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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 22:38
RCA: l’Internet haut débit arrive en octobre à Bangui

 

 

RCA: l’Internet haut débit arrive en octobre à Bangui

 

Par RFI Publié le 29-09-2017 Modifié le 29-09-2017 à 13:30

 

C'est une révolution sans armes ni violences qui s'annonce pour une fois en Centrafrique. Dans le domaine de l'Internet, l'opérateur Orange va lancer, d'ici le 1er octobre, une nouvelle connexion haut débit en s'appuyant sur un réseau satellitaire permettant de réduire les temps de chargement.

 

Quiconque a déjà essayé de se connecter à Internet en RCA sait que cela relève parfois de l'exploit. Connexion qui rament, serveurs qui plantent et météo capricieuse sont autant d'obstacles auxquels se confrontent l'internaute lambda.

 

Et pour les entreprises, qui se doivent, dans un esprit d'efficacité, de pouvoir être connectées en permanence, le besoin est encore plus criant, comme le souligne Stéphane-Roméo Ombre, informaticien dans une société d'assurance :

 

« A travers une bonne connexion, nous pouvons offrir des services à distance, permettre à nos partenaires de se connecter directement à notre site pour pouvoir travailler. Nous avons des filiales un peu partout dans d'autres pays d'Afrique, donc ça peut aussi nous permettre de travailler à distance de manière efficace, rapide et sans coupure. »

 

Alors, pour pallier ces problèmes, Orange a décidé d'investir non dans la fibre, qui demande un minimum de sécurité pour son entretien, mais dans un système satellitaire. Celui-ci beaucoup plus proche de la Terre que les satellites géostationnaires, permettant de multiplier par six la vitesse de connexion.

 

Pour le moment, ce système ne s'adressera qu'aux entreprises, comme le justifie Corinne Lozé, directrice générale d'Orange RCA : « Nous le mettrons à disposition des particuliers dans un second temps. Nous travaillons sur une offre qui n'est pour le moment pas finalisée parce qu'il faut trouver le bon rapport coût/qualité et évidemment que ce soit accessible par les particuliers. »

 

Le coût pour les entreprises est pour le moment inconnu. Orange ayant décidé de dévoiler ses tarifs le 1er octobre, jour de la sortie de son offre.

 

 

Centrafrique: Orange annonce ses services Internet haut débit par satellite, d’ici le 1er octobre

 

https://www.agenceecofin.com  (Agence Ecofin) - Le 1er octobre 2017, l’opérateur de téléphonie mobile Orange va lancer ses nouvelles offres Internet haut débit par satellite pour entreprises en Centrafrique. D’après Corinne Lozé, la directrice générale d'Orange RCA, interrogée par RFI, le système bientôt lancé sera mis à la disposition des particuliers dans un second temps. « Nous travaillons sur une offre qui n'est pour le moment pas finalisée parce qu'il faut trouver le bon rapport coût/qualité et évidemment que ce soit accessible par les particuliers », a-t-elle ajouté. 

 

Le nouveau service haut débit par satellite d’Orange Centrafrique est le fruit du partenariat signé par la société télécoms, le 15 juin 2017, avec le fournisseur de connectivité Internet par satellite, SES Networks. La filiale du groupe télécoms français utilisera la solution « IP Transit » de l’opérateur satellitaire, adossée à sa flotte de satellites en orbite terrestre moyenne et son infrastructure au sol étendue.

 

Lors de la signature de ce partenariat, la directrice générale d’Orange avait expliqué qu’ « une solution satellitaire est idéale pour un pays comme la République centrafricaine, étant donné les contraintes de terrain qui ont pour conséquence une relative  pénétration d’internet. Cette nouvelle solution offre une couverture instantanée et une plus grande rapidité, permettant de fournir un accès aux meilleures applications d’entreprises et une expérience utilisateur sans interruption pour tous les clients Orange Centrafrique ».

 

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Centrafrique-Presse.com
29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 22:35
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

 

Centrafrique : Médecin Sans Frontière quitte la préfecture de la Mambéré Kadei

 

PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 29 SEPTEMBRE 2017

 

 

BANGUI, 29 septembre 2017 (RJDH)—L’ONG Médecin Sans Frontière (MSF) a mis fin aux activités sanitaires qu’elle tient depuis 2014 dans la Mambéré Kadei. L’information a été rendue publique dans un communiqué le 28 septembre dernier.

 

Dans son communiqué, MSF justifie ce retrait par la baisse du niveau d’urgence qui l’avait amené à s’installer dans la région, « la situation d’urgence qui nous avait poussés à intervenir à Berberati est désormais passée », explique Dago Inagbe, chef de mission pour MSF en RCA. La même source annonce le transfert au gouvernement de toutes les responsabilités qu’avait l’ONG dans la région, « après quatre ans de travail à Berberati, dans la préfecture de la Mambéré Kadei, l’organisation médicale internationale Médecins Sans Frontière vient de remettre la responsabilité de ses activités au ministère de la santé et au comité de gestion de l’hôpital régional », lit-on dans le communiqué.

 

Un cadre du ministère de la santé contacté par le RJDH, a sous couvert de l’anonymat confirmé la fin des activités de MSF à Berberati, « nous sommes informés de la fin des activités de MSF dans cette région. Je dois vous dire que l’ONG apportait un appui au gouvernement qui, dans ce cas, reprend automatiquement la mission qui est la sienne au niveau de l’hôpital et je puis vous dire que toutes les mesures sont prises », confie cette source.

 

L’intervention de MSF à Berbérati s’était faite au moment où la région était confrontée à des questions de sécurité ayant occasionné plusieurs morts et blessés en 2014. Cette situation a très vite évolué et la localité a connu un début de stabilité en fin 2014 ce qui a permis à l’ONG de concentrer son intervention sur la santé des femmes enceintes et des enfants de moins de 15 ans, relate le document.

 

Selon les données de MSF, durant les quatre ans, 4750 enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition, ont été pris en charge, 77200 consultations ont été faites et environs 5500 accouchements ont été facilités. L’organisation annonce aussi avoir vacciné 95 400 enfants contre huit maladies infantiles et plus de 22400 femmes en âge de procréer contre le tétanos en 2017.

 

 

Centrafrique : Anicet Georges Dologuélé appelle la Minusca à l’action contre les groupes armés à Boccaranga

 

PAR BIENVENU MATONGO LE 29 SEPTEMBRE 2017

 

BANGUI, le 29 septembre 2017(RJDH)—Suite aux violences dans le Nord-Ouest précisément à Bocaranga, le chef de l’opposition Anicet Georges Dologuélé hausse le ton et appelle les groupes armés à quitter la ville de Bocaranga et favoriser l’action humanitaire. Position exprimée dans un communiqué de presse

 

L’URCA premier parti d’opposition à Faustin Archange Touadera multiplie les déclarations relatives à la situation sécuritaire et humanitaire à Bocaranga dans un contexte où la société s’étonne du silence des autorités en charges de la sécurité. Ce communiqué intervient dans un contexte où les organisations humanitaires sont confinées et se trouvent dans l’impossibilité d’apporter l’assistance aux personnes vulnérables après les violences armées.

 

Dans ce communiqué Anicet Georges Dologuélé pointe du doigt le MPC et les 3R qui sèment la désolation dans sa circonscription électorale et exige le départ sans conditions des ceux pour permettre une assistance humanitaire aux populations qui fuient les violences pour atteindre Bouar et Bozoum. Il a par ailleurs appelé la Minusca d’user de son mandat robuste d’imposer la paix et assurer la protection des populations.

 

Ces groupes armés sont accusés par l’URCA au moment où le procureur de la Cour Pénale Spéciale s’active dans les enquêtes. En appelant à la Minusca de déloger les groupes armés, Anicet Georges Dologuélé tacle le gouvernement à sortir du cadre du DDRR négocié pour opter la violence légitime lorsque la vie du peuple est en danger.

 

Loin d’être une lettre morte, l’Exécutif n’a pas réagi au cri de détresse après le plaidoyer du président Faustin Archange Touadera devant l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.

 

Toute la question est de savoir dans quel état d’esprit la feuille de route de l’Union Africaine qui prévoir des discussions avec les groupes armés pour la paix peut aboutir avec le choix d’option radicalement opposé entre l’opposition et le pouvoir.

 

 

Centrafrique : La Minusca annonce la documentation des cas d’abus et des violations

 

PAR JUDICAEL YONGO LE 29 SEPTEMBRE 2017

 

 

BANGUI, le 28 Septembre 2017(RDJH)—environs 102 incidents d’abus et violations des droits de l’Homme ont été documentés par la mission onusienne dans le pays. Ce chiffre a connu une hausse contrairement à la semaine passée. Propos de la porte-parole par intérim de la Minusca lors d’une conférence de presse à Bangui.

 

Les cas de violations des Droits de l’Homme sont enregistrés dans le pays dans un contexte de tension sécuritaire alimentée par les 3R de Sidiki et les Anti-Balaka à Bocaranga, localité située au nord-ouest du pays. Ces cas d’abus sont enregistrés alors que les centrafricains attendent la conclusion dans  plusieurs cas d’abus et de violences présumés dont les casques bleus font l’objet dans leur mission dans le pays.

 

Ikavi Gbetanou de la Minusca souligne que ces cas d’abus ont impacté sur la vie des civiles dont les femmes et les hommes, « au cours de la semaine, la Minusca a pu vérifier et documenter sur toute l’étendue du territoire national, 102 incidents d’abus et de violations des Droits de l’Homme. Ces cas ont affectés plus d’une centaine de victimes dont des hommes, des femmes et des enfants » a indiqué la porte-parole par intérim de la Minusca Ikavi Gbetanou.

 

Aucune information judiciaire n’est encore ouverte pour faire la lumière sur ces cas d’abus et de violence. Ces violences et abus sexuels sont documentés après la publication par les nations unies du rapport Mapping.

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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 13:01
Nouvelles nationales sur Xinhua
Nouvelles nationales sur Xinhua
Nouvelles nationales sur Xinhua

 

 

 

Centrafrique : des milices d'autodéfense attaquent des mercenaires à Zémio

 

BANGUI, 29/09/17 (Xinhua) -- Des milices d'autodéfense parties de Bangassou (sud-est) ont attaqué des mercenaires janjawid du Soudan qui assiègent une autre ville centrafricaine, Zémio (sud-est), dans le but de les chasser de la ville, a appris jeudi Xinhua d'une source locale.

 

"L'attaque a démarré lundi dernier et les affrontements ont duré trois jours", a indiqué la source, qui fait mention "de morts qui jonchent le sol".

 

La plupart des habitants de la ville se seraient cachés en brousse tandis que d'autres se sont réfugiés de l'autre côté de la rive du Mbomou, le cours d'eau qui fait office de frontière entre la Centrafrique et la République démocratique du Congo.

 

La même source assure que la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA) ainsi que quelques éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) positionnés dans la ville ne se seraient pas mêlés aux affrontements ni interposés.

 

Les janjawid assiègent Zémio (sud-est) depuis le mois d'août dernier.

 

Faisant le point sur les violations des droits de l'Homme commises la semaine dernière, Uwolowulakana Ikavi-Gbétanou, porte-parole par intérim de la MINUSCA, a précisé que l'institution onusienne avait "surveillé, vérifié et documenté 104 incidents, aussi bien à Bangui qu'à l'intérieur du pays". Selon elle, 95 hommes, deux garçons et six femmes en auraient été victimes, un chiffre nettement supérieur à la semaine précédente.

 

Un article de Médecins sans frontières (MSF) en date du 12 septembre relate que "les personnes [à Zémio] ne sont pas habituées à un tel niveau de violence ni au fait d'être forcées de fuir sans avoir le temps d'élaborer un plan. Les attaques les ont prises par surprise, et elles ont laissé leurs casseroles encore sur le feu et les vêtements dans tous les coins. Les familles ont été séparées".

 

Plus loin, l'article précise que les habitants sont partis, "effrayés que de nouvelles attaques aient lieu et que la ville se transforme en un champ de bataille entre différents groupes armés. En traversant la ville, vous apercevez des maisons brûlées et des magasins pillés".

 

MSF explique également que "le 11 juillet dernier, après qu'un enfant a été touché par balle dans les bras de sa mère au sein de l'hôpital de Zémio, une grande partie de l'équipe MSF a été évacuée".

 

"Le 18 août, des hommes armés ont à nouveau attaqué l'hôpital et ouvert le feu sur les 7.000 personnes déplacées qui s'y étaient réfugiées. Onze personnes ont été tuées. Après cela, la plupart de la population de Zémio - y compris des membres de notre personnel (MSF) et leurs familles - a fui", indique l'article de MSF.

 

Les milices d'autodéfense n'en sont pas à leur première incursion. En juillet dernier, elles avaient également lancé des offensives à Bangassou (sud-est) et Nzacko (nord de Bangassou). Les attaques de Bangassou avaient coûté la vie à des Casques bleus marocains.

 

Des milices d'autodéfense ont récemment attaqué des Casques bleus dans la ville centrafricaine de Gambo (sud-est), à 78 km de Bangassou. La MINUSCA ne cesse de dénoncer ces agissements à travers ses nombreux communiqués.

 

 

Centrafrique : Sentiment de désapprobation des casques bleus dans les zones sous contrôle rebelle

 

BANGUI, 29/09/17 (Xinhua) -- Les échos qui parviennent des zones sous contrôle rebelle indiquent clairement un sentiment de désapprobation des populations vis-à-vis des casques bleus de la mission onusienne de paix MINUSCA en République Centrafricaine (RCA), a relevé mercredi Xinhua.

 

Selon les politiques, en trois ans, la MINUSCA n'a pas pu mettre un terme à la recrudescence de l'insécurité en RCA. En outre, à cause de la passivité des troupes, il naît de nouveaux groupes armés, caractérisés par une flambée d'affrontements çà et là. Les militaires onusiens seraient témoins des tueries à grandes échelles, sans oser s'interposer alors qu'ils ont le mandat d'assurer la protection des populations.

 

Dans les villes centrafricaines de Bocaranga (nord-ouest) et Bangassou (sud-est) et Zémio (sud-est) et Bria (centre-est), les populations considèrent que les forces de la MINUSCA ne font rien pour leur protection. Raison pour laquelle, des membres de leurs familles sont massacrés par les groupes armés et que leurs maisons sont pillées et incendiées, les exposant à un dénuement qui ne dit pas son nom.

 

Pour exprimer leur désapprobation vis-à-vis de la MINUSCA, les populations de la ville centrafricaine de Bozoum (ouest) ont érigé des barricades mardi dernier pour empêcher le contingent bangladeshi d'entrer dans la ville. Idem dans la ville centrafricaine de Bouar (ouest) où des autodéfenses ont pensé que les navettes des militaires de la MINUSCA avaient pour but d'attiser le feu entre les groupes armés.

 

La même réprobation a été exprimée vis-à-vis des troupes marocaines de la MINUSCA à Bria et a été à l'origine de leur délocalisation, en juillet dernier, pour les remplacer par les contingents zambiens, égyptiens et mauritaniens.

 

En avril dernier, les populations de la ville centrafricaine de Kaga Bandoro (centre-nord) s'étaient soulevées contre une décision de la MINUSCA consistant à faire remplacer les contingents burundais et rwandais, beaucoup plus équilibrés selon les populations, que les Pakistanais.

 

Sous le prétexte d'être exaspérés, certains groupes n'hésitent pas à s'attaquer directement aux troupes de la MINUSCA. Ces attaques se soldent souvent par des blessés ou, dans le plus pire des cas, des morts.

 

Un communiqué de la MINUSCA du 24 septembre a fait mention d'une attaque dirigée contre des casques bleus dans la ville centrafricaine de Gambo (sud-est).

 

Les populations frustrées réclament sans détour le redéploiement des Forces armées centrafricaines (FACA) qui malheureusement ne pourront pas être opérationnelles à cause d'un embargo sur l'importation des armes en Centrafrique. La MINUSCA et la mission européenne de formation des FACA (EUTM/RCA) hésitent encore sur l'option du redéploiement de l'armée centrafricaine.

 

 

Crise centrafricaine : vers une longue installation des réfugiés au Cameroun (REPORTAGE)

 

YAOUNDE, 29/09/17  (Xinhua) -- Selon les estimations, plus de 160.000 Centrafricains ont traversé la frontière camerounaise au cours des trois dernières années pour fuir les violences survenues dans leur pays suite au conflit opposant les ex-rebelles de la Séléka aux milices anti-Balaka.

 

Auparavant, le putsch militaire mené en mars 2003 par François Bozizé contre le pouvoir d'Ange-Félix Patassé avait déjà plongé le pays dans une grave insécurité, poussant plus de 70.000 hommes, femmes et enfants à prendre la fuite vers le Cameroun.

 

A ce jour, le nombre total de ces réfugiés est estimé à 232.917 dans les régions de l'Est, de l'Adamaoua et du Nord. Environ 30% d'entre eux vivent dans des sites aménagés et 70% parmi la population hôte. A cause de la persistance des violences en République centrafricaine, les arrivées se poursuivent.

 

"Il y a eu de nouveaux réfugiés. On a eu, si je peux dire, un petit pic au mois de juillet. Je pense autour de 7.000, près de Touboro, dans la région du Nord", a indiqué dans un entretien à Xinhua Geert Van de Casteele, représentant adjoint du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Cameroun.

 

Dans la région de l'Est, l'arrondissement de Garoua-Boulaï, du nom de la ville frontalière du même nom, représente l'une des principales zones d'accueil de ces réfugiés. Sur une population totale estimée à quelque 130.000 habitants, cette unité administrative en dénombre environ 50.000.

 

"La cohabitation est bonne. Les populations hôtes et les réfugiés vivent en harmonie. Les populations hôtes sont très accueillantes", indique Diyen Jam Lawrence, le sous-préfet, évoquant un climat sécuritaire globalement sous contrôle depuis les dernières incursions de groupes armés centrafricains, repoussées par les forces de l'ordre et de sécurité en 2015.

 

"La frontière est bien sécurisée, mais nous restons en alerte", précise-t-il, un propos qui cache cependant mal les menaces d'attaques auxquelles la région de l'Est continue d'être exposée.

 

Pour preuve, trois civils ont été tués lors d'un accrochage entre l'armée camerounaise et un groupe armé originaire de la République centrafricaine à la suite d'une tentative d'enlèvement samedi soir à Foya, dans l'arrondissement de Ketté, autre site d'accueil de réfugiés, selon des sources officielles.

 

Cette présence des réfugiés centrafricains a créé un important brassage humain avec les populations hôtes camerounaises. A Yoko Siré, un village de l'arrondissement de Garoua-Boulaï situé sur l'axe menant à Bertoua, la principale ville de l'Est, un petit groupe de plus de 300 habitants de Bouar et de Baoro (nord de la République centrafricaine), a pris ses racines.

 

Mêlé aux Gbaya, la population locale, le groupe d'éleveurs peuls affirme avoir retrouvé quelques repères d'une intégration réelle, sous l'encadrement des autorités camerounaises et en collaboration avec les Nations Unies.

 

"Ils sont là depuis environ huit ans. Ce sont les premiers groupes qui sont arrivés ici et leurs frères continuent de venir les rejoindre. Nous vivons avec eux comme si nous appartenions à une seule mère. On leur a donné des terres pour qu'ils cultivent aussi des champs comme nous", a indiqué à Xinhua Mathieu Sira, un natif du village.

 

Yoko Siré est une localité où l'agriculture représente la principale source de revenus de la population. L'élevage, le commerce et l'exploitation minière occupent la deuxième place. Le Programme alimentaire mondial (PAM) y développe des projets d'appui aux activités de création d'actifs productifs pour lutter contre l'insécurité alimentaire qui frappe la région de l'Est.

 

Parmi ces projets figure la réalisation d'un étang piscicole d'une superficie de 1.000 mètres carrés au profit de 200 ménages, pour un total de 1.000 personnes. L'objectif est de renforcer la résilience et l'autonomisation à la fois des réfugiés et des populations hôtes afin d'atténuer l'impact de la réduction du financement nécessaire à l'assistance humanitaire.

 

En effet, sur près de 80 millions de dollars de budget prévisionnel pour cette assistance pendant l'année en cours, les Nations Unies annoncent un taux de couverture d'à peine 20% à ce jour. Cette faible mobilisation de ressources est un signe de l'essoufflement des bailleurs de fonds face à la crise centrafricaine, dont les causes remontent à quatre décennies.

 

"[Il y a près de 40 ans, entre le 20 et le 21 septembre 1979], on avait la chute du président Bokassa. Nous sommes là encore en train de chercher des solutions de sortie de crise en République centrafricaine" , rappelle l'ambassadeur de Suisse au Cameroun, Pietro Lazzeri, dont le pays apporte son secours pour faire avancer les initiatives visant à une normalisation en République centrafricaine.

 

Pour le diplomate européen, "l'important dans la crise centrafricaine, c'est une approche cohérente de la part de la communauté internationale. Or, ce n'était pas toujours le cas par le passé. La chose fondamentale pour la paix, c'est d'avoir certains standards, certains critères : dialoguer avec tout le monde, trouver des solutions et aussi ne pas accepter l'impunité".

 

"Nous avons un pays d'une superficie de 623.000 kilomètres carrés et une population d'à peine quatre millions et demi, avec les mutineries et les tueries je ne sais pas si nous sommes encore quatre millions. Il y a de l'espace pour tout le monde. Le pays a besoin des bras de ses filles et de ses fils", souligne de son côté Martial Béti-Marace, l'ambassadeur de la République centrafricaine au Cameroun.

 

En 2016, les gouvernements camerounais et centrafricain ont entamé, avec la participation du HCR, des discussions en vue de la signature d'un accord pour permettre le rapatriement des réfugiés en République centrafricaine, sur le modèle de celui conclu en mars avec les autorités d'Abuja concernant les réfugiés nigérians au Cameroun.

 

"Il faut souligner que c'est un travail préliminaire qu'on fait et qui est donc un cadre juridique. Mais la condition sine qua non pour le retour, c'est le retour en dignité et en sécurité", souligne Geert Van de Casteele, qui juge ce retour improbable en ce moment du fait de la persistance des violences en RCA.

 

"En attendant ce retour, nous cherchons que nos compatriotes vivent dans des conditions décentes", affirme M. Béti-Marace. C'est le but d'une mission à laquelle le diplomate centrafricain a participé avec son collègue suisse, sous la houlette d'Allegra Baiocchi, la nouvelle coordinatrice résidente du système des Nations Unies au Cameroun, dans la région de l'Est entre le 19 et le 21 septembre.

 

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Centrafrique-Presse.com
29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 12:35

 

 

 

 

Par Le360 Afrique - Afp  le 28/09/2017 à 11h18 28/09/2017 à 09h59

 

 En Centrafrique, jusqu'ici, aucune parade efficace n'a été trouvée contre les bandes armées qui sèment la mort sur leur passage. International Crisis Group, le think tank américain, préconise de les priver de leurs financements en s'attaquant aux trafics dont elles tirent profit.

 

Il faut "s'attaquer aux finances" des groupes armés en Centrafrique, qui se battent pour le contrôle des ressources naturelles, estime un rapport du centre d'analyse International Crisis Group (ICG) jeudi 28 septembre alors qu'un regain de violences ravage le pays depuis plusieurs mois. 


Le groupe de réflexion estime que la lutte contre "les trafics les plus rémunérateurs" (diamants, or, bétail...) doit être au coeur de la stratégie de sortie de crise.

Pour l'ICG, une "reprise, par des forces internationales, des principaux sites miniers" de l'est du pays, "présenterait plusieurs avantages": priver les groupes armés de ce financement, "éroder le soutien des acteurs du diamant" qui commercent avec les groupes armés, et relancer la filière minière pour redonner de l'emploi aux jeunes et désolidariser les acteurs économiques des groupes armés.


Concernant le trafic de bétail, ICG appelle la Centrafrique à plus de coopération avec les pays voisins, Cameroun en tête, qui sont "des filières d'écoulement du bétail volé".

Le centre de recherche souligne que le mandat actuel de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) est "flou" sur la question des trafics.


Le regain de violences depuis plusieurs mois en Centrafrique a causé des centaines de morts. Selon l'ONU, un quart des 4,5 millions d'habitants a fui son lieu de vie, plus haut pourcentage "jamais observé" dans un pays empêtré dans des violences depuis 2013.


Les interventions de la France (2013-2016) et de la Minusca (12.500 hommes) ont certes permis un retour du calme à Bangui, mais pas dans les provinces, qui restent majoritairement contrôlées par les groupes armés.


Pour l'ICG, une plus forte présence de Casques bleus - demandée par le président Touadéra et certains cadres de l'ONU avant le très probable renouvellement de la Minusca en novembre - sera "insuffisante".


L'ONU doit aussi, selon le centre de recherche, donner les moyens à ses Casques bleus de traquer les trafics de ressources et d'arrêter les "seigneurs de guerre", par un renforcement de la "capacité de renseignement et d'arrestation rapide".



L'ICG propose un "mécanisme de vérification" et d'identification des leaders de groupes armés pour "éviter de (les) propulser dans le processus politique, même local".

L'ICG suggère au président Touadéra, qui a appelé devant l'ONU la communauté internationale à "ne pas oublier" la Centrafrique, de faire preuve de "courage politique" et reconnaître les crimes commis par les précédents présidents - Michel Djotodia et François Bozizé en tête - "afin de tirer un trait sur le passé et d'ouvrir une nouvelle page".

 

Le 28/09/2017 Par Le360 Afrique - Afp

 

 

Un rapport souligne la difficile stabilisation de la Centrafrique

 

(Radio Vatican) 29/09/2017 06:34 Entretien - Parler de génocide en République centrafricaine n’est pas «justifié». Le Président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a pris mercredi 27 septembre 2017 le contre-pied du Secrétaire Général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires qui, fin août, avait utilisé ce terme de «génocide». Pourtant la situation sur place est source d’inquiétudes. L’Eglise catholique a souvent fait part de ses craintes, tout comme de nombreux experts. Les chercheurs de l’International Crisis Group publient ce jeudi un rapport intitulé «Éviter le pire en République centrafricaine». Ils recommandent notamment de manier la carotte et le bâton avec les groupes armés, de bâtir une meilleure relation entre Bangui et les périphéries et d’améliorer la collaboration avec les pays voisins.


 

l'entretien avec Thibaud Lesueur, analyste pour l’Afrique centrale au sein de l’International Crisis Group. Interrogé par Samuel Bleynie, Il revient sur les principaux points de ce rapport après avoir décrit la situation sur place et les raisons de l’échec des précédentes médiations:

CENTRAFRIQUE: S'ATTAQUER AUX FINANCES, L'ULTIME SOLUTION CONTRE LES GROUPES ARMÉS
CENTRAFRIQUE: S'ATTAQUER AUX FINANCES, L'ULTIME SOLUTION CONTRE LES GROUPES ARMÉS
CENTRAFRIQUE: S'ATTAQUER AUX FINANCES, L'ULTIME SOLUTION CONTRE LES GROUPES ARMÉS
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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 12:22
Lu pour vous : Fidèle Gouandjika, le gourou du président centrafricain

 

 

 

 

https://mondafrique.com  Par Nicolas Beau 29 septembre 2017

 

Sans son mentor Fidèle Gouandjika, le président mauritanien Faustin-Archange Touadera serait resté un universitaire reconnu pour ses travaux de mathématicien.

 

Fidèle Gouandjika est de la même ethnie Gbaka-Mandja que son cadet, le président mauritanien Touadera. Il a toujours eu un ascendant sur l’intellectuel, affectueusement surnommé  “le petit”, au brillant parcours académique. En sa qualité de ministre et porte-parole du président Bozizé, Fidèle Gouandjika avait chaudement recommandé son “frère” au général-président, pour qui le monde universitaire était évidemment totalement inconnu.

 

Faustin-Archange Touadera fut ainsi bombardé dans le marigot politique centrafricain qui était aussi, pour lui, étranger. Bozize en fera son premier ministre durant cinq ans.

 

Une jolie fortune

 

Le clan familial de Bozizé avait trouvé en Touadera la personnalité qui pouvait rassurer les partenaires financiers et permettre les pratiques mortifères pour le pays. Le premier ministre avala sans broncher les assassinats politiques comme celui de Charles Massi, le ” hold up ” électoral de 2011, la privatisation des finances publiques, la mise à l’écart des personnalités et fonctionnaires de nord- est du pays en qui Bozizé voyait “des  terroristes”. Fidèle Gouandjka resta évidemment ministre du gouvernement Touadera jusqu’à sa chute en 2013. Les postes juteux des télécoms puis de l’agriculture et de l’élevage permirent à l’ingénieur d’arrondir sa fortune et de développer ses réseaux d’obligés.

 

Fidèle Gouandjika est de la lignée des Bokassa et autre Patassé, des personnages que l’on rencontre rarement à des postes aussi importants pour leur pays. A la fois saltimbanque, guitariste , entrepreneur, politicien, fêtard, le fidèle Gouandjika, baptisé “Chègué” (“enfant de la rue” en lingala), possède le charisme d’un gourou. Lorsque le climat devient difficile pour lui à Bangui, il rentre dans son pays d’adoption, la  Roumanie, sa seconde patrie, où il a assuré ses arrières. Il y retrouve une partie de sa famille, sa femme étant originaire de ce pays. Bien qu’ayant étudié aussi en France, il n’a aucune sympathie pour “la mère  patrie”.

 

La France mère de tous les maux

 

La France est, pour lui, à l’origine de tous les maux de la Centrafrique. Il voit également le danger chez les citoyens centrafricains de confession musulmane. A ce titre, il est un soutien indéfectible aux anti balaka et aux groupes d’auto défense. Avant de reprendre le chemin de Bucarest, en 2013, il avait été un ministre de l’élevage particulièrement dur avec les éleveurs peuls. N’avait-Il pas déplacé le marché aux bestiaux à 45 km de Bangui afin d’en mieux contrôler les mouvements et de percevoir de substantielles taxes.

 

Gouandjika a toujours confondu l’intérêt national et son enrichissement personnel. Les Centrafricains ont tous en mémoire sa gestion de la société Socatel qui n’en s’est pas relevée.

 

Une farce tragique

 

Ayant été très impliqué dans l’élection de Faustin-Archange Touadera, le fidèle Gouandjika est naturellement devenu son principal conseiller, avec rang de ministre, seul centre de décision pour ce qui reste de l’État, c’est-à-dire essentiellement Bangui et quelques rares préfectures. Ubu renaît, une nouvelle fois, dans ce pays où la population est chaque jour martyrisée mais, aussi, où on peut gagner beaucoup d’argent en peu de temps.

 

Cette farce tragique, que n’aurait pas désavouée Alfred Jarry, devrait avoir son épilogue, le plus rapidement possible.

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 20:50
Sensibilisation sur des armes et munitions récupérées des mains des groupes armés en Centrafrique

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique)  septembre 28, 2017 à 19:37 - L’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR), a entamé jeudi à Bangui une évaluation sur la gestion des armes et munitions, en collaboration avec le gouvernement centrafricain à travers la Commission nationale sur les armes légères et de petit calibre (COMNAT-ALPC), avec l’appui du Service de lutte anti-mines de l’ONU (UNMAS) en RCA et la mission onusienne MINUSCA.

 

Le but de cette évaluation de quatre jours est d’apporter un appui à la Centrafrique pour permettre au pays de mieux gérer les armes et minutions récupérées des mains des groupes armés.

 

Pour le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en Centrafrique, Kenneth Gluck, « l’objectif de la rencontre est de soutenir le gouvernement de la République centrafricaine à établir une base de référence en ce qui concerne la gestion des armes et des munitions, conformément aux instruments internationaux et régionaux pertinents ».

 

Il faut éviter que ces armes et munitions soient mal entreposées car elles risquent de constituer un danger pour la population en cas d’explosion.

 

Rappelons qu’il n’y a pas longtemps des rumeurs faisant état de disparition et de vol d’armes et de munitions récupérées des mains des groupes armés et gardées au Camp de Roux à Bangui, ont circulé obligeant les responsables de l’UNMAS à les démentir publiquement.

 

Ces rumeurs ont provoqué la psychose au sein des habitants qui ont craint que ces armes ne se retrouvent à nouveau entre les mains des groupes avec tous les risques de violences envers les populations.

 

La question de la gestion de ces armes et munitions récupérées se pose avec acuité en raison des dysfonctionnements notés dans les services de sécurité.

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 20:01
Centrafrique : une ONG alerte sur le retour des massacres, Bangui appelle à l'aide

 

 

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com  Timothée Vilars le 28 septembre 2017 à 07h04

 

 

Alors que le pays subit les exactions de multiples groupes armés, le président Touadéra implore la communauté internationale.

 

Comme le résume le rédacteur en chef international du "JDD" François Clemenceau, "ce n’est pas un retour à la case départ mais presque". La tenue d'élections démocratiques, au tournant 2015-2016, avait suscité un espoir de sortie de la situation pré-génocidaire dans laquelle s'était enfoncée la Centrafrique. Hélas, note l'ONG Crisis Group dans un rapport paru ce jeudi 28 septembre, les tensions ethnico-religieuses qui avaient provoqué le déploiement de l'opération militaire française Sangaris fin 2013 sont toujours d'actualité.

 

Non seulement les élections n'ont pas réglé le problème, mais le pays connaît actuellement un fort regain de violence : "Tandis que les groupes armés s’enracinent dans les provinces, les autorités et leurs partenaires internationaux ne parviennent pas à freiner l’escalade ni à trouver des solutions durables de sortie de crise", note l'International Crisis Group, ONG basée à Bruxelles et dirigée par l'ancien secrétaire général adjoint de l'ONU aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno.

 

"L’incapacité des casques bleus à instituer un rapport de force favorable avec les rebelles et celle du gouvernement à répondre aux fortes tensions communautaires qui divisent le pays ainsi que la concurrence entre diverses médiations internationales contribuent à l'enlisement."

 

Malgré une brève accalmie sécuritaire, qui a conduit au départ de la force Sangaris en octobre dernier, "la légitimité du président Faustin-Archange Touadéra, acquise par les urnes, ne lui a fourni aucun levier d’influence efficace contre les rebelles", déplore le rapport de Crisis Group, consulté par "l'Obs" : "Depuis fin 2016, des foyers de violence s’embrasent dans presque tout l’arrière-pays. Le regain d’activité des groupes armés a entraîné la mort de nombreux civils et des déplacements massifs de populations."

 

Prédation sur le bétail et les matières premières (café, or, diamants), tensions intercommunautaires, explosion du nombre de milices locales, attaques à répétition contre les minorités musulmanes : les affrontements ont repris à grande échelle depuis le mois d'avril en dehors de la capitale Bangui, relativement sécurisée. "Le pire est peut-être à venir", alerte Crisis Group.

 

"Une répétition des événements de 2013 et un retour de la guerre civile ne sont pas à exclure. La normalisation de la situation sécuritaire en RCA est très improbable dans un avenir proche, et une défaite militaire des groupes armés est encore moins envisageable."

 

Minorités musulmanes pourchassées

 

La coalition à dominante musulmane Seleka (issue de la minorité peule), qui avait pris le pouvoir par coup d'Etat en 2013, s'est de nouveau fragmentée en une multitude de groupes rivaux qui recrutent désormais des combattants étrangers. Quant aux milices antibalaka, créées en résistance à la Seleka, "elles ont renforcé leurs activités criminelles et conservent un agenda clairement antimusulman", note Crisis Group. Le 13 mai, des milices locales chrétiennes ont massacré plus d'une centaine de personnes à Bangassou, au sud-est du pays, s'en prenant aux différentes minorités musulmanes malgré la présence des casques bleus de la Minusca.

 

Ces attaques, d'inspiration identitaire et ethnico-religieuse, mettent également en relief "des jalousies sociales tenaces, liées notamment aux activités commerciales" et peuvent prendre la forme de "règlements de comptes collectifs", souligne Crisis Group : à Bangassou, où les vendeurs musulmans se voyaient reprocher par leurs concurrents chrétiens de pratiquer des prix trop bas, c'est le quartier commerçant Tokoyo qui a été le premier visé, avec de multiples pillages à la clé. 

 

Le 19 juin, un accord de paix entre le gouvernement et les groupes armés, signé sous l'égide de la communauté catholique, maintient un fragile espoir. Mais dès le lendemain, des affrontements entre antibalaka et ex-Seleka font au moins une centaine de morts à Bria, dans le centre du pays. Le 7 août, le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires, Stephen O'Brien, déclare :

 

"Les signes avant-coureurs de génocide sont là. Nous devons agir maintenant, ne pas réduire l'effort de l'ONU et prier pour ne pas avoir à vivre en le regrettant."

 

Au 31 août, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) des Nations-Unies recense 600.000 déplacés au sein du territoire, auxquels s'ajoutent plus de 500.000 réfugiés dans les pays voisins : en tout, un quart de la population a désormais fui les violences. L'aggravation de la situation sécuritaire a en outre dû contraindre plusieurs ONG, harcelées par les attaques et les rackets de groupes armés depuis le début de l'année, à suspendre leurs opérations dans le pays.

 

Faiblesse des casques bleus

 

Le 15 septembre, Faustin-Archange Touadéra surprend en annonçant un remaniement de "réconciliation nationale", qui permet le retour de représentants de groupes armés au gouvernement. Mais cette politique de main tendue n'apaise pas la situation. Quelques jours plus tard, inquiet de l'oubli de la communauté internationale, le président centrafricain entame une tournée mondiale. A l'Assemblée générale de l'ONU le 19 septembre, il réclame un renforcement des capacités de la Minusca (seulement 12.000 hommes sur le terrain). Le 25 septembre, il est reçu à l'Elysée par Emmanuel MacronLe 27 septembre, il s'exprime à Genève au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, où il réfute le terme de "génocide".

 

"Comme beaucoup de missions onusiennes, la Minusca présente plusieurs faiblesses majeures", déplore le rapport de Crisis Group. "Complètement débordée" face à une quinzaine de groupes armés disposant parfois d'armes lourdes, "elle est d’abord sous-dimensionnée et sous-équipée". 

 

Alors que le Département des opérations de maintien de la paix des Nations unies s’apprête à demander des renforts au Conseil de sécurité, la France y semble favorable. Les Etats-Unis, eux, se montrent perturbés par les affaires d'abus sexuels impliquant des contingents onusiens, et demandent des sanctions plus dures.

 

Viols en Centrafrique : l'honneur sali de l'armée française

 

"Afin d’inverser la tendance, le gouvernement et ses partenaires doivent mettre les rebelles sous pression – tout particulièrement en s’attaquant à leurs sources de revenus et en exerçant une dissuasion militaire plus forte –, mais aussi regagner la confiance des populations des régions périphériques", préconise l'ONG. Les populations locales ont en effet tendance à se méfier des troupes de la Minusca, qu'elles accusent, en raison du grand nombre de casques bleus musulmans, de protéger les ex-Seleka.

 

La priorité des forces internationales devrait être la lutte contre les trafics les plus rémunérateurs des groupes armés, selon l'ONG. "La reprise des principaux sites miniers que se disputent les groupes armés à l’Est présenterait plusieurs avantages", conclut-elle.

 

"Elle permettrait de priver les groupes armés de cette manne financière mais aussi, peut-être, d’éroder le soutien des acteurs du diamant, qui figurent parmi les principaux commerçants et notables des villes minières de l’Est, aux groupes de l’ex-Seleka. Une relance contrôlée du commerce pourrait redonner du travail aux jeunes, relancer l’économie locale et désolidariser les acteurs économiques des groupes armés."

 

Tout reste à faire. En 2016 selon le PNUD, la Centrafrique pointait à la 188e et dernière place mondiale de l'Indice du développement humain (IDH).

 

T.V.

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 19:52
Centrafrique: il faut "s'attaquer aux finances" des groupes armés
Centrafrique: il faut "s'attaquer aux finances" des groupes armés
Centrafrique: il faut "s'attaquer aux finances" des groupes armés

 

 

 

 

28/09/17 (AFP)

 

Il faut "s'attaquer aux finances" des groupes armés en Centrafrique, qui se battent pour le contrôle des ressources naturelles, estime un rapport du centre d'analyse International Crisis Group (ICG) jeudi alors qu'un regain de violences ravage le pays depuis plusieurs mois.

 

Le groupe de réflexion estime que la lutte contre "les trafics les plus rémunérateurs" (diamants, or, bétail...) doit être au coeur de la stratégie de sortie de crise.

 

Pour l'ICG, une "reprise, par des forces internationales, des principaux sites miniers" de l'est du pays, "présenterait plusieurs avantages": priver les groupes armés de ce financement, "éroder le soutien des acteurs du diamant" qui commercent avec les groupes armés, et relancer la filière minière pour redonner de l'emploi aux jeunes et désolidariser les acteurs économiques des groupes armés.

 

Concernant le trafic de bétail, ICG appelle la Centrafrique à plus de coopération avec les pays voisins, Cameroun en tête, qui sont "des filières d'écoulement du bétail volé".

 

Le centre de recherche souligne que le mandat actuel de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) est "flou" sur la question des trafics.

 

Le regain de violences depuis plusieurs mois en Centrafrique a causé des centaines de morts. Selon l'ONU, un quart des 4,5 millions d'habitants a fui son lieu de vie, plus haut pourcentage "jamais observé" dans un pays empêtré dans des violences depuis 2013.

 

L'intervention de la France (2013-2016) et de la Minusca (12.500 hommes) ont certes permis un retour du calme à Bangui, mais pas dans les provinces, qui restent majoritairement contrôlées par les groupes armés.

 

Pour l'ICG, une plus forte présence de Casques bleus - demandée par le président Touadéra et certains cadres de l'ONU avant le très probable renouvellement de la Minusca en novembre - sera "insuffisante".

 

L'ONU doit aussi, selon le centre de recherche, donner les moyens à ses Casques bleus de traquer les trafics de ressources et d'arrêter les "seigneurs de guerre", par un renforcement de la "capacité de renseignement et d'arrestation rapide".

 

L'ICG propose un "mécanisme de vérification" et d'identification des leaders de groupes armés pour "éviter de (les) propulser dans le processus politique, même local".

 

L'ICG suggère au président Touadéra, qui a appelé devant l'ONU la communauté internationale à "ne pas oublier" la Centrafrique, de faire preuve de "courage politique" et reconnaître les crimes commis par les précédents présidents - Michel Djotodia et François Bozizé en tête - "afin de tirer un trait sur le passé et d'ouvrir une nouvelle page".

 

 

lire le rapport à ce lien : 

file:///C:/Users/Administrateur/Downloads/centrafriquerapportcrisisgroup.pdf 

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 19:48
La réponse de Pierre-Marcel Favre à l'«appel au secours d’un musulman»

 

 

La réponse de Pierre-Marcel Favre à l'«appel au secours d’un musulman»

 

https://www.letemps.ch

 

Interpellé par un courrier de lecteur, Pascal Gemperli livrait début septembre dans «Le Temps» des exemples de «terrorisme prétendument chrétien» mis en regard du «terrorisme prétendument islamique». L’éditeur Pierre-Marcel Favre lui donne la réplique

 

Cet appel à l'aide vient de Pascal Gemperli, président de l’Union vaudoise des associations musulmanes, publié par Le Temps il y a quelques jours. C’est théoriquement assez habile de sa part de renverser la situation en employant la victimisation.

 

Retrouvez ici le texte de Pascal Gemperli L’appel au secours d’un musulman

 

Il y a, tous les jours, de par le monde, des attentats ou des préparations d’attentats, revendiqués au nom de l’islam, qu’il le veuille ou non. De l’Espagne à la Suède, de la Russie à la Thaïlande, de l’Indonésie à l’Australie, du Maroc à la Turquie, du Nigeria à la Tunisie, etc., etc.

 

Ce responsable musulman agrège des situations sans rapport pour tenter de faire croire que l’islam est une victime et les chrétiens et quelques autres des terroristes. Qu’en est-il en réalité?

 

Reprenons ses citations.

 

Les anti-balaka, vous ne savez probablement pas qui ils sont. Précisons tout d’abord que l’ancien président Bozizé de Centrafrique a été balayé par des milices musulmanes venues du Nord, aidées par des pays voisins, les salakas. «Anti-balaka» signifierait «anti-machettes». Ces milices ont été fondées pour contrer les bandits de grand chemin, coupeurs de routes. Ils sont avant tout animistes plus que chrétiens et ce sont des résistants à une agression. Certes, dans la confusion générale et la guerre civile qui se sont ensuivies, ils ont aussi été coupables d’excès. Mais de là à les présenter comme des combattants chrétiens…

 

Pas de rapport avec la chrétienté

 

Le militant Gemperli évoque le Front national de libération de Tripura comme une nuisance chrétienne. Ce n’est pas sérieux. Il s’agit d’une minuscule secte indienne dont les membres sont estimés entre 150 et 850 (contre 1,4 milliard d’habitants pour le pays). Ils se prétendent chrétiens issus d’une église baptiste fondée par des Néo-Zélandais en 1940. Et ils ont à leur passif quelques attentats, exclusivement contre des hindous. Quoi de général, de massif?

 

Le Ku Klux Klan n’a aucun rapport avec l’islam ni même avec le christianisme

 

Notre héros musulman évoque aussi le Conseil national socialiste du Nagaland. C’est presque comique. Je reviens de l’Assam, immense territoire indien à l’est du Bangladesh. Le Nagaland est un des sept Etats de l’Assam. On a affaire à une ethnie très différente de ses voisines, qui réclame son indépendance, souhaitant se débarrasser de la tutelle de l’Etat central indien depuis 1947. Quel est le rapport avec la chrétienté et l’islam? Aucun.

 

Gesticulation avec un drapeau vert

 

Le grand historien et géographe Gemperli tient à évoquer le Ku Klux Klan. Ces horribles racistes s’opposent violemment aux Noirs et aux Juifs, localement, dans le sud des USA. Ces encagoulés étaient 4 millions en 1920. Bien heureusement, aujourd’hui, ils ne seraient plus que 8000 membres (de trop…). Encore une fois, aucun rapport avec l’islam ni même avec le christianisme.

 

Pour finir cette gesticulation avec un drapeau vert, notre converti évoque l’Armée de résistance du Seigneur en Ouganda. De nouveau, aucun rapport avec l’islam et guère avec le christianisme. Il y a en Afrique et en Amérique du Sud des dizaines voire des centaines de prophètes prétendument chrétiens qui fondent une «Eglise». Et ils ont un certain écho auprès de populations désorientées. Ainsi, le tristement fameux Joseph Kony a embarqué des enfants soldats dans des troubles invraisemblables. Ils seraient, dans la brousse, entre 500 et 3000. Mais qu’est-ce que cela vient faire quand on évoque l’islam et la chrétienté? Rien. Il s’agit de phénomènes régionaux, ethniques et spécifiques.

 

Je me garderai d’en dire plus. Tenter de banaliser les excès de l’islam par des exemples sans consistance n’est pas très efficace.

 

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 19:39
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : La Cour des comptes européenne épingle le Fonds Bêkou

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 28 SEPTEMBRE 2017

 

BANGUI, 28 septembre 2017 (RJDH)— La cour des comptes européenne dans son rapport d’audit publié la semaine dernière a critiqué les procédures de recrutement des organisations de la mise en œuvre du Fonds Bekou en Centrafrique ainsi que les résultats de ce fonds, crée pour répondre aux besoins des populations vulnérables de la Centrafrique.

 

Le rapport de ce audit épingle la préparation « imparfaite » de cette initiative avec une impression « d’à peu près dans la gestion des 146 millions € promis ». Le rapport souligne aussi qu’avant le lancement du Fonds, la Commission Européenne n’a pas suffisamment bien évalué les canaux de financement. Elle n’a pas davantage analysé de manière exhaustive les besoins de Bangui et la procédure de sélection des ONG mettant en œuvre les réalisations de ce fonds ne sont pas claire et ne répondent pas au protocole de la Commission de l’Union-Européenne en la matière. Pire, il y a peu de preuves que ce fonds ait véritablement aidé à consolider les actions de la communauté internationale en Centrafrique.

 

Poursuivant, la Cour des Comptes déplore que « les procédures appliquées par le fonds fiduciaire Bêkou dans le choix des organisations d’exécution pour les projets n’ont pas été formalisées dans les lignes directrices sur les fonds d’affectation spéciale de l’UE ».

 

Elle déplore en « outre un nombre limité de contrats de service, le fonds fiduciaire de Bêkou a utilisé trois méthodes différentes pour sélectionner les organisations pour la mise en œuvre des projets: quatre accords de coopération délégués, dix prix directs et douze prix suite à un appel restreint aux manifestations d’intérêt ». Selon le rapport d’audit regrette qu’« il n’était pas totalement transparent de la manière dont les organisations chargées de l’exécution avaient été choisies ».

 

Le rapport relève aussi que le fonds fiduciaire de Bêkou n’a pas de cadre pour mesurer son rendement « puisqu’il n’a pas établi une chaîne de résultats complète pour son objectif général, en précisant les résultats escomptés (résultats, résultats, impact), avec des indicateurs correspondants ».

 

En dépit de certaines insuffisances, les auditeurs estiment que le choix de mettre en place le fonds était adapté aux circonstances. « Sa gestion n’est pas encore optimale dans trois domaines: « la coordination entre les parties prenantes; la transparence, la rapidité et le rapport coût-efficacité des procédures; les mécanismes de suivi et d’évaluation ».

 

Les point positifs du fonds Bêkou sont « les résultats qu’il a permis d’obtenir jusqu’à présent sont cependant globalement positifs. Nos recommandations devraient contribuer à améliorer la conception et la gestion de ce fonds fiduciaire en particulier et des fonds fiduciaires de l’UE en général », ont noté les auditeurs.

 

Le fonds fiduciaire Bêkou de l’Union-Européenne pour la République Centrafricaine, premier fonds de ce type géré par la Commission européenne, a été créé en 2014. Ce Fonds est alimenté par la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, l’Italie et la Suisse, pour accompagner la sortie de crise en Centrafrique.

 

Le Fonds Bêkou est mis en œuvre en Centrafrique par plusieurs organisations internationales qui ont sous-traité avec certaines ONG nationales et le gouvernement. Ce fonds contribue depuis la transition à la reconstruction du pays, à travers la restauration de l’administration, la relance économique et les services essentiels, notamment l’électricité, les transports, la santé et l’éducation.

 

 

Le panel des facilitateurs de l’UA projette des discussions avec les groupes armés d’ici fin Octobre, selon le représentant de la CEEAC à Bangui

 

PAR NOURA OUALOT LE 28 SEPTEMBRE 2017

 

Les discussions avec les groupes armés pourraient être amorcées d’ici fin octobre, annonce faite par Adolph Nahyo, ambassadeur de la CEEAC, membre du panel des experts. L’objectif de ces discussions sera de sensibiliser les groupes armés sur l’initiative et obtenir leur adhésion.

 

Lors de sa première réunion, les facilitateurs de la feuille de route de l’Union Africaine ont projeté d’amorcer les discussions avec les groupes armés afin de préparer le dialogue global. Adolph Nahyo, ambassadeur de la CEEAC, membre du panel des experts indique que quant à lui ces discussions pourraient commencer d’ici octobre :  « nous sommes en contact avec les groupes armés tout en dépendant du calendrier des uns et des autres. Mais cela devrait être possible avant  la fin du mois d’octobre », a confié le diplomate, pour qui, l’initiative africaine prend déjà toute sa forme, « mais le format du dialogue politique inclusif n’est pas du ressort du panel mais du gouvernement », a précisé Mr Adolph Nahyo.

 

Les pourparlers  pour la paix sont en cours selon le diplomate, Adolph Nayo, membre du panel des experts qui participent à la mise en œuvre de la feuille de route de l’Union Africaine. Il est confiant quant à la tenue des discussions de paix dans le pays : « nous accompagnons le gouvernement. Maintenant s’il faut changer de format, cela n’appartient pas à la facilitation de le dire mais cau gouvernement d’apprécier et de proposer », a-t- il  fait savoir avant de préciser que cette question n’a pas été  abordée lors de la première réunion des experts sur la feuille de route de l’Union Africaine.

 

Cette feuille de route est un fichier unique panafricain en faveur de la RCA incluant, la CEEAC, l’Angola, le Congo, le Gabon, le Tchad et la RCA.

 

 

« Nous sommes rassurés aujourd’hui de l’unanimité qui se crée autour de la feuille de route de l’UA», affirme Mohamed El Hacen Lebatt de l’UA

 

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 28 SEPTEMBRE 2017

 

 

Une réunion du Panel des Facilitateurs de l’Initiative Africaine pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine (RCA) s’est tenue à Bangui du 11 au 12 septembre 2017, au siège de la Mission de l’Union africaine pour la Centrafrique et l’Afrique Centrale (MISAC). Dans une interview accordée au RJDH, le Coordonnateur du Panel des Facilitateurs, le Professeur Mohamed El Hacen Lebatt, Conseiller stratégique Principal du Président de la Commission de l’Union africaine (UA), a exprimé la ferme volonté du Panel d’œuvrer pour la paix durable en RCA.

 

Professeur Mohamed Hacen El Lebatt bonjour !

 

MHEL : bonjour monsieur le Journaliste !

 

Vous êtes le Conseiller stratégique Principal du Président de la Commission de l’Union africaine (UA) et le Coordonnateur du Panel des Facilitateurs. Du 11 au 12 septembre une première réunion du Panel des facilitateurs s’est tenue au siège de l’UA à Bangui. Quelles sont les principales recommandations pour la mise en œuvre de la feuille de route de l’Union Africaine ?

 

MHEL : Nos nouvelles orientations sont dégagées dans le chronogramme que nous avons adopté. Il y a une série d’actions. Nous allons travailler d’arrache-pied à réunir les conditions techniques, logistiques, financières de ressources humaines, de communication, de cartes complètes de tous les groupes  qui portent les armes aujourd’hui sur l’ensemble du territoire. Lorsque cette opération technique très complexe aura terminé, nous allons entreprendre une vaste opération de contact sur le terrain non seulement avec un représentant d’acteurs des groupes armés sur le terrain mais aussi leurs commandements globaux sur le terrain, pour que les discussions englobent le maximum d’acteurs  et pour que nous puissions échanger avec le maximum d’acteurs et les écouter, dans une logique d’inclusivité totale sans exclure qui que ce soit de toutes les fragmentations de l’ex Séléka et d’Anti-Balaka et autres groupes. Par ce qu’on nous parle des autres groupes qui se sont créés et nous voulons parler avec tout le monde, encourager tout le monde à se retrouver avec les représentants du gouvernement sous l’œil de l’Initiative Africaine et de ses accompagnateurs, dont la communauté internationale, pour qu’enfin tous ensemble on se donne la main, on se met d’accord sur un Accord qui rétablit la paix définitive sur lequel tous sont d’accord.

 

Quelle est l’approche de la feuille de route de l’Union Africaine par rapport à la question de l’amnistie sur laquelle elle n’a pas encore une position vraiment claire ?

 

MHEL : Il n’appartient pas à l’Union Africaine ni la CEEAC, ni aux composantes de l’Initiative Africaine de décider sur quoi que soit à la place des Centrafricains eux-mêmes. Ceci, c’est de nous mettre sur épaule ce qui doit être exclusivement sur vos épaules. Si vous voulez poursuivre la guerre et les tueries, ce sera votre responsabilité. Si vous voulez faire la paix entre vous et instaurer un climat propice à l’évolution favorable sur le plan démocratique, économique et social de votre pays c’est votre responsabilité. Notre apport c’est quoi : La feuille route, c’est pour faciliter les rencontres et les discussions entre tous les Centrafricains sans exception. C’est de vous offrir les cadres de vos discussions, échanges, négociations, revendications, demandes et compromis éventuels. Il ne nous appartient pas, sur une quelque question de Justice, de démocratie, d’associations, d’application de loi pénale et d’impunité de vous proposer quoi que soit. Nous ne vous proposons rien…… nous vous créons un cadre plus propice pour la solution de vos problèmes. Je ne peux pas être plus claire…

 

Après cet appel lancé vers les Centrafricains, est-ce que vous voyez un aboutissement à cela ?

 

MHEL : Je voudrais dire que, nous ne sommes pas là pour plaisanter ni remplir la galerie. Nous ne sommes pas là pour chercher un accord de plus. Nous sommes là pour faire aboutir cette initiative et nous sommes déterminés à le faire. Nous sommes rassurés aujourd’hui de l’unanimité qui se crée autour de la feuille de route de l’Union Africaine, après avoir suscité à des moments donnés des questionnements, des doutes… Nous venons de sortir d’une audience extrêmement instructive et extrêmement  positive avec le Président de la République, et nous avons discuté avec le Président de l’Assemblée Nationale; nous allons discuter avec tous les partenaires, mais nous allons surtout discuter en tant qu’africains avec les Centrafricains et avec ceux qui sont responsables de violences aujourd’hui en Centrafrique.

 

Quel est le cadre de collaboration avec l’institution de l’UNDAF

 

MHEL : Notre principe est de collaborer avec tous ceux qui peuvent nous aider sans aucune exclusivité. Je tiens à préciser que les membres de panel, réunis ici à cette rencontre, n’ont aucune intention de faire de la paix en Centrafrique un fonds de commerce pour eux, ni de monopoliser l’œuvre pour la paix. Tous ceux qui peuvent nous aider, nous allons nous adresser à eux, qu’ils soient des Centrafricains ou des étrangers.

 

Quelle est votre appréciation par rapport au respect des droits de l’Homme en Centrafrique ?

 

MHEL : Je trouve intolérable, insupportable la poursuite de la scène à laquelle nous assistons aujourd’hui. Que des centrafricains continuent d’assassiner, de tuer, d’égorger des Centrafricains. Je trouve qu’il est inacceptable qu’on continue de tolérer cela et tolérer l’image que cela renvoie de ce pays qui a un peuple merveilleux. Tous les Centrafricains devraient se soulever en un seul homme pour dire : y en marre !

 

Donc, dans ce cadre, le respect des Droits de l’Homme et de l’être humain et de sa dignité, de son intégrité et sa santé sont quelque chose de primordial.

 

Monsieur le Professeur Mohamed El Hacen Lebatt je vous remercie !

 

 

Les missions du panel et qualités recommandées aux experts membres du panel

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 28 SEPTEMBRE 2017

 

Après l’intervention panafricaine aux côtés de la Centrafrique au plus fort de la crise à travers la Misca, une feuille de route a été initiée et adoptée le 17 juillet 2017 à Libreville, au Gabon. Cette feuille de route prévoit un mécanisme africain pour la résolution de la crise.

 

Se mettre autour de la table malgré les divergences et se parler pour obtenir la paix, c’est l’objectif de la feuille de route de l’Union Africaine, selon le ministre congolais des Affaires Etrangères Mr Jean Claude Gakosso.

 

Cette feuille de route, loin d‘être une initiative sans lendemain,  a connu l’implication des pays partenaires pour la paix et des organisations qui se sont réunis à Bangui, dans un panel des experts qui se sont assignés les missions suivantes : convoquer les rencontres avec les parties prenantes et modérer les discussions ; faciliter la recherche de consensus et de compromis entre les Parties centrafricaines ; faire observer les principes directeurs édictés dans la Feuille de route en vue de favoriser un climat de paix entre les parties prenantes centrafricaines.

 

« La mission est délicate, mais la méthodologie pourra faciliter les choses », d’après le ministre congolais des Affaires Etrangères, Jean Claude Gakosso qui définit les qualités attendues des facilitateurs : « la probité morale, la neutralité, l’unité,  l’engagement à toute épreuve, la persévérance car il n’y a pas d’alternative à la paix » a-t-il insisté.

 

Faire de la paix en RCA une exigence, les Etats africains s’investissent davantage et ne se montrent pas fatigués pour accompagner ce pays au sortir du chao. Mais les centrafricains doivent jouer leur partition en comprenant qu’ils ne sont pas les seuls et qu’il faut sauver la paix à tous les prix.

 

Le gouvernement centrafricain signataire de la feuille de route mesure les enjeux de l’initiative, à travers son ministre des Affaires Etrangères Charles Armel Doubane, qui qualifie l’initiative de « cette initiative de dernière chance pour les Centrafricains  de créer les conditions d’une accalmie durable devant déboucher forcement sur la paix de laquelle dépend la relance, le relèvement, puis le développement de la RCA ».

 

Faustin Archange Touadera, favorable à l’initiative africaine a désigné un point focal : Jean Wilibiro Sacko, ministre conseiller à la Présidence en charge du DDRR, RSS et Réconciliation nationale au sein du panel des experts pour porter les questions essentielles. Une mission additionnelle placée sur la même trajectoire du gouvernement pour faire un DDR négocié et aboutir à une réconciliation apaisée.

 

L’initiative africaine, qui ne met pas entre parenthèse la justice, se veut raisonnable et pratique. Le dénominateur commun, c’est l’adhésion des groupes armés réputés farouches et leur disponibilité à parler dans un cadre et format de dialogue inclusif. Est-ce que le panel des experts et les négociations qui s’en suivront, aboutiront au dialogue global pour la paix ? Voilà la grande interrogation et si cela arrive, ce sera un pas de franchi.

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