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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 00:50
Les voitures d’Obiang ont quitté la Suisse
Les voitures d’Obiang ont quitté la Suisse
Les voitures d’Obiang ont quitté la Suisse
Les voitures d’Obiang ont quitté la Suisse
Les voitures d’Obiang ont quitté la Suisse

 

Lu pour vous

 

https://www.letemps.ch/ Richard Etienne mardi 3 décembre 2019 à 20:25

 

Treize véhicules de luxe ont décollé de Kloten à bord d’un avion-cargo en direction de Dubaï. La fin d’un long périple qui a fait suer les autorités genevoises. Tout porte à croire que la famille au pouvoir en Guinée équatoriale les a rachetées

Un avion de la compagnie luxembourgeoise Cargolux Airlines International a décollé mardi soir de Kloten avec à son bord 13 voitures de luxe ayant appartenu à la Guinée équatoriale, a appris Le Temps. Les treize bolides d’Obiang sont partis en direction de l’aéroport de Dubaï, plus de deux mois après leur vente aux enchères par l’Etat de Genève et la maison Bonhams, le 29 septembre sur les hauteurs de Nyon.

Elles quittent la Suisse après avoir fait souffrir la justice genevoise, puis le canton, pendant trois bonnes années. Les treize font partie d’un lot de 25 voitures qui avaient été déplacées au bout du Léman pour subir des réparations. Elles avaient été séquestrées par le Ministère public genevois à la fin de 2016 à Cointrin et dans des garages de luxe de la région genevoise. Dans le lot figurent une Koenigsegg, une Lamborghini Veneno, des Rolls-Royce et des Ferrari. Des modèles aussi rares que précieux.

Un séquestre tumultueux

La justice genevoise a alors ouvert une procédure pénale contre le fils du président de la Guinée équatoriale, Teodorin Obiang, prévenu pour blanchiment d’argent et gestion déloyale des intérêts publics.

Pour les voitures, c’est le début d’un séquestre tumultueux. Elles sont d’abord entreposées dans un garage au Bureau des automobiles. Un an plus tard, un rapport de la police judiciaire constate qu’elles sont mal entretenues – or de tels modèles sont fragiles – et que dans ces conditions le séquestre va coûter cher aux contribuables.

Les procureurs décident donc de transférer les 10 modèles les plus luxueux dans un entrepôt au centre-ville en avril 2018, un local géré par l’entreprise qui s’en occupait avant leur séquestre, comme un retour à la case départ.

Les procureurs peinent à prouver les soupçons en partie parce que les véhicules appartiennent officiellement non pas à Teodorin Obiang, mais bien à l’Etat équato-guinéen. Un procureur est même récusé par le Tribunal fédéral, qui ne l’estime pas suffisamment impartial.

En février dernier, le pouvoir judiciaire annonce finalement qu’il classe l’affaire mais que les véhicules seront confisqués puis vendus aux enchères. Le produit de la vente doit être attribué à un projet à caractère social en Guinée équatoriale.

Vente record

La maison Bonhams est sollicitée pour aider l’Etat dans la vente. La famille Obiang fera une requête en justice pour l’annuler, sous prétexte que le canton devait les vendre en un seul lot et non pas aux enchères. Une action refusée quelques jours avant la vente, qui s’est déroulée dans le golf de Bonmont le 29 septembre. La Lamborghini Veneno part pour 8,2 millions de francs, un record.

Elle est acquise par un mystérieux marchand, dont le nom est connu du Temps, qui rachète même la moitié des 25 véhicules. Un marchand qui a déjà vendu des voitures à la famille Obiang et qui s’entretient durant la vente avec un autre intermédiaire proche du pouvoir équato-guinéen. Dans la chapelle où se déroule la vente, beaucoup croient que les Obiang ont racheté leurs voitures. Est-ce le cas? Ni la maison Bonhams, ni l’Etat de Genève n’ont souhaité répondre à nos sollicitations, pourtant nombreuses ces dernières semaines.

Ces deux derniers mois, les voitures ont été stockées dans un local en Suisse alémanique, en attendant leur départ pour les Emirats, où se trouve l’intermédiaire du mystérieux marchand. Il est donc survenu mardi.

 

Suisse : les 25 voitures de luxe de Teodorin Obiang vendues à 21,6 millions d'euros

Rodrigue Loué avec AFP 30/09 - 09:50

Saisies par la justice dans l’affaire dite du blanchiment d’argent, les voitures de luxe, proposées aux enchères en Suisse, n’ont pas mis beaucoup de temps avant de passer à d’autres mains. La procédure judiciaire a finalement eu raison du fils d’Obiang Nguema.

Les commissaires-priseurs de Bonhams, la maison d’enchères britannique qui a organisé la vente, n’ont pas fait dans la dentelle en proposant comme estimation de base la somme de 18,5 millions de francs suisses (plus de 17 millions d’euros). Dans un communiqué, Bonhams déclare : “La star de la collection, une Lamborghini Veneno ultra-rare, a été vendue pour 8,28 millions, commission comprise (7,6 millions d’euros), un record mondial pour la marque.”

La voiture de marque italienne (voir photo) dont il ne reste que neuf exemplaires sur Terre, est désormais la propriété d’un “collectionneur international privé”, selon une précision de Lynnie Farrant, porte-parole de la maison des enchères. Le même collectionneur privé, heureux propriétaire de la Lamborghini Veneno de couleur blanc cassé est aussi détenteur d’un nombre important d’autres véhicules issus de la même vente aux enchères.

Ce collectionneur privé très actif

Non content de détenir la prestigieuse hyper car, il s’est offert une Koenigsegg One de couleur bleu et noir carbone pour la somme de 4,2 millions d’euros. A titre de précision, le véhicule était estimé entre 1,7 et 2,1 millions d’euros et il n’en existe que six exemplaires.

C’est par petits groupes que les véhicules de luxe ont été vendus et leurs marques ne sont pas des moindres : Ferrari (7), Lamborghini (3), Bentley (5), Maserati (1) et McLaren (1), entre autres.

Parmi les ‘‘bijoux’‘ vendus, un a particulièrement retenu l’attention de tous ; une Aston Martin One-77 de couleur rouge. Sur l’entrée de la belle anglaise, la mention gravée “Construite à la main en Angleterre pour Theodore Nguema Obiang Mangue”. La voiture, estimée entre 1,3 et 1,7 millions d’euros, a finalement été cédée à environ 1,4 millions d’euros.

Si vous vous demandez ce que deviendra cette colossale somme d’argent, sachez que la Suisse compte la reverser à des œuvres de charité basées en Guinée équatoriale, le pays de Teodorin Obiang Nguema, vice-président et fils du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

Confisquée par la justice genevoise suite à l’ouverture en 2016 d’une procédure pénale à l’encontre de Teodorin Obiang dans une affaire de “blanchiment d’argent et gestion déloyale des intérêts publics”, la collection de belles mécaniques est désormais dispersée entre d’autres mains.

C’est en février dernier que la procédure a été classée, suite à un accord conclue entre la justice genevoise et les autorités de Guinée équatoriale. Cet accord stipulait la vente des 25 véhicules de luxe et la mise à disposition du produit (de la vente) à un programme à caractère social en Guinée équatoriale. Le tout, sous la supervision du ministère suisse des Affaires étrangères.

La volte-face qui a échoué

Et ce n’est pas tout ; la Guinée équatoriale s’est aussi engagée à verser la somme de 1,3 millions de francs suisses (1,4 millions d’euros) à titre de recouvrement des frais de procédure dans le cadre de la vente aux enchères.

Mais le pays d’Obiang Nguema avait tenté une volte-face. En effet, à seulement quelques jours de la vente aux enchères, la Guinée équatoriale, estimant que le prix de la vente serait plus élevé lors de ventes de gré à gré avec des collectionneurs et des professionnels de la branche, s’essayait à une manœuvre pour l’annulation du deal. La justice genevoise n’a tout simplement pas suivi la Guinée équatoriale dans cette tentative.

En 2017, Teodoro Obiang Nguema a été condamné à Paris à trois ans de prison avec sursis, une sentence doublée d’une amende de 30 millions d’euros. Il lui a été reproché la construction frauduleuse d’un colossal patrimoine constitué, entre autres, d’un hôtel particulier à Paris, de voitures de course et de luxe, de jets privés et de dizaines de costumes de grandes marques hors de prix. Cette affaire, plus connue sous l’appellation de “biens mal acquis”, a vu le concerné faire appel de la sentence.

Tous ces revers judiciaires ne freinent cependant pas l’ascension au sommet de Teodorin Obiang dans son pays. Fin novembre 2018, le fils Obiang, préféré de son père pour le poste de président de la République, dirigeait son premier Conseil des ministres, exercice qui n‘était jusqu’alors réalisé que par le président Teodoro Obiang.

Cela fait maintenant 40 ans que Teodoro Obiang Nguema, 77 ans, dirige d’une main de fer la Guinée équatoriale, petit pays pétrolier d’Afrique centrale depuis le coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir en 1979. Le pays est marqué par l’une des plus graves corruptions au monde, selon l’ONG Transparency International. En Guinée équatoriale, une grande partie de la population vit dans la pauvreté.

Teodorin, le fils, occupe depuis 2012 le poste de vice-président et est surtout connu pour ses nombreuses frasques et coups d‘éclat qui sont le plus souvent très médiatisés.

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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 00:00
Les armées étrangères en Afrique: vers une compétition stratégique
Les armées étrangères en Afrique: vers une compétition stratégique
Les armées étrangères en Afrique: vers une compétition stratégique
Les armées étrangères en Afrique: vers une compétition stratégique

 

 

Les armées étrangères en Afrique: vers une compétition stratégique

 

Par Tirthankar Chanda RFI le 04-12-2019 Modifié le 04-12-2019 à 20:57

 

Depuis près de deux décennies, le continent africain assiste à une concentration de forces militaires étrangères sur son sol. La lutte contre le terrorisme et la défense des intérêts commerciaux et économiques sont aujourd’hui les principaux moteurs des interventions étrangères en Afrique. Les puissances occidentales ne sont plus les seules à tenter d’affirmer leur influence sur le théâtre africain.

Alors que la bataille anti-jihadiste que les forces françaises de « Barkhane » mènent en Afrique s’enlise, le président français Emmanuel Macron a proposé de réexaminer la stratégie militaire de son armée au Sahel. L’une des options étudiées consisterait à mettre en place une coalition franco-européenne pour combattre ensemble avec les autres Européens le terrorisme en Afrique. Si cette option devait se concrétiser, cela augmenterait les effectifs des armées étrangères déjà présentes sur le sol africain.

Une présence qui n’est pas sans susciter des débats au sein des populations locales, comme en témoigne la montée du ressentiment anti-français dans les pays sahéliens abritant des bases militaires françaises.L’Union africaine (UA) ne voit pas d’un très bon œil non plus l’accroissement de la présence militaire étrangère dans ses pays membres. La Commission de la paix et sécurité de l’UA appelle depuis plusieurs années les gouvernements africains à faire preuve de « circonspection » lorsqu’ils signent des accords autorisant les États étrangers à installer des bases militaires dans leurs pays.

Dans la suite du passé colonial du continent africain, les armées occidentales ont continué à jouer un rôle primordial après l’accession à l’indépendance de leurs anciennes colonies dans les années 1950-60. Ceci a été particulièrement vrai pour la France. Perçue comme le « gendarme de l’Afrique  », elle a été pendant longtemps la seule puissance à maintenir des troupes sur le continent, à la faveur des accords de coopération militaire ou de défense signés avec ses anciennes colonies. Pendant la période de la guerre froide, la présence de l’armée française a permis de maintenir les pays africains francophones dans la sphère d’influence occidentale. À partir des années 1990, le souci de la défense des intérêts nationaux doublé des impératifs de la guerre contre la piraterie maritime d’une part et le terrorisme d’autre part ont conduit les pays occidentaux à renforcer leur présence sur le continent. Les puissances émergentes n’ont pas tardé à les rejoindre dans un jeu d’influences inédit, reflétant le rapport de forces géostratégique dans le monde.

L’Afrique est-elle en passe de devenir un nouvel enjeu militaire ? Quels sont les pays de provenance des militaires étrangers présents en Afrique ? Combien sont-ils ? Quelles sont leurs missions ?  Éléments de réponses, en commençant par la France et les États-Unis qui possèdent des dispositifs militaires les plus élaborés et structurés sur le continent africain.

Le dispositif militaire français en Afrique

« L’Afrique subsaharienne est un espace stratégique important pour la France, en raison de notre proximité politique, géographique et culturelle, de nos intérêts stratégiques sur le continent et des crises ouvertes qui en menacent la stabilité »explique le ministère français des Armées sur son site consacré aux interventions militaires de la France dans l’Afrique subsaharienne.C’est précisément pour mettre fin à la menace que les jihadistes qui occupaient le nord du Mali faisaient peser sur l’intégrité du pays, que la France lança le 11 janvier 2013 l’opération « Serval », avec 1 700 soldats, des avions de combat et des hélicoptères.

« Serval » a été remplacée depuis le 1er août 2014 par la force « Barkhane » composée de 4 500 soldats et dont le périmètre d’action a été étendu au-delà du Mali pour couvrir l’ensemble de la bande sahélo-saharienne, comprenant cinq pays de la région, à savoir, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Tchad. Si la capitale tchadienne N’Djaména accueille le quartier général de la force Barkhane, celle-ci dispose de bases provisoires disséminées sur les autres pays de son dispositif, dont notamment la base de Niamey qui fait office de « hub aérien » abritant des avions de chasse et des drones. « Barkhane » a pour mission de mener des opérations contre le terrorisme et le crime organisé dans la bande sahélo-saharienne, en attendant la montée en puissance et l’opérationnalisation de la force conjointe G5 Sahel créée par les cinq pays sahéliens.

Outre les contingents déployés dans le cadre des opérations extérieures temporaires (Opex) comme l’opération « Barkhane », le dispositif militaire français en Afrique est officiellement constitué de deux bases opérationnelles avancées, soit les Forces françaises stationnées à Djibouti (1 450 hommes) et en Côte d’Ivoire (900 hommes), et de deux anciennes bases rétrogradées en « pôles opérationnels de coopération » à vocation régionale, soit les éléments français au Sénégal (350 hommes) et au Gabon (350 hommes).

Positionnée sur la façade est de l’Afrique et disposant d’une logistique importante dont un détachement aérien, la base de Djibouti constitue la plus importante base militaire française sur le continent. Base hautement stratégique, celle-ci est en mesure d’accueillir, mais également projeter rapidement des forces vers l’océan indien ou le Moyen-Orient, en cas de crise dans la sous-région.

Les Forces françaises de Côte d’Ivoire ont, pour leur part, un statut de force de présence sur la façade ouest-africaine considérée comme une zone d’intérêt stratégique pour la France. Elles sont en mesure d’intervenir sur un très court préavis sur toute l’Afrique de l’Ouest. Les éléments français au Gabon et au Sénégal constituent des réservoirs de troupes prépositionnées, incluant des forces terrestres, navales et aériennes, capables d’assurer la défense des intérêts français et soutenir les déploiements opérationnels en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

En complément du dispositif militaire français déployé en Afrique occidentale, la marine nationale française prépositionne depuis 1990 une mission maritime permanente dénommée « Mission Corymbe » dans la zone du golfe de Guinée. Les missions principales de « Corymbe » consistent à préserver les intérêts économiques français dans cette zone et lutter contre la piraterie maritime et le brigandage. Les bâtiments en mission dans le cadre de « Corymbe » dont les effectifs peuvent s’élever jusqu’à 250 militaires, se déploient du large des côtes du Sénégal au nord des côtes de l’Angola, en passant notamment par les eaux de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Ghana, du Togo, du Nigeria, du Cameroun, du Gabon ou encore des îles de Sao Tomé-et-Principe.

Présence militaire américaine en expansion

La présence militaire américaine en Afrique a commencé à gagner en ampleur après les attaques terroristes de septembre 2001. Officiellement, c’est pour soutenir le combat contre l’extrémisme militant (Shebab en Somalie, Boko Haram autour du lac Tchad ainsi qu’al-Qaïda au Sahel) et la piraterie maritime (dans le golfe de Guinée et la Corne de l’Afrique) que les États-Unis interviennent militairement sur le théâtre africain. La création de l’Africom (le commandement américain pour l’Afrique) en février 2007, sous la présidence de Georges W. Bush, répond à la nécessité de coordonner les opérations militaires américaines en Afrique de plus en plus nombreuses. Le quartier général de l’Africom se trouve à Stuttgart, en Allemagne.

Afin de mener à bien ses missions antiterroristes, le commandement américain pour l’Afrique dispose de 7 200 personnes, militaires et civils confondus, deux bases permanentes, 12 autres sites non permanents (« cooperative security locations ») et 20 sites qui n’ont pas de présence américaine continue («  contingency locations »). Les deux bases permanentes de l’Africom dans la région sont situées, l’une à Djibouti et l’autre dans l’île britannique de l’Ascension.

La plus importante garnison militaire américaine sur le continent est le Camp Lemonnier, situé à proximité de l’aéroport international de Djibouti. Ancienne base de Légion étrangère française, ce site de 200 hectares, que les Américains ont acquis en 2001 en location longue auprès du gouvernement djiboutien, abrite 4 000 soldats et personnels civils. Aménagé en véritable « hub » des activités militaires américaines dans la Corne de l’Afrique, le Camp Lemonnier est doté d’infrastructures adaptées pour accueillir les gros porteurs à réaction de l’armée de l’air américaine. C’est de cette base que décollent aussi les drones qui visent l'al-Qaïda dans la péninsule arabique au Yémen et les insurgés islamistes shebab en Somalie.

Réparties entre sites secondaires et sites non permanents plus modestes, la trentaine d’autres bases américaines sur le continent sont disséminées à travers l’ensemble du continent. Elles sont organisées autour de trois théâtres d’opérations anti-jihadistes, à savoir la Corne de l’Afrique, la Libye et le Sahel. Au Sahel, la coopération entre l’Africom et le Niger s’est révélée être particulièrement dense, avec ce dernier comptant pas moins de cinq bases américaines, dont deux centres de coopération à la sécurité. La densité de la présence militaire américaine dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest, qualifié de « carrefour d’instabilité régionale », entre la Libye, le lac Tchad et le Sahel, comme aime le préciser l’ancien commandant de l’Africom, le général Waldhauser, a été dévoilée en octobre 2017 suite à la mort de quatre soldats américains dans une embuscade à la frontière malienne.

Cet incident a aussi mis au jour la construction en cours à Agadez par les États-Unis de leur base de drones la plus sophistiquée du continent pour un coût de quelque 100 millions de dollars. Ce site devrait à terme supplanter la base djiboutienne en termes d’importance et de capacités logistiques. Selon le magazine en ligne américain « The Intercept », qui a révélé au grand public la montée en puissance de la présence militaire américaine en Afrique en se basant sur des documents déclassifiés de l’Africom, l’Afrique constitue le deuxième théâtre des opérations stratégiques américaines après le Moyen-Orient.

Les nouveaux partenaires militaires de l’Afrique

Avec la montée en influence en Afrique ces dernières années des puissances émergentes telles que la Chine, l’Inde, la Turquie ou la Russie post-soviétique pour n’en citer que ceux-là, la donne est en train de changer sur le continent en matière de coopération sécuritaro-militaire. Grâce à leurs offres de livraison d’armes ou de propositions de formation et d’exercices conjoints avec leurs partenaires africains à des conditions particulièrement compétitives, ces nouvelles puissances sont devenues des concurrents gênants pour les États occidentaux, qui ont une longue tradition de présence en Afrique.

Le tournant date de 2017 lorsque la Chine a inauguré sa première base militaire outre-mer à Djibouti, à proximité du Camp Lemonnier qui accueille le corps expéditionnaire américain. Officiellement, la base chinoise ne devrait abriter que 400 hommes pour assurer la logistique pour les forces navales chinoises opérant dans le golfe d’Aden. Or, selon les analystes, ce sont plus de 10 000 hommes qui pourraient s’y installer à terme, vraisemblablement à partir de 2026, avec la transformation programmée de cette enclave en avant-poste militaire de la Chine en Afrique.

L’installation de sa base djiboutienne est une nouvelle étape dans l’implication militaire chinoise en Afrique, Pékin s’étant concentré jusque là sur des opérations de maintien de la paix dans le cadre onusien et d’évacuation de ses ressortissants en cas de crise. Cette évolution va de pair avec la montée en puissance de la Chine en tant que partenaire commercial et économique de l’Afrique. Devenue la première partenaire commerciale du continent depuis 2009, la Chine est également en pointe des investissements dans de nombreux domaines tels que les infrastructures, l’énergie et les mines. Sur les 54 Etats africains, 39 font aujourd’hui partie du projet de partenariat pour la nouvelle route de la soie lancé par la Chine, proposant de relier l’Eurasie, le Moyen-Orient et l’Afrique grâce à un vaste réseau d’infrastructures routières, portuaires et de télécommunications.

Ces perspectives ambitieuses proposées par la Chine à ses partenaires africains sont perçues par les Américains comme « une menace réelle à (leurs) intérêts de sécurité nationale ». D'après les analystes, des rivalités grandissantes entre Washington et Pékin sur le théâtre africain ont le potentiel de déstabiliser tout le continent, en particulier la zone stratégique de la mer Rouge par où passe l’une des routes maritimes les plus fréquentées du monde.

La Russie est également dans le viseur des Américains. L’administration Trump reproche à Moscou « ses pratiques prédatrices » qui « interfèrent avec les opérations militaires des États-Unis ». La Russie soviétique entretenait des relations stratégiques importantes avec les États africains pendant la période de la guerre froide. Ces relations s’étaient réduites après 1989, mais depuis une dizaine d’années, on assiste à un renouveau d’intérêt pour l’Afrique de la part de la Russie. Moscou a en effet relancé d’une manière spectaculaire sa coopération militaire avec des pays tels que l’Algérie, l’Égypte, l’Angola, l’Ouganda, le Zimbabwe, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie ou encore le Mozambique, en s’imposant comme l’un des principaux fournisseurs d’armes à ces pays.

Les liens militaires et de sécurité de la Russie avec l’Afrique vont toutefois au-delà des exportations d’armes. Ils impliquent également l’envoi des instructeurs russes. C’est le cas notamment de Centrafrique où 200 instructeurs issus des forces spéciales russes participent depuis 2018 à la formation des forces armées centrafricaines, amenés à faire face à des groupes rebelles autrement mieux aguerris. Il s’agirait en réalité, selon les Américains, de mercenaires russes qui auraient des liens avec le Kremlin et qui seraient mis à contribution à Bangui, comme à Khartoum ou en Libye pour assurer la sécurité des gouvernements et la sauvegarde d’actifs économiques essentiels (mines de diamant, réserves d’or et de pétrole…).

Parmi les autres pays non occidentaux engagés militairement en Afrique, il faut citer la Turquie qui a installé en septembre 2017, à Mogadiscio, en Somalie, une base qui sert de centre d’entraînement pour les troupes somaliennes. Ankara a dépêché sur place 200 officiers et instructeurs turcs pour former 10 000 soldats somaliens, en guerre contre les milices shebab. La région de la Corne de l’Afrique compte aussi un centre logistique (en Érythrée) construit par les Émirats arabes unis, engagés dans la guerre au Yémen menée par l’Arabie saoudite. Quant à la base japonaise à Djibouti, en place depuis 2011, elle abrite un contingent de 180 soldats, qui participent à des missions anti-piraterie maritime dans le golfe d’Aden et les eaux au large de la côte somalienne.

Enfin, l’Inde qui a vu depuis le tournant du siècle son profil commercial et économique s’améliorer en Afrique s’est, elle aussi, engagée militairement sur le continent. Depuis 2007, elle dispose d’un poste d’écoute dans le nord de Madagascar pour surveiller les mouvements des navires et protéger ses voies maritimes de commerce. Preuve de son ambition grandissante dans le domaine sécuritaire, la marine indienne a proposé d’effectuer en mars prochain des exercices conjoints avec ses partenaires africains, notamment avec la Tanzanie, le Kenya et l’Afrique du Sud.

Sur le théâtre sécuritaire africain, la compétition stratégique entre les anciens et les nouveaux ne fait que commencer.

 

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 23:42
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : L’Ambassadrice Samuela Isopi se félicite des journées portes ouvertes de l’Union Européenne à Bangui

 

BANGUI,le 03 Décembre 2019 (RJDH)--- Les journées portes ouvertes organisées par l’Union Européenne pour montrer l’impact de leur projet sur financement à travers le « Fond Bêkou » à l’endroit de la jeunesse Centrafricaine, se sont terminées le samedi 30 novembre dernier sur une note de satisfaction.  L’Ambassadrice de l’Union Européenne en Centrafrique Samuela Isopi, s’est félicitée de l’organisation de ces activités dans le pays.

C’est sur une note de satisfaction que l’Union Européenne salue la tenue des journées portes-ouvertes qu’elle avait organisées du 28 au 30 novembre dernier. Ces journées ont été des occasions pour le public centrafricain de connaitre les apports multidimensionnels de l’Union Européenne pour le relèvement du pays à travers ses différents projets financés en Centrafrique.

Plus de 9 000 personnes ont visité les stands et expositions à l’Alliance Française de Bangui. Particulièrement satisfaite et émue, Samuel Isopi, Ambassadrice de l’Union Européenne en Centrafrique, déclare que c’est une possibilité pour tous les centrafricains de toucher du doigt, la réalité de la coopération entre la Centrafrique et l’Union Européenne. 

«Je suis particulièrement satisfaite, on a pu enregistrer un nombre très important des gens qui sont venus visiter les stands pendant ces trois jours que nous avions réalisés. C’est une possibilité pour tous les centrafricains de venir visiter nos produits et nos réalisations, notre coopération et toucher du doigt la réalité de cette coopération parce que, pendant ces  trois jours, on a eu beaucoup de témoignages venant des centrafricains eux-mêmes qui ont parlé des projets qu’ils ont été bénéficiaires. Le message que nous voulons passer, c’est un message d’espoir parce que dans ce pays, y a tellement d’histoire, des bonnes histoires qui peuvent  être une source d’inspirations ou d’encouragement pour d’autres», a exprimé Samuela Isopi.

Des visiteurs ont clairement indiqué qu’à travers ces journées, ils ont enfin compris combien la contribution importante de l’Europe dans le pays, « dès que nous avions appris que l’Union Européenne à organiser cette journée porte ouverte, nous nous sommes dit en tant que jeune centrafricains, nous devons passer voir la réalisation de l’Union Européenne en ce qui concerne ces projets en Centrafrique plus particulièrement pour nous la jeunesse », a témoigné un jeune rencontré sur les lieux.

Pour un étudiant à l’Université de Bangui, l’Union Européenne est le premier partenaire du pays au regard des projets qu’elle porte et soutienne pour sortir les familles de la pauvreté. « Grâce à  l’Union Européenne, nous avons pu découvrir combien l’UE intervienne en Centrafrique, entre autres, la libre circulation des personnes, des biens et des services dans l’espace Schengen, la création  des ponts métalliques et tout ceci pour moi c’est un début à tout pour que la paix revienne dans le pays ainsi que le vivre ensemble», indique Jeff Darnaye, étudiant en 3ème année des droits à l’Université de Bangui.

L’Union Européenne à travers ses programmes multiformes en Centrafrique touche près de la moitié de la population centrafricaine. Ce qui la place devant tous les partenaires au développement de la RCA.

 

 

Centrafrique : Affaire Caritas Centrafrique, le Cardinal Dieudonné Nzapalahinga demande la lucidité des partenaires financiers

 

BANGUI, le 04 décembre 2019 (RJDH)---Le Cardinal Dieudonné Nzapalahinga plaide pour que les partenaires financiers de la Caritas Centrafrique qui ont mis un terme aux contrats avec cette structure de l’église catholique de penser aux personnes qu’elle assiste à travers le pays en lien avec les soupçons de viol sur mineurs éclaboussent cette organisation. Appel lancé mercredi 4 décembre 2019 à Bangui.

Fortement éclaboussée par un cas d’abus sexuels sur mineurs qui auraient été commis par un père salésien belge qui a travaillé en Centrafrique 2013-2019, la Caritas Centrafrique fait face à une situation financière difficile qui risquerait de la contraindre à envoyer en chômage technique plus de 300 personnes sur les 400 qu’elle engage dans ces différentes interventions sur l’ensemble du territoire. Les deux millions de bénéficiaires soutenus par cette structure risquent d’être eux aussi abandonnés. Car les principaux partenaires financiers de la Caritas Centrafrique se sont vus contraints de mettre terme aux contrats avec cette structure de l’église catholique. 

Face à cette situation, le Cardinal Dieudonné Nzapalahinga plaide auprès des bailleurs pour les bénéficiaires des services de Caritas Centrafrique. Ce qui, selon lui, apparait comme une urgence. « Mais l’urgence aujourd’hui, c’est tous ces quelques millions de personnes qui sont en souffrance sur les sites et que Caritas aide et ceux qui travaillent pour Caritas sont maintenant en chômage technique. Ceux qui sont aidés par Caritas ne vont plus avoir de l’eau, ne vont plus bénéficier à l’assainissement…beaucoup de choses qui vont en découler », explique le prélat.

Au regard de tout ce qui précède, l’homme de Dieu demande aux partenaires de regarder la situation avec beaucoup de lucidité. « Nous demandons à ce qu’on regarde avec beaucoup de lucidité cette question-là, pas pour nous seulement, mais pour ceux qui sont en difficultés sur les sites que Caritas aide », a plaidé Cardinal Dieudonné Nzapalahinga.

« Allons-nous sacrifier tout le monde pour cette question ? C’est la question que je me pose. Nous craignons d’avoir des victimes collatérales du fait des actes d’une seule personne », a rappelé Dieudonné Nzapalahinga.

Des mécanismes seront mis en place pour éviter des cas similaires prochainement, à en croire, Cardinal Dieudonné Nzapalahinga. « Qu’est-ce que nous faisons actuellement, nous avons dit à nos partenaires que nos portes sont ouvertes. Nous avons fait une formation sur la sauvegarde de l’enfant où nous avons invité les partenaires et ils ont envoyé des partenaires qui sont venus avec un juge pour enfant qui a formé les secrétaires, parce que nous devons mettre des garde-fous pour éviter demain les mêmes mésaventures », a-t-il conclu. 

Les six principaux partenaires qui ont suspendu leurs contrats financiers avec Caritas Centrafrique, selon des sources du RJDH, sont le Programme Alimentaire Mondial (PAM), OCHA, UNICEF, CORDAID, Secours Catholiques, l’Union Européenne à travers COOPI et SOS. Ces suspensions vont de la rupture définitive de contrat à la suspension temporaire en attendant l’issue de l’enquête sur les soupçons de viol qui touchent la Caritas-Centrafrique.

 

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 23:16
COMMISSION VÉRITÉ : LES CENTRAFRICAINS CONSULTÉS, EN TOUTE DISCRÉTION
COMMISSION VÉRITÉ : LES CENTRAFRICAINS CONSULTÉS, EN TOUTE DISCRÉTION

 

Lu pour vous 

 

COMMISSION VÉRITÉ : LES CENTRAFRICAINS CONSULTÉS, EN TOUTE DISCRÉTION

 

https://www.justiceinfo.net/ 12/09/2019 PAR GAËL GRILHOT, NOTRE CORRESPONDANT À BANGUI

 

Sans publicité, des consultations nationales ont bien eu lieu pour dessiner les contours de la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation, depuis juin 2019, dans (presque) toute la République centrafricaine.

 

Le projet de commission vérité centrafricaine a toujours été un ovni juridique aux contours très flous. Cette médication de justice transitionnelle prescrite en mai 2015 par le Forum national de Bangui a pourtant un comité de pilotage, mis en place par décret en 2017 et placé sous l’autorité du Premier ministre. Nommé en mars 2018, cet organe composé de politiques, d’experts internationaux et de membres de la société civile a pour mission d’organiser des consultations populaires et d’en tirer des conclusions pour rédiger un projet de loi mettant en place un mécanisme dont le nom exprime toute l’ambition : la « Commission vérité, justice, réparation et réconciliation (CVJRR) ».

Difficile d’organiser de telles consultations dans le contexte d’insécurité qui a régné depuis le Forum de Bangui. Mais l’idée revient en force à l’occasion de la signature à Bangui, le 6 février dernier, de l’accord dit « de Khartoum ». Celui-ci prévoit d’« accélérer le processus de la mise en place de la CVJRR, avec le lancement dans les meilleurs délais de consultations nationales, et l’adoption d’une loi », précisant même : « La CVJRR doit impérativement commencer ses travaux dans […] quatre-vingt-dix jours. » Début septembre, la Commission n’est certes toujours pas en place mais des consultations ont effectivement été menées, dans les sept grandes régions du pays (Bangui, comptant pour une région, a organisé une consultation par arrondissement). Une opération officiellement lancée le 6 juin dernier lors d’une cérémonie au palais présidentiel de la Renaissance par le chef de l’État Faustin-Archange Touadéra, dans le but, a-t-il déclaré, de « donner une légitimité populaire à ce dernier dispositif de justice transitionnelle ».

« OPACITÉ » DANS L’ORGANISATION

Depuis, la plus grande discrétion entoure ces consultations « populaires ». « Nous constatons une grande opacité » du ministère de l’Action humanitaire et de la réconciliation nationale, en charge de la création de la CVJRR, s’insurge Ghislain-Joseph Bindoumi , délégué de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme (LCDH) au sein du comité de pilotage. Depuis l’accord de Khartoum et la mise en place d’un gouvernement intégrant des leaders de groupes armés « nous n’avons pas été associés à l’organisation de ces consultations », dit-il. « Nous avons seulement été invités lors du lancement, comme tous les autres invités. » Lors des dernières réunions du comité, précise-t-il, « nous avions établi un chronogramme et un projet de budget, de l’ordre de 200 millions de FCFA (plus de 300.000 euros) pour le fonctionnement du comité et l’organisation des consultations. » Impossible de savoir si ces recommandations ont été suivies. C’est, poursuit Bindoumi, une « petite équipe au sein du ministère », qui a convoqué à sa discrétion des représentants de la société centrafricaine (victimes, femmes, jeunes, confessions religieuses, etc.) et de partis politiques.

Une source au sein de la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), qui apporte son soutien technique au gouvernement, ajoute : « Nous ne sommes pas informés de ce qui a été fait ». Elle précise cependant que c’est « le comité de pilotage qui a mandaté le ministère, et c’est par conséquent normal que ce soit lui qui s’en soit chargé. »

Et dans de nombreuses associations, dont la Coordination des organisations musulmanes de Centrafrique (Comuc), on grince des dents. « J’ai été invité à la consultation du 3e arrondissement à Bangui, mais je ne sais même pas si c’est au nom de la Comuc ou en mon nom personnel, confie Ali Ousmane, son président. Dans le reste du pays, notre organisation n’a pas été conviée. On ne veut pas aller au fond des choses, les traiter à la racine. » Malick Karomschi, représentant de l’Organisation des victimes musulmanes, renchérit : « Nous-mêmes, les acteurs, nous ne sommes pas représentés. Il y a un manque de professionnalisme. Les victimes ont quand même leur mot à dire. »

Lewis Mudge, directeur pour l'Afrique centrale chez Human Rights Watch, estime ces informations inquiétantes. « La CVJRR peut être un mécanisme important pour la vérité sur le conflit et une façon de garantir que les erreurs du passé ne se répéteront pas, estime-t-il. À cet égard, le travail de la CVJRR devrait être mené de la manière la plus transparente et la plus inclusive possible. En cas de doutes sur les motivations de la commission et son fonctionnement, les conclusions finales pourraient être mises en doute. »

CONSULTATIONS « POPULAIRES » ?

Difficile dès lors de parler de consultations « populaires ». Ainsi à Berbérati, dans la région Ouest, ils étaient à peine plus d’une centaine à la réunion, alors que les participants venaient des 14 grandes villes des trois préfectures de cette zone parmi les plus peuplées du pays. Si le nombre total de personnes consultées reste inconnu, selon toute évidence – comme ce fut le cas lors du Forum de Bangui de 2015 – ces consultations n’ont concerné que quelques centaines de citoyens considérés comme représentatifs.

Dans un pays comme la Centrafrique, une telle organisation est cependant déjà remarquable. La zone de Bria couvrait par exemple une zone centrale parmi les plus vastes (191 350 km2) et les moins sécurisées du pays, associant les représentants des préfectures de la Haute Kotto, du Bamingui Bangoran et de la Vakaga. Certains représentants de villes éloignées n'ont donc certainement pas pu s'y rendre, mais d’une manière générale, « ces consultations se sont globalement bien déroulées sur la forme », affirme-t-on à la Minusca.

ENTHOUSIASME DES VICTIMES À BERBÉRATI

La mobilisation et l’enthousiasme des participants était au rendez-vous, témoigne par ailleurs Alain Kizinguere, vice-président de la LCDH et facilitateur de la consultation de Berbérati : « Les gens avaient envie de parler, dit-il, particulièrement les victimes. Nous étions là pour essayer de canaliser. L’exercice a été complexe. Sur la question de la période à couvrir, certains voulaient remonter jusqu’à la mort de Barthélemy Boganda [père de l’indépendance centrafricaine, décédé dans le crash de son avion en 1959], d’autres à Jean-Bedel Bokassa [président puis empereur de 1966 à 1979]. Alors que certains souhaitaient se limiter aux crimes les plus récents. »

Le questionnaire lui-même relevait d’un inventaire à la Prévert (une trentaine de questions, avec des « exemples de réponses » extrêmement variés) très peu adapté à des consultations « populaires ». Les présumés auteurs d’actes de violences graves doivent-il être poursuivis obligatoirement par la justice ? Qui peut être membre de la CVJRR et par qui seront-ils désignés ? Quel type de coopération et de complémentarité entre la Cour pénale spéciale et la Commission ? La complexité et la diversité des thèmes abordés interroge. Les facilitateurs ont tout de même pu bénéficier d’une formation afin d’utiliser ce questionnaire établi par un comité d’experts nationaux et internationaux.

« LA MAJORITÉ EST POUR LA JUSTICE D’ABORD »

Certaines questions faisaient polémique. « Sur la question des réparations, plusieurs victimes ont souhaité que l’État puisse se substituer aux auteurs des crimes, poursuit Kizinguere, et rembourse les dégâts causés par les groupes criminels. L’une d’elles s’était fait voler près de 600 têtes de bœufs. L’homme souhaitait que l’État lui fournisse un nouveau cheptel. » Pour lui, en dépit des difficultés, l’expérience a été satisfaisante sur un point : « Ce que j’ai vu dans l’Ouest m’a rassuré. J’ai vu que les populations, loin de la capitale, aiment leur pays. La cohésion sociale est palpable. »

Le travail en ateliers, thème par thème, groupe par groupe, avec des restitutions en plénière, a tout de même permis selon Kizinguere d’apporter des éléments de réponse. Même s’il reconnaît que le temps imparti - 5 jours - a pu être trop court pour couvrir convenablement l’étendue des questions à traiter et pour orienter le futur mandat de la Commission. « Les quatre piliers de la CVJRR sont jugés très importants, insiste le facilitateur, tout le monde veut la réconciliation, mais la majorité est pour la justice d’abord. »

Les résultats de ces consultations doivent donner lieu à un atelier de restitution, qui sera suivi d’un autre rendez-vous d’experts chargés d’élaborer le projet de loi, dont le calendrier n’a pas été communiqué.

 

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 23:03
N’Djaména et Bangui misent sur la transhumance transfrontalière

 

Lu pour vous

 

www.tchadinfos.com 4 déc 2019 16 : 57 par Mbaidangroa Djekornonde Adelph

 

Le Tchad et la République centrafricaine tiennent une réunion conjointe sur le projet de restauration de la paix et du dialogue entre les communautés affectées par la transhumance transfrontalière. Les travaux ont commencé ce mercredi 4 décembre 2019 à N’Djamena.

Au Tchad, la transhumance est une composante importante de l’économie et la culture en Afrique subsaharienne. L’élevage représente le 20% du Produit intérieur brut et nourrit plus de 70% de la population tchadienne.

C’est ainsi qu’une réunion sur la transhumance transfrontalière s’est ouverte ce mercredi à N’Djamena entre la délégation centrafricaine et le Tchad. Le début des activités a été présidé par Gayang Souaré, ministre de l’Elevage et de la Production animale.

Dans son intervention, le chef de la mission de la délégation centrafricaine Hamat Mal-mal a montré l’importance de la transhumance entre les deux pays avant d’ajouter que son pays met la question de la transhumance dans les priorités. « Les défis sécuritaires et la fermeture de la frontière depuis 2014 qui traversent le secteur de l’élevage ont un impact sur la transhumance entre les deux pays. »

Un avis partagé par le Représentant pays du Fao. Il ajoute que le souci de déficit infrastructurel de transhumance pose problème. C’est pourquoi, il propose de revenir sur une dynamique de dialogue entre les communautés impliquées dans la transhumance mais aussi revitaliser le dialogue entre les éleveurs et agriculteurs. C’est à cela que s’inscrit l’atelier.

Dans son allocution, le ministre de tutelle est revenu sur la valeur que le gouvernement accorde à l’élevage mais aussi à la cohabitation pacifique. « Vous conviendrez avec moi que le projet de renforcement du dialogue interinstitutionnel et la communication politique entre le Tchad et la RCA sur les enjeux de la transhumance transfrontalière est arrivé à point nommé. Car, le gouvernement accorde au secteur de l’élevage une de choix et attache une attention particulière à la cohabitation », explique Gayang Souaré. Il exhorte les participants à être attentifs afin de sortir victorieux de cette rencontre qui est importante pour la coopération Tchad-RCA.

Selon le rapport de l’International Crisis Group de 2016, les mouvements de transhumance entre la RCA et le Tchad sont parmi les plus importants au monde. Car, les populations d’éleveurs nomades se déplacent de manière cyclique le long de divers corridors traditionnels, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur et à travers les frontières, à la recherche de pâturage et d’eau.

 

Seront bénéficiaires du projet de restauration de la paix et du dialogue entre les communautés affectées par la transhumance transfrontalière entre le RCA et le Tchad plus de 4 100 personnes et portera un coût de trois millions de dollars américains.

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 22:59
Vive réaction du Cardinal Nzapalainga suite à un mémorandum des Parents d’élèves de Saint Paul

 

 

Vive réaction du Cardinal Nzapalainga suite à un mémorandum des Parents d’élèves de Saint Paul

 

Bangui (République centrafricaine) – A peine de retour de mission à Bangui, le Cardinal Dieudonné Nzapalainga a choisi le cadre d’une conférence de presse, ce mercredi 4 décembre, pour cracher ses quatre vérités à l’Association des parents d’élèves de l’Ecole Saint Paul garçon.

Apparu dans un air très ferme, le Prélat a intitulé sa rencontre avec les professionnels des média de « droit de réponse » et n’a pas mâché les mots pour dénoncer ce qu’il a appelé une accusation portée contre les actions de l’église et sa personne par cette Association des parents d’élèves.

La genèse du feuilleton remonte au 16 septembre 2019, lorsque l’APE de l’école Saint Paul garçon s’est réunie pour organiser une marche de protestation ponctuée par la remise d’un mémorandum aux autorités sous les caméras des journalistes, en l’absence du Cardinal au pays.  « Cet exercice que j’ai souhaité faire à travers cette conférence de presse permettra d’éclairer l’opinion publique et de dissiper les graves malentendus et les préjudices que peuvent causer les allégations contenues dans ce document », a précisé l’homme de Dieu à l’entame de ses propos liminaires avant d’ajouter que « depuis la fondation de l’Etat centrafricain et de la Nation centrafricaine, l’église catholique a toujours œuvré aux côtés et au bénéficie des populations démunies, accompagnant l’Etat dans certains domaines d’activités, notamment dans le social, à savoir entre autres l’éducation, la santé la promotion collective, etc. Ceci s’inscrit dans sa mission d’évangélisation des peuples conformément à la doctrine sociale de l’église ».

Revenant aux quatre points soulignés dans le mémorandum de l’APE de l’école Saint Paul garçon, Dieudonné Nzapalainga a apporté des éclairages. D’abord, sur le renvoi au quartier des indigents de l’Ecole Saint Paul, c’était dans l’optique de rénover les lieux et qu’une alternative a d’ores et déjà été trouvée avec la construction de la maison des pauvres à juste à côté à Gbangouma. En ce qui concerne la confiscation et la vente du terrain de basket-ball du Lycée des Rapides, le Cardinal a fait savoir que la vente a eu lieu bien avant sa prise de fonction. Quant au point relatif à la rétrocession de l’école Saint Paul fille, il a répondu que la procédure a été régulièrement lancée le 4 janvier 2016 pour l’obtention de Arrêté n° 337/DIRCAB/19 y relatif le 11 juillet 2019. Enfin, sur la question du risque d’éjection de plus de 2500 élèves dudit établissement dans la rue, Cardinal Dieudonné Nzapalainga a répondu que les textes en vigueur en la matière sont respectés et la procédure est régulière ; il ne reste qu’à l’Etat de se charger de l’affectation des élèves conformément aux textes en vigueur.

Quelques contributions de l’église catholique dans le secteur de l’éducation ont été évoquées par le Prélat pour rassurer les uns et les autres que ce n’est pas aujourd’hui, que l’église catholique peut se déjuger pour se constituer en obstacle à l’épanouissement dudit secteur. « Jusqu’à l’ère de l’indépendance, l’église catholique disposait à travers tout le pays, parallèlement à l’Etat, de nombreuses infrastructures scolaires, avec des équipements et un personnel suffisant pour leur fonctionnement », a souligné le conférencier, ceci jusqu’à la décision de l’unification de l’enseignement prise par l’Etat en 1962. Mais suite aux états généraux de l’éducation de 1994, l’église catholique a repris ses activités éducatives d’où la création en 1997 de l’ECAC (Enseignement catholique de Centrafrique).

 

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 19:24
NOTE D’INFORMATION MINUSCA

 

NOTE D’INFORMATION

 

LA MINUSCA IMPLIQUE LES COMMUNAUTES DANS LA LUTTE CONTRE LES ACTES D’EXPLOITATIONS ET ABUS SEXUELS

 

 

Bangui, 4 décembre 2019 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a indiqué mercredi qu’elle associe la population centrafricaine dans la mise en œuvre de sa stratégie de prévention et de lutte contre les actes d’exploitation et abus sexuels (EAS) que pourraient commettre son personnel.  

 

« La Mission travaille étroitement avec les communautés pour lutter contre les actes d’exploitation et abus sexuels en RCA. Une ligne verte a été mise en place pour signaler toute allégation, 24 réseaux communautaires de signalement ont été créés à travers le pays. Des causeries ont lieu régulièrement », a indiqué le Chef de l’équipe conduite et discipline de la MINUSCA, Innocent Zahinda, rappelant que les victimes sont au centre de la politique de tolérance zéro du Secrétaire général des Nations unies. La Mission dispose d’une défenseure des droits des victimes qui, en collaboration avec l’équipe de conduite et discipline, travaille avec les agences concernées des Nations unies et des partenaires en vue de l’assistance médicale, juridictionnelle et psychologique des victimes. « Il n’y a pas d’assistance financière », a-t-il précisé.

 

Lors de la conférence de presse hebdomadaire, ce responsable a énuméré les mesures en place et particulièrement axées sur la prévention, parmi lesquelles la Task Force intégrée dirigée par le Représentant spécial du Secrétaire général, des directives du Commandant de la Force et du Chef de la Police, la formation continue du personnel, des visites régulières d’évaluation des camps des casques bleus ainsi que des patrouilles mixtes journalières à Bangui et dans les secteurs.

 

La Chef de l’équipe conduite et discipline de la MINUSCA a également indiqué qu’en 2019, « 32 allégations de EAS ont été rapportées et elles ont toutes été traitées par la mission conformément aux règles et procédures en vigueur aux Nations Unies. Bien que nous observons une légère augmentation du nombre d’allégations d’EAS rapportées en 2019, force est de reconnaître que 12 sont présumées avoir été commises cette année alors que les 20 autres l’ont été les années précédentes ».

 

Selon ce responsable, « dans 13 affaires, les autorités nationales (des pays contributeurs de troupes) ont infligé des peines de prison aux soldats coupables, dans 5 affaires, les soldats ont été radiés, et dans 1 cas, le soldat a été rétrogradé. Également, dans 1 cas, les Nations Unies ont licencié le personnel civil coupable et dans 24 cas, les soldats ont été rapatriés sur une base disciplinaire avec interdiction de tout emploi par les Nations Unies ».

 

Pour sa part, le responsable du programme des Volontaires des Nations unies en RCA, Davy Moundongo est revenu sur les efforts déployés par les volontaires pour la paix et le développement en Centrafrique, ceci en prélude à la journée mondiale des volontaires, célébrée le 5 décembre. D’après lui, 278 personnes travaillent en ce moment comme volontaires des Nations Unies dont 60 nationaux et 218 internationaux, dans les agences de l’ONU et à la MINUSCA. « Ils sont dans les sections substantives comme les Droits de l’Hommes, les affaires politiques, affaires civiles, dans les sections d’appuis comme la logistique, le transport, les ressources humaines, mais aussi dans les programmes et les projets », a-t-il indiqué, soulignant leur contribution aux efforts de paix.

 

De son côté, le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro a indiqué que la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des Nations Unies, Denise Brown, a pris part mardi à la réunion du Comité exécutif de suivi de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA. « Les participants ont évoqué la mise en œuvre de l’Accord ainsi que la question des sanctions », a-t-il déclaré.

 

Il a enfin souligné qu’entre le 26 novembre et le 03 décembre 2019, la MINUSCA a documenté 12 incidents d’abus et de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire ayant affecté au moins 21 victimes. Les préfectures les plus touchées sont l’Ouham, le Mbomou et la Haute-Kotto et les groupes armés restent les principaux auteurs présumés de ces actes.

 

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 19:55
Nouvelles nationales sur RNL
Nouvelles nationales sur RNL

 

RCA : L’Onusida s'inquiète de la prévalence du VIH dans le pays

 

https://www.radiondekeluka.org/ mardi 3 décembre 2019 14:53

 

Le directeur pays de l'Onusida en Centrafrique Patrick Eba s'inquiète de la prévalence du VIH/Sida dans le pays. Environ 5000 décès liés à cette maladie sont enregistrés ainsi qu'entre 60.000 à 80.000 cas de personnes nouvellement infectées par an selon, Patrick Eba appelle à une mobilisation générale contre cette pandémie à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre ce fléau.

"Nous sommes inquiets du VIH/Sida dans ce pays qui a fait de progrès notable dans la réponse au VIH. Nous avons aujourd'hui environ 40.000 personnes sous traitement antirétroviral. Cela est un progrès significatif, une progression de 40% en 18 mois" a noté Patrick Eba.

En dépit des efforts du gouvernement à travers le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS), les données statistiques restent élevées. "Nous saisissons cette opportunité pour demander plus d'appui pour la réponse au VIH/Sida. Si nous n'avons pas plus de moyens, nous ne pouvons pas atteindre les 60% de personnes qui ne bénéficient pas de traitement" a-t-il plaidé.   

En Centrafrique, l'action est placée sous l'angle communautaire axée sur le thème "les communautés font la différence".

MSF institue une stratégie pour réduire le taux de prévalence au VIH/Sida

Médecin Sans Frontière met en place des Groupes Communautaires d'ARV, une stratégie de prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida. Celle-ci se veut pratique et organisée en faveur des personnes déjà sous traitement. "Nous avons mis en place une stratégie communautaire appelée - Ka-Gué - un groupe de patients séropositifs qui sont sous traitement antirétroviral qui sont stables et qui habitent le même endroit. Ces patients se mettent en groupe et choisissent un responsable et s'organisent afin de se soutenir" a expliqué Laurent Lwindi Mukota, responsable programme VIH à MSF à Bangui.  

Cette politique présente plusieurs avantages pour les personnes sous traitement. "Nous donnons des médicaments pour une durée de 6 mois aux patients. Cela leur permet de pouvoir rester chez eux, faire calmement leurs travaux et éviter à ce qu'ils soient tout le temps dans la rue pour venir les chercher" a indiqué Laurent Lwindi Mukota.

 

 

RCA : 200 réfugiés Centrafricains en RDC de retour au bercail

 

https://www.radiondekeluka.org/ mardi 3 décembre 2019 14:50

 

200 ressortissants Centrafricains réfugiés en République Démocratique du Congo sont de retour ce 2 décembre 2019 dans la capitale. L’opération de rapatriement a été rendue possible par le Haut Commissariat des Réfugiés (HCR) et le gouvernement Centrafricain. Ces ex-réfugiés se disent contents de retrouver leur patrie après plusieurs années d’absence liée à la crise.

Après plus de six ans d’absence, les rapatriés ont foulé le sol centrafricain le sourire aux lèvres. A Bangui, ils ont été accueillis au Port Amont par Filippo Grandi, Haut commissaire du HCR et la Ministre de l’Action humanitaire Virginie Baïkoua. Le gouvernement promet tout mettre en œuvre pour faciliter leur réintégration.

« Nous avons commencé par les déplacés internes. Mais après la signature de l’accord tripartite, nous sommes concentrés sur l’accueil de nos compatriotes réfugiés dans les pays voisins », explique Virginie Baïkoua, indiquant que aujourd’hui « pour apporter l’équilibre, il va falloir qu’on pense à mettre en place des activités de retour pour les compatriotes déplacés internes ».

Les Nations Unies aussi s’engagent à faciliter le retour au pays des Centrafricains qui ont fui le pays à cause de la crise. « Il ne faut pas oublier qu’au moment où nous voyons ces réfugiés rentrer, il y a encore beaucoup de déplacés dans le pays, qui méritent aussi le support et l’appui de la communautaire internationale et des autorités centrafricaines » relève Filippo Grandi, Haut commissaire du HCR.

« Nous avons encore des centaines de milliers de réfugiés de l’autre côté de l’Oubangui, mais aussi au Congo Brazzaville, au Cameroun, au Tchad et dans d’autres pays » ajoute-t-il.

Une satisfaction pour les rapatriés. « Cela fait plusieurs années que ma patrie m’a manquée. Je suis contente de retrouver mon pays la RCA. Je remercie beaucoup le Président de la République » lâche Mireille Andjipakota, l’une des refugiés joyeuse de retrouver sa terre natale.

Le HCR organise ces derniers temps plusieurs opérations de rapatriement des Centrafricains qui se sont réfugiés dans les pays voisins à cause de la crise qui a durement frappé leur pays.  

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 19:23
Centrafrique : Plusieurs  partenaires financiers suspendent leur contrat avec la Caritas nationale

 

Centrafrique : Plusieurs  partenaires financiers suspendent leur contrat avec la Caritas nationale

 

BANGUI, 03 décembre 2019 (RJDH)---De nombreux partenaires financiers de la Caritas Centrafrique, ont mis un terme aux contrats avec cette structure de l’église catholique. Ces décisions, selon les investigations du RJDH, font suite aux soupçons de viol qui pèsent depuis quelques jours sur cette entité.  

En deux semaines, les six principaux bailleurs de la Caritas-Centrafrique ont suspendu leurs différents contrats avec cette structure au cœur d’un scandale de viol attribué au père Luk, un des anciens Secrétaire Nationaux  de la Caritas. Cette information RJDH est confirmée par un cadre de la Caritas Nationale qui a requis l’anonymat, « nous sommes en train de perdre tous nos principaux bailleurs. Au moment au je vous parle, les suspensions de contrat ou les ruptures de contrat ont été notifiées à la Caritas par au moins six grands bailleurs », confie-t-il sur un ton désespéré.

Ces six principaux partenaires, selon des sources bien informées, sont le Programme Mondial Alimentaire (PAM),  OCHA, UNICEF, CORDAID, Secours Catholiques, l’Union Européenne à travers COOPI et SOS. Certaines de ces organisations, d’après nos sources, ont annoncé la rupture définitive de leur contrat tandis que d’autres ont parlé de suspension en attendant la suite de l’enquête sur les soupçons de viol qui touche la Caritas-Centrafrique, viols attribués au père Luk, un prêtre salésien qui a occupé le poste de Secrétaire National de la Caritas-Centrafrique après avoir géré la Caritas diocésaine de Kaga Bandoro. Les faits qui lui sont reprochés remontent à l’époque où il assumait ces fonctions. Le parquet de Bangui a ouvert une enquête sur le dossier, enquête confiée à la Section de Recherche et d’Investigation (SRI). Le père salésien mis en cause a quitté la République Centrafricaine depuis le mois de juin dernier sur instruction de sa congrégation qui avait déjà eu vent de ces accusations.

Cette situation va contraindre Caritas Centrafrique à mettre en chômage plus de 300 personnes sur les 400 qu’elle engage dans ces différentes interventions sur l’ensemble du territoire. Les deux millions de bénéficiaires soutenus par cette structure risquent d’être eux aussi abandonnés. Selon des informations RJDH, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, autorité ayant nommé le père Luk à la Caritas-Centrafrique, a été contraint de se défendre au Vatican, évoquant qu’il avait fait confiance à Monseigneur Albert Vanbuel et qu’il n’était pas au courant du passé de ce prêtre. Les arguments de l’Archevêque de Bangui vont-ils convaincre le Vatican qui parle de tolérance zéro sur ces questions de viol et engage les autorités ecclésiales à les dénoncer et à prendre des mesures ? C’est la question à laquelle seul le Vatican pourra apporter des réponses tandis que la justice centrafricaine continue son enquête sur cette affaire

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 02:30
Centrafrique : six experts chinois de l'agriculture décorés par le chef de l'Etat
Centrafrique : six experts chinois de l'agriculture décorés par le chef de l'Etat

 

 

Centrafrique : six experts chinois de l'agriculture décorés par le chef de l'Etat

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 02-12-2019

 

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a décoré dimanche six experts chinois de l'agriculture à l'occasion de la célébration à Bangui du 61e anniversaire de la proclamation de la République centrafricaine (RCA).

Les six experts de la Juncao, une technique agricole d'origine chinoise, ont ainsi reçu les insignes de l'Ordre de la reconnaissance centrafricaine. En particulier, l'inventeur de la Juncao, Lin Zhanxi, a été promu Commandeur.

En mars dernier, M. Lin et son équipe sont venus en RCA pour transférer gratuitement aux agriculteurs centrafricains la technique de Juncao, terme associant les mots chinois pour "champignon" et "herbe".

Il s'agit d'une sorte d'herbacée géante permettant de faire pousser des champignons rapidement. Populaire dans une dizaine de pays en développement, cette technique a pour objectif principal de garantir la sécurité alimentaire et de réduire la pauvreté.

Grâce à ce savoir-faire chinois, beaucoup d'agriculteurs centrafricains ont cultivé avec succès des champignons de diverses espèces. Le président Touadéra a même dégusté ces champignons, disant les avoir beaucoup aimés.

La population centrafricaine est toujours la première bénéficiaire de la coopération avec la Chine, avait affirmé en mars M. Touadéra, se félicitant de voir ces champignons arriver dans l'assiette des Centrafricains.

La technique de Juncao contribue aussi à la lutte contre la désertification, au développement de l'élevage et même à la production d'électricité, d'après les experts chinois, soulignant que la coopération technique sino-centrafricaine s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des huit initiatives majeures de la coopération entre la Chine et l'Afrique telles que définies lors du sommet de Beijing 2018 du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA).

Source: Agence de presse Xinhua

 

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