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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 10:35
Lu pour vous : Raid meurtrier contre les déplacés de l’évêché de Kaga Bandoro

 

 

http://www.la-croix.com/14/10/2016 à 17 h 08

Des ex-seleka ont attaqué le camp de déplacés de l’évêché de Kaga Bandoro, dans le centre de la Centrafrique, dans la nuit de mercredi 12 octobre.

Une quarantaine de personnes ont été tuées dans ces violences, une semaine après des violences intercommunautaires à Bangui qui avaient fait une dizaine de morts.

Scène de guerre, à Kaga Bandoro, dans le centre de la Centrafrique. À la suite de la mort d’un milicien ex-seleka (rébellion à majorité musulmane) qui tentait de voler un groupe électrogène, ses camarades de combat ont attaqué le camp de déplacés de l’évêché, dans la nuit de mercredi 12 octobre.

Présents sur place, les Casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca) ont ouvert le feu sur les assaillants. Le bilan fait état d’une quarantaine de morts dont une douzaine d’assaillants et un agent de santé du Comité internationale de la Croix-Rouge (CICR).

« Toutes les ONG ont suspendu leur activité », témoigne de Bangui, Camille Miel, coordinatrice urgence de Solidarités International, « les personnels ont été évacuées où sont sur le point de l’être. Personne n’a été épargné par les attaques, les vols et les violences. »

Les violences sont-elles terminées à Kaga Bandoro ?

Vendredi 14 octobre, la situation était toujours très tendue dans la ville. Depuis mercredi soir, plusieurs quartiers sont la cible des pilleurs : maisons individuelles, bâtiments administratifs, bureaux d’ONG, maison de l’évêque et bâtiments de la mission catholique…

Les dégâts semblent considérables comme en témoigne l’état du camp de déplacés de l’évêché : les deux tiers du site a été incendié. « Depuis mercredi, entre 5 000 et 10 000 personnes ont trouvé refuge près du camp de la Minusca. On ne connaît pas le nombre de ceux qui ont fui dans la forêt, on ne connaît pas le nombre de villages touchés par ces violences », précise Camille Miel.

Y a-t-il une recrudescence des violences ?

Depuis le début du mois d’octobre, les combats entre les miliciens ex-Séléka et les combattants anti-Balaka (groupe d’autodéfense à majorité chrétienne) ont touché les régions occidentale, orientale et centrale du pays et la capitale, Bangui, selon la Minusca.

Pour la seule ville de Bangui, au moins onze personnes ont été tuées et 22 blessées lors d’affrontements qui ont suivi l’assassinat d’un officier de l’armée le 4 octobre, et quatorze personnes sont toujours portées disparues, toujours selon la Minusca.

Le HCR s’est dit particulièrement inquiet de l’insécurité croissante dans la préfecture orientale du Haut-Mboumou, qui abrite 2 748 réfugiés congolais à Zemio, 1 057 Congolais à Obo, ainsi que 4 222 réfugiés sud-soudanais à Bambouti.

Comment expliquer cette recrudescence de violence ?

Les groupes liés aux ex-seleka et aux anti-balaka n’ont toujours pas été désarmés. Pour l’heure, personne n’est parvenue à leur faire rendre les armes, ni la force française Sangaris, ni la Minusca, ni les forces de l’ordre centrafricaines.

Par manque de volonté ou de moyen, Paris a très vite renoncé à cette mission jugée trop dangereuse, l’ONU ne s’est jamais mobilisée en ce sens et les différents gouvernements centrafricains qui se sont succédé depuis 2014 affichent une volonté jamais suivie d’effets.

Parmi ces groupes, on compte de nombreux coupeurs de route, des voleurs, des opportunistes, des soldats étrangers venus profiter du désordre centrafricain pour en tirer un bénéfice personnel ou communautaire.

Enfin, ces groupes sont souvent au service de politiques et d’opérateurs économiques qui veulent leur part dans l’exercice du pouvoir et la prédation des richesses centrafricaines. La voie des armes est un chemin habituel en RCA pour se faire une place dans la société comme en témoignent les coups d’État militaires qui rythment son histoire depuis son indépendance.

Que fait l’armée française ?

Quant à la force française Sangaris, elle ne fait plus grand-chose. Depuis le 12 août 2016, elle s’est totalement regroupée sur le camp M’Poko, à l’aéroport de Bangui. Dans le bulletin hebdomadaire sur l’actualité des opérations de l’armée françaises, il n’est plus question de Sangaris.

À ce jour, elle serait dotée d’un effectif de 350 militaires, de 80 véhicules et d’un hélicoptère. Les 30 et 31 octobre, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est attendu à Bangui pour officialiser la fin de cette opération, lancée le 5 décembre 2013.

LAURENT LARCHER

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 10:08
Centrafrique: à Kaga-Bandoro, une population paralysée par la peur

 

 

Par RFI Publié le 14-10-2016 Modifié le 14-10-2016 à 22:58

Kaga-Bandoro, dans le centre de la Centrafrique, est à l'arrêt depuis mercredi. Les violences qui ont fait 37 morts ont achevé de couper la ville en deux. Les habitants qui dépendent de l'assistance humanitaire voient les ONG réduire la voilure et craignent de nouvelles violences.

Depuis trois jours, Kaga-Bandoro est paralysée par la peur. Au sud de la ville, 6 000 déplacés sont toujours massés autour de la base de la Minusca et du bâtiment du bureau conjoint. Déplacés et habitants craignent une nouvelle éruption de violence, de nouveaux pillages. Ils craignent la pluie, la boue et les maladies qu'elles charrient comme le choléra. Mais par-dessus tout, ils ont faim. La peur les empêche de circuler et surtout de se rendre dans le nord de la ville, chez les commerçants musulmans où ils pourraient s'approvisionner, de l'autre côté du pont qui marque désormais la séparation entre les deux Kaga-Bandoro.

De l'autre côté de ce pont, la peur est là aussi. Peur que les anti-balaka contre-attaquent en représailles aux violences commises par les ex-Seleka. Peur des pillages et du racket aussi.

La peur n'épargne pas les ONG et les humanitaires qui réduisent leurs activités sur place faute de sécurité.

Dans ce contexte, les patrouilles de la Minusca se font visibles. Accusés par les autorités et le clergé local de n'avoir pas su efficacement protéger les civils mercredi, les casques bleus pakistanais, burundais, rwandais sont postés aux points sensibles rejoints depuis jeudi soir par une quarantaine de Bangladeshis. Ce samedi, le coordinateur humanitaire est attendu à Kaga-Bandoro accompagné de la ministre de la Réconciliation ainsi que des représentants d'agences comme le Programme alimentaire mondial. Objectif : évaluer les besoins urgents des 12 000 déplacés de la région et des 120 000 personnes qui ont besoin d'une assistance alimentaire.

 

REVUE DE PRESSE AFRIQUE 

A la Une: Centrafrique, au-dessous du volcan

 Par 

 Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a suspendu ses activités à Kaga-Bandoro, confirme le Réseau des journalistes pour les droits de l’homme (RJDH) en Centrafrique, qui souligne que « l’assassinat de l’agent de santé du CICR dans cette ville intervient quatre mois après celui d’un agent d’une autre ONG opérationnelle dans cette ville du centre de la RCA ».

Et, effectivement, de nombreux bâtiments administratifs ont aussi été pillés lors des violences, ajoute le RJDH. Une autorité locale jointe dans la journée parle de pillage systématique des résidences et autres édifices publics « les agents de l’Etat aussi ont trouvé refuge à la Minusca puisque les résidences et autres édifices de l’Etat sont systématiquement attaqués ».

 
Selon Caritas de Bandoro, cité par le RJDH« la maison de l’évêque et plusieurs autres bâtiments de la mission catholique sont touchés par cette vague de pillage ».
 
Trente-sept morts mercredi à Kaga-Bandoro, donc… Mais « 47 blessés ont été enregistrés, complète Les Dépêches de Brazzaville. Le CICR confie avoir évacué à Bangui 9 blessés graves, dont l’état nécessite des interventions plus poussées », précise également le quotidien congolais. Ces violences, en tout cas, reposent une fois encore la question des milices. Ce grave incident prouve à souhait que les armes continuent de circuler illégalement en RCA. « Tant que ce sera ainsi, le pays ne sortira pas de l’ornièresoupire Le Pays, au Burkina-Faso. Tant qu’il y aura des milices qui auront des armes par-devers elles, les risques de dérapages de ce genre ne manqueront pas », prévient ce quotidien ouagalais.

 
Des milices qui sont, la plupart du temps, instrumentalisées. Comment les « endiguer » ? La solution est « locale », explique Le Potentiel. Certes, il y a les programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion. Mais ces programmes ne constituent habituellement, souligne le quotidien kinois, qu’un « volet de “liquidation” de certaines interventions françaises en Afrique menées avec des forces armées locales ». Non, selon Le Potentiel, qui évoque l’exemple des gardes forestiers dans l’est de la République démocratique du Congo, « c’est parfois dans les champs, les déserts, les montagnes et les forêts que les solutions émergent ».

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 10:02
Les attaques contre civils et Casques bleus ne resteront pas impunis, rappelle le Chef de la MINUSCA

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Bangui, le 14 octobre 2016 – un convoi provenant de Bambari et sécurisé par le contingent mauritanien de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a été pris pour cible dans une attaque armée survenue, le jeudi 13 octobre, aux environs de 19 heures entre Grimari et Sibut.

 Selon les premiers éléments disponibles, un groupe d’éléments armés estimés à une cinquantaine a pris à partie les Casques bleus et les civils du convoi, alors que ces derniers tentaient de réparer un des véhicules du convoi tombé en panne.


Les Casques bleus ont aussitôt riposté à cette attaque qui a occasionné le décès d’un civil appartenant au convoi et fait cinq blessés dans les rangs des casques bleus. Les blessés reçoivent des soins prodigués par les médecins militaires du contingent mauritanien. On dénombre également deux personnes tuées du côté des assaillants lors des échanges de feu. Deux armes ont par ailleurs été récupérées.

La MINUSCA exprime sa vive indignation par rapport à cette nouvelle attaque dirigée contre des civils et son personnel sur le terrain pour des motifs aussi inconnus qu’injustifiés.

La MINUSCA tient à insister sur le fait que porter atteinte à la vie d’un Casque bleu peut être considéré comme un crime de guerre et est punissable conformément aux lois internationales en vigueur.


« Tous les efforts seront déployés pour retrouver les auteurs de cette attaque afin qu’ils répondent de leurs forfaits devant la justice», a indiqué le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la République centrafricaine et chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga.

La MINUSCA est plus que jamais déterminée à poursuivre ses missions de sécurisation des populations civiles et de soutien à l’extension de l’autorité de l’Etat en toute impartialité et avec rigueur.

______________________________________________________________________________

 

Bureau de la Communication et de l'information publique 

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine  

https://minusca.unmissions.org  | @UN_CAR | https://www.facebook.com/minusca.unmissions

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 22:13

 

LA BANQUE MONDIALE S’ACTIVE DANS LES TRAVAUX DE DESENCLAVEMENT DU NORD EST DE LA RCA

 

Une délégation de la Banque Mondiale conduite par M. Marc Navelet a échangé, dans la matinée du 14 octobre 2016, avec le Ministre de l’Equipement, des Transports, de l’Aviation civile et du Désenclavement, Theodore Jousso. L’objet de la rencontre  : conclusions de la mission effectuée par l’équipe de la Banque.

 

Marc Navelet était accompagné de Mme Andrew Losos, de M. Shruti Vijayakumar, et de M. Cyprien d’Harcourt.

Les échanges entre le membre du gouvernement et ses hôtes se sont déroulés en présence du Coordonnateur du Projet de Facilitation des Transports et du Transit en zone CEMAC (PFTT-CEMAC) -Composante Centrafricaine, Noël Gbeba. 

 

La mission a partagé avec le Ministre Théodore Jousso les conclusions assorties d’une semaine de travail qu’elle a réalisé en République Centrafricaine dans le cadre de la supervision des projets financés par la Banque Mondiale et de l’identification de certains projets. 

 

L’équipe de la Banque Mondiale a évalué les travaux des deux projets en cours de réalisation, notamment le Projet de Facilitation des Transports et du Transit en zone CEMAC (PFTT-CEMAC) -composante centrafricaine  et le projet de connectivité de la partie nord-est de la RCA.

 

Les échanges sur le PFTT-CEMAC ont porté, premièrement, sur la réfection du tronçon Baoro-Bouar dont le but est de faciliter les transactions commerciales entre la République Centrafricaine et le Cameroun et, deuxièmement, sur la construction de la plate-forme de Béloko où toutes les marchandises en provenance du Cameroun seront dédouanées. 

 

S’agissant du projet de connectivité démarré il y a quelques mois, il vise la réouverture de l’axe routier Kaga Bandoro-Ndélé. L’un des plus importants travaux de ce projet est la reconstruction du pont Bamingui, impraticable depuis plusieurs années. 

 

Le but recherché à travers la mise en œuvre de ce projet de connectivité est « d’offrir aux populations locales la possibilité d’écouler facilement leurs produits agricoles », a expliqué M. Marc Navelet. Il s’agit, par ailleurs, de donner l’opportunité à ces populations « de récréer leurs liens de solidarité », a-t-il ajouté.

La mission de la Banque Mondiale a également identifié plusieurs projets visant la réouverture de routes vers de nombreuses zones de production en RCA, a annoncé M. Marc Navelet.

 

La Banque Mondiale, toujours au chevet de la RCA

 

Pour sa part, le Ministre Théodore Jousso s’est réjoui de la qualité des informations fournies par l’équipe de la Banque Mondiale. Il a remercié l’institution financière internationale des efforts qu’elle ne cesse de déployer en faveur de la République Centrafricaine. « La Banque Mondiale a été toujours a notre côté, pour nous aider à reconstruire notre pays », a témoigné le Ministre.

Le membre du gouvernement n’a pas manqué de souligner que tous les volets du PFTT-CEMAC touchent les secteurs très importants du développement de la RCA. Surtout qu’il est question de réduire la pénibilité des populations en matière de transport, d’améliorer la fluidité du trafic et de réduire le délai  de dédouanement ainsi que les barrières physiques le long du corridor Bangui-Douala. 

Théodore Jousso d’ajouter que le désenclavement de la partie nord-est de la RCA est d’autant plus stratégique qu’il vise à renaitre les activités touristiques cynégétiques dont le pays a tant besoin pour la relance de son économie. 

En outre, ce projet de connectivité permettra au gouvernement centrafricain de déployer facilement les fonctionnaires et agent de l’Etat dans les préfectures du nord-est et ainsi d’avoir une bonne surveillance des activités dans la région.  

C’est donc une nouvelle ère qui va très bientôt s’ouvrir pour les populations de la partie nord-est de la RCA, longtemps isolée du reste du pays. 

LA BANQUE MONDIALE S’ACTIVE DANS LES TRAVAUX DE DESENCLAVEMENT DU NORD EST DE LA RCA
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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 20:55

 

CICR – Communiqué de presse n° 16 / 114 14 octobre 2016

République centrafricaine : le CICR condamne fermement les violences au cours desquelles un de ses collaborateurs a été tué Bangui (CICR)

– Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est choqué et attristé par le décès d’un de ses collaborateurs, Alexis Alexandre Marboua, lors des violences qui ont eu lieu le 12 octobre 2016 à Kaga Bandoro, en République centrafricaine.

Les circonstances exactes de sa mort n’ont pas encore pu être établies. Le CICR condamne fermement ces violences et appelle toutes les parties au conflit en République centrafricaine à respecter et protéger ceux qui ne participent pas ou plus aux hostilités. Les combattants doivent aussi laisser les organisations humanitaires faire leur travail et faciliter les activités de secours.

« Nous sommes consternés par la nouvelle du décès d’Alexis », déclare Jean-François Sangsue, chef de la délégation du CICR à Bangui. « Nous demandons à tous les porteurs d’armes de faire le nécessaire pour épargner la population civile, dont font partie les personnes qui travaillent pour le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, notamment le CICR, ainsi que pour les autres organisations humanitaires. »

Le CICR est vivement préoccupé par le regain de violence en République centrafricaine, notamment à l’encontre des travailleurs humanitaires, ce qui compromet la fourniture d’une assistance aux civils centrafricains pourtant durement touchés par le conflit armé. Le CICR adresse ses condoléances les plus sincères à la famille d’Alexis ainsi qu’à ses collègues et amis.

 

Informations complémentaires : Sylvie Pellet, CICR Bangui, tél. : +236 75 64 30 07 ou +236 72 66 88 81 ou sur notre site : www.cicr.org

Pour visualiser les dernières vidéos du CICR et les télécharger en qualité professionnelle, veuillez consulter le site : www.icrcvideonewsroom.org

Visitez aussi la page du CICR sur la protection des soins de santé :

www.healthcareindanger.org Suiv

République centrafricaine : le CICR condamne fermement les violences au cours desquelles un de ses collaborateurs a été tué Bangui (CICR)
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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 19:03
La Centrafrique dans la spirale infernale avant le retrait de la France et la conférence des donateurs

 

La Centrafrique dans la spirale infernale avant le retrait de la France et la conférence des donateurs

13/10/16 (AFP)

Groupes armés toujours actifs, attaques contre des civils qui grossissent le lot des déplacés, repli des humanitaires, absence de l'Etat, Casques bleus en embuscade mais parfois critiqués...: de nouvelles violences, qui ont fait 30 morts, résument l'impasse dans laquelle se trouve la Centrafrique alors que la France s'en va définitivement.

Les 30 et 31 octobre, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, doit venir à Bangui pour officialiser la fin de l'opération militaire Sangaris, laissant les 12.000 Casques bleus de la Mission des Nations unies (Minusca) seuls sur le terrain miné de ce pays pauvre d'environ 4,5 millions d'habitants.

En lançant en décembre 2013 sa deuxième grosse intervention africaine après le Mali, le président François Hollande voulait éviter un "génocide", après le renversement de l'ex-président François Bozizé par les rebelles "séléka" majoritairement musulmans, entraînant une contre-offensive des groupes antibalaka majoritairement chrétiens.

Des milliers de morts et des centaines de milliers de réfugiés plus tard, la France quitte une ex-colonie qui est parvenue à élire dans le calme en début d'année le président Faustin-Archange Touadéra.

Professeur d'université, M. Touadéra se trouve cependant à la tête d'un Etat sans armée ni autorité, sous la tutelle de fait des Nations unies et sous la menace de petits chefs de guerre résolument sourds aux appels au fameux "DDRR" (désarmement, démobilisation, réintégration, rapatriement).

"Là où il y a des groupes armés, l'autorité de l'Etat n'est pas totale", résume Gaston Yéndémo, préfet de la Nana-Gribizi, région du centre où les violences mercredi ont fait au moins 30 morts et 57 blessés.

- 'Eléments ex-séléka' -

A l'origine, un groupe de quatre "éléments ex-séléka" - comme les désignent les autorités - perd l'un des siens en tentant de voler le groupe électrogène d'une radio locale à Kaga Bandoro (centre).

En représailles, ces "éléments" - aux ordres d'un certain Al Katim, d'après le ministre de la Sécurité Jean-Serge Bokassa - s'en prennent aux civils, à un camp de déplacés, aux organisations humanitaires, aux autorités locales.

Les Casques bleus pakistanais et burundais remplissent leur mandat de protection des civils, tuant douze assaillants, selon la Minusca, plusieurs fois sous le feu des critiques en raison de l'inaction présumée de certains contingents - sans parler des scandales sexuels qui ont aussi visé l'armée française.

Conséquence de cette nouvelle flambée de violences: "Plus 5.000 déplacés du camp de l'évêché se sont réfugiés à côté de la base de la Minusca", s'alarme le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

Pris pour cible, les humanitaires eux-mêmes se replient au moment où la situation des populations se dégradent: "A Kaga Bandoro seul, la réduction de l’espace humanitaire a privé au moins 200.000 personnes d'assistance. Dans la région, l’insécurité alimentaire affecte 120.000 personnes et 73.206 personnes sont toujours déplacées", selon l'OCHA.

Cette dégradation peut avoir des conséquences terribles dans un pays en proie à toute une série de fléaux: rentrée des classes difficile - des groupes armés occupent parfois les écoles -, inondations, épidémies de choléra et de la variole du singe...

Dans ce contexte, "la communauté internationale ne peut se désolidariser de la République centrafricaine", a déclaré le 10 octobre le secrétaire général adjoint des Nations unies, Hervé Ladsous. Il a appelé "le Conseil de sécurité à obtenir des États Membres, y compris les bailleurs de fonds +non-traditionnels+, leur participation à la conférence des donateurs organisée à Bruxelles le 17 novembre prochain".

Ni bailleurs de fonds, ni pourvoyeur de Casques bleus, le pape fait ce qu'il peut pour la paix en Centrafrique avec un voyage à Bangui en novembre 2015 et la récente promotion au rang de cardinal de l'archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga.

A peine nommé, sa première initiative mercredi a consisté à marcher vers le quartier musulman du PK5 où l'assassinat la semaine précédente d'un officier avait entraîné des représailles - onze morts au total, dont des bergers peuls musulmans.

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 19:00
Le HCR s'inquiète des attaques contre les civils en RCA

 

 

GENEVE, 14/10/16  (Xinhua) -- Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé jeudi son inquiétude sur les attaques contre des civils en République centrafricaine (RCA), où des affrontements entre groupes rivaux ont forcé des milliers de personnes à fuir leurs domiciles et perturbé les opérations d'assistance humanitaire.

Le HCR "condamne fermement les attaques contre des civils qui entravent sérieusement la livraison d'une aide humanitaire d'urgence aux populations dans le besoin", a déclaré le représentant du HCR en RCA, Kouassi Lazare Etien,cité par un communiqué de presse.

Selon la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), au moins 11 personnes ont été tuées et 22 autres blessées lors d'affrontements entre différents groupes armés qui ont suivi l'assassinat d'un officier de l'armée le 4 octobre, et 14 personnes sont toujours portées disparues.

Quelque 150 personnes ont fui leurs maisons et 35 familles ont trouvé refuge dans la capitale centrafricaine, Bangui, toujours selon la MINUSCA.

"Les activités de groupes armés engendrent de l'insécurité et provoquent des mouvements de population", a poursuivi M. Etien, ajoutant que les personnes déplacées ont perpétuellement besoin de nourriture, d'ustensiles, de médicaments et d'un accès à l'éducation.

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 18:07
Bangui dénonce l’inefficacité’’ des Casques Bleus à Kaga Bandoro (Centre)
Bangui dénonce l’inefficacité’’ des Casques Bleus à Kaga Bandoro (Centre)

 

 

APA 14/10/16 Bangui (Centrafrique) - Le Ministre de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, Jean Serge Bokassa a qualifié ce vendredi d’’’inacceptables’’ les violences qui ont secoué la ville de Kaga Bandoro, au Centre du pays, et qui ont entrainé la mort de plusieurs personnes et la destruction des maisons et des paroisses de l’évêché de la localité.

Selon Jean Serge Bokassa, le gouvernement ne peut plus négocier avec les groupes armés qui ne cessent de commettre des exactions sur la population.
Les tueries et les destructions ne sont plus tolérables
a-t-il déclaré.

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a suffisamment montré ses limites a dit le ministre soulignant à cet effet, qu’il ne faut plus se voiler la face.

Pour le ministre, la MINUSCA s’est opposée au déploiement des policiers et gendarmes centrafricains à Kaga Bandoro au début des violences au mois de septembre souhaitant que seules les Casques Bleus puissent protéger la localité des exactions des ex sélékas.

Malheureusement il a été constaté que le contingent pakistanais de la MINUSCA déployé à Kaga Bandoro agit en connivence avec les ex sélékas et laisse ces derniers commettre des exactions sur la population civile malgré les gros moyens militaires dont il dispose.

Le gouvernement doit se battre pour trouver d’autres pays amis pour l’aider à ramener la sécurité dans le pays a affirmé le ministre de la Sécurité Publique.

Le bilan de ces violences de Kaga Bandoro dressé par la mission onusienne est de 37 morts, 58 blessés.

 

RCA: le MPC d’al-Khatim dément être à l’origine des violences à Kaga-Bandoro

Par RFI Publié le 14-10-2016 Modifié le 14-10-2016 à 14:52

Méfiance et défiance à Kaga-Bandoro, en Centrafrique, après la flambée de violences de ce mercredi 12 octobre 2016. Une attaque sur un site d'accueil de déplacés à l'évêché a fait 37 morts, selon un bilan du bureau des affaires humanitaires de l'ONU. Plusieurs sources accusent les ex-Seleka d'être responsables de cette attaque en représailles après une tentative de braquage la veille. Pour la première fois, la faction pointée du doigt donne sa version des faits. Le MPC, qui répond aux ordres du général Mahamat al-Khatim, dément être à l’origine des violences.

Abel Balenguélé est le secrétaire général du MPC. Depuis Bangui, il dément la version du braquage d'un groupe électrogène qui a mal tourné. Tout a commencé, selon lui, par la mort mardi soir de deux hommes du MPC, dans deux évènements distincts.

Selon Abel Balenguélé, quand des éléments du MPC vont récupérer le deuxième corps au site de l'évêché, ils ont essuyé des tirs nourris : « Avant d’atteindre le site, nos éléments ont essuyé des coups de feu. Il y a deux hommes qui sont morts et les autres ont demandé à la Minusca (la mission onusienne) des tirs de sommations pour disperser les assaillants afin de permettre aux nôtres d’aller récupérer le corps. C’est ainsi que les nôtres sont allés jusque quand le camp pour récupérer le corps, à ce moment-là, les coups de feu ont continué et les nôtres ont riposté. C’est comme ça qu’il y a eu des morts dans le camp ».

« Eléments infiltrés »

Toujours selon le MPC, les combattants sont alors venus massivement prêter main-forte à leurs éléments en difficultés sur le site de l'évêché. Abel Balenguélé rejette la responsabilité des violences sur des hommes armés non identifiés infiltrés : « Depuis un certain temps, certains éléments incontrôlés se sont infiltrés à Kaga-Bandoro pour faire de la provocation. Pour le moment, nous sommes en train d’enquêter pour déterminer exactement qui sont ces éléments. Est-ce que ce sont des éléments anti-balaka ? Parce que ça ne serait même pas compréhensible puisque nous sommes tous en train de concourir pour la paix ici ».

Le MPC dit avoir par ailleurs tout fait pour barrer la route aux pilleurs et s’est déployé dans la ville pour mettre fin aux pillages. Version qui contredit des témoignages sur place qui évoquaient ce jeudi une poursuite de ces pillages.

 

RCA: Kaga-Bandoro coupé en deux après les violences meurtrières

Par RFI Publié le 13-10-2016 Modifié le 13-10-2016 à 23:38

Climat toujours très tendu à Kaga-Bandoro en Centrafrique. Des combattants de l'ex-Seleka en armes étaient toujours visibles jeudi 13 octobre en ville et selon des témoins, les pillages se sont poursuivis. Mercredi, ces combattants s'en sont pris en particulier au site de déplacés situé à l'évêché de la ville. Les bâtiments religieux ont été pillés ou détruits, tout comme les locaux appartenant à plusieurs ONG, et de nombreuses autres maisons ou abris de fortune, avant que la Minusca finisse par repousser les assaillants. Ces violences de mercredi ont fait 30 morts et une soixantaine de blessés, selon le dernier bilan fourni par la Minusca.

Mgr Tadeusz Kusy est l'évêque de Kaga-Bandoro depuis un peu plus de deux ans. Mercredi il n'était pas en ville quand les violences ont éclaté. Mais selon lui, il semble bien que l'Eglise catholique était ciblée par les assaillants. « Ce qui s’est passé (mercredi), nous l’avons pressenti il y a quatre semaines, rapporte-t-il. D’abord on a attaqué notre presbytère, la maison des prêtres le 13 ou le 14 septembre. Et puis les deux paroisses qui sont aussi à proximité du centre de Kaga-Bandoro ont aussi été attaquées, pillées. J’ai l’impression que c’est prémédité. Qu’il y a quelqu’un qui propose de provoquer ainsi l’Eglise. »

Aujourd'hui, le prélat décrit une ville plus que jamais coupée en deux. La défiance entre communautés chrétiennes et musulmanes s'est installée, enracinée. Pourtant personne n'est épargné par les exactions des groupes armés. « Les commerçants musulmans des quartiers de Kaga-Bandoro se plaignent des Seleka qui les séquestrent et qui les rançonnent 50 000 francs CFA par semaine ou leur demande 15 000 francs CFA par jour. Les commerçants de Kaga-Bandoro en ont aussi marre de tout ça », affirme-t-il.

« On se rend compte que nous n'avançons pas sur le chemin de la paix pour vivre ensemble », déplore Mgr Kusy. Par ailleurs, l'évêque ne cache pas non plus son amertume vis-à-vis des casques bleus de la Minusca qui, selon lui, ont trop tardé à réagir.

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 18:04
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique: L’ouverture d’une enquête annoncée lors des funérailles du commandant Mombeka

http://rjdh.org/ PAR JUDICAEL YONGO LE 14 OCTOBRE 2016ACTUALITÉS

BANGUI, 14 octobre 2016(RJDH)—Une enquête est ouverte sur l’assassinat du commandant Marcel Mombeka tué le 04 octobre dernier au Km5 dans le 3ème arrondissement de Bangui. L’annonce a été faite lors des funérailles du défunt par le ministre de la sécurité Jean Serge Bokassa ce vendredi 14 octobre 2016.

La disparition du commandant Mombéka est qualifié par le gouvernement de perte incommensurable « le décès du commandant Marcel Mombeka constitue une grande perte pour l’armée nationale qui a plus que jamais besoin de tout le monde pour rassurer la population centrafricaine » a expliqué Jean Serge Bokassa, ministre de la sécurité publique, présent aux funérailles de l’officier.

La prochaine étape, selon le membre du gouvernement est l’ouverture d’une enquête sur laquelle l’exécutif compte pour mettre la main sur les auteurs de ce qu’il appelle crime injustifié « le gouvernement va prendre ses responsabilités. Une enquête est menée pour que les auteurs de ce cet acte criminel soient identifiés et traduits en justice. Notre objectif, c’est de rassurer et de mettre fin à ces comportements » a annoncé le ministre.

Né en 1964 à Sibut, préfecture de la Kémo, Marcel Mombeka a été tué le 04 octobre 2016 après 32 ans dans l’armée nationale. Son dernier poste a été le responsable de la sécurité rapprochée de l’ancienne présidente Catherine Samba-Panza.

 

Centrafrique : L’attaque d’un convoi au centre du pays fait quelques morts et des blessés

http://rjdh.org/ PAR CELESTIN YENTOMAN LE 14 OCTOBRE 2016

BANGUI, 14 octobre 2016—Un convoi sécurisé par les forces onusiennes est tombé dans l’embuscade d’un groupe armé entre Bambari et Grimari. L’incident qui a fait deux morts et trois blessés, s’est produit dans la nuit du jeudi au 14 octobre vendredi.

De sources concordantes, l’attaque a eu lieu au village Gbakomalékpa, situé à 30 km de Bambari d’où est parti le convoi de bœufs. L’attaque est attribuée aux Anti-Balaka de l’axe qui auraient exigé de l’argent au convoi, demande rejetée par les forces internationales « le convoi a été arrêté par les Anti-Balaka sur la barrière qu’ils ont érigée dans le village. Ces hommes armés ont exigé aux chauffeurs de leur verser de l’argent mais la Minusca a refusé, c’est de là que les choses ont dégénéré. Deux Anti-Balaka ont été tués et trois passagers dont un chauffeur ont été blessés » a confié un habitant de la localité, contacté par le correspondant du RJDH à Bambari.

Dans la nuit du jeudi à 14 octobre vendredi, la population de Gbakomalékpa s’est réfugiée en brousse à cause des combats qui ont opposé les forces internationales et les Anti-Balaka dans la localité. Au moment où nous mettons sous presse, on apprend que le village a retrouvé son calme et que les habitants ont commencé à sortir de la brousse.

Les blessés, de sources concordantes ont été transférés à Bambari où ils reçoivent des soins. Le convoi attaqué, transportait des bœufs à destination de Bangui où la viande de bœuf se fait rare depuis les violences signalée à Kaga Bandoro, en septembre dernier.

 

Centrafrique : « Les dernières violences à Kaga-Bandoro sont intolérables et elles exigent des réactions urgentes », affirme Anicet Georges Dologuelé

http://rjdh.org/ PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 14 OCTOBRE 2016

BANGUI, 14 octobre 2016 (RJDH)—Le président de l’URCA et leader de l’opposition, Anicet Georges Dologuelé se dit indigné par l’attaque du site des déplacés de Kaga-Bandoro qui, selon lui est intolérable. Pour le président de l’URCA, il faut des réactions à la hauteur des violences enregistrées. Anicet  Georges Dologuelé a choisi dans cette interview de s’adresser aux chefs rebelles à qui il exige le contrôle de leurs hommes s’ils veulent négocier avec le gouvernement.   

RJDH : Anicet Georges Dologuelé Bonjour !

Anicet Georges Dologuelé Bonjour

RJDH : Le site des déplacés de Kaga Bandoro a été attaqué mercredi dernier par les combattants de l’ex Séléka. Le bilan fait état d’une trentaine de morts. Comment réagissez-vous face à cette situation ?

AGD : Je réagi avec beaucoup d’indignation et je présente mes condoléances aux familles éprouvées. Mais je trouve que les chefs de guerre qu’ils soient Séléka ou d’autre obédience, doivent prendre leur responsabilité. Lorsqu’on est chef, c’est pour avoir la maîtrise de ses hommes. On ne peut pas se proclamer chef de guerre et avoir des hommes indisciplinés. Le chef de guerre quand il pose un acte, doit savoir pourquoi il le pose.

Je n’ose pas supposer que ces Séléka ont envoyés par leur chef pour massacrer les pauvres innocents parce que l’un d’entre eux a fauté et il a été tué. C’est des choses qui doivent cesser parce que le gouvernement est certainement dans une démarche pour discuter avec ces chefs de guerre. Mais ces démarches pour qu’elles soient cohérentes, il faut que chaque chef maitrise ses effectifs et que les effectifs respectent les consignes du chef, sinon on ne sait pas où on va.

RJDH : Vous avez l’impression que les leaders des groupes armés ne contrôlent pas leurs hommes. C’est cela ?

AGD : Bien sûr. Je pense que c’est extrêmement grave si les violences de Kaga-Bandoro relèvent d’une volonté quelconque. Mais on ne peut pas imaginer que des personnes qui sont déplacées qui sont  sur un site à l’intérieur d’une église en plus, soient massacrées simplement parce que quelqu’un qui a voulu voler, s’est fait tuer, cela n’a aucun sens.

RJDH : Des voix se lèvent déjà pour dénoncer l’attitude de la Minusca que le gouvernement n’a pas hésité à prendre pour responsable.

AGD : La protection de la population par la Minusca est l’une des choses difficile à comprendre. C’est pourquoi nous n’arrêtons pas de dire à la Minusca que le rôle de protection de la population doit être organisé. Ceci doit être fait avec les populations et avec les groupes armés.  Ça doit être quelque chose organisé pour qu’il n’y ait pas de surprise désagréable, comme ce que nous sommes en train de vivre à Kaga-Bandoro.  C’est quelque chose de vraiment dommageable.

RJDH : Les violences sont enregistrées dans plusieurs villes alors que le président de la République a lancé la première réunion du comité consultatif du DDRR. Comment comprendre l’attitude des groupes armés ?

AGD : Je suis député de Bocaranga et Koui est à quelque kilomètre de Bocaranga et la population qui s’enfuit de Koui se retrouve à Bocaranga qui du jour au lendemain s’est retrouvé avec des milliers de population qu’il faut nourrir. En même temps, les violences sont commises sur les humanitaires qui ont quitté la ville et donc ces populations sont livrées à elle-même. Les dernières violences sont intolérables et elles exigent des réactions urgentes. A Koui, les violences sont organisées par Sidiki qui aurait été reçu par les autorités de Bangui.

RJDH : Vous voulez dire que le président de la République a reçu le rebelle Sidiki, auteur des violences de Koui ?

AGD : C’est ce que j’ai appris. Je  n’ai pas encore vérifié cela mais je me suis laissé dire qu’il aurait été reçu et qu’on lui aurait donné de l’argent. Je suppose qu’il a été payé parce qu’il a massacré la population. Si c’est le cas c’est extrêmement grave.

RJDH : Pensez-vous, en tant que leader de l’opposition que le pouvoir en place fait ce qu’il faut pour mettre fin aux violences ?

AGD : Je me suis déjà prononcé sur cette question et je ne compte pas revenir dessus. Aujourd’hui, je parle aux chefs de guerre. S’il doit y avoir négociation avec le gouvernement, il faut qu’ils maitrisent leurs hommes, c’est extrêmement important. Vous savez ce qui est important, c’est la population. Quand elles sont massacrées par des rebelles, on n’est pas autorisé à rester les bras croisés. Mais au chef rebelles, je dis ceci : on ne devient pas chef rebelle pour tuer les femmes, les vieillards et les déplacés.

RJDH : Les violences de ces derniers jours, peuvent-elles impacter sur la table ronde de Bruxelles vers laquelle tous les yeux sont tournés aujourd’hui ?

AGD : Non, je pense que c’est deux choses différentes. La table ronde est préparée conjointement par la communauté internationale et le gouvernement centrafricain. Pour la communauté internationale, la plupart des donateurs ont déjà arrêté les sommes qui vont être annoncées. Par contre, une fois que le fond octroyé pour que le projet voit le jour, il faut la paix et la sécurité parce que vous n’imaginez pas que ceux qui réalisent les projets puissent être massacrés. Je crois que c’est deux choses différentes. Je crois que la table ronde elle, aura lieu et cette rencontre aura des résultats parce que le monde entier s’est penché sur la RCA et c’est l’unique chance pour notre pays pour recevoir des fonds pour redémarrer. Une chose est d’annoncer les fonds mais après il faut les utiliser surplace. Mais pour les utiliser, il faut la paix et la sécurité sinon le développement ne peut se faire.

RJDH : Anicet Georges Dologuélé, je vous remercie.

AGD : c’est moi qui vous remercie.

Propos recueillis par Sylvestre Sokambi

 

Centrafrique: La sécurité toujours volatile à Kaga-Bandoro malgré l’intensification des patrouilles de la Minusca

http://rjdh.org/ PAR JUDICAEL YONGO LE 14 OCTOBRE 2016

KAGA-BANDORO, 14 octobre 2016(RJDH)—La situation sécuritaire est toujours instable à Kaga-Bandoro malgré la multiplication des patrouilles de la Minusca. Les habitants de la ville, joints ce matin au téléphone, affirment n’être pas toujours rassurés par ces patrouilles.

La Minusca a intensifié, selon des sources concordantes, ses patrouilles dans la ville de Kaga-Bandoro. Mais, elles n’arrivent pas à rassurer la population qui est encore sous le choc des violences de ces derniers jours. « La Minusca a renforcé sa présence et multiplié ses patrouilles mais tout cela ne rassure personne ici. C’est pourquoi, les gens sont restés sur les sites » a confié un notable qui a trouvé refuge aux alentours de la base de la Minusca.

Une commerçante se dit plus inquiète aujourd’hui que le jour de l’attaque « la situation est certes calme mais cela, c’est parce que les ex-Séléka ne veulent pas organiser un autre coup. Le calme que nous observons est lié à la volonté des combattants de l’ex-Séléka et non grâce aux patrouilles de la Minusca parce qu’en même temps, les ex-Séléka font aussi leurs patrouilles dans la ville. Je suis plus inquiète aujourd’hui que le jour de l’attaque» affirme-t-elle.

Dans la nuit du jeudi à vendredi14 octobre, deux personnes ont été tuées par les ex-Séléka, selon des sources humanitaires qui ont requis l’anonymat.  Cet incident démontre que la situation est restée instable.

Le bilan des évènements de Kaga-Bandoro est revu une fois de plus en hausse. Selon les données actuelles, ces violences auraient fait plus d’une trentaine de morts.

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 22:08

 

 

Bangui, le 12 octobre 2016 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) se félicite de la ratification/adhésion de la RCA, le 11 octobre 2016, à certains des principaux traités et protocoles facultatifs relatifs aux droits de l’homme, à savoir la Convention contre la torture et son protocole facultatif, la Convention sur les droits des personnes handicapées et son protocole facultatif et la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, ainsi que les protocoles facultatifs de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels .

La MINUSCA se réjouie de cette importante avancée qui démontre l’engagement du Gouvernement centrafricain vis à vis de ses obligations et devoirs de respecter, de protéger et d’instaurer les droits de l’homme. 

Dans le cadre de son mandat de promotion et protection des droits de l’homme, la MINUSCA réitère sa disponibilité à soutenir le Gouvernement dans la mise en œuvre de mesures et l’adoption des lois compatibles avec ces nouvelles obligations et devoirs découlant des traités, afin de faciliter l’exercice des droits fondamentaux de l’homme. Elle s’engage également aux côtés des ONG locales des droits de l’homme, de la presse et de la société civile pour continuer à suivre la manière dont la République centrafricaine s’acquittera de ses obligations juridiques dans le domaine des droits de l’homme.

La ratification/accession des traités et de leurs protocoles facultatifs renforce ainsi le devoir de protéger les personnes ou groupes de personnes contre les violations des droits de l’homme. 

Ces instruments, adoptés le 11 octobre, entreront en vigueur trois mois plus tard.

LA MINUSCA SE FELICITE DE LA RATIFICATION PAR LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE D’IMPORTANTS INSTRUMENTS INTERNATIONAUX DES DROITS DE L’HOMME
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