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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 17:47
Les projets intégrateurs de la CEMAC : le désenchantement numérique.
Les projets intégrateurs de la CEMAC : le désenchantement numérique.

 

Les projets intégrateurs de la CEMAC, les retombées pour la RCA : le désenchantement numérique.

 

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A. CONTEXTE

Initié en avril 2007 par les pays de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale, lors du sommet de Ndjamena, au Tchad, le projet Central African Backbone (CAB) vise à favoriser l’intégration sous-régionale et à réduire la facture numérique grâce à des infrastructures terrestres de haut débit à fibre optique.

L’ambition affichée à travers ce projet est de doter les pays membres d’un réseau de télécommunications haut débit par le maillage en fibre optique des États de la CEMAC.

C’est l’aboutissement d’une décennie d’efforts continus et la concrétisation d’une ambition forte exprimée par les dirigeants de la sous-région pour arrimer les pays à l’économie numérique et favoriser ainsi l’intégration régionale.

Le Cameroun occupe potentiellement une position stratégique pour le développement des TIC en Afrique centrale car étant frontalier avec trois pays côtiers ayant des points d’atterrage des câbles sous-marin (SAT3, WACS et ACE) et qui pourraient lui fournir une alternative à l’unique sous-marin (WACS) auquel il a accès jusqu’à date.

Le déploiement de cette « dorsale » est décliné en programmes nationaux dans chacun des pays concernés.

B. DESCRIPTION DU PROJET

Le projet consiste en :

la mise en place d’un point sous régional d’échanges internet (IXP),

la mise en place des infrastructures d’interconnexion directe par fibre optique entre le Gabon et le Cameroun (Kye-ossi au Cameroun et Bitam au Gabon),

la mise en place des infrastructures d’interconnexion directe par fibre optique entre la Guinée Équatoriale et le Cameroun (Kye-ossi et Ebebiyin),

la mise en place des infrastructures d’interconnexion directe par fibre optique entre le Cameroun et le Congo (Sangmelima – Djoum – Ntam),

la mise en place des infrastructures d’interconnexion directe par fibre optique entre la RCA et le Cameroun (Garoua Boulaï – Cantonnier),

la mise en place des infrastructures d’interconnexion directe par fibre optique entre le Tchad et le Cameroun (Yagoua – Bongor).

Les études technique, économique, sociale et environnementale ainsi que les dossiers d’appels d’offres sont disponibles.

C. OBJECTIFS

Les objectifs assignés au projet sont de contribuer à : (i) l’augmentation effective de la connectivité au niveau national et régional, (ii) l’accroissement des services à large bande, (iii) la réduction du coût élevé des télécommunications/TIC sur le climat des affaires et (iv) l’extension de la production des biens et services.

D. RESULTATS ATTENDUS

Les principaux résultats attendus sont :

– l’amélioration de l’accès des populations, des administrations et des entreprises à des services de télécommunications/TIC de qualité et avec un prix abordable,

– la contribution à l’inclusion sociale, économique et financière des populations de la zone CEMAC,

– l’amélioration de l’offre de formation et de l’accès aux TIC dans l’enseignement.

E. COUT DU PROJET

Le coût du projet est estimé à environ 8,4 millions d’euros.

F. VIABILITE DU PROJET

Le projet contribuera à la diversification de l’économie de la zone CEMAC grâce à l’augmentation sensible des recettes fiscales et la réduction considérable du coût des transactions économiques et sociales, au désenclavement numérique des zones rurales couplé avec l’intégration régionale par l’entremise d’une infrastructure à fibre optique d’accès aux pays et la création d’opportunités d’emploi, pour les jeunes en particulier.

Le montage du projet sous la forme d’un Partenariat Public-Privé (PPP) a été arrêté par les États

 

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 17:39
Les projets intégrateurs de la CEMAC : Le corridor Ouesso - Bangui - Ndjaména
Les projets intégrateurs de la CEMAC : Le corridor Ouesso - Bangui - Ndjaména
Les projets intégrateurs de la CEMAC : Le corridor Ouesso - Bangui - Ndjaména

 

Les projets intégrateurs de la CEMAC. Les retombées pour la RCA :

Le désenclavement du Centrafrique  : Le corridor Ouesso - Bangui - Ndjaména

 

Sommaire

A. CONTEXTE

En Afrique Centrale, la question des infrastructures concernant les services de base (eau, énergie, télécommunications et transports) est au centre des préoccupations. Concernant le secteur des transports et surtout depuis l’adoption du Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale PDCT-AC, la Région entend se doter d’un système de transport intégré (tous les modes confondus) fiable et à moindre coût, favorisant la libre circulation des personnes et des biens, contribuant ainsi pleinement au processus de l’intégration économique et physique.

La route Ouesso-Bangui-N’Djamena est un maillon du corridor transafricain Pointe-Noire-Brazzaville-Bangui – N’Djamena, lequel fait partie du réseau du premier programme prioritaire du Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale. Ce corridor de près de 3.300 km constitue non seulement une liaison directe entre Brazzaville-Bangui-N’Djamena, mais encore et surtout il permet de relier trois capitales et de fournir à la RCA et au Tchad un accès à la mer (par Pointe-Noire au Congo ou Matadi en RDC), additionnel à celui de Douala (Cameroun).

B. ETAT DES LIEUX

La route Ouesso-Bangui-Mbaikoro commence à la sortie de la ville de Ouesso au Nord du Congo et se termine à la sortie de la ville de Mbaikoro au Tchad, en passant par Bangui, la capitale centrafricaine.

Elle est constituée des deux sections suivantes : (i) au Sud et dans la forêt équatoriale, la section Ouesso – Bangui – Bossembélé au Congo et en RCA et (ii) au Nord et dans la savane arborée, la section Bossembélé – Mbaïkoro située en RCA et au Tchad. Actuellement : (i) la section Mbaiki – Bangui – Bossembélé est revêtue et (ii) les sections Ouesso – Mbaiki et Bossembélé – Mbaikoro sont à l’état de route en terre. Les tronçons à l’état de route en terre représentent 81% du linéaire total avec de nombreuses zones de bourbiers quasiment sans accès possible pendant les saisons de pluies.

C. DESCRIPTION DU PROJET

L’étude a subdivisé la route Ouesso-Bangui-Mbaikoro en 19 lots distincts dont 8 au Congo, 9 en Centrafrique et 2 au Tchad. La route traverse un relief relativement doux sur tout son itinéraire. Il est marqué en territoire Congolais par une zone marécageuse importante sur le tronçon Ouesso-Mbirou et par un pont de 616 ml situé sur la rivière Sangha dans la ville de Ouesso.

Le tronçon de Mbaïki-Bangui-Bossembele est bitumé, mais présente un défaut de portance dans la majeure partie de l’itinéraire. Il a été retenu de procéder à sa réhabilitation.

Le linéaire de la route Ouesso – Bangui – Mbaikoro d’environ 1.384 km (y compris des pénétrantes et des voiries dans les localités traversées) se répartit comme suit :

– Congo : 542 km environ soit 39% du linéaire,

– RCA : 724 km environ soit 52% du linéaire,

-Tchad : 118 km environ soit 9% du linéaire.

D. OBJECTIF

L’objectif global du projet est de contribuer à l’efficacité du sous-secteur des transports routiers pour soutenir le développement économique et social ainsi que l’intégration régionale. Il participe ainsi à la mise en œuvre du Plan Directeur Consensuel des Transports en Afrique Centrale (PDCT-AC) dont l’une des priorités est d’assurer, à brève échéance, des liaisons fiables et pérennes entre les capitales des différents Etats de la Région.

De façon spécifique, il s’agit d’améliorer le niveau de service de la chaine logistique de transport sur l’axe routier Ouesso – Bangui – Mbaikoro pour transformer le corridor Pointe Noire – Brazzaville – Bangui – N’Djamena en une route commerciale viable et améliorer les conditions de vie des populations de la zone d’influence.

Les Etudes technique, économique, sociale et environnementales détaillées ainsi queles dossiers d’appels d’offres ont été réalisées.

E. RESULTATS ATTENDUS

Les principaux résultats attendus du projet sont :

– la construction et le bitumage d’environ 1.310 km de route,

– la construction et le bitumage de 25 km de pénétrantes et 49 km de voiries,

– l’amélioration des conditions de vie des populations de la zone d’influence,

– l’accroissement et le renforcement des échanges économiques Inter – Etats à travers une amélioration quantitative et qualitative des infrastructures de transport, pour répondre aux besoins du développement durable et de l’intégration régionale,

– l’accès direct aux ports de Pointe Noire et de Matadi par où pourront transiter les marchandises en provenance et à destination de la RCA et du Tchad,

– la mise en valeur des ressources naturelles et des richesses minières de la région

ELIGIBILITE AU NEPAD

Le projet de construction et de mise à niveau de la route Ouesso – Bangui – N’Djamena s’inscrit en droite ligne des priorités du NEPAD.

F. COUT DU PROJET

Le coût total est estimé à 955.453.183.616 FCFA. Les coûts du projet par pays sont les suivants :

– Congo : 385.582.564.712 FCFA soit 40% environ du coût total,

– RCA : 486.491.159.137 FCFA soit 51% environ du coût total,

– Tchad : 83.379.459.767 FCFA soit 9% environ du coût total.

En raison de l’ampleur du programme nécessitant la mobilisation d’importantes ressources financières, le développement de la route Ouesso – Bangui – Mbaikoro est programmé en deux phases.

Dans le cadre de ses efforts pour la mobilisation du corridor transafricain CD13 (Pointe Noire – Brazzaville – Bangui – N’Djamena), la CEEAC a retenu en phase prioritaire, la réalisation des travaux de construction et de mise à niveau d’environ 289 km au Congo, 312 km en RCA et 118 km au Tchad pour montant d’environ 853,34 Millions d’euros (soit 58,5% du coût total correspondant à environ 52% du linéaire).

Le financement recherché est le complément de celui pour réaliser la totalité des travaux de construction et de mise à niveau du corridor transafricain CD13. Le montant du financement recherché est de 605,37 Millions d’euros.

G. VIABILITE DU PROJET

Les principaux résultats de l’analyse économique du projet de construction et de mise à niveau de la route Ouesso – Bangui – Ndjamena sont présentés par pays et pour la totalité de la route sont les suivants :

– Congo : le Taux de Rentabilité Interne de la route Ouesso – Pokola – Betou – Gouga est de 19,5%,

– RCA : le Taux de Rentabilité Interne de la route Gouga – Mbaiki – Bangui – Bossembélé – Bebouré est de 19,3%,

– Tchad : le Taux de Rentabilité Interne de la route Bekoninga – Mbaokoro est de 12,0%,

– Totalité Route : le Taux de Rentabilité Interne est de 18,8%.

 

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 17:12
Les projets Intégrateurs de la CEMAC. Les retombées pour la RCA.
Les projets Intégrateurs de la CEMAC. Les retombées pour la RCA.

 

Construction du port sec de Beloko

 

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Construction du port sec de Beloko

A. CONTEXTE

B. DESCRIPTION DU PROJET

C. OBJECTIFS

D. RESULTATS ATTENDUS

E. COUT DU PROJET

F. VIABILITE DU PROJET

A. CONTEXTE

La RCA est un vaste pays enclavé se situant au cœur de l’Afrique Centrale. La position d’enclavement de la RCA constitue une contrainte majeure, pour un pays avec une économie très dépendante de l’extérieur. La problématique réside alors dans la recherche des voies pour relever ce défi qui handicape les échanges avec les partenaires économiques. Cette réalité se traduit par : (i) une lenteur et une irrégularité du circuit d’approvisionnement en transit des principaux secteurs économiques et des exportations centrafricaines, proximité de la frontière et (ii) un système fragile de ravitaillement des populations en produits de première nécessité.

Les échanges commerciaux et économiques de ce pays se font actuellement à partir de la façade maritime de Douala. L’ouverture attendue de la liaison Inter-États RCA/Congo donnera à la RCA une autre alternative d’accès à la façade maritime par le port de Pointe-Noire. Il n’est pas également écarté que la mise en œuvre du projet Transafricaine n° 3 (TH3) sera une troisième alternative pour la RCA d’accéder à la mer.

Le port sec de Beloko aura pour rôle de réduire les coûts et le temps d’acheminement des marchandises et d’utiliser rationnellement des espaces portuaires, à l’avantage aussi bien des usagers des populations de Beloko, que des armateurs et sociétés de manutention.

B. DESCRIPTION DU PROJET

Le port sec sera aménagé à un point de rupture de charge et constituera un terminal multimodal, avec statut d’entrepôt sous douane, où peuvent arriver des convois routiers avec des engins de logistique appropriés en chargement ou déchargement des produits pour diverses destinations. Le Port sec sera composé, notamment :

– d’un parc à conteneurs,

– d’une zone de chargement/déchargement,

– de hangars,

– d’une zone d’opérations,

– d’un réseau de VRD,

– d’aires de stationnement de poids lourds,

– d’un scanner,

– de matériels et équipements de manutention,

-d’un système de protection contre les incendies,

-d’un système de surveillance (caméras, projecteurs, etc.),

– de liaisons routières,

– d’un réseau d’assainissement,

– de bâtiments administratifs,

– d’ateliers de maintenance,

– d’une chaine de froid,

– de réseaux électriques,

– de réseaux d’adduction d’eau,

– de réseaux téléphoniques,

– d’un système informatique connecté à Internet,

– de la clôture du domaine,

– d’un local de transformateur,

– d’entrepôts,

– d’une station de stockage et de pompage de carburants,

– d’un bloc de latrines,

– d’une zone industrielle pour le développement des activités de transformation des produits agricoles et miniers, à terme.

Le site du port sec obéira aux normes sécuritaires et de sûreté éditée par le Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (Code ISPS).

Les Termes de référence des études technique, économique, sociale et environnementale sont disponibles.

C. OBJECTIFS

L’objectif général est de contribuer au désenclavement et au développement de la RCA.

L’objectif spécifique est : (i) la régularité et l’accélération du circuit des importations et des exportations permettant l’accroissement de la consommation, (ii) la maîtrise du volume des échanges ainsi que la maîtrise des statistiques nationales qui constituent un outil stratégique de politique économique et (iii) une facilitation du recouvrement des recettes fiscales à travers un centre unique de traitement.

L’objectif sectoriel est de : (i) disposer d’un circuit d’approvisionnement d’urgence efficace, (ii) constituer et mobiliser rapidement un stock de sécurité (produits stratégiques comme les hydrocarbures, produits alimentaires, intrants industriels, autres produits), (iii) contribuer à la lutte contre les fraudes fiscales à travers les modes de gestion de magasins cales ou sous douane et (iv) le paiement des frais d’entreposage et de passage dans l’entrepôt aux opérateurs économiques nationaux.

D. RESULTATS ATTENDUS

La construction d’un Port Sec à Beloko est motivée par plusieurs raisons dont les principales sont :

– résoudre le problème important de désenclavement et d’approvisionnement de la RCA,

– faciliter les opérations de transit de l’import et de l’export de et vers la RCA.

Le port sec de Beloko sera une plateforme, un terminal routier des importations en provenance des différentes façades maritimes pour la RCA et un lieu de passage pour l’import-export du nord de la RDC.

E. COUT DU PROJET

Le coût du projet est estimé à 184 millions d’euros. ;

Pour le financement, le développement et l’exploitation du port sec, trois options peuvent être envisagées : (i) Option 1 : financement par le secteur public et externalisation de l’exploitation par le biais d’un contrat de gestion avec le secteur privé, (ii) Option 2 : financement et exploitation par le secteur privé et (iii) Option 3 : formes variées de Partenariat Public – Privé.

F. VIABILITE DU PROJET

Beloko est située à 578 km de la sortie nord-ouest de Bangui. Le port sec de Beloko sera une alternative supplémentaire pour la RCA d’accéder à la mer.

C’est un projet productif et structurant qui vise à mettre à la disposition des chargeurs du un ensemble d’infrastructures d’entreposage appropriées permettant de préparer les expéditions et d’organiser la réception du fret à l’import-export.

La réalisation de ce projet permettra aux organismes de l’Etat et aux partenaires privés, impliqués dans les opérations d’importation et d’exportation du fret passant par le poste sec de Beloko, d’éviter les fausses déclarations des marchandises, la sous-évaluation de la valeur douanière et les tricheries diverses. Ce qui contribuera à accroître les recettes du Trésor Public et des organismes concernés.

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 17:05
La CEMAC lève 3,8 milliards d’euros et dépasse ses prévisions de financement

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Afrique centrale : la CEMAC lève 3,8 milliards d’euros et dépasse ses prévisions de financement pour onze projets en énergie et transport

 

La Banque a mobilisé, pour des projets de transport en Afrique centrale, 1,13 milliards d’euros sur la période 2015-2019

 

ABIDJAN, Côte d'Ivoire, 19 novembre 2020/ -- La Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) a annoncé, mardi 17 novembre à l’issue d’une table‑ronde de bailleurs, avoir levé 3,8 milliards d’euros de fonds pour financer onze projets d’intégration régionale, à mettre en œuvre entre 2021 et 2025 dans les six pays de la CEMAC.

« Le montant total des financements annoncés ou mobilisés (à l’issue de la table‑ronde) s’élève à environ 3,8 milliards d’euros, bien au-delà des montants recherchés. Le financement de huit projets sur les onze est entièrement bouclé », a déclaré le secrétaire permanent du Programme de réformes économiques et financières de la CEMAC (PREF-CEMAC), Michel-Cyr Djiena Wembou.

Cette table‑ronde de deux jours, organisée en format hybride (présentiel et virtuel), visait à lever des fonds auprès de partenaires bilatéraux et multilatéraux, traditionnels et émergents, publics et privés, afin de couvrir le besoin de financement des onze projets à réaliser entre 2021 et 2025 dans la zone CEMAC : Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad. Le coût total des projets s’élève à 4,072 milliards d’euros, dont 596,74 millions d’euros (14,65%) étaient déjà mobilisés avant la table‑ronde. Le financement recherché était donc de 3,48 milliards d'euros (85,35%).

Plus d’une dizaine de partenaires multilatéraux et d’investisseurs privés ont manifesté leur intérêt à contribuer au financement de ces projets de façon multiforme.

« Certains bailleurs et partenaires ont indiqué les projets pour lesquels ils étaient intéressés, notamment sur les axes 2 et 3 (transports et production, interconnexions des réseaux électriques et de communications) et ont sollicité des informations complémentaires pour affiner leurs intentions. D’autres bailleurs et partenaires ont manifesté leurs intérêts de financement sous réserve de la réception des études de faisabilité et autres documents, ce qui leur permettrait de préciser les montants et les formes d’intervention », a précisé Michel-Cyr Djiena Wembou.

« Nous allons contacter les partenaires pour leur fournir toutes les informations nécessaires car nous avons contribué au financement de la majorité des études de faisabilité des projets concernés par cette table‑ronde. En notre qualité de chef de file pour la mobilisation des ressources, nous allons accompagner la CEMAC dans la coordination des engagements pris par les partenaires présents à la table‑ronde, en vue d’aider à la concrétisation de ces annonces », a indiqué Joseph Kouassi N’Guessan, chef de la Division infrastructures/Afrique centrale à la Banque africaine de développement.

Le directeur général par intérim de l’Afrique centrale à la Banque, Solomane Koné, a expliqué que les financements acquis (approuvés, signés et/ou en cours d’exécution) au niveau de la Banque sont de 470 millions d’euros et concernaient en particulier quatre projets intégrateurs.

« La Banque africaine de développement réitère son engagement à renforcer la coordination avec les autres bailleurs et le secteur privé dans la structuration technique et financière des projets intégrateurs (et) encourage les autres bailleurs, notamment ceux pouvant fournir des prêts concessionnels et des dons ainsi que le secteur privé à travers notamment les PPP, à accroître leur intérêt et appétit pour ces projets intégrateurs. Cela atténuera la contrainte d’endettement des Etats et accélérera la mise en œuvre des projets sur une base soutenable, tout en assurant un partage équitable du risque » a souligné Solomane Koné.

La Banque africaine de développement est le chef de file des partenaires techniques et financiers pour le développement des infrastructures en Afrique centrale. Elle a déjà fourni un appui pour la réalisation des études nécessaires à la maturation de nombreux projets inscrits dans le Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale (PDCT-AC).

La Banque a mobilisé, pour des projets de transport en Afrique centrale, 1,13 milliards d’euros sur la période 2015-2019. Environ 30% de ces financements ont été consacrés au développement et à la rénovation de corridors routiers entre les États de la région. 

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 16:55
RCA:  Trafic illicite des munitions de guerre 25 personnes devant le TGI de Bimbo

 

Centrafrique : 25 personnes poursuivies par le Tribunal de Grande Instance de Bimbo pour trafic illicite des munitions de guerre

BIMBO, 19 Novembre 2020 (RJDH) --- Le Tribunal de Grande Instance de Bimbo a ouvert son audience dans la ville ce mercredi 18 novembre. Au total, vingt-cinq (25) personnes dont une policière ont été présentées à la cour pour plusieurs infractions dont détention illégales d’armes et munitions de guerre.

Le premier fait remonte en octobre dernier au niveau de la barrière de PK12, sortie nord de la capitale, où un véhicule de marque Pickup appartenant à Ali Adef Mahamat, qui transportait 25 personnes à bord à destination de Kaga-Bandoro. Ils ont été interceptés par la brigade de la gendarmerie de PK12 qui soupçonnait certaine identité des passagers à bord du véhicule.

Dans le réquisitoire le ministère public, représenté par le magistrat Benjamin Namsio, « les charges qui pèsent sur Sévérine Nguérengbago, agent de police en poste à la barrière de PK12, a tenté de favoriser le passage du véhicule transportant 25 présumés éleveurs et des effets militaires », a déclaré rappelé le procureur.

« C’est pendant la perquisition du véhicule organisée par la brigade de la gendarmerie de PK 12 que d’importante quantité des minutions et une somme d’argent dont le montant est estimé à 9 millions de FCFA ont été récupérés. A cet effet, ils sont poursuivis pour détention illégale d’armes et munitions de guerre et pour corruption active ».

Me. Marius Bangathy, avocat au barreau de Centrafrique, demande la libération de ses clients par la cour. Il fonde son argument sur les éléments matériels qui selon lui, ne sont pas convaincants, « je demande la libération pure et simple de ses 25 clients, c’est vrai que des munitions ont été saisies dans le véhicule. L’infraction est personnelle et tout le monde ne peut pas être impliqué dans la situation. Les analyses se poursuivent et la décision de la Cour va conclure le procès », a lancé l’avocat au barreau de Centrafrique. 

Le débat contradictoire se poursuit et est attendu le verdict du Tribunal de Grande Instance de Bimbo est attendu ce jeudi 19 novembre. /

Auguste Bati-Kalamet

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 00:34
RCA : inquiétudes autour de la possible reprise de l'aéroport de Bangui

 

Centrafrique : inquiétudes autour de la possible reprise de l'aéroport de Bangui

 

https://www.rfi.fr/ 18/11/2020 - 04:19

Le syndicat des travailleurs de l’Asecna tire la sonnette d’alarme, alors que le gouvernement veut céder la gestion et la rénovation de cet aéroport au groupe turc Damnus. Ils craignent de voir leurs emplois disparaître.

Les représentants de l’Asecna [l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique], membres de la commission mise en place par le ministère du Transport et de l’Aviation civile pour « analyser la pertinence de ce contrat » viennent d’alerter le ministre. Pour eux, le contrat va à l’encontre des intérêts des travailleurs du secteur, mais aussi et surtout de la Centrafrique.

Le contrat ne fait aucune allusion au personnel de l’Asecna, qui gère jusqu’ici l’aéroport international de Bangui. Aucun mot également sur les travailleurs de nombreuses autres sociétés engagées dans le secteur. « Ce sont quelque 250 emplois qui risquent de disparaître du jour au lendemain », s’inquiète l’un des représentants des personnels.

Un contrat profitant à Damnus

Autre problème signalé par le syndicat, ce contrat ne prévoit rien, toujours selon ce mémorandum, pour les aérodromes secondaires situés en province et financés en grande partie par les redevances tirées de l’aéroport de Bangui. Mais c’est surtout sur le plan financier que Damnus se taille la part du lion. Il va exploiter l’aéroport pendant deux ans avant de lancer les travaux de rénovation. « Qui finance qui ? », s’interroge le même leader syndical.

Grâce à un autre détail, l'entreprise pourrait encore en profiter davantage. Ce contrat table chaque année sur un nombre croissant de passagers. 75 000 pour l’année prochaine par exemple alors que 45 000 passagers sont attendus. Ce serait à l’État centrafricain de compenser le manque à gagner de Damnus, toujours selon ce mémorandum.

Au final, toutes les redevances et autres avantages rétrocédées au groupe turc devraient lui rapporter au bout de 30 ans, plus de 750 millions d’euros pour un investissement initial de 45 millions d’euros, si l’on en croit les syndicalistes. « Une catastrophe », estime la source jointe par RFI.

Le syndicat des travailleurs de l’ASECNA annonce donc qu’il ne peut pas cautionner un tel projet, et appelle le gouvernement à revoir sa copie.

Un haut responsable du ministère du Transport ayant en charge l’aviation civile s’est voulu rassurant : « Rien n’a été signé jusqu’ici, nous sommes toujours en phase de négociations ». De leur côté, les journaux annoncent qu’une convention a été signée le 23 octobre.

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 23:57
L’indice 2020 Mo Ibrahim sur la gouvernance se dégrade

 

Lu pour vous

 

By La rédaction de Mondafrique - 18 novembre 2020

 

Comme chaque année depuis 2007,  la Fondation Mo Ibrahim créée par le milliardaire anglo- soudanais, publie son indice de la gouvernance dans les 54 États africains. 

Les résultats pour l’ année 2019, donc avant les impacts de la pandémie du Covid- 19, ont été publiés en ce lundi 16 novembre 2020. L’ indice comporte quatre catégories : sécurité et état de droit,  participation et droits humains, développement économique durable, et développement humain. Ces catégories sont divisées en de nombreuses sous- catégories. 125 indicateurs établis par 35 sources différentes bien reconnues permettent d’ établir cet indice.

L’indice 2020

Ce que nous apporte l’indice 2020 :

– une légère détérioration pour l’ indice global africain qui passe de 49 sur 100, en 2019, à 48,8 en 2020.

– d’une manière générale, il y stagnation voire dégradation des indices pour les 54 Etats. C’est surtout un fléchissement de la sécurité et Etat de droit qui est remarquable 
– pour la première fois dans la décennie 2010- 2020, il y a un recul des quatre catégories de l’indice.

–  le classement 2020 des 54 États ne subit pas beaucoup de changement par rapport à 2019. Une dégradation est constatée même dans le Top 10 et pas d’ amélioration dans les dix derniers.

Le constat montre que l’ Afrique est sur la mauvaise voie, avec la mauvaise gouvernance, les mauvaises pratiques et les détournements de la démocratie.


Ci-joint le Top 10 des plus vertueux…

– 1.Maurice- 2 Cabo Verde- 3 Les Seychelles- 4 Tunisie- 5 Botswana- 6 Afrique du sud- 7 Namibie- 8 Ghana- 9 Sénégal – 10 Maroc

… et la liste des dix derniers :

– 45 Congo- 46 Libye- 47 Tchad- 48 Soudan – 49 RD Congo – 50 Centrafrique- 51 Guinée équatoriale – 52 Érythrée – 53 Soudan du sud- 54 Somalie

Il est à craindre, avec les nombreuses crises post électorales, le durcissement des démocratures et les conséquences de la pandémie que la dégradation se poursuive en 2021.

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 23:43
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : Le comité consultatif de suivi du programme national du DDR menace d’entrer en grève

BANGUI, 17 novembre 2020 (RJDH)---Les membres du comité consultatif et de suivi du programme national de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement ont annoncé ce lundi 16 novembre, une grève d’ici mercredi pour réclamer du gouvernement le paiement de leurs indemnités de plus de 8 mois. Une décision prise lors d’une réunion tenue au sein du ministère en charge du DDR dans la capitale.

Selon Agustín Aldam, rapporteur général adjoint du comité consultatif du PNDDRR « c’est depuis huit mois que nous sommes abandonnés à notre triste sort. Surtout le sort des autres que le gouvernement a fait déplacer dans les différentes régions afin de prendre part au sein du CCS. Avant, ils étaient bien pris en charge », a lâché ce dernier.

Ils projettent organiser des actions à partir du mercredi, au cas où le gouvernement ne réagit pas à leurs revendications, « parmi nous, certains sont venus de Birao, de Ndele, de Markounda, de Paoua, de Bambari et un peu partout avec toutes leurs familles. Nous totalisons huit d’arriérés d’indemnité. Si nous ne sommes pas satisfaits, et bien, nous allons entreprendre un certain nombre de mouvements », ont-t-il projeté.

Plusieurs démarches sont entreprises selon eux auprès du gouvernement, « mais sans succès. Alors tout le monde menace d’entrer en grève d’ici mercredi 18 novembre si rien n’est fait dans ce sens. Ça veut dire que aucune personne ne peut avoir accès au local du ministère du DDRR » conclue un cadre du comité lors de la réunion.

Le RJDH s’est rapproché du ministère du DDRR, malheureusement se réserve de tout commentaire. Ces membres du comité consultatif sont venus de 16 préfectures de RCA sur demande du gouvernement et représentent les 14 groupes armés signataires de l’accord politique de paix et réconciliation du 06 février 2019.

Jocelyne Nadège Kokada

 

Centrafrique : Le ministère de l’Education intègre des nouveaux manuels dans l’enseignement primaire

BANGUI, le 17 novembre 2020(RJDH)----Des nouveaux manuels seront insérés dans le programme de l’enseignement primaire en République Centrafricaine. Il s’agit des livres scolaires intitulés « nouveau champion » en français et « Gagné » en mathématiques dont la distribution a commencé ce mardi 17 novembre 2020 à l’Institut National de Recherche et d’Animation Pédagogique à Bangui.

Ces nouveaux documents scolaires viennent remplacer « ma semaine » étudier en fondamental 1 dans les établissements de toutes les inspections d’académie du pays. Les chefs des circonscriptions et inspecteurs ont procédé à la réception ce mardi 17 novembre 2020 à l’INRAP à Bangui. Ce livre a été publié en France, « édition Hachette ».

Elie Célestin Fiongai, chef de secteur académique du fondamental 1 de l’Inspection Académique de Bangui, indique que l’initiative vient du gouvernement et permet aux enfants des classes CEI jusqu’ au Cours Elémentaire Moyen 2 (CEM2) d’être au même titre que les autres élèves, « ce sont des livres qui sont conçus sur financement propre du Gouvernement centrafricain qui tient compte des réalités du Pays. C’est pour les classes de CEI au CM2. Il aura des livres d’élève et aussi des guides du maitre du CEI au CM2 et ils sont en train d’être distribués aux chefs des circonscriptions scolaires dans les 16 chefs secteurs scolaires et à tous les directeurs d’école qui sont au nombre de 75 des écoles de l’inspection Académique de Bangui », a-t-il expliqué.

Cette distribution constitue la première phase, ajoute-il et la « formation pour que les directeurs puissent être imprégnés du contenu de ce document se sera la prochaine avant qu’il soit mis en circulation c’est-à-dire pour être enseigner dans les salles de classe. Nous avons les « nouveaux champions », là c’est le français nous avons en mathématique « gagne-collection hachette » qui va aussi du CEI au CM2, donc il y’aura des livres des élèves, accompagnés des guides du maitres »précise Elie Célestin.

Ces livres des classes de CM1 et CM2, sont actuellement à Douala au Cameroun en train d’être acheminés à Bangui.

Christelle Fandoma

 

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 22:02
Tchad : Idriss Déby Itno, un maréchal en campagne
Tchad : Idriss Déby Itno, un maréchal en campagne
Tchad : Idriss Déby Itno, un maréchal en campagne
Tchad : Idriss Déby Itno, un maréchal en campagne

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Tchad : Idriss Déby Itno, un maréchal en campagne

Par Mathieu Olivier  Jeune Afrique

Premier scrutin depuis la promulgation de la nouvelle Constitution et l’instauration du « régime présidentiel intégral », l’élection à la magistrature suprême aura lieu le 11 avril 2021. Sans surprise, Idriss Déby Itno semble décidé à briguer un sixième mandat. Premier scrutin depuis la promulgation de la nouvelle Constitution et l’instauration du « régime présidentiel intégral », l’élection à la magistrature suprême aura lieu le 11 avril 2021. Sans surprise, Idriss Déby Itno semble décidé à briguer un sixième mandat.

« Terror belli, decus pacis. » « Terreur de la guerre, honneur de la paix. » Le jeune fils de berger qu’est Idriss Déby Itno (IDI) imaginait-il, alors qu’il obtenait sa licence de pilote au milieu des années 1970, qu’il tiendrait quarante-cinq ans plus tard entre ses mains un bâton de maréchal ?

En ce 11 août, les dignitaires tchadiens sont réunis au Palais de la démocratie de N’Djamena pour sa cérémonie d’élévation, et le chef de l’État inaugure sa tenue d’apparat. Vingt-trois étoiles dorées, comme le nombre de provinces du Tchad, ornent son bâton. Son sabre est frappé de la devise « Pour l’honneur et la fidélité à la patrie ». Le col Mao de sa vareuse est brodé à la main de feuilles de chêne dorées. Autour de lui, les soldats de l’armée sont au garde-à-vous. Idriss Déby Itno sourit. Nulle part ailleurs le président ne se sent plus à l’aise qu’au milieu de ses troupes. Il les a façonnées, vues grandir, en a nommé les officiers.

Au début d’avril, sur les rives du lac Tchad, le chef de l’État, à la tête de ses troupes, a mené une offensive médiatico-militaire contre l’État islamique en Afrique de l’Ouest. Quelques jours plus tôt, le 23 mars, plus de 90 soldats tchadiens avaient été tués dans des affrontements avec ces jihadistes dans la province du Lac. En treillis, accompagné de ses ministres Mahamat Ismaïl Chaïbo et Mahamat Abali Salah, ou de son chef d’état-major, Abakar Abdelkerim Daoud, le président a multiplié les réunions de stratégie et les visites de soutien aux troupes.

Patron de la région

Auprès de lui, deux de ses fils, que le président associe à son pouvoir : Zacharia, ambassadeur aux Émirats arabes unis, et Mahamat Idriss Déby, directeur général des services de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE). Militaire dans l’âme, IDI sait que l’armée constitue son atout principal. Depuis le sommet du G5 Sahel de janvier, il n’a fait que réaffirmer son lien avec la France. Il entretient une excellente relation avec le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, qu’il n’hésite pas à présenter comme son frère. Quant à Emmanuel Macron, il sait que N’Djamena est indispensable au Sahel.

« Idriss Déby Itno veut être le véritable patron de la région, explique un diplomate en poste à N’Djamena. Que ce soit à travers l’armée ou à travers des liens familiaux, il veut peser sur toutes les situations de crise de ses voisins. » Au Soudan, IDI est l’un des parrains de l’accord de paix entre Khartoum et les rebelles du Sud, et il a placé l’un de ses hommes de confiance, l’ambassadeur Abdelkerim Koïboro, au plus près des discussions. Ce dernier présente l’avantage d’être marié à la fille de Timan Déby Itno, le frère cadet du président, décédé en mai 2019.

IDI garde aussi un regard attentif sur les prochaines élections présidentielles en Centrafrique et au Niger, où il est proche du candidat Albadé Abouba, qu’il a reçu à N’Djamena le 9 octobre. Quant à la crise en Libye, il la surveille de près.

« La Libye empêche Déby Itno de dormir », expliquait récemment à Jeune Afrique un ancien ministre. Le chef de l’État a un temps misé sur le maréchal Khalifa Haftar, qui s’était engagé à exercer une pression sur les groupes rebelles tchadiens, basés dans le sud de la Libye, mais ce dernier n’a pas réussi à imposer son autorité. Déby a déchanté et ne soutient aujourd’hui le maréchal qu’avec un très faible enthousiasme. Une frontière libyenne mal contrôlée et un Sud libyen en proie aux ingérences étrangères sont pour lui un risque de troubles dans l’ancienne région du Borkou-Ennedi-Tibesti.

Idriss Déby Itno a de grands projets, en particulier pour le Tibesti. Depuis plusieurs années, il compte sur le potentiel minier de cette région pour combler le déficit budgétaire, lié à la chute des revenus pétroliers, et attirer des investisseurs étrangers. Mais un comité d’autodéfense s’y est mis en place et reproche au pouvoir central de vouloir mettre la main sur la manne aurifère. IDI a bien envoyé des émissaires – comme l’ex-président Goukouni Weddeye ou son fils et directeur de cabinet adjoint Abdelkerim Déby Itno (très associé à la gestion de l’État) –, mais le bras de fer se poursuit.

« Il aimerait régler le problème avant les prochaines échéances électorales », explique un proche du palais présidentiel. Le chef de l’État a le regard tourné vers trois scrutins à venir : les élections locales (fin 2021), les législatives (fixées au 24 octobre) et, surtout, la présidentielle, dont le premier tour est annoncé pour le 11 avril prochain.

Au début de novembre, il a organisé le deuxième Forum national inclusif pour faire le bilan de la mise en place de la IVe République – depuis mai 2018 –, même si la rencontre a été boycottée par une partie de l’opposition et par la plus grande centrale syndicale, l’Union des syndicats du Tchad.

Sur la route

Quelques jours plus tard, IDI a reçu le soutien d’une alliance lui demandant d’être candidat à sa succession, comme l’y autorise la Constitution. Regroupant 82 personnalités issues de la société civile et de partis politiques, ce groupe a expliqué, par la voix de son porte-parole, le député Djimet Clément Bagaou, qu’Idriss Déby Itno était « le seul à même de fédérer les Tchadiens et de les conduire vers un avenir meilleur ».

Depuis, le chef de l’État a pris la route. Il a sillonné les provinces du Mayo-Kebbi Est, du Mayo-Kebbi Ouest, du Mandoul et du Moyen-Chari, enchaînant les poses de première pierre et les inaugurations. Un air de précampagne, tandis que le Mouvement patriotique du salut (MPS, au pouvoir) était prié de se mettre en ordre de bataille.

« La tension est montée d’un cran depuis l’organisation du forum, estime un diplomate. Tout le monde a compris que cela lançait la campagne. » Et un autre d’ajouter : « Idriss Déby Itno sait que le contexte sécuritaire et sa relation avec la France le protègent. Mais les élections n’en sont pas moins un test. »

Alors que le forum se déroulait et proposait la création d’un poste de vice-président – très controversée par ses détracteurs, qui craignent que le chef de l’État n’y nomme l’un des siens –, les forces de l’ordre se positionnaient aux abords des sièges de partis et d’associations d’opposition, officiellement pour en « limiter l’accès » en raison de la situation sanitaire liée au Covid-19.

Les opposants Saleh Kebzabo, président de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), et Mahamat Ahmad Alhabo, leader du Parti pour les libertés et le développement (PLD), ont dénoncé l’encerclement de leur domicile et du siège de leurs partis. « Déby Itno est entré en campagne. Un président au pouvoir qui commence avant tout le monde, c’est un signe de peur et de faiblesse, donc d’échec ! » a réagi Kebzabo.

« Le président est en déplacement, à la rencontre des populations, et nous n’avons même pas le droit de nous réunir alors que nous respectons les gestes barrières », a déploré auprès de Jeune Afrique Succès Masra, le leader du mouvement Les Transformateurs.

« Monarchie républicaine »

Depuis plusieurs mois, les appels au boycott des élections se multiplient du côté de l’opposition. Commission électorale « inféodée » au MPS, absence de dialogue, manque de crédibilité d’un fichier électoral qui vient pourtant d’être révisé… Les accusations ne manquent pas, notamment du côté de l’Union des démocrates pour le développement et le progrès (UDP), de Max Kemkoye, ou du PLD, de Mahamat Ahmad Alhabo. « Les dés sont pipés. Aller à ces scrutins reviendrait à cautionner la monarchie républicaine », tranche un partisan du boycott.

Une situation qui rappelle la présidentielle de 2011, lorsque Saleh Kebzabo, Kamougue Abdelkader et Yorongar Ngarlegy avaient appelé à ne pas participer à la « mascarade électorale ». Mais, en 2016, Saleh Kebzabo et son UNDR avaient changé de stratégie et pris part à la course présidentielle, à l’issue de laquelle Kebzabo était arrivé second, avec 12,80 % des voix.

Pour le moment, l’UNDR n’envisage pas de ne pas participer aux scrutins à venir. Elle réfléchit même à l’éventualité d’une candidature unique de l’opposition pour la présidentielle. « Il faut que toute l’opposition se réunisse et s’entende, explique l’un de ses cadres. C’est la seule façon de peser face aux moyens du MPS. »

En tournée au début du mois de novembre dans le Mayo-Kebbi Ouest – la région d’origine de Saleh Kebzabo –, Idriss Déby Itno est toutefois serein. Face à lui s’agitent les drapeaux bleu, jaune et blanc de son parti. Cette fois, le maréchal n’a pas revêtu sa tenue d’apparat. Il n’a pas non plus emporté avec lui son treillis. En boubou blanc, le chef de l’État vient au contact du « pays profond », insistant sur « la culture du vivre-ensemble et de la fraternité ».

« C’est sa force, conclut un diplomate en poste au Tchad. Il se montre en maréchal et en protecteur face à des menaces extérieures qui, objectivement, ne manquent pas. » Un costume qu’il endosse depuis maintenant trente ans.

 

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 16:16
La Cemac a trouvé 3,8 milliards d’euros d'investissements
La Cemac a trouvé 3,8 milliards d’euros d'investissements
La Cemac a trouvé 3,8 milliards d’euros d'investissements

 

La Cemac a trouvé 3,8 milliards d’euros d'investissements pour ses infrastructures

https://www.rfi.fr/ 18/11/2020 - 08:19

3,4 milliards d’euros pour ajouter aux 600 millions déjà acquis, c’est le montant que la Communauté économique et monétaire des pays d’Afrique centrale est venue chercher à Paris auprès de potentiels créanciers publics et privés, lors d’une table ronde de deux jours. La Cemac en a obtenu 3,8 milliards.

Sous-région la moins développée du continent africain, la Cemac s’est dotée d’un Programme économique régional, qui a pour objectif d’impulser la croissance dans la zone d’ici 2025. Il comprend 84 projets. Le coût total du financement de 11 d’entre eux, présentés comme projets intégrateurs prioritaires, a donc été estimé à 4 milliards d’euros.

Connecter la Cemac

Il s’agit de moderniser les réseaux routiers reliant plusieurs pays de la Cemac, de développer la production et l’interconnexion énergétique ou encore de développer la fibre optique. La sous-région est en effet très en retard concernant la vitesse des flux informatiques. Il devrait aussi y avoir la construction de ports secs pour désengorger les ports maritimes et raccourcir les délais dans les échanges commerciaux. Bref, ces projets vont ainsi faciliter et accélérer la libre circulation des biens et des services notamment entre les pays

Le financement des 11 projets se fera sous forme de prêts concessionnels, de dons et de partenariat public-privé. Les six pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Centrafrique, Tchad) constituent aujourd’hui la sous-région la moins intégrée du continent, avec un taux de 17 % contre une moyenne de 40 % pour toute l’Afrique.

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