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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 17:29
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : Aristide Briand Reboas se porte candidat à la présidentielle de 2020

 

BANGUI, 08 Septembre 2020 (RJDH) --- Aristide Bruno Reboas, président du Parti Chrétien Démocrate, a annoncé le lundi 07 septembre à Bangui sa candidature à la présidentielle de 2020. Au cœur de son programme politique, le rétablissement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire avec l’anéantissement des groupes armés.

Ancien directeur de services de renseignements sous le régime du Président Bozizé, Aristide Briand Reboas, place au cœur de sa politique la restauration de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire centrafricain. Ce qui selon lui passe par l’anéantissement des groupes armés.

« Dans le but de restaurer la sécurité, la paix en Centrafrique, il faut neutraliser toutes les forces nuisibles qui fragilisent la relance économique, à travers l’agriculture, l’élevage, le commerce », avant de lancer qu’« on ne négocie pas avec les groupes armés ».

Dans son discours de circonstance, le président du Parti Chrétien Démocrate (PCD) fait reposer sa politique de développement sur la jeunesse et les femmes. En retraçant l’histoire du pays, avant, pendant et après l’indépendance, « à 60 ans d’impédance, le pays a reculé par rapport aux pays de la sous-région », a constaté Aristide Bruno Réboas.

Sur la tenue à bonne date des élections, sans détours, il croit qu’il y aura inéluctablement un éventuel glissement dans le processus électoral. « C’est prévisible. Les opérations d’enrôlement des électeurs ne sont encore terminées à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Les électeurs n’ont pas encore leurs cartes. Toutes explications prouvent le glissement du calendrier électoral », a-t-il fait mention.

Par-dessus tout, le désormais candidat à la présidentielle de fin d’année, souhaite une élection transparente, inclusive, démocratique, afin d’éviter une éventuelle crise.

Auguste Bati-Kalamet

 

 

Centrafrique : deux agents de la police nationale enlevés dans le nord-Ouest du pays

 

BANG, 08 septembre 2020 (RJDH) --- Un policier et un auxiliaire de la police ont été enlevés dans la nuit du dimanche 06 au lundi 07 septembre au village Mdéré dans la préfecture de l’Ouham Péndé au Nord de la République Centrafricaine.

Il s’agit d’une information RJDH confirmée par plusieurs sources indépendantes dans la localité de l’Ouham-Péndé, une préfecture contrôlée partiellement par les 3R, un des 14 groupes signataires de l’accord de la paix du 06 février.

L’enlèvement a eu lieu, selon nos sources, au village Mdéré situé à 14 Km de la ville de Ngaoundaye, un des bastions du mouvement 3R. Les deux agents de la police kidnappée étaient en poste selon nos informations.

A en croire, une autorité politique, qui a requis l’anonymat « les deux policiers auraient été conduits à la base principale des 3R à Koui l’une des sous-préfectures de la Nana-Mambere ».

Difficile pour le moment au RJDH d’entrer en contact avec les 3R pour leur version des faits.

Cet enlèvement intervient deux semaines après que la MINUSCA et les FACA avaient lancé l’opération A LA LONDO occasionnant ainsi la destruction de plusieurs bases des 3R dans le Nord-Ouest de la RCA.

Ketsia Kolissio

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Centrafrique-Presse.com
8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 16:40
Éloigner les vieux démons !
Éloigner les vieux démons !

 

Centrafrique: l’ex-président Michel Djotodia reçu par le chef de l’Etat

 

https://www.rfi.fr/ 

 

L’ex-président centrafricain Michel Djotodia a été reçu par le chef de l’État Faustin-Archange Touadéra ce lundi 7 septembre dans l'après-midi. Officiellement, il s’agit d’une visite de courtoisie. Michel Djotodia est rentré samedi dernier après plus de six ans d’exil au Bénin. Cette fois-ci définitivement, a-t-il indiqué. Il dit s’être entretenu avec le président Touadéra de sa volonté « d’œuvrer en faveur de la consolidation de la paix ».

La rencontre entre les deux hommes aura duré trois quarts d'heure. En sortant, Michel Djotodia a tenu à marquer son soutien aux autorités. « Je convie tout le monde, tous les Centrafricains à s’unir et à soutenir l’effort de paix du gouvernement, afin d’aller aux élections dans un climat d’apaisement », a-t-il indiqué devant la presse.

À quatre mois de la présidentielle, se dirige-t-on vers une alliance entre l’ancien président et le parti au pouvoir ? « Une alliance n’est pas à l’ordre du jour », affirme un de ses proches, Idriss Salao. « Pour l’instant, la priorité est la paix dans le pays, son ambition personnelle viendra après », ajoute ce dernier.

Rencontre avec les groupes rebelles

D’ailleurs, précise-t-il, Michel Djotodia compte se rendre dans le nord pour y rencontrer les groupes rebelles et comprendre pourquoi les violences continuent, malgré un cessez-le-feu signé l’année dernière. Avant d’affirmer qu’il s’agit d’une initiative personnelle.

La presse centrafricaine croit savoir que Michel Djotodia est rentré au pays à l’invitation de la présidence et pour soutenir la candidature du chef de l’État, auquel il apporterait les voix du nord-est. « Non, il n’y a pas de discussion, ni de contrat entre les deux hommes », répond un porte-parole du parti au pouvoir.

 

 

Éloigner les vieux démons !

 

https://www.cameroon-tribune.cm/ Par Paul EBOA 07 Sept. 2020 11:00

 

Le retour de l’ancien président Michel Djotodia, avant-hier au bercail, s’intègre dans le processus de la réconciliation en République centrafricaine.
 

Le retour de l’ancien chef de l’Etat intervient quelques semaines après celui d’un autre ancien président à savoir François Bozizé. Certes, les deux anciens dirigeants centrafricains affichent leurs intentions de prendre activement part au processus de la consolidation de la paix dans le pays. L’accord de paix signé le 6 février dernier prévoit un statut pour les anciens chefs d’Etat.
 

Il reste cependant que l’un et l’autre étaient les principaux acteurs la grave crise ayant ébranlé « le berceau des bantous » de 2013 à 2016. Cette crise avait pris une ampleur telle que les populations avaient été prises en otages par des bandes armées se réclamant du camp de la Séléka ou de l’autre camp des miliciens des anti-balaka. Ces extrémistes avaient multiplié des exactions sur l’ensemble du territoire centrafricain et s’étaient payés le luxe de dresser certaines communautés contre les autres.

Y compris les communautés religieuses. La proximité des responsables de ces groupes armés par rapport aux deux anciens chefs d’Etat avait fait croire que ceux-ci encourageaient leurs exactions dans l’espoir secret de reconquérir le pouvoir. Toujours est-il que la crise ayant opposé la Séléka aux anti-balaka avait été si durement ressentie par l’Etat centrafricain qu’elle n’avait pris fin qu’avec la forte implication de la communauté internationale. Mais aussi et surtout avec l’accession du président Faustin Archange Touadéra à la magistrature suprême.
 

On avait alors compris pourquoi le chef de l’Etat centrafricain avait placé sa gouvernance sous la trilogie de la réconciliation nationale, de la paix et de la relance économique. La vision du président Faustin Archange Touadéra conserve encore toute sa pertinence. Elle n’oppose pas la recherche de la paix à la manifestation de la justice. Notamment les poursuites nationales ou internationales contre les anciens présidents Djotodia et Bozizé. Par contre, cette vision favorise la culture de la paix pour éloigner les vieux démons et préparer l’élection présidentielle du 27 décembre 2020 dans la sérénité.    

 

 

Centrafrique: des évêques dénoncent la mainmise des groupes armés qui ravagent le pays

 

https://www.rfi.fr/ 08/09/2020 - 00:09

 

Dans une lettre publiée, ce dimanche, ils dénoncent les exactions commises par ces factions qui, rappellent-ils, se sont pourtant engagées à renoncer aux armes et à la violence. En effet, 14 groupes armés ont signé un accord de paix avec le gouvernement, il y a 18 mois. Mais sur le terrain, ils contrôlent toujours 80% du territoire.

 

 

Ces groupes armés imposent leur loi. Pour nous, cela reste une préoccupation. Est-ce que les élections ne vont pas être monnayées entre les leaders politiques et ces groupes armés?Monseigneur Nestor-Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa et président de la Conférence épiscopale centrafricaine

Alexandra Brangeon

 

Dans leur communiqué, les évêques sont sévères : « les seigneurs de guerre se plaisent dans le business de la guerre, érigé en modèle économique du sang humain. » « Ils tirent profit de l’accord politique pour la paix », sans contrepartie décrie Monseigneur Nestor-Désiré Nongo Aziagbia.Nous les avons interpellés dans notre message à être cohérents avec eux-mêmes. Ils ont signé librement un accord de paix. (…) La réalité est là pour nous dire que cet accord de paix n’a pas été respecté par ces groupes armés.

Monseigneur Nestor-Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa et président de la Conférence épiscopale centrafricaine

Alexandra Brangeon

 

Les évêques critiquent également le gouvernement qui, selon eux, n’est plus en mesure de bâtir des politiques publiques profitables à la population.

 

Centrafrique: l’augmentation du prix des cartes d’identité suspendue

 

https://www.rfi.fr/ 05/09/2020 - 10:16

La Cour administrative de Bangui suspend les effets d’un arrêté ministériel fort impopulaire. Celui-ci, pris il y a plus d'un an, augmentait fortement le prix des documents d’identité. La carte nationale d’identité passait par exemple de 4 000 à plus de 6 000 francs CFA. Un député indépendant, Thierry Vackat, avait alors déposé deux requêtes pour la suspension et l'annulation de cet arrêté. Il a obtenu ce vendredi 4 septembre la suspension, le temps pour la Cour de juger sur le fond.

 « Personnellement, il n’y a pas de triomphalisme. Mais ce que je leur ai dit, c’est la victoire du peuple, c’est la victoire de la justice », se réjouit le député Thierry Vackat, président de la Commission défense et sécurité à l’Assemblée.

« Les juges ont vu que les préjudices sont incommensurables, poursuit-il, dès lors qu’ils ont ordonné un sursis à l’exécution de l’arrêté Curier. Nous irons au fond pour obtenir l’annulation pure et simple de l’arrêté interministériel pris par le ministre de la Sécurité publique et celui des Finances. On ne peut pas continuer à se payer sur le dos du peuple centrafricain. Le seul rempart du peuple, le seul rempart de faibles sur la justice, à défaut de la justice, c’est la révolution. »

 

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Centrafrique-Presse.com
8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 16:30
Les "seigneurs de guerre" fustigés par les évêques centrafricains
Les "seigneurs de guerre" fustigés par les évêques centrafricains
Les "seigneurs de guerre" fustigés par les évêques centrafricains

 

Les évêques centrafricains s’inquiètent de l’omniprésence des groupes armés

 

https://www.la-croix.com/ Lucie Sarr, le 07/09/2020 à 12:40

 

Dimanche 6 septembre, les évêques de la République centrafricaine ont rendu publique une lettre pastorale intitulée « fais sortir mon peuple ». Dans ce texte, ils s’adressent aux acteurs politiques à trois mois des élections présidentielle et législatives et s’inquiètent de l’omniprésence des groupes armés dans le pays.

 

À la veille des élections couplées (présidentielle et législatives) du 27 décembre 2020, l’épiscopat de la République centrafricaine a interpellé les différents acteurs de la vie politique du pays dans une lettre pastorale publiée dimanche 6 septembre.

Dans ce texte, les évêques font part de leur inquiétude quant à la situation qui prévaut en Centrafrique avec l’omniprésence des groupes armés malgré l’accord de paix de 2019. « Nous constatons avec amertume que 70 % voire 80 % de notre pays est encore occupé par des groupes armés dont certains des plus farouches leaders sont des mercenaires, regrette l’épiscopat centrafricain. Ils sont impliqués dans des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des crimes environnementaux et des pillages à grande échelle de nos ressources minières. »

La question des groupes armés

Depuis le début de la crise en Centrafrique en 2013, 8 accords ont été signés entre le gouvernement et les groupes armés. Le dernier a été conclu le 6 février 2019. À cette date, le président Touadéra avait signé, avec 14 groupes armés, à Khartoum, au Soudan, un accord de paix dans lequel les parties s’engageaient à renoncer aux recours aux armes pour régler leurs différends. Mais la mise en œuvre de l’accord se heurte à de nombreuses difficultés comme le font remarquer les évêques et pire, selon eux, l’accord de Khartoum profite aux groupes armés. « Les seigneurs de guerre tirent profit de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine, font-ils remarquer. Ils jouissent en conséquence de tous les privilèges, en particulier la pleine liberté de mouvement et l’impunité malgré la poursuite discontinue des exactions sur le terrain. L’accès aux autorités leur est garanti. Ils se plaisent dans le business de la guerre, érigé en modèle économique du sang humain. Sûrs de la protection de leurs parrains, ils soutiennent, organisent, installent et enracinent partout dans le pays la transhumance armée et tiennent une administration parallèle. »

Qualité des élections

L’épiscopat de Centrafrique se pose, par ailleurs, des questions sur la qualité des élections à venir et sur la fiabilité des résultats qui en découleront. « Que pouvons-nous dire des échéances électorales qui se projettent dans notre pays ? se demande-t-il. Seront-elles des élections crédibles et acceptées ou des élections contestées et suivies de scènes de violences ? Y a-t-il à l’heure actuelle un climat de confiance ou de méfiance ? À quels types d’alliances politiques assistons-nous ? Les candidats aux élections présidentielles et législatives sont-ils prêts à signer et à respecter un code de bonne conduite ? ».

Le 25 juillet, l’ancien président François Bozizé (déchu à la suite de la crise de 2013) a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Tout comme lui, Catherine Samba-Panza, ancienne présidente centrafricaine - qui a dirigé le pays pendant la période de transition, entre janvier 2014 et janvier 2016- a annoncé sa candidature le 28 août. Celles de Michel Djotodia- qui s’est autoproclamé président après la chute de Bozizé- et du président sortant Faustin Touadéra sont également attendues.

Appel à la responsabilité

Pour garantir le libre jeu de la démocratie, la Conférence épiscopale centrafricaine demande aux différents acteurs d’assumer les responsabilités qui leur incombent. Elle invite ainsi le gouvernement à éviter une « ingérence des pouvoirs publics dans le processus électoral ». À l’autorité l’Autorité nationale des élections (ANE), elle rappelle la nécessité de ne pas céder aux pressions mais également de mettre en place un mécanisme de prévention de toute fraude électorale. Les partis politiques quant à eux, sont invités faire leurs certains principes dont les plus importants sont de garantir l’unité nationale, la paix et la sécurité et le respect des droits humains.

 

 

Les "seigneurs de guerre" fustigés par les évêques centrafricains

 

06 septembre 2020 AFP

 

Les évêques de Centrafrique ont vivement dénoncé la mainmise des groupes armés qui ravagent le pays dans une lettre publiée dimanche, alors qu'approchent les élections prévues en décembre. 

La Centrafrique est toujours en proie aux exactions des milices depuis qu'une coalition de groupes armés a renversé le régime du président François Bozizé en 2013.

La signature d'un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes armés en février 2019, n'a pas permis de ramener la sécurité dans une grande partie du territoire.

"Les seigneurs de guerre tirent profit de l'Accord politique pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine", écrivent les auteurs de la lettre.

Ces leaders rebelles "jouissent de tous les privilèges, en particulier la pleine liberté de mouvement et l’impunité malgré la poursuite discontinue des exactions sur le terrain. L'accès aux autorités leur est garanti. Ils se plaisent dans le business de la guerre, érigé en modèle économique du sang humain", fustigent les évêques centrafricains.

Les auteurs critiquent également le gouvernement: l'Etat, selon eux, "n'est plus totalement en mesure de bâtir des politiques publiques profitables à la population".

Toutefois, les évêques évoquent des "signes d'espérance", à quatre mois de la présidentielle : la reconstruction de l'armée nationale, avec le soutien de l'Union européenne et de la Russie, ainsi que le redéploiement de l'autorité de l'Etat dans plusieurs provinces du pays.

 

Forte présence des groupes armés : Centrafrique, les évêques interpellent les politiciens

 

https://www.afrik.com/ Par Daouda Ndour  8 septembre 2020

 

C’est par une correspondance adressée aux hommes politiques que les évêques centrafricains ont fait connaître leur inquiétude par rapport à la présence intempestive des groupes armés, en particulier, à l’approche des élections présidentielles.

« Fais sortir mon peuple », tel est le titre d’une lettre pastorale rendue publique, dimanche 6 septembre 2020, par les évêques de la République centrafricaine. Une correspondance épistolaire à travers laquelle ils s’adressent aux acteurs politiques, à trois mois seulement des élections présidentielles et législatives. Ils s’inquiètent de l’omniprésence des groupes armés dans leur pays.

« Nous constatons, avec amertume, que 70% voire 80% de notre pays est encore occupé par des groupes armés dont certains des plus farouches leaders sont des mercenaires. Ils sont impliqués dans des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des crimes environnementaux et des pillages à grande échelle de nos ressources minières », peut-on lire dans la correspondance rédigée par l’épiscopat centrafricain.

Des inquiétudes d’autant plus fondées que, depuis 2013, des groupes armés se sont très bien installés en Centrafrique où ils font la loi. L’économie politique du conflit et l’espace d’action largement ouvert expliquent, entre autres, cette prolifération d’armes et de groupes armés en Centrafrique.

Dans un espace politique caractérisé par l’extrême pauvreté et l’inversion du contrat social, le « business conflict model » des groupes armés est très attractif, y compris pour les acteurs politiques de Bangui et des communautés en quête de protection et de moyens de survie. C’est l’une des raisons principales qui font que l’écosystème des groupes armés reste fondamentalement ouvert en Centrafrique.

 

Centrafrique: des évêques dénoncent la mainmise des groupes armés qui ravagent le pays

 

https://www.rfi.fr/ 08/09/2020 - 00:09

 

Dans une lettre publiée, ce dimanche, ils dénoncent les exactions commises par ces factions qui, rappellent-ils, se sont pourtant engagées à renoncer aux armes et à la violence. En effet, 14 groupes armés ont signé un accord de paix avec le gouvernement, il y a 18 mois. Mais sur le terrain, ils contrôlent toujours 80% du territoire.

 

 

Ces groupes armés imposent leur loi. Pour nous, cela reste une préoccupation. Est-ce que les élections ne vont pas être monnayées entre les leaders politiques et ces groupes armés?Monseigneur Nestor-Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa et président de la Conférence épiscopale centrafricaine

Alexandra Brangeon

 

Dans leur communiqué, les évêques sont sévères : « les seigneurs de guerre se plaisent dans le business de la guerre, érigé en modèle économique du sang humain. » « Ils tirent profit de l’accord politique pour la paix », sans contrepartie décrie Monseigneur Nestor-Désiré Nongo Aziagbia.

Nous les avons interpellés dans notre message à être cohérents avec eux-mêmes. Ils ont signé librement un accord de paix. (…) La réalité est là pour nous dire que cet accord de paix n’a pas été respecté par ces groupes armés.

Monseigneur Nestor-Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa et président de la Conférence épiscopale centrafricaine

Alexandra Brangeon

 

Les évêques critiquent également le gouvernement qui, selon eux, n’est plus en mesure de bâtir des politiques publiques profitables à la population.

 

 

B) SIGNES D’INQUIETUDES

9. Chers sœurs et frères, sur le plan politique, nous nous interrogeons sur l’efficacité des institutions républicaines dans la reconstruction de notre pays. Nous constatons avec amertume que 70% voire 80% de notre pays est encore occupé par des groupes armés dont certains des plus farouches leaders sont des mercenaires. Ils sont impliqués dans des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des crimes environnementaux et des pillages à grande échelle de nos ressources minières. Au regard de l’article 5 des dispositions de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine, les groupes armés se sont engagés à « renoncer au recours aux armes et à la violence pour faire valoir toute forme de revendication », « procéder…à la dissolution intégrale des groupes armés… », « mettre immédiatement fin à toutes formes de recrutement dans les groupes armés y compris d’enfants et d’étrangers ». Mais la situation sur le terrain est loin d’être le cas. Les groupes armés continuent à endeuiller notre pays. Ils ont commis des crimes de sang sur des innocents à Bocaranga, Bohong, Bozoum, Besson, Bouar, Birao, Ndélé, Bria, Lemouna, Koudjili… Ils oppriment les populations par des exactions multiformes. Certains renforcent leur position. Ils recrutent de nouveaux combattants. Ils s’approvisionnent en armements et en munitions. Ils mettent en circulation de nouveaux véhicules flambons neufs. N’auraient-ils pas encore renoncé au projet de partition de notre pays ? Chercheraient-ils à perturber le processus électoral en cours ?

10. Les nouvelles agitations des 3 R et les tentatives de l’UPC de renforcer ses positions à l’est du pays vont à l’encontre de la recherche de la paix. La signature d’une entente entre l’UPC et les 3 R invite à redoubler de vigilance, de réactivité et de fermeté pour éviter toute surprise quant à la partition du pays.

11. Les seigneurs de guerre tirent profit de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine. Ils jouissent en conséquence de tous les privilèges, en particulier la pleine liberté de mouvement et l’impunité malgré la poursuite discontinue des exactions sur le terrain. L’accès aux autorités leur est garanti. Ils se plaisent dans le business de la guerre, érigé en modèle économique du sang humain. Sûrs de la protection de leurs parrains, ils soutiennent, organisent, installent et enracinent partout dans le pays la transhumance armée et tiennent une administration parallèle. Ils s’opposent à la restauration effective de l’autorité de l’État par les conquêtes de nouvelles 4 localités et les attaques armées contre les institutions de l’État. Cette technique n’est rien d’autre qu’une cynique stratégie de colonisation des terres au détriment des populations évincées de leurs biens et contraintes aux déplacements forcés et dont les droits sont impunément bafoués. Cette stratégie cacherait-elle un plan de purification des autochtones en lieu et place de la transhumance armée ? Comment expliquer la venue massive des éleveurs dans les localités de Bambouti, Obo, Zémio ?

12. La situation sécuritaire globale du pays reste bien préoccupante. Beaucoup d’armes sont en circulation et le processus du DDRR tarde à véritablement prendre son envol. L’impunité accumulée ne présage d’aucune sécurité immédiate pour la population livrée à la merci des crimes humains de tous genres.

13. La démocratie se veut la gestion rigoureuse des libertés individuelles dans la discipline et l’égalité devant la loi. Toutefois, nous regrettons la persistance des actes d’incivisme, de justice populaire à l’égard des personnes accusées de sorcellerie et d’impunité vis-à-vis des grands criminels. Où allons-nous alors ? Quelle société avons-nous choisi pour nos enfants et notre futur ?

14. La fonction de l’Etat ne semble pas encore tenir compte du principe de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Ce principe devrait garantir la pérennité, l’efficacité et le suivi du service administratif. Or, les élections deviennent un prétexte pour remplacer les véritables commis de l’Etat. Les nominations se font par affinité politique au détriment de l’Etat. Et beaucoup de choses se passent comme si l’intérêt individuel de certains privilégiés est plus important que l’intérêt de la nation. Que ferons-nous pour créer les conditions propices à l’établissement d’institutions fortes et à l’émergence des cadres compétents, capables de les porter ?

15. Depuis l’avènement des rebellions armées avec leur panoplie d’innombrables accords politiques, l’Administration est devenue un terrain d’embauche pour des combattants illégaux. L’État, ainsi privé d’une administration de mission au service de l’intérêt général, n’est plus totalement en mesure de bâtir des politiques publiques profitables à la population. Il survit grâce à la solidarité internationale ou à un endettement chronique qui entretient la spirale de la très grande pauvreté.

16. Nous saluons l’appui financier de la Communauté Internationale au budget de fonctionnement de l’Etat. Cependant, aucun pays ne peut vivre à long terme dans cette dynamique de dépendance. Des concessions sont gracieusement offertes à des sociétés étrangères depuis Bangui. Les cahiers de charge ne sont jamais respectés (construction d’infrastructures routières, écoles, centres de santé…) et le pays continue à croupir dans la pauvreté. À qui profitent alors les richesses du pays ?

17. Quelle évaluation pouvons-nous faire du rôle de l’opposition démocratique ? Cette dernière se consacre-t-elle uniquement à combattre le Gouvernement ? L’opposition ne devrait-elle pas aussi faire des propositions 5 constructives pour le relèvement du pays ? A quoi servent réellement les innombrables partis politiques en République Centrafricaine ? La question de la paix et de la sécurité nationale concerne-t-elle seulement le Gouvernement ? Comment collaborer plus efficacement pour des questions d’intérêts communs ?

18. Sur le plan social, le peuple est habité par des attentes déçues. Les mêmes méfaits persistent : ethnicisme, tribalisme, régionalisme, clanisme, corruption, népotisme, clientélisme, détournement, bradage des biens publics ou privés appartenant aux appauvris de la guerre, déplacés, réfugiés, veuves et orphelins… Les victimes désenchantent. Le secteur de l’éducation ne bénéficie pas de tous les appuis nécessaires pour une meilleure préparation de la jeunesse. Avons-nous vraiment le souci de former des cadres compétents, crédibles et dévoués pour l’avenir ? Le pays est-il résolument engagé sur la voie du développement intégral ?

19. Quand on parcourt la République Centrafricaine, il est terrifiant de rencontrer des villages entiers contraints à l’abandon par leurs populations ou incendiés par des criminels impunis. L’état d’insécurité rend des milliers de maisons inhabitables. Des familles préfèrent vivre en exil ou rester sur des sites des déplacés qui sont parfois situés à une centaine de mètres de chez eux. Les victimes attendent désespéramment d’être rétablies dans leurs droits. A quand les réparations maintes fois promises ? Que dire à ces jeunes qui risquent de passer toute leur jeunesse dans des sites de déplacés dans leur propre pays ? A quand la réparation des crimes ? Quels leaders pourront sortir le peuple centrafricain de l’oppression, de la misère, de l’ignorance ?

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Centrafrique-Presse.com
7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 19:16
Centrafrique: Michel_Djotodia, ancien Président de Transition est à Bangui. 
Centrafrique: Michel_Djotodia, ancien Président de Transition est à Bangui. 

 

 
 
Le Président de la République, Son Excellence Pr Faustin Archange TOUADERA a accordé une audience en ce début d'après midi du 07 septembre 2020 à Monsieur Michel DJOTODIA AM-NONDOKRO, ancien Président de transition. 
 
De retour pour la seconde fois au pays après sept années d’exil à Cotonou au Benin, Michel DJOTODIA AM-NONDOKRO est venu discuter avec le Président TOUADERA sur sa volonté d’œuvrer en faveur de la consolidation de la paix en République Centrafricaine.
 
Interrogé par la presse présidentielle au terme de cette rencontre, l’ancien Président de la transition, Michel DJOTODIA a livré ses impressions en ces termes :
 
"Le Chef de l’Etat, malgré ses lourdes tâches, ses préoccupations, a tenu quand même à me recevoir et comme vous le savez, chez nous en Afrique, quand on revient au village, il faut aller tout droit rencontrer le Chef et échangé avec lui. C’est ce que j’ai fait.
 
Nous avons fait le tour de l’application de l’Accord de Khartoum, et naturellement nous avons parlé de mon emploi du temps ici, qui consiste à rencontrer les forces vives de la nation, les anciens Chefs d’État, pour pouvoir consolider la paix en République Centrafricaine. Voilà le principal objectif de ma présence ici.
 
Je convie tout le monde, tout centrafricain à s’unir, à soutenir l’effort de paix du gouvernement car d’ici là il y aura les élections et nous aimerions y aller  dans un climat d’apaisement et de fraternité. Je demande à tous d’appuyer le gouvernement, d’appuyer les efforts tendant à ramener la paix et de demander  à la Communauté Internationale d’appuyer le gouvernement afin que la paix revienne avant ses consultations électorales.
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Centrafrique-Presse.com
7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 19:11
RCA: Catherine Samba Panza l’ombre de l’Angolagate et de la bancorisation des recettes de l’Etat, refait surface

 

 Tribune libre d'un compatriote sur Facebook
 
 
Nul ne peut hésiter un seul instant sur la personnalité de Catherine Samba Panza, ancienne cheffe d’Etat de la transition chancelante qui a mis tous les centrafricains dans le pétrin. 
 
Une femme encore à la tête de la RCA, pourquoi faire ? Catherine Samba Panza peut bien annoncer sa candidature à la  présidentielle. Mais c’est le résultat qui  compte. Comme disait Machiavel : « la fin qui justifie toutes les prétentions politiques ».
 
L’on ne peut imaginer un seul instant que l’ancienne cheffe d’Etat de la transition, Catherine Samba Panza pour tenir un discours contraire à ce qu’elle avait déclaré  à nos confrères de RFI en ces termes : « absolument pas. 
 
Dans cinq ans, j’aurai 66 ans. J’estime que j’aurai un âge suffisamment avancé pour avoir des activités moins stressantes. Et la politique ne m’intéresse pas. De toutes les façons, quoi que les médias en disent ». Voilà comment Catherine Samba viole son serment et cela va lui coûter devant l’histoire.
 
 En quoi, Catherine Samba Panza qui géré la République Centrafricaine en deux ans, de manière clanique, exclusive, dont le gouvernement était dominé par ses collègues  du Lycée Pie 12, avec un système de gestion opaque, calamiteuse ou scabreuse de la chose publique.
 
Etre candidate pour l’élection à suffrage universel direct, ne devrait pas être assimilée  celle organisée  dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, parrainée par  Charles Malinas, sous les auspices d’Yves Le Drian. Catherine Samba Panza  n’a pas honte  de dire qu’elle va désenclaver la RCA à travers l’électricité ? Qui a impulsé le système de délestage de 8 heures du temps avec son oncle Banganzoni ?
 
A-t-elle oublié la gestion scabreuse des recettes de l’Etat où se faisait transporter via des petits sacs appelés ‘’banco’’ ? Pour preuve, Comment les 3 milliards de dollars offerts par l’Angola ont été transportés ? Est-ce verser au Trésor Public ou dans le sac à main de Catherine Samba Panza et ses proches.
 
C’est aujourd’hui que Catherine Samba Panza peut-elle estimer traiter le problème de la RCA au fond ?  L’exclusivité  organisée lors du forum de Bangui, ne lui sert pas de leçon ? En toute vérité, Catherine Samba devrait renoncer à sa candidature, si elle est sage et se souvient de sa déclaration sur RFI.
 
La RCA n’est une poubelle où les criminels économiques vont et reviennent pour saper le moral du Peuple. Catherine Samba Panza représente un poison car, dans son entourage on clame haut et fort qu’elle candidate de la France, soutenue par Jean Yves Le Drian. En attendant, le Peuple qui a vécu la transition chancelante est là pour sanctionner.
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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 18:38
Nouvelles nationales sur RNL
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Bangui: la gendarmerie nationale passe à l’offensive contre le banditisme

 

 

Centrafrique: montée inquiétante du niveau des eaux de l'Oubangui

Les habitants des quartiers riverains de Bangui et Bimbo s’inquiètent de la montée rapide des eaux de l'Oubangui. Frappés par les inondations de novembre 2019, ces familles craignent revivre les désastres de l'année dernière. Plusieurs d'entre elles envisagent déjà un déménagement tandis que d’autres attendent du gouvernement des mesures adéquates pour prévenir une nouvelle catastrophe naturelle.

Le fleuve Oubangui, long de plus de 1.000 kilomètres, longe une grande partie du sud de la République centrafricaine. En bordant ce cours d'eau en amont de Bangui, l’ambiance fait place à la méfiance. Ces derniers jours, l’augmentation du niveau des eaux inquiète les riverains. Partant de l’ambassade de France vers l'hôtel Oubangui, l’eau s’approche dangereusement de la grande route. Face à cette situation, certains habitants craignent le pire. Pour eux, le fait que les eaux gagnent les habitations est une catastrophe qui se prépare.

"Nous constatons ces derniers jours que les eaux du fleuve envahissent notre concession. La progression est très rapide. Les dégâts risquent d'être énormes par rapport à ceux de l'année dernière" craint une vendeuse de poissons.

Cependant, dans le septième arrondissement, c'est un autre phénomène qui voit le jour. Au quartier Nguito par exemple, lorsque le soleil se pointe au zénith, le niveau du fleuve augmente et le quartier est inondé. Situation similaire au quartier Mpoko bac, dans la commune de Bimbo où le fleuve a quitté son lit pour se diriger peu à peu vers le marché. Certains habitants cherchent déjà à plier bagage.

"L'eau sort de la fondation de la maison. L'année dernière, les inondations avaient démarré de cette manière. Avec cette allure, le niveau d'eau va dépasser celui de l'année dernière. La montée est très rapide car l'eau est entrain de gagner les quartiers. Nous avons très peur" témoigne Jean Pierre Ngbokoli, un riverain.

En novembre 2019, ce phénomène cyclique a provoqué le déplacement des milliers de personnes, occasionné la destruction des centaines de maisons d’habitations et couté la vie à quelques dizaines de riverains à Bangui et dans certaines villes de provinces. Par ailleurs, en vue d’éviter d’éventuelles catastrophes naturelles et humanitaires, ces habitants appellent le gouvernement et ses partenaires à agir en conséquence.

 

Centrafrique: le ministre de la communication Ange Maxime Kazagui dans le viseur des manifestants pros-pouvoirs

Vingt quatre (24) heures après la marche des pros pouvoirs contre le président de l'Union pour le renouveau centrafricain (URCA), Anicet Georges Dologuélé, la tension est vive au ministère de la Communication et des médias. Les partisans du ministre Ange Maxime Kazagui se sont mobilisés, ce vendredi 05 septembre 2020, dans l’enceinte dudit ministère pour dénoncer la machination du pouvoir à l'endroit de leur leader. 

Le jeudi 03 septembre 2020, des partisans du pouvoir ont marché à Bangui pour dénoncer les propos du chef de file de l’opposition, Anicet Georges Dologuélé et exiger en même temps de l’Assemblée nationale la levée de son immunité parlementaire. A la grande surprise, lors de la lecture des points de revendications contenus dans le mémorandum à remettre au représentant des élus de la Nation, Euloge Doctrouvé Koï, l’un des organisateurs de la marche lâche « nous réclamons la démission immédiate du ministre de la communication et des médias ».

Ce point de revendication sorti de l’ordinaire suscite encore des interrogations tant à Bangui que dans la diaspora centrafricaine. Cependant, les leaders de la plateforme dénommée "Galaxie 3003", à l’origine de cette revendication défendent leur position.

"Tout l'argent, il bouffe. La mauvaise collaboration entre les directeurs de la radio et de la télévision en est une des raisons. Tout ça, c'est parce qu'il n'est pas technicien. Nous demandons au chef de l'Etat et au Premier ministre, avec la dernière énergie de le dégager du gouvernement. Je parle au nom de toutes les associations" a martelé Zama Javon Papa, porte-voix des manifestants pros pouvoirs contre l’opposant Anicet Georges Dologuélé.

Toutefois, la réaction des partisans du ministre Kazagui, porte-parole du gouvernement n’a pas tardé. Les membres de son organisation politique, Alliance pour une nouvelle Centrafrique (ANC) ont pris d’assaut le vendredi 04 septembre 2020, l’enceinte du ministère de la Communication et des médias à Bangui pour dénoncer, ce qu'ils considèrent de manœuvre politicienne, à l'endroit de leur président. Selon eux, M. Kazagui est devenu une cible car il a défendu aux leaders de la plateforme Galaxie 3003 de tenir des propos injurieux sur les ondes de la Radio nationale.

"On soutient les actions du président Touadéra. Mais comment les gens qui ont marché, réclament la démission de notre leader ? La radio Centrafrique est une station nationale, dédiée à tous les centrafricains et non à une frange de la population. Ils sont en colère parce que notre leader leur a refusé d'aller insulter les gens comme ils font souvent dans la presse" a fait savoir Jean-Jacques Olivier Ndéwana, chargé de relations extérieures de l’Alliance pour une nouvelle Centrafrique.

Selon nos sources, c’est depuis plusieurs mois que le ministre Ange maxime Kazagui ne s’entend pas avec ses collaborateurs des médias d'Etat. Après la prise d'une note de service ces derniers temps par le membre du gouvernement interdisant toute publication de messages haineux et d’insultes sur les ondes des médias d’Etat, la tension est constante au sein du département. Tension qui serait alimentée par des proches du pouvoir.

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 12:50
COMMUNIQUE DE PRESSE CPI

 

La Cour pénale internationale condamne les sanctions économiques des États-Unis

Ces actes coercitifs, dirigés contre une institution judiciaire internationale et ses fonctionnaires, sont sans précédent et constituent de graves attaques contre la Cour

LA HAYE, Pays-Bas, 3 septembre 2020/ -- La Cour pénale internationale (« CPI » ou « la Cour ») (http://www.ICC-cpi.int) condamne les sanctions économiques imposées plus tôt dans la journée par les États-Unis à l’encontre du Procureur de la Cour et d’un membre de son Bureau.

Les nouvelles mesures, annoncées conformément au décret exécutif des États-Unis 13928 du 11 juin 2020, constituent une nouvelle tentative d’interférer avec l’indépendance de la justice et des poursuites de la Cour et son travail crucial pour lutter contre les crimes graves qui touchent la communauté internationale, conformément au Statut de Rome de la CPI.

Ces actes coercitifs, dirigés contre une institution judiciaire internationale et ses fonctionnaires, sont sans précédent et constituent de graves attaques contre la Cour, le système de justice pénale internationale du Statut de Rome et l'état de droit en général.

La Cour continue d’appuyer fermement son personnel et sa mission de lutter contre l’impunité pour les crimes les plus graves du monde au regard du droit international, de manière indépendante et impartiale, conformément à son mandat. Ce faisant, la Cour bénéficie du soutien et de l’engagement résolus des deux tiers des États du monde qui sont parties au Statut de Rome.

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 12:33
RCA : la Banque mondiale annonce un nouveau cadre de partenariat 2021-2025 assorti de 355 millions $ d’aide

 

Centrafrique : la Banque mondiale annonce un nouveau cadre de partenariat 2021-2025 assorti de 355 millions $ d’aide

 

(Agence Ecofin) 03 septembre 2020 12:59- La Banque mondiale prévoit le lancement d’un nouveau cadre de partenariat 2021-2025 avec la Centrafrique pour renforcer les investissements dans le pays. Il sera assorti d’une aide de 355 millions $, à condition « que le pays poursuive son action sur la voie de la stabilisation et de la paix ».

La Centrafrique (RCA) bénéficiera d’un nouveau cadre de coopération avec la Banque mondiale au cours des cinq prochaines années. C’est ce qu’a annoncé l’institution dans un communiqué publié le mardi 1er septembre 2020.

Le nouveau cadre de coopération vise à renforcer les investissements dans le capital humain, la connectivité, la gestion économique et la gouvernance. Il servira également à consolider la stabilisation, l’inclusion et la résilience, tout en permettant à l’Etat d’asseoir sa légitimité contestée par la présence de nombreux groupes armés sur le territoire et de stimuler la croissance.

Alors que le pays, à la veille d’une élection présidentielle cruciale pour son avenir, est toujours marqué par plusieurs décennies de conflits meurtriers la crise de la covid-19 a exacerbé la pénurie en ressources financières que connaissait déjà l’Etat. Pourtant les besoins en investissement ne cessent de croître en matière d’infrastructures, mais également en matière de capital humain et on estime que 140 000 Centrafricains supplémentaires pourraient basculer dans l’extrême pauvreté.

Pour financer ces investissements, la Banque mondiale se dit prête à décaisser 355 millions $ d’aide pour les trois prochaines années, à condition que « le pays poursuive son action sur la voie de la stabilisation et de la paix ».

« La RCA est à la croisée des chemins. L’accord de paix conclu il y a 18 mois s’est révélé difficile à mettre en œuvre, cependant il tient bon. A l’heure où se prépare la tenue d’élections présidentielle et locales, le pays a une occasion unique de créer les conditions qui permettront aux Centrafricains de tirer pleinement profit des dividendes de la paix », a déclaré Han Fraeters responsable des opérations de la Banque mondiale pour la RCA.

Notons également qu’un don de 50 millions $ de l’Association internationale de développement (IDA) a été approuvé par l’institution pour aider le gouvernement à mettre en œuvre des réformes structurelles visant à renforcer l’inclusion sociale et la gestion budgétaire.

Moutiou Adjibi Nourou

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 12:24
Centrafrique : bientôt un bureau du ministère russe de la Défense à Bangui

Lu pour vous

 

(Agence Ecofin) - 03 septembre 2020 15:26 Une représentation du département russe de la Défense sera bientôt ouverte à Bangui auprès du ministère centrafricain de la Défense. Cet acte contribue à faire grandir l’influence déjà croissante de la Russie dans le pays.

L’ouverture d’une représentation du département russe de la Défense sera bientôt effective à Bangui, la capitale de la Centrafrique. L’information a été confirmée par le conseiller au ministère russe de la Défense, le général Oleg Polguev, au sortir d’une audience avec le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, le 31 août 2020.

« Nous avons discuté de la date d’ouverture et des perspectives de fonctionnement de cette représentation », a déclaré le général Polguev. Tout en indiquant que « la date d’ouverture de la représentation dépend du succès de cette mission de reconnaissance ».

La coopération militaire entre les deux pays était également au centre des discussions auxquelles a pris part le chef d’état-major des armées, le général de division Zéphirin Mamadou.

En 2019, les gouvernements des deux pays ont signé un accord concernant l’ouverture de cette représentation auprès du ministère centrafricain de la Défense et la reconstruction de l’armée. L’influence de la Russie s’est depuis, fortement accrue en Centrafrique.

En plus d’équipements, l’armée centrafricaine bénéficie de l’assistance de nombreux instructeurs militaires russes.

Borgia Kobri

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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 02:34
Mali. Le coup d’État marque la fin des illusions françaises

 

Lu pour vous

 

RÉMI CARAYOL  > 28 AOÛT 2020

 

La chute d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) déposé le 18 août par un coup d’État militaire parachève l’échec de la communauté internationale au Mali, et en premier lieu celui de la France. Privilégiant l’approche sécuritaire via la force Barkhane, elle n’a pas tenu compte des mises en garde sur la gouvernance laxiste d’IBK et sa réélection douteuse en 2018.

 « À crise multidimensionnelle, échec multidimensionnel », ironise le chercheur Mathieu Pellerin, spécialiste du Sahel. Rarement un pays aura été autant soutenu que le Mali ces dernières années, tant au niveau financier que sur le plan sécuritaire. L’ONU y a envoyé plus de 13 000 Casques bleus, la France y compte l’essentiel des 5 100 soldats de la force Barkhane et l’Union européenne y a mis en place une « Mission de formation de l’Union européenne au Mali » (EUTM) qui aura vu passer, durant six ans, près de 14 000 militaires maliens, soit une grande partie de l’armée. Malgré tout, le Mali est encore ravagé par une guerre multiforme opposant groupes djihadistes, milices d’autodéfense, mouvements rebelles et forces régulières, qui fait des milliers de victimes chaque année, et sa gouvernance est affublée des mêmes tares que sous la présidence d’Amadou Toumani Touré (2002-2012) : gabegie, corruption, clientélisme…

LE REJET DES POLITICIENS

La classe politique malienne est en grande partie responsable de ce fiasco. Enfermée depuis trois décennies dans un système d’affinités qui, sous couvert de consensus, a permis à une petite élite d’accaparer les richesses du pays, elle s’est montrée incapable de répondre aux attentes des Maliens. La popularité de l’imam Mahmoud Dicko, qui a contribué à la chute du président en multipliant les appels à sa démission ces derniers mois, et l’accueil réservé aux putschistes par des milliers de manifestants à Bamako les jours qui ont suivi le coup d’État illustrent le rejet des politiciens. « Les évènements du 18 août semblent ramener le Mali au point de départ de la crise de mars 2012, constate l’International Crisis GroupÀ l’époque, des militaires avaient renversé le président Touré, ouvrant une période de troubles politiques alors qu’une crise sécuritaire secouait le nord du pays. La leçon est sans appel : les huit ans qui se sont écoulés depuis ont largement été gaspillés, et le surplace politique s’est révélé coûteux ».

Mais si échec il y a, c’est aussi celui de la France. « Ici, c’est elle, parmi les principaux partenaires du Mali, qui détient le leadership, constate un fonctionnaire européen basé à Bamako. Les États membres de l’Union européenne dépendent en grande partie de son bon vouloir, et ils se calent plus ou moins sur les priorités fixées à Paris. » Certes, en envoyant ses troupes pour contrer l’avancée des djihadistes en janvier 2013, et en mettant ainsi un frein à la partition du Mali et aux ambitions des groupes liés à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), Paris peut se targuer — et ne s’en prive d’ailleurs pas, même si le terme reste contestable — d’avoir « sauvé » le Mali. Sur le plan opérationnel, cette opération Serval a été un succès salué jusqu’à Washington. Mais le bilan de ce qui a suivi est bien moins reluisant. Et les bons connaisseurs du Sahel n’avaient pas attendu le putsch du 18 août pour critiquer le soutien sinon aveugle, du moins complice apporté publiquement par la France à IBK pendant sept ans.

Dès que l’opération Serval est déclenchée, en janvier 2013, Paris fixe une priorité au président par intérim Dioncounda Traoré : organiser au plus vite l’élection présidentielle. Pour mener ses opérations militaires, la France estime qu’elle a besoin d’un gouvernement légitime sur lequel elle pourra compter, ce qui n’est pas le cas du gouvernement de transition issu du coup d’État de mars 2012. Traoré est fragilisé par les ambitions des membres de la junte, ainsi que par l’occupation du nord du pays par les djihadistes. Son pouvoir ne tient qu’à un fil. Avec l’intervention de la France, il est devenu son obligé par la force des choses. Il se met donc à la tâche, sous la pression constante du président François Hollande, de Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères, et de Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, qui fixent une date butoir : le 31 juillet 2013.

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE À TOUT PRIX

À l’origine, la feuille de route prévoyait l’élection en décembre. Mais, face à ses pairs de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Traoré plaide pour juillet. Le premier tour aura finalement lieu le 28 juillet, en dépit d’une situation sécuritaire instable et du scepticisme de nombreux observateurs.

« Organiser des élections pour sortir des crises politiques, des conflits violents, des périodes de transition après un coup d’État, c’est une recette que l’on aime bien. Elle a généralement l’assentiment et même la préférence des partenaires extérieurs les plus influents à la recherche d’interlocuteurs qui seraient légitimes parce que démocratiquement élus. On attend ensuite que des miracles se produisent, que la gouvernance politique et économique change après une élection, quel que soit le président élu, quelle que soit la qualité du processus électoral et quelle que soit la vacuité du débat politique pré-électoral »notait récemment l’analyste politique Gilles Olakounlé Yabi, fondateur de Wathi, un think tank citoyen. Qui concluait, en pensant peut-être à l’élection menée au forceps de 2013 : « Si une transition focalisée sur l’organisation rapide d’élections permettait d’enclencher un processus crédible et durable dans ces deux directions, cela se saurait. »

Une fois la date fixée, la France choisit son favori parmi la pléthore de candidats (28). Il s’agit d’Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK ». Ce socialiste formé à l’école française connaît Hollande depuis de nombreuses années. Tout au long de la campagne électorale, il a dit les mots que les Maliens voulaient entendre : « fierté », « unité », « patrie ». En prônant la fermeté face aux rebelles et aux militaires, il a aussi séduit la France et plus largement une bonne partie de la communauté internationale, qui voit en lui le « candidat de la stabilité ». Cela ne fait peut-être pas gagner une élection, mais cela permet de se forger une stature auprès de l’électorat. Les diplomates français en poste à Bamako à l’époque lui tressent des lauriers et admettent en off qu’il est le candidat de Paris. Ils n’entendent pas les Cassandre qui, bien loin de l’image d’homme à poigne qu’il cultive depuis des années, le décrivent comme un dilettante se rêvant en digne héritier d’une lignée de souverains mandingues.

UNE PRÉSIDENCE CORROMPUE

La suite leur donnera raison. Bien que largement élu à l’issue du second tour (77,6 % des suffrages), IBK sera incapable de donner un cap à son gouvernement. Même parmi ses collaborateurs, on admet que le plus important pour lui n’était pas de diriger, mais de trôner. Il laisse faire son entourage, composé en grande partie de sa famille. Très vite, les scandales financiers se multiplient : achat d’un avion présidentiel pour un montant de 40 millions de dollars (34 millions d’euros) jugé peu opportun en ces temps de crise, et négocié par l’intermédiaire d’un sulfureux homme d’affaires français, Michel Tomi ; suspicions de surfacturations dans un contrat colossal de matériel militaire (69 milliards de francs CFA, soit plus de 105 millions d’euros)… Tout le monde au Mali s’interroge sur les prix farfelus de certains équipements, comme ces chaussettes de soldats facturées 15 euros la paire. Ces deux transactions provoquent l’ire du FMI et de la Banque mondiale, qui suspendent un temps leur appui au pays.

Les scandales de ce genre se multiplieront au fil des ans, de même que les gouvernements : IBK a changé quatre fois de premier ministre en l’espace de quatre ans, sans que la France ne s’en offusque — du moins publiquement. Sous la présidence Hollande, il est intouchable. « On n’est pas dupe, on voit ce qu’il se passe, admettait à l’époque un diplomate français. Mais on ne peut pas le dire publiquement. IBK est un allié dans la lutte contre le terrorisme. Et puis, vous mettez qui à la place ? » Son échec est pourtant frappant. Non seulement le nord du pays échappe toujours au contrôle des autorités étatiques, mais très vite, en 2015, le centre devient également un foyer de tensions. Les groupes djihadistes gagnent du terrain, et pour remédier à l’absence de l’armée, des milices d’autodéfense se constituent, le plus souvent sur la base de l’appartenance communautaire, et parfois avec le soutien des autorités. Les massacres de civils se multiplient, et sont parfois commis par les Forces armées maliennes (Fama).

À Bamako, la gouvernance suscite également des critiques. Les diplomates constatent que la gabegie et la corruption sont toujours très importantes, et que le clan familial tente de mettre la main sur la plupart des contrats publics. La France le sait, mais se tait. Même sa proximité avec Michel Tomi, un ami de longue date (« un frère », dit-il) qui est dans le viseur de la justice française et que les services de police présentent comme le dernier des parrains corses, ne lui porte pas préjudice. En juin 2014, Tomi, qui a fait fortune en Afrique dans les jeux d’argent et les courses hippiques, est mis en examen pour tout un tas d’infractions, dont « corruption d’agent public étranger ». Les juges se demandent pourquoi il s’est montré si généreux avec IBK, en vêtements de luxe, en chambres d’hôtels, de luxe toujours, ou encore en voyages en jets privés.

Quand arrive l’élection présidentielle de 2018, le bilan d’IBK est peu reluisant. Officiellement, la France n’a pas de candidat. Officieusement non plus. La donne a changé à Paris avec l’élection d’Emmanuel Macron un an plus tôt. « Très vite, le président est arrivé à la conclusion qu’IBK n’était pas fiable, qu’il avait une part de responsabilité dans la déliquescence de l’État, et qu’il serait incapable de mettre un frein à l’affairisme de son entourage », indique un diplomate français. Macron et son ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ne comptent plus sur lui pour relever le pays. Mais ils ne pipent mot quand il est réélu à l’issue du second tour (avec 67,17 % des suffrages) dans des conditions très contestables, et avec un taux de participation minimal (34,54 %). À l’instar d’une communauté internationale aphone, la France se contente de « saluer » la victoire d’IBK, tout en feignant de croire que « cette élection marque une étape essentielle dans la stabilisation et le redressement politique et économique du Mali ». Pas un mot sur les irrégularités. Les résultats dans certaines des régions qui échappent au contrôle de l’administration, et où IBK a réalisé ses plus gros scores grâce au soutien de groupes armés laissent pourtant songeurs nombre d’observateurs1.

DE TIMIDES AVERTISSEMENTS DE PARIS

Mal réélu, IBK change de casting ministériel, mais pas de méthodes. La situation empire dans le centre, où les massacres se multiplient. Elle stagne au nord : l’accord de paix négocié en 2015 à Alger ne connaît que de rares avancées — autant par la faute du gouvernement que par celle des mouvements armés. Et à Bamako, les scandales politico-financiers n’en finissent pas de faire les unes des journaux d’opposition. Plutôt que de remettre en cause la voie dans laquelle s’est engagé le président malien, Paris opte pour de réguliers, mais timides avertissements dans le huis clos des réunions bilatérales. Puis, convaincus qu’IBK n’est plus l’homme de la situation, l’Élysée et le Quai d’Orsay décident de tout miser sur son premier ministre. À l’époque, celui-ci se nomme Soumeylou Boubèye Maïga : cet ancien responsable des services de renseignement, qui a également dirigé les ministères de la défense et des affaires étrangères et qui occupe le devant de la scène politique depuis plus de vingt ans est bien vu à Paris, en dépit de son impopularité à Bamako, notamment en raison de son profil de « sécurocrate ».

Lorsqu’il est contraint à la démission en avril 2019 après plusieurs manifestations, la France se rapproche de son successeur, Boubou Cissé. Cet ancien cadre de la Banque mondiale a tout pour plaire à l’Élysée. Libéral convaincu, il a développé des relations de confiance avec les dirigeants français qui en ont rapidement fait leur nouveau poulain. Il leur assurait régulièrement qu’il était le seul à pouvoir se faire entendre d’IBK et à s’opposer à son clan familial. « Sans moi, ce sera à nouveau la gabegie », répétait-il aux diplomates français, qui l’ont soutenu jusqu’au bout, y compris quand sa tête était réclamée par le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), une coalition hétéroclite de partis politiques, d’organisations de la société civile, de leaders religieux et d’hommes d’affaires qui organisait des manifestations depuis plusieurs semaines pour dénoncer la corruption du régime et exiger le départ d’IBK. « Le M5 est très populaire, constate un diplomate ouest-africain en poste à Bamako. Son leader, l’imam Dicko, n’a eu de cesse ces derniers temps de pourfendre la corruption de la classe politique, et ce discours a marqué les esprits. La France n’a pas voulu voir qu’il dit ce que veulent entendre un grand nombre de Maliens ».

Et pour cause : Dicko est perçu comme le diable à Paris. Tenant d’un wahhabisme local et partisan d’un dialogue avec les djihadistes que combattent les troupes françaises, il ne mâche pas ses mots envers l’ancienne puissance coloniale, qu’il accuse régulièrement d’interférer dans les affaires du Mali. Pour la France, il est hors de question que les négociations qu’il mène avec IBK en juin et en juillet aboutissent à un accord lui donnant la part belle. « S’il voulait la tête de Boubou Cissé, c’était pour pouvoir nommer un premier ministre qui lui serait acquis », croit-on savoir à l’Élysée. Mais en soutenant le premier ministre coûte que coûte, et en poussant IBK à le conserver, la France a commis une nouvelle erreur d’appréciation. Plusieurs observateurs estiment que si un accord avait été trouvé entre le M5 et IBK, jamais les militaires n’auraient entrepris de prendre le pouvoir.

UNE VISION SÉCURITAIRE AVANT TOUT

Enfermée dans la même logique guerrière depuis sept ans en dépit des nombreux avertissements lancés par le monde de la recherche, la France s’est en outre montrée incapable de modifier sa propre approche. Même si dans les discours, les diplomates français mettent l’accent sur le développement et la bonne gouvernance, dans les faits, les questions sécuritaires restent largement prioritaires. « Aujourd’hui, au Sahel, l’aspect sécuritaire l’emporte sur tout, constatait un diplomate français l’année dernière. Les militaires sont devenus des interlocuteurs jugés essentiels par les responsables politiques. Leurs analyses priment sur les nôtres. » La mésaventure vécue par l’ancienne ambassadrice de France au Mali, Évelyne Decorps, illustre le poids grandissant des militaires dans la région : nommée en 2016, elle a été rappelée prématurément à Paris en 2018, puis envoyée dans un placard (elle est aujourd’hui administratrice des Terres australes et antarctiques françaises). Son tort : elle tenait tête aux militaires de la force Barkhane et ne partageait pas toujours leurs analyses.

« En privilégiant la sécurité sur la gouvernance, les partenaires du Mali ont négligé le fait qu’un État compétent et pourvoyeur de services est un fondement indispensable de la stabilité du pays et de la région », déplore International Crisis Group dans la note citée plus haut. « Lutter contre les djihadistes, ok, mais cela ne sert à rien si l’on ne lutte pas contre les causes qui poussent les gens vers le djihad », souligne un ancien ministre d’IBK passé à l’opposition, qui cite parmi ces causes la corruption, l’injustice ou encore la misère sociale. Cet aveuglement a abouti à une impasse, et la France, qui a fait de la lutte contre le terrorisme le curseur de son engagement au Mali ces sept dernières années2, en porte une grande responsabilité.

 

RÉMI CARAYOL  Membre du comité de rédaction

Journaliste.

 

 

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