Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 10:26
La Centrafrique, un pays sans sommeil

 

Lu pour vous

 

https://afriquexxi.info/ MICHAEL PAURON > ADRIENNE SURPRENANT > 24 JUIN 2022

Insomnies, cauchemars, dépressions... Dans un pays en proie à de multiples violences depuis une décennie, une grande partie de la population souffre de stress post-traumatique. Le travail de la photographe Adrienne Surprenant, réalisé entre 2017 et 2021, illustre un fléau trop souvent ignoré : les conséquences psychologiques de la guerre civile.

Depuis que la Seleka, une coalition de groupes armés1, a chassé François Bozizé du pouvoir, en mars 2013, la République centrafricaine (RCA) est déchirée par un conflit aux racines économiques, politiques et sociales. En 2020, avant l’élection présidentielle, les principaux groupes rebelles du pays se sont alliés pour déstabiliser le président (et candidat sortant) Faustin-Archange Touadéra (élu en 2016 et réélu en 2020) en formant la Coalition des patriotes pour le changement (CPC). Des affrontements ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, faisant fuir une fois de plus les civils.

Depuis une décennie, la majeure partie de la population centrafricaine a assisté ou participé à au moins un acte de violence, allant du viol au meurtre. Certains ont pris les armes après avoir vu leurs proches mourir ; d’autres parce que leur pain quotidien était menacé. En 2017, durant son premier reportage dans le pays, la photojournaliste Adrienne Surprenant se fait raconter par ses interlocuteurs leurs cauchemars et leurs insomnies. Ces témoignages révèlent une réalité douloureuse et souvent ignorée : les troubles du sommeil sont l’un des principaux symptômes de la mémoire traumatique qui, en RCA, est liée à la guerre civile.

À la rencontre de ces gens profondément blessés, dont les témoignages sont parfois insoutenables, une question s’impose : quelles peuvent être les possibilités de reconstruction pour une société où le trauma est la norme ? Comment cohabiter, avec tous les troubles psychiatriques découlant d’un événement traumatique – insomnie, hypervigilance, irritabilité, amnésie partielle ou totale, comportement violent ou dissociatif, flash-back, angoisse, détresse psychologique et cauchemars ?

UNE VIOLENCE OMNIPRÉSENTE

C’est ainsi que, à l’instar du docteur Kaleb Kette, le seul psychiatre du pays, Adrienne Surprenant a commencé à demander : « Comment dormez-vous la nuit ? » Cette question lui a permis d’aborder les trajectoires personnelles et les blessures psychologiques sans risquer de provoquer un second traumatisme chez la personne interviewée, lui laissant le choix de donner (ou non) des détails, ou d’exprimer la réalité par les métaphores de ses rêves.

De 2017 à 2021, la photographe a pu interviewer des personnes souffrant de stress post-traumatique issues de différents milieux, des chefs de guerre en prison aux survivantes de violences sexuelles.

Depuis la fiction des rêves, mais ancré dans la réalité qui les inspire, ce reportage relate l’histoire d’un pays aux prises avec l’omniprésence de la violence et ses impacts sur la santé mentale. Outre la dureté des récits et les souffrances psychologiques, Afrique XXI a choisi de montrer, aussi, le chemin de la guérison, dans un pays où les infrastructures psychiatriques sont quasi inexistantes – on ne compte qu’un psychiatre et deux psychologues dans tout le pays. Depuis 2016, Action contre la faim (ONG pour laquelle Adrienne Surprenant a réalisé des reportages) apporte une assistance en santé mentale à Bangui et à Sibut. L’organisation forme également des personnels en contact régulier avec la population.

Florence (le prénom a été modifié), 6 avril 2018, Bangui. « Sans mentir, la nuit, je fais des hallucinations sur tout ce que j’ai vécu, ça revient. Comme les gens prodiguent des conseils, je surmonte, mais parfois les choses reviennent la nuit. Ce qui vient en tête, à chaque fois, ce sont les coups et blessures que j’ai subis, et mon mari, je ne sais pas s’il est enterré. Et comment ils ont fait pour tout détruire la maison ? Il me revient l’image de comment on m’a frappé, on a cassé mes côtes. J’imagine comment mon mari est mort. Je n’ai plus rien, rien comme ça. »

Kadidja, 23 septembre 2019, Alindao. « J’étais si stressée et si fatiguée que je ne pouvais même pas nourrir mes enfants. Je ne pouvais pas dormir, je ne savais pas quoi faire », se souvient Kadidja. Elle a appris des exercices de respiration auprès d’Action contre la faim qui l’aident maintenant à dormir de 3 heures à 6 heures du matin. « Ce qui s’est passé, c’est que je pensais trop aux événements. Quand l’attaque a eu lieu, mon enfant est allé voir ce qui se passait. On lui a tiré dessus. Mon mari l’a suivi et a été tué devant mes yeux par une balle. Maintenant, je dois m’occuper de trop de personnes. Mes huit enfants sont devenus maigres. Je nourris aussi ma grand-mère et ma vieille tante. »

Nicolas Samson, 20 novembre 2017, Bangui. Dans la seule section en psychiatrie de tout le milieu hospitalier de Centrafrique, le patient arrange sa moustiquaire avec l’aide de son frère. Il a été hospitalisé à la suite des violences qu’il a commises envers des proches, une des conséquences de son syndrome post-traumatique. Durant le conflit, sa maison et tous ses biens ont été pris par les rebelles de la Seleka.

Philippe, 25 septembre 2020, Elim. « Mon ami avec qui j’ai souvent partagé du vin de palme, il m’appelle du bord de la route. Je lui dis “non”. L’ami n’est pas vraiment là. Il ne peut pas être là : il n’est plus en vie. Je lui dis : “On ne peut pas aller se promener avec toi.” L’ami refuse, il vient me chercher et je me réveille », raconte Philippe, 42 ans, qui a rendez-vous avec un des assistants en santé mentale de l’ONG Action contre la faim, dans l’église de la congrégation protestante d’Elim. À la fin de l’année 2017, il a fui son village attaqué, mais s’est fait prendre par les combattants anti-Balaka2. Accusé de trahison parce qu’il n’avait pas rejoint leurs rangs, il a été poignardé. Son frère aîné a été décapité. Sa sœur, accusée de sorcellerie, a été tuée à coups de matraque. Son enfant, qui pêchait, a été abattu, puis sa fille, qui était allée se baigner, s’est noyée. « Je pense beaucoup à tout ce qui s’est passé, à la peur que j’ai ressentie. Si je ne travaille pas, si je reste à la maison, les pensées reviennent et je revois toutes les images. »


Apssata, 21 septembre 2019, Alindao. « Quand je me suis enfuie, j’ai vu la mort au sol. Ici et là, des cadavres petits et grands. Je ne savais pas si j’allais rester en vie. Je ne voulais pas dormir, effrayée par la loi des armes qui régnait ici. J’étais sûre que j’étais déjà morte. Même mon mari, mes enfants, j’étais sûre que nous étions morts. » Elle suit les ateliers d’Action contre la faim sur la santé mentale et commence à reprendre le contrôle de ses rêves.

Rosa (le prénom a été modifié), 13 septembre 2019, devant les archives du seul service psychiatrique de Bangui. « Quand je dors, je rêve de toutes les scènes de torture et de mort. Je crie si fort que mon voisin arrive en courant. Je parle sans en avoir conscience. Parfois, je pense à manger des pilules. Mes enfants d’abord et puis je mourrais », dit Rosa après une consultation. Un matin, vers 3 heures, son village près d’Alindao est attaqué par la Seleka. En courant, elle a vu le corps de sa coépouse sur le sol. Son ventre de femme enceinte était ouvert, et le fœtus gisait sur elle. Le mari de Rosa est mort en essayant de se défendre. Elle a couru entre les balles lorsque sa fille a été frappée à la tête. Elle l’a laissée pour morte dans une rivière, mais un homme a attrapé la petite fille et l’a ramenée à sa mère : « Je me souviens avoir souhaité qu’elle soit morte. Je ne pouvais pas courir avec un tel poids. Je voulais juste m’enfuir. » Épuisé, le groupe avec lequel elle fuit décide de faire cuire quelques tubercules. La fumée trahit leur emplacement : tous les garçons du groupe, bébés et enfants, ont été mis à part. Les derniers mots du fils de Rosa furent : « Est-ce que je vais mourir maman ? » Les têtes ont été ramenées aux mères, qui ont été forcées de les allaiter. Deux femmes ont été tuées sur place, les cinq restantes ont été violées par douze combattants. Ils ont introduit du bois, des pierres et des bouteilles cassées dans leur vagin. Rosa a perdu connaissance. Elle ne sait toujours pas comment la Minusca (Mission des Nations unies en RCA) l’a trouvée et l’a amenée avec sa fille à Bangui. Elle a dû subir de multiples opérations pour réparer son vagin et souffre toujours d’une fistule. Sur les cinq femmes, elle est la seule survivante. Le psychiatre lui a donné des pilules. « Sans le traitement, dit-elle, je ne saurais pas quoi dire et quoi faire. »

 

MICHAEL PAURON

Journaliste indépendant. Il a passé près de dix ans au sein de l’hebdomadaire Jeune Afrique, où il s’est notamment occupé des… (suite)

 

ADRIENNE SURPRENANT

Photographe canadienne basée en France, Adrienne Surprenant est membre du Collectif item et de Women Photograph. Elle travaille… (suite)

 

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 10:03
Les États-Unis veulent ouvrir un nouveau chapitre de leurs relations avec l'Afrique

 

 

https://www.rfi.fr/ 24/06/2022 - 06:47

Dès le début de son mandat, le président américain Joe Biden a plaidé pour une coopération plus étroite avec l'Afrique pour tourner la page des années Trump. Depuis son arrivée à la Maison Blanche, un ballet diplomatique a commencé. Antony Blinken, le premier diplomate du pays, s'est rendu sur le continent en novembre 2021. La semaine dernière, le secrétaire adjoint au Commerce, Don Graves, s'est rendu en Côte d'Ivoire et au Ghana et a promis un partenariat gagnant-gagnant.

Pour séduire un continent qui fait trois fois la taille des États-Unis et qui est courtisé par toutes les puissances mondiales, Washington sait qu'il doit convaincre. Après les outrances de Donald Trump et le mépris manifeste qu’il affichait, l'administration Biden se montre plus respectueuse, mettant l'accent sur un partenariat « sans exploitation ».

« Les États-Unis s'engagent à être un partenaire solidaire dans une démarche de respect mutuel, a plaidé mardi Don Graves, secrétaire adjoint au Commerce. Il ne s'agit pas de puiser et d'extirper hors de l'Afrique mais d'un partenariat gagnant-gagnant dans lequel nous investissons non seulement dans les infrastructures, mais aussi dans le capital humain, en veillant à ne pas faire venir notre main-d'œuvre pour faire le travail », a-t-il déclaré lors d’un point de presse en ligne.

Infrastructures et matières premières

Il faut comprendre par là une volonté affichée de Washington de se distinguer de la Chine, dont les grands projets d'infrastructure n'emploient que très peu de main d'œuvre locale et entraînent souvent des dettes importantes pour les pays africains.

Si le discours de Washington semble tourné vers le développement, Michael Shurkin, analyste politique au sein de la Rand Corporation, soutient qu'il ne faut pas négliger les matières premières.

« Je pense que le Covid-19 et la guerre en Ukraine nous ont tous appris l’importance de diversifier nos chaines d’approvisionnement et de les protéger. Il faut garantir un accès fiable au lithium et autres métaux précieux, et surtout éviter à ce que la Chine n’exerce un monopole sur ces matières. »

Bras de fer avec la Chine

Cependant, se focaliser sur la Chine serait une erreur estime Scott Lucas, professeur honoraire à l'université de Birmingham au Royaume-Uni.

« Il ne faut pas que les États-Unis entrent dans un bras de fer avec la Chine. L'Afrique ne doit pas être un simple pion sur l'échiquier géopolitique. Plus vous agissez ainsi, plus vous rencontrerez des problèmes, car cette façon de faire vous éloignera des préoccupations réelles des communautés », a-t-il déclaré à RFI.

En novembre dernier au Nigeria, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken a insisté sur le fait que l’Afrique est « au centre de la politique étrangère des États-Unis ». Cette politique doit prendre en compte les spécificités des 55 pays africains juge Lucas.

Pas un modèle pour tous

« Il ne s'agit pas d'imposer sa propre politique aux pays africains. Il n'y a pas un modèle américain unique pour tous. Il faut donc prévoir le développement économique de l'Afrique, mais en même temps laisser aux gouvernements africains la possibilité de développer leurs propres projets », insiste le spécialiste.

Privilégier donc une approche collaborative de soutien aux initiatives africaines, comme la nouvelle Zlecaf, la zone de libre-échange continentale, est « une vision prometteuse » selon Don Graves, le secrétaire adjoint au Commerce, avant de rappeler qu'il ne faut pas oublier aussi l'Agoa, la Loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique. Elle permet aux pays africains d'exporter leurs produits sur le marché américain sans droits de douane, un outil incontournable dans les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique.

L'Agoa touche à sa fin

Mais il y a un hic. L’Agoa expire en 2025 et, pas plus que Donald Trump, Joe Biden ne semble pressé de la remplacer. Une situation qui inquiète d'ailleurs le patronat ivoirien que Don Graves a rencontré à Abidjan lors de l'Africa CEO Forum. Des patrons à l'image de Stéphane Aka Anghui, directeur exécutif de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire.

« On exporte à peu près 700 milliards de franc CFA vers les États-Unis, s’ils ne nous le remplacent pas et que ça s'arrête, ça va m'inquiéter. »

Des paroles et des attentes

La visite du secrétaire adjoint au Commerce s'est conclue par la signature d'un mémorandum d’entente entre Washington et Abidjan pour renforcer leur partenariat. Un pas en avant pour Stéphane Aka Anghui mais qui reste insuffisant : « Ce n'est pas suffisant, parce qu'il faut qu'on ait l'obsession de la mise en œuvre et toute de suite mettre en place des équipes très opérationnelles pour que ce ne soit pas juste un outil théorique de plus et que très vite on voit le changement. »

Les Africains attendent donc de l'administration Biden des actes concrets et pas seulement des paroles.  

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 09:52
ONU : la Chine appelle à la levée de l’embargo sur les armes en RCA

 

 

Xinhua 22 juin 2022, 9:53

Le ministre des Affaires étrangères de la RCA a écrit au président du Conseil de sécurité le 8 juin, soulignant que l’embargo sur les armes a un impact important sur le maintien de la sécurité nationale, et insistant sur les grands efforts du gouvernement centrafricain pour mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité et faciliter la levée de l’embargo.

La Chine espère que le Conseil écoutera l’appel de la RCA et lèvera rapidement l’embargo, afin d’aider la RCA à faire face aux problèmes de sécurité et à maintenir la stabilité nationale, a indiqué le diplomate chinois.

Il a appelé à un soutien international pour relancer l’économie de la RCA et améliorer la situation humanitaire.

L’économie et les moyens de subsistance sont des facteurs majeurs pour la paix et la stabilité du pays. Récemment, la RCA a été confrontée à des difficultés financières plus graves. Il y a une pénurie de pétrole brut et d’approvisionnement en eau et en électricité. Les prix des produits importés sont élevés. Et il y a un sérieux problème de sécurité alimentaire, a déclaré M. Dai au Conseil de sécurité.

« Certains pays et organisations internationales devraient reprendre leur aide financière à la RCA dès que possible et assurer un financement humanitaire adéquat pour apaiser la situation humanitaire dans le pays », a-t-il affirmé. « Il est nécessaire d’investir davantage dans la sécurité alimentaire, les infrastructures, l’éducation, la santé, la formation professionnelle et d’autres domaines pour aider la RCA à éradiquer la pauvreté, à améliorer les moyens de subsistance et à transformer ses avantages en matière de potentiel énergétique en avantages en termes de développement, de manière à éliminer les causes profondes des conflits ». Fin

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
23 juin 2022 4 23 /06 /juin /2022 21:44
Emmanuel Macron est désormais affaibli en Afrique

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com/  La rédaction de Mondafrique 22 juin 2022

 

 « Défaite » « Claque » « Cauchemar », la presse étrangère a durement commenté le résultat de la majorité présidentielle aux législatives. Alors que la France est déjà dans une position difficile en Afrique, ces élections auront aussi des conséquences sur le Continent.

Tous les médias étrangers présentent Emmanuel Macron comme la principale victime de cette élection. Il en ressort très affaibli ce qui est un comble pour un homme qui a théorisé la présidence jupitérienne. – Au passage, il est utile de relever qu’une nouvelle fois les sondeurs se sont lourdement trompés. Ces erreurs ont une incidence directe sur la politique extérieure de la France car elles participent à un effet de surprise qui contribue à affaiblir un peu plus le camp présidentiel, personne n’ayant imaginé ce scénario catastrophe.

Emmanuel Macron moins arrogant 

Nul doute que cette « claque » n’a pas échappé aux chefs d’Etat d’Afrique francophone qui suivent et connaissent parfaitement la politique française. Les plus vieux d’entre eux sont même souvent plus spécialistes, plus avisés, que certains « politologues » qui commentent dans les colonnes de la presse hexagonale. Tous ont scruté les résultats, certains comme Assimi Goïta ou Sassou Nguesso pour s’en réjouir, d’autres comme Alassane Ouattara ou Mohamed Bazoum pour s’en inquiéter.

Tout au long du dernier quinquennat, Emmanuel Macron a concentré sur sa seule personne toute la politique africaine. Il décidait en maître absolu, comme il l’a fait lorsqu’il a choisi de mettre un terme à l’opération Barkhane. A l’époque, ni son Chef d’Etat-major de l’époque ni ses partenaires africains n’avaient été consultés.  Cet exemple n’en est qu’un parmi des dizaines d’autres : le choix de la rwandaise anglophone à la tête de la francophonie, le soutien au 3ème mandat de Ouattara etc.

De plus, le président français a toujours fait preuve d’autorité avec ses pairs africains. Qu’on se souvienne de la tristement célèbre convocation de Pau en décembre 2019.  Il avait d’un ton comminatoire convoqué les chefs d’Etat du G5 Sahel à se rendre dans la ville de François Bayrou pour leur demander de clarifier leurs positions sur la participation de l’armée française dans la guerre contre le terrorisme.  Une telle attitude ne serait plus possible aujourd’hui. Après la gifle électorale qui vient de lui être assénée, il apparaît aux yeux de ses homologues comme un président affaibli qui n’est plus en position de dicter ses conditions.

Des opposants africains mieux entendus

Lors de la précédente mandature, avec une large majorité du parti présidentiel, l’Assemblée « playmobil » comme elle a été surnommée, et une opposition réduite à la portion congrue, il a eu toute latitude pour agir à sa guise.  Aujourd’hui avec deux forts groupes d’opposition, 131 pour la NUPES et 89 pour le Rassemblement national, la donne change. De par leur nombre, ils auront la possibilité d’être beaucoup plus combatifs, poser plus de questions d’actualité, demander des commissions d’enquête, déposer des motions de censure. Emmanuel Macron ne pourra plus mener une guerre pendant cinq ans, comme il l’a fait dans le Sahel, sans être interpellé par le parlement.

Jusqu’à présent, compte tenu de la faiblesse de l’opposition française, les opposants africains ne trouvaient pas de relais en France pour les soutenir. Cette période est révolue. Selon un opposant ivoirien : « le rééquilibrage qu’il y a en France va se ressentir chez nous au niveau des partis d’opposition, nous allons avoir des alliés forts. Nous serons entendus. » Tous les chefs d’Etat qui rêvaient d’un troisième ou d’un énième mandat au cours de cette législature savent qu’à minima ce sera beaucoup plus compliqué pour eux.

Rachel Kéké, star de l’Assemblée…

Ce sera d’autant plus difficile que cette nouvelle assemblée comptera plus de représentants d’origine africaine, à l’instar de la franco-ivoirienne, Rachel Kéké. Cette ancienne femme de ménage, installée en France après le coup d’Etat de 1999, devenue député le 19 juin 2022, va faire l’objet de beaucoup d’attentions de la part de ses compatriotes ivoiriens. Déjà dans la foule qui fêtait sa victoire, on a pu reconnaître une représentante du mouvement Génération capable de Simone Gbagbo. Entre la nouvelle star en boubou de l’Assemblée Nationale et les femmes activistes de la diaspora ivoirienne les liens sont déjà tissés. 

En France comme en Afrique la politique des cinq prochaines années risque fort d’être mouvementée.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
23 juin 2022 4 23 /06 /juin /2022 18:35
Mathieu-Kerekou, Gnassingbe-Eyadema, les-10-chefs-d'état-africains-les-plus-accros-aux-marabouts

Lu pour vous

https://l-frii.com/ 

En Afrique, ils sont légion les chefs d'état qui ont été ou qui sont encore sous l'emprise des gourous de tout acabit. Si cette propension tient au fond à la conception du pouvoir traditionnelle en Afrique, il n'en demeure pas moins vrai qu'elle a la vie dure.

Autrefois en effet tout chef traditionnel ou roi avait son gourou. Un chef spirituel, marabout ou sorcier, est un homme dont l'influence ou le pouvoir dépasse même celui du vrai détenteur qui en est investi, il figure dans le premier carré des conseillers de la cour.

 

Mathieu-Kerekou, Gnassingbe-Eyadema, les-10-chefs-d'état-africains-les-plus-accros-aux-marabouts
Mathieu-Kerekou, Gnassingbe-Eyadema, les-10-chefs-d'état-africains-les-plus-accros-aux-marabouts
Mathieu-Kerekou, Gnassingbe-Eyadema, les-10-chefs-d'état-africains-les-plus-accros-aux-marabouts
Mathieu-Kerekou, Gnassingbe-Eyadema, les-10-chefs-d'état-africains-les-plus-accros-aux-marabouts
Mathieu-Kerekou, Gnassingbe-Eyadema, les-10-chefs-d'état-africains-les-plus-accros-aux-marabouts
Mathieu-Kerekou, Gnassingbe-Eyadema, les-10-chefs-d'état-africains-les-plus-accros-aux-marabouts
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
23 juin 2022 4 23 /06 /juin /2022 18:32
Le paradoxal passage à l’économie de la blockchain en Centrafrique

 

Lu pour vous

 

https://theconversation.com/ 21 juin 2022, 21:21 

Au soir du 22 avril 2022, les médias furent unanimement interloqués par le virage que prenait la politique monétaire de la République centrafricaine : l’adoption du bitcoin comme monnaie officielle au côté du franc CFA et la légalisation de l’usage des cryptomonnaies.

La présidence de la RCA affirme que « cette démarche place la République centrafricaine sur la carte des plus courageux et visionnaires pays au monde », étant donné qu’elle serait le deuxième État du monde à l’entreprendre, après le Salvador, et le tout premier du continent africain.

Un optimisme pour les nouvelles économies de la blockchain que ne partagent pas nombre d’observateurs, à l’instar de Bill Gates, qui estime que les cryptomonnaies n’apportent rien à la société. Cette position est également reprise par la directrice de la Banque centrale européenne Christine Lagarde, pour qui ces actifs digitaux ne valent rien.

La cryptomonnaie en RCA, un Far-West qui incite la méfiance

Deux raisons semblent justifier les inquiétudes suscitées par la décision de Bangui.

La première est tout simplement le fait que la cryptomonnaie est animée par une prétention de « self-made » qui échappe aux traditions et au classicisme des économies et systèmes d’échange, dont les lois sont valables et identifiables à toutes les époques. Un véritable trou noir pour les adeptes du contrat social, qui estiment que les modes d’organisation qui ne sont pas soumis à l’autorité sont des Far-West sans foi ni loi.

La seconde raison est le gabarit économique de la République centrafricaine, qui est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Regardons cela de plus près.

Le procès fait aux cryptoactifs n’est pas dénué de raison. Adopter la cryptomonnaie comme monnaie légale, c’est s’engager dans une géopolitique de l’inconnu, de l’incertitude et de la surprise – l’incertitude étant source d’insécurité, ne serait-ce que parce qu’elle facilite le développement d’intentions inconnues et le déploiement d’actions non maîtrisées. Déplacer les activités dépendantes du régalien vers une dépendance aux lois du marché ou des zones d’ultralibéralisme, créées justement pour échapper à la souveraineté des États et autres contraintes politiques, n’est pas sans risque. Dans cette course, les États faibles comme la République centrafricaine ne semblent a priori pas disposer des meilleurs atouts.

Et que dire de la volatilité, caractéristique intrinsèque de la cryptomonnaie qui condamne le cours du bitcoin à une précarité perpétuelle ? En 2021, les cours du bitcoin avaient flambé de plus de 150 %, atteignant un taux historique de 68 991 dollars, avant de s’effondrer. Même si le marché́ s’est assagi en 2022, les variations restent très fortes : -17 % en février, +8 % en mars et +10 % en avril. Le bitcoin s’échangeait le 27 avril 2022 à plus de 39 000 dollars ; sa valeur au 26 mai était de 29 494,60 USD ; au 21 juin, elle était de 20 033,31 USD.

L’expérience du Salvador, où 92 % des plus de 1 600 personnes interrogées dans un sondage ont manifesté leur désamour du bitcoin et 93,5 % leur réticence à être payées en bitcoins, est de nature à conforter cette méfiance.

Le bitcoin est régulièrement perçu comme une bulle spéculative à cause de l’alternance imprévisible entre les envolées de ses cours et leurs chutes vertigineuses. Pour bon nombre de spécialistes, la généralisation de son utilisation ne peut que susciter des pertes financières catastrophiques.

Les banques centrales lui reprochent de favoriser les déséquilibres financiers, le blanchiment d’argent et la fraude fiscale. Le Fonds monétaire international a qualifié la décision du Salvador de danger pour « la stabilité financière, l’intégrité financière et la protection des consommateurs ». Concernant la Centrafrique, Abebe Aemro Selassie, directeur Afrique du FMI, prévient qu’il ne faut pas considérer les cryptomonnaies « comme une panacée contre les défis économiques ».

Le bitcoin est également suspecté de faciliter les escroqueries, le financement du terrorisme et les trafics en tout genre à cause de son système de paiement anonyme crypté. Les transactions illicites permises par le bitcoin sont estimées à 76 milliards de dollars par an, soit 46 % des transactions en bitcoins.

En tout état de cause, pour se prêter institutionnellement à la mouvance des cryptoactifs et tirer son épingle du jeu, la RCA devrait disposer des infrastructures et de la complexité économique nécessaires pour absorber leurs évolutions. Or la sécurité économique et technologique du pays soulève bien des inquiétudes.

L’insécurité économique de la RCA

Selon la dernière évaluation risque-pays de la Compagnie française d’assurance spécialisée dans l’assurance-crédit à l’exportation (COFACE), les conditions sécuritaires et politiques en RCA sont source de fragilité et d’instabilité, ce à quoi s’ajoute l’extrême pauvreté de la population.

L’économie accuse une forte dépendance à l’égard des exportations de matières premières – une dépendance d’autant plus problématique que l’exportation d’or et de diamants, qui se déroule souvent dans l’illégalité, n’alimente que très peu les recettes publiques. Avec une inflation moyenne de 2,7 % sur les quatre dernières années, les prévisions de taux de croissance de 3,4 % pour 2022 ne doivent pas laisser oublier qu’il a été de -0,6 % en 2021. Autres indices défaitistes, le solde courant par rapport au PIB (-6,1 % en 2022) et le solde public par rapport au PIB (-1,2 % en 2022) sont tous négatifs depuis les trois dernières années.

Selon la Banque mondiale, depuis l’indépendance obtenue en 1960, la richesse par habitant a été réduite de moitié en RCA. Une reprise économique durable, possible seulement si l’insécurité baisse nettement, est indispensable pour réduire la pauvreté (70 % de la population vivrait sous le seuil de pauvreté en 2020. Cette pauvreté explique la forte mortalité infantile, estimée à 882 pour 100 000 naissances vivantes, mais aussi le classement du pays à l’indice de développement humain de l’ONU, au 188e rang sur 189 pays en 2020.

La Banque africaine de développement fait un constat du même ordre en soulignant que le risque de surendettement de la RCA reste élevé en raison de sa grande vulnérabilité aux chocs extérieurs et du risque de change lié au niveau élevé de sa dette extérieure. Ce gabarit économique montre combien les défis de développement y demeurent prioritaires et profonds.

Décalage infrastructurel et faiblesse de l’éducation numérique

L’opérationnalisation d’un projet d’économie durable de la blockchain à l’échelle nationale, au regard de sa globalité et des effets d’enchaînement escomptés, devrait reposer a minima sur une base infrastructurelle soutenable et une éducation numérique viable.

Or les capacités infrastructurelles de la RCA sont très limitées. Sur le plan énergétique, le ratio énergétique entre la production (171 millions kWh) et la consommation électrique (159,40 millions de kWh) en RCA est excédentaire de 108 % des besoins réels actuels. Mais le 22 mars dernier, après sollicitation de la RCA pour le financement du développement de son réseau et de sa capacité électrique, la Banque mondiale a laissé entendre que la RCA reste le pays au monde où le taux d’accès à l’électricité est le plus faible. Avant d’ajouter que la mise en œuvre d’un tel projet y serait très difficile.

Avec un taux d’électrification de 3 %, et alors que 4 de ses 5 millions d’habitants vivaient sans électricité en 2012, faute d’investissement, une étude du PNUD montre en 2017 que le potentiel hydroélectrique du pays reste sous exploité. La bioénergie représente encore 98 % de la production nationale. C’est la prééminence de cette catégorie d’énergie dans la production nationale qui semble justifier la rareté d’infrastructures technologiques de consommation électrique. En outre, plusieurs projets d’envergure sont perturbés par des cycles d’instabilité sécuritaire et politique. En 2022, le gouvernement tente toujours de rassurer la population qui attend des réalisations concrètes.

Sur le plan technologique, lors de l’approbation de la composante RCA de la Dorsale à fibre optique d’Afrique centrale en 2018, la Banque africaine de développement dressait le constat que « la RCA demeure le dernier pays enclavé du continent à ne pas disposer de liaisons terrestres à fibre optique avec ses voisins immédiats. De plus, à la faiblesse notoire du taux de pénétration d’Internet et de la téléphonie mobile vient s’ajouter la quasi-inexistence d’infrastructures haut débit filaires ».

Quatre ans plus tard, bien que Huawei et Orange interviennent comme partenaires technologiques majeurs, les avancées demeurent médiocres. Si les Datacenter sont implémentés pour des structures spécifiques comme le ministère des Finances et du Budget ou celui qui accompagne la composante RCA de la dorsale à fibre optique d’Afrique centrale, ces installations critiques restent sous la menace constante posée par l’insécurité qui règne dans le pays.

« Là où Internet propose de créer des ponts, l’illectronisme risque toujours de lui faire barrage », soulignait en novembre 2020 Philippe Wang, alors vice-président exécutif de Huawei Northern Africa. Le paysage numérique centrafricain illustre la justesse de cette affirmation. Ainsi, la difficulté qu’éprouvent les individus à maîtriser les outils numériques en RCA constitue l’une des limites majeures à la numérisation et à l’éducation des populations aux outils digitaux.

Selon le rapport national volontaire de suivi de mise en œuvre des objectifs du développement durable en 2019, alors que le taux d’alphabétisation des adultes est de 58,9 %, la part des établissements scolaires ayant accès à l’électricité est de 3 % et aucun n’a accès à Internet. Au total, on décompte 650 000 utilisateurs d’Internet en RCA pour environ 5 millions d’habitants, avec un taux général de pénétration de 14 % en janvier 2020. La RCA se retrouve en bas des classements mondiaux des principaux réseaux sociaux avec 2,5 % de taux de pénétration.

Une réforme qui ne profitera qu’à une minorité

Dans ce contexte, l’adoption du bitcoin comme monnaie officielle laissera transparaître la fracture digitale du pays. L’économie de la blockchain peut être salutaire, mais elle exige un investissement humain, matériel et financier conséquent. Dans le cas contraire, elle deviendra un modèle élitaire dont l’impact sera limité aux urbains fortunés et instruits au numérique.

Finalement, il est en même temps trop tôt pour confirmer les promesses faites au lancement du bitcoin, mais aussi, trop tôt pour le condamner définitivement après l’annonce du nouveau projet Sango

 

A The Conversation, nous sommes convaincus que nous pouvons faire reculer les idées reçues et les raccourcis intellectuels en publiant des analyses basées sur la recherche. Si vous le pouvez, faites un don mensuel pour nous soutenir dans notre démarche.


 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
23 juin 2022 4 23 /06 /juin /2022 18:23
Pourquoi le Gabon et le Togo, pays africains francophones, veulent rejoindre le Commonwealth ?

 

 

https://www.geo.fr/ MARION FONTAINE Publié le 21/06/2022 à 15h48 -

Deux pays d'Afrique francophones, le Gabon et le Togo, vont être intronisés dans le Commonwealth, le 24 juin prochain lors du 26e sommet de l'organisation. Cette adhésion, justifiée par une volonté de diversifier les coopérations internationales, a aussi une portée politique.

C'est dans un contexte particulier que s'est ouvert, lundi 20 juin au Rwanda, le 26e sommet du Commonwealth, cette fédération d’anciens territoires britanniques formée en 1949 : son rôle et sa pertinence sont de plus en plus remis en question, tandis que plusieurs voix s'élèvent pour abandonner la monarchie britannique, comme la Barbade en novembre dernier. De son côté, l'Australie a désigné fin mai un "ministre délégué pour la République" chargé de supprimer la Couronne dans le pays.

À rebours de cette vague de rejet, deux nouveaux pays ont affiché leur volonté de rejoindre le Commonwealth et seront intronisés le 24 juin prochain. Deux pays d'Afrique francophone : le Togo et le Gabon. Ces deux adhésions interrogent, note Le journal de l'Afrique, car, si le Togo est un ancien protectorat allemand occupé par la suite conjointement par la France et le Royaume-Uni"le Gabon n’a pas grand-chose à voir avec l’Empire britannique". Bien que Libreville et Lomé ne quittent pas la Francophonie, "ils envoient cependant un message assez clair à Paris : la France ne brille plus autant qu’auparavant et ils veulent s’ouvrir au monde anglophone", estime le média indépendant.

Pour les pays africains francophones, il "faut être anglo-saxon pour se développer"

Ce "tournant géopolitique majeur" est justifié par le président gabonais Ali Bongo Ondimba comme "la nécessité d’appartenir à un autre espace multiculturel dans un monde globalisé". Le Parlement togolais, lui, avance que "au-delà de l'ancien héritage politique britannique, [son adhésion au Commonwealth] assure au Togo la reconnaissance internationale d'un renouveau historico-politique." Mais aussi une diversification de "ses relations d'amitié et de coopération" et de nouvelles possibilités "en termes de travail, de voyages et d’étude".

"Le Commonwealth est un forum dans lequel les États se rencontrent et louent des liens", explique Philippe Chassaigne, professeur d'histoire contemporaine à l’Université Bordeaux-Montaigne, au micro de France culture. "C'est une façon pour les pays africains et asiatiques de se retrouver et de discuter de façon plus efficace qu'au travers des Nations unies". Des accords entre les pays membres permettent de faciliter les échanges, notamment pour le travail, et l'organisation dispose d’un fonds pour la coopération économique destiné à soutenir la croissance de certains pays. Le Commonwealth, c'est aussi l'accès à un marché de plus de 2 milliards de consommateurs dans plus de 50 États.

L'analyste politique ivoirien, Sylvain Nguessan, explique à la BBC qu'il y existe "un mythe dans les pays francophones qui dit qu'il faut être un pays anglo-saxon pour pouvoir se développer". "Aucune colonie francophone n'a pu se développer jusqu'à présent contrairement aux pays anglo-saxons qui ont pu un tant soit peu prendre leur envol", ajoute-t-il en citant l'exemple du Rwanda qui, après son basculement en 2009 dans le Commonwealth, a connu un développement économique fulgurant.

 Pour décourager les demandeurs d'asile de traverser la Manche, Londres veut les envoyer au Rwanda

L'adhésion au Commonwealth du Togo et du Gabon est aussi un acte politique. Selon Sylvain Nguessan, certains pays "se disent que, s'ils basculaient dans le Commonwealth, ils pourraient jouir d'un minimum d'autonomie" par rapport à la Francophonie, perçu comme un modèle de domination à l'avantage de la France. Il estime qu'"en dehors des aides classiques financières et des bourses d'études, la coopération militaire et les diverses aides en terme de logistiques militaires", la France exerce sur ces anciennes colonies une politique trop contraignante qui pousse certains États à se tourner vers la Russie, la Chine ou le Commonwealth.

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
23 juin 2022 4 23 /06 /juin /2022 17:46
Centrafrique : un civil et six rebelles tués dans des combats avec l'armée
Centrafrique : un civil et six rebelles tués dans des combats avec l'armée
Centrafrique : un civil et six rebelles tués dans des combats avec l'armée

 

 

Par Le Figaro avec AFP 23 juin 2022

Six rebelles et un civil ont été tués jeudi 22 juin dans des affrontements entre un groupe armé et des soldats dans l'est de la Centrafrique, pays en proie depuis près de neuf ans à une guerre civile, ont annoncé à l'AFP le sous-préfet local et un officier de l'armée.

Dans la nuit, des combattants de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), une alliance de groupes rebelles, «ont attaqué Bakouma», une petite ville à 780 kilomètres au nord-est de la capitale Bangui, a assuré le sous-préfet Simon Pierre Gbate, contacté par téléphone. «Les soldats ont repoussé les rebelles, il y a eu six assaillants tués, ainsi qu'un civil», a assuré Simon Pierre Gbate. L'attaque et le bilan ont été confirmés à l'AFP par un officier de l'armée centrafricaine contacté à Bakouma, sous couvert de l'anonymat.

Mobilisation des mercenaires russes

«Grâce aux actions coordonnées de nos Casques bleus basés à Bakouma et des forces armées centrafricaines, les éléments armés se sont retirés de la ville», a affirmé le lieutenant-colonel Aïssa Yahaya, porte-parole de la force de maintien de la paix de la Mission des nations unies en Centrafrique (Minusca). Ce pays est le deuxième le moins développé au monde selon l'ONU, et théâtre depuis 2013 d'une guerre civile, très meurtrière dans ses premières années mais qui a baissé d'intensité depuis 2018. Fin 2020, les plus puissants des nombreux groupes armés qui se partageaient alors les deux tiers du territoire s'étaient alliés au sein de la CPC et avaient lancé peu avant les élections présidentielle et législative une offensive sur Bangui pour renverser le chef de l'État Faustin Archange Touadéra, lequel avait appelé Moscou à la rescousse de son armée démunie.

Des centaines de paramilitaires russes -des «mercenaires» de la compagnie privée de sécurité Wagner selon l'ONU- avaient alors rejoint quelques centaines d'autres déjà présents depuis 2018 et permis, en quelques mois, de repousser l'offensive des rebelles puis de les refouler d'une grande partie des territoires et villes qu'ils contrôlaient. Mais sans pouvoir y réinstaller partout et durablement la présence et l'autorité de l'État. L'ONU, l'Union européenne et des pays comme la France notamment, accusent les «mercenaires» de Wagner de commettre des crimes et exactions contre les civils, et le pouvoir de Faustin Archange Touadéra de les laisser piller les ressources du pays en échange de leur soutien militaire.

 

 

Centrafrique : déploiement de casques bleus dans le nord-est du pays pour sécuriser les civils

Par : french.china.org.cn |  French.china.org.cn | Mis à jour le 23-06-2022

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca) a annoncé mercredi le déploiement de casques bleus dans le nord-est du pays afin d'en chasser des éléments armés et assurer la protection de la population.

La situation sécuritaire est en effet délétère depuis l'envahissement d'Ouanda-Djallé, une ville de la préfecture de Vakaga où des rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) ont commis des exactions.

Selon la Minusca, des casques bleus zambiens venus de Birao, chef-lieu de la préfecture, sont arrivés lundi à Ouanda-Djallé, auxquels s'ajouteront des collègues rwandais en provenance de Bria, chef-lieu de la préfecture de la Haute-Kotto (centre), pour établir un poste militaire temporaire afin de repousser les groupes armés.

"Des missions de reconnaissance aérienne sont effectuées depuis le 16 juin par l'aviation militaire", a précisé le lieutenant-colonel Aïssa Yahaya, porte-parole des forces de la Minusca en ajoutant que ce sont au total deux bataillons de casques bleus qui ont reçu l'ordre de faire mouvement vers Ouanda-Djallé.

"La ville est calme et les groupes armés ont pris la fuite depuis l'arrivée" des casques bleus zambiens, a-t-elle dit.

La Minusca a été créée en 2014 par le Conseil de sécurité des Nations Unies pour tenter de maintenir la paix dans ce pays d'Afrique centrale.

Source: Agence de presse Xinhua

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
23 juin 2022 4 23 /06 /juin /2022 17:43
Centrafrique : l'ONU appelle à des «mesures dissuasives» contre ceux qui empêchent la paix

 

Par Le Figaro avec AFP Publié hier à 17:37, mis à jour hier à 17:44

 «La cessation des hostilités sur toute l'étendue du territoire centrafricain reste à la fois un objectif immédiat et un gage de crédibilité de la Feuille de route conjointe pour la paix en République centrafricaine», a ajouté l'émissaire, en fonction depuis quelques mois. Valentine Rugwabiza a rappelé «la persistance de violations du cessez-le-feu par toutes les parties qui poursuivent leurs opérations et actes de belligérances» et «qui exposent les populations civiles à la violence». Concernant les enquêtes de la Minusca sur des exactions et meurtres de civils présumés, notamment par les forces gouvernementales et leurs alliés paramilitaires russes de la compagnie privée Wagner, la responsable a promis que «les rapports compilés et finalisés par la Minusca feront l'objet d'une publication après consultation avec le gouvernement».

Dans un rapport mi-février, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait dénoncé des exactions commises par les forces nationales et leurs soutiens étrangers, une allusion à Wagner. En 2021, l'ONU les avait déjà accusés de violations des droits humains, tout comme elle reproche régulièrement aux rebelles des atrocités contre les civils. La Minusca enquête notamment sur des opérations de l'armée et Wagner contre des rebelles présumés entre le 16 et le 18 janvier près de Bria, à 600 km au nord-est de Bangui, ayant tué une vingtaine de civils, ainsi que les 11 et 12 avril dans les villages de Gordil et Ndah, à plus de 1000 km au nord-est de Bangui, où entre 10 et 15 civils auraient été abattus.

Les Casques bleus de l'ONU - 14.000 aujourd'hui chargés en priorité de protéger les civils - sont en Centrafrique depuis avril 2014. Leur déploiement visait à mettre fin à la sanglante guerre civile déclenchée en 2013 après un coup d'Etat contre le président François Bozizé. Depuis début 2021, les forces centrafricaines et leurs alliés russes ont refoulé les rebelles d'une grande partie des territoires et villes qu'ils contrôlaient, sans toutefois pouvoir y réinstaller partout et durablement la présence et l'autorité de l'État.

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
23 juin 2022 4 23 /06 /juin /2022 17:39
RCA: Des violations du cessez-le-feu et des incitations à la violence préoccupent l'ONU

 

 

Fatma Bendhaou   23.06.2022

 

La Cheffe de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), Valentine Rugwabiza, s’est inquiétée, mercredi, au Conseil de sécurité, de la persistance des violations du cessez-le-feu « par toutes les parties qui poursuivent leurs opérations et actes de belligérance » en RCA.

Rugwabiza a relevé que la cessation des hostilités sur toute l’étendue du territoire centrafricain reste à la fois un objectif immédiat et un gage de crédibilité de la « feuille de route conjointe ».

En prenant la parole, la présidente du Réseau pour le leadership de la femme en Centrafrique (Relefca), Lina Ekomo, a souligné que « tous les ingrédients politiques, socioéconomiques et sécuritaires sont réunis pour plonger le pays dans le chaos malgré l’Accord politique pour la paix et la réconciliation ».

Ekomo qui représente la société civile centrafricaine a appelé le Conseil de sécurité à considérer la République centrafricaine comme une « situation d’urgence » nécessitant des « mesures d’urgence », dont la condamnation d’un mode de gouvernance caractérisé par une violence généralisée contre la population, les partis politiques d’opposition, les groupes ethniques et les dirigeants de la société civile.

De même, Lina Ekomo a plaidé en faveur d’un « cadre de concertation des forces vives de la nation », sous observation de l’ONU et de l’Union africaine (UA) garantissant que les femmes puissent jouer un rôle moteur.

Si Valentine Rugwabiza a également invité le gouvernement centrafricain à mettre en œuvre les 217 recommandations issues du dialogue républicain qui s’est tenu en mars dernier pour promouvoir l’espace démocratique, la représentante de la société civile a en revanche qualifié ce dialogue d’« occasion manquée  », déplorant « le caractère non inclusif » de ce processus qui, selon elle, a montré que « la seule motivation du régime est de réviser la Constitution pour étendre le mandat présidentiel ».

Lors des débats, la République centrafricaine a dit être en peine de tenir un plaidoyer sur « l’injustice des sanctions » contre le pays alors que le monde observe une « avalanche de distribution d’armes sur un terrain de conflit ».

La RCA a assuré la volonté de son gouvernement de parvenir à la stabilisation par la neutralisation de tous les groupes armés, le représentant imputant à un « embargo immoral » la difficulté de son pays à faire face à des groupes armés mieux équipés que les soldats centrafricains.

En écho à cette déclaration, le représentant du Gabon, au nom des A3 (Gabon, Ghana, Kenya), a insisté sur l’importance de lever l’embargo sur les armes imposé en RCA et a appelé le Conseil de sécurité à se focaliser sur les sources et chaînes d’approvisionnement des groupes rebelles qui ont « étonnamment » un accès libre à des armes de plus en plus sophistiquées.

Pour rappel, c’est depuis le début de la crise sécuritaire en 2013 que l'embargo sur les armes en Centrafrique est en vigueur et il a été prolongé à maintes reprises.

Le 29 juillet 2021, le Conseil de sécurité a adopté une résolution visant à prolonger l'embargo sur les armes destiné à la République centrafricaine jusqu'au 31 juillet 2022, ainsi que le mandat du Groupe d'experts assistant le Comité des sanctions contre la RCA jusqu'au 31 août 2022.

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com