Par Le Figaro avec AFP
Publié le 28/08/2022 à 15:54, mis à jour le 28/08/2022 à 15:54
Le premier ministre japonais Fumio Kishida s'est engagé dimanche lors d'un sommet Japon-Afrique à Tunis à «remédier à une injustice historique» et à faire pression pour que le continent obtienne un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. «Pour agir de façon efficace» et consolider la paix et la sécurité en Afrique, «il est urgent de remédier à l'injustice historique» de l'absence d'un siège permanent pour l'Afrique à l'ONU, a déclaré Fumio Kishida, en visioconférence depuis Tokyo.
Le Japon entend «créer un environnement où le peuple africain pourra vivre en paix et sécurité afin que le continent puisse se développer», a-t-il expliqué. «Le Japon va renforcer son partenariat avec l'Afrique» et, l'an prochain, quand il sera au Conseil de sécurité avec un siège non permanent (2023 et 2024), il plaidera pour une réforme de l'ONU et l'obtention d'un siège permanent pour le continent. Ce sera «un moment de vérité pour les Nations unies», a dit le premier ministre, resté à Tokyo pour cause de Covid-19.
«Dans le but pour l'ONU de travailler efficacement pour la paix et la stabilité, il est urgent de renforcer l'ONU à travers une réforme du Conseil de sécurité», a-t-il dit. Le Conseil de sécurité comprend 15 membres, dont cinq permanents (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne), les autres postes étant occupés par rotations de deux ans par les autres membres de l'ONU.
Le Premier ministre a remercié l'Union africaine et la CEDAO (Communauté des Etats d'Afrique de l'ouest) pour «leurs médiations dans la prévention des conflits», estimant qu'il faut aussi «régler les problèmes transfrontaliers». Le volet «paix et sécurité» des aides nippones financera la formation de policiers, la tenue d'élections «équitables et transparentes», une bonne gouvernance judiciaire et administrative et l'aide au contrôle des frontières.
Le Japon offrira ainsi une aide concrète de 8,3 millions de dollars pour la région du Liptako-Gourma, à cheval sur Mali, Burkina-Faso et Niger, pour «développer une bonne coopération entre les résidents et les autorités locales» et «améliorer les services administratifs à destination de 5 millions d'habitants de cette zone».
TICAD 8 : Saïed appelle les pays africains à surmonter les problèmes survenus, au cours de ces dernières années, suite à l’épidémie de coronavirus
Webmanagercenter 28 août 2022 Par WMC avec TAP
Le président de la République, Kaïs Saïed a appelé, samedi, les pays africains à surmonter les problèmes survenus, au cours de ces dernières années, en raison de l’épidémie de coronavirus.
Ouvrant la séance plénière consacrée à l’économie dans le cadre de la Huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 8), au Palais des congrès à Tunis, le chef de l’Etat a rappelé que cette crise sanitaire a été à l’origine d’une exacerbation de la pauvreté et d’une augmentation considérable du taux d’endettement public et privé, au niveau de l’économie mondiale, outre les taux d’inflation élevés enregistrés dans tous les pays.
“La TICAD constitue une opportunité de discuter de propositions permettant l’élaboration d’une nouvelle conception du partenariat Afrique/Japon, en vue de réajuster le processus de développement, réduire les disparités entre les pays et au sein des pays”.
Il s’agit essentiellement, de soutenir les réformes nationales, assurer une répartition équitable des richesses et soutenir financièrement les catégories sociales faibles, a conclu le Chef de l’Etat.
L’Afrique sans les Africains
https://oumma.com/ par Rédaction Oumma.com
Les pays africains qui se sont engagés ces dernières années dans une politique d’affranchissement de l’influence française ont-ils brusquement atteint un niveau de maturité politique, de développement économique et de puissance militaire qui les rend aptes à voler de leurs propres ailes, ou ne cherchent-ils qu’à substituer un tuteur à un autre, remplacer la « Françafrique » par « Wagner » et les Français par les Russes et/ou les Chinois pour les punir de leur passé colonialiste ou de leur présent néo-colonialiste ?
Des vidéos et des textes célébrant la récente réorientation de la politique extérieure de certains pays africains fleurissent sur les réseaux sociaux, judicieux pour les uns, à contre-emploi pour leurs auteurs pour d’autres.
Je viens de prendre connaissance d’un des fleurons de la seconde catégorie intitulé « L’AFRIQUE EST L’AVENIR. ON N’APPREND PAS TOUT A L’ECOLE ». On y lit, pour ceux qui l’ignoraient, que la superficie de l’Afrique est de 30,37 millions de km2 ; qu’elle est plus grande que la Chine (9,6) les USA (9,8) et l’Europe (10,18) réunis ; qu’elle recèle 90% des réserves de matières premières, 80% des réserves de cobalt, 40% des réserves d’or et 33% des réserves de diamants ; qu’elle dispose de 60% des terres agricoles, que les seules terres de la République Démocratique du Congo sont capables de nourrir toute l’Afrique, et que toutes les terres agricoles en Afrique pourraient nourrir le monde entier.
Quelle conclusion est tirée de cette description ? « Dans la plupart des cartes mondiales, l’Afrique est représentée en taille réduite pour créer l’impact visuel de la petite Afrique pour manipuler les Africains, leur laver le cerveau et les tromper où qu’ils soient… Le problème est que les Occidentaux, leurs entreprises et certaines marionnettes africaines, ont perturbé la stabilité de l’Afrique depuis des décennies…
L’Afrique représente l’avenir de l’humanité ».
Ah bon ? Que sa « stabilité » ? Que des « décennies » ? Qu’en est-il des millénaires où l’Occident n’était pas là pour « déstabiliser » l’Afrique ? Qu’ont fait les Africains de leur continent, de sa « stabilité » et des indépendances octroyées pour la plupart ?
Le tableau que dresse ce texte flatteur est celui d’une belle nature morte, de paysages édéniques fruits d’une longue période d’évolution ou fraichement sortis des mains de Dieu, selon l’explication qu’on préfère. On peut aussi le prendre pour un relevé du potentiel minéral et agricole d’une exoplanète qui vient d’être découverte. Dans les deux cas de figure il manque un facteur-clé, fondamental, le plus important de tous : l’homme africain.
L’auteur de cette ode statistique à l’Afrique ne s’est pas douté que son texte allait à contre-sens de ce qu’il voulait, qu’il n’était pas un plaidoyer en faveur de sa thèse mais un réquisitoire contre elle, qu’il a dépeint une planète située dans la « zone habitable », à la nature foisonnante et enchanteresse, mais dépourvue d’entités intelligentes équivalant aux hommes sur la Terre. On peut même ajouter des questions plus embarrassantes : pourquoi s’est-on laissé « déstabiliser » ? N’avons-nous dans le présent que le choix entre un ancien maître et un nouveau ?
L’Afrique s’est beaucoup bercée d’illusions et continue de mal poser ses problèmes qui ne proviennent pas en totalité de la colonisation, mais en bonne partie de la « colonisabilité ». Dans les années 1950 le penseur algérien Malek Bennabi a voulu, par ce concept, attirer l’attention des peuples afro-asiatiques sur la nécessité d’une introspection, d’une autocritique, d’une « pensée correcte » comme celle que Mao enseignait à son peuple pour faire de lui ce qu’il est devenu. Sa voix et ses écrits ont été étouffés sous les bouffées de démagogie qui montaient de partout dans une ambiance de transes.
Aujourd’hui la guerre d’Ukraine fait office de miroir reflétant les attitudes des uns et des autres. La Russie a mis le monde au bord d’une guerre mondiale ; la Chine attend l’heure propice pour envahir Taiwan au risque d’en déclencher une autre ; l’Union européenne ne peut plus dissimuler ses fissures ; la France est absorbée corps et âme par les mille et un soucis du « pouvoir d’achat » … Quant à notre bon vieux continent africain, berceau de l’humanité, il chante avec le chanteur Stromae « Ou-t’es papa, où t’es ? ».
Il n’y a plus de doute sur « Le déclin de l’Occident », prévisible au temps de Spengler et visible de nos jours. Ses idéaux gisent désormais au fond des assiettes de ses habitants. Le philosophe allemand auteur du livre portant ce titre (Oswald Spengler) paru en France dans les années 1930 dans une traduction donnée par un Algérien (Mohand Tazerout) ne s’est pas trompé dans ses annonces, il les a faites trop tôt.
Qu’est-ce qui empêche les Africains, aussi bien dotés par la providence, de prendre le relai de la conduite de l’Histoire dans les siècles à venir ? Les résidus de « colonisabilité » demeurés en eux et entre eux.