés, il y a essentiellement des chefs anti balaka à la tète de milices qui s’en étaient pris aux groupes armés de la « Séléka », essentiellement animée, elle, par des musulmans (1).

En revanche, aucun membre se revendiquant des groupes armés de Ali Darass ( UPC), d’ Al Khatim (MPC) et de Abdoulaye Hissen (FPRC), n’ a été invalidé. Le récent pacte de réconciliation et de paix signé, le 10 novembre, avec le président Touadera en est peut-être la cause.

Des élus rattrapés par leur passé judiciaire

Il aurait été anormal de ne pas sanctionner des personnalités qui ont défrayé la chronique depuis de nombreuses années et qui occupaient néanmoins des postes clés dans l’actuelle Assemblée nationale. On citera :

Mathurin Dimbelet- Nakoe, actuel deuxième vice-président, qui a été rattrapé par son passé judiciaire et son activisme à l’assemblée nationale.

To Sah Be Nza, actuel questeur, qui a un riche passé judiciaire dans les Antilles françaises et notamment en Guyane où il a été associé aux condamnations de l’ancien ministre Louis Bertrand,  Mondafrique en avait rendu compte. La Cour a tenu compte de ses condamnations françaises.

Jean-Pierre Mandaba, président de la commission Production, Ressources naturelles, qui avait avoué avoir touché un pot-de-vin de 40 millions de FCFA, dans la délivrance de permis miniers à des entreprises chinoises. Il ne sera donc ni candidat pour les législatives mais également pour la présidentielle pour laquelle il était candidat.

Un scrutin qui s’annonce agité 

Les 1507 candidats à la députation validés vont entrer en campagne, à compter du 12 décembre, pour les 140 sièges à pourvoir. La campagne électorale sera très particulière avec un territoire national occupé aux trois-quarts par des groupes armés, une saison des pluies qui rend tout voyage terrestre périlleux et la mobilisation des moyens de l’Etat pour les candidats MCU, le parti présidentiel.

A titre d’exemple la confrontation dans la circonscription de Boali, entre le premier ministre Firmin Ngrebada et Bertin Béa le Secrétaire général du parti KNK de François Bozizé, sera à grands risques de dérapage et de troubles quasiment inévitables.

Le verdict pour les invalidations concernant l’élection présidentielle est attendu pour le 3 décembre. Les Centrafricains retiennent leur souffle…

 

(1) Au cours de l’année 2013 émergent les anti-balaka, une constellation de milices villageoises qui se mobilisent d’habitude contre les éleveurs dont le bétail piétine leurs champs. Elles ont initialement été mobilisées par François Bozizé et ses proches, notamment des militaires de sa garde présidentielle, pour protéger la région de Bossangoa dont ils sont tous originaires, contre les exactions de la Séléka constituée essentiellement de « musulmans 

 

RCA : la Cour constitutionnelle invalide les candidatures aux législatives des groupes armés
RCA : la Cour constitutionnelle invalide les candidatures aux législatives des groupes armés
RCA : la Cour constitutionnelle invalide les candidatures aux législatives des groupes armés
RCA : la Cour constitutionnelle invalide les candidatures aux législatives des groupes armés
RCA : la Cour constitutionnelle invalide les candidatures aux législatives des groupes armés
RCA : la Cour constitutionnelle invalide les candidatures aux législatives des groupes armés
RCA : la Cour constitutionnelle invalide les candidatures aux législatives des groupes armés
RCA : la Cour constitutionnelle invalide les candidatures aux législatives des groupes armés
RCA : la Cour constitutionnelle invalide les candidatures aux législatives des groupes armés
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 11:00
Rca-présidentielle 2021 : Pourquoi Faustin Archange Touadera va rempiler

 

Lu pour vous

 

By APP - (Agence de presse panafricaine) 23 novembre 2020 -En suscitant tant d’espoir dès 2015 chez ses compatriotes, il apparaît-il aujourd’hui comme l’homme de la situation face aux multiples défis qui interpellent ce pays béni des dieux.

Les élections que nous appelons de tous nos vœux sont capitales pour nous tous et notre pays” écrit-il dans son programme. Il est né le 21 Avril 1957 à Bangui, Oubangui-Chari. Il est le fils d’une famille de 10 enfants, du quartier populaire de Boy-Rabe de Bangui. Il est professeur de mathématique. Il est nommé 1er Ministre le 22 Janvier 2008 par le Président  François Bozizé Yangouvonda.

Diplômé des universités de Lille et de Yaoundé.

Il démissionne le 12 janvier 2013, remplacé le 17 janvier 2013 par Me Nicolas Tiangaye qui constitue le 3 février 2013, un cabinet d’Union nationale d’une trentaine de membres, toutes obédiences politiques confondues. si cette équipe a le mérite de mener à terme une transition plutôt cahoteuse à son entame, elle aura néanmoins eu le mérite de poser les jalons d’une présidentielle très courue avec pas moins de trente candidats qui ne reçoivent cependant pas l’assentiment des Centrafricains. En effet, le peuple centrafricain méfiant ne donne la majorité à aucun des deux candidats arrivés en tête au premier tour. Il les oblige ainsi à travailler ensemble pour le bien de la République Centrafricaine.

Un engagement politique fort

Les défis qu’il veut relever ensemble avec les Centrafricains sont : “La corruption qui est érigée en mode de gestion, la Sécurité et la Paix mises à rude épreuve sans oublier la Santé, l’Education et l’Emploi des jeunes. Ensemble, nous devons apporter des réponses appropriées”. aussi peut-on comprendre que son mandat qui vient à échéance présente un bilan somme toute positif à bien d’égards de l’avis même des observateurs avertis de la scène sociopolitique centrafricaine, ne serait-ce qu’à en juger par la flopée de partenariats qu’il réussit avec en pôle-position la restauration de la souveraineté de ce pays mise à mal par des mutineries itératives assorties de guerres fratricides serviles. Mieux, il œuvre à sa manière pour le mieux-être et le mieux-vivre de ses compatriotes qu’il remobilise autour de trois axes majeurs : 1 Lutter contre les souffrances et les atrocités. 2 Mettre en valeur les ressources Humaines, Agro-pastorales, Minières et autres. 3) bâtir une société basée sur la Justice, l’Unité, la Confiance, la Laïcité, la Solidarité, la Souveraineté. En somme, des préceptes qui se sont rapidement traduits par la résilience socioéconomique de ce pays, ne serait-ce qu’à en juger par le volume de ses échanges extérieurs durant la période 2015-2020.

Pour Faustin Archange Touadera, la mauvaise gouvernance conduit à des exactions de tout genre, pire le tissu social a été déstabilisé transformant de nombreux citoyens en réfugiés. “Nous devons  bâtir une Rca que les centrafricains aiment et pour y parvenir ils doivent suivre : le respect de l’éthique et des lois et règles, l’intégrité, la responsabilité, l’intérêt général…”. Il fait sienne cette maxime de Barthélémy Boganda: “Si je laisse tomber ce pays, vous mes pères, vous mes mères, vous direz que je suis un vaut rien”. Le moment est venu pour les Centrafricains de se ressaisir du programme de candidature de Faustin  Archange Touadera, pour le reconduire à son poste, tant il est vrai qu’il est pour l’heure celui à même de garantir la paix et la sécurité dans ce pays tout en l’amenant à davantage de résilience au plan socioéconomique.

 

Kelle Dadou pour (App)

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 10:59
La CEEAC appelle à la fin des "crimes" en RCA
La CEEAC appelle à la fin des "crimes" en RCA

 

 

LIBREVILLE (GABON) — 27 novembre 2020 AFP Les onze pays de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC), réunis vendredi en sommet au Gabon, ont appelé à la fin "des crimes" qui menacent la Centrafrique, à un mois d'élections présidentielle et législatives.

Le premier tour le 27 décembre se déroulera dans un pays encore occupé aux deux tiers par des groupes armés rebelles, même si la guerre civile, qui dure depuis sept ans, a considérablement baissé d'intensité ces dernières années.

"Les crimes commis menacent l'unité de la République centrafricaine et son existence", a déclaré Pacôme Moubelet Boubeya, le chef de la diplomatie gabonaise, devant six des 11 chefs d'Etat de la CEEAC pour son sommet annuel à l'invitation du président gabonais Ali Bongo Ondimba.

Puis, s'adressant au nom de la CEEAC aux "leaders centrafricains" --politiques mais aussi chefs de groupes armés qu'il a invités à transformer leurs milices en partis--, il les a exhortés "à saisir l'opportunité historique des élections pour poser les bases de la réconciliation et de la reconstruction" de ce pays parmi les plus pauvres du monde.

La Centrafrique est ravagée par la guerre depuis qu'une coalition rebelle à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le président François Bozizé en 2013. Des violences meurtrières ont ensuite opposé milices Séléka et anti-balaka, celles-là majoritairement chrétiennes et animistes.

Les combats entre groupes armés, issus ou non de ces deux mouvances, ont baissé d'intensité depuis 2015, mais les milices continuent de perpétrer des crimes contre les civils malgré un accord de paix signé en 2019 et la présence de Casques bleus de l'ONU.

Le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, candidat à un deuxième mandat, fait face à 21 rivaux déclarés, dont M. Bozizé, mais dont les candidatures doivent encore être validées. M. Touadéra était présent à Libreville aux côtés de ses pairs gabonais, tchadien, congolais, burundais et angolais, les cinq autres pays étant représentés par des délégations.

La CEEAC, fondée en 1983, comprend 11 États membres: Gabon, Centrafrique, République démocratique du Congo, Congo, Angola, Rwanda, Guinée Équatoriale, Sao-Tomé-et-Principe, Tchad, Cameroun et Burundi. Elle a pour but notamment d'aboutir à la création d'un marché commun mais en est encore loin.

Outre la Centrafrique, l'un des sujets pressants à l'ordre du jour était la nécessaire augmentation des contributions des Etats à la CEEAC.

"Qu'il s'agisse de nos conclusions sur la République centrafricaine" ou "des moyens financiers dont la Commission (de la CEEAC) a besoin", "nous avons, comme toujours, réussi à transcender nos particularismes, afin de concrétiser notre ambition d'intégration régionale", a déclaré à la tribune Ali Bongo Ondimba.

Le chef de l'Etat congolais, Denis Sassou-Nguesso, a pris vendredi la présidence tournante de la CEEAC.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 10:56
Procès Rhombot/Ngaïossona: à Bangui, la CPI recueille les témoignages de victimes

 

 

https://www.rfi.fr/   Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset

Les premières audiences du procès des chefs anti-balaka Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom Rhombot sont prévues à La Haye le 9 février prochain. En Centrafrique, la Cour pénale internationale continue à recevoir les victimes de ces deux responsables présumés et enregistre soigneusement leurs témoignages.

Aujourd’hui, Amina, membre de la société civile, et relai entre les communautés et la CPI, reçoit des victimes pour l’enregistrement de leur dossier.

« C’est à nous de voir si la victime correspond aux critères. Si c’est oui, on va cocher la date. On va mettre la localité et qui est responsable aux yeux de la victime. Il y en a beaucoup, on a commencé ce travail-là, il y a de cela un an déjà. Parfois c’est pas facile, parfois les victimes ne veulent pas entrer dans les procédures. Moi aussi j’ai été victime c’est pourquoi je me suis décidée à venir aider les victimes parce que j’ai subi les mêmes choses. »

Ce monsieur vient d’enregistrer son témoignage. Il est rentré en Centrafrique il y a seulement quelques mois après avoir été réfugié pendant six années dans un pays voisin. Il a perdu plusieurs membres de sa famille, sa maison et ses biens durant le conflit.

« J’ai décidé de venir devant la Cour pénale internationale pour que les auteurs de ce qui m’est arrivé puissent répondre devant la justice d’abord et après qu’ils trouvent une solution à ma situation parce que je continue à souffrir. J’ai déjà subi beaucoup de choses dans ma chaire, dans ma famille. Le plus dur est déjà passé et donc, maintenant, je tiens à poursuivre l’action pour qu’au moins il y ait justice, cela ne me fait pas peur. »

Plus d’un millier de victimes ont déjà été enregistrées dans cette affaire. Les victimes auront la possibilité de participer au procès via leurs représentants légaux à La Haye.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 10:50
Centrafrique, la disparition de l’Etat de droit
Centrafrique, la disparition de l’Etat de droit

 

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com/ By Aza Boukhris 22 novembre 2020

 

Les dernières initiatives de plusieurs ministres montrent que l’État de droit a vécu en Centrafrique et que l’État de nature l’a remplacé. Il n’ y a quasiment plus de limites aux opérations de captation privative de ce qui était du ressort de la puissance publique. L’intérêt général a disparu au profit de l’enrichissement personnel.

En Centrafrique tout se vend et s’achète. Il n’ y a plus aucune limite dans la vente à l’ encan des permis d’exploitation des sites miniers, des marchés de fournitures, des marchés d’infrastructures, des concessions que l’on n’ose plus appeler de services publics, des prétendus partenariats public-privé (PPP).

Les situations les plus extravagantes ne surprennent plus. Comme par exemples, la présence de groupes rebelles, qui tyrannisent la population, dans le gouvernement ou la candidature du député Jean-Michel Mandaba à la présidentielle, alors même qu’il a avoué avoir touché un pot-de-vin de 40 millions de franc cfa d’une société chinoise pour l’exploitation illégale d’un site minier. Nombre de malfrats seront élus députés dans la prochaine Assemblée nationale.

Tout est bon pour faire du cash. On peut évoquer le choix, hors procédure réglementaire, de la société libanaise Al Madina pour la confection des documents officiels dont les cartes d’identité dites sécurisées, avec un coût majoré pour le citoyen, totalement illégal par rapport au prix fixé dans la loi de finances. Une fois payé ce surcoût, le citoyen devra se contenter d’un simple récépissé. La carte d’identité attendra. On devine les conséquences pour identifier les futurs électeurs des scrutins du 27 décembre 2020. L’exemple de l’aéroport Bangui Mpoko est aussi symptomatique de la duplicité, depuis une décennie, des autorités centrafricaines, avec une certaine complaisance des bailleurs internationaux.

L’ aéroport de Bangui, tirelire du régime 

L’aéroport de Bangui Mpoko est l’un des plus vétustes et les moins sécurisés d’ Afrique. La mise aux normes internationales de l’ OACI fait l’objet de missions d’experts et de  réunions ad hoc, quasiment chaque année. Suite à cela, les projets de sécurisation et de la rénovation de la piste d’atterrissage, de la modernisation de l’aérogare et de la mise aux normes des installations de navigation aérienne se succèdent avec les financements de dizaines de milliards de Fcfa de l’ Asecna, de l’ Agence française de développement, du Fonds saoudien, de la Bad, de la Bdeac et de la Banque mondiale. Depuis dix ans, deux ministres des Transports et de l’ Aviation civile se relaient pour obtenir les financements et pour maintenir le statu quo, sans le moindre avancement des travaux. Il s’ agit de Théodore Jousso et de Djoubaye Abazene, très proches du président Touadera, depuis le temps où il était premier ministre.

Théodore Jousso, également très introduit à l’Asecna a été durant de nombreuses années le responsable technique et financier de ce  » serpent de mer ». Les scandales ont été régulièrement dénoncés sans inquiéter pour autant les bailleurs. En revanche, ces scandales lui ont porté  préjudice dans sa candidature à la tête de l’ASECNA. L’ impunité ne dépasse pas les frontières de la Centrafrique. Quant à Djoubaye Abazene, l’actuel ministre, parent de l’ ex président Michel Djotodia, il ne peut rien lui arriver car il est la caution Goula au régime de Bangui.

Le projet de concession au turc Damnus

C’ est à quelques semaines des scrutins du 27 décembre 2020, qu’est survenu l’affaire du projet de concession au conglomérat turc Damnus de l’ aéroport de Bangui. Cette urgence interpelle. On rappellera aussi, le camouflet subi par Théodore Jousso dans sa candidature pour la présidence de l’ Asecna. Cette institution intergouvernementale qui gère et exploite les aéroports de dix-huit États francophones n’a désormais plus aucun intérêt pour le gouvernement centrafricain. Le licenciement des 250 agents de l’Asecna ne serait que broutilles. L’abandon de la surveillance des aéroports secondaires par l’Asecna est devenu sans intérêt, étant donné la perte de contrôle des trois-quarts du pays et la gestion par la Minusca.

Alors que la campagne électorale aurait dû conforter le secret de ce projet de  concession, le syndicat des agents de l’Asecna, grandement menacés, a décidé de porter l’ affaire sur la place publique et mis ainsi fin à la totale discrétion de ce contrat léonin, qui aurait été engagé avec l’entreprise Damnus.

Les concessions de PPP existent dans la de nombreux États membres de l’ Asecna. Jamais, ils ne se font hors du cadre Asecna, en dehors des procédures obligatoires habituelles et avec des avantages aussi exorbitants au bénéfice du concessionnaire. Notre excellent confrère Africa Intelligence donne des détails de cette concession qui s’apparente à un abandon de souveraineté. Un document aurait été signé le 23 octobre 2020.
Le Groupe Damnus aura deux années pour faire les travaux de sécurisation, de modernisation et de maintenance de la gestion et de l’ exploitation de l’aéroport. L’investissement, estimé à 30 millions d’euros, sera largement amorti par les concessions financières faites par le gouvernement. On évoque 70 % des revenus des frais des services au passager, avec un maximum de 75 000 passagers annuels, ouvrant droit à compensation en cas d’un nombre inférieur et de manque à gagner,  et 100 % des revenus des frais de manutention, de fret et de stationnement. La concession aura une durée de vie de 30 ans.

L’État centrafricain se privera des recettes qu’aurait pu lui obtenir une gestion nationale, avec le concours de l’agence nationale de l’aviation civile (ANAC) et la société de développement des infrastructures aéroportuaires de Centrafrique ( SODIAC). Ces deux structures parapubliques avaient bénéficié d’une convention de coopération avec la France, le 19 janvier 2019, pour la formation et les appuis techniques. On rappellera également que le président Touadera avait inauguré en grandes pompes, le 4 novembre 2019, un immeuble flambant neuf, surdimensionné sur 4500 m2, pour permettre à l’ANAC et à la SODIAC d’être opérationnel en matière de sécurité et d’exploitation nationale. Manifestement, les priorités sont aujourd’hui toutes autres….

Cette disparition de l’ État de droit a de quoi inquiéter pour la transparence, la crédibilité et le respect du code électoral pour les scrutins du 27 décembre 2020. L’ ONU, l’ Union africaine, l’ Union européenne, les représentants de ces organisations à Bangui assurent que ces scrutins seront un pas important vers la paix et la réconciliation nationale. Donnons rendez-vous après ces élections. 

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 00:55
Présidentielle en Centrafrique : peu d’attentes de la population
Présidentielle en Centrafrique : peu d’attentes de la population

 

Lu pour vous

 

https://www.mediacongo.net/ 21.11.2020

 

Ils sont 22 candidats à se lancer dans la course à la présidentielle en Centrafrique. Le scrutin se tiendra le 27 décembre, en même temps que les élections législatives. Mais sur place le climat est tendu, tant au niveau politique que sécuritaire. Épuisée par des années de violences et de clientélisme, la population espère juste que la situation n'empirera pas. Analyse.

Le scrutin de décembre se déroulera dans un pays contrôlé aux deux tiers par des groupes armés ; un pays qui reste ravagé par la guerre depuis qu'une coalition de rebelles à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le régime de François Bozizé en 2013. La Centrafrique a connu de terribles violences communautaires entre les forces de la Séléka et des milices "anti-balaka", majoritairement chrétiennes et animistes.

Sur place, quelques semaines avant les élections, la population a finalement peu d’attentes. Elle «espère au moins que le scrutin ne donne pas lieu à des violences et à situation pire que celle actuelle», explique Hans de Marie, spécialiste de la Centrafrique pour International Crisis Group. 

Parmi les candidats déclarés figurent notamment le chef de l'État sortant, Faustin Archange Touadéra élu en 2016 et qui brigue un second mandat, ainsi que son principal opposant, l'ancien président François Bozizé. 

Sous le coup de sanctions de l'ONU pour son rôle présumé dans la crise de 2013-2014, François Bozizé est rentré à Bangui en catimini, après sept années d'exil, en décembre 2019, où il avait fait sa première apparition publique. Son entourage entretient le flou sur sa date exacte d'arrivée dans le pays, or le code électoral exige que chaque candidat justifie une année de résidence complète dans le pays au moment du dépôt de leur candidature.

D'autres ténors de la vie politique centrafricaine, comme Anicet-Georges Dologuélé, Martin Ziguélé, Karim Meckassoua, Nicolas Tiangaye, et Catherine Samba Panza, présidente de transition entre 2014 et 2016, ont également déposé leur dossier de candidature. 

Quel est le climat à l'aune de cette élection présidentielle ? Quelles sont les attentes de la population et comment est perçue la candidature de François Bozizé ?

Le Décryptage de Hans de Marie, spécialiste de la Centrafrique pour International Crisis Group

Vatican News / MCP, via mediacongo.net

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 00:37
Incident sécuritaire entre éléments de la garde présidentielle et rapprochés de François Bozizé

 

RCA/Bangui : incident sécuritaire entre éléments de la garde présidentielle et rapprochés de François Bozizé

 

https://www.radiondekeluka.org/ samedi 21 novembre 2020 19:29

 

Le président du KNK, François Bozizé accuse la garde présidentielle d’avoir agressé des éléments de sa sécurité. Selon l’ancien président, l’incident a eu lieu dans la matinée de ce samedi 21 novembre 2020 aux obsèques de la femme de Jean Serge Bokassa. Des accusations rejetées par le Directeur général de la sécurité présidentielle, général Alfred Service.

Cet incident survenu dans la concession de l’Omnisport où se déroulaient les obsèques de l’épouse de Jean Serge Bokassa, témoigne la tension observée ces derniers temps entre les camps Touadera et Bozizé.

Alors que la cérémonie se poursuivait, des éléments de la garde rapprochée de François Bozizé sont désarmés par les membres de la sécurité présidentielle qui protégeaient la première dame Brigitte Touadera, elle aussi présente aux obsèques. François Bozizé accuse le général Alfred service, Directeur général de la sécurité présidentielle d’en être à l’origine.

« C’est moi qui suis agressé, lorsqu’ils forcent la porte de mon véhicule, tabassent les éléments de sécurité qui sont là. L’ordre vient de la bouche du directeur général de la sécurité présidentielle le Général Service Alfred. C’est une agression ! Heureusement que moi je me trouvais encore en ce temps, à l’intérieur. Mais si je me trouvais à côté et tout », affirme François Bozizé.

Contacté par Radio Ndeke Luka, le Général Alfred Service rejette les propos de François Bozizé. Rappelant son devoir de respect envers l’ancien président, il assure plutôt être intervenu pour calmer la tension entre les deux parties.

« Pour une cérémonie pareille, le président Bozizé n’avait pas besoin de se déplacer avec une armada de plusieurs dizaines d’hommes armés », déplore le directeur général de la sécurité présidentielle.

Cet incident surgit alors qu’une médiation est en cours afin d’aplanir les tensions entre Faustin Archange Touadera et François Bozizé, tous deux, candidats déclarés à la présidentielle du 27 décembre prochain.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 00:25
RCA : des membres de groupes armés mécontents de ne pouvoir être payés

 

Centrafrique: des membres de groupes armés mécontents de ne pouvoir être payés

https://www.rfi.fr/ 21/11/2020 - 08:45 Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset

A Bangui, ce vendredi 20 novembre, des membres des groupes armés, les membres du Comité consultatif et de suivi (CCS) du programme Désarmement, démobilisation, réintégration, rapatriement (DDRR), ont manifesté leur mécontentement au ministère du DDRR. Ils ont bloqué les autorités quelques heures à leurs bureaux pour réclamer leurs indemnités impayées. 

Des palmes sont accrochées à l’entrée du ministère, les bureaux sont fermés. Jean-Rock Soubi, du FDPC et membre du Comité consultatif et de suivi du DDRR : « Si vous nous voyez dans ce ministère c’est juste pour réclamer nos indemnités qui ont totalisé huit mois. Ce qui nous a poussé à barricader, à fermer le grand portail que vous voyez, avec les ministres. Beaucoup de mécontentement, c’est pourquoi nous sommes obligés de manifester pour que vraiment notre droit soit respecté. »

Célestin Gamare des RJ Bellanga : « On a demandé plusieurs fois, le gouvernement n’a pas payé, et c’est pourquoi on a décidé de sortir pour bloquer les membres du gouvernement. Aujourd’hui sur huit mois ils nous ont payé deux mois ». Abakar Larry Mahalba, vice-président du CCS, assure que la situation est en train de se normaliser :« Nous avons une tension de trésorerie et le gouvernement a fait le nécessaire. C’est un retard, c’est une question d’organisation et ce qui a été réglé et donc on va essayer d’activer les choses parce que le DDRR est dans sa phase irreversible. le gouvernement a déjà fait le nécessaire et c’est ce que nous allons activer. Je crois qu’il y a un message d’apaisement qui est là et le reste sera fait dans le cadre de la République. »

Il y a une dizaine de jours, ce sont les éléments issus du DDRR intégrés dans les unités spéciales mixtes de sécurités qui faisaient grève à Paoua et à Bouarpour pour accéder au paiement de leurs arriérés. 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 00:23
Emmanuel Macron, une incertaine idée de l’Afrique

 

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com/ By Nathalie Prevost - 21 novembre 2020

Dans un entretien avec  Jeune Afrique, le Président français, Emmanuel Macron, révèle ce qui serait sa vision de l’Afrique et des relations franco-africaines. 

C’est peu de dire que cet entretien ne fera pas date, aussi médiocre que le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy sur ce continent africain qui ne serait « pas entré dans l’Histoire ». 

Première source du malaise, Emmanuel Macron n’évoque jamais les peuples africains. Le Président français n’apprécie pas davantage qu’on l’interroge sur la démocratie ou le pluralisme, également hors sujet. Ce qu’il apprécie en Afrique, c’est la naissance de technocraties mondialisées, des diasporas riches et bien nées, des perspectives de business et les start-upers, comme ceux de la plateforme « Digital Africa». Le chef d’Etat français souhaite avant tout « impulser une nouvelle dynamique dans la relation économique qui unit la France et le continent. »

Emmanuel Macron aime les débats, quand il les organise et quand leur objet est culturel ou patrimonial. Il rend hommage à « l’ambition » de Felwine Sarr et au « talent » de la commissaire générale de l’exposition Africa 2020, N’Goné Fall.

Emmanuel Macron n’aime pas trop les vieux. Il croit au « changement générationnel», dont il se pense le meilleur exemple. Il n’a pas à proprement parler de vision. Les capitales africaines qu’il connait le mieux, ce sont Washington, Bruxelles et Bonn. 

Le renouvellement de génération en guise de vision politique

Il  en appelle à « une nouvelle méthode », dont on ne voit guère les contours en lisant la longue dissertation livrée à Jeune Afrique. Il serait visionnaire en invitant « des personnes qui incarnent le renouvellement générationnel, y compris sur le plan politique » à côté des chefs d’Etat au prochain sommet France-Afrique. Un peu comme les plateaux télé lorsqu’ils font venir des téléspectateurs autour des invités politiques.

Mais qui seront ces jeunes pousses ? Le conseil présidentiel pour l’Afrique qu’il avait créé au début de son quinquennat avec la même feuille de route, a vu une grand partie de ses membres démissionner et quelques survivants promus à des postes diplomatiques.

Une certitude, les opposants ne sont pas bienvenus dans une France qui est pourtant celle des droits de l’Homme et, croyait-on savoir, de la liberté d’expression. Ainsi l’Ivoirien Guillaume Soro, un des hommes politiques ivoiriens de premier plan et pourtant interdit d’élection présidentielle, est invité à prendre le large. Emmanuel Macron lui a fait savoir qu’il n’était plus le bienvenu en France. «Nous ne souhaitons pas qu’il mène des actions de déstabilisation depuis le sol français. »

Emmanuel Macron n’aime pas les débats qui s’enflamment. Il veut bien accueillir des personnes « qui seraient menacées chez elles ,» mais pas « des activistes qui cherchent à déstabiliser un pays. » 

Quand Jeune Afrique interroge Emmanuel Macron sur la démocratie en Afrique, il revient sur le « renouvellement des générations », son idée fixe, et estime que ce renouvellement « est relativement en échec en politique ». 

Le méchant complot russe et turc

La démocratie n’est pas un sujet. Emmanuel Macron ne voit pas quelle relation il pourrait y avoir entre le sentiment anti-français qui se développe en Afrique francophone et le soutien de Paris à des chefs d’Etat mal aimés et mal élus. Il ne voit pas du tout. C’est un complot. Une manipulation de la Russie et de la Turquie « qui jouent sur le ressentiment post-colonial. »

« Il ne faut pas être naïf sur ce sujet : beaucoup de ceux qui donnent de la voix, qui font des vidéos, qui sont présents dans les médias francophones sont stipendiés par la Russie ou la Turquie. »

Pour Emmanuel Macron, en somme, les Africains ne peuvent penser par eux-mêmes. Et quand ils pensent contre la France, c’est qu’ils sont « stipendiés. »

Pour Emmanuel Macron, on le répète, la démocratie est une question de génération. Pas de droits humains. Pas d’élection. Pas de troisième mandat. Alassane Ouattara, par exemple, est « totalement réceptif » à la question de l’âge du Président. « Il a lui –même hésité à introduire une limite d’âge dans la Constitution ! », s’exclame, encore impressionné, le Président français. Certes, il ne l’a pas fait mais qu’à cela ne tienne. « Il serait bon que le prochain président ait moins de 70 ans. »

Sur les troisièmes mandats, les élections truquées, les atteintes aux droits qui nourrissent la frustration des peuples, Emmanuel Macron « n’a pas à donner de leçons. » Tant mieux. Ce serait si embarrassant.

Tout juste, en trois lignes, estime-t-il que l’Afrique a intérêt « à construire les règles, les voies et les moyens pour avoir des rendez-vous démocratiques réguliers et transparents. » Qu’importe si ces règles, qui existent, sont violées, dans le silence ou sous les applaudissements de Paris.

Contrairement à Alpha Condé, Ouattara « ne voulait pas se présenter »

Quand Emmanuel Macron n’est pas d’accord avec une grave violation des droits, voire quelques tombereaux de morts, il se fâche : il n’envoie pas de lettre de félicitation et il déjeune longuement. C’est à noter.

Son principal sujet d’agacement, ces derniers temps, c’est Alpha Condé, qui a d’ailleurs le fâcheux défaut d’être vieux.

« Le Président Condé a une carrière d’opposant qui aurait justifié qu’il organise de lui-même une bonne alternance. Et d’évidence, il a organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir. C’est pour ça que je ne lui ai pas encore adressé de lettre de félicitations. »

Il n’en va pas de même en Côte d’Ivoire. Car le Président Ouattara « ne voulait pas se représenter pour un troisième mandat. » Emmanuel Macron le sait. Il n’était pas d’accord, d’ailleurs, avec ce projet et il le lui a dit tout de go, en septembre dernier. « Tout le monde a bien noté ce long déjeuner en tête à tête que nous avons eu. » Mazette !

Malheureusement, le Président Ouattara n’a pas écouté l’avis d’Emmanuel Macron.  « Il a considéré qu’il était de son devoir d’y aller. » Et le Président français l’a bien compris.

Emmanuel Macron n’est pas très soucieux de la démocratie en Afrique mais il n’aime pas pour autant les militaires putschistes. Surtout au Mali. « Cela n’a échappé à personne : la transition en cours est militaire, pas démocratique. Notre rôle a été, en lien avec les dirigeants africains, de tout faire pour qu’elle soit la plus courte possible avec un engagement d’élections. »

La CEDEAO, dont la fermeté à l’égard de la junte a été beaucoup critiquée par les Africains qui lui reprochaient de ne pas être la CEDEAO des peuples mais plutôt un club de chefs d’Etat, a été soutenue dans sa raideur par la France. On s’en doutait. Mais maintenant, c’est clair.

Des groupes « strictement terroristes »

Lorsqu’Emmanuel Macron dit qu’il n’a pas « de jugement à porter », c’est qu’il en porte. Pas d’envolée sentimentale envers le Président malien et son gouvernement. « Je constate simplement que les autorités de transition ont réitéré leur volonté de lutter avec efficacité contre le terrorisme. » C’est le plus important pour la France et son engagement militaire.

Le Président français compte « faire évoluer Barkhane » dans les prochains mois. Mais pour cela, il a besoin d’une « réitération claire du soutien de nos partenaires de voir la France rester à leurs côtés. » L’évolution envisagée ne sera donc pas à la baisse. Car la France continue son combat au Mali contre « l’EIGS et les groupes strictement terroristes. » Yiad Ag Ghali, le chef de la coalition d’Al Qaida au Mali, est-il « strictement terroriste » ? Mystère.

Le gouvernement malien doit « s’inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d’Alger (qui) prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes » – bien noter que les autonomistes ne sont pas politiques.

« Mais cela ne veut pas dire qu’il faut dialoguer avec les groupes terroristes qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris les nôtres. Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat. » Si les Maliens entendent discuter avec les groupes armés affiliés à Al Qaida, ce sera sans la France.

Mais attention ! Il ne s’agirait pas non plus de combattre « toutes les formes de trafic dans la région. » « Ce serait absurde, » s’exclame Emmanuel Macron. Absurde en effet. Nous voilà rassurés, et, avec nous, les grands réseaux criminels qui sapent l’Etat dans la sous-région.

Emmanuel Macron n’aime pas non plus qu’on critique trop la France. Il veut bien « regarder l’histoire en face » mais pas de trop près. Sur l’intervention française en Libye, dont tous les analystes s’accordent à dire qu’elle est le détonateur de l’effondrement du Mali, il pèse bien ses mots. « Tous ceux qui sont intervenus, dont la France, ont une part de responsabilité dans l’anomie qui règne en Libye depuis 2011. » Anomie, c’est plus érudit qu’anarchie ou guerre civile. « Mais la question sahélienne ne se réduit pas à la question libyenne », conclut-il, stoppant là une dangereuse introspection.

A nouveau interrogé sur la démocratie, ce mot qu’il se refuse à prononcer, il estime qu’il faut changer d’habitudes et cite en modèles l’Ethiopien Abiy Ahmed, malheureusement aux prises ces derniers jours avec des massacres dans le Tigré, et le Ghanéen Nana Afuko-Addo. Car, on ne cesse d’y revenir, « c’est important de montrer que l’on peut avoir moins de 65 ans et devenir Président »

C’est important aussi de montrer « que l’on peut quitter le pouvoir sans problème, comme le Nigérien Mahamadou Issoufou », continue-t-il, nous évitant, de justesse, « la référence pour l’Afrique » de son ministre des Affaires étrangères de passage à Niamey.  Sans problème, c’est vite dit. Le Niger s’est évité, il est vrai, le principal risque d’alternance en éliminant de la course le chef de file de l’opposition Hama Amadou, dont la candidature a été invalidée par une Cour Constitutionnelle aux couleurs du parti au pouvoir.

D’ailleurs, Emmanuel Macron, toujours innovant, a une idée de génie. Pour en finir avec ces fâcheux problèmes démocratiques, il a trouvé la solution : « rassurer les dirigeants en leur expliquant ce qu’ils deviendront quand ils ne seront plus au pouvoir. Car beaucoup de ceux qui s’y attardent éprouvent au fond une espèce de peur panique à l’idée de ne plus pouvoir rester dans leur pays, de ne plus avoir de statut ou à l’idée qu’eux ou leur famille aient des ennuis judiciaires. » On se demande bien pourquoi ils craindraient quoi que ce soit de leurs peuples, après avoir si bien gouverné. Emmanuel Macron n’approfondit pas. Mais il dessine une solution inédite : une sorte d’impunité à vie, avec, peut-être, une jolie petite retraite dans un EPADH pour dictateurs…Quelle belle idée !

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com