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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 02:51
Projet Chinko : Une mission parlementaire à Bakouma

 

Centrafrique : Une mission parlementaire à Bakouma pour évaluer le projet Chinko  

 

BAKOUMA, 17 Février 2020 (RJDH) --- Une équipe des parlementaires centrafricains est arrivée samedi 15 février, dans la sous-préfecture de Bakouma, pour une mission d’évaluation du projet Chinko.

Une mission parlementaire composée de quatre députés est arrivée ce samedi 15 février, dans la Sous-préfecture de Bakouma au sud-Est du pays, pour enquêter sur les activités du projet Chinko des aires protégées.

En 2004, le projet Chinko s’est engagé auprès du gouvernement pour la protection de la faune de Bakouma. Mais ces derniers temps, des rumeurs font état de ce que les responsables du projet ne respectent pas les clauses qui régissent le fonctionnement de cette structure dans le parc de Bakouma. C’est dans ce contexte que le parlement a envoyé équipe de quatre députés dans la région pour s’enquérir des informations y relatives.

Plusieurs rencontres de l’équipe du parlement composée de quatre députés ont eu lieu avec les autorités locales, dont le maire de la ville de Bakouma, Sylvain Ngoalima, qui a réagi en soulignant que « la municipalité a demandé la vérification du cahier de charge de ce projet Chinko, dans l’objectif de s’imprégner du contenu, l’application des textes et les limites assignées pour ce projet. Cette vérification du cahier de charge permet de savoir à quel niveau se situe le problème », a expliqué le Président de la Délégation Spéciale de la ville de Bakouma.

Il a, par-ailleurs, déploré l’arrestation et le transfèrement des certaines personnes à Bangui pour non-respect de la limite des zones interdites, « les chasseurs et les pécheurs sont souvent traqués par les responsables du projet sans aucune procédure judiciaire. La population est ignorante de la limite des aires protégées, alors qu’il est préférable de communiquer avec la population afin d’éviter les litiges », a remarqué le maire de Bakouma.

En 2016 et 2017, le projet Chinko a réalisé certaines activités dans la Sous-préfecture de Bakouma, la dotation du centre hospitalier en kits médicaux, la lutte contre le chômage des jeunes, la réhabilitation des maisons détruites pendant la crise. Le projet a soutenu l’éducation dans la région en soutenant les enseignants financièrement.  

Cette mission parlementaire d’évaluation va s’étendre sur Bangassou 2 et sur le site du projet Chinko.

Jean Marie Anidikounda

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 02:25
AFRIQUE CENTRALE : LA CORRUPTION MINE TOUJOURS LA SOUS-RÉGION

Lu pour vous 

 

AFRIQUE CENTRALE : LA CORRUPTION MINE TOUJOURS LA SOUS-RÉGION

 

https://www.afrique-centrale.fr/

 

Dans le monde, l’Afrique centrale détient le triste record du plus fort taux de corruption. Les neuf pays de la sous-région occupent les bas-fonds de l’index publié chaque année par l’ONG Transparency International. Dans le rapport 2019, le Gabon occupe la 123e place, le Cameroun et la République centrafricaine, à égalité, la 153e place. Le Congo et la République démocratique du Congo sont respectivement 165e et 168e. La Guinée équatoriale est en 173e position, à des niveaux similaires au Soudan, à l’Afghanistan et à une place derrière la Corée du Nord. Cette situation désastreuse traduit une mal gouvernance endémique, dont les impacts économiques et sociaux sont catastrophiques pour l’ensemble de la sous-région.

 

Quand la défaillance démocratique nourrit la corruption

« Un sombre tableau de l’inaction contre la corruption ». C’est en ces termes que Transparency International décrit la situation en Afrique subsaharienne. La situation s’explique notamment par la profusion de régimes autocratiques, voire autoritaires. Ce n’est pas un hasard si les pays d’Afrique centrale sont tout aussi mal positionnés dans l’index de la corruption que dans celui de l’indice des démocraties. Le Gabon occupe la 124e place, le Cameroun la 132e place, la Guinée équatoriale la 161e place et la Centrafrique la 164e place dans le classement 2019 de The Economist. Lorsqu’on s’intéresse au classement de Reporters Sans Frontières sur la liberté de la presse, les résultats sont tout aussi préoccupants. Le Gabon est 115e, le Cameroun 131e, la Centrafrique 145e et la Guinée équatoriale 165e. La faiblesse des institutions démocratiques et l’absence de garantie de l’expression individuelle et collective nourrissent en effet les pratiques de mal-gouvernance aux plus hauts niveaux de responsabilité.

La faiblesse des mécanismes de lutte anticorruption impacte aussi le développement économique en privant les différents pays d’investissements étrangers essentiels à la croissance. Dans l’indice de la Banque mondiale relatif à la facilité de faire des affaires, les pays d’Afrique centrale sont aussi les mauvais élèves. Le Gabon est 169e, la Centrafrique 184e,, la Guinée équatoriale 148e et le Cameroun 167e.

Les acteurs politiques au cœur des scandales

Dans toute la sous-région, les affaires touchant des personnalités politiques régionales se multiplient. Et c’est surtout en France que les familles des Présidents font leurs affaires. Le 10 février dernier, Teodorin Obiang Nguema, vice-président de la Guinée équatoriale, a ainsi été condamné en appel à trois ans de prison avec sursis et de 30 millions d’euros d’amende dans le procès des « biens mal acquis ». Le fils du Président s’est en effet constitué un patrimoine immobilier estimé à plusieurs millions d’euros en France. Denis Christel Sassou-Nguesso a échappé de peu à une mise en examen, malgré la demande du Parquet national financier français d’enquêter sur le train de vie du fils du Président congolais. L’acquisition à Paris d’un hôtel particulier pour une somme estimée à 4 millions d’euros avait notamment interpellé les autorités françaises. Au Gabon, le sommet de l’État est ébranlé par une vaste campagne anticorruption, dont les victimes se multiplient, sur fond de vengeance politique. Un peu plus au sud, en Angola, les « Luanda Leaks » éclaboussent la femme la plus riche d’Afrique, Isabel dos Santos.

Mais la corruption ne touche pas uniquement les personnalités exposées et constitue, bien au contraire, un mode de fonctionnement systémique dans les pays d’Afrique centrale. Du simple policier en charge de la circulation recevant une petite somme pour ignorer un excès de vitesse aux agents non assermentés chargés de l’inspection des entreprises, en passant par les arrangements aux postes de douanes, la corruption du quotidien conditionne les relations entre fonctionnaires et citoyens. Une réalité largement facilitée par l’absence d’organe de contrôle efficient, la faiblesse des revenus des fonctionnaires ou encore une hiérarchie globalement défaillante.

Le rôle trouble de certaines entreprises étrangères

Les négociations occultes avec les fonctionnaires locaux et le sens de l’entregent avec certaines personnalités influentes locales sont, en Afrique centrale, des pratiques quotidiennes pour les entreprises afin de faciliter l’accès aux marchés publics ou encore au permis d’exploitation des ressources naturelles. En juillet 2019, en Centrafrique, le député Mandaba Jean Michel, Président de la Commission Production, Ressources naturelles et Environnement de l’Assemblée nationale, a reconnu avoir bénéficié d’un pot-de-vin de 40 millions de francs CFA pour accélérer l’obtention d’un permis minier à une entreprise chinoise.

Au Gabon, les liens supposés entre l’ancienne secrétaire générale de la présidence gabonaise Laure Olga Gondjout désormais installée en Côte d’Ivoire et la holding monégasque Monaco Resources Group, dont la filiale R-Logistic opère l’assistance à escale à l’aéroport de Libreville, ont récemment été révélés dans la presse. Les sous-investissements de Monaco Resources Group sur la plateforme aéroportuaire Léon Mba de Libreville fragilisent la capacité du Gabon à devenir le hub aéroportuaire de l’Afrique centrale. Fragilisé dans le pays et dans le viseur des autorités gabonaises, Monaco Resources Group viserait ainsi le contrat d’assistance à escale de l’aéroport de l’aéroport d’Abidjan pour assurer la poursuite de ses activités dans le secteur aérien sur le continent.

Mais les entreprises françaises ne sont pas en reste non plus. La société Bourbon, l’un des leaders de services maritimes, a été accusée d’avoir versé environ 3 millions d’euros de pots-de-vin à des fonctionnaires de trois pays africains, dont le Cameroun et la Guinée équatoriale afin de minimiser ses impôts dans ces différents pays.

 Certains pays d’Afrique centrale haussent le ton contre la corruption

Au Gabon, une dizaine de cadres des administrations publiques et d’anciens proches du président Ali Bongo Ondimba ont été poursuivis, parfois emprisonnés, pour détournement de fonds publics ou blanchiment de capitaux. La dernière victime en date de l’Opération Scorpion est l’ancien directeur général de la société gabonaise des transports, Bruno Minko-mi-Ngwa, placé sous mandat dépôt le 12 février dernier. Le 31 janvier, Landry Régis Laccruche Lelabou est démis, en conseil des ministres, de son poste de directeur général de l’Office des Ports et Rades du Gabon (OPRAG). Derrière l’objectif ambitieux d’assainir les finances publiques du pays, les opposants dénoncent cependant des manœuvres politiques destinées à écarter des responsabilités certaines personnalités peu enclines à soutenir le pouvoir en place.

Le 27 décembre, en Centrafrique, le Président Faustin-Archange Touadéra a lancé la stratégie nationale de bonne gouvernance dans le pays destiné, là encore, à libérer le pays de la corruption endémique. En RDC, où la corruption constitue une perte financière annuelle de 15 milliards de dollars, Félix Tshisekédi a annoncé la création d’une « juridiction spécialisée dans la lutte contre la fraude fiscale, le blanchiment des capitaux ainsi que le détournement des deniers publics » le 12 décembre dernier. Insuffisant cependant, pour une partie de la société civile et de l’opposition, pour mettre un terme à ce fléau qui touche, là encore, certaines hautes personnalités congolaises.

 

Publié le Hier à 15 h 43 min par Rédaction

 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 02:19
LA MINUSCA POURSUIT SES OPERATIONS DE SECURISATION DE BIRAO

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

LA MINUSCA POURSUIT SES OPERATIONS DE SECURISATION DE BIRAO

 

Bangui, 18 février 2020 - La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA) poursuit ses opérations de sécurisation et de protection de la population civile et de la ville de Birao, préfecture de la Vakaga (sud-est de la RCA), où le calme est revenu après les combats violents de dimanche 16 février.

La MINUSCA condamne fermement l’offensive du FPRC contre la ville de Birao, qui constitue une violation grave de l’APPR-RCA auquel ce groupe armé se dit attaché. Elle rappelle le communiqué conjoint publié avec l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des états de l’Afrique centrale (CEEAC) le 13 février, demandant aux leaders du FPRC d’abandonner leur projet d’attaque contre Birao. Le communiqué condamnait également le MLCJ pour son implication dans des combats contre le FPRC à quelques kilomètres de Birao.

Suite à l’entrée des combattants lourdement armés du FPRC dans la ville, le dimanche 16 février, les casques bleus de la MINUSCA, accompagnés des FACA, ont repoussé ces éléments alors qu’ils menaçaient le site des personnes déplacées, la base des FACA et quartier général de la MINUSCA. 

La MINUSCA dénonce également les menaces du 1er vice-président du FPRC, Nourredine Adam, à l’encontre de la Mission, dans un communiqué en date du 16 février. La MINUSCA condamne par ailleurs les tentatives d’instrumentalisation de populations civiles, y compris l’utilisation des femmes et enfants comme bouclier humain à Ndélé et à Birao.

 La MINUSCA rappelle que sa mission primordiale, telle que mandatée par le Conseil de sécurité des Nations unies, est la protection de toutes les populations civiles centrafricaines sans exclusive, et qu’à cet effet, elle utilisera tous les moyens comme lui autorise son mandat. La MINUSCA souligne que les attaques visant les Forces de maintien de la paix peuvent constituer des crimes de guerre. La Mission précise que Nourredine Adam sera tenu responsable de possibles violences contre la population et les casques bleus à Birao ou ailleurs et répondra de ses actes devant les tribunaux ainsi que par l’application immédiate de sanctions prévues dans l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA).

 La MINUSCA réaffirme son engagement ferme à travailler avec toutes les parties pour mettre en œuvre l’APPR-RCA et son mandat de protection des populations civiles.

 

Strategic Communication & Public Information Division

MINUSCA HQ, PK4 Avenue B. Boganda

BP : 3338, Bangui, Central African Republic

Mail : publicinformation-minusca@un.org

Website: https://minusca.unmissions.org │

Facebook https://www.facebook.com/minusca.unmissions

Twitterhttps://twitter.com/@UN_CAR

Flickr https://www.flickr.com/photos/unminusca/

 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 02:16
RCA :12 combattants d’un groupe armé tués dans des combats avec des casques bleus
RCA :12 combattants d’un groupe armé tués dans des combats avec des casques bleus
RCA :12 combattants d’un groupe armé tués dans des combats avec des casques bleus

 

 

Centrafrique: 12 combattants d’un groupe armé tués dans des combats avec des casques bleus (gouvernement)

 

Douze combattants d’un groupe armé qui tentaient de pénétrer dans une ville du nord-est de la Centrafrique sont morts dans des combats dimanche avec les Casques bleus de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), a annoncé mardi le gouvernement.

«Le dimanche 16 février 2020, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) a fait une incursion dans la localité de Birao» avant d’être repoussé par la Minusca, selon le porte parole du gouvernement Ange-Maxime Kazagui dans un communiqué publié mardi. «Le bilan fait état de 12 morts côté FPRC», a-t-il ajouté, précisant que des militaires centrafricains ont été aussi engagés.

Dimanche, le FPRC avait lancé une nouvelle offensive sur cette ville située dans le nord-est du pays et tenue par le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), une milice rivale. Birao est le théâtre d’affrontements réguliers entre ces deux mouvements pourtant signataires à Khartoum d’un accord de paix il y a un an entre 14 groupes armés, et aussi entre ces rebelles et le gouvernement.

Cet accord, censé mettre fin à une guerre civile meurtrière qui a commencé en 2013, a abouti à une baisse conséquente des combats mais les deux tiers du territoire sont encore tenus par des groupes rebelles.

Des combats sporadiques ainsi que les exactions contre les civils persistent, malgré la présence des Casques bleus de la Minusca depuis 2014. Dimanche, «le FPRC a fait une incursion par trois axes dans la localité de Birao. Les objectifs de ces attaques étaient vraisemblablement le site de déplacés ainsi que la base des Forces armées centrafricaines», a déclaré M. Kazagui dans ce communiqué.

Jeudi, déjà, la Minusca avait fait appel à des avions de combat français qui avaient effectué une démonstration de force au-dessus de Birao pour dissuader une première offensive du FPRC, avait déclaré samedi à l’AFP le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro. La Minusca dispose d’une base à Birao, ville sous surveillance d’un contingent de casques bleus zambiens.

En Centrafrique près du quart des 4,7 millions d’habitants du pays ont fui leur domicile en raison des combats et de l’insécurité. Une élection présidentielle est prévue en décembre 2020.

 

ANI  AVEC AFP

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 01:48
RCA : "Aujourd'hui, nous assistons à des attaques ciblées" MN Koyara

Lu pour vous 

 

"Aujourd'hui, nous assistons à des attaques ciblées" (Marie-Noëlle Koyara, ministre de la défense de la RCA)

 

https://www.dw.com/ 17.02.2020

 

Au cours d’une interview qu’elle a accordée à la DW, la ministre centrafricaine de la défense, Marie-Noëlle Koyara, accuse les groupes armés de contrôler plusieurs régions riches en ressources naturelles.

Selon Marie-Noëlle Koyara, ces groupes armés contrôlent les régions minières pour pouvoir se faire de l'argent et acheter des armes dans le but de continuer à mener la guerre. Mais elle indique aussi que des efforts sont consentis pour résorber l’insécurité notamment dans le quartier du P5 de Bangui.

La ministre centrafricaine de la défense s’est exprimée en marge de la 56e conférence sur la sécurité de Munich qui s’est clôturée dimanche (16.02.2020).  

 

Simon Jung : Madame la ministre, 3/4 de votre pays est toujours contrôlé par les groupes armés. Quand comptez-vous réinstaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national ?

jusqu'à l'année dernière, on parlait de 3/4 du pays. Mais, aujourd'hui, une bonne moitié du pays n'est pas occupée par les groupes armés. C'est surtout au niveau de certaines villes et naturellement, dans les zones les plus riches en ressources naturelles. Et vous comprenez bien que c'est stratégique pour ces groupes armés: occuper les zones riches en ressources naturelles pour pouvoir se faire de l'argent et acheter des armes pour continuer à résister.

DW: Mais la violence continue. La Croix-Rouge a réduit ses activités après s'être fait attaquer. Il y a régulièrement des attaques contre les civils. Comment mieux protéger les civils?

Marie-Noëlle Koyara : ce sont des attaques ponctuelles. Ce n'est pas généralisé comme en 2013, 2014 jusqu'en 2015. Aujourd'hui, nous assistons à des attaques qui sont ciblées dans certaines zones. Malheureusement, si les gens de la Croix-Rouge se retrouvent dans ces zones d'attaques, évidemment, ils deviennent des cibles aussi.

DW: Même dans les quartiers de Bangui, la sécurité et le règne des groupes armés continuent. La Minusca (la force de l’ONU en RCA) et les forces de l'ordre refont des patrouilles depuis quelques semaines. Est-ce que la situation s'améliore?

Marie-Noëlle Koyara : la situation s'améliore très bien, je peux vous le dire. Le quartier de Km 5 n'est pas un quartier musulman mais un quartier d'affaire. Le quartier populaire de la ville de Bangui. Donc, beaucoup d'éléments des anciens groupes armés se sont retranchés là-bas. Et ils se sont organisés en auto-défense. Et ça bloqué les activités commerciales.

Il y a eu des initiatives ou les commerçants se sont organisés pour essayer de mettre hors d'état de nuire les groupes d'auto-défense. Donc, aujourd’hui, tous ces groupes d'auto-défense qui sont au moins une centaine ont écrit au gouvernement. Ils veulent déposer les armes. Les commerçants aussi sont d'accord pour déposer les armes. Donc, ce qui se passe aujourd'hui, ces patrouilles, c'est pour justement continuer à sécuriser cette initiative prise au niveau du Km 5 pour qu'il y ait pas d'autres infiltrations qui viennent perturber cette initiative louable d'aller à la paix.

 

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 15:59
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Une coordination entre l’EUTM-RCA et les instructeurs russes pour plus d’ « efficacité », souhaite le Général de brigade Éric Peltier

 

BANGUI, le 16 février 2020 (RJDH)---La mission de formation de l'Union Européenne en République Centrafricaine (EUTM-RCA) accompagne le pays dans sa Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS), dont l’un des piliers est la formation du personnel des Forces de Défense ainsi que des instructeurs russes pour l’aguerrissement des soldats. Dans une vidéo conférence le mois dernier, le commandant d’EUTM-RCA, le Général de brigade Eric Peltier a souhaité une coordination des formations pour plus d’« efficacité ».

 

Lors de sa vidéo conférence, le Général de brigade Eric Peltier a déclaré que « l’EUTM-RCA a déjà formé 6.000 soldats répartis dans 5 bataillons, dont 4 d’infanterie et 1 amphibie fluvial. Parmi eux, 1.500 soldats sont déjà déployés à l’extérieur de Bangui et appuyés par la Mission multidimensionnelle intégrée des nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), a rapporté la croixdeguerre-valeurmilitaire.fr. 

 

Par ailleurs, « l’EUTM-RCA entretient également des relations avec l’Union africaine, la France, les Etats-Unis, la Chine et la Russie », a-t-il ajouté. « Elle –la Russie- propose un aguerrissement complémentaire aux soldats centrafricains, avant leur déploiement dans les bataillons. L’arrivée prochaine en Centrafrique d’une mission militaire russe, officielle, permettra à l’EUTM-RCA de coordonner les formations, pour éviter toute redondance et rechercher l’efficacité », a fait remarquer le Général français.

 

Sur l’effectif des instructeurs en Centrafrique, le ministère russe des affaires étrangères a précisé que «  le nombre des conseillers militaires russes présent en RCA : 235 »,  a twitté Valery Zakharov, Conseiller russe en sécurité à la Présidence centrafricaine. 

 

L’EUTM-RCA a pris ses quartiers en Centrafrique depuis 2016 et assure la formation opérationnelle des Forces Armées Centrafricaines depuis le niveau individuel jusqu’à la compagnie. Elle forme aussi des formateurs en informatique, transmission ou topographie. Son mandat prendra fin en septembre 2020, et elle compte augmenter son effectif « afin de rendre plus opérationnelle la nouvelle base de Bouar » ouverte le 20 juin 2019. 

 

Depuis l’avènement de la Séléka en 2013, l’embargo onusien sur les armes à destination de la RCA n’a pas été levé totalement. Il prive les Forces Armées Centrafricaines de ses moyens d’action pour remplir sa mission classique.

 

Fleury Agou

 

 

Centrafrique : L’Union Européenne élargit son soutien au secteur de sécurité en Centrafrique

 

BANGUI, le 16 février 2020 (RJDH)--- European Union Advisory Mission (EUAM) est la nouvelle mission de conseil stratégique et d’appui à la transformation des Forces de Sécurité Intérieures (FSI), un nouvel appui de l’Union Européenne à la Réforme du Secteur de Sécurité (RSS) en Centrafrique. Cette nouvelle mission a été présentée aux autorités centrafricaines le mercredi 12 février dernier lors du dialogue politique UE-RCA à Bangui.

 

Le Chef de la mission civile de l’Union Européenne, EUAM RCA, est le Colonel Paulo Soares. Pour l’UE, la gouvernance du secteur de sécurité est le fer de lance du partenariat entre la RCA et l'UE, encourageant la restauration de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire.

Cette nouvelle mission a été présentée aux autorités centrafricaines lors du dialogue politique entre l’UE et la Centrafrique consacré aux convergences des actions politiques et stratégiques entre les deux parties.

 

« Le dialogue a aussi donné l'occasion de présenter la nouvelle mission civile européenne de conseil stratégique et d’appui à la transformation des Forces de Sécurité Intérieures (FSI) - EUAM (European Union Advisory Mission) qui sera déployée à partir du mois de mars. L'appui européen à la reforme et au déploiement des forces de défense et sécurité se poursuivra également à travers des projets d'appui à la mise en œuvre du Plan National de la Défense et un programme d'aide budgétaire sectorielle visant le déploiement des FSI sur le terrain et la réorganisation des services de gestion financière et des ressources humaines du Ministère de la Sécurité Publique », peut-on lire dans le communiqué conjoint UE-RCA à la fin de ce dialogue.

 

Faut-il le rappeler, l’UE est depuis 2016 en Centrafrique, apportant des techniques et savoir-faire au profit des Forces Armées Centrafricaines au travers de sa mission militaire de conseil stratégique et de formation, EUTM.

 

« Les actions menées au profit des FACA se poursuivront pour accompagner la Centrafrique dans la construction d'une armée professionnelle, inclusive, républicaine, moderne et capable, sous contrôle démocratique, répondant aux standards internationaux ».

 

Vianney Ingasso

 

 

Centrafrique: Le parquet général fait le bilan des sessions criminelles

 

BANGUI, le 16 Février 2020 (RJDH) --- Le bilan de la session criminelle 2019-2020 se résume à 20 condamnations pour une quarantaine de personnes condamnées.  Le Procureur Général, Éric Didier Tambo, qualifie cette session de dissuasive car, selon lui, nul n’est au-dessus de la loi. Bilan présenté à la presse ce samedi 15 février.

 

Le parquet général près la Cour d’Appel de Bangui se réjouit du déroulement des deux sessions criminelles de 2019-2020 qui, selon Éric Didier Tambo, est un signe de la volonté des autorités judiciaires centrafricaines à mettre terme à l’impunité dans le pays.

 

La première session criminelle est lancée en octobre 2019 au cours de laquelle 15 dossiers ont été jugés, la seconde en a jugé 5. La première session est marquée par les audiences des crimes contre les ressortissants chinois à Sosso-Nakombo dans la Mambere-Kadéï et la seconde par celles des crimes de Bangassou, a fait savoir le magistrat Éric Didier Tambo.

 

 « Le dossier dont le verdict vient de tomber devrait faire l’objet d’une session extraordinaire. En dépit de cela, nous avions eu des dossiers sur les infractions basées sur le genre, notamment les crimes de viol, l’atteinte à la promotion des jeunes filles. Nous avons aligné le dernier dossier des Casques Bleus assassinés à Yongofongo à Bangassou », a précisé le ministère public représenté par Eric Didier Tambo.

 

Le bilan des deux sessions nous donne un total de 20 dossiers jugés pour plus d’une quarantaine de personnes condamnées, « ce ne sont pas les nombres de dossier qui importent, plutôt la qualité de ces dossiers. Le dossier que nous venons de jugé, il y a au moins 30 accusés avec 8 avocats pour la défense, 6 avocats pour la partie civile et le ministère public, c’est très important pour la session de cette année. Les dossiers jugés sont qualifiés de dissuasive », a souligné le Procureur général.

 

Les peines varient de perpétuité à 5 ans au regard des faits qui ont été reprochés aux présumés coupables. Des crimes de droit commun et des violations graves des droits de l’homme ont été jugés lors des deux sessions criminelles par la Cour d’Appel de Bangui.

 

Un autre fait à relever est celui de la spécificité de la seconde marquée par les cas des violences basées sur le genre (VBG), car au moins une dizaine de dossiers sont transférés par l’Unité Mixte d’Intervention Rapide et de Répression (UMIRR) dont les auteurs ont été condamnés entre autres viols sur mineurs, tortures et mauvais traitements ayant entrainé la mort d’une mineure.

 

Selon l’article 20 du code de procédure pénale de la RCA, il est prévu deux sessions criminelles par an. La Cour d’Appel de Bangui est à sa 6ème session depuis 2017. La session criminelle de 2019 a jugé 20 dossiers et a renvoyé 20 dossiers de Bangassou pour une prochaine session criminelle au rang desquels se trouvent 5 mineurs qui seront jugés par le Tribunal pour enfants.  

 

Auguste Bati-Kalamet

 

 

Centrafrique : "La situation des droits de l’homme en RCA reste inquiétante", selon Yao Agbetse

 

BANGUI, le 15 février 2020 (RJDH)---En mission en Centrafrique du 3 au 12 février, Marc Yao Agbétsè, l’expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en Centrafrique, a relevé que la situation des droits de l’homme s’est améliorée mais reste encore insatisfaisante face aux journalistes ce mercredi.

 

En visite en Centrafrique du 03 au 12 février, l’expert indépendant sur la situation de Droit de l’homme en RCA, Yao Agbetse, déplore la surpopulation à la maison carcérale de Ngaragba, ce qu’il qualifie de violation des droits de l’homme.

 

« La première chose qu’on remarque lorsqu’on arrive à Ngaragba, c’est la surpopulation carcérale. Et cela est une situation qui porte les germes de violations des droits de l’homme au niveau de l’administration pénitentiaire », dit-il, tout en relavant qu’il y a beaucoup d’éléments qui encouragent cette situation, « il y a beaucoup d’éléments qui concourent à la surpopulation carcérale, il y a d’abord la détention préventive ou la détention provisoire, lorsque les enquêtes préliminaires ne sont pas faites dans le délai, lorsque les investigations que les officiers des polices judiciaires (OPJ) doivent mener ne sont pas menées dans les délais, les juges ne peuvent pas se prononcer sur les cas et donc cela entraine de la surpopulation carcérale », fait-il remarquer.

 

 Cette surpopulation se justifie aussi par le manque d’infrastructures carcérales dans les provinces, a indiqué l’expert indépendant des Nations-Unies sur la situation des droits de l’homme en Centrafrique. « L’autre élément, c’est qu’étant entendu que les infrastructures pénitentiaires de l’arrière- pays ne sont plus fonctionnelles, la plupart des détenus des provinces sont à Bangui, c’est donc un élément qu’il faut considérer. L’une des recommandations c’est de faire en sorte que dans l’arrière-pays, les infrastructures pénitentiaires puissent être réhabilitées et que les prisons à Bangui puissent être soulagées puis cette question de surpopulation carcérale puisse être résorbée », recommande Yao Agbetse.

 

Cette visite s’effectue conformément à la mise en œuvre de la résolution 39/19 du conseil des droits de l’homme des Nations-Unies.

 

 Jocelyne Nadège Kokada

 

 

Centrafrique : Le spectre de pénurie d’eau plane sur Bangui

 

BANGUI, le 16 février 2020 (RJDH)--- La pénurie d’eau reprend à Bangui, c’est un problème qui revient chaque saison sèche. Une situation qui freine aussi les activités quotidiennes du ménage et joue négativement sur les études surtout pour les élèves qui passent des heures au point d’eau.

 

L’on se souvient encore de l’an passé où les Centrafricains font face à une pénurie d’eau sans précédent à cause notamment des problèmes techniques que traverse la société nationale d'approvisionnement en eau. Cette pénurie d'eau, qui dure, avait énervé les habitants, dont certains ont lancé une campagne de contestation sur les réseaux sociaux appelée "bidons jaunes".

 

Face à cette situation, le Premier ministre centrafricain, Firmin Ngrebada avait convoqué à l’époque une réunion de crise avec les responsables de la Sodeca et le ministre en charge de l’Energie et de ressources hydrauliques, Herbert Gotran Djono Ahaba, afin d'identifier ensembles des solutions rapides à ces pénuries.

 

Au sortir de cette rencontre d’urgence, le gouvernement avait promis réaliser 1 000 milles forages dans le pays dont une centaine dans la ville de Bangui, pour alléger les difficultés d’accès à l’eau potable de la population.

 

Selon une enquête RJDH sur la réalisation de ces forages, une cinquantaine sont déjà construits dont une partie est réalisée par le Gouvernement et l’autre par les partenaires dans les arrondissements les plus affectés par cette pénurie.

 

Mais sur les 58 forages, le Gouvernement par le biais de l’Agence Nationale d’Eau (ANEA) devrait initialement en principe réaliser 20 dans cette première tranche, malheureusement ce qui n’est pas le cas sur le terrain. Le constat révèle que dans les quartiers ciblés tels que Bangui-M’poko, Vara, Gobongo 3 derrière le marché, l’Eglise Bèdé, Galabadjia vers l’espace Lingatere, Cité Ngombé dans les environs du marché combattant, Gobongo vers la station, ces forages ne sont pas encore faits et d’autres inachevés.

 

Une situation qui n’encourage pas du tout l’accès à l’eau potable dans la capitale et pourtant les autorités centrafricaines avaient annoncé l’an dernier le versement de 120 millions FCFA à la direction générale et l’équipe technique de l’ANEA pour la construction de ces 20 forages. Dans les faits, selon le tableau de réalisation de la direction générale de l’hydraulique, seulement 12 forages sur 20 ont pu être construits.

Si du côté du gouvernement, les travaux avancent péniblement, 38 forages ont pu être finalisés dans le cadre de ce projet par des partenaires diversifiés notamment L’UNICEF qui a construit 10 forages, 20 pour PARCB et 8 faits par PESPA, ce qui fait au total 38 plus les 12 réalisés dans le 4e, 5e, 8e, Bimbo et Begoua par l’ANEA.

 

Les travaux de construction de 50 autres forages pour atteindre le nombre exact des 100 forages dans la ville, seront lancés dans la semaine, selon l’Agence Nationale d’Eau en Centrafrique.

 

Ketsia Kolissio

 

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 15:28
Fin de la visite de l'Ambassadeur Omar HILAL en RCA

 

La Commission de la consolidation de la paix des Nations Unies réitère son soutien à l’organisation des élections en Centrafrique

 

C’est au cours d’une visite de 72 heures que le Président de la Configuration RCA de la Commission de Consolidation de la Paix des Nations-Unies, par ailleurs Ambassadeur du Royaume du Maroc auprès de l’ONU, Omar HILAL a réaffirmé le soutien total de l’ONU pour l’organisation des élections à venir en Centrafrique.

Omar Hilal a séjourné dans la capitale centrafricaine du 12 au 14 février 2020, tout juste au lendemain du premier anniversaire de l’accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA (APPR). Il était porteur d’un message de soutien au peuple centrafricain et au Chef de l’Etat Faustin Archange Touadera pour les efforts consentis en faveur de la consolidation de la paix.

L’Ambassadeur a été reçu en audience par le Président de la République puis a eu plusieurs séances de travaille avec différents acteurs dont la Société civile, les garants et facilitateurs de l’APPR, le Réseau des femmes parlementaires centrafricaines, entre autres.

A l’issue de ces différentes consultations, il s’est dit satisfait. « Tous mes interlocuteurs m’ont réaffirmé leur engament irréfragable pour la continuation de l’accord de paix et que les élections doivent se tenir dans le temps », a-t-il déclaré. La question de la mise en œuvre de l’APPR et des défis à relever était également au centre des échanges. La Société civile, à l’image de l’Ong URU Jeunesse et leadership dont la directrice s’est inquiétée du fait probable que les opposants ne puissent pas aller en campagne sur toute l’étendue du territoire à cause des hostilités encore entretenues par certains groupes armés, Omar Hilal a répondu que « les Nations unies à travers la MINUSCA mettra tout en œuvre pour que ces élections se passent dans des conditions démocratiques et transparentes ».

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 15:14
Centrafrique : Les FACA sont arrivées à Obo au sud-Est du pays
Centrafrique : Les FACA sont arrivées à Obo au sud-Est du pays

 

Centrafrique : Les FACA sont arrivées à Obo au sud-Est du pays

 

Les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont finalement arrivées à Obo jeudi 13 février aux environs de 15 heures, confirme une autorité préfectorale jointe au téléphone ce matin.

Les éléments des FACA ont atteint le Haut Mbomou suite aux discussions entreprises par la MINUSCA auprès des éléments d’UPC d’Ali Darassa.

 « Aucun incident n’a été enregistré, bien qu’il ait constaté une résistance du côté des éléments de UPC d’Ali Darassa à Dembia. Une réunion de sécurité avec les autorités préfectorales est envisagée dans la ville », a fait savoir une source locale.

Ces éléments quittaient Bangassou à destination d’Obo pour assurer la relève des autres éléments des FACA dans le Haut-Mbomou. Ils ont été empêchés par des éléments de l’UPC à Dembia, le jeudi 13 février.

L’arrivée des FACA dans la région du Haut Mbomou, a eu l’appui de la MINUSCA, « c’est vrai qu’il ait eu des disputes au début, les FACA sont arrivées sans incidents majeurs. L’intervention du Préfet, de la Minusca ont facilité leur passage et ils sont parvenus à Obo », a confirmé le Porte-Parole de la Minusca Vladimir Monteiro. 

Le préfet du Haut Mbomou a rejeté les versions selon lesquelles il ait eu des disputes entre les FACA et les éléments de l’UPC, « nous sommes dans un processus restauration de paix en Centrafrique. Nous devons tout faire pour qu’il n’y ait pas d’altercation entre les FACA et les éléments de l’UPC », a fait savoir Jude Ngayoko, préfet du Haut Mbomou.   

  

RJDH

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 15:05
« Si l’Afrique veut se décoloniser, elle doit sortir de la tutelle dans laquelle elle s’est installée »
« Si l’Afrique veut se décoloniser, elle doit sortir de la tutelle dans laquelle elle s’est installée »

Lu pour vous

 

TRIBUNE

 

« Si l’Afrique veut se décoloniser, elle doit sortir de la tutelle dans laquelle elle s’est installée »

Amadou Sadjo Barry, professeur de philosophie, fait le bilan de gouvernance de soixante ans d’indépendance des Etats africains.

 

Tribune. Dans la grande majorité des pays d’Afrique, le droit à l’autodétermination des peuples, autour duquel s’est mobilisé le mouvement des indépendances, n’a pas affranchi les structures de la gouvernance de l’imaginaire colonial. Soixante ans après les indépendances, la précarisation, la violence et la domination structurent toujours le rapport entre les Etats et leurs populations. Ce qui non seulement confine les Etats dans une inefficacité structurelle et normative, mais surtout érige la procuration et l’extraversion comme les modalités privilégiées de l’exercice de la souveraineté.

Par procuration, il faut entendre que les gouvernements africains passent, pour gérer les questions liées à la justice sociale, à la santé et à la sécurité, par l’intermédiaire de la communauté internationale ou des politiques d’aide au développement des gouvernements occidentaux. L’extraversion consiste dans le fait de solliciter constamment l’aide extérieure. C’est une forme de gouvernance tournée exclusivement vers le soutien des pays riches.

C’est très exactement cette dynamique contradictoire de la souveraineté, qui allie dans une même logique la souveraineté et la dépendance, que manifestent les problématiques soulevées par l’opération « Barkhane », le franc CFA, l’aide au développement ou encore la lutte contre l’épidémie Ebola. Mais comment expliquer que les prérogatives qui définissent véritablement l’institution de la souveraineté font l’objet de troc entre les gouvernements africains et les puissances qui dominent l’environnement international ?

Généalogie de la souveraineté en Afrique

Pour comprendre, il importe tout d’abord de relever que l’institution de la souveraineté de l’Etat en Afrique n’a aucun fondement endogène. Loin d’être le résultat d’une interrogation sur les principes normatifs censés garantir l’existence d’un peuple pensé comme une communauté d’intérêts, l’idée d’un Etat souverain y est juste la conséquence d’une transformation de l’ordre légal international. C’est en effet l’instauration du régime de la souveraineté « négative » au niveau international qui a obligé à reconnaître comme Etats souverains les pays décolonisés. Alors que traditionnellement, c’est la souveraineté « positive », c’est-à-dire la capacité de gouvernance et l’indépendance effective qui déterminaient l’acquisition de la souveraineté au niveau international, le droit à l’autodétermination des peuples allait faire de la non-soumission à une entité extérieure une condition essentielle à la reconnaissance internationale des Etats.

Ainsi, sous l’effet de la décolonisation de l’après-guerre, l’instauration de ce nouveau régime de la souveraineté « négative » a conduit à la création d’Etats, souverains au regard du droit international, mais en réalité lourdement amputés de la dimension positive de la souveraineté. En fait, le droit à l’autodétermination des peuples a donné naissance à ce que Robert Jackson a admirablement appelé les « quasi-States » : des Etats qui existent légalement, mais dont la réalité empirique demeure une illusion, car ces dits Etats sont structurellement incapables d’assumer les prérogatives liées entre autres à la justice sociale, à la sécurité et à l’unité nationale. Paradoxalement donc, l’indépendance s’est traduite par l’institution d’Etats souverains dépendants, sous perfusion internationale, consacrant une forme de souveraineté assujettie. Le philosophe politique allemand Thomas Pogge a déjà analysé, dans World Poverty and Human Rights, les conséquences négatives sur les populations africaines et le système international lui-même de cette dynamique contradictoire de la souveraineté des Etats africains.

Mais ce qui interpelle davantage aujourd’hui, c’est l’entretien et la longévité de cette forme de souveraineté assujettie de l’Etat en Afrique. Nous y sommes encore, soixante ans après les indépendances. Ainsi, au-delà des considérations liées au rapport de pouvoir au niveau international, c’est tout d’abord les idéologies des indépendances et les pratiques de gouvernance auxquelles celles-ci ont donné lieu qu’il faudrait interroger. Comment expliquer que le panafricanisme et le socialisme africain n’aient pas favorisé l’émergence d’un Etat effectif et représentatif ? Comment comprendre cette étrange cohabitation entre ces idéologies et les pratiques du pouvoir qui ont démembré structurellement et normativement l’Etat en Afrique ?

En effet, les idéologies de l’indépendance n’ont pas pris au sérieux les problèmes éthiques et politiques de la vie commune. L’erreur a été de croire que la contestation du colonialisme et le rappel incessant de la nécessité de valoriser la culture africaine suffisaient à fonder une communauté d’intérêts mue par le désir de vivre ensemble selon des principes normatifs discutés et acceptés par tous.

Continuité des pratiques

Derrière, c’est toute la question du politique, en tant qu’elle s’apparente à une mise en ordre des interactions humaines d’une manière qui rende possible l’institution d’un espace public régi par une morale minimale commune, qui a été oblitérée par le panafricanisme et le socialisme des indépendances. Cette négation du politique a eu son lieu d’expression privilégié dans la conception d’une nation et d’une unité nationale véhiculée par les tenants du panafricanisme et du socialisme.

La définition de la nation impliquait a priori le rejet du pluralisme et une suspicion à l’égard des dispositifs de contestation publique : la nation, c’était exclusivement le chef. Or cette identification entre la personne du chef et celle de la nation a non seulement dépossédé le peuple de son pouvoir symbolique, mais elle a enraciné des modes de gouvernance contraires à l’épanouissement d’un Etat souverain : néopatrimonialisme, criminalité, recours à l’aide au développement et tripatouillage constitutionnel.

A bien des égards, l’Afrique contemporaine s’inscrit dans la continuité de ces pratiques de la gouvernance qui ne se maintiennent qu’à la faveur de l’inefficacité et donc de l’assujettissement de l’Etat.

C’est pourquoi la lucidité à l’égard de soi-même exigerait que la jeunesse africaine ne se trompe pas en s’enlisant dans une éternelle dénonciation de la « Françafrique ». Si l’Afrique n’est pas encore souveraine, c’est parce qu’elle refuse, politiquement, de sortir de cet état de minorité, de tutelle, dans laquelle elle s’est volontairement installée. Le temps est venu de savoir ce que peut l’Afrique pour elle-même, indépendamment du monde. Ainsi s’amorcera le début de la décolonisation de l’Afrique par elle-même.

 

Amadou Sadjo Barry est professeur de philosophie au Collège d’enseignement général et professionnel de Saint-Hyacinthe, au Québec.

 

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 14:39
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao

 

Centrafrique : la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao

 

RFI 17/02/2020 - 00:35 Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset

 

Le groupe FPRC avait été chassé de la ville en septembre dernier par le groupe MLCJ. Il a entrepris un retour cette semaine. La situation reste tendue dans la ville.

Avançant vers le camp de déplacés internes et celui de la Minusca – tous deux sont collés –, la force onusienne et l’armée centrafricaine se sont engagées contre le FPRC. La situation reste tendue dans Birao mais selon le préfet, le groupe armé a été mis en déroute et repoussé de la ville. Au moins trois éléments du FPRC auraient été tués au cours de ces combats qui ont cessé vers midi.

Les éléments armés du FPRC positionnés à une vingtaine de kilomètres de la ville avaient entrepris de se rapprocher ce jeudi 13 février. Des combats qui avaient permis au groupe d’avancer à moins de 10 kilomètres de Birao. Deux mirages français venus de Ndjamena au Tchad avaient effectué une mission d’appui aérien rapproché à la demande de la Minusca afin de dissuader l’offensive sur la ville.

« Sauver » l'accord de paix

Dans un communiqué, le FPRC assure se battre pour « la libération de Birao » et « s’inscrit dans la dynamique de sauver l’APPR-RCA », l’accord de paix signé le 6 février 2019. Le FPRC appelle les Centrafricains à s’unir contre la Minusca, et remet en cause l’impartialité de l’organisation onusienne. Le porte-parole de la Minusca condamne de son côté « ces menaces extrêmement graves » et affirme que le FPRC sera tenu pour responsable si des attaques étaient menées contre les casques bleus à Birao ou ailleurs.

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