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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 00:12
La première procédure judiciaire contre un membre de la Séléka
La première procédure judiciaire contre un membre de la Séléka

 

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com/ By Nicolas Beau 19 octobre 2021

 

L’audience de confirmation des charges dans l’affaire d’un commandant s’est ouverte le 12 octobre

La Cour pénale internationale (CPI) ouvre aujourd’hui une audience préliminaire dans l’affaire d’un ancien chef de guerre du groupe rebelle Séléka, qui est inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine. Cette affaire représente un pas important et bienvenu dans la lutte contre l’impunité des crimes graves commis dans la République centrafricaine.

Au cours de l’audience de confirmation des charges, les juges de la CPI détermineront s’il existe suffisamment de preuves pour que le dossier d’accusation contre Mahamat Saïd Abdel Kani débouche sur un procès. C’est la première procédure judiciaire à l’encontre d’un membre de la Séléka. Mais pour que la CPI puisse rendre justice comme il se doit, elle devra poursuivre des suspects de plus haut niveau. 

À partir de 2012, des membres de la Séléka, une coalition rebelle composée principalement de musulmans du nord-est du pays, se sont livrés à des attaques brutales à l’encontre de civils dans des villes et des villages, au cours de leur trajet vers le sud pour rejoindre Bangui, la capitale. Ils ont tué et agressé sexuellement des civils et rasé des villages. En 2013, des milices locales, dites anti-balaka, se sont formées afin de s’opposer à la Séléka, puis ont commis à leur tour de graves crimes, en partie parce que les anti-balaka avaient tendance à assimiler tous les musulmans à la Séléka.

Les anti Balaka en février dernier

En février dernier, la CPI a ouvert son premier procès contre deux chefs anti-balaka, procès qui est toujours en cours. Quelques semaines auparavant, Mahamat Saïd avait été placé en garde à vue puis déféré devant la CPI pour les crimes graves qu’il a présumément commis lorsqu’ils supervisait les opérations dans deux prisons de Bangui en 2013.

Les autorités centrafricaines ont demandé à la CPI d’enquêter et de poursuivre les crimes graves commis dans le pays. La CPI travaille désormais aux côtés de la Cour pénale spéciale, un tribunal novateur jugeant les crimes de guerre, qui intègre des experts internationaux et un personnel national, ainsi que les tribunaux nationaux ordinaires du pays.  

La CPI étant un tribunal de dernière instance, elle ne pourrait jamais prendre en charge toutes les affaires de crimes graves commis en République centrafricaine. Mais elle devrait assurer les procès impliquant les hauts responsables afin de contribuer à établir les responsabilités pénales à ce niveau. Ainsi la CPI pourra à la fois répondre aux attentes de la justice et favoriser un environnement qui aidera les autres tribunaux à mieux lutter contre l’impunité.

Un fait demeure : il existe beaucoup d’autres chefs de la Séléka plus haut gradés qui sont impliqués dans les crimes, dont certains contrôlent de grandes parties du pays et continueraient à commettre de graves abus. Pourtant, jusqu’ici, Mahamat Saïd est l’unique chef de la Séléka poursuivi devant la CPI. Espérons que cela change.

 

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Centrafrique-Presse.com
19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 23:37
RCA : Trois nouveaux députés intègrent le parlement de la CEMAC

Lu pour vous

 

Publié le 18.10.2021 à 19h27 par journaldebangui.com avec oubanguimedias.com

Les honorables Evariste Ngamana, Dieudonné Marien Djemé et Bernadette Souaninzi Gambo intègrent le Parlement de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC).

Dans une correspondance du président de l’Assemblée Nationale Centrafricaine Simplice Mathieu Sarandji à son collègue du Parlement de la CEMAC Hilarion Etong, il fait mention que trois (03) députés centrafricains font leur entrée au Parlement communautaire. Il s’agit du 1er Vice-président de l’Assemblée Nationale centrafricaine, l’honorable Evariste Ngamana, l’honorable Dieudonné Marien Djemé et l’honorable Bernadette Souaninzi Gambo.

Dans ladite correspondance, le député Honorable Evariste Ngamana, premier vice-président de l’Assemblée Nationale centrafricaine est établit comme Chef de délégation des parlementaires centrafricains à l’Assemblée de la CEMAC. A ce titre, il devient aussi le Vice-président du Parlement de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale.

De son côté, le député Dieudonné Marien Djemé occupera le poste du deuxième rapporteur à la commission  chargée de l’économie et des finances. Ces trois (03) élus de la Nation vont rejoindre leurs collègues parlementaires centrafricains qui siègent depuis au Parlement communautaire. Il s’agit du député André Narké Dorogo qui est le président de la commission qui concerne le respect des valeurs démocratiques et institutionnelles dans le cadre juridique et de l’honorable Emilie Béatrice Epaye qui fut aussi Vice-présidente du Parlement communautaire et qui est finalement remplacée par l’honorable Evariste Ngamana.

Les cinq (05) députés centrafricains qui siègent au nom de la RCA joueront pleinement leur rôle pour défendre les valeurs politiques démocratiques et de l’économie de la sous-région. La cérémonie de la prestation de serment et de la présentation des trois honorables comme nouveaux membres du Parlement de la CEMAC s’était déroulée le jeudi 14 octobre 2021 à l’Assemblée Nationale à Bangui. Ceci, lors de la deuxième session ordinaire en visioconférence du Parlement de la CEMAC ouverte depuis le 11 octobre pour prendre fin le 09 novembre prochain.

Désormais Chef de la délégation centrafricaine et Vice-président du Parlement de la CEMAC, l’honorable Evariste Ngamana se réjouit mais se dit conscient de la lourde responsabilité qui l’attend : «  Je suis heureux d’intégrer le Parlement de la CEMAC et je remercie le Président de l’Assemblée Nationale centrafricaine Simplice Mathieu Sarandji pour l’honneur qu’il m’a fait. Je sais que grande est ma responsabilité car je vais travailler au nom de tous les peuples de la sous-région d’Afrique centrale ».

« Je travaillerai sans doute avec mes anciens collègues qui sont l’honorable Emilie Béatrice Epaye et l’honorable André Nalké Dorogo sans oublier les autres collègues qui nous ont cédé leurs fauteuils. Leurs expériences seront bénéfiques pour nous et ensemble, nous réussirons cette mission difficile mais pas impossible », a-t-il précisé.

Selon l’honorable Evariste Ngamana, en plus de ses fonctions liées à l’organisation et au fonctionnement de la CEMAC, il se battrait pour que plusieurs centrafricains intègrent aussi des instances supérieures au niveau des institutions et organisations africaines et internationales.

Le Parlement de la CEMAC est composé de 30 membres en raison de cinq (05) députés par pays membres de la Communauté. Notons que la CEMAC regroupe six (06) États membres à savoir : Le Cameroun, le Congo Brazzaville, le Gabon, la République Centrafricaine, LA Guinée Equatoriale et le Tchad.  Le  siège du Parlement de la communautaire se trouve à Malabo en Guinée Equatoriale et le Président en exercice de la CEMAC est  actuellement le président Camerounais Paul Biya.

Selon les textes statutaires du Parlement de la CEMAC, le pays dont le Chef de l’État assure le titre du président de la communauté, du coup, le Chef de la délégation du pays au sein du parlement de la communauté devient aussi le Président du Parlement de la CEMAC. Ce qui sous-entend que si le Président centrafricain Faustin Archange Touadera devient président de la CEMAC étant donné que la présidence est tournante, le Premier Vice-président du parlement centrafricain Evariste Ngamana, Chef de la délégation des députés centrafricains au sein du Parlement communautaire et actuel Vice-président dudit parlement deviendra aussitôt le président du Parlement de la sous-région. Ceci en respect des dispositions de l’article 32 alinéa 3 des statuts de la communauté.

Il est possible la présidence tournante de la CEMAC passe à la Centrafrique l’année prochaine. La dernière fois, c’était en 2010 avec l’ancien président François Bozizé.

 

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Centrafrique-Presse.com
19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 23:30
Comment la constitution de la Vᵉ République a modelé la décolonisation

 

Lu pour vous

 

https://www.infochretienne.com/ 19 octobre 2021

Le pardon officiel du président Macron aux harkis et l’annonce de l’adoption prochaine d’une loi de réparation marquent une étape importante dans le processus de réconciliation nationale de la France avec son passé colonial.

Le droit, et l’enseignement du droit, ont aussi leur rôle à jouer dans l’entreprise de décolonisation. En effet, une colonisation va de pair avec une domination légale, celle d’un système juridique et judiciaire pensé et appliqué pour maintenir un territoire et sa population sous le joug du colonisateur.

La domination légale se concrétise avant tout au niveau des droits personnels, comme ce fut le cas de la différence de statut entre le citoyen français de métropole et l’indigène – dépourvu de la plupart des droits civiques. Mais elle se concrétise aussi au niveau des institutions avec une organisation des relations de pouvoir entre la métropole et les colonies destinés à asseoir la domination de la première sur les secondes.

Ainsi une décolonisation est un processus de transition dite juridique. Il s’agit de débarrasser le système juridique du pays nouvellement indépendant des rapports juridiques qui le liaient à l’ancienne métropole. En France, cette transition juridique a été actée par la constitution de 1958. Si cette dernière marqua le début de la Ve République, elle fut surtout l’occasion pour les territoires d’Afrique francophone d’affirmer leur volonté d’indépendance.

Une constitution de décolonisation

Il est de bon ton, dans les facultés de droit et ailleurs, d’expliquer que la raison d’être de la constitution de 1958 repose dans l’instabilité gouvernementale de la IVe République. Cette dernière, et ses 22 gouvernements en 12 ans, était devenu dangereusement inefficace. Il fallait retrouver de la stabilité grâce à un président qui « assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État » (article 5) et un gouvernement sans la menace constance d’une motion de censure du Parlement.

Rares sont cependant les étudiants à connaître l’objectif de décolonisation attaché à la constitution de 1958. En effet, ce point n’apparaît dans aucun des ouvrages de référence. De Gaulle, dans son discours du 4 septembre 1958 était pourtant clair : il fallait une nouvelle constitution pour « qu’entre la nation française et ceux des territoires d’outre-mer qui le veulent, soit formée une Communauté, au sein de laquelle chaque territoire va devenir un État qui se gouvernera lui-même ».

Un des objectifs principaux de la constitution de 1958 était donc de finir le processus de décolonisation amorcé par la IVe République. Cette dernière, en affirmant l’égalité des peuples dans son préambule, se devait de mettre en terme à l’impérialisme français.

Les étapes

L’apport principal de la constitution de 1946 fut de transformer l’Empire Français en Union française à la suite de quoi le Cambodge et le Laos en 1953, le Vietnam en 1954, la Tunisie et le Maroc en 1956 retrouvèrent leur indépendance. En dehors de ces pays, la majorité des anciennes colonies restèrent sous le statut de territoires d’outre-mer c’est-à-dire sous une tutelle encore très forte de la métropole qui décida notamment de leurs relations extérieures ou des modalités de représentation politique (Titre VIII, constitution de 1946).

La pierre angulaire du processus de décolonisation fut le référendum du 28 septembre 1958. Si en France, celui-ci servait à approuver la Ve République, pour les territoires d’outre-mer, il représentait la première étape vers l’indépendance. Un « non » signifiait un rejet de la constitution et un accès immédiat à l’indépendance. Seule la Guinée opta pour cette option. Si les territoires votaient oui, ils pouvaient choisir entre un maintien du statu quo, une assimilation en tant que département ou une élévation au rang d’État membre de la Communauté. Comme l’ancien article 86 de la constitution le précisait, un État membre pouvait devenir indépendant et cesser d’appartenir à la Communauté.

Entre novembre et décembre 1958, tous les territoires d’outre-mer, à l’exception de la Guinée, choisirent le régime de la Communauté, après avoir voté oui au référendum. En août 1960, le Bénin, le Burkina Faso, le Chad, la Centrafrique, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Niger proclamèrent leur indépendance. En juin ce fut le tour de Madagascar suivi de la Mauritanie en novembre. La procédure d’indépendance progressive prévue par la constitution de 1958 peut donc être considérée comme un succès.

De l’indépendance à la dictature du parti unique

Ce fut cependant un bref succès. À l’exception de Madagascar, tous les États se dotèrent d’une nouvelle constitution quelques mois à peine après leur indépendance. Ces constitutions instaurèrent toutes un régime présidentiel fort, sur le modèle de la constitution de 1958 après l’élection au suffrage universel direct du président de la République. Elles marquèrent le début des dictatures dites du parti unique qui sclérosent l’Afrique francophone depuis 1960.

Une adoption si coordonnée de constitutions si similaires interroge forcément sur l’influence de l’ancienne métropole.

La reproduction d’un modèle autoritaire

Entre le oui au référendum et la déclaration d’indépendance, le régime de la Communauté s’appliquait. Or ce régime était caractérisé par une concentration des pouvoirs dans les mains du président de la République, lui-même président de la Communauté (article 80). Par décision présidentielle du 9 février 1959, le français resta langue officielle, la Marseillaise demeura l’hymne des États, l’armée française pouvait y stationner. La France contrôlait de fait ces anciens territoires jusqu’à l’aune de leur indépendance.

En 1963, le professeur de droit public François Luchaire, décrivait le caractère autoritaire des pays d’Afrique francophone avec les mots suivants :

« Les États d’expression française n’ont pas eu l’impression de rompre avec l’exemple français ; bien au contraire, chacun a voulu donner à son chef d’État une autorité constitutionnelle comparable à l’autorité qui est celle du général de Gaulle en France ; parfois conseillés par des experts français, ils ont d’ailleurs utilisé les innovations contenues dans la constitution française avec les adaptations qui s’expliquent. »

Théo Fournier, Docteur en droit – Chercheur associé au centre Sorbonne Constitutions et Libertés, Sciences Po

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Centrafrique-Presse.com
19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 23:22
Allocutions au Conseil de sécurité de l'ONU

 

INTERVENTION DE MME NATHALIE BROADHURST,
REPRESENTANTE PERMANENTE ADJOINTE DE LA FRANCE

AUPRES DES NATIONS UNIES, CHARGÉE D’AFFAIRES A.I. AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 18 octobre 2021

Thank you Mr President,

Monsieur le Président,

Je remercie le Représentant spécial, le Commissaire Paix et sécurité de l’Union africaine, le Chef de la délégation de l’Union européenne et Madame Pamela Audrey Derom, représentante de la société civile, pour leurs interventions.

Je salue également la participation à cette réunion aujourd’hui du Président Faustin-Archange Touadéra, ce au lendemain de l’annonce qu’il a faite le 15 octobre d’un cessez-le-feu immédiat en RCA.

La France salue cette annonce, résultat, comme nous le savons, des efforts déployés depuis plusieurs mois par les Etats de la sous-région, et en particulier par l’Angola et le Rwanda.

Il s’agit d’un signal extrêmement encourageant qui, s’il est suivi d’effet, permettra à la RCA, avec le soutien de la communauté internationale, de reprendre son chemin vers la stabilité et vers le développement.

Le plus dur reste toutefois à faire car bien sûr toutes les parties devront pleinement le respecter. La France appelle ainsi tous les groupes armés, les forces armées centrafricaines et l’ensemble des autres forces présentes en RCA à faire immédiatement taire les armes.

La France se tient prête à proposer au Conseil de sécurité de nouvelles sanctions individuelles à l’encontre de ceux qui se rendraient coupables de violations du cessez-le-feu.

La communauté internationale aura un rôle important à jouer pour garantir le respect du cessez-le-feu. La MINUSCA devra y prendre pleinement part, en utilisant tous les moyens que lui confère son mandat, en lien avec la médiation régionale, en exerçant ses bons offices, en facilitant le dialogue entre les parties au conflit. Je saisis cette occasion pour vous remercier, Monsieur le Représentant spécial, pour votre engagement pour la réconciliation en RCA.

Monsieur le Président,

Avec ce cessez-le-feu, le moment du dialogue de paix doit désormais succéder à celui des armes.

Ce dialogue, qui doit être sincère, inclusif, nécessite en premier lieu l’arrêt définitif et immédiat des violences qui sont commises à l’encontre des populations civiles. C’est la clef pour la réconciliation en Centrafrique.

De ce point de vue, la présence de Wagner en Centrafrique est profondément déstabilisante. Elle constitue un facteur de guerre et non pas un facteur de paix. Les preuves s’accumulent sur les exactions commises par ce groupe : les arrestations extrajudiciaires, les exécutions sommaires, les violences sexuelles et basées sur le genre, les menaces exercées contre des défenseurs des droits de l’Homme, les entraves à l’accès humanitaire. Tout cela est inacceptable et bien documenté dans le rapport du panel d’experts, dans le rapport conjoint de la MINUSCA et du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme et puis enfin dans le rapport du Secrétaire général que nous examinons aujourd’hui. Wagner profite de surcroît de sa position pour se livrer à une prédation organisée des ressources naturelles. Et c’est pourtant à l’économie centrafricaine que ces ressources devrait bénéficier.

J’appelle à cet égard à lever l’ambiguïté qui est entretenue par l’utilisation, dans l’ensemble des rapports des Nations Unies, de l’expression « autres personnels de sécurité » qui entretient la confusion. S’il s’agit des forces bilatérales qui ont été notifiées au comité de sanctions, alors l’Etat concerné doit assumer la pleine responsabilité des exactions commises. S’il s’agit des mercenaires de Wagner, leur présence n’a jamais été notifiée au comité de sanctions : et elle n’est pas conforme à l’embargo renouvelé par ce Conseil au mois de juillet dernier.

Dans le prolongement des déclarations du Ministre centrafricain de la Justice, le 1er octobre dernier, qui reconnait ces exactions, la France appelle les autorités centrafricaines à n’accorder aucune impunité à leurs auteurs, à les traduire rapidement en justice et plus largement à en tirer toutes les conséquences pour l’avenir de la Centrafrique, afin d’œuvrer à la réconciliation dans la nouvelle phase qui vient de s’ouvrir.

Monsieur le Président,

Le mois prochain, nous renouvellerons le mandat de la MINUSCA.

Et la MINUSCA, comme cela a été rappelé, est le meilleur allié de la Centrafrique, chacun doit en avoir conscience. Elle a joué un rôle déterminant pour repousser les offensives de la CPC à l’hiver dernier. Elle est la seule à avoir la légitimité, les compétences et les moyens pour appuyer le renforcement des institutions et de l’armée centrafricaine, ce avec le concours d’autres partenaires tels que l’Union européenne, comme cela a été rappelé.

Mais la MINUSCA ne peut travailler quand elle est soumise à des calomnies sur les réseaux sociaux, dans la presse, à des violations de l’Accord sur le statut des forces qui mettent les casques bleus en danger direct. La France appelle le gouvernement centrafricain à tout faire pour rétablir une relation de confiance avec la MINUSCA.

La France proposera prochainement une résolution qui prendra à la fois en compte la nouvelle donne politico-sécuritaire mais qui insistera également sur la nécessité de mettre en œuvre très rapidement l’augmentation du plafond de troupes qui a été décidé par ce Conseil au mois de mars dernier. Nous espérons pouvoir compter sur le soutien de tous les membres du Conseil.

Je vous remercie.

 

 

Allocution de Monsieur Mankeur Ndiaye , Représentant spécial du Secrétaire général, chef de la MINUSCA devant le Conseil de sécurité

Présentation du Rapport du Secrétaire général sur la situation en  République centrafricaine au Conseil de sécurité  , New-York, le 18 octobre 2021

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,

Je tiens à vous remercier ainsi que le Secrétaire général de me faire l’honneur de prendre la parole aujourd’hui pour vous présenter le rapport du Secrétaire général sur la situation en République centrafricaine, conformément aux dispositions édictées dans la Résolution 2552 de cette même assemblée, dernier exercice de style avant la fin du mandat en cours de la MINUSCA, le 15 novembre prochain. J’aimerais en guise d’introduction saluer l’attention que vous continuez d’accorder à la situation en République centrafricaine ainsi que le soutien unanime apporté à la MINUSCA dans la mise en œuvre de son mandat. Je salue également la présence des partenaires internationaux de la RCA, et notamment l’Union européenne avec laquelle nous entretenons une excellente relation de travail dans le cadre de l’application du Partenariat stratégique ONU-UE sur les opérations de paix et la gestion de crises, ainsi que l’Union africaine et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale, co-garants de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA, la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs et les représentants de la société civile.

J’aimerais particulièrement relever, pour en féliciter ce Conseil, la récente visite entreprise, du 10 au 15 septembre du Comité 2127 sur le régime de sanctions en République centrafricaine. Il est de notre appréciation qu’une telle visite, fortement soutenue par la MINUSCA, contribue au dialogue constructif sur les progrès entrepris par le Gouvernement de la République centrafricaine vers la réalisation des objectifs de référence qui lui sont assignés dans le cadre du régime d’embargo en vigueur. Il s’agit donc d’une opportunité politique de haute portée pour appréhender les défis du Gouvernement et explorer avec lui les solutions pertinentes en faveur d’une sécurité durable, avec le soutien de la MINUSCA et des partenaires internationaux.

Monsieur le Président, honorables membres du Conseil,

Avec le parachèvement des élections présidentielle et législatives dans un contexte sécuritaire complexe et la mise en place, le 23 juin, d’un nouveau Gouvernement, la République centrafricaine aura franchi un palier non négligeable vers la stabilité institutionnelle. Elle a aussi réaffirmé son ancrage dans le processus de démocratisation, répondant ainsi à l’aspiration profonde des populations qui ont bravé des défis sécuritaires, au prix de leurs vies, dans l’exercice du droit de vote.

Le maintien de cet élan positif requiert la reconduction par le Conseil du mandat d’assistance électorale de la MINUSCA pour l’approfondissement du processus de décentralisation à travers la tenue d’élections locales dont les dernières remontent à 1988. En plus d’être un rendez-vous démocratique pour une gouvernance inclusive, ces élections locales constituent, le fruit d’un compromis politique majeur qui sous-tend l’équilibre critique du régime de partage des pouvoirs consacré par l’Accord politique pour la paix et la réconciliation. Il en résulte que tout retard ou la non-tenue de ces élections exposerait l’intégrité de l’Accord à des risques de remise en cause du processus de paix.

Sur le registre des progrès qui méritent l’attention du Conseil, figure la déclaration de cessez-le-feu du Président de la République, Faustin-Archange Touadéra, en date du 15 octobre. Nous profitons de cette occasion pour féliciter le Président et son Gouvernement pour cette grande ouverture au dialogue. Cette déclaration devrait amorcer la phase opératoire de la feuille de route conjointe pour la paix en République centrafricaine adoptée, sous la houlette du Président angolais, João Lourenço, le 16 septembre 2021, par la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL). C’est le lieu de saluer la vitalité de la dynamique régionale qui a pu revigorer le processus de paix avec une feuille de route qui offre une opportunité de revitaliser les dispositions essentielles de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation.

La complémentarité positive de la feuille de route conjointe et de l’Accord du 6 février 2019, facilite la jonction des garants, l’Union Africaine et la CEEAC, et les États de la sous-région, facilitateurs, dudit Accord de renouer des interactions synergiques afin d’en relancer la mise en œuvre. Il est donc impératif que tous les groupes armés et leurs leaders, sans exception, souscrivent sincèrement au processus de paix en exécutant de bonne foi toutes leurs obligations en vertu de l’Accord du 6 février et de la feuille de route conjointe. La MINUSCA compte remobiliser tous les partenaires et faire un usage optimal de ses bons offices et de sa Force pour accroître la contribution des partenaires internationaux au processus de paix et assurer, avec toutes les parties concernées, la crédibilité et l’intégrité de l’Accord. Il faut le dire, le succès de ce processus de revitalisation de l’Accord du 6 février et de la mise en œuvre de la nouvelle feuille de route conjointe, résidera dans son strict respect par toutes les parties et, dans la capacité des garants et facilitateurs, dont la MINUSCA, à assoir un cadre effectif de reddition de comptes qui jure d’avec les violations sans conséquences notées dans un passé récent.

L’intérêt que nous accordons à l’effectivité de la déclaration cessez-le-feu du 15 octobre réside dans sa contribution potentielle à la création d’un environnement propice au bon déroulement du dialogue républicain inclusif que le gouvernement compte lancer sous peu avec les partis politiques et forces vives de la nation. La classe politique et la société civile ont un rôle à jouer avec le Gouvernement et le soutien de la communauté internationale pour promouvoir l’appropriation nationale de ce processus combien important dans la quête de solutions politiques durables, vers la paix, la stabilité, la sécurité et la réconciliation nationale. Pour notre part, nous nourrissons l’espoir de voir ces deux processus contribuer à la création d’un environnement plus protecteur des populations civiles, et propice à la mise en œuvre effective de notre mandat sur toute l’étendue du territoire, compte tenu de la corrélation entre la sûreté et la sécurité du personnel civil et en uniforme des Nations Unies d’une part et leur performance dans l’exécution de leurs tâches d’autre part.

Honorables membres du Conseil,

Les défis sécuritaires subsistent encore dans certaines parties du territoire avec les opérations militaires en réponse aux agissements des groupes armés membres de la Coalition des Patriotes pour le Changement. Ainsi, avons-nous assisté, particulièrement dans l’ouest et le centre du pays, aux déplacements de la population et des tensions entre les communautés. De plus, certains groupes armés ont tenté de reconquérir leurs anciens bastions au nord-ouest, au centre et au sud-est du pays avec les conséquences que l’on sait sur les populations civiles, premières victimes de ces violences y compris une hausse des violations des droits de l’Homme et autres manquements au droit international humanitaire. À cet effet, nous encourageons le gouvernement à donner aux conclusions de la Commission d’enquête spéciale sur les violations des droits de l’Homme, mise en place le 4 mai 2021, la suite judiciaire qui en découle. À cet égard, le Système des Nations Unies dans son ensemble suit avec beaucoup d’espoir les enquêtes de la Cour Pénale Spéciale et continuera d’apporter son soutien au système judiciaire dans son ensemble dans les efforts de lutte contre l’impunité. Nous nous attendons particulièrement à assister aux premiers procès de la Cour Pénale Spéciale et à l’opérationnalisation de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation qui marqueront, sans nul doute, une marche irréversible vers la fin du cycle de l’impunité, y compris la consécration des droits des victimes à la vérité, à la justice et à la réparation, éléments consubstantiels et une réconciliation nationale durable.

Par ailleurs, il nous faudra aller au-delà de la lutte contre l’impunité, pour permettre au Gouvernent de mieux assurer l’effectivité de ses obligations de protection des civils et de promotion de droits de l’Homme par des forces de défense et de sécurité professionnelles et efficientes. Il nous faudra pour ce faire, continuer, avec tous les partenaires techniques et financiers internationaux, à accompagner les autorités centrafricaines dans la mise en œuvre des recommandations des revues stratégiques du secteur de la sécurité en cours. Il est de notre évaluation que l’optimisation de notre soutien à la réforme du secteur de la sécurité dépendra de notre capacité à nous investir davantage autour de trois axes stratégiques que sont :

    La gouvernance pour la performance ;

    Le contrôle pour la redevabilité ; et

    La coordination pour la cohérence et la complémentarité.

Aucun investissement dans la Réforme du Secteur de la Sécurité ne sera de trop compte tenu de la situation sécuritaire qui s’est complexifiée avec la recrudescence des incidents liés aux engins explosifs, notamment dans l’Ouest du pays. Il s’agit-là également d’un facteur de détérioration sécuritaire persistant qui impacte tant la protection des civils, l’acheminement de l’aide humanitaire, ainsi que la sûreté et la sécurité des casques bleus, et met péril la mise en œuvre du mandat de la MINUSCA. J’en appelle aux membres du Conseil pour une bonne prise en compte de cette préoccupation dans le processus de renouvellement du mandat de la MINUSCA.

Honorables membres du Conseil

Il est regrettable de constater que malgré le courage et la détermination des travailleurs humanitaires, les efforts dans les processus politique et de paix, et dans l’extension de l’autorité de l’Etat, la République centrafricaine ne soit pas encore sortie de crise humanitaire. Le nombre de déplacés internes demeure à un niveau sans précédent depuis 2014 et 63 % de la population, soit une estimation 3,1 millions de personnes, ont besoin d’une protection et d’une assistance humanitaire d’urgence. Il en résulte un besoin de financement du plan de réponse humanitaire dont le budget n’est couvert qu’à hauteur de 60 % si l’on veut fournir une assistance vitale à 1,84 million de personnes et éviter une érosion du tissu social qui nuirait inévitablement aux efforts de paix et de stabilité. Il en est de même de la situation économique dans un contexte de COVID-19 qui requiert des mesures budgétaires de nature à prévenir des risques de fragilisation de la sécurité et la stabilité du pays.

Au rang de nos défis émergents, continue de figurer la persistance des violations de l’Accord de siège, avec 41 violations documentées entre le 1er juin et le 1er octobre. Ce défi n’est pas insurmontable. Pour cette raison nous n’avions cessé le dialogue avec le Gouvernement afin d’y apporter des solutions définitives, car de telles violations affectent négativement la confiance, le partenariat et la cohabitation pacifique requis entre les forces conventionnelles, les autorités nationales et la MINUSCA. Cette situation est d’autant plus déplorable que jamais avant le déploiement des forces bilatérales et l’avènement de la CPC, la MINUSCA n’a subi avec persistance de tels incidents.

Les réponses structurelles à tous nos défis sécuritaires, humanitaires et opérationnels se trouvent dans la crédibilité des processus politiques et de paix à travers la revitalisation de l’accord du 6 février et la conduite du dialogue républicain. En effet, il nous faudra avec les partenaires internationaux et le soutien de tous les membres du Conseil, engager tant séparément que collectivement avec tous les acteurs centrafricains et la région pour faire de la cessation immédiate des hostilités et le cessez-le-feu une réalité. Le respect de ces préalables par toutes les parties peut bien générer une restauration graduelle de la confiance parmi tous les acteurs et le maintien d’un environnement propice pour la mise en œuvre de notre mandat multidimensionnel avec efficience dans l’intérêt de la protection des civils, de l’assistance humanitaire, des élections locales, des solutions durables pour le retour des réfugiés et personnes déplacées internes, indicateurs objectifs des progrès vers le retour de la Paix.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,

Nous sommes aussi conscients de l’apport critique du mandat et de la posture robuste de la MINUSCA à la crédibilisation des processus politique et de paix. Ainsi, nous comptons en optimiser l’usage avec l’arrivée des troupes et moyens additionnels déployés sur autorisation du Conseil de Sécurité, pour plus de performance dans l’exécution de nos tâches de protection des civils, de soutien à la fourniture de l’aide humanitaire, de bons offices politiques et de sécurisation des élections locales en coopération avec le gouvernement.

Pour garder l’esprit de la résolution 2566 vivant, j’en appelle au soutien des honorables membres du Conseil afin de permettre à la MINUSCA d’atteindre ses objectifs de renforcement de personnels en uniforme dans les meilleurs délais. Je salue à cet égard les contributions déjà annoncées par les pays contributeurs de troupes et de policiers et gendarmes, et souligne l’impérieuse nécessité d’accélérer le déploiement de leurs personnels militaires et policiers en soutien aux opérations de la MINUSCA et à la bonne mise en œuvre de son mandat.

Ce faisant, j’aimerais relever pour le déplorer la résurgence d’incidents relatifs à l’Exploitation et Abus Sexuels. De tels incidents inacceptables et injustifiés peuvent malheureusement ruiner la réputation de notre organisation et fragiliser la légitimité de notre mandat, d’où l’exécution rigoureuse de la politique de tolérance zéro du Secrétaire général et le réajustement de notre stratégie globale et intégrée de prévention et de réponse aux Exploitations et Abus Sexuels centrée sur les victimes, que je conduis personnellement en ce moment. Toutefois, nous comptons sur les membres du Conseil et la coopération effective des pays contributeurs de troupes et de personnel de police pour mettre fin à ce fléau par l’observation stricte des obligations qui nous incombent de part et d’autre.

En définitive, la reconduction du mandat de la MINUSCA, l’engagement des partenaires techniques et financiers internationaux de la RCA, l’appropriation nationale des processus politique et de paix ainsi que la forte volonté politique du gouvernement, demeurent, j’en suis persuadé, indispensables à l’adoption et la mise en œuvre de solutions politiques durables. Avec le soutien de tous les membres de ce Conseil, nous nous investirons à faire bon usage de nos bons offices afin de promouvoir une approche transparente, coordonnée et cohérente de nature à générer les contributions nécessaires à la résolution de la crise.

Je vous remercie.

 

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19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 23:21
Le président Touadéra défend ceux qui participent à la sécurisation du pays

 

Centrafrique: à l’ONU, le président Touadéra défend ceux qui participent à la sécurisation du pays

 

RFI Avec notre correspondante à New-YorkCarrie Nooten

Trois jours après avoir décrété le cessez-le-feu unilatéralement, le président Touadéra a assisté au Conseil de sécurité concernant la Centrafrique via une liaison vidéo avec New-York. Et le ton de son intervention a plutôt tranché avec le rapport du représentant du secrétaire général qui a servi de base à la réunion.

Dans l’hémicycle du Conseil de sécurité, le président Touadéra n’a pas manqué de remercier les pays ayant fourni des « forces bilatérales » à Bangui. Pour lui, ces forces auraient permis « d’optimiser la protection des populations civiles », et même s’il n’a pas cité la société privée Wagner, tout le Conseil a compris qu’il s’agissait en partie d’elle.

Cela a provoqué une levée de boucliers. Celui de l’ambassadrice adjointe française, ou encore de l’ambassadeur estonien par exemple, qui n’ont pas hésité à qualifier cette présence « déstabilisante ». L’ambassadrice russe a alors rejeté ces critiques en bloc, et dénoncé le « ton hautain » des membres du Conseil. Pour elle, les « instructeurs russes » ont permis d’améliorer le professionnalisme des Faca.

En tous cas, si les membres du Conseil espèrent que le cessez-le-feu permettra de créer de bonnes conditions pour un dialogue national, une grande majorité est encore inquiète des conclusions du rapport du secrétaire général. Sans même avoir noté la violation du cessez-le-feu samedi déjà, il est clair pour eux que le processus de paix n’a pas suffisamment avancé.

Le représentant de l’ONU en Centrafrique Mankeur Ndiaye a lui mis en garde contre « tout retard ou non tenue » des élections prévues en 2022.

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19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 23:16
Les mercenaires du groupe russe Wagner inquiètent Paris

 

Afrique : Les mercenaires du groupe russe Wagner inquiètent Paris

https://www.radioclassique.fr/ Par Marc Teddé Publié le 19/10/2021 à 14:27 | Modifié le 19/10/2021 à 14:27

Ce dimanche 17 octobre, Jean-Yves Le Drian, chef de la diplomatie française, a mis en garde contre les agissements de la milice privée russe Wagner, en Centrafrique. Paris redoute son arrivée au Mali, alors que les forces françaises opèrent un retrait progressif.

Les observateurs estiment entre 1 500 et 2 000 mercenaires sur le terrain

Wagner est une organisation supposée très proche du Kremlin et que le ministre français des Affaires étrangères considère dangereuse puisqu’elle se serait substituée à l’autorité de l’état centrafricain. Jean-Yves Le Drian a même parlé d’exactions et de prédations dans les pays où l’organisation opère. Officiellement, ils ne seraient que 535 simples instructeurs venus former les forces armées centrafricaines. Cependant, les observateurs les estiment plutôt entre 1 500 et 2 000 individus. Ce sont des mercenaires qui se battent depuis 2018 aux côtés de l’armée régulière contre les rebelles. Des rapports des Nations Unies évoquent par ailleurs des viols, des arrestations arbitraires et exécutions sommaires pratiquées sur les civils ainsi que l’usage de mines antipersonnel.

Côté finances, ces soldats mettent à profit l’accord de coopération douanière avec la Russie détaille Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’IFRI, l’Institut français des relations internationales : « Il y a des experts russes qui se sont invités sur les sites de dédouanement. Ils manipulent ces affaires et en profitent probablement financièrement puisque les douanes représentent la première recette fiscale de la Centrafrique ». Le groupe Wagner a obtenu l’exploitation d’une partie des mines du pays ou tout du moins, il en assure la sécurité. De quoi garantir qu’une partie des dividendes de l’activité finance bien le contrat qui le lie aux autorités de Centrafrique.

Marc Teddé

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19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 23:14
La Centrafrique appelle la France à cesser de l'«infantiliser»

Lu pour vous

 

La Centrafrique appelle la France à cesser de l'«infantiliser» après des déclarations de Le Drian



En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/91781-centrafrique-appelle-france-cesser-infantiliser-apres-declarations-le-drian  19 oct. 2021, 21:03

Le 17 octobre, le chef de la diplomatie française déclarait que le groupe de sécurité privé russe Wagner «confisquait la capacité fiscale de l'Etat» centrafricain. La ministre des Affaires étrangères de ce pays a dénoncé des propos mensongers. «Il y a un acharnement [...] et un souhait d’infantiliser la République centrafricaine et ses autorités qui doivent s’arrêter» : c'est en ces termes que la ministre centrafricaine des Affaires étrangères Sylvie Mbaïpo-Temon a réagi, auprès de l'AFP ce 19 octobre, à des propos tenus par son homologue français l'avant-veille. Elle s'est également dite à ce sujet «stupéfaite» de la réaction «extrême» et «mensongère» de Jean-Yves Le Drian.  

Il y a un acharnement [...] et un souhait d’infantiliser la République centrafricaine et ses autorités qui doivent s’arrêter Le 17 octobre, le ministre français des Affaires étrangères avait déclaré à propos des membres du groupe de sécurité privée russe Wagner qui, selon lui, «fait la guerre par procuration pour le compte de la Russie» : «Lorsqu'ils pénètrent dans un pays, ils multiplient les violations, les exactions, les prédations pour se substituer parfois même à l'autorité du pays.» Le ministre français avait ajouté : «L'exemple le plus spectaculaire c'est la République centrafricaine où finalement, pour pouvoir se payer, ils confisquent la capacité fiscale de l'Etat.» 

Confusion française entre Wagner et Moscou Lire aussi Coopération russo-centrafricaine : quand la France s’arroge un droit de regard Ces propos faisaient écho à l'accusation de la France selon laquelle une partie des instructeurs militaires que la Russie a déployés en Centrafrique pour soutenir les autorités locales seraient des membres de Wagner. Cette accusation, portée également par des ONG et l'ONU selon l'AFP, est démentie par la Russie. Moscou revendique en effet la présence de 1 135 instructeurs russes en Centrafrique, qui ne prennent pas part directement aux opérations de combat contre «les groupes armés illégaux», et dénonce toute confusion entre ses militaires et le groupe privé Wagner.

Or, un tel mélange des genres est récurent dans le discours des chancelleries occidentales, et notamment de Paris : l'AFP rappelle que Wagner «est accusé, notamment par la France, d'agir pour le compte du Kremlin là où il ne veut pas apparaître de manière trop officielle». Ce trait d'union tracé par Paris entre Moscou et Wagner est d'autant plus significatif qu'il semble exclusif à la Russie : les autorités françaises ne paraissent pas s'inquiéter, par exemple, de l'implication aux quatre coins du monde la société américaine BlackWater, qui fait pourtant partie des entreprises de sécurité privée dont les actions suscitent régulièrement la controverse. Paris obnubilé par la Russie en Afrique ?

Le 30 mai déjà, le président français Emmanuel Macron déclarait dans le JDD qu'un «discours anti-Français a[vait] permis de légitimer une présence de mercenaires prédateurs russes au sommet de l’Etat avec un président Touadéra qui est aujourd'hui l'otage du groupe Wagner». Quelques jours après, Paris gelait son aide budgétaire et suspendait sa coopération militaire avec Bangui. Au-delà de la confusion Wagner/Moscou, la France exprime ouvertement ces réticences à voir la Russie accroître son influence dans certains pays d'Afrique, en Centrafrique mais aussi Mali. Un discours qui contribue à accroître les tensions entre Paris et Bamako, ce dernier goûtant peu de recevoir des leçons quant à ses relations internationales.

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/91781-centrafrique-appelle-france-cesser-infantiliser-apres-declarations-le-drian

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19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 23:12
Le cessez-le-feu du Président Touadéra pourra-t-il ramener la paix ?

Lu pour vous

 

En Centrafrique, le cessez-le-feu du Président Touadéra pourra-t-il ramener la paix?

https://fr.sputniknews.com/ 21:47 18.10.2021 (Mis à jour: 10:29 19.10.2021)

Le Président Faustin-Archange Touadéra a annoncé un "cessez-le-feu unilatéral immédiat" et "la fin des opérations militaires et de toute action armée sur l’ensemble du territoire" de la Centrafrique. Un engagement pris pour dit-il privilégier la voie du dialogue afin de "donner une chance à la paix". Pour quelle efficacité?

Le "cessez-le-feu unilatéral" décrété par Faustin-Archange Touadéra, Président de la République centrafricaine (RCA), a-t-il une chance de ramener la paix dans ce pays déchiqueté par un interminable conflit?

"Il faut juste espérer que cette main tendue sera vue et perçue comme sincère par les groupes armés pour œuvrer collectivement au retour de la paix. Cela peut constituer une chance pour une résolution globale de la crise au moment où se prépare le énième dialogue national sans la participation des groupes armés", explique à Sputnik Kag Sanoussi, président de l’Institut international de gestion des conflits dont le siège se trouve à Lille.

En effet, dans une allocution à la radio nationale, le Président centrafricain a décrété, vendredi 15 octobre, un "cessez-le-feu unilatéral" de son armée et ses alliés dans leur guerre contre les rebelles.

"Je viens vous annoncer ce soir la fin des opérations militaires sur l’ensemble du territoire national, à compter de ce jour à minuit", a déclaré le Président Touadéra.

Quid des groupes rebelles?

Cet engagement a été pris par le gouvernement centrafricain lors de l’adoption de la feuille de route de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, le 16 septembre à Luanda, la capitale angolaise, afin de "donner une chance à la paix", a rappelé le chef de l’État.

"Les principaux leaders de la CPC [Coalition des patriotes pour le changement, regroupant six groupes rebelles, ndlr], à l’exception de Nourredine Adam et Ali Darassa, respectivement leaders du FPRC [Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique, ndlr] et de l’UPC [Union pour la paix en Centrafrique, ndlr], ont signé l’engagement de cesser toute action armée sur le territoire national", a-t-il souligné.

Si par le passé plusieurs accords de cessez-le-feu et de paix ont été violés par les groupes rebelles, Kag Sanoussi espère que le gouvernement va "réussir à ramener à la table des négociations les groupes comme l’UPC et le FPRC".

"La confiance a disparu entre les acteurs en RCA, mais pas l’espoir. Aussi infime soit-il aujourd’hui, il faut s’attendre à ce que les groupes rebelles jouent vraiment le jeu. Tout au moins, le fait de rendre statiques leurs positions actuelles, de ne plus entraver la vie quotidienne des populations, peut être considéré déjà comme un premier succès. Mais il y a aussi le risque que les groupes profitent de cette accalmie pour renforcer leur position et peser lors des négociations ", prévient le spécialiste des conflits.

"Une étape critique"

Cependant, Faustin-Archange Touadéra a précisé que cette décision n’empêche ni les forces de sécurité intérieure de maintenir l’ordre, ni l’armée de répondre en cas de légitime défense, ni la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) d’exercer son mandat. Dans un communiqué signé le 16 octobre, Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, a salué la déclaration de ce cessez-le-feu unilatéral en RCA. La décrivant comme une "étape critique" dans cette crise, le secrétaire général de l’Onu appelle toutes les autres parties "à respecter immédiatement ce cessez-le-feu et à renouveler les efforts pour faire avancer la mise en œuvre de l'accord politique de 2019 pour la paix et la réconciliation". Il a en outre appelé les parties à s'engager "de manière constructive dans un dialogue politique inclusif".

D’ailleurs, l’organisation d’un dialogue national est l’un des points clés inscrits dans le programme de Touadéra après sa réélection il y a 10 mois, mais qui tarde à voir le jour. Pour le Président centrafricain, ce cessez-le-feu traduit néanmoins sa "ferme volonté de privilégier la voie du dialogue et non celle des armes, dans le règlement de la crise qui secoue" la RCADécryptant cette avancée, Kag Sanoussi souligne que "seul le dialogue est capable de désarmer les cœurs et de réconcilier les différents protagonistes".

"Ce choix n’est pas celui d’une capitulation ni de la faiblesse face aux groupes armés qui ne connaissent aucun embargo, mais un acte responsable, une énième tentative pour accéder à la paix par des solutions par la négociation", explique le spécialiste des conflits.

Depuis 2013, la Centrafrique est le théâtre d’affrontements entre groupes armés qui commettent d’innombrables exactions. Le 6 février 2019, les protagonistes de la crise ont signé un nouvel accord pour le retour à une vie normale. Plus de deux ans après, les violations du huitième accord de paix sont encore nombreuses sur le terrain. Si le Président Touadéra a réussi grâce au soutien des instructeurs militaires russes et des soldats rwandais à repousser les assauts des rebelles loin de Bangui, de nombreuses attaques furtives sont encore enregistrées dans l’arrière-pays, malgré la présence des Casques bleus de la MINUSCA.

 

 

Centrafrique: le cessez-le-feu déjà violé par les loyalistes, accusent les rebelles

https://www.pressafrik.com/

Dans un communiqué publié ce lundi 18 octobre, la coalition rebelle CPC, qui avait mené début janvier l’offensive sur Bangui vient de réagir à l’annonce du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra.

« La CPC prend acte », dit le communiqué signé par un porte-parole depuis Paris, sans préciser si la coalition rebelle s’engage ou non à respecter le cessez-le-feu. Mais elle affirme également que les forces loyalistes auraient déjà violé cet engagement du chef de l’État à Bambari ainsi qu’à Benzambé, le village natal de l’ancien président Bozizé, aujourd’hui à la tête de la rébellion. La localité aurait été attaquée et pillée ce samedi 16 octobre par des paramilitaires russes, selon des sources locales et sécuritaires.
 
Dans son allocution, le chef de l’État lançait un appel à deux des principaux groupes armés restés hors du processus de cessez-le-feu : le FPRC - affaibli selon les spécialistes, par la contre-offensive et les divisions internes - et l’UPC qui conserve une certaine force de frappe et qui semble douter des intention du président Touadéra, selon un message attribué à son leader.
 
« Toujours pourchassés comme des ennemis de la République »

« Le chef de l’État a obtenu des garanties de la CPC pour l’abandon des hostilités, réaffirme le porte-parole de la présidence, le ministre Albert Yaloke Mokpeme. Mais sa détermination reste intacte et ceux qui gardent les armes seront toujours pourchassés comme des ennemis de la République. »
 
La décision du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra de décréter un cessez-le-feu unilatéral et immédiat vendredi 15 octobre a été accueillie très favorablement par la communauté internationale. Dans leurs communiqués respectifs, les Nations unies, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ainsi que la plupart des partenaires internationaux de la Centrafrique ont unanimement salué un pas décisif dans le processus de paix.
 
Mais certains observateurs doutent encore de son applicabilité sur le terrain suite aux regains de violences ces dernières semaines dans le centre et l’ouest du pays

RFI Mardi 19 Octobre 2021 - 11:30

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18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 13:26
Jean Yves Le Drian : Le groupe Wagner se substitue à l'autorité de l'Etat en Centrafrique

 

Le groupe Wagner se substitue à l'autorité de l'Etat en Centrafrique, selon Paris

Par Le Figaro avec AFP 17 oct 2021

Lorsqu'ils « pénètrent dans un pays, ils multiplient les violations, les exactions, les prédations pour se substituer parfois même à l'autorité du pays», a-t-il affirmé dans l'émission «C dans l'air» sur la chaîne France 5. «L'exemple le plus spectaculaire c'est la République centrafricaine où finalement, pour pouvoir se payer, ils confisquent la capacité fiscale de l'Etat», a-t-il dit.

La France, très impliquée militairement dans la lutte antiterroriste au Mali, est vent debout contre une possible arrivée du groupe Wagner dans ce pays pour y former les forces armées locales et assurer la protection des dirigeants. Elle a d'ores et déjà averti les autorités de transition maliennes qu'une présence de Wagner remettrait en cause son engagement militaire au Mali. «Ce n'est pas envisageable pour nous. C'est tout à fait incompatible avec la manière dont nous concevons la lutte contre le terrorisme au Mali», a réitéré Jean-Yves Le Drian.

Le groupe Wagner est soupçonné, notamment par Paris, d'agir pour le compte du Kremlin là où ce dernier ne veut pas apparaître de manière trop officielle. «Wagner c'est d'abord une société de mercenaires russes qui fait la guerre par procuration pour le compte de la Russie même si la Russie s'en défend (...) Ca ne trompe personne», a martelé le ministre.

Le chef de la diplomatie française s'en est plaint en septembre auprès de son homologue russe Sergueï Lavrov en marge de l'Assemblée générale des Nations-unies à New York. «Je lui ai dit comme cela. Il a dit c'est pas moi. Je lui ai dit si c'est vous. Ils se réfugient derrière le fait que tel ou tel Etat a le droit de passer un contrat avec telle ou telle société. Or ce n'est pas la réalité», a-t-il raconté.

«La réalité c'est que ce sont des combattants, des gens qui violent le droit international et remettent en cause la souveraineté même des Etats», a-t-il lancé.

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18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 13:24
CESSEZ LE FEU UNILATERAL EN RCA : DECLARATION DE LA CIRGL

 

DÉCLARATION DE LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LA RÉGION DES GRANDS LACS SUR L’ANNONCE DE CESSEZ-LEFEU EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Le Président en exercice de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) a pris note, avec une grande satisfaction, de la déclaration unilatérale de cessez-le-feu sur toute l’étendue de la République Centrafricaine à partir du 15 octobre 2021, tel qu’annoncée par Son Excellence le Professeur Faustin Archange Touadéra, Président de la République Centrafricaine (RCA).

Pour cette raison, la CIRGL félicite le peuple centrafricain, et considère la décision de cessez-le-feu comme une reconnaissance qu’un dialogue ouvert et constructif entre toutes les forces vives est le meilleur moyen de parvenir à la paix et à la stabilité tant désirées par le peuple centrafricain.

La CIRGL se félicite des progrès réalisés et appelle tous les acteurs politiques et militaires à respecter le cessez-le-feu et les principes de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine (APPR-RCA), négocié à Khartoum et signé le 6 février 2019 à Bangui, comme référence dans la recherche d’une solution durable à la crise centrafricaine.

La CIRGL félicite Son Excellence le Président Faustin Archange Touadéra pour la fermeté et la détermination avec lesquelles il a cherché à suivre les recommandations du 3ème Mini-Sommet du CIRGL, qui s’est tenu à Luanda le 16 septembre 2021. 2/2

La CIRGL réaffirme que le cessez-le-feu est un facteur indispensable pour le succès de l’ensemble du processus afin de créer un climat propice permettant de progresser vers la voie de la paix et de la réconciliation nationales, ainsi que la mise en œuvre de la Feuille de Route Conjointe pour la Paix en République Centrafricaine approuvée lors du 3ème Mini-Sommet à Luanda, y compris le Programme de Démobilisation, Désarmement, Réintégration et Rapatriement (DDRR).

En conclusion, la CIRGL appelle la communauté internationale, en particulier le Conseil de Sécurité des Nations Unies, à renouveler sa confiance dans le processus politique en cours en République Centrafricaine et à apporter tout le soutien nécessaire à la sauvegarde de la sécurité et à la promotion du bien-être du peuple centrafricain.

Fait à Luanda, le 16 octobre 2021.

- JOÃO MANUEL GONÇALVES LOURENÇO,

PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE D’ANGOLA ET PRÉSIDENT EN EXERCICE DE LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LA RÉGION DES GRANDS LACS

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