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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 00:37
RCA : Michel Djotodia, au cœur des spéculations
RCA : Michel Djotodia, au cœur des spéculations
RCA : Michel Djotodia, au cœur des spéculations

 

Centrafrique: l'ancien président, Michel Djotodia, au cœur des spéculations

 

Par RFI Publié le 13-01-2020 Modifié le 13-01-2020 à 23:44

 

En Centrafrique, l'ancien président Michel Djotodia qui s’est présenté comme « un homme de paix », a quitté Bangui lundi 13 janvier après un court séjour de 48 heures sur place, en promettant de rentrer définitivement bientôt. Cette visite survient à peine moins d'un mois après le retour de celui qu'il avait évincé du pouvoir en 2013, François Bozizé.

Il y a de quoi nourrir les spéculations à moins d'une année de la présidentielle dans ce pays. L'ancien président, Michel Djotodia, est reparti dimanche, à peine deux jours après son arrivée à Bangui, en laissant tout un pays dans l'expectative.

Contrairement à François Bozizé, de retour au pays depuis près d'un mois, mais qui n'a pas encore été reçu par l'actuel chef de l'État centrafricain, Djotodia, lui, s'est entretenu pendant près d'une heure avec Faustin-Archange Touadéra, quelques heures à peine après son arrivée.

Au centre de leurs discussions: la mise en œuvre de l’accord de paix ou encore le projet de loi relatif aux anciens chefs d’État.

Sur le calendrier de Djotodia, samedi, figuraient le président de l’Assemblée nationale, la chef de l’État de transition, Catherine Samba Panza, et enfin François Bozizé qu'il avait renversé, par les armes, en 2013. Cependant, l'ancien président, âgé aujourd'hui de 71 ans, a annulé tous ses rendez-vous à la dernière minute, officiellement en raison d'un coup de fatigue, ce qui a nourri de nombreuses spéculations dans la capitale centrafricaine.

Des rumeurs persistantes, à Bangui, parlent d'un mouvement d'humeur en raison d'un veto du président Touadéra sur sa rencontre avec Bozizé, ce que démentent leurs entourages respectifs.

Touadéra, Bozizé… tout le monde semble déjà dans les starting-blocks, même si aucun ne s'est déclaré, jusqu'ici, candidat à la présidentielle prévue en décembre 2020.

Joint par RFI, Thierry Vircoulon, coordinateur de l'observatoire de l'Afrique centrale et australe à l'Institut français des relations internationales (IFRI), revient sur les retours des deux anciens chefs de l'État centrafricain qui n'auraient pas les mêmes ambitions.

"L’ancien président Bozizé faisait l’objet d’un mandat d’arrêt, ce qui n’est pas le cas de Michel Djotodia. Deuxièmement, le président Bozizé est plutôt du côté de l’opposition. Donc, on sent aussi qu’il y a derrière cela, des manœuvres électorales, des volontés d’affichage dans la perspective des élections qui doivent avoir lieu à la fin de cette année."

Thierry Vircoulon revient sur les retours des deux anciens chefs de l'État

13-01-2020 - Par Esdras Ndikumana

 

RCA : Michel Djotodia, au cœur des spéculations
RCA : Michel Djotodia, au cœur des spéculations

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Centrafrique-Presse.com
14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 00:03
RCA : l’épiscopat interpelle le gouvernement et les acteurs politiques
RCA : l’épiscopat interpelle le gouvernement et les acteurs politiques

 

Centrafrique : à un an des élections, l’épiscopat interpelle le gouvernement et les acteurs politiques

 

https://www.la-croix.com/ Lucie Sarr, le 13/01/2020 à 14:10

 

Les évêques de Centrafrique se sont adressés au gouvernement, aux acteurs politiques et aux groupes armés dans un message publié, dimanche 12 janvier, à l’issue de leur première session plénière de l’année 2020.

 

L’épiscopat centrafricain rappelle au gouvernement son « devoir régalien » de « respecter le cadre constitutionnel des élections » et « d’organiser dans le délai constitutionnel des élections libres et transparentes répondant aux exigences démocratiques d’un État de droit ».

A cette adresse contenue dans le message final de sa première session plénière – qui s’est déroulée à Bangui du 6 au 12 janvier – s’ajoute une autre, destinée aux acteurs politiques. « Nul ne doute de votre rôle comme animateurs et acteurs de la vie politique », affirment les évêques centrafricains avant d’ajouter : « L’heure est aux débats des idées et propositions concrètes et constructives. Ne soyez pas esclaves de vos intérêts privés et convictions politiques au point de vous radicaliser. Faites preuve d’un esprit de flexibilité politique et de concessions éclairées dans l’intérêt du peuple. »

Un message qui intervient alors qu’en l’intervalle de trois semaines, les deux anciens présidents centrafricains exilés François Bozizé et Michel Djotodia sont revenus au pays.

Le 16 décembre dernier, François Bozizé a quitté Kampala en Ouganda où il s’était réfugié après sa chute pour rentrer à Bangui. Mais ce n’est que six jours plus tard qu’il a fait une apparition publique, acclamé par des milliers de partisans qui l’encourageaient à « reprendre le pouvoir ».

À 73 ans, Bozizé est sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé par la Centrafrique en 2013 pour « crimes contre l’humanité et incitation au génocide ».

En 2013, François Bozizé avait été renversé par la coalition rebelle Séléka, avec à sa tête, le chef de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), Michel Djotodia, qui s’était autoproclamé président de la République, le 24 mars. Il avait ensuite démissionné en janvier 2014, sous la pression internationale, et s’était réfugié au Bénin.

Groupes armés

L’épiscopat centrafricain s’est en outre adressé aux multiples groupes armés – qui contrôlent à peu près de 70 % du pays — s’exaspérant des « intentions manifestes de certains chefs de groupes armés à boycotter l’Accord politique pour la Paix et la Réconciliation en République centrafricaine ».

Depuis le début de la crise en Centrafrique en 2013, 8 accords ont été signés entre le gouvernement et les groupes armés. Le dernier a été conclu le 6 février 2019. À cette date, le président Touadéra avait signé, avec 14 groupes armés, à Khartoum, au Soudan, un accord de paix dans lequel les parties s’engageaient à renoncer aux recours aux armes pour régler leurs différends.

Mais la mise en œuvre de l’accord se heurte à de nombreuses difficultés. « Nous rappelons que l’avenir de ce pays ne se situe pas au bout du canon. Il y a un temps pour tout, « un temps pour la guerre, un temps pour la paix », ont martelé les évêques. La cohérence et le respect des engagements sincères pour la cessation de toute hostilité nous permettront d’écrire ensemble une histoire d’une Centrafrique prospère par la voie de la paix et du dialogue. »

 

 

Centrafrique: les évêques font entendre leur voix

 

Par RFI Publié le 13-01-2020 Modifié le 13-01-2020 à 01:01

 

Les évêques de l’Église catholique centrafricaine étaient réunis en session ordinaire du 6 au 12 janvier. Dimanche, ils ont délivré un long message dans la cathédrale de Bangui. Dans un discours de quatre pages, les évêques de Centrafrique s’adressent notamment à la jeunesse, au gouvernement et aux politiciens, aux groupes armés ou encore à la communauté internationale. Un message ancré dans l’actualité sécuritaire et politique du pays.

« Finalement, à qui profite le business de la guerre ? » s’interrogent les évêques, appelant l’ensemble des acteurs à discuter mieux pour trouver des solutions au conflit. « L’avenir de ce pays ne se situe pas au bout du canon », assurent-ils. « Des engagements ont été pris pour  la  justice, en insistant sur l’impunité et la tolérance zéro », rappellent les évêques qui questionnent l’effectivité de la Cour pénale spéciale ou encore de la Commission vérité, justice, réconciliation et réparation en vue d’une réconciliation durable.

Les évêques rappellent les défis quotidiens des populations, le manque cruel d’infrastructures dans le secteur de l’éducation et de la santé notamment. Les évêques exhortent à la bonne gouvernance et à une gestion saine des ressources naturelles au profit de la population.

Les échéances électorales du mois de décembre sont aussi largement abordées dans ce message. Les hommes d’église appellent à l’organisation d’élections libres et transparentes dans le cadre constitutionnel. Ils encouragent les citoyens à aller voter en luttant « contre le favoritisme, le tribalisme, l’intolérance entre les groupes ethniques et politiques, la corruption et l’esprit de manipulation politicienne. »

 

 

Centrafrique : 125 ans d’évangélisation. Regard rétrospectif des évêques

 

Jean-Pierre Bodjoko, SJ – Cité du Vatican

L’Eglise Famille de Dieu qui est en Centrafrique est dans ses 125 ans d’évangélisation. Une occasion pour les évêques de ce pays de faire le bilan et de lancer un message aux fidèles et aux hommes de bonne volonté.

 

Réunis du 5 au 12 janvier 2020 pour leur session ordinaire, les évêques de Centrafrique ont publié un message à l’Eglise Famille de Dieu et aux hommes et aux femmes de bonne volonté. « De toutes les nations, faites des disciples… »(Mt 28, 19), tel est l’intitulé du message des évêques centrafricains. Ils font ainsi allusion à l’œuvre évangélisatrice commencé par les premiers missionnaires, en jetant un « regard sur la vie missionnaire de l’Eglise » et en livrant « un message d’espérance, de paix et d’éveiller de conscience.

Exhortations et recommandations

Les Pères de l’Eglise de Centrafrique rendent dans un premier temps hommage à tous les missionnaires, religieux et religieuses, laïcs « dont le témoignage de foi et de dévouement a été et reste un modèle dans l’édification des communautés ecclésiales ». Ils tracent ensuite leurs engagements qui impliquent la justice, les droits de l’homme, l’amélioration des conditions de vie des populations et dans le règlement non-violent des conflits, surtout aux pires moments de notre histoire. Ils reconnaissent, dans ce cadre, que le conflit armé qui y sévit dans leur pays, avec toutes ses conséquences dramatiques « fait paraitre des contre-témoignages dans notre vie ». Les évêques de la Conférence épiscopale centrafricaine font alors une série d’exhortations aux agents pastoraux, aux communautés chrétiennes, aux jeunes, au gouvernement, aux leaders politiques, aux groupes armés, aux victimes e violences injustifiées, à la communauté internationale, aux hommes et femmes de bonne volonté.

Rappelons que le 21 juin 2109, lors de leur rencontre en la cathédrale Saint-Antoine-de-Padoue de Bossangoa, les évêques centrafricains, en rapport avec la célébration des 125 d’évangélisation de leur pays, avaient  rappelé que l’Eglise reste un ‘signe’ et un ‘moyen d’unité et de reconstruction’ et qu’elle se demande comment peut-elle ‘aider ceux qui ont perdu le sens de l’humanité et qui sacrifient facilement la vie humaine aux idoles de l’avoir, du pouvoir et de l’orgueil, à avoir des sentiments humains et à construire des relations fraternelles avec les autres’.  Leur dernier message est sans doute la continuité de leur préoccupation pour une évangélisation en profondeur.

 

 

Intégralité du message des évêques de Centrafrique

 

MESSAGE DES EVEQUES DE CENTRAFRIQUE À L’EGLISE FAMILLE DE DIEU AUX HOMMES ET AUX FEMMES DE BONNE VOLONTE

« DE TOUTES LES NATIONS, FAITES DES DISCIPLES…» (Mt 28,19)

1. Chers frères et sœurs et vous tous hommes et femmes de bonne volonté, que le Seigneur vous bénisse et vous garde. Qu’il fasse briller sur vous son visage et qu’il vous apporte la paix (cf. Nb 6,22-27).

2. Nous, évêques de Centrafrique, réunis en session ordinaire du 06 au 12 janvier 2020, dans le contexte de la célébration des 125 ans d’évangélisation en Centrafrique, sommes fidèles au rappel du mandat missionnaire fait par le pape François pour le mois missionnaire extraordinaire d’octobre 2019 : « Baptisés et envoyés, l’Eglise du Christ en mission dans le monde ». Conscients de notre responsabilité pastorale à la lumière de la crise sociopolitique en République Centrafricaine, nous voudrions porter un regard sur la vie missionnaire de l’Eglise et livrer un message d’espérance, de paix et d’éveil de conscience.

I – REGARD SUR L’ÉVANGELISATION EN CENTRAFRIQUE

3. Après 125 ans d’évangélisation, nous rendons grâce à Dieu pour son œuvre de salut dans la vie du peuple centrafricain à travers l’engagement des hommes et des femmes de foi. Nous rendons hommage à tous les missionnaires, religieux et religieuses, laïcs, dont le témoignage de foi et de dévouement a été et reste encore un modèle dans l’édification des communautés ecclésiales. Aussi, nous nous inclinons devant la mémoire de ceux et celles qui ont suivi le Christ au calvaire et ont porté en leur corps ses souffrances, comme martyrs. Que le grain de blé, qu’ils sont devenus, porte de bons fruits en abondance pour la plus grande gloire de Dieu et le salut de notre peuple.

4. Aujourd’hui, c’est nous que Jésus appelle à participer à son autorité (cf. Mt 28,18-20), à sa prédication (cf. Mt 4,17 ; 10,7), à sa puissance d’amour (Mc 3,14-15), à son ouverture à toutes les nations (cf. Lc 24,47-49), à la vie éternelle (cf. Mt 9,13 ; 11,29 ; Jn 6,68). En tant que disciples, nous sommes soumis à l’autorité du Christ et nous ne pouvons pas nous « soustraire au devoir suprême » d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut à tous les peuples sans discrimination (Redemptoris Missio, 2). Cette annonce permet de faire connaitre le Dieu de Jésus Christ qui est AMOUR et de libérer l’homme de l’idolâtrie mensongère qui pervertit, le conduit au désespoir et l’amène souvent à troquer la vérité de Dieu contre le mensonge, à adorer et servir la créature de préférence au Créateur (cf. Rm 1,25).

5. Le Concile Vatican II nous rappelle le caractère missionnaire de l’Eglise en ces termes : « Dans son pèlerinage, l’Eglise est, par nature, missionnaire, puisqu’elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint Esprit selon le dessein de Dieu le Père » (Ad Gentes, n°2). Par conséquent, quand nous choisissons de suivre le Christ comme notre unique Sauveur, nous nous engageons à être ses vrais témoins dans la vie quotidienne. C’est ce que rappelait le Pape saint Jean Paul II dans son homélie lors de sa visite apostolique en Centrafrique en 1985 : « Les chrétiens doivent être au premier rang de ceux qui éduquent au sens du bien commun, par-delà les intérêts particuliers, et qui y coopèrent eux-mêmes. Ils auront à cœur d’acquérir une vraie compétence, d’accomplir consciencieusement le travail de leur profession, et, s’ils ont part à des charges publiques, de s’en acquitter pour servir tous les compatriotes, surtout les plus démunis, sans accepter le favoritisme, l’intolérance entre groupes ethniques, la corruption…» (Jean Paul II, Homélie pendant la Messe à Bangui, 14/08/1985). Sommes-nous vraiment aujourd’hui au premier rang de ceux qui construisent ou de ceux qui détruisent, de ceux qui rassemblent ou de ceux qui divisent, de ceux qui sèment l’amour ou de ceux qui attisent la haine ?

II – NOS ENGAGEMENTS

6. Chers frères et sœurs, comme vous le savez, nos célébrations liturgiques dynamiques et joyeuses rassemblent de nombreux fidèles qui sont actifs dans les communautés ecclésiales de base, les mouvements, les fraternités, les groupes et qui animent la vie de nos paroisses manifestant ainsi notre manière d’être en Eglise aujourd’hui. Nous bénissons le Seigneur pour son Esprit qui guide l’Eglise en Centrafrique dans ses engagements pour la justice, les droits de l’homme, l’amélioration des conditions de vie des populations et dans le règlement non-violent des conflits surtout aux pires moments de notre histoire.

7. Toutefois, nul n’ignore que beaucoup reste à faire pour le relèvement effectif de notre pays. Le conflit armé qui y sévit avec toutes ses conséquences dramatiques fait paraître des contre-témoignages dans notre vie. Certains chrétiens séparent leur vie professionnelle de leur vie de foi. D’autres mélangent des pratiques magico-fétichistes avec les célébrations sacramentelles. D’autres encore se laissent attirer par des sectes et des sociétés secrètes (franc-maçonnerie, Rose croix…). Enfin, certains délaissent les grandes valeurs d’unité, dignité, travail, respect, solidarité, honnêteté au profit du gain facile et des intérêts personnels.

8. Où en sommes-nous dans le contrat social qui nous lie en tant que fils et filles de la République Centrafricaine ? Des engagements ont été pris pour la justice, en insistant sur l’impunité et la tolérance zéro (cf. Forum de Bangui en 2015). Des mécanismes judiciaires ont été mis en place. À quand l’effectivité de la Cour Pénale Spéciale (CPS) et de la Commission Vérité, Justice, Réconciliation et Réparation (CVJRR) en vue de la justice, de la réparation en faveur des victimes et d’une réconciliation durable ? Par ailleurs, nous nous interrogeons sur l’effectivité de l’autorité de l’Etat déployée à l’intérieur du pays. Des services sensibles tels que l’éducation, la santé, les structures de développement agropastorales, les infrastructures routières manquent cruellement. Même si l’année académique s’est mise en marche, la baisse de niveau scolaire est inquiétante. Comment peut-on se complaire avec la « politique de maîtres parents » ou le choix d’une éducation au rabais ? Et pourtant, on entend dire qu’il y a des financements octroyés pour le relèvement socio-économique de notre pays (RCPCA). A quoi servent tous ces fonds ? Et qui en profite ?

9. En ce début d’année électorale, les préoccupations de nos concitoyens sont réelles. Même si des efforts sont déployés pour réduire la violence, nous vivons dans un contexte d’insécurité, de peur et d’angoisse. En dépit des tentatives de désarmement, beaucoup d’armes lourdes et légères circulent encore dans le pays au vu et au su de tous. Les récents événements dramatiques d’Alindao, Km 5 à Bangui, Birao, Amdafock montrent que les entrepreneurs de la guerre n’ont pas encore dit leur dernier mot. Finalement, à qui profite le business de la guerre qui est florissant en Centrafrique ?

10. Nous apprécions les efforts du Gouvernement pour la restructuration des Forces de Sécurité Intérieure (FSI) et des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Mais comme la solution au conflit armé en Centrafrique n’est pas seulement militaire, nous nous interrogeons : à quand la formation de qualité et l’intégration massive d’instituteurs, de professeurs, d’infirmiers et de médecins ? Face à ces contrastes et ces grands chantiers, chers frères et sœurs, comment allons-nous retrouver notre identité de fils et filles de Dieu et renouveler notre engagement à assainir l’environnement spirituel, social et politique de notre pays ?

III – EXHORTATIONS

Aux Agents pastoraux

11. Vous êtes avant tout des animateurs et acteurs de la vie spirituelle de l’Eglise. Nous vous exhortons à la fidélité aux grâces baptismales et aux enseignements chrétiens : plus concrètement, n’utilisez pas le nom de Dieu pour servir vos intérêts personnels le plus souvent liés à l’argent. Soyons tous des hommes et des femmes de prière afin de garder nos lampes allumées pour dissiper les ténèbres qui nous entourent. Ayons le courage évangélique et les vertus héroïques qui permettent de prendre des décisions et de poser des actes en faveur du bien même au risque de notre vie. Engageons-nous à protéger les enfants et les personnes vulnérables avec amour. Que nos paroles et nos actions donnent plus de saveur à notre société et fassent grandir le peuple de Dieu. Aux communautés chrétiennes

12. Le disciple de Jésus répond à un appel eschatologique, c’est-à-dire une invitation à participer au service du Règne de Dieu (cf. Mc 1,15). Le «règne de Dieu n'est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l'Esprit Saint » (Rm 14,17). Apprenez à travailler pour le bien commun. Faites valoir vos compétences dans les différents domaines de la vie et de manière particulière dans la gestion des biens temporels.

13. Soyez de vrais disciples du Christ. Ne vous laissez ni attirer, ni manipuler par ceux qui prétendent être les nouveaux sauveurs ou des libérateurs du peuple centrafricain. Certains sont des vendeurs d’illusions et ne font que de fausses promesses de prospérité, mais en réalité ils cherchent leurs intérêts égoïstes. Chers frères et sœurs, soyons vigilants en faisant preuve de discernement et de fidélité au Christ pour ne pas adopter des modes de vie contraires à l’éthique chrétienne. Nous vous encourageons à exercer vos devoirs citoyens en allant voter lors des prochaines échéances électorales, en luttant contre le favoritisme, le tribalisme, l’intolérance entre les groupes ethniques et politiques, la corruption et l’esprit de manipulation politicienne.

Aux jeunes

14. La jeunesse semble aujourd’hui être mise au ban de grandes décisions de la vie sociopolitique voire ecclésiale. Elle se sent étouffée et semble être en perte de repères. C’est pourquoi nous lançons cet appel aux jeunes : Vous n’êtes pas seulement des bénéficiaires passifs de grands décideurs et leaders, mais vous êtes le présent et l’avenir du pays et donc acteurs de l’histoire. Vous êtes appelés à écrire une histoire constructive. Soyez conscients de votre rôle capital dans l’histoire de votre pays et de l’humanité. Ne vous laissez ni décourager par la situation du pays ni désorienter par les démons de la haine et les entrepreneurs de la violence et de la destruction. Continuez de combattre le mal par le bien selon la Parole de Dieu (Cf. Rm 12,21).

Au Gouvernement

15. Conscients que la plupart d’entre vous confessent la foi en Jésus-Christ ou encore en un unique Dieu-Créateur, nous nous faisons l’obligation de vous rappeler vos devoirs régaliens qui peuvent être conçus comme une « mission » à accomplir pour le peuple. Vu l’ampleur des défis qui s’imposent à vous de manière inéluctable en ce début d’année :

- Les élections législatives et présidentielles qui se pointent à l’horizon ;

- Les intentions manifestes de certains chefs de groupes armés à boycotter l’Accord politique pour la Paix et la Réconciliation en République centrafricaine ;

- L’existence des substitutions administratives par les groupes armés à l’intérieur du pays ;

- Le regain de violences dans certaines localités ;

- Les mouvements de déplacements internes ou bien des réfugiés et la cohabitation intercommunautaire encore difficile dans certaines localités ;

- Le retour effectif ou l’intention de retour de certains hommes politiques en exil ;

- La difficulté du déploiement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire et de son efficience ;

- La difficile collaboration avec l’opposition politique ;

- L’approche du temps de la transhumance ;

Recommandons :

- De respecter le cadre constitutionnel des élections ;

- D’organiser dans le délai constitutionnel des élections libres et transparentes répondant aux exigences démocratiques d’un Etat de Droit ;

- De revenir à la table de discussions avec les groupes armés pour trouver des solutions consensuelles et pacifiques à vos différends ou malentendus ;

- De mettre en œuvre sans délai des mécanismes de sécurisation de la population civile, de faciliter les mouvements de retour des populations déplacées ou réfugiées, en rendant opérationnelles les Forces Armées Centrafricaines déployées à l’intérieur du pays ;

- De gérer avec sagesse le retour des hommes politiques ;

- De redynamiser un cadre de concertation et collaboration responsable avec les forces vives de la nation et les partis politiques dans un esprit de patriotisme ;

- De tout mettre en œuvre pour que les services décentralisés de l’Etat sortent de la figuration passive et soient effectifs à l’intérieur du pays ;

- De promouvoir la bonne gouvernance et une gestion saine des ressources naturelles au profit de la population ;

- De bien préparer, encadrer et sécuriser la transhumance pour éviter la destruction des champs, le vol de bétail et des pertes en vies humaines.

Aux leaders politiques

16. Nul ne doute de votre rôle comme animateurs et acteurs de la vie politique. L’heure est aux débats des idées et propositions concrètes et constructives. Ne soyez pas esclaves de vos intérêts privés et convictions politiques au point de vous radicaliser. Faites preuve d’un esprit de flexibilité politique et de concessions éclairées dans l’intérêt du peuple.

Aux groupes armés

17. Certains d’entre vous se sont inscrits dans l’esprit et le respect de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine : démantèlement des barrières, libération des édifices administratifs... Par contre, d’autres continuent de recruter, de conquérir de nouveaux espaces, d’exploiter abusivement et illégalement les ressources naturelles, de tenir des barrières. Nous rappelons que l’avenir de ce pays ne se situe pas au bout du canon. Il y a un temps pour tout, « un temps pour la guerre, un temps pour la paix » (Eccl 3,8) ! La cohérence et le respect des engagements sincères pour la cessation de toute hostilité nous permettront d’écrire ensemble une histoire d’un Centrafrique prospère par la voie de la paix et du dialogue.

Aux victimes de violences injustifiées

18. Nous vous renouvelons notre proximité et compassion et rappelons notre détermination à être à vos côtés par nos prières. Nous espérons que justice vous sera rendue.

A la communauté internationale

19. Nous saluons les efforts déployés jusqu’alors pour la consolidation de la paix, la restauration de la sécurité et la cohabitation pacifique entre les communautés. Nous vous exhortons à travailler davantage pour la mise en œuvre effective de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine. Dans le respect de la neutralité et de l’impartialité, nous vous encourageons à créer les conditions favorables à l’organisation des prochaines échéances électorales dans un climat de calme et de transparence.

Aux hommes et aux femmes de bonne volonté

20. Travaillez à la sauvegarde et au respect de la création. Nous vous exhortons à promouvoir la cohésion sociale dans le respect de la diversité culturelle et confessionnelle.

A tous nos concitoyens et à toute la nation

21. Nous adressons nos vœux de paix, de réconciliation, de communion fraternelle et d’acceptation mutuelle des différences pour construire une paix durable en Centrafrique.

22. Que la Vierge Marie, Reine de la paix, par son intercession, soutienne nos engagements pour la paix.

Donné en la Cathédrale Notre Dame de l’Immaculée Conception

 

Bangui, 12 janvier 2020

 

Mgr Nestor-Désiré NONGO AZIAGBIA

Evêque de Bossangoa

Président de la CECA

Mgr Bertrand-Guy-Richard APPORA NGALANIBE

Evêque de Bambari

Vice-Président de la CECA

Dieudonné Card. NZAPALAINGA

Archevêque de Bangui

Mgr Guerrino PERIN

Evêque de Mbaïki

Mgr Cyr-Nestor YAPAUPA

Evêque d’Alindao

Mgr Dennis Kofi AGBENYADZI

Evêque de Berbérati

Mgr Tadeusz KUSY

Evêque de Kaga-Bandoro

Mgr Miroslaw GUCWA

Evêque de Bouar

 

RCA : l’épiscopat interpelle le gouvernement et les acteurs politiques

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Centrafrique-Presse.com
13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 23:59
Des pièces de jetons injectées par la BEAC

 

Centrafrique : Des pièces de jetons injectées par la BEAC pour pallier la pénurie

 

https://www.radiondekeluka.org/ samedi 11 janvier 2020 07:15

 

Début de solution à la crise des pièces de nouveau en circulation en Centrafrique. La Banque Centrale (BEAC) annonce l'approvisionnement pour pallier le problème.

La pénurie des pièces de monnaie a trop duré et affecte l'économie. Beaucoup pointe du doigt les jeux d'argent à base de jetons introduits par des sociétés étrangères. Mais le communiqué de la Banque des Etats d'Afrique Centrale (BEAC) vise à rassurer le marché. "Cet approvisionnement vient porter en quantité suffisante le nombre de pièces de monnaie dans les 8 dénominations qui ont cours légal et pouvoir libératoire dans la sous région, à savoir, 500, 100, 50, 5, 2 et 1 F" peut-on lire dans ce communiqué.

Mais cette disposition à elle seule ne suffit pas pour autant. La banque annonce des facilités. " La Banque centrale fera exceptionnellement à ses guichets, des échanges ordinaires de billet contre pièces aux supermarchés, pharmacies stations services, syndicat des transporteurs et associations des Koli Wali-Gara" précise le communiqué.

Dans cette action de sauvetage de l'économie, la banque met en garde. " La BEAC attire l'attention de la population que les signes monétaires mis à la disposition des économie de la sous-région sont destinés à des fins de transactions économiques et financières et non à être utilisés comme jetons dans les machines à sous des salles de jeux de hasard" (Sic).

La rareté des pièces de monnaie a sensiblement affecté les échanges en Centrafrique, à tel points que certains opérateurs écrivent sur des papiers et remettent comme reliquat à leurs clients.

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Centrafrique-Presse.com
13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 23:55
Triple meurtre de journalistes russes en RCA

Lu pour vous

 

Moscou dévoile les causes du triple meurtre de journalistes russes en Centrafrique

 

https://francais.rt.com/13 janv. 2020, 18:27

 

Le comité d'enquête russe le confirme : un vol à main armée est à l'origine de l'assassinat de trois journalistes russes en République centrafricaine en juillet 2018. Ces journalistes enquêtaient sur la présence de mercenaires russes dans la région.

«Les trois journalistes russes ont été tués, dans la nuit du 30 au 31 juillet 2018 en Centrafrique, lors du vol de leurs effets personnels et de leur matériel», a déclaré le vice-président du comité d'enquête de la Fédération de Russie Igor Krasnov via une interview au journal russe Kommersant.

«Les circonstances établies de l'attaque indiquent des meurtres dont l'objectif était crapuleux et commis par des citoyens de la RCA ou des pays voisins connus pour être à l'origine de crimes graves dans cette région», a aussi détaillé Igor Krasnov.

Selon lui, les trois hommes russes, le réalisateur Alexandre Rastorgouïev, le caméraman Kirill Radtchenko et le journaliste Orkhan Djemal sont arrivés en Centrafrique avec des visas touristiques, le 28 juillet 2018. Les trois journalistes sont alors partis, le 30 juillet, en direction de la ville de Bambari afin de rencontrer un homme, dont l’identité n’a pas été établie, et ce malgré les risques existants dans cette partie du pays. 

Le vice-président du comité d'enquête a précisé que le véhicule qui transportait les journalistes a été stoppé par un groupe d'hommes inconnus et armés «qui ont exigé qu'ils sortent de la voiture et qu'ils livrent leurs effets personnels ainsi que leur matériel technique, photo et vidéo». Et Igor Krasnov d'ajouter : «Devant le refus des journalistes d'obtempérer, les criminels les ont alors fusillés.»

Ces journalistes, qui ont été tués dans la nuit du 30 au 31 juillet en Centrafrique, étaient en train de tourner un documentaire. Ils enquêtaient sur de possibles activités du groupe militaire privé Wagner.

En août 2019, le ministère russe des Affaires étrangères avait annoncé que l’enquête de ces meurtres se poursuivait, ajoutant qu’il y existait beaucoup de questions vis-à-vis des commanditaires de ce voyage. Selon les données du ministère, l’ambassade de la RCA à Moscou a donné des visas touristiques aux journalistes russes sans être au courant de la vraie nature de leur visite. Les trois hommes ont travaillé en Centrafrique sans l’accréditation correspondante, sans l’autorisation de l’importation des équipements photo et vidéo et sans l’autorisation de filmer. Le ministère a en outre indiqué que les organisateurs de ce déplacement à Bangui n’ont pas informé l’ambassade de la Russie ni de l’arrivée des journalistes ni de l’objectif de leur visite, ce qui aurait pu leur garantir la sécurité.

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 23:53
COMMUNIQUÉ DE PRESSE MINUSCA

 

 

LA MINUSCA CONDAMNE L’UPC SUITE AU MEURTRE D’UN MEMBRE DES FACA A ALINDAO

 

Bangui, 13 janvier 2020 – La MINUSCA réitère sa ferme condamnation de l’UPC, suite à l’assassinat d’un membre des Forces armées centrafricaines (FACA) à Alindao (préfecture de la Basse Kotto) le 9 janvier dernier et met en garde ce groupe armé contre les violations répétées de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA). Après cet incident grave, de violents échanges de tirs entre des FACA et des combattants de l’UPC ont éclaté dans la ville, occasionnant deux morts et huit blessés, la fuite de plusieurs dizaines de déplacés internes ainsi que la destruction par le feu des maisons de déplacés situées entre la base des FACA et la position de l’UPC.

 

Dès le déclenchement des incidents, la MINUSCA, tout en assurant la protection d’environ 200 personnes réfugiées dans son camp sous les tirs de l’UPC, a immédiatement dépêché des casques bleus des unités gabonaises et népalaises pour s’interposer entre les parties et protéger les personnes déplacées au niveau des camps de la ville, tandis que des membres du mécanisme de coordination de sécurité, dont font notamment partie les autorités locales, ont rencontré les deux camps pour faire cesser les tirs. Les soldats de la paix ont pu venir à bout de l’incendie qui s’était déclaré dans le camp de déplacés.

 

La MINUSCA a également envoyé des troupes additionnelles depuis Bambari pour renforcer ses positions à Alindao. Elle a ainsi pris des mesures à l’endroit de l’UPC, notamment le cantonnement de ses éléments dans leur camp, l’interdiction de circuler avec des armes et la levée des barricades. La situation dans la ville est désormais calme malgré une tension persistante tandis que les casques bleus poursuivent les patrouilles. 

 

La MINUSCA appelle les deux parties à éviter toute situation pouvant provoquer l’escalade des tensions et mettre en danger la sécurité des populations civiles innocentes conformément aux exigences de l’APPR-RCA et réaffirme son engagement à exécuter pleinement son mandat de protection des civils à Alindao. 

 

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 23:28
Après François Bozizé, Michel Djotodia de retour en Centrafrique
Après François Bozizé, Michel Djotodia de retour en Centrafrique

 

Lu pour vous 

 

https://mondafrique.com/ By Aza Boukhris 12 janvier 2020

 

Après le retour rocambolesque de l’ancien président François Bozize ( 2003-2013),  le 15 décembre 2019, c’est maintenant au tour de l’ancien président de la premiere Transition ( 25 mars 2013-10 janvier 2014), Michel Am-Nondroko Djotodia, de revenir dans son pays, après six ans d’exil. Deux retours très différents 

 

François Bozizé était en exil en Ouganda toujours sous la menace d’un mandat d’arrêt international, émis par les autorités centrafricaines de la seconde Transition, présidée par Catherine Samba-Panza. François Bozizé est encore sous sanction onusienne et des Etats Unis d’Amérique concernant le gel de ses avoirs et l’interdiction de voyager. Mondafrique a rappelé les conditions de son retour à Bangui, à la barbe des services de renseignement du président Touadera. On ne peut pas dire que ce retour inopiné ait réjoui le Palais de la Renaissance de Bangui, d’autant que son aura auprès de la population de la capitale est devenue un problème pour le président Touadera.

 

La montée de la paranoia

 

Les rumeurs et fake news annoncent, par intermittence, des troubles populaires à Bangui, conduisant à un renforcement des forces de sécurité et à une montée de la paranoïa, notamment dans la milice  » Les Requins » du parti présidentiel. La première intention du pouvoir était bien de procéder à l’exécution du mandat d’arrêt international à l’encontre de François Bozizé. Sur les conseils appuyés de chefs d’État de la CEEAC, notamment de Felix Tshisekedi et de Denis Sassou Nguesso, le président Touadera a dû renoncer à cette arrestation. Évidemment, ce  » caillou dans la chaussure » du président Touadera ne facilitera pas sa réélection en 2020-2021  qui était jusqu’alors très probable.

 

Michel Am-Nondroko Djotodia avait été destitué, après sa convocation à Ndjamena par Idriss Deby Itno, alors président en exercice de la CEEAC. C’ était le 10 janvier 2014. Très symboliquement, le tombeur de François Bozize, le 25 mars 2013, est rentré à Bangui, ce 10 janvier 2020. Michel Am-Nondroko Djotodia s’était rendu volontairement en exil au Benin, son pays d’adoption, où il était déjà installé, pour reprendre ses affaires. N’ayant pas de sanction particulière, il pouvait voyager à sa guise, comme récemment au Niger, où il avait rencontré Mahamadou Issoufou.

 

Plusieurs émissaires du président Touadera s’étaient rendus à Cotonou pour presser Michel Am-Nondroko Djotodia de revenir à Bangui. Avec le retour de Francois Bozizé, ce retour était devenu une priorité pour contrer l’influence grandissante de Francois Bozizé. Ce fut donc fait ce vendredi 10 janvier 2020 par un vol régulier de la Royal Air Maroc avec un accueil protocolaire à l’aéroport de Bangui, ponctué immédiatement par une réception au Palais de la Renaissance par le Président Touadera.

 

Désormais, la situation est clarifiée. Le régime du président Touadera fait ouvertement une alliance avec les groupes armés de l’ ex- Seleka et Michel Am-Nondroko Djotodia, leur  ancien leader, contre les anti- balaka et l’ancien président Bozizé, proscrit du pouvoir actuel. La réconciliation nationale s’éloigne dangereusement.

 

Deux « ambassadeurs de la Paix »

  

Les deux anciens chefs de l’État proclament que s’ils sont de retour à Bangui, c’est uniquement pour promouvoir la Paix. Espérons-le ! En tous cas, ils ont déjà fumé le calumet de la paix. Au début 2015, ils avaient dirigé les délégations de l’ex-Seleka, pour l’un, et des anti-balaka, pour l’autre. Cette négociation, entreprise à Nairobi, sous la médiation du président kenyan, du Premier ministre ougandais et des émissaires de Denis Sassou Nguesso, avait abouti à l’Accord de Nairobi, du15 avril 2015. On connait la suite. Cet accord fût mort-né car Catherine Samba-Panza n’y était pas associée ainsi que la CEEAC, voire la France.

 

Aujourd’hui, François Bozizé a retrouvé son parti KNK avec ses nombreux militants dans tout le pays et évidemment surtout chez les Gbaya. Il a sa disposition une machine partisane qui avait fait ses preuves aux élections de 2011. Faustin-Archange Touadera, son premier ministre de l’époque (2008-2013) en sait quelque chose. Quant à Michel Am-Nondroko Djotodia, c’est un homme seul. Son groupe armé, l’ UFDR, a implosé tandis que les Goula, les Kara et les Rounga sont toujours à couteaux tirés, comme en témoignent la guerre qui les opposent dans le nord-est. Certes, Michel Am-Nondroko Djotodia est un russophile et russophone, pour avoir vécu 14 années dans l’ex-URSS. Est-ce que cela sera suffisant pour qu’ il s’implique pour consolider l’Accord de Khartoum qui a permis d’associer les groupes armés de l’ex Seleka à la gouvernance actuelle ? Rien n’est moins sûr. 

 

 Malheureusement les bienfaits de l’Accord de Khartoum se font attendre. Les gesticulations et les déclarations déniant la réalité du terrain n’empêcheront pas les Centrafricains de réclamer la fin de l’impunité et la réhabilitation de la justice.

 

Il n’est pas sûr que le retour de ces deux anciens chefs de l’État à Bangui, qui ont une très grande responsabilité dans la crise centrafricaine actuelle, soit de bonne augure pour la réconciliation nationale et le retour à la paix.

 

 

Retour en Centrafrique de l’ancien président Michel Djotodia

 

Par RFI Publié le 10-01-2020 Modifié le 10-01-2020 à 22:39

 

L’ancien président Michel Djotodia, en exil au Bénin depuis 2014, est arrivé ce vendredi 10 janvier 2020 au matin à Bangui. Michel Djotodia, l'ex-chef de la Seleka, avait pris le pouvoir en 2013 en renversant François Bozize. Six ans après son départ de Bangui, il est venu pour une visite de deux jours.

L’ex-président a, dès son arrivée, rencontré en privé sa famille avant d’expliquer les raisons de son retour : « Je suis venu présenter mes vœux, proposer mes services. Je vais rencontrer le chef de l’État je vais l’écouter et ensuite on va voir comment on va faire les choses. Et si je ne peux pas rencontrer les gens pour l’instant rencontrer les anciens chefs d’État les anciens premiers ministres et les chefs de partis politiques, je crois qu’incessamment je dois revenir. »

Rassurant

Face aux inquiétudes entourant le retour de l’ancien président putschiste, Michel Djotodia se veut rassurant : « Je ne suis plus un homme de guerre, je suis maintenant un homme de paix. Donc il n’y a pas d’inquiétude. Au contraire, je suis venu pour aider le peuple centrafricain. Il faut que ce peuple vive enfin en paix. C’en est trop. Et nous ne permettrons plus à personne de prendre les armes et de faire courir les mamans, les enfants, les vieux à travers la République centrafricaine, c’en est trop. Nous ne le permettrons plus même pas les rebelles qui sont dans la brousse. »

Rencontres

Michel Djotodia doit rencontrer le président Touadéra ainsi que différents acteurs institutionnels. Son arrivée à Bangui intervient trois semaines environ après le retour d’un autre ancien chef de l’État, François Bozizé.

Après François Bozizé, Michel Djotodia de retour en Centrafrique

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11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 02:58
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Accrochages meurtriers entre les éléments des FACA et l’UPC à Alindao

 

ALINDAO, le 09 janvier 2020 (RJDH)---Des combats ont opposé, en début de cet après-midi à Alindao, les soldats des forces armées centrafricaines (FACA)  et les combattants rebelles de l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), dirigée par le sulfureux Ali Darassa, selon plusieurs sources bien introduites.

Même si les raisons de cet accrochage ne sont pas encore clairement établies, certaines sources religieuses et proches de la MINUSCA indiquent que celui-ci a duré plusieurs heures.

« La situation reste tendue et confuse à Alindao. Il y a eu bel et bien un combat opposant les éléments des FACA et les combattants de l’UPC », déclare Vladimir Monteiro, porte-parole de la MINUSCA, avant de regretter que, « l’UPC qui est un groupe signataire de l’Accord de paix puisse s’en prendre aux soldats Centrafricains », dit-il.

De sources religieuses, tout a commencé par une discussion entre les éléments de l’UPC qui voulaient mettre la main sur deux éléments des FACA dans des circonstances encore non élucidées. Ces derniers s’y sont opposés et cela a tourné au drame entraînant la mort d’un des éléments de l'armée centrafricaine, a rapporté au RJDH une source religieuse

« Quand les autres éléments voudraient aller récupérer le corps d’un des leurs, ils se sont retrouvé nez à nez avec les éléments de l’UPC. C’est ainsi que les combat se sont généralisés dans la région », poursuit une autre source locale

De source non officielle, trois éléments des FACA seraient déjà morts lors des combats. Deux sites des déplacés à savoir, celui de l’Eglise Elim et des déplacés peulhs auraient pris feu avec d’importants dégâts. Des éléments d’information que la MINUSCA dit n’avoir pas assez de preuves pour les confirmer. Cependant, « une unité d’intervention de la MINUSCA s’est vite déployée dans la ville. Nous nous sommes interposés entre les protagonistes et nous déplorons cela », a déclaré Vladimir Monteiro, porte-parole de la MINUSCA.

Contacté sur les faits, le département de la défense dit n’avoir rien appris des combats en cours qui, pourtant, sont confirmés par la MINUSCA et l’église catholique dans la région. Du côté du gouvernement, aucun communiqué n’a été publié sur ces échanges de tirs à Alindao. Le dernier combat entre les FACA et les combattants rebelles de l’UPC avait eu lieu le 21 novembre 2019.

 

 

Centrafrique : Le retour progressif de l’Etat dans les zones minières occupées par les éléments des 3R

 

BANGUI, le 07 janvier 2020 (RJDH) --- L’Etat reprend peu à peu le contrôle des zones minières occupées par les éléments armés des 3R de Siddicki Abbas, après une mission effectuée  du 10 au 14 décembre 2019 par le département des mines et de la géologie dans les préfectures de l’Ouham-Pende et la Nana-Mambere. Une information confirmée ce lundi 06 Janvier 2020 au RJDH par le Directeur Régional des Mines et du pétrole de Bouar, Georges Hyacinthe Ouaboua.

La volonté de reprise des zones minières sous contrôle des 3R par l’Etat, a été émise par les responsables de ce groupe armé qui l’inscrit dans la dynamique de l’accord de paix.

Pour le Directeur Régional des mines, Georges Hyacinthe Ouaboua, c’est le degré de la collaboration entre ce mouvement armé et les autorités en charge des mines qui a favorisé le retour de l’Etat dans ces zones afin de contrôler l’exploitation, « Nous avons demandé plusieurs fois à la MINUSCA de nous accompagner dans les régions minières pour contrôler l’exploitation, parce qu’on nous signale la présence des étrangers qui exploitent nos ressources minières, mais notre demande est restée sans suite. Une fois que le Général Siddicki est ramené à Bouar, nous étions passés le voir et il a facilité le déplacement. Nous avons sillonné du 10 au 14 Décembre 2019 des chantiers qui sont proches de Bocaranga, dans les communes de Koui, Niem et Yéléwa », a-t-il confié au RJDH.

La présence des exploitants étrangers est massivement signalée dans ces régions minières, « nous avons sensibilisé ces exploitants clandestins à acquérir des documents, et sur un nouveau chantier entre Niem et Yéléwa, appelé Kpakana, nous avons déjà une équipe là-bas afin de sensibiliser les exploitants à avoir des documents. L’exploitation se fait encore d’une manière artisanale dans ces zones à l’exception des chantiers proches de Bocaranga où les exploitants utilisent les broyeurs pour écraser les pierres », a souligné Georges Hyacinthe Ouaboua.

C’est depuis 2013 début des événements en Centrafrique que l’Etat n’a pas accès aux zones minières à cause des hommes armés. Cette campagne lancée par la région minière numéro 3 est un début de solution et sera un plus pour l’Etat et surtout pour la communauté locale.  

 

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11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 02:01
Entretien du Président Touadera avec Michel Djotodia

 

Le Président Touadera reçoit l'ex-chef d'Etat de transition au Palais de la Renaissance

Entretien du Président Touadera avec Michel Djotodia

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11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 01:46
Les conditions de François Bozizé pour rencontrer le Président Touadera
Les conditions de François Bozizé pour rencontrer le Président Touadera
Les conditions de François Bozizé pour rencontrer le Président Touadera

 

François Bozizé pose plusieurs conditions pour rencontrer le Président Faustin Archange Touadera

Les conditions de François Bozizé pour rencontrer le Président Touadera
Les conditions de François Bozizé pour rencontrer le Président Touadera

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11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 01:31
Retour en Centrafrique de Michel Djotodia, ex-président
Retour en Centrafrique de Michel Djotodia, ex-président
Retour en Centrafrique de Michel Djotodia, ex-président
Retour en Centrafrique de Michel Djotodia, ex-président

 

Centrafrique : Retour de Michel Djotodia, ex-chef rebelle et ancien président

 

L’ex-président centrafricain est arrivé vendredi à Bangui. Il avait pris le pouvoir par les armes en 2013 à la tête de la rébellion à majorité musulmane Séléka avant de démissionner et de s’exiler 10 mois plus tard.

L’ex-président centrafricain Michel Djotodia est arrivé vendredi 10 janvier à Bangui. Unique et éphémère chef de d’État musulman de ce pays pauvre d’Afrique centrale, il a atterri dans la matinée à bord d’un vol de Royal Air Maroc en provenance de Casablanca via Douala au Cameroun. Un journaliste de l’AFP l’a vu à son arrivée dans un hôtel de Bangui, acclamé par une trentaine de ses partisans.

À 71 ans, Michel Am-Nondroko Djotodia revient au pays après six années d’exil au Bénin, où il vivait jusqu’alors, et 24 jours après le retour à Bangui de François Bozizé, le président qu’il avait renversé avant de s’autoproclamer chef de l’État le 24 mars 2013.

Michel Djotodia était alors à la tête de la rébellion dominée par la communauté musulmane de la Séléka, un mouvement qu’il avait fondé et dissout le mois suivant sa prise du pouvoir, mais qui a continué à combattre des groupes d’auto-défense appelés anti-balakas, à majorité chrétienne.

 

 

Retour en Centrafrique de Michel Djotodia, ex-président

 

10 janvier 2020 à 09h17

 

L’ex-président centrafricain Michel Djotodia, qui avait pris le pouvoir par les armes en 2013 à la tête de la rébellion à majorité musulmane Séléka avant de démissionner et de s’exiler dix mois plus tard, est arrivé, ce vendredi, à Bangui.

Unique et éphémère chef de l’État musulman de ce pays pauvre d’Afrique centrale toujours en proie à la guerre civile depuis 2013, il a ainsi atterri à Bangui dans la matinée à bord d’un vol de Royal Air Maroc en provenance de Casablanca, via Douala, au Cameroun.

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