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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 11:25

 

 

03 août 2016 à 18h30 — Mis à jour le 04 août 2016 à 08h26

 

Par Michael Pauron et Vincent Duhem - à Kigali

 

Le nouveau président n’a qu’un mot à la bouche : le dialogue. Avec les groupes armés comme avec les anciens maîtres de Bangui, même si, insiste-t-il face aux journalistes de Jeune Afrique, cela n’empêchera pas la justice de faire son travail.

 

L’homme simple qu’est Faustin-Archange Touadéra découvre les fastes de la fonction présidentielle. Ce 18 juillet après le dîner, c’est dans une suite du tout nouvel hôtel Marriott de Kigali que le chef de l’État centrafricain nous reçoit.

 

Élu en février dernier à la surprise générale, il vient de participer à son premier sommet de l’Union africaine (UA). Un moment fort, presque émouvant : c’est la première fois depuis trois ans et le coup d’État de Michel Djotodia qu’un leader centrafricain est autorisé à siéger au sein de l’organisation panafricaine. « Pour nous, c’est une fierté de pouvoir retrouver notre place, notre droit de vote et de parole au sein de cette grande famille », résume Faustin-Archange Touadéra, 59 ans.

 

Depuis le début du mois de juillet, différentes factions de l’ex-Séléka se déchirent pour des questions de leadership, et celui qui fut décrit, sous François Bozizé, comme un Premier ministre effacé doit désormais montrer qu’il ne cédera pas à la pression des armes.

 

L’ancien recteur de l’université de Bangui semble, pour l’instant, bénéficier de la bienveillance de ses concitoyens, et, ces dernières semaines, c’est contre son Premier ministre, Simplice Sarandji, que s’est concentré l’essentiel des critiques. Décrit comme trop impulsif, colérique, celui qui fut son directeur de cabinet à la primature s’est mis à dos une bonne partie de la classe politique centrafricaine.

 

Le président lui accorde-t-il encore toute sa confiance ? « Comment voulez-vous juger de la capacité d’un gouvernement en si peu de temps ? » objecte Touadéra. Rencontre avec un président pas comme les autres, qu’un emploi du temps chargé n’empêche pas, de temps à autre, de continuer à donner des cours de mathématiques à l’université.

 

Jeune Afrique : Vous avez achevé début juillet vos cent jours à la tête de la Centrafrique. Êtes-vous satisfait de l’évolution du pays depuis votre accession au pouvoir ?

 

Faustin-archange touadéra : Bien entendu, il reste des attentes à combler et des situations difficiles à gérer, comme le désarmement ou la réforme du secteur de la sécurité. Mais la Centrafrique est aujourd’hui revenue dans l’ordre constitutionnel et les Centrafricains ont clairement indiqué qu’ils voulaient la paix. Ils ont un président qui a été bien élu et une Assemblée nationale qui fonctionne.

 

Vous avez affiché une certaine fermeté face aux groupes armés. En avez-vous les moyens ?

 

Dès ma prise de fonctions, j’ai invité tous les responsables des groupes armés pour partager avec eux ma vision du désarmement. Beaucoup étaient d’accord avec moi. J’ai mis en place une structure, au niveau de la présidence, chargée du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion [DDR] pour montrer que c’est une priorité de mon mandat. Ce sujet est central, car on ne peut pas parler de redressement et de développement si nous n’avons pas la paix et que les armes circulent. Je leur lance une invitation au dialogue et à l’adhésion au processus de DDR.

 

Les violences ont pourtant repris début juillet…

 

C’est un processus difficile qui vient tout juste d’être entamé. Il y a quelques jours, nous avons invité les groupes armés à désigner leurs représentants. Ce processus a été élaboré avec la communauté internationale, avec des experts centrafricains et avec les groupes armés, qu’il faut prendre le temps d’écouter. Certains ont des propositions pour faire avancer les choses.

 

En Centrafrique, les armes ont toujours été un moyen d’accès au pouvoir. Ce temps est-il révolu ?

 

Je le pense. Du moins en ce qui me concerne. La violence ne peut pas continuer. Les Centrafricains n’en peuvent plus. On ne doit plus revenir aux armes.

 

Faut-il dialoguer avec tout le monde ? Même avec Noureddine Adam, l’ex-numéro deux de la Séléka, que de nombreux Centrafricains voudraient voir arrêté ?

 

J’ai vu Noureddine Adam au Tchad avant mon élection. Nous allons continuer à discuter et à échanger. Mais ce dialogue n’empêche pas que la justice fasse son travail.

 

Comptez-vous intégrer dans l’armée des membres des groupes armés ?

 

Ceux qui remplissent les critères seront intégrés pour respecter l’équilibre régional.

 

J’ai dit au président François Hollande que j’étais déçu du départ de Sangaris

 

Craignez-vous que le départ de la force française Sangaris ait des conséquences sécuritaires ?

 

J’ai fait connaître au président français, François Hollande, ma déception face à cette décision [annoncée le 13 juillet], mais c’est ainsi. Nous avons formulé des requêtes pour que le mandat de la Minusca [la Mission des Nations unies en Centrafrique] soit renforcé afin de tenir compte de ce nouvel environnement sécuritaire et pour que le retrait de Sangaris ne déséquilibre pas les structures actuelles.

 

Où en sont les enquêtes sur les accusations de viols contre l’armée française et la force de l’ONU ?

 

C’est une question primordiale pour nous, Centrafricains. Les faits ont été commis sur notre sol, contre nos compatriotes. Pour le moment, nous ne sommes pas informés des procédures et c’est inacceptable. Nous souhaitons qu’il y ait une vraie coopération avec la France et voulons être associés aux enquêtes, qui doivent aller plus vite. La justice doit être rendue.

 

Que pouvez-vous nous dire des prospections pétrolières qui ont lieu dans le nord de la Centrafrique ?

 

Nous savons que des sociétés chinoises travaillent dans ces zones. L’État devrait être en mesure d’assurer leur sécurité, mais cela n’est malheureusement pas le cas, puisqu’il n’est pas présent [la sécurité est assurée par des éléments d’une des factions de l’ex-Séléka]. C’est un problème que nous devons régler.

 

Comptez-vous renégocier le contrat qu’elles avaient signé avec le régime de l’ancien président Bozizé ?

 

Je n’ai pour le moment pas assez d’éléments pour le dire. Nous allons étudier ces contrats et nous prononcer.

 

Concrètement, dans quel état sont les finances de la Centrafrique ?

 

Nous sommes en difficulté. Vous savez bien que le conflit a sapé les bases de notre économie. Dans certaines régions, la population ne peut plus cultiver à cause de l’insécurité, nous ne pouvons pas lever les impôts. Mais nous faisons tout pour inverser la tendance. Nous avons discuté d’un programme avec le FMI, nous avons des échanges avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Nous prévoyons par ailleurs d’organiser, le 17 novembre à Bruxelles, une table ronde des bailleurs de fonds, sous l’égide de l’Union européenne.

 

Vous aviez promis un audit de la transition. Où en est-il ?

 

Il ne s’agit pas d’un audit de la transition. Ce que nous voulons faire, c’est un état des lieux pour savoir comment se portent certaines structures et pour nous permettre d’ajuster notre stratégie. S’il y a des suspicions sur certains contrats, nous aviserons au cas par cas. Mais ne vous attendez pas à une chasse aux sorcières !

 

Quelles sont vos relations avec vos prédécesseurs, Catherine Samba-Panza, Michel Djotodia ou François Bozizé ?

 

Nous avons des contacts avec ces anciens chefs d’État. Mais rien de régulier.

 

Certains s’inquiètent de la présence dans votre entourage d’anciens proches de Bozizé…

 

En tant que président de la République, je travaille avec tout le monde. Je connais des Centrafricains qui, à l’époque de Bozizé, ont bien travaillé. Faudrait-il les mettre dehors ? Moi-même, j’ai été son Premier ministre pendant cinq ans. Les Centrafricains m’ont pourtant élu avec plus de 63 % des suffrages ! On parle trop des anciens proches de Bozizé, pas assez de ceux qui n’étaient pas dans son parti et qui m’entourent aujourd’hui.

 

Lu pour vous : Centrafrique – Faustin-Archange Touadéra : « Il n’y aura pas de chasse aux sorcières »
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 20:25

 

 

NOTE D’INFORMATION

 

 

 

Bangui, 3 août 2016 – La MINUSCA va allouer trois millions de dollars (1.731.000.000 francs CFA) au cours de la période 2016-2017 pour la réalisation de 100 projets à impact rapide (QIPs) en faveur de la protection des civils, du renforcement de la sécurité et de l’extension de l’autorité de l’Etat en Centrafrique. L’annonce a été faite ce mercredi par le fonctionnaire principal chargé des Affaires civiles de la MINUSCA, Guy Saïzonou, lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Mission.

 

Les projets à impact rapide sont mis en œuvre par la MINUSCA conformément au volet multidimensionnel de son mandat et constituent une solution d’urgence aux besoins essentiels des populations dans le contexte post-conflit du pays. Selon Saïzonou, au cours de cycle 2016-2017 qui vient de débuter, les projets à impact rapide auront pour objectif principal d’accompagner le gouvernement dans ses chantiers prioritaires.

 

A titre d’exemple, ce jeudi 4 août à l’occasion d’une visite officielle à Kaga Bandoro, le Président de la République, Faustin Archange Touadéra, des membres du gouvernement, des parlementaires et le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Parfait Onanga-Anyanga, inaugureront un projet de renforcement des capacités des femmes victimes des conflits. Grâce à ce projet, 200 et 20 jeunes filles victimes des conflits suivront une série de formations en couture afin de retrouver les revenus dont la crise les a privées.

 

Depuis le lancement du programme, les projets à impact rapide ont permis d’employer 15.000 personnes, de former un corps d’ouvriers centrafricains qualifiés et de renforcer l’entreprenariat au sein des organismes sélectionnés.

 

Le fonctionnaire de la MINUSCA a ajouté que dans des villes comme Bouar, Bambari et Paoua, la rénovation du palais de justice et des maisons d’arrêt a  relancé la chaîne pénale tout en participant à la lutte contre l’impunité. Quant aux infrastructures routières réhabilitées, il a rappelé qu’elles restent cruciales pour faciliter la mobilité et la rapidité de réaction des forces de sécurité ainsi que pour le rapprochement des communautés et la reprise des activités commerciales. Cela a été le cas à Bimbo, où des femmes de différentes communautés ont appris à faire du savon, à Boy-Rabe, pour le projet de gestion des déchets solides et liquides et production de biogaz ou dans le 5earrondissement de Bangui, avec la gestion de bornes fontaines.

 

De 2014 à 2015, 77% des projets à impact rapide concernaient la restauration de l’autorité de l’Etat, 16% pour cohésion sociale et 7% pour la protection des civils. En 2016–2017, conformément aux nouvelles priorités de la Centrafrique, l’accent sera mis sur la cohésion sociale.

 

 

TROIS MILLIONS DE DOLLARS POUR LES PROJETS A IMPACT RAPIDE EN RCA
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 18:05

 

 

Bangui 3 août 2016 (C.A.P) – L’ex-ministre délégué à la défense et fils de son père Jean Francis Bozizé a débarqué ce jour à 8h 50 mn (heure locale) à Bangui par le vol régulier Nairobi–Bangui de Kenya Airways à la grande surprise des responsables de sécurité de l’aéroport international Bangui-Mpoko.

 

Interrogé sur ses intentions, Jean Francis Bozizé a déclaré, selon nos sources, être revenu pour prendre la température du pays avant de décider quoi que ce soit. A la question sur son point de chute, il a dit qu’il devrait être hébergé au presbytère de la cathédrale de Bangui où avait également trouvé refuge le secrétaire général du parti KNK de François Bozizé, Bertin Béa, lorsque celui-ci avait été libéré de force du tribunal de Bangui par les militants du KNK.

 

Toujours selon nos informations, certains membres du gouvernement et les autorités politico-sécuritaires sollicités par les autorités aéroportuaires pour « conduite à tenir», se sont contentés de prendre acte du retour au pays de l’ex-ministre délégué à la défense sans se poser d’autres questions.

 

Il y a lieu de rappeler que début mai dernier, Jean Francis Bozizé a été discrètement interpellé par les policiers du commissariat spécial de l’aéroport Léopold sur un vol d’Air Algérie en provenance de Paris via Alger, et vu son passeport diplomatique confisqué « à la demande des autorités de Bangui » a-t-on avancé de sources officielles sénégalaises.

Arrivée inopinée à Bangui de l’ex-ministre délégué à la défense, Jean Francis Bozizé
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 17:56
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Les membres de quatre structures de la coordination du programme DDRR nommés par le chef de l’Etat

 

http://rjdh.org/  PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 3 AOÛT 2016

 

BANGUI, 03 aout 2016—Onze personnalités sont nommées par décret présidentiel dans les organes chargés de mettre en œuvre le programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR),  de la Reforme du Secteur de Sécurité (RSS) et de la Réconciliation Nationale (RN). Signé le 29 juillet 2016, le décret n’a été lu à la radio nationale que le 02 aout dernier.

 

Le décret a nommé onze personnalités dans quatre structures qui vont soutenir la coordination du programme DDRR et RSS qui est rattachée à la présidence de la République. La première structure dénommée secrétariat technique d’appui de la coordination du programme DDRR et du processus de la RSS et de la RN. Elle est gérée par un chargé de mission, coordonnateur qu’est André Samba qui a pour secrétaire de direction Roger De Bonheur Ziegfried Faiton-Hainat.

 

La deuxième structure est le secrétariat technique d’appui du conseiller DDRR dont le chargé de mission des opérations est Samuel Touatena, celui des relations avec les groupes armés est Jean Pierre Betindji et l’assistant administratif est Benjamin Saragaza.

 

La troisième structure est le secrétariat technique d’appui à la RSS. Désiré Laurent Malibangar est désigné chargé de mission en matière de projet de RSS, Inès Valerie Ouaby-Kakai née Bella est nommée chargée de mission des questions juridiques et du genre tandis que Grace à Dieu Modeste Christian Houl-Son se charge de l’administration.

 

La dernière structure est le secrétariat technique d’appui au ministre conseiller à la RN. Le chargé de mission en réconciliation nationale et cohésion sociale est Jules César Mazangue, celui en charge de la gestion des conflits communautaires est Issa Bi Amadou et l’administration est gérée par Adèle Boukary.

 

Les représentants des groupes armés ne sont pas directement sollicités au sein de ces structures. Nordine Mahamat, porte-parole des groupes armés signataires de l’accord de Brazzaville et de celui de Bangui du 10 mai 2015, a confié au RJDH que les leaders des mouvements armés seront nommés au niveau du comité consultatif et de suivi dont le décret est attendu.

 

De sources bien informées, les groupes armés ont déjà envoyé à la présidence les noms de ceux qui doivent les représenter au sein de cet organe.

 

Le chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra a rattaché le programme DDRR  à la présidence de la République, ce qui n’est pas du gout de l’Assemblée Nationale qui, lors de sa session extraordinaire de juillet dernier, a réclamé la création d’un ministère consacré à cette question./

 

Sylvestre Sokambi et Marina  Moulou Gnatho  

 

 

Centrafrique : Le directeur de l’hôpital de l’Amitié appelle la mairie à reprendre la gestion des morgues

 

http://rjdh.org/  PAR NOURA OUALOT LE 3 AOÛT 2016

 

BANGUI, 03 aout 2016 (RJDH)— La morgue de l’hôpital de l’amitié a repris depuis 72 heures après un mois d’inactivité. Mais, le directeur Germain Piamalé souhaite  que la mairie de Bangui reprenne la gestion des morgues aux hôpitaux.   

 

La morgue de l’hôpital de l’Amitié, selon le directeur, a repris grâce à l’appui du ministère de la santé, « c’était le 28 juillet 2016 suite à un problème d’électricité  que le compresseur de la morgue a pris un coup. Après des démarches menées, nous avons reçu de la part du ministère de la santé un ancien compresseur qui servait à la  vaccination. Pour le moment le problème est résolu, mais pour combien de temps ? Je ne sais pas », fait-il savoir.

 

Germain Piamalé appelle la mairie de Bangui à décharger les hôpitaux par rapport à la gestion des morgues, « les morgues relèvent de la compétence des municipalités mais malheureusement chez nous, ces morgues sont logées dans les hôpitaux, ce qui n’est pas bon pour la quiétude des malades. Se battre encore pour conserver les corps, est une autre mission qui ne relève pas de notre compétence, c’est pourquoi nous souhaitons que la mairie prenne la gestion des morgues » propose le directeur de l’hôpital de l’Amitié.

 

Il demande aux parents de libérer à temps les corps au niveau des morgues pour soutenir les efforts qui sont faits par les hôpitaux «  il n’y a que trois morgues dont les capacités ne sont pas aussi grandes pour toute la ville de Bangui. Chaque jour, des dizaines de personnes meurent. Nous pensons qu’il faut que les parents qui déposent les corps ici, les reprennent après trois jours au maximum. Ils doivent aussi contrôler les corps quand il sont ici » a-t-il lancé.

 

La morgue de l’hôpital peut contenir jusqu’à 200 corps. Elle a été réhabilitée pour la dernière fois par le gouvernement Centrafrique, qui a octroyé  six millions en juillet 2015.

 

 

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 14:30

 

 

http://www.jeuneafrique.com/  03 août 2016 à 08h22  Par Jeune Afrique

 

Le 26 juillet, le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé jusqu’en novembre 2017 le mandat des quelque 12 000 Casques bleus de la Minusca déployés en Centrafrique.

 

La Russie, toutefois, a bloqué un passage de la nouvelle résolution qui prévoyait d’accorder à la Minusca de nouveaux moyens de renseignement, y compris « des capacités de surveillance et d’écoutes » (voir ci-contre). Le délégué de la Russie a-t-il agi de son propre chef ?

 

Depuis plus de deux ans, le principal leader de la rébellion du nord du pays, Noureddine Adam, circule entre Ndélé, dans le nord de la Centrafrique, et N’Djamena, la capitale du Tchad. Évidemment, l’ancien numéro deux de la Séléka n’a aucun intérêt à ce que l’ONU puisse le suivre à la trace et écouter ses conversations…

Lu pour vous : Centrafrique : pas de nouveaux moyens de renseignement pour la Minusca en raison de l’opposition de la Russie
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 14:24

 

Réunion Transfrontalière - République du Tchad-République Centrafricaine-Haut-Commissariat des Nations Unies pour Les Refugies pour la préparation du cadre du rapatriement des Refugies Centrafricains.

 

COMMUNIQUE FINAL

 

BANGUI,

 

LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

1-2 août 2016

 

Les 1 et 2 août s'est tenue à Bangui, à l'hôtel Ledger Plaza, une réunion transfrontalière entre la République du Tchad, la République Centrafricaine et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés sur le rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains vivant en République du Tchad. Les Chefs des Délégations étaient respectivement :

 

- M. Bakhit Youssouf Idriss, Directeur Général Adjoint au Ministère de l'Administration du Territoire, pour la République du Tchad;

 

- M. Babingui Michel, Inspecteur Central au Ministère de la Sécurité Publique pour la République Centrafricaine;

 

- M. Kouassi Lazare Etien, Représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés en République Centrafricaine,

 

- M. Leonidas Nkurunziza, Représentant Adjoint en charge de la Protection pour le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés au Tchad.

 

La liste des participants est en annexe au présent communique. La réunion avait pour objet essentiel l'examen des préalables en vue de l'éventuel rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains vivant au Tchad.

 

Après les discours de bienvenue et de remerciement, les différents chefs de délégation ont présenté la situation politique et sécuritaire dans les deux pays.

 

A l'issue des interventions des chefs des délégations, des présentations des différents points à l'ordre du jour et des débats, les participants ont adopté les recommandations et modalités suivantes pour préparer le cadre de la signature ultérieure d'un accord tripartite pour le rapatriement des réfugiés centrafricains :

 

1. Identifier, ouvrir et sécuriser les couloirs humanitaires entre le Tchad et la République Centrafricaine et en informer les acteurs humanitaires et les candidats aux retours spontanés.

 

2. Renforcer le partage d’informations entre le Tchad et la République Centrafricaine sur les mouvements transfrontaliers des réfugiés.

 

3. Poursuivre le déploiement des cadres de l’administration locale dans les zones de retour de réfugiés.

 

4. Informer régulièrement les réfugiés centrafricains sur la situation sécuritaire etles services sociaux de base disponibles dans les zones de retour.

 

5. Poursuivre les séances de sensibilisation à la cohésion sociale dans les camps de réfugiés et les zones de retour.

 

6. Assurer une présence des forces de défense et de sécurité dans les zones de retour.

 

7. Mettre en place les mécanismes pour la libération des maisons, terres et propriétés illégalement occupées. 8. Mettre en place un cadre de coordination pour mener les activités de cohésion sociale transfrontalière.

 

Les trois parties ont convenu :

 

 - d’un chronogramme pour la signature de l’accord tripartite - des préalables pour le lancement d’un rapatriement volontaire Les parties reconnaissent que les refugies qui opteraient de rentrer sans assistance seront autorisés à le faire à leur propre rythme et leurs propres moyens.

 

Les participants se sont félicités du bon déroulement des travaux dans un climat empreint de fraternité, de cordialité et de parfaite compréhension. La délégation de la République du Tchad et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés ont remercié les autorités de la République Centrafricaine pour toutes les facilités offertes et pour l'accueil chaleureux qui leur ont été réservés.

 

Fait à Bangui, le 2 août 2016

COMMUNIQUE FINAL Réunion Transfrontalière - République du Tchad-République Centrafricaine-Haut-Commissariat des Nations Unies pour Les Refugies
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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 17:15
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Centrafrique : Les autorités de Kaga-Bandoro s’activent à accueillir le président Faustin Archange Touadera

 

http://rjdh.org/ PAR DANIEL NGUERELESSIO LE 2 AOÛT 2016

 

Kaga-Bandoro, 02 août 2016(RJDH)—Les autorités administratives et locales de la Nana-Gribizi sont à pied d’œuvre depuis deux jours pour préparer la visite du président Faustin Archange Touadera, programmée pour ce jeudi 04 août dans la ville de Kaga-Bandoro. Selon Gaston Yédomo préfet de la Nana-Gribizi, les préparatifs visent à sensibiliser et conscientiser la population pour observer un comportement responsable lors de cette visite.

 

Gaston Yédomo préfet de la Nana-Gribizi, revient sur l’objectif de ces réunions, « la ville de Kaga-Bandoro est une ville  où des groupes armés y sont encore. Donc, il était question de réunir tous les responsables de ces groupes, les autorités communales et administratives afin qu’ils puissent retourner dans leurs bases et pour les sensibiliser à adopter des comportements responsables et dignes. Et aussi de mobiliser la population pour réserver un accueil chaleureux lors de cette visite», a-t-il expliqué.

 

Un chef du quartier qui a pris part à cette réunion projette les tâches qui leur sont confiées, « nous allons sensibiliser la population à se mobiliser pour nettoyer la ville, aménager la route qui quitte l’aérodrome pour le centre-ville, préparer des logements pour héberger la délégation présidentielle. Depuis hier,  la population a commencé déjà à assainir certains quartiers»,  a dit Christophe Ngapo, un chef du quartier.

 

C’est la première visite du président Faustin Archange Touadera dans la Nana-Gribizi après sa prestation de serment le 30 mars dernier.

 

 

Centrafrique : Armel Sayo justifie la vente des bâtiments administratifs à Berberati

 

http://rjdh.org/ PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 2 AOÛT 2016

 

BANGUI, 2 août 2016(RJDH)–Le ministre sortant de l’habitat et du logement Armel Ningatouloum Sayo a réagi suite à l’affaire de vente des bâtiments administratifs dont il aurait  été impliqué  à  Berberati. Ce dernier dit avoir répondu à la demande de certains administrés de l’Etat à la retraite ayant manifesté  la volonté d’acquérir ces bâtiments administratifs en ruines.

 

Mise en cause dans la vente des bâtiments administratifs pendant la période de transition dans certaines villes de province du pays, Armel Ningatouloum Sayo ancien ministre de l’habitat et du logement dément son implication directe, «vente est différente de répondre à la demande. Les bâtiments administratifs en état de ruine à la demande de certains administrés de l’Etat à la retraire, évidemment une réponse leur a été donnée sur ce sujet », a-t-il justifié.

 

Armel Sayo souhaite l’ouverture des enquêtes sur ce dossier, «  vous verrez que monsieur Sayo n’a détourné aucun bâtiment de l’Etat et l’a vendu à autrui », confie-t-il.

 

Pour Armel Sayo, sa réaction est conforme aux textes régissant le fonctionnement du ministre de l’habitat et du logement, « Il est prévu dans les textes du département de l’habitat et du logement que les administrés de l’Etat inscrits sur le départ à la retraite et qui manifestent le besoin d’avoir un logement pour terminer sa carrière et que la demande est exprimée, il est de notre devoir de leur apporter une réponse après le travail des techniciens sur le terrain. C’est ce que j’ai fait», souligne-t-il.

 

« C’est vraiment regrettable que nous voyons nos cadres qui terminent leurs fonctions et qui n’ont pas de gain même un lieu d’abris pour regrouper leurs familles. C’est sur ce besoin là que nous ayons eu répondre aux besoins de nos administrés qui ont manifesté le désir », a-t-il soutenu.

 

C’était le 23 Juillet 2016, que l’ancien président de la délégation spéciale de la ville de Berberati  Albert Eustache Nakombo, lors d’une conférence de presse tenue dans sa localité avait cité nommément Armel  Ningatoloum  Sayo,  comme responsable dans la vente des bâtiments administratifs dans cette localité.

 

 

Centrafrique : Maïtart Djim Arem accuse Babacar Gaye ‘’de créer la guerre entre les communautés en RCA’’

 

http://rjdh.org/ PAR JEAN FERNAND KOENA LE 2 AOÛT 2016

 

BANGUI, 2 août 2016(RJDH)—Maïtart Djim Arem, président du parti l’UDPP a accusé Babacar Gaye ancien représentant du secrétaire général des Nations-Unies de créer la guerre entre les communautés en Centrafrique. C’est une position exprimée dans une interview qu’il a accordée au RJDH en réaction à la prolongation du mandat de la Minusca jusqu’au 15 novembre 2017.

 

Selon Maïtart Djim Arem, la responsabilité de Babacar Gaye, ancien représentant du sécretaire général des Nations-Unies est directe dans la crise centrafricaine, « si les centrafricains considèrent la résolution des Nations-Unies comme une punition c’est que le vrai problème n’est pas encore compris par les Nations-Unies. Et si c’est cela, c’est par la faute des ceux qui représentent ici. Babacar Gaye a tout gâché. C’est lui qui a créé l’histoire de guerre entre les communautés ici. Il a même transposé de nombreux musulmans dans le centre pour créer un surnombre en disant que c’est la région musulmane alors que de mémoire du centrafricain la Ouaka n’est pas si musulman que ça », a-t-il soutenu.

 

Pour lui, les résolutions des Nations-Unies sont les conséquences des rapports que le représentant sur le terrain envoie tout le trimestre, «  et si les rapports envoyés ne sont pas conformes aux réalités, la résolution prise ne sera pas conforme aux réalités du pays », a martelé Maïtart Djim Arem.

 

Maïtart Djim Arem a dans cette interview  salué l’appui de la CEMAC pour le DDR et rejoint le camp du parlement qui exige à ce que le DDR soit mené par le gouvernement pour un contrôle démocratique, « les défis sont nombreux, mais le président Faustin Archange Touadera peut le relever s’il tend la main à toutes les potentialités et compétences du pays sans exclusive avec beaucoup de courage et de sagacité pour pouvoir les relever», a indiqué Maïtart Djim Arem.

 

Selon Maïtart Djim Arem, l’appui de la CEMAC à la RCA n’est pas un désengagement mais une avancée, « il y a une différence d’un milliard parce qu’à l’époque, la nécessité de la dette extérieur ne faisait pas présente, mais aujourd’hui si et à l’époque la CEMAC a donné 8 milliards, aujourd’hui 9 milliards dont 4 pour le DDR donc il y a un léger progrès du côté de la CEMAC», a-t-il précisé.

 

« Le président Touadera a dit qu’il est venu pour la rupture. Cette rupture concerne aussi la bonne gouvernance et la gestion de la chose publique. L’Assemblée Nationale est dans son rôle de contrôle au niveau du gouvernement, il doit avoir l’œil sur comment le problème du désarmement sera conduit et elle est dans son rôle» a expliqué au RJDH Maïtart Djim Arem.

 

Devant les contraintes extérieurs qui pèsent sur les Forces Armées Centrafricaines (FACA), le président de l’UDPP donne sa lecture du pays, « moi, je considère la République Centrafricaine comme un non Etat dans la mesure où elle ne dispose pas d’une armée qui fait la force d’un pays», a-t-il poursuivi.

 

Entretemps, le gouvernement à l’obligation de remplir sa mission régalienne, confie Maïtart Djim Arem « il y a un certain nombre de point sur lequel le gouvernement doit aller très vite, la grosse priorité c’est de ramener très rapidement la paix », a-t-il martelé.

 

Maïtart Djim Arem a enfin annoncé la tenue d’un congrès de son parti l’UDPP après la mise en place des structures statutaires.  Le Parti l’UDPP est créé en 2012.

 

 

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 11:45

 

 

http://news.icilome.com/  Mardi, 2 Août 2016 

 

Le Forum international sur le leadership féminin prévu du 30 juillet au 05 août prochain a été lancé Dimanche à Aného. Présente à cette ouverture, l’ex Présidente de la transition Centrafricaine, Catherine Samba Panza a manifesté sa totale adhésion à cette initiative qui promeut les femmes. Elle les a également interpellées sur la responsabilité qui leur incombe une fois aux affaires.

 

Ce forum organisé par le Cercle d’initiatives citoyennes pour le challenge et le changement en Afrique (CICCA) est un cadre d’échanges, de rencontre et de discussions permanentes pour poser les problèmes de la femme. C’est également le lieu de leur donner confiance et les assurer qu’elles peuvent réaliser pleinement leur potentiel.

Catherine Samba Panza, évoquant les étapes pour devenir une femme de renommée, n'a pas manqué de leur rappeler la vision qu'elles doivent avoir. 

« Les femmes ne vont pas au pouvoir pour le pouvoir, elles y vont pour une mission », a-t-elle laissé entendre.

 
Pour ce faire, « il faut beaucoup de détermination, d’audace, de courage et de volonté pour servir sa nation. Le leadership s’acquiert au fur et à mesure et c’est en étant dans les organisations, sur le terrain en s’engageant pour les droits des femmes, pour la cause des enfants, des plus démunis. On commence à acquérir une formation et c’est ça le leadership », a-t-elle ajouté


Le forum sera lancé à Lomé demain mardi. Et l'on attend Claudine Talon, la Première Dame Béninoise annoncée pour aujourd'hui.


Magnim

Lu pour vous : Togo - Catherine Samba Panza à Aného : « Les femmes ne vont pas au pouvoir pour le pouvoir »
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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 11:14

 

ENQUÊTE

 

Par Joan Tilouine et Xavier Monnier

 

LE MONDE Le 01.08.2016 à 16h11 • Mis à jour le 01.08.2016 à 16h22

 

Intégrer la troupe de danseuses de Koffi Olomidé a longtemps fait rêver les jeunes filles des quartiers populaires de Kinshasa. Et cela relevait du privilège que d’être choisie par le « patron ». Qu’importe si une taquinerie en vogue dans cette mégapole de plus de dix millions d’habitants voulait qu’une dame vêtue de façon sexy soit « habillée comme une danseuse de Koffi ». Car le roi de la rumba congolaise fait partie de ces légendes contemporaines africaines qui a vendu des millions d’albums, adulé par son public et courtisé par des chefs d’Etat de la région. Son visage rond et rieur, ses costumes élégants ou extravagants, ses chansons romantiques ou vulgaires et ses pas de danse ont fait de lui une icône du continent.

 

Interdit de séjour en France

 

Mais au-delà de sa voix douce, ses fans ont redécouvert une violence brute. Vendredi 22 juillet, Koffi Olomidé vient d’arriver à l’aéroport de Nairobi avec sa troupe lorsqu’il porte un coup de pied à l’une de ses danseuses. « Quelques secondes d’égarement », s’est justifié l’artiste dans un message d’excuse.

 

Mais la scène, filmée, a irrigué les réseaux sociaux. Arrêtée par les autorités kényanes, la vedette congolaise est expulsée et voit son concert prévu à Lusaka annulé. De retour à Kinshasa, il est hué à son arrivée, est placé en détention le 26 juillet puis libéré sous caution quatre jours plus tard. « J’ai subi, j’ai compris », écrit-il sur sa page Facebook dans la foulée. Depuis, il poste des « selfies », entourés de sa famille et de Fally Ipupaautre grand nom de la musique congolaise qui a fait ses classes dans le groupe de Koffi Olomidé, Quartier Latin.

 

Pourtant, Koffi Olomidé n’en est pas à sa première frasque. Celui qui a été le premier chanteur africain à faire salle comble à Bercy en 2000 est désormais interdit de séjour en France.

 

Antoine Christophe Agbepa Mumba, de son vrai nom, reste visé par un mandat d’arrêt international émis par la justice française en 2009 et renouvelé en 2012. « L’instruction est encore ouverte, la procédure n’a pas été clôturée et l’enquête se poursuit », indique-t-on au tribunal de grande instance de Nanterre.

 

La star franco congolaise, née il y a soixante ans à Kisangani, la grande ville du nord du pays, est poursuivie en France pour « viol sur mineure de quinze ans », « séquestration », « aide à l’entrée et au séjour d’une étrangère en France », « conditions de travail ou d’hébergement contraires à la dignité humaine ».

 

Les faits se sont déroulés entre 2002 et 2006 sur des danseuses parfois mineures et aux parcours de vie perturbés par la perte de leurs parents dans la première guerre du Congo (1996-1997), la misère et la violence familiale. Après avoir été contrôlées sans papier à Lyon où elles se trouvaient pour un concert, trois d’entre elles se sont décidées à témoigner devant les juges, avec le soutien du Comité contre l’esclavage moderne.

 

« Viols » réguliers

 

Leurs récits parfois décousus décrivent un envers du décor sordide, dont le théâtre principal est une maison louée par l’artiste en banlieue parisienne, à Asnières (Hauts-de-Seine). Durant les tournées françaises, c’est là que sont hébergées les danseuses dont la plupart sont venues illégalement en France, munies de passeports d’autres individus fournis, disent-elles, par Koffi Olomidé. Un détail frappe les enquêteurs : « les portes et surtout les fenêtres étaient munies de verrous de nature à les empêcher de quitter les lieux », lit-on dans le dossier judiciaire que Le Monde Afrique a pu consulter.

 

Une danseuse y relate son quotidien lors des tournées françaises de Koffi Olomidé :

 

« Dès que le concert était terminé, on devait rentrer à la maison, à Asnières. On était gardées par trois vigiles. On était quatre dans la même chambre, on n’avait pas le droit de sortir sans autorisation. Je ne pouvais pas téléphoner, même à ma mère. On était payé 100 euros pour un concert de minuit à six heures de matin. On était forcées de coucher avec lui : il appelait un vigile pour qu’il amène une danseuse à l’Etap Hôtel ».

 

Puis elle décrit la brutalité sexuelle de l’un des pères de la rumba congolaise également redouté pour ses pratiques mystiques : « il fait de la magie, des trucs bizarres, il nous soufflait sur le corps ».

 

Lorsque ce n’était pas à l’hôtel, les « viols » se déroulaient parfois dans le studio d’enregistrement ou dans les toilettes d’un supermarché d’Asnières, se souvient une autre danseuse âgée de quatorze ans à l’époque des faits.

 

« Il m’a demandé de l’accompagner faire des courses. (…) Il m’a demandé de déposer le caddie, que j’aille aux toilettes et que je ne ferme pas la porte. Après, il est venu. (…) Il m’a dit que je me tourne et a fait rentrer son truc. (…) J’avais mal. Il m’a dit “ne crie pas” parce qu’il y avait des gens à côté ».

 

Celles qui se refusaient à lui étaient renvoyées. Souriantes et avenantes sur scène, les danseuses étaient en fait « humiliées », « salies », régulièrement « violées » par celui qui n’a pas hésité à se présenter comme un défenseur du droit des femmes. Lorsqu’elles tombaient enceintes, Koffi Olomidé les contraignait à avaler des « cachets blancs », raconte l’une d’entre elles. Ce qui provoquait des fausses couches. Parfois, la situation médicale empirait. Et il était contraint de les emmener à l’hôpital où elles étaient admises sous l’identité d’Aliane Olomidé, son épouse.

 

Le roi de la rumba reste populaire

 

Ces danseuses ont aussi vécu enfermées dans la maison à Kinshasa de la mère du chanteur, dans le quartier résidentiel de Ma Campagne. Là encore, elles vivaient sous la surveillance permanente de vigiles, terrorisées et à la merci du « boss ». À côté de cette maison-prison, il y a un hôtel au nom de crustacé où les vigiles amenaient des danseuses contraintes d’assouvir les pulsions de la star qui les y attendait, entièrement nue. Les viols étaient réguliers et brutaux, selon les témoignages consultés par Le Monde Afrique.

 

La plupart d’entre elles adulaient pourtant Koffi Olomidé. Pouvoir danser dans sa troupe, l’accompagner dans ses tournées à l’étranger, était un conte de fée pour des Kinoises belles, talentueuses et désargentées.

 

L’artiste franco congolais a été mis en examen et ne peut plus fouler le sol français où il serait immédiatement incarcéré. Sa défense met en avant des failles de l’enquête. « Le dossier judiciaire est très bizarre, avec l’une des plaignantes qui a menti sur son âge, s’étant présentée comme mineure, ce qui s’est révélé faux, pointe Me Emmanuel Marsigny, l’avocat parisien de Koffi OlomidéLe dossier ne repose que sur des accusations qui ont permis aux accusatrices de rester sur le territoire français où elles étaient entrées illégalement ».

 

Or cet épisode judiciaire n’a pas égratigné la popularité de Koffi Olomidé, même s’il a également été condamné à trois mois de prison avec sursis à Kinshasa pour avoir violemment frappé son producteur en 2012. Pour le coup de pied de Nairobi, il est poursuivi par la justice congolaise. Mais la danseuse violentée n’a pas souhaité porter plainte. Il reste dangereux de s’attaquer au roi de la rumba moderne, porté au pinacle par la rue comme par le gouvernement congolais qui l’a décoré en décembre 2015 de la médaille du mérite des arts, des sciences et des lettres.

 

Xavier Monnier

Joan Tilouine


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/08/01/le-calvaire-des-danseuses-de-koffi-olomide_4977133_3212.html#79SKUeLFC5YjG4eb.99

 

Lu pour vous : Le calvaire des danseuses de Koffi Olomidé, la star de la rumba congolaise
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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 10:58
A la mémoire du regretté Michel LAGUERRE

 

 

 

Il y a exactement deux ans aujourd’hui que la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP) de l’Université de Bangui avait brutalement perdu l’un de ses enseignants, à savoir, le regretté Michel Laguerre. Pour des raisons que j’ignore encore, ses étudiants l’avaient surnommé « Ban ki Moun ». A l’occasion du deuxième anniversaire de sa disparition, les parents du défunt Laguerre m’ont demandé de lui rendre un hommage particulier cette année, en publiant l’oraison funèbre que j’avais prononcée lors de la cérémonie de ses obsèques sur le campus universitaire, oraison prononcée alors en ma qualité de Doyen intérimaire de la FSJP. En voici l’intégralité.

 

 

ORAISON DE L’ANCIEN DOYEN INTERIMAIRE DE LA FACULTE DES SCIENCES JURIDIQUES ET POLITIQUES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI, A L’OCCASION DE LA CEREMONIE DES OBSEQUES DU REGRETTE MICHEL LAGUERRE (1956-2014).

 

  • Madame le Ministre de l’Education Nationale, de L’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ;

-Monsieur le Ministre de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture

-Monsieur le Conseiller à la Présidence de la République en matière des Arts et de la Culture ;

-Monsieur  le  Recteur de l’’Université de Bangui;

-Monsieur le Vice-Recteur ;

-Monsieur  le  Secrétaire  Général ;

-Chers Collègues  Doyens, Directeurs  d’Etablissements et  Instituts  de  Recherche ;

-Messieurs  les Directeurs des Services  centraux ;

-Mesdames et Messieurs les membres du corps académique;

-Distingués Invités en vos rangs, grades et qualités;

-Chers étudiantes et étudiants ;

Chers parents amis et connaissances ;

 

Depuis un certain temps, le décès des enseignants du supérieur se fait passer pour la chose la mieux partagée au niveau de l’Université de Bangui. Rien que pour cette unique année 2014,  sauf erreur de ma part, le cycle des décès a commencé d’abord par Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) ; ensuite la Faculté des Sciences de la Santé (FACSS). S’en est suivi la Faculté des Sciences (FS) ; et aujourd’hui, c’est le tour de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP). A observer attentivement le cycle de ces décès  par Faculté, d’aucuns pourraient légitimement s’inquiéter au jour d’aujourd’hui en ces termes : quel établissement de l’Université de Bangui serait prochainement concerné ?

 

Chacun de nous ne pouvant évidemment répondre à une telle question qui, de mon point de vue relève de l’eschatologie, il ne nous reste plus qu’à psalmodier quotidiennement le « De profondis ad te clamavi domine, Domine exodi voce meam » afin que le ciel puisse nous épargner globalement de ce cycle macabre. Implorons particulièrement le ciel pour la FSJP où la cadence du décès des enseignants et responsables pédagogiques est presque annuelle. Effrayé par le cycle annuel de décès à la FSJP, mon Professeur Emile NDJAPOU s’était exclamé avant-hier en entrant dans mon bureau en ces termes : « Tu vas nous enterrer tous, Doyen ! » Oui, Monsieur l’ancien Recteur NDJAPOU, pour reprendre les propos d’un ancien chef d’Etat français, « Vous avez tout à fait raison ! » Après avoir accompagné jusqu’au PK 12 la dépouille de mon regretté ami Paul Dembo en 2012, j’ai été dans les massif du Fouta Djalon, enterré en décembre 2013, notre regretté Doyen Ismaëla SY, dans son village natale de Télémélé, situé à environ 250 km de Conakry. Dans quelques instants, me voici derechef en train d’accompagner mon ami Michel Laguerre vers sa dernière demeure. Mais avant d’aller le porter en terre, permettez-moi de vous présenter succinctement le collègue Laguerre que nous pleurons aujourd’hui.

 

Né le 4 novembre 1956 à BEDORO dans la sous-préfecture de Paoua, M. Laguerre avait successivement fait ses études primaires à Bozoum et à Bossembélé. Ses études secondaires s’étaient également déroulées en deux phases : d’abord au collège de Fatima (de 1970 à 1974) et, ensuite au Lycée Jean-Bedel BOKASSA (de 1974 à 1977). Nanti de son Baccalauréat, il s’était inscrit à l’ancienne Faculté de Droit et des Sciences Economiques où il obtint une Licence en Droit public. Avec ce diplôme, il se rendra en France pour y poursuivre ses études supérieures. Au pays de nos anciens colonisateurs, il avait pu décrocher tour à tour :

 

-une Maitrise de Droit Public à l’Université de Paris XIII ;

-un diplôme spécialisé de l’Institut de Hautes Etudes Juridiques internationales à l’Université de Paris II (Panthéon-Assas) ;

-et un diplôme d’Etudes Approfondie (DEA) en Droit de l’Economie Internationale et de Développement à l’Université de Paris V (René DESCARTES).

 

De retour au pays, le défunt Laguerre avait été intégré dans le corps des enseignants du Supérieur en 2009. Vous aurez compris que, jusqu’à sa mort, le collègue Laguerre n’avait totalisé que cinq (5) années dans la fonction publique centrafricaine. Mais il s’agit de 5 ans de services bien rendus à la nation centrafricaine. Car, en dehors de multiples cours qu’il dispensait au sein de la FSJP, le défunt Laguerre intervenait aussi à la FLSH, à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM), à l’Ecole Nationale des Arts (ENA, en face de l’ENAM), à la Faculté privée de WALOMBE et au sein de bien d’autres établissements privés. Avant d’être nommé l’an dernier Directeur de Cabinet au ministère des Arts et de la Culture, Monsieur Laguerre occupait le poste de Chef de Département de Capacité en Droit à la FSJP.

 

Au-delà de nos relations professionnelles, le regretté Laguerre était l’un de mes tous premiers amis à l’Université de Bangui. Ayant compris que je lui avais emboité le pas en quittant la France pour revenir me mettre au service de notre cher et beau pays, il avait manifesté très tôt une très grande sympathie envers ma modeste personne. Avec le défunt Paul DEMBO,  les gens avaient l’habitude de nous voir constamment ensemble dans un cercle composé non seulement de juristes, mais aussi des enseignants d’autres Facultés. Au début de notre amitié, les membres de ce Cercle hétéroclite se donnaient rendez-vous tantôt sous les Manguiers du Castor ou de Sica I, tantôt chez YOYO dans les environs du quartier Fouh, tantôt autour de la place Marabena, tantôt à Benz-Vie chez ou à côté de la Marocaine, tantôt au Stade 20 000 places. Plus récemment, les membres dudit Cercle ont fait la découverte de deux coins forts sympathiques : celui de la « Cave des Ambassadeurs de la paix » et un espace plus discret aux environs de la Nonciature apostolique dans le quartier Sango.  Nos retrouvailles à ces différents lieux étaient agrémentées non seulement par des débats forts animés sur les questions d’actualité politiques nationales et internationales, mais aussi par des histoires drôles, des taquineries et des blagues…

 

Madame et Messieurs les ministres,

 

Au chapitre de nos blagues, permettez-moi de porter à votre connaissance, les conclusions d’une excellente étude onomastique des membres du corps académique de l’Université de Bangui. Cette étude a été dirigée de main de maitre par les collègues Kennedy KETAFIO et NAMPKEAM. A l’instar des chercheurs de l’Ecole de Columbia et de l’Université de Michigan, ces collègues, après une enquête quantitative et qualitative sur le nom des membres du corps académiques de l’Université de Bangui, en sont arrivés à la conclusion que certains enseignants de l’Université de Bangui portaient des noms « cleptomaniques ». Ces noms se terminent généralement par le suffixe « NDJI » qui signifie en sango vol, au sens de voler un bien appartenant à autrui. Ainsi en est-il de DANZI[1], OUANDJI[2], SARANDJI[3] et OUATANDJI[4]. D’autres enseignants de l’Université de Bangui s’illustraient au contraire par des noms  pornographiques : c’est le cas notamment de KENGUETONA[5]. Quant au défunt Laguerre, il était rangé avec le jeune collègue Bruno TOZAI dans la catégorie des enseignants qui portaient des noms belliqueux.

 

Monsieur le Recteur et Monsieur le Vice-Recteur,

 

Toutes ces blagues étaient pour notre regretté Michel Laguerre et les autres membres de son Cercle, une façon de changer d’air, de nous évader des cours magistraux dispensés avec une certaine rigueur scientifique dans les amphithéâtres et autres salles de cours. Force est toutefois de souligner que si le défunt Laguerre portait un nom belliqueux, il était en réalité et pour moi qui fus son supérieur hiérarchique, le contraire de son nom (I). A compter du 2 août 2014, Monsieur Laguerre ne sera plus des nôtres. Mais les circonstances dans lesquelles il a trouvé la mort méritent quelques réflexions intempestives sur l’inquiétante situation des enseignants-chercheurs de l’Université de Bangui(II).

 

I/ Monsieur Laguerre était le contraire de son nom

 

Chers collègues Doyens,

 

Monsieur Laguerre était le contraire de son nom en ce qu’il incarnait la paix dans sa vie professionnelle. En effet, pour qu’il y ait une paix véritable en Centrafrique, chaque Centrafricain, à quelque niveau qu’il se trouve,  devrait tout simplement s’efforcer de respecter les règles qui organisent la vie en société. De son vivant, le défunt Laguerre était le prototype même de fonctionnaire respectueux de la règle de droit régissant la vie professionnelle des enseignants du supérieur, notamment la loi portant Statut général de la fonction publique centrafricaine. Pour paraphraser Georges Brassens, dont le défunt Laguerre aimait fredonner certaines  chansons, cela allait de soi[6], puisqu’il était lui-même titulaire du cours de « Droit de la fonction publique ». A ce titre, il ne pouvait guère s’affranchir des obligations déontologiques découlant de ladite loi, qu’il s’agisse des obligations déontologiques liées à la dignité de sa fonction ou à la morale professionnelle.

 

  1. Le respect des obligations déontologiques liées à sa fonction

 

Les obligations déontologiques liées à la fonction qu’occupait le défunt Laguerre sont consacrées à l’article 27 de la loi portant statut général de la fonction publique centrafricaine. Cet article dispose en effet  que : «  Tout fonctionnaire est tenu de fournir la prestation qui lui est demandée. Il doit faire preuve d’efficacité, de compétence de probité, de ponctualité, d’assiduité, de respect de la hiérarchie et de l’intérêt général. » De l’économie de cette disposition, il s’agit d’une part, de l’obligation de servir et, d’autre part, de l’obligation d’obéissance. Comme l’explique assez joliment M. Emmanuel Aubin, Maitre de conférences (HDR) de droit public à la Faculté de Droit de l’Université de Poitiers, l’obligation générale de servir implique l’exercice personnel, continu et désintéressé de la fonction[7]. Le fonctionnaire doit assurer effectivement et personnellement son service en respectant les horaires du travail afin d’assurer la continuité du service public. En ma qualité de supérieur hiérarchique du regretté Michel Laguerre, il ne m’a jamais été donné de constater une entorse faite par le défunt à l’obligation de servir. Il ne s’était jamais dérobé de ses fonctions. En guise d’illustration, quand bien même il fut nommé Directeur de Cabinet au ministère des Arts et de la Culture, il avait organisé son planning de manière à fournir les prestations que le décanat de la FSJP attendait de lui.

 

Si le regretté Laguerre était respectueux de l’obligation de servir, il savait aussi obéir aux ordres de ses supérieurs hiérarchiques. Cette obéissance se manifestait à travers sa constante disponibilité. En effet, en tant que Vice-Doyen, je lui avais proposé d’assurer le cours du « droit des collectivités territoriales » en lieu et place d’un collègue indisponible : le défunt Laguerre, avec une spontanéité légendaire, avait accepté d’assumer ce cours à la grande satisfaction des étudiants de Maitrise en Droit public, option « Administration Générale ». De même, lorsque le collègue Eugène DEMBA était mis en position de stage pour aller finaliser sa thèse de Doctorat en France, il n’y avait aucun spécialiste pour assurer le cours du « Droit de la propriété intellectuelle » en deuxième Année de Droit. Encore une fois, le défunt Laguerre s’était proposé de l’assurer. Dans la mesure où la préparation d’un cours nécessite un minimum de recherche bibliographique, je n’arrivais vraiment pas à cerner le secret du collègue Laguerre. Toujours est-il nécessaire de le souligner ici : notre regretté Michel Laguerre se rendait chaque fois disponible pour parer au plus urgent.

 

En dehors du respect des obligations déontologiques inhérentes à la dignité de sa fonction, le défunt Laguerre était également respectueux de celles liées à la morale professionnelle.

 

  1. Le respect de l’obligation déontologique liée à la morale professionnelle

 

Les obligations déontologiques liées à la morale professionnelle ont une multiple déclinaison. Je m’en tiendrais ici d’abord à l’obligation de neutralité, puis à l’obligation de moralité et de dignité.

 

L’obligation de neutralité est un principe de valeur constitutionnelle imposant aux fonctionnaires d’assurer le caractère neutre et laïc du service public. Cette obligation déontologique concerne principalement les enseignants qui se doivent d’adopter un comportement dicté uniquement par l’intérêt du service et non par des convictions politiques ou religieuses. Je laisserais de côté les convictions religieuses pour la simple raison que le défunt Laguerre n’en avait pas. En revanche, sachant qu’il était astreint à l’obligation de réserve dans l’exercice de ses fonctions, le regretté Michel Laguerre n’affirmait jamais ses convictions politiques sur le campus universitaire. C’est en surfant sur Internet que je me suis personnellement rendu compte qu’il était Vice-président d’un parti politique. En tant qu’ami, il ne m’a jamais mis au parfum de sa coloration politique.

 

Par ailleurs, le défunt Laguerre était fermement attaché à l’obligation de moralité et de dignité. Pour l’essentiel, ces deux obligations concernent davantage les comportements du fonctionnaire dans sa vie privée qui doit éviter tout ce qui serait de nature à compromettre la « dignité de la fonction publique »[8]. Des relations et des fréquentations douteuses ou des relations avec une étudiante ayant compromis l’autorité et la dignité de la fonction constituent autant de manquement à cette obligation de moralité. Par exemple, il est arrivé que certains enseignants manifestent une crise de jalousie tantôt en se rentrant dedans, tantôt en portant la main sur une étudiante : le défunt Laguerre ne s’était jamais exposé à ces manquements à l’obligation de moralité et de dignité. Cependant, comme tout bon juriste qui se respecte dans sa tenue, le défunt Laguerre avait non seulement une tenue vestimentaire exemplaire, mais se rendait régulièrement chez son coiffeur pour remettre selon l’expression consacrée, la « boule à zéro ». Il ne pouvait afficher un comportement de nature à compromettre une jurisprudence établie : celle de l’affaire Seckel jugée par le tribunal administratif d’Amiens, le 3 juin 1986. En l’espèce, ce tribunal avait jugé que manque à l’obligation de correction l’agent technique forestier qui se fait raser les cheveux en épargnant une mèche frontale et une touffe de cheveux dans la nuque. Dans la même veine, un gardien de la paix fait légalement l’objet de sanction disciplinaire infligée par le préfet puis le ministre de l’intérieur en raison de la longueur de ses cheveux (CE, 30 décembre 2009, Christian A, n°326604).

 

Au total le défunt Laguerre était un collaborateur agréable et surtout je puis l’affirmer, en paraphrasant un Premier Conseiller[9] au Tribunal administratif de Paris, il était très animé par le souci d’honorer son « engagement de servir dans la fonction publique » centrafricaine. Chers membres du corps académique, à compter du 2 août 2014, Monsieur Laguerre ne sera plus des nôtres ni à l’Université de Bangui, ni sous les Manguiers, ni au quartier Fouh, ni en face de l’école Benz-vie, ni au Stade 20 000 Places, ni à la Cave des Ambassadeurs de la paix. Certes, d’aucuns me diront, c’est la loi de la nature. Il faut simplement s’y résigner. Mais les circonstances dans lesquelles le collègue Laguerre et bien d’autres encore ont trouvé la mort invitent à réfléchir un instant sur l’inquiétante situation des enseignants-chercheurs de l’Université de Bangui.

 

II/ Quelques  réflexions intempestives sur l’inquiétante situation des enseignants-chercheurs de l’Université de Bangui

 

Madame et Messieurs les membres du corps académique, que faire après la disparition inattendue ce certains collègues, tels nos regrettés Paul Dembo et Michel Laguerre ? Les circonstances dans lesquelles ces collègues nous ont quittés ne nous invitent-elles point à revoir nos méthodes d’action ? Devrions-nous nous confiner chaque fois dans ce que le Professeur David Ruzié appelle une « expectative légitime » vis-à-vis d’un Etat non-providentiel qui, par-delà un abandon de ses enseignants-chercheurs (A), fait également montre d’une négligence caractérisée à leur égard (B) ?

 

  1. Un abandon des enseignants-chercheurs par un Etat non-providentiel

 

L’Etat non providentiel est le contraire de l’Etat-providence. Sous d’autres cieux, l’Etat providence a en effet supplanté depuis belle lurette l’Etat gendarme. Cet Etat providence qui organise la croissance et le plein emploi, est dominé par l’Exécutif. L’Etat providence est celui qui intervient activement dans les domaines économiques et sociales dans le but d’assurer un bien-être à ses concitoyens et de les protéger contre un certain nombre de risques liées à la vie en société.

 

 C’est en 1946 que l’Etat providence est né en France, avec l’instauration d’un système généralisé de sécurité sociale pour l’ensemble de la population. La Grande-Bretagne avait ouvert la voie avec le Plan Beveridge en 1942, posant les bases du Welfare State moderne, centralisé, unifié et assurant les citoyens contre l’ensemble des risques sociaux (maladie, décès, vieillesse, maternité, accidents de travail, chômage).

 

Depuis l’indépendance, on n’observe rien de tel en République Centrafricaine : les Centrafricains en général, et les enseignants du supérieur en particulier sont exposés aux risques sociaux. Faute de couverture sociale généralisée, une maladie bénigne peut parfois leur couter la vie.

 

Au-delà de l’inexistence d’un Etat providence en Centrafrique, l’Etat lui-même brille par une négligence caractérisée à l’égard de ses enseignants-chercheurs.

  1.  
  2. Une négligence caractérisée des enseignants-chercheurs par l’Etat centrafricain

Le décès tragique de certains enseignants-chercheurs prouve à quel point l’Etat centrafricain néglige ses fonctionnaires. Pourtant, si l’on peut faire un bilan du parcours scolaire et universitaire de nous qui avons été boursiers du Gouvernement centrafricain jusqu’à la fin de nos études, ce bilan révèlera que l’Etat centrafricain aura dépensé, par exemple pour la formation d’un Docteur en droit, environ treize million six cent quatre-vingt-quinze mille deux cent francs CFA (13 695 200 F CFA) répartis ainsi qu’il suit ;

 

- de la classe de sixième[10] en classe de Terminale : bourses d’études de 7200 x 3 trimestres x 7 années d’études = 151 200 F CFA

- de la Première en Troisième Année de Licence : bourses de 30 000 x 12 mois x 3 années d’études = 1 080 000 F CFA

-de la Maîtrise en Doctorat (en France) : 162200 x 12 mois x 6 années d’études + 800000 F CFA de billet d’avion aller-retour = 11 664 000 F CFA.

 

Curieusement, ayant investi autant de sommes pour former un haut cadre de son pays, l’Etat centrafricain l’abandonnera à son triste sort par la suite. Ainsi, intégré parmi les membres du corps académique de l’université de Bangui, un enseignant-chercheur ne bénéficie concrètement d’aucun système de sécurité sociale. En guise d’illustration, ayant attendu en vain sa prise en charge par l’Etat centrafricain, le défunt Paul Dembo s’était endetté pour son évacuation sanitaire au Maroc. Malheureusement, pendant tout le temps d’expectative du paiement de son titre au niveau du Trésor public, la maladie n’attendait pas. Si au moins les frais de vacation étaient versés régulièrement, il aurait dû faire diligence pour sa santé et peut-être avoir la vie sauve. A défaut du versement dans un délai raisonnable de ces frais de vacation, la maladie avait rongé le collègue Paul Dembo et il succombera par la suite, après avoir pris la résolution de contracter un prêt pour aller se soigner au Maroc. Chère étudiantes et étudiants, chers parents amis et connaissances, voilà la triste réalité de l’enseignant-chercheur à l’Université de Bangui. Pour non diligence dans le versement des frais de vacation, l’Etat centrafricain perd tout ce qu’il a investi pendant seize (16) ans pour former un docteur en droit. A la suite de Blaise pascal, on ne peut s’empêcher de lâcher l’exclamation suivante : quelle chimère est-ce donc l’Etat centrafricain ?

 

Messieurs du SYNAES, entendez Syndicat autonome des enseignants du supérieur, que faire pour améliorer notre condition de vie, notamment en matière de santé ?  En marge des grèves, n’est-il important de mettre urgemment sur pied une mutuelle des enseignants du supérieur ? Si nous disposions d’une mutuelle, nos collègues décédés tragiquement n’auraient-ils pas dû avoir la vie sauve ?

 

Mon cher Laguerre, à la suite du regretté Paul Dembo, c’est en l’absence d’une mutuelle au niveau de l’Université de Bangui que tu quittes brutalement ta concubine et tes deux enfants ; c’est en l’absence d’une telle mutuelle que tu quittes définitivement tes collègues et tes étudiants de la FSJP, en laissant derrière toi un vide abyssal difficile à combler dans l’immédiat. Pour terminer, mon cher Laguerre,  Jacques le Fataliste ne disait-il pas que tout ce qui nous arrive ici-bas est mentionné sur un grand rouleau en haut ? En tant que chrétien, j’achève donc mon oraison en te disant qu’on ne peut rien contre la volonté divine :

 

Vas en paix et que la terre de nos ancêtres te soit légère ! Adieu mon ami Laguerre !

 

Alexis N’DUI-YABELA

 

[1] Signifie littéralement en sango, la maison qui abrite des voleurs

[2] Signifie littéralement en sango celui qui a l’habitude de voler.

[3] Signifie littéralement en sango, celui qui a inventé le vol.

[4] Signifie littéralement en sango, un voleur professionnel.

[5] En sango et Gbaya, c’est un nom composé qui signifie littéralement la verge qui ne touche pas l’autre sexe.

[6] Voir G. Brassens dans la chanson intitulée, La Mauvaise réputation.

[7] Voir E. Aubin, L’essentiel du droit de la fonction publique, Paris, 5ème édition Gualino/lextensoéditions, 2010, p.118.

[8] Voir A. Camus, « La dignité de la fonction en droit de la fonction publique », in Revue française de droit administratif, Mai-juin 2015, pp.541-549.

[9] Voir L. Marthinet, « L’engagement de servir dans la fonction publique », in Actualités juridiques du droit administratif, N°23/2015, pp.1304-1311.

[10] Sous l’empire centrafricain, les  bourses étaient versées aux élèves de la Sixième en Terminale.

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