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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 20:45
Centrafrique : les derniers blindés de l’armée française ont quitté Bangui

 

Lu pour vous

 

https://www.aa.com.tr/f Majdi Ismail   |05.11.2022

- L’armée française quitte le pays après 62 ans de présence

Vendredi 4 novembre, l’armée française en Centrafrique a procédé au « rapatriement des derniers VAB (Véhicule de l'avant blindé), de la Mission logistique Bangui (Mislog) », chargée d’assurer un soutien aux forces de l’Union européenne et aux militaires français insérés au sein de la force de l’ONU, a indiqué, vendredi sur sa page officielle Twitter, la Mislog.

C’est « une manœuvre nominalement exécutée avec des moyens conséquents de l'armée de l’air française en liaison constante avec les autorités centrafricaines », a souligné la Mislog.

D’après les forces françaises en Centrafrique, cette « manœuvre logistique rapide et professionnelle » qui a débuté le 1er novembre à l’aéroport Mpoko de Bangui et qui s’est faite avec « plusieurs rotations » aériennes, « agit en transparence et en liaison avec les autorités centrafricaines ».

Selon le ministère français de la Défense, « avant chaque départ de convois de la Mislog, les contrôles et scellages de conteneurs sont effectués en étroite collaboration avec les gendarmes et douaniers centrafricains. Cela permet aux convois de circuler en toute transparence ».

La Mislog dépend des Éléments français au Gabon (EFG), son démantèlement était demandé par le ministère français de la Défense, qui estime que ses moyens pourraient trouver une meilleure utilité.

Pour rappel, c’est en début octobre dernier que les autorités françaises ont annoncé que les 130 derniers militaires français déployés en Centrafrique vont quitter le pays d'ici la fin de l'année 2022.

D’après des médias français, la coopération militaire entre la mission de formation de l’Union européenne (EUTM-RCA) et la Centrafrique a été suspendue depuis 2021, les autorités françaises accusant les autorités centrafricaines d’attiser le sentiment anti-français dans le pays.

L’armée française est intervenue à plusieurs reprises en Centrafrique qui a connu plusieurs décennies de conflits. Tout d’abord dans les années 1979-1981 avec les opérations Caban et Barracuda, de 1996 à 1997 avec les opérations Almandin I, II et III, en 2003 avec Boali, et en 2016 avec Sangaris.

 

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Centrafrique-Presse.com
7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 20:41
Centrafrique: la crise autour de la Constitution inquiète l’ONU

Lu pour vous

 

https://www.adiac-congo.com/ Samedi 5 Novembre 2022 - 13:00

Dans un communiqué publié le 4 novembre, l'Organisation des Nations unies (ONU) a fait part de son inquiétude au sujet de la crise que traverse la Cour constitutionnelle centrafricaine après l'éviction, le 24 octobre, de sa présidente, Danièle Darlan, par décret présidentiel.

La préparation d’un référendum constitutionnel réclamé par le parti au pouvoir mais décrié par l’opposition, qui y voit un moyen pour le président Faustin Archange Touadéra de briguer un troisième mandat, cristallise les tensions.

« Lindépendance du pouvoir judiciaire » est « vitale pour la stabilité » du pays, a déclaré l’expert indépendant sur les droits de l’Homme pour la Centrafrique, Yeo Agbetse, ajoutant que la Cour constitutionnelle est « un pilier pour l’État de droit », qu’elle ne doit pas « subir d’interférences » et que « la mise à la retraite des fonctionnaires, selon la législation nationale, ne doit pas servir ou être utilisée à des fins politiques ».

C’est, en effet, sur l’âge de Danièle Darlan que repose le décret qui a mis fin à ses fonctions de présidente de la Cour constitutionnelle . Le vice-président, Jean-Pierre Ouaboué, occupe provisoirement la tête de l’institution, le temps de désigner une remplaçante à Danièle Darlan.

Pour sa part, le président Faustin Archange Touadéra a rencontré, pour la première fois depuis le début de la crise, les membres de la Cour, dans une démarche « d’apaisement », selon certaines sources. Les juges ont, quant à eux, réitéré leur position et affirmé : « la Cour est indépendante et gardienne de la Constitution, elle ne devrait pas revenir sur ses décisions, qui ne sont, d’ailleurs, susceptibles d’aucun recours. Autrement, ce serait une catastrophe », estime une source qui, tout en espérant que les juges tiendront bon, reste pessimiste « vu les pressions et vu la détermination des partisans du référendum ».

Les juges pensent qu’il est important que la Cour constitutionnelle puisse jouer convenablement son rôle, « sans interférence et sans immixtion de la part des autorités ». Selon eux, « il est de la responsabilité de l'exécutif de veiller au respect de ces principes cardinaux, tels que l'inamovibilité et l'indépendance des juges, l'indépendance organisationnelle et fonctionnelle des institutions nationales, sans oublier la séparation des pouvoirs ». 

Yvette Reine Nzaba

 

 

Centrafrique: l’ONU s’inquiète de la crise autour de la Cour constitutionnelle

https://www.rfi.fr/ Publié le 05/11/2022 - 02:47

L'ONU a fait part de son inquiétude, dans un communiqué publié vendredi 4 novembre, au sujet de la crise que traverse la Cour constitutionnelle centrafricaine après l'éviction, le 24 octobre, de sa présidente Danièle Darlan par décret présidentiel. En toile de fond, la préparation d’un référendum constitutionnel, réclamé par le parti au pouvoir mais décrié par l’opposition, qui y voit un moyen pour le président Touadéra de briguer un troisième mandat, cristallise les tensions.

L'« indépendance du pouvoir judiciaire » est « vitale pour la stabilité » du pays, déclare l’expert indépendant sur les droits de l’Homme pour la Centrafrique, Yeo Agbetse, qui ajoute que la Cour constitutionnelle est « un pilier pour l’État de droit », qu’elle ne doit pas « subir d’interférences » et que « la mise à la retraite des fonctionnaires, selon la législation nationale, ne doit pas servir ou être utilisée à des fins politiques ».

C’est en effet sur l’âge de Danièle Darlan que repose le décret qui a mis fin à ses fonctions de présidente de la Cour constitutionnelle. Le vice-président, Jean-Pierre Ouaboué, occupe donc provisoirement la tête de l’institution, le temps de désigner une remplaçante à Danièle Darlan.

Vendredi 4 novembre, le président Faustin-Archange Touadera a, pour la première fois depuis le début de la crise, rencontré les membres de la Cour, dans une démarche « d’apaisement », selon nos informations. Les juges ont, quant à eux, réitéré leur positionnement : la Cour est indépendante et gardienne de la Constitution, elle ne devrait pas revenir sur ses décisions, qui ne sont d’ailleurs susceptibles d’aucun recours.

« Autrement, ce serait une catastrophe », estime qui source qui, tout en espérant que les juges tiendront bon, reste pessimiste « vu les pressions et vu la détermination des partisans du référendum ».

« Il est important que la Cour constitutionnelle puisse jouer convenablement son rôle, sans interférence et sans immixtion de la part des autorités. Il est de la responsabilité de l'exécutif de veiller au respect de ces principes cardinaux tels que l'inamovibilité et l'indépendance des juges, l'indépendance organisationnelle et fonctionnelle des institutions nationales, sans oublier la séparation des pouvoirs. »

L'ONU S’INQUIÈTE DE LA CRISE AUTOUR DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE

Carol Valade

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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 20:38
Le dilemme des langues officielles en Afrique

 

Lu pour vous

 

dw.com

Plusieurs pays veulent rendre leurs langues nationales officielles, au même titre que le français ou l’anglais. Une démarche délicate qui demande du temps.

Certains pays Africains sont en train de doter leurs langues nationales du statut de langue officielle au côté des langues dites de la colonisation. C’est le cas du Rwanda, de l’Afrique du Sud, du Lesotho, de Madagascar, du Burundi ou encore de la Tanzanie. Le débat est aussi présent au Mali sur fond de tension diplomatique avec la France.  

Mais les linguistes préviennent que ce genre de décision, motivée par des dimensions politiques, peut créer de l’exclusion entre les populations au sein d’un même pays. Car la langue contribue à l’intégration sociale.  

Le linguiste Sénégalais Seck Mamarame travaille au laboratoire de linguistique à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il salue "la promotion et la valorisation des langues nationales africaines"

Pour lui, "nos langues nationales, tant qu’elles resteront des langues de communication à l’intérieur des groupes, ne pourront pas se développer et être au même niveau que les langues occidentales. Il y a ce besoin de promouvoir les langues nationales et d’en faire des langues d’éducation, des langues de commerce."

Influence linguistique

Au Mali, un projet de loi est en cours pour faire du bambara la langue officielle du pays au côté du français. Certains réclament même que ce soit à la place du français.  

C’est un mouvement qui se développe dans plusieurs pays, estime Seck Mamarame. "C’est en fait un sentiment général qui se développe en Afrique dans les anciennes colonies de la France. Celles-ci veulent se séparer de l’influence culturelle, linguistique, diplomatique et économique de la France."

Mais son collègue, le linguiste et écrivain rwandais François-Xavier Gasimba, prévient que cela ne doit pas se faire de façon brutale pour éviter d’exclure ceux qui ne parlent pas la langue choisie désormais comme officielle. Par exemple le bambara dans le cas du Mali. "Il ne faut pas exercer la violence vis-à-vis des langues dites de la colonisation, il faut plutôt une attitude de tolérance. Si une décision est prise de façon brutale, il va y avoir une sorte de frustration et d’exclusion", note François-Xavier Gasimba

Pas de changements brutaux

Dans plusieurs pays africains, les langues nationales cohabitent en effet avec le français ou l’anglais en tant que langues officielles. François-Xavier Gasimba évoque ainsi le cas du Rwanda.  

Il rappelle que "le Kinyarwanda est depuis bien longtemps une langue nationale et aussi c’est une langue officielle à côté du français mais aussi de l’anglais. Et tout récemment, on a ajouté le swahili. Il faudrait œuvrer pour la convivialité des langues."

Précisons qu’une langue officielle est celle dont on se sert dans l’administration et dans tous les services officiels d’un Etat. Au niveau extérieur, elle est une langue de coopération dans le domaine politique, culturel et économique.  

La langue nationale est, quant à elle, considérée comme propre à une communauté ou un groupe ethnique et sert pour les communications internes au sein de ce groupe. 

 

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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 20:36
Après la Centrafrique et le Mali, Wagner pourrait s’installer au Burkina Faso

 

Lu pour vous

 

https://www.afrik.com/ Par Etienne Dione Publié le 5 novembre 2022 à 23h34

Le Parlement européen se dit profondément préoccupé par les activités du groupe russe Wagner dans la région du Sahel. L’institution conseille aux nouvelles autorités du Burkina Faso de ne pas recourir au groupe paramilitaire russe.

Le nouveau président de la Transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a récemment effectué un séjour en terre malienne. Une expédition qui soulève des inquiétudes. Et à juste raison. En effet, à l’international, on redoute que le colonel malien Assimi Goïta ait conseillé à Ibrahim Traoré de se rapprocher du groupe paramilitaire russe Wagner. C’est en tout cas la crainte de l’Union Européenne.

Le Parlement européen a déconseillé aux autorités de la Transition du Burkina Faso de recourir au groupe Wagner pour former leur armée ou espérer parvenir à la stabilité. Il se dit préoccupé par les activités du groupe russe dans la région du Sahel et met en garde que le recours à des entreprises militaires privées telles que le groupe Wagner va à l’encontre de l’objectif d’apporter la paix, la sécurité et la stabilité au Burkina Faso et dans la région.

Wagner a approché les nouvelles autorités du Faso

Dans une note publiée ce jour et parcourue par Anadolu, le Parlement européen dit détenir des informations selon lesquelles le groupe Wagner a approché les nouvelles autorités et proposé de former l’armée du Burkina Faso dans sa lutte contre les terroristes. L’institution a en outre accusé le groupe russe Wagner d’avoir « commis de nombreux crimes de guerre dans la région » du Sahel.

Après avoir longtemps opéré en Centrafrique, le groupe paramilitaire russe a posé son baluchon au Mali, sur « invitation » des nouvelles autorités. Seulement, en Centrafrique comme au Mali, Wagner est souvent accusé d’exactions contre les populations civiles. Dans les deux pays, les autorités ferment les yeux sur les différents actes de violence imputés au groupe russe.

 

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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 20:32
40 ANS DE REGNE DE PAUL BIYA : Faut-il en rire ou en pleurer ?
40 ANS DE REGNE DE PAUL BIYA : Faut-il en rire ou en pleurer ?
40 ANS DE REGNE DE PAUL BIYA : Faut-il en rire ou en pleurer ?
40 ANS DE REGNE DE PAUL BIYA : Faut-il en rire ou en pleurer ?

 

Lu pour vous

 

https://lepays.bf/ 6 novembre 2022
 

6 novembre 1982-6 novembre 2022 ; cela fait 40  bonnes années que Paul Biya règne sans partage sur le Cameroun. En effet, arrivé au pouvoir  suite à la démission du président Ahmadou Ahidjo, Paul Biya  que d’aucuns surnomment «  l’homme du 6 novembre », lui-même, ne s’imaginait sans doute pas pareille longévité à la tête de l’Etat camerounais. Surtout quand on sait que sitôt après son installation au Palais d’Etoudi, il a été confronté à une série de crises politiques qui avaient pris une tournure particulière avec le putsch manqué du 6 avril 1984, lorsqu’une  faction de l’armée avait tenté de lui ravir le pouvoir qu’il avait du mal à consolider. Et ce n’est pas tout. Car, la contestation des résultats de la présidentielle de 1992 par l’opposant John Fru Ndi, avait embrasé le Cameroun au point que certains n’hésitaient pas à parier sur la chute de Paul Biya qui, à travers l’organisation de réformes institutionnelles, a su,  à la surprise générale, reprendre la main. Depuis lors, régnant en maître incontesté sur le Cameroun, « l’homme-lion », ainsi que l’appellent certains, régule, en fonction des intérêts du moment et des appétits du pouvoir de ses successeurs putatifs, la météo politique nationale.

Le pays est présenté comme l’un des plus corrompus sur le continent

Ce qui lui  vaut, en partie, cette longévité au pouvoir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Paul Biya, selon toute vraisemblance, n’est pas prêt à faire valoir ses droits à la retraite. «  Le Cameroun est dirigé conformément à sa Constitution. Selon cette Constitution, le mandat que je mène a une durée de sept ans. Alors, essayez de faire la soustraction et vous saurez combien de temps, il me reste à diriger le pays. Mais autrement, quand ce mandat arrivera à expiration, vous serez informés sur le point de savoir si je reste ou si je m’en vais au village », avait-il répondu à des journalistes qui l’interrogeaient sur une possible retraite politique. C’était en août 2022. Pour les Raspoutine et autres soutiens zélés qui ne défendent que leur bifteck, avec Biya, c’est la stabilité et le progrès social. Ils n’ont peut-être pas tort. Car, le Cameroun, contrairement à son voisin nigérian, a réussi à contenir la menace du groupe islamiste Boko Haram dont les incursions meurtrières troublaient le sommeil des populations. A cela, il faut ajouter que le Cameroun est l’un des poids-lourds, économiquement parlant, de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). Même en terme de développement  humain durable, le pays occupe un rang non ridicule, 19e sur 54 pays africains. Tout cela est  à mettre à l’actif du président Paul Biya qui, à moins d’avoir fait le choix de rentrer dans l’histoire par la petite porte, se doit, à 89 ans, de s’éclipser en passant la main à une nouvelle génération. En effet, s’il est vrai que le Cameroun, sous le magistère de Biya, a connu le progrès social et économique, force est de reconnaître que le pays est présenté comme l’un des plus corrompus sur le continent où les détournements, le clientélisme, le favoritisme et le népotisme ont pignon sur rue. Sur le plan des libertés individuelles et collectives, les signaux sont au rouge.

 Paul Biya  ne peut plus rien donner au Cameroun qu’il ne l’a fait en 40 ans

Car, au Cameroun, aucune voix n’ose s’élever contre «  le père »  dont les désirs font loi. Et ce n’est pas l’opposant Maurice Kamto qui dira le contraire ; lui qui, pour avoir contesté les résultats de la dernière présidentielle, a séjourné pendant neuf mois en prison sous les ordres du prince régnant. On oublie volontiers le cas de nombreux intellectuels qui ont dû fuir le pays à cause de leurs prises de position très critiques vis-à-vis de « papy ». Et tout cela se passe sous le regard indifférent voire complice des « hérauts » de la démocratie- suivez notre regard-qui ne bronchent pas pour des raisons évidentes de préservation de leurs intérêts. En  fait, l’une des stratégies mises en place par Paul Biya pour pérenniser son pouvoir, c’est de diviser pour mieux régner. Tant et si bien qu’il ne manque pas de tensions parmi les membres de son entourage immédiat. Il laisse croire à chacun que son heure est arrivée ; aiguisant ainsi les ambitions des uns et des autres.  En tout cas, célébrer 40 ans au pouvoir à une époque où les peuples aspirent à l’alternance, cela paraît pour le moins anachronique ubuesque. Il faut plus en pleurer qu’en rire surtout quand on sait que les longs règnes débouchent généralement sur le chaos. Les exemples sont si légion sur le continent que l’on ne prendrait pas le risque de vouloir les citer exhaustivement au risque d’en perdre l’haleine. L’on n’ose même pas imaginer l’après-Biya, tant l’avenir est plein d’incertitudes. Va-t-on vers une succession dynastique comme le redoutent certains, quand on est sait que le « fils de l’autre » est en embuscade, près à sortir du bois le moment venu ? Comment le peuple camerounais réagirait-il si un tel scénario fort probable se réalisait ? Cela dit, pour autant qu’il aime son pays comme il le prétend, Paul Biya, au terme de son mandat en cours, gagnerait à  renoncer au pouvoir comme l’avait fait son prédécesseur Ahmadou Ahidjo. Car, il ne peut plus rien donner au Cameroun qu’il ne l’a fait en 40 ans. 

« Le Pays »

 

 

Cameroun: des milliers de partisans célèbrent les 40 ans de Biya au pouvoir

6 novembre 2022 à 19:00 par AFP Par Thomas GROPALLO © 2022 AFP

Plusieurs milliers de partisans du président camerounais Paul Biya ont célébré dimanche à Yaoundé, en l'absence de l'intéressé, ses 40 ans à la tête de ce pays d'Afrique centrale confronté à des défis politiques, sécuritaires et économiques majeurs.

A bientôt 90 ans, le "sphinx" est le deuxième chef d'Etat au monde encore vivant à la plus grande longévité au pouvoir --monarchies exceptées--, derrière son voisin Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de la Guinée équatoriale depuis plus de 43 ans.

Mais, après une réélection très contestée pour un septième mandat en 2018, et alors que ses apparitions publiques se font extrêmement rares tant il est apparu affaibli physiquement ces dernières années, il a lancé ces derniers temps ses forces de l'ordre dans une répression encore plus implacable de toute opposition.

Sur l'esplanade de l'Hôtel de Ville de la capitale, à l'appel de son tout puissant Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), plusieurs milliers de partisans ont crié et dansé au rythme d'une sono diffusant des chansons en l'honneur du chef de l'Etat.

Au son entêtant des tam-tam et sous une chaleur écrasante, ces sympathisants se sont massés vêtus de chemises, robes, casquettes et d'écharpes aux couleurs vives à l'effigie de Paul Biya : marron et blanc pour les aînés du parti, bleu pour les femmes et violet pour les jeunes.

Un immense portrait déployé sur la façade de la mairie était frappé du slogan: "Un Président d'exception" en français et anglais, les deux langues officielles du Cameroun, qui a acquis son indépendance en 1960 de la France et, pour une petite partie anglophone dans l'ouest, du Royaume-Uni en 1961.

- Défis -

Le Cameroun est cependant confronté à de lourds défis, notamment sécuritaires, avec la lutte contre les jihadistes dans l'Extrême-Nord et un conflit sanglant dans les deux régions peuplées par la minorité anglophone dans l'ouest, entre l'armée et des groupes indépendantistes, les deux camps commettant crimes et atrocités contre les civils, selon l'ONU et des ONG.

Plusieurs membres du gouvernement étaient présents aux festivités de Yaoundé, le Premier ministre Joseph Dion Ngute en tête, ainsi que le président du Sénat, Marcel Niat Njifenji.

"Quarante ans à la tête de la Nation, ça ne s'usurpe pas, ça se gagne et ça se mérite, ce n'est pas à la portée de qui veut mais plutôt de qui peut", a lancé à l'ouverture des festivités Jean-Marie Abouna, maire du Ier arrondissement de Yaoundé et hôte des célébrations.

Mais évoquer la succession du président est un tabou absolu, même pour les plus proches, personne n'ayant jamais osé sortir du bois ni esquissé, du moins publiquement, la moindre intention, suscitant toutes les spéculations.

-"Corruption"-

Paul Biya "a toujours bien géré le pays malgré des périodes difficiles. Comme dans une famille, il y a des hauts et des bas", s'enthousiasmait dans la foule Emmanuel Watat, un commerçant de 36 ans et militant du RDPC depuis 17 ans.

"Nous sommes fiers de lui, nous nous levons le matin et nous sommes à l'aise dans notre pays, nous vivons en paix, et c'est une chance quand on voit la situation des pays voisins", assurait à l'AFP Florentine Ahanda, une femme de ménage de 57 ans.

Pourtant l'économie camerounaise n'est pas à la hauteur de son potentiel après quatre décennies de promesses d'un pouvoir accusé par l'opposition de corruption et de mauvaise gouvernance. Plus de 30% de la population vit dans l'extrême pauvreté en 2022 et quelque 9 millions de personnes n'ont pas accès à l'électricité, selon la Banque mondiale.

Samedi, sur Facebook, le principal opposant de M. Biya, Maurice Kamto, rival malheureux en 2018 à la tête du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), a vu dans ces 40 années de pouvoir "un piétinement arrogant des droits fondamentaux des citoyens et des libertés publiques" dans un pays où règne une "corruption systématique et généralisée".

Après sa réélection en 2018, le régime de M. Biya a fait violemment taire toute opposition politique, faisant arrêter - et condamner lourdement- des centaines de manifestants pacifiques, dont M. Kamto lui-même, emprisonné neuf mois sans procès en 2019 et libéré seulement après d'intenses pressions internationales, notamment de la France.

L'opposant a aussi qualifié sur Facebook de "rêve sans contenu" le "Renouveau du Cameroun" promis il y a quarante ans déjà par un Paul Biya ex-Premier ministre désigné successeur du Président démissionnaire Ahmadou Ahidjo, le 6 novembre 1982.

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Centrafrique-Presse.com
7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 20:26
Cameroun : Paul Biya, 89 ans, dont 40 passées à diriger le pays
Cameroun : Paul Biya, 89 ans, dont 40 passées à diriger le pays
Cameroun : Paul Biya, 89 ans, dont 40 passées à diriger le pays
Cameroun : Paul Biya, 89 ans, dont 40 passées à diriger le pays
Cameroun : Paul Biya, 89 ans, dont 40 passées à diriger le pays

 

 

05 NOV 2022 Mise à jour 05.11.2022 à 17:01 par  Lauriane Nembrot avec AFP

Le président camerounais Paul Biya achève sa 40e année passée à la tête du pays. À 89 ans, il doit cette longévité au contrôle total qu’il a su instaurer dans le pays au fil du temps. Affaibli depuis plusieurs années, son état de santé interroge. Vivement critiqué sur la scène nationale et internationale pour sa gestion autoritaire du pays, le doute persiste sur sa succession. 

La vie politique de Paul Biya a de quoi en surprendre plus d’un. Qui pouvait imaginer le destin de ce fils d’agriculteurs, d’origine modeste et né dans un petit village au sud du Cameroun ? Au coude à coude avec son voisin de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (plus de 43 ans au pouvoir), il se pourrait bien qu’il parvienne à battre les records de longévité des présidents africains. 

Surnommé le "Sphinx" pour ses rarissimes apparitions publiques et son goût du secret, l’actuel chef d’État camerounais est notoirement connu pour son caractère intraitable. Et en 40 ans de règne absolu, Paul Biya a littéralement fait du Cameroun sa chose. 

À ses débuts, il promettait de placer son mandat sous le signe du "Renouveau". Mais dans ce vaste pays d'Afrique centrale, deux générations de Camerounais ont depuis vu le jour sous la présidence de Paul Biya. Aujourd'hui, certains au Cameroun voudraient voir s'achever cet infini mandat, tout en redoutant l'instabilité qui s'en suivrait. 

Ahidjo l’introduit en politique

Ancien séminariste catholique et étudiant à Sciences-Po Paris, il entre en politique dans les années 1970. Paul Biya gravit les échelons sous son prédécesseur et mentor, Ahmadou Ahidjo. Sous sa mandature, le jeune Biya fait ses armes et occupe tous les postes au sein du gouvernement. Il devient Premier ministre de 1975 à 1982.

Le 6 novembre 1982, il est élu président du Cameroun après la démission surprise d'Ahidjo. Dès son arrivée au pouvoir, il nomme et congédie lui-même aux postes-clés pour assurer son maintien. Seul candidat, il est élu avec 100% des suffrages en 1984, réélu en 1988 également sous la bannière du parti unique, puis cinq fois encore, malgré l'instauration du multipartisme en 1990. 

Pour asseoir son autorité, Paul Biya s'appuie sur un parti-État, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Un parti qu'il a lui-même créé en 1985, trois ans après son accession au pouvoir.

Violente répression vis-à-vis de l’opposition

Paul Biya règne d'une main de fer sur son pays confronté ces dernières années à d'importants défis économiques et sociaux - 26% de la population vit dans l'extrême pauvreté selon l'ONU et la corruption est endémique jusqu'au sommet de l'État - mais aussi sécuritaires. Récemment sermonné ou blâmé par l'ONU, des ONG internationales et des capitales occidentales, dont Paris, pour les atteintes répétées aux droits humains par les forces de sécurité et la justice selon elles, Paul Biya ne fait pas grand cas de ces critiques.

Ces dernières années, Paul Biya a lancé ses forces de sécurité dans une implacable répression de toute opposition, politique ou armée. Ce qui a valu au président de 89 ans, autrefois écouté et actif dans la diplomatie du continent et au-delà, d'inhabituelles critiques de l'ONU et de capitales occidentales. Pour ces mêmes raisons, un certain refroidissement entre Yaoundé et Paris. 

Paul Biya a mis en pratique l'adage “diviser pour régner” pour rester au sommet d'un système sans que puissent s'organiser - et encore moins se coaliser - les forces qui auraient pu lui disputer son pouvoir. Stéphane Akoa, politologue camerounais. 

Le président Biya a également fait violemment taire toute opposition politique depuis 2018, faisant arrêter - et condamner - des centaines de manifestants pacifiques, dont son rival malheureux à la présidentielle, Maurice Kamto, emprisonné neuf mois sans procès en 2019 et libéré seulement après d'intenses pressions internationales, notamment de la France. "Paul Biya a mis en pratique l'adage “diviser pour régner” pour rester au sommet d'un système sans que puissent s'organiser - et encore moins se coaliser - les forces qui auraient pu lui disputer son pouvoir", résume le politologue camerounais Stéphane Akoa.

Un conflit larvé au Cameroun anglophone 

Mais la mandature de Paul Biya reste aussi marquée par un conflit intercommunautaire. Dans l'ouest du pays, une partie de la minorité anglophone s'estime ostracisée par la majorité francophone du pays. Le chef de l'État a toujours refusé toute concession notable. Il a dépêché massivement policiers et soldats d'élite pour réprimer très violemment une rébellion elle-même très meurtrière. 

"L'armée n'a pas vocation à régler une telle crise, la matrice de la radicalisation des anglophones est politique et les autorités de Yaoundé ne l'ont pas compris", estime Aimé Raoul Sumo Tayo, chercheur en défense et sécurité. Les rebelles comme les forces de l'ordre sont régulièrement accusés par l'ONU et les ONG internationales de crimes contre les civils, principales victimes d'un conflit ayant déjà fait plus de 6.000 morts depuis 2017 et déplacé un million d'habitants, selon International Crisis Group (ICG).

D'autres violences sont récurrentes sur le sol camerounais. Dans la région d'Extrême-Nord, les djihadistes de Boko Haram et du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) ont quitté leur berceau du Nigeria voisin ces dernières années pour mener de nombreuses attaques meurtrières.

Des apparitions de plus en plus rares 

Aujourd’hui affaibli par les années de pouvoir, Paul Biya n'apparaît plus qu'à l'occasion de très rares discours télévisés, enregistrés et péniblement énoncés. Ou sur des photos et vidéos très "kitschs" de fêtes de famille, au côté de son omniprésente, influente et exubérante épouse, Chantal Biya. Son style tranche singulièrement avec l'austérité du "Sphinx". Une raréfaction qui s’explique aussi par une réélection très contestée en 2018. 

Depuis son indépendance de la France proclamée le 1er janvier 1960, le Cameroun n’a connu que deux présidents de la République.  Et au bout de quarante ans, nombre d'habitants de ce vaste pays d'Afrique centrale n’ont connu que Paul Biya au pouvoir.  Durant les quatre dernières décennies, il a bâti et brisé les carrières des aspirants zélés comme des tartuffes. Parfois d'un coup de menton. Ce contrôle implacable, il l’exerce aussi bien en politique que dans son entourage familial. Au point que, même pour sa succession, les plus en vue n'osent jamais se découvrir. 

Il suffit d'un petit coup de tête, et vous n'êtes plus rien du tout Paul Biya,

Président du Cameroun

Paul Biya n'a cure des opinions étrangères comme camerounaise. Il est régulièrement accusé par ses détracteurs de régner depuis une tour d'ivoire ou depuis son village natal de Mvomeka'a, dans le sud, où il passait l'essentiel de son temps ces dernières années quand il n'était pas à Genève. "Il suffit d'un petit coup de tête, et vous n'êtes plus rien du tout": en tançant ainsi un journaliste vedette de la télé publique qui l'interviewait en 1986, Paul Biya affichait déjà la couleur.

Accusé de corruption, mais indéboulonnable 

Paul Biya a joué "de la violence et de la terreur, au gré de ses humeurs et des rumeurs, pour asservir ses collaborateurs et soumettre l'ensemble de la population", écrivait, en 2018 dans son livre "Cameroun, combat pour mon pays" Titus Edzoa. Ex-fidèle secrétaire général de la Présidence, il a été arrêté en 1997, pour corruption officiellement. L'homme, pourtant sans histoire, a été interpellé quand il s'est présenté à la présidentielle. Il a passé 17 ans en prison.

En verrouillant le commandement de son armée, confié aux plus proches, et en remettant la formation et l'encadrement des troupes d'élite et sa sécurité personnelle à des Israéliens, il a intimidé jusqu'au premier cercle. Le pays est classé 144e sur 180 dans l'indice de perception de la corruption 2021.

Depuis plusieurs années, sa santé est chancelante. Ses rares sorties à l'étranger ne l'emmènent plus qu'en soins ou en villégiature dans un très luxueux hôtel de Genève, où l'opposition l'accuse de dépenser des fortunes entouré d'une abondante cour.  En 2018, un consortium international de journalistes d'investigation, l'Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), évaluait à quatre années et demi la durée cumulée de ses "séjours privés" à l'étranger en 35 ans, brocardant un "président itinérant", pour un total de 65 millions de dollars.

"Guerre des clans"

Toutefois parler de sa succession est tabou, même pour les plus proches, personne n'ayant jamais osé sortir du bois ni esquissé, du moins publiquement, la moindre intention.

Parmi les candidats putatifs à la succession, Franck Biya, le fils du président, ou Louis-Paul Motazé, le ministre des Finances, sont régulièrement cités. Le premier bénéficiant du soutien de différents groupes baptisés les "franckistes", ou "fébistes", qui aspirent à le voir remplacer son père. 

Autre prétendant : le secrétaire général de la présidence (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh, réputé proche de la très influente Première dame Chantal Biya, qui exerce de facto par délégation une bonne partie du pouvoir exécutif et a placé ses pions au sommet de l'administration.

En cas d'empêchement du président, c'est le président du Sénat, Marcel Niat Njifenji, 88 ans, dont l'état de santé préoccupe au moins autant que celui de Paul Biya, qui assurerait l'intérim.  

 

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4 novembre 2022 5 04 /11 /novembre /2022 23:51
Le Soudan accusé de céder son or contre le soutien du groupe de mercenaires russe Wagner

 

 

Par Sudouest.fr Publié le 03/11/2022 à 11h55

Le groupe russe fournirait, entre autres, des tonnes de matériel militaire au régime autoritaire soudanais, dans un pays en proie à des contestations populaires déjà violemment réprimées par l’armée

De l’or contre des armes ? De nouvelles accusations dénoncent une collaboration du gouvernement soudanais avec Wagner, le groupe paramilitaire russe. L’or serait devenu monnaie d’échange contre les services de ces mercenaires proche du Kremlin, alors que les autorités poursuivent la violente répression de manifestations dans le pays. Le journal Le Monde et l’OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project) ont notamment enquêté sur le rôle de trois entreprises profondément impliquées dans cette collaboration russo-soudanaise. À partir de documents ayant fuité, les journalistes ont découvert des transactions reliant Aswar Multi Activities, une société de sécurité appartenant à l’armée soudanaise, Meroe Gold Limited, société au sein du réseau Wagner et M Invest, sa maison mère liée à Evguéni Prigojine, oligarque à l’origine de Wagner.

Du matériel militaire commandé par Meroe Gold

Meroe Gold est l’une des entreprises d’extraction de l’or au Soudan. Présentée comme saoudienne, l’enquête révèle que la société est véritablement dirigée par des Russes. Son représentant est originaire de Saint-Pétersbourg et est connu pour ses positions pro-Poutine. Fait unique : sous la directive du président soudanais, Meroe Gold n’est pas contrainte à verser la « part du gouvernement », soit 30 % de ses bénéfices, à l’inverse des autres compagnies étrangères d’extraction d’or. Des notes d’Aswar révèlent aussi que les employés bénéficient de la protection d’équipes de sécurité.

En échange, la société russe accorde un soutien militaire au pays africain. Le Monde et l’OCCRP ont eu accès à des déclarations commerciales douanières qui font part de plus de 920 livraisons en provenance de Russie, commandées par Meroe Gold et délivrées à une entreprise soudanaise proche du pouvoir. L’une des notes étudiées évoque des tonnes d’équipement militaire. Du matériel par la suite porté et utilisé par des unités soudanaises.

Le soutien de Wagner ne s’exprime pas seulement par des livraisons. Selon des informations, les effectifs russes sont de plus en plus nombreux dans la région et des images montreraient même certains d’entre eux entraîner directement les troupes.

Violence des autorités saoudiennes

Depuis 2018, des manifestations populaires éclatent dans le pays et sont violemment réprimées par le gouvernement. Des ONG estiment qu’au moins 260 personnes ont trouvé la mort dans les contestations. D’autres rapports dénoncent des exactions à l’encontre des citoyens : violences sexuelles, exécutions illégales, mauvais traitements… Des violences dont est régulièrement accusé le groupe paramilitaire Wagner, dans les zones où il est actif.

En mars 2022, accusé par des diplomates occidentaux, le gouvernement soudanais avait déjà démenti des allégations concernant « la présence de la société de sécurité russe au Soudan et des activités d’entraînement, d’exploitation minière, et autres activités contraires à la loi ».

 

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4 novembre 2022 5 04 /11 /novembre /2022 23:43
COP27: l'Afrique est le continent qui pollue le moins, mais celui qui trinque le plus
COP27: l'Afrique est le continent qui pollue le moins, mais celui qui trinque le plus

 

Lu pour vous

 

https://www.slate.fr/ Pierre Coudurier — Édité par Natacha Zimmermann — 4 novembre 2022 à 7h30

​La conférence des Nations unies sur le climat, qui s'ouvre en Égypte le 6 novembre, est l'occasion pour le continent de rappeler son faible poids dans les émissions de gaz à effet de serre et ses difficultés à se développer sans miser sur les énergies fossiles.

La 27e conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP27) débute ce dimanche 6 novembre à Charm el-Cheikh, en Égypte. Cette COP intervient précisément à un moment critique pour l'Afrique, continent le moins armé et le plus exposé au changement climatique, qui voit les catastrophes naturelles se multiplier.

Dix-neuf pays d'Afrique de l'Ouest au total sont concernés par les aléas climatiques. Ces derniers mois au Nigeria, des inondations historiques ont fait 600 morts et près de 1,3 million de déplacés. Scénario similaire au Tchad, où un état de catastrophe naturelle a été déclaré par le président de transition Mahamat Idriss Déby Itno, le 19 octobre. Environ un million de personnes sont touchées et 50.000 d'entre elles ont d'ores et déjà dû fuir leur domicile; les chutes d'eau engloutissent les champs et tuent le bétail, précipitant des populations déjà fragiles dans une situation de grande précarité. Certains iront sur les routes de la migration.

«Ces inondations agissent comme un multiplicateur de misère et c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour des communautés qui luttent déjà pour garder la tête hors de l'eau», alerte Chris Nikoi, directeur régional du Programme alimentaire mondial pour l'Afrique de l'Ouest. Dans le même temps, des cas de sécheresse extrêmes touchent le continent noir. C'est le cas au Maghreb, une région en plein stress hydrique, mais aussi dans la Corne de l'Afrique, qui vit sa cinquième année sans précipitations.

Résultat, la région est «au bord d'une catastrophe humanitaire sans précédent» s'alarme l'ONU. En s'accentuant, le nombre de déplacés met en effet la pression sur des États souvent dysfonctionnels, incapables d'assumer ce fardeau. Les ONG et agences onusiennes sont alors le dernier rempart pour acheminer de l'aide alimentaire. Mais leurs moyens ne sont pas illimités.

Un déséquilibre flagrant

Le continent africain est le moins résilient face au changement climatique, notamment en raison d'un faible niveau de préparation des États. Paradoxalement, il est pourtant aussi celui qui pollue le moins.

Abritant 17% de la population mondiale, le continent ne pèse en réalité que 3% des émissions de gaz à effet de serre. Un Américain moyen produit 14 tonnes de CO2 par an, contre 10 tonnes pour un Européen et moins d'une tonne pour un Africain. John Kerry, émissaire du président Joe Biden pour le climat, le rappelait d'ailleurs, lors d'un forum sur la lutte contre le réchauffement climatique: «Vingt États comptent pour 80% des émissions mondiales.»


C'est pourquoi la feuille de route ne peut être la même entre les États du Nord et ceux du Sud. «Le poids du changement climatique sur les économies du continent et les moyens de subsistance des Africains est disproportionnellement élevé en rapport à leur faible participation dans les émissions mondiales de carbone», observe notamment la Banque africaine de développement (BAD) dans son document sur les perspectives économiques en Afrique 2022.

La question des énergies fossiles

L'Afrique est prise en étau entre sa nécessaire industrialisation –600 millions d'Africains n'ont toujours pas accès à l'électricité– et les exigences internationales à satisfaire concernant la lutte contre le réchauffement. À l'approche de la COP27, alors que le continent pourrait se voir refuser un crédit-carbone suffisant à son développement et sa transition énergétique, certains États africains menacent ainsi de recourir aux investissements dans les énergies fossiles s'ils n'obtiennent pas de financements leur permettant de passer par d'autres voies, comme le solaire ou l'éolien.

Or, les énergies fossiles sont dans le viseur des instances internationales. En 2021, la BAD a modifié sa politique, afin d'exclure tout nouvel investissement dans le charbon. Quant aux grandes puissances comme la Chine et les États-Unis, elles ont multiplié les engagements pour décarboner leurs économies à horizon 2050-2060, mais demeurent toujours les plus gros pollueurs.

Les pays du G20 vont notamment arrêter de financer les énergies fossiles à l'étranger sans techniques de capture de carbone d'ici à la fin de l'année. L'objectif de la démarche étant de respecter les accords de Paris qui, en 2015, avaient fixé comme objectif de restreindre le réchauffement climatique en dessous de 1,5 °C, par rapport à l'ère pré-industrielle.

Développement ou énergies vertes?

Tout cela a le don d'en agacer certains, à l'instar du président en exercice de l'Union africaine et dirigeant sénégalais, Macky Sall, qui défend ses investissements nationaux dans le gaz, avec le projet Grand Tortue, et milite pour que l'on tienne compte des émissions passées.

«Oui pour l'énergie verte, mais avant l'énergie verte il y a une énergie de base sur laquelle l'Afrique doit se baser pour assurer son développement. On ne peut pas empêcher les pays africains de profiter de leurs ressources naturelles, présentes dans leur sous-sol, pour financer leur économie, la rendre plus compétitive», argumente-t-il. Un avis partagé par Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo et Nana Akufo-Addo, à la tête du Ghana.

«Il est essentiel que les prochains engagements climatiques prennent en considération le contexte spécifique du continent africain, notamment ses perspectives souhaitées de développement, et intègrent également le rôle important que le continent peut jouer dans un avenir à bas carbone au niveau mondial», écrit pour sa part la Fondation Mo Ibrahim, du nom d'un milliardaire anglo-soudanais devenu un philanthrope du climat.

«Malheureusement, l'Afrique est réduite au rang de suiveuse»

Les économies développées ne respectent, en outre, toujours pas leurs promesses. À la suite d'un engagement pris il y a plus de dix ans, le G20 est censé fournir 100 milliards d'euros par an aux pays pauvres pour les aider à s'adapter au changement climatique. Or, en 2019, l'aide n'a atteint que 79,6 milliards, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques. L'Asie en demeure le principal bénéficiaire (43%), devant l'Afrique (26%).

Une situation «inacceptable», insiste Bienvenu Ongoundou, spécialiste en énergies renouvelables pour l'ONG Africa Climate Action Initiative«Tous ces mécanismes sont mis en place par les Occidentaux, alors qu'ils devraient être créés par les Africains eux mêmes. Malheureusement l'Afrique est réduite au rang de suiveuse et ne décide pas de son destin», déplore-t-il.

Face à cette situation, les pays africains pourraient néanmoins faire bloc en Égypte afin d'exiger que les lignes bougent, notamment concernant le versement d'une aide plus conséquente. D'autant que la tension sur les prix de l'énergie et de certaines denrées alimentaires se fait durement ressentir depuis le début de la guerre en Ukraine le 24 février dernier. L'Afrique reste donc sur le qui vive à l'approche de cette COP27, qui se déroulera à domicile.

 

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4 novembre 2022 5 04 /11 /novembre /2022 23:00
Corruption en Afrique: Glencore condamné à de fortes pénalités à Londres

Lu pour vous

 

https://lejv2.info/ 03/11/2022 LE JV2

Glencore, géant suisse du négoce des matières premières, a été condamné jeudi par la justice britannique à payer 280 millions de livres, soit plus de 320 millions d’euros, pour des faits de corruption en Afrique, un jugement sans précédent.

Cette décision a été rendue par la Southwark Crown Court de Londres à la suite d’une enquête des autorités britanniques qui permet à l’entreprise de refermer le volet britannique des multiples procédures l’ayant visée ces dernières années, notamment aux Etats-Unis et au Brésil.

L’enquête britannique, lancée en 2019, avait révélé que Glencore, par l’intermédiaire d’employés et agents, avait versé des pots-de-vin à hauteur de plus de 28 millions de dollars pour avoir un accès préférentiel au pétrole au Nigeria, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée équatoriale et Soudan du Sud.

– Argent acheminé en jets privés –

De grosses sommes en liquide était parfois acheminées en jets privés, et les faits de corruption étaient tolérés jusque dans les plus hautes sphères de l’entreprise.

C’est la première fois qu’une entreprise est condamnée au Royaume-Uni parce que sa direction a autorisé des faits de corruption et non seulement fermé les yeux.

Au total, Glencore, qui avait plaidé coupable et a reconnu des faits « inexcusables », devra payer 280 millions de livres, soit plus de 320 millions d’euros.

Cette somme comprend notamment 93 millions de livres de « confiscation » d’actifs obtenus illégalement, un montant record pour ce type de pénalités, et 183 millions de livres d’amende, ainsi que le remboursement de frais de justice.

En rendant son verdict, le juge Peter Fraser a relevé non seulement des faits délictueux, « mais aussi des dispositifs sophistiqués pour les dissimuler, y compris le prélèvement d’importantes sommes en espèces à des fins déclarées légitimes, utilisées à des fins de corruption, comme des dépenses liées à l’ouverture d’un nouveau bureau ».

« Les comportements constatés sont inexcusables et n’ont pas leur place chez Glencore », a commenté dans un communiqué le président de la société Kalidas Madhavpeddi, assurant qu’elle avait mis en place un important programme pour revoir ses pratiques.

– D’autres procédures en cours –

L’entreprise, également propriétaire de nombreuses mines de cuivre et de charbon, avait annoncé en mai avoir noué des accords avec les autorités du Royaume-Uni, des Etats-Unis et du Brésil pour des faits de corruption en Afrique et en Amérique du Sud et de manipulation des marchés pétroliers.

Elle avait dit prévoir de payer 1,02 milliard de dollars aux Etats-Unis et 40 millions au Brésil, mais le montant des pénalités à verser au Royaume-Uni restait en suspens.

Des enquêtes sont encore en cours en Suisse et aux Pays-Bas, Glencore y étant soupçonné de ne pas avoir mis en place les mesures nécessaires pour empêcher les affaires de corruption.

Dans le détail, Glencore a accepté de payer aux Etats-Unis une amende de 700 millions de dollars pour fraude et corruption, notamment au Brésil, au Cameroun, au Nigeria et au Venezuela, et pour détournement d’informations confidentielles, notamment au Mexique.

Il a aussi été ordonné à l’entreprise de verser 486 millions pour la manipulation des prix de divers contrats échangés sur les marchés pétroliers.

Une partie du montant négocié avec Washington, qui estime que Glencore s’est illégalement enrichi de plusieurs centaines de millions de dollars, était destinée à être reversée à d’autres autorités.

Glencore a par ailleurs accepté de payer près de 40 millions de dollars pour solder l’enquête des autorités brésiliennes sur des cas de corruption, notamment auprès du géant pétrolier Petrobras.

Glencore avait mis de côté dans ses comptes 1,5 milliard de dollars pour régler ces diverses affaires. Cette somme reste modeste au vu de ses profits: au premier semestre, Glencore a vu son bénéfice exploser à plus de 12 milliards de dollars avec l’envolée des prix du pétrole et du charbon. Le bénéfice opérationnel de sa division de négoce, spécialisée dans le courtage des matières premières, a plus que doublé.

LE JV2 AVEC AFP

 

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4 novembre 2022 5 04 /11 /novembre /2022 22:29
Le divorce acté entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo (RDC)
Le divorce acté entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo (RDC)
Le divorce acté entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo (RDC)

 

Lu pour vous

 

By La rédaction de Mondafrique 2 novembre 2022

Le Rwanda bafoue, via des groupes armés, l’intégrité territoriale de son voisin congolais depuis 1996 sous prétexte de poursuivre les auteurs du génocide rwandais de 1994. La crise entre les deux pays est désormais ouverte. L’ambassadeur du Rwanda vient d’être expulsé de la RDC, les Congolais manifestent en masse contre l’activisme du Rwanda.

En réalité, ce sont les immenses richesses minières et les terres arables de la RDC qui sont convoités par le voisin rwandais mais aussi ougandais. Les deux guerres (1996-1997 et 1998 -2002) et les incursions incessantes de divers groupes armés soutenus par Kigali et/ou Kampala ont fait des millions de morts dans l’indifférence de la « Communauté internationale ».

Depuis août 2022, le M23 mouvement à la solde du Rwanda a repris les hostilités et sème la terreur auprès des populations de l’Est de la RDC. Les Congolais ont versé trop de sang, ils sont à bout de nerfs et de larmes.

L’expulsion de l’ambassadeur rwandais

Depuis la reprise des hostilités dans l’Est de la République Démocratique du Congo en août dernier par les rebelles du M23, une milice soutenue par le Rwanda, les Congolais demandaient à cors et à cris au Président Félix Tshisekedi de rompre les relations diplomatiques avec le Rwanda. C’est fait depuis le samedi 29 octobre, après la réunion du Conseil national de Sécurité, Kinshasa a décidé de donner 24 heures à Vincent Karega, l’ambassadeur de Kigali en RDC pour quitter le territoire.  

Si cette mesure satisfait les Congolais qui souffrent depuis 1994 des ingérences du petit Rwanda sur l’immense Congo, notamment par l’intermédiaire de groupes armés, comme le M23, elle ne suffira pas. Cette milice mieux armée et mieux équipée que l’armée congolaise conquiert chaque jour des territoires. Devant  leur avancée, les populations de Rutshuru, dans le nord Kivu, ont fui leur ville, et ce sont toujours les mêmes images cruelles d’un autre temps, qu’on espérait ne jamais revoir : des mamans en pagne, avec bassine sur la tête et bébé dans le dos, courant pieds nus sur la latérite.  Et c’est maintenant au tour des populations de la grande ville frontalière de Goma de s’inquiéter, les rebelles ne sont qu’à une dizaine de kilomètres où les Forces armées congolaises les combattent et tentent de les contenir.

Paul Kagamé interpellé

Devant l’avancée du M23, le président de la Commission des Affaires Etrangères du sénat américain a demandé à Paul Kagamé d’arrêter de soutenir le M23 : « un mouvement responsable du meurtre des Congolais et des casques bleus ». L’ambassadeur US aux Nations unies a fait une déclaration similaire : « C’est inacceptable. Les États-Unis appellent les groupes armés à cesser leurs assauts contre la population la plus vulnérable de la RDC ».

Le Foreign Office s’est aussi insurgé : « L’impact sur les civils est inacceptable. Les hostilités doivent cesser. Le soutien au M23 doit cesser. ». La France d’Emmanuel Macron qui a renoué avec Paul Kagamé et entretient désormais de bonnes relations avec le Rwanda ne dit mot.  Alors qu’avec la guerre en Ukraine le respect de l’intégrité territoriale d’un Etat est devenu un mantra, l’ambassadeur français aux Nations unies s’est contenté d’une déclaration aussi insipide que vague « le dialogue doit être maintenu entre les Etats de la région ».  

Le Quai d’Orsay, lui, reste muet. C’est qu’il est terrorisé par de possibles réactions d’Emmanuel Macron, qui a choisi d’être au mieux avec le président rwandais, Paul Kagamé. Au point d’offrir à ce pays anglophone le poste convoité de patron(ne) de la francophonie.

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