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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 13:40
Ils sont 100.000 réfugiés centrafricains en RDC

 

 

Par Journaldekin.com - 14/10/2015

 

Les dernières vagues des violences ont secoué Bangui, ont poussées les centrafricains à franchir la frontière pour se mettre en sécurité

 

Ces réfugiés affirment avoir fui la Centrafrique pour échapper aux combats entre les rebelles de la seleka et les militaires anti-balaka. Les dernières vagues des violences ayant rudement secoué Bangui, capitale de la République Centrafricaine (RCA), sont une fois de plus ressenties dans la ville congolaise de Zongo, où plus de 2000 personnes ont franchi la frontière pour se mettre en sécurité.


Ville de la province du Nord-Ubangi, située en face de la capitale centrafricaine séparée par la rivière Ubangi (frontière naturelle), Zongo reçoit toujours un important afflux des réfugiés centrafricains chaque fois que la situation sécuritaire se détériore à Bangui.


Comme lors du coup d’Etat du mois de mars 2013 qui a destitué le président François Bozizé, la flambée de violence éclatée le 26 septembre dernier à Bangui, constate le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a provoqué la fuite de plus de 2.000 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, vers la République Démocratique du Congo, voisine en l’espace d’une semaine.

Les nouveaux arrivants en provenance de Bangui, sont actuellement enregistrés par le service de migration à Zongo. Selon les services sécuritaires locaux, la ville de Zongo avait déjà accueilli le week-end dernier 377 réfugiés centrafricains.


Dans cette vague des nouveaux arrivés font remarquer les services sécuritaires et la Commission nationale aux réfugiés (CNR), on compte près de 70 % d’enfants parmi ces réfugiés centrafricains qui sont regroupés au centre de transit mis à leur disposition par la mairie de Zongo, avant leur prise en charge par le HCR.


L’autre constat qui se dégage, ce lot de nouveaux arrivants n’est pas seulement constitué par des ressortissants centrafricains. On dénombre également cent vingt (120) humanitaires expatriés dont une partie du personnel du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) et de Médecins sans frontières (MSF) qui opéraient à Bangui ont été également évacués dans la ville de Zongo.


Vraisemblablement, indique-t-on, la plupart d’entre eux sera installée dans le camp de réfugiés de Mole, localité située à une dizaine des kilomètres de Zongo. D’après des témoignages recueillis, ils disent avoir rencontré des difficultés à quitter Bangui à cause de barricades érigées à travers la ville.

 

Crainte d’une augmentation des réfugiés centrafricains en RDC

 

Ils affirment avoir surtout fui pour échapper aux combats entre des rebelles Seleka et des militants anti-Balaka. Certains d’entre eux ont indiqué que leurs maisons ont été brûlées. Le nombre total de réfugiés centrafricains en République démocratique du Congo, soulignent des sources humanitaires, dépasse maintenant largement les 100.000.

Depuis la fin du mois de septembre dernier, rappelle-t-on, les tensions se sont accentuées significativement et des coups de feu ont été reportés dans de nombreux quartiers de Bangui. La situation a suscité l’évacuation de diverses organisations humanitaires qui travaillaient sur place.

Malgré l’accalmie observée actuellement, la population est encore traumatisée. Les opérateurs humanitaires redoutent que la situation d’extrême instabilité qui prévaut actuellement au pays et en particulier les violences à Bangui, puisse aboutir à une nouvelle augmentation du nombre de réfugiés fuyant la Centrafrique pour la RDC lors des prochains jours.


En fait, depuis le début de la crise dans ce pays voisin en mars 2013, plus de 65.000 réfugiés centrafricains ont été installés dans quatre camps de Boyabu, Mole, Inke et Bili, dans les provinces congolaises du Nord-Ubangi et du Sud-bangi, pendant que d’autres vivent avec des familles d’accueil. La survie des réfugiés dépend largement de l’assistance humanitaire qui y est fournie. Cependant, deux agences des Nations Unies ont exprimé leurs inquiétudes concernant le manque de fonds pour maintenir cette assistance en faveur des réfugiés.


C’est le cas notamment du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) qui manque de fonds pour l’installation d’abris pour ces réfugiés, ainsi que pour leurs besoins de santé et d’éducation. Pour l’exercice 2015, le HCR n’a reçu que 6 pourcent des 57 millions de dollars américains nécessaires pour ces opérations qui incluent la relocalisation des nouveaux arrivants vers des camps, la construction d’abris et la distribution d’articles non-alimentaires.


En outre, il faut ajouter que la condition des abris s’est détériorée à la mi-septembre dernière suite au passage d’une tornade qui a détruit presque la moitié des abris dans le camp de Mole. Dans l’entre-temps, le Programme alimentaire mondial (PAM) est confronté à un manque de 1 million de dollars américains pour son opération d’aide alimentaire d’urgence pour assister les réfugiés centrafricains en RDC.

En dépit de ces insuffisances, l’agence onusienne est très reconnaissante envers le Gouvernement allemand pour une contribution de 1,5 million d’euros annoncée au mois de septembre dernier afin de couvrir les besoins urgents d’assistance alimentaire.

Malheureusement, sans la confirmation de nouvelles contributions, il est à craindre que les activités vitales du PAM pour les réfugiés seront fortement compromises dès la fin-novembre prochain. Ceci pourrait avoir inévitablement un effet déstabilisant dans la zone frontalière déjà fragilisée où vivent les réfugiés.


Hausse de 50 % du prix des denrées alimentaires


Sur placé, le regain de tensions observé ces derniers jours à Bangui, a porté un coup aux activités commerciales qu’exercent les opérateurs économiques congolais et centrafricains via la rivière Ubangi, séparant la province du Nord-Ubangi ( Nord de la République démocratique du Congo) et la RCA.

L’autre fait pervers dû à ce nouvel afflux des réfugiés centrafricains à Zongo, c’est le réchauffement des prix de denrées alimentaires et de biens de première nécessité sur le marché local. Les prix des aliments ont augmenté pratiquement de 50 % ou plus.

Cette situation s’explique par le fait que la ville de Zongo est approvisionnée essentiellement en produits manufacturiers et autres vivres frais telles que la viande par la ville de Bangui. Aujourd’hui, la vie devient intenable pour la population de Zongo.

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Centrafrique-Presse.com
14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 13:11
Concertation : Catherine Samba Panza a reçu la plateforme de l'AFDT
Concertation : Catherine Samba Panza a reçu la plateforme de l'AFDT
Concertation : Catherine Samba Panza a reçu la plateforme de l'AFDT
Concertation : Catherine Samba Panza a reçu la plateforme de l'AFDT
Concertation : Catherine Samba Panza a reçu la plateforme de l'AFDT

 

 

ALLIANCE DES FORCES DEMOCRATIQUES POUR LA  TRANSITION (AFDT)

 (ASD-CRPS-MCP-MDES-MLPC-RDC-UDECA)

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

Dans le cadre de la concertation avec les forces vives de la Nation annoncée par la Cheffe de l’Etat de Transition, la plateforme politique l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) à été reçue en audience le mardi 13 octobre 2015 au Palais de la Renaissance.

 

Au cours de cette audience, après un large échange sur les derniers évènements qui ont endeuillé le pays et notamment la ville de Bangui, l’AFDT a réaffirmé sa vive condamnation des violences meurtrières qui ont endeuillé le pays ces derniers jours et a exprimé sa compassion aux familles des victimes.

 

L’AFDT a réitéré sa ferme condamnation de toute tentative de prise de pouvoir par la force  et demandé que leurs auteurs, co-auteurs et complices répondent de leurs actes devant la justice.

Elle  a ensuite exprimé ses vives préoccupations sur la sécurisation de notre pays en général et de celle du processus électoral en particulier.

 

Enfin, s’agissant du processus électoral, l’AFDT a recommandé avec insistance le strict respect de toutes les dispositions du code électoral en vigueur. Elle se félicite en outre des avancées constatées dans l’enrôlement des électeurs et le financement du budget des élections.

 

Fait à Bangui, 14 octobre 2015

 

Le Président de la Conférence des Présidents

 

 

                                                      Me Nicolas TIANGAYE

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 23:49

 

 

www.lopinion.fr  mardi 13 octobre à 10h57 par Jean-Dominique Merchet

 

Dans le camp militaire de Bangui, un monument rappelle le prix récemment payé par les soldats français en Centrafrique : quinze morts depuis 1980, dont quatre au cours de l'actuelle opération Sangaris, déclenchée fin 2013. La RCA (République centrafricaine) colle à l'armée française comme le sparadrap aux doigts du capitaine Haddock. Elle essaie une nouvelle fois de partir et ce n'est pas gagné, comme la récente éruption de violence dans la capitale l'a montré.

 

«Zéro !» assure un grand chef militaire lorsqu'on l'interroge sur les effectifs qu'il compte maintenir, à terme, dans le pays. «Il faut tourner la page et perdre l'habitude de conserver des soldats français sur place. Et s'il le faut, on peut revenir à partir d'Abidjan, de N'Djaména ou de Djibouti», explique-t-il.

 

Les militaires français sont actuellement un peu plus de 900, essentiellement dans le camp M'Poko, à proximité de l'aéroport de Bangui. Au plus fort du déploiement, au printemps 2014, ils étaient 2400 et l'objectif affiché avant les troubles du 26 au 29 septembre était de baisser rapidement à 600. Il faudra sans doute attendre un peu.. «Pour l'instant, nous sommes stabilisés à 900 et nous agissons au profit des casques bleus de la Minusca», indique-t-on à Paris.

 

Le nom même de l'opération témoigne de la volonté de l'état-major de ne pas s'éterniser sur place, alors que d'autres théâtres d'opération - le Sahel et le Levant - mobilisent d'importants moyens : Sangaris désigne un papillon d'Afrique centrale, rouge vif... et très éphémère. Un retrait rapide permettrait également d'économiser plus de 100 millions d'euros, ce que devrait coûter Sangaris cette année.

 

L'essentiel du contingent français est fourni, pour quelques semaines encore, par la Légion étrangère. Le lieutenant-colonel Laparra, chargé des opérations, résume la manoeuvre qu'il conduit depuis son arrivée avant l'été: «Décroître et se désengager». Les «emprises» en province ont été évacuées, à l'exception d'une seule, à Sibut, où un dispositif léger est maintenu.

 

Moins d'hommes, mais la puissance de feu reste très sérieuse : sept hélicoptères, dont deux Tigre - un hélico de combat - et une soixantaine de véhicules blindés, dont les gros VBCI de près de 30 tonnes. Et les Rafale de l'armée de l'air, basé au Tchad, sont à une heure de vol.

 

Alors que la situation était «globalement calme» depuis des mois, mardi 29 septembre, les militaires français ont dû ouvrir le feu à Bangui, alors que des manifestations violentes avaient lieu aux abords de l'aéroport et de la base française. Un hélicoptère de combat a même utilisé son canon de 30 mm. Les violences, qui ont fait une soixantaine de morts et de nombreux blessés, avaient débuté le samedi précédent, lorsque le corps égorgé d'un jeune homme a été découvert devant une mosquée. Des affrontements inter-communautaires entre chrétiens et musulmans - minoritaires et concentrés dans certains quartiers - s'en sont suivis, virant aux pillages et à des manifestations contre les forces étrangères (Français et Casques bleus) ou le pouvoir de transition, explique une source militaire française. Les choses se sont apaisées dès le retour précipité à Bangui de la présidente Catherine Samba-Panza, qui s'était rendue à l'assemblée générale des Nations unies.

 

Sa présence à New York s'expliquait par la tenue d'un sommet international sur les opérations de maintien de la paix. La Centrafrique est en effet l'une des principales en Afrique, avec le Mali ou la RDCongo. La Minusca (1) doit progressivement prendre le relais des Français de Sangaris. Pour l'heure, «nous sommes une force de réaction à son profit», explique-t-on à l'état-major de Sangaris, où l'on assure que «depuis juin, nous ne menons aucune action sans la Minusca».

 

Contrairement à Sangaris, la Minusca s'inscrit dans la longue durée - «10 à 20 ans» avancent les plus optimistes - et avec des moyens humains très importants : actuellement 9500 militaires et 1600 policiers chargés du maintien de l'ordre. Beaucoup de contingents sont africains. Ainsi ce sont des Sénégalais qui assurent la sécurité de l'aéroport international. Comme sur tout le continent, les Africains ne rechignent plus à engager leurs troupes dans des opérations militaires de maintien de la paix. Une évolution notable depuis une dizaine d'années.

 

En revanche, la France et ses militaires ne veulent plus porter le casque (ou le béret) bleu, à la seule exception du Liban. L'expérience très négative de la Bosnie (1992-1995) a traumatisé toute une génération d'officiers. La doctrine française, pas explicitement formulée, est la suivante: on engage des troupes sous commandement français et on les place «en appui» des forces de l'ONU. Ce fut le cas en Côte d'Ivoire avec Licorne soutenant l'Onuci - et aujourd'hui au Mali et en RCA.

 

Cela n'empêche pas de placer des officiers à quelques postes de responsabilité chez les Casques bleus. A Bangui, on trouve huit Français au sein de la Minusma, tous à des postes stratégiques, dont celui de chef d'état-major (l'homme qui fait tourner la boutique), le général de Lapasse. Un autre général français, Philippe Bény, officiellement en retraite, est conseiller auprès de la présidente Samba-Panza pour les affaires de défense et de sécurité. En revanche, depuis la mi-septembre, ce n'est plus un général, mais un simple colonel qui commande la force Sangaris. Une manière de montrer que, pour les Français, le point de gravité se déplace vers l'ONU et les autorités locales.

 

Le retrait militaire français est aujourd'hui conditionné à la tenue d'élections, initialement prévues pour début 2015 mais dont il n'est pas certain qu'elles puissent avoir lieu avant la fin de l'année, même si le recensement des électeurs est en bonne voie. L'empressement français à partir vite est critiqué par certains experts, comme Thierry Vircoulon, chercheur à l'Ifri et à l'International crisis group (2) : «En retirant prématurément le pilier sécuritaire de la transition, Paris risque de compromettre l'objectif qu'il veut atteindre». Partir trop vite, c'est pour les militaires français, l'assurance d'être contraint de revenir.

 

(1) Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République centrafricaine.


(2) Dans Ramsès 2016, publié par l'Institut français des relations internationales.

 

Lu pour vous : En Centrafrique, l’armée française cherche la porte de sortie
Lu pour vous : En Centrafrique, l’armée française cherche la porte de sortie
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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 17:01

 

 

 

13/10/15 (AFP)

 

Un rapport d'experts commandé par l'ONU et présenté lundi préconise de créer un tribunal international spécial pour juger les Casques bleus coupables d'exactions sexuelles, à la suite d'une série de scandales dans des missions de paix de l'ONU en Afrique.

 

Le rapport a été présenté à la presse par ONU Femmes, l'organisme de l'ONU chargé de la promotion des femmes, à l'occasion du 15ème anniversaire d'une résolution historique de l'ONU sur le rôle des femmes dans la paix et la sécurité internationales.

 

L'image des Casques bleus qui participent aux 16 missions de maintien de la paix de l'ONU dans le monde a été terni ces derniers mois par la révélation d'une série d'affaires de viols et d'abus sexuels, en particulier en République centrafricaine.

 

Le principal auteur du rapport est Radhika Coomaraswamy, ancienne représentante spéciale de l'ONU sur la violence envers les femmes et sur les enfants dans les conflits armés.

 

Elle a souligné lors d'une conférence de presse que seuls les pays dont sont originaires les Casques bleus peuvent actuellement les juger, "ce qui n'arrive pas souvent (..) car aucun pays n'aime voir juger ses soldats".

 

D'autre part, certains pays où les missions opèrent n'ont pas de système judiciaire digne de ce nom, ce qui ne garantirait pas aux accusés un procès équitable.

 

D'où l'idée d'un tribunal spécial, qui ne vient pas de l'ONU, souligne-t-elle, mais des juristes consultés pour le rapport.

 

"Je ne dis pas que cela se fera rapidement", reconnait Radhika Coomaraswamy.

 

Le rapport suggère, parmi plusieurs options, des tribunaux hybrides ou une convention internationale obligeant les pays contributeurs de Casques bleus à les juger. Mais il conclut que "la meilleure solution (..) serait la création d'un tribunal international, par le biais d'un traité entre Etats, avec pour juridiction de juger le personnel de l'ONU sur le terrain et toutes les catégories de Casques bleus".

 

Cette cour aurait pour mission de juger les "crimes graves, y compris les crimes sexuels".

 

Le rapport de quelque 400 pages fait le point de l'application de la résolution adoptée en 2000.

 

Il affirme que les accords de paix auxquels les femmes ont été associées ont davantage de chances de durer et il plaide pour une bien plus grande participation féminine dans les opérations de maintien de la paix de l'ONU. Aujourd'hui les femmes ne représentent que 3% des effectifs militaires des 16 missions de l'ONU.

 

"C'est un chiffre clairement inacceptable", affirme le directrice exécutive de ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka.

 

Elle fait valoir que les femmes Casques bleus peuvent "servir de modèles pour les femmes et les filles dans les communautés" et rassurer davantage la population locale.

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir mardi un débat général sur le thème "femmes, paix et sécurité", à l'occasion de l'anniversaire de la résolution 1325. Il doit être présidé par le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, Madrid assurant la présidence tournante du Conseil pour octobre.

 

Casques bleus : des experts favorables à un tribunal spécial pour les abus sexuels
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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 16:26

 

 

Centrafricaines, Centrafricains,

 

Chers compatriotes et Hommes de média,

 

Notre pays, la République Centrafricaine vient, une fois de plus, de renouer avec la recrudescence de violence qui aura pour conséquence d’élargir davantage le sillon de sa fragmentation sociale.

 

Dans la résurgence des tueries et autres actes de vandalisme, il faut comprendre l’expression de la limite de capacité managériale dont font montre les principaux acteurs de la transition.

 

L’autre facteur aggravant qu’il convient de ne pas sous estimer est la conjonction de certaines volontés négatives telles que :

 

  1. La volonté toute puissante et d’déstabilisatrice d’une frange de la société civile pilotée, en sourdine, par l’une des institutions de la transition ;
  2. La volonté exprimée par la plate forme des leaders et partis politiques acquis à la théorie, combien insoutenable, de la troisième transition ;
  3. La grossière manipulation de l’exécutif de transition dont la volonté réelle d’aller aux élections dans les délais est, manifestement, sujette à caution ;
  4. L’empressement de ce même exécutif à se saisir de la moindre résurgence de crises sanglantes dans le pays aux fins d’organiser une mascarade de concertations avec les forces vives de la nation dans le seul but d’obtenir de ses complices de circonstance la prorogation de la transition. L’exemple le plus frappant est le fameux Forum de  Bangui dont la seule réussite est, et demeure, la prorogation de la transition qui ne pourrait être possible sans la complicité des animateurs de la commission politique dudit forum.
  5. L’application parcellaire de la feuille de route de transition et l’absence de volonté d’appliquer pleinement les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies relatives au Démobilisation, Désarmement, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) et de la Reforme du Secteur de Sécurité (RSS).
  6. La non opérationnalisation de la Cour Spéciale criminelle pour juger sur le territoire centrafricain les nombreux auteurs présumés de graves crimes commis depuis l’avènement de la coalition SELEKA à ce jour.

 

Chers compatriotes,

 

Pour ne pas assister  impuissant à la descente aux enfers de toute la nation, nous demandons solennellement au peuple centrafricain dans son ensemble, musulman et non musulman,  de se mobiliser le moment venu pour opposer une vive résistance pacifique aux prochaines machinations tendant, une fois de plus, à obtenir un glissement de calendrier électoral allant, exagérément, au-delà  de la date du 30 Décembre 2015.

 

Cet appel s’adresse également à la communauté internationale qui ne doit ménager aucun effort afin de conduire la transition à une fin effective dans le délai proposé par l’Autorité Nationale des Elections (ANE) et accepté par tous les bailleurs de fonds engagés au chevet de notre pays.

 

Pour conduire irréversiblement l’interminable et balbutiante transition vers sa fin, nous proposons, après une large concertation, de procéder sans délai :

 

  1. Au renforcement de l’ANE par des moyens humains et la mise à sa disposition de moyens financiers nécessaires à l’accomplissement de sa mission dans le délai.
  2.  Au renforcement de l’exécutif de transition à dessein de dissuader toutes manigances tendant à obtenir un glissement calendaire des élections.

 

Peuple centrafricain, Chers compatriotes, Hommes de média,

 

Nous avons l’obligation de tenir le calendrier électorale, nous devons le tenir ce calendrier et nous le tiendrons car la transition dans la vie d’une nation n’est qu’une étape passagère qui  n’à jamais vocation à s’éterniser quel qu’en soit le prétexte. Nous le disons parce que nous savons que cette situation d’urgence  empêche le pays de renouer avec le développement.

 

D’aucuns n’ignorent que l’exécutif actuel est l’émanation d’un Conseil National de Transition légal mais illégitime. En connaissance de cause, pour sauvegarder l’intérêt supérieur de la nation, nous avons le devoir de nous opposer à toutes tentatives de cet exécutif qui, par pur cynisme politique,  exploite sans vergogne la souffrance du peuple centrafricain  brandissant toujours la persistance de l’insécurité dans certaine portion du pays, l’insécurité qu’elle contribue elle-même, par action ou par omission, à entretenir sournoisement, à dessein d’imposer au peuple et à la communauté internationale le glissement des dates d’élection, autrement dit une prorogation supplémentaire de la transition qui de fait prorogera inutilement  la souffrance du peuple centrafricain par ricochet.

 

Par conséquent, je lance un appel à la vigilance et à la mobilisation populaire pour faire obstacle à toute manipulation, quel qu’en soit sa provenance, tendant à proroger la transition au-delà de la date du 30 Décembre 2015.

 

Pour cela, nous devrons tous exiger l’organisation des scrutins dans ce délai quel qu’en soit la forme de ces scrutins car l’exécutif actuel ne doit son existence qu’à un CNT illégitime.

 

 Par conséquent, s’il faudrait qu’un seul quartier, un seul arrondissement, une seule sous-préfecture ou qu’une seule préfecture vote parce que les conditions de paix et de sécurité pouvant garantir la sincérité d’un scrutin y sont réunies, nous accepterons le verdict de ce scrutin pourvu qu’il soit inclusif, démocratique, transparent et crédible.

 

Nous le disons aujourd’hui devant vous. Prenez bien date que la République Centrafricaine doit être dotée d’un Président de la République, Chef de l’était, avant le 5 Janvier 2015 car seul le retour à l’ordre constitutionnel est un gage pour le pays à renouer avec les financements et investissements internationaux.

 

Nous vous remercions.

Bangui, le 13 Octobre 2015

 

Léopold Narcisse BARA

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 16:14

 

 

Par RFI 13-10-2015 à 12:05

 

La Centrafrique vient d'entamer une semaine de consultations entre le gouvernement et les forces vives de la nation pour discuter des élections et de la sécurité, notamment après les évènements meurtriers de la fin du mois de septembre couplés à la démission du président de l'Autorité nationale des élections. Une consultation boudée par beaucoup à Bangui.

 

Anti-balaka, ex-Seleka, mais aussi la majorité des partis politiques opposés au gouvernement, ont refusé de participer aux consultations.

 

Pour Crépin Mboli Goumba, le porte-parole de la concertation des partis politiques de l'opposition, la chef de l'Etat a choisi à qui elle voulait s'adresser : « La présidente intérimaire a décidé de contourner toutes les organisations dignes de ce nom, simplement parce qu’elle est convaincue que ces organisations-là ne sont pas dociles. Le but premier de cette manœuvre, c’est de tromper la vigilance de la communauté internationale pour après dire : "Voilà, nous avons eu une concertation approfondie avec les Centrafricains". Personne n’est dupe, même le groupe le plus important, le groupe politico-militaire l’ex-Seleka, a opposé une fin de non-recevoir. Finalement, sa concertation, elle l’a fait avec qui ? »

 

Des consultations rallongées

 

Pour Clément Guiyama Massogo, le porte-parole de la présidence, ceux qui refusent le dialogue sont ceux qui ne veulent pas voir le pays avancer : « On s’était mis tous d’accord dans ce pays, que les armes ne devaient plus parler, que le seul mode de règlement de conflit, c’était le dialogue. Donc, aujourd’hui, s’il y a des gens qui ne veulent pas venir à la table de dialogue, à mon humble avis, je pense qu’ils se mettent au ban de l’histoire de leur pays. »

 

Le porte-parole a également précisé que les consultations ne s'arrêteraient pas vendredi, comme initialement prévu. Elles devraient se prolonger pendant deux semaines.

RCA: les rencontres du gouvernement ne font pas l’unanimité
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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 16:02
Nouvelles nationales sur RJDH et RNL
Nouvelles nationales sur RJDH et RNL
Nouvelles nationales sur RJDH et RNL

 

 

Concertations : Les protestataires maintiennent leur position

 

http://rjdh.org/  PAR NAÏM-KAÉLIN ZAMANE LE 13 OCTOBRE 2015

 

La Concertation élargie des plateformes, partis, associations et personnalités politiques indépendantes maintient son mot d’ordre de non participation aux concertations des forces vives de la nation ouvertes hier lundi 12 octobre à Bangui. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 13 octobre, ils ont réaffirmé la volonté de se tenir à l’écart de ces assises.

 

C’était au siège du Parti Africain pour la Transformation et l’Intégration des États (PATRIE) à Bangui que les partis et associations politiques membres de cette Concertation élargie se sont donné rendez-vous. Une salle remplie des journalistes. Les leaders politiques n’étaient aussi nombreux que lors des précédentes rencontres.

 

Crépin Mboli-Goumba, président du PATRIE et porte-parole de la Concertation élargie a ouvert et présidé la séance. Même fermeté que le samedi 10 octobre, jour de la déclaration initiale de la concertation. « Nous ne pourrons pas participer à une telle mascarade. Les autorités veulent organiser un semblant de concertation pour pouvoir publier à la fin que les forces vives de la nation ont décidé de prolonger la transition après le 30 décembre », a-t-il martelé.

 

Selon le planning des concertations, la plateforme politique dénommée Alternative Citoyenne pour la Démocratie et le Progrès (ACDP) devrait être reçue demain par la cheffe de l’État. « Nous sommes invités mais nous n’irons pas. Nous avions souhaité avoir des concertations dignes de ce nom mais tel que c’est conçu, il y a forte probabilité que nous n’aboutissions pas à quelque chose de concret », a prévenu Enoch Dérant Lakoué, ancien premier ministre et président de l’ACDP.

 

Le sujet de l’après 30 décembre est venue se greffer également à l’ordre du jour de la Concertation élargie à l’instar des autres jours de rencontre. Enoch Dérant Lakoué a indiqué que la persistance de cette question se justifie par le fait que « nous sentons le vide constitutionnel venir. Après le 30 décembre, il n’y a plus de légalité. Je ne parle même pas de légitimité. Il n’y a plus de légalité tout court ».

 

Parallèlement à ces débats houleux, la présidence poursuit les concertations depuis le palais de la renaissance. Après les responsables des huit arrondissements reçus hier, les jeunes et la plateforme politique Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition, (AFDT) ont eu un tête-à-tête avec la présidente Catherine Samba-Panza.

 

 

Mécontent, le CNJ promet de rejeter toutes les décisions de la concertation en cours

 

http://rjdh.org/  PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 13 OCTOBRE 2015

 

Se disant  exclue de la concertation encours entre la cheffe de l’Etat de transition et les forces vives de la nation, le Conseil National de la Jeunesse (CNJ) promet de  rejeter toutes les décisions issues de ces assises. Une prise de position exprimée dans un communiqué de presse publié le 12 Octobre.

 

« Le conseil national de la jeunesse est représenté au conseil national de transition, nous avons été signataires de l’Accord de cessation des hostilités de Brazzaville, et aussi dans la commission préparatoire du Forum de Bangui, mais pour cette concertation nous avons été exclus sans raison »,  a expliqué Patrick Bokologba membre du CNJ.

 

 « C’est pourquoi, nous avons décidé de rejeter en bloc tout les résultats issus de cette concertation. Ces décisions n’engageront que leurs auteurs et non la jeunesse centrafricaine »,  a-t-il  ajouté.

 

 

Difficile accès au transport sur l’axe Bozoum-Bangui

 

http://rjdh.org/ PAR ALBAN JUNIOR NAMKOMONA LE 13 OCTOBRE 2015

 

Les véhicules de transport en commun se font rares sur l’axe Bozoum-Bangui. La  dégradation avancée de la route est l’une des raisons évoquées. Une situation qui a  des répercussions négatives sur l’acheminement des produits  agricoles vers les autres villes.

 

Annick, une habitante de cette ville, explique que la petite cuvette de manioc qui se vendait à 3000 francs CFA pendant la saison pluvieuse se négocie actuellement à 1000 francs CFA ou moins sur les marchés hebdomadaires.

 

« C’est vraiment difficile pour nous, même les commerçants qui sont venus de Bangui pour chercher des marchandises éprouvent des difficultés pour y retourner. Ils peuvent passer  une à deux semaines à la  gare routière pour attendre les véhicules », explique-t-elle.

 

En l’absence des véhicules, les taxis moto tentent d’emprunter cet axe. Mais, « ils n’arrivent même pas à parcourir au moins cent kilomètres à cause de la surcharge.  Les accidents sont fréquents. »

 

Une situation qui pénalise également les agents de l’État qui veulent se rendre à Bangui afin de percevoir leur salaire.

 

Ce sont les bus de la société SONATU qui assuraient le transport sur cet axe. Mais pour des raisons sécuritaires ces bus n’arrivent plus à Bozoum.

 

 

Concertation : Catherine Samba-Panza s'entretient avec les représentants de la jeunesse

 

http://www.radiondekeluka.org/  mardi 13 octobre 2015 13:37

 

Au deuxième jour de la concertation qui s'est ouverte ce lundi, 12 octobre 2015, le chef de l’État de la transition, Catherine Samba-Panza, s'est entretenue avec une quarantaine de représentants des différentes organisations de jeunesse des huit arrondissements de Bangui, Bimbo et Bégoua. 


Objectif principal de ces pourparlers initiés par le Chef d’État de la transition à son retour de New-York, recueillir les points de vue des différentes entités sur la situation du pays et trouver ensemble des voies et moyens de sortie de crise. Comme à l'ouverture des pourparlers, Catherine Samba-Panza a, une nouvelle fois, déroulé les efforts qu'elle a entrepris depuis son accession à la tête de l’État centrafricain en faveur de la jeunesse. Une jeunesse défavorisée qui a besoin « d'être encadrée », a-t-elle par ailleurs reconnu. 


« Ceux, comme nous autres, qui sont des enfants des pauvres, ne pouvons nous rendre à l'étranger dans des meilleurs instituts et universités parce que nos parents n'ont pas les moyens », a déclaré le président de l'Union Scolaire Centrafricaine (USCA) Nicaise Marboua. Il a précisé par ailleurs « qu'il n'y a pas de volonté politique pour assurer une meilleure éducation des élèves. Quand on parle de baisse de niveau des élèves et étudiants centrafricains, on impute seulement aux élèves la responsabilité de cette réalité et on oublie la responsabilité politique dans cette situation ».


Il a demandé de ce fait aux autorités centrafricaines de tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité du pays afin de donner la possibilité aux enfants centrafricains d'aller à l'école. 


En réponse, Catherine Samba-Panza a précisé qu'elle a entrepris des démarches auprès des partenaires chinois afin de construire en Centrafrique, un centre de formation professionnelle pour former les jeunes et les rendre autonomes. Une jeunesse non formée, a-t-elle renchéri, « est prête à toute forme de manipulation d'où qu'elle vienne ». 


Elle a de ce fait invité la jeunesse centrafricaine à une prise de conscience de son avenir et à ne pas céder à la manipulation des hommes politiques. « Ceux qui vous poussent dans la rue afin de tenir des propos désobligeants envers les autorités de la transition sur Internet et les réseaux sociaux ont tous leurs enfants à l'étranger dans des meilleures écoles de formation », a-t-elle ajouté. 

A l'ouverture de la concertation ce lundi, 12 octobre 2015, les Maires, chefs de groupe et de quartiers des différents arrondissements de Bangui, Bimbo et Bégoua, ont demandé aux autorités de la transition de tout mettre en œuvre, avec l'appui des forces internationales, pour sécuriser le territoire centrafricain afin que le processus électoral puisse se tenir dans des conditions acceptables. 


A cet effet, le ministre de la défense Marie-Noëlle Koyara a précisé que les Forces armées centrafricaines (FACA), encore sous embargo du comité de sanction des Nations-unies, seront associées à la sécurisation du processus électoral dans le pays selon le plan de sécurisation arrêté en partenariat avec les forces internationales présentes en Centrafrique.

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Centrafrique-Presse.com
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 00:39

 

 

http://www.afrik.com/  LUNDI 12 OCTOBRE 2015 / PAR ASSANATOU BALDÉ

 

Président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), leader de lopposition depuis des années en Centrafrique, Martin Ziguélé, qui a aussi été le Premier ministre de lancien chef de lEtat Ange Félix Patassé, est aujourd’hui annoncé comme le candidat le mieux placé pour l’élection présidentielle qui devrait se dérouler avant la fin de l’année. Interview.

 

Il n’a pas une minute à perdre. Le temps lui est compté pour convaincre ses concitoyens de le porter à la tête du pays. Agé aujourd’hui de 58 ans, c’est un véritable challenge que Martin Ziguélé va tenter : convaincre ses compatriotes qu’il est l’homme de la situation. ​D’autant que celui qui a commencé à militer en politique à l’âge de 22 ans a été deux fois candidat malheureux à la Présidentielle, en 2005 puis 2001. L’ancien Premier ministre (2001-2003) du défunt Président centrafricain Ange Félix Patassé fait partie des plus sérieux candidats au scrutin, qui est censé sortir le pays du chaos. Joint par téléphone, alors qu’il venait tout juste de sortir d’une réunion à Bangui, concernant l’avenir de son pays, il a accepté de répondre à nos questions le temps d’une pause.

 

Entretien.

 

Afrik.com : Vous êtes candidat à l’élection présidentielle de la Centrafrique, si bien sûr elle se tient, quelles sont les grandes lignes de votre programme pour redresser le pays qui est dans une situation catastrophique ?

 

Pour redresser la Centrafrique, il faut absolument mettre en œuvre la restauration de l’autorité de l’Etat. Il faut avoir une volonté politique inébranlable pour mener cette mission à bien. J’ai déjà prouvé que j’étais capable de faire face à des situations difficiles comme celle-ci lorsque notamment j’étais Premier ministre. Dès mon arrivée à la Primature, j’ai lancé l’opération main propre qui a permis de payer les salaires des fonctionnaires et assuré le fonctionnement de l’Etat alors que nous n’avions pas reçu d’aide extérieure pendant plusieurs mois. Nous sommes actuellement face à un véritable challenge dans le pays. Il faut donc aussi montrer un leadership solide pour la restauration de l’Etat. L’Etat doit être debout même lorsque son autorité est bafouée, contestée et fragilisée par différents groupes d’intérêts. La survie de la Centrafrique dépend de la restauration de l’Etat.

 

Qu’entendez-vous par la restauration de l’Etat ?

 

J’entends par la restauration de l’Etat de faire en sorte que la justice soit respectée, que des lois constituent les fondements de la République. Tout cela ne doit pas juste être un slogan mais la réalité. Tous les auteurs de crimes doivent être poursuivis, et jugés jusqu’à ce que les uns et les autres purgent leur peine dans les établissements appropriés. Il n’y a pas de République sans justice. Il faut aussi un renforcement des forces de sécurité intérieure dans le pays. Vous savez, la Centrafrique est un territoire aussi grand que la France, la Belgique et le Luxembourg réunis, mais avec moins de 6 000 policiers pour assurer la sécurité de tous ! C’est ce qui explique que l’attente sécuritaire soit trop grande et que l’opinion publique ait du mal à comprendre le fait que les forces de l’ONU soient sur place ainsi que les autres forces internationales et que pour autant des personnes armées se baladent dans les rues de Bangui, sèment la terreur et coffrent qui ils veulent.

 

Actuellement peux-t-on affirmer que la Centrafrique n’a toujours pas d’Etat bien qu’une transition soit installée pour mener le pays vers des élections ?

 

​Je ne dirai pas qu’il n’y a pas d’Etat en tant que tel. Mais l’Etat est faible et fragile. Et ces groupes armés qui veulent semer le désordre pour que nous n’allions pas aux élections savent pertinemment que l’Etat est faible donc ils en profitent souvent contre les intérêts généraux de la population. Le problème c’est qu’on ne peut rien construire tant que le pays sera dans cet état. ​Le problème c’est qu’ils sont en train de tout faire pour qu’il n’y ait pas d’élections. Il faut aller aux élections le plus tôt possible et respecter le cadre légal. Dans une République, il faut défendre le point de vue du citoyen tout en respectant la loi et le processus électoral. Il faut toutefois que nous fassions attention, car en l’état actuel du pays, on ne peut pas faire comme si de rien n’était. Les forces armées n’ont pas les moyens de leurs politiques. ​Donc la sécurité du pays est de la responsabilité des forces internationales pour garantir la pérennité de l’élection. Ce ne serait pas honnête de la part des Centrafricains de ne pas reconnaître l’action des forces internationales présentes dans le pays. Sans elles, ce serait pire, ce serait le chaos ! Il faut aussi reconnaître leur sacrifice et tous ceux qui sont tombés dans l’exercice de leur fonction. Pas plus tard qu’hier, un élément burundais a été tué dans le pays.

 

Ce nest un secret pour personne, le pays va mal. Les récentes violences ont fait plus de 61 morts. Des Centrafricains sont même descendus dans les rues de Bangui pour exiger la démission de la présidente de Transition Catherine Samba-Panza. Face à une telle situation peut-on affirmer que la Transition a échoué ?

 

​Ce serait aussi injuste et pas honnête de dire que la Transition a échoué. ​Donc non, on ne peut pas dire cela parce que lorsque Catherine Samba-Panza a été élue, nous étions dans un chaos sécuritaire. Depuis, on a avancé sur le chantier de la sécurité bien qu’il y ait encore beaucoup à faire. Mais on ne peut pas régler le problème sécuritaire en Centrafrique sans une armée forte. Il faut comprendre que nous n’avons plus d’armée, elle a disparu. Heureusement que la MINUSCA et les forces internationales sont venues appuyer le pays.

 

Jusqu’à présent, tous les chefs dEtat de Centrafrique, du premier au dernier, ont tous échoué à redresser ce pays. Dautant quen Afrique, on constate que lorsque les opposants arrivent au pouvoir ils déçoivent souvent leur peuple. Qu’est-ce qui garantit aux Centrafricains que si vous arrivez au pouvoir vous tiendrez vos engagements et que vous aurez la capacité de développer le pays ?

 

​Tout simplement pour deux bonnes raisons. La première est que je suis arrivé à faire tenir ce pays durant deux ans sans budget extérieur, sachant que c’est la seule fois que ça nous était arrivé. Donc, si on me fait confiance, je pourrai faire ce travail. ​Deuxièmement, je ne me présente pas aux élections pour la première fois. Depuis l’âge de 22 ans, je milite en politique. Près de 40 d’expérience, ce n’est pas rien. D’autre part, je suis le seul candidat aux élections qui ait parcouru toute la Centrafrique de fond en comble, village par village. Je connais le terrain et l’ensemble des villes et des localités du pays. En fait, je vois le malade, je peux donc apporter ce qu’il faut pour le guérir. Qu’on ne se trompe pas, ce pays a plein d’opportunités car tout est à faire. Si les Centrafricains me font confiance, j’élargirai l’entrepreneuriat privé, national, et international pour faire en sorte, rapidement, que le pays puisse s’en sortir.

 

Pensez-vous que le pays soit actuellement prêt pour l’organisation d’élections ?

 

Le pays doit aller aux élections. Mais la question sécuritaire ne doit pas être banalisée non plus. Ces groupes armés doivent absolument être désarmés. Et les forces internationales ont les moyens de les désarmer et de désarmer leurs chefs. Ce sont les élections qui nous permettront de sortir de cette crise.

 

On sait aussi que les forces internationales sont uniquement déployées dans Bangui mais pas dans l’arrière-pays où là aussi des groupes armés sèment la terreur chez des populations et mènent de nombreuses exactions dans l’impunité totale. Que faire pour mettre fin à cette situation ?

 

C’est exact. Si je suis élu, je construirai une armée avec des éléments à la hauteur de leur fonction. L’objectif est de recréer une armée républicaine, qui pourra travailler en coopération avec la MINUSCA pour sécuriser le pays. Même 12 000 hommes des Nations Unies déployés ne suffiront pas à garantir la sécurité de la totalité du territoire centrafricain, qui est immense. Ceux qui commandent ces groupes armés savent bien qu’en l’état actuel, on ne peut pas contrôler tout le territoire du pays. Raison pour laquelle, il faut une véritable politique sécuritaire qui soit efficace et permette le rétablissement de l’ordre.

 

Comment expliquez-vous que depuis son indépendance la Centrafrique soit toujours dans cet état et peine à décoller pour ne serait-ce qu’atteindre le niveau des autres pays africains. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné pour ce pays ?

 

​Cela remonte, il me semble, aux origines historiques du pays. A mon avis, c’est en partie lié au fait que le père de l’indépendance de la Centrafrique qui devait naturellement prendre les rênes du pays est mort dans un accident d’avion six mois avant son accès à l’indépendance. D’autre part, le manque de qualité de nos leaders nous a fait aussi du mal. Nous n’avons pas eu la chance d’avoir des dirigeants comme Houphouët Boigny, Senghor, Bourguiba... Je pense que nous avons raté ce tournant. Depuis, les Centrafricains ont toujours été dans l’attente d’un homme providentiel, mais en vain.

 

Nous avons eu des hommes forts mais pas des bâtisseurs d’institutions fortes. Comme je le dis toujours, il n’y a de richesses que d’hommes. Je connais bien ce pays. Je me suis rendu partout, de l’est à l’ouest, du nord au sud. La faiblesse de l’Etat, de l’administration, l’abandon de l’arrière-pays ainsi que des filières agricoles, alors qu’on dispose de beaucoup d’eau provenant de la pluie, nous ont menés à cela. Mais on peut y mettre fin par une politique volontariste pour transformer le pays. C’est La tâche a laquelle que je vais m’atteler, si les Centrafricains me font confiance.

 

Martin Z​iguélé : "La survie de la Centrafrique dépend du rétablissement de l’ordre"
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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 19:39

 

 

                                                          COMMUNIQUE

 

 

L’Autorité des Ambassades ou Consulats des Elections (A.A.C.E), démembrement de l’Autorité Nationale des Elections (A.N.E) en France, informe tous les citoyens et citoyennes centrafricains résidant à Paris et en Ile de France, que les opérations d’inscriptions sur la liste électorale sont prolongées du mardi 13 au dimanche 18 octobre 2015 de 10h à 18h, compte tenu de l’affluence constatée lors des enregistrements dans les derniers jours.

 

Cette prolongation a pour but de permettre aux compatriotes empêchés ou éloignés de venir accomplir leur devoir citoyen et aussi palier au problème de pannes de caméras constatées dans le centre opérationnel de Paris (5 sur 10) et qui constitue un handicap à notre déploiement ailleurs.

 

Pour les opérations en provinces, BORDEAUX, LYON, TOULOUSE, TROYES, STRASBOURG, MONTPELLIERS et ORLEANS, celles-ci débuteront dès réception de nouvelles caméras envoyées par Bangui.

 

Contact: Facebook : aacefrance Mail: aacefrance@yahoo.fr

 

 

Paris le 11 octobre 2015

 

Le Rapporteur Daniel MAKOURI KIWI

Les opérations de recensement électoral à Paris sont prolongées
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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 18:40

 

 


Paris - AFP / 12 octobre 2015 19h04  Au moins 310 opposants équato-guinéens ont été assassinés par le régime du président Teodoro Obiang Nguema depuis son arrivée au pouvoir en 1979, a affirmé lundi à Paris la principale coalition d'opposition du pays.

La Coalition d'opposition pour la restauration d'un Etat démocratique en Guinée équatoriale (Cored) a dit avoir recensé 310 assassinats d'opposants dans le pays ou à l'étranger, une liste qui n'est pas close, ont déclaré ses responsables, qui vivent depuis des années en exil, au cours d'une conférence de presse à Paris.

Le dernier assassinat en date est celui de Bonifacio Nguema Esono Nchama, un opposant rentré récemment au pays avec la garantie de la protection de l'épouse du président Obiang, ont-ils accusé, citant également le cas d'un coopérant français, André Branger, assassiné en 1993 à Malabo.

Si nous n'avions pas fui nous-mêmes, nous serions au nombre de ceux qui ont été assassinés, ont-ils expliqué.


Notre message est clair. Obiang, va-t-en !, a lancé Sévérin Moto, le plus connu de ces opposants. Nous avons conquis notre indépendance, (...) mais aujourd'hui c'est la guerre du peuple pour conquérir la liberté, a clamé M. Moto.

Nous sommes face à l'une des dictatures les plus féroces d'Afrique centrale, a renchéri Filiberto Manale Andem, secrétaire général de la Cored.

Les Equato-Guinéens vivent depuis 37 ans sous la botte de cette famille, responsable d'assassinats, de tortures, de détentions arbitraires, de pressions sur les familles, selon M. Manale.

Obiang a vidé les caisses de l'Etat, la corruption est partout, et il y a encore l'affaire des biens mal-acquis, non seulement en France, mais aussi aux USA, a-t-il ajouté.

Arrivé au pouvoir en 1979 par un coup d'Etat, le président Obiang Nguema est réélu à chaque présidentielle par des scores-fleuve dépassant les 90% des votants.

Son régime est régulièrement dénoncé pour sa violente répression à l'encontre des opposants politiques, des organisations indépendantes de la société civile et des médias, ainsi que pour l'ampleur de la corruption dans le pays.

En octobre 2014, le président Obiang avait accordé une amnistie générale aux opposants en exil en vue de la tenue d'un nouveau dialogue national, le cinquième du genre organisé par le pouvoir.

Ces tables rondes et conférences nationales sont un leurre, a fustigé Mireille Ngosso, en charge de la communication de la Cored.

Obiang ne va jamais rendre le pouvoir par le dialogue ou avec une prétendue conférence nationale, a dénoncé M. Moto. Il n'y a pas de discussion avec la dictature, et il existe désormais une alternative avec la CORED, a-t-il souligné.

Malgré l'exploitation pétrolière, le peuple vit toujours dans la pénurie, a-t-il dénoncé, a affirmé un autre responsable de la CORED.

La famille Obiang régne sur ce pays seulement par la force, a dénoncé pour sa part Roberto Berardi, entrepreneur italien emprisonné pendant près de deux ans à Bata, à l'isolement et dans une cellule d'à peine 4 mètres carrés, a-t-il témoigné.

Associé dans une entreprise de BTP au fils ainé du chef de l'Etat Teodorín Nguema Obiang, M. Berardi avait été accusé de malversations et condamné à deux ans et demi d'emprisonnement. Il avait été libéré en juillet 2015, et accuse aujourd'hui le pouvoir d'avoir tenté de l'empêcher de coopérer avec la justice américaine au sujet de la corruption présumée d Téodorín Nguema Obiang.

Il a dénoncé l'usage de la torture à longueur de journée dans les prisons et les commissariats en Guinée équatoriale.


(©) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=638395 

Guinée équatoriale: 310 opposants assassinés à ce jour par le pouvoir Obiang, selon l'opposition
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