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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 00:53
«Rien n'empêche François Bozizé d'être candidat» : Me Tiangaye
«Rien n'empêche François Bozizé d'être candidat» : Me Tiangaye

 

INVITÉ AFRIQUE

 

 

Centrafrique: «Rien n'empêche François Bozizé d'être candidat»

 

RFI  31/01/2020 - 07:22Modifié le : 31/01/2020 - 15:52 avec Christophe Boisbouvier

 

En Centrafrique, l'ancien président François Bozizé vient de rentrer après sept ans d'exil. Mais sera-t-il candidat en décembre prochain ? De l'avis d'un autre opposant au gouvernement de Faustin-Archange Touadéra, l'ex-Premier ministre et avocat Nicolas Tiangaye, rien n'empêche François Bozizé d'être candidat.

 

RFI : Pourquoi ces combats meurtriers à Bria en zone rebelle ?

Nicolas Tiangaye : À Bria, il y a deux groupes armés, avec des alliés de part et d’autre, qui se sont affrontés sans doute pour des considérations de contrôle de la zone, parce que Bria est une zone de diamants, mais il y a également des considérations d’ordre communautaire qui opposent les deux groupes.

Un an après l’accord de Khartoum, les violences ont nettement baissé, mais est-ce que ces derniers affrontements de Bria ne risquent pas de tout remettre en question ?

Bien entendu, c’est vrai qu’après la signature de l’accord de Khartoum, il y a eu une certaine accalmie, mais cela ne veut pas dire que la paix est définitivement revenue. Il y a des risques d’aggravation, il y a des risques d’affrontement, parce qu’à partir du moment où les groupes armés ont gardé leur potentiel militaire intact, il est évident qu’à la moindre étincelle, les violences vont reprendre de plus belle.

 

D’autant que deux tiers du territoire restent sous contrôle rebelle, est-ce qu’on pourra voter à la fin de l’année dans ces territoires ?

C’est le défi majeur à relever parce qu’il sera difficile d’organiser des élections dans un pays où les deux tiers du territoire sont occupés par des groupes armés, donc il s’agit là d’un défi qu’il faut relever. Ça constitue à mon avis un préalable pour aller à des élections crédibles et apaisées.

Le retour des anciens présidents Bozizé et Djotodia, juste un an avant la présidentielle, vous en pensez quoi ?

Je n’en pense rien. C’est leur droit de revenir dans leur pays, puisque nul dans notre pays ne peut être contraint à l’exil. Donc c’est tout à fait normal qu’ils reviennent dans leur pays.

L’ancien président Bozizé demande solennellement pardon pour toutes les erreurs commises de sa part. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

C’est un acte d’humilité qui mérite d’être salué.

Quels sont à vos yeux les crimes qui sont reprochés à François Bozizé, et sur lesquels vous souhaitez que la lumière soit faite ?

C’est à la justice d’en décider, ce n’est pas à moi de le faire, je ne veux pas être un accusateur public.

Le général Ndjadder assassiné en 2001, l’opposant Charles Massi assassiné en 2010… Les familles de ces deux personnalités politiques demandent que la lumière soit faite, qu’est-ce que vous en pensez ?

C’est à la justice de faire la lumière sur l’ensemble des crimes qui ont été commis en Centrafrique, donc je n’ai pas de jugement de valeur à formuler sur cette question.

L’ancien président Bozizé est sous sanctions de l’ONU, mais aujourd’hui il affirme que la situation a évolué : « je ne dois pas être contraint de subir les sanctions à perpétuité », dit-il…

Je pense qu’il y a eu une fausse interprétation des sanctions de l’ONU à son égard, parce que le pouvoir a tiré argument de certaines sanctions pour le contraindre à l’exil, ce qui n’était pas prévu dans les résolutions du Conseil de sécurité. Donc je pense que, dans une certaine mesure, il y a eu des actes qui n’étaient pas conformes aux droits reconnus au citoyen François Bozizé.

Donc vous pensez que ces six dernières années, François Bozizé a été traité de façon injuste ?

En ce qui concerne la question de son retour en République centrafricaine, il n’existe aucun texte, aucune résolution du Conseil de sécurité qui lui interdisait de rentrer dans son pays, et sur ce point, il a été victime de l’arbitraire.

Et pensez-vous qu’il est éligible ?

Ça, c’est à l’autorité nationale des élections de décider si quelqu’un est éligible ou non. C’est l’autorité nationale des élections, sous le contrôle de la Cour constitutionnelle, qui dira si oui ou non, quel candidat est éligible ou pas.

Mais au vu de son passé et des sanctions de l’ONU qui pèsent contre lui, est-ce qu’à vos yeux il est éligible ou pas ?

Je dis que pour l’instant il n’y a pas encore de décision de justice le condamnant et le privant de ses droits civiques et politiques, donc mon avis pour l’instant, juridiquement, on ne peut pas dire qu’il est inéligible.

Donc pour l’instant, rien à priori ne l’empêche de se porter candidat pour la fin de cette année ?

Rien ne l’empêche pour l’instant d’être candidat à une élection présidentielle et à des législatives en RCA, parce qu’il n’y a pas une décision de condamnation le privant de ses droits civiques et politiques.

Le retour de Michel Djotodia, quelques jours après celui de François Bozizé, est-ce une manœuvre de président Touadera pour se rallier les électeurs du nord-est de la RCA contre un éventuel candidat Bozizé ?

(Sourire) Je n’en sais absolument rien, vous savez, le président de la République reçoit qui il veut, je n’en sais absolument rien.

Et vous, qui avez été le Premier ministre de ces deux anciens présidents Bozizé et Djotodia, est-ce que vous serez candidat à la fin de cette année ?

C’est mon parti qui en décidera.

Donc c’est possible ?

Oui, c’est possible si le congrès de mon parti m’investit pour être candidat à l’élection présidentielle, je ne pourrai pas me dérober face à mes responsabilités.

Et pensez-vous qu’il reste un espace politique entre les deux poids lourds, Touadéra et Bozizé ?

Il y a toujours un espace politique pour ramener la paix et la sécurité dans notre pays, et j’estime qu’en ce qui concerne la paix, il n’y a pas de citadelle inattaquable, il n’y a que des citadelles mal attaquées.

Et vous qui avez été le Premier ministre de François Bozizé, pourriez-vous faire alliance avec lui ?

Quand le moment viendra, on avisera parce que nous sommes tous des partis politiques dans l’opposition, et nous sommes en train de nous organiser pour la mise en place d’une plateforme de l’opposition démocratique, ce n’est pas à moi de décider, c’est à mon parti et puis aux autres formations politiques qui feront partie de cette coalition.

 

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Centrafrique-Presse.com
3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 00:31
Les bandits de l'UPC quittent Alindao sous pression des casques bleus
Les bandits de l'UPC quittent Alindao sous pression des casques bleus
Les bandits de l'UPC quittent Alindao sous pression des casques bleus
Les bandits de l'UPC quittent Alindao sous pression des casques bleus
Les bandits de l'UPC quittent Alindao sous pression des casques bleus
Les bandits de l'UPC quittent Alindao sous pression des casques bleus
Les bandits de l'UPC quittent Alindao sous pression des casques bleus

 

Centrafrique : Les bandits de l'UPC quittent Alindao sous pression des casques bleus

 

french.china.org.cn le 03-02-2020

 

Les casques bleus de la mission onusienne de maintien de la paix en Centrafrique (MINUSCA) ont récemment contraint aux éléments du groupe armé l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC) d'Ali Darrassa Mahamat à abandonner leurs positions dans la ville centrafricaine d'Alindao (centre-est), d'après un communiqué de la MINUSCA publié dimanche.

Cette opération baptisée "Mo kiri", traduit de la langue nationale centrafricaine le Sango par "toi, dégage", a ainsi permis de mettre fin à toute circulation des éléments de l'UPC dans la ville d'Alindao. L'objectif, d'après le communiqué, est d'y restaurer l'autorité de l'Etat et de protéger les populations civiles.

La MINUSCA va maintenir le renforcement de son dispositif à Alindao et dans l'autre ville centrafricaine de Bambari (centre), ajoute le communiqué.

Le 9 janvier dernier à Alindao, les éléments de l'UPC ont tué deux soldats de l'armée centrafricaine, et a également incendié deux sites de déplacés internes. Ces actes ont été condamnés à la fois par le gouvernement centrafricain et par la MINUSCA. F

Source: Agence de presse Xinhua

 

Situation à Alindao : COMMUNIQUE DE PRESSE MINUSCA

 

DEMANTELEMENT DES POSITIONS DE L’UPC A ALINDAO SUITE A L’OPERATION DE LA MINUSCA

 

Bangui, le 2 février 2020 – Dans le cadre de l’opération militaire baptisée « Mo kiri » (‘Toi, dégage’), les casques bleus de MINUSCA ont contraint l’UPC d’Ali Darrassa à abandonner ses positions au centre d’Alindao, et à mettre fin à toute circulation de ses éléments armés dans la ville. Par ailleurs, ce groupe armé a annoncé son retrait de Bambouti (Sud-est de la République centrafricaine) au plus tard le 5 février 2020, ville qu’il occupait depuis novembre 2019.

La MINUSCA a constaté le vendredi 31 janvier, que l’UPC a effectivement démantelé sa base située près du camp FACA et ses barrières à l’entrée et à la sortie d’Alindao. Le groupe s’est en outre engagé à informer la MINUSCA de tous ses mouvements vers ou à partir d’Alindao.

 « La MINUSCA continuera à maintenir la pression sur l’UPC ainsi que d’autres groupes armés, conformément à son mandat de protection des populations civiles et de soutien à la mise en œuvre de l’accord de paix », a affirmé Mankeur Ndiaye, Chef de la MINUSCA et Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RCA.

 En plus de cette pression militaire, l’opération lancée contre l’UPC se poursuit sur le front politique. Elle vise à contraindre l’UPC à cesser toute entrave à la sécurité d’Alindao. L’objectif final est de restaurer l’autorité de l’Etat et de protéger les populations civiles menacées. Il est aussi exigé de l’UPC de stopper ses velléités d’expansion vers d’autres régions comme Bambouti et Markounda et de s’engager auprès de la MINUSCA et du gouvernement pour ramener la quiétude dans la Haute-Kotto.

 Dans le cadre de l’opération « Mo kiri », la MINUSCA va maintenir le renforcement de son dispositif et sa posture robuste à Bambari et Alindao en vue de la mise en œuvre de l'Accord de paix.

 

« Une opération de maintien de la paix n’est ni une armée, ni une force antiterroriste, ni une agence humanitaire, c’est un outil qui vise à créer un espace pour une solution politique nationale »,

Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies (Conseil de sécurité, 29 mars 2018)

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 00:29
Repenser l’aide aux États faillis par Thierry Vircoulon

 

Lu pour vous

 

Thierry Vircoulon

Spécialiste en analyse et économie politique des conflits, réforme du secteur de la sécurité, gouvernance des ressources naturelles, reconstruction post-conflit

Coordinateur de l'Observatoire pour l'Afrique centrale et australe de l'Institut Français des Relations Internationales, Sciences Po – USPC

 

http://theconversation.com/ January 30, 2020 7.36pm 

 

Les États faillis (Somalie, Afghanistan, Haïti, Guinée-Bissau, République démocratique du Congo, etc.) sont devenus une réalité bien ancrée dans le paysage international et leur liste ne cesse de s’étendre avec de nouveaux effondrements contemporains (Libye, Centrafrique, Yémen et, demain, certains pays du Sahel). Non seulement l’effondrement des premiers pays cités remonte au siècle dernier, mais il dure depuis plusieurs décennies. De ce fait, la faillite de ces États ressemble plus à une période qu’à un événement de leur histoire. Compte tenu des sommes importantes investies dans leur reconstruction avec des contrôles insuffisants, il convient de s’interroger sur le « succès de leur faillite ».

Qu’est-ce qu’un État failli ?

À cette question posée naïvement lors de mon arrivée au Congo au début de ce siècle, un collègue expérimenté m’avait répondu : « Marche dans la rue, et tu comprendras vite ce que c’est. » En effet, il suffit de marcher dans la rue (quand il y en a encore !) pour comprendre qu’un État failli est un État incapable de garantir la sécurité de ses citoyens, dont les institutions sont structurellement dysfonctionnelles, les infrastructures publiques sont en ruines, le budget national est ridicule et l’économie est presque complètement informalisée.

Pauvreté massive, insécurité et impunité totale sont les marqueurs de l’État failli. Depuis les années 1990, les acteurs internationaux ont formalisé une thérapie à base de perfusion budgétaire, d’aide humanitaire, de Casques bleus et d’élections. Mais ce kit de la reconstruction est loin de remédier à la faillite de l’État. Les raisons de cet échec sont multiples et l’une d’elles est l’ignorance de deux réalités fondamentales.

L’État est dans le coma, il n’est pas mort

Le fait que l’État n’assume plus ses responsabilités de base n’est pas synonyme de disparition. Un squelette d’administration survit à l’effondrement. Des fonctionnaires continuent d’aller au bureau, des jeunes continuent de vouloir devenir les agents d’un État déliquescent et des recrutements continuent – le plus souvent illégalement.

Ce paradoxe s’explique par la stratégie de survie des fonctionnaires. Peu ou pas payés, ils privatisent leur fonction et taxent lourdement et arbitrairement la population et les quelques acteurs du secteur formel (ONG internationales et entreprises). Ils utilisent encore leur position dans l’ancien système étatique sans être en mesure de procurer les services publics qu’il fournissait, comme l’eau potable et l’électricité. Dans l’environnement de l’État failli, les relations entre le gouvernement, les fonctionnaires et la population sont l’inverse de ce qu’elles étaient. Alors qu’elle était avant centralisée au niveau gouvernemental, la corruption est généralisée et institutionnalisée dans l’administration ; une importante parafiscalité illégale pèse sur une population appauvrie ; et les fonctionnaires s’autonomisent par rapport à un gouvernement qui les paie mal, irrégulièrement ou pas du tout et n’a plus guère d’autorité sur eux.

Plusieurs conséquences découlent de cette situation. La notion de service public est vidée de son sens : aucun service fourni par l’administration n’est gratuit, celle-ci se comportant comme un prestataire privé. Les fonctionnaires, qui faisaient autrefois partie de l’élite du pays, sont à la fois déconsidérés et enviés. De plus, les administrations les plus résilientes dans les États faillis sont les administrations financières, et plus particulièrement les douanes. Comme cette administration génère souvent l’essentiel de la fiscalité de l’État failli, elle reste fonctionnelle, opaque et résistante à toutes les tentatives de réforme.

L’invention d’un secteur social de substitution

L’État failli qui n’assume plus ses responsabilités régaliennes, sociales et économiques donne inévitablement naissance à des substituts. Bien qu’elles s’en défendent au nom de la souveraineté et l’appropriation nationales, les institutions internationales prennent en mains de facto certaines fonctions étatiques : l’ONU confie la sécurité publique aux Casques bleus avec leur habituel mandat de protection de la population, la santé est co-gérée par l’OMS et les bailleurs, etc. Mais ce sont surtout les acteurs de la société (les églises, le secteur privé, les associations, etc.) qui répondent en premier à la disparition des services publics de base (sécurité, eau, santé, éducation, électricité).

En République démocratique du Congo, où la faillite de l’État dure depuis trois décennies, un important secteur social de substitution s’est construit de manière ad hoc. Autrefois assurée par l’État, l’éducation est maintenant essentiellement l’affaire d’acteurs non étatiques, au premier rang desquelles des organisations religieuses. La privatisation a été introduite par le bas – avec les maîtres-parents dans les écoles publiques – et par le haut – avec la délégation d’écoles publiques aux congrégations religieuses qui sont appelées des écoles publiques confessionnelles (c’est-à-dire dirigées par des églises et reconnues par l’État). L’enseignement universitaire a également fait l’objet d’une double privatisation : faute de dotations d’État, les universités publiques se sont tournées vers des financements privés et les universités privées, souvent d’inspiration religieuse, se multiplient pour absorber la forte croissance de la population étudiante.

Les acteurs de l’économie informelle inventent aussi leurs propres mécanismes de financement avec les célèbres tontines. Elles permettent à leurs membres de faire face financièrement aux coups durs (maladie) et de financer un petit commerce de survie. Elles sont en même temps la sécurité sociale et la banque des pauvres. Le succès des églises de réveil tient en grande partie à ce qu’elles ont intégré ce système de solidarité financière dans un cadre confessionnel.

Loin du cliché culturaliste sur le « dynamisme de la société civile », la multiplication des réseaux de solidarité communautaire, des structures confessionnelles et des associations en tous genres est la réponse pragmatique à la faillite de l’État. La population n’a d’autre choix que d’inventer de nouvelles formes de solidarité, d’échange et d’interdépendance pour tenter de se procurer les services publics de base dont elle est privée. Ce faisant, elle construit progressivement un secteur social de substitution qui n’est pas exempt de problèmes (manque de compétences et de financement, fragmentation, désorganisation, etc.) mais qui a l’avantage de répondre à des besoins locaux et immédiats. Avec le temps, les acteurs non étatiques de ce secteur acquièrent une légitimité et un prestige auprès de la population qui apprécie les services qu’ils rendent en lieu et place de l’État.

L’échec du « state building » international

Face à un État failli, les donateurs internationaux répondent par le « state building ». L’essentiel de l’aide internationale est orienté vers l’administration (construction et équipement de bureaux, aide budgétaire pour payer les salaires des fonctionnaires, etc.) et seule une maigre portion est attribuée à la société civile. Ainsi, au lieu de s’interroger d’abord sur la façon dont la population se soigne, s’éduque, s’approvisionne en eau potable, etc., et d’identifier les acteurs non étatiques qui contribuent à ces services de base, les donateurs font des diagnostics des administrations qui ne fournissent plus ces services dans le but de les rendre de nouveau opérationnelles.

Cette approche est un échec 9 fois sur 10. D’une part, elle ignore que le corps social n’est pas resté passif face à l’effondrement de l’État et a inventé ses propres solutions à la crise. Pour imparfaites qu’elles soient, ces solutions fonctionnent. Elles génèrent aussi des effets de légitimité et des intérêts qui peuvent parfois aller à l’encontre de la politique de reconstruction des administrations, la population ayant plus confiance dans des églises ou des associations que dans l’État. D’autre part, l’État failli étant moribond mais pas mort, il résiste encore aux initiatives de transformation. Il survit parce qu’il est toujours le réceptacle des intérêts de l’élite politico-administrative même si celle-ci a failli et conduit le pays à la ruine. Si elle acquiesce aux réformes de gouvernance publique promues par les bailleurs, elle s’efforce de les saborder en silence car elles remettent en cause sa stratégie de survie.

Après la période des déclarations d’intention bienveillantes, l’agenda des réformes est bloqué à tous les niveaux – aussi bien par le haut (le gouvernement) que par le bas (les fonctionnaires). Ils font cause commune pour que les bailleurs se préoccupent plus de leurs salaires et de la reconstruction de leurs bureaux que de leurs performances et de la réforme de leurs pratiques. La transformation de l’État failli en État fournisseur de services se heurte à des logiques de prédation que les bailleurs tolèrent tout en sachant qu’elles réduisent leurs investissements et efforts à néant.

S’ils veulent vraiment reconstruire quelque chose dans les États faillis, les donateurs doivent réexaminer le paradigme stérile du « state building » (qui ne saurait se limiter à un simple mécano institutionnel) et confronter leurs idées préconçues à la réalité sociologique. Pour ce faire, voici quelques questions simples qui définissent un agenda de recherches utiles à leur stratégie de reconstruction :

  • Quelle est la légitimité de l’administration et de ses incarnations multiples aux yeux de la population ? A-t-elle des ressources pour se réinventer, à quel horizon temporel et à quel coût ?
  • Quels sont les intérêts qui assurent sa survie et quelles sont ces structures de pouvoir ?
  • Quels sont les services de base qui existent encore ? Qui sont leurs pourvoyeurs ? Quels sont leurs intérêts ?
  • Quelles sont les structures de pouvoir du secteur social de substitution, comment fonctionne-t-il et quelles sont ses interactions avec l’État résiduel ?

On ne peut que regretter qu’à part quelques exceptions notables (les travaux de Theodore Trefon sur la RDC et ceux d’Avocats sans Frontières sur la justice informelle en Centrafrique) le secteur social de substitution n’ait pas suscité autant de recherches que l’économie informelle. Il s’agit pourtant là d’un domaine qui joue un rôle clé dans la survie des populations des États faillis et permet de comprendre comment les sociétés s’adaptent à la déliquescence de l’État.

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 00:22
Centrafrique, un pays entre agitation politique et exactions
Centrafrique, un pays entre agitation politique et exactions
Centrafrique, un pays entre agitation politique et exactions
Centrafrique, un pays entre agitation politique et exactions
Centrafrique, un pays entre agitation politique et exactions

Lu pour vous

 

 

https://www.la-croix.com/ Laurent Larcher, le 30/01/2020 à 06:01

 

À peine un an après l’accord de paix en Centrafrique, les anciens présidents François Bozizé et Michel Djotodia sont rentrés à Bangui. L’élection présidentielle se tiendra fin 2020.

Les groupes armés n’ont pas desserré leur emprise en province, s’affrontant pour le contrôle des ressources, comme à Bria, les 25 et 26 janvier.

 

C’est un pays où tout est possible, le pire, surtout. Qui aurait cru, sept ans après le début de la guerre civile qui déchire la Centrafrique, voir l’ancien président François Bozizé et l’ancien chef de la rébellion Séléka, Michel Djotodia, lui-même ancien chef de l’État autoproclamé après la fuite de son rival, de retour à Bangui presque comme si de rien n’était ?

 

Sanctionné par l’ONU, il rentre à Bangui

Renversé en mars 2013 par la coalition armée conduite par Michel Djotodia, François Bozizé s’était enfui à l’étranger, laissant derrière lui un pays exsangue. Sanctionné par les Nations unies pour avoir soutenu les anti-balaka, milices responsables d’innombrables exactions contre les musulmans, l’ancien président est rentré dans la capitale centrafricaine le 15 décembre 2019 : un retour salué par ses partisans, en premier lieu son parti politique, la Convergence nationale (Kwa Na Kwa, KNK).

Le temps de l’impunité

C’est libre qu’il a reçu la presse, lundi 27 janvier, pour annoncer sa probable candidature à l’élection présidentielle prévue à la fin de l’année. Comme si de rien n’était, donc. Michel Djotodia, lui, est revenu de son exil béninois, le 10 janvier, six ans après avoir démissionné de ses fonctions de chef d’État.

« On voit la traduction réelle de l’accord de paix de Karthoum, signé le 3 février 2019 par le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés : une amnistie cachée pour tout le monde, note le directeur de l’observatoire Afrique central à l’Institut français des relations internationales, Thierry Vircoulon. Il n’a pas inquiété les leaders des milices - ils ont même été absorbés dans le gouvernement - et il a été très conciliant avec les deux anciens chefs d’États, qui devaient être bien traités et obtenir un statut : d’où leur retour possible ! »

Manœuvre politique

Un retour plutôt bien accueilli par une partie de la population : « On est loin des préconisations du forum de Bangui, en 2015, où l’amnistie pour les responsables de la crise avait été clairement rejetée, poursuit Thierry Vircoulon. Aujourd’hui, ce forum est lettre morte. Dans la perspective de la présidentielle, on peut imaginer une alliance entre l’actuel président Touadéra et François Bozizé. Le premier, issu aussi du KNK, a déçu les Centrafricains. Un tel rapprochement leur donnerait une vraie perspective pour la présidentielle ».

50 morts à Bria

Alors que les manœuvres politiques sont lancées à Bangui, les deux tiers du territoire restent sous la coupe des groupes armés. Des milices toujours violentes, comme l’attestent les heurts qui ont frappé Bria, samedi 25 et dimanche 26 janvier, faisant une cinquantaine de morts. Deux branches de l’ancienne rébellion Seleka se disputent le contrôle des ressources de cette ville diamantaire de l’est du pays. Un conflit que vient envenimer la rivalité entre plusieurs communautés, les Rounga d’une part, et les Kara alliés aux Goula, d’autre part.

Cette situation rappelle celle de septembre 2019 à Birao, une ville dans l’extrême nord du pays où des milices ennemies se sont affrontées, au prix de dizaines de tués. Sept ans après le début de la crise, plus du quart des 4,7 millions d’habitants de la Centrafrique sont toujours des déplacés ou des réfugiés.

Des miliciens de Bangassou jugés

 

Dans ce contexte dramatique et ubuesque s’est toutefois ouvert à Bangui, le 15 janvier, le procès de plusieurs chefs miliciens anti-balaka. Parmi eux se trouvent Pino Pino et Béré Béré, poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à Bangassou en 2017, dont l’assassinat de six casques bleus. « Ce procès est de bon augure pour la lutte contre l’impunité. Reste à savoir s’ils seront condamnés », relève Thierry Vircoulon.

Ces miliciens s’en étaient pris aux musulmans de Bangassou en juin 2017. 2 000 musulmans tentaient alors de survivre, sur le site de l’évêché, à l’encerclement et aux attaques de leurs.

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En crise depuis 2013

 

24 mars 2013 : prise de Bangui par la Séléka. François Bozizé s’enfuit, Michel Djotodia s’autoproclame chef de l’État.

5 décembre 2013 : début de l’opération française « Sangaris ».

10 janvier 2014 : démission de Michel Djotodia.

Avril 2014 : création de la Mission de l’ONU en Centrafrique (MINUSCA).

14 février 2016 : élection de Faustin Archange Touadéra.

13 mai 2017 : attaque de Bangassou, 110 morts.

3 février 2019 : accord de paix de Khartoum ratifié le 6 à Bangui. C’est le 8e depuis 2012.

15 novembre 2019 : renouvellement du mandat de la MINUSCA.

27 décembre 2020 : premier tour des élections générales (présidentielle et législatives).

 

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Centrafrique-Presse.com
3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 00:19
RCA : la Russie obtient un nouvel assouplissement de l'embargo sur les armes

 

Centrafrique: la Russie obtient un nouvel assouplissement de l'embargo sur les armes

 

Mise à jour 31.01.2020 à 18:00

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé vendredi un nouvel assouplissement, léger, de l'embargo sur les armes imposé à la Centrafrique, un sujet qui a donné lieu à de vives frictions entre la France et la Russie.

Une résolution, rédigée par Paris, prolongeant de seulement six mois l'embargo, jusqu'au 31 juillet, a été approuvée par 13 voix pour et deux abstentions, celles de Moscou et Pékin.

Elle prévoit la possibilité pour la Centrafrique d'acquérir pour ses forces des "véhicules militaires dépourvus d'armes et des engins armés d'un calibre inférieur à 14,5 mm", à condition d'en notifier l'ONU au préalable.

Selon des diplomates, les négociations ont donné lieu à des tensions importantes entre la France et la Russie.

Ex-puissance coloniale, la France, soutenue par les membres européens et africains du Conseil (Afrique du Sud, Niger et Tunisie), ne voulait procéder à aucun nouvel assouplissement de l'embargo au vu de la situation dans le pays, selon ces sources concordantes s'exprimant sous couvert d'anonymat.

De son côté, la Russie, soutenue par la Chine, en voulait un conséquent, faisant valoir que Bangui réclamait depuis longtemps une levée totale de l'embargo. La Russie est militairement présente en Centrafrique où elle apporte, selon Bangui, une "aide énorme".

Dans la négociation tendue, Moscou a été jusqu'à proposer cette semaine à ses partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution concurrent à celui de la France. Un compromis a finalement été trouvé jeudi, permettant d'éviter la mise aux voix des deux textes et le risque d'un arrêt total de l'embargo en cas d'utilisation d'un veto par l'un des membres permanents du Conseil.

Par la voix de son ambassadrice adjointe, Anne Gueguen, la France a regretté "profondément" vendredi qu'il n'y ait pas eu une adoption unanime. "Le Conseil de sécurité est pleinement à l'écoute des autorités centrafricaines" dans le domaine de la sécurité, a-t-elle assuré, soulignant la nécessité d'une "approche responsable".

- Divisions en juillet? -

Son homologue russe, Dmitri Polyanskiy, a déploré que "tous les arguments (de Moscou) n'aient pas été pris en compte" et averti qu'ils seraient à nouveau utilisés en juillet, laissant augurer de nouvelles divisions au Conseil de sécurité dans six mois.

"Nous voulions un assouplissement plus important de l'embargo sur les armes", a-t-il dit. Utile au début, l'embargo "fait maintenant obstacle au réarmement de l'armée nationale et des forces de sécurité", a jugé le diplomate russe.

De son côté, l'ambassadeur du Niger, Abdou Abarry, s'exprimant aussi au nom de l'Afrique du Sud et de la Tunisie, a estimé que la résolution adoptée "représentait une réponse à la demande légitime formulée" par la Centrafrique "de continuer vers une levée définitive de l'embargo sur les armes".

Le nouvel assouplissement va aider le gouvernement "à reprendre le contrôle de l'ensemble du pays", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis ont noté pour leur part qu'aucune demande d'exemptions à l'embargo n'avait été faite par Bangui depuis septembre, alors que cette possibilité est ouverte aux autorités centrafricaines.

Le Conseil de sécurité avait décidé en septembre d'un premier assouplissement de l'embargo imposé en 2013 en autorisant la livraison aux forces centrafricaines d'armes individuelles d'un calibre inférieur ou égal à 14,5 mm. Cet embargo avait été décidé quand la Centrafrique avait basculé dans la guerre civile après la chute du président François Bozizé.

La levée totale de l'embargo est une demande ancienne des autorités centrafricaines, qui affirment que les groupes armés qui continuent de contrôler une vaste partie du pays peuvent en obtenir facilement par la contrebande en mettant en situation d'infériorité Bangui, soumis à l'embargo.

Depuis 2017, des exceptions à cet embargo avaient été accordées par l'ONU au cas par cas. Des livraisons d'armes avaient ainsi pu être effectuées, fournies notamment par la Russie et la France.

 

Par Philippe RATER  © 2020 AFP

 

Centrafrique : pourquoi la France a-t-elle peur ?

 

http://french.presstv.com/

 

Que l’armée centrafricaine s’équipe des armes plus sophistiquées, mais aussi qu’elle se muni des véhicules blindés : c’est pour cela d’ailleurs qu’elle ça jusqu’à s’en prendre à la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU.

RFI dit :

« À l’ONU, le Conseil de sécurité vient d’approuver un assouplissement de l’embargo sur les armes imposé à la Centrafrique. La France et la Russie ont eu des négociations tendues sur le sujet depuis le début de la semaine. La résolution votée prévoit un allègement de l’embargo, puisque désormais, les forces de Centrafrique, les FACA, pourront s’équiper de véhicules blindés, avec la possibilité d’être armés d’un calibre inférieur à 14 mm et demi. Et la décision devra être revue dans 6 mois par le Conseil de sécurité. Une concession pour la France, rédactrice de la résolution. »

Mais ce n’est pas seulement parce que la Russie fait écouler ses armes sur le marché centrafricain : il y a quelque chose de plus gênant pour la France présente sur le sol centrafricain depuis 2013, et c’est le fait que la Russie, à la demande du gouvernement centrafricain est largement présente dans divers domaines.

La France se comporte en puissance d’occupation à l’heure où les armées ouest-africaines se manifestent de plus en plus en indépendantes et il se peut que l’armée centrafricaine suive l’exemple de la puissance de feu des armées nationales ouest-africaines dont la méfiance et le ressentiment contre la France sont de notoriété publique.

Les troupes françaises basées en Centrafrique sous « opérations Sangaris » depuis 2013, pourraient se trouver face à des surprises de taille.

 

http://french.presstv.com/Detail/2020/02/01/617622/RCA-la-France-atelle-peur-de-larme-centrafricaine-

 

Centrafrique: la Russie obtient un nouvel assouplissement de l’embargo sur les armes

 Afriquinfos 2 FÉVRIER 2020

Paris (© 2020 Afriquinfos)-Le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé vendredi un nouvel assouplissement, léger, de l’embargo sur les armes imposé à la Centrafrique, un sujet qui a donné lieu à de vives frictions entre la France et la Russie.

 

Une résolution, rédigée par Paris, prolongeant de seulement six mois l’embargo, notamment jusqu’au 31 juillet, prévoit la possibilité pour la Centrafrique d’acquérir pour ses forces des « véhicules militaires dépourvus d’armes et des engins armés d’un calibre inférieur à 14,5 mm », à condition d’en notifier l’ONU au préalable. La mesure a été approuvée par 13 voix pour et deux abstentions, celles de Moscou et Pékin.

Selon des diplomates, les négociations ont donné lieu à des tensions importantes entre la France et la Russie.

Ex-puissance coloniale, la France, soutenue par les membres européens et africains du Conseil (Afrique du Sud, Niger et Tunisie), ne voulait procéder à aucun nouvel assouplissement de l’embargo au vu de la situation dans le pays, selon ces sources concordantes s’exprimant sous couvert d’anonymat.

De son côté, la Russie, soutenue par la Chine, en voulait un conséquent, faisant valoir que Bangui réclamait depuis longtemps une levée totale de l’embargo. La Russie est militairement présente en Centrafrique où elle apporte, selon Bangui, une « aide énorme ».

Dans la négociation tendue, Moscou a été jusqu’à proposer cette semaine à ses partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution concurrent à celui de la France. Un compromis a finalement été trouvé jeudi, permettant d’éviter la mise aux voix des deux textes et le risque d’un arrêt total de l’embargo en cas d’utilisation d’un veto par l’un des membres permanents du Conseil.

Par la voix de son ambassadrice adjointe, Anne Gueguen, la France a regretté « profondément » vendredi qu’il n’y ait pas eu une adoption unanime. « Le Conseil de sécurité est pleinement à l’écoute des autorités centrafricaines » dans le domaine de la sécurité, a-t-elle assuré, soulignant la nécessité d’une « approche responsable ».

 

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait lever les sanctions sur la Centrafrique à une date prochaine, selon un diplomate chinois

 

NEW YORK (Nations Unies), 31 janvier (Xinhua) -- Un diplomate chinois a estimé vendredi que le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait lever son embargo et ses sanctions sur la République centrafricaine à une date prochaine.

S'exprimant lors d'une réunion du Conseil de sécurité, le représentant permanent adjoint de la Chine auprès des Nations Unies, Wu Haitao, a déclaré que la situation politique et de sécurité dans son ensemble en Centrafrique évoluait dans une direction positive.

Le gouvernement centrafricain s'engage à mettre en oeuvre l'accord politique pour la paix et il a réalisé des progrès positifs dans la mise en oeuvre des critères pour évaluer l'embargo sur les armes, a-t-il ajouté.

La Chine a toujours considéré que ces sanctions ne constituaient pas une fin en soi mais un moyen d'aider la Centrafrique à restaurer la stabilité nationale et l'ordre social normal au plus vite, a déclaré le diplomate chinois.

Il a appelé le Conseil de sécurité à lever l'embargo et les sanctions à une date prochaine à la lumière de la situation effective en Centrafrique, et en particulier des souhaits de son gouvernement.

"Cela aidera le gouvernement centrafricain à renforcer sa capacité à préserver la sécurité nationale et à faciliter un règlement politique sur la question", a souligné M. Wu.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté vendredi une résolution visant à prolonger pour six mois les sanctions à l'égard de la République centrafricaine.

Il s'agit du premier renouvellement du régime de sanctions à l'encontre de la Centrafrique depuis la signature de l'Accord de paix politique entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés le 6 février 2019 à Bangui.

 

 

Centrafrique: vers un allègement de l’embargo sur les armes

 

À l’ONU, le Conseil de sécurité vient d’approuver un assouplissement de l'embargo sur les armes imposé à la Centrafrique. La France et la Russie ont eu des négociations tendues sur le sujet depuis le début de la semaine.

Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

La résolution votée prévoit un allègement de l’embargo, puisque désormais, les forces de Centrafrique, les FACA, pourront s’équiper de véhicules blindés, avec la possibilité d’être armés d’un calibre inférieur à 14mm et demi. Et la décision devra être revue dans 6 mois par le Conseil de sécurité. Une concession pour la France, rédactrice de la résolution.

À l’origine, elle ne désirait pas toucher à cet embargo malgré les demandes répétées de Bangui, plusieurs membres du Conseil de sécurité estimant la situation sur le terrain encore trop instable. Le gouvernement centrafricain a pu compter sur la Russie, de plus en plus présente dans le pays, qui a alors proposé un autre projet de résolution cette semaine.

Pour ne pas risquer de veto et la levée totale de l’embargo qui en découlait, la France a fait le compromis sur les véhicules blindés, ainsi que sur la durée avant renouvellement : en effet, le Conseil de sécurité voulait éviter de devoir réexaminer la résolution lors des élections en janvier 2021. Les Russes ont tout de même réussi à le fixer à dans six mois, en pleine campagne électorale.

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 00:05
La RCA vue par le Général Soriano

Lu pour vous

 

La RCA vue par le Général Soriano, ancien commandant de la force française en Centrafrique

 

https://www.moroccomail.fr/ Rédaction février 1, 2020

 

Source : document confidentiel de la diplomatie marocaine

 

Objet : Echange avec le Général Francisco Soriano, ancien commandant de la force française en Centrafrique.

 

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance qu’en marge d’un dîner organisé le 16 courant à la Présidence de la République, à l’occasion de la Fête Nationale Gabonaise, j’ai eu un échange avec le Général Francisco Soriano, Commandant des Forces Françaises au Gabon.

Mon interlocuteur m’a confié que la violence a toujours été un trait dominant en République Centrafricaine. Depuis pratiquement son indépendance, le pays vit dans l’instabilité.

Tous les Chefs d’Etats qui se sont succédé ont délaissé l’intérieur du pays pour se concentrer sur la capitale Bangui. Paradoxalement, M. Jean-Bedel Bokassa est le seul à voir entrepris quelques actions au bénéfice du pays, malgré le caractère mégalomane du personnage.

Selon le Général français, la crise actuelle en RCA n’est pas d’essence religieuse. Les ex-Séléka avaient dans leurs rangs environ 20 % de chrétiens.

L’Imam de la Mosquée de Bangui s’est distingué par ses prises de position contre les Séléka. Au sein des anti-Balaka, une minorité de musulmans y officie.

Ce qui accrédite l’idée d’une crise d’ordre confessionnel tient largement au fait que les ex-Séléka s’étaient livrés à des exactions contre les chrétiens, sans épargner pour autant quelques musulmans.

D’après le Général, le pays est victime d’une mauvaise gouvernance politique et économique. Il aurait dû tirer profit des immenses richesses (diamant, pétrole…) que son territoire recèle pour améliorer le sort de ses populations qui ne dépassent les 5 millions d’habitants.

La transformation de la MISCA en MINUSCA, sous l’égide des Nations Unies, à partir du 15 septembre 2014, pourrait être le prélude à une sortie de crise. Toutefois, des difficultés persistent pour atteindre les 12000 casques bleus, taille jugée critique pour sécuriser le pays.

A cet égard, je vous signale que M. Hervé Ladsous, chef des Opérations de maintien de la paix des Nations Unies a déclaré, ce matin sur RFI que le Maroc, le Pakistan et le Bangladesh sont disposés à la MINUSCA.

Très haute considération

L’ambassadeur Ali Bojji

 

La RCA vue par le Général Soriano
La RCA vue par le Général Soriano

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 00:01
Mankeur Ndiaye reçu par le Président de La RCA

 

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Crise En Centrafrique…Mankeur Ndiaye reçu par le Président de la RCA

 

https://www.xibaaru.sn/ By Xibaaru Last updated Jan 31, 2020

 

L’Onusien Mankeur Ndiaye qui vient de bénéficier de la confiance du Secrétaire général des nations Unies (SGNU) qui a renouvelé son contrat de Représentant Spécial du SGNU en Centrafrique, a été reçu par le Président de la République Centrafricaine, Faustin Archange Touadera, pour échanger sur la coopération de la Minusca* avec la Centrafrique sur la mise en œuvre de l’Accord de paix.

Il faut rappeler que des factions armées se sont encore affrontées à Bria, dans le nord-est de la Centrafrique, dimanche 26 janvier, faisant plusieurs dizaines de morts. Le renouvellement du contrat de Mankeur vient à son heure…

*Minusca :  Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en RCA

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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 22:51
La Cemac en tournée de mobilisation de ressources auprès des bailleurs de fonds

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Projets intégrateurs la Cemac en tournée de mobilisation de ressources auprès des bailleurs de fonds

 

(Agence Ecofin)  31 janvier 2020 09:48 - Une mission de la Commission de la Cemac (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) s’est rendue, la semaine dernière, auprès des partenaires techniques et financiers et des bailleurs en vue de rechercher et mobiliser les financements d’une dizaine de projets intégrateurs prioritaires dans la sous-région en 2020.

 

En dehors des promesses de ces partenaires et bailleurs à communiquer, dans les meilleurs délais à la Cemac, les projets pour lesquels ils pourraient s’engager, la mission a noté l’intérêt de Dubaï Port World pour la construction des ports secs de Beloko (Centrafrique) et Dolisie (Congo). Par ailleurs, Millenium Finance Corporation a manifesté son intérêt pour les projets de télécommunications et d’énergie et sa disponibilité à accompagner la sous-région dans la mobilisation des investisseurs privés du Moyen-Orient.

L’Agence française de développement s’est montrée disponible à apporter une assistance technique dans la mise en œuvre de certains projets et à mener un plaidoyer auprès de l’Union européenne. La Banque islamique de développement (BID), quant à elle, a promis de servir de catalyseur pour la mobilisation des institutions économiques et financières arabes en vue du financement des projets intégrateurs.

Pour la seconde phase de cette mission, les autorités et les institutions financières spécialisées chinoises ont confirmé leur disponibilité à recevoir les autorités de la Cemac, au cours du mois de février 2020.

SA

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 00:42
François Bozizé annonce son éventuelle candidature

 

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Présidentielle en Centrafrique : François Bozizé annonce son éventuelle candidature

https://actucameroun.com/ 29 Jan 2020 

 

Depuis son retour au pays le 16 décembre 2019 après presque 7 ans d’exil, l’ancien président centrafricain s’est adressé pour la première fois à la presse lundi 27 janvier 2020.

En attendant d’être reçu par le président Faustin Archange Touadéra, un ancien du parti Kwa na Kwa (KNK), François Bozize observait un mutisme de carpe. Finalement, le 21 janvier 2020, le chef de l’Etat centrafricain a consenti à recevoir celui dont il a été le Premier ministre. Quelques jours après cette rencontre, le leader du KNK s’est exprimé publiquement dans le cadre d’une conférence de presse.

Selon Radio France Internationale (RFI) qui rend compte de cette rencontre avec la presse, l’ancien chef de l’Etat a saisi l’occasion de cette première prise de parole pour d’abord s’excuser : « Encore une fois, pour toutes les erreurs commises de ma part et pour les torts commis aux uns et aux autres et qui auraient pu résulter de mon action à la tête du pays, je demande solennellement pardon en ce jour. Je prie le peuple centrafricain de croire que je n’ai jamais fait du mal intentionnellement à aucun de mes compatriotes et je prie pour que ces quelques mots puissent contribuer à l’apaisement de leur cœur. »

Ce fut également une opportunité pour François Bozizé de rassurer ses concitoyens, mais surtout l’opinion internationale sur son engagement à respecter l’accord de paix de Khartoum. Qu’il ne manque pas de tacler au passage cependant en déclarant qu’il faudrait lui insuffler une nouvelle énergie.

« Je suis rentré dans un esprit d’apaisement et de recherche de paix contrairement à ce qu’une certaine propagande s’est évertuée à répandre ces derniers jours. Je ne suis pas venu chercher querelle à personne. Je ne suis pas non plus venu fomenter un quelconque complot pour créer le trouble en République centrafricaine. Ce sont d’ailleurs de très graves accusations portées à mon endroit ainsi qu’à celui de mes proches collaborateurs et cela ne restera pas sans conséquence. »

Au cours de ce premier rendez-vous avec la presse, l’ancien président renversé en 2013 a évoqué sa situation judiciaire. Marquée par un mandat d’arrêt centrafricain. François Bozize est également toujours sous sanction des Nations unies pour son rôle dans la crise centrafricaine de 2013, marquée par de violents affrontements communautaires entre populations chrétiennes et musulmanes, au cours de laquelle il est accusé d’avoir soutenu des milices antibalaka. Mais l’homme compte demander une levée de ces dispositions qu’il juge injustes.

« Les événements concernant les antibalaka se sont déroulés en mon absence et tout le monde le sait », s’est défendu l’ancien chef de l’État, précisant qu’il allait prochainement demander aux Nations unies que son cas soit étudié pour mettre fin aux sanctions prises contre lui. « Aujourd’hui, la situation a considérablement évolué et il ne me paraît absolument pas juste que je sois contraint de subir ces sanctions à perpétuité ».

Sur la question de sa possible candidature à l’élection présidentielle de décembre prochain, François Bozizé affirme que le moment n’est pas venu de se déclarer ou non. Cependant, il est affirmatif sur une chose : « Rien ne m’empêche d’être candidat. Rien ne m’empêche selon les textes officiels. Cela dépend de mon parti. C’est le congrès qui désigne les candidats », a fait valoir François Bozizé. Sans donner plus de détails sur ses intentions politiques à moins d’un an de la présidentielle prévue en décembre 2020.

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 00:14
Une mission de la Minusca attendue ce jeudi à Birao

 

 

Vakaga : Une mission de la Minusca attendue ce jeudi à Birao

 

 

https://www.radiondekeluka.org/ mercredi 22 janvier 2020 17:43

 

La ville de Birao située à l'extrême Nord-est de la République Centrafricaine est replongée depuis le début de la semaine dans une forte psychose. L'incendie de plus d'une centaine de maisons lundi 20 janvier au centre de la ville suite à l'assassinat de 2 jeunes et les combats entre groupes armés autour de la ville, ravivent les tensions ethniques.

Dans ce contexte de tension dominé par des rumeurs, la Minusca a annoncé ce mercredi au cours de sa conférence de presse hebdomadaire, l'envoi imminent d'une mission à Birao. L'objectif est de palper du doigt les réalités du terrain et de remonter l'information à Bangui aux fins d'une action concrète.

"La décision en ce moment de la Minusca, c'est de protéger la population à Birao. Abandonner la population exposerait celle-ci en cas d'attaque. Des casques bleus sont partis en renfort à Birao mais il y a une mission qui se rend jeudi 23 janvier dans la ville pour exprimer sa solidarité aux populations et pour engager les autorités locales et voir comment les forces sont engagées sur le terrain"  a indiqué Vladimir Montéiro, Porte-parole de la Minusca.

Plusieurs villages à la périphérie de Birao ont été le théâtre d'affrontements les 19, 20 et 21 janvier entre le FPRC et MLCJ. Ces combats auraient fait plus d'une vingtaines de morts, plusieurs blessés et de nombreux déplacés, selon des sources locales.

"Plus d'une dizaine de blessés évacués d'urgence, suivent des soins à l'hôpital de Birao " a confié une autre source à Radio Ndeke Luka. Si la ville de Birao est calme, la psychose gagne les esprits et les sites des personnes déplacées se remplissent, entraînant une situation humanitaire catastrophique.

La situation sécuritaire s'est dégradée dans cette région de la Vakaga depuis le déclenchement des hostilités entre le FPRC et le MLCJ au début du 2e semestre 2019. Ces violences qui ont pris une allure ethnique ont coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes et se sont étendues dans plusieurs villages et dans la ville d'Amdafock, frontalière avec le Soudan.

 

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