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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 23:12
NOTE D’INFORMATION MINUSCA

 

NOTE D’INFORMATION  

 

LE SECRETAIRE GENERAL EVOQUE L’ACCORD DE PAIX ET LE DIALOGUE NATIONAL EN RCA DANS SON DISCOURS A L’ASSEMBLEE GENERALE  

 

Bangui, le 23 septembre 2020 – Dans son discours à l’ouverture du débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies, mardi à New York, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a évoqué l’impact de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA) ainsi que l’appui de la MINUSCA et de la communauté internationale à sa mise en œuvre et au processus électoral dans le pays, a indiqué mercredi la mission onusienne.  

 

Lors de la conférence de presse hebdomadaire, le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro, a cité l’extrait du discours du Secrétaire général dans lequel il souligne qu’en « République centrafricaine l’accord de paix conclu l’année dernière a permis de réduire considérablement la violence. Sous les auspices de la mission de maintien de la paix des Nations Unies – et avec le soutien de la communauté internationale – le dialogue national se poursuit pour permettre le bon déroulement des prochaines élections et l’application de l’accord de paix ».  

 

Le processus électoral en cours en RCA a dominé le briefing du mercredi au cours duquel le porte-parole a fait part de la participation des représentantes spéciales adjointes du Secrétaire général des Nations unies en RCA, Lizbeth Cullity et Denise Brown, au nom de la MINUSCA, à la rencontre entre le G5 et le Chef de l'Etat centrafricain. Il a rappelé le mandat électoral de la Mission, conformément à la résolution 2499 du Conseil de sécurité des Nations Unies, « d’aider les autorités centrafricaines à préparer et à organiser des élections présidentielle, législatives et locales pacifiques en 2020 et 2021 en leur offrant ses bons offices, en leur fournissant un appui en matière de sécurité et un soutien opérationnel, logistique et technique, en particulier de manière à faciliter l’accès aux zones reculées, et en coordonnant l’assistance électorale internationale ».  

 

« Les bons offices du Représentant spécial du Secrétaire général à travers des rencontres avec tous les acteurs impliqués dans le processus électoral, visent à encourager le dialogue pour un processus électoral inclusif, libre et transparent, et dans le respect des délais légaux et constitutionnels. La position de la MINUSCA est identique à celle du G5 dont elle est membre », a-t-il précisé. Par rapport à la sécurisation des élections, le porte-parole ainsi que son homologue de la Force, Commandant Issoufou Aboubacar Tawaye, ont évoqué les mesures prises par la Force, en coordination avec les FACA, notamment dans le nord-ouest de la RCA et la Ouaka qui ont permis le fonctionnement de plus de 60 centres d’inscription des électeurs sur la centaine de centres restés fermés en raison de l’insécurité causée par le 3R et l’UPC.  

 

Par ailleurs, la MINUSCA dénonce « les insultes, discours de haine et dénigrement de son personnel tout en réaffirmant son engagement à exécuter son mandat de manière impartiale », notamment le soutien aux autorités centrafricaines dans la préparation et l’organisation des élections de 2020, a souligné le porte-parole.  

 

De son côté, le porte-parole de la Force, Commandant Issoufou Aboubacar Tawaye a précisé que face à la poursuite des attaques par le 3R, une nouvelle stratégie plus adaptée est en place pour éviter toute escalade. Il a précisé que l’opération A La Londo, menée conjointement par la MINUSCA et les FACA contre le 3R a atteint des objectifs. « La Force continue d’assurer son mandat de protection des populations civiles à travers de robustes patrouilles. La semaine dernière, les casques bleus ont mené 2731 patrouilles dont 728 nocturnes en RCA dont certaines avec les militaires centrafricains », a-t-il ajouté.  

 

Pour sa part, la porte-parole de la Police de la MINUSCA, Capitaine Mazalo Agba, a annoncé l’arrivée à Bangui du nouveau Chef adjoint de la composante police de la MINUSCA, le Commissaire divisionnaire Garba Habi, du Niger. « Il apporte avec lui 32 années d’expérience en matière de police notamment des opérations de paix », selon la porte-parole qui a également annoncé l’arrivée à Bouar le 18 septembre dernier, de l’unité de police constituée du Cameroun. « Le processus de rotation des effectifs, suspendu en raison de COVID-19, a repris », a-t-elle conclu.  

 

Strategic Communication & Public Information Division

MINUSCA HQ, PK4 Avenue B. Boganda

BP : 3338, Bangui, Central African Republic

Mail : publicinformation-minusca@un.org

Website: https://minusca.unmissions.org │

Facebook https://www.facebook.com/minusca.unmissions

Twitterhttps://twitter.com/@UN_CAR

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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 23:04
DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,  CHEF DE L’ETAT   A Mongoumba
DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,  CHEF DE L’ETAT   A Mongoumba

 

 

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,  CHEF DE L’ETAT L’OCCASION DE L’INAUGURATION DES INFASTRUCTURES A MONGOUMBA

 

MONGOUMBA, 19 SEPTEMBRE 2020

 

- Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

- Messieurs les Présidents des Institutions de la République ;

- Monsieur le Ministre Résident de la Lobaye ;

- Madame et Messieurs les Membres du Gouvernement ;

- Monsieur le Représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés ;

- Monsieur le Préfet de la Lobaye ;

- Messieurs les Députés; 

- Monsieur le Président de la Délégation Spéciale de la Ville de MONGOUMBA ;

- Distingués invités ;

- Mesdames et Messieurs ;

- Chères Populations de MONGOUMBA, BATALIMO, BOSSARANGBA et ZINGA ;

Je voudrais, en mon nom personnel et à celui de la délégation qui m’accompagne, saluer et remercier chaleureusement les populations de MONGOUMBA et de toutes les localités environnantes pour leur accueil enthousiaste et leur hospitalité généreuse.

Je salue et remercie les autorités administratives, judiciaires, politiques et religieuses locales ainsi que les Notables, les femmes et les jeunes pour leurs contributions quotidiennes au retour de la paix et de la cohésion sociale dans la Sous-préfecture de MONGOUMBA.

Votre présence massive témoigne de votre indéfectible soutien à mon action à la tête de l’Etat et du grand intérêt que vous accordez aux projets qui nous rassemblent ce jour.

Vous pouvez noter que notre rencontre de ce jour est une marque d’intérêt que j’attache personnellement à la situation socio-économique préoccupante de toute la population de la Lobaye et plus particulièrement celle de MONGOUMBA. 

Les préoccupations exprimées par le Président de la Délégation Spéciale de la Ville de MONGOUMBA sont toutes légitimes et méritent une attention particulière du Gouvernement.

D’ores et déjà, je puis vous assurer que le Gouvernement travaille, avec l’appui de nos partenaires, à apporter des solutions globales et durables à ces défis qui se posent à toutes les régions du pays.

Vaillantes populations de MONGOUMBA, BATALIMO, BOSSARANGBA, IKOUMBA, GOUGA et ZINGA ;

Après MBAÏKI et PISSA, j’éprouve une immense joie de me retrouver aujourd’hui parmi vous, à MONGOUMBA, à l’occasion de la cérémonie d’inauguration des infrastructures socio-économiques.

C’est dire l’importance que j’accorde au développement de la  Préfecture de la Lobaye qui a tant donné à la République Centrafricaine, mais qui demeure malheureusement pauvre, quoique disposant d’énorme potentiel socio-économique.

Ma présence aujourd’hui à MONGOUMBA a plusieurs significations.

Je suis venu à MONGOUMBA pour vous témoigner toute ma reconnaissance pour la confiance que vous m’avez toujours faite et votre soutien à mon action à la tête de l’Etat.

Je suis aujourd’hui à MONGOUMBA pour vous témoigner tout l’intérêt que je porte à la Préfecture de la LOBAYE et, surtout, à la restauration de l’autorité de l’Etat dans cette partie de notre pays.

Je suis venu à MONGOUMBA pour inaugurer les infrastructures réalisées par le Gouvernement et nos partenaires au profit de la population de cette Sous-préfecture.

Je suis ici pour inaugurer une nouvelle ère, un nouveau contrat social avec la population de MONGOUMBA et de la Lobaye en général.

Nous devons tourner la page sombre de l’histoire de notre pays et nous engager résolument dans la voie du dialogue, gage d’un retour définitif de la paix et de la sécurité. 

Pour ce faire, j’exhorte la population de MONGOUMBA à bannir la haine, la division, le tribalisme, le régionalisme et à se mettre ensemble pour relever les défis qui se posent à cette localité. 

Je veux que la Ville de MONGOUMBA, jadis appelée « le beau grenier de la Lobaye », voire de Bangui, retrouve son lustre d’antan.

Mon ambition, est de faire de la ville de MONGOUMBA un modèle de pôle de développement de notre pays. 

En effet, de par sa position stratégique, ville carrefour d’échanges économiques entre la République Centrafricaine, notre pays, les deux Congo, le Cameroun, le Tchad et les deux Soudan, la Sous-préfecture de MONGOUMBA a tous les atouts pour se relever.

En plus du tourisme qui peut se développer rapidement du fait de sa position de ville portuaire, la Sous-préfecture de MONGOUMBA dispose d’un sol d’une fertilité exceptionnelle, favorable à la plantation de caféiers, de bananiers, des arbres fruitiers et même des légumes, pour la consommation locale. 

Il est impensable que la ville de MONGOUMBA, disposant de tous ces atouts, manque de produits de première nécessité.

Mes Chers Compatriotes ;

Je viens de mentionner que l’une des raisons de ma visite aujourd’hui à MONGOUMBA est d’inaugurer les infrastructures réalisées par le Gouvernement et nos partenaires, notamment le HCR, au profit de la population de cette Sous-préfecture.

Comme vous le savez, l’une de mes priorités est de redonner au peuple centrafricain sa dignité, après les multiples crises militaro-politiques qu’a connues notre pays. 

De milliers de Centrafricains étaient devenus des déplacés sur leur propre sol ou des réfugiés vivant dans des camps de fortune à l’intérieur et en dehors de leur mère patrie.

Cette situation m’a amené à instruire le Gouvernement de procéder, sur la base d’une feuille de route, au rapatriement de ces compatriotes.

Ainsi, la ville de MONGOUMBA a été choisie comme ville pilote pour recevoir ces concitoyens qui avaient fui les conflits pour se réfugier dans les pays voisins.

Cependant, avant le retour de ces compatriotes, il était nécessaire et urgent de construire ou réhabiliter les infrastructures de base qui étaient en état de vétusté ou encore détruites ou pillées.

Aujourd’hui, je suis à MONGOUMBA pour présider la cérémonie d’inauguration de ces différentes réalisations financées par le Gouvernement et nos partenaires internationaux au rang desquels le Haut-Commissariat pour les Réfugiés qui fait un travail remarquable au sein de nos populations déplacées ou réfugiées.

Je tiens à rappeler ici que la reconstruction d’un pays comme le nôtre impose une synergie autour des questions essentielles que sont la paix, la réconciliation nationale, la sécurité et le développement. 

Toute action allant dans ce sens est à encourager car elle contribue non seulement au relèvement du pays, mais aussi tend à promouvoir le vivre ensemble et la cohésion sociale.

 Mesdames et Messieurs,

Je me réjouis de la cérémonie d’aujourd’hui consacrée à l’inauguration des différentes infrastructures réalisées au profit de la population de MONGOUMBA. 

Comme il a été rappelé ici, il s’agit de :

- la construction d’un bâtiment devant abriter les services déconcentrés du Ministère des Finances et du Budget ;

 

- la construction d’un poste de Police à la frontière avec le Congo, notamment dans le village de GOUGA, ceci pour le contrôle du flux migratoire, mais aussi assurer la sécurité de nos concitoyens ;

 

- la réhabilitation des bâtiments des Forces de Sécurité Intérieure ;

 

- le renforcement du bac ; 

 

- la réhabilitation de la route Mongoumba/Gouga ;

 

- l’implantation des forages à Gouga et Saba ;

 

- l’extension des lignes téléphoniques ainsi que la réhabilitation du port de Mongoumba.

 

Outre ces réalisations, nous pouvons noter, entre autres :

- la construction d’une maison des jeunes, des terrains de Basket-ball et Hand-ball ;

 

- la réhabilitation du marché de MONGOUMBA ;

 

- la construction d’un centre de formation ;

 

- la construction d’un bâtiment à IKOUMBA ;

 

- et la réhabilitation d’un centre de transit.

Au regard de ces différentes réalisations au profit de nos concitoyens de MONGOUMBA, je ne puis que remercier le HCR qui, au-delà de sa mission humanitaire, n’a jamais cessé de soutenir les actions du Gouvernement dans l’amélioration des conditions de vie de la population.

Chères populations de MONGOUMBA,

Je voudrais vous exprimer mon encouragement pour votre hospitalité légendaire qui s’est toujours manifestée dans les moments difficiles.

En 2010, vous aviez accueilli les réfugiés de la République Démocratique du Congo. Après la crise, vous avez facilité le retour de 10 000 compatriotes en provenance de nos deux pays frères Congo.

Je vous remercie et vous exhorte à vous approprier tous ces biens qui sont désormais votre patrimoine et d’en faire bon usage. 

Mes Chers Compatriotes ;

L’opportunité qui m’est offerte me permet de me réjouir de ce que nous avons pu réaliser ensemble en peu de temps, en dépit de la persistance de l’insécurité sur certaines parties du territoire et de l’adversité.

A titre d’exemples, je voudrais vous informer qu’au cours du mandat que vous m’avez confié, nous avons reconstruit nos Forces de défense et de sécurité, en procédant chaque année aux recrutements des jeunes dans l’Armée, la Gendarmerie et la Police et ce sur l’ensemble du territoire.

Aujourd’hui, vous pouvez être fiers de disposer des forces de défense et de sécurité républicaines, professionnelles, pluriethniques et apolitiques, déployées sur une grande partie du territoire.

En même temps, nous avons relancé l’économie nationale, ce qui nous a permis de payer les arriérés de salaires, de bourses, de pensions, de dettes intérieures des années 2000, 2001, 2002 et du premier trimestre de l’année 2003, ainsi que les arriérés de coton.

Pendant cette période, nous avons lutté contre le chômage endémique des jeunes en procédant chaque année à l’intégration de nos jeunes diplômés dans la fonction publique, et aux recrutements d’autres dans les entreprises et établissements publics.

Nous avons déployé les fonctionnaires et agents de l’Etat dans toutes les Préfectures et Sous-préfectures du pays et amorcé le relèvement de notre pays.

Je dois insister sur le fait que la sécurité, la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble constituent les fondamentaux pour inverser la situation socio-économique déplorable dans laquelle nous ont entraîné les douloureux évènements que notre pays a connus. 

L’Accord politique pour la paix et la réconciliation du 6 février 2019, soutenu par l’ensemble de la communauté internationale, nous donne une chance inouïe de revenir sur le bon chemin de la paix, de la cohésion sociale et du vivre ensemble.

Grâce à cet Accord de paix, la MINUSCA appuie les FACA dans les opérations « ALA LONDO » lancées contre le groupe 3R de SIDIKI, dans l’ Nord-Ouest du pays. Petit à petit nous allons reconquérir les pans entiers de notre territoire occupés par des groupes armés.

C’est pourquoi, je vous exhorte à résister aux vendeurs d’illusions qui se constituent en détracteurs de cet Accord sans faire des propositions concrètes et idoines de sortie de crise. 

Mes Chers Compatriotes ;

J’ai été informé de manque d’infrastructures scolaires et du taux très élevé de la déperdition scolaire à MONGOUMBA. 

Je voudrais dire ici aux parents que l’école est une obligation pour tous les enfants de Centrafrique. 

Le Gouvernement est conscient des difficultés qu’éprouvent les enfants qui sont contraints de quitter les localités éloignées comme IKOUMBE et GOUGA pour le lycée de MBAÏKI, très éloigné, favorisant ainsi la déperdition scolaire. 

Il était donc judicieux d’ériger le Collège de MONGOUMBA en Lycée, ce qui fut fait l’année dernière. Le Gouvernement prendra des dispositions pour que des enseignants qualifiés soient affectés ici pour un meilleur encadrement de nos enfants.

Préoccupé par la santé de la population, j’ai institué les 10 domaines d’impulsion présidentielle pour accélérer la marche vers la couverture santé universelle, avec un accent particulier sur la réduction accélérée de la mortalité maternelle et infantile. 

C’est dans ce cadre que j’ai pris le décret portant gratuité des soins aux femmes enceintes, allaitantes, aux victimes des violences basées sur le genre et aux enfants de moins de 5 ans. 

Cette mesure est déjà opérationnelle dans plusieurs localités et sera graduellement appliquée sur toute l’étendue du territoire.

C’est dans cette dynamique que j’ai le plaisir d’annoncer que toutes les femmes enceintes, les femmes allaitantes, les victimes de violences basées sur le genre ainsi que les enfants de moins de 5 ans de la Lobaye et plus particulièrement de MONGOUMBA bénéficieront de la gratuité des soins, à compter de ce jour.

Il m’est opportun de rappeler que nous sommes toujours exposés à la menace de la pandémie à COVID-19. 

A cela, s’ajoute la menace de l’épidémie de la Maladie à Virus EBOLA qui sévit depuis quelques semaines dans la localité de Mbandaka, dans la Région de l’Equateur de la République Démocratique du Congo. 

Du fait de sa position frontalière, de l’écologie et du mode de vie de la majorité de la population, la Sous-préfecture de MONGOUMBA présente un risque élevé pour ces deux maladies.

C’est pourquoi, j’exhorte la vaillante population de MONGOUMBA à l’application rigoureuse des mesures barrières contre la COVID-19 et la Maladie à Virus Ebola et de coopérer avec les autorités sanitaires pour le dépistage précoce, la prise en charge et la prévention de ces maladies. 

Je saisis également cette opportunité pour annoncer le lancement de la distribution gratuite des masques ainsi que la campagne contre l’épidémie de la Maladie à virus Ebola pour la préfecture de la Lobaye.

Chères Populations de MONGOUMBA ;

Aujourd’hui comme hier, je suis déterminé à reconstruire, avec vous, notre pays meurtri par des crises récurrentes. 

Je veux bâtir, avec vous, un pays stable, prospère, débarrassé du tribalisme, du régionalisme, du népotisme et de la mauvaise gouvernance qui freine son développement.

J’ai le devoir de vous rappeler que l’un des défis auxquels notre pays va faire face dans les prochains mois est l’organisation des élections groupées du 27 décembre 2020. 

Votre voix compte et vous devez l’utiliser pour barrer la route aux marchands d’illusions, en choisissant des dirigeants dignes de votre confiance. 

Nous travaillons pour que ces élections soient libres, démocratiques et transparentes en vue de garantir la paix et la stabilité dans notre pays.

Malheureusement, vous avez suivi que depuis le lancement du processus électoral, certains leaders politiques, regroupés au sein de la COD 2020, ne veulent pas aller aux élections et utilisent tous les artifices pour empêcher le peuple de choisir librement ses dirigeants.

Notre Constitution énonce de manière péremptoire que les institutions éligibles, chargées de diriger l’Etat, tiennent leurs pouvoirs du peuple par voie d’élections, au suffrage universel direct ou indirect.

Elle nous enseigne que le suffrage universel est la seule source de la légitimité  du pouvoir politique.

L’usurpation de la souveraineté du peuple par tout autre procédé non démocratique constitue, selon la Constitution, un crime imprescriptible contre le peuple centrafricain.

Mon rôle et mon devoir de garant de la Constitution et du fonctionnement régulier des institutions est de respecter et de faire respecter les institutions qui sont l’émanation de la volonté du peuple exprimée à travers la Constitution.

Le peuple centrafricain a souverainement décidé de confier l’organisation de toutes les élections à l’A.N.E et, à la Cour Constitutionnelle, le pouvoir de juger de la régularité desdites élections.

Seules ces institutions peuvent nous dire si les élections doivent être reportées ou pas et nous indiquer la voie à suivre pour éviter de replonger le pays dans le chaos.

La Cour Constitutionnelle a déjà tracé la voie à suivre « Si les délais constitutionnels et légaux fixant le déroulement du processus électoral ne peuvent être respectés et vont manifestement conduire à un dépassement de la date du 30 mars 2021 ».

Le moment venu, nous convoquerons la concertation nationale dans les conditions prévues par la Cour Constitutionnelle.

Je tiens à préciser qu’en l’état actuel de la mise en œuvre du processus, il n’y a pas de glissement du calendrier électoral, en ce sens que le réajustement sollicité par l’A.N.E n’influe pas sur la date du premier tour des scrutins, fixé au 27 décembre 2020.

Nous devons nous faire confiance réciproquement et faire confiance à nos institutions. Le peuple centrafricain a trop souffert des compromissions.

 Mes Chers Compatriotes ;

En terminant mon propos, je voudrais renouveler ma gratitude à l’endroit de la population de MONGOUMBA et de nos partenaires pour leurs appuis constants aux actions que mène le Gouvernement pour le relèvement de notre pays. 

Tous, ensemble, unis et solidaires, dans la paix et la confiance mutuelle, nous pouvons relever les défis de développement de notre pays.

- Vive la population de MONGOUMBA ;

- Vive le partenariat avec le HCR ;

- Vive la République Centrafricaine.

 

Je vous remercie.

 

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 01:56
L’EMPEREUR BOKASSA VU PAR SON FILS AÎNÉ GEORGES BOKASSA

Lu pour vous

 

L’EMPEREUR BOKASSA VU PAR SON FILS AÎNÉ GEORGES BOKASSA 

 

« MA PART DE VÉRITÉ, NOTRE PART DE VÉRITÉ ».

 

MON ENTRETIEN AVEC GEORGES BOKASSA

Faire parler Georges Bokassa aujourd'hui relève de l'exploit ,les portraits, ce n'est plus sa tasse de thé, avant d'accepter cette rencontre, il a beaucoup hésité. Georges Bokassa ne propose plus les interviews, il ne se précipite plus au devant des cameras et des journalistes ; au contraire ,il les fuit comme la peste . Aujourd'hui, il est devenu avare de ses paroles et de son image. Il cultive la discrétion et préfère la pénombre, cela lui réussit d'ailleurs très bien.

Ma part de vérité, notre part vérité , il a décidé de tout dire, de sauver l'honneur de toute la famille Bokassa . Les accusations d’anthropophagie , de cannibalisme et de manducation des corps humains portées contre l’empereur Bokassa ,ont été une opération montée par les services français. 

Était-il vraiment cet ogre du Château d’Hardricourt et tyran de Bangui ?  Le prince Georges Bokassa veut rétablir la vérité aujourd’hui.  Son père fut un père aimant , un chef d’Etat aimé , il est fier de porter son patronyme et assume son passé, il est le prince Bokassa. 

Quels sont ses rapports avec la France ? Il a expliqué comment l’empereur Bokassa a été manipulé par les services secrets français, par le président Valérie Giscard d'Estaing, par Bernard Tapie et l'histoire des diamants. Il m'a parlé de la victoire de François Mitterrand , le président Mitterrand ne leur en sut jamais gré .

Il a connu tous les grands de ce monde, les chefs d’Etat africains : Houphouët Boigny ,Bongo , Eyadema ,Mobutu, Sassou etc...

Aujourd’hui, il fait passer ses ambitions personnelles derrière l'intérêt général, il tient à laver l'honneur de sa famille .

Il est très intelligent pour comprendre que sur le terrain de la justice, ils ont tout perdu : le château d’Hardricourt, le palais de Berengo -la France et la République Centrafricaine les a tout pris-, pragmatique, il s'en accommode aujourd’hui sans la moindre plainte ou la moindre nostalgie publique , il ne cherche pas à prendre sa revanche mais à sauver l’honneur et réhabiliter son père. 

Il a fait ses preuves comme ministre de la Défense à l'âge de vingt quatre ans, il tenait tête parfois à son père et Bozize, ancien chef d’état-major qui était sous ses ordres à l’époque, en leur plantant des banderilles ; cela avait littéralement empoisonné pendant un moment sa relation avec son père.

L’homme est séduisant, raffiné, très cultivé, il a de l’esprit et adore les formules. Il a un solide compétence en économie et un talent avéré de négociateur, il est aujourd’hui, Vice-président de Steelsons, société américaine .

Derrière sa courtoisie inaltérable, qu'il s'agisse de sa façon de s'exprimer et de se comporter , se cache aussi un esprit rebelle.

Il est né à Brazzaville ,d’une mère cabindaise, Marguerite Boanga Greene, le Cabinda est une aberration géographique et politique-une enclave coincée entre les deux Congo, celui de Brazzaville et celui de Kinshasa, mais faisant partie intégrante de l’Angola-, qui regorge beaucoup de pétrole. 

Il a 67 ans et père de 7 beaux enfants. Il a été tour à tour, Directeur général, Conseiller économique à la présidence de la République, Ministre d’Etat chargé de la défense nationale , Administrateur de société en Côte d’Ivoire, Consultant pour différentes sociétés américaines à Houston (USA), Membre du conseil d’administration et vice-président de la société Agro Trading Usa etc...

Licencié en math-physique, Georges Bokassa a été formé à la banque du Commonwealth à Détroit aux USA et à l’ingénierie et aux opérations boursière à Genève.

Un témoignage très intéressant, plein d’anecdotes, le prince parle du règne , de la grandeur et de la décadence de ce grand monsieur qui fut son père. 

 

Jeanclaude Mass Mombong

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 01:42
Union Africaine, le bilan globalement positif de Moussa Faki Mahamat
Union Africaine, le bilan globalement positif de Moussa Faki Mahamat
Union Africaine, le bilan globalement positif de Moussa Faki Mahamat
Union Africaine, le bilan globalement positif de Moussa Faki Mahamat

Lu pour vous

 

Union Africaine, le bilan globalement positif de Moussa Faki Mahamat

 

https://mondafrique.com  By La rédaction de Mondafrique  -19 septembre 2020

 

En janvier 2021, l’actuel président de la Commission de l’Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat (60 ans) devrait être réélu pour un nouveau mandat de quatre ans (2021-2024) avec le soutien constant du Tchad et du Rwanda.

L’absence de suspens au sein de l’Union Africaine est due à son bilan plutôt positif mais également à la forte implication du Maréchal Idriss Deby Itno, relayée par la très influente diplomatie tchadienne. 

Une élection sans passion

A Addis-Abeba, siège de l’Union africaine, les premiers échanges diplomatiques ont commencé, sans les habituelles passe d’armes préfigurant l’élection du président de la Commission de l’Union africaine. Les diplomates accrédités près de l’Union africaine se rappellent les difficultés pour trouver un successeur à la Sud-africaine Nkosazana Dlamini-Zuma. En janvier 2017, il avait fallu pas moins de sept tours de scrutin pour que Moussa Faki Mahamat puisse être élu par le Conseil exécutif, regroupant les ministres des affaires étrangères, et être ensuite officiellement  nommé par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement.

En janvier 2021, Moussa Faki Mahamat a toutes les chances de se succéder à lui-même, ce qui serait une grande première pour un président de la Commission dont aucun de ses prédécesseurs n’avait pu accomplir plus d’un mandat.

Si quelques velléités s’étaient manifestées, afin de présenter un candidat d’un pays anglophone, surtout pour prendre date pour 2024, Moussa Faki Mahamat se trouve aujourd’hui sans challenger. Il est vrai que son bilan peut être dissuasif.

Un bilan interne plutôt positif

En dehors des habituelles questions de gestion financière, qui n’épargnent aucun membre de l’Union africaine, la gouvernance du président sortant recueille plutôt des satisfécits. Son mandat de quatre années a été marqué par son tandem avec le président Paul Kagame qui avait été mandaté, en 2016, pour réformer l’Union africaine. L’année de la présidence de l’Union africaine par Paul Kagame (2018-2019) aura permis à Moussa Faki Mahamat de montrer sa grande proximité avec le président rwandais et sa forte implication pour mettre en œuvre le plan de réforme portant, à la fois, sur le fonctionnement de la Commission pour accroître son efficacité et le financement pour développer l’autonomisation de l’Union africaine par rapport à l’aide extérieure.

La réduction des structures internes de la Commission, la mise en place de la taxe de 0,2 % sur les importations des Etats membres, la rationalisation du travail au sein de l’organisation et la mise en œuvre de la Zone de Libre Échange Continentale ont été lancées, sans être encore totalement opérationnelles en raison du protectionnisme de certains grands États comme le Nigeria, l’Afrique du sud et l’Égypte.

Néanmoins, Moussa Faki Mahamat a fait preuve de leadership et d’une réelle volonté de changement pour que l’Union africaine puisse faire face aux défis environnementaux, sanitaires, économiques, politiques et de lutte contre le terrorisme. Beaucoup de chefs d’État, lui en sont gré et appliqueront le principe qu’ « on ne change pas de capitaine, en pleine tempête ».

Un bilan externe contrasté 

Il est incontestable que Moussa Faki Mahamat a revalorisé l’image de l’Union africaine. Par ses réseaux, cultivés notamment lors de ses fonctions jadis près de Idriss Deby Itno, le président de la Commission a replacé l’Union africaine sur l’échiquier mondial, notamment avec le G7, l’Union européenne, les États-Unis d’Amérique, l’Organisation de la coopération islamique, tout en préservant des relations de confiance avec la Chine et la Russie.

Même si l’ONU y conserve le principal rôle de médiation, au Sahara Occidental et en Libye, l’Union africaine s’impose, chaque jour davantage, comme étant incontournable pour trouver une sortie de crise. Moussa Faki Mahamat, avec son fidèle et expérimenté conseiller spécial pour la stratégie, le diplomate mauritanien Mohamed El Hacen ould Lebatt, ont gagné la confiance sur les principaux théâtres de crise en Afrique et ont réussi à faire admettre que  » l’ Afrique doit appartenir aux Africains ». 

L’Union africaine de Moussa Faki Mahamat peut s’enorgueillir de résolution de crises, avec un partenariat de l’ONU, comme celle du Soudan après la chute d’Omar Al- Bechir qui annonçait l’Accord de paix de Juba du 31 août 2020 pour les régions du Darfour, du Kordofan du sud et du Nil bleu. Des négociations discrètes lui ont également permis de résoudre des tensions nationales comme par exemple au Gabon et en RDC sous Joseph Kabila.

En revanche, la commission Paix et sécurité, présidée par l’Algérien Smaïl Chergui, ne pourra pas se féliciter d’avoir été l’architecte du contestable Accord de Khartoum, signé à Bangui le 6 février 2019, validé par la communauté internationale. Ce pacte de non-agression, entre le président Touadera et quatorze chefs rebelles dont des ressortissants étrangers, a sciemment écarté les forces politiques républicaines, la société civile et la plateforme religieuse de la Centrafrique. Le slogan » La Centrafrique doit appartenir aux Centrafricains » pourrait bien être retourné à Moussa Faki Mahamat. Comment faire la paix sans le peuple ?

De même, le président de la Commission s’est laissé imprudemment entrainé par Paul Kagame, pour refuser, dans un premier temps, les résultats de l’élection de Felix Tshisekedi et même d’exiger un recomptage des voix. Ce couac retentissant restera comme une tâche indélébile dans le bilan de Moussa Faki Mahamat. A l’ avenir, il lui faudra davantage être moins  » supersonique » et plus respectueux de la volonté d’un peuple en révolte, comme au Mali, où les réflexes pavloviens condamnant tout coup d’Etat et exigeant des sanctions continueront d’accréditer le reproche fait à l’Union africaine d’être un  » club de chefs d’Etat ».

Une élection de maréchal 

Moussa Faki Mahamat pourra très probablement se féliciter d’avoir rapidement obtenu les 36 voix sur 54, nécessaire pour être élu et les médias de reconnaître  » une élection de maréchal ». Moussa Faki Mahamat pourra aussi être reconnaissant envers le Maréchal Idriss Deby Itno qui n’a pas ménagé sa peine auprès de nombreux chefs d’État et du gouvernement du continent. Ont particulièrement été approchés les chefs d’Etat du G5 Sahel où le Tchad joue un rôle essentiel, les chefs d’État de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) et plusieurs chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC). La Communauté économique  des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a été sensibilisée par le président Issoufou du Niger, qui en exerçait la présidence jusqu’au 7 septembre 2020, et le président Buhari du Nigeria qui, tous deux,  apprécient le soutien militaire tchadien dans la lutte contre les djihadistes et Boko haram.

Le président tchadien a également fait quelques gestes en abandonnant sans contrepartie l’important poste de Secrétaire général de la CEEAC et en retirant la candidature d’un Tchadien pour l’élection du directeur général de l’ASECNA. De leur côté, le président Paul Kagame et l’actuel président en exercice de l’Union africaine, le Sud-africain Cyril Ramaphosa, ne manqueront pas de soutenir Moussa Faki Mahamat, tout en préconisant des changements à la tête des commissions thématiques, notamment à la commission Paix et Sécurité, qu’ambitionne le Nigeria. 

Avec les conséquences encore inconnues de la pandémie du Covid-19, la montée du terrorisme islamique transfrontière au Sahel, autour du Lac Tchad, dans l’ex Somalie, au Mozambique, la crise économique et financière qui atteint désormais les États qui n’étaient pas fragiles, les dérèglements climatiques qui frappent de plus en plus durement toutes les régions africaines, le délitement de l’État-Nation et le déclin du multilatéralisme, nul doute que le président de la Commission aura fort à faire, alors que l’ONU et les grandes Puissances accordent un regain d’intérêt à l’Union africaine pour la paix et la sécurité sur le continent.

 

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 01:29
Les Eglises évangéliques, porte d’entrée de Trump en Afrique centrale

Lu pour vous

 

Les Eglises évangéliques, porte d’entrée de Trump en Afrique centrale

 

https://mondafrique.com/ By La rédaction de Mondafrique -15 septembre 2020

 

Aux Etats-Unis d’Amérique, le président Trump et son Administration s’appuient ouvertement et sans retenue sur les Églises évangéliques, notamment Pentecôtistes, qui lui fournissent d’importants bataillons d’électeurs. et représentent un accès privilégié vers l’Afrique centrale

Cet électorat populaire, sensible aux discours primaires et plutôt défavorisé par la nouvelle économie, se réfugie avec une foi inébranlable dans un christianisme de combat contre les  » forces du mal ». Parmi ces chrétiens fondamentalistes, il y a de nombreux Afro–Américains, généralement originaires d’Afrique centrale, dont la ferveur est popularisée par les Gospels et les sermons interminables de pasteurs qui électrisent les foules de fidèles. Le président Trump a vite saisi tout l’avantage qu’il pourrait tirer en Afrique de ce renouveau religieux messianique.

L’ intérêt de la diplomatie américaine 

 La diplomatie américaine encourage l’osmose entre ces Églises évangéliques américaines et leurs homologues africaines pour en faire un vecteur de leur politique d’influence dans certains pays où l’État est en décomposition et où les populations sont de plus en plus laissées à elles-mêmes, comme en RDC, au Burundi, au Congo, au Gabon et surtout en Centrafrique.

En ces terres, où le christianisme s’est développé sur un fond d’animisme ambiant, l’islam n’irradie pas la société comme en Afrique de l’ouest. Le Département d’État trouve donc là une carte politique bien plus efficace que les ONG internationales de défense des droits de l’homme ou de lutte contre la corruption, non seulement pour contrer les offensives économico-financières de la Chine et davantage politiques de la Russie, mais aussi pour se rapprocher de chefs d’Etat et de leur entourage qui avaient pourtant pris leur distance avec les pratiques démocratiques et l’Etat de droit. Le retour des Etats-Unis d’Amérique en Afrique centrale passe aussi par la religion.

Les atouts des Églises américaines 

Depuis plusieurs décennies, les Églises américaines pentecôtistes ont noué des liens fraternels avec les Églises dite du réveil d’Afrique. Ces Églises du courant baptiste sont en plein essor, sur les terres jadis christianisées par des pasteurs européens ou évangélisées par des missionnaires catholiques venus de l’étranger. Les  » envoyés de Dieu » de ces Églises américaines ne manquent pas de rappeler à leurs ouailles africaines qu’il était temps de consolider l’indépendance religieuse, en mettant un terme au clergé non national qui était encore trop lié à la période coloniale. L’Église catholique romaine est surtout en ligne de mire.

De surcroît, par ses prélats, l’Église catholique n’hésite pas à condamner les dérives antidémocratiques des régimes  autocratiques, ce qui est très rarement le cas des Eglises évangéliques qui se sont glissées dans cet environnement politique de plus en plus éloigné du droit et de la démocratie. Les Églises évangéliques prônent le salut personnel par la prière, le mysticisme, les exercices de contrition physique. Elles encouragent la réussite financière et l’accumulation de richesses qui est  » un don de Dieu », ce qui n’est pas pour déplaire aux prédateurs et corrompus et, en particulier, aux chefs de l’Etat qui ont vu tout l’intérêt de rejoindre ces Églises du réveil et au-delà le soutien qu’ils pourraient attendre des Églises évangéliques américaines, influentes près de l’Administration de Trump.

La religion au service de la politique

En Afrique centrale, les politiciens ont vite compris l’intérêt qu’ils pourraient avoir en devenant pasteur ou diacre d’une Église qui serait à leur dévotion. Après tant de malheurs subis, les populations s’en remettent à Dieu pour obtenir la résolution de tous leurs problèmes. On ne s’étonnera donc pas de voir de nombreux hauts fonctionnaires, de parlementaires, des ministres et même des chefs de l’État s’investir dans un christianisme aux couleurs locales pour jouer aux intercesseurs auprès de Dieu. Ce faisant, les mécontentements grandissants pourront être anesthésiés et de nouvelles sources de revenus pourront être développées. Ces Églises seront aussi un vivier électoral irremplaçable, alors que les partis politiques sont largement discrédités. 

L’exemple centrafricain

En Centrafrique, le général-président François Bozizé avait bien compris l’intérêt électoral qu’il pouvait tirer de son Église  » du christianisme céleste- Nouvelle Jérusalem » mais, contrairement à son successeur, il n’avait pas vu l’aspect international des liens évangéliques dont il aurait pu tirer avantage avec les Églises américaines. Tout en se mettant sous la protection de la Russie et du groupe Wagner, le président Touadera a réussi à obtenir les bonnes grâces du Département d’État, par l’intermédiaire des Églises d’obédience baptiste américaines. Lui-même diacre, il participe aux offices banguissois, plein de ferveur mystique, en mettant de côté sa fonction de chef d’un Etat laïc. Il s’entoure de pasteurs qui lui servent plus ou moins d’oracles et ponctue, de plus en plus, ses discours de chef de l’Etat par des références à Dieu. A chaque séjour aux États-Unis d’Amérique, il ne manque pas de faire fructifier les liens avec l’Alliance internationale baptiste, ce qui facilite ses contacts avec le Département d’État. Lors de sa dernière tournée en Afrique, le Sous Sous-secrétaire d’État pour l’Afrique, Tibor Nagy, avait fait une escale de deux jours à Bangui afin de prodiguer des encouragements pour la tenue d’élections fin décembre 2020, sans s’appesantir sur la situation catastrophique du pays. Une nouvelle ambassadrice US a été nommée. Elle fait preuve de bonnes dispositions à l’égard du président Touadera, notamment en présidant le G5 Centrafrique, en apportant un soutien financier et technique conséquent, via l’Usaid, pour lutter contre le Covid-19 et les échéances électorales, pourtant de plus en plus improbables en 2020. La pression des Églises évangéliques américaines pour aider  » un élu de Dieu », fut-il polygame, n’est peut-être pas étrangère à ce regain d’attention du Département d’État pour un pays ou les États-Unis d’Amérique n’ont aucun intérêt.

L’absence de soutien aux positions catholiques

Dans plusieurs États, où elle est bien implantée, l’Église catholique est beaucoup moins accommodante que les Églises évangéliques dont les pasteurs sont souvent des relais du pouvoir. L’Église catholique, par son centralisme, son universalisme et par son organisation hiérarchique, avec ses prêtres répartis sur l’ensemble du territoire, ses évêques dirigeant des diocèses, ses cardinaux, directement reliés au Pape, et les nonces apostoliques, ambassadeur du Saint-Siège, constitue une sorte d’État dans l’État. Alors que les Églises évangéliques interviennent rarement  contre les pouvoirs établis, les admonestations des cardinaux et évêques  à l’égard des Chefs de l’Etat ne manquent pas.

Citons les derniers exemples : 

En RDC, les cardinaux, Laurent Monsengwo et Fridolin Ambogo étaient les plus virulents détracteurs de Joseph Kabila. Ils ont également dénoncé l’élection suspecte de Félix Tshisekedi, mais celle-ci, en revanche, fut curieusement très vite validée par les États-Unis d’Amérique.

En Côte d’Ivoire, le cardinal d’Abidjan, Jean-Pierre Kutwa n’hésita pas à faire remarquer à Alassane Drame Ouattara qu’un troisième mandat présidentiel « n’était pas nécessaire ».

Au Togo, la Conférence épiscopale du Togo a stigmatisé le manque de transparence, d’équité, de crédibilité de la quatrième réélection de Faure Gnassimgbé. L’ancien archevêque de Lome vit quasiment en liberté surveillée.

En Centrafrique, le cardinal Dieudonné Nzapalainga s’associe, de moins en moins, à la plateforme religieuse, initialement constituée avec un pasteur et un imam, pour stigmatiser les violences des groupes armés et mettre en cause l’inertie du président Touadera. Que ce soit en RDC, en Côte d’Ivoire, au Togo et en Centrafrique, on ne verra pas la diplomatie de Donald Trump soutenir ces positions de l’Église catholique.

Dans la plupart des États d’Afrique centrale avec la disparition de l’Etat de droit, l’effondrement du système scolaire, les mirages de la démocratie que constituent les élections, les crises se succédant aux crises accélérant la décomposition de l’Etat, la résilience atteint ses limites. Dans de nombreuses parties de l’Afrique, l’islam dans sa diversité apporte ses solutions. Dans les régions christianisées, la religion catholique marque le pas face aux Eglises évangéliques qui offrent une adaptabilité incontestable au contexte africain. Les Etats-Unis d’Amérique ont bien vu tous les avantages qu’ils avaient sur les autres Puissances pour accompagner voire diriger l’essor de ces Églises du réveil.

 

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 01:12
République centrafricaine: la Russie est là pour rester

 

Lu pour vous

© AFP 2020 FLORENT VERGNES

https://fr.sputniknews.com/ 10:00 18.09.2020

 

Après plusieurs mois de pourparlers entre la Fédération de Russie et les autorités centrafricaines, le ministère russe de la Défense va ouvrir une représentation à Bangui, la capitale centrafricaine, preuve que Moscou est dans le pays pour rester. Analyse pour Sputnik du chercheur et journaliste Patrick Mbeko.

L’ouverture d’une antenne du ministère russe de la Défense à Bangui, capitale de la République centrafricaine (RCA), a été au centre des discussions entre les autorités russes et leurs homologues centrafricaines ces derniers mois. Selon le nouveau représentant du ministère de la Défense russe, le général Oleg Polguev, en mission en Centrafrique, l’ouverture de ce bureau sera bientôt effective.
Accompagné d’une délégation d’experts militaires russes, il en a fait l’annonce au sortir d’une audience avec le Président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, le 31 août dernier.

«Nous avons discuté du calendrier d’ouverture et des perspectives de fonctionnement de cette représentation. La date d’ouverture dépend du succès de la mission de reconnaissance qui est déjà prometteuse», a déclaré le général Polguev.

Et de souligner que « l’ouverture de cette représentation impulsera un nouvel élan dans les rapports entre nos deux pays». Preuve que les relations bilatérales entre Moscou et Bangui, notamment dans le domaine de la défense, sont là pour durer.

Savoir profiter des occasions

Lorsque, en septembre 2017, la RCA, minée par des conflits intercommunautaires sanglants et confrontée à une situation de «ni paix-ni guerre», a demandé de l’aide à la France pour faire face à l’instabilité qui régnait dans le pays, Paris a offert quelque 1.400 kalachnikovs piochées dans le stock d’armes confisqué au large de la Somalie par la marine française. À l’époque, la Russie s’y était opposée en mettant son veto au Conseil de sécurité au motif que les armes saisies pour avoir violé l’embargo des Nations unies sur les armes en Somalie ne pouvaient être recyclées pour être utilisées dans un autre pays sous embargo –le cas de la RCA visée par un embargo sur les armes depuis 2013.

Empêtré dans le Sahel, l’Hexagone n’avait plus donné suite à la demande centrafricaine, laissant le champ libre à la Russie qui, sollicitée par le Président Touadéra, avait réclamé au Conseil de sécurité une exemption à l’embargo sur les armes imposé à la Centrafrique afin d’équiper des unités de l’armée de ce pays dépourvue de formation et d’équipements. Avec le feu vert de l’ONU, Moscou profitait de l’opportunité qui s’offrait à lui pour proposer un «package deal» plus important aux autorités centrafricaines.

En effet, les Russes ne se sont pas seulement contentés de livrer des tonnes de Kalachnikovs, de lance-roquettes RPG 7 et de canons antiaériens aux FACA (Forces armées centrafricaines), ils ont aussi et surtout offert leurs services dans le domaine de la défense aux autorités de Bangui. Cela a sonné le début d’une coopération bilatérale russo-centrafricaine importante qui a fait des mécontents ailleurs, notamment en Occident...

Une présence russe qui dérange

En fait, l’arrivée de la Russie sur la scène centrafricaine n’est pas vue d’un bon œil par certaines puissances occidentales, qui craignent que Moscou ne renforce davantage son influence dans le pays via la coopération militaire avec celui-ci. Si la France, ex-puissance coloniale, redoute d’être surpassée dans son ancien pré carré, les États-Unis, que rien de ce que fait la Russie ne laisse indifférents, n’entendent pas permettre à cette rivale de s’implanter durablement au cœur de l’Afrique.

S’exprimant devant la Commission sénatoriale des armés l’année dernière, l’ancien patron de l’Africom (le commandement militaire américain pour l’Afrique), le général Thomas Waldhauser, avait fait part, avec inquiétude, des avancées croissantes de la Russie en République centrafricaine et, dans une moindre mesure, en Algérie, en Libye et au Soudan...

Jouer de la rivalité des grandes puissances…

Pour contrer cette «percée» russe, chacun, tant à Washington qu’à Paris, y va de sa stratégie de séduction pour charmer Bangui après l’avoir snobé pendant un moment. En effet, l’Hexagone, qui avait prématurément retiré la force Sangaris (l’opération française déployée en RCA entre décembre 2013 et octobre 2016) au grand dam des autorités de Bangui, a rétabli un certain nombre de programmes tant dans le domaine militaire que dans le renforcement et la modernisation de l’administration centrafricaine. Les États-Unis ont, pour leur part, fait un don de 12,7 millions à la RCA dans le cadre d’un programme de formation des FACA. La Chine n’a pas été en reste non plus. Début 2018, Pékin a fait un don de plusieurs millions de dollars en termes de projets à la RCA et a annulé sa dette de 30 millions de dollars (environ 17 milliards de francs CFA).

Si l’implication de la Chine, qui se limite au volet économique, peut se comprendre au regard des relations commerciales qu’elle a entretenues dans un passé assez récent avec Bangui, s’agissant des États-Unis et surtout de la France, on peut parler d’un revirement majeur consécutif à la présence de la Russie en Centrafrique. Comme susmentionné, l’Hexagone avait retiré la force Sangaris du pays alors que les groupes armés faisaient régner la loi du chaos. Les autorités centrafricaines avaient très mal vécu ce repli, comme devait l’admettre le Président Faustin-Archange Touadéra: «Il faut reconnaître que nous avions souhaité que la force Sangaris poursuive sa mission et avons regretté son retrait», avait-il alors déclaré.

La présence de la Russie en Centrafrique semble donc avoir poussé certains États occidentaux, à commencer par la France qui avait abandonné le pays à son triste sort, à reconsidérer leur position. Comme l’a fait observer à Jeune Afrique un haut fonctionnaire onusien à propos de la présence des puissances étrangères en RCA:

«La Centrafrique est un échiquier géopolitique où chacun avance ses pions. Quand l’un bouge, les autres regardent et agissent en conséquence.»

Pour le Président Touadéra, ce regain d’intérêt soudain pour la Centrafrique est l’occasion de mieux positionner le pays sur l’échiquier international. Tout le monde s’implique désormais du mieux qu’il peut en RCA: aussi bien la Russie que la France, l’Union européenne, les États-Unis et la Chine. Mais cela suffira-t-il à atténuer l’influence grandissante de l’ours russe dans le pays? Pas sûr.

… tout en accordant une place de choix à la Russie

En effet, même si le Président Faustin-Archange Touadéra semble exploiter la rivalité entre les grandes puissances pour mieux positionner son pays, il n’en reste pas moins qu’il accorde à la Russie une place de choix dans ce qu’il convient d’appeler «le grand jeu centrafricain».

Certes, la France reste présente militairement sur le territoire avec une cinquantaine de formateurs et des drones tactiques, mais cela ne semble pas bousculer sérieusement le «nouvel ordre» qui vient de se mettre en place. La ministre française des Armées Françoise Parly a beau souligner que l’Hexagone débourse 130 millions d’euros pour la Centrafrique –soit l’équivalent d’un tiers du budget centrafricain–, rien n’y fait. Les Américains ont beau affirmer et réaffirmer l’engagement continu des États-Unis en faveur de la paix en RCA, et même si l’Union européenne aide l’État centrafricain à boucler ses fins de mois, rien n’y fait toujours. La Russie est partout en Centrafrique, y compris dans l’entourage immédiat du Président Touadéra. Une unité spéciale de l’armée russe assure en effet la sécurité de ce dernier. Moscou est sans conteste devenu incontournable dans le paysage local. Sa présence se manifeste aussi avec des firmes de sécurité privée comme Wagner, ou des entreprises spécialisées dans le domaine extractif.

Ce «succès africain» est principalement attribuable à la constance de l’engagement russe dans ses rapports avec ses partenaires et/ou alliés et son approche diplomatique en Afrique, qui prend en considération certaines sensibilités, y compris dans le règlement des conflits où Moscou cherche davantage à ménager les différentes susceptibilités que d’imposer les desiderata d’un camp au détriment d’un autre.

À cet égard, il convient de souligner que la Russie a été la cheville ouvrière de l’accord de paix intervenu entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés, négocié à Khartoum et signé à Bangui le 6 février 2019.

«C’est bien que la Russie fasse ce que la France ne fait plus», déclarait le principal chef rebelle centrafricain Noureddine Adam quelques semaines avant la signature dudit accord...

Un autre facteur semble expliquer le succès de la Russie en Afrique: contrairement aux États-Unis, à la France et à l’Union européenne, Moscou n’affiche pas la démocratie sur le continent noir comme un objectif prioritaire et, par-dessus tout, il n’a pas la réputation de lâcher ses alliés en difficulté en cours de chemin. À cet égard, il faut dire que même si un grand nombre de chefs d’État africains se sont gardés de se prononcer ouvertement sur le conflit en Syrie, la plupart d’entre eux ont vu comment la Russie a défendu le pays face à la coalition arabo-occidentale conduite par Washington.

Tout ceci semble donner à Moscou un avantage certain sur ses adversaires en Afrique, et ce en dépit du fait qu’il reste loin derrière la France et l’Union européenne en matière d’aides et d’investissements sur le continent en général et en Centrafrique en particulier.

Pour la plupart des dirigeants au sud du Sahara, l’approche russe est d’autant plus préférable que certains d’entre eux tiennent à leur pouvoir comme à la prunelle de leurs yeux. Ils savent qu’ils peuvent dormir sur leurs lauriers sans crainte d’être importunés par une Russie qui se garde généralement de s’immiscer dans les affaires internes des autres États. Une approche qui n’est pas sans déplaire, non plus, et paradoxalement, à des populations africaines de plus en plus hostiles à toute forme d’ingérence, quand bien même elle s’exercerait contre un pouvoir impopulaire. En cause: le sentiment que ces pressions poursuivraient, parfois, d’autres objectifs que la simple affirmation des principes au nom desquels elles se déploient.

Si par le passé, de nombreux pays africains ont pu compter sur l’Union soviétique pour se libérer de la tutelle des anciens colonisateurs européens, aujourd’hui, beaucoup s’appuient sur la Russie pour assurer leur sécurité et se soustraire aux pressions occidentales sur certaines questions. En effet, c’est grâce à Moscou, et dans une moindre mesure à la Chine, que le Burundi a pu résister aux pressions de l’Union européenne et des États-Unis depuis 2015. Chez le voisin congolais, le soutien de Moscou et de Pékin a permis à Joseph Kabila de tenir bon contre les pressions occidentales alors qu’il était en fin de mandat. Quant à la Centrafrique, elle peut toujours compter sur la voix de la Russie qui est devenue son meilleur avocat au Conseil de sécurité.

En autorisant l’ouverture d’un bureau du ministère russe de la Défense sur son territoire, Bangui fait comprendre au monde entier que Moscou est là pour rester, et rien n’indique, du moins pour le moment, que l’issue des élections à venir pourrait changer cette donne...

 

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 15:12
Centrafrique: l’Assemblée nationale siège à nouveau sur le code électoral

 

 

https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 18 septembre 2020 17:01

 

Les députés centrafricains sont convoqués en session extraordinaire à partir de ce vendredi 18 septembre 2020. Durant 6 jours, ils examineront et modifieront certains articles du code électoral. Ils le font à la demande du gouvernement qui a accepté une nouvelle proposition de l’Autorité nationale des élections (ANE) concernant le délai du recensement des électeurs et de la convocation du corps électoral. Les travaux ont été ouverts en présence du premier ministre Firmin NGREBADA.

Cette session extraordinaire des députés s’ouvre à quelques jours de la rentrée parlementaire ordinaire prévue le 1er octobre 2020. L’enjeu est de taille, car l’opposition démocratique est vent debout contre la tenue des élections présidentielle et législatives le 27 décembre 2020.

Durant cette session, les élus de la Nation, dont la plupart se trouvent encore dans leurs circonscriptions électorales, vont se prononcer à nouveau sur le code électoral, déjà adopté par le parlement et promulgué par le Chef de l’Etat le 20 août 2019. En effet, ils auront à examiner et modifier 13 articles de cette loi électorale, conformément à la demande du gouvernement, favorable à un recadrage technique du calendrier électoral proposé par l’ANE.

« Nous sommes sans ignorer qu’un processus électoral se déroule dans le respect scrupuleux des dispositions du code électoral. Nous savons tous que les opérations d’inscription sur la liste électorale demeurent inachevées dans trois préfectures pour des raisons de sécurité mais également à l’étranger. Nous sommes à la veille des élections présidentielle et législatives capitales. L’avenir politique de notre pays se joue aujourd’hui et maintenant », a déclaré El Hadj Moussa Laurent Gon Baba, Président de l’Assemblée nationale à l’ouverture des travaux.

Les échanges entre députés s’annoncent déjà houleux, car l’opposition démocratique réunie au sein de la plateforme COD-2020 est contre la tenue de ces élections le 27 décembre 2020. Pour l’opposition, tout est mis en œuvre pour que ces échéances soient mal organisées, donc truquées. Cependant dans le réaménagement technique du calendrier du recensement électoral et de la convocation du corps électoral proposé au gouvernement par l’ANE, tout serait prêt techniquement au 08 octobre 2020 et le jour du vote reste inchangé.

Même si une partie de la classe politique et de la société reste sceptiques en ce qui concerne l’effectivité de ces élections dans le délai constitutionnel, le président de l’Assemblée nationale a rappelé aux élus de la Nation, la portée de leur décision.

« Nous avons l’obligation, en tant que représentant du peuple, d’apporter notre contribution pleine et entière dans la recherche de solutions fiables et surtout acceptables pour l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles. Les pistes de solutions nous sont proposées dans ce projet de loi. Il s’agit pour nous, députés de la Nation, d’examiner et d’adopter en notre âme et conscience les amendements contenus dans 13 articles qui non seulement, opéreraient sur une base légale, un réajustement du chronogramme initial, mais imposeraient aussi et surtout, le respect des délais constitutionnels. Nous devons produire un travail exemplaire dans l’intérêt du peuple que nous représentons » a martelé M. Gon Baba.  

Selon le chronogramme électoral initial, les opérations de recensement des électeurs, de découpage électoral et la mise à disposition des listes électorales devront se faire avant le 27 septembre 2020, date à laquelle le Chef de l’Etat doit convoquer le corps électoral. Face à l’impossibilité de tenir ce calendrier, l’ANE après une série de rencontres avec la Cour constitutionnelle, le cadre de concertation et le gouvernement, a sollicité un report technique du chronogramme pour lui permettre jusqu’au 08 octobre de tout boucler.

Convaincu par les démonstrations de l’ANE, le gouvernement après un conseil des ministres extraordinaire sur la question, renvoie la loi électorale à l’Assemblée nationale en vue de la modification de certains articles pour permettre à l’ANE de mettre à exécution son chronogramme revu.

Comme à l’accoutumée, des soupçons de corruption de certains députés par le gouvernement entachent les travaux qui se déroulent au sein du parlement centrafricain.

 

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 15:07
RCA: deux ans après sa délocalisation, le siège de la CEMAC revient à Bangui

 

 

https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 18 septembre 2020 17:19

 

Délocalisé à Malabo en Guinée-équatoriale depuis 2018, le siège de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale fait son retour à Bangui. Ceci, dans un contexte de récession liée à la pandémie de Covid-19. Face à cette situation, l'institution table sur les échanges de la sous-région avec le Fonds monétaire international (FMI) pour la relance de l’économie dans l’espace CEMAC.

L’annonce du retour du siège de la CEMAC à Bangui a été faite par le président de la Commission de l'institution sous-régionale, Pr Daniel Ona Ondo,  lors d’un point de presse, le jeudi 17 septembre 2020 dans la capitale centrafricaine. En effet, il y a de cela deux ans, le siège de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale a été délocalisé à Malabo en Guinée équatoriale, sur proposition du président en exercice de l'époque, le Tchadien Idriss Deby Itno.  

Au moment où le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, s’apprête à assurer la présidence tournante de la CEMAC, prévu en octobre 2020, le staff de la communauté est de retour au siège sous-régional à Bangui. Lequel siège, avait été déserté à cause de la situation sécuritaire de l’époque. Avec ce retour, le président de la Commission se veut optimiste en dépit des problèmes de libre-circulation et des biens dans cet espace communautaire.

"Il faut la libre circulation des personnes et des biens. Aujourd'hui, nous avons un passeport CEMAC. Sur 6 pays, c’est seulement 5 qui disposent de ce passeport. Un seul pays ne dispose pas encore de ce document. Pour dire qu’il y a 2 pays qui étaient encore réticents pour la libre circulation. Donc, chacun doit s'ouvrir car, l'idéal c'est d'avoir un marché commun. Cependant, la libre-circulation ne veut pas dire, faire ce qu'on veut"  a fait savoir Pr Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la CEMAC.

Mais il n’y a pas que ça. L’économie dans la sous-région se porte aussi mal. Il faut une action pour la relancer. Pour cela, il faut aller vers le Fonds monétaire international (FMI).

"En 2016, nous avons connu un coup de grisou énorme. Les prix du pétrole ont baissé. Nous avons subi ça de plein fouet. Les chefs d'Etat se sont réunis à Yaoundé et ont décidé de commun accord, de ne pas dévaluer le francs CFA. Ils ont accepté tous d'aller vers le FMI. Négocier avec le Fonds monétaire, c'est pouvoir avoir un programme et des aides budgétaires. Cela permet de régler les problèmes de balance de paiement" a ajouté le président de la Commission de la CEMAC. 

La tâche est ardue et le chemin est encore long. Cela demande l’implication de tous. Le gouvernement centrafricain a injecté de l’argent pour la réhabilitation des propriétés de la CEMAC et favoriser ce retour, gage de l’amélioration de la sécurité à Bangui.

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 14:59
Crimes de guerre en République centrafricaine : un ex-officier arrêté et incarcéré en France

 

Crimes de guerre en République centrafricaine : un ex-officier arrêté et incarcéré en France

 

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 11h40, mis à jour à 11h53

 

Eric Danboy Bagale, un Centrafricain de 41 ans, est poursuivi notamment pour « complicité de crimes contre l’humanité » et « complicité de crimes de guerre ».

Un ex-responsable de la garde du président centrafricain déchu François Bozizé (2003-2013) a été mis en examen vendredi 18 septembre au soir à Paris, notamment pour « complicité de crimes contre l’humanité » et « complicité de crimes de guerre », puis écroué.

Arrêté mardi dans l’est de la France, Eric Danboy Bagale, un Centrafricain de 41 ans, a également été mis en examen pour « actes de torture » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation de crime de guerre », pour des faits commis entre 2007 et 2014 « en tant que responsable de la garde présidentielle (…) puis en tant que responsable de milices anti-balaka », précise le Parquet national antiterroriste (PNAT) dans un communiqué.

Eric Danboy Bagale a été interpellé et placé en garde à vue mardi 15 septembre, par l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCHGCG) et la section de recherches de gendarmerie de Besançon. « Il s’agit de la première mise en examen dans une procédure diligentée par le PNAT concernant des faits commis en République centrafricaine », selon le communiqué.

L’arrestation a été ordonnée dans le cadre d’une enquête ouverte en mai 2017 et désormais confiée à des juges d’instructions spécialisés du tribunal de Paris. La justice française s’est saisie de ce dossier en vertu d’une compétence universelle, qui l’autorise à poursuivre des suspects de crimes de guerre ou crimes contre l’humanité s’ils passent ou résident sur le territoire français.

Haut responsable au sein des milices anti-balaka

Le nom d’Eric Danboy Bagale est apparu parmi les « Libérateurs », nom donné aux compagnons d’armes du général Bozizé qui l’ont porté au pouvoir en 2003, en renversant le président Ange-Félix Patassé. Membre de l’ethnie Gbaya, comme M. Bozizé, l’officier était devenu un haut responsable au sein des milices anti-balaka. Ces groupes armés ont été formés pour combattre les milices de la Séléka, une alliance de rebelles issus du nord du pays à majorité musulmane, qui ont chassé le président Bozizé du pouvoir en 2013.

Les nombreux massacres perpétrés par les deux camps ont plongé ce pays parmi les plus pauvres d’Afrique dans la troisième guerre civile de son histoire. Selon l’Organisation des Nations unies, qui a accusé les deux coalitions de crimes de guerre, entre 3 000 et 6 000 personnes ont péri, essentiellement des civils, entre 2013 et 2015.

 

 

Crimes de guerre en Centrafrique : un ex-officier arrêté et incarcéré en France

 

Ouest-France avec AFPPublié le 19/09/2020 à 10h02

 

Un ex-responsable de la garde du président centrafricain déchu François Bozizé a été mis en examen ce vendredi soir 18 septembre 2020, à Paris, notamment pour « complicité de crimes contre l’humanité » et « complicité de crimes de guerre », puis écroué.

Eric Danboy Bagale, un Centrafricain de 41 ans, a été arrêté mardi dans l’est de la France. Cet ex-responsable de la garde du président centrafricain déchu François Bozizé a été mis en examen ce vendredi soir 18 septembre 2020, à Paris, notamment pour « complicité de crimes contre l’humanité » et « complicité de crimes de guerre », puis écroué. Il a également été mis en examen pour « actes de torture » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation de crime de guerre » pour des faits commis entre 2007 et 2014 « en tant que responsable de la garde présidentielle […] puis en tant que responsable de milices anti-balaka », a précisé le parquet national antiterroriste dans un communiqué, ce samedi 19 septembre.

Un haut-responsable des milices anti-balaka

Éric Danboy Bagale a été interpellé et placé en garde à vue mardi par l’Office central de lutte contre les crimes contre l’Humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCHGCG) et la section de recherches de gendarmerie de Besançon.

Cette arrestation a été ordonnée par le pôle « crimes contre l’humanité » du Pnat, dans le cadre d’une enquête ouverte en mai 2017 et désormais confiée à des juges d’instructions spécialisés du tribunal de Paris.

Le nom d’Eric Danboy Bagale est apparu parmi les « Libérateurs », nom donnés aux compagnons d’armes du général Bozizé qui l’ont porté au pouvoir en 2003 en renversant le président Ange-Félix Patassé.

Membre de l’ethnie gbaya, comme M. Bozizé, l’officier était devenu un haut-responsable au sein des milices anti-balaka. Ces groupes armés ont été formés pour combattre les milices de la Séléka, une alliance de rebelles issus du nord du pays à majorité musulmane, qui ont chassé le président Bozizé du pouvoir en 2013.

Entre 3 000 et 6 000 morts

Les nombreux massacres perpétrés par les deux camps ont plongé ce pays parmi les plus pauvres d’Afrique dans la troisième guerre civile de son histoire. Selon l'ONU, qui a accusé les deux coalitions de crimes de guerre, entre 3 000 et 6 000 personnes ont péri, essentiellement des civils, entre 2013 et 2015.

Fin 2014, la France et Monaco avaient gelé les avoirs d’Eric Danboy Bagale et de Jean-Francis Bozizé, le fils de l’ancien président, les accusant d’oeuvrer « à la déstabilisation de la République centrafricaine » et de tenter « de commettre un acte de terrorisme ».

« Il s’agit de la première mise en examen dans une procédure diligentée par le Pnat concernant des faits commis en République centrafricaine », a précisé le communiqué.

La justice française s’est saisie de ce dossier en vertu d’une compétence universelle qui l’autorise à poursuivre des suspects de crimes de guerre ou crimes contre l’humanité s’ils passent ou résident sur le territoire français.

En 2019, environ 150 procédures judiciaires étaient menées par ce pôle spécialisé du tribunal de Paris, concernant des exactions commises notamment au Rwanda, en RDC, Syrie, Irak ou encore Libye.

 

 

Crimes de guerre en Centrafrique : un ex-officier arrêté et incarcéré en France

 

https://www.journaldemontreal.com/

Paris | Un ex-responsable de la garde du président centrafricain déchu François Bozizé (2003-2013) a été mis en examen vendredi soir à Paris, notamment pour «complicité de crimes contre l'humanité» et «complicité de crimes de guerre», puis écroué, a indiqué samedi à l'AFP le Parquet national antiterroriste (PNAT). 

Arrêté mardi dans l'est de la France, Eric Danboy Bagale, un Centrafricain de 41 ans, a également été mis en examen pour «actes de torture» et «association de malfaiteurs en vue de la préparation de crime de guerre» pour des faits commis entre 2007 et 2014 «en tant que responsable de la garde présidentielle [...] puis en tant que responsable de milices anti-balaka», a précisé le Parquet antiterroriste dans un communiqué.

M. Danboy Bagale a été interpellé et placé en garde à vue mardi par l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCHGCG) et la section de recherches de gendarmerie de Besançon.

Cette arrestation a été ordonnée par le pôle «crimes contre l'humanité» du PNAT, dans le cadre d'une enquête ouverte en mai 2017 et désormais confiée à des juges d'instruction spécialisés du tribunal de Paris.

«Il s'agit de la première mise en examen dans une procédure diligentée par le PNAT concernant des faits commis en République centrafricaine», a précisé le communiqué.

La justice française s'est saisie de ce dossier en vertu d'une compétence universelle qui l'autorise à poursuivre des suspects de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité s'ils passent ou résident sur le territoire français.

En 2019, environ 150 procédures judiciaires étaient menées par ce pôle spécialisé du tribunal de Paris, concernant des exactions commises notamment au Rwanda, en République démocratique du Congo, en Syrie, en Irak ou encore en Libye.

Le nom d'Eric Danboy Bagale est apparu parmi les «libérateurs», nom donné aux compagnons d'armes du général Bozizé qui l'ont porté au pouvoir en 2003 en renversant le président Ange-Félix Patassé.

Membre de l'ethnie gbaya, comme M. Bozizé, l'officier était devenu un haut responsable au sein des milices anti-balaka. Ces groupes armés ont été formés pour combattre les milices de la Séléka, une alliance de rebelles issus du nord du pays à majorité musulmane, qui ont chassé le président Bozizé du pouvoir en 2013.

Les nombreux massacres perpétrés par les deux camps ont plongé ce pays parmi les plus pauvres d'Afrique dans la troisième guerre civile de son histoire.

Selon l'ONU, qui a accusé les deux coalitions de crimes de guerre, entre 3000 et 6000 personnes ont péri, essentiellement des civils, entre 2013 et 2015.

 

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Centrafrique-Presse.com
19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 14:57
Eric Émeraux, témoignage d’un «traqueur» d’auteurs de crimes contre l’humanité
Eric Émeraux, témoignage d’un «traqueur» d’auteurs de crimes contre l’humanité

 

INVITÉ AFRIQUE

 

Eric Émeraux, témoignage d’un «traqueur» d’auteurs de crimes contre l’humanité

 

https://www.rfi.fr/ 17/09/2020 - 15:51 Par Carine Frenk

 

Le colonel de gendarmerie Éric Émeraux commandait, jusqu’au 1er août, l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), une petite unité d’une vingtaine d’enquêteurs de la gendarmerie qui traque, en France, les auteurs de crimes considérés comme imprescriptibles. C'est cet organisme qui a arrêté, le 16 mai 2020, en banlieue parisienne, Félicien Kabuga, présumé « architecte financier » du génocide des Tutsis en 1994 au Rwanda. Il vient de publier La traque est mon métier aux éditions Plon, un livre témoignage qui nous emmène en Bosnie-Herzégovine, en Syrie mais aussi au Rwanda et au Liberia.

RFI : Est-ce que l’arrestation le 16 mai de Félicien Kabuga, qui est soupçonné d’être l’investigateur du génocide au Rwanda, est l’une de vos plus grandes fiertés ?

Eric Emeraux : L’arrestation de Kabuga effectivement est l’une de nos plus grandes fiertés, à titre personnel bien sûr, pour l’office d’une manière globale puisque c’est l’aboutissement d’un long travail. C’est l’aboutissement aussi d’une coopération internationale qui s’est avérée très fructueuse, notamment européenne, sur le sujet.

Parce que l’office ne travaille pas seul…

Voilà. La grande leçon de ce type de dossier, c’est qu’on ne travaille pas seuls. Nous, on est intégrés au sein de structures qui coopèrent avec nous en matière de coopération internationale, évidemment tout ce qui est ONU, Cour pénale internationale, Europol, Interpol. Mais aussi, on est en permanence en train de travailler, et c’est vraiment une spécificité de l’office, avec les organisations non gouvernementales, notamment les ONG chercheuses de preuves, qui nous alimentent en permanence en dossiers, en témoignages, etc.

Sur les 150 dossiers traités par l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), combien concerne l’Afrique ?

Il faut compter qu’environ 50% des dossiers concernent l’Afrique.

Quels sont les pays, beaucoup de dossiers concernent le Rwanda ?

Notre premier portefeuille concerne effectivement le Rwanda avec 28 ou 29 dossiers. Ensuite, nous avons la République centrafricaine, le Liberia. Nous avons la Libye qui est aussi un pays très important pour nous et ensuite en dégradé, on a le Congo-Brazzaville, la Côte d’Ivoire, le Soudan, etc.

Pour un pays comme le Rwanda, est-ce que votre travail est devenu plus facile aujourd’hui ?

C’est devenu plus facile dans la mesure où effectivement, les relations diplomatiques se sont apaisées entre la France et le Rwanda, cela est un premier point qui est capital. Le second, c’est qu’effectivement, à partir du moment où on a un certain nombre de dossiers, qu’on les propose aux autorités rwandaises -et c’est toujours comme ça que cela se passe-, par la voie des commissions rogatoires internationales. On leur présente une liste de victimes, de témoins, d’auteurs potentiels, d’auteurs condamnés aussi. Et à partir de là, nous derrière, on enquête au Rwanda avec les autorités rwandaises.

Et à chaque fois, il s’agit d’enquêtes complexes. Un travail très long ?

C’est toujours un travail très long parce que, effectivement, nous sommes de fait et de nature éloignés de la scène de crime dans le temps et dans l’espace. Donc à partir du moment où on reçoit un signalement, on commence à travailler au plan national, ça suppose des écoutes téléphoniques, donc beaucoup d’écoutes téléphoniques, de la surveillance, des filatures si besoin est parce que parfois, il n’y en a pas besoin. Ensuite, il y a des recherches sur les comptes bancaires, sur tout ce qui est mis à la disposition des enquêteurs de manière traditionnelle dans la lutte contre la criminalité organisée ou la lutte contre le terrorisme. Tout ce travail-là, c’est beaucoup, beaucoup de travail. Après, le deuxième volet international doit nous amener et nous amène dans le pays. Et là aussi, cela suppose, par exemple pour un dossier rwandais, d’être en mesure d’entendre entre 50, 70, 80 témoins pour être absolument sûrs d’avoir une vision la plus précise de l’implication ou pas de l’individu dans les atrocités qui lui sont reprochées.

La traque de ces criminelles a-t-elle beaucoup évolué notamment avec l’apparition des réseaux sociaux ?

Maintenant, on les intègre dans la traque, c’est-à-dire que les réseaux sociaux, la façon dont les gens évoluent, se prennent en photo etc., nous permettent de les localiser plus facilement. Et si ce n’est pas lui, ce sera peut-être son entourage. Puis après derrière, en perquisition, parce que quand on va aller arrêter l’individu, souvent il y a des téléphones, des tablettes, etc., et on peut aussi récupérer ces éléments de preuves.

Avez-vous déjà reçu des pressions politiques ?

Nous n’avons pas forcément à devoir subir des pressions politiques parce que, comme on travaille sous l’égide du pôle crimes contre l’humanité au sein du Parquet national antiterroriste, on reçoit soit-transmis des magistrats qui nous demandent d’enquêter sur tel ou tel individu, sur tel ou tel fait, etc. Donc, à partir de là, on ne subit pas forcément de pressions puisque ce sont des dossiers qui nous sont transmis par les magistrats.

150 dossiers, cela veut dire 150 criminels présumés qui vivent tranquillement en France. Et vous n’avez qu’une petite équipe d’une vingtaine d’enquêteurs au sein de l’office…

Oui, actuellement, il y a environ une vingtaine d’enquêteurs et encore, nous avons été renforcés de dix personnes susceptibles de pouvoir travailler sur ces 150 dossiers, qui sont pourtant des dossiers très importants parce que, ce que l’on ne souhaite pas, c’est que la France devienne un sanctuaire pour les criminels de guerre. Donc, la France, qui parle souvent de lutte contre l’impunité, devrait effectivement se donner les moyens d’arrêter ces individus.

 

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