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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 12:08
Violée, empoisonnée et témoin du massacre de sa famille : l’histoire d’une femme en RCA (IRIN)

 

 

 

Reportage

 

 

http://www.irinnews.org  BANGUI, 23 mars 2017  Philip Kleinfeld  Journaliste indépendant et contributeur régulier d’IRIN

 

Les rebelles de la Séléka ont capturé Danielle* pour la première fois alors qu’elle se rendait à l’emplacement de la fosse superficielle où son mari, son père et ses frères ont été enterrés. Danielle avait vu les rebelles les tuer à peine quelques heures plus tôt à l’extérieur de chez elle. Lorsqu’elle est retournée sur place pour montrer à sa mère ce qui s’était passé, les combattants, qui traînaient toujours aux alentours, s’en sont pris à elle.

 

« Ils m’ont emmenée dans le bush, où je suis restée pendant presque deux semaines, les mains attachées derrière le dos, raconte-t-elle. Chaque jour, ils nous violaient et nous brutalisaient. »

 

Danielle a réussi à échapper aux rebelles, mais ils l’ont rapidement rattrapée. De retour dans le bush près de Bambari, un petit bourg de la province centrafricaine de Ouaka, les combattants ont rempli une seringue et lui ont injecté du poison. « Parfois, mon corps sent très mauvais », a-t-elle dit en remontant son T-shirt pour montrer l’épaisse cicatrice chirurgicale qui serpente sur son ventre.

 

Près de trois ans plus tard, ces souvenirs sont encore difficiles à supporter. Assise sur un sofa à fleurs brun dans le centre d’assistance juridique géré par l’Association du Barreau américain (ABA) à Bangui, la capitale centrafricaine, la jeune femme de 31 ans pleure devant son avocat, Guy Galabaja.

 

« C’est un crime de guerre », soutient l’avocat de 51 ans.

 

Les histoires que partagent les trois autres femmes originaires d’autres régions du pays assises à côté de Danielle sont tout aussi horribles. Elles ont toutes survécu à des violences sexuelles et liées au genre commises par des combattants de la Séléka — la coalition de groupes rebelles originaires du nord, majoritairement musulmans, qui, en 2013, a renversé l’ancien président François Bozizé lors d’un coup d’État — et des anti-balaka, les milices d’autodéfense chrétiennes qui sont apparues pour y résister. (Depuis sa dissolution officielle en 2014, la coalition rebelle est souvent appelée « l’ex-Séléka ».)

 

Une quête de justice

 

Parmi les victimes du conflit qui s’est ensuivi, quelques-unes ont trouvé un avocat et déposé un dossier auprès du procureur national, mais la quête de la justice en République centrafricaine (RCA) reste semée d’embûches.

 

Selon des chiffres d’Amnesty International, la MINUSCA, la force de maintien de la paix des Nations Unies en RCA, a contribué à l’arrestation de 384 suspects à la suite de l’émission de mandats par le procureur du pays. Presque aucun d’entre eux n’occupait cependant de poste important au sein de la Séléka ou des anti-balaka.

 

Le manque de ressources est une partie du problème. « Le système judiciaire a été détruit, l’infrastructure a été détruite et le personnel du système de justice a fui », a expliqué Adrien Nifasha, un avocat burundais qui travaille avec l’organisation non gouvernementale (ONG) Avocats Sans Frontières.

 

On constate aussi une absence de volonté politique. Jean-François Bozizé, l’ancien ministre de la Défense et le fils du président déposé, est l’une des rares personnalités importantes ayant été arrêtées depuis le début du conflit. Arrêté par la MINUSCA à son retour d’exil, il a cependant été relâché par les autorités nationales à peine quelques jours plus tard. Depuis lors, il a établi des relations avec divers groupes anti-balaka, selon le Groupe d’experts du Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

D’après Didier Niewiadowski, juriste français et ancien conseiller auprès de l’ambassade française à Bangui, l’affaire Bozizé montre à quel point « les autorités centrafricaines craignent de perdre leurs postes lucratifs en questionnant des leaders des anti-balaka et de l’ex-Séléka ».

 

Des cas de corruption plus explicites sont aussi rapportés. Un autre avocat expérimenté interviewé par IRIN a dit qu’il avait été forcé d’abandonner deux affaires récentes impliquant des auteurs de viol et de maltraitance d’enfant après avoir reçu des menaces téléphoniques de la part de « personnes haut placées ». « Il est évident qu’il y a de la corruption. Et pas seulement à Bangui. Quand il y a de la pauvreté et que les gens ne sont pas bien payés, [les fonctionnaires de justice] utilisent leur poste pour obtenir des ressources », a-t-il dit.

 

Une aide hybride ?

 

Afin de contribuer à rebâtir la confiance du public, le gouvernement de transition pré-élection a ordonné, en mai 2015, la création d’une Cour criminelle spéciale (CCS).

 

Comme les tribunaux spéciaux créés par le passé en Sierra Leone, au Cambodge, au Timor-Leste et au Kosovo, la CCS emploiera du personnel centrafricain et étranger et appliquera un mélange de droit national et international.

 

Si tout se passe bien, cette structure hybride pourrait permettre « de rendre une justice qui, en fin de compte, sera plus près des communautés affectées par les violences », a dit Mark Kersten, consultant en justice pénale internationale à l’École Munk des affaires internationales.

 

Les experts espèrent aussi que la CCS, qui a pour mandat de poursuivre les auteurs de génocides, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis sur le territoire centrafricain depuis 2003, viendra compléter le travail de la Cour pénale internationale (CPI). Deux enquêtes du procureur de la CPI sont en cours en RCA, mais on s’attend à ce qu’elles mènent à l’inculpation d’une poignée de personnes seulement.

 

Au moment de sa mise en fonction, la CCS sera le premier exemple d’une cour hybride travaillant aux côtés de la CPI dans le même pays. Près de deux ans après la promulgation de la loi établissant la nouvelle entité, toutefois, on remarque très peu de progrès. Le bâtiment affecté à la CCS — un édifice moderniste défraîchi situé au centre-ville de Bangui — abrite toujours la Haute Cour de justice du pays.

 

Interrogé sur le délai prévu d’entrée en service de la CCS, le président de son comité d’organisation, Joe Londoumon, a soupiré et levé les yeux vers le plafond de son bureau, situé dans un bâtiment en face de l’édifice où siégera la nouvelle cour. « Je ne sais pas encore, a-t-il dit. La police judiciaire n’est pas encore en place et il n’y a donc pas d’enquêtes pour l’instant. Même le bâtiment où la CCS opérera n’est pas encore prêt à l’accueillir. »

 

Le financement est l’une des principales difficultés auxquelles la CCS sera confrontée. Selon des chiffres d’Amnesty International, 5 des 7 millions de dollars nécessaires pour assurer son fonctionnement pendant les 14 premiers mois ont été versés, mais les revenus futurs dépendront de contributions volontaires et ponctuelles. Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, dont la structure de financement est tout aussi imprévisible, souffre d’un sous-financement chronique.

 

Le brouillard de la guerre

 

Le conflit en cours en RCA pose un problème encore plus grave. Comme leurs compatriotes de la CPI — qui n’ont pas encore lancé un seul mandat d’arrêt malgré l’ouverture d’une nouvelle enquête en septembre 2014 —, les enquêteurs de la CCS devront, défi peu enviable s’il en est, trouver le moyen d’accéder à de vastes pans du pays où des crimes de guerre ont été commis et continuent de l’être. « On ne parle pas d’une situation post-conflit », a dit Pierre Hazan, conseiller spécial en matière de justice transitionnelle auprès du Centre pour le dialogue humanitaire, à Genève. « Nous sommes en guerre. Si [les enquêteurs] souhaitent rencontrer des gens, recueillir des preuves, protéger des témoins, comment vont-ils s’y prendre ? Cela rend toute l’entreprise extrêmement ambitieuse. »

 

D’après M. Londoumon, la solution est évidente. « J’espère que ces rebelles seront désarmés pour que nous puissions les capturer », a-t-il dit, faisant référence au programme gouvernemental de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) en cours.

 

Mais il n’est pas aussi simple qu’il y paraît de désarmer et de poursuivre simultanément les rebelles. Depuis les années 1990 — l’époque de la création du système de justice pénale international contemporain en ex-Yougoslavie et au Rwanda —, les spécialistes s’interrogent sur l’équation entre paix et justice. C’est une chose d’intervenir à la suite de conflits dans lesquels les vainqueurs sont incontestés, comme c’était le cas avec les tribunaux de Nuremberg et de Tokyo, créés par les puissances alliées après la Seconde Guerre mondiale. Dans les conflits actifs, toutefois, certains craignent que la présence de procureurs internationaux n’incite les belligérants à abandonner les négociations de paix.

 

Les raisons qui expliquent la poursuite des violences par les groupes rebelles de la RCA sont complexes et le programme de DDR n’a pas encore pu démarrer. Richard Moncrieff, directeur du projet Afrique centrale de l’International Crisis Group (ICG), croit en tout cas qu’il y a « un risque que le processus de négociation au sujet du désarmement s’enlise et que la justice s’accélère, y compris avec la Cour criminelle spéciale. »

 

« Cela décourage fortement les gens qui sont ciblés par le système de justice à participer au programme de désarmement », a-t-il ajouté.

 

Pour Judicael Moganazou, porte-parole d’une faction anti-balaka rencontré à l’extérieur de sa maison à Boy Rabe, un quartier du quatrième district de Bangui fortement associé à ces milices, le débat est vain. « S’ils savent qu’ils seront désarmés aujourd’hui et qu’ils seront poursuivis dès demain par la communauté internationale ou par des juges locaux, ils refuseront de déposer leurs armes ».

 

Trouver une solution

 

Même si la CCS et la CPI parviennent à faire des progrès, il est peu probable que leur action combinée suffise à régler le problème vu la criminalité de masse qui a balayé la RCA.

 

En quête de nouvelles idées, M. Hazan s’est joint à une délégation de Centrafricains qui s’est rendue au Rwanda l’an dernier. À la suite du génocide de 1994, 9 000 « Gacacas », ou tribunaux communautaires, étaient apparus un peu partout au pays. Malgré les critiques de certains groupes de défense des droits de l’homme, ces tribunaux ont joué un rôle important dans le Rwanda post-conflit. Ils mettaient l’accent sur la justice rétributive, mais aussi sur le rétablissement de la vérité et la réconciliation nationale.

 

Un mandat prévoyant la création d’une Commission de la vérité et de la réconciliation pour la RCA a été adopté par le gouvernement de transition en mai 2015. « L’idée de base est de répondre aux besoins des victimes », a expliqué M. Hazan. « Il faut réagir à ce que les gens ont vécu au cours des dernières années et créer un discours qui est acceptable pour un vaste pan de l’opinion publique. »

 

Aucun progrès n’a cependant été fait jusqu’à maintenant. L’établissement d’une commission efficace risque par ailleurs d’être difficile dans le contexte de conflit ouvert qui prévaut actuellement. « Les gens parlent beaucoup de réconciliation, mais la méfiance et les tensions sont encore bien présentes », a dit l’auteure et anthropologue Louisa Lombard. « L’idée selon laquelle les musulmans ne sont pas de vrais Centrafricains existe encore, tout comme celle qui veut que la justice soit un moyen de punir “les mauvaises personnes, mais pas nous parce que nous défendons simplement nos droits”. »

 

Il est seulement 10 heures du matin et presque tous les sièges sont occupés dans la salle d’attente du centre d’assistance juridique de l’ABA. Le chemin vers la justice peut sembler impraticable, mais, dans un pays où les victimes reçoivent rarement du soutien, quel qu’il soit, les femmes qui se présentent au centre ont bon espoir qu’une forme de justice pourra être rendue, même si elle est limitée.

 

« Même s’ils ne retrouvent pas les gens qui ont commis ce crime, j’aurai au moins la satisfaction d’aller devant les tribunaux et de raconter publiquement ce qui s’est passé », a dit Marie, qui a été violée par trois combattants de la Séléka dans un cimetière de Bangui il y a trois ans. « Je leur expliquerai ce que j’ai sur le cœur », a-t-elle ajouté en retenant ses larmes.

 

*Les noms ont été changés.

 

 

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Centrafrique-Presse.com
30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 12:06
France/Centrafrique : François Hollande favorable à la création d’une cour pénale spéciale centrafricaine

 

 

 

 

http://www.adiac-congo.com  Mercredi 29 Mars 2017 - 12:53

 

Le président français François Hollande s’est réjoui des avancées du processus de consolidation de l’armée centrafricaine, avec l’apport de la mission européenne de formation EUTM, à l’issue d’un entretien.

 

Il l’a fait savoir à son homologue centrafricain, Faustin-Archange Toudéra, qu’il a reçu à l’Elysée. Il s’est également félicité de la posture adoptée par la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations en Centrafrique (Minusma) à Bambari, et a renouvelé la volonté de la France de contribuer à la sécurisation et à la pacification de la ville.

 

Le président français a confirmé le soutien de son pays aux efforts entrepris par la Centrafrique en vue de rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble de son territoire. François Hollande a marqué son intention d’amplifier des efforts pour la reconstruction d’une armée centrafricaine capable de sécuriser le pays sans l’appui d’un pays étranger.

 

Il a salué la perspective d’une intégration prochaine d’anciens membres de groupes armés, qui auront fait le choix de la paix au sein des Forces armées centrafricaines, ainsi que l’appui de la France aux demandes des autorités centrafricaines en matière de lutte contre l’impunité. Puis il a noté l’avancée que constituerait la création d’une cour pénale spéciale en Centrafrique ainsi la nomination d’un procureur.

 

Noël Ndong

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Centrafrique-Presse.com
30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 11:59
Lu pour vous : Centrafrique : après un an de présidence Touadéra, l’urgence de rendre justice

 

 

 

Point de vue

 

 

Pour Lewis Mudge, chercheur à Human Rights Watch, le chef de l’Etat doit montrer que traduire en justice les responsables de crimes est une priorité de son mandat.

 

Par Lewis Mudge

 

 

LE MONDE

 

Il y a un an, un trop rare sentiment d’espoir a pris forme en République centrafricaine, lorsque le nouveau président du pays, Faustin-Archange Touadéra, a prêté serment. Son équipe a succédé à un gouvernement de transition qui avait peiné à rétablir la sécurité et à mettre fin à la violence au cours des deux années précédentes, et son élection constituait un transfert pacifique et légitime du pouvoir, chose rare dans la région.

 

Mais un an après, le chef de l’Etat tente à son tour d’apaiser des combats qui font rage dans la province orientale de Ouaka et, à certains égards, la situation est pire qu’en mars 2016. La violence s’est propagée vers le nord-ouest du pays, où un groupe armé récemment formé appelé Retour, réclamation et réhabilitation, ou « 3R », a tué et violé des civils, et provoqué des déplacements de population à grande échelle.

 

Dans les régions du centre et de l’est du pays, les violations des droits humains à l’encontre des civils sont de plus en plus nombreuses à mesure que les combats entre des factions Séléka rivales se multiplient. En octobre 2016, les combattants Séléka ont tué au moins 37 civils, blessé 57 autres et forcé des milliers de gens à prendre la fuite après avoir rasé un camp de déplacés à Kaga-Bandoro. Dans les régions sous contrôle de la Séléka, des milliers d’élèves ne peuvent plus se rendre à l’école en raison de la présence de groupes armés à proximité.

 

Des milliers de morts

 

Faustin-Archange Touadéra a répété à plusieurs reprises en 2016 que la sécurité et la justice pour les violations graves des droits humains sont des priorités pour son gouvernement. Mais sur les deux tableaux, les progrès sont trop lents.

 

Le président assume l’une des fonctions les plus difficiles au monde. La République centrafricaine est en crise depuis fin 2012, depuis que les rebelles Séléka, majoritairement musulmans, ont renversé le gouvernement de François Bozizé, et commis des abus généralisés. Mi-2013, des milices anti-balaka formées pour s’opposer à la Séléka ont lancé des représailles à grande échelle contre des civils musulmans à Bangui et dans l’ouest du pays. La violence a fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de près d’un million de personnes, et les factions Séléka contrôlent encore la moitié du territoire.

 

Alors que les combats se propagent, en particulier dans la province de Ouaka, le lien entre violence et justice est primordial. Pratiquement aucun des responsables de violations généralisées n’a été tenu pour responsable de ses actes. Les cycles d’impunité alimentent des abus incessants, encourageant ceux qui cherchent à s’emparer du pouvoir par la force.

 

Le nouveau gouvernement a hérité d’un appareil judiciaire débordé et à peine fonctionnel, déjà très faible avant l’explosion des violences en 2013. Sa réforme exige des investissements massifs et durables. Des procès pour des crimes récents ont été ouverts sous la présidence Touadéra, ainsi qu’en 2015, mais leur déroulement a mis en évidence les graves lacunes du système judiciaire, notamment s’agissant de la protection des victimes et des témoins.

 

Plus d’une décennie de crimes

 

Depuis septembre 2014, le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) enquête sur la situation en République centrafricaine, faisant porter son action sur les allégations de crimes perpétrés dans le pays depuis août 2012. Il s’agit de la deuxième enquête ouverte par la CPI sur des crimes graves commis dans ce pays. La coopération du gouvernement centrafricain avec la CPI est primordiale, mais l’enquête en cours du bureau du procureur ne visera vraisemblablement qu’une poignée de suspects.

 

Un autre système était donc nécessaire pour juger les crimes graves et, en juin 2015, le président de transition de la République centrafricaine a promulgué une loi portant création d’une Cour pénale spéciale (CPS), une nouvelle instance judiciaire constituée de juges et de procureurs nationaux et internationaux ayant pour mandat d’instruire et de poursuivre les violations graves des droits humains commises dans le pays depuis 2003. Cette juridiction devrait aider à répondre à plus d’une décennie de crimes graves et à renforcer le système judiciaire dans son ensemble. Plus important encore, après des années d’impunité, la Cour offre une réelle chance de contraindre les commandants de groupes armés à rendre des comptes au niveau national et d’adresser une mise en garde à ceux qui envisageraient de commettre des violations.

 

« La réconciliation ne peut s’accomplir au prix de l’impunité », a déclaré le président Touadéra en novembre 2016, lors d’une conférence de bailleurs de fonds pour la République centrafricaine, à laquelle j’ai pris part. S’il a assuré la Cour de son soutien, le gouvernement devra en faire davantage pour faire de cette idée une réalité. En effet, plus de dix-huit mois après l’adoption de la loi portant création de la CPS, aucune enquête n’a encore commencé, sans même parler de procès.

 

Le 15 février, le président a nommé Toussaint Muntazini Mukimapa, de la République démocratique du Congo, procureur spécial de la nouvelle CPS, une étape importante. Des questions continuent de se poser cependant quant à l’appropriation nationale de la Cour et au caractère prioritaire de cette juridiction.

 

A l’heure du bilan de sa première année de présidence, Faustin-Archange Touadéra sera sans aucun doute préoccupé du sort des civils dans le centre et l’est de la République centrafricaine, eux qui sont les premières victimes de la poursuite de ces combats. Mais rendre la Cour pénale spéciale opérationnelle est le meilleur moyen pour le pays de briser l’impunité qui perpétue une telle violence. Le président devrait montrer clairement à ses soutiens internationaux, notamment les Nations unies, que traduire les responsables en justice est une priorité de la deuxième année de son mandat. Avec une Cour pleinement opérationnelle d’ici à 2018, les leaders de groupes armés coupables de violations devraient réfléchir à deux fois avant de prendre des civils pour cible.

 

Lewis Mudge est chercheur auprès de la division Afrique de Human Rights Watch.

 

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Centrafrique-Presse.com
30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 11:24
Lu pour vous : Centrafrique : après un an de présidence Touadéra, l’urgence de rendre justice

 

Point de vue

 

 

Pour Lewis Mudge, chercheur à Human Rights Watch, le chef de l’Etat doit montrer que traduire en justice les responsables de crimes est une priorité de son mandat.

 

Par Lewis Mudge

 

LE MONDE

 

Il y a un an, un trop rare sentiment d’espoir a pris forme en République centrafricaine, lorsque le nouveau président du pays, Faustin-Archange Touadéra, a prêté serment. Son équipe a succédé à un gouvernement de transition qui avait peiné à rétablir la sécurité et à mettre fin à la violence au cours des deux années précédentes, et son élection constituait un transfert pacifique et légitime du pouvoir, chose rare dans la région.

 

Mais un an après, le chef de l’Etat tente à son tour d’apaiser des combats qui font rage dans la province orientale de Ouaka et, à certains égards, la situation est pire qu’en mars 2016. La violence s’est propagée vers le nord-ouest du pays, où un groupe armé récemment formé appelé Retour, réclamation et réhabilitation, ou « 3R », a tué et violé des civils, et provoqué des déplacements de population à grande échelle.

 

Dans les régions du centre et de l’est du pays, les violations des droits humains à l’encontre des civils sont de plus en plus nombreuses à mesure que les combats entre des factions Séléka rivales se multiplient. En octobre 2016, les combattants Séléka ont tué au moins 37 civils, blessé 57 autres et forcé des milliers de gens à prendre la fuite après avoir rasé un camp de déplacés à Kaga-Bandoro. Dans les régions sous contrôle de la Séléka, des milliers d’élèves ne peuvent plus se rendre à l’école en raison de la présence de groupes armés à proximité.

 

Des milliers de morts

 

Faustin-Archange Touadéra a répété à plusieurs reprises en 2016 que la sécurité et la justice pour les violations graves des droits humains sont des priorités pour son gouvernement. Mais sur les deux tableaux, les progrès sont trop lents.

 

Le président assume l’une des fonctions les plus difficiles au monde. La République centrafricaine est en crise depuis fin 2012, depuis que les rebelles Séléka, majoritairement musulmans, ont renversé le gouvernement de François Bozizé, et commis des abus généralisés. Mi-2013, des milices anti-balaka formées pour s’opposer à la Séléka ont lancé des représailles à grande échelle contre des civils musulmans à Bangui et dans l’ouest du pays. La violence a fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de près d’un million de personnes, et les factions Séléka contrôlent encore la moitié du territoire.

 

Alors que les combats se propagent, en particulier dans la province de Ouaka, le lien entre violence et justice est primordial. Pratiquement aucun des responsables de violations généralisées n’a été tenu pour responsable de ses actes. Les cycles d’impunité alimentent des abus incessants, encourageant ceux qui cherchent à s’emparer du pouvoir par la force.

 

Le nouveau gouvernement a hérité d’un appareil judiciaire débordé et à peine fonctionnel, déjà très faible avant l’explosion des violences en 2013. Sa réforme exige des investissements massifs et durables. Des procès pour des crimes récents ont été ouverts sous la présidence Touadéra, ainsi qu’en 2015, mais leur déroulement a mis en évidence les graves lacunes du système judiciaire, notamment s’agissant de la protection des victimes et des témoins.

 

Plus d’une décennie de crimes

 

Depuis septembre 2014, le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) enquête sur la situation en République centrafricaine, faisant porter son action sur les allégations de crimes perpétrés dans le pays depuis août 2012. Il s’agit de la deuxième enquête ouverte par la CPI sur des crimes graves commis dans ce pays. La coopération du gouvernement centrafricain avec la CPI est primordiale, mais l’enquête en cours du bureau du procureur ne visera vraisemblablement qu’une poignée de suspects.

 

Un autre système était donc nécessaire pour juger les crimes graves et, en juin 2015, le président de transition de la République centrafricaine a promulgué une loi portant création d’une Cour pénale spéciale (CPS), une nouvelle instance judiciaire constituée de juges et de procureurs nationaux et internationaux ayant pour mandat d’instruire et de poursuivre les violations graves des droits humains commises dans le pays depuis 2003. Cette juridiction devrait aider à répondre à plus d’une décennie de crimes graves et à renforcer le système judiciaire dans son ensemble. Plus important encore, après des années d’impunité, la Cour offre une réelle chance de contraindre les commandants de groupes armés à rendre des comptes au niveau national et d’adresser une mise en garde à ceux qui envisageraient de commettre des violations.

 

« La réconciliation ne peut s’accomplir au prix de l’impunité », a déclaré le président Touadéra en novembre 2016, lors d’une conférence de bailleurs de fonds pour la République centrafricaine, à laquelle j’ai pris part. S’il a assuré la Cour de son soutien, le gouvernement devra en faire davantage pour faire de cette idée une réalité. En effet, plus de dix-huit mois après l’adoption de la loi portant création de la CPS, aucune enquête n’a encore commencé, sans même parler de procès.

 

Le 15 février, le président a nommé Toussaint Muntazini Mukimapa, de la République démocratique du Congo, procureur spécial de la nouvelle CPS, une étape importante. Des questions continuent de se poser cependant quant à l’appropriation nationale de la Cour et au caractère prioritaire de cette juridiction.

 

A l’heure du bilan de sa première année de présidence, Faustin-Archange Touadéra sera sans aucun doute préoccupé du sort des civils dans le centre et l’est de la République centrafricaine, eux qui sont les premières victimes de la poursuite de ces combats. Mais rendre la Cour pénale spéciale opérationnelle est le meilleur moyen pour le pays de briser l’impunité qui perpétue une telle violence. Le président devrait montrer clairement à ses soutiens internationaux, notamment les Nations unies, que traduire les responsables en justice est une priorité de la deuxième année de son mandat. Avec une Cour pleinement opérationnelle d’ici à 2018, les leaders de groupes armés coupables de violations devraient réfléchir à deux fois avant de prendre des civils pour cible.

 

Lewis Mudge est chercheur auprès de la division Afrique de Human Rights Watch.

 

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Centrafrique-Presse.com
30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 11:01

 

 

 

Centrafrique : Bobangui accueille la commémoration du 58e anniversaire de la disparition de Barthélémy Boganda

 

Par Fridolin Ngoulou le 29 mars 2017

 

BANGUI, 29 mars 2017 (RJDH)–C’est ce 29 mars 2017 à Bobangui, située à environ 90 Km au sud du pays, que le peuple centrafricain a rendu hommage au président Fondateur de la République Centrafricaine Barthelemy Boganda, disparu dans un accident d’avion le 29 mars 1959 alors qu’il sillonnait le pays pour implanter le drapeau de la jeune République.

 

Le dépôt de gerbe des fleurs, l’allumage de la flamme de l’unité et le défilé funèbre ont été des moments forts de cette 58e commémoration, devant les autorités du pays dont le président Faustin Archange Touadera qui a invité le peuple à l’Unité. Cet appel intervient dans un contexte où les Centrafricains sont en quête de l’Unité après un conflit qui a ébranlé le tissu social du pays.

 

Faustin Archange Touadera, dans une interview a lancé le message de l’Unité, de la dignité et a invité le peuple à se mettre résolument au travail, « ceux qui se reconnaissent Centrafricains doivent rechercher l’Unité de la nation et la cohésion. Ils doivent préserver la dignité des autres et travailler pour le développement de la nation», a-t-il lancé.

 

Pour le chef de l’Etat Centrafricain, cette journée commémorative doit être un moment de réflexion, « ici c’est un devoir de mémoire, c’est un moment de réflexion sur tout ce que Barthelemy Boganda nous a laissé », a souligné Faustin Archange Touadera.

 

Barthélémy Boganda était mort dans un accident d’Avion le 29 mars 1958, dans un village de la Lobaye qui a pris le nom de Boganda. Un mausolée a été bâtis dans son village Bobangui et c’est ainsi que chaque année, une cérémonie est organisée pour commémorer cette disparition.

 

 

Centrafrique : Un journaliste maintenu en garde à vue à l’OCRB à Bangui

 

Par Jean Fernand Koena le 29 mars 2017

 

BANGUI, le 29 Mars 2017(RJDH)—Bienvenu Doumta, directeur de publication du journal « la fraternité » est maintenu à l’office de répression de banditisme à Bangui après son audition par la police de répression du banditisme. La publication d’un article dénonçant un contrat de gré à gré signé entre le gouvernement et une société ivoirienne serait à l’origine selon la rédaction du journal la Fraternité.

 

Le journaliste Bienvenu Doumta est maintenu à l’office de répression du banditisme pour avoir critiqué la signature d’un accord de gré à gré d’une convention entre le gouvernement et une société ivoirienne pour l’établissement des cartes d’identité nationale et acte d’état-civil après la crise. Ce maintien en garde à vue intervient alors que l’ordonnance 005 sur la liberté de la presse et portant dépénalisation des délits de presse est encore en vigueur.

 

Des sources proches de la rédaction du Journal la Fraternité ont noté que Bienvenu Doumta n’est pas un bandit pour être arrêté à l’OCRB « il a simplement publié un article dans lequel, il a décrié une convention de gré à gré signé entre le gouvernement et la société ivoirienne. Et une convention selon la constitution doit nécessairement passée devant l’Assemblée laquelle a la qualité constitutionnelle d’autoriser la signature » a souligné un proche collaborateur de Bienvenu Doumta.

 

Des sources judiciaires, aucune plainte n’a été déposée contre le journaliste et qu’il a été auditionné par la police qui lui exige de montrer ses sources d’information. Le ministre Henri Marie Dondra mis en cause dans l’article et à l’origine de la situation de Bienvenu Doumta n’a pas été joignable.

 

Le maintien en garde à vue de Bienvenu Doumta à l’OCRB intervient quelque mois celui de Marcelin Zoumadou du journal l’Harmatan.

 

 

Centrafrique : Ernest Mizédjio inquiet du retrait des troupes américaines d’Obo à l’est

 

Par Jean Fernand Koena le 29 mars 2017

 

BANGUI, 29 mars 2017 (RJDH)–Ernest Mizédio, député d’Obo s’est dit inquiet du retrait des troupes américaines de Obo et exige en contrepartie un bataillon des FACA pour sécuriser la population de Obo contre les exactions de la LRA. Il l’a dit dans une interview accordée au RJDH à Bangui.

 

L’inquiétude de député de Obo est exprimée alors que le département d’Etat américain a annoncé le retrait des forces américaines basées à Obo depuis 2011 dans l’objectif de traquer Joseph Kony. Ce retrait annoncé et qui se fera le 25 avril intervient dans un contexte où la LRA multiplie des attaques et des enlèvements à l’est du pays.

 

Selon Ernest Mizédjio, la présence des troupes américaines a dissuadé un peu les troupes de Joseph Kony et qu’il est inquiet de ce retrait « la présence des américains à Obo a un effet de dissuasion, je crois que c’est grâce à leur présence que jusqu’aujourd’hui on n’a pas été envahi par la LRA et aussi des attaques, ni des exactions de la Séléka depuis son avènement à ce jour, maintenant ils vont partir, nous ne savons pas à quel saint se vouer maintenant et nous sommes inquiets » s’est-t-il plaint.

 

Même si cette présence est dissuasive, le député de Obo dresse un bilan mitigé des troupes américaines « le bilan est mitigé, c’est difficile d’évaluer l’impact de la présence des américains sur le territoire centrafricain. Je pense que si les américains déploient toutes les forces dont nous les connaissons, ils ont toute la force pour finir avec ce phénomène-là. Cela fait au moins deux jours pour que ces malfrats commettent des exactions sur l’axe Zémio-Obo, et leur présence nous laisse un petit arrière-goût que je ne pourrais pas décrier» a-t-il regretté.

 

Selon l’honorable Ernest Mizédjio, seules les FACA peuvent défendre la population de Obo face à LRA « la seule solution est celle des FACA. Il faut que les centrafricains se lèvent pour défendre leur territoire. L’UPDF ce sont les ougandais et la LRA se sont aussi des Ougandais, ils ne vont pas s’entretuer ici en lieu et place des centrafricains. Il faut un bataillon équipé pour défendre la population de Obo et Haut Mbomou contre les enlèvements et les tueries de la LRA » a-t-il insisté.

 

Les forces américaines sont à Obo depuis 2011 et ont pour mission de capturer Joseph Kony. Leur retrait de Obo intervient 3 mois après l’entrée en fonction de l’administration Trump.

 

 

Centrafrique : 435 000 € déboursés par la Hollande pour soutenir l’action humanitaire

 

Par Bienvenu Matongo le 29 mars 2017

 

BANGUI, le 29 mars 2017(RJDH)—le département des Affaires étrangères de la Hollande a déboursé 435 000€ soit 285 millions de CFA à la croix rouge centrafricaine pour soutenir l’action humanitaire. Ce fonds vise à soutenir des émissions des jeunes des pays affectés par la crise. Le lancement du projet a eu lieu ce 28 mars à Bangui.

 

Le projet comporte deux volets à savoir RPII et 3fm, le premier consiste à former les volontaires de la croix rouge centrafricaine sur les premiers secours et le second vise la formation d’au moins 5 000 jeunes en vue de faire des activités génératrices de revenu. Ce projet lancé intervient deux semaines après le plaidoyer de la coordination humanitaire au Cameroun.

 

Franck Dewes représentant de la croix rouge néerlandaise présente les objectifs des projets en ces termes « ces projets vise à réduire la crise la crise sociale et culturelle, secourir les personnes affectées par les catastrophes et les victimes de la crise militaro politique » a-t-il énuméré.

 

Plus de 770 volontaires de la croix rouge centrafricaine sont concernés par le volet formation du projet « plusieurs formations dont la prévention du conflit, les activités génératrices de revenu, y compris la réhabilitation des infrastructures à la population » a indiqué Danielle Ngaïssio, cheffe de projet à la croix rouge centrafricaine.

 

Ces projets ont une durée de trois ans et seront pilotés par la croix rouge centrafricaine.

 

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 21:27
 RCA : la situation humanitaire se dégrade dans la Ouaka

 

 

 

mardi 28 mars 2017 13:35

 

Les récents combats dans la Ouaka ont des répercussions sur le plan humanitaire. Fuyant les combats entre groupes armés dans les alentours du village Agoudoumanga, les populations ont préféré trouver refuge à Bambari - chef-lieu de la Ouaka. « A la suite du carnage qui s'est produit dans les chantiers de Yassen à Agoudoumanga, il y a un nombre important de population qui s'est déplacée vers Bambari », déclare Abel Matipata, Maire de cette localité. Il indique être en train de procéder au « recensement des habitants qui ont fui plusieurs villages environnants pour se retrouver au centre Bambari ».

 


Des personnes logées dans des écoles et des familles d’accueil et qui vivent dans des conditions difficiles, rajoute Abel Matipata. Le Maire regrette que ces compatriotes ne soient pas encore pris en charge par le HCR qui aurait déjà dépêché une équipe sur le terrain. S'il est difficile en ce moment de cerner avec exactitude ce qui se passe dans ces localités en proie à des violences, la Minusca annonce avoir envoyé des troupes à Bakouma et à Agoudoumanga.

 


Il en est de même pour Bria, actuellement sous le contrôle des casques bleus de la Minusca. Selon les informations recueillies par RNL, les activités reprennent peu à peu au centre de la ville. Certaines administrations publiques ainsi que des commerces ont rouvert leurs portes. Par ailleurs, aucune détonation d'arme automatique n'est entendue depuis dimanche après-midi.

 


La semaine dernière, des affrontements entre anti-balaka et casques bleus dans le quartier Gobolo ont occasionné de nouveaux déplacements sur le site du PK 3 à côté de la base de la Minusca. La force onusienne attribue ce regain de tension sécuritaire aux anti-balaka qui nient leur implication dans ses violences. Selon Igor Bérenger Lamaka, porte-parole de cette milice, « les hommes armés qui se sont affrontés avec la Minusca n'étaient pas des Anti-balaka ». Il indique qu'il n'y a « aucun élément anti balaka à Bria, Ndélé, Bambari ou à Bakouma encore moins à Birao », mettant ainsi la Minusca au défi de présenter à l'opinion publique nationale et internationale les « personnes arrêtées par la Minusca et présentées comme des antibalaka ».



Rappelons que, sur nos antennes, la MINUSCA avait annoncé avoir eu des accrochages vendredi, samedi, dimanche avec des Anti-balaka dans le quartier Gobolo à Bria.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 20:16
LA PROTECTION DES CIVILS ET L’ACCES HUMANITAIRE MIS A MAL EN CENTRAFRIQUE

 

 

 

Bangui, le 28 mars 2017 – Les préfectures de la Ouaka, de la Haute Kotto et du Mbomou sont en proie à une nouvelle flambée de violence qui résulte des affrontements entre les groupes armés. Depuis le début du mois de mars 2017, la communauté humanitaire a recensé de nouvelles vagues de déplacements avec leurs corollaires de besoins urgents. Cette nouvelle détérioration intervient à un moment où les conséquences des violences qui ont émaillées la Centrafrique entre septembre 2016 et février 2017 se font encore lourdement ressentir. Dans cette courte période, plus de 100 000 nouveaux déplacés ont été recensés.

 

Le Coordonnateur humanitaire a.i. en République centrafricaine, Michel Yao, met en garde les auteurs de ce regain de violence contre les multiples conséquences de leurs actes. «La communauté humanitaire répond encore aux besoins urgents et critiques qui ont été provoqués par les crises de septembre et novembre 2016 à Kaga Bandoro et Bria notamment. Une architecture de réponse a pu être mise en place alors qu’aucun financement n’était prévu à cet effet. Dans ce contexte, les nouvelles violences et exactions contre les civils nous inquiètent au plus haut car mettent en péril des acquis obtenus au prix fort pour venir en aide à ceux dont la vulnérabilité a été autant exacerbée. Cette situation critique intervient alors que les moyens de protection tendent vers leur limite ».

 

A cet égard, Michel Yao a exprimé sa grande préoccupation par rapport à la protection des civils et ainsi que le ciblage devenu systématique de communautés vulnérables. «Cette tendance dangereuse brouille la nature du conflit et est fort condamnable au regard du droit international » a-t-il souligné. Il invite toutes les parties au conflit à mettre la protection des populations civiles vulnérables au-dessus de toute autre considération et de privilégier le dialogue politique en vue de réduire la souffrance des populations affectées par la résurgence de la violence.

 

Le Coordonnateur humanitaire rappelle, par ailleurs, aux parties au conflit leurs obligations envers la protection des civils. Il les exhorte également à ne pas enfreindre à la liberté de mouvements des acteurs humanitaires afin que ces derniers puissent secourir ceux qui sont dans le besoin. Michel Yao a saisi cette occasion pour réitérer les principes de neutralité et d’impartialité qui sous-tendent l’action humanitaire.

 

Michel Yao a par ailleurs rappelé que «cette situation fait courir à la Centrafrique le risque de devenir une crise chronique ignorée et négligée du reste du monde à un moment où la communauté humanitaire et le gouvernement ont décidé de mutualiser les efforts pour mobiliser les fonds qui permettront de continuer à sauver des vies ». Il convient de rappeler qu’à la fin du premier trimestre, les besoins humanitaires évalués à 399,5 millions de dollars n’ont recueillis que 5% de financement.


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Ms. Yaye Nabo SENE


Head, Public Information |United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA)
Central African Republic (CAR)
Email: seney@un.org | Mob: +236 70087565 | Skype: yayenabosene
car.humanitarianresponse.info | unocha.org/car | humanitarian.id | reliefweb.int

 

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 20:00
Lu pour vous : Centrafrique : François Bozizé dénonce un « acharnement » contre lui et sa famille
Lu pour vous : Centrafrique : François Bozizé dénonce un « acharnement » contre lui et sa famille

 

 

 

Publié le 28 mars 2017 à 11h08   Par Jeune Afrique

 

Renversé il y a tout juste quatre ans, le 24 mars 2013, et confiné dans une villa de Kampala (Ouganda), où il vit en exil sans pouvoir voyager (sur décision du Conseil de sécurité de l’ONU), l’ancien président centrafricain François Bozizé, 70 ans, se sent délaissé par ses ex-pairs d’Afrique centrale et dénonce un « acharnement » contre lui et sa famille.

 

C’est ce qu’il a confié à Jeune Afrique au cours d’un entretien téléphonique, le 23 mars.

 

Bozizé dénonce notamment le sort, « injuste » selon lui, réservé à Madeleine Bafatoro, sa compagne, poursuivie en France par l’administration fiscale – qui l’a fait condamner – et qui est, dit-il, « contrainte de voyager pour survivre ».

 

Ainsi que le traitement réservé à son fils, Jean-Francis, depuis son retour à Bangui il y a un an : l’ex-ministre de la Défense, assigné à résidence, doit se présenter chaque jour au commissariat.

 

Je n’ai tué personne. Même les Colombiens se parlent, après cinquante ans de guerre civile.

 

Quant à l’actuel chef de l’État, Faustin-Archange Touadéra (qui fut son Premier ministre pendant cinq ans), François Bozizé s’étonne de son silence : « Je l’ai eu au téléphone à deux reprises début 2016, alors qu’il était en campagne électorale et avait besoin de mon soutien, puis je l’ai appelé à nouveau deux fois pour qu’il rende sa liberté à mon fils. Sans résultat. »

 

Le général à la retraite, qui estime toujours faire partie de la solution à la crise centrafricaine, réclame l’ouverture d’un dialogue politique inclusif afin de faire entendre sa voix. « Je n’ai tué personne. Même les Colombiens se parlent, après cinquante ans de guerre civile. Pourquoi les Centrafricains n’y arrivent-ils pas ? »

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 17:49
Centrafrique: à Bambari, fragile retour de l'Etat
Centrafrique: à Bambari, fragile retour de l'Etat
Centrafrique: à Bambari, fragile retour de l'Etat

 

Centrafrique: à Bambari, fragile retour de l'Etat

 

28/03/17 (AFP)

 

Un préfet, un procureur, des forces de police: l'Etat fait un timide retour à Bambari la deuxième ville de Centrafrique où les Nations unies ont obtenu il y a quelques semaines le départ d'un chef de guerre.

 

La restauration de l'Etat et le relèvement de l'économie représentent les deux priorités du président Faustin-Archange Touadéra, qu'il évoquera jeudi pour le premier anniversaire de son mandat à la tête d'un pays ravagé par la guerre et où l'administration a disparu de régions entières, livrées aux exactions de bandes armées.

 

Dans son minuscule bureau près de la gendarmerie, le procureur de la République de Bambari, Arnaud-Eric Tandjio, annonce l'ouverture d'une enquête sur un massacre de civils dans trois villages à plusieurs dizaines de km de Bambari, dans la préfecture de la Ouaka.

 

"Beaucoup de personnes ont été tuées dans des conditions barbares et inhumaines. On nous annonce plus de 15 enfants et plus de 100 adultes parmi les victimes", avance le procureur sur la base des premiers témoignages, dont celui d'un père affirmant avoir perdu ses trois enfants.

 

Les survivants parlent d'une opération de représailles de la part de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC) dont le leader Ali Ndarass a été obligé en février de quitter Bambari, où il avait son quartier général non loin de celui de la force de l'ONU (Minusca) et de l'hôtel de ville. Le procureur confirme cette hypothèse.

 

Comment mener l'enquête sans moyens? Le représentant du parquet n'a pas encore pu se rendre sur les lieux, une semaine après les faits.

 

La police et la gendarmerie centrafricaines ne s'aventurent pas au-delà du secteur de la ville. Le procureur, qui dépend de la Minusca pour la sécurité de ses déplacements, s'inquiète d'une possible disparition des preuves, à commencer par les corps.

 

- 'ville sans groupe armé' -

 

Des forces de gendarmerie et de police patrouillent dans les rues de Bambari avec des Casques bleus depuis quelques jours.

 

Lundi soir, la patrouille mixte est arrêtée alors qu'elle passe devant l'hôpital. Un homme a tenté de s'introduire à l'intérieur du bâtiment avec dans son sac des uniformes militaires alors qu'officiellement Bambari a été déclaré "ville sans groupe armé, pour la paix, le vivre ensemble et le rétablissement de l'Etat" comme le proclament des affiches placardées sur les murs.

 

Menotté, l'homme de 28 ans est conduit sous escorte dans un camion de gendarmerie à la brigade. Lors de son interpellation, les gendarmes lui font retirer sa ceinture: pas d'armes, juste un talkie-walkie et un gri-gri.

 

Le procureur le place en garde à vue, dans des locaux ouverts au tout venant. Il appartiendrait à l'UPC. Enquête ou démonstration de force d'un Etat qui veut à tout prix renaître de ses cendres?

 

"Les groupes armés ne sont plus dans Bambari mais les hommes armés se promènent encore dans la ville en civil et dans la brousse", affirme le préfet Mathurin Kanda-Sessé, lui aussi sous la protection de la Minusca.

 

Autre symbole de l'Etat, la situation de l'enseignement est dramatique: "L'école existe mais il manque des enseignants. Les classes sont bondées (200 élèves) et l'enseignement est de mauvaise qualité", reconnaît le préfet.

 

Région centrale, Bambari et la préfecture de la Ouaka sont le théâtre d'affrontements meurtriers entre l'UPC et le FPRC, deux factions rivales de l'ex-séléka.

 

Pays pauvre de près de cinq millions d'habitants, classé dernier à l'Indice du développement humain (IDH), la Centrafrique peine à se relever du conflit provoqué en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par la rébellion majoritairement musulmane séléka.

 

Une contre-offensive des groupes anti-Balaka majoritairement chrétiens a provoqué des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. L'intervention de la France et des Casques Bleus ont ensuite ramené un semblant de stabilité dans la capitale Bangui. Et permis début 2016 l'élection du président Touadéra.

 

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 23:30
La télé publique, emblème des immenses besoins de la Centrafrique

 

La télé publique, emblème des immenses besoins de la Centrafrique

 

27/03/17 (AFP)

 

L'Etat, l'armée, l'économie, mais aussi les médias, tout est à reconstruire en Centrafrique et c'est une femme de caractère qui relève un défi fou: diffuser les messages de réconciliation de la Télévision centrafricaine (TVCA) au-delà de la capitale Bangui.

 

Ce dimanche soir, Lydie Nzengou cumule les casquettes de directrice générale de la TVCA et d'animatrice d'une table ronde sur la première année de mandat du président Faustin-Archange Touadéra, dans un studio décoré de trois affiches à la gloire du chef de l'Etat.

 

Retour des déplacés, eau, latrines, électricité... La bientôt quinquagénaire aborde les soucis quotidiens d'un pays classé 188e et dernier à l'Indice de développement humain (IDH) des Nations unies en 2015.

 

Avec calme et autorité, la professionnelle de la communication donne la parole à des directeurs de cabinets ministériels, qui énoncent leurs bonnes intentions sur un ton très institutionnel, comme sur les chaînes d'Etat des autres pays d'Afrique centrale, inféodées au pouvoir.

 

- Pas d'émetteurs -

 

Petite différence: "Pour le moment, la télévision centrafricaine n'émet que dans Bangui et ses environs", explique à l'AFP sa directrice générale. La Centrafrique manque d'émetteurs pour porter le signal de la télévision et la radio nationales à l'intérieur d'un pays de près de 5 millions d'habitants de la taille de la France et la Belgique réunies.

 

"Le principal enjeu, c'est que chaque Centrafricain, dans les coins les plus reculés, puisse regarder la télévision centrafricaine. Avec la radio, c'est le premier outil pour véhiculer des messages de paix et de réconciliation", poursuit Lydie Nzengou, reprenant le discours du président Touadéra.

 

Le gouvernement a passé une convention avec une société italienne, Téléconsult, pour installer les pylônes de la bonne parole dans les 16 préfectures du pays. Un test doit être pratiqué lundi sur un pylône de 110 mètres à Boali à 100 km de Bangui. Téléconsult espère que le déploiement sera achevé d'ici 15 mois.

 

Le défi est de taille alors qu'une grande partie du territoire est encore sous la menace de bandes armées issues de l'ex-rébellion musulmane Séléka et de groupes d'auto-défense majoritairement chrétiens anti-balaka et que le pays compte près de 900.000 déplacés et réfugiés.

 

"Je passe la plus grande partie de mon temps à me mettre en colère et à crier", soupire la directrice générale, Centrafricaine de la diaspora qui a quitté une vie confortable en France pour revenir dans son pays qu'elle avait quitté après le lycée.

 

- Délestages et piratage -

 

Après des études en communication, une carrière aux Nations unies et un passage au cabinet du président de l'Assemblée nationale de Centrafrique, cette bi-nationale franco-centrafricaine découvre les "délestages" (coupures de courant), des journalistes-fonctionnaires du ministère de la Communication en mal de formation et des pénuries de matériel.

 

"Les monteurs, les cadreurs, les réalisateurs, les journalistes... Nous avons essayé de faire le maximum. Mais nous ne pouvons plus aller plus loin. On va stagner tant qu'il n'y aura pas de formation", se désole-t-elle, rappelant que la TVCA a été l'une des dernières télévisions au monde à passer de l'analogique au numérique il y a quelques mois.

 

Le matériel est rudimentaire, à l'image des trois petites caméras légères qui filment la table ronde. Disponible sur CanalSat en Afrique, la TVCA présente souvent un son saturé et presqu'inaudible et des images de mauvaise qualité.

 

"Nous avons des bancs de montage primaires, avec un logiciel qui a été +craqué+. C'est du piratage. Et ça plante tout le temps", dit-elle. Un de ses collaborateurs demande d'ailleurs à un journaliste de passage s'il ne pourrait pas copier son logiciel de montage.

 

Récemment, la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) a prêté des moyens techniques à la TVCA pour la retransmission "live" de deux matches de basketball, le sport-roi en Centrafrique.

 

L'équipe nationale a perdu mais la TVCA y a vu un signal de retour à la normale, à l'image du pouvoir exécutif à l'affut du moindre signe positif même s'il peine, lui aussi, à marquer sa présence au-delà de Bangui.

 

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