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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 00:13

 

NATIONS UNIES

 

Mission multidimensionnelle des Nations Unies pour la Stabilisation en Centrafrique MINUSCA

 

UNITED NATIONS

 

United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in Central African Republic

MINUSCA

 

Division des droits de l’homme

 

RAPPORT SPECIAL SUR LES INCIDENTS DE KAGA-BANDORO

 

Du 12 au 15 octobre 2016

 

Résumé Le présent rapport porte sur les abus des droits de l'homme commis par des éléments armés, principalement les ex-Seleka/FPRC et MPC, durant les attaques contre des civils et des objectifs civils à plusieurs endroits de Kaga Bandoro (préfecture de la Nana Grebizi) du 12 au 13 octobre 2016. Les informations fournies sont basées sur les résultats des missions de surveillance des droits de l'homme conduites sur le terrain par la Division des droits de l'homme (DDH) du 12 au 15 Octobre.

 

Depuis le mois d’août, la tension s’est exacerbée entre les éléments ex-Séléka et les Anti-Balaka. La méfiance entre ces deux groupes a conduit les Anti-Balaka à se regrouper à Ndomété, en septembre. Les 16 et 17 septembre, les affrontements qui ont éclaté entre les ex-Séléka et les Anti-Balaka ont causé la mort de quatre personnes et le déplacement d’environ 3.200 civils.

 

La MINUSCA a pris les mesures adéquates pour protéger les civils et établir une « zone sans arme » dans la ville et ses environs. Le 12 octobre, le corps d'un musulman a été découvert dans le quartier des Travaux Publics. Les forces de la MINUSCA qui se sont rendues sur les lieux pour y mener des vérifications en ont été empêchées par un groupe d'éléments armés présumés être un mélange d’éléments ex-Séléka et de jeunes hommes appartenant à la communauté musulmane. Ces éléments armés ont récupéré le corps de la victime qu’ils ont transporté en direction du pont principal de Kaga Bandoro.

 

Plus tard, les éléments armés musulmans et les ex-Séléka sont sortis de différents quartiers pour se diriger vers le camp des personnes déplacées internes (PDIs) de l’Evêché et la Préfecture. Ils se sont affrontés aux Anti-Balaka et aux Forces de la MINUSCA. A l’issue de missions d’enquête conduites du 12 au 15 Octobre, la MINUSCA est en mesure de confirmer la mort de 37 civils, dont quatre femmes, deux garçons, une fille et un bébé de sexe inconnu.

 

L’analyse de documents médicaux provenant de l’hôpital de la MINUSCA, de l'hôpital général préfectoral et d’hôpitaux à Bangui a permis de confirmer des blessures faites à 60 civils, dont 22 femmes et quatre enfants (trois filles et un garçon). La MINUSCA a également reçu des allégations de dix cas de viols commis par des éléments ex-Séléka. Des images satellitaires prises avant et après les incidents ont permis de confirmer le pillage et l'incendie d'au moins 400 huttes, 130 maisons dans la ville de Kaga Bandoro et 21 autres maisons sur l’axe Kaga Bandoro-Mboto.

 

Plus de 10.000 civils se sont déplacés et ont besoin d’assistance humanitaire. Suite à cet incident, la MINUSCA a assuré la protection des personnes déplacées qui ont trouvé refuge près de sa base et à qui elle continue de fournir une assistance humanitaire, notamment en soins de santé, nourriture et eau. Le commandement des différents groupes armés, en l’occurrence ceux des ex-Séléka du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC) et du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), ont pris des mesures en vue de contenir leurs éléments.

 

La MINUSCA a identifié trois catégories d’auteurs présumés, à savoir les ex-Séléka, particulièrement ceux des factions MPC et FPRC (ci-après désignés dans le présent rapport « ex-Seleka), des jeunes armés de la communauté musulmane et les Anti-Balaka. Bien que les victimes et les témoins attribuent la responsabilité d’un certain nombre de meurtres, blessures volontaires, pillage et incendies volontaires aux ex-Seleka, le représentant de la société civile les attribue aux membres du groupe d’auto-défense de la communauté musulmane.

 

Ce rapport reflétera la responsabilité de groupe, ainsi qu’il ressort des témoignages des victimes et témoins, étant entendu que des enquêtes complémentaires devront être menées à l’effet d’établir la responsabilité personnelle des auteurs présumés, avec un certain degré de certitude juridique. La MINUSCA recommande au gouvernement de soutenir d’urgence la lutte contre l'impunité des abus graves des droits de l'homme, commis récemment et dans le passé à Kaga Bandoro, tout en veillant à la conclusion rapide des enquêtes et à l’ouverture de poursuites dans les meilleurs délais.

 

Le gouvernement devrait accorder la priorité au déploiement des fonctionnaires à Kaga Bandoro, y compris des magistrats, afin de restaurer l'autorité de l'État et la primauté du droit. Le gouvernement devrait prioriser un dialogue national inclusif à tous les niveaux ainsi que la cohésion sociale entre les communautés chrétiennes et musulmanes. Les acteurs internationaux devraient soutenir le retour des ONG humanitaires qui ont quitté la zone des incidents, afin d’apporter une réponse humanitaire aux déplacés et trouver de concert, une solution à la présence des groupes armés dans les sites abritant les déplacés internes.

 

II. Introduction et contexte

 

1. Les violences qui ont éclaté à Kaga-Bandoro du 12 au 15 Octobre dénotent de l’existence d'un conflit politico-ethnique complexe, à caractère sectaire ou religieux. Dans la plupart des régions de la RCA en général et à Kaga-Bandoro en particulier, les communautés chrétienne et musulmane ont constitué des groupes d'auto-défense dans le but de protéger leurs quartiers et environs contre les activités criminelles perpétrées par d'autres éléments armés.

 

2. Les principaux auteurs d’abus du droit international des droits de l'homme (DIDH) et du droit international humanitaire (DIH) commis lors de ces violences sont les ex-Séléka, particulièrement ceux des factions FPRC et MPC, les anti-Balaka et des civils armés. Ces violences ont consisté en des attaques délibérées contre des personnes protégées dans le camp des PDIs de l’Evêché et contre d'autres civils. La présence limitée de l’autorité de l’Etat à KagaBandoro créé un environnement dans lequel les auteurs présumés d’abus des droits de l’Homme jouissent d'une impunité quasi totale. Ils ne sont pas arrêtés, encore moins traduits en justice. Dans la majeure partie de Kaga-Bandoro et ailleurs, les ex-Séléka se comportent comme des autorités de fait, en ayant un contrôle effectif sur la zone.

 

3. Au cours des mois d’août et septembre, la tension est tellement montée entre les ex-Séléka et les anti-Balaka que ces derniers se sont regroupés à Ndomété, déclenchant ainsi des violences les 16 et 17 Septembre, qui ont causé la mort de quatre personnes et le déplacement massif de 3.200 civils. Suite à ces attaques, la MINUSCA a pris des mesures énergiques en vue de protéger les civils. Pour mettre fin à la violence, la MINUSCA a tenu des réunions avec les leaders des exSéléka/FPRC, à savoir Lambert Mokove Lissane, Adam Moussa et Saad Ahamat Ali, le président exécutif des ex-Séléka/MPC, Elbachar Idriss, et le coordinateur des Anti- Balaka, Bertrand Gazamodo.

 

En outre, la MINUSCA a procédé au démantèlement de plusieurs points de contrôle érigés par les ex-Séléka /FPRC, y compris celui de Gomango, établi une zone « sans armes », puis déployé des troupes militaires en appui, en provenance de Bangui.

 

4. Le démantèlement de la plupart des points de contrôle illégaux à Kaga Bandoro semble avoir créé des frustrations au sein des ex-Séléka, dans la mesure où ces points de contrôle constituaient une source de revenus pour eux. En conséquence, l'insécurité s’est tellement accrue que les ONG internationales ont été ciblées à plusieurs reprises. Le 1er octobre, en raison de l'insécurité, les ONGs INTERSOS, IRC et Solidarité Internationale ont décidé de quitter Kaga Bandoro pour une période d'au moins 10 jours.

 

5. Le 11 Octobre, environ 2.000 civils musulmans ont organisé une manifestation pacifique à KagaBandoro pour dénoncer les mauvais traitements infligés à la population musulmane et exiger l’adoption d’un plan de retour pour les réfugiés vivant au Tchad. Les boutiques et commerces à travers la ville ont été fermés.

 

6. Le 12 Octobre, la MINUSCA a été informée de la découverte du cadavre d'un musulman dans le quartier des Travaux Publics. Les premières informations reçues ont indiqué que le 11 octobre, un employé de la station de la radio locale de Kaga-Bandoro avait tué un élément ex-Séléka lors d’une tentative de vol dans sa résidence. Ainsi, un groupe d'éléments ex-Seleka associés à des musulmans armés ont récupéré le corps qu’ils ont transféré à la mosquée. Par la suite, ils se sont transportés en direction du camp des PDI de l’Évêché et des quartiers Travaux Publics, Mambéa et Manguépa pour y lancer des attaques contre les civils et des objectifs civils. Ces attaques ont causé la mort de 37 civils, des blessures volontaires à plusieurs autres civils, le pillage et l'incendie volontaire de plusieurs maisons, de locaux des ONGs, des églises ainsi que le déplacement massif de la population à proximité de la base de la MINUSCA. D'autres déplacements ont été egalement observés dans le quartier Socada.

 

7. Il importe de signaler que les ex-Seleka ont exprimé leur déception de n’avoir pas pu rencontrer le Président Touadera lors de sa visite du 4 août à Kaga-Bandoro. De même, ils ont manifesté leur mécontentement face à consolidation et la réorganisation des Anti-balaka dans certaines parties de Kaga Bandoro.

 

8. Les ex-Séléka ont accusé les autorités locales, en l’occurrence le maire et le sous-préfet, d’être de connivence avec les Anti-Balaka qu’ils auraient aidés à se regrouper dans différentes zones de Kaga-Bandoro. Le 24 Août, six autorités locales, dont les chefs d'arrondissement et de groupes de Gobongo 1 et Gobongo 2, le chef de groupe du 5e arrondissement (Socada), Baipo 1, Baipo 3 et Kandimara ont été arrêtés illégalement sur les ordres d'Al Khatim, le commandant des exSéléka/MPC. Suite à l'intervention de la MINUSCA, ces six autorités ont été libérées le 25 Août. Dès lors, le déficit de confiance entre ces deux groupes s’est accru, à mesure qu’augmentait le mécontentement contre la MINUSCA.

 

III. Méthodologie

 

9. Les informations collectées et documentées sont basées sur des entretiens réalisées par les officiers des droits de l’homme de la MINUSCA au cours d’une mission d’enquête sur le terrain, du 12 au 17 Octobre. Lors de cette mission, l'équipe s’est entretenue avec plusieurs témoins oculaires, des victimes, des autorités locales, des chefs de groupes armés ex-Séléka (principalement du MPC et du FPRC), des membres de la société civile et des leaders communautaires et religieux. La DDH a également recueilli des déclarations pendant des réunions organisées avec différents acteurs pertinents durant les visites sur le terrain, ainsi qu’à partir des rapports des autres composantes de la MINUSCA, y compris les contingents. En outre, l'équipe a tenu des réunions avec les acteurs humanitaires, les commandants de bataillon de la MINUSCA, les médecins des hôpitaux publics et de la MINUSCA, des enseignants, le responsable du camp de PDIs et des représentants de la jeunesse musulmane.

 

10. Les enquêteurs ont également collecté des informations durant les réunions de haut niveau entre l’équipe dirigeante de la MINUSCA et les autorités locales, les représentants des PDIs, les groupes armés et la communauté musulmane, notamment pendant lors des visites dans les zones affectées suite à l’incident.

 

11. La documentation des cas a été faite sur la base de photos, de rapports médicaux et de rapports mis à jour d'autres composantes de la MINUSCA. L’utilisation d’au moins deux sources indépendantes a été respectée afin de répondre aux standards de vérification de la preuve. Plus spécifiquement, les cas de meurtres ont été corroborés par des rapports médicaux détaillant le nombre de corps collectés, le nombre de corps enterrés, les témoignages des membres des familles éplorées corroborés par des preuves de l’inhumation et/ou de l’identité de la victime. Les informations n’ayant pas pu obéir aux standards de vérification de la preuve sont rapportées comme des allégations et feront l’objet de vérification ultérieure.

 

12. La DDH a été confrontée à des défis majeurs au cours de ses enquêtes. En effet, un grand nombre de témoignages ont pu être recueillis auprès de la communauté chrétienne. En revanche, la DDH n'a pas pu avoir accès à la communauté musulmane, en raison de l'insécurité ambiante. De même, les sources se trouvant dans des zones contrôlées par des groupes armés sont fortement influencées par ces groupes. Cette situation a rendu difficile l’établissement du nombre exact de victimes et l’identification des auteurs des abus.

 

13. Par ailleurs, il est à noter que la détérioration de la situation sécuritaire et la restriction de mouvement y relative à l'ensemble du personnel du système des Nations Unies à Kaga Bandoro ont empêché l'équipe d’enquêteurs de collecter davantage d'informations au cours des événements. Enfin, les attaques contre les partenaires humanitaires n’ont pas permis de collaborer et établir la liaison avec eux pendant et après les incidents.

 

IV. Cadre légal

 

14. Conformément au régime juridique moniste de la RCA, la RCA a ratifié cinq des dix principaux traités internationaux relatifs aux droits de l'homme: Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC/adhésion le 8 mai 1981); le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et son premier Protocole facultatif (PIDCP / OP / 8 mai 1981); la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale (ratifiée le 16 Mars 1971); la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (adhésion le 21 Juin 1991) et la Convention des droits de l'enfant (ratifiée le 23 Avril 1992). Le 11 Octobre 2016, la RCA est devenue partie à la Convention contre la torture et son protocole facultatif (adhésion 11 Octobre 2016), la Convention relative aux droits des personnes handicapées et son protocole facultatif (ratifié le 11 Octobre 2016), la Convention sur les disparitions forcées (adhésion le 11 Octobre 2016) le protocole facultatif à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (adhésion le 11 Octobre 2016) et le protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (adhésion 11 Octobre 2016).

 

15. La RCA a également ratifié la Convention relative au statut des réfugiés (24 Septembre 1962) et est partie au Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale (ratifiée le 3 Octobre 2001). Au niveau régional, la RCA est un Etat partie à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (ratifiée le 26 Avril 1986), la Convention régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique (ratifiée le 23 Juillet 1970) et la Convention africaine pour la protection et l'assistance aux personnes déplacées en Afrique (ratifiée le 20 Décembre 2010). En ce qui concerne le droit international humanitaire, la RCA est partie aux quatre Conventions de Genève du 12 Août 1949 (ratifié le 1er Août 1966) et leurs Protocoles additionnels I et II de 1977 (ratifiée le 17 Juillet 1984). La CAR est tenue par le DIDH et du DIH en temps de paix et de conflit armé.

 

16. Les acteurs non étatiques sont de plus en plus tenus d'avoir des obligations des droits de l’homme lorsqu’ils sont considérés comme des autorités de facto ou ont le contrôle effectif sur le territoire et 'exercice des fonctions gouvernementales. Tel est le cas à Kaga Bandoro où les ex-Séléka sont des autorités de facto. Les ex-Séléka et leurs factions dissidentes exercent des fonctions de sécurité, en privant arbitrairement les civils de liberté par des arrestations et détentions illégales, tout en imposant des amendes illégales. Ils sont également responsables de meurtres, d’agressions, de viols, de pillages, d’attaques contre des personnes protégées et des déplacements forcés de civils, comme cela a été le cas lors des violences récentes à Kaga Badoro, entre le 12 et le 15 Octobre.... (à suivre)

 

RAPPORT SPECIAL DE LA MINUSCA SUR LES INCIDENTS DE KAGA-BANDORO
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Centrafrique-Presse.com
1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 21:18
LA CRPS CONDAMNE LES MASSACRES DES POPULATIONS CIVILES  DE KAGA-BANDORO

 

 

 

CONVENTION  REPUBLICAINE

  POUR LE PROGRES SOCIAL

                **********

      DIRECTOIRE POLITIQUE

                **********

              PRESIDENCE

                **********

SECRETARIAT NATIONAL AUX AFFAIRES ADMINISTRATIVES

               ***********

   N°…………/CRPS/DP/P/SNAA.016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

     Unité – Dignité – Travail

                              *********

 

 

 

 

 

              

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

RELATIF AUX MASSACRES DES POPULATIONS CIVILES DANS LA SOUS PREFECTURE DE KAGA-BANDORO

 

 

         Le 12 octobre 2016, suite à la découverte à Kaga-Bandoro, d’un corps sans vie identifié comme un sujet musulman, tué au cours d’une opération de braquage par des individus non identifiés, des éléments armés de l’ex-coalition Séléka se sont livrés en représailles au massacre des populations civiles du site des déplacés de l’Evêché de la localité précitée, faisant plusieurs dizaines de morts et de blessés. Ces attaques qui se sont poursuivies dans les villages périphériques de la ville de Kaga-Bandoro, ont en outre, occasionné d’importants dégâts corporels et matériels.

 

         Rien ne pouvait justifier une telle barbarie dont la photographie montrait des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards aux mains nues, froidement abattus, certains égorgés comme des animaux ou brûlés dans des maisons où ils avaient trouvé refuge.

 

         Des milliers de personnes sont en fuite dans la nature. Certains sont conduits  à Bangui sous escorte de la MINUSCA, où ils se trouvent dans une situation désespérée et de dénuement total.

 

         Le bilan fait état d'une cinquantaine de morts, de 15.000 déplacés vers la MINUSCA à la recherche de protection et de centaines de maisons incendiées.

 

         Cette recrudescence de violence s’explique par l’absence de volonté des Forces Internationales, sinon à leur désengagement à procéder au désarmement forcé des groupes armés comme le leur prescrit leur mandat placé sous le chapitre VII de la Charte des Nations Unies, mais aussi à l’impunité accordée aux criminels de guerre bien identifiés qui écument quasiment l’ensemble des villes de nos provinces.

 

         La CRPS, parti politique qui a toujours œuvré pour le dialogue et la paix,  n’a eu de cesse de répéter que sans désarmement des forces négatives, cette paix toujours fragile dans notre pays, sera illusoire.

 

         En l’absence de Forces Nationales opérationnelles, cette mission de désarmement incombe au premier chef aux Forces Internationales. Malheureusement, le massacre de  Kaga-Bandoro s’est déroulé en présence du contingent pakistanais de la MINUSCA, qui n’a rien fait pour conjurer le mal et éviter la tragédie.

 

         C'est dans ce contexte qu'un mouvement de la société civile avait appelé à une ville morte le lundi 24 octobre pour exiger le départ des casques bleus de la MINUSCA. Au cours de la manifestation 04 civils ont malheureusement été tués et 14 personnes blessées.

 

         La CRPS considère que la société civile a le droit constitutionnel de manifester. Si sa revendication sur le constat est juste, l'exigence d'un départ immédiat des Forces Internationales, en l'absence d'une Armée  Nationale restructurée, dotée de la  capacité opérationnelle de défendre les populations civiles et l'intégrité du territoire national face aux différents groupes armés paraît prématurée et exposerait inéluctablement notre pays à une implosion à la somalienne.

 

          Face à la gravité de la situation qui a ainsi prévalu et  mis en péril la vie de nos paisibles concitoyens, la CRPS : 

 

  • Présente ses condoléances les plus émues aux familles éprouvées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés ;
  •  
  • Condamne avec la dernière énergie les odieux massacres des populations civiles innocentes de la Sous-préfecture de Kaga-Bandoro et de ses environs ainsi que la tuerie des manifestants de Bangui;
  •  
  • Exige des Autorités légalement établies que les auteurs de ces actes ignobles et barbares soient recherchés, arrêtés,  jugés et condamnés pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ;
  •  
  • Appelle les patriotes, les démocrates et toutes les forces politiques et sociales du pays à la vigilance afin de déjouer les manipulations des ennemis de notre pays;
  •  
  • Réitère ses nombreux appels à l'application sans restriction par la MINUSCA  de son mandat tel que dévolu par le Conseil de Sécurité des Nations Unies
  •  

La CRPS en appelle par ailleurs à  la solidarité de la communauté nationale et internationale pour venir urgemment en aide aux compatriotes de la Sous-préfecture de Kaga-Bandoro transférés à Bangui pour raisons de sécurité.

 

                             Fait à Bangui, le 26 octobre 2016

 

 

Le Secrétaire National aux Affaires Administratives

 

 

               Maurice LENGA

 

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Centrafrique-Presse.com
1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 21:12
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : La Minusca accuse trois groupes armés de violation du droit international humanitaire à Kaga Bandoro

 

http://rjdh.org/ PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 1 NOVEMBRE 2016

 

BANGUI, 1er novembre 2016 (RJDH)—Trois groupes armés, opérant à Kaga Bandoro sont mis en cause par la Minusca dans la violation du droit international humanitaire lors des violences signalées à Kaga Bandoro. Ces accusations ont été exprimées dans un communiqué de presse publié par la Minusca.

 

Le MPC et le FPRC, deux groupes dissidents de l’ex-Séléka sous commandant respectif d’Al Khatim et Saleh Zabad et un groupe des Anti-Balaka opérationnel à Kaga Bandoro sous le commandement de Ledger Ngaya, sont les trois groupes armés accusés par la Minusca. Selon le document de la mission onusienne, ces mouvements armés se sont rendus coupables des « abus du droit à la vie, du droit à la liberté et du droit à l’intégrité physique perpétrés par des Anti-Balaka » écrit la Minusca.

 

Le document de la mission des Nations-Unies en  Centrafrique qualifie les actes reprochés à ces groupes armés « d’abus du droit international des droits de l’Homme (DIDH) et du droit international humanitaire (DIH) » précise le communiqué. Les accusations de la Minusca font suite à des violences qui ont secoué, il y a quelques jours la ville de Kaga  Bandoro où opèrent ces trois groupes armés.

 

Un cadre du MPC, joint au téléphone a rejeté ces accusations qui, selon lui n’ont aucun fondement « je ne sais pas sur quoi la Minusca s’est fondé pour accuser le MPC qui pourtant s’est opposé à ces violences. Je peux vous rassurer que ces accusations n’ont aucun fondement, ce sont des rumeurs que la Minusca a utilisées. Le MPC travaille pour la paix et combat ceux qui veulent faire la guerre » a-t-il confié.

 

Les Anti-Balaka de Kaga Bandoro, accusent les ex-Séléka et la Minusca « ce sont des mensonges que la Minusca utilise pour se faire bonne conscience. Tout le monde sait ici que les violences sont perpétrées par les ex-Séléka qui tuent et pillent devant la Minusca. Ce rapport que vous me citez là, n’est rien pour nous par ce qu’on a rien violé ici » a rejeté Ignace, un chef militaire Anti-Balaka joint à  Kaga Bandoro.

 

Selon le rapport de la Minusca, les violences de ces derniers jours ont fait  37 morts 60 blessés, 10.000 déplacés.

 

 

Centrafrique : La Minusca appelle le gouvernement à poursuivre les présumés auteurs des violences à Kaga-Bandoro

 

http://rjdh.org/ PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 1 NOVEMBRE 2016

 

BANGUI, 1er Novembre 2016 (RJDH)—La Minusca, dans son rapport préliminaire sur la situation à Kaga-Bandoro invite le gouvernement à poursuivre les présumés auteurs des violences qui ont eu lieu du 12 au 15 octobre dans la ville et ses environs, ayant entrainé la mort d’au moins 37 personnes.

 

Cette recommandation intervient deux semaines après les évènements de Kaga-Bandoro qui ont occasionné la mort de 37 personnes, 60 blessés et 10.000 déplacés, selon le document publié par la Minusca.

 

La mission onusienne demande au gouvernement centrafricain « de prioriser la lutte contre l’impunité des abus des droits de l’homme commis récemment et dans le passé à Kaga-Bandoro, notamment en s’assurant que les enquêtes déjà ouvertes arrivent à leur terme et que des poursuites soient initiées dans les meilleurs délais».

 

Cette réaction intervient alors des organisations des droits humains comme Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme, la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme ont proposé de se constituer partie civile afin de défendre les dossiers des victimes de cette crise devant la justice. Ces organisations de défense de droits humains avaient aussi recommandé l’ouverture d’une enquête internationale.

 

Si la Minusca demande au gouvernement de poursuivre les présumés auteurs des violations à Kaga-Bandoro, le Ministre Centrafricain des Affaires Etrangères, Charles Armel Doubane, avait dans une déclaration faite le 28 octobre 2016 sur RFI demandé à la Minusca d’arrêter les personnes sous mandat d’arrêt international, notamment ceux qui auraient commis de graves violations de droit de l’homme à Kaga-Bandoro.

 

Les questions de poursuite judiciaire et d’arrestation des présumés auteurs des violations des droits de l’homme en Centrafrique restent dans les faits un défi pour la Minusca et le gouvernement.

 

 

Centrafrique : Les déplacés de Kaga Bandoro à Bangui reçoivent des dons de l’église des Frères des Castors et du MLPC

 

http://rjdh.org/ PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 1 NOVEMBRE 2016

 

BANGUI, 1er Novembre 2016 (RJDH) — L’église des Frères des Castors et le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) se sont succédés pour assister le lundi 31 octobre une centaine de déplacés de Kaga-Bandoro vivant sur le site de Benz-Vi à Bangui. Ces personnes vulnérables vivent dans des conditions lamentables.

Pasteur David Bendima, responsable de l’église des Frères des Castors a confié avoir fait ce don pour soulager les déplacés qui vivent dans des conditions déplorables, « nous avons offert 10 sacs de sel de cuisine, six bidons de 20 litres d’huile végétale, 10 cartons de 80 savons linge, six sacs de riz et des vêtements pour les hommes, les femmes et les enfants. Ceci dans le cadre de réduire la souffrance de ces personnes vulnérables », a expliqué le pasteur.

 

En moins d’une heure, Martin Ziguélé, président du MLPC assiste aussi ces même déplacés. Son parle d’action humanitaire pour aider ces déplacés, « nous venons auprès de nos frères et sœurs affectés par les événements douloureux de Kaga Bandoro. Un million de francs CFA est minime par rapport aux besoins qui sont énormes. C’est un acte humanitaire que le MLPC a posé pour soutenir ces personnes vulnérables », a affirmé.

 

Le délégué des déplacés de Kaga-Bandoro, Jean-Bosco Ngouakouzou, se dit soulager par ces gestes, « aujourd’hui nous sommes plus de 200 ménages. Ce chiffre varie avec l’arrivée d’une nouvelle vague. Ces actes fraternels rassurent que nous ne sommes pas rejetés par tout le monde. Il nous manque des couchettes, nous vivons difficilement», témoigne-t-il avant d’ajouter que « pendant la fuite,  des enfants sont morts dans la brousse sans être enterrées, parce que nous n’avons pas eu de temps pour creuser une fosse. Plusieurs personnes d’entre nous sont traumatisées  », a déploré le délégué.

 

Le bilan officiel des événements des 11, 12 et 13 octobre dernier à Kaga Bandoro, fait état de 37 morts et plus de 60 blessés ainsi que plus de 400 tentes et 100 maisons brulées.

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

Violences à Kaga-Bandoro : La MINUSCA souhaite que les enquêtes ouvertes arrivent à leur terme et des poursuites initiées rapidement

 

Bangui, 30 octobre 2016 – La MINUSCA recommande au Gouvernement centrafricain de prioriser la lutte contre l’impunité des abus graves des droits de l’Homme commis récemment et dans le passé à Kaga-Bandoro, notamment en s’assurant que les enquêtes déjà ouvertes arrivent à leur terme et que des poursuites soient initiées dans les meilleurs délais. La recommandation est contenue dans le Rapport sommaire de la MINUSCA sur les incidents de Kaga-Bandoro du 12 au 15 octobre 2016 et qui tient les factions des ex-Seleka MPC et FPRC et des Anti-balaka pour responsables de ces violences qui ont fait 37 morts parmi les civils.

 

 

« Les factions des ex-Seleka MPC et FPRC sont responsables de la grande majorité des tueries, blessures volontaires, pillage et incendies volontaires. (…) La Division des droits de l’Homme (DDH) a aussi documenté des abus du droit à la vie, du droit à la liberté et du droit à l’intégrité physique perpétrés par des Anti-balaka », écrit la MINUSCA dans son rapport. Le document identifie « les principaux auteurs présumés d’abus du droit international des droits de l’Homme (DIDH) et du droit international humanitaire (DIH) comme étant les ex-Seleka, particulièrement des factions dissidentes du Front Populaire pour la Renaissance Centrafricaine (FPRC) et du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC), placés respectivement sous les ordres  de Al Khatim et Saleh Zabadi; les anti-balaka placés sous le commandement de Bertrand Gazamodo et de Ledger Ngaya ; et des civils armés appartenant aux deux communautés.»

 

Le rapport fait état de 37 civils tués, dont quatre femmes, deux garçons, une fille et un bébé de sexe inconnu. En outre, 60 civils, dont 22 femmes et quatre enfants ont été blessés, tandis que plus de 10.000 civils ont été contraints de fuir, dont la plupart a besoin d’assistance humanitaire. Par ailleurs, quelques 400 tentes du camp de déplacés, 130 maisons dans la ville de Kaga-Bandoro et 21 autres habitations sur l’axe Kaga-bandoro-Botto, ont été brûlés, précise le rapport qui indique aussi des allégations de trois cas de viols commis par des éléments des ex-Seleka.

 

 

Lors de ces attaques, les populations civiles ont fui les zones de Manguepa, Mambea, le quartier des Travaux Publics et le camp des déplacés internes de l’Évêché en direction de la base de la MINUSCA, en quête de protection. La MINUSCA recommande aux acteurs internationaux de soutenir le retour des humanitaires qui ont quitté la zone des incidents afin d’apporter une réponse humanitaire aux déplacés et trouver de concert, une solution à la présence des groupes armés dans les sites abritant les déplacés internes.

 

Le rapport rappelle que suite aux incidents, la MINUSCA a assuré la protection des civils et fourni de l’assistance humanitaire aux déplacés internes ayant trouvé refuge près de sa base. La MINUSCA a également engagé le dialogue avec plusieurs acteurs pertinents en vue de régler la crise, y compris les autorités locales, les groupes armés et les organisations de la société civile de Kaga-Bandoro. 

 

Le Rapport sommaire sur les incidents de Kaga-Bandoro est le résultat d’une mission d’investigation de la MINUSCA qui a interviewé des témoins oculaires, des victimes, des autorités locales, et rencontré des leaders des groupes armés ex-Seleka, des membres de la société civile, des leaders communautaires et religieux. L’équipe d’enquêteurs a également tenu des réunions avec des acteurs humanitaires, des médecins, des enseignants, des gestionnaires de camp de déplacés internes et des représentants de la jeunesse musulmane.

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 21:03
République centrafricaine : Raid meurtrier contre des personnes déplacées (suite et fin) (HRW)

 

 


Une des premières cibles était une école où un cours de formation de professeurs avait lieu. Un participant a raconté :

 

Un groupe de combattants de la Séléka est entré dans la cour de l’école. Ils étaient 15 environ. Ils étaient armés de couteaux et de grenades. Lorsque nous les avons vus, nous avons couru jusqu’à l’église. Mais d’autres membres de la Séléka sont arrivés à moto et nous ont coupé la route, donc nous nous sommes enfuis dans le quartier. Certains [combattants de la Séléka] portaient un mélange d’uniformes et de vêtements civils. Ils ont commencé à nous tirer dessus. Un professeur, Kango, était malade et il ne pouvait pas suivre, il a été attrapé et poignardé à mort. Je les ai regardés le tuer. J’ai appris plus tard qu’un autre professeur, le directeur du centre de formation, a aussi été tué lorsqu’ils l’ont trouvé dans le quartier.

 

Certains civils ont cherché refuge à l’hôpital provincial, à la limite entre les deux quartiers. Cependant, les combattants de la Séléka ont tué et gravement blessé les personnes alors qu’elles tentaient d’entrer dans le bâtiment. Un homme de 37 ans qui a été blessé a décrit la scène :

 

Je voulais courir à l’hôpital parce que je savais qu’il y avait des Casques bleus là-bas, mais des combattants de la Séléka se trouvaient devant l’hôpital. L’un d’eux m’a vu et a crié : « Tu es anti-balaka ». Juste à côté de moi, ils ont tiré sur un homme qui courait vers l’hôpital. J’ai décidé d’essayer d’entrer dans l’hôpital. Deux combattants de la Séléka m’ont saisi, m’ont jeté au sol et l’un d’eux m’a donné un coup de sabre à la poitrine. Mes intestins sont sortis, mais j’étais toujours devant l’hôpital, donc je les ai remis dedans et j’ai appliqué une pression sur la blessure. J’ai titubé jusqu’à l’hôpital et j’ai trouvé un médecin qui a fait une intervention d’urgence.

 

Human Rights Watch a interrogé l’homme trois jours après ces événements et a constaté une grande plaie sur la poitrine et le ventre.


Un homme de 43 ans a dit avoir vu les combattants de la Séléka tuer un homme âgé et malade : « Les membres de la Séléka lui ont tiré dessus avec un fusil artisanal, puis ils se sont approchés de lui et l’ont achevé à coups de machette. »



Un autre homme, âgé de 37 ans, a vu les assaillants tuer son frère de 40 ans : « Il a reçu deux balles alors qu’il s’enfuyait et il est tombé. Puis deux hommes ont couru vers lui et l’ont poignardé à mort dans le dos avec un couteau. »



Les combattants de la Séléka ciblaient des anti-balaka suspectés, mais ils ont tué de nombreux civils. Une femme âgée de 30 ans du quartier de Gbaya interrogée à l’hôpital a déclaré :

 

Ils ont trouvé mon fils de 17 ans, ils l’ont emmené dehors et ont commencé à le frapper avec des machettes. Alors qu’ils allaient lui donner le coup fatal, je me suis mise devant eux pour le sauver. J’avais un bébé dans le dos, mais ils m’ont frappé au bras avec la machette et l’ont entaillé. J’ai crié : « Il n’est pas anti-balaka, pourquoi voulez-vous le tuer ? » Un combattant a répondu : « Ne nous empêchez pas de tuer votre peuple. Vous avez tué un des nôtres, nous tuons les vôtres. » Ils ne m’ont plus frappée avec la machette, mais à la place, ils ont tué mon beau-père, qui était juste à côté de moi, à coups de machette dans la tête. Il avait 60 ans.

 

La femme a montré à Human Rights Watch son bandage sur le bras gauche, au-dessus du coude, où elle a indiqué avoir été frappée. Son fils était aussi en train de se rétablir à l’hôpital.


Les combattants de la Séléka ont pu rapidement dépasser les Casques bleus de l’ONU qui assuraient la protection d’environ 7 000 personnes dans l’Évêché. Certains Casques bleus ont ouvert le feu, tuant 12 combattants de la Séléka.


Dès qu’ils sont entrés dans le camp, les combattants de la Séléka ont commencé à tirer sur les civils, y compris les femmes et les enfants, ont indiqué des témoins.

Une femme d’environ 60 ans du village voisin de Ngoulekpa I, qui habitait à l’Évêché depuis trois ans, a raconté :

 

Lorsque j’ai entendu les tirs pour la première fois, je suis rentrée dans ma hutte pour me cacher. Peu de temps après, je pouvais sentir la chaleur venant des autres huttes qui étaient en flammes. Je suis sortie et j’ai vu la hutte de mon voisin brûler. Je me suis retournée et j’ai vu que la mienne brûlait aussi. J’ai commencé à courir vers la base de la MINUSCA, mais un jeune combattant de la Séléka que j’ai reconnu m’a vue et m’a tiré dans la jambe. J’ai été aidée par d’autres qui s’enfuyaient et j’ai été conduite à l’hôpital à la base de la MINUSCA.

 

Human Rights Watch a interrogé la femme le 19 octobre et a constaté ce qui semblait être une blessure par balle au bas de sa jambe gauche. Elle recevait des soins médicaux auprès de la MINUSCA. 


Un homme de 23 ans a expliqué qu’il était parti à la recherche de sa femme de 17 ans, son fils de deux mois et la sœur de sa femme âgée de trois ans après l’attaque :

 

Lorsque l’attaque a commencé, j’ai couru jusqu’à la base de la MINUSCA en espérant trouver ma famille là-bas. Lorsque les personnes ont commencé à arriver, je ne les ai pas vus, donc je suis retourné au camp pour les chercher. J’ai vu deux cadavres, mais ce n’était pas eux. J’ai trouvé ma famille près de notre maison... Ma femme avait reçu une balle dans le ventre. Notre bébé avait été tué d’une balle dans la tête. La sœur de ma femme semblait avoir reçu une balle dans la jambe. Tout autour d’eux était brûlé et détruit. Nous avons dû les enterrer dans une fosse commune.

 

Une veuve de 40 ans et mère de six enfants de Ngoulepa II, au nord de Kaga-Bandoro, a raconté qu’elle n’a pas pu emmener tous ses enfants lorsqu’elle a fui : 

 

On aurait dit que, soudain, il y avait des tirs partout et les enfants couraient dans tous les sens. J’ai simplement couru et emmené quelques-uns des petits enfants avec moi. J’ai appris plus tard que mon fils Justin Soubanoyo avait été tué. Il avait 6 ans. Il a reçu une balle dans le côté.

 

Un garçon de 15 ans du quartier de la Mission catholique a indiqué qu’il a vu son ami, de 15 ans aussi, se faire tuer : « Depuis l’endroit où je me cachais, j’ai vu Vianny courir. Il a reçu une balle dans le bras droit et est tombé. Un groupe de cinq hommes s’est jeté sur lui et l’a poignardé à mort. Après l’avoir tué, ils m’ont vu et m’ont pourchassé, mais j’ai couru et je me suis caché derrière une maison. Vianny était un étudiant, il n’était pas anti-balaka. »


Des personnes handicapées ont été visées lors de l’attaque et tuées dans les incendies. Lorsque l’attaque a commencé, « Janet », une résidente du quartier de la Mission catholique, a trouvé refuge dans la maison d’une voisine avec un homme du quartier, Bakoudou Kankandi, qui était sourd et muet. Les combattants de la Séléka ont rapidement enfoncé la porte en demandant s’il y avait des hommes dans la maison. Janet leur a répondu que non, a-t-elle raconté. « Ils nous ont fait sortir de la maison et nous ont dit de rejoindre la base de la MINUSCA », a expliqué Janet. « Mais lorsqu’ils ont vu Bankoudou, ils ont dit : “Vous avez dit qu’il n’y avait pas d’hommes ici. Ce n’est pas un homme ?” J’ai répondu : “Non, il est sourd et muet, il ne comprend pas.” Mais ils lui ont tiré dessus quand même. »


Au moins trois personnes âgées handicapées ont été abandonnées dans le camp de déplacés et brûlées vives dans l’incendie, ont indiqué les survivants.


Un proche de Gilbert Bingimale, un homme âgé qui ne pouvait pas marcher, a expliqué que la famille avait dû laisser Bingimale dans la hutte afin de pouvoir sauver les enfants. « Elle a brûlé complètement et lorsque nous y sommes retournés plus tard, nous l’avons trouvé là. Il a dû se cacher pensant qu’il serait en sécurité. Toute sa peau avait brûlé. »


Un proche de Pauline Pharama, une femme aveugle de 70 ans, a raconté qu’il n’a pas pu rejoindre Pauline Pharama une fois que l’attaque a commencé. Il a dit être revenu le lendemain matin et a trouvé son corps carbonisé et mangé par les chiens.

Après que les forces de la Séléka ont détruit le camp de l’Évêché, les violences ont continué dans les zones autour de Kaga-Bandoro, ont décrit des témoins. Une femme de 31 ans de Baïko, un quartier de la partie nord de la ville, a expliqué :

 

J’ai vu des personnes s’enfuir du quartier et j’étais nerveuse. Vers midi, j’ai entendu des motos approcher et je me suis cachée dans la brousse près de la maison. Des membres de la Séléka sont entrés dans notre propriété. Ils étaient habillés en civil, mais ils étaient armés de fusils et de machettes. Ma nièce était là avec son bébé de cinq jours, Emmanuel Sadrak. Elle a essayé de s’enfuir, mais un combattant de la Séléka l’a abattue. La balle les a tués, elle et son bébé. Ma sœur est sortie en courant de la maison pour essayer de l’aider, mais elle aussi a reçu une balle. Elle n’est pas morte. Après avoir tiré sur elles, les hommes de la Séléka ont pillé la maison. Nous avons essayé d’emmener ma nièce à l’hôpital, mais elle était déjà morte. Nous avons enterré le bébé là, à la maison.

 

Pour des raisons de sécurité, Human Rights Watch n’a pas pu se rendre dans les villages sur les routes sortant de Kaga-Bandoro. Dans les jours qui ont suivi l’attaque, cependant, des personnes déplacées de ces villages ont afflué vers la ville. Des villages le long de la route de Botto, à l’ouest de Kaga-Bandoro, ont apparemment été attaqués l’après-midi du 12 octobre. Un résident de Beguete I, un village au bord de cette route, a déclaré :

 

Tard dans la matinée, des personnes ont commencé à courir sur la route en disant que la Séléka avait attaqué le centre-ville. Quelques minutes plus tard, des combattants de la Séléka à moto sont arrivés, mais ils ont vite fait demi-tour. Puis ils sont revenus avec plus de combattants. Ils ont commencé à tirer dans les villages le long de la route. Nous avons entendu les coups de feu et nous avons fui. De loin, je les ai vus incendier mon village.

 

Les combattants de la Séléka FPRC avaient détruit les villages le long de cette route en février 2015, mais certains résidents avaient reconstruit leurs maisons. Les images satellites analysées par Human Rights Watch indiquent qu’au moins 75 maisons sur cette route ont été détruites en octobre. « Je venais juste de reconstruire ma maison et j’y ai vécu seulement cinq mois avant qu’elle ne soit incendiée à nouveau », a expliqué une veuve de 47 ans nouvellement déplacée, originaire de Zefio, à cinq kilomètres de Kaga-Bandoro, « Je suis épuisée. »

Le 13 octobre, le lendemain de l’attaque, certaines personnes ont quitté le camp de déplacés de fortune à la base de l’ONU à Kaga-Bandoro pour rechercher des possessions qui auraient pu être encore là après l’attaque et le pillage dans d’autres quartiers, mais elles aussi ont été prises pour cible. Une femme a raconté qu’elle a vu un homme se faire tuer près de la zone de Bomou abandonnée :

 

J’ai entendu une moto arriver et je me suis cachée dans la brousse. Trois membres de la Séléka sont arrivés et ont vu un homme. Ils l’ont interpellé en lui disant : « Nous ne te ferons pas de mal ». Alors il s’est approché d’eux. Ils ont parlé pendant un moment, puis j’ai entendu l’homme crier : « Ne me tuez pas ! » Mais un membre de la Séléka a sorti un couteau et l’a poignardé dans le cou. J’ai rampé pour m’éloigner, mais je me suis retournée et j’ai vu le corps de l’homme de loin.

 

La réponse de la Séléka


Lors d’une réunion avec Human Rights Watch, le général Al Khatim, chef militaire du MPC, a insisté sur le fait que les combattants de la Séléka n’ont pas participé à l’attaque du 12 octobre, rejetant la responsabilité sur des civils musulmans armés de la ville. Il a accusé la MINUSCA d’avoir échoué à protéger les civils.


Lissane, le directeur politique du FPRC, a aussi affirmé qu’aucun combattant du FPRC n’a pris part à l’attaque. Il a justifié l’assaut, cependant, en disant que les combattants anti-balaka avaient utilisé le camp comme base. Il a soutenu que le camp a été attaqué parce que des combattants anti-balaka avaient déclenché une bagarre à l’extérieur du camp avec des membres de la communauté musulmane. Alors que les anti-balaka vivaient autour du camp de l’Évêché, ils étaient armés de machettes, de quelques fusils de chasse artisanaux et d’une poignée de grenades, d’après des témoins et des résidents du camp. Aucune autre personne interrogée par Human Rights Watch n’a confirmé la version des événements de Lissane.



L’attaque à l’Évêché a aggravé les tensions et le sentiment de méfiance entre les habitants de Kaga-Bandoro et les forces de la MINUSCA. Human Rights Watch a entendu de nombreuses rumeurs dans la ville selon lesquelles des soldats de maintien de la paix pakistanais avaient fourni à la Séléka des armes, des munitions et un soutien avant et pendant l’attaque, mais aucune preuve n’est venue étayer ces allégations.



Dans une interview accordée à un média local, le ministre de la Sécurité publique, de l’Intérieur et de l’Administration territoriale, Jean-Serge Bokassa, a semblé encourager les attitudes négatives vis-à-vis des Pakistanais. « Quel est le rôle du contingent pakistanais à Kaga-Bandoro ? » a-t-il déclaré le 15 octobre. « Leur connivence avec les groupes armés n’a que trop duré. »

 


Contexte : une série d’attaques contre des camps de déplacés


Paroisse Notre-Dame – Bangui 

 

Le 28 mai 2014, un groupe de civils armés, possiblement associés à des combattants de la Séléka, ont attaqué la paroisse Notre-Dame dans le quartier de Fatima à Bangui, faisant 17 morts. La paroisse avait servi de camp de déplacés pour des milliers de résidents déplacés de Bangui depuis une offensive majeure lancée par les anti-balaka sur la capitale le 5 décembre 2013. À l’époque, les responsables locaux du camp avaient indiqué à Human Rights Watch qu’environ 5 800 personnes vivaient dans le camp le jour de l’attaque.


L’attaque est survenue juste après une bagarre de rue houleuse entre les anti-balaka et des groupes d’auto-défense musulmans. Des miliciens musulmans ont expliqué à Human Rights Watch qu’ils pensaient que certains des anti-balaka avaient trouvé refuge parmi les personnes déplacées à l’église. Les 17 morts recensés par Human Rights Watch étaient tous des civils, y compris des femmes et des enfants.

 


Paroisse de Saint-Joseph – Bambari

 

 En juin 2014, un cycle meurtrier de violences intercommunautaires a dégénéré dans la province d’Ouaka, faisant au moins 62 morts entre le 9 et le 23 juin. Les attaques, à la fois par les combattants de la Séléka et par les anti-balaka, constituaient des représailles, montrant un cycle croissant de meurtres de vengeances entre communautés. La plupart des victimes étaient des hommes qui ont été frappés à mort à coups de machette. Les violences ont culminé avec une attaque violente, le 7 juillet, menée par des rebelles de la Séléka présumés contre des milliers de personnes déplacées ayant trouvé refuge à la paroisse de Saint-Joseph de Bambari et dans la résidence de l’évêque adjacente. L’attaque a fait au moins 27 morts. Les combattants de la Séléka étaient sous le commandement du général Ali Darassa, le chef d’un groupe qui deviendra plus tard l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC).

 

Ngakobo/SUCAF – Ngakobo

 

Le 3 décembre 2015, des combattants de la Séléka UPC ont attaqué un camp de déplacés à Ngakobo, à environ 60 kilomètres de Bambari, qui abritait près de 4 500 personnes déplacées, faisant huit morts. Ngakobo a été attaqué à nouveau le 15 octobre 2016 par des hommes armés, tuant 13 civils. Les représentants de l’UPC ont nié toute implication de leurs combattants dans l’attaque auprès des médias internationaux. Human Rights Watch n’a pas pu vérifier les circonstances de l’attaque ni qui était responsable de l’attaque la plus récente.

 

 

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 20:58
République centrafricaine : Raid meurtrier contre des personnes déplacées (HRW)

 

République centrafricaine : Raid meurtrier contre des personnes déplacées


Une protection renforcée de la part des Casques bleus de l’ONU s’avère indispensable

(Nairobi, le 1er novembre 2016) – Des rebelles de la Séléka ont tué au moins 37 civils, blessé 57 autres et forcé des milliers d’autres à fuir quand ils ont rasé un camp pour personnes déplacées en République centrafricaine le 12 octobre 2016, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Ils et fait des milliers de déplacés dans et autour de la ville de Kaga-Bandoro, alors que des soldats de maintien de la paix des Nations Unies qui se trouvaient juste à l’extérieur du camp dans la ville de Kaga-Bandoro ont échoué à stopper l’attaque.


Human Rights Watch a interrogé 32 victimes et témoins à Kaga-Bandoro et dans la capitale du pays, Bangui, entre le 14 et le 21 octobre. Ceux-ci ont expliqué que les forces de la Séléka essentiellement musulmanes, possiblement avec l’aide de civils musulmans, ont tué par balle, poignardé ou brûlé vifs les civils, dont au moins quatre femmes, cinq enfants, trois personnes âgées, et quatre personnes en situation de handicap. Le nombre de morts est très probablement supérieur, car certaines victimes ont été enterrées rapidement. Outre les recherches sur le terrain, Human Rights Watch a procédé à l’analyse d’images satellites, et identifié au moins 175 maisons détruites dans les quartiers autour du camp et 435 huttes détruites dans le camp lui-même.


« Cette attaque brutale a visé des résidents qui ont déjà été contraints de quitter leurs maisons à cause des combats et ont déjà traversé tant d’épreuves », a déclaré Lewis Mudge, chercheur sur l’Afrique à Human Rights Watch. « Des attaques meurtrières comme celles-ci montrent pourquoi les Casques bleus de l’ONU ont reçu le mandat de protéger les civils par tous les moyens nécessaires – et pourquoi ils doivent l’exécuter. »


La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) comprend 12 870 membres, dont 70 agents de police et 200 militaires qui étaient présents à Kaga-Bandoro au moment de l’attaque. Des témoins ont raconté que les Casques bleus n’ont pas empêché une soixantaine de membres armés de la Séléka de traverser un pont surveillé par l’ONU et d’attaquer les civils, même si certains Casques bleus ont ultérieurement ouvert le feu et tué 12 membres de la Séléka en périphérie du camp. Aucune des forces de sécurité nationales, comme la police ou les gendarmes, n’était présente n’ont été déployées dans la ville depuis sa reprise par la Séléka en décembre 2012.

 

Le 31 octobre, la MINUSCA a publié un rapport sur les violences à Kaga-Bandoro qui documenté 37 morts parmi les civils et attribue la responsabilité de « violations graves de droits de l'homme et du droit humanitaire » aux forces de la Séléka, tout en attribuant la responsabilité de deux décès aux milices anti-balaka. Le rapport a loué les forces de la MINUSCA pour avoir pris « des mesures fortes pour protéger les civils pendant la crise ».


Les Nations Unies devraient de toute urgence déployer plus d’effectifs de la mission dans la région centrale instable, renforcer leurs patrouilles et, en vertu du mandat de la mission, garantir un usage approprié de la force pour protéger les civils face à une menace imminente, a déclaré Human Rights Watch.


De plus, le gouvernement national, les Nations Unies et les bailleurs de fonds de la République centrafricaine devraient accroître leur soutien à la Cour pénale spéciale (CPS), une nouvelle instance judiciaire avec des juges et des procureurs nationaux et internationaux ayant pour mandat d’enquêter sur les graves atteintes aux droits humains commises dans le pays depuis 2003 et de juger leurs auteurs. En août, le ministre de la Justice, Flavien Mbata, a annoncé que le procureur international de la CPS serait nommé avant la fin de l’année 2016.


Le nouveau tribunal offre une occasion significative d’engager des poursuites à l’encontre de commandants de toutes les parties au conflit qui sont responsables de crimes de guerre, comme ceux commis à Kaga-Bandoro, a indiqué Human Rights Watch.

De telles attaques relèvent également de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI). En septembre 2014, la procureure de la CPI a annoncé l’ouverture d’une enquête en République centrafricaine sur des crimes commis à partir d'août 2012.


Les combats font rage en République centrafricaine depuis décembre 2012, lorsque les rebelles de la Séléka essentiellement musulmans, prétendant représenter la minorité musulmane lésée du pays et venant du nord-est, se sont déplacés vers le sud-ouest dans des zones davantage peuplées de non-musulmans, tuant des milliers de civils. Vers le milieu de l’année 2013, des milices chrétiennes et animistes appelées les anti-balaka se sont formées pour se défendre et ont elles-mêmes commis de graves atteintes aux droits humains.


En réponse aux atrocités perpétrées par les deux camps, l’Union africaine (UA) a augmenté les effectifs de soldats de maintien de la paix dans le pays en 2013. Puis un transfert d’autorité de l’UA à la mission de l’ONU a eu lieu en septembre 2014.

Le 12 octobre, la ville de Kaga-Bandoro, capitale de la province de Nana Grébizi, comptait environ 30 000 habitants, plus environ 3 000 personnes déplacées venant d’autres parties de la région qui avaient cherché refuge dans cette ville. Environ 7 000 autres personnes étaient abritées dans un camp de déplacés en ville appelé l’Évêché, derrière la paroisse catholique de la ville. 


L’attaque de la Séléka a débuté entre 8 h et 9 h du matin, apparemment en réaction au meurtre d’un combattant de la Séléka la nuit précédente. Des combattants armés, certains portant des habits civils, ont traversé le pont qui sépare le quartier musulman du reste de la ville et ont presque immédiatement commencé à tirer sur les civils et à les attaquer avec des machettes et des couteaux.


« Les gens hurlaient et me disaient de m’enfuir », a raconté un homme âgé de 70 ans du quartier de la Mission catholique. « Alors que je courais, j’ai vu des corps par terre. La Séléka tirait sur tout le monde. J’ai couru jusqu’à l’église, mais elle était attaquée, donc j’ai couru vers le camp de déplacés. À peine quelques minutes plus tard, le camp aussi a été attaqué. »


En quelques minutes, les combattants de la Séléka ont dépassé les Casques bleus de l’ONU qui protégeaient le camp de l’Évêché. Certains Casques bleus ont ouvert le feu, tuant 12 combattants de la Séléka, mais ils n’ont pas pu empêcher les autres membres de la Séléka d’entrer dans le camp, d’attaquer les résidents et de réduire les huttes de paille en cendres.


Immédiatement après l’assaut, les forces de la Séléka ont aussi attaqué au moins trois villages le long de la route entre Kaga-Bandoro et Botto, tuant au moins quatre personnes et incendiant 75 maisons.


Les attaques ont déplacé des personnes de Kaga-Bandoro et des villages environnants. Au moins 20 000 d’entre elles sont maintenant dans un camp de fortune autour d’une base de maintien de la paix des Nations Unies, près de l’aérodrome de Kaga-Bandoro. Entre le 18 et le 21 octobre, Human Rights Watch a observé des conditions sordides dans le camp, notamment un nombre insuffisant de toilettes et des pénuries d’aliments qui nécessitent une réponse humanitaire urgente. Ces conditions imposent un fardeau particulier sur les personnes handicapées.

Des représentants de l’ONU ont indiqué à Human Rights Watch le 20 octobre qu’ils déploieraient plus de policiers dans Kaga-Bandoro en janvier 2017, faisant passer le nombre à 140. Ce doublement des effectifs sera utile, mais il faudrait qu’il soit accéléré, a expliqué Human Rights Watch.


En vertu du chapitre VII de la Charte de l’ONU, la MINUSCA est autorisée à prendre toutes les mesures nécessaires pour « protéger... la population civile du risque imminent d’atteinte à l’intégrité physique » et pour « mettre en œuvre... une stratégie de protection à l’échelle de la mission ». La protection est aussi nécessaire de toute urgence pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire, a souligné Human Rights Watch.


Des leaders de la Séléka à Kaga-Bandoro ont affirmé à Human Rights Watch que leurs combattants n’ont pas participé à l’attaque du 12 octobre. Cependant, plusieurs témoins et victimes ont identifié des combattants de la Séléka par leur nom. Deux résidents, interrogés séparément, par exemple, ont dit avoir vu le général Saleh Zabadi de la Séléka sur une moto près de l’hôpital provincial, l’un des sites où, d’après les victimes et les témoins, il y a eu des attaques et des meurtres. Les 20 et 21 octobre, Human Rights Watch a vu des combattants de la Séléka, dont bon nombre étaient vêtus en civil mais portaient des armes, se déplacer librement dans le quartier musulman de la ville.


« Des membres de la Séléka circulent ouvertement en ville avec leurs armes, envoyant le message qu’ils se sentent intouchables par la loi, un message qui n’a pas échappé aux civils », a expliqué Lewis Mudge. « Des arrestations et des poursuites judiciaires sont nécessaires de toute urgence pour stopper le cycle meurtrier des violences dans le pays. »


Pour voir une vidéo sur les violences récentes et sur la crise humanitaire à Kaga-Bandoro, veuillez consulter : 

https://www.youtube.com/watch?v=ha-tqfewKM8

 

Pour plus d’informations sur les violences à Kaga-Bandoro, veuillez lire la suite. 

Pour lire d’autres communiqués et rapports de Human Rights Watch sur la République centrafricaine, veuillez consulter :

https://www.hrw.org/fr/afrique/republique-centrafricaine 

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :
À Nairobi, Lewis Mudge (anglais, français) : +254-700-657-569 (portable), +1-646-637-3801 ou mudgel@hrw.org. Sur Twitter : @LewisMudge
À Paris, Bénédicte Jeannerod (anglais, français) : +33-1-43-59-55-31, +33-6-74-32-88-94 (portable) ou jeanneb@hrw.org. Sur Twitter : @BenJeannerod 
À New York, Philippe Bolopion (français, anglais) : +1-212-216-1276, +1-917-734-3201 (portable) ou bolopion@hrw.org. Sur Twitter : @Bolopion 

La République centrafricaine en crise


La République centrafricaine est en crise depuis la fin de l’année 2012, quand la Séléka a entamé une campagne militaire contre le gouvernement de François Bozizé. La Séléka a pris le contrôle de Bangui en mars 2013. Leur domination a été marquée par des atteintes aux droits humains généralisées, y compris les meurtres  indiscriminés de civils. Vers le milieu de l’année 2013, la milice anti-balaka s’est organisée pour combattre la Séléka. Associant tous les musulmans à la Séléka, les anti-balaka ont mené des attaques de représailles à grande échelle contre des civils musulmans à Bangui et dans des régions de l’ouest du pays. 

Des milliers de civils ont été tués par les deux camps, des centaines de milliers ont fui leurs maisons, et près d’un demi-million de personnes – dont de nombreux musulmans fuyant les attaques des anti-balaka – ont trouvé refuge dans des pays voisins. Des combattants des deux camps ont commis des viols et ils continuent à se livrer à des violences sexuelles pour punir les femmes et les filles soupçonnées d’avoir des contacts avec des personnes de l’autre camp du clivage communautaire.

La Séléka dans la province de Nana Grébizi


Des forces de maintien de la paix de l’Union africaine et de la France ont repoussé la Séléka hors de Bangui au début de l’année 2014, forçant le groupe à rejoindre les régions centrales et orientales du pays. Les divisions ethniques, les rivalités, les différends sur le contrôle des ressources et les conflits à propos de la stratégie ont rapidement déchiré la Séléka. À la fin de l’année 2014, la Séléka s’est divisée en plusieurs factions, chacune contrôlant son propre territoire.


Deux groupes de la Séléka sont présents à Kaga-Bandoro : le Front populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC) et le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC).


Alors que les deux factions se sont affrontées pour avoir le pouvoir sur Kaga-Bandoro, elles se sont aussi unies lorsqu’elles y trouvaient un avantage mutuel. En juin, elles ont créé une « brigade mixte » regroupant environ 40 combattants pour effectuer des patrouilles communes. Le 21 octobre, le directeur du cabinet politique du FPRC, Lambert Lissane, a indiqué à Human Rights Watch que les membres de la brigade se déplacent dans la ville à moto sans uniformes. Lambert Lissane a soutenu que la brigade n’est pas armée, mais les 20 et 21 octobre, un chercheur de Human Rights Watch a vu des hommes armés à moto, que les résidents ont identifiés comme étant des membres de la brigade mixte.


Les violences à Ndomete


Au début du mois de septembre, la milice anti-balaka a établi un barrage routier sur la route entre Kaga-Bandoro et la ville de Ndomete, située 10 kilomètres plus loin, apparemment après que la Séléka a refusé de céder aux pressions de la MINUSCA visant à lui faire retirer un barrage routier à Ndomete. La milice et les combattants rebelles utilisent les barrages routiers pour extorquer de l’argent aux civils.

Quatre témoins ont rapporté à Human Rights Watch que des combattants de la Séléka ont assailli Ndomete et ont tué six civils le 16 septembre. Les premiers rapports du gouvernement national ont indiqué que 26 personnes ont été tuées, mais ni l’ONU ni Human Rights Watch n’ont été en mesure de confirmer ce chiffre. Lissane, le dirigeant politique du FPRC, a expliqué à Human Rights Watch que les combattants de la Séléka anticipaient alors une attaque imminente des anti-balaka. Les Nations Unies et Human Rights Watch n’ont pas trouvé de preuves pour étayer les dires de Lissane. Un résident de Ndomete a raconté :

 

Des membres de la Séléka sont venus à bord de motos et de pick-up le matin. Ils ont commencé à tirer sur les personnes dans leurs maisons. Ils m’ont trouvé hors de ma maison et ont débattu pour savoir s’ils devaient me tuer ou non. Pendant qu’ils parlaient, j’ai vu que des combattants de la Séléka avaient trouvé un fusil de chasse [artisanal] dans la maison de mon voisin. Ils ont supposé qu’il était anti-balaka. Il leur a dit que ce n’était pas le cas et a proposé de payer 200 000 francs [environ 340 dollars], mais ils [les combattants de la Séléka] ont répondu que ce n’était pas suffisant et ils lui ont tranché la gorge.

 

À la suite de l’attaque de Ndomete, la MINUSCA a renforcé sa présence sur la route entre la ville et Kaga-Bandoro, et une unité de police de la MINUSCA a été envoyée à Kaga-Bandoro.


Les violences à Kaga-Bandoro


Le 11 octobre, des représentants de l’organisation musulmane de la ville ont marché vers les bâtiments administratifs pour remettre un manifeste appelant à la réinstallation du barrage routier de la Séléka à Ndomete, à la fin des contrôles par les Nations Unies au pont conduisant au quartier musulman, au dialogue entre le gouvernement et les groupes armés, et au remplacement de l’unité de police rwandaise de la MINUSCA en ville, qu’ils accusaient de cibler les musulmans.

Les tensions étaient fortes dans le quartier musulman lorsque le corps de Mahamat Oumar, un combattant de la Séléka, a été découvert tôt au matin du 12 octobre dans le quartier TP (Travaux publics). Le corps d’Oumar a été transporté à la mosquée locale, où une foule s’est rassemblée. Des dirigeants de la Séléka, y compris le général Mahamat Al Khatim du MPC et Lissane du FPRC, ont expliqué à Human Rights Watch qu’ils ont essayé sans succès de calmer la foule croissante et agitée.

Entre 8 h et 9 h du matin, des combattants du côté musulman de la ville sont passés du côté non musulman. Le premier groupe d’environ 20 personnes était armé essentiellement de couteaux, de machettes et de grenades, ont raconté des témoins. Un deuxième groupe d’environ 20 personnes est arrivé avec des fusils Kalachnikov et des lance-grenades, suivi de 20 hommes de plus à moto. Les Casques bleus de l’ONU sur le pont n’ont pas été en mesure de stopper les combattants. Dès que les combattants de la Séléka sont entrés dans le quartier non musulman, ils ont attaqué les civils.

 

 

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 20:56
Lu pour vous : Fin de « Sangaris », violences persistantes en Centrafrique

 

COMPTE RENDU

 

Par Ekaterina Dvinina LE MONDE Le 01.11.2016 à 07h30

 

La France a mis un terme à son opération militaire dans un pays en proie à l’angoisse et désormais placé sous la seule protection des Nations unies, faute d’un Etat et d’une armée, capables de résister aux milices.


Le ministre français de la défense a officiellement proclamé lundi à Bangui la fin de trois années d’opération militaire française en Centrafrique. « La page de l’opération “Sangaris” est tournée en République centrafricaine », a déclaré Jean-Yves Le Drian lors d’une cérémonie au camp militaire Mpoko. M. Le Drian était arrivé à Bangui la veille, au moment où des affrontements entre milices terrorisaient de nouveau le quartier musulman du PK5, faisant une dizaine de morts. En fin de semaine, d’autres violences meurtrières avaient eu lieu dans le centre du pays. Dans ce contexte tendu, M. Le Drian a assuré aux responsables centrafricains que les relations militaires entre les deux pays allaient néanmoins se poursuivre. « L’armée française sera certes moins visible, mais elle sera présente, active et vigilante », a-t-il affirmé lors d’un discours à l’Assemblée nationale de Bangui, devant des députés inquiets de la violence persistante dans leur pays de 4,5 millions d’habitants, où tout est à reconstruire. « Nous conserverons une capacité d’intervention grâce aux unités de l’opération “Barkhane” (dont l’état-major se trouve au Tchad voisin) ou aux autres forces positionnées en Afrique », a-t-il avancé. Environ 350 militaires français, équipés de drones d’observation, resteront présents en Centrafrique, dont une centaine au sein de la force de l’ONU, la Minusca, notamment au niveau de l’état-major.

 

La France avait mobilisé plus de 2 000 soldats au plus fort des tensions. La fin de « Sangaris » redonne un peu d’air à l’armée française, qui est engagée sur deux autres théâtres d’opération, dans la bande sahélo-saharienne (4 000 hommes) et au Moyen-Orient (4 000 hommes), et fortement mise à contribution sur le territoire national depuis les attentats de 2015 (7 000 hommes en moyenne). La France avait lancé « Sangaris » au début de décembre 2013, alors que son ancienne colonie était le théâtre de massacres sans précédent après le renversement du président François Bozizé. « “Sangaris” se retire beaucoup trop tôt. Nos forces de sécurité ne sont pas en mesure de prendre le relais. Les forces onusiennes sont de plus en plus débordées dans leur rôle de pompiers », a regretté le député centrafricain Anicet Georges Dologuélé, ancien candidat à l’élection présidentielle.

 

Ekaterina Dvinina


r http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/11/01/fin-de-sangaris-violences-persistantes-en-centrafrique_5023530_3212.html#5i3rDPmLQ080OzRX.99

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 23:18
Centrafrique: violences mortelles à Bangui pendant la visite de Le Drian

 

 

31/10/16 (AFP)

 

Des affrontements entre groupes armés ont fait de nouveaux morts dimanche à Bangui alors que le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian officialisait lundi la fin de l'opération militaire Sangaris lancée en décembre 2013 pour mettre fin aux violences et au chaos.

 

Des règlements de compte dimanche entre des "groupes d'auto-défense" dans le quartier musulman du PK5 auraient fait une dizaine de morts, selon un bilan de sources locales non encore confirmé par la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minsuca), désormais en première ligne face aux groupes armés.

 

Un premier bilan de source sécuritaire, dimanche, faisait état de quatre morts.

 

Aux alentours du PK5, les habitants continuaient lundi de fuir, redoutant de nouvelles violences. Un hélicoptère des forces internationales survole en permanence Bangui depuis 05H00 du matin, a constaté un correspondant de l'AFP.

 

Ces violences se sont produites alors que le M. Le Drian est arrivé dimanche à Bangui pour officialiser la fin de l'opération Sangaris lancée fin 2013 pour éviter un "génocide", selon Paris, après le renversement du président François Bozizé.

 

M. Le Drian doit rencontrer le président Faustin-Archange Touadéra, les responsables de la Minusca et s'exprimer devant l'Assemblée nationale à 09h00 GMT.

 

Deux jours avant sa visite, très médiatisée, d'autres violences dans le centre du pays avaient fait 25 morts, dont six gendarmes, selon la Minusca.

 

Le gouvernement a dénoncé dans un communiqué un "plan machiavélique conçu par les ennemis de la paix", visant les populations de Bossangoa dans le nord, Bozoum et Bocaranga, dans le nord-ouest.

 

Après M. Le Drian, le vice-secrétaire général des Nations unies, Jan Eliasson, est attendu mardi à Bangui pour une visite de 48 heures, indique la Minusca.

 

Paris qui va maintenir quelque 350 soldats en Centrafrique se veut rassurant envers cette ancienne colonie.

 

"La France n'abandonnera jamais la Centrafrique", a promis le Premier ministre français Manuel Valls dans un entretien à RFI/France 24 à l'occasion d'une visite dimanche à Abidjan, en Côte d'Ivoire.

 

"Nous fermons une opération parce que cette opération a été un succès", avait assuré de son côté M. Le Drian le 19 octobre devant l'Assemblée nationale à Paris.

 

"Nous avons évité des massacres de masse (...) permis un processus de réconciliation intercommunautaire, la reconstitution de l'Etat centrafricain, une élection présidentielle, des élections législatives", a-t-il énuméré.

 

La France s'était interposée fin 2013 dans les massacres entre la rébellion Séléka majoritairement musulmane et les anti-balaka, des miliciens principalement chrétiens. Le conflit a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de réfugiés et de déplacés dans ce pays pauvre de 4,5 millions d'habitants.

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 23:14
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : « Le retrait de la Sangaris sera compensé par une présence renforcée dans la Minusca », selon Jean Yves Le Drian

 

http://rjdh.org/ PAR JUVENAL KOHEREPEDE LE 31 OCTOBRE 2016

 

BANGUI, 31 Octobre 2016 (RJDH)–Le Ministre de la Défense française, Jean Yves Le Drian est ce 31 octobre à Bangui pour mettre un terme à l’Opération Sangaris. Pendant cette visite, il a échangé avec les Parlementaires centrafricains. Il a aussi fait le bilan des trois années de la force Sangaris qu’il a qualifié de « positif ».

 

Aux pires moments de la crise militaro-politique en Centrafrique, la France avait dépêché en décembre 2013 l’Opération Sangaris en appui à la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique (MISCA) pour éviter que le pays sombre dans une guerre au lourd bilan. Trois ans après, Sangaris se désengage de la RCA.

 

Après sa rencontre avec le Président centrafricain, Faustin Archange Touadera et celle avec le responsable de la Minusca, le Ministre Français de la Défense, Jean Yves Le Drian était l’hôte des parlementaires où il a fait le bilan de l’Opération Sangaris.

 

A l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, Jean Yves Le Drian a déclaré aux Députés que « la force Sangaris a contribué, de manière déterminante à la stabilisation du pays, elle a enrayé les cycles d’exaction de masse, de représailles, de vengeances… ».

 

Sur cette déclaration du Ministre Français concernant le bilan de l’Opération Sangaris en Centrafrique, Madame Béatrice Epaye, Députée de Markounda a noté que « c’est une réponse classique, il a tenté de nous rassurer, mais nous constatons qu’ils partent au moment où les représailles des bandes armées se sont multipliées dans le pays ».

 

Pour Jean Yves Le Drian, son pays continuera de veiller sur la situation sécuritaire de la RCA et pourra intervenir en cas de besoin avec les dispositifs présents au Gabon et au Tchad. Il n’a pas manqué de préciser que la France va maintenir sa contribution à la restructuration des Forces Armées Centrafricaines sous le contrôle des forces de l’Union Européenne de L’EUTM.

 

350 soldats français vont rester en Centrafrique pour constituer une force d’intervention rapide pour la Minusca.

 

 

Centrafrique : La COMUC fait le bilan de l’affrontement au km5

 

http://rjdh.org/ PAR SANDRINE MBAGNA LE 31 OCTOBRE 2016

 

BANGUI, 31 octobre (RJDH) — Après les échanges de tirs entre les factions armées du Km5 dans la soirée du 30 octobre, l’heure est au bilan. Il ressort  selon la Coordination des Organisations Musulmanes de Centrafrique (COMUC) que deux leaders des groupes d’auto-défense sont morts et des blessés sont enregistrés.

 

Le quartier commercial du Km5 a vibré hier soir par des tirs intenses d’armes de guerre. Cet échange de feu entre trois factions a fait au moins 8 morts et plusieurs blessés dans le secteur.

 

Selon un membre de la COMUC joint par le RJDH et qui a requis l’anonymat,  huit personnes sont mortes dans ces tirs et plusieurs autres sont blessées. Parmi les personnes décédées, cinq (05) appartiennent à des groupes d’auto-défense dont « Abdoul Danda et Issa Capi alias 50/50 qui sont des chefs de groupes  ». Il a ajouté que « trois innocents sont morts dont l’Iman d’une mosquée près de la Mosquée Ali Babolo. Les blessés sont actuellement à l’hôpital pour des soins ».

 

Sur ces affrontements, des sources évoquent un bilan de dix morts et des blessés.

 

Selon Abdel, un commerçant au KM5, joint par le RJDH les causes de ces combats remontent à l’assassinat du Commandant Mombeka. «  C’est depuis le 4 octobre dernier après l’assassinat du commandant Mombeka que le groupe d’auto-défenses qui sont proches du commissariat du 3ème arrondissement ont interdit à Abdoul Danda et ses éléments de patrouiller dans leur zone », a-t-il précisé.

 

Selon la source, « hier, aux environs de 17 heures, Abdoul Danda à bord d’un véhicule a tenté de franchir la zone interdite. Et l’autre camp s’est soulevé pour leur tirer dessus et c’est de là que les combats ont commencé » a-t-il témoigné.

 

Depuis ce matin, le secteur est calme et certains habitants des quartiers environnants qui avaient fui, commencent à regagner progressivement leurs domiciles. Mais les établissements scolaires voisins de km5 n’ont pas ouvert leur portes pour raison de sécurité.

 

Aucune réaction officielle n’est enregistrée depuis cet accrochage.

 

 

Centrafrique : Le transport paralysé sur l’axe Sibut-Grimari-Bambari

 

http://rjdh.org/ PAR RJDH LE 31 OCTOBRE 2016

 

BANGUI, 31 octobre 2016 (RJDH)–Suite à l’incursion des ex-Séléka à Biraka, village situé à 8 Km de Grimari et l’assassinat de 6 gendarmes dans une embuscade tendue par des hommes armés la semaine dernière, aucun véhicule n’emprunte les voies qui mènent à la de Grimari. 

 

L’affrontement armé entre les anti-Balaka et les ex-Séléka à Grimari et l’assassinat de six (06) gendarmes dans une embuscade par un groupe armé le 26 octobre 2016 à 11 Km de la ville ont entravé la libre circulation des personnes et des biens.

 

Joint par le RJDH, le Sous-préfet de Grimari, Ludovic Assana a rapporté que « les taxi-motos ne circulent pas et aucun véhicule ne s’hasarde d’emprunter les axes qui conduisent à Grimari depuis la mort des gendarmes dont les corps ont été transférés à Bangui». Il a ajouté que « l’administration est aussi fermée et les habitants de la ville continuent de se regrouper devant la base de la Minusca par mesure sécuritaire en cas d’éventuelle attaque ».

 

La Sous – préfecture de Grimari est entre deux foyers de tension qui sont Bambari et Kaga-Bandoro. Depuis la semaine dernière, les ex-Séléka multiplient leurs attaques aux périphéries de Grimari situé sur la Route Nationale N°2.

 

Cet arrêt brutal de transport sur cet axe économique du pays crée déjà des pénuries de viande de bœuf à Bangui et des produits de première nécessité en provinces.

 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 23:11
 IMPRESSIONS DE BANGUI (suite) par David KOULAYOM-MASSEYO

 

                                                    

     La précipitation mise par la France à se désengager militairement de Centrafrique à un moment jugé crucial par les Centrafricains eux-mêmes et par tous les observateurs sérieux de la scène centrafricaine, jette un trouble dans les esprits . Elle pousse à se poser des questions essentielles ; car enfin, la France a envoyé ses troupes en Centrafrique pour «  désarmer toutes les milices et groupes armés qui terrorisent les populations » . Elle file au moment où les violences ont repris , sans avoir désarmé, tout en sachant que la RCA n’a pas d’armée …que la Minusca n’est pas efficace . Cela ressemble à un abandon de la RCA aux ex-Séléka de triste mémoire . A quoi joue la France en Centrafrique ?

 

                          VI . CE QUI ATTEND LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

     C’est Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères, qui a parlé le premier d’un risque de « génocide » en Centrafrique . D’aucuns ont raillé, moqué et même ridiculisé sa prise de position radicale . L’homme préside dorénavant aux destinées du Conseil Constitutionnel, mais à écouter les nouvelles qui nous parviennent quotidiennement de la RCA, est-on sûr qu’il se soit trompé ?

 

        1 . Le billard à plusieurs bandes de la France en Centrafrique

    

La Françafrique n’est décidément pas morte, car après cette forte déclaration de Laurent Fabius, c’est au ministre de la défense que la France a sous-traité sa politique extérieure en Centrafrique . Ce dernier en est à son huitième voyage au moins en Centrafrique !

 

Monsieur Le Drian est à Bangui pour acter la fin de la mission Sangaris malgré l’urgence sécuritaire : pas un jour sans coups de feu et de cadavres à Bangui ou en province . Quitter la RCA dans ce cas revient pratiquement à donner le feu vert aux ex-Séléka pour reprendre les hostilités et peut-être le pouvoir de l’Etat . Prétendre que l’on laisse trois cent cinquante (350) hommes ( qui seront vite débordés en cas de reprise des hostilités ) pour se donner des raisons de revenir une énième fois dans le pays et démontrer l’utilité de la France ? Ce plan machiavélique est une parfaite définition de l’impérialisme français et de la Françafrique quel que soit le régime politique en France . Il a été théorisé par le général De Gaulle cf accords de défense militaire, création d’ELF avec Foccart, Pasqua etc .

 

           2 . Le paradoxe français   

 

     Au lieu de reconnaître purement et simplement son échec militaire en Centrafrique au travers de la mission Sangaris, la France s’enferme dans des explications à dormir debout :

 

-les avions de chasse basés au Tchad peuvent intervenir en trente minutes

 

-des drones seront envoyés pour renforcer le renseignement

 

-la mission Sangaris est retirée pour renforcer l’opération Sentinelle sur le sol français . L’utilité de Sentinelle est mise en doute par les experts …

-the last but not the least : les trois cent cinquante soldats restants font former les Forces Armées Centrafricaines ( FACA ) ! L’attitude de la France laisse perplexe à plus d’un titre . Outre le fait qu’on ne voit pas très bien pourquoi trois cent cinquante hommes vont réussir là où deux mille cinq cents autres ont échoué lamentablement avec du matériel hight tech, ce repli tactique français n’est-il pas là pour faire retomber la pression internationale relatives aux abus sexuels exercés par ses hommes sur des mineurs centrafricains ?  N’est-ce pas soustraire ces violeurs à la justice que de les ramener au bercail où ils vont pouvoir embrasser leurs enfants après avoir violé ceux des autres ?

   

Pourquoi envoyer des drones à la place de superdrones pilotés que sont les Puma, Gazelle et autres Fennec, fleurons de l’industrie de guerre française ?

 

    Comment former les FACA en rapatriant massivement le matériel envoyé en Centrafrique ? L’axe Bangui-Douala est embouteillé nuit et jour de camions militaires français alors que la ville de Bangui compte encore vingt et un (21 ) sites de réfugiés .  Quelles populations centrafricaines la mission Sangaris était-elle censée protéger primitivement ? Question subsidiaire : combien d’années faut-il pour former une armée nationale ? Sangaris est restée trois ans en Centrafrique !

 

     Comme le disait si bien Seignebos, je ne peux que « me répéter ou me contredire » . Alors je le répète : la France ne sortira de son ambiguïté en Centrafrique qu’à son détriment . Après avoir utilisé un faux nez ( Misca, Résolution de l’ONU, Minusca ), elle se défile sur la pointe des pieds, tout en restant là sans donner les vrais moyens au pays pour se défendre et envisager un réel développement . La réunion des bailleurs à Bruxelles est tout indiquée pour que la France montre de quoi elle est capable .

 

     Mais il se murmure déjà à Bangui que les drones français ne serviraient qu’à surveiller les sites économiques centrafricains les plus intéressants …

 

La suite au prochain numéro .

                                                       Le 31 Octobre 2016

 

                                                       David KOULAYOM-MASSEYO .

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 23:09
Centrafrique - Sangaris : "Un goût d'inachevé"

 

Centrafrique - Sangaris : "Un goût d'inachevé"

Jean-Yves Le Drian est arrivé dimanche à Bangui pour mettre officiellement fin à la mission des soldats français. Mais leur départ inquiète.

dit à l'AFP en demandant l'anonymat - "car le sujet est très sensible" - un responsable politique centrafricain de premier plan, ajoutant : "Les groupes armés redoutent la force française, mais pas la force onusienne."

 

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