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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 17:13

 

 

 

À l'orée du premier anniversaire d'accession à la magistrature suprême de l'Etat, cette célèbre phrase prononcée solennellement par le Président de la République lors de la prestation de serment du 30 mars 2016 retentit encore dans la tête des centrafricains. Tout le monde avait cru et c'était la liesse et la réjouissance populaire...enfin la délivrance. Cet espoir sécuritaire s'amenuise progressivement faisant droit de cité aux groupes armés. On assiste à la dégradation galopante de la situation sécuritaire. Alors que s'est-il passé ? Pourquoi la courbe sécuritaire ne cesse de croître ? La paix est-elle encore possible ? Selon les termes de la constitution en vigueur, le Président de la République est le garant de la sécurité du peuple et du territoire national. Ainsi, le citoyen lambda se pose légitimement les questions suivantes : avant de prêter serment, le Président de la République avait-il bien perçu, apprécié l'enjeu et la portée de cette phrase ? L'a t-il ?

 

Prononcé pour le besoin de la circonstance ? S'inscrivant dans le fil de l'actualité, peut-on parler de violation des dispositions constitutionnelles pour non respect du serment ? Visiblement les groupes armés sont mieux outillés, équipés au point de reléguer l'autorité de l'Etat au second rang. Face à ce genre de situation, que peut faire le Président de la République qui ne dispose pas d'armée ? En dépit de son laxisme, a t-il les mains liées ? Le risque de dislocation du pays est très élevé que la question sécurité devient un enjeu d'intérêt général et ne concerne pas seulement le chef de l'Etat. Il appartient à tous ceux qui se réclament centrafricains de trouver une réponse collective à cette crise. Pour ce faire, il importe de déterminer les responsabilités. En dehors du politiquement correcte, qui est responsable de la persistance de la crise ? À qui profite la pérennité du désordre ?

 

Nous sommes tous conscients que le Président de la République a hérité la crise mais la responsabilité de la pérennisation lui incombe si nous faisons référence aux dispositions constitutionnelles. Une erreur d'approche et de méthode a accentué la crise. Pourquoi opté pour le dialogue et la négociation avec des criminels ? Pourquoi les entretenir en leurs accordant des droits ? L'Algérie nous donne une illustration patente de traitement de criminels lors de la prise d'otage de près de huit cent personnes d'In Amenas. Le pouvoir algérien a réagi avec fermeté en ordonnant une opération militaire malgré le veto de la France qui comptait ses ressortissants parmi les otages.

 

C'est le laxisme, la nonchalance du pouvoir dans la prise des décisions qui a octroyé des droits et privilèges aux groupes armés. L'Etat n'a pas d'emprise dans les zones occupées et la population se sent délaisser, abandonner. Comment le pouvoir légitime peut-il réduire la solution de la crise au DDRR et à la levée de l'embargo ? S'agissant du désarmement, le chef de l'Etat a connu déjà cette expérience en tant que Premier ministre et ce programme était un fiasco. Par contre, la levée de l'embargo ne peut résoudre que partiellement la crise car sous le règne de Bozize, la rébellion occupait déjà une bonne partie du territoire national alors qu'on avait une armée bien équipées et formées.

 

Nous estimons par ailleurs qu'il urge de connaître et de combattre les causes de la crise. Les régimes qui se sont succédé en Centrafrique ont tous le même mode opératoire, le même mode de gouvernance. Ainsi il faut se poser la question de savoir pourquoi la Centrafrique connaît-il de succession de coups d'Etat et de rébellion ? La réponse à cette interrogation serait le début d'une solution durable. La Minusca de son côté est aussi responsable de la crise car elle n'applique pas correctement les résolutions du conseil de sécurité de l'ONU.

 

Son l'hypocrisie la pousse à indexé sans cesse le gouvernement comme facteur de la crise en lui reprochant de ne pas délivrer de mandats pour faciliter l'arrestation des chefs Rebels. Paradoxalement, elle annonce qu'elle prendra toutes ses responsabilités en cas d'attaque de la ville de Bambari. Alors pourquoi avec ses douze mille hommes, cette menace n'est pas valable pour l'ensemble du territoire national ? Les partis politiques ont aussi leur part de responsabilité. À peine réveillé du long sommeil, une dizaine de partis politiques ont lancé une pétition pour réclamer la réaction du pouvoir, ont-ils besoin d'une pétition pour faire réagir le gouvernement ?

 

C'est alors leur rôle dans la vie politique centrafricaine ? Nul doute que notre premier partenaire dont nous faisons l'économie du nom est aussi responsable. Nous devrons apprendre à dire non à ce dernier à l'instar du Président Béninois qui a opposé son veto à Bolloré dans la gestion du port de Cotonou. Qu'a fait l'union africaine ? Et l'organisation sous régionale comme la CEMAC ? Nous avons malheureusement vu le Senegal sous mandat rétablir l'autorité de l'Etat en Gambie. Mais pour nous...mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.

 

Paris le 25 février 2017.

"JE JURE SOLENNELLEMENT D'ASSURER LA SÉCURITÉ DU PEUPLE ET DU TERRITOIRE NATIONAL..".par Bernard Selemby Doudou
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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 17:11
Centrafrique : Environ 10000 déplacés internes quittent le site du Mont Carmel à Bimbo

 

Centrafrique : Environ 10000 déplacés internes quittent le site du Mont Carmel à Bimbo

 

PAR NINA VERDIANE NIABODE LE 25 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 25 févriers 2017 (RJDH) … Les personnes déplacées se trouvant sur le site du Mont Carmel à Bimbo, quittent progressivement le camp ce jour 24 février 2017 suite à l’opération Noël à la maison lancée en décembre dernier par le gouvernement centrafricain.

 

Les récentes crises militaro-politiques qu’a connues la RCA, ont occasionné le déplacement d’environ 10.000 personnes sur le site des prêtres carmes Déchaux à Bimbo, depuis le 5 décembre 2013. Ce retour est rendu possible par l’amélioration de la situation sécuritaire dans certains quartiers de la capitale et s’inscrit dans le cadre de l’opération noël à la maison autorisant des déplacés à regagner leurs familles d’origine deux mois après le lancement de cette opération.

 

Robert Biya, coordonnateur du site Carmel considère cette sortie comme la volonté des déplacés de regagner leur famille après la crise « nous avions vu les gens se précipiter pour sortir du site car ils attendaient depuis cette occasion, puisque la vie sur le site ne leur plaisait plus à un moment », a-t-il dit avant d’ajouter que les déplacés ne restent pas insensés aux gestes du gouvernement pour leur appui qui va leurs aider à reconstruire leur vie. Ils se disent aussi reconnaissants envers les prêtres qui ont accepté de les accueillir pendant la crise.

 

Cette sortie progressive ne rassure pas les prêtres qui exigent du gouvernement la sécurité des anciens déplacés « le gouvernement centrafricain et les forces étrangères doivent garantir la sécurité afin de faciliter la réinsertion des personnes qui ont été victimes de la crise », a indiqué Mesmin Dingbédi père supérieur du Mont Carmel de Bimbo avant de féliciter le courage de ces déplacés qui ont accepté de libérer le site malgré quelques conditions défavorables.

 

La gestion de sortie des déplacés dudit site se fait sans difficulté majeure contrairement aux problèmes enregistrés sur d’autres sites.

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 17:09
RCA: des chefs militaires quittent Bambari, la Minusca se mobilise
RCA: des chefs militaires quittent Bambari, la Minusca se mobilise

 

 

 

Par RFI Publié le 25-02-2017 Modifié le 25-02-2017 à 23:13

 

En Centrafrique, la situation est confuse après le départ des principaux chefs de groupes armés de la ville de Bambari au centre du pays alors qu'une branche de l'ex-Seleka tente de la conquérir par les armes. L'ONU y a déployé d'importants moyens.

 

La semaine a été mouvementée à Bambari alors que depuis un mois, le FPRC de Nourredine Adam, une branche de l'ex-Seleka, menace d'attaquer la ville.

 

En une semaine donc, ce ne sont pas moins de trois chefs de groupes armés qui ont quitté la sous-préfecture de la Ouaka. Après Ali Darass de l'UPC en début de semaine, ce sont les généraux Gaëtan et Tarzan, appartenant respectivement aux groupes anti-balaka et RPRC, qui partent de Bambari.

 

La Minusca qui craint un bain de sang parmi les civils, a fini par avoir gain de cause avec ces départs consentis par ces chefs de groupes armés. Mais ces derniers ont laissé de nombreux combattants sur place.

 

A Bambari, la situation est confuse. Et l'incompréhension demeure sur les réelles motivations de ces départs. Les chefs de groupes armés disent œuvrer pour la paix et accepter le désarmement voulu par le gouvernement et la Minusca, mais les contreparties sont encore inconnues.

 

De son côté, l'ONU affirme « qu'avec les moyens exceptionnels mis en œuvre en termes de force militaire, la Minusca est en train d'empêcher une guerre et que dans les prochains jours des gendarmes et des policiers centrafricains seront déployés à Bambari ».

 

Bien qu'en dehors de la ville, les chefs de groupes armés disent rester vigilants sur la situation et assurent être prêts à revenir en cas d'attaque venant de l'extérieur.

 

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 19:47
JEUNESSE FRANCAISE ET IMMIGRATION  par David KOULAYOM-MASSEYO

 

 

 

    J’ai déjà suggéré à ceux qui continuent de parler de « jeunes français issus de la deuxième génération » d’appliquer la même appellation à l’ancien président Nicolas Sarkozy, également issu de la deuxième génération de l’immigration hongroise . Aussi, il suffit de rappeler ici l’illégalité de cette appellation et conséquemment, l’abus, la non maîtrise du droit et  l’ingratitude qu’elle sous-tend en ce qui concerne les Africains en particulier et tous les peuples colonisés par la France en général .

 

    Quand la France engageait massivement les Africains pour la première et surtout la seconde guerre mondiale ( Goumiers marocains, Tirailleurs sénégalais, …), elle ne regardait pas beaucoup leurs couleurs ! Brazzaville était même devenue la capitale de la France . Mais les Hongrois et les Polonais « apportaient un peu de blondeur aux Français » dixit un instituteur du Nord-Est de la France dans un accès de franchise raciste . Il y a aussi des blancs blonds et bêtes suis-je tenté de lui rétorquer .

 

    Dans la bouche ou sous la plume de certains Français ( hommes politiques, journalistes, militants…), le mot « jeune » est fortement connoté : il désigne toujours les jeunes issus de l’immigration, ceux dont la présomption d’innocence est souvent bafouée, les Mamadou et les Mohamed …comme s’il n’y a pas de jeunes à Neuilly, dans le 16ème ou le 8ème arrondissement de Paris ! Ces « jeunes », grands, costauds et beaux obsèdent littéralement certains  hommes politiques, on peut même dire qu’ils leur « fichent » un complexe tel qu’il est à nouveau question de durcir l’arsenal répressif à leur égard dès seize ans .   Il ne faut pas se tromper de  combat . L’idéal n’est-il pas de donner des moyens égaux à tous pour réussir ? La France, ce pays qui a légué au monde sa Révolution, sa Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, qui a inventé la Sorbonne et l’ENA (anagramme de ANE ), dont la moitié de la population se déclare intellectuelle, que dis-je, ce pays que le monde entier envie …serait-elle devenue intolérante ? Montesquieu, Rousseau et surtout Voltaire vont se retourner dans leurs tombes !

 

Il est vrai aussi que les Révolutionnaires français, dans leurs petits calculs bourgeois ont « oublié » les femmes et les esclaves …

 

    Un futur Obama en France est une pure vue de l’esprit, une utopie ; néanmoins, « nous devons apprendre à nous connaître, sinon nous mourrons comme des idiots » conseillait le Révérend Martin Luther King .

 

    La police française n’est pas condamnée à singer son homologue américaine : la trajectoire des deux pays est différente . Pourquoi humilier systématiquement les « jeunes » en transformant un banal contrôle d’identité en viol, donc en crime ?

 

Ces « jeunes », nés français, ne demandent qu’à vivre tranquillement dans leur pays, malgré l’épaisseur du plafond de verre, les regards en biais, la marginalisation ( ghetto de banlieues ) . Quel gâchis de discriminer autant de talents !

 

    Il y a une profonde hypocrisie de la part des hommes politiques français  à affirmer péremptoirement qu’ils présentent volontiers leurs pièces d’identité aux caissières des hypermarchés . Ces éléments de langage ne trompent personne . D’abord, ils ne font pas leurs courses eux-mêmes ou rarement, ensuite, on n’a jamais vu une caissière plaquer un client au sol et encore moins lui introduire une matraque télescopique dans le corps . Le jeune Théo et sa famille peuvent appeler au calme : la cause dépasse leurs personnes et leur cellule familiale . La forte réaction populaire traduit une forte tension dans la société française à deux mois de l’élection présidentielle .  

 

    La visite du Président François Hollande à Théo est louable . Seulement, l’aurait-il fait s’il était candidat ? C’est le moment de rappeler que s’il avait réalisé une de ses propositions –phares de candidat, à savoir, obliger les policiers à délivrer un récépissé à chaque contrôle policier,  peut-être que Théo ne serait pas violé !

   

     Aux descendants d’immigrés, ceux qu’on continue d’appeler invariablement « les immigrés de la deuxième, troisième, voire de la quatrième génération » de se lever pour investir les différentes sphères françaises et plus particulièrement la sphère politique pour peser sur le destin de ce pays et se faire enfin respecter . Pour commencer, ils doivent s’inscrire massivement sur les listes électorales pour voter . Ensuite, ils doivent se présenter eux-mêmes aux élections , histoire de ne plus laisser toutes les places aux hommes blancs en costumes-cravates qui décident de tout à la place des femmes, des Noirs et des Arabes . La res publica est affaire de tous .

 

                                         Le 24 Février 2017

 

                                         David KOULAYOM-MASSEYO .  

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 19:31
Nouvelle mise en examen dans l'affaire Uramin
Nouvelle mise en examen dans l'affaire Uramin

 

 

 

PARIS (Reuters) 24 fév 2017 - Gérald Arbola, ex-directeur général délégué d'Areva, a été mis en examen pour diffusion d'informations trompeuses et présentation de comptes infidèles dans l'enquête sur la valorisation, par le groupe, des actifs de la société minière Uramin, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier.

 

Il a été mis en examen jeudi, a-t-on précisé, confirmant une information du Parisien.

 

Mercredi, l'ancien co-président du comité d'Audit d'Areva, René Ricol, a quant à lui été placé sous le statut de témoin assisté dans ce dossier, un statut intermédiaire entre celui de simple témoin et celui de mis en examen.

 

Deux enquêtes distinctes ont été ouvertes sur le rachat, par Areva, d'Uramin en 2007, qui a tourné au fiasco financier.

 

L'une porte sur la valorisation des actifs.

 

Ouverte en mai 2015, elle vise des possibles faits de présentation de comptes inexacts, diffusion d'informations fausses ou trompeuses, abus de pouvoir, faux et usage de faux sur l'exercice 2010-2011.

 

Dans ce volet, l'ancienne présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, a été mise en examen pour présentation et publication de comptes inexacts et diffusion de fausses informations.

 

L'autre volet de l'affaire vise les conditions du rachat de la société minière canadienne, et porte sur des chefs d'escroquerie, d'abus de bien social, de corruption d'agent public étranger et de délit d'initié.

 

Olivier Fric, époux de l'ancienne présidente d'Areva, a été mis en examen pour délit d'initié et blanchiment dans ce dossier. Il est soupçonné d'avoir réalisé une plus-value grâce à des informations dont il aurait bénéficié au sujet de cette opération.

 

L'acquisition d'Uramin en 2007 pour 2,5 milliards de dollars (1,7 milliard d'euros) a contraint Areva à inscrire dans ses comptes en 2010 et 2011 des provisions d'un montant total proche de 1,9 milliard d'euros pour tenir compte de la dévalorisation des actifs de la société, consécutive à une baisse des cours de l'uranium et de ses réserves estimées.

 

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 18:54
RCA: la tension persiste à Bambari, seconde ville du pays
RCA: la tension persiste à Bambari, seconde ville du pays
RCA: la tension persiste à Bambari, seconde ville du pays

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 24-02-2017

 

Le Front populaire pour la renaissance en Centrafrique (FPRC), une coalition formée d'ex-rebelles de la Séléka au pouvoir à Bangui entre mars 2013 et janvier 2014, a annoncé jeudi sa détermination à écraser son rival Ali Darassa et son groupe, l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), retirés de la ville de Bambari (Centre) mardi sous pression des Nations Unies.

 

"Notre objectif reste maintenu. Il s'agit de le [Ali Darassa] faire disparaître. C'est notre ennemi numéro un aujourd'hui. On ne peut pas rester dans la même préfecture avec un ennemi", a déclaré le colonel Djouma Narkoyo, un des dirigeants du FPRC joint par Xinhua jeudi soir à Samoandja, à environ 900 km au Nord-Est de Bangui à la frontière soudanaise.

 

Chef rebelle d'origine nigérienne présumée, Ali Darassa évoluait avec son groupe, l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), à Bambari où ils étaient apparus en 2014, au même moment que le Front populaire pour la renaissance en Centrafrique (FPRC), une faction des ex-rebelles de la Séléka, après l'éviction du pouvoir de Michel Djotodia, leur leader et éphémère chef de l'Etat par intérim.

 

Tombeurs de François Bozizé au terme de trois mois d'offensive le 24 mars 2013, ce diplomate de carrière et son alliance-rebelle hétéroclite appuyée par des renforts de mercenaires tchadiens et soudanais avaient été écartés moins d'un an plus tard par la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) et la France, après une aggravation des violences dans la capitale.

 

Deuxième grande ville de la République centrafricaine (RCA), Bambari, environ 400 kilomètres au Nord de Bangui, était vite devenue le théâtre d'une rivalité féroce caractérisée par de violents affrontements réguliers entre l'ex-rébellion à dominante musulmane et le groupe de combattants peuls, séparés par la suite par une zone tampon par les Nations Unies.

 

Au centre de la rivalité, le contrôle de l'exploitation illégale des ressources naturelles de la région, en l'occurrence l'or, les diamants, les saphirs et le bois, puis la collecte des taxes et impôts en lieu et place de l'administration, absente.

 

Les efforts de médiation et les multiples ultimatums de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), opérationnelle depuis fin 2014 dans cette ville et Kaga-Bandoro (Nord-Ouest) en dehors de Bangui, pour apaiser les tensions entre les deux mouvements rivaux, n'y ont rien fait.

 

Finalement à la demande de la mission de maintien de la paix onusienne, Ali Darassa a été amené à se retirer de son fief mardi, après avoir signé une déclaration, avec une partie de ses éléments à bord de "trois pick-up 4x4. Si on considère un pick-up avec à peu près 20 personnes, il est parti avec environ 60 éléments. Certains parmi ceux qui sont restés ont été désarmés, tandis que d'autres ont fondu dans des quartiers", rapporte le colonel Narkoyo.

 

Au lieu de le laisser partir, les Nations Unies auraient dû arrêter Ali Darassa. "Sa sortie nous inquiète. Selon les informations, il devait se replier à 10 kilomètres de la ville de Bambari, sur l'axe menant à Bangassou", précise-t-il.

 

Le départ du chef rebelle peul a été confirmé par un communiqué de presse publié à la suite d'une conférence de presse donnée par Vladimir Monteiro, le porte-parole de la MINUSCA mercredi à Bangui.

 

"Nous sommes en discussions depuis le début avec les belligérants pour une solution pacifique. Concernant l'UPC, la MINUSCA avait demandé le départ de son leader de la ville. Ali Darassa a signé une déclaration et vient de quitter Bambari. C'est une mesure pour protéger la population civile, pour éviter une guerre dans la seconde ville de la République centrafricaine", a déclaré le responsable onusien.

 

L'objectif, a-t-il précisé sans donner de détails sur les circonstances de ce départ, est de faire de Bambari une zone sans groupes armés et d'y rétablir la présence de l'Etat.

 

Un an après son élection le 14 février 2016, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra et son gouvernement peinent en effet à restaurer l'autorité de l'Etat et l'Etat de droit sur le territoire national, y compris à Bangui où l'insécurité continue de régner à PK5, une enclave musulmane du 3e arrondissement connue pour avoir été l'épicentre des violences dans cette ville au fort de la crise provoquée par la prise du pouvoir des ex-rebelles de la Séléka.

 

Selon le colonel Narkoyo, un de leurs porte-parole, ceux-ci contrôlent encore aujourd'hui 6 des 16 préfectures du pays, parmi lesquelles celles de la Ouaka et de la Haute Kotto, où les Nations Unies les accusent d'être "en grande partie" responsables de la poursuite du conflit avec l'UPC et d'"attaques lâches contre les forces internationales, lundi et mardi à Ndassima et Ippy".

 

"Lundi, ils s'en sont directement pris aux forces internationales qui ont immédiatement riposté, avec un bilan d'un mort et d'un blessé dans leurs rangs. Mardi à Ippy, des éléments de la coalition du FPRC ont attaqué les Casques bleus et causé quatre blessés dans nos rangs", dénoncé le communiqué de presse de la MINUSCA.

 

Sous l'autorité militaire d'Abdoulaye Hissène, chef rebelle d'origine tchadienne, le FPRC est une coalition créée à Kaga-Bandoro en juillet 2014 par d'ex-dirigeants de la Séléka et rejointe depuis octobre 2016 par le Rassemblement patriotique pour la renaissance en Centrafrique (RPRC), autre faction de l'ex-alliance rebelle formée après être entrée en dissidence quelques mois plus tard.

 

Le RPRC avait pour sa part fait de Bambari sa base. Son chef d'état-major, le général Joseph Zoundéko, a été tué avec deux de ses éléments après avoir été blessé par balles lors d'une frappe aérienne de la MINUSCA le 11 février, à Ippy, localité distante de 113 kilomètres de Bambari, a témoigné à Xinhua le colonel Djouma Narkoyo.

 

Le FPRC accuse de son côté la force onusienne de "complaisance envers l'UPC d'Ali Darassa", à qui il promet la poursuite de la lutte armée, en dépit de son retrait de la deuxième ville centrafricaine.

 

"Nous nous interrogeons sur le rôle joué par les Nations Unies, alors qu'Ali Darass tue des gens devant eux", poursuit l'ancien gendarme de deuxième classe centrafricain, sans évoquer les propres crimes de son groupe rebelle qu'il dit vouloir adhérer pleinement au processus de désarmement, de démobilisation, de réintégration et de réinsertion (DDRR) d'ex-combattants mis en œuvre lentement par le pouvoir avec l'appui de l'ONU.

 

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 18:39
Centrafrique : à qui profite l'instabilité ? (DW)

 

 

 

http://www.dw.com

 

Un an après l'élection du président Faustin-Archange Touadéra, une bonne partie du territoire de la République centrafricaine continue d'être contrôlée par des groupes armés. Certains recrutent même dans des pays de la sous-région et se financent sur l'exploitation des richesses minières. Mais que sont devenus les accords de paix et à qui profite cette instabilité?

 


Comment la République centrafricaine se remet-elle des années de crise ayant suivi le renversement en 2013 de l'ex-président François Bozizé? Les compte-rendu d'experts et les récentes déclarations et alertes des organisations internationales ne sont pas rassurants. Des groupes armés continuent de contrôler une bonne partie du territoire centrafricain, maintenant le pays dans un cycle d'instabilité qui n'est pas sans conséquences sur la vie quotidienne des populations.

 

Une situation suivie de près par les pays voisins où des milliers de Centrafricains continuent de se réfugier. Pourtant, les troubles seraient entretenus par des éléments provenant de certains de ces pays voisins. L'installation d'autorités élues avait apporté l'espoir d'un avenir meilleur, or les accords sur le désarmement et la réinsertion des ex-combattants et la réforme de l'armée centrafricaine peinent à se concrétiser.

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Centrafrique-Presse.com
24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 18:18
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Les victimes de la crise de 2013 plaident pour l’adoption d’une loi de réparation

 

PAR SUZAN DAWORO LE 24 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 24 février 2O17 (RJDH) —Les victimes de la crise ont échangé avec les élus de la nation sur la nécessité d’une loi en faveur de réparation à l’Assemblée Nationale ce 23 février à Bangui. Une initiative de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH).

 

La crise centrafricaine a fait plusieurs victimes dont 12 000 déplacés internes et externes. L’Assemblée provisoire a adopté la loi mettant en place la Cour Pénale Spéciale le 3 juin 2015. Cette loi adoptée par le Conseil National de Transition n’a pas pris en compte le volet réparation d’où le plaidoyer des victimes auprès des députés pour obtenir une loi sur la réparation. Cette initiative intervient 9 jours après la nomination du procureur général de la Cour Pénale Spéciale.

 

Selon Célestin Nzala, l’un des membres de l’association des victimes des évènements de 2015 (ASVI5), il faut un mécanisme pour la réparation « il faudrait que la loi institue un mécanisme, qui prenne en considération la question des réparations pour que les coupables soient jugés. Il se peut que ces coupables n’ont pas les moyens pour réparer les torts qu’ils ont causés aux victimes alors, il revient à l’Etat qui a le devoir de protéger ces citoyens et leurs biens de mettre en place ce mécanisme pouvant permettre aux victimes de se relever à travers la réparation », a-t-il expliqué.

 

Thierry Georges Vackat, député de la nation, s’adhère à la démarche et promet la réaction de l’Assemblée Nationale, « nous sommes représentants du peuple, nous avons écouté avec beaucoup d’attention les préoccupations évoquées par les victimes. L’Assemblée nationale est sensible à cela et adoptera le moment venu cette loi afin que les victimes puissent avoir gain de cause », a-t-il rassuré.

 

Le plaidoyer des victimes intervient alors qu’un projet de loi portant la mise en place de la commission Vérité, Justice et Réparation est sur la table de l’Assemblée Nationale et sera débattu pendant la session ordinaire du mars au mai prochain.

 

 

Centrafrique : F. A Nguendet lance l’idée d’une pétition pour exiger l’arrestation de Ali Darass après son retrait de Bambari

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 24 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 24 février 2017(RJDH)—Le président du FPR, Ferdinand Alexandre Nguendet a annoncé l’idée d’une pétition en faveur de l’arrestation de Ali Daras pour crime économique et crime de sang, trois jours après son retrait de Bambari. Une initiative des forces vives de la nation annoncée ce 24 février à Bangui.

 

Ali Daras leader de l’UPC s’est retiré de Bambari où il est siégé au profit de Maloum, une commune d’élevage à 58 km de Bambari sur axe Ippy à l’Est du pays aussitôt après l’ultimatum de la Minusca qui l’a sommé de quitter la ville. La pétition lancée escompte 500 000 signatures à travers le pays, selon les organisateurs visant à pousser le gouvernement à arrêter et à juger Ali Daras.

 

La délocalisation de Ali Daras ne vide pas le contentieux selon Alexandre Ferdinand Nguendet « le problème n’est pas la délocalisation, nous, nous exigeons l’arrestation d’Ali Daras. Nous avons évoqué la question du mandat d’arrêt au président de la République et au jour d’aujourd’hui, il n’existe pas un mandat d’arrêt à l’encontre d’Ali Daras. Notre groupe parlementaire et d’autres députés vont envoyer des questions écrites au gouvernement pour demander des explications », a-t-il annoncé.

 

La pétition est la première action politique envisagée à charge contre Ali Daras par la classe politique depuis son retrait de Bambari au centre est du pays.

 

 

Centrafrique : Des leaders des Anti-Balaka et FPRC quittent Bambari à la demande de la Minusca

 

PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 24 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 24 Février 2017(RJDH) — les leaders des Anti-Balaka de Bambari ont quitté hier jeudi 23 Février 2017 à 19 heures la ville. Ceci après la décision de la Minusca qui les a demandés de se retirer de la ville. L’information a été confirmée au RJDH par certains éléments des Anti-Balaka encore présent dans la ville.

 

Il s’agit du général Gaétan Bouadé des Anti-Balaka Commandant de zone, son secrétaire général Marcelin Orogbo et le général FPRC Ndodéba Arababa. Ils ont quitté la ville de Bambari deux jours après l’ultimatum de la Minusca. La ville de Bambari est en proie à un conflit entre les groupes de l’UPC contre la coalition FPRC et Anti-Balaka. Ce départ fait aussi suite à celui du leader de l’UPC Ali Daras qui s’est installé à Maloum non loin de Bambari.

 

Le général des Anti-Balaka Gaétan Bouadé a dans une note adressée à la Minusca, qualifié son retrait comme un signe de paix et de cohésion sociale. Il a souhaité que le leader de l’UPC soit arrêté afin de soulager la population, « c’est au nom de la paix et de la cohésion sociale que nous acceptons d’obéir à la Minusca et de libérer la ville de Bambari, notre seul souci est que Ali Darassa soit arrêté car il constitue un danger pour la population de la Ouaka », peut-on lire dans ce document.

 

Contacté sur la question du retrait des leaders des Anti-Balaka, Boniface Dadoudji, conseiller des Anti-Balaka de la Ouaka n’a pas donné plus de précision sur la destination de ses leaders mais s’est contenté d’insister sur les exigences de leur mouvement « Gaétan est fils du pays qui s’est révolutionné contre des mercenaires qui massacraient la population. Aujourd’hui il a accepté de quitter la ville de Bambari au nom de la paix mais nous ne savons pas où il se trouve maintenant. Actuellement, la Minusca doit veiller régulièrement sur la population de la Ouaka c’est notre seul souci », a-t-il exigé.

 

Le départ des leaders Anti-Balaka et FPRC de Bambari voulu et obtenu par la Minusca intervient quelque jours après la marche de la population pour exiger le départ et l’arrestation de Ali Daras alors sous pression de la coalition FPRC et la Minusca.

 

 

 

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 14:05
Burundi : 8 FDN de la MINUSCA termine une formation de pilote de drone

 

 

 

http://burundi-agnews.org , le jeudi 23 février 2017

 

8 FDN terminent une formation de pilote de drones en Centrafrique au sein de la MINUSCA ( Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies en République Centrafricaine ).


A Bujumbura, ce jeudi 23 février 2017, le colonel Gaspard Baratuza, porte-parole de la Force de défense nationale (FDN), a informé que 8 militaires du contingent burundais de la MINUSCA viennent de terminer une formation, à Sibut en Centrafrique, sur le pilotage de drones de type phantom 4.

 

Au Burundi, ce type d’expérience pourra servir à l’amélioration du contrôle des frontières…

 

DAM, NY, AGNEWS –

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 13:45
Livre - Vient de paraître par  Augustin Jérémie DOUI-WAWAYE
Livre - Vient de paraître par  Augustin Jérémie DOUI-WAWAYE

 

 

 

par Augustin Jérémie DOUI-WAWAYE

 

Remerciements

Je suis venu, j’ai vu, je n’ai pas vaincu. Mais, je suis convaincu qu’un Etat ne peut se développer sans un niveau suffisant de recherches. « La République centrafricaine à la croisée des chemins du Droit » est un ouvrage que je dédie à « La Renaissance », Hymne de la République centrafricaine, qui a survécu à tous les soubresauts ayant entraîné la décadence de « Notre cher et beau pays ». Et, avec cette publication j’achève ma mission de recherches au Laboratoire interdisciplinaire CREDESPO de l’Université de Bourgogne.

Encore une fois de plus l’honneur m’échoit de réitérer l’expression de mes remerciements les plus profonds à tous ceux et à toutes celles qui, de près ou de loin, ont contribué au succès de ma mission de recherches.

- Merci Révérend Père Bruno Dufour, Curé de la Paroisse Sainte Jeanne d’Arc de Dijon ! Nos échanges spirituels pendant mon séjour m’ont permis d’affermir ma foi. Union de prière !

- Merci à mes supérieurs hiérarchiques de l’Université de Bangui qui ont daigné autoriser ma mission de recherches : Doyen Ismaïla Sy (in memoriam) et son successeur Pr. Augustin Kongatoua Kossonzo et le Recteur Pr. Gustave Bobossi Serengbe ainsi que ses successeurs. Avec mes distinguées et respectueuses considérations !

- Merci Philippe Icard, Vice-Doyen chargé des Relations internationales de la Faculté de Droit et Sciences économique et politique de l’Université de Bourgogne ! De la direction de ma thèse à la relecture de mes projets en passant par vos différents conseils et orientations, vous avez été d’une disponibilité indéfectible. Vous êtes plus qu’un Maître. Les mots me manquent pour vous exprimer ma profonde reconnaissance. J’ai aimé votre rigueur scientifique.

- Merci Pr. Patrick Chalot, Responsable du laboratoire interdisciplinaire CREDESPO ! Vous m’avez nommé membre rattaché de votre laboratoire de recherches. Sincère reconnaissance !

- Merci Juliette Olivier Le Prince, ingénieure de recherche du laboratoire interdisciplinaire CREDESPO ! Quelle gentille Juliette !

- Merci Pr. Pascal Lardellier et Valérie Chapotot ! Vous avez favorablement agréé ma formation en « Communication & Médiations » à l’issue de laquelle j’ai compris qu’on n’a jamais fini d’apprendre. Avec ma profonde gratitude !

- Merci Pr. Christian Trottmann de la Section philosophie du CNRS ! Ravi de faire votre connaissance !

- Merci cher Guy Daniel Ligan, responsable de la cellule informatique du Bâtiment Droit-Lettres de Dijon ! J’ai appris de vous à ne pas baisser les bras.

- Merci Monsieur et Madame Minonzo Jean-François et Marguerite de la Paroisse Sainte Jeanne d’Arc de Dijon pour m’avoir accueilli avec tant de générosité ! Infinie reconnaissance !

- Merci Catherine Enel ! Votre relecture a donné de la substance au style de mon manuscrit. Quand je vous ai écrit que je n’ai pas de remerciements matériels à vous offrir vous m’avez répondu : « Le plus beau remerciement, c’est de maintenir l’amitié ». Mes amitiés !

- Merci Stefan Stefanov ! Ravi pour notre remarquable amitié !

- Merci cher aîné Prosper N'douba et tout le staff de la rédaction de Centrafrique presse ! Vous avez toujours accepté de faire la publicité de mes écrits et publications. Avec toute ma reconnaissance !

- Merci Me Faustin Hotto Nguizo, avocat au barreau d’Orléans ! Vous m’avez toujours encouragé à aller jusqu’au bout. Sincère reconnaissance !

- Merci à ma famille Doui (Antoine, Pierre et Barthélémy) et à ma maman Wawaye Pauline ! Vous avez souffert de mon absence surtout à un moment où la République centrafricaine a sombré dans l’insécurité. Fraternellement et filialement vôtre !

Que tous ceux et toutes celles qui, ont contribué d’une manière ou d’une autre à la réalisation des mes recherches à Dijon, trouvent ici l’expression de ma profonde gratitude.

« Maintenant Ô Maître Souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix… ».

Je vous laisse déguster le Résumé et la Préface.

Bonne lecture !

Je vous aime bien.

 

Résumé

La vie publique et les relations sociales en République centrafricaine (RCA) sont tiraillées entre le Droit de la force et la force du Droit. La RCA en est arrivée à une sorte de carrefour où tout Droit est concurremment amené à s’appliquer sur le territoire national : Droit coutumier, exigence d’un Droit de sécurité, effectivité du Droit positif, Droit de crise, Droit de force… L'état du Droit doit donc être retravaillé à plusieurs niveaux : la production des normes, leur réception, leurs modalités de mise en œuvre, des incompréhensions qu'elles peuvent susciter, des insuffisances qu'elles peuvent comporter et enfin leur intégration dans les structures sociopolitiques. Pour ce faire, le recours à la sociologie et à l’anthropologie juridiques s’impose comme schéma d’établissement des règles qui détermineront l’organisation des pouvoirs publics, la vie citoyenne et les relations sociales. La reconquête du classicisme juridique en RCA doit donc répondre à une préoccupation de construction technique de la pensée juridique dans la mesure où elle met en perspective la primauté des règles qui ordonnent le comportemental et le relationnel dans le respect de l’ordre public, de l’autorité, des institutions, de l’autrui et du soi-même. La justice reste l’un des domaines d’activités les plus difficiles à faire évoluer en RCA car elle englobe tout ce qui concerne la vie du peuple. Chaque fois que l’on bafoue la justice en RCA, la politique connaît une crise insoluble, les droits de l’homme sont impunément violés, l’ordre social est perturbé, et l’individu vit dans la peur. La reconquête de la justice passe au préalable par la refondation du Droit.

 

Préface

 

La République Centrafricaine, connaît encore aujourd’hui une situation délicate dans l’application du droit en raison des diverses sources juridiques qui se rencontrent dans l’ordre juridique de l’État. En effet, par delà les vicissitudes politiques, le droit peut aider à pacifier les relations entre les composantes d’une population pour faire société. C’est tout l’objet de l’ouvrage de Monsieur Doui Wawaye. Vaste domaine d’exploration que l’auteur parcourt depuis de nombreuses années. Ce travail a débuté avec une thèse soutenue de belle manière à la faculté de droit et de sciences économiques et politique de l’Université de Bourgogne portant sur « La sécurité, la fondation de l’État centrafricain : contribution à la recherche de l’État de droit ». Le débat est lancé, comment stabiliser l’État institutionnellement, afin qu’il assure la sécurité des personnes et des biens tant sur le plan de l’intégrité physique des populations que des ressources économiques.

 

Bien sûr, comme ce livre le relate, l’histoire du pays participe pour beaucoup à cet éclatement de l’ordre juridique et à la présence de conflits réels et parfois latents. Toutefois, l’auteur montre également que si le fruit de cette histoire est là, il n’explique pas tout. Les choix opérés par les politiques, les actes commis depuis plus d’une vingtaine d’années construit aussi la situation contemporaine. Sur le plan juridique, l’équation à résoudre, aujourd’hui, est justement de trouver un équilibre entre des normes trouvant ancrage dans les pratiques et coutumes et les règles adoptées par l’État. Or, comme le souligne l’auteur, la dimension sociologique doit être incluse dans la fabrication de la norme étatique afin qu’elle soit reçue sur l’ensemble du territoire. En réalité, la quête actuelle des gouvernants centrafricains, selon l’auteur, est de permettre une application uniforme du droit sur la totalité du territoire de la République Centrafricaine.

 

Pour atteindre cet objectif, Monsieur Doui Wawaye se livre à une critique courageuse et sans concession de la situation. Il montre la coexistence voire la confrontation des normes coutumières et celles édictées par la puissance publique. Il révèle, également, la présence d’autorités concurrentes pour faire appliquer ces droits. De là naissent des antagonismes forts, rendant impuissantes les lois d’amnistie et sans effet un embryonnaire droit post conflit.

 

Comment, alors, trouver une réponse ? L’auteur est clair : dans une autonomie du droit national. Pour atteindre cet objectif, il propose des clés : l’absolue nécessité de réussir l’unité nationale sur des valeurs communes comme l’égalité en droit des personnes, le respect de la dignité humaine, afin de briser les réflexes identitaires de types tribaux, ethniques et religieux. Sur ce socle nouveau peut alors se bâtir un ordre juridique accepté par tous, contrôlé par des juges indépendants. Le chemin à parcourir, est long et semé d’embûches. L’auteur en est conscient. Mais il demeure convaincu, que si la dimension politique est essentielle, la force du droit et non le droit de la force peut apporter une pierre à l’édifice de l’État Centrafricain. Il est aisé de le suivre, tant la démonstration est convaincante et l’écriture facile.

 

Souhaitons que cette construction intellectuelle, puisant sa contribution dans l’histoire et la sociologie du pays, trouve une belle consécration concrète dans le futur.

 

Philippe ICARD

 

Vice-Doyen chargé des relations internationales

Faculté de droit et de sciences économique et politique de l’Université de Bourgogne

P

 

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