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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 12:13
Lu pour vous : ALI BONGO : un triomphe par l’épée

 

 

http://www.ledjely.com/  Par ledjely.com le 5 septembre 2016

 

Ainsi donc, Ali Bongo, bien que n’ayant pas gagné l’élection du 27 août 2016, se succédera à lui-même et régnera sur le Gabon pour les sept prochaines années. La France, l’Union européenne et les Etats-Unis, renonçant exceptionnellement au sacro-saint devoir de réserve qui fonde la diplomatie internationale, auront fait ce qu’ils ont pu. Mais à Libreville, Ali Bongo, disposant de l’armée et des forces de sécurité, pour étouffer les velléités de contestation et réprimer les tentatives de protestation, apparait plus puissant. A dieu les résultats des élections, A dieu tous les vertueux principes démocratiques. Jean Ping aura beau crier. Ses lamentations ne lui seront d’aucun secours. Parce qu’au Gabon, mais aussi dans beaucoup de pays africains, la seule loi qui prévaut, c’est celle du plus fort. Autant le savoir pour l’intégrer.

 

Au grand dam de Jean Ping

 

Quand, un certain 31 octobre 2014, comme un seul individu, les burkinabé se sont mobilisés et chassé Blaise Compaoré, quelques naïfs et idéalistes observateurs de la scène politique africaine y ont vu un signe d’espérance. L’espoir que cette révolution jadis inimaginable sonnait l’avènement imminent de la fin du règne des dictateurs et des présidents têtus en Afrique. Hélas, les contre-révolutionnaires s’échinent à limiter la casse et à circonscrire la déferlante révolutionnaire. Et le Gabon est aujourd’hui l’incarnation même de cette parade anti-progressiste. Bien qu’ayant la majorité de ses compatriotes contre lui, Ali Bongo n’entend pas partir. Les Gabonais ont fait leur choix, mais lui s’en fout éperdument. Sa vérité à lui, est la seule qui vaille. Son départ n’ayant visiblement jamais fait partie des éventualités qu’il avait envisagées, il se sent incapable de souscrire à la volonté de ses compatriotes. Et pour que tout le monde comprenne qu’une telle perspective n’est pas à l’ordre du jour, il a usé d’arguments d’une persuasion imparable, à savoir la force et la violence. Ainsi donc, sept Gabonais sont tombés sous les balles de l’armée ou des forces de sécurité, des dizaines d’opposants momentanément séquestrés et de milliers de citoyens interpellés et mis en prison pour avoir essayé de revendiquer le respect de leur choix authentique. Depuis, les choses se calment peu à peu. Comme pour dire que la stratégie est plutôt payante. Au grand dam de Jean Ping.

 

Une stratégie panafricaine ?

 

Ceci étant, il est à relever qu’Ali Bongo n’est pas le géniteur exclusif et ultime de cette approche du fait accompli. Bien avant lui, Denis Sassou Nguesso s’en était servi avec un succès certain. Au Burundi aussi, c’est à la force de l’épée que Pierre Nkurunziza doit son maintien au pouvoir. De même, au Tchad, la réélection d’Idriss Deby Itno est loin d’avoir été transparente. Et on peut légitimement s’attendre à ce qu’en RDC, au-delà de toutes les agitations, Joseph Kabila se serve de la même recette. On comprend mieux ce pour quoi ni l’Union africaine, ni les autres dirigeants africains individuellement, n’aient daigné se prononcer sur la situation au Gabon. Partout, le schéma est le même. Quelques remous et des pertes en vies humaines en guise de mise en garde. Mais à la fin du compte, le pouvoir se maintient. En dépit des doutes et suspicions émanant de la communauté internationale et des ONG de défense des droits humains. Bien entendu, comme cela se voit actuellement avec le Burundi, les pouvoirs ainsi confisqués se révèlent souvent périlleux et incertains. Encore que ce sont les populations qui en paient le prix.

 

Boubacar Sanso Barry  

 

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 23:13

 

 

3 septembre 2016 (APA) - Le gouvernement centrafricain s’est engagé à relancer les activités du diamant à travers un projet dénommé « Droit de Propriété et Développement du Diamant Artisanal » (DPDDA) financé par le programme USAID.

 

A cet effet, une réunion s’est tenue jeudi dernier à Bangui pour déterminer les conditions de relance de ce projet, et a regroupé les acteurs du secteur minier du pays.

 

Cette rencontre fait suite à la récente visite de deux membres du gouvernement à savoir : le Ministre des Mines, Léopold Mboli-Fatrane et celui des Affaires sociales et de la Réconciliation nationale, Virginie Mbaïkoua, ainsi que de l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique en Centrafricaine, Jeffrey Hawkins dans la ville de Berberati chef-lieu de la préfecture de la Mambére Kadéï où le Processus de Kimberley avait décidé de la reprise de l’exportation du diamant au mois d’avril dernier.

 

Le but de cette visite était de s’imprégner de l’avancée de ce projet et échanger avec les autorités locales, les artisans miniers de la sous-préfecture de Berberati et voir les perspectives pour étendre la zone verte définie par le processus de Kimberly aux autres sous-préfectures de la Mambéré Kadeï.

Les  USA s’impliquent dans la relance du secteur minier en Centrafrique
Les  USA s’impliquent dans la relance du secteur minier en Centrafrique
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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 23:00

 

 

Bangui 4 sept (CAP) - Une réunion de sécurité convoquée par les Forces Armées Centrafricaines (FACA) basées aux KM5 a eu lieu ce jour à la mairie du 3eme arrondissement.. Ont pris part à la réunion, tous les responsables des associations du km5, un représentant de la Minusca, les éléments d’auto-défense et les Imams.

 

Le but de la réunion était d'informer toute la population du Km5 qu'à partir de maintenant, les FACA ont reçu l'autorisation de sécuriser le bloc km5. Une autorisation signée du Directeur de Sécurité de la présidence de la République avec bien sûr l'aval du président de la République.

 

Désormais la gestion du commissariat du 3ème Arrondissement revient au FACA. Il y aura à cet effet 3 check points qui seront installés :

 

  1. au niveau du pont Jackson;
  2. 2- en haut vers le marché Kokoro;
  3. 3- au croisement du 5eme arrondissement.

 

Le message est clair : celui qui se promène avec des armes dans ce secteur ou qui commet un braquage, un vol, un homicide ou qui balance une grenade sur les paisibles citoyens dans ce quartier, sera automatiquement arrêté et remis à la police ou à la gendarmerie.

Réunion de sécurité du Km 5 à la mairie du 3eme arrondissement
Réunion de sécurité du Km 5 à la mairie du 3eme arrondissement
Réunion de sécurité du Km 5 à la mairie du 3eme arrondissement
Réunion de sécurité du Km 5 à la mairie du 3eme arrondissement
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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 22:16

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

CP/SPK#021/2016

 

 

Bangui, le 4 septembre 2016 - Le 3 septembre, dans la région de Dekoa, un affrontement entre un groupe de fugitifs ex-sélékas remontant vers le Nord et des villageois de Nangayan a entraîné la mort de deux villageois (dont le chef du village), et d’une troisième personne non identifiée, présumée ex-séléka dont le corps a été remis aux autorités locales de Dékoa par la MINUSCA, en présence de la Croix-Rouge.

 

Le bataillon burundais de la MINUSCA est immédiatement intervenu pour protéger et rassurer la population.

 

Plus tard dans la nuit de samedi à dimanche, une unité du bataillon burundais de la MINUSCA a été prise à partie à 5km au Nord de Dekoa par une colonne de motos ex-séléka tentant de forcer le passage vers le Sud. Les soldats de la MINUSCA ont riposté. L’un des assaillants a trouvé  la mort  et trois motos ont été saisies. Deux soldats burundais ont été grièvement blessés au cours du combat et reçoivent depuis des soins intenses à la clinique de la MINUSCA. La MINUSCA demande aux fugitifs de répondre à l’appel du gouvernement de se rendre et de se soumettre à la justice de leur pays.

 

La MINUSCA continuera à s’opposer à tout acte violent de quelque groupe que ce soit, si nécessaire par la force conformément à son mandat. La MINUSCA appelle à nouveau les groupes armés à respecter l’engagement qu’ils ont pris lors de la signature de l’Accord sur les principes de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR). Elle les exhorte également à s’engager résolument dans  le dialogue initié par le Président Touadéra.

 

Enfin, la MINUSCA rappelle que porter atteinte à la vie d’un soldat de la paix peut être considéré comme un crime de guerre et est punissable conformément aux lois internationales en vigueur.

LA MINUSCA CONDAMNE FERMEMENT LES ACTES DE VIOLENCE PERPETREES PAR LES EX-SELEKA A DEKOA
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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 21:30
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Touadera attendu à Bria le lundi prochain

 

http://rjdh.org/ PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 3 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 03 septembre 2016—Le président Faustin Archange Touadéra se rendra lundi prochain à Bria, chef-lieu de la Haute Kotto et fief de l’ex-Séléka. L’information est confirmée par la présidence de la République qui inscrit le déplacement dans le cadre de visite ordinaire prévue par le nouveau chef d’Etat.

 

Selon des sources à la présidence, le chef de l’Etat se rend à  Bria pour remercier la population et discuter avec elle sur les questions de paix et de développement. Un ministre conseiller à la présidence a, sous couvert de l’anonymat parlé d’une perche tendue à la Séléka « le président de la République fidèle à sa philosophie de paix, va aller rassurer la population et tendre la main encore une fois de plus pour consolider la paix dans la région » a-t-il confié.

 

Le président de la République Centrafricaine se rend à  Bria au moment où plusieurs tendances de l’ex-Séléka se réussissent dans cette ville pour tenir une Assemblée Générale.

 

Le nouveau président centrafricain se rend à Bria, un mois après sa visite à Kaga-Bandoro, une autre ville contrôlée par l’ex-Séléka.

 

 

Centrafrique : Les fugitifs de l’ex-Séléka s’affrontent avec les éléments auto-défense de Dekoa

 

http://rjdh.org/ PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 3 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 03 septembre 2016—Un combat a opposé, jeudi dernier un groupe de fugitifs de l’ex-Séléka et les jeunes auto-défense de Dékoa. L’information a été confirmée au RJDH par le sous-préfet de Dékoa Guy Yves Mbetingaza qui craint des représailles de la part des ex-Séléka de Kaga Bandoro.

 

De sources indépendantes, le combat a eu lieu dans la brousse. Selon le sous-préfet, l’affrontement a fait un mort et plusieurs blessés dans les rangs des fugitifs. Le sous –préfet de Dékoa a confié qu’à chaque village, les fugitifs prennent des jeunes en otage pour leur indiquer le chemin « depuis qu’ils ont fui, ils prennent des jeunes pour qu’ils leurs montrent le chemin, une fois arrivée dans un autre village il libère les premiers, c’est ainsi que les fugitifs avancent » .

 

Guy Yves Mbetingaza qui précise que le combat fait suite à ces séries de prises d’otage « Arrivée au village Cotonaffoh, ils ont pris des otages pour leur montrer le couloir de transhumance pour arriver à au carrefour Bedanmbor, manquant  de vrais pisteurs, ils sont arrivés au village Woulo à 3km mètres de Dekoa et ils ont pris encore des otages. Informés par les auto-défense, c’est là ou y a eu altercation causant la mort d’un des fugitifs dont le corps a été inhumé par la Croix-Rouge de Dekoa », souligne-il.

 

Le sous préfet de Dékoa dit avoir reçu des menaces de la part d’un général de l’ex-Séléka qui aurait promis d’attaquer la ville « un général de l’ex-Séléka m’a appelé le 31 aout à 23h en disant qu’il va descendre sur Dekoa pour en finir avec nous, car ses éléments ont traversé plusieurs villages sans difficultés mais se sont fait attaqués dans la ville. J’ai saisi la Minusca de Dekoa qui a par la suite informé celle de Kaga-Bandoro qui malheureusement n’a pas pris l’information au sérieux », a t-il regretté.

 

Les cadres du FPRC contactés à Bandoro n’ont pas souhaité se prononcer sur ce dossier. La Minusca n’a pas aussi été disponible pour nous répondre à ce sujet.

 

La présence de plusieurs groupes d’éléments de l’ex-Séléka est signalée dans la brousse entre Sibut et Kaga-Bandoro depuis que la Minusca a mis une équipe de ce mouvement en débandade.

 

Centrafrique: Les prix des produits pétroliers baissent à la pompe

 

http://rjdh.org/ PAR JEAN FERNAND KOENA LE 3 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 03 Septembre 2016(RJDH)—le premier ministre Simplice Mathieu Sarandji a signé un arrêté portant en baisse le prix des hydrocarbures en République Centrafricaine.

 

Dans cet arrêté le prix du Super passe de 880 à 865 Fcfa le litre, le pétrole lampant passe de 660 à 645 Fcfa le litre et le Gasoil de 870 à 885 Fcfa. Peut-on lire dans cet arrêté.

 

Dans un communiqué de la primature, le premier ministre justifie cette baisse par une nette amélioration de la fiscalité pétrolière due à la baisse continue des cours du pétrole sur le marché international, de 112 dollars US en 2012, le baril du pétrole est passé en dessous de 50 dollars US, a précisé ce communiqué.

 

L’arrêté qui devrait entrer en vigueur le 2 septembre n’a pas pu et c’est finalement ce 3 septembre matin que les usagers ont pu bénéficier des retombés de cette décision, a constaté le RJDH

 

La dernière augmentation du prix des hydrocarbures a été consacrée dans la loi de finance votée par les députés en décembre 2011.

 

 

Centrafrique : Plaintes des cultivateurs de Cacao dans la Sangha Mbaéré

 

http://rjdh.org/ PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 3 SEPTEMBRE 2016

 

NOLA, 3 septembre 2016 (RJDH)—Les cultivateurs de cacao des villages Anam et Ziendi, situés à 45 Km de la ville de Nola se plaignent de manque d’encadrement, des acheteurs et la dégradation des routes allant dans la localité. Ils ont lancé un appel au gouvernement et ses partenaires pour leur formation et l’évacuer de leurs produits. Position exprimée lors d’une mission du RJDH le 26 aout dernier dans cette localité.

 

La culture du Cacao a effectivement repris dans la Sangha Mbaéré après au moins 39 ans d’inactivité. Cependant, les autorités locales et les agriculteurs éprouvent d’énormes difficultés.

 

Arthur Bebagolo, responsable d’un groupement des agriculteurs de Cacao à Anam présente quelques difficultés, « je suis cultivateur de Cacao. J’ai 2 hectares. Nous avions repris la culture de cacao après nos parents afin de faire développer notre pays, Malheureusement, ce sont les camerounais qui viennent de temps en temps acheter nos produits. Il n’y a pas de route, ni la formation adéquate », a-t-il énuméré.

 

Pour lui, le gouvernement et ses partenaires doivent tout faire pour les aider à améliorer la production, et rendre compétitif le cacao centrafricain sur le marché mondial. « J’invite le gouvernement à nous former sur cette culture », a-t-il lancé.

 

Marc Mbali Metamba, chef du village Anam, regrette le fait que les organisations nationales et internationales qui appuient la relance de l’agriculture ainsi que d’autres projets restent seulement dans la grande ville à Nola, « les gens ne pensent pas à nous, comme-si nous ne sommes pas des centrafricains. Non seulement qu’ils ne pensent pas à nous, mais nous sommes dépourvus de tout : eau potable, route, centre de santé, enseignants etc. », s’est-t-il lamenté.

 

La culture de cacao représentait dans les 70 et 80, 5% de PIB. En juillet 2016, Le directeur général de l’Office de Règlementation du Contrôle et de Conditionnement des Produits Agricoles (ORCPPA) Georges Dambéti avait évoqué la question de la relance de la culture du cacao et ses préparatifs pour cette année 2016 sur le territoire national, en vue de permettre une réelle relance économique tant souhaitée par tous après toutes ces années de tumultes stériles.

 

Selon la projection du ministère du développement rural, la Centrafrique disposera d’ici à 2020 de plus de 45 000 hectares de cacao sur le territoire national.

 

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 16:22
Lu pour vous : L’inexorable déclin des éléphants d’Afrique

 

 

Par Pierre Le Hir LE MONDE Le 02.09.2016 à 06h41

 

L’éléphant d’Afrique est en danger de mort. C’est sur ce tragique constat que s’est ouvert, jeudi 1er septembre à Hawaï, le Congrès mondial de la nature organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En prélude à ses dix jours de travaux, deux études, rendues publiques la veille, brossent un très sombre tableau de l’état des populations de l’éléphant de savane (Loxodonta africana) et de son cousin de forêt (Loxodonta cyclotis), les deux sous-espèces présentes sur le continent.

 

Un recensement d’ampleur inédite, le Great Elephant Census, révèle que le nombre de pachydermes vivant dans les savanes d’Afrique a chuté de 30 % entre 2007 et 2014. Et ce déclin s’accélère, pour atteindre désormais un taux de 8 % par an.

 

Cette enquête à 7 millions de dollars (6,3 millions d’euros), financée par le cofondateur de Microsoft et mécène Paul Allen, a mobilisé une centaine de scientifiques, avec le concours de plusieurs ONG. Elle a été réalisée sur deux ans, sous forme de survols aériens, par avion ou par hélicoptère, de dix-huit pays totalisant près de 90 % des effectifs d’éléphants de savane du continent.

 

Les conclusions sont accablantes. Alors que, rappellent les chercheurs, l’Afrique a pu compter « plus de 20 millions d’éléphants avant la colonisation européenne », et que leur nombre était encore estimé à 1 million dans les années 1970, il n’en reste plus qu’un tiers aujourd’hui. Soit 352 000 individus en 2014, contre 496 000 en 2007. Leur répartition est très inégale. A eux seuls, le Botswana, le Zimbabwe et la Tanzanie abritent près des trois quarts de l’espèce. Mais la tendance démographique s’inscrit à la baisse sur la plus grande partie du continent, à l’exception de quelques pays où elle se stabilise (comme au Kenya) ou même se redresse (en Ouganda dans l’est, ou au Bénin, au Burkina Faso et au Niger, dans l’ouest).


Le trafic d’ivoire a repris de plus belle

 

Le plus inquiétant est que la situation n’a cessé de se dégrader ces dernières années. Pourtant, l’espèce, décimée pendant les décennies 1970 et 1980, avait commencé à se reconstituer dans certaines régions, à la suite de l’interdiction, en 1989, du commerce international d’ivoire. Cette embellie est terminée.

 

« Si les populations continuent de diminuer au rythme annuel de 8 %, la zone que nous avons étudiée perdra la moitié de ses éléphants de savane tous les neuf ans, préviennent les chercheurs. La disparition de certaines populations est possible, spécialement dans des pays comme le Mali, le Tchad et le Cameroun, où elles sont de petite taille et isolées. »

 

Les causes de ce recul sont connues. Il s’agit, d’abord, du braconnage des pachydermes, abattus pour l’ivoire de leurs défenses. Ce trafic a repris de plus belle. En 2008, le comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) a autorisé la vente à la Chine d’un stock de 108 tonnes d’ivoire provenant de quatre pays d’Afrique australe. « Ce signal, ajouté à l’émergence d’une classe moyenne de Chinois dotés d’un fort pouvoir d’achat, a entraîné la mise en place de réseaux criminels d’exportation d’ivoire, dont la Chine est le principal débouché », décrit Céline Sissler-Bienvenu, directrice pour la France et l’Afrique francophone du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW).

 

L’ivoire, s’il n’est pas doté des prétendues vertus médicinales qui alimentent le trafic de cornes de rhinocéros, constitue, pour les nouveaux riches chinois, un signe de réussite sociale, qu’il soit transformé en décoration, sceau ou baguettes. C’est un marché très juteux, le kilo d’ivoire se négociant environ 1 000 euros. Or, déplore Céline Sissler-Bienvenu, la lutte contre « le trafic d’espèces sauvages n’a jamais été une priorité pour les gouvernements, qu’ils soient occidentaux, asiatiques ou africains ». Le recensement montre que l’on retrouve autant de carcasses d’éléphants dans les aires où ils sont protégés que là où ils ne le sont pas, preuve que ces parcs ou réserves n’empêchent pas leur abattage.

 

Avenir précaire

 

Mais le braconnage n’est pas le seul fléau dont souffrent les éléphants. Ils pâtissent aussi de la perte de leurs habitats naturels devant l’extension des villages, des activités agricoles et de l’élevage, sources de « tensions » entre l’homme et l’animal. « Ces conflits sont plus difficiles à régler, car ils mettent en jeu les politiques d’aménagement du territoire », note la directrice de l’IFAW.

 

Et les éléphants de forêt ? Dissimulés par les houppiers, ils n’ont pas été répertoriés par les survols aériens. Mais leur sort n’est pas plus enviable. Une étude, parue en 2013 dans la revue PlosOne, estimait que leurs peuplements dans les forêts d’Afrique centrale (Cameroun, Congo, Gabon ou République centrafricaine) avaient fondu de plus de 60 % en dix ans. Leur population, de 500 000 individus en 1993, est tombée à moins de 100 000, vingt ans plus tard.

 

Une nouvelle étude, publiée dans le Journal of Applied Ecology le 31 août, esquisse un avenir particulièrement précaire pour ces éléphantidés – plus petits que leurs cousins de savane mais pourchassés eux aussi pour leur ivoire –, jusqu’alors peu étudiés. Il apparaît qu’ils se reproduisent à un rythme beaucoup plus lent que ceux de savane : les femelles mettent bas pour la première fois à l’âge moyen de 23 ans (au lieu de 12 pour leurs cousines), et un intervalle de cinq à six ans sépare deux naissances (contre trois à quatre ans). Si bien que, même s’il était mis fin au braconnage, il faudrait près d’un siècle (précisément quatre-vingt-un ans selon les calculs des chercheurs) pour qu’ils retrouvent leur population des années 2000.

 

Ce n’est malheureusement pas l’éléphant d’Asie (Elephas maximus) qui sauvera cet animal emblématique. De cette espèce – différente de celle d’Afrique – ne subsistent que quelque 40 000 individus. S’ils sont moins traqués pour leur ivoire, seuls les mâles étant pourvus de défenses, ils sont capturés pour effectuer de multiples tâches, notamment dans les coupes forestières. D’Afrique ou d’Asie, l’éléphant peut-il encore être sauvé ?


http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/09/02/l-inexorable-declin-des-elephants-d-afrique_4991313_1652692.html#7VrdXjZSSeDrCcsC.99

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 16:01
Lu pour vous : Au Gabon, un scrutin à recompter

 

EDITORIAL

 

LE MONDE • 


Editorial du « Monde ». Normalement, le million et demi d’habitants du Gabon devraient vivre dans la richesse, santé et emploi garantis. Ce petit Etat d’Afrique centrale est l’une des grandes puissances pétrolières du continent – une sorte de Koweït africain. Mais les deux tiers des Gabonais vivent dans la pauvreté. Au fond, ce qu’il y a de plus tragique en ce lendemain d’élection présidentielle au Gabon, c’est cet arrière-plan politico-économique : la permanence d’un « système » qui entretient la misère.

 

Et sans doute faut-il attribuer une partie de la colère qui s’est emparée de nombre de Gabonais à l’issue de l’élection présidentielle du samedi 27 août à un sentiment d’impuissance face à un état de fait qui ne devrait pas être. La violence des manifestations et des combats de rue de ces quatre derniers jours à Libreville, la capitale, dépasse la seule contestation des résultats du scrutin. Elle témoigne d’un gros coup de ras-le-bol.

 

L’élection mettait en lice deux caciques du régime. D’un côté, Ali Bongo Ondimba, 57 ans, fils d’Omar Bongo, qui « dirigea » le pays quarante ans durant. M. Bongo Ondimba, élu une première fois en 2009, avait déjà vu ce résultat assez largement contesté. En face, son ancien beau-frère, plusieurs fois ministre du temps du président Omar Bongo, Jean Ping, 73 ans, décidé à en finir avec la dynastie régnante. Quelque 700 000 électeurs ont voté le 27 août, sous haute surveillance internationale. Mercredi soir, les résultats officiels donnaient la victoire à M. Bongo Ondimba : 49,80 % des voix, contre 48,23 % à son adversaire.

 

Prévarication et corruption

 

Score immédiatement contesté par l’opposition qui réclame un recomptage des votes et dont nombre de partisans sont descendus dans la rue. Emeutes, pillages, affrontements avec les forces de l’ordre, incendie partiel de l’Assemblée nationale, cinq morts au moins et des centaines d’interpellations : Libreville vit dans le chaos. Le QG de M. Ping est cerné par des troupes, qui retiennent en otage une bonne partie des dirigeants de l’opposition. Nombre d’observateurs internationaux s’étonnent de la façon dont le scrutin s’est déroulé dans le fief de la famille Bongo. Il y a matière à contestation.

 

Longtemps complice du « système » de prévarication et de corruption qui tient lieu de gouvernance à Libreville, la France s’est cette fois alignée sur la position de l’Union européenne : il faut republier les résultats, bureau par bureau. Le Conseil de sécurité de l’ONU a fait part de sa « profonde préoccupation ». M. Bongo Ondimba – qui, durant sept ans, a été assez largement incapable de rompre avec le « système » – ne veut rien entendre.

 

Que faire ? L’Union européenne se défie de toute ingérence directe. Elle aimerait que les organisations régionales, notamment l’Organisation africaine, fassent pression sur M. Bongo Ondimba et imposent ce recomptage des votes. Mais l’Organisation, au nom du sacro-saint principe de souveraineté, semble s’y refuser.

 

Solidarité mal comprise entre dirigeants africains ? C’est pourtant à eux qu’il revient de jouer franchement le jeu de la démocratie, de savoir quitter le pouvoir, d’interrompre ces lignées dynastiques – particulièrement en Afrique centrale – dans lesquelles une population africaine, jeune, urbaine et dynamique ne peut pas se reconnaître. Un vrai homme d’Etat se juge à son aptitude à céder la direction de l’Etat, justement. La longévité au pouvoir est le signe d’une « mal gouvernance » synonyme de corruption.


http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/09/03/au-gabon-un-scrutin-a-recompter_4992006_3232.html#4ceJSOp1bHOQLPAo.99

 

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 15:42

 

ENQUÊTE

 

Par Alexis Billebault (contributeur Le Monde Afrique) LE MONDE Le 02.09.2016 à 16h51


Dimanche à 18h30, ils seront quelques centaines, peut-être quelques milliers de Centrafricains, noyés dans l’immense stade des martyrs de Kinshasa. L’instant sera historique : jamais les Fauves n’ont participé à la Coupe d’Afrique des Nations, la plus grande compétition du continent organisée tous les deux ans. Et la présence de la Centrafrique au Gabon début 2017, alors que le pays s’extirpe doucement d’une sanglante guerre civile, prendrait une dimension toute particulière. « Une victoire à Kinshasa, et c’est la qualification assurée. Un match nul pourrait suffire, à condition que les résultats des autres matches nous soient favorables. Mais on y va pour gagner », résume Eloge Enza Yamissi, capitaine des Fauves et milieu de terrain de Valenciennes (Ligue 2).

 

Il y a presque un an, le 6 septembre 2015, la Centrafrique retrouvait son public lors du match aller face aux Congolais (2-0), quasiment vingt-quatre mois après sa dernière apparition au stade Barthélémy-Boganda, où elle a la réputation d’être quasiment invincible. Ce jour-là, après leur succès contre le Burkina Faso (1-0, qualifications pour la CAN 2015), les Fauves ne s’imaginaient pas que leur pays, déjà maltraité par les coups d’Etat, les dérives autocratiques incarnées par le sinistre Jean-Bedel Bokassa et une première guerre civile entre 2004 et 2007, allait plonger dans un nouveau conflit meurtrier, obligeant les joueurs à disputer leurs matches au Congo ou au Cameroun.

 

« Aucune tension »

 

« Ce 6 septembre, tout le monde était au stade. Chrétiens, musulmans, athées. Certes, la sécurité était impressionnante, mais on ne sentait aucune tension. Les gens étaient là pour se réunir autour de l’équipe nationale », se souvient Willy Kongo, le team-manager des Fauves, qui vit à Paris.

 

 « Dans l’équipe, il y a des chrétiens, en majorité, et des musulmans. Même au plus fort de la crise, il n’y a jamais eu le moindre problème. Ce qui se passait au pays les touchait tous. Tous y ont de la famille, des proches... Des joueurs ont aussi perdu des êtres chers. Ils ont eu des discussions, mais jamais il n’y a eu de tensions », assure le sélectionneur Hervé Loungoundji, uniquement payé lors des rassemblements de la sélection et qui gagne sa vie en Guinée Equatoriale, où il profère ses conseils dans une académie de football.

 

Au plus fort de la guerre civile, la sélection nationale aurait pu exploser. « Je n’ai pourtant jamais eu cette peur, assure le vice-capitaine Foxi Kethevoama (Baliksehirspor, Division 2 turque).Aucun musulman ou aucun chrétien de l’équipe n’a un jour dit qu’il ne viendrait plus. J’ai au contraire l’impression que ce conflit a soudé les joueurs. Nous savions que nous avions un rôle à jouer au sein de la population... »

 

« Des zones de turbulences »

 

Les internationaux sont éparpillés un peu partout dans le monde (France, Belgique, Grèce, Turquie, Slovaquie, Kazakhstan, Malaisie, Vietnam, Cameroun, Arabie Saoudite, Guinée Equatoriale…) mais chacun tient à venir. A chaque rassemblement, les Fauves jouent la carte de l’unité, sans jamais surjouer. « On prie tous ensemble. Et dès que nous en avions l’occasion, on délivrait des messages de paix, comme lors des interviews notamment, sans qu’on nous pose forcément de questions sur le sujet. Et on continue de le faire, car même si la situation est calme presque partout dans le pays, il y a encore des zones de turbulences. On ne pourra parler de paix que dans deux ou trois ans. Pendant des années et des années, les Centrafricains de toutes confessions ont vécu ensemble. Il y a des familles où il y a des chrétiens et des musulmans, et il n’y a pas de raison pour que cela ne fonctionne plus. Mais il faudra du temps », explique Eloge Enza Yamissi.

 

Comme les footballeurs ivoiriens l’avaient fait quand leur pays menaçait de sombrer dans le chaos, les joueurs centrafricains ont dû endosser un costume de pacificateurs, s’exposant à des tentatives de récupération politique. « La récupération politique, c’est un sport universel, coupe Willy KongoMais ce n’est pas illogique de vouloir mettre en avant les résultats de la sélection nationale pour montrer que la Centrafrique peut réussir et vivre en paix. »

 

Le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, élu en mars, a rendu visite aux joueurs et au staff technique quelques jours avant le match remporté face à l’Angola à Bangui (3-1, le 5 juin) et qui permet aux Fauves d’entretenir l’espoir d’une qualification historique. « La fédération n’est pas autonome et dépend de l’Etat, explique Hervé Loungoundji. Ce dernier semble décidé à mettre des moyens pour que la sélection puisse travailler dans de bonnes conditions. Il sait que le football peut avoir un rôle très important dans le pays. Ici, il y a un championnat qui se déroule normalement depuis le retour au calme. »

 

Foxi Kethevoama espère juste que cette volonté survivra à une éventuelle élimination des Fauves, dimanche dans l’enfer des Martyrs : « Qu’on se qualifie ou pas, il faut voir à long terme. Ce n’est que du football, mais ici, c’est quelque chose de très important... »

 

Alexis Billebault contributeur Le Monde Afrique


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/02/centrafrique-les-fauves-ces-artisans-de-la-paix_4991728_3212.html#w22aIdOMxrfV7KV5.99

Lu pour vous : Centrafrique : les « Fauves », ces artisans de la paix
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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 22:17

 

 

http://www.agenceecofin.com/

 

(Agence Ecofin) mercredi, 31 août 2016 09:14 - Le Japon a donné le ton  de ce que sera sa nouvelle diplomatie économique en Afrique pour les trois prochaines années, lors de la 6e Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l'Afrique (Ticad VI) qui s'est tenue à Nairobi au Kenya. En cette circonstance, Shinzo Abe (photo), le premier ministre japonais, a promis aux chefs d'Etats africains présents que son pays injectera 30 milliards $ dans l'économie africaine. Il s’appuiera pour cela en grande partie sur son secteur privé.

 

Son enveloppe est moins importante que les 60 milliards $ promis par Xi Jingping, le président chinois, lors d'une conférence analogue qui s'est tenue entre la Chine et l'Afrique fin 2015 en Afrique du sud. Mais la rivalité entre les deux géants d'Asie sur le continent africain n'est pas nouvelle. Selon des données disponibles sur le terminal financier de Bloomberg, l'empire du milieu est le premier partenaire économique de cette région du monde pour la septième année consécutive, avec des échanges commerciaux qui ont culminé à 123,3 milliards $ en 2015.

 

Le Japon pour la même période n’a occupé que la 10ème place de ce classement, avec des échanges commerciaux qui, en 2015, n'étaient que de 17 milliards $, avec ses partenaires africains. L'empire du soleil levant compte bien réparer cette faiblesse. Pour la rencontre de Nairobi, Shinzo Abe a voyagé avec une forte délégation d'hommes d'affaires.

 

Parmi les quelques annonces faites en marge de cette conférence, on apprend que Japan Tobacco, s'approvisionne à 25% chez des producteur africains, pour un chiffre d'affaire global de 300 millions $ et des opérations dans une trentaine de pays africains.

 

Parallèlement, le groupe Fujifilm Corporation connu pour le développement des appareils des prises de vue, a indiqué sa volonté de s'investir dans le secteur des infrastructures de santé en Afrique. « Investir dans les équipements de santé fait partie de notre cœur de business. Nous avons développé des mammographies digitales et des appareils à rayon X pour détecter des cancers. Nous travaillons avec des pays africains pas seulement pour vendre des produits, mais aussi pour former le personnel des services de santé à bien utiliser ces appareils », a fait savoir Kenji Sukeno, le directeur général de Fujifilm dans une entrevue avec une télévision kényane.

 

Dans un tout autre domaine, le japonais  NTT annonce son intention de soutenir la réduction des coûts dans les technologies de l’information et de la communication qui constitue une des causes de la fracture numérique. Enfin le Japon a promis d'ouvrir des bureaux d'information d'investissement dans plusieurs pays africains, afin de renforcer les relations avec ses partenaires dans la région.

 

Avec la Banque africaine de développement (BAD), le gouvernement japonais a conclu un accord d'un montant de 3 milliards $. Ces fonds, dont le décaissement s'étalera sur une durée de trois ans, serviront à stimuler la croissance du secteur privé et à réduire la pauvreté.

 

Tous ces aspects de la coopération sur lesquels insiste le Japon sont un peu le ventre mou de la coopération chinoise. Selon de récentes statistiques collectées par la firme d'audit et de conseil Deloitte, le stock des investissements chinois en Afrique était de 357 milliards $ en 2015 pour un total de 301 projets. Mais malgré ce chiffre impressionnant, on est loin du compte et le Japon entend aussi se positionner. Selon des chiffres de la banque Mondiale, le gap des infrastructures dans le monde se situe  entre 15 000 et 20 000 milliards $ dont une bonne part concernant l'Afrique.

 

Les 1000 milliards $ prévus par Exim Bank China ne suffiront donc pas à régler le problème. En plus les investissement chinois prennent très souvent la forme de prestations de service de construction d'infrastructure de transport, comme les ports, les aéroports, les autoroutes ou des investissements dans le secteur des industries extractives.

 

Le Japon lui veut s'inscrire dans la différence. Il entend continuer d'investir dans les biens d’équipements nécessaires pour l'éducation, la santé, mais aussi apporter sa contribution à la construction des infrastructures dans le domaine des transports, et celui des nouvelles technologies et de l'énergie, orienté vers le développement de nouveaux projets menés par sa batterie d’entreprises privées.

 

Idriss Linge

 

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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 21:59

 

 

www.rfi.fr  le 02-09-2016 à 17:44 Par Tirthankar Chanda

 

La proclamation de la réélection du chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba a plongé le pays dans une spirale de violences. La victoire du président sortant est contestée par l’opposition gabonaise, dont Jean Ping, qui est le principal challenger du vainqueur. Celui-ci s’est auto-proclamé président et a saisi le Conseil constitutionnel, accusant le pouvoir de fraude. En attendant le verdict, retour sur la personnalité d'Ali Bongo et sa victoire controversée.

 

¤ Réélu, mais « bunkérisé »

 

Tout a commencé le mercredi 31 août en fin d’après-midi, après la proclamation par la commission électorale – avec vingt-quatre heures de retard et d’atermoiements - de la réélection du président sortant Ali Bongo Ondimba. 57 ans. Ce dernier a remporté le scrutin avec 49,80 % des voix, devant son rival de l’opposition Jean Ping, 73 ans, crédité lui de 48,23% des voix, selon les résultats proclamés par la commission électorale. Soit un écart de 5 594 voix. Ce résultat très étriqué a du mal à passer, avec l’opposition qui accuse le camp présidentiel d’avoir traficoté les suffrages. Celle-ci estime que le pouvoir lui a volé sa victoire.

 

Dès l’annonce des résultats, des troubles ont éclaté dans la capitale gabonaise, culminant avec l’incendie de l’Assemblée nationale. Depuis, Libreville est bouclée par les forces de l’ordre. Dans la nuit qui a suivi, celles-ci ont chargé le bâtiment abritant le quartier général du candidat de l’opposition. Des troubles ont également éclaté à Port-Gentil, la capitale économique où des violences avaient déjà marqué la première élection d’Ali Bongo en 2009.

 

Le scrutin présidentiel du 27 août s’était pourtant déroulé dans le calme. Pour faire baisser la tension, l’opposition appuyée par la communauté internationale réclame le recomptage des suffrages. Comme il y a peu de chances que le pouvoir donne une suite favorable à cette demande, il est difficile d’imaginer comment la situation pourrait évoluer. L’ombre du Burkina et de la Côte d’Ivoire plane sur le Palais du bord de mer de Libreville. Pour le politologue africaniste Antoine Glaser, interrogé par RFI, en choisissant la voie de l’affrontement, le président Bongo court le risque de « se bunkériser ».

 

¤ Le clan Bongo

 

C’est aux cris de « Ali doit partir » et « La dynastie, c’est fini » que les manifestants pro-Jean Ping sont descendus sur les grandes artères de Libreville et de Port-Gentil et se sont affrontés aux forces de l’ordre. Au pouvoir depuis quarante-huit ans, les Bongo règnent  sans partage sur ce petit Etat pétrolier avec un revenu national brut par habitant élevé de 9 210 dollars (Banque mondiale), mais où encore un tiers de la population vit sous le seuil de la pauvreté.

 

Le père d’Ali Bongo, Omar, fondateur de la dynastie Bongo, a été l’un des piliers du système de la Françafrique dont le Gabon, avec la Côte d’Ivoire, ont constitué l’une des composantes incontournables. Le père Bongo a gouverné le Gabon pendant 41 ans et a préparé son fils aîné pour lui succéder le temps venu.

 

Officiellement né en 1959, à Brazzaville, Ali Bongo, qui s’appelait Alain à sa naissance, a grandi au sein de la jeunesse dorée de la nomenklatura gabonaise, partageant sa vie entre Libreville et Paris. Il débute ses études secondaires dans la capitale française, dans les années 1970, et se passionne pour la musique, sans doute sous l’influence de sa mère Patience Dabany, qui était chanteuse. A l’époque, il s’intéressait davantage à la soul et au disco qu’à la chose politique. Il produira même un album au titre très tendance, « A Brand New Man », avant de rentrer dans les rangs en s’inscrivant dans une fac de droit parisienne.

 

C’est en 1981 qu’Ali Bongo regagne le Gabon, se fait élire au comité central du Parti démocratique gabonais (PDG), formation au pouvoir et au sein de laquelle il anime son aile réformatrice. Puis, il sera successivement ministre des Affaires étrangères, député de la province du Haut-Ogooué, qui est le fief des Bongo, avant de réintégrer le gouvernement en 1999, cette fois, en tant que chargé du portefeuille de la Défense. Ce ministère stratégique, il ne le lâchera qu’en 2009, lorsqu’à la mort de son père, il obtient l’investiture de son parti pour briguer sa succession devant les électeurs. Obtenir l’aval des dirigeants dont il est désormais le nouveau patron, était une formalité, même si l’intéressé aime rappeler à ses biographes qu’il lui avait fallu gagner sa place. « Elle ne m’est pas tombée comme ça. Au contraire, mon nom était un handicap. »

 

C’est durant la campagne électorale qui suit qu’Ali Bongo se fait réellement connaître du grand public gabonais, réussissant à donner une image plutôt moderne et décontractée de l’art de la gouvernance. Rien n’illustre mieux cet état d’esprit que le nom de campagne « Ali 9 » qu’il adopte alors, en référence à la fois à 2009, l’année du scrutin, et au fantasme de l’homme « neuf » que Ali Bongo a toujours voulu incarner. Son élection n’ira pas toutefois de soi. Sa victoire avec 42% des suffrages sera contestée dans la rue, notamment à Port-Gentil où les violences feront plusieurs morts. L’opposition boycotte la cérémonie d’investiture, dénonçant une « dérive autoritaire » et une « personnalisation du pouvoir ».

 

¤ Adoubé par Paris

 

C’est un homme pressé qui prend les rênes du pouvoir en 2009. Sans oublier de se faire adouber par la France où il passe par les réseaux de son père, pour se faire présenter à Claude Guéant, Secrétaire général de la présidence française qui le présente à son tour à Nicolas Sarkozy. Sous la présidence Sarkozy, Ali Bongo figure parmi les visiteurs africains les plus souvent reçus à l’Elysée.

 

Chez lui au Gabon, pressé de s’imposer comme le maître incontesté de son pays - ce que sa victoire contestée ne lui permet guère de faire -, le nouveau président prend ses distances avec les barons septuagénaires de la cour de son père, pour s’entourer de quadras, parfois recrutés dans la faction réformatrice du PDG qu’il avait autrefois dirigée. Son plus proche collaborateur et directeur de cabinet est un Béninois, Maixent Accrombessi, dont il fait connaissance lors de son passage au ministère de la Défense. Le divorce est aussi consommé avec sa demi-sœur Pascaline Bongo, la redoutable argentière sous le régime du père, avec qui il entretenait des rapports difficiles et dont le mari est un certain … Jean Ping, son futur challenger.

 

Sur le terrain économique, l’effort de modernisation de l’économie d’Ali Bongo, qui passe par la diversification des secteurs de production, la mise en concurrence des acteurs économiques français avec des investisseurs asiatiques (Olam, Shanghai Construction General, etc.), porte ses fruits. Il a notamment réussi, tous les spécialistes le reconnaissent, à faire chuter la part du pétrole dans le PIB de plus de 40% à un peu plus de 20% et à fixer le cap pour faire du Gabon « un pays émergent » à l’horizon 2025. Mais malheureusement ces ambitions sont compromises par la chute des cours du pétrole depuis deux ans. Les chantiers sont à l’arrêt, la casse sociale est violente. Des manifestations contre la vie chère et le chômage sont fréquents à Libreville comme à Port Gentil, la capitale économique.

 

Dans ce contexte d'asphyxie économique, des révélations récentes sur le train de vie somptueux du président Bongo, ses voyages qui coûtent des milliards de francs CFA pointés du doigt par les organisations de la société civile, son parc automobile qui regorge de voitures luxueuses, font très mauvais effet et contribue à l’impopularité grandissante du clan Bongo. L’alternance paraît aux yeux d'une partie importante des Gabonais le seul moyen de sortir le pays de l’impasse.

 

¤ La campagne présidentielle

 

Or, Ali Bongo ne l’entend pas de cette oreille. Candidat à sa propre succession, il se lance dans la campagne pour l’élection présidentielle du 27 août 2016, brandissant le slogan « le changement c’est moi ». Il défend le bilan de son septennat, en mettant en avant les réalisations de ses gouvernements en matière de construction de routes, d’hôpitaux et, selon lui, la rupture avec la corruption et les prébendes si courantes sous l’ancien régime dont sont issus, il n’omet pas de le rappeler, ses principaux challengers.

 

Or, malgré la position dominante du pouvoir dans les médias officiels, c’est l’opposition qui impose les thèmes de campagne dont certains ont fait polémique comme le certificat de naissance contesté d’Ali Bongo ou le reproche fait au président de s’entourer de collaborateurs étrangers qualifiés de « légion étrangère ». L'accusation portée, à tort ou à raison, contre le chef de l'Etat d’avoir caché aux Gabonais qu’il serait un enfant adoptif d’origine biafraise et, à ce titre, inéligible selon la Constitution, domine les esprits. Cela pousse l’intéressé à rappeler à chacun de ses meetings son état-civil complet : « Je suis né le 9 février 1959 à Brazzaville, mon père s’appelle Omar Bongo Ondimba et ma mère Patience Dabany ». L’affaire sera portée par l'opposition devant la Cour constitutionnelle qui donnera raison au président.

 

Les embarras du président sortant ne sont pas finis pour autant. Dix jours avant l’échéance, coup de tonnerre dans le ciel de Libreville. Alors qu’Ali Bongo partait largement favori pour un nouveau septennat face à une opposition dispersée, la donne politique change brutalement, avec l’annonce, le 16 août, de la naissance d’une coalition autour de la candidature de Jean Ping qui devient pratiquement le candidat unique de l’opposition. On connaît la suite...

 

¤ Et maintenant, que fera Ali Bongo ?

 

Prenant la parole devant la presse le lendemain de la proclamation des résultats, le président Ali Bongo a tenu un discours plutôt martial et moralisateur sur la démocratie. Il a fait savoir par son porte-parole qu’il n’est pas question de recompter les voix, comme le lui demande la communauté internationale : ce n’est pas dans la tradition gabonaise. Libreville veut tenir le cap de la fermeté, faisant fi des appels venant de toutes parts à l’ouverture et aux négociations. Ali Bongo entend manifestement coûte que coûte effectuer un deuxième mandat.

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