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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 15:06
«A Bangui, la moindre étincelle fait jaillir le feu»
«A Bangui, la moindre étincelle fait jaillir le feu»
«A Bangui, la moindre étincelle fait jaillir le feu»

 

 

VIOLENCES EN CENTRAFRIQUE

 

 

Par Maria Malagardis — Libération 30 septembre 2015 à 08:21 (mis à jour à 09:11)

 

La présidente de transition, Catherine Samba Panza, a dû regagner la Centrafrique plus tôt que prévu alors qu'elle se trouvait à New York. La capitale, Bangui, venait de sombrer à nouveau dans la violence.

 

 «A Bangui, la moindre étincelle fait jaillir le feu»

 

Leçon numéro un, à l’usage des présidents africains au pouvoir contesté ou instable : ne quitte jamais ton pays. Car c’est alors que le pire se produit. Après tant d’autres victimes de coups d’Etat ou d’insurrections in absentia, l’actuelle présidente centrafricaine, Catherine Samba Panza, a dû quitter New York, lundi, pour rentrer préciptamment à Bangui via Paris, où elle devrait en principe arriver mercredi matin.

 

La raison de ce retour en urgence : les violences qui ont embrasé la capitale de la Centrafrique depuis samedi. A l’issue d’un week-end meurtrier, on dénombrait ainsi «entre trente et quarante victimes», selon un responsable local de Médecins sans frontières (MSF), alors que plusieurs quartiers étaient dévastés par les pillages et les destructions. De son côté, l’Unicef a dénoncé l’attaque d’enfants sans défense, évoquant notamment le cas d’un adolescent décapité.

 

Les assaillants s’en sont également pris aux sièges de certaines ONG humanitaires comme Médecins du Monde, Première Urgence ou la Croix Rouge, qu’ils ont pillé, contraignant le personnel à fuir dans des convois caillassés par la foule. Mardi, le couvre-feu était toujours en place, mais la tension régnait encore sur la ville alors qu’on dénombrait deux nouveaux morts dans le quartier de Combattant, selon Radio France International (RFI).

 

«C’est désolant, la moindre étincelle fait jaillir le feu, et ruine tous les espoirs d’une normalisation de la situation», déplorait mardi un humanitaire joint par téléphone à Bangui. Depuis trois ans, Bangui est toujours restée une ville instable, vidée de la majorité de ses habitants de confession musulmane, lors des pogroms qui les ont contraint à l’exil entre la fin 2013 et le premier trimestre 2014.

 

Un gouvernement de transition dirigé par Samba Panza avait été désigné en janvier 2014 au son grésillant de la Maladie d’amour de Michel Sardou, qui retentissait alors dans la salle du parlement. Il est censé bientôt céder la place à un gouvernement élu. Mais de manière tacite, tout le monde a admis que les élections ne pourraient avoir lieu comme prévu le 18 octobre faute de préparation, même si aucun report n’a été officiellement annoncé.«On ne sait plus où on va et tout le monde se doutait que ça allait péter un jour où l’autre», confie un humanitaire qui travaille depuis longtemps sur place.

 

Prisonniers libérés

 

Dans cette ambiance confuse, c’est le meurtre d’un chauffeur de moto taxi qui a déclenché la dernière flambée de violences. Il aurait été égorgé samedi sur la «route des poussières», celle qui longe l’immense camp de déplacés de Mpoko, à proximité de l’aéroport. Alors que les autorités pensaient fermer définitivement le camp de Mpoko, ce dernier était en début de semaine à nouveau envahi par une nouvelle vague de milliers de déplacés, qui ont tout perdu lors des affrontements du week-end.

 

Car le meurtre du chauffeur, supposé de confession musulmane, a déchainé la colère du dernier carré de musulmans qui vivent encore dans le quartier de PK5 (ils étaient plus de 100 000 à y vivre jusqu’en 2014, mais ne sont plus que 3 500 actuellement). Et selon un cycle bien rodé, la vengeance des musulmans a entraîné les représailles des anti-Balaka, ces milices prétenduement chrétiennes qui sont apparues au début de la crise centrafricaine, mais que certains soupçonnent d’être aux ordres de l’ancien président François Bozizé, aujourd’hui en exil aprés avoir été chassé du pouvoir en mars 2013. C’est d’ailleur la main de Bozizé que les autorités de transition ont vite dénoncé derrière les«provocations» du week-end, rappelant que l’ex-homme fort du pays n’a jamais renoncé à revenir au pouvoir, se déclarant même candidat au prochaines élections à la date encore incertaine. Signe inquiétant : lundi soir, la prison de Ngaregba a été attaquée et la plupart des prisonniers ont été libérés par des manifestants hostiles au pouvoir, comme à la force internationale censée garantir un semblant de paix dans ce pays où les armes prolifèrent.

 

«A Bangui, on peut obtenir une grenade pour moins d’un euro. Résultat, on la dégoupille à la première querelle et ça part plus vite qu’une gifle», explique un expatrié joint également par téléphone. De combattant à bandit de grand chemin, la frontière est vite franchie en Centrafrique, où les convois humanitaires sont souvent attaqués. La Minusca, la force d’interposition internationale, n’a jamais réussi à désarmer les factions en présence et ses interventions musclées conduisent parfois à des bavures. Comme celle dans le quartier de PK5 debut août, lorsque, aprés le viol d’une fillette par des casques bleus, Babacar Gueye, le représentant de l’ONU en Centrafrique, avait dû démissionner. D’autres cas de viols ont également été attribués à Sangaris, la force française sur place. Laquelle pliait officiellement bagages ces jours-ci avec un bilan mitigé. «Mais quand les violences ont commencé samedi, ils ont dû remonter dare-dare l’hélicoptère qu’ils venaient de démonter», croit savoir un expatrié à Bangui.

 

A New York, Catherine Samba Panza aurait dû assister à une réunion sur la Centrafrique organisée par les Nations Unies. Selon France 24, un conseiller de la présidente centrafricaine évoquait lundi «une tentative de putsch» avant de partir pour Bangui, via Paris.

 

Maria Malagardis

 

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 15:01

 

 

 

30/09/15 (La Croix) 30/9/15 - 09 H 15

 

Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, explique comment apaiser la société centrafricaine.

 

ENTRETIEN Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui 

 

 « La Croix »  : Que s’est-il passé cette fin de semaine à Bangui ? 

 

 Mgr Dieudonné Nzapalainga : Dans la nuit du 25 au 26 septembre, un jeune musulman a été tué dans un quartier de la capitale centrafricaine. Au matin du 26 septembre, son corps a été porté à la mosquée centrale de Bangui. Cette mort a réveillé des vieux démons. Depuis le début de ces événements, je suis dans la ville.

 

Dimanche, j’ai fait le tour des hôpitaux afin de réconforter les blessés et prier avec les parents des victimes. Ce 29 septembre après-midi, les forces de la Minusca et de Sangaris sont en train d’enlever les barricades qui ont été dressées par des bandes. Des motos circulent et la ville semble calme. Toutefois, les prisonniers se sont évadés, ce qui accentue les risques de troubles.

 

 Comment expliquer cette poussée de violence ?

 

Notre crise n’est pas confessionnelle. Il faut le répéter. J’accueille actuellement chez moi des imams venus des provinces du pays pour une réunion à Bangui et qui se sont trouvés bloqués ici par les événements. Des gens profitent de ces troubles pour souffler sur les braises. Ils s’engouffrent dans la brèche et font sortir les armes dans les rues. Elles traînent partout dans Bangui, car on n’a pas procédé à un désarmement efficace. Ces gens qui agitent cette violence pensent qu’elle peut les enrichir. Les braquages sont en augmentation. Nous sommes une société fébrile, pour ne pas dire fragile. Certains exploitent cette faiblesse.

 

 Que faire pour apaiser la situation ? 

 

Nous nous appliquons avec l’imam de Bangui à transmettre un message commun de paix. Ensuite, il est important d’expliquer aux Centrafricains qu’il ne sert à rien de s’en prendre aux étrangers, comme, par exemple, aux travailleurs humanitaires. Nous sommes incapables de trouver seuls les solutions à nos problèmes. Nous avons besoin de l’aide des étrangers pour nous entendre. C’est important.

 

Recueilli par Pierre COCHEZ

Mgr Dieudonné Nzapalainga : «En Centrafrique, la crise n’est pas confessionnelle»

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 14:59

 

 

 

30/09/15 (AFP)

 

Amnesty International a appelé le gouvernement centrafricain à confisquer les diamants vendus par les compagnies du pays, sans contrôle sérieux sur leur provenance, estimant qu'ils finançaient des milices armées responsables de massacres et de pillages.

 

"Le gouvernement devrait confisquer tous les diamants sales, les vendre et utiliser l'argent pour le bien public", juge Amnesty dans un rapport paru mercredi.

 

"Si des compagnies ont acheté des diamants de sang, elles ne doivent pas pouvoir en profiter", a souligné Lucy Graham, juriste à Amnesty. "Alors que le pays cherche à se reconstruire, les diamants doivent être une bénédiction, pas une malédiction".

 

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, a plongé la Centrafrique, ex-colonie française, dans la plus grave crise depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries de masse entre communautés musulmanes et chrétiennes, en 2013 et 2014, dont le pays peine à se relever.

 

Avant les troubles, les diamants représentaient la moitié des exportations du pays.

 

D'après Amnesty, "il y a un fort risque" que le principal négociant du pays, Sodiam, ait amassé pendant le conflit quelque 60.000 carats de diamants, d'une valeur de 7 millions de dollars, ayant servi à financer les milices chrétiennes anti-balaka.

 

Les Nations unies ont déjà mis sur liste noire le 2e négociant du pays, Badica, et sa filiale belge Kardiam, pour trafic de diamants venant de mines contrôlées par l'ex-rébellion Séléka, dans l'est du pays.

 

En mai 2015, un représentant de la Sodiam à Carnot (ouest) a confirmé à Amnesty que la compagnie achetait des diamants dans l'ouest de la RCA malgré le conflit et les stockait en attendant de pouvoir les exporter.

 

L'interdiction d'exporter les diamants mise en place en mai 2013 doit être partiellement levée une fois que le gouvernement aura rempli les conditions du "processus de Kimberley", qui vise à stopper le commerce de diamants provenant des zones de guerre, précise Amnesty.

 

L'organisation appelle en outre les gouvernements et compagnies impliquées dans le commerce des diamants, comme de Beers et Signet, à soutenir une régulation plus stricte du secteur, soulignant que les violations des droits de l'Homme ne se produisent pas que dans les zones de guerre.

 

"Les grandes compagnies doivent regarder de près les abus commis tout au long de la chaîne d'approvisionnement, du travail des enfants à la fraude fiscale (...) et toutes les violations des droits de l'Homme et pratiques peu scrupuleuses associées aux diamants", conclut Lucy Graham.

Amnesty appelle la Centrafrique à confisquer les diamants sales

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 14:56

 

 

 

30/09/15 (AFP)

 

La nouvelle flambée de violences à Bangui est le "résultat d'une accumulation d'erreurs de la communauté internationale" dans la gestion de la crise centrafricaine depuis 2013, relève l'analyste Thierry Vircoulon du centre de réflexion International Crisis Group (ICG).

 

Q - Quelles sont les causes profondes de cette nouvelle flambée de violences, dont l'apparent détonateur est le meurtre d'un conducteur musulman de moto-taxi, dans une ville où la criminalité violente est pourtant relativement commune du fait, entre autres, de la profusion d'armes en circulation dans la ville?

 

R - La flambée de violence actuelle est le résultat de l'accumulation des erreurs de la communauté internationale qui veut organiser des élections dans un vide sécuritaire et institutionnel à peu près complet et qui privilégie sa stratégie de sortie de la crise sur une stratégie de résolution de la crise.

 

Les failles de la feuille de route de sortie de crise sont l'absence de désarmement des miliciens et l'insécurité structurelle qui en découle, des relations intercommunautaires souvent hostiles et au mieux méfiantes, la reconstitution d'une administration locale encore très embryonnaire, ineffective et qui n'inspire pas confiance aux communautés musulmanes, ainsi qu'un calendrier de désengagement des forces françaises en contradiction avec le calendrier politique de la transition.

 

Q - Les autorités de transition, dont la présidente Catherine Samba Panza, ont une nouvelle fois mis en cause ceux qui selon elles "tirent un profit" du chaos dans laquelle la Centrafrique est plongée, et ne veulent pas d'une normalisation. Cette analyse vous paraît-elle pertinente?

 

R - L’approche actuelle du désarmement des groupes armés, formalisée par l’accord signé lors du forum de Bangui en mai dernier, sous-estime la dimension communautaire de la violence ainsi que la criminalisation et la fragmentation des groupes armés.

 

A l’ouest du pays, faute d’ennemis après la fuite des combattants de l’ex-Seleka et des musulmans, la nébuleuse de groupes armés locaux communément dénommée anti-balaka n’est parvenue à se structurer ni militairement, ni politiquement: elle constitue maintenant une menace criminelle qui pèse sur les populations locales.

 

L’ex-coalition de la Seleka a implosé en plusieurs mouvements dont les affrontements sont motivés par des rivalités de direction, des querelles financières et des désaccords sur la stratégie à adopter vis-à-vis du gouvernement de transition et des forces internationales. La dynamique de criminalisation et de déstructuration des groupes armés est un obstacle à toute négociation avec eux.

 

Q - Dans ce contexte, est-il envisageable d'organiser à brève échéance, d'ici la fin 2015, des élections présidentielle et législative, comme s'y engage Mme Samba Panza?

 

R - Dans la mesure où les forces internationales ne sont pas capables de reprendre le contrôle de la capitale, on imagine difficilement comment on pourrait organiser des élections d'ici la fin 2015. Le processus électoral et les conditions des scrutins sont très problématiques. Une des séquences essentielles de la feuille de route de sortie de la transition, le DDR (Démobilisation, Désarmement, Réinsertion des combattants) n'a pas pu être mise en oeuvre et cela va bloquer les élections.

Centrafrique: "une accumulation d'erreurs de la communauté internationale" : Thierry Vircoulon

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 00:37

 

 

INVITÉ AFRIQUE

 

Par Christophe Boisbouvier RFI : mardi 29 septembre 2015

 

Y a-t-il un chef d'orchestre derrière les violences inter-communautaires qui ont fait plusieurs dizaines de morts ces trois derniers jours dans la capitale centrafricaine ? En ligne de Bangui, le Premier ministre centrafricain Mahamat Kamoun répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

 

RFI : Depuis deux jours, la ville de Bangui est couverte de barricades, des milices motorisées circulent. Est-ce que vous n’avez pas perdu le contrôle de la situation ?

 

Mahamat Kamoun : La situation n’est pas totalement perdue comme vous le dites. C’est vrai que la majorité des quartiers observent le calme dans Bangui et les barricades ont été enlevées afin de permettre la reprise des activités. Cependant, nous reconnaissons qu’il y a encore des circulations de quelques milices à moto, ce que nous tentons de juguler.

 

Mais il n’empêche, dans la nuit de dimanche à lundi la Radio nationale a été attaquée non ?

 

C’était plutôt la Gendarmerie nationale qui a dû repousser une attaque d’une bande armée et qui a fait trois morts dans les rangs des assaillants, parmi lesquels il y a le tristement célèbre anti-balaka Mazimbele.

 

Vous parlez de Guy Mazimbele qui était membre de la Garde présidentielle de François Bozizé, c’est cela ?

 

Tout à fait.

 

Et ce lundi matin n’est-ce pas la radio qui a été attaquée à son tour ?

 

Non, il y a eu une marche des jeunes désœuvrés, des délinquants, avec comme objectif d’aller prendre la radio. Ils n’ont pas pu puisque les forces internationales, la Minusca, les ont repoussés. La radio est en ce moment sous contrôle du gouvernement.

 

Par ailleurs, on signale ne fusillade qui aurait fait trois morts devant la présidence de la République.

 

Non, il s’agit d’une action des forces de la Minusca pour rétablir l’ordre au centre-ville. Je ne suis pas en mesure de vous confirmer ce bilan, mais ce qui est sûr, c'est que grâce à cette action de la Minusca, la foule qui s’est amassée au Point zéro a été dispersée.

 

Et s’il n’y avait pas ces quelque 12 000 casques bleus de la Minusca et ces quelque 1 000 soldats français de la force Sangaris, est-ce que vous seriez encore Premier ministre à l’heure où nous parlons ?

 

Mais justement, c’est parce que les 12 000 casques bleus sont venus pour appuyer les autorités de la transition. Nous savons que ces forces opèrent aux côtés des forces de sécurité intérieure pour rétablir la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire centrafricain.

 

Donc si vous êtes encore au pouvoir à l’heure qu’il est c’est grâce aux forces internationales ?

 

Oui, on peut le dire comme ça.

 

Et n’est-ce pas le signe que madame la présidente Samba-Panza et vous-même, vous avez peut-être perdu la confiance de la population centrafricaine ?

 

Le peuple centrafricain s’est exprimé majoritairement lors du Forum national de Bangui. Et à travers les recommandations issues de ce Forum, il était dit que les autorités de la transition doivent être maintenues en poste jusqu’aux nouvelles élections. Et donc, il est hors de question qu’une poignée d’individus puissent se lever pour remettre en cause les acquis du Forum national de Bangui.

 

Qu’est-ce qui est à l’origine de ces violences intercommunautaires depuis trois jours ?

 

Ce serait exagéré de parler de violences intercommunautaires maintenant, dans la mesure où cette recrudescence de violence relève d’un plan, d’un plan de déstabilisation orchestré par les ennemis de la paix. Si vous vous souvenez, en 2014, c’était le même schéma.

 

Dans son appel depuis New York, la présidente Catherine Samba-Panza a déclaré ce lundi : « Je condamne cette montée de la violence intercommunautaire qui replonge le pays dans l’insécurité ». Est-ce qu’il n’y a pas tout de même des violences entre communautés chrétiennes et musulmanes ?

 

Il y a eu meurtre d’un jeune musulman, un taxi-moto, et il y a eu les représailles qui s’en sont suivies et ayant coûté la vie à quelque 21 personnes, parmi lesquelles il y a certainement des chrétiens et des musulmans. Ça a pris l’allure d’une violence intercommunautaire, mais on ne peut pas aujourd’hui raisonner en termes de violence intercommunautaire.

 

Vous dites que tout cela est orchestré par des ennemis de la paix. Mais apparemment, il s’agit au départ d’un assassinat qui a déclenché un cycle de représailles. Où sont les ennemis de la paix dans tout cela ?

 

Mais justement, les auteurs de cet assassinat. Parce que c’est un plan qui a marché en octobre 2014 et qu’ils ont remis en selle : donc, aller tuer et susciter la colère de l’autre camp pour qu’il y ait des actions de représailles afin de paralyser le pays. Voilà un peu le plan de déstabilisation de la transition qui est en ce moment en cours.

 

Et ces ennemis de la paix qui sont-ils ? Des hommes politiques qui sont sur place à Bangui ou qui sont en exil à l’étranger ?

 

C’est un mélange de tout, tous ceux qui sont poursuivis pour diverses raisons par la Cour pénale internationale ou bien les instances judiciaires nationales sont exclus du jeu. Donc vous comprenez pourquoi nous assistons à ce cycle de violences.

 

Donc vous pensez à François Bozizé et Michel Djotodia, les deux anciens présidents ?

 

Ce n’est pas nécessaire de citer X ou Y, mais je pense que vous savez de qui je parle.

 

Un référendum était prévu le 4 octobre, le premier tour de la présidentielle le 18 octobre. Evidemment, tout cela n’est plus possible aujourd’hui. Quand les Centrafricains vont-ils pouvoir aller voter ?

 

Ce que je peux dire, c’est que le processus électoral a connu un retard de près de deux mois, tout simplement parce que nous avons connu quelques difficultés dans le cadre des opérations d’enregistrement des électeurs. Aujourd’hui, nous sommes presque en train de boucler cette opération d’enregistrement des électeurs et bientôt le fichier électoral sera mis sur pied. Nous travaillons, nous faisons ce que nous pouvons faire pour atteindre donc cet objectif d’organiser les élections d’ici la fin de l’année. Et au cas où il y a un glissement, ce serait un glissement maîtrisé de quelques semaines pas plus.

 

Un glissement par rapport au 31 décembre prochain ?

 

Par rapport à la fin de l’année. Un glissement qui ne saura dépasser quelques semaines.

 

Mais le mandat de madame Samba Panza ne prend-il pas fin le 31 décembre ?

 

Sur cette question, je crois que le moment venu il y aura un arrangement politique avec toutes les forces vives de la Nation.

 

M. Kamoun: pas question de remettre en cause le forum de Bangui en RCA

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 00:09

 

 

 

29/09/15 (AFP)

 

Près de 40 personnes ont été tuées dans les récentes violences en Centrafrique, et au moins 27.400 autres ont été déplacées en quelques jours tandis que 500 détenus se sont échappés, s'est alarmé mardi l'ONU.

 

"Nous craignons que la violence que nous voyons à Bangui soit un retour aux jours sombres de la fin 2013 et de 2014, lorsque des milliers de personnes ont été tuées et des dizaines de milliers ont dû fuir leurs foyers", a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Leo Dobbs, lors d'un point de presse à Genève.

 

Selon lui, au moins 27.400 personnes ont été déplacées "depuis samedi". Environ 10.000 d'entre elles se sont réfugiées dans le camp de l'aéroport M'Poko à Bangui, où se trouvaient déjà quelque 11.000 personnes.

 

Depuis samedi, au moins 37 personnes ont été tuées et plus de 100 autres blessées, a par ailleurs indiqué un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, Rupert Colville.

 

En outre, des propriétés privées, des bâtiments religieux et les bureaux d'organisations humanitaires internationales ont été pillés, a-t-il dit.

 

La capitale centrafricaine était paralysée mardi matin pour la troisième journée consécutive par des barricades tenues par des groupes de manifestants qui bloquaient les principaux axes routiers après une nuit marquée par de nouveaux pillages, a-t-on appris de sources concordantes.

 

Dans la soirée, 500 détenus de la prison centrale Ngaragba à Bangui se sont évadés, selon les Nations unies.

 

Un assassinat a servi de détonateur à cette nouvelle explosion de violences dont la capitale centrafricaine est coutumière depuis deux ans.

 

Selon des habitants, un conducteur de moto-taxi a été égorgé samedi matin au PK-5, ce qui a déclenché des violences dans ce quartier majoritairement musulman. Le PK-5 a été l'épicentre des massacres intercommunautaires à Bangui et il représente le dernier bastion des musulmans chassés des autres quartiers par les milices chrétiennes anti-balaka.

 

 

DÉCLARATION DE MME SAMBA PANZA PRÉSIDENTE DE TRANSITION DEPUIS NEW YORK


Centrafricaines,


Centrafricains,


Mes chers compatriotes,


Depuis le samedi 26 septembre 2015, la capitale de la République Centrafricaine, Bangui vient encore d’être secouée par des événements tragiques ayant entraîné des pertes en vies humaines, des blessés et des dégâts matériels importants. Ces événements interviennent au moment où je me trouve à New York aux Etats Unis d’Amérique, sur invitation du Secrétaire Général des Nations Unies afin de défendre le dossier de la République Centrafricaine devant les partenaires internationaux.


Je vous avoue que cela ne pouvait pas mal tomber pour l’image de notre pays où nos partenaires internationaux rencontrés depuis mon arrivée à New York se réjouissent pour les avancées de la Transition sur les volets de la sécurité et de la réconciliation et félicitent le peuple centrafricain qui a su faire montre d’un engagement ferme pour le dialogue inclusif et se prépare à aller aux elections. Pourquoi les démons de la division, de la haine intercommunautaire et de la vengeance ont-ils choisi ce moment crucial pour l’avenir de notre pays pour frapper ce coup ? Aimons-nous vraiment notre pays pour ne pas mettre son intérêt supérieur au-dessus de nos égoïsmes ?


Dans l’intérêt supérieur du pays, tout sera mis en œuvre pour faire la lumière sur l’élément déclencheur de cette énième crise dans la crise avec l’intention manifeste de saper tous mes efforts pour obtenir des appuis conséquents auprès de la communauté internationale afin de laisser aux nouvelles autorités un pays debout. En même temps, je déclare clairement et fortement que je ne me laisserai pas intimider par les actes absurdes des ennemis de la paix à la solde des fossoyeurs de la République.


De New York où je me trouve, je suis minute par minute, heure par heure ce qui se passe à Bangui et donne au Premier Ministre, Chef du Gouvernement avec qui je suis en contact permanent les orientations nécessaires à la maîtrise de la situation pour éviter tout débordement. Je rassure d’ores et déjà la population Centrafricaine que tout sera mis en œuvre pour ramener le calme et la paix à Bangui.


Je condamne avec la dernière énergie cette recrudescence de la violence intercommunautaire, ces destructions et incendies de maisons, ces pillages et actes de représailles qui replongent encore le pays dans l’insécurité et la désolation, en même temps qu’ils compromettent tous les efforts de cohésion sociale et de vivre ensemble harmonieux déployés avant et après le Forum National de Bangui.


Je présente mes sincères condoléances aux familles éprouvées et ma compassion aux blessés et victimes des dégâts matériels.


J’appelle tous les protagonistes de cette nouvelle crise de tous les bords à la retenue et au respect des engagements pris devant l’opinion nationale et internationale lors du Forum National de Bangui d’accorder la primauté au dialogue et à la réconciliation. J’en appelle aussi au patriotisme des Forces Vives de la Nation de s’impliquer sincèrement dans la recherche de la paix et dans le maintien de la cohésion intercommunautaire en évitant à tout prix de jeter l’huile sur le feu.


Je demande aux forces internationales déployées en Centrafrique d’apporter tous les appuis nécessaires au Gouvernement de Transition afin d’assurer la protection effective des populations civiles, de traquer les fauteurs de troubles de tous les bords qui empêchent le peuple centrafricain de vivre dans la quiétude et de prévenir la recrudescence des conflits intercommunautaires.


J’appelle la jeunesse centrafricaine à la vigilance et à ne pas céder à la manipulation.


J’appelle les femmes de Centrafrique qui ont payé le lourd tribut lors des crises précédentes à se mobiliser pour dire « plus jamais ça ».


Rejetez le nouveau cycle de violence que les ennemis de la paix veulent ramener dans notre pays.


Enfin, j’en appelle à l’ensemble de la société civile, y compris les confessions religieuses et les medias qui ont tous œuvré sans faille de se mobiliser pour dire non aux nouvelles violences.


Je réitère encore à cette occasion ma ferme volonté de conduire le pays vers des élections apaisées, démocratiques et incontestables en vue du retour à l’ordre constitutionnel que tous les Centrafricains attendent avec impatience en s’inscrivant massivement sur les listes électorales.


Vive la République Centrafricaine dans la paix et l’espoir du relèvement effectif,


Vive la coopération internationale et la solidarité entre les Nations.


Que Dieu bénisse notre pays

Centrafrique/violences: près de 40 morts, au moins 27.400 déplacés (ONU)

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 23:01

 

 


En reprenant la caserne où étaient retranchés des ex-putschistes, l'armée loyaliste semble avoir repris le contrôle de la situation au Burkina Faso. Elle tourne ainsi la page du coup d'Etat qui a ébranlé le pays depuis le 17 septembre.



A l'issue d'un bras de fer entre anciens putschistes et autorités légales, l'armée du Burkina a lancé un assaut pour reprendre la caserne Naaba Koom II. Des soldats du RSP (ancienne garde prétorienne de l'ex-président Blaise Compaoré) qui rechignaient à désarmer pour conserver des moyens de pression, y étaient retranchés.


"La situation est calme. Un assaut a été donné. Il n'y a pas eu d'affrontement. Ils (le RSP) ont quitté la caserne", qui jouxte le palais présidentiel à Ouagadougou, a déclaré le chef d'état-major des armées du Burkina, le général Pingrenoma Zagre.


Avant ce dénouement, l'armée qui affichait une volonté claire d'en finir avec ces irréductibles, avait tiré à quatre reprises avec des armes lourdes sur la caserne, suivis par des tirs nourris, selon un journaliste de l'AFP.


Diendéré disparaît


Auteur du coup d'Etat avorté, le général Gilbert Diendéré - un très proche de l'ex-président Compaoré renversé en 2014 par la rue après 27 ans de pouvoir - a déclaré mardi soir à l'AFP qu'il se "mettrait à la disposition de la justice". Il a ajouté qu'il ne se "trouvait plus" sur cette base militaire, sans donner davantage de précisions.


Auparavant, l'ex-chef putschiste avait appelé sur une radio burkinabè ses hommes à "déposer les armes pour éviter un bain de sang".


La médiation régionale avait proposé une amnistie pour les putschistes, immédiatement rejetée par la société civile, qui n'a cessé de rappeler que le putsch avait fait une dizaine de morts et une centaine de blessés. Augmentant d'un cran la pression, l'armée avait annoncé avoir donné "encore une chance" aux putschistes retranchés de "se rendre pour éviter" un "affrontement".


Cinq jours après sa dissolution officielle par le Conseil des ministres de vendredi, le RSP, les auteurs du putsch, tentait encore mardi de ralentir son désarmement pour pouvoir mieux négocier. Mais l'armée a encerclé mardi matin toute la zone autour de la caserne, plaçant véhicules blindés, pick-up et hommes armés de mitrailleuses et de RPG aux carrefours.


Aéroport fermé


Situé à proximité, l'aéroport de Ouagadougou a été fermé mardi jusqu'à nouvel ordre. Tous les vols au départ et à l'arrivée ont été annulés.


La circulation était interdite dans ce secteur et le chef d'état-major Pingrenoma Zagré avait "pour des raisons de sécurité, invité les populations à éviter tout mouvement dans la zone de Ouaga2000, quartier sud où se trouvent le Palais présidentiel Kosyam et la caserne".


Avant ce dernier coup de pression de l'armée sur les ex-putschistes retranchés, les deux parties étaient entrées ces derniers jours dans une bataille de communication avec des annonces contradictoires successives sur l'état du désarmement notamment.


Le régime de transition a parallèlement procédé à l'arrestation, "en lien avec le putsch", de Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères de Compaoré, selon des sources sécuritaires concordantes. Il souhaitait se présenter à l'élection présidentielle prévue le 11 octobre.


Sanctions levées


M. Bassolé fait partie, avec le général Diendéré et sa femme Fatou Diallo Diendéré, des 14 personnes dont les avoirs ont été gelés samedi par la justice, qui a aussi bloqué ceux de quatre partis, dont le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), le parti de Compaoré.


L'Union africaine a levé la suspension du Burkina Faso de l'organisation panafricaine et annulé, dans l'immédiat, la mise en oeuvre des sanctions contre les instigateurs du coup d'Etat, tout en prévenant que "ces sanctions peuvent être réactivées à tout moment, au cas où les éléments du RSP (...) tenteraient d'entraver la conduite de la Transition et d'en compromettre l'aboutissement".


Perpétré le 17 septembre par le RSP, le putsch a finalement échoué une semaine plus tard. La crise a coûté environ 50 milliards de francs CFA (82 millions de francs), selon le conseil des ministres lundi.


(ats / 29.09.2015 23h48) 

L'armée reprend la caserne des ex-putschistes au Burkina
L'armée reprend la caserne des ex-putschistes au Burkina

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 22:34
Regain de violence à Bangui : Ecouter Martin ZIGUELE sur TV5

 

 

 29 sept. 2015

 

Entretien avec Martin Ziguélé, candidat MLPC à la Présidentielle centrafricaine.


Près de deux ans après l'intervention militaire française en Centrafrique, la situation reste tendue à Bangui. La capitale centrafricaine est le théâtre de violences meurtrières depuis le week-end dernier. 

 

https://www.youtube.com/watch?v=vKdZVF86SSs&feature=youtu.be

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 22:19
Nouvelles nationales sur RNL et RJDH
Nouvelles nationales sur RNL et RJDH
Nouvelles nationales sur RNL et RJDH
Nouvelles nationales sur RNL et RJDH

 

 

Calme relatif à Bangui, Samba-Panza appelle à la retenue et au patriotisme

 

http://www.radiondekeluka.org/  mardi 29 septembre 2015 13:25

 

Un calme précaire règne en ce moment à Bangui au quatrième jour d'une violente manifestation qui paralyse la Capitale centrafricaine. Dans un discours radiodiffusé le 28 septembre 2015, le Chef d’État de la transition, Catherine Samba-Panza a appelé les centrafricains à la retenue et au patriotisme.


" J'appelle tous les protagonistes de cette énième nouvelle crise de tous les bords à la retenue et au respect des engagements pris devant l'opinion nationale et internationale lors du forum national de Bangui afin d'accorder la primauté au dialogue et à la réconciliation ", a déclaré Catherine Samba-Panza. " J'en appelle au patriotisme des forces vives de la nation de s'impliquer sincèrement dans la recherche de la paix et au maintien de la cohésion inter-communautaire en évitant à tout prix de jeter l'huile sur le feu " , a-t-elle ajouté avant de réitérer sa " ferme volonté de conduire le pays vers des élections apaisées, démocratiques et incontestables en vue du retour à l'ordre constitutionnel ".


L'ONU et la CEEAC s'en mêlent

 

Dans une déclaration sur la République centrafricaine et attribuée au porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, l'organisation" déplore l'éruption soudaine de violence en République centrafricaine et la perte tragique de vie de plus de 30 personnes ainsi que les plus de 100 blessés". Tout en condamnant tous les actes de violence, le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU " appelle à un arrêt immédiat de la violence inacceptable et des attaques de représailles. Il exhorte les Autorités de transition de la République centrafricaine à faire tout ce qui est dans leur pouvoir pour prévenir de nouvelles violences". 


De son côté, la présidence de la Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale (CEEAC) invite les parties prenantes au processus de sortie de crise en RCA "au calme et à  plus de retenue, et à privilégier le dialogue  et la concertation pour sauvegarder les acquis obtenus jusqu'ici dans le retour à la paix  et la stabilité, grâce aux sacrifices et efforts de la  Communauté internationale, et des acteurs nationaux".


Maintenir la pression

 

Alors que plus de 500 détenus ont réussi à s'évader de la prison centrale de Ngaragba ce 28 septembre 2015, la société civile maintient son appel à la désobéissance civile. Gervais Lakosso, son Coordonnateur explique que " le mouvement "Le temps de Béafrika" est un mouvement pacifiste et citoyen qui n'a aucun lien avec la marche qui a eu lieu avec la tentative de déstabilisation des institutions de la République". Il précise par ailleurs que les revendications de la société civile restent fondamentalement " le redéploiement des FACA et la stricte application du mandat de l'ONU ". Toutefois, renchérit Gervais Lakosso, " le rassemblement citoyen qui devrait avoir lieu ce mercredi 30 septembre 2015 est maintenu". A cet effet, les habitants de Bangui sont invités à se rassembler à la place des Martyrs afin de revendiquer leurs droits à la sécurité et ce, "sans armes à feu ni armes blanches, sans sacs à mains et sans sacs au dos".


Cet appel à la désobéissance civile lancé par le groupe de la société civile est soutenu par le Collectif des Jeunes Leaders Centrafricains (COJELCA). Bienvenu Paradis Gbadora, Coordonnateur dudit mouvement demande à la jeunesse et au peuple centrafricain " sans esprit de manœuvre, de considération ethnique et autres méfaits de maintenir pacifiquement la pression de la rue sans bavures en évitant de tirer sur les forces étrangères, de s'adonner aux braquages, aux pillages et à la destruction des biens publics et privés".


Le Conseil National de la Jeunesse Centrafricaine (CNJCA) met en garde pour sa part le gouvernement centrafricain et la communauté internationale en leur exigeant de s'assumer en traquant sous 72 heures les auteurs des derniers crimes intervenus dans le pays. "Nous demandons au gouvernement et à la communauté internationale de prendre leurs responsabilités et de traquer dans un délai de trois jours tous ceux qui ont massacré les paisibles populations centrafricaines", a déclaré Jean Félix Riva, président du CNJCA.


" Si le gouvernement et la communauté internationale refusent de prendre leurs responsabilités, les forces armées centrafricaines doivent s'assumer et la population va les soutenir ", martèle le président du CNJCA qui affirme par ailleurs que " nous n'avions plus confiance en personne car personne n'est aujourd'hui capable de défendre les populations centrafricaines ".


Dans un communiqué rendu public ce 29 septembre 2015 par le Directeur général de la police centrafricaine, il est demandé aux officiers généraux, les officiers supérieurs, officiers et hommes de rang de la police centrafricaine présents à Bangui de se faire enregistrer.


Quartier consigné

 

" Le Gouvernement demande à tous les policiers, gendarmes et militaires   qui n’ont pas encore  rejoint leurs  casernes respectives, de le faire sans délai, le quartier  étant consigné  jusqu’à nouvel ordre.  Tous ceux qui prendront le risque de rester dans le camp des  ennemis de la paix, seront considérés comme déserteurs avec toutes les conséquences de droit " peut-on lire dans une déclaration publiée le 28 septembre par Dominique Saïd Paguindji, ministre de la sécurité publique et porte parole du gouvernement centrafricain.

 

" Tous les  officiers de l’armée et les gens qui sont derrière ce coup de force sont bien  identifiés et suivis. Le moment venu, le Gouvernement prendra ses responsabilités car toutes ces agitations sont contraires aux engagements pris publiquement lors du Forum de Bangui, à savoir que  les FACA  sont et resteront apolitiques et  souveraines" , souligne le communiqué gouvernemental.


" Toutes les dispositions sont prises pour garantir la libre circulation et  la sécurité des populations par le déploiement des patrouilles  dans la ville, la levée des barricades sur certaines artères de la ville de Bangui, l’ouverture de quatre stations services Total et Tradex à Pétévo, Bamag et marché Central et Oubangui, et l’ouverture d’un numéro vert  à partir duquel toutes les  personnes en besoin de protection  peuvent joindre les forces de sécurité intérieure", conclut le communiqué signé parDominique Saïd Paguindji.


Selon un bilan encore provisoire, les violences qui paralysent la Capitale centrafricaine depuis quatre jours ont déjà fait plus de 40 de morts, une centaine de blessés et plusieurs maisons incendiées.

 

 

Centrafrique : Plusieurs prisonniers se sont évadés à la prison centrale de Ngaragba

 

http://rjdh.org/ PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 29 SEPTEMBRE 2015

 

De nombreux prisonniers ont réussi à s’évader, le lundi soir de la prison centrale de Bangui. Selon nos informations, c’est dans la foulée d’un mouvement d’ensemble que ces prisonniers ont réussi à quitter la prison.

 

Pour le moment, il est difficile de connaitre le nombre exact des prisonniers qui se sont évadés, ni les circonstances exactes de ces évasions. Mais de sources bien informées, ces évasions ont eu lieu en présence des gardiens de prison.

 

Un témoin a confié au RJDH que les prisonniers ont cassé les cellules avant de devancer le portail. La même source a fait savoir qu’un prisonnier a été tué. « Il y a un prisonnier qui a été tué lorsque tous voulaient sortir mais l’intimidation n’a pas dissuadé la foule. C’est ainsi que plusieurs prisonniers sont entrés dans les quartiers. Beaucoup sont montés par la colline pour s’évaporer. Il n’y a plus personne là-bas » a-t-elle expliqué.

 

De sources concordantes, la prison a été pillée par une foule qui est entrée après le départ des prisonniers. Ce matin, selon le constat du RJDH, le portail de la prison centrale de Bangui était ouverte. Plusieurs effets dont des chaussures, ustensiles de cuisine et des assiettes trainaient devant la maison d’arrêt.

 

Un prisonnier que le RJDH a pu rencontrer s’est dit satisfait. Pour lui, retourner en prison n’est pas envisageable. Ce dernier n’a pas souhaité commenter sa libération ni donner des précisions sur les circonstances de son évasion. Toutefois, cet ancien prisonnier reconnait que les choses leur étaient facilitées par qui, il refuse de donner le nom.

 

Aucune réaction des autorités n’est pour le moment enregistrée sur ces évasions. Les responsables de la maison d’arrêt sont restés injoignables. Selon nos informations, certains prisonniers considérés comme dangereux dont le chef Anti-Balaka Andjilo, ont été transférés au camp de roux quelques jours avant cette évasion de masse.

 

La prison centrale de Bangui réhabilitée par la Minusca, est sécurisée par les forces internationales et nationales. Notons dans la foulée, une villa de la cheffe de l’Etat en construction et son poulailler ont été pillés par la même occasion.

 

Maitre Tiangaye appelle les centrafricains à se parler entre eux

 

http://rjdh.org/ PAR JUDICAEL YONGO LE 29 SEPTEMBRE 2015

 

Le président du parti Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS) Me Nicolas Tiangaye appelle les centrafricains à se calmer et à promouvoir le dialogue. Un message lancé le lundi 28 septembre lors d’une rencontre avec la presse.

 

« Je demande à la population de Bangui de ne pas jeter l’huile sur le feu devant cette situation. Il faut que les centrafricains se parlent entre eux pour que le pays subsiste », a-t-il lancé.

 

Face à la montée des violences, le président de CRPS se dit inquiet. «  Je vois avec beaucoup de tristesse, ce qui se passe ces derniers jours dans le 3ème et 5ème arrondissement de Bangui, et je suis très préoccupé de la situation  qui prévaut en ce moment » a-t-il souligné.

 

L’appel au calme de Me Tiangaye intervient après le regain de violence enregistré dans la capitale centrafricaine. La mort d’un conducteur de taxi-moto, dans le 8ème arrondissement de Bangui a été l’élément déclencheur des violences de ces derniers jours.

 

 

Centrafrique : « bannir l’esprit de vengeance », lancent les leaders religieux

 

http://rjdh.org/ PAR ARMANDO YANGUENDJI LE 29 SEPTEMBRE 2015

 

Les membres de la plate-forme interconfessionnelle ont demandé aux Centrafricains de bannir l’esprit de vengeance et de règlements de comptes, pour le bien de tous.

 

« Notre pays a trop souffert. Quand allons-nous sortir du gouffre ? Il est temps pour que nous puissions dire au monde qui nous observe, que nous sommes maintenant adultes », a dit l’Imam  Kobine Layama, président  de la Communauté Islamique Centrafricaine.

 

Cette même réaction est enregistrée chez le président de l’Alliance des Evangéliques en Centrafrique (AEC), Nicolas Guerekoyamé. Ce dernier qui a vu sa maison incendiée par des manifestants a affirmé que   « c’est la ruse du diable et  que chacun doit se ressaisir pour éviter le pire. C’est la volonté des ennemis de ce pays de le détruire. Disons non à la ruine de notre pays ».

 

Nicolas Guerekoyamé a invité la population centrafricaine à ne pas se livrer à la vengeance car, « la vengeance appelle la vengeance ».

 

Ces réactions enregistrées ce matin par le RJDH, interviennent après des affrontements entre groupes armés dans la ville de Bangui, depuis le samedi 26 septembre.

 

 

Grande affluence sur le site de déplacés de M’Poko et celui de la Mosquée centrale

 

http://rjdh.org/ PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 29 SEPTEMBRE 2015

 

De nombreux déplacés ont rejoint les sites de l’aéroport M’Poko et de la mosquée centrale, suite aux violences de ces derniers jours à Bangui. Selon un bilan du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), ce sont plus de 27 000 personnes qui ont abandonné leurs domiciles, fuyant les violences.

 

Sur le site de l’aéroport Bangui M’Poko, ils étaient plus de 4000, les déplacés qui ont passé la nuit à même-le-sol. Ce matin, on peut voir des familles assises sur des nattes. Les enfants qui n’ont rien à manger pleurent. « Nous ne pouvons plus les contenir », a relevé Bertrand Botto, coordonnateur du site.

 

Ces personnes sont venues de différents quartiers, entre autres, Bazanga, Kolongo 2, Ngbenguéwé,  dans le 5ème arrondissement.  « C’est douloureux et émotionnel, parce que ces personnes manquent à l’heure actuelle une assistance humanitaire. Ils manquent de vivres et des matériaux pour la construction des huttes », a-t-il expliqué.

 

A la mosquée centrale  2000 personnes ont regagné le site. Parmi ces personnes on note la présence de plus d’une cinquante de non musulmans venus des  quartiers  Ramadji et Fondo.  Selon  Haroun Com, responsable de ce site, ces déplacés  manquent de vivres et de médicaments.

 

Sur ces sites « ceux qui ont perdu leurs maisons, leurs documents et leurs proches, sont traumatisés », affirment les deux coordonnateurs des sites joints par le RJDH.

 

Selon le bilan provisoire du HCR, plus de 27.000 personnes sont déplacés et 36 ont perdu la vie, suite aux violences de ces derniers jours.

 

 

Centrafricaine : « l’insécurité empêche les blessés d’accéder aux hôpitaux », déplore MSF

 

http://rjdh.org/ PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 29 SEPTEMBRE 2015

 

Depuis le 26 septembre, Bangui, capitale de la République centrafricaine (RCA) est en proie à une nouvelle éruption de violence. Malgré les obstacles, notamment sécuritaires, les équipes de Médecins Sans Frontières maintiennent leur présence et prennent en charge les blessés qui « parviennent  difficilement à rejoindre l’une de nos trois structures médicales de la ville », déplore MSF.

A l’origine suscitées par l’assassinat d’un chauffeur de moto-taxi, les représailles et la violence se sont depuis généralisées et propagées à d’autres quartiers de la ville : manifestations contre le gouvernement de transition en place, heurts notamment avec les forces internationales, mouvements de foule, barricades et barrages routiers érigés, bâtiments détruits et pillés, y compris les bases d’ONG internationales, a fait observer MSF.

 

« Les équipes MSF travaillant depuis plusieurs mois ou années dans le camp de déplacés de Mpoko et dans les hôpitaux Castor et Général de Bangui y ont activé les plans d’urgence afin de faire face aux afflux de blessés. Entre le 26 et le 28 septembre, près de 84 patients ont pu être pris en charge et/ou stabilisés sur nos structures de Mpoko et de Castor. Dans le même temps, 97 blessés ont été reçus à l’Hôpital Général, l’une des rares structures chirurgicales et traumatologiques de référence encore opérationnelles à Bangui », relève MSF.

 

« Parmi la centaine de blessés reçus, 15 étaient des cas graves et deux étaient déjà décédés à leur arrivée. La majorité ont été blessés par balle, mais nous avons aussi pris en charge des blessures par arme blanche ou explosions de grenade et opéré 45 patients », décrit Thomas Lauvin, coordinateur médical MSF à Bangui.

 

« Du fait de l’insécurité, nos ambulances ne circulent plus. Lorsque c’est possible, nous assurons les transferts de patients, en taxi, vers nos structures. Mais la plupart des blessés, des malades, des patients en général doivent les rejoindre par leurs propres moyens, à pied ou en moto. Ainsi, le 28, aucune femme n’est venue accoucher à Castor, alors que normalement 30 bébés y naissent, en moyenne, chaque jour », constate Emmanuel  Lampaert, chef de mission MSF en RCA.

 

Le 27, tous les accès étant bloqués, les blessés du quartier PK5, de Castor et de Mpoko n’ont pas pu être transférés vers l’Hôpital Général et certains sont décédés sur place. De même, dans la nuit du 27 au 28, seuls 15 blessés ont pu rejoindre la structure.

 

« Au vu de ce qui se passe en ville, le nombre de blessés qui parvient jusqu’à nous semble faible. Nous pensons que – malheureusement – nombre de personnes n’ont pas du tout accès aux soins d’urgence à Bangui aujourd’hui ; soit parce qu’elles ne parviennent pas à rejoindre les structures de santé, soit parce que nous ne pouvons pas accéder à elles », conclut Thomas Lauvin.

 

Autre conséquence de la violence et de l’insécurité : des mouvements de population en quête de sécurité ont lieu à partir de certains quartiers de Bangui vers les camps de déplacés préexistants. Ainsi, les équipes MSF de Mpoko – site en place près de l’aéroport international de Bangui depuis la crise du 5 décembre 2013 – ont constaté l’arrivée de plusieurs milliers de personnes ces derniers jours.

 

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 22:10
Samba-Panza : "je garde le cap"

 

 

 

Interview avec Iréné Herman Houngbo, correspondant BBC Afrique à New York 29/09/15 (BBC)

 

La présidente de la RCA, Catherine Samba-Panza, répond aux questions de la BBC concernant sa décision d'écourter son séjour à New York où elle participait à l'Assemblée générale des Nations unies.

 

Elle serait attendue mardi en fin de journée à Bangui, où des violences meurtrières continuent pour la troisième journée consécutive, selon des sources proches de la présidence.

 

BBC Afrique : Pour quelles raisons étiez-vous présente à l’assemblée générale des Nations Unies?

 

Catherine Samba-Panza : Je suis venue à New York pour défendre un dossier sur la République Centrafricaine, pour convaincre les partenaires qu’il était très important de continuer à nous accompagner, non seulement sur la période de transition, mais également au-delà. Pour permettre aux nouveaux dirigeants qui seront élus démocratiquement d’avoir les moyens de leur politique en attendant que les programmes se mettent en place pour la République Centrafricaine.

 

BBC Afrique : Pourquoi un retour anticipé en RCA ?

 

Mme Samba-Panza : Le peuple centrafricain vit des moments difficiles et a besoin de savoir que son chef de l’Etat est à ses côtés pour partager ses difficultés. Le peuple a surtout besoin d’être rassuré, je pense qu’il faut que j’aille à Bangui rassurer le peuple centrafricain. Je l’avais fait quand j’étais maire de Bangui. Le 5 décembre 2013, lors d’attaques des ex-Seleka et des anti-balaka, j’étais vite rentrée. Cela a rassuré la population centrafricaine qui a pu se réorganiser et avoir de l’espoir à nouveau.

 

BBC Afrique : Pensez-vous que d’anciens dignitaires de la classe politique centrafricaine pourraient être derrière ces turbulences qui secouent aujourd’hui votre pays ?

 

Mme Samba-Panza : Nous savons que les anciens dignitaires du pouvoir en RCA ont la volonté de revenir aux affaires. Ce n’est un secret pour personne, Nairobi nous l’a démontré. Et depuis Nairobi, il y a eu des demandes incessantes d’une troisième transition avec l’inclusion de tous les anciens dignitaires du pays. Sur le terrain, nous savons quels sont les éléments qui instrumentalisent et qui alimentent cette insécurité.

 

BBC Afrique : Sur place à Bangui, des manifestants réclament le retour de l’armée régulière et le retrait des forces françaises. Que leur répondez-vous ?

 

Mme Samba-Panza : Sans la présence de la communauté internationale, nous n’aurions pas pu obtenir les avancées de la transition. Mais nous comprenons parfaitement l’impatience du peuple centrafricain qui aimerait vite voir le retour à la sécurité, à la normalité, et la présence des forces de sécurité qui sont en mesure partout à l’intérieur du pays de les protéger. Nous allons ensemble gérer cette crise avec la communauté internationale, et expliquer aux populations centrafricaines que nous avons besoin de la solidarité de nos frères africains et de nos frères de la communauté internationale pour continuer à mener ensemble le combat de la sécurité.

 

BBC Afrique : Certains réclament même votre départ…

 

Mme Samba-Panza : Depuis que je suis arrivée à la tête de la transition, il est constamment demandé ma démission. Mais je garde le cap. J’ai reçu mandat de la population de diriger cette transition à son terme et de manière apaisée. Je garde ce cap pour mon pays.

 

BBC Afrique : Pouvez-vous tenir les élections comme le souhaite la communauté internationale ?

 

Mme Samba-Panza : Les dates prévues des élections seront sans doute revues, compte tenu des difficultés sur le terrain rencontrées dans le cadre des opérations électorales. Il ‘s’agit d’une décision qui doit se prendre avec toute la classe politique, avec tous les acteurs centrafricains, pour qu’ensemble nous voyons d’ici la fin 2015 à quelle date nous pouvons organiser le référendum constitutionnel et les élections groupées présidentielles et législatives.

 

BBC Afrique : Vous quittez les négociations, alors que vous avez besoin d’environ 3 million de dollars américains pour boucler le budget des élections. Qu’allez-vous faire si vos partenaires ne réagissent pas à temps ?

 

Mme Samba-Panza : Il y a eu beaucoup d’annonces, beaucoup d’engagements, qui vont se manifester ces jours-ci. Nous étions fiers de venir annoncer cela lors du sommet sur la RCA. Malheureusement nous sommes obligés d’écourter notre séjour, mais nous avons des ministres qui ont toute la capacité de nous représenter lors de ces négociations.

 

 

Violences en Centrafrique : la présidente Samba-Panza rentre précipitamment à Bangui

 

http://www.france24.com/fr  29/09/2015

 

La présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza a quitté précipitamment l'Assemblée générale de l'ONU lundi pour rentrer à Bangui sous haute tension. Les violences intercommunautaires ont fait une vingtaine de morts depuis ce week-end.

 

La présidente de transition de la Centrafrique, Catherine Samba-Panza, a quitté New York prématurément lundi 28 septembre alors qu’elle participait à l'Assemblée générale de l'ONU, pour rentrer précipitamment à Bangui en proie à de violents affrontements intercommunautaires.

 

Depuis trois jours, les barricades sont de retour, les pillages et les affrontements se multiplient. Lundi, plusieurs centaines de manifestants ont tenté de prendre d'assaut le palais présidentiel avant d'être repoussés par les forces de la Minusca (mission de l'ONU en Centrafrique). Ils réclament le départ du gouvernement de transition ainsi que le retrait des forces françaises Sangaris et des casques bleus de l'ONU, accusés de tirer sur les manifestants.

 

"Les habitants sont désespérés et les plus jeunes ne décolèrent pas. Selon une députée jointe par téléphone et qui vit près du centre, les barricades sont partout et les habitants ne peuvent même pas rejoindre les hôpitaux. Elle explique aussi que les anti-balaka se pavanent en armes, estimant que la Centrafrique a fait un bond en arrière", explique Matteo Guidoux, correspondant de France 24 à Bangui.

 

Un bilan qui s’alourdit, les ONG évacués

 

Malgré l'instauration d'un couvre-feu, la nuit de lundi à mardi a été agitée. Des tirs ont été entendus et les pillages ont repris dans le centre ville de Bangui. Les locaux des ONG, désertés depuis lundi par les personnels, ont été assaillis. "Médecins du Monde aurait fait les frais des pillards et de la population qui vient se servir", assure Matteo Guidoux.

 

Des humanitaires ont encore été évacués dans la nuit vers la République démocratique du Congo par la Minusca. Une mesure de sécurité nécessaire face à l’insécurité croissante. Selon une source de la gendarmerie, plusieurs centaines de détenus se sont évadés lundi de la prison de Ngaragba, la principale prison de Bangui.

 

Les violences ont fait entre 20 et 30 morts depuis ce week-end, selon des sources hospitalières et humanitaires. Lundi, trois manifestants ont été tués et sept blessés à la mi-journée. Les manifestants accusent les casques bleus de la Minusca, qui a démenti avoir ouvert le feu.

 

Pour Samba Panza, l’ombre de Bozizé plane sur les manifestations

 

Interrogée par France 24, la présidente du gouvernement de transition Catherine Samba-Panza estime que ces manifestations sont orchestrées par les partisans de l'ex-président François Bozizé, renversé par la rébellion de la Séléka en 2013.

 

"Nous savons que les anciens dignitaires du pouvoir en République centrafricaine ont la volonté de revenir aux affaires, ce n'est un secret pour personne. (...) Et sur le terrain, nous savons quels sont les éléments qui agitent, qui instrumentalisent et qui alimentent cette insécurité", accuse Catherine Samba-Panza. Quand notre journaliste, Gallagher Fenwick, lui demande si l’ancien président fait partie des agitateurs, elle répond sans hésiter : "Très certainement !"

 

L'ex-président Bozizé, exilé en Ouganda depuis son renversement, accuse de son côté le gouvernement en place de vouloir l'exclure de la prochaine élection présidentielle. "La démocratie a été assassinée à ciel ouvert en Centrafrique. La seule solution possible c'est le dialogue politique inclusif qu'on n'a jamais voulu faire réaliser jusqu'à présent", a-t-il déclaré à la presse.

 

L’ONU préoccupé

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé lundi soir sa "profonde préoccupation" concernant la situation en Centrafrique et a appelé à l'"arrêt immédiat des violences". Il a réitéré son "soutien aux autorités de transition, dirigées par Catherine Samba-Panza", et appelé à la tenue d'élections libres et transparentes "d'ici la fin 2015".

 

Ravagée pendant deux ans par un chaos indescriptible et des violences intercommunautaires sanglantes ayant suivi un coup d'État, la République centrafricaine reste en déliquescence, malgré la présence des forces onusiennes et françaises, et en dépit d'une aide internationale massive.

 

Même si le niveau des violences a considérablement baissé en Centrafrique, le pays connaît une insécurité persistante. Le processus de transition engagé en janvier 2014 devait en effet aboutir à la tenue d’élections présidentielle et législatives le 18 octobre prochain, mais tout le monde s’attend désormais à ce qu’elles soient reportées

 

 

Centrafrique : Catherine Samba Panza coupe court à sa visite à New York

 

http://www.voaafrique.com/  29.09.2015 01:21

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé sa profonde préoccupation devant la flambée de violence de ces derniers jours à Bangui et appelé à une fin rapide d’une telle violence.

 

La présidente de la transition a quitté New York pour Bangui lundi après-midi, en raison de la situation qui prévaut dans son pays.

 

Selon des sources contactées par VOA Afrique, le chef de la mission de l’ONU en République centrafricaine, Parfait Anyanga Onyanga, accompagne Mme Samba Panza.

 

Avant de quitter New York, elle avait lancé un appel au calme :

 

De leur côté, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont exprimé leur profonde préoccupation devant la flambée de violence de ces derniers jours à Bangui, et ils ont appelé à une fin rapide d’une telle violence. Ils ont fermement condamné ces violences, y compris toutes les attaques contre les civils, la violence intercommunautaire, ainsi que les attaques contre le personnel humanitaire. Les responsables répondront de leurs actes devant la justice, ont-ils rappelé.

 

Le Conseil de sécurité a réitéré son appel à toutes les milices et aux groupes armés de déposer les armes et de cesser immédiatement toute forme de violence et activité de déstabilisation.

 

 

Centrafrique: la présidente appelle au calme, 40 morts selon l'Onu

 

http://www.lamontagne.fr/

 

La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza a appelé au calme la population de Bangui, en proie depuis trois jours à une vague de violences populaires, et écourté un voyage aux Nations unies à New York pour rentrer en Centrafrique.

 

"Je lance un appel au calme à vous mes compatriotes. Je vous demande de regagner vos domiciles. Je sais que quand je m'adresse à vous, vous m'écoutez", a affirmé la présidente dans un message en langue nationale sango diffusé mardi matin par la radio nationale.

 

Près de 40 personnes ont été tuées dans les récentes violences en Centrafrique, et au moins 27.400 autres ont été déplacées en quelques jours tandis que 500 détenus se sont échappés, s'est alarmé mardi l'ONU.

 

"Nous craignons que la violence que nous voyons à Bangui soit un retour aux jours sombres de la fin 2013 et de 2014, lorsque des milliers de personnes ont été tuées et des dizaines de milliers ont dû fuir leurs foyers", a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Leo Dobbs, lors d'un point de presse à Genève.

 

Selon des sources proches de la présidence, Mme Samba Panza, qui participait à New York à l'Assemblée générale des Nations unies, était attendue mardi en fin de journée à Bangui. "Je serai de retour dans quelques jours et nous verrons ensemble comment sortir de ces nouvelles violences", a-t-elle indiqué dans son message.

 

Pour la troisième journée consécutive, la capitale centrafricaine était paralysée mardi par des barricades tenues par des manifestants réclamant notamment la démission de la présidente après les violences du week-end suivies de pillages dans plusieurs quartiers.

 

Des tirs sporadiques ont encore émaillé la nuit de lundi à mardi et étaient toujours entendus dans la matinée après la levée de couvre-feu, à 06H00 (05H00 GMT).

 

Selon une source militaire jointe par l'AFP, ces tirs venaient des forces de sécurité qui tentaient de disperser des groupes de pillards qui ont vandalisé les locaux de plusieurs organisations humanitaires, évacués auparavant par le personnel pour des raisons de sécurité.

 

Selon le Haut-comissariat aux Réfugies de l'ONU, les violences ont déja fait 36 morts et quelque 27.400 éplacés. Médecins sans frontières (MSF) avait évoqué lundi 21 tués et "plus de 100 blessés', tandis que l'Unicef faisait état d'"une trentaine de tués".

 

- Peur des pillards -

 

Nombre d'habitants restaient cloîtrés dans leurs maisons, de crainte de nouvelles violences ou d'être attaqués par des pillards. Plusieurs milliers de Banguissois ont également fui leurs domiciles pour se mettre à l'abri dans des camps de déplacés, notamment près de l'aéroport, où sont basées les forces internationales.

 

Des bâtiments des ONG Première urgence ou Cordaid ont notamment été la cible de pillards ainsi que des locaux du Programme alimentaire mondial de l'ONU (PAM), selon la gendarmerie centrafricaine, qui indique avoir repoussé des pillards devant plusieurs locaux d'ONG.

 

Dans la ville, où sont présentes les forces de l'ONU (Minusca) et française Sangaris, des barricades empêchaient quasiment toute circulation et seuls de très rares taxis étaient visibles.

 

Le meurtre d'un conducteur de moto-taxi musulman samedi a servi de détonateur à cette nouvelle explosion de violences dont la capitale centrafricaine est coutumière depuis deux ans.

 

Les violences ont débuté dans le quartier de PK-5, épicentre des massacres intercommunautaires à Bangui et dernier bastion des musulmans chassés des autres quartiers par les milices chrétiennes anti-balaka. Violences et pillages de commerces, d'entrepôts et de maisons se sont ensuite étendus aux quartiers limitrophes.

 

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la rébellion Séléka a plongé l'ex-colonie française, un des pays les plus pauvres au monde, dans sa plus grave crise depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries de masse entre communautés musulmanes et chrétiennes en 2013 et 2014.

 

Le niveau des violences a depuis considérablement baissé, mais de nombreux groupes armés continuent de sévir.

 

Des élections présidentielle et législatives doivent être organisées avant la fin 2015. Un referendum sur l'adoption d'une nouvelle Constitution - préalable à toute élection - était fixé au 4 octobre. Or les opérations de recensement électoral ne sont toujours pas achevées, alors que le 1er tour de la présidentielle avait été fixé au 18 octobre.

 

C'est également dans ce contexte de troubles persistants que le pape François est attendu les 29 et 30 novembre à Bangui, dernière étape d'une tournée africaine.

 

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Centrafrique-Presse.com