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18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 13:02
Affaire Orion Oil : des agents de la PAF de l’aéroport du Bourget mis en cause pour corruption

Lu pour vous

 

Enquête Libé

Affaire Orion Oil : des agents de la PAF de l’aéroport du Bourget mis en cause pour corruption

https://www.liberation.fr/ par Jérôme Lefilliâtre et Ismaël Halissat publié le 17 janvier 2023 à 18h14

En enquêtant sur l’homme d’affaires canado-congolais Lucien Ebata, les enquêteurs ont découvert qu’il cultivait une proximité avec deux agents de la PAF de l’aéroport francilien où transitent les businessmen et leurs jets privés. Les policiers sont soupçonnés de l’avoir aidé, contre rétribution, à passer aisément les douanes avec du cash malgré ses deux fiches S.

Libération révèle les rouages de ce qui pourrait être l’un des principaux circuits de détournement des recettes du pétrole congolais, de Paris à Brazzaville en passant par la Suisse et Monaco. En cause, la société Orion Oil et son patron Lucien Ebata, proche du président Denis Sassou-Nguesso et aux multiples relations avec des personnalités économiques et politiques françaises.

L’entrevue du 12 juillet 2016 est aujourd’hui l’un des nombreux éléments déterminants qui pèsent sur ces deux policiers. L’enquête judiciaire, qui visait à l’origine les activités de Lucien Ebata, va mettre au jour des preuves de corruption des agents, soupçonnés d’avoir été payés par le chef d’entreprise pour lui permettre d’éviter les contrôles douaniers et faire entrer en France des valises pleines de millions d’euros. Après avoir retracé le fil de cette matinée, les enquêteurs sont convaincus qu’il s’agissait d’un passage de relais entre les deux agents pour servir les intérêts de Lucien Ebata. Francette S., 42 ans, qui fréquente l’homme d’affaires depuis quatre ans, va être mutée en Martinique où elle rejoint sa famille ; l’agent Valéry J., 45 ans, alors en poste au Bourget, est disponible pour prendre la suite. A la fin de l’année 2021, Lucien Ebata, Ted T., Francette S. et Valéry J. ont tous les quatre été mis en examen pour des faits de corruption. L’affaire que révèle Libération, nourrie par des écoutes judiciaires, de nombreuses auditions et des documents administratifs confidentiels, a également permis de déterrer les indices, ignorés par la plus haute hiérarchie, d’une corruption généralisée de ce service de la police aux frontières (PAF).

Au Bourget, «le passager est roi»

Un contrôle policier à l’aéroport du Bourget ne ressemble pas à l’expérience classique d’un passage de frontière. «Le Bourget n’est pas un aéroport comme les autres car on fait [c’est-à-dire, on contrôle, ndlr] des personnalités, il peut s’agir de passagers sensibles comme des hommes politiques, des hommes d’affaires qui prennent des jets assez régulièrement ou encore des personnes fortunées», résume dans une audition d’octobre 2021 le chef d’une brigade, Ahmed K. Au Bourget, les interminables files d’attente devant les guérites n’existent pas : la vérification des documents de voyage se fait dans les salons des compagnies aériennes, où les 37 agents de la PAF se déplacent. «C’est le policier qui vient aux passagers et pas le passager qui vient aux policiers, poursuit Ahmed K. Le passager est roi. Les compagnies nous mettent la pression pour accélérer les contrôles.» Plusieurs bénéficient même de passe-droits sur ordre hiérarchique. «Il y [en] a certains comme Bernard Arnault, et certaines personnalités importantes, [pour qui] nous recevons des télex nous demandant de faciliter le passage», ajoute le brigadier Sébastien S.

Comment les valises de Lucien Ebata, pleines de millions d’euros en liquide, ont-elles pu discrètement entrer en France ? Dans une conversation téléphonique le 10 juin 2017, captée par les douanes judiciaires, le Canado-Congolais explique à l’une de ses proches qu’une policière «l’attendait et le laissait passer parfois sans prévenir les autres», et ajoutait qu’elle «mangeait bien». Les détails livrés lors de cet échange et les investigations menées permettent aux enquêteurs d’établir que Lucien Ebata parle de versements d’argent à Francette S.

Cette policière a été en poste au Bourget de janvier 2012 à septembre 2016. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN), saisie de cette partie de l’enquête, a retracé les dépôts d’espèces réalisés à cette période par Francette S. Ils ont pu retrouver 21 000 euros. A cela s’ajoute un transfert d’argent réalisé par Western Union, de 7 500 dollars, adressé par Ted T. à la policière. Une somme conséquente pour des fonctionnaires dont le salaire mensuel varie entre 2 000 et 3 000 euros. Mais, au-delà de cet aspect financier, la justice découvre également une relation de grande proximité entre Lucien Ebata et Francette S.

La rencontre a lieu le 12 juillet 2016, au matin, à l’hôtel Georges V. Ce rendez-vous, devant l’un des établissements les plus luxueux de Paris, tout proche des Champs-Elysées, rassemble un curieux attelage : Lucien Ebata, son bras droit, Ted T., et deux agents de la police aux frontières (PAF) de l’aéroport du Bourget, où transitent les jets privés de célébrités, businessmen et diplomates. Dans la foulée, les fonctionnaires, Francette S. et Valéry J, déposent chacun 1 000 euros en liquide sur leur compte en banque. Que font-ils, ce jour-là, avec Lucien Ebata, richissime et influent homme d’affaires canado-congolais ? Ce négociant est suspecté par la justice française de s’être enrichi à millions, en pillant l’argent public du Congo-Brazzaville à l’aide de sa société Orion Oil et d’un système complexe de détournement des recettes de la vente du pétrole. En 2012, il avait été arrêté à l’aéroport de Roissy avec une valise remplie de billets – 182 000 euros et 40 000 dollars non déclarés. Cet événement, et le soupçon d’une vaste opération de blanchiment d’argent, avait provoqué l’ouverture d’une enquête judiciaire et éveillé l’intérêt de deux services de renseignements français, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP).

«Tu es mon frère de toute façon»

Les enquêteurs vont jusqu’à retracer les détails d’un séjour commun à New York, en décembre 2013. La policière est logée à l’hôtel cinq étoiles Four Seasons, au cœur de Manhattan. «Elle m’avait demandé de garder ses enfants quelques jours car elle partait rejoindre monsieur Ebata à New York. […] J’étais d’autant plus étonnée car ce dernier avait une fiche de recherche», relate en novembre 2021 la brigadière Christine D., une de ses anciennes collègues de la police aux frontières. Les enquêteurs n’ont pas retrouvé de dépenses de la policière en lien avec ce voyage, et suspectent donc que ce dernier a été réglé par Lucien Ebata. Trois jours après son retour, la policière dépose même 2 550 euros en liquide sur son compte. Ce qui pourrait être le «reliquat» d’espèces remises par Ebata à New York, analyse un rapport de synthèse de l’IGPN daté de mars 2022. Ce soupçon est étayé par les propos de la brigadière Christine D. «Dans la journée, je crois me souvenir qu’il avait mis à sa disposition un chauffeur ou un collaborateur qui lui remettait de l’argent tous les jours pour ses achats personnels. Je sais qu’elle avait fait l’acquisition d’un sac Vuitton qu’elle m’avait montré.»

Dans la conversation de juin 2017, déjà évoquée, où il était question de cette policière qui «mangeait bien», Lucien Ebata parle également d’un «homme, policier», qui lui avait envoyé un message pour le «rencontrer dans quinze minutes». Des recherches sur la ligne mobile de Valéry J., en poste au Bourget depuis 2011, ont permis d’étayer le scénario du «remplaçant» de Francette S. à partir de l’été 2016. L’étude de ses comptes bancaires révélera des dépôts d’espèces encore plus importants que pour la policière. De juillet 2016 à novembre 2019, plus de 4 400 euros sur un compte et 37 000 euros sur un autre. Près de 8 000 euros en liquide ont aussi été découverts à son domicile, le 5 octobre 2021.

Les nombreux textos échangés entre Lucien Ebata et Valéry J. permettent d’illustrer le lien particulier qu’ils entretenaient. Ou plutôt entre «Lulu» et «l’artiste peintre», tels qu’ils s’appelaient dans leurs répertoires respectifs. Dans plusieurs des messages retrouvés qu’il signe parfois lui-même «l’artiste», Valéry J. fait part de sa disponibilité pour Lucien Ebata, assure qu’il œuvre pour lui ou évoque à demi-mot ses besoins d’argent. Dans un style bien à lui.

«Si un jour les murs t’oppriment, il faut toujours croire et surtout choisir le plus impossible des rêves et se laisser porter par lui. Bonne journée. Amitiés fraternelles. Lucien», écrit Ebata à Valéry J. en septembre 2019. «Merci Bonne journée See u soon Take care L’artiste», lui répond le policier. Le 25 août 2020, l’agent de la PAF assure, dans des messages empreints de spiritualité, qu’il œuvre pour lui. «Tu es mon frère de toute façon donc me démener pour ta mission est un plaisir cela devient ma mission Joindre nos forces respectives fait certainement parti du plan divin», envoie le policier Valéry J. à Lucien Ebata. L’agent explique qu’il «œuvre drastiquement» pour que le Canado-Congolais obtienne son autorisation de décoller du Bourget. «Des [coups] de fil de partout… J’ai les oreilles qui sifflent lol», écrit-il aussi.

«Informer en temps réel Ebata de la présence des douanes»

Quelle est, concrètement, la contrepartie que pouvaient offrir Francette S. et Valéry J. à Lucien Ebata ? Les policiers étaient tenus, de 2013 à 2017, période pendant laquelle le Canado-Congolais était «fiché S» car susceptible d’appartenir à un réseau de «criminalité organisée», de prévenir immédiatement les services de renseignements à chacun de ses passages au Bourget. Or, dans une note datée de janvier 2022, Françoise Bilancini, à la tête de la DRPP, indique n’avoir jamais été informée ne serait-ce que d’un passage de Lucien Ebata au Bourget. Et à peine la moitié de ses allées et venues ont été signalées à la DGSI : sur 27 passages retrouvés de Lucien Ebata dans les archives de l’aéroport entre octobre 2014 et août 2016, 14 seulement ont fait l’objet d’une information au renseignement intérieur.

Au Bourget, ce voyageur qui aurait dû faire l’objet d’une surveillance particulière a-t-il pu compter sur l’intervention de Francette S. et Valéry J. pour passer plus facilement des valises de cash ? «C’est une hypothèse, mais les policiers pouvaient informer Ebata et son collaborateur des créneaux horaires sur lesquels ils avaient moins de risques de se faire contrôler par les douanes, avance dans une audition de novembre 2021 la commandante Marie-Claude S., à la tête des effectifs de l’aéroport à cette époque. Les policiers auraient aussi pu informer en temps réel Ebata de la présence des douanes.» Les enquêteurs notent d’ailleurs que, sur les 27 passages, seuls 2 ont fait l’objet d’un contrôle douanier. Une proportion qui ne «paraît pas normale» au commissaire général Patrice Bonhaume, l’ancien directeur de la PAF de Roissy, dont dépend le Bourget, qui l’a fait savoir dans un interrogatoire de mars 2022.

Une théorie encore plus grave est avancée par la commandante Marie-Claude S. : les agents auraient pu se charger de faire passer eux-mêmes les valises d’argent à la sortie de l’avion : «Il est aussi possible que les policiers aient pris l’argent pour le faire passer à côté des douanes pour le compte de monsieur Ebata en le lui rendant après.»

«Relation amoureuse»

En garde à vue, Lucien Ebata, Ted T., Francette S. et Valéry J. vont tenter de minorer la gravité des faits qui leur sont reprochés, sans totalement les nier. L’homme d’affaires explique à propos de Francette S. qu’elle faisait partie «des policiers qui s’occupent de [ses] formalités. Elle était sympathique à [son] égard». Concernant Valéry J., Lucien Ebata dit «qu’il était toujours bienveillant» et que l’homme d’affaires avait «dû lui donner [sa] carte et ce dernier a dû [lui] écrire». Leur abondante conversation serait le simple fait de la politesse d’Ebata«Par respect, je réponds aux personnes qui m’écrivent», tente-t-il. Le Canado-Congolais nie dans un premier temps toute remise d’argent aux agents, puis, confronté aux nombreux éléments découverts dans l’enquête, change de version : «C’est bien possible que Ted [le directeur financier d’Orion jusqu’à l’été 2021, ndlr] ait pu donner des espèces. II fait cela avec des fonds nommés frais d’approche ou frais divers. Ces fonds appartiennent à la société Orion.»

Interrogé spécifiquement sur le virement de 7 500 dollars réalisé depuis Dubaï sur le compte de Francette S., Lucien Ebata avance que c’est son «altruisme qui parle à ce moment-là». Il est «possible» que les dépôts d’espèces de la policière, qu’Ebata estime entre 20 000 et 30 000 euros, «correspondent aux sommes […] remises». Même discours de charité concernant l’argent versé à Valéry J. : «Nous avons été sollicités dans le cadre de son activité artistique et d’intérêts pour la musique. Nous avons eu des conversations à ce sujet. Il m’avait dit qu’il voulait voyager avec une amie, c’est la raison pour laquelle il voulait de l’argent.» Contacté par Libération par l’intermédiaire de son avocat, Antoine Vey, le patron d’Orion Oil n’a pas répondu sur les soupçons de corruption qui pèsent sur lui. Egalement sollicité, l’ancien directeur financier de l’entreprise, Ted T., n’a pas donné suite.

Dans leurs auditions, les deux policiers nient, malgré les échanges de messages à ce sujet, que la rencontre de juillet 2016 au George V ait eu comme objectif d’organiser un passage de relais entre eux, ainsi que d’avoir été présents au même moment au cours de la matinée. Pour expliquer sa proximité avec Lucien Ebata, Francette S. assure avoir eu une «relation amoureuse» avec lui, sans «aucun lien avec [son] travail», et qu’elle n’a «jamais passé le moindre accord ou fait le moindre arrangement avec lui». La policière affirme que les dépôts d’espèces sur son compte correspondent à des dons de ses anciens compagnons. Confrontée aux éléments de l’enquête, Francette S. a versé des documents attestant de plusieurs versements reçus en espèces pour des revenus locatifs mais a dû reconnaître quelques versements d’argent réalisés par Ted T. Soit à peu près la même ligne de défense que Valéry J., qui estime à seulement 5 000 euros l’argent qu’il a pu toucher de Lucien Ebata et explique les remises d’espèces sur son compte par des loyers perçus en liquide de plusieurs appartements. L’agent affirme, comme sa collègue, n’avoir jamais reçu d’argent en contrepartie d’un service. Sollicités par Libération, les avocats de Francette S. et Valéry J. n’ont pas donné suite. Pas plus que la direction générale de la police nationale.

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Centrafrique-Presse.com
18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 11:17
Combien y a-t-il de pays francophones dans le monde ?

 

Lu pour vous

 

https://www.caminteresse.fr/ Écrit par Marine Cestes  Le 17.01.2023 à 07h00 Modifié le 17.01.2023 à 7h00

Sixième langue la plus parlée au monde, le français est parlé dans de nombreux pays du monde. Cependant, il faut discerner les pays où notre langue maternelle est reconnue comme langue officielle et où son usage est uniquement répandu.

Avec près de 280 millions de personnes dans le monde qui utilisent cette langue au quotidien, le français s'est imposé comme une des langues les plus utilisées sur notre planète. Si elle reste très loin derrière l'anglais ou le mandarin, la langue de Molière est parlée quotidiennement et connaît même des déclinaisons régionales sous la forme des patois. En Europe, elle est même la deuxième langue la plus parlée. Néanmoins, le français est sujet à des cas particuliers. En effet, comme toutes les autres langues, elle peut être déclarée langue officielle du pays. Il existe aussi des États où le français est une langue parlée en grande majorité, mais où elle n'est pas reconnue comme langue officielle. Selon les critères pris en compte, le nombre de pays considérés comme francophones peut donc varier.

29 pays ayant adopté le français comme langue officielle

En plus de la France et de tous ses départements d'outre-mer, on compte 28 autres pays où le français est reconnu par l'État comme une langue officielle et maternelle. Ainsi en Europe, on trouve quatre nations francophones : la Belgique, le Luxembourg, la Suisse et Monaco. Parmi les pays du monde où le français est une langue officielle, on retrouve le Canada (notamment dans la province de Québec), Haïti et le Vanuatu. Cependant, c'est sur le continent africain que l'on trouve le plus de pays francophones avec 21 nations parlant français. Les pays concernés sont le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, les Comores, la République démocratique du Congo (RDC), le Congo, la Côte d’Ivoire, Djibouti, le Gabon, la Guinée, la Guinée équatoriale, Madagascar, le Mali, le Niger, la République centrafricaine, le Rwanda, le Sénégal, les Seychelles, le Tchad et le Togo.

7 pays où le français est parlé, mais n'est pas reconnu comme langue officielle de l'État

Hormis en Asie, le français est donc une langue officielle sur tous les continents. Cependant, quelques pays parlent également cette langue au quotidien. Elle n'a pas de statut officiel dans ces États, mais elle est tolérée en raison de son histoire ou de ses liens avec la France. Les pays concernés sont l'Algérie, Andorre, le Liban, le Maroc, Maurice, la Mauritanie et la Tunisie. En comptant ces nations comptant en moyenne 35 % de francophones, il y a donc 36 États où la langue française est utilisée couramment autant en langue maternelle qu'en langue secondaire.

Quel est le 1er pays francophone au monde ?

Avec plus de 78 millions d’habitants au mondela RDC est le premier pays francophone au monde. Derrière la RDC, viennent respectivement le Canada et le Cameroun. D’ailleurs, relativement à ce dernier pays, on estime même que la moitié de la population francophone vit en Afrique.

Quelles sont les 5 langues les plus parlées au monde ?

Les langues les plus parlées dans le monde sont notamment celles qui sont pour le plus commerciales et qui s’exportent plus facilement :

  1. Anglais avec une population mondiale de 1, 348 milliard
  2. Mandarin avec une population mondiale de 1, 120 milliard
  3. Hindi avec 600 millions
  4. Espagnol 543 millions
  5. Arabe avec 247 millions

Outre ces langues, celles qui suivent sont respectivement le Bengali avec 268 millions de personnes qui la parlent, le français avec plus de 267 millions de personnes qui la parlent et le Russe avec plus de 258 millions de personnes qui la parlent.

 

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17 janvier 2023 2 17 /01 /janvier /2023 00:24
"Un intermède centrafricain" - Rencontre avec l'ambassadeur Charles Malinas
"Un intermède centrafricain" - Rencontre avec l'ambassadeur Charles Malinas

 

Lu pour vous


https://lesfrancais.press/un-intermede-centrafricain-rencontre-avec-lambassadeur-charles-malinas/ par BORIS FAURE 12 JANVIER 2023 À 15H00

La Centrafrique

La France est le seul pays de l’Union européenne à avoir une ambassade à Bangui (où l’UE dispose aussi d’une délégation). Forte de sa relation ancienne et dense avec la RCA, elle continue de soutenir et d’accompagner la population centrafricaine dans le cadre d’un développement durable du pays. Plus de 700 Français, dont 455 binationaux, sont installés sur place.

Au sein de l’Union européenne, la France a été à l’origine, en juillet 2014, avec l’Allemagne, les Pays-Bas et la Commission européenne, de la création du premier fonds européen multi-bailleurs pour l’urgence et le développement, le fonds « Bêkou », qui a rapidement permis l’adoption et la mise en œuvre de projets dans les secteurs de la santé, de la sécurité alimentaire, des infrastructures urbaines et de la relance économique et sociale. Il est aujourd’hui alimenté à hauteur de plus de 250 millions EUR. Cependant, l’armée française a été invitée à quitter le territoire.

Charles Malinas

Charles Malinas est l’ambassadeur qui plonge dans cette Afrique centrale mosaïque, sans a priori, sans leçons à donner, toujours à l’écoute mais également ferme et déterminé à la tête d’une équipe soudée et engagée, en totale confiance avec le commandement de Sangaris et Paris. Ancien élève de l’ENA, Charles Malinas a effectué sa carrière au Quai d’Orsay où il a notamment occupé plusieurs postes dans différents cabinets ministériels. Il a également été ambassadeur à Prague.

Un Ambassadeur au cœur du tumulte centrafricain : un récit diplomatique de haut vol.

C’est un livre qui comptera dans les annales des récits diplomatiques. Parce que l’on parle d’un moment fort de la politique africaine de la France, à savoir l’intervention militaire en Centrafrique de 2013 suivie d’une action politique intense pour soutenir un processus de paix au départ très incertain. 

Ce livre doit tout à son auteur, Charles Malinas, qui tient la plume avec brio pour raconter ses deux années tumultueuses sur le terrain dans une « mission commando » qui le voit œuvrer aux côtés des militaires de la force Sangaris et animer une petite équipe de diplomates et coopérants au service de la paix et de la démocratie.

Avec ces hommes et femmes embarqués comme lui dans ce pays au cœur de l’Afrique, l’Ambassadeur Malinas imposera son atypisme lié à son franc-parler et sa personnalité forte dans un monde diplomatique où on préfère parfois les profils plus pasteurisés. Il va partout parler à tout le monde et noue des contacts qui seront durables avec les partenaires centrafricains qu’ils soient politiques, religieux, économiques ou associatifs. La force d’entraînement de l’Ambassadeur Malinas ce sont ses convictions, celles du dialogue, du respect de l’autre.

Son professionnalisme c’est de savoir travailler avec tous les acteurs politiques centrafricains sans exclusive, sans parti pris, et avec un regard à hauteur d’homme qui témoigne du profond humanisme de cet homme attachant qui nous offre un livre remarquable, enlevé et instructif.

Une mission à haut risque alors qu’un génocide se prépare

Boris Faure : Charles Malinas, vous êtes nommé en novembre 2013 Ambassadeur de France en Centrafrique au moment où se déploient les 1500 militaires de l’opération Sangaris. La force française, sur mandat du conseil de sécurité des Nations Unies, se voit confier une mission périlleuse :  faire cesser la guerre civile en cours alors que des risques de génocide existent.

Les défis qui vous attendent sont à haut risque : vous devrez faire le lien avec les militaires alors que la situation sur le terrain est inflammable entre milices chrétiennes et musulmanes. 

Vous allez devoir mener une action  politique subtile avec les partenaires internationaux tout en développant un lien de confiance fragile avec le président Michel Djotodia et son entourage. 

Ces derniers ont pris le pouvoir par la force en mars 2013, précipitant la chute du président Bozizé. La capitale, Bangui, est depuis paralysée et la population vit dans la peur. Vous avez jusque là un profil de diplomate europhile, spécialiste de la relation franco-germanique, un homme de Cabinet habitué à conseiller les ministres. Quand Alexandre Ziegler, directeur de cabinet de Laurent Fabius, vous propose ce poste, quelles sont vos premières pensées ?

Une mission à haut risque alors qu’un génocide se prépare. 

Boris Faure : Charles Malinas, vous êtes nommé en novembre 2013 Ambassadeur de France en Centrafrique au moment où se déploient les 1500 militaires de l’opération Sangaris. La force française, sur mandat du conseil de sécurité des Nations Unies, se voit confier une mission périlleuse :  faire cesser la guerre civile en cours alors que des risques de génocide existent.

Les défis qui vous attendent sont à haut risque : vous devrez faire le lien avec les militaires alors que la situation sur le terrain est inflammable entre milices chrétiennes et musulmanes. 

Vous allez devoir mener une action  politique subtile avec les partenaires internationaux tout en développant un lien de confiance fragile avec le président Michel Djotodia et son entourage. 

Ces derniers ont pris le pouvoir par la force en mars 2013, précipitant la chute du président Bozizé. La capitale, Bangui, est depuis paralysée et la population vit dans la peur. Vous avez jusque là un profil de diplomate europhile, spécialiste de la relation franco-germanique, un homme de Cabinet habitué à conseiller les ministres. Quand Alexandre Ziegler, directeur de cabinet de Laurent Fabius, vous propose ce poste, quelles sont vos premières pensées ?

Une mission d’exception confiée à un Ambassadeur adepte de l’action

Charles Malinas : Ma première pensée, ou plus exactement ma première réaction, c’est la surprise. J’avais refusé un très beau poste en Afrique et voilà que l’on m’en propose un autre, beaucoup moins « prestigieux ». D’abord je ne comprends pas. Mais lorsque Alexandre Ziegler me parle de l’envoi de la force, cela change tout. Il s’agit d’une mission d’exception, exception compte tenu de l’enjeu politique ou diplomatique, mais exception également parce qu’il s’agissait d’affirmer le rôle de la politique au sens de la diplomatie face à un dispositif militaire très important qui allait comporter de nombreux officiers, et par conséquent une force de réflexion tout à fait considérable, en comparaison avec une ambassade où nous serons beaucoup moins nombreux.

Si on me nomme là-bas c’est parce que l’ambassade doit exister et rester maîtresse de l’action politique de la France, en harmonie avec la force militaire, pas contre elle, mais pas en-dessous d’elle. Ce qui implique un peu de caractère, comme je l’écris dans mon livre, et grâce à cela la capacité de s’entendre avec un général – ce seront successivement trois généraux puis trois colonels – afin d’ avoir au total une mission unique, politico-militaire.

Dans ces conditions, il était évident pour moi que j’allais accepter : j’aime le risque, l’engagement, les situations inhabituelles, loin de la routine diplomatique.

Et l’entente avec les généraux puis les colonels sera totale, au profit de la mission ; à titre plus personnel il en restera de belles amitiés.

Concilier des positions très opposées, un rôle de dialogue avec  tous les Centrafricains. 

Boris Faure : Dans le livre se dessine le portrait d’un homme d’action. Vous vous donnez une méthode « aller partout, parler à tout le monde ». Il y a d’ailleurs en creux une critique contre l’Ambassadeur précédent, enfermé dans son Ambassade et coupé du terrain. Il y a des moments où la prise de risque physique se fait sentir. Quand vous prenez la parole au coeur du quartier musulman de Bangui, le Km5, face à une population animée par des sentiments antifrançais. 

Dans tout le livre on sentira d’ailleurs que la présence de la France, ex nation coloniale, est regardée, épiée, parfois instrumentalisée, entre ceux qui voudraient s’attirer les bonnes grâces de l’Ambassadeur et ceux qui utilisent la France comme bouc-émissaire et paravent aux prédations des édiles locaux. Mais vous avez le mérite de rester neutre et de garder un lien constant avec Paris à qui vous rendez compte en permanence. Comment êtes-vous devenu cet homme d’action à la fois humain, touché par l’horreur des massacres ou par la mort d’une jeune photographe française, mais qui reste courageux et ferme sur ses principes ?

Celui qui est surnommé le « gouverneur de Bangui » mise sur la parole et la création de confiance

Charles Malinas : Je crois que j’ai toujours été un homme d’action. Donc si j’aime la réflexion et l’analyse, la réflexion et l’analyse pour elles-mêmes ne m’intéressent pas. C’est leur traduction dans les faits qui me paraît importante.

Est-ce que j’ai été courageux ? Je n’en sais rien. Le courage, c’est je crois le fait de dominer sa peur ; à titre personnel je n’ai jamais vraiment eu peur tant j’étais protégé et tant je me sentais en confiance dans un pays qui avait accueilli la force française comme une force libératrice, une force de paix.

Il y a eu évidemment des moments tendus, et même très tendus, mais c’est normal. De même, j’ai été amené à entrer en contact avec des gens qui avaient des responsabilités très lourdes dans le désastre qu’avait vécu le pays, mais ça faisait partie de la mission.

Ce que je retiens au total, c’est que les Centrafricains, c’est-à-dire les autorités mais également toutes les personnes avec qui j’ai été amené à travailler, dans les partis, dans les associations, dans les groupements de toute nature de la société civile, m’ont accepté et de ce fait m’ont fait confiance. Il y a eu certes une ou deux exceptions de dirigeants, soit de groupes armés, soit politiques, qui ont refusé de travailler avec moi, mais c’était vraiment l’exception. Au moment de mon départ j’ai été reçu pour des rencontres d’adieu par des personnes avec qui j’avais été amené à travailler, mais aussi à m’affronter, parfois de manière très dure, mais qui reconnaissaient que l’action de la France que j’avais dirigée en étroite relation avec la force Sangaris avait été conduite dans un esprit de contribution, dans l’idée d’aider le pays et de ne pas se substituer à ses autorités.

La France aura aidé les autorités de la transition à faire leurs propres choix

Charles Malinas : Cela peut paraître surprenant car on m’a parfois attribué des sobriquets comme « le gouverneur de Bangui », « Malinas premier empereur », « le proconsul », mais la réalité était que nous avons aidé les autorités centrafricaines de la transition à réaliser leurs choix, leur politique dans un contexte extrêmement difficile. Et les partenaires de la France ont agi, je crois, dans le même esprit, qu’il s’agisse des Nations unies, de l’Union africaine, de la CEEAC, de la Banque Mondiale, du FMI, ou des partenaires bilatéraux comme en particulier les États-Unis, le Cameroun ou le Congo.

A l’heure des bilans : la conciliation entre les communautés comme acte fort 

Boris Faure : Il nous faut faire le bilan de votre action politique et diplomatique : le calme va peu à peu revenir à travers le processus de désarmement dit DDR et RRS et la préparation des élections. Vous pratiquez le dialogue interreligieux et vous appuyez sur des réunions de conciliation pour organiser la médiation entre les communautés qui jusque là se déchiraient. Les élections en février 2016 permettent l’élection d’un nouveau président et se déroulent de façon satisfaisante contre toute attente. Quel élément de votre bilan vous procure le plus de fierté ?

Charles Malinas : Ce qui me rend le plus fier, c’est sans doute ce pour quoi j’ai pris le plus de risques politiques, c’est-à-dire les actions de conciliation entre les communautés. Avant les événements de 2013, les communautés religieuses ne s’opposent pas en Centrafrique, elles cohabitent sans difficulté y compris au sein du gouvernement. C’est le lien entre la Séléka et les commerçants musulmans, lien opportuniste, qui va fausser les données et entraîner ces affrontements intercommunautaires. 

L’initiative que nous avons prise sur la demande de responsables musulmans et chrétiens pouvait paraître étrange. En tout cas très inhabituelle s’agissant d’une ambassade qui n’était pas là pour intervenir dans une affaire totalement interne au pays. Pour autant, cette intervention m’a paru nécessaire car les tensions étaient telles qu’elles empêchaient le retour d’une paix possible et la tenue des élections. Elle faisait donc bien partie de la mission. Et le gouvernement centrafricain de transition n’était à ce moment là absolument pas en mesure, bien qu’il ait rassemblé des musulmans et des chrétiens, d’engager une telle démarche. Et d’ailleurs, les dirigeants qui sont venus me trouver pour que je le fasse ne l’ont pas demandé à l’autorité politique. L’ambassade s’est donc engagée dans cette voie, en accord avec la Force et bien évidemment avec l’accord de Paris. Et je ne remercierai jamais assez Alexandre Ziegler et Guillaume Lacroix de m’avoir appuyé à un moment où ils auraient pu considérer que l’engagement allait trop loin.

Une satisfaction personnelle et pour la France : avoir aidé à surmonter les divisions.

C’est donc une satisfaction personnelle, je ne vais pas m’en cacher puisque j’ai joué un rôle actif dans cette affaire, mais une satisfaction pour la France d’avoir aidé les Centrafricains à trouver le chemin d’un accord leur permettant de surmonter leurs propres divisions, sans pour autant jamais entrer dans le contenu de l’accord passé entre les communautés : ainsi que je l’explique dans le livre, les réunions que j’ai organisées à la résidence après avoir tenu les meetings dans les quartiers, je me suis contenté de les arbitrer sur la forme. En rien sur le fond. Et c’est pour cela d’ailleurs que cela a fonctionné : les points d’accord ont été élaborés par les Centrafricains eux-mêmes. Et je suis persuadé que le succès du Forum de Bangui qui a suivi a bénéficié des résultats concrets de cette initiative. Lors du Forum, même si les partenaires internationaux étaient présents, ce sont les Centrafricains eux-mêmes qui ont défini les points sur lesquels il se mettaient d’accord, et comment il poursuivaient la tâche.

En finir avec la Françafrique.

C’est d’ailleurs je crois la clé de tout cela. En finir avec la Françafrique au sens de l’interventionnisme, agir en appui, en soutien, mais ne pas intervenir sur les choix au fond. Et rester modeste.

De ce point de vue, après le retrait de Sangaris, c’est un sentiment d’abandon qui a saisi les Centrafricains, sentiment que je comprends totalement – je me suis battu contre cette décision de retirer la Force même s’il fallait la réduire, la force de paix des Nations unies n’était absolument pas en mesure de tenir le terrain, et elle l’a malheureusement montré.

Aujourd’hui un sentiment d’abandon et l’arrivée de la Russie en Centrafrique. 

Charles Malinas : Ce sentiment d’abandon et l’arrivée de la Russie à qui nous avons ouvert la voie entraîne un rejet relatif de la France. Je dis relatif car il ne concerne pas tous les Centrafricains, mais un nombre important. Pour combattre ce sentiment, il faudrait continuer d’agir dans ce pays de manière responsable, au contraire de ce qui a été fait : en coupant les aides budgétaires, en adoptant une attitude de pays offensé, vexé, en refusant comme je le vois encore aujourd’hui dans la presse, d’accorder un visa à des personnalités centrafricaines de premier plan, on ferme le dialogue alors que, loin de là, il faut l’entretenir par tous les canaux dont nous disposons, et ils sont nombreux, et ne pas lâcher nos amis centrafricains qui sont attachés à notre lien séculaire et qui considèrent que la France a un rôle à jouer dans le redressement du pays, indépendamment de la présence de telle ou telle force étrangère. Je ne dis pas que c’est facile à faire, je dis qu’il faut être dans cet état d’esprit.

Des amitiés nouées qui survivent au départ de l’Ambassadeur du pays. 

Boris Faure : On sent que vous avez développé de solides amitiés parmi les personnalités centrafricaines côtoyées sur le terrain. L’athée revendiqué est devenu l’ami du cardinal Dieudonné Nzapalaianga que vous décrivez comme un saint tant il oeuvre pour s’interposer et prêcher le pardon même quand des chrétiens se font massacrer. En Afrique avez-vous trouvé, sinon la foi, au moins un supplément de spiritualité  intérieure face à la mort et l’horreur grâce à l’exemplarité et l’amitié de certaines grandes âmes qui vous ont inspiré ?

Charles Malinas : J’ai noué des amitiés fortes en Centrafrique. Des amitiés qui perdurent aujourd’hui. Au point que je peux dire que la Centrafrique reste mon second pays.

Quant à la spiritualité, je ne suis pas certain de pouvoir répondre à cette question…

J’ai en tout cas beaucoup d’admiration pour toutes les personnes qui ont pris des risques considérables pour ramener la paix, pour redresser le pays. Des risques personnels, sur leur vie.

Une affaire injuste, le reproche du laxisme supposé sur l’attribution de visas. 

Boris Faure : Il est difficile de ne pas évoquer l’affaire des visas, qui semble assez saugrenue aujourd’hui mais qui vous a conduit à être sanctionné pour un supposé laxisme dans l’attribution de ces titres de séjour aux Centrafricains. En tant que lecteur on ressent une grande injustice à découvrir que vous avez été débarqué de votre poste d’Ambassadeur à Prague, qui vous avez été proposé après la réussite de votre mission en Afrique. Vivez-vous cet épisode comme une blessure ? 

Charles Malinas : J’ai évoqué à la fin du livre la sanction qui a été prononcée contre moi pour avoir « conduit une politique laxiste des visas ». Comme je l’écris, j’avais autre chose à faire qu’à m’occuper des visas et je ressens comme profondément injuste la façon dont j’ai été traité. Mais la page est tournée, et ce que les Centrafricains vivent aujourd’hui est autrement plus grave que ce qui m’est arrivé.

J’ai été rappelé de Prague le 13 décembre 2016, sans pouvoir faire mes adieux à qui que ce soit, j’ai eu quelques heures pour quitter le pays. Ensuite j’ai vécu cinq années extrêmement difficiles.

Aujourd’hui, la page est heureusement tournée.

Le Quai aujourd’hui et la réforme du statut de diplomate. 

Boris Faure : Quel conseil pourriez-vous donner aux impétrants qui souhaitent embrasser la carrière diplomatique et qui s’intéressent à l’Afrique où la France est parfois malmenée ?

Charles Malinas : Je suis préoccupé par la manière dont la politique étrangère est envisagée depuis quelques années. La dernière évolution avec la suppression du corps diplomatique me renforce dans cette inquiétude.

Je suis un diplomate plutôt atypique, pour autant je ne pense pas que tous les diplomates doivent être atypiques.

La force du Quai d’Orsay, c’était sa réflexion, sa capacité d’analyse, et parfois (pas assez souvent à mon goût) la traduction dans l’action. Depuis quelques mandats présidentiels, la cellule diplomatique de l’Élysée a tendance à se substituer à cet appareil diplomatique, en l’utilisant à l’occasion mais pas forcément.

D’autres ministères, d’autres organismes développent une capacité de réflexion sur la politique étrangère, souvent de qualité. Cette dispersion dans l’appareil d’État ne me paraît pas être une bonne chose.

Le Quai a perdu en qualité de réflexion 

Charles Malinas : Le Quai d’Orsay a perdu en qualité de réflexion, il néglige également l’indispensable interaction entre les postes et le Département –dans le cas de ma mission en RCA, le fait que j’aie eu au téléphone pratiquement tous les jours un entretien avec le Quai a été un élément essentiel dans la réussite car les décisions ont été prises en prenant en compte à la fois les impératifs globaux et les circonstances de terrain.

Développer une diplomatie efficace, c’est donc avoir, à mon avis, une réflexion d’ensemble au service d’une vision du monde, et une mise en œuvre concertée entre Paris et le terrain – ce que les moyens actuels de communication permettent sans aucune difficulté.

Vision du monde : en avons nous une aujourd’hui ? Réflexion : même question. Interaction : même question également.

Ainsi, comment donner un conseil aux impétrants alors que je ne sais pas si, aujourd’hui, je choisirais encore le Quai à la sortie de l’ENA ?


Boris Faure

Boris Faure est l'ex 1er Secrétaire de la fédération des expatriés du Parti socialiste, mais c'est surtout un expert de la culture française à l'étranger. Il travaille depuis 20 ans dans le réseau des Instituts Français, et a été secrétaire général de celui de l'île Maurice, avant de travailler auprès des Instituts de Pologne et d'Ukraine. Il a été la plume d'une ministre de la Francophonie. Aujourd'hui, il collabore avec Sud Radio et Lesfrancais.press, tout en étant auteur et représentant syndical dans le réseau des Lycées français à l'étranger.

 

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16 janvier 2023 1 16 /01 /janvier /2023 23:39
Centrafrique : le 4e congrès du SOCAGO prend fin à Bangui

 

 

https://www.radiondekeluka.org/ dimanche 15 janvier 2023 13:35

Les assises du 4ème Congrès de la société centrafricaine de gynécologie et d’obstétrique (SOCAGO) ont pris fin le jeudi 13 janvier 2023 à Bangui. Durant 4 jours, plusieurs sujets importants liés à la santé de la femme, de la mère et de l’enfant ont été abordés.

Ouverts le mardi 10 janvier 2023, les échanges, qui ont duré 4 jours, ont traité des cancers gynécologiques et mammaires. Plusieurs sous-thèmes ont été développés. L’objectif, selon les prestataires de la santé, est d’améliorer la qualité des services en faveur de la mère et de l’enfant.

Ces moments d’échanges et de partage d’expérience ont mobilisé plus de 500 professionnels de santé de la République centrafricaine et de 19 autres pays africains. En plus du thème principal axé sur les cancers gynécologiques et mammaires, les hémorragies génitales, causes du décès de nombreuses femmes, la planification familiale et la prise en charge du nouveau-né en maternité, ont été les sujets les plus débattus. Un accent particulier a été aussi mis sur l’appropriation des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les consultations prénatales.

Huit consultations au lieu de 4

"Nous avons de nouvelles méthodes qui nous permettent de dépister, pas avec de grands moyens, mais le plutôt possible, les cancers afin d’éviter les cas de décès chez les femmes. Dans nos communautés, nous pouvons amener les femmes à faire des prélèvements elles-mêmes au niveau du col de l’utérus pour les apporter dans les formations sanitaires. Avant, 4 consultations prénatales recentrées suffisaient avant l’accouchement mais, avec les nouvelles directives de l’OMS, il est maintenant question qu’une femme enceinte puisse avoir 8 contacts avec le personnel soignant avant l’accouchement", a apprécié Zoé Eulalie Deganaï, sage-femme à l’hôpital du district de Bossangoa.

- Lire aussi : Centrafrique : Dauphin Royal répond à la sollicitation du ministère de la santé

Le président de la Société des gynécologues et obstétriciens du Cameroun (SOGOC), se félicite de la tenue de ces échanges riches en contenu.

Partage d’expériences

"Nous avons des problématiques identiques dans nos différents pays notamment, la lutte contre le cancer gynéco-mammaire, c’est-à-dire le cancer du sein et le cancer du col. Et, ces problématiques sont mieux abordées lorsque nous partageons les expériences. De façon pratique, il y a des habitudes que nous développons et qui ont donné des résultats et que nous pourrons partager pour permettre à ce que les uns et les autres diminuent la mentalité liée à ces maladies dans nos différents pays", a proposé Pr Émile Télesphore Mboudou, président de la Société des gynécologues et obstétriciens du Cameroun.

A l’ouverture de ce 4ème congrès de la SOCAGO, le président de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadéra, a mis l’accent sur les ressources humaines pour réduire le décès de la mère et de l’enfant. Il a promis de travailler sur les moyens afin de soutenir la lutte contre le décès de la mère et de l’enfant.

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16 janvier 2023 1 16 /01 /janvier /2023 23:24
RCA : LA COUR PENALE SPÉCIALE « DANS LES STARTING-BLOCKS »

Lu pour vous

 

CENTRAFRIQUE : LA COUR SPÉCIALE « DANS LES STARTING-BLOCKS » (1/2)

https://www.justiceinfo.net/ 16 JANVIER 2023 PAR FRANCK PETIT, ENVOYÉ SPÉCIAL À BANGUI

Le mandat de la Cour pénale spéciale (CPS) a été renouvelé pour cinq ans par l’Assemblée nationale de Centrafrique, le 28 décembre, malgré ses maigres résultats. Depuis sa création en 2015, ce tribunal hybride soutenu par l’Onu a mené un seul procès. Quelles leçons tirer de ce premier jugement, alors que plusieurs arrestations ont eu lieu récemment et que de nouveaux dossiers d’instruction seraient sur le point d’être bouclés ?

« Lutter contre l’impunité, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que nous voulons par cette cour remplacer les kalachnikovs, les roquettes et les obus par des articles du Traité de Rome pour que ce soit ces articles-là qui soient désormais nos obus, nos roquettes contre les gens qui ont fait du mal au peuple. Si l’on a des gens qui vont nous produire une décision trois ou quatre ans après, qui n’aura plus de relation avec les faits qui ont été commis et qui n’aura pas l’impression de soulager les victimes, ça ne vaut pas la peine. » Ainsi parlait Joseph Bindoumi, président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme, le 23 mai 2015 lors d’un débat sur Radio Ndeke Luka, principale radio privée de Centrafrique.

La création de la Cour pénale spéciale (CPS) venait d’être votée dans l’enthousiasme du Forum national de Bangui, organisé pour promouvoir la paix et tourner le dos aux années de chaos et de violences perpétrées, notamment, par les milices dites « anti-balaka » et celles de la Seleka, mouvement rebelle ayant renversé le président François Bozizé en mars 2013, avant d’être chassé du pouvoir un an plus tard. Mais déjà, certains acteurs de la société civile, très actifs au Forum de Bangui et témoins des lenteurs de la Cour pénale internationale (CPS) depuis l’ouverture de ses enquêtes en Centrafrique en 2007, s’interrogeaient sur le modèle de ce nouveau tribunal dit « hybride », composé de Centrafricains et de personnel international, et soutenu par l’Onu.

Sept ans et quelques mois plus tard, le premier jugement de la CPS a été rendu, le 31 octobre 2022, contre trois membres d’un groupe armé (Issa Sallet Adoum, Yaouba Ousman et Mahamat Tahir), reconnus coupables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. Pour des faits survenus en 2019, des années après la création de la cour, et ayant causé la mort d’au moins 32 civils dans des villages du nord-ouest du pays, non loin de Paoua. Les condamnés sont des ex-rebelles du puissant groupe « 3R » de Sidiki Abass, fondé à l’origine pour protéger la minorité peule des exactions des anti-balaka.

Leur chef ne sera pas jugé. Nommé conseiller militaire à la Primature après sa participation à l’accord de paix signé en avril 2019 à Khartoum, Abass a par la suite rejoint une nouvelle coalition rebelle qui a tenté de prendre la capitale Bangui, fin 2020. Blessé au combat, sa mort a été officiellement annoncée début 2021.

AMÉLIORER LA QUALITÉ DES JUGEMENTS

Ce premier procès, dont l’ouverture avait été annoncée pour le 19 avril 2022, a lui-même été marqué par un faux départ dû au boycott des avocats de la défense, insatisfaits de leur rémunération. Ayant en partie obtenu gain de cause (avec un forfait qu’ils veulent toujours renégocier), le procès a pu finalement démarrer le 16 mai. Si les Centrafricains ont pu le suivre via les radios locales, il a été peu visible à l’international du fait des difficultés de retransmission en streaming. En privé, des juristes proches de la Cour confient que la chambre d’assises n’a pas particulièrement brillé par la tenue de ses débats, ni par la qualité juridique de ses décisions. Sont notamment pointés du doigt le manque d’expérience des procès pour crimes internationaux et l’absence d’assistants pour les juges et les avocats.

« À la CPS, l’avocat est seul, sans assistant, confirme Me Célestin Nzala, chef du Corps spécial d’avocats désignés pour agir devant la CPS. Dans le procès, il y avait trois avocats de la défense, un par accusé, et deux avocats des parties civiles, la deuxième étant arrivée sur le tard, pour 51 parties civiles. Les bailleurs pressaient pour un procès. Les choses ont été faites à la va-vite et ils n’ont pas pu réunir assez de parties civiles. » Depuis, des conseillers juristes sont recrutés par la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) et par le Pnud, deux organes de l’Onu qui appuient la CPS, pour « garantir des décisions de qualité (y compris pour améliorer les compétences rédactionnelles) » aux chambres et « pour garantir un procès équitable (y compris par des avocats internationaux en appui aux avocats nationaux) », selon une note externe adressée à leurs partenaires, datée du 10 novembre.

Cela doit notamment servir deux enjeux prioritaires : l’appel déposé par la défense et la demande en réparation des parties civiles – pour laquelle une audience est attendue fin janvier.

« DES ACCUSÉS SE SONT EXCUSÉS, C’EST PÉDAGOGIQUE »

Les voix critiques soulignent que ce procès en forme de ban-d’essai visait surtout à obtenir le renouvellement du mandat de la CPS, qui arrive à expiration en octobre 2023. « Ils se sont précipités pour organiser un procès, pour renouveler le mandat. Ils sont là pour faire durer. C’est comme tous ces projets des Nations unies, il ne faut pas en attendre grand-chose », cingle Maurice Dibert-Dollet, un ancien procureur général de Bangui, conseiller à la Cour de cassation. « En cinq ans, un seul dossier jugé, c’est zéro », avec un budget annuel « équivalent à celui de tout le ministère de la Justice, prison, tribunaux, tout compris », lâche un autre haut magistrat, ancien ministre de la Justice, qui souhaite garder l’anonymat. 

Pour d’autres, ce procès a eu le mérite d’exister et peut redonner espoir aux victimes. « C’est le tout premier procès, il peut y avoir des difficultés mais pour moi, il s’est bien déroulé. Les victimes attendent que la Cour commence à juger ceux qui ont commis les crimes les plus graves dans le pays. Selon les échos que nous avons des populations, c’est une satisfaction. Ceux qui ont ôté la vie se sont retrouvés en justice. Il y en a même qui se sont excusés. C’est un message fort, c’est pédagogique », estime le président de la CPS, Michel Landry Luanga.

« Le procès était édifiant, ajoute-t-il. Les accusés ont expliqué comment ils s’y prenaient. C’est très significatif. Par rapport à nos collègues [de la CPI] qui ont jugé Bemba [Jean-Pierre Bemba, homme politique et chef de guerre congolais, poursuivi pour des crimes commis en Centrafrique en 2002-2003 et acquitté par la CPI en 2018] et ont échoué. Alors que s’ils avaient mis la main sur des responsables de terrain pour qui les moyens de preuve sont suffisants, ils auraient eu des résultats. La population suit ces procès où les auteurs se confessent devant les victimes. »

« ON POURRAIT AVOIR SIX PROCÈS » DANS LES DEUX ANS

Le 28 décembre, la CPS a vu son mandat être renouvelé pour cinq ans. Après tant de retards, cette fois-ci la Cour est prête, assure-t-on de concert aux chambres, à l’instruction et au parquet, à sortir de ses starting-blocks pour enfin entrer dans la phase des procès. Chiffres à l’appui. Selon les données mises à jour fin décembre et communiquées à Justice Info, la CPS garde aujourd’hui sous les verrous 15 inculpés, plus les trois condamnés en première instance ; en plus des individus emprisonnés, trois autres sont sous contrôle judiciaire ; trois en liberté provisoire ; et un s’est « évadé ».

Sur un total de 19 dossiers à l’instruction, deux seraient près de la conclusion. Et selon le procureur spécial Toussaint Muntazini, si chacun des trois cabinets d’instruction clôture deux dossiers dans l’année, « on pourrait avoir six procès » dans les deux ans qui viennent.

 

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15 janvier 2023 7 15 /01 /janvier /2023 00:21
Passe d’armes sur Wagner entre les USA et la Russie à l’ONU
Passe d’armes sur Wagner entre les USA et la Russie à l’ONU

 

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com/  par la rédaction de Mondafrique  14 janvier 2023

Le 10 janvier au Conseil de Sécurité, Américains et Russes se sont étripés au sujet de Wagner en Afrique.

Les premiers accusant les seconds de s’ingérer dans les affaires intérieures des pays africains et d’augmenter la probabilité que l’extrémisme violent se développe. La représentante de Moscou a jugé que ces assertions « étonnantes » manquaient « de bon sens » en rappelant que les USA font la même chose et en citant l’exemple libyen. Mais la Russie était bien seule.

Dans cette démarche, Washington a été soutenu par la France. Sa conseillère politique, Isis Jaraud-Darnault a dénoncé l’impact « néfaste » et « dévastateur » des mercenaires de Wagner, leurs violations des droits humains et le meurtre présumé de 30 civils au Mali.  Même tonalité du côté britannique qui a imputé à Moscou la détérioration de la sécurité au Mali, au Burkina Faso au Nigéria et dans le bassin du lac Tchad.

Il est vrai que les hommes de Wagner ne sont pas des enfants de chœur et que leur arrivée au Mali n’a pas amélioré la situation sécuritaire, néanmoins, leur faire porter le chapeau de tous les maux de la région alors qu’ils ne sont arrivés à Bamako qu’à la fin de 2021 relève de la très mauvaise foi.

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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 23:43
La Centrafrique veut "retisser les liens de confiance" avec Paris, selon son ambassadeur
La Centrafrique veut "retisser les liens de confiance" avec Paris, selon son ambassadeur
La Centrafrique veut "retisser les liens de confiance" avec Paris, selon son ambassadeur

 

Lu pour vous

 

La Centrafrique veut "retisser les liens de confiance" avec Paris, selon son ambassadeur

13 janvier 2023 à 17h06 par AFP

La République centrafricaine veut "retisser les liens de confiance" avec la France, a indiqué vendredi à l'AFP son nouvel ambassadeur à Paris Flavien Mbata, alors que les relations diplomatiques se sont dégradées ces dernières années entre les deux pays.

Le poste était vacant depuis près d'un an. Le diplomate a pris ses fonctions vendredi. Paris dénonce des campagnes de désinformation, qui seraient alimentées depuis Moscou, et nourrissant dans le pays le sentiment antifrançais. La France déplore en particulier l'emprise croissante du groupe russe Wagner, accusé par l'ONU de graves violations des droits de l'Homme en RCA.

 "Au cours d'une cérémonie, j'ai remis ma lettre de créances au président français Emmanuel Macron qui l'a acceptée", a déclaré M. Mbata. "La quintessence du message, c'est la volonté du président centrafricain (Faustin-Archange) Touadéra de retisser les liens de confiance entre la France et la République centrafricaine dans le cadre de notre coopération bilatérale", a-t-il ajouté.

Il a précisé qu'il s'agissait de rendre cette relation "plus dynamique" et de "la diversifier" en l'étendant au-delà du secteur économique, au secteur culturel ou sportif par exemple. Magistrat, ancien directeur de cabinet du président de la Cour constitutionnelle et ancien ministre de la Justice, Flavien Mbata a assuré que tous les sujets seraient "sur la table", qu'il n'y aurait "pas de sujets tabous". Mi-décembre, les 47 derniers militaires français déployés en Centrafrique étaient partis.

Ce retrait avait été décidé par Paris à l'été 2021 précisément face au rôle grandissant du groupe paramilitaire russe Wagner dans ce pays en guerre civile depuis 2013. Ancienne puissance coloniale, la France avait déployé en 2013 plus d'un millier de soldats en Centrafrique dans le cadre de l'opération Sangaris, avec le feu vert de l'ONU, pour y faire cesser les violences intercommunautaires. Sangaris, qui a compté jusqu'à 1.600 hommes, a duré jusqu'en 2016.

A la faveur du vide créé par le départ du plus gros des troupes françaises, Moscou a dépêché dans le pays des "instructeurs militaires" en 2018, puis des centaines de paramilitaires en 2020 à la demande de Bangui, confrontée à une rébellion menaçante.

 

 

La Centrafrique, sous l'emprise de Moscou, veut replonger dans les bras de la France

2023/1/13 18:31 GMT

La République centrafricaine veut «retisser les liens de confiance» avec la France, a indiqué à l'AFP son nouvel ambassadeur à Paris Flavien Mbata, alors que les relations diplomatiques se sont dégradées ces dernières années entre les deux pays.

 Le poste était vacant depuis près d'un an. Le diplomate a pris ses fonctions vendredi.

Paris dénonce des campagnes de désinformation, qui seraient alimentées depuis Moscou, et nourrissant dans le pays le sentiment antifrançais. 

La France déplore en particulier l'emprise croissante du groupe russe Wagner, accusé par l'ONU de graves violations des droits de l'Homme en RCA. «Au cours d'une cérémonie, j'ai remis ma lettre de créances au président français Emmanuel Macron qui l'a acceptée», a déclaré Flavien Mbata.

Retisser les liens

«La quintessence du message, c'est la volonté du président centrafricain (Faustin-Archange) Touadéra de retisser les liens de confiance entre la France et la République centrafricaine dans le cadre de notre coopération bilatérale», a-t-il ajouté.

Il a précisé qu'il s'agissait de rendre cette relation «plus dynamique» et de «la diversifier» en l'étendant au-delà du secteur économique, au secteur culturel ou sportif par exemple.

Magistrat, ancien directeur de cabinet du président de la Cour constitutionnelle et ancien ministre de la Justice, Flavien Mbata a assuré que tous les sujets seraient «sur la table», qu'il n'y aurait «pas de sujets tabous».

Mi-décembre, les 47 derniers militaires français déployés en Centrafrique étaient partis.

Ce retrait avait été décidé par Paris à l'été 2021 précisément face au rôle grandissant du groupe paramilitaire russe Wagner dans ce pays en guerre civile depuis 2013.

 

 

La Centrafrique veut «retisser les liens de confiance» avec Paris, selon son ambassadeur

Par Le Figaro avec AFP

Publié , mis à jour 

La République centrafricaine veut «retisser les liens de confiance» avec la France, a indiqué vendredi à l'AFP son nouvel ambassadeur à Paris Flavien Mbata, alors que les relations diplomatiques se sont dégradées ces dernières années entre les deux pays. Le poste était vacant depuis près d'un an. Le diplomate a pris ses fonctions vendredi.

Paris dénonce des campagnes de désinformation, qui seraient alimentées depuis Moscou, et nourrissant dans le pays le sentiment antifrançais. La France déplore en particulier l'emprise croissante du groupe russe Wagner, accusé par l'ONU de graves violations des droits de l'Homme en RCA. «Au cours d'une cérémonie, j'ai remis ma lettre de créances au président français Emmanuel Macron qui l'a acceptée», a déclaré Flavien Mbata.

Retisser les liens

«La quintessence du message, c'est la volonté du président centrafricain (Faustin-Archange) Touadéra de retisser les liens de confiance entre la France et la République centrafricaine dans le cadre de notre coopération bilatérale», a-t-il ajouté.

Il a précisé qu'il s'agissait de rendre cette relation «plus dynamique» et de «la diversifier» en l'étendant au-delà du secteur économique, au secteur culturel ou sportif par exemple.

Magistrat, ancien directeur de cabinet du président de la Cour constitutionnelle et ancien ministre de la Justice, Flavien Mbata a assuré que tous les sujets seraient «sur la table», qu'il n'y aurait «pas de sujets tabous».

Mi-décembre, les 47 derniers militaires français déployés en Centrafrique étaient partis. Ce retrait avait été décidé par Paris à l'été 2021 précisément face au rôle grandissant du groupe paramilitaire russe Wagner dans ce pays en guerre civile depuis 2013.

Ancienne puissance coloniale, la France avait déployé en 2013 plus d'un millier de soldats en Centrafrique dans le cadre de l'opération Sangaris, avec le feu vert de l'ONU, pour y faire cesser les violences intercommunautaires. Sangaris, qui a compté jusqu'à 1.600 hommes, a duré jusqu'en 2016.

À la faveur du vide créé par le départ du plus gros des troupes françaises, Moscou a dépêché dans le pays des «instructeurs militaires» en 2018, puis des centaines de paramilitaires en 2020 à la demande de Bangui, confrontée à une rébellion menaçante.

 

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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 23:38
Moscou crée une "Organisation africaine pour la russophonie

 

Lu pour vous

 

"Un gros instrument de lobbying" : Moscou crée une "Organisation africaine pour la russophonie" pour développer son influence sur le continent

https://www.francetvinfo.fr/ Publié le 14/01/2023 11:50 Jean-Sébastien Soldaïni - franceinfo Radio France Franceinfo

En même temps que la guerre en Ukraine, les Russes poursuivent leurs actions d'influence en Afrique. Depuis quelques semaines est apparue une nouvelle institution, l'Organisation africaine pour la russophonie, où il n’est pas seulement question de promouvoir la langue de Tolstoï.

L'Organisation africaine pour la russophonie a été discrètement créée il y a quelques semaines à Bangui, la capitale de la Centrafrique. Le site internet Russophonie Afrique la présente comme une simple association pour aider à étudier en Russie, obtenir des visas ou faire des affaires. Mais Frédéric Lejal, spécialiste de l'Afrique et ancien rédacteur en chef de La Lettre du Continent, considère que Moscou franchit là un nouveau seuil d'influence.

Et la langue n'est qu'un prétexte. "Ça va être un réseau d’hommes d’affaires, d’hommes politiques qui vont se rencontrer, qui vont échanger et ça va créer une sorte de toile pour que Moscou puisse étendre son influence dans le financement privé ou dans le financement public, prédit-il. Je vois ça comme un gros instrument de lobbying pour faire du business, pour approcher différents chefs d’État."

"Pour moi, c’est un centre névralgique de l’influence et du réseau de la Russie en Afrique."

Frédéric Lejal, ancien rédacteur en chef de "La Lettre du Continent" 

L'idée est aussi bien sûr de grignoter l'influence française dans la région. En juillet dernier, Emmanuel Macron avait fait une tournée africaine, simultanément à celle effectuée par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Entre la Russie et la France, il y a d'abord l'affrontement sur le terrain sécuritaire. Alors que la France retire peu à peu ses soldats du Mali, la Russie gagne, elle, du terrain. Elle a des coopérations militaires avec une vingtaine de pays sur le continent. Et avec le conflit en Ukraine, cette guerre d'influence se joue aussi sur le terrain commercial et alimentaire.

"À bas la France", "Vive Poutine et la Russie" : ces slogans qui se multiplient dans les pays du Sahel

Les Russes ont donc placé à la tête de l'organisation, Émile Parfait Simb. Qualifié de fleuron du "soft power russe" par le magazine Jeune Afrique, Émile Parfait Simb est un entrepreneur controversé, dont la société opère dans les cryptomonnaies ou dans l'aviation, et également conseiller du président de l’Assemblée nationale en Centrafrique. Il est suspecté d'escroquerie aux États-Unis, au Canada et au Cameroun. C’est un  proche du groupe Wagner et de toutes les personnalités africaines qui manifestent la moindre sympathie pour Moscou.

Sur le plan économique, la Russie pèse toujours deux fois moins que la France en Afrique. Un deuxième sommet Russie/Afrique doit se tenir cette année.

 

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Centrafrique-Presse.com
14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 23:28
Paris et Berlin appellent l'Afrique à condamner l'agression russe en Ukraine

 

Lu pour vous

 

https://afrique.tv5monde.com/ Mise à jour le 13 janvier 2023 à 15:00 par AFP
©
2023 AFP

Les cheffes de la diplomatie française et allemande ont appelé vendredi les pays africains à condamner l'agression russe en Ukraine, tout en insistant sur la volonté de l'UE d'intensifier ses relations avec l'Union Africaine.

"Il est important (à propos de la guerre en Ukraine, ndlr) de se souvenir qu'il y a un agresseur et un agressé et il est important que tous disent à l'agresseur qu'il doit cesser son agression", a déclaré la ministre française Catherine Colonna à Addis Abeba.

"Nous avons des intérêts communs et nous avons des attentes à l'égard de nos amis africains et nous vous en avons fait part", a-t-elle ajouté, à l'issue d'un point presse au siège de l'Union africaine.

Même message délivré par son homologue allemande Annalena Baerbock: "La paix en Europe est attaquée (...) nous avons besoin de vous, nous avons besoin de l'Afrique pour défendre la paix".

Plusieurs Etats africains s'étaient abstenus en mars, lors d'un vote de l'Assemblée générale de l'Onu sur une résolution exigeant "que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine".

"Nous voyons l'effet de cette guerre russe brutale partout dans le monde et particulièrement dans la corne de l'Afrique", où la Russie utilise les céréales comme une arme de guerre en entravant les livraisons ukrainiennes, a continué Mme Baerbock.

Les deux ministres, arrivées jeudi en Ethiopie pour une visite de deux jours, s'exprimaient aux côtés de Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'Union africaine.

"Nous voulons intensifier la relation entre l'UE et l'Union africaine", a déclaré Mme Baerbock, qui a rappelé le soutien de l'Allemagne à une réforme du Conseil de sécurité permanent de l'Onu, qui permettrait au continent africain d'y avoir deux sièges permanents.

Mme Colonna a également prôné une "meilleure intégration du continent africain à la gouvernance mondiale" avec une meilleure représentation de celui-ci au Conseil de sécurité et une place de l'Union Africaine au sein du G20.

Qualifiant "d'injustice qui doit être réparée" l'absence de l'Afrique au Conseil de sécurité des Nations unies, Moussa Faki Mahamat s'est félicité du "soutien" de la France et de l'Allemagne. Les Etats-Unis soutiennent également une telle réforme.

Après le sommet, il y a près d'un an, entre l'Union Africaine et l'UE, "nous voulons continuer à bâtir sur les principes qui ont été approuvés" en vue de renforcer la coopération entre les deux partenaires, a affirmé Mme Colonna.

 

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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 23:22
Comment Wagner se finance

Lu pour vous

 

Enquête sur l’eldorado d’Evgueni Prigojine en Centrafrique et au Cameroun

Enquête au cœur de la « multinationale » Wagner.

12 janvier 2023 à 12:10 Jeune Afrique

Jeune Afrique a enquêté sur les finances du groupe russe Wagner en Centrafrique et au Cameroun. Des retombées potentielles de plusieurs dizaines de millions d’euros.

• Les mercenaires d’Evgueni Prigojine exploitent notamment la mine de Ndassima, en Centrafrique, où ils fondent des lingots d’or, expédiés ensuite en toute discrétion vers la Russie.

• Grâce à des contacts au Cameroun, le port de Douala est devenu la plaque tournante de leurs opérations commerciales. Ils espèrent y élargir leurs activités pays où ses mercenaires interviennent. Jeune Afrique a enquêté sur les finances du groupe russe Wagner en Centrafrique et au Cameroun. Des retombées potentielles de plusieurs dizaines de millions d’euros.

• Grâce à des contacts au Cameroun, le port de Douala est devenu la plaque tournante de leurs opérations commerciales. Ils espèrent y élargir leurs activités

C’est l’une des rares routes secondaires réellement praticables de la région de la Ouaka, dans le centre de la Centrafrique. Une bande de goudron récente qui s’étend sur environ dix kilomètres à travers la brousse, de la ville de Ndassima à la mine d’or du même nom. Saignée sombre et vitale dans un océan de verdure et d’ocre. Le ballet des camions y est régulier. Très surveillé aussi. Le long de l’itinéraire, plusieurs points de contrôle ont été installés, tenus par des hommes des Forces armées de la République centrafricaine (Faca).

Chaque chauffeur y est interrogé et scruté, tandis que son véhicule est soigneusement fouillé. Ces dernières années, le site minier de Ndassima a été entouré d’une clôture. Elle serpente, quasiment hermétique, dans la forêt du centre centrafricain, barrière végétale qui contribue elle-même à rendre le site presque impénétrable. L’œuvre d’ouvriers locaux, sous la supervision d’ingénieurs russes du désormais célèbre groupe Wagner.

Dès 2018, ces derniers ont en effet jeté leur dévolu sur Ndassima. C’est tout sauf une surprise : depuis de nombreuses années, cette mine d’or, objet de convoitises, est présentée par les experts miniers internationaux comme l’un des seuls gisements potentiellement rentables du pays.

De l’or au café, en passant par le bois et les spiritueux, le groupe russe a fait de la Centrafrique et du Cameroun l’épine dorsale d’un réseau d’entreprises dont les profits se chiffrent en millions d’euros.

12 janvier 2023 à 12:10

C’est l’une des rares routes secondaires réellement praticables de la région de la Ouaka, dans le centre de la Centrafrique.  Une bande de goudron récente qui s’étend sur environ dix kilomètres à travers la brousse, de la ville de Ndassima à la mine d’or du même nom. Saignée sombre et vitale dans un océan de verdure et d’ocre. Le ballet des camions y est régulier. Très surveillé aussi. Le long de l’itinéraire, plusieurs points de contrôle ont été installés, tenus par des hommes des Forces armées de la République centrafricaine (Faca). Chaque chauffeur y est interrogé et scruté, tandis que son véhicule est soigneusement fouillé. Ces dernières années, le site minier de Ndassima a été entouré d’une clôture.

Elle serpente, quasiment hermétique, dans la forêt du centre centrafricain, barrière végétale qui contribue elle-même à rendre le site presque impénétrable. L’œuvre d’ouvriers locaux, sous la supervision d’ingénieurs russes du désormais célèbre groupe Wagner. Dès 2018, ces derniers ont en effet jeté leur dévolu sur Ndassima. C’est tout sauf une surprise : depuis de nombreuses années, cette mine d’or, objet de convoitises, est présentée par les experts miniers internationaux comme l’un des seuls gisements potentiellement rentables du pays. Un accord entre Wagner et Ali Darassa dès 2018

Les Canadiens de la société Axmin s’y sont d’abord longtemps cassé les dents, ayant maille à partir avec les groupes armés locaux. En 2012, la mine était ainsi passée sous le contrôle de la Séléka, qui l’a exploitée de façon artisanale sous l’autorité d’Ali Darassa et de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC). Avec des mineurs centrafricains dopés au tramadol et à ses ersatz, le site aurait alors péniblement extrait une quinzaine de kilogrammes d’or par mois. Une broutille pour Ndassima. L’UPC en contrôlera toutefois seule l’activité pendant environ six ans, écartant Axmin, qui clame pourtant aujourd’hui y avoir investi près de 800 millions d’euros. Puis les hommes de Wagner sont arrivés. Nous sommes en 2018. À Bangui, le groupe de mercenaires russes n’a pas encore pignon sur rue.

Le gouvernement nie sa présence, la diplomatie française minimise son importance et ses hommes, Valery Zakharov et Dmitri Sytyi en tête, se font discrets. Le premier est pourtant officieusement conseiller en sécurité du chef de l’État Faustin-Archange Touadéra. Le second, spécialisé en communication et en management, parfaitement francophone, est le traducteur et le référent pour les opérations de propagande et les ambitions économiques. Dans la capitale, le tandem va accueillir plusieurs ingénieurs russes chargés d’étudier le sous-sol centrafricain et de déterminer son potentiel rémunérateur. Un premier pas.

À LIRE Centrafrique : Ali Darassa, ennemi d’État(s)

Durant le deuxième trimestre de 2018, plusieurs d’entre eux, dont le géologue Sergueï Laktionov, voyageant à bord d’un avion Cessna, sont signalés dans le Centre-Est, dans les régions de Kaga-Bandoro et de Bambari notamment, où l’emprise de l’UPC est forte. Les cerveaux de Wagner ont créé à Bangui une société minière baptisée Lobaye Invest, au nom d’un certain Evgueni Kodhotov – l’un des lieutenants du financier de Wagner Evgueni Prigojine en matière commerciale –, et entretiennent des liens étroits avec une seconde, Midas Ressources, enregistrée à Madagascar. Ces sociétés doivent leur permettre de se lancer dans une exploitation minière susceptible de soutenir les activités du groupe en matière de sécurité. Ndassima apparaît vite comme une opportunité en or. Discrètement, Wagner entre en négociations avec Ali Darassa. En cette année 2018, celuici est dans de bonnes dispositions. Il est ouvert à un accord avec Faustin Archange Touadéra, lequel lui permettrait d’obtenir une position ofcielle dans la région de Bambari, qu’il considère comme son fef. Entre le rebelle et le chef de l’État, Wagner joue les facilitateurs et Ndassima entre dans la balance. Ali Darassa accepte de laisser les Russes y développer l’exploitation, moyennant un paiement régulier pour lui-même et ses troupes, qui fournissent alors sécurité et main-d’œuvre.

En contrepartie, le rebelle lance l’UPC sur la voie des accords de paix de Khartoum, qui seront signés en février 2019. Une centrale logistique à Douala Ali Darassa nommé conseiller spécial du Premier ministre Firmin Ngrebada par un décret de Faustin-Archange Touadéra en mars 2019, l’exploitation russe de Ndassima se met en place lentement. Quelques mois plus tard, en novembre, Axmin se voit officiellement retirer par le ministère des Mines ses droits sur les lieux, lesquels sont réattribués peu de temps après à Midas Ressources. Les Canadiens crient au scandale, sans succès. Les Russes de Wagner entament la construction de la clôture qui protégera désormais le site des éventuelles attaques de groupes armés.

Puis, dans le courant de l’année 2020, ils commandent les machines qui permettront de creuser et d’extraire à grande échelle le précieux minerai. Les engins débarquent sur le port de Douala, où ils sont réceptionnés par une société nommée International Global Logistic (IGL), gérée par le Centrafricain Anour Madjido. Cet ancien étudiant de l’Institut universitaire du golfe de Guinée (IUG), située dans la capitale économique camerounaise, a travaillé pour l’entreprise CAT Cameroun avant de monter sa propre société de transports. Petit à petit, il a développé son réseau entre Douala et Bangui, profitant de l’enclavement centrafricain pour faire fructifier ses affaires.

Il a ensuite été contacté par un des responsables de Wagner en Centrafrique, un nommé Nikolaï, ingénieur ayant auparavant travaillé dans le secteur du café-cacao en Côte d’Ivoire. Les prémisses d’un tandem russo-centrafricain aujourd’hui indispensable. Car le groupe russe, depuis son exploration de 2018, a bel et bien décidé de faire de la mine d’or l’une de ses principales rentes en terres centrafricaines. Depuis Douala, Anour Madjido et Nikolaï ont ainsi importé pour le compte du groupe Wagner pelles mécaniques, concasseurs et autres grues d’excavation indispensables aux activités aurifères de la mine de Ndassima.

Grâce à la récente clôture, Wagner en contrôle également étroitement désormais les accès, avec la collaboration des Faca ou grâce à ses seuls mercenaires, postés au dernier check-point marquant la véritable entrée du site. Une question de discrétion. Des lingots derrière la clôture La plupart des employés recrutés dans la proche région et à Bambari dorment en effet à l’intérieur de l’enceinte, dans des baraquements à l’abri des regards, non loin de la quarantaine d’ingénieurs civils russes qui travailleraient aujourd’hui sur place.

Le nombre de ces derniers – dont les allées et venues entre Bangui et Ndassima sont sécurisées par l’armée centrafricaine – a beaucoup augmenté au cours de 2021 à mesure que l’activité de la mine se développait. Quant aux non-résidents, notamment les chauffeurs des camions-bennes de huit mètres cubes chargés de déplacer les minerais, ils sont systématiquement fouillés à chacune de leurs entrées, et leurs téléphones confisqués afin d’empêcher toute photographie des lieux. De Bambari à Bangui, ces véhicules sont loués environ 300 000 francs CFA par jour pour acheminer le gravier aurifère jusqu’aux machines de lavage. Quant aux chauffeurs, ils sont payés par le transporteur et nourris sur place, à Ndassima, où s’effectue le premier traitement du précieux minerai. Celuici est ensuite progressivement nettoyé et purifé, jusqu’à pouvoir être fondu en lingots d’une qualité et d’une teneur en or sufsante. Là encore, le matériel nécessaire à la fonderie construite et installée dans l’enceinte même de Ndassima a été acheté à Douala, puis acheminé depuis le Cameroun par l’IGL d’Anouar Madjido et de son associé russe Nikolaï.

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Des bouteilles de gaz argon par dizaines et de grosses quantités de chaux permettent ainsi d’assurer la fusion et la transformation locale de l’or en lingots. Ces derniers, chargés dans des camions, quittent ensuite l’enceinte en toute discrétion et sont transportées directement à Bangui par convois sécurisés. Selon nos informations, Wagner a un temps envisagé la possibilité d’exporter ses cargaisons par le Soudan et avait même évoqué cette idée avec le chef de guerre Noureddine Adam, très présent à la frontière soudanaise. Mais cette solution, jugée trop compliquée et risquée, a été ensuite abandonnée.

Selon un des partenaires commerciaux de Wagner, les lingots destinés à la Russie quitteraient aujourd’hui le pays via l’aéroport de Mpoko, à Bangui, sans contrôle, sans paiement de taxes et via une entrée réservée aux Russes à côté du pavillon présidentiel. Les « mercenaires entrepreneurs » profiteraient aussi de la même confortable porte de sortie pour exporter de plus petites quantités de lingots, issus d’une autre fonderie. Implantée à Bangui, celle-ci se charge de transformer le gravier aurifère venu de mines de moindre importance de l’entreprise Lobaye Invest dans les environs des villes de Zawa, Boda ou encore Bangandou.

Des milliards de revenus potentiels ? À combien s’élèvent les revenus aujourd’hui générés par Wagner dans le secteur de l’or centrafricain ? Au moins depuis le début de l’année 2021, les Russes se sont affranchis de leur accord fnancier conclu avec l’UPC d’Ali Darassa. Ils ont donc la main sur le site et la totalité des ressources de Ndassima – au grand dam d’Axmin, qui continue de contester le retrait de ses droits devant la Cour d’arbitrage internationale de la Chambre de commerce de Paris.

Wagner ne laisse cependant rien fltrer de la rentabilité du complexe et est même soupçonné d’avoir commandité l’assassinat, en juillet 2018, d’Orkhan Dzhemal, Alexander Rastorguev et Kirill Radchenko, trois journalistes russes venus enquêter en Centrafrique sur leurs intérêts miniers. Le potentiel de la mine est cependant évalué par des experts à 2,5 milliards d’euros et plus d’une cinquantaine de tonnes d’or. « Cela reste très difficile à déterminer, explique toutefois un expert. Sur quel marché les Russes peuvent-ils écouler cet or ? Quel est le pourcentage de pureté de leurs lingots ? Cela impacte énormément la rentabilité potentielle ».

Selon une source de Jeune Afrique à Bangui, au moins un avion affrété par Wagner quitte le sol centrafricain chaque semaine, souvent dans la matinée du mardi. Le ministère centrafricain des Mines se refuse aujourd’hui à communiquer une quelconque information sur le sujet. Et pour cause, glisse notre interlocuteur : « Ils ont complètement perdu le contrôle de ce que font Wagner et Midas Ressources à Ndassima. » D’autant que les activités du groupe de mercenaires russes ne s’arrêtent pas aux mines d’or.

Une partie non-négligeable de ses revenus centrafricains provient en effet aujourd’hui des forêts du pays et du bois exploité par une autre société liée à Lobaye Invest, la dénommée Bois Rouge, comme révélé dans une enquête de Mediapart publiée en juillet 2022. Gérée depuis début 2019 par une directrice générale centrafricaine, Anastasie Nannette Yakoima, cette entreprise est en effet contrôlée en réalité par un Russe, Artem Tolmachev, qui y occupe le poste de « responsables des ventes » et la représente à l’occasion dans différents colloques forestiers internationaux, comme à Shangai en 2019. Jusqu’à trois convois par semaine de Bangui à Douala Le business forestier fonctionne lui aussi grâce à une organisation bien huilée dans laquelle l’axe routier Bangui-Douala, véritable artère de l’économie centrafricaine, joue un rôle prépondérant.

À la manœuvre, une nouvelle fois, IGL, la société de transports basée au Cameroun. C’est en effet via cette entreprise que sont recrutés une grande partie des chauffeurs transportant les grumes coupées en Centrafrique par Bois Rouge. Anour Madjido, grâce à des fonds provenant de Wagner et mis à disposition en liquide à Bangui par un Russe nommé Roman, se charge de la logistique sur le terrain.

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Selon les témoignages recueillis par Jeune Afrique, le Centrafricain paie ainsi les chauffeurs en fonction du trajet, par exemple environ 1,5 million de francs CFA pour une cargaison de bois ramenée depuis la région de Boda, dans la Lobaye, jusqu’à la capitale, pour un trajet d’environ 400 kilomètres aller et retour. S

i les paiements se font en liquide, sans contrat écrit et de la main à la main, chaque chauffeur employé se voit en revanche remettre lors de son trajet un bon de chargement estampillé « Bois Rouge » et signé par la directrice générale de cette société, Anastasie Nannette Yakoima. À Bangui, les grumes sont stockées sur un terrain mis à la disposition de Wagner dans le quatrième arrondissement, en attendant d’être acheminées vers le port de Douala par la route dans des convois supervisés par IGL et sécurisés par les mercenaires russes.

Deux à trois départs peuvent être organisés vers la capitale économique camerounaise chaque semaine. Chaque convoi est composé d’environ 150 à 200 camions, dont une soixantaine pour les seules activités de Wagner. Ceux-ci sont surveillés par plusieurs véhicules de sécurité placés à l’avant et à l’arrière, un autre blindé remontant régulièrement la colonne pour décourager les attaques.

Les Russes ont en revanche cessé d’utiliser un hélicoptère pour survoler le convoi après avoir perdu deux appareils ces dernières années. Les millions de la route Si sa sécurisation a un coût certain, l’organisation de ces convois n’en est pas moins des plus rentables, si l’on considère que de nombreux transporteurs centrafricains paient pour en faire partie. Selon des témoins ayant sauté le pas, le prix pour bénéfcier de la sécurité d’un convoi de Wagner s’élèverait à 50 000 francs CFA par véhicule.

Soit une manne estimée par une source de Jeune Afrique à Bangui à plus de 20 millions de francs CFA par semaine, à raison de 100 à 150 camions « non-wagnériens » par colonne. « Les convois de Wagner ont l’avantage d’être plus rapides que ceux organisés par l’ONU, deux fois moins chers mais deux fois plus lents. Les Russes ne mettent souvent que deux jours pour faire le trajet », explique un Banguissois. En outre, Wagner bénéficie de plusieurs coups de pouce des autorités centrafricaines pour développer sa rente routière.

Selon plusieurs témoins, les commerçants de Bangui sont ainsi incités à recourir à ses services par le Groupement des transporteurs centrafricains (GTC), une organisation présidée par un homme des plus influents : Sani Yalo, ministre conseiller du président Faustin-Archange Touadéra et patron du Bureau d’affrètement routier centrafricain (BARC, lequel contrôle le GTC). « Via le BARC et le GTC, Sani Yalo a la mainmise sur le secteur du transport et il en fait bénéficier les alliés russes du président », affirme un proche du gouvernement. Les convois de Wagner peuvent en outre compter sur des facilités à la frontière entre la Centrafrique et le Cameroun. Ils ne sont en effet pas contrôlés par les autorités centrafricaines au poste de la ville frontalière de Garoua Boulaï dans le sens Bangui-Douala.

La douane de Bangui fournit également les papiers de mainlevée pour les marchandises importées effectuant le trajet inverse. Un système des mieux organisés qui aurait été en partie élaboré par un ancien directeur des Douanes russe déployé en 2021 en Centrafrique, Yuri Liamchkine. « Grâce à cela, les Russes ne paient aucune taxe à la sortie ou à l’entrée du territoire », résume une source proche du groupement des transporteurs. Le gouvernement centrafricain reste, là encore, muet. La diversification d’une multinationale

Sollicitées par Jeune Afrique au sujet de l’utilisation de leur territoire par Wagner, les autorités camerounaises bottent quant à elles en touche. « Leurs marchandises ne font que traverser notre territoire et elles bénéficient d’autorisations centrafricaines en règle. Nous ne nous en mêlons donc pas », résume une source sécuritaire à Yaoundé. Les agissements des mercenaires russes n’en sont cependant pas moins surveillés de près par les services de renseignement camerounais, qui observent en particulier les débouchés portuaires de Douala.

D’autant qu’une autre activité de Wagner devrait rapidement voir le jour dans la capitale économique du Cameroun en 2023. Selon nos sources, Wagner y prépare en effet le lancement d’une usine de torréfaction de café centrafricain, dans une zone industrielle du nord-ouest de la ville. Depuis plusieurs mois, le dénommé Roman – en association avec son compatriote Nikolaï, qui a déjà travaillé dans ce secteur en Côte d’Ivoire – a ainsi pris contact avec des planteurs en Centrafrique, en particulier dans les régions de la Lobaye et de la Mambéré-Kadéï (à l’ouest de Bangui).

Il souhaite y acheter des grains de type Robusta et Arabica, lesquels seraient stockés à Berbérati, puis acheminés vers Douala par les convois de Wagner et d’IGL, avant d’être transformés puis expédiés par bateau vers la Russie. D’après les dernières informations recueillies, cette activité caféière n’a pas encore débuté, l’usine de torréfaction de Douala étant dans l’attente de matière première. Sa rentabilité potentielle se révèle donc encore difficile à estimer, la production de café en Centrafrique étant très aléatoire, oscillant entre 1 000 et 10 000 tonnes par année. « Wagner agit en Centrafrique comme une multinationale. Le groupe se diversife le plus possible pour multiplier les sources de revenus et sécuriser sa rentabilité », analyse toutefois un expert du groupe. Le dénommé Roman s’intéresserait d’ailleurs aussi à un autre produit, le sucre, Wagner cherchant à reprendre certaines activités du groupe Somdiaa, dont la présence en Centrafrique est menacée par le contexte sécuritaire.

Sucre et combattants locaux

« L’idée de Wagner est de faire avec le sucre et Somdiaa ce qu’ils ont fait avec l’or de Ndassima et Axmin. Mais cette activité reste encore à sécuriser », résume notre expert. Le groupe de mercenariat russe bénéficie pour cela de contacts dans les rangs de certains petits groupes armés issus de l’UPC d’Ali Darassa. Il s’appuie en particulier sur les réseaux de l’ancien numéro deux de l’UPC, Hassan Bouba, rallié au gouvernement de Faustin Archange Touadéra depuis les accords de paix de 2019 et qui n’est autre que l’actuel ministre de l’Agriculture. Depuis le début de la guerre en Ukraine, Wagner a en effet été contraint de réduire ses effectifs de combattants en Centrafrique, tandis que son personnel civil, en majorité des ingénieurs et des commerciaux, s’est progressivement étoffé. « Ils cherchent à recruter des supplétifs centrafricains dans les rangs des anciens de l’UPC pour sécuriser certaines de leurs activités commerciales, notamment dans le sucre », confie ainsi une de nos sources à Bangui. D’après cette dernière, le ministre Hassan Bouba est directement à la manœuvre dans ces opérations, tout comme deux de ses lieutenants, Idriss Maloum et Hamadou Tanga. Ces derniers accompagnent d’ailleurs régulièrement Vitali Perflev, le chef des opérations militaires de Wagner, dans ses déplacements en dehors de Bangui, notamment dans les régions au nord-est de la capitale, zone d’infuence principale de l’UPC.

À LIRE Centrafrique-Russie : qui est Vitali Perfilev, le patron de Wagner à Bangui ?

 L’alliance entre Wagner et les ex-upécistes de Hassan Bouba aurait permis au groupe de recruter à bas prix plusieurs centaines de combattants locaux afin de sécuriser ses activités hors de Bangui. Rien de nouveau pour le ministre de l’Agriculture, qui était aux côtés d’Ali Darassa en 2018 lors de l’accord avec Wagner au sujet de Ndassima. Le nouveau dispositif sera-t-il suffisant pour permettre aux hommes d’Evgueni Prigojine d’assurer une production de sucre dans une zone où les groupes restés fidèles à Ali Darassa sévissent encore ? Les experts estiment que la Centrafrique pourrait produire quelque 12 000 tonnes de sucre blond par an. Un volume et une manne non-négligeables. Whisky et tonnes de malt La nébuleuse Wagner, dirigée par Evgueni Prigojine, a mis en place un savant système de financement dans les pays où ses mercenaires interviennent.

 © MONTAGE JA : AFP ; SIPA ; REUTERS ; EDJ/JA ; ADOBESTOCK

Jeune Afrique a enquêté sur les finances du groupe russe Wagner en Centrafrique et au Cameroun. Des retombées potentielles de plusieurs dizaines de millions d’euros. • Les mercenaires d’Evgueni Prigojine exploitent notamment la mine de Ndassima, en Centrafrique, où ils fondent des lingots d’or, expédiés ensuite en toute discrétion vers la Russie. • Grâce à des contacts au Cameroun, le port de Douala est devenu la plaque tournante de leurs opérations commerciales. Ils espèrent y élargir leurs activités. • Ali Darassa, chef de l'UPC, à Bokolobo, près de Bambari, en Centrafrique, le 16 mars 2019.

© FLORENT VERGNES/AFP PELLES MÉCANIQUES, CONCASSEURS ET AUTRES GRUES SONT ACHEMINÉS VIA DOUALA

 La mine d'or de Ndassima, dans l'est de la Centrafrique.

© THIERRY BRESILION/ Anadolu Agency via AFP

LE GOUVERNEMENT « A COMPLÈTEMENT PERDU LE CONTRÔLE DE CE QUE FONT WAGNER ET MIDAS RESSOURCES À NDASSIMA »

 Patrouille de soldats dans Bangui lors de la présidentielle de janvier 2021 (illustration)

© NACER TALEL/ Anadolu Agency via AFP

LES RUSSES NE PAIENT AUCUNE TAXE À LA SORTIE OU À L’ENTRÉE DU TERRITOIRE » WAGNER SOUHAITE EXPORTER DES TONNES DE CAFÉ VERS LA RUSSIE

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Vivre ou retraite en Thaïlande Vivre en Thaïlande sans contrainte avec le programme Thaïland Elite. Thaïland Elite Ouvrir Or, bois, café, sucre… La liste des produits des entreprises liées à Wagner ne cesse de s’allonger. À Bangui, le nommé Roman organise les activités des différentes branches depuis son bureau situé en plein cœur de la capitale, dans le quartier Sica II.

Cet homme d’environ 1,70 mètre, qui coiffe souvent ses cheveux bruns en chignon, s’occupe notamment de faire circuler l’indispensable argent liquide entre le camp de Roux – ex-base française où travaillent Vitali Perflev et Dmitri Sytyi, les patrons du groupe en Centrafrique – et le Cameroun. Via un réseau de transfert clandestin du cinquième arrondissement de Bangui, les sommes sont retirées au quartier Congo de Douala par Anour Madjido, qui les met à la disposition de son superviseur russe Nikolaï.

Sous la direction de Dmitri Sytyi – récemment victime d’une attaque au colis piégé à Bangui – et de Vitali Perflev, Roman chapeaute également les activités de la « Brasserie » de Wagner, située dans le quatrième arrondissement de Bangui. Le terrain, cédé par l’État centrafricain, sert aujourd’hui pour stocker les marchandises à destination ou en provenance de Douala.

Mais il abrite également un énième tentacule de la pieuvre entrepreneuriale de Wagner : la First Industrial Company (FIC). Enregistrée au nom de Dmitri Sytyi et employant deux ingénieurs russes et une vingtaine d’employés centrafricains, elle s’est lancée dans la production de bière et autres alcools.

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 La FIC propose ainsi une variante de whisky à bas prix (7 500 francs CFA la bouteille et 200 francs CFA le sachet), à base de gel hydroalcoolique dont les fûts – de couleur bleue et bon marché – ont été achetés au Nigeria et acheminés à Bangui via le Cameroun grâce à IGL. S

Selon les informations de Jeune Afrique, afn de produire ces douteux – et dangereux – élixirs, l’entreprise s’est ainsi fait livrer en avril 2022 – une nouvelle fois via le port de Douala – quelque quarante tonnes de malt d’orge, pour un peu plus de 30 000 dollars, ainsi qu’un système de fltration coûtant la bagatelle de 188 000 dollars. Investissements qu’elle espère bien évidemment rentabiliser auprès des consommateurs centrafricains

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